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Appel à contribution pluridisciplinaire sur :

« Sans-abri : expériences et politiques »

Pour le premier numéro de 2023 de la RFAS


Le dossier sera coordonné par Mauricio Aranda (CRESPPA-LabTop), Gwen Le
Goff (Triangle) et Julien Lévy (Pacte).

Cet appel à contribution s’adresse aux chercheuses et chercheurs en


démographie, sociologie, économie, science politique, gestion, psychologie,
communication, philosophie, droit, anthropologie, ainsi qu’aux acteurs et
actrices du champ sanitaire et social.
Les articles sont attendus avant le jeudi 8 septembre 2022.

1
La condition des personnes sans abri connaît actuellement un fort regain d’intérêt public en
France. D’une part, les premières mesures pour faire face à la pandémie de Covid-19 en mars
2020, en particulier l’injonction à rester chez soi, ont exposé la situation de celles et ceux qui,
vivant dans l’espace public, ne pouvaient pas se confiner comme le reste de la population. Cette
situation a entraîné l’ouverture exceptionnelle de places d’hébergement supplémentaires par les
autorités publiques. D’autre part, de nouveaux chiffres les concernant ont retenti dans l’actualité
à l’heure où les conséquences socio-économiques de la crise sanitaire commençaient à se faire
sentir (Duvoux et Lelièvre, 2021). À l’occasion de la sortie de son rapport 2021, la Fondation
Abbé Pierre (FAP) avançait un nombre de 300 000 personnes « sans domicile »1 (Fondation
Abbé Pierre, 2021). Il s’agissait là d’un chiffre deux fois supérieur à celui que l’INSEE avait
calculé lors de sa dernière enquête sur la question en 2012, et qui était déjà deux fois plus
important que celui d’une première enquête datant de 2001 (Yaouancq et al., 2013). Bien que
cette estimation réalisée par la FAP doive être prise avec précaution, il semble en tout cas que
le nombre de personnes concernées ait fortement augmenté depuis le début des années 2000.
Ces deux éléments de publicisation de la condition des sans-abri 2 peuvent être réinscrits dans
une dynamique qui a lieu depuis au moins le milieu des années 1980. Cette décennie est
marquée par la fin des Trente Glorieuses, plus précisément par l’émergence de la crise
économique, du chômage de masse, de la précarisation de l’emploi et de la thématique de
l’exclusion dans le débat public (Viguier, 2020). Dans ce contexte, la situation des personnes
« sans domicile fixe » ou « SDF » – acronyme qui s’impose notamment à partir de l’année 1993
dans le langage commun – est construite en problème public. Ainsi, elle a été depuis largement
commentée dans les médias (spécialement chaque hiver), reprise dans les discours des hommes
et femmes politiques, elle a entraîné de fortes mobilisations associatives et a été investiguée par
la recherche en sciences sociales.
Des chercheuses et chercheurs se sont en effet intéressés à la question selon différents prismes.
Leurs travaux ont étudié la (sur)vie dans la rue, les politiques publiques mises en place à l’égard
des sans-abri, ainsi que les catégorisations distinctes dont ils font l’objet (Choppin et Gardella,
2013). La Revue française des affaires sociales (RFAS) a participé à ce nouvel élan d’intérêt
de la recherche pour cette thématique. En 2002, un dossier intitulé « Sans-logis et squatteurs,
auto-organisation et mobilisation collective » a vu le jour (RFAS, 2002). Entre la fin des
années 1990 et le début des années 2000, d’autres revues académiques ont également publié
des dossiers sur la même thématique ou sur des sujets connexes (ARSS, 2005a, 2005b ; Espaces
et sociétés, 2004 ; Politix, 1996 ; Sociétés contemporaines, 1998).
Prenant en compte non seulement les transformations du problème public posé par la situation
des sans-abri mais aussi l’importance des travaux sur ces différentes questions, la RFAS a

1
Pour l’INSEE, les « sans-domicile » sont les personnes ayant déclaré avoir dormi la veille de l’enquête dans un
lieu non prévu, ou dans un centre d’hébergement de courte ou de longue durée. En ce sens, les « sans-abri »
constituent une composante des « sans-domicile », puisque cette dénomination regroupe uniquement les individus
déclarant avoir dormi dans lieu non prévu pour l’habitation.
2
Il faut comprendre que « le sans-abrisme ne désigne pas une condition, sociale ou psychique, à laquelle certains
individus seraient naturellement condamnés. Il pointe plutôt un processus, c’est-à-dire une chaîne d’actions qui
conduisent des individus à devoir vivre, pour une durée variable, entre les espaces publics et les dispositifs
d’assistance. » (Choppin et Gardella, 2013). Ce phénomène n’atteint pas de manière homogène la population ; les
classes populaires ont une probabilité plus élevée de se retrouver en situation de sans-abrisme.

2
souhaité leur consacrer à nouveau un dossier. Son objectif consiste, vingt ans après ce premier
numéro, à se demander qui sont les sans-abri et où nous en sommes des connaissances produites
par les sciences sociales sur ces sujets.
Cet objectif semble simple mais recouvre en réalité un enjeu important d’actualisation de la
question du sans-abrisme dans toute sa diversité et sa complexité. Cela concerne bien
évidemment les évolutions en termes de publics concernés et l’augmentation constante du
nombre de ces personnes (on peut penser, par exemple, à la part croissante des personnes
étrangères parmi les « sans-domicile »). Cela vise aussi les transformations de l’action publique
engagée pour répondre à ce phénomène, notamment au travers du développement de la politique
du Logement d’abord au début des années 2010.
Pour ce projet de publication, il s’agit d’une part de rassembler diverses manières d’aborder le
sujet, en termes disciplinaires et méthodologiques (statistiques, observations, entretiens,
archives, etc.), mais aussi en termes de focales (définition des politiques, mise en œuvre et
réception de l’action publique, de l’action sociale et sanitaire, trajectoires sociales des premiers
concernés, mobilisations, etc.). D’autre part, nous souhaiterions que les zones d’ombre de cette
question puissent être explorées afin de faire progresser la réflexion sur les sans-abri, au-delà
des connaissances déjà acquises. En ce sens, ce numéro se propose comme une opportunité
pour questionner les différentes manifestations du phénomène, en allant explorer ses formes
moins visibles ou plus discrètes.
Pour ce faire, nous pouvons déjà formuler quelques perspectives d’ouvertures. En premier lieu,
il importe de ne pas réduire le phénomène aux seules relations au réseau d’assistance qui cible
explicitement les personnes dépourvues de domicile personnel. Ces dernières sont en effet
susceptibles d’être en lien avec des dispositifs ou services en dehors du seul secteur dit
« accueil, hébergement, insertion ». Il importe donc de questionner les éventuelles relations des
personnes sans abri avec les services de santé, de distribution alimentaire, d’hygiène (douches
municipales par exemple), ou encore avec le secteur pénitentiaire. Il s’agit ici d’un premier
décalage qui, par extension, invite à questionner les différentes situations de non-recours (subies
ou volontaires) dans lesquelles peuvent se trouver les personnes sans abri (Lévy, 2015 ; Warin,
2016 ; Gardella, 2019). Cette ouverture vers une analyse se démarquant d’une lecture
institutionnalo-centrée peut être accentuée davantage, offrant ainsi une occasion de porter
attention à des situations plus discrètes d’habitat précaire telles que l’hébergement contraint
chez des particuliers, les squats, les campements, les personnes dormant dans des véhicules ou
en camping à l’année (Pichon, 2002 ; Bouillon, 2009 ; Agier et al., 2011 ; Lion, 2018 ;
Desmond, 2019). Un autre point d’ouverture concerne la dimension spatiale du phénomène du
sans-abrisme. Si, historiquement, la situation des sans-abri a beaucoup été pensée et analysée à
l’échelle des villes et de l’espace public, le sans-abrisme ne saurait se résumer à un fait urbain.
Il importe donc de prêter attention aux situations d’habitat précaire en milieu rural ou dans les
espaces péri-urbains, ainsi qu’aux solidarités ou aux hostilités qui se nouent vis-à-vis d’eux
dans ces territoires. Un autre pas de côté concerne la dimension internationale. Les circulations
qui traversent la question, tant du point de vue des populations concernées – la jonction entre
migration et sans-abrisme, par exemple (Le Mener, 2021) – que des modèles de dispositifs (en
l’occurrence, le Housing First) invitent à explorer ce qui se joue à une échelle qui dépasse le

3
strict cadre national français. Ce dernier point est une invitation à des contributions
internationales dans un souci d’ouverture et éventuellement de comparaison (Pichon et al.,
2008).
De façon générale, et en écho avec ces différents questionnements, l’enjeu de ce numéro
consiste à ouvrir largement la réflexion sur le sans-abrisme aujourd’hui, en évitant de le réduire
– voire de l’essentialiser – aux seuls mondes de la rue ou de la mise à l’abri. Cet appel à
contribution cherche donc à prolonger, voire à renouveler, des tendances dans la recherche en
sciences sociales sur la question. Un premier axe s’intéresse aux façons dont on objective et
on donne du sens à la situation des personnes concernées. Un deuxième axe interroge la réponse
que différents acteurs (publics, privés), à différents échelons de l’action publique, adressent aux
personnes sans abri. Un troisième axe porte sur le vécu des personnes sans abri, en essayant de
rendre justice à leurs subjectivités, tout comme aux conditions objectives de leur (sur)vie. Enfin,
un quatrième axe aborde ce que des moments de reconfiguration provoqués notamment par
des crises (sanitaires, économiques, migratoires, etc.) révèlent de l’ensemble des
questionnements préalables – le mode de compréhension du phénomène, les expériences des
premiers concernés et l’action qui leur est destinée. Ces moments semblent être des points
d’entrée à privilégier pour comprendre les ruptures et les continuités qui traversent les
représentations à leur égard, les traitements qui leur sont consacrés et leurs trajectoires sociales.

****

1/ Connaissance du sans-abrisme, catégorisation et définition de l’action publique

Différentes recherches ont permis de saisir l’intérêt d’une approche constructiviste pour
appréhender les situations de vulnérabilité des personnes habitant entre la rue et l’assistance – à
savoir, dans leur grande majorité, des populations issues des fractions précarisées des classes
populaires. Cela a permis de réinscrire l’émergence de la « question SDF » des décennies 1980-
1990, dans le temps plus long de la reconfiguration du problème public depuis au moins la fin
du XIXe siècle (Brodiez-Dolino et Ravon, 2016), en passant par la remise en cause de la seule
prise en compte du vagabondage pour percevoir les personnes sans abri, s’accompagnant de la
création des premiers asiles de nuits par la philanthropie et les autorités municipales (Katz,
2015). On observe ainsi les différents « cadrages du problème » qui, selon les contextes, ont pu
entrer en concurrence (et continuent de l’être) et contribuer à façonner l’action publique à
l’égard de ce qui est désormais connu comme « le problème public du sans-abrisme ».
La prise en considération sociale et politique du phénomène du sans-abrisme à partir des
décennies 1980-1990 en France, si on l’observe sous l’angle de l’enjeu catégoriel, peut être
analysée comme un processus progressif de distinction des populations se trouvant privées de
domicile personnel. En premier lieu, le cadrage du problème spécifique des personnes « sans
domicile » s’est opéré en affirmant des frontières avec d’autres situations problématiques
identifiées de longue date ou émergente. C’est en particulier le cas avec les « nouveaux
pauvres » considérés comme victimes de la crise économique des années 1970 ou encore des

4
« sans-logis » dont la situation était déjà l’objet d’attention depuis des décennies, en atteste
l’appel de l’Abbé Pierre à l’hiver 1954. L’avènement de la catégorie « SDF » au début des
années 1990 et son inscription progressive dans les textes visant à la lutte contre la pauvreté et
l’exclusion sociale, comme dans le langage courant, permettent de mettre en exergue l’attention
accrue portée sur la situation de cette population. Pour autant, on ne peut considérer
l’affirmation de cette catégorie comme le terme du processus de segmentation des publics ou
de ciblage des personnes « sans abri » ou « sans domicile ». Bien au contraire, elle amorce une
nouvelle séquence politico-administrative qui va voir se développer une offre plurielle à
destination d’une population particulièrement hétérogène (Brousse, 2006a), affirmant sans
cesse un besoin de connaissance sur ces publics permettant d’affiner des réponses ciblées.
Au fil du développement des politiques de prise en charge des personnes sans abri, la production
de connaissances sur cette population s’est affirmée comme un enjeu persistant. Ce constat
invite à un questionnement sur les relations entre l’action publique et la production de
connaissances sur les publics. À l’image du Haut Comité pour le logement des personnes
défavorisées qui déplorait dans ce premier rapport en 1993 l’absence « d’étude particulière
relative à la connaissance de la population des défavorisés ni à leur dénombrement » (HCLPD,
1993), le besoin de connaissances sur les populations sans domicile va être réaffirmé de façon
récurrente au fil des années et s’observe toujours aujourd’hui. Ni l’important développement
de la recherche académique sur le sans-abrisme, ni les enquêtes statistiques développées
notamment par l’INED et l’INSEE, en particulier dans le cadre du CNIS 3 (Marpsat et al., 2000 ;
Brousse, 2006b ; Yaouancq et al., 2013), ni encore les multiples données issues du terrain et
récoltées par les acteurs de la prise en charge, ne semblent suffisantes pour répondre aux
questions récurrentes : « Qui sont-ils ? » et « Combien sont-ils ? »
Alors que les enjeux définitionnels continuent de faire débat en France comme au niveau
international, c’est également la question du « nombre » qui s’affirme aujourd’hui comme un
sujet de préoccupation important. Une décennie sépare la dernière grande enquête statistique
portant sur les personnes sans domicile en France de celle actuellement en cours, et on observe
depuis quelques années des initiatives locales visant à dénombrer ou à caractériser la population
sans domicile. La fameuse « quête du chiffre » (Damon, 2000) se voit ainsi réactualisée au
travers de ces différentes actions de dénombrements (par exemple, les « nuits de la solidarité »)
dans plusieurs villes et métropoles françaises. Il importe alors de s’interroger sur cet enjeu sans
cesse renouvelé de la production de connaissances sur les personnes sans abri et sans domicile.
Quel est l’enjeu de ces dénombrements ? Quel statut ont ces données récoltées dans des
conditions éminemment variables ? Participent-elles à un renouvellement des connaissances sur
les populations sans domicile, à l’imposition de certains cadrages du problème, ou sont-elles de
simples indicateurs de l’ampleur de celui-ci ? On peut ainsi se demander quels en sont les
éventuels usages, tant pour le champ de la recherche que pour l’action publique ? Plus
largement, et au-delà de ces initiatives visant à quantifier, on peut se questionner sur la
circulation des connaissances produites sur le sans-abrisme dans le champ académique et la
façon dont elles sont ou non saisies par les pouvoirs publics.

3
INED : Institut national d’études démographiques ; INSEE : Institut national de la statistique et des études
économiques ; CNIS : Conseil national de l’information statistique.

5
Ce premier axe de questionnement ouvre la voie à un deuxième, qui invite à interroger les
relations entre la production de connaissances sur les populations et ses effets sur le
développement des politiques et diverses actions mises en œuvre à destination des personnes
sans abri. En France, les nomenclatures développées par l’INSEE pour distinguer les
populations dépourvues de domicile personnel sont aujourd’hui largement reprises pour définir
ou désigner les populations « sans domicile » ou « sans abri ». Dans d’autres pays, des choix
définitionnels différents ont pu être opérés afin de caractériser ces populations. On observe
aussi comment la Fédération européenne des associations nationales travaillant avec les sans-
abri (Feantsa) cherche, depuis plusieurs années, à soutenir l’utilisation d’une nomenclature
commune à l’échelle européenne, notamment afin d’harmoniser les données et de permettre
une éventuelle comparabilité (Loison-Leruste, 2010). Le pas de côté international permet ainsi
de se décaler des « catégories françaises » et de s’interroger sur la construction des catégories,
leurs limites et leurs effets dans la définition des réponses qui se développent. Outre le potentiel
risque de naturalisation que peut induire cette particularisation des publics et la performativité
des catégories d’action ou de désignation, on peut plus largement s’interroger sur la façon dont
la construction historique des catégories concourt à un cadrage particulier du problème public
du sans-abrisme en France.
Une dernière ouverture peut être formulée ici, concernant le lien entre les processus de
catégorisation et l’expérience que peuvent en avoir les personnes concernées. Certain·e·s
chercheur·euse·s ont déjà pu souligner la façon dont certaines personnes sans-abri s’approprient
certaines catégories pour se désigner elles-mêmes – notamment en se présentant comme SDF –
dans une logique de « bouclage classificatoire » (Hacking, 2008). Au-delà de ce constat, il est
intéressant de s’interroger plus largement sur l’expérience que les personnes concernées ont ou
font des catégories qui les désignent. Comment les identifient-elles, les perçoivent-elles, les
adoptent-elles ou cherchent-elles à s’en départir ?

2/ Explorer à nouveaux frais la prise en charge des sans-abri

En inscrivant souvent leurs analyses dans une histoire longue du traitement de l’extrême
pauvreté, les travaux sur la question ont montré les inflexions qui ont eu lieu dans la prise en
charge des premiers concernés (Damon, 2007 ; Gueslin, 2013). D’un traitement historiquement
répressif visant les « vagabonds », on est passé à partir des décennies 1980 et 1990 à un
traitement essentiellement basé sur l’assistance aux « SDF ». Aussi, les dispositifs ciblant les
personnes sans abri (qu’elles soient catégorisées de « sans-asile », « vagabonds », « asociaux »,
« sans domicile fixe », « grands exclus », etc.) se sont traduits par des formes de plus en plus
variées, surtout au cours des dernières décennies du XXe siècle : centres d’hébergement de
réinsertion sociale (CHRS), centres d’hébergement d’urgence (CHU), accueils de jour,
pensions de famille, plateforme téléphonique 115, maraudes, services intégrés d’accueil et
d’orientation (SIAO), hôtels sociaux, Un chez soi d’abord, etc.

Les recherches sur l’action publique dédiée aux intéressés ont également mis en évidence le
rôle crucial d’entrepreneurs de morale médicaux (Gardella, 2014 ; Levy, 2021), tout comme
celui d’acteurs du monde philanthropique et caritatif (Aranda, 2019), dans le cadrage et les
réponses au problème public des sans-abri. Ces travaux peuvent être aujourd’hui prolongés. Les

6
analyses pourront partir tant du point de vue de la décision que du point de vue de la mise en
œuvre, en essayant d’articuler les deux.

Tout d’abord, l’interrogation pourra porter sur la diversité des dispositifs et des approches, plus
ou moins articulés, qui composent aujourd’hui l’action publique visant les sans-abri. Comment
émerge l’idée qu’un nouveau dispositif est nécessaire pour porter assistance à des publics qui
ne seraient pas pris en charge par d’autres ? Quels sont les acteurs qui se mobilisent sur ces
questions ou qui reçoivent une délégation de la part des autorités publiques pour mettre en place
leur initiative ? Dans quelle mesure cette dynamique d’expansion de l’offre sociale informe sur
la logique cumulative et non adaptive des dispositifs d’ores et déjà existants ou sur la
singularisation incessante des publics et des réponses spécifiques à leur apporter ? Ces
questionnements peuvent notamment concerner les dispositifs qui, en s’inscrivant dans la
politique actuelle du Logement d’abord, essayent de changer le paradigme de l’action publique
destinée aux sans-abri. Celui-ci est, encore de nos jours, structuré fortement autour de
l’hébergement d’urgence et cela dans un contexte structurel marqué depuis plusieurs décennies
par la saturation du parc d’hébergement social et de logement social.

De même, il peut être questionné, au niveau d’une unique organisation ou d’un ensemble
d’acteurs en réseau, la manière dont travaillent ensemble des professionnels venus de « mondes
sociaux » (Uribelarrea, 2020) distincts (social, sanitaire, éducatif, etc.) et visant non seulement
la question de l’hébergement, mais aussi la santé, l’emploi, etc. Quels sont les enjeux liés au
partage juridictionnel entre groupes professionnels dans un espace couvrant la question de la
prise en charge de sans-abri (Schlegel, 2021), mais aussi d’autres thématiques qui se recoupent
bien souvent (toxicomanie, question migratoire, accès aux soins, aux droits sociaux, etc.) ? Le
cas d’un dispositif comme Un chez soi d’abord pourrait être intéressant à étudier en raison de
sa pluriprofessionnalité, de son principe d’action (« le logement avant l’accompagnement ») et
de son ciblage cumulatif (il faut être sans-abri et atteint de troubles psychiatriques
diagnostiqués).

De plus, ce dernier point permet d’ouvrir sur un questionnement annexe. Peut-on saisir les
enjeux de l’assistance qui touchent les sans-abri d’une autre manière qu’en regardant du côté
des dispositifs qui leur proposent un hébergement ou – bien qu’ils soient peu nombreux – un
logement ? Autrement dit, il s’agirait de penser en dehors d’une catégorisation publique (celle
de « sans-abri » ou de « SDF ») qui met l’accent principalement sur le manque d’abri, et qui
induit des réponses s’inscrivant dans cet espace du pensable (l’hébergement ou le logement).
Que nous apprennent les dispositifs d’accès aux soins et aux droits sociaux (permanences
d’accès aux soins de santé – PASS), d’hospitalisation (lits haltes soins santé), de santé mentale
(les équipes mobiles santé-précarité – EMPP), de réduction des risques (centres d’accueil et
d’accompagnement à la réduction de risques pour usagers de drogues – CAARUD) ou encore
d’accès au marché de l’emploi (dispositif « Premières Heures ») sur la réponse aux problèmes
touchant aux sans-abri ? Est-ce que le regard depuis ces dispositifs, qui ne les ciblent pas
nécessairement de manière explicite, peut constituer un pas de côté heuristique pour repenser
leur situation ? Donnent-ils à voir les points aveugles des actions publiques dominantes qui leur

7
sont destinées ? Aussi, quelles réponses citoyennes (et donc situées hors action publique)
émergent comme palliatifs de l’offre institutionnelle ?

Malgré la transformation juridique du rapport aux sans-abri induite par la dépénalisation du


vagabondage et de la mendicité, la situation de certaines populations ayant recours à des
habitats précaires (bidonvilles, campements, squats, etc.) constamment démantelés (Lion,
2015), sans même mentionner des aménagements ou des traitements « dissuasifs » en ville
(Soutrenon, 2001 ; Terrolle, 2004), rappelle l’ambivalence historique (Geremek, 1987) qui
continue à traverser les réponses apportées à la situation de ces publics. Cette question peut se
poser notamment en ce qui concerne les populations étrangères et sans abri, en proie à un
contexte de durcissement des discours et des politiques migratoires depuis plusieurs années.
Cela incite-t-il à questionner la coexistence des actions d’assistance et de répression, ou du
moins de dissuasion, en ce qui concerne des populations considérées pourtant comme
vulnérables ? Peut-on voir dans ces situations l’actualisation d’une distinction entre « bons » et
« mauvais » pauvres qui se jouerait de nos jours au détriment des migrants sans abri ? Quels
rôles jouent les propriétés sociales de ces personnes dans le traitement qui leur est réservé ? Est-
ce que les actions de certains acteurs (préfectures, mairies, etc.) s’articulent ou rentrent en
contradictions avec d’autres (associations caritatives) (Bourgois et Lièvre, 2019) ? De plus, si
l’État déconcentré gère la distribution de places d’hébergement, la gestion des espaces publics
au sein duquel stationnent ou s’installent parfois les sans-abri est assurée par la municipalité.
Est-ce que l’analyse multiniveaux d’action publique (des décideurs aux street-level
bureaucrats) et des différents territoires (national, départemental, municipal ; espaces urbains
mais aussi ruraux) peut justement rendre compte des frictions ou d’emboîtements entre logiques
d’assistance et de dissuasion ?

3/ Expériences, parcours et vulnérabilités

Cet axe propose de questionner la pluralité des parcours des personnes sans abri. Il importe tout
autant d’analyser les facteurs de précarisation que de caractériser ce qui fait ressource pour les
personnes, notamment en termes de soutien social. Des contributions pourront détailler les
parcours des personnes en situation de grande précarité ainsi que leurs conditions de vie. Elles
pourront prendre pour objet l’expérience de l’habitat précaire dans sa diversité (vivre à la rue,
dans des squats, campings, bidonvilles, etc.), et ses effets sur les personnes et leurs
environnements.

Des analyses des déterminants des « ruptures » pourront être proposées ; notamment au regard
des dispositifs existants et de leur adaptation – ou non – aux situations rencontrées. On pourrait
ainsi creuser, en amont de la situation de sans-abrisme, la question des dysfonctionnements de
la politique d’asile ou encore de la sortie de l’aide sociale à l’enfance (Dietrich-Ragon, 2020).
Aussi, dans un contexte politique et institutionnel (particulièrement le Logement d’abord) où il
est attendu que les modes d’accompagnement du public s’orientent vers des prises en charge
centrées sur la personne, et soucieuses de tenir compte des aspirations en termes de choix de
vie ; comment ces dispositifs et les pratiques professionnelles peuvent s’adapter à ces
principes ? Que ce soit dans le champ de la recherche académique ou dans celui de
l’intervention sociale ou sanitaire, s’intéresser aux personnes est devenu une préoccupation

8
partagée par de nombreux acteurs. Il existe en effet un fort intérêt aujourd’hui à rendre compte
de l’expérience des personnes sans abri (Besozzi, 2021), sur le registre du témoignage
individuel ou en collaboration avec des universitaires (Pichon et Torche, 2011 ; Bruneteaux,
2016), ou d’une activité bénévole ou professionnelle qui s’appuie sur des savoirs expérientiels,
comme la pair-aidance. Pour ce dossier, des contributions pourront documenter ou associer un
savoir issu de l’expérience de la grande précarité et des épreuves qui y sont adossées.

Quant au champ de l’intervention sociale, le passage d’un travail « sur autrui » à un travail
« avec autrui » s’était formalisé avec la loi du 2 janvier 2002 sur l’extension du droit des usagers
et la mise en place d’outils obligatoires, afin notamment de les associer au fonctionnement des
établissements. La personnalisation de l’accompagnement des personnes accueillies dans le
champ de l’intervention sociale, la promotion de l’autonomie de l’usager, pourront être
documentées ou discutées.

Des contributions pourront aussi revenir sur les catégorisations de l’action sociale ou sanitaire ;
notamment la « vulnérabilité ». La notion a connu un essor important ces dernières décennies
et serait aujourd’hui une manière de « désigner les publics cibles de l’action sanitaire et
sociale » (Brodiez-Dolino et al., 2014). Si les concepts d’exclusion sociale ou de pauvreté se
définissent par des dimensions généralement objectivantes (par exemple, selon des critères
économiques), la vulnérabilité souligne tout à la fois la part défaillante de l’environnement et
la possibilité d’agir sur la situation. Elle invite à penser les fragilités comme une dimension
sociale, des situations à risque, « être isolé », « sans-domicile », « sans revenu », « sans-
papiers », « âgé », « porteur d’un handicap », sans exclure des capacités individuelles de
résilience. Pour certains auteurs, il y aurait donc « à raisonner en termes de vulnérabilité sociale
en lieu et place d’exclusion pour rendre compte des phénomènes contemporains de fragilisation
et de mise à la marge de certains individus et ainsi comprendre les formes d’intervention qu’ils
appellent » (Soulet, 2005).

Qui sont aujourd’hui les personnes considérées comme vulnérables ? Si la reconnaissance de la


« vulnérabilité » entraîne des formes d’aide ou des modalités d’assistance extérieures, les
personnes elles-mêmes se reconnaissent-elles comme appartenant à cette catégorie ? Des
catégories « spécifiques » sont aujourd’hui considérées comme étant vulnérables. Peut-on
parler alors de groupes sociaux vulnérables ? Les femmes représentent, par exemple, une partie
non négligeable des personnes sans abri aujourd’hui, peu visibles dans l’espace public et peu
étudiées jusqu’à il y a une dizaine d’années en sciences humaines et sociales. Le genre est
considéré soit comme un impensé soit comme se situant à la marge des institutions, et la
grammaire de l’assistance se décline différemment dans les contextes d’intervention (Maurin,
2017). Des contributions pourront ainsi interroger les contours des catégories de la
vulnérabilité, qu’elle soit sociale ou sanitaire.

Nous pouvons également nous interroger sur la question de savoir si les personnes migrantes
constituent un groupe vulnérable en particulier. Les professionnels, bénévoles et militants
témoignent d’une précarisation de plus en plus importante des primo-arrivants sur le territoire
français. Selon l’enquête réalisée auprès des établissements et services en faveur des adultes et
familles en difficulté sociale (ES-DS 2016), la part des étrangers en CHRS est de 49 % en 2016.

9
Ces personnes cumulent les vulnérabilités, qu’elles soient administrative, sociale et psychique
(Chambon et Le Goff, 2016). Par exemple, les difficultés linguistiques des personnes
allophones représentent une barrière supplémentaire pour la reconnaissance de certaines
vulnérabilités permettant un accueil et un accompagnement différencié (directives
vulnérabilités introduites dans le droit européen en 2011 et 2013 et traduites dans le droit
français dans la loi asile de 2015).

« Psychologisation des rapports sociaux » (Castel, Enriquez et Stevens, 2008), « sanitarisation


des problèmes sociaux » (Fassin et Rechtman, 2011), « sociologisation de l’intervention
psychologique » (Ravon, 2006), nombreuses sont les formules qui désignent cette perméabilité
entre le social et le sanitaire. En effet les vulnérabilités, si elles ont une dimension sociale, ont
également des répercussions sur l’état de santé. Aujourd’hui, la reconnaissance de plus en plus
importante du psychotraumatisme témoigne de l’intérêt à prendre en compte les effets
psychiques de l’expérience d’événements sociaux, particulièrement pour des personnes en
situation de grande précarité. Des contributions pourront alors caractériser les vulnérabilités
sanitaires des personnes en situation de grande précarité, mais également les pratiques et
modalités thérapeutiques adaptées qui répondent à ces problématiques.

4/ Crises et reconfigurations de l’action publique

Ce dernier axe questionne les ajustements, désajustements ou réajustements de l’action


publique à l’égard des sans-abri en conjoncture de « crise ». Des crises économiques, des crises
du logement ou encore de la gestion de l’espace public peuvent avoir des incidences pratiques
sur la conception du problème public du sans-abrisme, sur l’organisation des réponses qui lui
sont apportées, ainsi que sur les parcours des premiers concernés. Certains auteurs ont relié
l’effritement de la société salariale et la précarisation (voire la désaffiliation) des individus à
des bouleversements économiques depuis les années 1970 (Castel, 1995). Plus récemment les
« crises migratoires » en Europe et plus particulièrement en France induisent une augmentation
continuelle de personnes déboutées de l’asile qui se maintiennent sur le territoire national sans
droit au séjour et se trouvent devant une saturation des structures qui leur sont dédiées (les
centres d’accueil pour demandeurs d’asile, CADA). Dans un contexte où ce processus ne peut
que se poursuivre, les facteurs de la mobilité (Wihtol de Wenden, 2010) n’étant pas près de
disparaître (conflits, écarts entre les niveaux de développement humain, dérèglement
climatique, etc.), quelles sont les possibilités de mieux prendre en compte ces besoins ? Des
contributions à ce dossier pourront proposer une lecture socio-historique des effets des
différents types de crises sur le sans-abrisme. De quelle manière ces moments qui impliquent
une « désectorisation » (Dobry, 2009) des espaces sociaux, contribuent-ils à transformer la
conception que l’on a du phénomène et des politiques qui doivent lui être adressées ? Elles
pourront aussi prendre pour objet des mobilisations d’individus ou de collectifs citoyens qui
proposent des réponses privées aux problèmes qu’elles constatent (squats, accueil chez des
particuliers, etc.) en France ou dans d’autres pays.

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En 2020, c’est une crise sanitaire qui a bouleversé les modes de vie à l’échelle de la planète. La
pandémie de la Covid-19 a d’autant plus exposé les sans-abri à ses effets, particulièrement
pendant les confinements. Ces derniers ont accentué la précarité de nombreuses familles,
notamment sur le plan alimentaire. Cette crise « sanitaire » a eu des conséquences sociales
majeures dont il importe de saisir les différentes dimensions. De manière pratique, s’est posée
la question de comment confiner celles et ceux qui n’ont pas de logement. Quelles ont été les
réponses de la puissance publique ? Pendant cette période exceptionnelle, la crise a aussi ouvert
des fenêtres d’opportunité pour offrir un accès à l’hébergement d’urgence au plus grand monde.
Cette forte augmentation de la capacité d’hébergement qui paraissait inenvisageable un an
auparavant a été rendue possible à la faveur d’un contexte d’urgence. Comment les
professionnels, les bénévoles et les personnes concernées ont-ils géré cette situation de crise
aiguë ? Des contributions pour documenter cette adaptation, les continuités et discontinuités de
l’assistance, ainsi que les suites de ce moment, seraient particulièrement bienvenues. Est-ce que
ces réponses ont été pérennisées ou n’ont été qu’exceptionnelles ? Ce sont aussi les effets sur
les sans-abri eux-mêmes qui pourront être analysés dans des articles ; à la fois au regard des
conséquences directes de la crise (confinement, prise en charge de la maladie, perte de revenus,
etc.), mais aussi de ses effets à plus long terme. Ainsi, le développement de la digitalisation des
services, la baisse de la circulation de l’argent liquide, l’impossibilité sur certains territoires
d’accéder au soin, l’urbanisme hostile rendent plus difficiles les conditions d’existence des plus
précaires. Des contributions pourront proposer une réflexion sur ces conditions et les moyens
d’y remédier.

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avant le 8 septembre 2022

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