Article 11 (1) - 1
Article 11 (1) - 1
Jacques KONKOBO,
Université Norbert ZONGO
Résumé
Les activités humaines constituent le principal facteur de dégradation
des sols, tandis que les conditions climatiques ne font qu’aggraver le
phénomène. Ces activités se traduisent notamment par le défrichage des terres
à des fins. Elles provoquent une diminution significative de la couverture
végétale ainsi qu’une réduction des stocks de matière organique dans les sols.
Par conséquent, le compactage de la surface du sol augmente, ce qui entraîne
des phénomènes de compaction, d’encroûtement et d’érosion hydrique. La
dégradation de la couche végétale modifie la structure du sol, rendant le
ruissellement plus probable, provoquant ainsi la dégradation des terres. Cette
étude vise à caractériser l’état de dégradation physique des terres dans la
commune rurale de Kouka. L’approche méthodologique adoptée au cours de
cette étude est basée sur une revue de littérature et une matrice d’observation.
Les résultats montrent que la dégradation physique des terres se classe en
quatre catégories : très faible, faible, moyenne et élevée. Le niveau très faible
représente 2,74% de la superficie de la zone d’étude. La catégorie de
dégradation de niveau faible représente 43,78 %. La catégorie moyennement
dégradée représente 49,53% et la catégorie fortement dégradée affecte 3,95%
de la superficie de la zone d'étude.
Mots clés : Burkina Faso, Commune de Kouka, terre, dégradation
physique, érosion hydrique
Correspondance : Jacques KONKOBO,
Université Norbert ZONGO, (Burkina Faso), konkobojacques@[Link]
iD ORCID : [Link]
233
Characterisation of the state of physical land degradation in the rural
commune of Kouka, Burkina Faso
Abstract
Human activities are the main factor in soil degradation, while climatic
conditions only exacerbate the phenomenon. These activities include the
clearing of land for agriculture. The result is a significant reduction in plant
cover and a reduction in soil organic matter stocks. As a result, compaction of
the soil surface increases, leading to compaction, crusting and water erosion.
Degradation of the plant layer alters the soil structure, making runoff more
likely, leading to land degradation. This study aims to characterise the state of
physical degradation of the land in the rural commune of Kouka. The
methodological approach adopted in this study is based on a literature review
and an observation matrix. The results show that physical land degradation
falls into four categories: very low, low, medium and high. The very low level
represents 2.74% of the surface area of the study area. The low level
degradation category represents 43.78%. The moderately degraded category
accounts for 49.53% and the severely degraded category covers 3.95% of the
study area.
Key words: Burkina Faso, Commune of Kouka, Land, physical
degradation, water erosion
Introduction
234
végétation, les sols. Dans un milieu dégradé, la diversité biologique
tend à s’appauvrir et la sensibilité du sol à l’érosion éolienne et hydrique
s’accroît. Ce processus conduit peu à peu au phénomène de
désertification (H. Sawadogo et al., 2008, p. 60).
L’évaluation globale de la dégradation des sols demeure une
tâche complexe. Un large éventail de méthodes est utilisé, notamment
les avis d’experts, la télédétection, les Systèmes d’Information
Géographique (SIG), les enquêtes de perceptions ainsi que la
modélisation. Plusieurs articles concernent la collecte de l’information
et l’établissement d’indicateurs, car cette dégradation du milieu est
imputable, à la fois, à l’extension des superficies cultivées avec
l’accroissement de la population, au surpâturage et aux variations
climatiques. Dans la littérature, les résultats des travaux définissent les
risques de dégradation des terres en se basant sur les facteurs
climatiques et l’utilisation des terres et non l’état actuel des sols (Y. C.
H. Hountondji, 2008, p. 17). Or la présence d'une longue saison sèche
affaiblit la protection biologique du sol, tandis qu'en saison pluvieuse,
l'excès d’eau et l'érosion hydrique conduisent au lessivage des horizons
superficiels du sol. Ce changement de saison contrastée favorise les
phénomènes d'érosion éolienne et d'encroutement des sols lorsqu'ils ne
sont pas protégés (P. Milleville et G. Serpantie, 1994, p. 34).
Les aspects les plus ressentis par les populations sont la
réduction significative de la couverture végétale, la dégradation des
sols, la baisse des rendements agricoles et la diminution des ressources
en eau. À l’étape ultime de la dégradation des sols, il apparaît un sol nu,
appelés zipella, sur lequel, plus rien ne pousse dégradation affectant de
nos jours plus de 24% des terres arables au Burkina (A. Dabre et al.,
2027, p. 474). La perte du couvert végétal est le plus souvent
irréversible et les sols se trouvent ainsi exposés à l’action de
l’agressivité climatique, en absence de dispositifs de protection anti-
érosive. Par conséquent, il s’y développe des croutes de battances ou
des tâches d’induration, des affleurements cuirassés qui favorisent
l’érosion et le ruissellement des eaux (D. Millogo et al., 2017, p. 2134).
235
Ce problème est beaucoup plus crucial au nord-ouest du Burkina Faso
particulièrement dans la commune rurale de Kouka.
Les objectifs poursuivis par les études dans le suivi de la
dégradation des terres sont principalement d’évaluer et de mesurer l’état
de celle-ci afin de diagnostiquer le phénomène, de caractériser son
étendue et d’en suivre son évolution. La commune rurale de Kouka
appartient à un large espace de colonisation agricole au Burkina Faso.
Elle accueille des populations paysannes migrant à la recherche de
terres cultivables. La dynamique migratoire a été favorisée par un
système foncier très souple permettant l'installation des étrangers (L.
Pare et B. Tallet, 1999, p. 83). Ce phénomène migratoire bouleverse les
équilibres naturels et démographiques. La transformation rapide des
paysages de nos jours témoigne de la modification de l’environnement
physique due aux activités agricoles. Selon A. Cornet (2002, p. 5), la
dégradation des terres se produit lorsque l’homme modifie les
équilibres ou les dynamiques naturelles par surexploitation des
ressources. Si l’action de l’homme est indéniable et largement
démontrée, l’impact des conditions climatiques existe également et
leurs rôles sont observables directement sur le terrain. Ainsi, l’objectif
de cette étude est de caractériser l’état de dégradation physique des
terres dans la commune rurale de Kouka, au nord-ouest du Burkina
Faso.
236
Source : BNDT 2012
Figure 1 : Situation géographique de la zone d’étude
237
ricochet, les sols ferrugineux tropicaux, les sols minéraux bruts, les sols
peu évolués d’érosion et les sols hydromorphes sont les types de sols
dominants (figure 3). Cette dynamique morphogénique a donné au
paysage des formes de modelés dont les plus dominants sont les
plateaux cuirassés et gréseux, les buttes cuirassées et les glacis. Les
facteurs humains indiquent une forte croissance démographique. La
majorité de cette population pratique l’agriculture et l’élevage comme
principales activités socioéconomiques. Cependant, la gestion des
ressources naturelles est peu satisfaisante dans la commune. Ces
ressources font l’objet d’une surexploitation, pour les besoins de
production, de transformation et de satisfaction des besoins
domestiques. À cela s’ajoute l’occupation anarchique des terres qui a
pour conséquences la réduction de la biodiversité. Cette situation est
aggravée par la variabilité climatique qui a pour conséquence directe la
dégradation des sols à cause de l’encroutement des sols et de l’érosion
hydrique.
Source ; ANAM/BNDT_2012-IGB
Figure 2 : Domaines climatiques du Burkina Faso
238
Figure 3 : Classes des sols de la commune rurale de Kouka
239
le terrain à l’aide d’une matrice d’observation, pour déterminer
l’extension ou l’étendue des sous-types de dégradation physique des
terres que sont l’encroûtement et l’érosion hydrique linéaire. À l’issue
de cette phase, on obtient une base de données qui délimite chaque
maillage carré. Des centroïdes sont générées et constituent des points
de référence sur le terrain.
Source : BNDT_2012/IGB
Figure 4 : Maillage de la zone d’étude
240
Extension de la dégradation
Elle est la superficie de terrain soumise à un sous-type donné de
dégradation (encroûtement ou érosion hydrique linéaire). L’extension
de la dégradation est une donnée quantitative alors que le sous-type de
dégradation est une donnée qualitative. La détermination de l’extension
comporte trois opérations :
- repérer l’extension dans le paysage à l’aide d’images satellites
ou d’observations directes sur le terrain ;
- localiser et reporter les observations sur une carte ;
- calculer la superficie concernée.
Pour ce faire, il y a une démarche à suivre pour détecter le sous-
type de dégradation dont on cherche à déterminer l’extension :
- est-il visible ou non visible directement par un observateur sur
le terrain ?
- Est-il détectable ou non détectable sur les images satellites ?
- Quel est son degré de dégradation ?
Pour les indicateurs qui ne sont pas visibles sur les images
satellites, leur évaluation a nécessité des observations sur le terrain. À
l’aide des SIG, les unités sont numérisées et leurs proportions calculées.
À l’issue de la détermination de l’extension, des classes d’extension
sont créées (tableau I)
241
1.2.2. Méthode de traitement et d’analyse des données
[Link]. Méthode de détermination du degré des sous-types de
dégradation
Le degré de dégradation est le stade de gravité (ou de sévérité)
atteint par le sous-type de dégradation donné. Le degré de dégradation
peut varier graduellement d’un niveau très faible à un niveau très fort.
On établit des classes de répartition entre ces niveaux. Il est retenu cinq
classes, qui sont utilisées ensuite pour déterminer l’indice d’état de
dégradation.
Érosion hydrique et son degré de dégradation
Le sous-type de dégradation pris en compte est l’érosion linéaire
ou érosion hydrique. L’érosion hydrique (linéaire) est un creusement du
sol sur une profondeur variable. Il se produit une déformation de la
surface du terrain. Cette forme d’érosion se produit sous l’effet des
filets d’eau qui se concentrent à la surface du sol et acquièrent ainsi une
énergie plus forte que le ruissellement diffus en nappe. L’eau ruisselée
peut alors déplacer non seulement de l’argile et du limon, mais aussi du
sable, des graviers et des pierres. L’érosion linéaire est subdivisée en
quatre sous-groupes : griffe, rigole, ravine et nappe ravinant (P.
Brabant, 2008).
Une griffe d’érosion est un petit chenal d’écoulement d’eau,
anastomosé ou ramifié, de moins de 5 cm de largeur et de profondeur.
Elle n’atteint pas la base de la couche humifère du sol ni celle de la
couche arable.
Une rigole est un chenal d’écoulement de 5 à 25 cm de
profondeur, de 10 à 50 cm de largeur, de 3 à 15 m de longueur. Elle
peut entailler la couche humifère jusqu’à la base et même en dessous.
Une ravine est un chenal d’écoulement de 50 à 100 cm de largeur
et de 100 cm de profondeur au maximum.
Une nappe ravinante concerne une plaque entière de sol. Celle-
ci est décapée sur une surface de plusieurs m2, de dizaines de m2, parfois
de milliers de m2. L’épaisseur de la plaque de terre érodée va de
242
quelques centimètres à plusieurs décimètres. Une nappe ravinante est
limitée à l’amont sur le versant par une petite falaise dont les bords
s’éboulent durant les averses. Ainsi, la zone soumise à la nappe
ravinante s’étend progressivement du bas vers le haut du versant.
Le tableau II présente la méthode d’évaluation de l’érosion
hydrique.
243
surfaces atteintes aient une dimension suffisante, de quelques hectares
d’un seul tenant pour être repérables. Des contrôles de terrain dans des
sites test ont été nécessaires à l’aide d’images satellites et de GPS. Le
tableau III montre les indicateurs de dégradation physique par
encroûtement.
244
Tableau IV : Cotations des indicateurs de dégradation
Degré de dégradation Etendue de la dégradation
Très Faible Moyen Fort Très 0-5% 5-10% 10- 25- 50-100%
faible fort 25% 50%
Sous-type de 1 2 3 4 5 1 2 3 4 5
dégradation
En totalisant donc les valeurs de l’extension (de 1 à 5) à celles du degré (de 1 à 5) et en pondérant les valeurs, on
obtient les résultats ci-dessous (tableau V) pour la valeur de l’indice synthétique. Par convention, on attribue une
couleur à chaque valeur de l’indice, ce qui facilite beaucoup la lecture des cartes. Plus la couleur est rouge, plus la terre
est dégradée et plus elle est verte, moins elle est dégradée. On obtient ainsi la gamme suivante. Indice 1 : vert foncé ;
indice 2 : vert clair ; indice 3 : jaune ; indice 4 : orange ; indice 5 : rouge.
245
Tableau V : Combinaison des cotations d’indicateurs de dégradation
Etendue de la dégradation des sols
0-5% 5-10% 10-25% 25-50% 50-100%
Très faible 2 3 4 5 6 Type de
dégradation
Faible 3 4 5 6 7
Degré de Moyen 4 5 6 7 8
dégradation
Fort 5 6 7 8 9
Très fort 6 7 8 9 10
246
2. Résultats
247
Sol limoneux encrouté à fini (a) Sol limoneux encrouté à Diontala (b)
248
2.1.1. Degré de dégradation physique par encroutement
L’utilisation de la matrice des caractéristiques de dégradation à
l’aide de l’observation directe, les sols encroutés ont été détectés,
géoréférencés, décrits et caractérisés dans chaque parcelle
d’entrainement. Les sites où les sols encroutés ont été décrits sont
répartis selon une classe, son degré et les indicateurs correspondants.
Le tableau VI montre la répartition des sites selon leur degré de
dégradation physique.
249
2.2. Caractérisation de la dégradation des terres par l’érosion
hydrique
L’érosion hydrique agit essentiellement par l'action des gouttes
de pluie dont l'énergie cinétique entraine la dispersion des particules du
sol, la destruction des agrégats et par le flux des eaux de ruissellement
qui provoquent le détachement et l'entrainement des éléments vers le
bas des pentes.
2.2.1. Caractérisation de l’érosion linéaire sous forme de
griffe, rigole et ravine
L’érosion hydrique résulte d’un ensemble de processus
complexes et interdépendants, liés à la pluie, au ruissellement, à la
topographie, à la texture du sol, à la couverture végétale et aux
techniques culturales. Tous ces facteurs réunis contribuent directement
ou indirectement au détachement et au transport des particules du sol.
Pour la reconnaissance de ce type de dégradation, il a été question de
l’observation du décapage de la partie supérieure du sol par
ruissellement superficiel ou par érosion en nappe et par la déformation
du terrain caractérisée par la présence de rigoles, de ravines.
Extension et degré de dégradation causés par l’érosion
hydrique linéaire
L’érosion hydrique linéaire est considérée sous forme de griffe,
rigole, ravine et nappe ravinante. Conformément à la méthode adoptée
dans cette étude, l’érosion linéaire est subdivisée en quatre sous-
groupes : griffe, rigole, ravine et nappe ravinante.
La planche photographique 2 suivantes montrent les types
d’érosion hydrique linéaire rencontrés dans la zone d’étude.
250
Rigole à Siwi Nord de la commune (a) Ravin à Diontala, Sud-ouest de la commune (b)
251
Avec l’utilisation de la matrice des caractéristiques de
dégradation à l’aide de l’observation directe et des images Google
Earth, les types d’érosion hydrique linéaire ont été détectés,
géoréférencés, décrits et caractérisés dans chaque parcelle
d’entrainement. Les sites où l’érosion linéaire a été détectée ont été
répartis selon une classe, son degré et les indicateurs correspondants.
Le tableau VII montre la répartition des sites selon la classe et le degré
de dégradation hydrique linéaire.
252
sols et de l’érosion hydrique linéaire. Chaque sous-type de dégradation
est affecté par une cotation en fonction de son degré et de son étendue.
La combinaison des indicateurs est obtenue par addition des cotations
et conduit à la définition des classes de dégradation. Ainsi, le processus
de détermination de l’indice de dégradation a abouti à l’élaboration de
la carte de l’état de dégradation physique des terres par la méthode
d’interpolation et par la technique du krigeage (Figure 5).
253
Quatre classes de dégradation physique des terres sont définies. Il
s’agit de la classe de niveau très faible, faible, moyen et fort. La classe
très faible représente 2,74 % (1990 ha) de la superficie communale. La
classe de dégradation de niveau faible occupe 31801 ha soit 43,78 % de
la commune. Celle de niveau moyen occupe 35975 ha, soit 49,53 % de
la superficie communale. Quant à la classe de dégradation de niveau
fort, elle affecte 2867 ha, soit 3,95 % de la superficie de la zone d’étude.
3. Discussion
254
raison des forts développements démographique, économique, urbain,
agricole et industriel. Abordant la responsabilité de l’homme dans le
phénomène, Y. El Hadraoui, (2013, p.8) ajoute que les interventions
négatives de celui-ci : incendies, urbanisation, défrichements, mauvaise
connaissance des techniques de culture engendrent une forte
dégradation des couvertures végétales. E. Roose, (1985, p.29), renchérit
cette idée en confirmant que le défrichement des terres tropicales
entrainait une dégradation rapide des propriétés chimiques et physiques
des horizons superficiels et l'a interprété comme une conséquence de
l'agressivité du climat, de la fragilité des sols, de la minéralisation
rapide des matières organiques entrainant une accélération des pertes
par érosion et drainage.
En effet, l’érosion contribue, sous l'action d'un agent d'érosion
(notamment l'eau) à modifier les formes de relief, vu l’ampleur des
ravins et des nappes ravinantes constatés au nord et à l’est de la
commune. Ce phénomène constaté est confirmé par les propos de Y.
EL Hadraoui, (2013, p.10) qui souligne que l’érosion est un processus
physique, chimique, naturel par lequel le sol et les roches de la croute
terrestre sont continuellement soumis à une abrasion et à une corrosion.
La vulgarisation et l’adoption des techniques antiérosives, le
reboisement et la lutte contre la coupe abusive du bois pourraient être
des mesures à adopter pour atténuer l’impact de l’érosion dans la
commune.
255
concerne, la fraction limoneuse, les limons sont caractérisés par leur
sensibilité à la battance et par ricochet à l’encroûtement. Selon A.
Casenave et C. Valentin, (1989, p.162), c’est l’altération des schistes
qui produit des sols limoneux. Sous l'effet des pluies, ces sols, se
prennent en masse et un imperméable couche se forme à la surface
gênant l'infiltration de l'eau et la levée des semences, constata J. T.
Filho, (1995, p.10 et 39). En effet, les travaux de cet auteur ont
démontré que la concentration de limons en surface du sol peut conduire
à une certaine prédisposition à des phénomènes de dégradation
superficielle. L'encroutement de surface et le tassement des horizons
superficiels diminuent la vitesse d'infiltration de l'eau, limitent de ce fait
la reconstitution de la réserve en eau et, en conséquence, affectent le
développement des plantes. Ils provoquent une augmentation de
l'érosion hydrique de surface. Les sols encroutés, les ravins observés à
travers l’espace communal de Kouka confirment les propos de J. T.
Filho. Ainsi, les propriétés du sol dépendent largement de sa
composition granulométrique c'est-à-dire de la proportion de sable, de
limon et d'argile qu'il contient.
Pour D. King et al., (2003, P. 289) la nature de ces composants
(type de minéraux argileux, nature des liaisons organique) joue un rôle
essentiel sur la structure du sol et sa stabilité. Comme la souligné, K. A.
N’guessan, (2015, P. 115), un des buts premiers du travail du sol est de
créer un environnement favorable à la germination des graines et au
développement des racines. Pourtant, afin de cultiver des superficies
plus grandes, les agriculteurs pratiquent un défrichement incontrôlé de
l’espace rural. Ce phénomène entraine souvent l’augmentation des
risques d’érosion, de dégradation des sols voire des terres. Y. Le
Bissonnais et C. Le Souder, (1995, p. 47) ajoute que pour une grande
partie des sols cultivés qui sont de texture limoneuse, limono-argileuse
ou limono-sableuse, leur capacité à l’infiltration est réduite et par
conséquent, la désagrégation est à l’origine de la formation des croutes.
256
Conclusion
Références bibliographiques
257
les dossiers thématiques du CSFD N°8. CSFD/Agropolis
International. 52 p. [Link]
[Link]/[Link]/bibliotheque/publications-
csfd/doc_download/139-brabant-pierre-2010-une-methode-
devaluation-et-de-cartographie-de-la-degradation-des-terres-
CASENAVE Alain et VALENTIN Christian, 1989, Les Etas de surface
de la zone sahélienne, influence sur l’infiltration, ORSTOM, 231
P.
DA Dapola Evariste Constant, YACOUBA Hamma et YONKEU
Samuel, 2008, Unités morphopédologiques et gestion de la fertilité
des sols dans le Centre-Nord du Burkina Faso par les populations
locales, Int. J. Biol. Chem. Sci. 2(3), PP. 306-315.
DABRE Abdoulaye, HIEN Edmond, SOME Der et DREVON Jean
Jacques, 2017. Effets d’amendements organiques et phosphatés
sous zaï sur les propriétés chimiques et biologiques du sol et la
qualité de la matière organique en zone soudano-sahélienne du
Burkina Faso, Int. J. Biol. Chem. Sci. 11(1): 473-487. DOI :
[Link]
El HADRAOUI Youssef, 2013, Étude diachronique de
l’occupation du sol et de modélisation des processus érosifs du
bassin versant du Bouregreg (Maroc) à partir des données de
l’Observation de la Terre, Mémoire en Sciences de l’ingénieur,
École Supérieure Des Géomètres et Topographes, 89.
FAUQUET François, 2005, Dynamiques des ressources
environnementales et mutations des systèmes agrosylvo-pastoraux
en milieu tropical semi-aride : le cas de la vallée d’Arewa (Niger
central). Géographie. Université Joseph-Fourier - Grenoble I,
FILHO Joâo Tavares, 1995, Organisation et comportement de latosols
du parana (bres/l). Influence de leur mise en culture. Thèse,
université de Nancy 1, 240 P.
HOUNTONDJI Yvon-Carmen., OZER Pierre, NICOLAS Jacques,
2007, Mise en évidence des zones touchées par la désertification
par télédétection à basse résolution au Niger, Cybergeo,
Environnement, Nature, Paysage,
[Link]
258
KHEMIRI Khaoula et JEBARI Sihem, 2021, Evaluation de l’érosion
hydrique des bassins versants de la zone semi-aride tunisienne avec
les modèles RUSLE et MUSLE couplé à un système d’information
géographique », in Cahiers Agricultures, pp. 1-11
KING Dominique, BRUAND Ary et COUSIN Isabelle, 2003, Rôle des
propriétés physiques des sols et de leur variabilité sur les flux
d’eau, Etude et Gestion des Sols, volume 10 (4), pp.287-297.
Le BISSONNAIS Yves et Le SOUDER Christine, 1995, Mesurer la
stabilité structurelle des sols pour évaluer leur sensibilité à la
battance et à l’érosion, Etude et Gestion des Sols, pp. 43-56.
LE BISSONNAIS Yves, THORETTE jacques, BARDET Cécile,
DAROUSSIN Joël, 2002, L’érosion hydrique des sols en France,
INRA, 106P
MILLEVILLE Pierre et SERPANTIE Georges, 1994. intensification
et durabilité des systèmes agricoles en Afrique soudano-
sahélienne, ORSTOM, France
MILLOGO Dibi, NIKIEMA Abdoul-aziz, KOULIBALY Bazoumana
et ZOMBRE Nabsanna Prosper, 2017, Analyse de l'évolution de
l’occupation des terres à partir de photographies aériennes de la
localité de Loaga dans la province du Bam, Burkina Faso, Int. J.
Biol. Chem. Sci. 11(5): 2133-2143. DOI :
[Link]
N’GUESSAN Kouamé Antoine, DIARRASSOUBA Nafan, ALUI
Konan Alphonse, NANGHA Krobga Yves, FOFANA Insa Jésus et
YAO-KOUAME Albert, 2015, Indicateurs de dégradation
physique des sols dans le Nord de la Côte d’Ivoire : cas de
Boundiali et Ferkessédougou, Afrique SCIENCE 11(3), pp. 115 –
128.
PARE Lacinan et TALLET Bernard, 1999, d’un espace ouvert à un
espace saturé : dynamique foncière et démographique dans le
département de Kouka (Burkina Faso). Espace, population, société,
pp.83-92.
ROOSE Eric, 1985, Dégradation des terres et développement en
Afrique de l’Ouest, Bull. rech. Agron. Gembloux 20 (3/4, pp. 505-
537
259
SAWADOGO Hamado, ZOMBRE Nabsanna Prosper, BOCK Laurent,
Daniel LACROIX Daniel, 2008, Evolution de l’occupation du sol
de Ziga dans le Yatenga (Burkina Faso) à partir de photographies
aériennes. Teledetection, 2008, 8 (1), pp.59-73.
SOME Der, ZOMBRE Nabsanna Prosper, (2004, Impact de la
technique du zaï sur la production du niébé et sur l’évolution des
caractéristiques chimiques des sols très dégradés (Zipéllé) du
Burkina Faso. Sécheresse, 15(3): 263-269.
[Link]
260
(CA R ESFI)
INDEXATION INTERNATIONALE
Indexation internationale :
[Link]
Email : revuecaresfi@[Link]
Site Web : [Link]