0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
26 vues27 pages

Dih 1 1

Transféré par

garikoboubacar7
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats DOC, PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
26 vues27 pages

Dih 1 1

Transféré par

garikoboubacar7
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats DOC, PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

MINISTERE DE LA DEFENSE ET REPUBLIQUE DU MALI

DES ANCIENS COMBATTANTS


ETAT-MAJOR GENERAL DES ARMEES Un Peuple – Un But – Une Foi
FORMATION COMMUNE DE BASE

CONTINGENT 2010

DROIT INTERNATIONAL
HUMANITAIRE

1
SOMMAIRE

 CONNAITRE LE DROIT INTERNATIONAL HUMANITAIRE

 DROIT DE GENEVE – DROIT DE LA HAYE

 ETUDE DES SIGNES DISTINCTIFS

 GESTION DES CONFLITS

 LES LOIS ET COUTUMES DE GUERRE

 REGLES POUR LE COMPORTEMENT DANS L’ACTION

 MESURES A PRENDRE AVEC LES PRISONNIERS ET LES BIENS

ENNEMIS

 CONDUITES À TENIR VIS-A-VIS DE LA POPULATION CIVILE

CONNAITRE LE DROIT INTERNATIONAL HUMANITAIRE

2
I - LE DROIT INTERNATIONAL HUMANITAIRE
Le Droit des conflits armés reflète la volonté des nations d'établir certaines contraintes aux
belligérants afin de limiter les souffrances de ceux qui sont affectés par des combats. Le
devoir de tout chef est de donner des ordres compatibles avec le DIH et de s’assurer que ses
subordonnés connaissent leurs obligations au sens du droit des conflits armés et qu'ils ne
commettent aucune violation.
Né sur les champs de bataille et modelé par l'expérience de la guerre, le Droit International
Humanitaire est composé de plusieurs documents :
– le Droit de Genève ou droit humanitaire, au sens strict, couvre la protection des
victimes de la guerre (civiles et militaires) ;
– le Droit de La Haye ou droit des lois et coutumes de la guerre (essentiellement de
1907) couvre la conduite des opérations militaires, ainsi les quatre conventions de Genève
(1949) protègent les blessés, les malades et naufragés, les prisonniers de guerre et les civils ;
– les deux protocoles additionnels (1977) aux conventions de Genève imposent une
limitation dans le choix des moyens de faire la guerre en actualisant les règles du Droit de La
Haye.
De plus, la Charte des Nations unies (1945) a mis hors la loi le recours à la guerre. Elle
stipule qu'il est illégal pour les États de faire la guerre pour toute autre raison que
l'autodéfense ou la protection de la sécurité collective, sous l'autorité du Conseil de sécurité
des Nations unies. La déclaration universelle des
Droits de l’Homme (1948) garantit, même en temps de guerre, les droits et libertés
fondamentaux.
II – REGLES FONDAMENTALES DU DIH APPLICABLES AUX CONFLITS ARMES
Ces articles constituent la quintessence des dispositions du DIH. Ils ne revêtent pas l'autorité
d'un code juridique. Ce sont des éléments de bonne conduite, basés sur le respect de la
personne humaine.
1) Les personnes mises hors de combat et celles qui ne participent pas directement
aux hostilités ont droit au respect de leur vie et de leur intégrité physique et morale. Ces
personnes seront, en toutes circonstances, protégées et traitées avec humanité, sans aucune
distinction de caractère défavorable.
2) Il est interdit de tuer ou de blesser un adversaire qui se rend et qui est hors de
combat.
3) Les blessés et les malades seront recueillis et soignés par la partie au conflit qui les
aura en son pouvoir. La protection couvre également le personnel sanitaire, les

3
établissements, moyens de transport et matériel sanitaires. L'emblème de la Croix-Rouge ou
du Croissant Rouge est le signe de cette protection et doit être respecté.
4) Les combattants capturés et les civils qui se trouvent sous l'autorité de la partie
adverse ont droit au respect de leur vie, de leur dignité, de leurs droits personnels et de leurs
convictions.
Ils seront protégés contre tout acte de violence et de représailles. Ils auront le droit
d'échanger des nouvelles avec leurs familles et de recevoir des secours.
5) Toute personne bénéficiera des garanties judiciaires fondamentales. Nul ne sera
tenu pour responsable d'un acte qu'il n'a pas commis. Nul ne sera soumis à la torture
physique ou mentale, ni à des peines corporelles ou traitements cruels ou dégradants.
6) Les parties au conflit et les membres de leurs forces armées n'ont pas un droit
illimité quant aux choix des méthodes et des moyens de guerre. Il est interdit d'employer des
armes ou des méthodes de guerre de nature à causer des pertes inutiles ou des souffrances
excessives.
7) Les parties au conflit feront, en tout temps, la distinction entre la population civile
et les combattants, de façon à épargner la population et les biens civils. Ni la population
civile en tant que telle, ni les personnes civiles ne doivent être l'objet d'attaques. Les attaques
ne seront dirigées que contre les objectifs militaires, lesquels peuvent toutefois être des infra
structures civiles clairement désignées et servant à l’effort de guerre de l’adversaire (1).
II – LE DROIT DE LA GUERRE ET LA NECESSITE MILITAIRE
Le rôle des forces armées a changé. En fait, leur fonction principale est de prévenir la guerre
par la dissuasion. De plus les forces armées françaises agissant souvent directement, ou sous
l'égide de l'ONU, en interposition, le DIH constitue la base juridique pour son action sur le
terrain.
L'essence même du droit de la guerre peut être résumée en trois phrases :
1) Combattre uniquement les objectifs militaires.
2) Épargner les personnes et les biens protégés (2) qui ne contribuent pas à l’appui
direct des opérations militaires.
3) Ne pas utiliser plus de force de destruction que ce qui est indispensable pour
remplir la mission.
Considérant ces trois points, il y a convergence avec les principes tactiques s'ils sont
correctement appliqués.

4
PRINCIPES TACTIQUES CONVERGENCE HUMANITAIRE
Destruction de l’adversaire. Rendre l’ennemi incapable d’opérer
tactiquement. Rien de plus.
Simplicité d’action. Un plan compliqué risque l’échec et
les victimes superflues.
Concentration des forces. L’attaque d’objectifs non militaires est
un gaspillage de ressources.
L’unité d’action. Contrôle de l’opération et des
moyens.
Surprise. Un ennemi surpris se rendra plus faci-
lement. Cela peut éviter des pertes.
Économie des moyens. Distinction entre objectif militaire et
bien civil. S’attaquer à l’un, pas aux deux.
Sûreté. Chaque chef a la responsabilité de
la protection de ses moyens mais
aussi des personnes et objets non
impliqués. Privilégier une défensive
sûre plutôt qu’une offensive trop
périlleuse.
Un chef militaire qui applique correctement les principes tactiques est
implicitement humanitaire. Une bonne tactique évite les pertes inutiles en
vie et en matériel

DROIT DE GENEVE – DROIT DE LA HAYE

5
Notions de base

I - Définition
Le droit international humanitaire (ou droit humanitaire) est l’ensemble des règles qui, en
temps de conflit armé, visent d’une part, à protéger les personnes qui ne participent pas ou ne
participent plus aux hostilités et, d’autre part, à limiter les méthodes et moyens de faire la
guerre.
II - Genève et la Haye : Généralités
Le droit international humanitaire ou droit des conflits armés, ou droit de la guerre comprend
deux branches distinctes :
1) Le droit de Genève : ou droit humanitaire proprement dit qui tend à sauvegarder les
militaires hors de combat, ainsi que les personnes qui ne participent pas aux hostilités, en
particulier la population civile.
a) les quatre (04) conventions de Genève : Elles sont issues de la conférence diplomatique du
12 août 1949 qui révisa le texte des conventions antérieures en les harmonisant.
Constituées par 400 articles, elles concernent :
-Première convention de Genève (1949) : protège les blessés et les malades dans les forces
armées en campagne ;
-Deuxième convention de Genève (1949) : protège les blessés, les malades et les naufragés
des forces armées sur mer.
-Troisième convention de Genève (1949) : protège les prisonniers de guerre ;
-Quatrième convention de Genève (1949) : protège les civils.
b) les protocoles additionnels : adoptés le 08 juin 1977 ils sont :
-Le protocole I (1977) renforce la protection des victimes des conflits armés internationaux
-Le protocole II (1977) renforce la protection des victimes des conflits armés non
internationaux.
2) Le droit de la Haye : ou droit de la guerre, qui fixe les droits et obligations des belligérants
dans la conduite des opérations militaires et limite le choix des moyens de nuire à
l’ennemi.
3) Les divers types de conflits.
a) conflit armé international : oppose les forces armées d’au moins deux Etats.
b) conflit armé non international : oppose, sur le territoire d’un état les forces armées
régulières à des groupes armées identifiables, ou des groupes armées entre eux.

6
c) troubles intérieurs : lorsque, sans qu’il y ait conflit armé, un état utilise la force armée
pour rétablir et maintenir l’ordre public.
d) tension interne : lorsque, sans qu’il y ait troubles intérieures, la force est utilisée à titre
préventif pour maintenir l’ordre public.

ETUDE DES SIGNES DISTINCTIFS

I - Introduction :

7
Les signes protecteurs prévus par les conventions internationales sont présentés à titre
d’exemples, sans que cela signifie qu’ils doivent toujours être reproduits avec les mêmes
proportions et nuances de couleurs.
En effet les signes distinctifs peuvent être confectionnés sur le terrain avec les matériaux
et les couleurs disponibles et souvent l’improvisation ne permet pas d’imiter exactement
le modèle.
Les signes ne représentent pas une liste exhaustive (exemple : pour les localités non
défendues-les zones neutralisées-la signalisation se fera par un moyen à convenir entre les
parties).
Quand aux signaux distinctifs, ils sont à l’usage exclusif des unités et moyens de transport
sanitaires. Ils sont facultatifs et améliorent les possibilités d’identification de protection
des unités et moyens de transport sanitaires.
II- Les signes protecteurs :
1-Le drapeau blanc
C’est le plus ancien signe protecteur utilisé dans les conflits armés sur terre, sur mer
depuis très longtemps pour protéger les parlementaires, le drapeau blanc signifie que celui
qui le brandit veut parlementer, entrer en communication avec son adversaire.
2-La Croix-Rouge et le Croissant Rouge :
a) La Croix-Rouge : Signe distinctif des services et du personnel sanitaire et religieux ainsi
que des organismes internationaux de la croix rouge
Les personnes et les biens civils ou militaires placés sous la protection de cet emblème
doivent être en toutes circonstances épargnés et protégés et en aucun cas attaqués
b) Le croissant rouge : En lieu et place de la croix rouge certains Etats utilisent le croissant
rouge qui est aussi reconnu officiellement et joue le même rôle protecteur que la croix rouge à
titre de signe distinctif
3-Emblèmes des zones et localités sanitaires et de sécurité :
Ces zones peuvent être prévues ou créées dès le temps de paix ou pendant les hostilités, pour
abriter contre les effets de la guerre, les blessés, malades, infirmes, personnes âgées et les
enfants de moins de 15 ans, ainsi que les femmes enceintes et les mères d’enfants de moins de
17 ans.
La périphérie de la zone est marquée par des bandes obliques rouges sur fond blanc, apposées
sur des panneaux, des drapeaux ou peintes sur les surfaces et toitures disponibles. Les
militaires ne doivent pas transiter par la zone ni la défendre militairement.
4) Signes des camps de prisonniers de guerre :

8
Chaque fois que les considérations d’ordre militaire le permettent, les camps de prisonniers de
guerre seront signalés de jour au moyen de lettres PG ou PW placées de façon à être vues
distinctement du haut des ais, toutefois les puissances intéressées pourront convenir d’un autre
moyen de signalisation
Pour être visibles, les signes doivent être aussi grands que les circonstances le permettent.
La couleur des lettres PG ou PW le fond sur lequel elles sont marquées ne sont spécifiées dans
la convention.
Ce signe a une valeur de signalisation, mais il n’a pas une valeur de protection
internationalement reconnue.
5) Signes des lieux d’internement civils
Chaque fois que les considérations militaires le permettront, les camps d’internement seront
signalés par les lettres IC placés de manières à être vues de jour distinctement du haut des
airs, toutefois les puissances intéressées pourront convenir d’un autre moyen de signalisation.
Le choix des couleurs des lettres et du fond est libre. Ce signe a une valeur de signalisation,
mais sa valeur de protection n’est pas internationalement reconnue.
6- Signe de la protection civile
Le signe distinctif international de la protection civile consiste en un triangle équilatéral bleu
sur fond orange quand il est utilisé pour la protection des organismes de protection civile, de
leurs bâtiments, de leur personnel et de leur matériel ou pour la protection des abris civils.
En plus du signe distinctif, les parties au conflit pourront se mettre d’accord sur l’utilisation
des signaux distinctifs à des fins d’identification des services de protection civile.
7-Emblèmes pour la protection des biens culturels :
La convention de la Hayes du 14 mai 1954 pour la protection des biens culturels en cas de
conflits armés prescrit un écusson bleu et blanc pour l’identification des biens culturels.
Lorsque cet écusson bleu t blanc est apposé sur un bien culturel musée, monuments,
immeubles, site archéologique etc.… cela signifie qu’il est interdit de l’utiliser à des fins
militaires.
8- Signe de détresse du code international des signaux :
Les naufragés en mer peuvent hisser sur leur embarcation de sauvetage le signe HC du code
international des signaux, signifiant « je suis en détresse et je demande assistance immédiate »
Les naufragés ne doivent pas être attaqués ni dans leur canot de sauvetage ni à bord de leur
navire désemparé demandant assistance.
III - Les signaux distinctifs

9
1-Le signal lumineux : consiste en un feu bleu scintillant, prévu pour les aéronefs sanitaires.
Les moyens de transport sanitaires terrestres peuvent également utiliser le feu bleu scintillant.
Le chapitre XIV du code international de signaux prévoit l’emploi du feu bleu scintillant pour
les navires hôpitaux et les embarcations protégées par les conventions de Genève et leurs
protocoles additionnels.
2- Le signal radio identification radar et électrique :
Le signal radio figure à l’article 7 du règlement relatif à l’identification et aussi
l’identification par radar à l’article 8
L’OACI et OMI les mentionnent dans les documents appropriés tels qu’en annexes
techniques et code international de signaux art.14
OACI : Organisation de l’Aviation Civile Internationale de Montréal
OMI Organisation Maritime Internationale Londres

LES SIGNES DISTINCTIFS

Service sanitaire, personnel


Religieux (militaire et civil)

Protection civile

Biens culturels : monument, lieux


Importants de cultes, musées etc.…

10
Barrages, digues, centrales de production
d’énergie nucléaire

Drapeau blanc
(Utilisé pour négociation et reddition)

GESTION DES CONFLICTS


I - Prescriptions générales

11
1- Droit de la guerre : Il consiste en des prescriptions internationales sur la conduite du
combat et la protection des victimes des combats.
2- Combattants : Les membres des forces armées (autres que le personnel sanitaire et
religieux) sont des combattants. Ils se distinguent par leur uniforme ou par un signe fixe
reconnaissable ou, au moins, en portant leurs armes ouvertement.
3- Prisonniers de guerre Se sont les combattants capturés par l’ennemi.
4-Objectifs militaires : Les objectifs militaires comprennent les combattants, les
établissements et moyens de transport militaire, les positions, les points de terrain
tactiquement importants.
5-Personnes civiles Se sont celles qui ne font pas partie des forces armées.
6-Biens civils : Se sont des biens qui ne sont pas utilisés à des fins militaires.
7-Personnes et biens particulièrement protégés : Le droit de la guerre accorde une
protection particulière à des catégories spécifiques de personnes et de biens. Ils sont
reconnaissables à travers certains signes distinctifs.
II - Gestion des conflits Armés :
1-Combattants : Les combattants peuvent participer directement aux hostilités et peuvent
être attaqués.
2-objectifs militaires : Les objectifs militaires peuvent être attaqués.
3-Personnes civiles Elles ne peuvent ni participer directement aux hostilités, ni être
attaquées, à moins qu’elles ne prennent part aux hostilités.
4-Bien civils : Ils ne seront pas attaqués, à moins qu’ils ne deviennent des objectifs
militaires
5-Persones particulièrement protégées : Elles ne participeront pas directement aux
hostilités et ne seront pas attaquées. Elles seront autorisées à accomplir leur tâche à
chaque fois que la situation tactique le permet.
6-Biens particulièrement protégés Règles : Les biens particulièrement protégés ne
deviendront pas des objectifs militaires et ne seront pas attaqués.
7-Biens particulièrement protégés Biens culturels signalés : L’immunité d’un bien culturel
signalé peut être levée en cas de nécessité militaire impérative, inéluctable. Elle sera
constatée, au moins, par un commandant de division.
8-Traitement humain : Les personnes civiles, les prisonniers de guerre et le personnel
militaire sanitaire et religieux capturés doivent être respectés et traités humainement.
9-Blessés, naufragés : Ils seront soignés, comme l’exige leur état de santé
10-Otages : La prise d’otages est interdite.

12
11-Destruction, pillage : Les destructions qui ne sont pas exigées par la mission, ainsi que
le pillage, sont interdits.

REGLES POUR LE COMPORTEMENT DANS L’ACTION

I - REGLES DE COMBAT:

13
- Combats uniquement les combattants.
- Attaque uniquement des objectifs militaires
- Epargne les personnes et les biens civils
- Limite des destructions aux exigences de ta mission.
II - COMBATTANTS ENNEMIS QUI SE RENDENT :
- épargne – les
- désarme – les
- traite – les humainement et protège- les
- remets- les à ton supérieur

III - COMBATTANTS ENNEMIES BLESSES


- recueille – les
- soigne- les et protège-les
- remets- les à ton supérieur ou au personnel sanitaire le plus proche.
IV - PERSONNES CIVILES
- Respecte- les
- Traite humainement celles qui sont en ton pouvoir
- Protège – les contre les mauvais traitements ; les actes de vengeance et la prise d’otages
sont interdits
- Respecte – leurs biens ; ne leur cause aucun dommage et ne les voles pas.

MESURES À PRENDRE AVEC LES PRISONNIERS


ET LES BIENS ENNEMIS

I - Combattants ennemis capturés

14
Il est interdit de tuer ou blesser quelqu'un qui s'est rendu et a déposé ses armes, ou qui n'a
plus aucun moyen de défense.
Ceux qui se sont rendus doivent être traités humainement en tant que prisonniers de guerre
(PG), ou prisonniers en fonction de la nature du conflit.
Toute intention de se rendre doit être exprimée clairement : en levant les bras, en jetant ses
armes, en brandissant un drapeau blanc, etc.
Une personne sautant en parachute d'un aéronef en détresse doit se voir accorder la
possibilité de se rendre avant d'être attaquée, sauf si elle se comporte de manière hostile.
Cependant, les membres d'une force aéroportée hostile qui descendent en parachute sont des
cibles militaires légitimes.
Il est interdit de tuer ou blesser un ennemi par traîtrise.
Feindre de se rendre, revêtir l’uniforme de l’ennemi, s’accorder un statut de non-combattant,
sont des exemples de perfidie. En revanche, les ruses de guerre sont permises. Il s'agit d'actes
qui ont l'intention de tromper un ennemi sans abuser de sa confiance. Les ruses de guerre
comprennent l'utilisation du camouflage, les leurres, les simulacres d'opérations et la
désinformation. Il est interdit de piéger des objets anodins et d’empoisonner la boisson et la
nourriture.
Les combattants capturés (qu'ils se rendent ou non) sont prisonniers de guerre et ne doivent
plus être attaqués. Leur statut protecteur entre en vigueur dès la capture. Il s'applique
uniquement aux combattants qui s'abstiennent de tout acte hostile et ne tentent pas de
s'échapper. Ils doivent être épargnés et traités humainement.
Les combattants capturés seront :
a) Fouillés et désarmés.
b) Protégés.
Il est aussi nécessaire :
– de séparer de la troupe les officiers, sous-officiers ou tout individu manifestant une
certaine autorité ; la place assignée objet en le jetant ;
– de prendre toutes dispositions pour qu'ils ne quittent pas
– d'interdire toute conversation entre prisonniers ;
– de les empêcher de se débarrasser de tout papier ou
On peut, à cet effet, leur imposer, pendant quelque temps, une attitude déterminée (mains sur
la tête, position assise, couchée ou appuyée contre un mur, etc.).
c) Soignés, dans l’ordre de l’urgence médicale, si nécessaire.
d) Et évacués.

15
Le désarmement comprend la fouille et la confiscation du matériel et des documents
d'importance militaire (par ex. : munitions, cartes, ordres, matériel et codes de
télécommunications).
Ce matériel et ces documents deviennent butin de guerre.
Un prisonnier de guerre a le droit de garder sa carte d'identité ainsi que sa plaque d'identité,
ses effets personnels, ses vivres, ses décorations, les insignes de son grade, les objets de
valeur sentimentale, ses vêtements militaires, ainsi que son équipement personnel de
protection (casque, masque à gaz et tenue spéciale contre les armes NBC).
Pendant qu'ils attendent leur évacuation, les combattants capturés :
a) Ne seront pas inutilement exposés aux dangers du combat. Ne seront pas otages ou
boucliers humains.
b) Ne seront pas contraints de participer à des activités à caractère ou à but militaire. Ne
seront pas employés à des tâches dangereuses.
c) Seront protégés des actes de violence, des insultes ou des intimidations, et de l’exposition
à la curiosité publique.
d) Recevront les soins nécessaires (par ex. : premiers soins).
L'évacuation sera organisée et commencera aussi rapidement que la situation tactique le
permettra.
Leur transfert à l'échelon supérieur doit s'effectuer sous escorte dont le volume doit être
suffisant pour assurer, à la fois, la sûreté du détachement et la garde des prisonniers. Cette
mission exige une grande vigilance et beaucoup de fermeté.
Personne ne doit adresser la parole aux prisonniers qui doivent rester silencieux. En cas de
transport par véhicule, des hommes de l'escorte prennent place à l'arrière et sont face aux
prisonniers. Il n’est possible d’ouvrir le feu sur un prisonnier qui s’enfuit qu’après
avertissement (par ex. : tirs de sommation).
Les personnes qui ont participé directement aux hostilités seront traitées comme prisonniers
de guerre et évacuées, même en cas de doute sur leur statut juridique. Afin de faciliter
l'attribution définitive de leur statut, il est recommandé de transmettre un rapport sur les
circonstances de leur capture.
Lorsque la formation qui a capturé des prisonniers (par ex. : petite patrouille opérant
isolément) n'est pas à même de les évacuer ou de les garder jusqu'à ce que leur évacuation
soit possible, elle les relâchera, après avoir pris certaines précautions :
a) Pour sa propre sécurité (par ex. : en se déplaçant rapidement dans un autre secteur).
b) Pour la sécurité des prisonniers libérés (par ex. : en leur donnant de l'eau et des vivres,

16
des moyens de signaler leur emplacement, ou, par la suite, en donnant, des informations à
des organismes de sauvetage).
Lorsqu'un combattant capturé est interrogé, il n'est tenu de donner que son nom, grade, son
numéro de matricule et sa date de naissance, afin que son identité puisse être établie et que le
parent le plus proche soit informé de sa capture. Aucune contrainte, ni aucune torture
mentale ou physique ne peuvent lui être infligées à cet effet (1).
II - Biens militaires ennemis capturés
Les biens militaires ennemis capturés (à l'exception des moyens d'identification, des biens
sanitaires et religieux et de ceux nécessaires à l'habillement, à l'alimentation et à la protection
du personnel capturé) deviennent butin de guerre (par ex. : biens d'importance militaire pris
sur du personnel militaire ennemi capturé, autre matériel tel qu'armes, moyens de transport,
biens se trouvant dans des entrepôts). Le butin de guerre peut être utilisé sans restriction. Il
appartient à la puissance qui l'a capturé et non pas aux combattants individuels.
Les établissements sanitaires militaires ennemis capturés et leur matériel peuvent être pris,
mais ils ne doivent pas être détournés de leur affectation sanitaire, tant qu'ils sont nécessaires
pour les soins aux blessés et aux malades.
Les moyens de transport sanitaires militaires ennemis capturés qui ne sont plus nécessaires
aux blessés, malades et naufragés deviennent butin de guerre. Leurs signes distinctifs doivent
être enlevés.
Le matériel sanitaire mobile ennemi capturé demeure réservé aux blessés, malades et
naufragés.
Les biens religieux militaires ennemis capturés seront traités de la même manière que les
biens sanitaires militaires correspondants.
III - Personnel, formations et matériel sanitaires
Formations sanitaires.
Les formations sanitaires mobiles et fixes et les moyens de transport tels que les ambulances
doivent être protégés contre les attaques. Ils ne doivent pas participer aux hostilités. En cas
contraire, leur protection peut être annulée.
Les formations sanitaires peuvent être militaires ou civiles et comprendre des dépôts et
pharmacies, ainsi que des hôpitaux et des centres de traitement.
Personnel sanitaire.
Le personnel sanitaire est exclusivement affecté aux unités sanitaires et engagé dans la
recherche, l'enlèvement, le transport et les soins aux blessés et malades, ou dans la
prévention d'une maladie. Ses membres sont respectés, protégés et ne seront pas attaqués. Le

17
personnel religieux bénéficie du même type de protection.
Le personnel sanitaire peut user d'armes légères individuelles pour sa propre défense ou pour
celle de ses blessés et malades (pour faire face à des éléments incontrôlés et aux pilleurs,
mais ne peut pas s’opposer à sa capture par l’armée adverse).
Les membres du personnel sanitaire militaire ennemi capturés pendant un conflit armé
international ne sont pas prisonniers de guerre. Ils pourront être « retenus » dans le seul but
de donner des soins médicaux, et de préférence, aux PG de leurs propres forces. Ils seront
rendus à la partie du conflit dont ils relèvent dès que leur rétention ne sera plus
indispensable.
Signe distinctif.
L'emblème distinctif de la Croix-Rouge ou du Croissant-Rouge doit être présent sur les
édifices et équipements des services sanitaires. Dans le cas d'unités militaires, ils peuvent
être camouflés sur l'ordre du commandant local. Le personnel sanitaire doit porter une carte
d'identité spéciale et un brassard portant le signe distinctif.
Si des véhicules de combat sont utilisés comme véhicules sanitaires, une attention
particulière doit être donnée à leurs moyens d'identification, afin d'éviter toute confusion
avec d'autres véhicules de combat (par ex. : signe distinctif aussi grand que la situation
tactique le permet, signe distinctif facilement amovible lorsque ceci est tactiquement
nécessaire).
IV - Recherche des victimes
Les combattants doivent participer au secours, à la recherche et à l’évacuation des blessés et
des malades (mêmes ennemis), ainsi que rechercher les morts et empêcher qu'ils soient
dépouillés. Des accords peuvent être conclus entre les parties pour permettre l'évacuation,
l'échange et le transport des blessés laissés sur le champ de bataille. De même, le passage du
personnel sanitaire et religieux et de son équipement vers les zones de combat est autorisé.
Les commandants peuvent faire appel à la population civile, à des sociétés de secours telles
que les Sociétés nationales de la Croix-Rouge ou du Croissant Rouge, ainsi qu'aux
commandants de navires marchands neutres, de yachts ou autres embarcations, pour
recueillir et soigner les blessés et les naufragés, et pour recueillir et identifier les morts.
Les personnes civiles et les sociétés de secours, telles que les Sociétés nationales de Croix-
Rouge ou du Croissant Rouge, seront autorisées, même de leur propre initiative, à
rechercher, à recueillir et à soigner les blessés et naufragés.
Nul ne sera inquiété, poursuivi ou puni pour de tels actes humanitaires conformes à la
déontologie médicale.

18
V- Morts
Les morts doivent être identifiés. Après l'identification, les morts seront inhumés, ou
immergés individuellement, lorsque la situation tactique et les autres circonstances (par ex. :
hygiène) le permettront. La crémation n'aura lieu que pour d'impérieuses raisons d'hygiène,
ou conformément à la religion du défunt.
Les cartes d'identité seront évacuées.
Morts avec plaque d'identité double : une moitié demeurera sur le corps (ou avec l'urne
contenant les cendres), l'autre moitié sera évacuée
Morts avec plaque d'identité simple : la plaque entière demeurera sur le corps (ou avec l'urne
contenant les cendres).
Les tombes seront signalées afin qu'elles soient aisément retrouvées (par ex. : croix de bois
improvisées).
Les cendres et les effets personnels seront recueillis et évacués.
Les corps qui, selon les circonstances, ne sont pas inhumés, incinérés ou immergés, seront
évacués.
Dès que la situation tactique le permettra, un rapport sur les circonstances de la mort et les
mesures prises sera établi.
V - Mesures après le combat
Dans les zones de combat, les conditions antérieures seront rétablies (par ex. : retrait des
obstacles et des objets dangereux, tels que les mines, réparation des points de passage
essentiels pour la population civile).
Dès que la situation le permettra, les commandants locaux compétents devront coopérer avec
les autorités civiles pour rétablir des conditions normales de vie pour la population civile.
La coopération d'urgence visera à sauver des vies par :
a) La recherche des victimes et des personnes disparues
b) Le sauvetage des victimes.
c) Les premiers soins aux victimes.
La coopération d'urgence peut être spontanée et organisée localement aux niveaux de
commandement les plus bas (par ex. : appel à l'aide sur terre et sur mer, action spontanée de
personnes et d'organismes civils, tels que les sociétés nationales de la Croix-Rouge ou du
Croissant Rouge ou les formations de protection civile).
Les personnes déplacées et les biens transférés temporairement seront autorisés à retourner,
respectivement à être ramenés, sur leur emplacement antérieur.
Les biens civils utilisés ou pris par du personnel militaire à des fins de combat seront

19
restitués à leurs propriétaires ou ramenés à leur emplacement antérieur (par ex. : biens
empruntés ou réquisitionnés) mais le butin de guerre peut être rassemblé et évacué. Les
éventuelles infractions au droit des conflits armés font l’objet d’enquêtes.

CONDUITE À TENIR VIS-À-VIS DE LA POPULATION


CIVILE

La population amie, alliée ou ennemie n'est jamais neutre.

20
Elle constitue un vivier riche en renseignements ponctuels ou d'ambiance.
Mais soumise aux risques de la guerre (tirs, NBC, ravitaillements perturbés) elle constitue
une charge pour les forces qui la côtoient. S'engager complètement pour sa survie empêche la
réalisation de la mission militaire. La négliger crée un danger majeur pour la sécurité et
l'information de la troupe et des chefs.
Lors des interventions visant à protéger les populations (nationales ou dans le cadre de
l'ONU) celles-ci deviennent l'objet de l'action militaire.
Ainsi la troupe peut se trouver dans trois situations :
– amie : sur le territoire national ou allié ;
– ennemie : en tant que puissance occupante ;
– neutre : en interposition.
Quoi qu'il en soit une règle fondamentale doit être appliquée :
Toute population possède ses structures propres. Elles sont plus ou moins solides selon les
cas. Il sera toujours désastreux de vouloir s'y substituer. Il faudra identifier les responsables
et traiter avec eux.
I - EN TERRITOIRE NATIONAL OU ALLIÉ
1. Consignes permanentes
DONNÉES ESSENTIELLES
En toutes circonstances, le chef veille à ce que sa troupe respecte les personnes et les biens.
Tout excès ou manquement des militaires doit être réprimé avec rigueur.
Le chef d'une formation en stationnement doit prendre contact avec les autorités locales pour
régler les questions d'implantation, de circulation ou de police.
Les troupes ne doivent répondre qu'aux demandes d'aide transmises par le commandement.
Toutefois, en cas de catastrophe ou d'événements graves, les mesures d'urgence doivent être
prises sans interrompre la mission. L'exploitation des ressources locales par achat ou
réquisition ne peut se faire qu'avec l'autorisation de l'échelon supérieur.
Les dommages matériels causés à la population par les troupes en stationnement font l'objet
de constats effectués par le chef de détachement, d'une part, et les plaignants éventuellement
représentés par les autorités locales, d'autre part. Ces constats sont obligatoires, sauf dans la
zone des combats terrestres.
Les dommages aux personnes et aux biens sont sanctionnés par la loi (crimes réprimés par le
Code pénal et le Code de justice militaire).
En cas d'actes hostiles commis sur le territoire national par des personnes civiles, les troupes
ont le devoir de se défendre (personnel, matériel et installations) par tous les moyens.

21
Elles doivent se saisir des auteurs ou des provocateurs pris en flagrant délit et doivent les
remettre dans les meilleurs délais à la gendarmerie, seule habilitée à procéder à leur fouille,
interrogatoire et arrestation éventuelle.
En territoire allié, la conduite à tenir dans ce cas est précisée par des instructions particulières
du commandement.
II - EN TERRITOIRE ENNEMI
1. Définitions
Un territoire est occupé lorsqu'il se trouve de fait placé sous l'autorité de l'armée ennemie.
Un territoire est envahi lorsque les forces armées ennemies y stationnent ou y combattent et
que l'autorité de l'ennemi n'y est pas encore établie.
2. Mesures à prendre
La France est signataire de la 4e Convention de Genève et à ce titre exige que :
Les habitants du territoire occupé ont droit en toutes circonstances au respect de leur
personne, de leur honneur, de leurs droits familiaux, de leurs convictions religieuses et de
tous leurs autres us et coutumes.
« ... Sont et demeurent proscrites en tout temps et en tous lieux... :
– les atteintes portées à la vie et à l'intégrité corporelle, notamment les meurtres sous
toutes leurs formes, les mutilations, les traitements cruels, tortures et supplices ;
– les prises d'otages ;
– les atteintes à la dignité des personnes, notamment les traitements humiliants et
dégradants ;
– les condamnations prononcées et les exécutions effectuées sans un jugement
préalable rendu par un tribunal régulièrement constitué, assorti des garanties judiciaires
reconnues comme indispensables par les peuples civilisés. »
Si les populations doivent être traitées avec humanité et justice, tout chef ne doit pas hésiter à
prendre à leur encontre les mesures nécessaires pour compléter les dispositions assurant sa
sûreté immédiate :
– il est interdit aux habitants de sortir des localités ou des zones déterminées ; les
personnes contrevenant à ces mesures doivent être arrêtées et subir le sort des prisonniers de
guerre ;
– il fait occuper les bureaux téléphoniques et interdire toute communication avec
l'extérieur ;
– il fait rechercher toutes les armes, munitions et explosifs ainsi que les documents et
indices qui auraient pu être laissés par les forces ennemies.

22
Tous les matériels militaires sont considérés comme prises de guerre.
3. Les opérations militaires
Lors des opérations militaires, il faudra observer les principes suivants :
– distinction nette entre objectifs militaires et biens civils, et entre combattants et
non-combattants ;
– proportionnalité afin que les pertes humaines et dommages civils ne soient pas
excessifs par rapport à l’avantage militaire attendu pour épargner des vies ;
– moyens de combat et moyens tactiques appropriés ;
– organisation des chaînes d'évacuation.
4. Les mouvements de résistance
Les habitants du territoire occupé peuvent s'organiser en mouvement de résistance.
Les mouvements de résistance qui agissent, tant sur leur propre territoire qu'à l'extérieur,
doivent remplir les conditions suivantes :
a) Avoir à leur tête une personne responsable pour ses subordonnés.
b) Avoir un signe distinctif fixe et reconnaissable à distance.
c) Se conformer, dans leurs opérations, aux lois et coutumes de guerre.
d) Porter ouvertement les armes, au minimum pendant chaque engagement militaire, et aussi
longtemps qu'ils sont exposés à la vue de l'ennemi en prenant part à un déploiement militaire
précédant une attaque.
Les membres de tels mouvements de résistance peuvent participer à des opérations de
combat et ont droit au statut de prisonnier de guerre.
Les membres démobilisés des forces armées du territoire occupé peuvent être internés : ils
seront traités comme des prisonniers de guerre.
5. Recherche du renseignement
Force occupante.
Il n'est pas de petit renseignement. La prise de contact quotidienne, même au niveau le plus
humble et dans le respect des hiérarchies et des structures est la condition sine qua non de
création du flux du renseignement.
Population occupée.
Un combattant du territoire occupé qui recherche des renseignements de valeur militaire n'est
considéré comme espion que s'il agit de façon délibérément clandestine (ce qui n'est pas le
cas des équipes de renseignements agissant en tenue). Capturé, il a droit au statut de
prisonnier de guerre, contrairement à l’espion (1) qui doit toutefois être humainement
respecté.

23
6. Assistance humanitaire
Le libre passage sera accordé à tout envoi de médicaments, de matériel sanitaire et d'objets
nécessaires au culte à l'intention de la population civile.
Le libre passage de ces envois est subordonné à la condition de n'avoir aucune raison
sérieuse de craindre :
a) Que les envois puissent être détournés de leur destination.
b) Que le contrôle ne puisse être efficace.
c) Que l'ennemi puisse en tirer un avantage manifeste pour ses efforts militaires ou son
économie.
7. Travail de la population
La puissance occupante ne pourra pas astreindre les habitants du territoire occupé à un travail
autre que celui nécessaire :
– aux besoins des forces d'occupation ;
– aux services d'utilité publique ;
– à l'alimentation, au logement, à l'habillement, au transport ou à la santé de la population du
territoire occupé.
Les personnes âgées de moins de 18 ans ne pourront pas être astreintes au travail. La
population ne pourra être astreinte à aucun travail qui l’obligerait à prendre part à des
opérations militaires. Les fonctionnaires, en particulier les magistrats, conservent leur
emploi.
8. Administration et police
La puissance occupante a le devoir d'assurer l'approvisionnement de la population en vivres
et en produits médicaux, au besoin en important ces produits s'ils sont en quantité
insuffisante sur place.
La police des territoires occupés ne sera pas appelée à :
– aider l'exécution d'ordres visant à employer la population à des fins militaires ;
– participer directement aux hostilités.
9. Les réquisitions et affaires pénales
La puissance occupante ne peut réquisitionner que :
– les services des personnels sanitaires ;
– les établissements sanitaires, les transports et les ravitaillements ;
– les vivres, les biens mobiliers et immobiliers (dans la mesure où les besoins de la
population continuent à être satisfaits et s’ils sont compensés par une juste indemnisation).
La législation du territoire occupé demeure en vigueur. La puissance occupante ne pourra

24
abroger cette législation que dans le cas où elle présenterait une menace pour ses forces ou
un obstacle à l'application de la Convention de Genève.
Peine de mort.
Les dispositions pénales de la puissance occupante peuvent imposer la peine de mort
uniquement aux habitants coupables :
a) D'espionnage ;
b) D'actes graves de sabotage contre les installations militaires de la puissance occupante ;
c) D'infractions intentionnelles qui ont causé la mort de personnes.
Cependant, de telles infractions devaient déjà être punis- sables de peine de mort selon la
législation du territoire occupé en vigueur avant l'occupation.
La peine de mort ne pourra pas être prononcée ni contre une personne âgée de moins de 18
ans au moment de l'infraction, ni contre une femme enceinte ou une mère d’enfant en bas
âge.
III - EN INTERPOSITION
(ONU)
Tout groupe d'hommes est structuré (hameau, village, famille). Il sera toujours irréaliste et
dangereux de se substituer à cette structure pour des raisons affectives ou morales. Notre
échelle des valeurs morales n'est pas forcément celle du pays où nous intervenons.
Distribuer directement des vivres à des familles ou à des particuliers a pour conséquence :
– de montrer que l'on rejette, donc méprise, la hiérarchie locale (le risque est alors de la
détruire ou de la voir se retourner contre nous) ;
– de se placer au milieu d'un tissu de relations, de réseaux locaux dont nous ignorons presque
tout et donc de commettre des contresens.
Cette attitude intempestive et irresponsable compromet l'exécution de la mission et la
sécurité de la troupe. Si cette structure n'apparaît pas, il conviendra d'étudier brièvement la
population locale et de désigner un correspondant. Il s'agit donc dans ce cas d'aider à la
restructuration de cette population.
1. Le renseignement
La connaissance du milieu est indispensable même dans le cadre d’une force d’interposition
(donc non offensive) de l’ONU.
La mise en place de personnel spécialisé dans les prises de contact quotidiennes avec les
responsables locaux est tout aussi indispensable. La rentabilité des opérations humanitaires
est, comme une opération militaire, fondée sur les renseignements ponctuels ou d'ambiance
largement puisés, lors des contacts avec la population.

25
2. Les magasins de vivres
Il est fréquent que l'UNHCR (Haut commissariat aux réfugiés) utilise les cantonnements des
forces d'interposition pour stocker ses vivres.
Il sera donc parfois nécessaire aux véhicules civils de pénétrer dans l'enceinte gardée pour
percevoir les rations. Le chef militaire, parfois chef de section, tâchera de trouver un local à
l'extérieur où s'effectuera le transfert des vivres entre l'ONU/
UNHCR et les responsables locaux.
Le volume des rations à distribuer est évidemment fonction du nombre de personnes à
nourrir. Cela peut impliquer un recensement de la population. Cette action, qui peut échoir à
un cadre de niveau moyen, est extrêmement sensible. Elle peut révéler des exagérations pour
des raisons variées : marché noir, rations pour les combattants... Là encore la recherche de la
vérité fera l'objet d'un compromis entre les déclarations des responsables locaux et les
évaluations de l'ONU.
3. Les évacuations
Elles sont planifiées par l'UNHCR et les autorités militaires supérieures. Elles ne sont en
aucun cas le fait d'une initiative locale. Il n'est pas question d'improviser ce genre d'action de
transfert de personnes à travers des régions hostiles. Le chef de section ne sera responsable
que de la sécurité physique rapprochée des évacués. L'UNHCR s'occupe des négociations et
des documents de transfert. L'autorité militaire supérieure se chargera de la sûreté générale
de l'opération.
4. Provocation – Riposte
Elles doivent être proportionnées. Il faut éviter à tout prix les dommages latéraux (riposte à
la mitrailleuse lourde contre un tireur isolé embusqué dans un immeuble occupé par des
familles). L'incident fera l'objet d'un compte rendu précis (nombre de coups reçus, impacts à
proximité, contre le véhicule, blessés, nombre de coups en riposte avec quel type d'armes,
effet obtenu...).
Situées, par définition, entre les belligérants, les troupes en interposition s'intègrent au jeu
des factions combattantes. Elles constituent une force que chacun veut voir agir pour lui, si
ce n'est réellement, tout au moins en propageant une bonne image de sa cause. Les
belligérants ne reculant devant rien, le cadre se disciplinera, ainsi que sa troupe, pour trouver
le difficile équilibre entre la sécurité et la neutralité.
5. La neutralité
Le respect de la neutralité est garant du succès de la mission dont doivent bénéficier les
populations locales. Il ne sera pas simple pour le chef de préserver un bon contact avec les

26
responsables locaux et traiter également les deux (ou trois) parties. Une grande discipline et
une planification rigoureuse sont les seuls moyens de rester neutre au jour le jour. Il se peut
que des relations privilégiées s'établissent entre des personnalités et des cadres. À quelque
niveau qu'il agisse – groupe, section – pour quelque action que ce soit – reconnaissance,
ravitaillement, pièces de rechange... – le chef devra surveiller étroitement ces relations qui
peuvent lui faire perdre de facto sa neutralité, rendre impossible l'exécution de sa mission et
là encore compromettre la sécurité de sa troupe.
6. Le partage des responsabilités
Dans ce contexte multinational très complexe, le travail qui échoit au chef sera d'autant
mieux fait qu'il ne déborde pas de ses responsabilités sauf en cas d'ordre exprès et justifié de
la hiérarchie militaire. Le chef doit se conformer aux instructions (autorisations et
interdictions) des règles d’engagement.
Troupe ONU : sûreté, contrôle, accompagnement, protection, observation, arbitrage.
CICR (Comité International de la Croix-Rouge) : échange et évacuation des blessés et des
prisonniers. Contrôle des conditions de détention. Contrôle de l'application des conventions
de Genève et de La Haye. UNHCR: protection, transfert, suivi des réfugiés (mouvements
administration, approvisionnement...).

27

Vous aimerez peut-être aussi