Inadaptation Et Rééducation Scolaire
Inadaptation Et Rééducation Scolaire
Facilitateur
1
PLAN DU COURS
0.0 INTRODUCTION
0.1 OBJECTIFS DU COURS
0.1.1 OBJECTIF GENERAL
0.1.2 OBJECTIFS PEDAGOGIQUES
CHAPITRE PREMIER : NOTIONS CONCEPTUELLES ET GENERALITES SUR LE
HANDICAP
1.1. NOTIONS CONCEPTUELLES
• ADAPTATION
• INADAPTATION
• L’ENFANCE INADAPTEE
• HANDICAP ET INCAPACITE
• UNE DIFFICULTE
• UN PROBLEME
• REEDUCATION
1.2. GENERALITES SUR LE HANDICAP
• DEFINITION
• DIFFERENTES CAUSES DU HANDICAP
• TYPOLOGIE DES HANDICAPS
CHAPITRE DEUXIEME. QUESTIONS SUR LES INADAPTATIONS
2.1 CONTEXTE D’ETUDES
2.2 TYPOLOGIE DES INADAPTATIONS
2.3 LES DEFIANCES
2.4 LES INCAPACITES
2.5 LES DESAVANTAGES
2.6 LES METHODES DE DEPISTAGE
CHAPITRE TROISIEME. LES TROUBLES D’APPRENTISSAGE
31. INTRODUCTION
32. CONCEPTS CLES
33. AUTRES TROUBLES D’APPRENTISSAGE
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CHAPITRE QUATRIEME. LES ASPECTS DETERMINANT LES CARACTERISTIQUES
DE DEVELOPPEMENT CHEZ L’ENFANT
41. ASPECT CULTUREL
42. ASPECT PSYCHOSOCIAL
43. ASPECT FAMILIAL
44. ASPECT INDIVIDUEL
CHAPITRE CINQUIEME : LES MALADIES SCOLAIRES REMARQUABLES QUI
EMPECHENT L’ENFANT D’ETUDIER
51. LA SURDITE- MUTITE
52. LE BEGAIEMENT
53. GAUCHERIE
54. LA DYSLEXIE
55. L’ENURESIE
56. L’OLIGOPHRENIE
57. PHOBIE SCOLAIRE
58. DEPRESSION INFANTILE
CHAPITRE SIXIEME : LA REEDUCATION ET LA POST- CURE
61. GENERALITES SUR LA REEDUCATION
62. LES DIFFERENTS TYPES DE REEDUCATION
63. LES METHODES DE LA REEDUCATION
64. POSTCURE
CONCLUSION GENERALE
BIBLIOGRAPHIE
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0. INTRODUCTION
L’humanité et l’école sont confrontées à divers fléaux (catastrophes,
épidémies, guerres) qui causent des séquelles physiques et mentales,
affectant notamment les élèves. Historiquement, les personnes handicapées
ont été marginalisées, maltraitées ou éliminées, que ce soit dans l’Antiquité,
au Congo ou à travers les politiques eugénistes (Quelqu'un qui cherche à
influencer la reproduction humaine pour favoriser certains traits jugés «
souhaitables » et éliminer ceux jugés « indésirables ») du XXe siècle. Malgré
les progrès juridiques récents, comme la ratification du traité sur les droits
des personnes handicapées, l’intégration scolaire reste un défi. Ce cours,
propose des solutions éducatives pour réhabiliter les élèves inadaptés et leur
offrir une chance de s’insérer dignement dans la société.
01. OBJECTIFS DU COURS
0.1.1 Objectif général
Le cours intitulé « Inadaptation et rééducation scolaire » a pour objectif
principal d’expliquer deux concepts fondamentaux :
• L’inadaptation : c’est lorsque certains élèves ont du mal à s’intégrer ou
à réussir dans le système scolaire, souvent à cause de difficultés
personnelles, sociales ou environnementales.
• La rééducation : c’est l’ensemble des méthodes et des interventions
mises en place pour aider ces élèves à surmonter leurs difficultés et à
retrouver une place active dans leur parcours scolaire.
0.1.2 Objectifs pédagogiques
De façon plus spécifique l’Etudiant de B3 OSP/ISP/Beni qui aura suivi ce
cours avec succès sera capable de :
Définir les concepts en rapport avec l’inadaptation scolaire et
rééducation ;
Décrire les caractéristiques psychologiques et physiologiques des
élèves vivant avec handicap (mental, physique ou moteur) ne leur
permettant pas d’étudier normalement ;
4
Procéder à un dépistage du handicap et certaines irrégularités et
d’inadaptations à l’aspect scolaire de l’enfant ;
Proposer une prise en charge des élèves vivant en situation
d’inadaptation ainsi qu’une rééducation adaptée à chaque cas.
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CHAPITRE PREMIER : NOTIONS CONCEPTUELLES ET GENERALITES
SUR LE HANDICAP
1.1. NOTIONS CONCEPTUELLES
1. Adaptation
L’adaptation est la capacité d’un individu à s’ajuster à son
environnement, ce qui reflète un état de santé normale. Lorsque cette
capacité est altérée, cela entraîne une inadaptation psychologique. Le
processus d’adaptation passe par quatre étapes : reconnaître le problème,
gérer ses émotions, réagir librement, et anticiper les conséquences sur sa
vie
2. Inadaptation
L’inadaptation est l’opposé de l’adaptation, mais sa définition varie
selon les spécialistes. Pour ROGER PIÉRON, elle désigne les difficultés
d’apprentissage des élèves qui ne respectent pas les règles scolaires.
MUKENI BEYA, quant à lui, voit l’inadaptation comme un désaccord entre les
exigences du milieu et les capacités de l’individu, où l’enfant peut être en
conflit avec lui-même, les contenus scolaires ou son environnement éducatif.
3. L’enfance inadaptée
Le concept d’enfance inadaptée désigne les enfants en difficulté ou en
détresse psychologique, nécessitant une prise en charge éducative
spécifique. Ces enfants, souvent regroupés sous des termes génériques
comme « élèves du spécialisé », sont difficiles à identifier précisément dans
les milieux scolaires ordinaires.
4. Handicap et incapacité
Le handicap désigne un empêchement ou un désavantage, temporaire
ou permanent, qui limite une personne dans l’accomplissement de ses rôles
habituels en raison d’une infirmité ou d’une incapacité. Il est généralement
associé à une déficience physique, mentale ou sociale, et reflète une
incapacité à s’adapter pleinement à son environnement selon l’âge, le sexe
ou le contexte socioculturel.
6
5. Une difficulté
La difficulté scolaire est une manifestation temporaire qui peut
survenir à une étape vulnérable du développement de l’élève. Si elle n’est
pas prise en charge, elle peut évoluer en problème plus sérieux. Elle peut se
traduire par des comportements ou des paroles perturbantes, ou par une
faiblesse nécessitant un accompagnement spécifique de la part des parents,
enseignants ou spécialistes pour favoriser l’apprentissage et prévenir
l’aggravation.
6. Un problème
Le problème est une manifestation persistante et excessive, souvent
causée par des facteurs biologiques, psychologiques ou sociaux, comme la
myopie ou la surdité. Il ne fait pas partie du développement normal de
l’enfant et apparaît là où certaines compétences devraient déjà être
acquises. Le terme trouble est utilisé lorsque la distinction entre difficulté et
problème n’est pas faite, et peut aussi désigner un symptôme lié à un conflit
intérieur chez l’apprenant.
7. Rééducation
La rééducation désigne l’ensemble des moyens visant à corriger ou
réadapter une fonction physique ou psychique altérée. Selon LAFON, elle
peut avoir deux sens : au sens large, elle concerne les interventions
psychologiques et éducatives pour les enfants inadaptés socialement ; au
sens restreint, elle vise à rétablir les capacités physiques ou éducatives
perdues partiellement ou totalement.
1.2. GENERALITES SUR LE HANDICAP
1. Définition
Le terme « handicap », apparu en 1827, vient de l’expression anglaise
« Hand in the cap ». Selon l’OMS, il désigne toute limitation des interactions
d’un individu avec son environnement, causant des difficultés physiques,
7
mentales, sociales ou intellectuelles. Le handicap peut être temporaire ou
permanent, d’origine congénitale, liée à l’âge ou à un accident, et affecte
l’autonomie, la scolarisation ou l’accès à l’emploi. Dans le cadre du cours, il
est défini comme une perturbation fonctionnelle touchant la perception, la
pensée, le langage ou les apprentissages.
2. Différentes causes du handicap
Le handicap peut être causé par deux grandes familles de facteurs :
A. Causes physiques
Ce sont des facteurs visibles et concrets qui permettent d'identifier
l'origine du handicap :
• Accidents : traumatismes physiques entra : traumatismes physiques
entraînant des séquelles.
• Maladies génétiques : anomalies : anomalies héréditaires.
• Maladies chroniques : affections de longue durée : affections de longue
durée affectant les capacités.
B. Causes psychophysiologiques
Elles sont liées à des facteurs biologiques, psychologiques et sociaux,
répartis selon différentes étapes :
• Avant la conception : infections chroniques (syphilis, tuberculose…) ,
intoxications (alcool, tabac, drogues), troubles nutritionnels (diabète,
carences…).
• Au moment de la conception : alcoolisme aigu, hérédité et
consanguinité, écart d'âge important entre les parents
• Pendant la grossesse : émotions fortes, traumatismes, tentatives
d'avortement, maladies comme le paludisme ou la fièvre typhoïde,
infections et anomalies congénitales
• Pendant la naissance : traumatisme obstétrical (ex. : césarienne
difficile), asphyxie néonatale, utilisation de l'anesthésie
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• Après la naissance : causes médicales (encéphalite), causes sociales
(pauvreté, malnutrition), causes affectives et morales (frustration,
manque d'attention)
C. Handicap physico-mental
Combinaison de troubles physiques et mentaux, trois types :
• Pluri-handicap : atteinte motrice et sensorielle simultanée (ex. surdité-
cécité).
• Polyhandicap : déficiences multiples graves, nécessitant une
assistance constante.
• Sur-handicap : aggravation d'un handicap existant par des difficultés
relationnelles ou psychiques.
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CHAPITRE DEUXIEME : QUESTIONS SUR LES INADAPTATIONS
2.1. CONTEXTE D’ETUDES
L’inadaptation désigne le manque d’intégration harmonieuse d’un
individu dans son environnement (scolaire, social, professionnel). Elle
empêche la personne de remplir son rôle normal dans la société.
• L’inadaptation peut résulter d’un handicap ou une déficience
influencée par l’environnement (selon LAFON), soit une maladie, une
exclusion sociale ou une mauvaise orientation
• Trois types d’inadaptation
1. Physique : liée à la naissance, aux accidents, maladies ou
vieillissement
2. Mentale : affecte le développement cognitif, psychomoteur et
affectif
3. Sociale : inclut les comportements marginaux comme la
dépendance, la délinquance, les troubles mentaux ou les tendances
suicidaires
2.2 TYPOLOGIE DES INADAPTATIONS
Nous distinguerons 4 grandes catégories d’inadaptations à savoir :
familiale, sociale, scolaire et professionnelle.
1. Les inadaptations familiales
L’inadaptation familiale correspond à une difficulté ou un manque
d’intégration au sein du cadre familial. Elle peut se manifester lorsque les
enfants ne se sentent pas en harmonie avec la manière de vivre de leurs
parents. Pour y remédier, il est essentiel que les parents communiquent
ouvertement avec leurs enfants et partagent leur vécu afin de favoriser une
meilleure compréhension mutuelle.
2. Les inadaptations sociales
Les inadaptations sociales désignent le manque d'intégration ou
l'incapacité d'assumer un rôle reconnu dans la société. Elles résultent d'un
décalage entre les normes sociales dominantes et les caractéristiques
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personnelles ou comportementales d'un individu ou d'un groupe, entraînant
leur rejet ou leur exclusion.
S. FREUD suggère que ces problèmes sociaux sont liés à la sexualité
individuelle. Parmi les formes d'inadaptation, on retrouve l'exclusion liée à la
pauvreté, à l'âge ou à l'environnement, ainsi que des catégories spécifiques
comme les drogués, malades mentaux, suicidaires, alcooliques, marginaux
et asociaux.
3. Les inadaptations scolaires
a) Définition : L'inadaptation scolaire désigne l'incapacité d'un élève à
s'intégrer pleinement dans le système éducatif. Elle entraîne des troubles
psychiques ou physiques qui entravent l'apprentissage et provoquent un
décalage entre les capacités intellectuelles et les résultats scolaires.
b) Manifestations possibles : Échec partiel ou redoublement, abandon
scolaire, non-respect des règles, difficultés d'adaptation aux méthodes et
contenus, problèmes relationnels avec enseignants, camarades ou autres
adultes du milieu scolaire…
c) Critère principal d'adaptation : La réussite dans l'acquisition des
compétences selon le programme établi. L'échec à ce niveau entraîne une
classification comme élève inadapté.
d) Conséquences de l'échec : dépersonnalisation, blocage intellectuel,
risque de délinquance et d'abandon
e) Facteurs contributifs : L'inadaptation n'est pas uniquement liée à des
troubles psychologiques. Le contexte socio-culturel et historique du milieu
de formation joue également un rôle important.
4. Les inadaptations professionnelles
L'inadaptation professionnelle désigne l'incapacité d'un individu à
s'intégrer aux normes et exigences de son environnement de travail. Elle se
manifeste par une difficulté à s'adapter aux règles, aux attentes et au stress
du milieu professionnel, souvent accentué par les transformations de la vie
quotidienne. Être professionnel c'est : produire un travail de qualité,
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posséder une expérience adéquate, s'engager envers la société et répondre
à ses attentes.
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4. Maladresse : manque d'habileté dans les gestes, les réactions ou
les actions
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l'apprentissage, car un trouble non mesuré risque d'être interprété à tort
comme une inadaptation scolaire.
3. Les tests psychométriques
Les évaluations psychométriques, réalisées par un psychologue à l'aide
d'outils spécialisés tels que les tests de QI (comme le WISC), de mémoire,
d'attention ou de raisonnement, permettent d'analyser les capacités
intellectuelles, cognitives et parfois affectives de l'élève afin de déterminer si
ses difficultés scolaires sont liées à un retard intellectuel, une dyspraxie ou
un trouble spécifique des apprentissages.
4. L’observation
L'observation, réalisée dans les environnements naturels de l'élève
(comme la classe, la cour ou la maison) à l'aide de méthodes telles que
l'observation directe, les grilles d'analyse ou le journal de bord, permet
d'étudier ses interactions sociales, sa gestion des émotions, son attention et
son autonomie afin de contextualiser ses difficultés et d'identifier les
facteurs environnementaux qui influencent son comportement.
5. Les approches cliniques
Les approches cliniques, mises en œuvre par des psychologues cliniciens,
psychiatres ou psychothérapeutes à travers des entretiens, des jeux
thérapeutiques, des tests projectifs comme le Rorschach ou l'analyse du
discours, visent à approfondir la compréhension des troubles de l'élève en
identifiant les conflits internes, les traumatismes, ou les troubles de la
personnalité et du développement dans une perspective thérapeutique.
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CHAPITRE TROISIEME : LES TROUBLES D’APPTRENTISSAGE
31. INTRODUCTION
Définition : Le trouble d'apprentissage est une forme d'incapacité qui
empêche l'individu de répondre aux attentes sociales ou scolaires, en raison
de difficultés à s'adapter efficacement.
Origine neurologique : Ces troubles sont liés à des différences dans le
fonctionnement et le traitement de l'information par le cerveau. Il est
essentiel de comprendre que les enfants concernés ne sont ni paresseux ni
stupides.
• Causes possibles des troubles d'apprentissage : Handicaps sensoriels
(visuels, auditifs, moteurs) ; Déficience intellectuelle ou perturbation
affective ; Milieu familial ou social défavorisé ; Facteurs génétiques,
biochimiques ou incidents périnataux/postnataux entraînant des
atteintes neurologiques
• Solutions éducatives : Dépistage précoce ; Évaluation adaptée ;
Intervention orthopédagogique (méthodes pédagogiques correctives) ;
Aménagement des conditions d'apprentissage
• Objectif final : Permettre à ces enfants de devenir des adultes
autonomes, épanouis socialement et réussissant professionnellement
32. CONCEPTS CLES
1. Trouble d’apprentissage
A. Définition et origine
Le trouble d'apprentissage définit un dysfonctionnement affectant le
traitement de l'information, sans lien direct avec l'intelligence. Il peut se
manifester par un désarroi émotionnel, une perturbation physiologique ou un
fonctionnement anormal d'un organe. Ce terme a été introduit en 1963 par
le psychologue Samuel Kirk à Chicago. Il reflète un état contraire à l'ordre
et à la paix intérieure, impactant la capacité à apprendre efficacement.
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B. Catégories des troubles d'apprentissage basée sur le type de
langage affecté
D. Malala propose une classification des troubles d'apprentissage en
deux grandes catégories
1°. Les troubles et retards du langage oral : ces troubles concernent
la capacité à comprendre et à s'exprimer verbalement. Ils peuvent se
manifester dès la petite enfance et impacter la communication sociale,
l'apprentissage scolaire et le développement cognitif. Exemples : retard de
parole (l'enfant parle plus tard que les autres), trouble de l'articulation
(difficulté à prononcer certains sons), trouble de la compréhension orale
(difficulté à saisir le sens des mots ou des phrases, trouble du langage
expressif (difficulté à formuler des idées clairement) …
Conséquences : difficultés à suivre les consignes, problèmes
d'interaction avec les paires, impact sur la confiance en soi et la
motivation à apprendre
2°. Les troubles et retards du langage écrit : ces troubles
apparaissent généralement à l'âge scolaire, lorsque l'enfant est confronté à
l'apprentissage de la lecture et de l'écriture. Ils ne sont pas liés à un manque
d'intelligence, mais à une difficulté spécifique dans le traitement de
l'information écrite. Exemples : dyslexie (difficulté à lire avec fluidité et
précision), dysorthographie (difficulté à écrire correctement les mots),
dysgraphie (trouble de l'écriture manuscrite), Problème de compréhension
écrite
Conséquences : faible rendement scolaire, frustration face aux tâches
écrites, besoin d'aménagements pédagogiques spécifiques
33. AUTRES TROUBLES D'APPRENTISSAGE
Les troubles d'apprentissage ne se limitent pas à des difficultés scolaires
isolées. Ils englobent une variété de dysfonctionnements qui peuvent
affecter le comportement, la concentration, les émotions ou les capacités
sensorielles de l'enfant. Ces troubles peuvent entraîner des réactions
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inadaptées en classe et nuire à la réussite scolaire. On peut les regrouper en
plusieurs catégories.
18
mémoriser les tables de multiplication, oublis fréquents de consignes ou de
leçons, incapacité à faire des liens entre les notions.
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CHAPITRE QUATRIEME : LES ASPECTS DETERMINANT LES
CARACTERISTIQUES DE DEVELOPPEMENT
CHEZ L’ENFANT.
41. ASPECT CULTUREL
La culture joue un rôle fondamental dans la formation de nos attitudes et
comportements. Comme l'explique SCHELL et HALL, elle influence non
seulement notre manière de nous habiller ou d'interagir avec les autres,
mais aussi notre façon de penser, d'agir, et les valeurs auxquelles nous
adhérons.
Concernant le développement de l'enfant, il n'existe pas de normes
universelles. Ce qui est considéré comme « normal » pour un enfant dans
une culture donnée peut être perçu comme atypique dans une autre.
Chaque société définit ses propres attentes selon son contexte culturel.
Ainsi, dans notre propre culture, l'enfant évolue selon des repères
spécifiques à son environnement. Cela signifie que les recherches sur le
développement ne peuvent pas être généralisées à tous les groupes
humains.
Enfin, PAPALIA et OLDS nous invitent à réfléchir avant d'adopter ou de
rejeter une méthode éducative. La question essentielle à se poser est :
qu'est-ce qui est le mieux pour nos enfants, ici et maintenant ? "Cela nous
pousse à penser l'éducation comme un processus souple, adapté à notre
réalité culturelle, plutôt qu'un modèle rigide à appliquer partout.
4.2 ASPECT PSYCHOSOCIAL
L'enfant et son environnement est une interaction constante, pour
comprendre le développement de l'enfant, il est essentiel de prendre en
compte son environnement physique et social. Chaque individu évolue dans
un milieu particulier qui influence son comportement — et inversement,
l'individu peut aussi modifier son environnement.
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1°. Le milieu physique, Il regroupe les conditions naturelles nécessaires à
la vie, allant des conditions intra-utérines (Avant la naissance de l'enfant de
L’Enfant) à la qualité du logement.
2°. L'environnement social Il inclut la communauté Il inclut la
communauté et surtout les couples, qui jouent un rôle majeur dès le plus
jeune âge. Les influences sociales peuvent façonner le développement et le
comportement de l'enfant, mais celui-ci peut aussi impacter son entourage
par ses actions et choix.
3°. L'influence des paires Elle commence très tôt et perdure toute la vie.
Les groupes de paires ont leurs propres normes et valeurs, parfois en
contradiction avec celles de la famille ou de l'école. Par exemple, un enfant
exposé à des amis qui pratiquent l'école buissonnière risque d'adopter ce
comportement en l'absence de surveillance parentale.
4.3 ASPECT FAMILIAL
Le développement du jeune enfant dépend de plusieurs facteurs familiaux
: les conditions de la grossesse, la personnalité et l'expérience des parents,
ainsi que la présence des frères et sœurs.
1° L’influence de l'environnement familial : la famille façonne les
attitudes sociales, les relations et le développement global de l'enfant.
Les soins reçus varient selon la structure familiale et la personnalité
propre de l'enfant, qui interagit activement avec son entourage.
2° L’impact du sexe de l'enfant selon PAPALIA : le sexe du bébé
influence dès le départ la manière dont il est accueilli et joue un rôle
important dans la construction de sa personnalité et de ses rôles sociaux.
3° L’interactions entre frères et sœurs : bien que peu étudié,
l’influence entre enfants d’une même famille existe. LAMB a montré qu'un
bébé de 18 mois peut déjà observer et imiter ses frères et sœurs plus
âgés.
4° L’influence parentale : des chercheurs comme TRONICK,
KOSLOWSKI, BRAZELTON et GEBER ont démontré que les pratiques
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parentales dès la naissance ont un impact direct sur le développement de
l'enfant.
Conclusion : Le développement de l'enfant est indissociable du contexte
familial, qui exerce une influence constante et profonde sur sa croissance
physique, sociale et émotionnelle.
22
6. L'impact sur les parents et l'entourage
Les réactions de l'enfant inadapté concernent directement les parents.
L'observation de ces comportements permet de mieux comprendre les
dynamiques familiales et sociales.
23
CHAPITRE CINQUIEME : LES MALADIES SCOLAIRES REMARQUABLES QUI
EMPECHENT L’ENFANT D’ETUDIER
Dans le cadre de l’éducation inclusive, il est essentiel de reconnaître les
troubles et maladies qui entravent l’apprentissage scolaire. Ces difficultés,
souvent invisibles ou mal comprises, nécessitent une attention particulière
pour garantir à chaque enfant une chance équitable de réussir.
Il y a plusieurs maladies scolaires mais nous allons étudier quelques-unes
qui sont les plus fréquentes.
51. LA SURDITE- MUTITE
Définition : Trouble sensoriel caractérisé par une perte auditive profonde
(surdité) souvent accompagnée d’une absence ou d’un retard de langage
oral (mutité).
• Causes : Congénitale, infectieuse, traumatique ou génétique.
• Manifestations : Difficulté à percevoir les sons, absence de langage
verbal, recours à des gestes ou à la lecture labiale.
• Conséquences scolaires : Retard de langage, difficultés de
compréhension, isolement social, faible participation orale.
• Rééducation : Apprentissage de la langue des signes, appareillage
auditif, orthophonie, scolarisation en milieu spécialisé ou inclusion avec
accompagnement.
52. LE BEGAIEMENT
Définition : Trouble de la fluence verbale marqué par des répétitions, des
blocages ou des prolongations involontaires de sons.
• Causes : Multifactorielle (génétique, émotionnelle, neurologique).
• Manifestations : Parole hachée, tension musculaire, anxiété liée à la
prise de parole.
• Conséquences scolaires : Difficultés à s’exprimer en classe, moqueries,
repli sur soi, baisse de l’estime de soi.
• Rééducation : Thérapie orthophonique, techniques de relaxation,
soutien psychologique, environnement scolaire encourageant.
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53. GAUCHERIE
Définition : Préférence naturelle pour l’usage de la main gauche.
• Causes : Neurobiologique (dominance cérébrale).
• Manifestations : Difficultés motrices dans un environnement conçu
pour droitiers (écriture, manipulation d’objets).
• Conséquences scolaires : Maladresse, lenteur, fatigue, parfois
stigmatisation.
• Rééducation / Adaptation : Utilisation de matériel adapté (stylos,
ciseaux), acceptation de la latéralité, aménagements ergonomiques.
54. LA DYSLEXIE
Définition : Trouble spécifique de l’apprentissage de la lecture, souvent
associé à des difficultés d’écriture et d’orthographe.
• Causes : Neurodéveloppementales, souvent héréditaires.
• Manifestations : Confusion de lettres, lenteur de lecture, inversion de
sons, mauvaise orthographe.
• Conséquences scolaires : Retard scolaire, fatigue cognitive,
démotivation.
• Rééducation : Orthophonie, outils numériques (textes audio, police
adaptée), aménagements pédagogiques (temps supplémentaire,
évaluation orale).
55. L’ENURESIE
Définition : Miction involontaire, principalement nocturne, chez un enfant
en âge d’être continent.
• Causes : Immaturité du système nerveux, facteurs psychologiques,
génétiques ou médicaux.
• Manifestations : Pipi au lit, parfois en journée, gêne sociale.
• Conséquences scolaires : Anxiété, honte, exclusion des activités
extrascolaires (sorties, camps).
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• Rééducation : Soutien psychologique, traitement médical,
accompagnement familial, discrétion et bienveillance à l’école.
56. L’OLIGOPHRENIE
Définition : Déficience intellectuelle d’origine congénitale ou acquise
précocement, caractérisée par un quotient intellectuel inférieur à la
moyenne.
• Causes : Génétique (trisomie), infections prénatales, traumatismes
crâniens, carences.
• Manifestations : Retard global du développement, difficultés de
compréhension, lenteur, troubles du comportement.
• Conséquences scolaires : Besoin d’un enseignement individualisé,
difficultés d’intégration, dépendance à l’adulte.
• Rééducation : Éducation spécialisée, pédagogie différenciée, inclusion
avec auxiliaire de vie scolaire (AVS), stimulation cognitive.
57. PHOBIE SCOLAIRE
Définition : Trouble anxieux caractérisé par une peur intense de l’école.
• Manifestations : Crises d’angoisse, pleurs, refus d’aller en classe,
Symptômes somatiques (maux de ventre, nausées).
• Conséquences scolaires : Absentéisme, isolement, décrochage.
• Rééducation : Soutien psychologique, Réintégration progressive,
Travail en collaboration avec la famille et l’école.
58. DEPRESSION INFANTILE
Définition : Trouble de l’humeur chez l’enfant, souvent sous-
diagnostiqué.
• Manifestations : Tristesse persistante, perte d’intérêt, troubles du
sommeil, Baisse de l’estime de soi, repli sur soi.
• Conséquences scolaires : baisse de performance, retrait social.
• Rééducation : Psychothérapie, Soutien scolaire adapté, Climat
bienveillant et sécurisant
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Conclusion : L’école est un lieu d’apprentissage, mais aussi un espace
de vie où chaque enfant devrait pouvoir s’épanouir, quel que soit son profil.
Les maladies scolaires remarquables qu’elles soient d’ordre neurologique,
sensoriel, psychologique ou comportemental ne sont pas des obstacles
définitifs, mais des défis éducatifs qui appellent à la compréhension, à
l’adaptation et à la rééducation.
Ces troubles, souvent invisibles ou mal compris, peuvent freiner l’accès
au savoir, affecter la confiance en soi et compromettre l’intégration sociale.
Pourtant, avec une approche pédagogique inclusive, des outils adaptés et un
accompagnement bienveillant, il est possible de réduire les inégalités
scolaires et de favoriser la réussite de tous les élèves.
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CHAPITRE SIXIEME : QUESTION SUR LA REEDUCATION ET LA POST-
CURE
61. GENERALITES SUR LA REEDUCATION
1. Définition de la rééducation selon LAFON
• Sens restreint (psychologique) :
La rééducation est une nouvelle forme d’éducation adaptée à une
personne ayant perdu les bénéfices de sa première éducation. Elle utilise des
méthodes alternatives lorsque les approches classiques échouent (ex. :
troubles du langage).
• Sens large (général) :
Elle vise les enfants dont le comportement est inadapté à la vie en société
(délinquance, déficience mentale), en corrigeant les échecs éducatifs
antérieurs.
2. Objectif de la rééducation
• Corriger les altérations physiques ou psychologiques.
• Aider les personnes handicapées à surmonter leurs difficultés et à
vivre pleinement.
• Favoriser la réinsertion sociale et le bien-être psychologique en
redonnant à l’individu les capacités nécessaires pour une vie utile et
équilibrée.
62. LES DIFFERENTS TYPES DE REEDUCATION
La rééducation varie selon les types de handicaps ou d’inadaptations.
Elle vise à restaurer les capacités physiques, psychiques ou sociales de
l’individu. On distingue quatre grands types :
1. Rééducation psychologique
Elle destinée aux personnes en difficulté sociale, scolaire ou
professionnelle. Elle utilise : les procédés psychiques (suggestion,
méditation, apprentissage ciblé), psychothérapeutiques (traitement des
causes profondes de l’inadaptation via accompagnement spécialisé) et
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médico-physiologiques (prise en charge médicale combinée à un soutien
psychologique).
2. Rééducation psychomotrice
Elle cible les troubles moteurs et affectifs (maladresse, instabilité,
bégaiement…), elle vise à rétablir l’équilibre émotionnel et comportemental.
Elle s’adresse aux individus instables, inhibés, impulsifs ou agressifs.
3. Rééducation physique ou motrice
Elle traite les séquelles d’accidents ou maladies (infirmités), utilise la
Chirurgie, orthopédie, kinésithérapie et l’appareillage (prothèses
auditives, orthèses…).
Elle encourage la compensation des fonctions atteintes par le
développement des fonctions intactes, intègre des dimensions pédagogiques
et psychologiques pour renforcer la volonté, le courage et la persévérance.
4. Rééducation professionnelle
Elle vise la réinsertion ou la reconversion professionnelle, s’adresse
aux personnes âgées, malades ou handicapées, se déroule dans des centres
spécialisés ou ateliers protégés et valorise les capacités restantes pour les
adapter à un métier utile.
63. LES METHODES DE LA REEDUCATION
1. Méthodes médicales
• Techniques cliniques et de laboratoire
• Médicaments, chirurgie
• Kinésithérapie, orthopédie (prothèses, béquilles…)
2. Méthodes psychothérapeutiques
• Utilisées par psychologues et psychiatres pour traiter les causes
profondes de l’inadaptation :
• Psychothérapie classique : découverte de la source du mal, conseils
moraux
• Psychanalyse (Freud) : exploration de l’inconscient et des symboles
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• Psychothérapie collective : renforcement des relations
interpersonnelles
• Psychodrame (Moreno) : jeu de rôle pour revivre des situations
problématiques
• Psychothérapie d’ALDER : travail sur le sentiment d’infériorité et la
confiance en soi
• Thérapie projective : expression par l’écriture ou le dessin
• Psychothérapie brève : intégration sociale par la parole et la vérité
3. Méthodes pédagogiques
• Appelées aussi pédagogie curative, elles visent : La formation
adaptée aux déficiences physiques ou mentales, la réduction des
retards éducatifs et la réinsertion par l’apprentissage et l’autonomie
64. POSTCURE
1. Définition et objectif
• La postcure est une phase qui suit immédiatement la rééducation. Elle
vise à accompagner le sujet rééduqué dans sa réintégration sociale, en
évitant les rechutes. C’est une période d’observation et de transition
vers une vie autonome
2. Durée et individualisation
• Aucune durée fixe : elle varie selon chaque individu. Le rééducateur
doit progressivement laisser le sujet prendre en main sa nouvelle vie
sociale.
2. Importance de l’orientation professionnelle : une orientation
critique et personnalisée est essentielle. Elle doit tenir compte des
capacités et aptitudes du sujet pour faciliter son insertion dans le
monde professionnel et social.
3. types de postcure
Types de Description
postcure
Directe Le sujet reste dans le même environnement que celui de sa
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rééducation. Il continue à être suivi par les rééducateurs
Indirecte Le sujet est réinséré dans un cadre éloigné du centre. Le
suivi se fait via la famille, qui transmet les informations au
centre
31
CONCLUSION GENERALE
32
BIBLIOGRAPHIE
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