Moustiquaire
dispositif contre les moustiques
Une moustiquaire est un écran en ajouré fait de fin grillage en métal, plastique ou fibre de verre
ou de tissu à mailles fines, tels que la gaze ou la tulle, conçu pour empêcher les moustiques et
autres animaux indésirables de pénétrer dans les locaux ou les lieux de stockage. On l'adapte
aux cadres des fenêtres et des portes que l'on veut laisser ouvertes, on les utilise aussi pour
envelopper les lits ou pour protéger les bouches d'aération des garde-manger, placards, etc.
Cet article ne cite pas suffisamment ses sources (août 2022).
La moustiquaire protège de l'intrusion
d'insectes réputés pour véhiculer des
microbes sur la nourriture ou dans l'habitat
humain (ici un moustique).
Moustiquaire en grillage sur un garde-
manger à gibier.
Moustiquaire au-dessus d'un lit.
Moustiquaire intégrée d'une tente.
En zone tropicale, Afrique notamment, la moustiquaire est devenue l'outil majeur de la prévention
du paludisme ; et probablement le plus rentable. Non seulement elle prémunit des piqûres de
moustiques, mais elle tue les moustiques attirés par le corps humain (plus ou moins selon sa
teneur en produits chimiques et selon le degré de résistance du moustiques aux pesticides
utilisés). Cependant, elle tend à perdre son efficacité alors que les moustiques deviennent de
plus en plus résistants aux pyréthrinoïdes dans toute l’Afrique.
Utilisation
C'est un accessoire particulièrement utile comme protection des humains contre les insectes
vecteurs de maladies (Fièvre jaune, malaria, etc.), notamment dans les pays où ces maladies
sont endémiques. Les moustiquaires sont donc un élément important en camping.
C'est aussi une protection contre les larves de mouches (asticots) ou de mites, les petits
rongeurs et autres animaux nuisibles pour les provisions alimentaires ou la conservation des
objets, mais le matériau (filet à maille fine) ne doit pas être mis en contact avec la nourriture, car
certains insectes peuvent pondre leurs oeufs au travers des mailles, souiller la nourriture et
certaines moustiquaires sont imprégnées de pesticides (voir ci-dessous).
Moustiquaires imprégnées
Dans les zones à risque, les moustiquaires sont parfois imbibées d'un répulsif, d'un insecticide
chimique ou de spores de champignons pathogènes pour les insectes tels Metarhizium
anisopliae ou Beauveria bassiana.
Les premiers exemplaires de moustiquaires imprégnées en insecticides datent de 1983. Elles
permettent de pallier les défauts d'étanchéité (par brêche mécanique ou par mauvaise
utilisation). Les modèles initiaux utilisaient des pyréthrinoïdes comme insecticide et répulsif. Ils
devaient être étalés manuellement sur la toile du moustiquaire et étaient de courte durée de vie,
devenant chimiquement inefficace après quelques lavages. Depuis les années 2000,
l'imprégnation de la fibre en pofondeur lors du processus de fabrication a porté leur durée
d'efficacité annoncée à plusieurs années1.
Dans des pays ou régions pauvres, en zone tropicale notamment, des moustiquaires imprégnées
d’insecticide (MII) ont été largement diffusées, car très efficaces pour lutter contre le paludisme,
mais elles perdent de leur efficacité (un nombre croissant de souches de moustiques et autres
vecteurs de maladies sont devenues résistantes aux pyrétrhynoïdes. Cela reste cependant un
élément important pour la prévention du paludisme. Des moustiquaires pré-imprégnées de
plusieurs pesticides (ex carbamates) sont testées, mais sans garanties qu'il n'y ait pas de
nouvelle adaptation de la part des insectes, et avec le problème d'une toxicité accrue pour les
humains (bébés et enfants notamment)2
Un autre problème est que ces moustiquaires sont abusivement3 et trop souvent détournées de
leur usage, pour être converties en filets de pêche (dans le monde entier). Or, les pyréthrinoïdes
qui les imprègnent sont toxiques pour de nombreux organismes à sang froid aquatiques et des
milieux humides, où ce type de pêche peut donc mettre en péril la pérennité des pêcheries et la
santé humaine (notamment en diminuant les stock de poissons et d'amphibiens mangeurs de
moustiques). Selon Larsen et al. (2021) : si la toxicité humaine des insecticides pyréthrinoïdes
qui imprègnent ces moustiquaires est classiquement jugée faible pour l'Homme, « des progrès
scientifiques récents ont montré que l’exposition aux pyréthrinoïdes est associée à de nombreux
problèmes de santé humaine, notamment des troubles neurocognitifs du développement, du
diabète et des maladies cardiovasculaires. Bien que l’on sache que la pêche à la MII est
répandue, les implications pour les pêcheries et les communautés humaines sont sous-étudiées
et peuvent être graves »4.
Une étude, faite en laboratoire, a comparé le comportement d'approche et de repas de 328
moustiques femelles (Anopheles gambiae) en vol libre à la recherche de leur repas sanguin (ici
aspiré dans la main d'humains volontaires, présentant des attractivités variables pour les
moustiques). Les repas de sang se faisaient au travers des mailles de moustiquaires
(respectivement non traitées, ou au contraire imprégnées d'un insecticide (MII) ; l'insecticide
etant un pyréthrinoïde. Les durées de comportements du moustique (incluant le knockdown et la
mortalité à 1 h et 24 h post-exposition) ont été enregistrés, d'une part pour des moustiques
sensibles et d'autre part pour des moustiques résistants aux pyréthrinoïdes. La réponse des
moustiques à la proximité de la main (pouce appliqué contre la moustiquaire) n'a pas
significativement varié dans le cas des moustiquaires non traites, ni selon qu'il s'agissait d'un
moustique résistant ou non. Par contre la durée de l'interaction a été réduite, et le moment du
début des interactions avec la moustiquaire a été retardés dans les cas où la moustiquaire était
traitée.
la durée du repas sanguin a chuté (de 37 à 50 %, atteignant - en moyenne - de 2.59 à 4.72
minutes pour les moustiques sensibles et 4.2 minutes pour les moustiques résistants (P =
0.01).
le contact total avec les moustiquaires a été réduit de 50 % sur la moustiquaire traitée.
la durée écoulée avant le premier contact étaient similaires entre moustiquaires traitées et non
traitées (P > 0.2), et aucun effet de répulsion spatiale n'a été détecté.
Après le premier contact, le repas sanguin débutait plus tard avec Olyset (P = 0.0009) et
PermaNet (P = 0.0058) comparé aux moustiquaires non traitées.
Dans les années 2000, face aux résistances des moustiques aux pesticides, l'utilisation de
moustiquaires « non traitées » reprend de son intérêt5. Selon l'imprégnation par des pyréthrinoïde
reste souhaitable là où les vecteurs u sont encore suffisamment sensibles, mais cette
imprégnation « n'est plus universellement nécessaire et doit être réexaminé en même temps que
d’autres attributs, par exemple la durabilité, la couverture, l’acceptabilité et l’accès (aux
moustiquaires) »6. Imbiber les moustiquaires d'autres insecticide ou d'un mélange de plusieurs
pesticides agissant synergiquement pourrait temporairement sembler utile, mais pour Fredros
Okumu (2020), « leur performance, leurs coûts plus élevés et leurs calendriers d’innovation
prolongés ne justifient pas de mettre l’accent sur les insecticides »6.
Culture
Dans la mythologie japonaise, l'Amikiri, littéralement « coupeur de filet » est une créature qui
coupe les filets de pêche ou les moustiquaires.
Au Québec et en Belgique, le mot « moustiquaire » est souvent masculin, probablement parce
qu'il remplace « écran ou rideau moustiquaire », alors qu'il est féminin en France.
En Europe, les moustiquaires utilisées comme écran dans une fenêtre sont assez peu utilisées.
Pour empêcher les insectes d'entrer par une porte, on utilise encore souvent un rideau fait de
cordelettes sur lesquelles on a enfilé des billes ou autres perles ; en bougeant par le vent ou
autrement, les billes s'entrechoquent et font écran aux insectes.
Le photographe malien Mohamed Camara utilise les moustiquaires pour les décors de ses
photographies.
La Cuisine des moustiquaires est une parodie de l'émission La Cuisine des mousquetaires de
Maïté.
Notes et références
1. J. M. Hougard, « Les moustiquaires imprégnés », Pour la Science, avril 2008, p. 48-52
2. (en) P. Guillet, R. N'Guessan, F. Darriet et M. Traore‐Lamizana, « Combined pyrethroid and
carbamate ‘two‐in‐one’ treated mosquito nets: field efficacy against pyrethroid‐resistant
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3. (en) Sara Berthe, Steven A. Harvey, Matthew Lynch et Hannah Koenker, « Poverty and food
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4. (en) David A. Larsen, Joseph Makaure, Sadie J. Ryan et Donald Stewart, « Implications of
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5. (en) Willem Takken, « Do insecticide‐treated bednets have an effect on malaria vectors? »,
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6. (en) Fredros Okumu, « The fabric of life: what if mosquito nets were durable and widely
available but insecticide-free? », Malaria Journal, vol. 19, no 1,décembre 2020 (ISSN 1475-2875
(https://portal.issn.org/resource/issn/1475-2875),
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ariajournal.biomedcentral.com/articles/10.1186/s12936-020-03321-6) [archive], consulté le 16 mai 2025)
Voir aussi
Bibliographie
(en) Cyril Fox, Mosquito net : a story of the pioneers of tropical medicine, i2i, Manchester, 2008,
253 p. (ISBN 9780956036902)
(fr) P. Carnevale, V. Robert, C. Boudin et al., « Parasitologie. La lutte contre le paludisme par
des moustiquaires imprégnées de pyréthrinoïdes au Burkina Faso », in Bulletin de la Société de
pathologie exotique, 1988, vol. 81, no 5, p. 832-846
(fr) Frédéric Darriet, Moustiquaires imprégnées et résistance des moustiques aux insecticides,
IRD, Paris, 2007, 116 p. (ISBN 978-2-7099-1624-0)
(fr) Dimi Théodore Doudou, Julien Marie Christian Doannio, Lucien Yao Konan, Rousseau
Djouaka, Léa Paré Toé et Martin Akogbéto, « La moustiquaire imprégnée d'insecticide comme
moyen de lutte contre le paludisme : les raisons d'une adoption limitée en Côte d'Ivoire », in
Natures Sciences Sociétés, vol. 14, no 4, octobre-décembre 2006, p. 431-433
Articles connexes
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Ovitrap
Lutte antivectorielle
Liens externes
Guide de l'OMS pour le traitement et l'utilisation des moustiquaires imprégnées d'insecticides
(http://www.chu-rouen.fr/ssf/envir/luttecontrelesmoustiques.html) [archive]
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