Lycée bilingue de Nkolbisson Baccalauréat blanc E
Durée :2h. Session :2025
Coefficient :2
Épreuve de langue française.
Je me souviens parfaitement de la noce. Elle n'avait rien d'habituel. Les mariages, de toutes les façons, ne sont
jamais très joyeux. La mariée est tenue de faire la tête et de pleurer un peu pour montrer à ses parents qu'elle est
triste de les quitter. Ma sœur n'a pas eu à se forcer. Dans sa robe traditionnelle verte, son visage semblait encore
plus pâle. Elle n'avait pas le maquillage outrancier qu'arborent généralement les mariées, puisque les talibans
l'interdisaient. Elle semblait si petite assise par terre, les jambes ramassées derrière un coussin. Elle baissait la
tête et son inclinaison ne nous permettait pas de distinguer sa bouche qu'elle pinçait si fort pour ne pas pleurer. Il
n'y a pas eu de musique. Il n'y a pas eu de danse. Maman nous avait joliment coiffées, nous, les filles.
Exceptionnellement il y avait de la viande au repas. Papa souriait. Maman aussi. Elle disait à Farzana: « Tu vas
être heureuse avec lui. C'est un homme respecté. Il protégera ta vertu et prendra soin de toi. » Et Farzana la
regardait en acquiesçart, comme si elle voulait y croire elle aussi, à cette mascarade de bonheur familial. Tout
cela était donc faux.
Aujourd'hui, j'ai l'âge de Farzana et je me rends compte combien ce mariage forcé et ce départ précipité de la
maison ont dû être une violence terrible pour elle. Elle n'était qu'une petite fille et les adultes n'ont pas su la
protéger. Elle me répétait : « Je ne veux pas, Diana, je ne sais pas être une épouse.» Moi j'étais si petite. Que
pouvais-je lui répondre ?
Maman aurait certainement souhaité être une mère comme les autres. Une mère qui protège ses enfants des
rudesses du monde. Mais elle n'a pas eu le choix. En sacrifiant une fille, elle sauvait ses treize autres enfants.
Diana Mohamadi, Marie Bourreau, Petite marchande d'allumette à Kaboul.
I. COMMUNICATION / 5 pts.
1. a. A l'aide de deux indices, déduisez le type de focalisation dans le deuxième paragraphe du texte.
b. Justifiez le recours à cette focalisation par l'auteur.
(0,5 x 3 =) 1,5 pt.
1 pt.
2. Soit le passage : « Maman aurait certainement souhaité être ime mère me les autres. »
1. Dégagez le présupposé et un sous-entendu dans ce passage.
2. Quelle intention de communication révèle l'emploi de cet implicite ?
(0, 75 × 2 =) 1, 5 pt.
1 pt.
11. MORPHOSYNTAXE / 5 pts.
1. a. Relevez le temps et le mode de chaque verbe contenu dans le deux premières phrases du dernier
paragraphe.
(0, 75 x 2 =) 1, 5 pt.
(0,5 x 2 =) 1 pt.
b. Justifiez l'emploi de ces temps et modes.
2. Soit le passage suivant : « Et Farzana la regardait en acquiesçant, comme si elle voulait y croire elle aussi, à
cette mascarade de bonheur familial. Tout cela était donc faux. »
1. Relève les mots de liaison qui y sont contenus.
2. Dégagez l'effet de sens induit par leur emploi conjoint.
(0,5 x 3 =) 1,5 pt.
1 pt.
III. SÉMANTIQUE ET LEXICOLOGIE / 5 pts.
1. a. Construisez le champ lexical du mariage d'une part et celui de la tristesse d'autre part dans le premier
paragraphe du texte.
b. Quel effet de sens se dégage de leur association ?
2. a. Que signifie le mot « outrancier » ? Est-il utilisé au sens dénoté ou connoté ?
b. Déduisez l'intention de communication de l'auteur.
(1 x 2 =) 2 pts.
0,5 pt.
(0, 75 x 2 =) 1, 5 pt.
1 pt.
IV. STYLISTIQUE ET RHÉTORIQUE DES TEXFES / 5 pts.
1. a À l'aide de deux indices, dégagez la tonalité du texte.
b. Quelle intention de l'auteur révèle l'emploi de cette tonalité ?
2. a. Identifiez la figure de style contenue dans la phrase : « Les mariages, de toutes les façons, ne sont jamais
très joyeux. »
b. Déterminez l'effet de sens produit par l'emploi de cette figure.
(0,5 x 3 =) 1,5 pt.
1 pt.
1,