PARTIE II : les moyens juridiques de
l’action administrative.
Chapitre I: Les actes administratifs
unilatéraux (AAU) :
I- Caractères généraux des AAU :
1- Identification des actes administratifs unilatéraux :
Les AAU peuvent prendre des formes variées : décrets, arrêtés,
décisions, …
N.B : Acte unilatéral n’est pas synonyme de décision exécutoire.
Il n’y a décision que lorsque la manifestation de volonté de son
auteur se traduit par l’édiction d’une norme ayant pour but de
modifier l’ordonnancement juridique (Demande de permis de
construire : cela change notre droit, et crée des obligations de suivre
les clauses prévues dans l’obligation.) ou maintenir en l’état
l’ordonnancement juridique (en cas de refus : un étudiant non
éligible à une bourse [acte administratif qui maintient
l’ordonnancement juridique]).
L’AAU : l’acte juridique adopté unilatéralement par une autorité
administrative portant sur l’ordonnancement juridique et
affecte les droits ou les obligations juridiques des tiers sans
leur consentement.
L’AAU : l’expression du privilège du préalable i-e le pouvoir de
prendre des décisions qui s’imposent et qui sont présumées légales
jusqu’à preuve du contraire
o L’administration n’a pas besoin d’une autorisation du juge pour
agir
o Bien plus, l’administration ne peut pas demander au juge le
prononcé de mesures qu’elle a le pouvoir de décider seule (CE,
1913, Préfet de l’Eure)
1-1-1- L’acte administratif émane d’une personne
publique :
Le décret du Président de la République ou du Premier Ministre
La délibération du Conseil Municipal OU
L’arrêté du Maire ou du Préfet
Toutefois, le juge administratif reconnaît la qualité d’acte administratif
unilatéral à des actes édictés par des personnes privées gérant
un service public et disposant de prérogatives de puissance
publique (CE, 13 Janvier 1961, Magnier).
- Par exemple, le cas des fédérations sportives ou des ordres professionnels
(ordre des avocats, des médecins, …)
- Dans un arrêt Époux Barbier du 15 janvier 1968, le TC a reconnu à
certaines dispositions du règlement intérieur d’Air France un caractère
administratif.
Le règlement d’Air-France faisait alors interdiction aux hôtesses de se
marier. Le juge des conflits a estimé qu’une telle disposition apparaissait
comme touchant à l’organisation du service et a donc conféré à l’acte
litigieux, dans son intégralité, un caractère administratif.
Les actes pris par une personne de droit privé dans ce cadre, pourront faire l’objet
d’un recours pour excès de pouvoir devant le juge administratif.
1-1-2- L’acte administratif affecte
l’ordonnancement juridique :
Décision exécutoire :
L’acte administratif unilatéral entraîne des conséquences juridiques par
la seule volonté de son auteur.
Il crée des droits et des obligations à la charge des destinataires de
l’acte.
Dès que ces actes modifient la situation de leurs destinataires, ces derniers peuvent
former un recours pour excès de pouvoir devant le juge administratif pour en
demander l’annulation.
- Ce sera par exemple le cas de l’octroi ou du refus de l’octroi d’une
autorisation (permis de construire ou titre de séjour pour un ressortissant
étranger).
- Ce sera également le cas d’une réglementation modifiant les conditions
d’octroi de ces autorisations individuelles (Plan Local d’Urbanisme).
Décision non-exécutoire :
Au contraire, certains actes émanant de l’administration ne sont pas
considérés comme des décisions, car ils ne modifient pas
l’ordonnancement juridique et par conséquent ne peuvent pas
faire l’objet d’un recours.
Les actes préparatoires, c’est-à-dire les actes qui concourent à
l’édiction d’un acte administratif mais ne constituent pas en
eux-mêmes la décision (rapports, notes, réponses faites aux
parlementaires, avis obligatoires ou facultatifs). Réponse donnée au
parlement, c’est l’exécutif qui la donne. HCC (consultatif) peut donner
des avis quand le gouvernement demande au sujet d’un décret, d’un
arrêté, etc… Le CE est un organe consultatif pour le domaine
administratif. Le but est de demander si un projet de décret est soumis
à la HCC pour savoir si c’est conforme à la constitution.
Ex : On est dans un pays laïc, si le président s’amuse à prendre des
décrets interdisant la pratique de certaines religions, le juge
constitutionnel refuse ce projet car c’est anticonstitutionnel.
Les circulaires (et les directives), qui sont des documents
formulés à l’intention des agents et constituent des instructions
que les ministres adressent à leur administration en vue d’une
application uniforme du droit.
Il y a 2 catégories de circulaires :
Circulaires interprétatives : rappellent, commentent ou
expliquent (loi, décret surtout). Elles ne créent pas de règle
nouvelle, et les administrés ne peuvent pas les attaquer devant
le juge administratif. Si une circulaire contient des dispositions à
caractère général et faisant grief aux administrés, elle doit être
qualifiée de circulaire impérative (CE, 18 décembre 2002,
Duvignères)
Circulaires règlementaires (impératives) : qui ajoutent des
éléments au texte et créent des règles nouvelles. Les
administrés peuvent alors attaquer ces circulaires devant le juge
administratif.
Les mesures d’ordre intérieur, qui sont de simples mesures
d’organisation du service et qui ne peuvent donc faire l’objet
d’un recours (affectation d’un élève dans une classe, affectation d’un
agent à certaines fonctions).
2- La classification des actes administratifs
unilatéraux :
1-2-1- Les actes règlementaires et les décisions
individuelles :
Les actes règlementaires sont ceux qui ont une portée générale et
impersonnelle comme la loi
Les décisions individuelles sont les actes par lesquels une autorité
administrative décide d’octroyer ou de refuser un avantage à
une seule personne nommément désignée (octroi ou refus de l’octroi
d’un permis de construction).
1-2-2- Les décisions explicites et les décisions
implicites :
Le plus souvent les décisions administratives prennent la forme d’un
arrêté mais le silence gardé par l’administration peut également
faire naître une décision administrative.
Ex : demande de bourse : on dépose la demande et quand
l’administration ne répond pas en 4 mois, cela signifie que la demande
est refusée. Ça c’est à Madagascar, mais en France le silence de
l’administration vaut acceptation au bout de 2 mois de silence.
On peut former un recours pour une décision implicite dans le
sens que le juge va demander au maire, par exemple, de justifier
pourquoi il n’a pas donné de réponse à une demande X-Y-Z.
Le silence gardé par l’administration pendant plus de 4 mois vaut
décision de rejet (Article 137.4 Loi Organique n° 2004-036 du 1 er
octobre 2014, relative à l’organisation de la CS et les 3 cours la
composant [CE, Cours de Cassation, Cours des comptes])
1-2-3- La décision sui generis1 :
Il peut n’être ni règlementaire (car n’établissant pas de norme générale et
impersonnelle) ni individuel (car ne visant personne) : cet acte particulier est
parfois appelé acte intermédiaire ou décision d’espèce (ex : déclaration d’utilité
publique, CE.Ass 22 février 1974, Adam).
3- Le régime juridique des actes administratifs :
Le régime juridique des AAU peut être examiné au travers des conditions
d’élaboration de l’acte, des conditions et des modalités de son exécution et enfin
sa disparition (ne correspond plus à l’évolution de la société / société donc on la
retire).
1- L’élaboration de l’acte administratif :
Tout acte administratif unilatéral doit être édicté dans le respect de
la légalité.
1
Sui generis : particulier en son genre
o Moyens de légalité externe : l’acte doit respecter la règle de
compétence (Ex : pour un arrêté c’est le maire en personne qui
doit signer et non sa secrétaire) et les vices de forme
(signature) et de procédure (il s’agit de toutes les étapes à
suivre ; exemple : pour le permis de conduire, il faut d’abord
réussir l’examen code et conduite).
o Moyens de légalité interne : l’erreur de fait (demande
rejetée sur la base de fait inexistant) / de droit (interprétation
erronée du droit ; infraction de la loi), le détournement de
pouvoir (manodina pouvoir) ou de procédure, violation
directe de la loi.
Le non-respect de ces règles est sanctionné dans le cadre du
recours pour excès de pouvoir.
a- La compétence de l’auteur de l’acte :
Contenu des règles de compétences
o Ratione materiae : compétence quant à la matière /objet de
l’acte
o Ratione loci : compétence dans l’espace
o Ratione temporis : compétence dans le temps (un ministre
n’est pas ministre éternellement, lorsqu’il ne le sera plus il ne
pourra plus prendre d’arrêté ministériel)
Les aménagements : les délégations de compétence :
o Raisons : éviter la lenteur, la paralysie de l’administration
o Délégation de pouvoir-délégation de signature
o Délégation explicite (doivent être visibles et sues de tous) :
limitées (elle n’est pas éternelle) et publiques.
Il y a 2 formes de délégation :
- Délégation de pouvoir : personnelles, dessaisissent l’autorité qui délègue
son pouvoir de sa compétence au profit du délégataire (celui à qui le pouvoir
est délégué par le délégant).
- Délégation de signature : personnelles, cessent dès que le délégataire
change ; l’autorité délégante peut toujours exercer ses compétences.
Les infractions aux règles de compétence :
o Usurpation de fonction : accomplissement d’un acte
administratif en dehors de tout pouvoir légal (i-e, un particulier
ou un agent administratif intervenant dans des fonctions qui ne
relèvent pas de leur compétence)
o Empiètement de fonctions : ingérence d’une autorité
administrative dans un domaine réservé à l’autorité supérieure
soit à l’autorité inférieure. Deux services qui sont le mifanitsaka
andraikitra (principe de la hiérarchie). Exemple Division d’un
ministère : Ministre SG Direction générale Direction
Service Division Section. Un ministre qui fait le travail d’un
SG et vise et versa.
Les sanctions :
- L’incompétence est ce qu’on appelle un moyen d’ordre public :
o Cela veut dire que le juge examine d’office la compétence de l’auteur
de l’acte contesté devant lui, même si le requérant ne lui demande pas
d’annuler pour incompétence.
o Moyen d’ordre public
- L’incompétence conduit à l’annulation contentieuse (cf. RPEP)
b- Le respect des règles de procédure :
Le respect du CONTRADICTOIRE (Principe des droits de la défense /
présomption d’innocence)
Toute mesure prise en considération de la personne doit être précédée
d’une procédure permettant à l’intéressé de discuter de la décision
envisagée.
Il faut toujours donner la chance à cette personne de se défendre.
Arrêt : CE 1944, Dame Veuve Trompier-Gravier ; CE, 1956, Nègre)
Ex : Faux et usage de faux diplôme, un employé accusé. L’employeur
ne porte pas plainte, cependant le faux diplôme doit être annulé. Le
ministère où il travaille a le devoir de porter l’affaire devant le juge.
Mais une autre personne porte plainte car c’est lui qui a eu le poste
pour annuler la nomination sur la base du faux diplôme (le recrutement
est une décision administrative). Le ministère doit donc retirer la
nomination, dans le cas où le ministère refuse, l’intéressé peut engager
un RPEP. PPE : « Toutes mesures prises en considération de la
personne doivent être précédées d’une procédure permettant à
l’intéressé de discuter de la décision envisagée. » il faut donner la
chance à cette personne de se défendre.
Procédure :
- Les procédures CONSULTATIVES : les textes ou la jurisprudence prévoient
que certaines décisions administratives ne peuvent être prises qu’au vu d’un
avis rendu par un organisme consultatif.
o Avis facultatif
o Avis préalable : l’autorité administrative doit prendre au préalable
l’avis mais n’est pas obligée de la suivre
o Avis conforme : l’administration sera liée par l’avis.
Lorsque l’avis est facultatif, l’administration concernée conserve sa liberté
d’apporter à son texte toutes les modifications qu’elle souhaite et sans avoir
l’obligation de saisir à nouveau l’organisme en question.
Dans le cas d’un avis obligatoire, l’administration peut renoncer à la consultation
que si elle a sa décision et, lorsqu’elle a procédé à la consultation, elle ne dispose
que de deux possibilités :
- Soit prendre la décision qui avait été soumise à la consultation, sans tenir
compte de l’avis (puisque, répétons-le, l’obligation ne porte que sur la
demande de consultation)
- Soit adopter une décision conforme à l’avis rendu
Vice de procédure entache le processus même de l’élaboration de l’acte (si
on ne suit pas la procédure)
Le vice de forme concerne la présentation extérieure de l’acte :
- L’existence d’un acte écrit, lorsque cette forme est exigée (l’administration
est cryptophyte : elle est amoureuse de l’écrit)
- La présence d’une motivation (pourquoi la route est barrée ?) et d’une
signature. (Principe de la motivation de la règle administrative)
c- Le respect des règles de FORME :
Le principe de l’absence de formalisme :
- Des décisions gestuelles (agents de police levant le bras au carrefour)
voire verbales (un chef de service qui demande à un agent municipal de
cesser ses fonctions) (CE 1993, Union syndicale professionnelle des policiers
municipaux).
FORME :
o Sauf texte contraire, les décisions des maires, préfets, ministres
peuvent être incluses non dans un arrêt en bonne et due forme mais
dans une simple lettre, une circulaire, une note.
o Concernant l’organisation d’un service, le ministre peut prendre une
note administrative etc… Pas la peine de prendre un arrêté. Mais dans
le cas d’une interdiction de pêcher il s’agit d’un arrêté qui doit
obligatoirement suivre des conditions de forme (décision
règlementaire).
o Par contre, les décisions du PR et du PM doivent prendre la forme d’un
décret avec visas, dispositifs en articles et contreseings (i-e
contresigner ; à la fin des décrets on la signature des ministres avec les
Ministres c’est les ministres concernés par le décret qui contresignent.)
exigés par la constitution. (La pyramide de Kelsen a une valeur supra-
législative)
o Certaines décisions peuvent être implicites : le silence gardé par
l’administration pendant 4 mois vaut décision de rejet
o Signature et contreseings :
L’article 62 de la constitution : les actes signés par le PR doivent
être contresignés par le PM et le cas échéant par les ministres
concernés.
Article 67 de la constitution : les actes du PM sont contresignés
par les ministres chargés de leur exécution.
o Responsabilité collégiale
o Le principe du parallélisme des formes :
Ce principe signifie que lorsqu’une décision administrative a été
prise en respectant certaines formes, en cas de silence du texte,
la décision inverse (cf. acte contraire) ne peut être prise qu’en
suivant la même procédure (CE section. 18 novembre 1938,
Société languedocienne de TSF)
Abrogé : supprimé. C’est l’autorité qui a nommé qui peut abroger. (Principe du
parallélisme des formes)
Retrait = effet rétroactif
o Une règle de forme essentielle est la motivation : (quand il s’agit
d’une décision favorable, pas besoin de motiver)
La motivation est l’exposé des motifs de la décision, i-e des
considérations de fait ou de droit qui constituent le fondement
de la décision.
Principe est l’absence d’obligation de motivation pour
l’administration.
Exception au principe :
Les décisions administratives individuelles
défavorables : mesure de police, sanctions, refus
d’autorisation. (Ex : retrait de diplôme).
Les décisions administratives individuelles qui
dérogent aux règles générales fixées par la loi ou
règlement : ex : en France, ceux qui portent le voile
islamique. Il y a des textes. Le port de ces signes religieux
peut être fait là où cela n’est pas interdit. L’État français a
voulu interdire le port de signes religieux en France, le CE
a dit que cela est interdit s’il s’agit d’une interdiction
globale. Cela peut être autorisé dans les endroits où cela
peut déranger les autres concitoyens. Il y a des décisions
administratives individuelles qui dérogent aux règlements
fixés par la loi et qui concernent une certaine catégorie de
personnes (ex : les musulmans)
o Les décisions échappent à l’obligation de motivation en cas de :
Secret protégé par la loi (ex : pour la violence policière / les
militaires pour des raisons de défenses)
Urgence absolue (ex : Interdiction d’accès, ne demande pas
pourquoi)
Décision implicite (silence) : il ne faut pas insister
o Les juges distinguent les vices de forme substantiels des vices non
substantiels qui ne sont pas susceptibles d’entrainer l’annulation de
l’acte contesté. (Vice substantiel i-e tout ce qui concerne les
signatures, par exemple)
Règles substantielles, ex : le captcha (question de sécurité sur internet)
d- Respect des règles de fond
Les règles de fond de valeur constitutionnelle comme le principe
d’égalité, de valeur législative (Par exemple : un règlement pris pour
l’application de la loi doit respecter le contenu de cette loi)
Les principes généraux du droit : la non-rétroactivité des lois (CE 1948
Soc du journal l’Aurore).
Respect du contenu des règlements qu’ils exécutent (ex : un décret
présidentiel doit être suivi d’un arrêté d’application et cet arrêt doit
respecter le contenu du décret qu’il exécute)
Respect du contenu des actes administratifs règlementaires sur le
fondement desquels ils sont pris (CE, 1931, Ville de Clamart) (ex : un
décret [acte règlementaire] « tous les étudiant remplissant ces critères
auront une bourse pour étudier à l’étranger » et qu’il y a un arrêté, il
doit respecter cette disposition qui en est le fondement.)
2- Application des actes administratifs unilatéraux
a- L’entrée en vigueur de la décision exécutoire :
L’existence même d’un acte administratif n’est pas subordonnée à sa
publication ou à sa notification et il peut donc faire l’objet d’un recours
pour excès de pouvoir dès sa signature.
Cependant, il ne sera opposable (ils peuvent se faire valoir) aux
administrés qu’à compter de son entrée en vigueur, c’est-à-dire après
l’accomplissement de certaines formalités de publicité.
o Pour les actes règlementaires (général et impersonnel donc
tout le monde doit être au courant, d’où l’importance de la) :
PUBLICATION il faut publier ces actes par tous les moyens (JO,
Radio, Télévision, Journal, …)
o Pour les décisions individuelles (elle ne concerne que
l’intéressé donc il doit être mis au courant, d’où la nécessité de
la) : NOTIFICATION à l’intéressé, en général par simple lettre.
On dit X est notifié de la décision.
o Examen : publication VS notification
La publication des actes règlementaires
Les actes règlementaires édictés par les autorités de l’État
produisent leurs effets à l’égard des administrés à compter de leur
publication au journal ou dans les bulletins officiels des ministères.
Les actes des collectivités territoriales produisent leurs effets à
compter de leur publication par voie d’affichage ou d’insertion dans la
presse et leur transmission au représentant de l’État (C’est le chef de
district).
La notification des décisions individuelles :
Les décisions administratives individuelles prises par les autorités de
l’État entrent en vigueur dès leur notification à leur destinataire
Une fois entré en vigueur, l’acte administratif (acte règlementaire et
décision individuelle) ne produit ses effets que pour l’avenir.
o En principe les actes administratifs ne peuvent avoir d’effet
rétroactif (CE 25 juin 1948, Sté du Journal l’Aurore)
o Exceptions au principe de non-rétroactivité des actes administratif :
Une loi peut prévoir expressément ou implicitement que ses
décisions d’application auront un effet rétroactif : Il s’agit
d’une mesure de régularisation (ex : révocation (agent du
service public) d’un fonctionnaire pour abandon de poste, le
fonctionnaire refuse de se rendre à son lieu de travail (papa
affecté) ; si la notification d’affectation est arrivée le 10 janvier
2022 et la révocation se confirme le 14 février 2023, la
décision de révocation rétroagit jusqu’au 10 janvier 2022).
Lorsque la décision tend à tirer les conséquences d’une
annulation pour excès de pouvoir
L’annulation par le juge d’une décision administrative a un
effet rétroactif.
b- L’exécution de l’AAU par les particuliers
Une fois entré en vigueur l’acte administratif peut donc être exécuté
puisqu’il bénéficie d’une présomption de légalité (présumé légal
jusqu’à preuve du contraire, nouvel ordre i-e annulation par le juge).
Cela signifie que même si un administré conteste la légalité d’un acte
administratif, son recours devant le juge administratif n’est pas
suspensif. Jusqu’à preuve du contraire, la décision est considérée
comme légale.
Toutefois, un sursis à exécution peut être ordonné lorsque l’exécution
risque de causer des dommages irréparables pour l’administré.
Loi Organique n° 2004-036 du 1 er octobre 2017 organisation de Cours suprême et
les trois cours la composant (CE, CC, C des comptes)
Sanction pour inexécution :
Si l’administré refuse d’exécuter l’acte de sa propre volonté (une
résistance certaine), l’administration dispose de plusieurs moyens pour
le contraindre à exécuter ses obligations.
L’administration peut recourir à l’exécution d’office ou forcée sans
autorisation préalable d’un juge.
Le recours à l’exécution d’office n’est toutefois possible que dans 3
hypothèses (sinon risque de voie de fait)
o L’administration ne dispose d’aucune autre solution et les
mesures d’exécution forcée doivent être strictement
nécessaires à l’exécution de l’acte. (TC 2 décembre 1902,
Société immobilière de Saint Just)
o Lorsqu’un texte de loi l’autorise (ex : Code de la route : mise
en fourrière)
o En cas d’urgence
Quant à la légalité de l’exécution forcée, elle est subordonnée à la réunion de 3
conditions (elle ne doit pas être engagée n’importe quand et n’importe comment) :
Que l’exécution forcée trouve sa source dans un texte de loi
précis
Que l’administration se soit heurtée à « une mauvaise volonté
caractérisée » des intéressés.
Que l’exécution ne tende qu’à la réalisation d’une opération
présentée par la loi.
Le recours à l’exécution forcée est encadré et limité. Si l’administration excède ce
pouvoir, elle est sanctionnée par le juge.
D’une part, en effet, l’administration procède à l’exécution forcée à ses
risques et périls et si la décision dont elle a cherché l’exécution est, par la suite,
annulée, elle s’expose à devoir verser des dommages-intérêts (CE 27 février 1903,
Zimmermann Rec, p 180)
D’autre part, le recours à l’exécution forcée peut être illégal alors même que la
décision dont l’administration a cherché l’exécution est légale.
Ville : conseil municipal / campagne : conseil communal
La responsabilité de l’administration peut alors être engagée, soit devant les
juridictions administratives s’il n’y a pas eu atteinte au droit de propriété ou à la
liberté fondamentale (CE 8 avril 1961 Dame Klein, Rec, p 216 p 587, concl Henry),
soit devant les juridictions judiciaires dans le cas inverse où l’on dira qu’il y a voie
de fait.
Ainsi, par exemple, l’exhumation de corps viole le respect dû aux tombes des morts.
Et se révèle constitutive d’une voie de fait
Sanctions pour inexécutions (appart l’exécution forcée) :
En situation extrême, l’administration peut recourir à des sanctions
pénales pour violation d’un règlement administratif (poursuites devant
le juge répressif)
Des sanctions administratives émanant d’une autorité administrative
contre un administré qui refuse de se plier aux obligations découlant
d’un acte administratif (fermeture d’un débit de boissons, amende,
blâme, retrait d’autorisation ou d’agrément).
Sanctions prévues par la loi (CE 10 Janvier 1998, Sté varoise de
transport concl Bacquet).
3- Disparition de l’acte administratif :
Les AA peuvent prendre fin dans plusieurs hypothèses :
L’annulation pour excès de pouvoir par le juge administratif
Caducité ou péremption : la décision n’a qu’une durée limitée dans
le temps
o Le temps extinctif met fin à l’acte pour l’avenir mais ses effets se
maintiennent
La réalisation de la condition résolutoire
o La condition résolutoire entraine la disparition de l’acte ab initio 2
– dès le départ – ainsi que des effets de l’acte.
21 mars 2023 :
L’inexistence et le changement des circonstances :
o L’inexistence : l’acte est qualifié de « nul et de nul effet » ou de
« nul et non avenu » par le juge pour une illégalité
particulièrement grave. (Exemple : le cyclone Freddy qui n’a pas
été si violent que prévu sur les terres centrales)
2
Ab initio : depuis le début, dès le commencement, dès l’origine.
Inexistence juridique (exemple : Empiètement par le
préfet sur les pouvoirs du juge : CE 31 mai 1957, Rosan
Girard)
Inexistence matérielle (exemple : mesure prises par
délibération d’un conseil municipal n’étant rattachées à
aucune séance de ce conseil. CE 28 février 1986, Préfet
des Landes ; Exemple : Naina, Clémence : Taxi-moto tsy
tafiditra anaty ordre du jour. En gros, il n’y a pas de
discussion au sein du conseil or la décision a été prise)
o Changement de circonstances : (CE 10 Janvier 1930,
Despujol)
Bouleversement des circonstances de fait : Exemple :
cyclones, cataclysme, etc… (CE 10 Janvier 1964,
Simonnet)
Changement des circonstances de droit : CE 10
janvier 1964, Syndicat national des cadres des
bibliothèques. Quand la loi change, les décisions faites
pour exécuter la loi ancienne disparaissent.
La disparition est parfois le fait du juge ou celui de l’administration (le plus souvent
au nom du principe de mutabilité du service public qui signifie notamment que
le service public doit être adapté à l’évolution et aux besoins collectifs sociaux et
aux exigences d’intérêt général).
Ainsi, l’administration peut décider d’abroger un texte pour en établir un nouveau
qui modifierait le prix d’un parking, d’un tarif hospitalier. Les usagers et agents du
service public ne peuvent pas invoquer de droits acquis liés à la situation antérieure.
La révocation par l’administration de ses propres décisions
(examen)
o Deux hypothèses à distinguer en fonction des effets provoqués
par la disparition :
L’abrogation
L’abrogation de l’acte :
L’abrogation d’un acte règlementaire est toujours possible car nul n’a un droit
acquis au maintien d’une réglementation (décret-arrêté).
- L’acte abrogé disparaît et cesse de produire ses effets pour l’avenir. Une
hôtesse depuis 10 ans, le règlement change aujourd’hui cela ne te concerne
pas ma chère. Vous continuez à voler au frais de la princesse.
L’administration peut à tout moment mettre fin à une règlementation ou la modifier
à condition de respecter le parallélisme des formes : seule l’autorité qui a édicté la
règlementation peut y mettre un terme.
Le retrait.
Le retrait rétroactif :
Le régime juridique du retrait est dominé par les notions d’actes
réguliers / irréguliers, d’une part, et d’actes créateurs / non-créateurs
de droit, d’autre part.
a- Acte régulier non-créateur de droits :
Le retrait est toujours possible à tout moment et sans conditions ???
Ex : retrait d’une sanction infligée à un fonctionnaire : A noter qu’une sanction est
un acte régulier (suivant les règles) non-créateur de droit (car une sanction ne crée
pas de droit appart peut-être droit à la défense)
Un acte précaire et révocable : une autorisation d’occupation du domaine public.
Dans le cas où l’administration confie un terrain à un particulier pour un délai de 6
ans. Même au bout de 3 ans, l’administration peut décider de retirer cette décision
pour l’intérêt public et donc de récupérer le terrain en question.
N.B : Une révocation régulière ne peut être retirée, car elle a été créatrice de droit
au profit du successeur. Imaginons qu’il y a un employé qui a été licencié, en temps
normal l’administration peut révoquer cette décision. Cependant, s’il y a déjà un
remplaçant cela est impossible car cela nuirait au droit du successeur.
b- L’acte irrégulier non-créateur de droits :
Le retrait est possible à tout moment (CE 15 octobre 1976, Bussière)
Exemples :
- Un acte obtenu par fraude de l’administration (fausse déclaration)
- Les actes inexistants (usurpation de pouvoir de l’autorité administrative)
c- Acte régulier créateur de droits :
Le retrait est impossible. Toutefois, le retrait peut être opéré dans 2 cas :
- Lorsqu’il est autorisé par la loi
- Lorsqu’il est demandé par le bénéficiaire de l’acte sous réserve des droits
acquis par les tiers
Exemple : La nomination d’un fonctionnaire : la délibération du jury qui confère un
titre.
d- Acte irrégulier créateur de droits :
Durant le délai de trois mois à partir de l’édiction de l’acte, délai du recours
contentieux (CE 3 Novembre 1922, Dame Cachet [je crois dsl c’est flou)
Exemple : Nomination irrégulière (acte illégal)
N.B : CE, ass, 26 août 2001, Ternon ; CE 6 mars 2009, Coulibaly (délai de 4 mois
suivant la prise de décision, i-e à compter de la signature) : Le délai pendant lequel
l’administration peut retirer l’acte …
Note : Le retrait d’un acte règlementaire qui a fait l’objet d’une application n’est
possible que pour illégalité et aussi longtemps que le règlement est susceptible
d’annulation par le juge. CE Sect. 14 Novembre 1958, Ponard ; CE 15 Avril 1988,
Société Civil le Tahiti (La jurisprudence Ternon ne visant que les décisions
individuelles non applicables.)
V - Pouvoir règlementaire :
Le pouvoir règlementaire est le pouvoir d’adopter des actes règlementaires, i-e des
AAU de caractère normatif (fenitra) à portée générale (pour tout le monde) et
impersonnelle (tsy milaza anarana).
On distingue à ce titre des actes administratifs individuels. (DLC : Direction de
Législation du Contentieux)
Exemple : Les universitaires demandent un logement. Si le ministère prend un
arrêté qui donne la maison à un étudiant désigné, c’est un acte individuel
1- Notion de règlement :
Règlement : règle générale impersonnelle, obligatoire, imposée par une autorité
administrative.
2- Domaine du pouvoir règlementaire :
Domaine de la loi : Article 95 de la Constitution de 2010 : Cet article donne la
compétence à faire la loi au parlement donné et règlementé par la constitution.
Domaine règlementaire : Article 97 Constitution 2010 (affaire de l’exécutif)
Compétence règlementaire = compétence de droit commun : Tout ce qui n’est
pas compétence législative est compétence de l’exécutif. Quand on fait les
stats, contrôle politique du parlement sur l’exécutif : le champ d’action de
l’exécutif est immense, cependant le parlement exerce un contrôle.
Types de règlement :
- Règlements d’exécution des lois (règlements dérivés : car ils dérivent de
la loi) : Ils sont pris en vertu de l’article 65.5 de la constitution : « "Le Premier
Ministre, Chef du Gouvernement :
5. assure l'exécution des lois ; "
- Règlements autonomes : des actes pris spontanément par le
Gouvernement et de manière exclusive concernant les autres matières que
celles réservées à la loi.
3- Les autorités investies du pouvoir règlementaire :
- Les autorités publiques : le Président de la République et le premier
Ministre (Article 54. 3 Constitution 2010 et 65.6).
- Le ministre dans certaines hypothèses : exercice du contreseing, en
vertu de délégation du PM. (Arrêté interministériel, par exemple)
- Autorités délibérantes et exécutives des collectivités
locales et des établissements publics.
- Les autorités administrant les organismes privés chargés d’une
mission de service public : les sociétés gérant des SPIC, les ordres
professionnels.
Chapitre II : Le Contrat
Administratif
Il y a une distinction à faire entre les actes administratifs unilatéraux et les contrats
administratifs. Les premiers créent des droits et des obligations imposés par
l’administration aux administrés, tandis que les seconds sont des rencontres de
volontés entre les parties. Cependant, pour qu’il s’agisse d’un contrat
administratif il faut qu’au moins une personne morale de droit public soit
partie au contrat. Cela est également possible s’il s’agit d’une personne privée
agissant pour le compte d’une personne publique ou mandataire d’une
personne publique.
Dans un contrat administratif, l’administration dispose de prérogatives exorbitantes.
Elle a notamment la possibilité de modifier unilatéralement les conditions du contrat
ou de le résilier pour des raisons d’intérêt général ou pour sanctionner
l’entrepreneur incompétent.
Il y a trois principes fondamentaux régissant les marchés publics prévus par l’article
5 de la Loi n° 2016-055 du 25 Janvier 2017 :
Principe de liberté d’accès : toute personne doit avoir librement accès aux
besoins des acheteurs
Principe d’égalité de traitement des candidats : toute discrimination est
interdite et la rédaction du cahier des charges doit être objective et ne pas
orienter de choix
Principe de transparence des procédures : tout soumissionnaire dont
l’offre est rejetée pour pouvoir obtenir une réponse expliquant les motifs du
rejet.
Article 34 alinéa 1er de la loi de 2017 : « L’appel d’offres est la procédure par
laquelle une Autorité Contractante choisit l’offre économiquement la plus
avantageuse, sans négociations, sur la base de critères objectifs
préalablement portés à la connaissance des candidats. »
Principe de l’équilibre financier : Il est intangible
I- L’identification des contrats
administratifs :
Le caractère administratif d’un contrat est établi objectivement :
Il résulte :
- Soit de la loi : il est administratif quand c’est la loi qui détermine le contrat
comme tel.
- Soit des critères jurisprudentiels.
A- Les contrats administratifs par
détermination de la loi :
En conséquence de dispositions législatives, certains contrats conclus par
l’administration sont toujours considérés comme des contrats administratifs :
- Les marchés (contrats) conclus en application du Code des marchés publics
- Les contrats de vente d’immeubles du domaine privé de l’État (la loi du 28
pluviôse an VIII [17 février 1800])
- Les marchés de travaux publics (loi du 28 Pluviôse, an VIII)
- Contrat comportant occupation du domaine public (TC, 12 décembre 2005,
ASSOCIATION SPORTIVE DE KARTING SEMUROIS)
B- Les critères jurisprudentiels :
Conditions tenant à la personne des contractants
Un contrat ne peut être un contrat administratif que si au moins une personne
publique y est partie directement ou indirectement. État, collectivité
territoriale (province, région, communes), établissement public.
NB : Ainsi donc, un contrat conclu entre deux personnes publiques est présumé
contrat administratif
Mais c’est une présomption simple. Le contrat n’est effectivement
administratif que s’il satisfait les autres critères jurisprudentiels.
Exemple :
- TC, 7 Octobre 1991, CROUS de l’académie de Nancy-Metz : contrat conclu
entre deux personnes publiques et jugé administratif (cf. Service public)
- CE, 11 mai 1990, Bureau d’aide sociale de Blénod-lès-Pont-à-Mousson :
contrat conclu entre deux personnes publiques et considéré comme un
contrat de droit privé.
A l’inverse, un contrat conclu entre deux personnes privées ne peut être un contrat
administratif même si l’une de ces personnes gère un service public (CE, 13
Décembre 1963, Syndicat des praticiens de l’art dentaire)
Pourtant, il arrive que le juge administratif qualifie de contrat administratif un
contrat intervenu entre deux personnes privées.
A cet égard, une condition s’impose : c’est qu’une personne publique soit
partie au contrat.
Cette condition peut être remplie de trois manières :
- Une personne publique (État, région, commune) conclut directement un
contrat avec une personne privée ou avec une autre personne publique :
- Mais, parfois au lieu de participer directement à la conclusion du contrat,
la personne publique peut se faire représenter par une personne
privée. Cette représentation revêt la forme du mandat. Ou de
l’action pour le compte de…
La personne publique – le mandant – donne mandat à une personne privée
– le mandataire – pour conclure un contrat au nom et pour le compte de la
personne publique.
- L’action pour le compte d’une personne publique :
o Le juge admet que l’on puisse agir pour le compte d’une personne sans
être son mandataire (TC, 8 Juillet 1963, Entreprise Peyrot contre
Société de l’autorité Esterel Côte-d’Azur)
o En l’espèce, la Société de l’autoroute Esterel-Côte d’Azur – SEM, donc
personne privée, a conclu avec l’État, personne publique, un contrat de
concession. En vertu de ce premier contrat, elle construit et exploite
l’autoroute du Soleil. Il s’agit de concession de travaux publics, donc ce
contrat est un contrat administratif Cf. Loi du 28 pluviôse an VIII.
Ultérieurement, la société de l’autoroute Esterel-Cote d’Azur (personne privée
rappelons-le) passe un deuxième contrat avec l’entreprise Peyrot…
Ainsi, même en l’absence de mandat, une personne privée peut être réputée agir
pour compte d’une personne publique : TA Lyon 1er Octobre 1996. M.Loridant
Cette solution a été d’abords limitée aux contrats conclus pour la construction
d’autoroute puis elle a été étendue notamment :
- A des contrats conclus pour l’aménagement du territoire (CE ; Sect, 30 mai
1975, Société d’Équipement de la région montpelliéraine)
- A des contrats relatifs aux centrales nucléaires (TC, 10 mai 1993, Société
Wanner Isofi Isolation et Société Nersa).
La Personne privée transparente (CE, 21 Mars 2007, Commune de Boulogne-
Billancourt c/ Société Mayday Sécurité)
- Une personne privée est créée à l’initiative d’une personne publique qui en
contrôle l’organisation et le fonctionnement et qui lui procure l’essentiel de
ses ressources.
- On peut en fait assimiler la personne privée à l’un des services de la personne
publique.
La présence d’une personne publique est une condition sine qua
non, une condition invariable exigée
Cette condition est nécessaire mais non suffisante
Les conditions supplémentaires :
o Mais un contrat n’est effectivement administratif que s’il satisfait, en
plus, à l’une des conditions suivantes :
Le contrat renferme une ou plusieurs clauses exorbitantes du
droit commun
Le contrat est en relation avec l’exécution d’un service public
Présence de clauses exorbitantes du droit commun :
CE, 31 juillet 1912, Société des granits porphyroïdes de Vosges (Rec.p. 909,
conclusions Léon Blum
Exceptions : les contrats conclus entre les SPIC 3 et leurs usagers en vue de
fournir à ces derniers des prestations de services. (CE, setc 13 Octobre 1961,
Etablissement Compagnon-Rey ; TC. 17 décembre 1962, Dame Bertrand)
A quoi reconnait-on une clause exorbitante :
Clause = disposition d’un contrat
Exorbitante : ex : orbita, hors de la voie tracée hors du droit commun,
différente d’une clause de droit privé.
o La clause exorbitante, clause introuvable dans les contrats de droit
privé parce qu’elle y serait illégale
o Clause exceptionnelle en droit privé parce que fort inégalitaire
Exemple :
- La clause permettant à l’administration de contrôler les résultats financiers,
les tarifs ou le personnel de son cocontractant.
- Plus généralement, toute clause habilitant la personne publique à contrôler
l’activité ou la situation de son cocontractant
ORE : Office de Régulation de l’Électricité.
Cahier des charges = document contractuel
L’administration contrôle les tarifs
La relation avec l’exécution d’un service :
En principe, cette relation peut prendre l’une des trois formes suivantes :
1- Le contrat d’habilitation à gérer un service public ou d’association à
l’exécution même du service public : est administratif un contrat qui a
pour objet soit de confier au cocontractant de la personne publique la gestion
d’un service public (SPA, SPIC), soit de l’y associer directement (CE, sect, 20
3
SPIC : un Service Public Industriel et Commercial est une forme de gestion de service public soumise
principalement aux règles de droit privé et à la compétence du juge judiciaire.
Avril 1956, Époux Bertin ; en l’espèce contrat verbal relatif à la nourriture de
réfugiés sur le point d’être rapatriés, contrat d’habilitation à gérer un service.)
2- Le contrat de recrutement d’une personne dans un service public
géré par une personne publique
Deux étapes dans l’évolution jurisprudentielle :
Première étape : C.E Sect, 4 juin 1954, Affortit et Vingtain ;
Ces deux arrêts exigent une participation directe à l’exécution d’un SPA
ou encore une participation à l’exécution même d’un SPA.
La personne publique conclut un contrat avec un particulier. Objet : l’emploi
du particulier dans un service public administratif. Participation directe : le
particulier y exerce les fonctions qui relèvent de la spécialité du service.
Deuxième étape : TC 25 Mars 1996 Préfet de la région Rhône-Alpes, Préfet du
Rhône et autres c/ Conseil de prud’hommes de Lyon ou arrêt Berkani
Tout contrat de recrutement en vertu duquel une personne travaille
pour une personne publique à caractère administratif géré par une personne
publique est un contrat administratif.
3- Le contrat conclu avec l’usager d’un Service public administratif : CE
20 avril 1956, consort Grimouard
Par exemple : la SNCF gère un SPIC. En achetant un billet, un voyageur contracte
avec la SNCF. Ce contrat relève du droit privé
Résumé :
L’identification des contrats administratifs
La qualification de contrat administratif découle :
- Soit la loi
- Soit de l’application des critères définis par la jurisprudence
Pour être administratif, le contrat auquel est partie une personne publique doit
satisfaire en plus à l’un des autres critères jurisprudentiels :
Le contrat contient une ou plusieurs clauses exorbitantes
Le contrat est en relation avec l’exécution d’un service public
Partie III – L’activité matérielle de
l’administration (finalité de l’action
administratif)
Service publique = 2 mots
Exemple de service public : 015, Cotis ; Service produisant les papiers administratifs
(ex : permis de construire)
C’est une activité prise en charge par une personne morale de Droit Public
(Administration communale, etc…). Le service public a plusieurs formes d’exécution
par le Gouv. Soit c’est le Gouv immédiatement qui réalise avec ses propres moyens
(humain, financier et logistique) on parle alors de « régie directe » ex : réseau
national de chemin de fer. Cependant, il arrive que le Gouv n’ait pas les moyens de
s’en charger tout seul donc il fait appel au privé. Il y a également la délégation de
service publique ou DSP (régie intéressée, …, …), Il s’agit de déléguer la gestion des
services publics à une personne privée.
Concession :
Affermage4
Régie intéressée
Expropriation : fakana tanin’olona pour cause d’utilité publique, mais moyennant
indemnisation. 2 phases : phase administrative & phase judiciaire
Enquête publique de comodo et in-comodo
4
Affermage : Location à ferme ou à bail
LE SERVICE PUBLIC
Introduction :
L’essentiel de l’action administrative consiste à assurer le fonctionnement
des services publics qui sont la raison d’être de l’administration. La notion
de service publique était considérée comme le fondement de toutes les
particularités du droit administratif et le critère de compétence de la
juridiction administrative.
« L’institution » des services publics du droit administratif français de nature à
entraver la libre concurrence est menacée depuis un certain temps du fait du droit
communautaire5. Cependant, malgré la crise des services publiques « à la
française », il est à noter que les pays de l’Union Européenne peuvent prendre des
mesures nationales dérogatoires au principe de libre concurrence au profit de leurs
entreprises pour ne pas compromettre l’accomplissement de leurs missions.
A retenir :
SP constituent la raison d’être, le fondement de l’administration
Crise du service public à la française car le Droit européen impose que l’état
français a une administration très généreuse (indemnité de chômage), le
peuple français fait donc partie des européens les plus gâtés. La France est
un mauvais élève car il a un pacte …. Quel est le niveau du déficit public
français par rapport à son PIB (Pacte de stabilité).
I- La notion de service publique :
Le service public est à la fois une activité et une structure.
Traditionnellement, le service public se reconnaissait à la réunion de trois éléments :
- Éléments organiques : ensemble d’agents et de moyens affectés à une
même tâche par une personne publique ;
5
Droit communautaire : Le droit de l'Union européenne, également appelé droit européen et droit
communautaire, comprend les règles sur lesquelles est fondée l'Union européenne. Cela inclut l'ensemble des
règles, matérielles et procédurales, applicables au sein de l'Union européenne.
- Élément matériel : c’est une activité d’intérêt général que l’administration
entend assumer ;
- Élément juridique : Il consiste en un ensemble de procédés dérogatoires au
droit commun.
Le service public correspond à la satisfaction d’un besoin d’intérêt général et relève
au final directement ou indirectement d’une autorité publique. Il implique l’existence
d’un lien suffisant entre l’activité et une personne publique. Dans la grande
majorité des cas, la personne publique assure l’activité elle-même et il suffit alors de
déterminer que l’activité correspond à un but d’intérêt général.
Si l’activité est assurée par un organisme privé, il faut rechercher s’il exerce aux lieu
et place d’une personne publique. A cet effet, il faudra recourir :
À des critères spécifiques (origines publiques du capital au moins en
majorité ; existence d’un contrat de Délégation de Service Public)
À la réunion d’indices concordants (création de l’organisme par une autorité
publique ; caractère d’intérêt général de l’activité ; désignation ou agrément
des dirigeants par l’autorité publique ensuite, contrôle de la gestion par
l’administration et attribution à l’organisme des prérogatives de puissance
publiques : CE Sect, du 12 juin 1959, Synd. EXPLOITANTS DE
CINEMATOGRAPHE DE L’ORANIE DE SPORT, TOURISME, LOISIRS, etc…) ; (CE,
22 Novembre 1946, arrêt de la COMMUNE DE SAINT PRIEST-la Plaine)
D’autres ont pour but de financer ces services publics : cela consiste dans la
perception des impôts et / ou exploitation des casinos (CE, 25 mars 1966,
Ville de Biarritz)
II- Les deux types de service public :
A ces Services Publics Administratifs (SPA) s’applique une gestion publique
et aux Service Publics à caractère Industriel et Commercial (SPIC) s’applique
une gestion privée.
Les relations entre les SPA et leurs usagers et les tiers relèvent du droit public
alors que celles qui se nouent les SPIC, leurs usagers, leurs personnelles, les tiers
relèvent du droit privé.
Le caractère d’un service public se détermine par la prise en considération de
trois éléments : l’objet du service, l’origine de ses ressources et les modalités de son
fonctionnement (CE.Ass. 16 Novembre 1956, Union Syndical des Industries
Aéronautiques). Le service n’est industriel et commercial que s’il ressemble à une
entreprise privée au regard de ces trois critères (TC, 17 Décembre 1962, Arrêt DME
Bertrand : Il s’agit d’un entrepôt frigorifique. En conséquence s’il en diffère à au
moins un des trois à au moins un des trois, il est administratif [TC 20 janvier 1986,
SA Roblot : il s’agit service extérieur des pompes funèbre à caractère administratif]).
La présomption d’administrativité ne peut être renversée pour le service public
transfusionnel eu égard à l’objet du service (la préparation et de la distribution des
produits sanguins). Il s’agit toujours d’un SPA. (CE « fonction consultative » : Damme
Torrent, 20 Octobre 2000)
Dans certains cas, un texte qualifie l’établissement public chargé d’assurer le
service et cette qualification influe sur le service : seules les qualifications
législatives s’imposent (TC 24 Avril 1978, Sté Boulangerie de Kourou) et le juge se
reconnait le pouvoir de modifier les qualifications règlementaires (TC 24 juillet 1968,
Sté distilleries Bretonne et sociétés d’approvisionnements alimentaires).
III- Le régime juridique des services
publics :
L’existence du Service Public suppose une décision de l’autorité publique pour le
créer ou transformer en service public une activité privée. L’autorité compétente
pour créer un service public l’est aussi pour déterminer parmi les modes de gestion
celui qui s’appliquera :
A- La création des services publics
Le pouvoir règlementaire a compétence pour créer les services publics nationaux
sauf les cas où le service correspond à une nouvelle catégorie d’établissement
public ou de nationalisation d’une entreprise privée qui relève de la compétence du
législateur (Constitution 2010, Article a5.I.13 ; Loi n°98-031 du 20 Janvier 1999
Portant définition des établissements publics et des règles concernant la création
des catégories d’établissements publics ; Décret n°2005-003 du 4 Janvier 2005
portant régime général de la comptabilité de l’exécution budgétaire des agents des
organismes publics)
La création des services publics locaux relève de l’assemblée délibérante de la
collectivité territoriale qui doit respecter les limites légales (Conseil, etc…)
Certains services sont obligatoires, imposés par la loi (ex : En France : service
extérieur des pompes funèbres, les archives communautaires, le service d’entretien
des voies publiques, etc…). Certains intérêts publics justifient par eux-mêmes la
création de service publics (ex : Services liés à l’exploitation d’une dépendance du
domaine public : Transport en commun). Satisfaction des besoins de ces services
par la personne publique elle-même (CE, 29 Avril 1970 Arrêt Société Unipain :
Boulangerie militaire fournissant en pain les établissements pénitentiaires) ; des
services visant à satisfaire des besoins que la personne publique a naturellement
vocation à assurer (CE, 12 juillet 1939, Chambre Syn. Des maîtres Buandiers de
Saint-Etienne & CE, sect. 23 juin 1972, Sté La plage de la forêt : Salubrité publique).
Certains services sont réservés à l’État ou à certaines collectivités et les autres ne
peuvent s’en charger. Pour les autres, l’assemblée délibérante apprécie les besoins
collectifs locaux et l’opportunité de les prendre en charge par l’intermédiaire d’un
service.
En principe, les personnes publiques ne peuvent concurrencer l’initiative privée,
elles doivent respecter le principe de la liberté du commerce et de l’industrie.
Par ailleurs, la création d’un service public n’est légale que si un besoin de la
population n’est pas convenablement satisfait (CE sect. 17 avril 1964, Commune de
Merville-Franceville : Camping communal) ; (CE, 20 Novembre 1964, ville de
Nanterre : Cabinet dentaire communal).
Un service public peut être adjoint à un autre légalement créé à condition d’en
constituer le complément nécessaire (CE Sect. 18 décembre 1959, Delan Sorme :
Station-service adjointe à un parc municipal de stationnement)
B- Le régime dérogatoire des services
publics :
Dans la conception classique, le régime juridique du service public se définit par
l’application intégrale et exclusive du droit administratif. Il est à noter que
l’adéquation droit administratif est régime juridique de service public (inexacte dès
l’origine) est aujourd’hui totalement erronée. En effet, le service public échappe en
partie au régime dérogatoire du droit commun (Concession, gestion privée du
service). Ce régime dérogatoire s’applique toujours au SPA traditionnel sous
réserve du recours occasionnel à des procédés de gestion privée (contrats civils ou
commerciaux).
Les SPIC sont normalement au droit commun mais aussi à certaines règles du droit
public. Le personnel a un statut de droit privé sauf les agents placés à la tête du
service et le comptable s’il a la qualité de comptable public (CE, 26 Janvier 1923,
Robert Lafreygère ; CE, 8 Mars 1957 Jalenques de Labeau).
Les relations avec les usagers ou clients résultent de contrats civils ou commerciaux
(CE sect. 13 décembre 1963, Synd. des praticiens de l’Art dentaire du département
du Nord). Le droit privé s’applique en principe aux contrats passés avec les
fournisseurs mais ces contrats sont administratifs lorsque le service est géré par une
personne publique et s’ils contiennent une clause exorbitante du droit commun (TC.
14 Novembre 1960, Sté Vandroy Jaspar) ou associe le cocontractant à l’exécution
même du service (CE. 25 février 1993, Commune de Nay Bourdettes). Leur
responsabilité est régie par les règles du droit privé (CE sect. 3 octobre 2003.
Perrond).
Partie III – LES MISSIONS DE
L’ADMINITRATION
PFU : Participation Financière des Usagers
I- Notion de Service Public
Le service public peut se définir comme une activité d’intérêt général assurée
par une personne publique ou du moins sois le contrôle d’une personne
publique
Il arrive que le CE exige un troisième critère (CE Narcy du 28 juin 1963 : outre
le critère d’intérêt général, et le critère organique d’un rattachement direct
ou indirect de l’activité à une personne publique, le gestionnaire du service
doit disposer de prérogative de puissance publique)
Lorsque ces trois critères sont réunis (intérêt général, présence de
prérogative de puissance publique, mise en œuvre par une personne publique
d’un pouvoir de contrôle et direction sur les modalités d’exécution de cette
activité, le juge estime qu’il est en face d’une mission de service public
II- Les principes régissant les SP
Tout service public, qu’il soit administratif ou industriel et commercial est
soumis à certains principes régissant son fonctionnement.
Ces principes (loi de Rolland) sont :
o La continuité du service public : tenu d’assurer un service public
minimum même en temps de grève (hôpital, pharmacie, etc…), pas
24h/7j. il ne doit pas agir de manière discontinue. Ce principe suppose
que le service fonctionne normalement de manière continue.
Selon l’importance du service, la continuité peut signifier la
permanence de l’activité, ou dans une moindre mesure l’établissement
d’un service minimum.
En effet, si le principe de continuité du service public a valeur
constitutionnelle, il ne doit pas pour autant aboutir. (Art 30 Const).
o Public L’égalité devant le Service public (neutralité du service
public) : Depuis longtemps reconnu par le juge administratif, c’est le
également un principe à valeur constitutionnel
Ce principe comporte plusieurs aspects : il joue aussi bien qu’à
l’égard des sujétions que e service impose, qu’à l’égard des avantages
qu’il procure.
Il s’applique donc aussi bien aux usagers, candidat usagers,
agent ou fournisseur.
Cependant, ce principe d’égalité ne s’applique que de façon
relative : ainsi, des différences de traitement entre des usagers ou
candidats-usagers du service public sont légales du moment qu’elles
sont justifiées soit par des considérations d’intérêt général, soit par une
différence de situation de fait ou de droit.
o L’adaptation constante du service public / mutabilité du
Services : (principe de mutabilité) principe à valeur constitutionnelle :
(Exception : RSE6, Personnes en situation de handicap). Ce principe
signifie que le service doit constamment s’adapter aux évolutions
susceptibles d’affecter l’intérêt général.
En effet, l’intérêt général n’est pas figé : dès lors le SP doit
s’adapter à ces nouvelles exigences.
Les agents du SP ne peuvent jamais opposer à l’administration
un droit acquis au maintien de leur statut (CE 4 mai 1960, Jaffray, CE
Ass, 1 juin 1973, Syndicat National du personnel navigant commercial),
y compris les dispositions relatives à leur rémunération (CE, 11 octobre
1995, Institut Géographique National).
Les usagers ne peuvent non plus se réclamer d’un droit au
maintien en l’état des règles d’organisation du SP (CE, 12 février 1982,
Université de Paris)
III- Les modes de services publics :
- Les activités de service public peuvent être exercées par des organismes
de droit public :
Soit directement par une personne publique i-e par ces propres
moyens (la régie)
6
RSE : Responsabilité Sociales d’Entreprise
Soit par un organisme de droit public (l’établissement public :
Hôpitaux publics).
- Elles peuvent être aussi confiées par une personne publique à une personne
privée : Délégation de Service Public
1-La gestion directe du service public par une
personne publique
o La régie : l’administration assure elle-même le service, i-e qu’elle
emploie son personnel et utilise ses propres biens
Les services en régie ne constituent pas des personnes
juridiques distinctes ; le service n’a aucune individualité, même
sur le plan financier.
Généralement, ce procédé de la régie est appliqué aux services
publics administratifs.
Ce n’est qu’exceptionnellement que les SPIC sont exécutés en
régie : dans ces hypothèses le service dispose d’une certaine
individualité comptable qui permet d’évaluer s’il est
excédentaire ou déficitaire.
o L’établissement public :
C’est une « service public personnalisé » (i-e, doté de
personnalité morale)
C’est aussi « une personne publique à vocation spéciale »
C’est une personne morale de droit public dotée de la
personnalité juridique (elle a une autonomie administrative et
financière.) et spécialement créé pour gérer un service
public (vocation : principe de la spécialité).
L’établissement public constitue une forme de décentralisation
fonctionnelle ou par services ou décentralisation
technique.
Critères d’identification d’un établissement public :
1- Personnalité moral et l’autonomie : des organes
propres (assemblées délibérantes. CA : agent exécutif :
président, des biens propres, un budget autonome.)
2- Le contrôle de tutelle exercé par la collectivité de
rattachement (cf. ministère de tutelle pour l’EP nationaux)
sur les actes et sur les personnes (pas de tutelle sans
texte).
3- La spécialité : Les compétences de l’établissement public
sont des compétences d’attributions 7 limitativement
énumérées.
La création des établissements publics :
En vertu de l’art. 95.I.13 de la constitution de 2010 « la loi fixe les règles concernant
la création de catégorie d’établissement. »
o Loi n°98-031 portant définition des EP et des règles concernant la
création de catégories d’ET du 20-01-1999
o Décret n°2005-003 portant régime général de la comptabilité de
l’exécution budgétaire
o ….
Classement des établissements publics :
o Établissement public administratif (EPA)
o Établissement public industriel et commercial (EPIC)
Des SPIC peuvent être directement gérés par des personnes
publiques « dans les mêmes conditions qu’un industriel
ordinaire » (TC, 22 Janvier 1921, Sté commerciale de l’Ouest
africain : Arrêt « BAC D’ELOKA »).
Critère de distinction SPA VS SPIC :
« Faisceaux d’indice » : 3 données
Objet du service : quand l’activité en cause se situe dans un domaine où il
existe une concurrence privée, il est probable que le service public soit
7
Compétence d’attribution : une compétence attribuée par les textes mais limitée.
industriel et commercial. Inversement quand l’activité s’exerce à titre gratuit
et que le gestionnaire du service ne cherche pas à réaliser des profits. Il s’agit
probablement d’un SPA. Tel est le cas des activités correspondant aux
missions traditionnelles de l’État.
Origines des ressources : le service dont les ressources proviennent
essentiellement de redevances payées par les usagers (et non de subvention
budgétaire ou de recettes fiscales) sont généralement des SPIC.
Modalité de fonctionnement : le service public est administratif si les
modalités de son organisation et de son fonctionnement présentent des
caractères exorbitants du droit commun, c’est notamment le cas quand le
service est assuré directement par une personne publique.
2-La gestion du service public par une personne
privée : Délégation de Service Public :
(affermage, régie intéressé, concession et pour
certains auteurs il y a la gérance)
La DSP est dans un contrat par lequel la personne publique délégante confie à
une personne privée l’exécution d’un service public, le délégataire se
rémunérant substantiellement par des recettes issues de l’exploitation.
Loi du 11 décembre 2001 dite MURCEF :
o Ce critère sur la rémunération de distinguer la DSP du marché public
qui donne au paiement d’un prix par la personne publique.
o Ceci suppose que le délégataire assume une part du risque
d’exploitation (Conseil d’État 15 juin 1994, Syndicat intercommunal des
transports publics de la région de DOUAI).
Ce type de contrat est un contrat administratif qui est caractérisé par le fait qu’il
contient des clauses exorbitantes du droit commun.
Concession : ex : 015, ils sont dans une coopérative, personne morale de droit privé
mais qui effectue un service public mais sous contrôle d’une personne morale de
droit publique, le ministère de transport. Le contrat de concession est basé sur le
cahier des charges (document contractuel). C’est ce document qui définit les
obligations des prestataires. Il le concessionnaire
LA POLICE ADMINISTRATIVE
Introduction :
C’est l’ensemble des interventions de l’administration tendant à imposer à la
libre action des particuliers la discipline exigée par toute vie en société dans le
cadre fixé par le législateur. Elle est définie par ses buts, elle s’exerce dans les
limites que lui impose la jurisprudence.
La police est une forme d’action, dans le langage courant, le terme désigne
l’ensemble des personnels chargés de cette action et qui constituent le service
public de la police au sens organique.
Au sens matériel, la police se distingue du service public. Elle vise
normalement des comportements privés et agit par voie de prescriptions.
Il est à noter que le service public de police ne peut être délégué (CE, 17 juin
1932, Castelnaudary ; CE, 21 juin 2000 [à vérifier] arrêt SARL Plage chez Joseph).
La police administrative se définie par les fins en vue desquelles elle est
exercée. Enfin, la police administrative se caractérise par sa nature préventive, ce
qui la distingue de police judiciaire.
Section I : Les buts de la police
administrative :
Elle consiste à : Prévenir les atteintes l’ordre public : en effet, la police
administrative tend à éviter qu’un trouble se produise ou s’aggrave : CE, 22 Octobre
2003, Société des Sablière de la Perche.
I- Le caractère préventif de la police
administrative :
Il permet de distinguer la police administrative qui incombe au pouvoir exécutif de
la police judiciaire qui dépend du pouvoir judiciaire.
La police judiciaire est orientée vers la répression pénale et intervient en principe
après la commission d’une infraction pour la constater en identifier les auteurs afin
de permettre l’action du juge pénal. (CE, 24 juin 1960, Société Le Monde)
Il est à noter que la police judiciaire ne réprime pas elle-même mais elle prépare la
répression par le juge pénal.
L’action de la police administrative se poursuit après que les désordres qu’elle
entendait prévenir se sont manifester pour rétablir l’ordre (…) (TC, 24 février 2003,
Arrêt Verry C/ Commune de Chalifert)
En pratique, la distinction entre les deux polices est souvent délicate à opérer. Ne
serait-ce qu’en raison d’une certaine identité de personnels et d’autorités. Il est
donc important de préciser à quelle police se rattache chacun des actes de police
des Maires, Commissaires, Gendarme. Dans la réalité les deux polices sont
étroitement imbriquées (l’agent qui aide un automobiliste en difficulté agit comme
agent de police administrative, mais s’il procède à des constatations après un
accident, il fait un acte de police judiciaire)
En définitive, pour opérer la distinction et que l’infraction soit réelle ou supposée,
commise ou non, que les faits soient ou non délictueux, et que la police agisse sur
instruction du parquet ou en dehors de toute information judiciaire, le critère de
distinction se trouve dans la finalité de l’opération, de l’acte, de l’intention de leurs
auteurs, leur relation avec une infraction pénale déterminée (CE sect., 11 Mai 1951,
Cts8 Baud ; TC, 7 juin 1951, Dme Noualec)
Une opération peut changer de nature (TC, 5 décembre 1977, Dlle Motsch) et
inversement (CE 18 mai 1981, Cts Ferran). En cas de doute, le juge se fonde sur
l’origine « essentielle » du préjudice (TC, 12 juin 1978, Le Profile).
II- La notion d’ordre public :
L’ordre public que la police administrative vise à assurer se défini par son caractère
matériel, public et limité. La police tend à éviter les désordres visibles. Seules les
manifestations extérieures du désordre justifient son intervention. Elle n’intervient
pas pour règlementer les activités se déroulant dans les domiciles privés sauf si
elles rejaillissent à l’extérieur (ex : tapage nocturne, etc…). L’autorité de police peut
8
Cts : Consort
néanmoins agir afin d’empêcher une activité scandaleuse amorale 9, risquant de
provoquer des réactions, à cet égard un maire peut interdire la projection d’un film
dans sa commune même si elle n’est pas susceptible d’entrainer des troubles
matériels en se fondant sur le caractère immoral licencieux 10 du film, mais à
condition que les circonstances locales justifient la mesure de police (CE, 18
décembre 1959, Sté Les Films Lutetia). Traditionnellement, la police administrative
a pour but la tranquillité, la sécurité et la salubrité publique.
Les pouvoir de police administratif peuvent être utilisés pour mettre fin à des
troubles qui surviennent dans les consciences en raison d’activités contraires aux
bonnes mœurs ou à la morale (CE 30 septembre 1960, Jauffret, CE 1974 Broutin :
interdiction de dénomination de voie privé « contraire à l’ordre public et aux bonnes
mœurs »).
Le respect de la dignité de la personne humaine est l’une des composantes de
l’ordre public, ainsi par son objet même le divertissement dit « lancer des nains »
porte atteinte à la dignité de personne humaine. En l’absence de circonstances
locales particulières, et alors même que des mesures de protections avaient été
prises pour assurer la sécurité du nain qui se prêtait librement à cette exhibition
contre rémunération le Maire pouvait interdire une telle attraction (CE Ass. 27
Octobre 1995, Commune de Morsang-sur-Orge).
Section II – Autorités et procédés de
police :
I- Les diverses autorités de police :
A-Le premier Ministre
Le compétant en tant que chef de l’administration pour prendre les règlements de
polices applicables à l’ensemble de territoire nationale (CE 8 Aout 1919, Arrêt
Labonne), il peut renvoyer les modalités d’application des décrets à des arrêtés
ministériels à conditions de déterminer avec suffisamment les mesures à édicter (CE
4 juin 1975, Bouvet de Maisonneuve)
9
Amorale :
10
Licensieu :
B- Le ministre de l’intérieur et de la décentralisation :
Il n’est pas autorité de police générale, mais les personnels de la police d’État sont
placés sous son autorité. Par ailleurs, en tant que supérieur hiérarchique de préfet, il
peut leur donner les instructions pour l’exercice de leur compétence de police.
C- Le préfet de région :
Il exerce la police au nom de l’État dans la région. Il a la charge de l’ordre public, de
la sécurité, de la protection des populations. Il a aussi compétence pour prendre au
nom de l’État toutes les mesures de police dont le champ d’application excède le
territoire d’une seule commune, à condition que ces mesures soient liées à des
circonstances particulières à toutes les communes en causes (CE, 23 septembre
1991, arrêt Commune de Narbonne).
Lorsque dans une commune, le maire a négligé ou refusé après mise en demeure de
prendre les mesures nécessaires au maintien de l’ordre le préfet peut se substituer
à lui et édicter les mesures de polices qui s’imposent. Il agit dans ce cas au nom de
la commune.
D-Le Maire :
Il collabore à l’exercice de la police d’État en assurant l’exécution des mesures de
sureté générale et il est surtout chargé de la police municipale.
Sous certaines conditions les maires des communes, membres d’organismes
publiques, de coopérations intercommunales (OPCI) à fiscalité propre peuvent
transférer au président de cet organisme des pouvoirs de police en matière
d’assainissement, d’élimination des déchets ménagers, d’aires d’accueil et de
sécurité des manifestations culturelles et de circulation et stationnement sur une
voie publique. Les arrêtés de polices (mesure de police) sont dans ces hypothèses
pris conjointement par le président de l’OPCI et les maires des communes
concernées (Loi française du 13 Aout 2004, Art. 163).
II- Police administrative générale et police
administrative spéciale :
A-Les polices spéciales :
Elles s’appliquent à une catégorie particulière d’individu ou d’activité (chasse,
pêche, sites historiques, édifices menaçant en ruine, etc…)
Certaines se distinguent par leurs buts qui excèdent la définition traditionnel l’ordre
public (police des sites, police du cinéma, police de l’affichage, police de la publicité
et des enseignes, police des publications étrangères, etc… et ce à des fins
esthétiques ou culturels. Ces buts, en particulier la sauvegarde de l’esthétique, sont
interdits aux autorités de police générales.
D’autres se caractérise par la détermination de l’autorité compétente (police des
gares, police des aérodromes, etc…) Ce particularisme est plus marqué lorsque la
police spéciale est confiée à une autorité qui n’est pas autorité de police général
(police des étrangers, des publications étrangères appartenant au ministère de
l’intérieur).
Enfin, d’autres se distinguent par les procédures auxquelles leur exercice est
assujetti (Police des édifices menaçant en ruine, etc…).
B- Police administrative générale :
Une autorité responsable de l’ordre public sur un territoire donné dispose d’un
ensemble de compétence et de moyens d’action.
C- Les concours des polices :
L’existence de police spéciale est susceptible de créer des conflits de compétence
qu’il faut résoudre par des règles spécifiques régissant le concours des pouvoirs de
police.
III- L’obligation d’exercer le pouvoir de police :
L’autorité de police doit appliquer les règlementations applicables préétablies,
prendre les mesures nécessaires à leur application que cette règlementation émane
d’elle (CE sect 14 décembre 1962, arrêt Doublet) ou d’une autorité supérieure (CE
23 juin 1976 arrêt Latti)
L’autorité de police doit prendre les mesures de police initiales en cas de situation
susceptible de troubler l’ordre public lorsque ces mesures sont indispensables pour
faire cesser un péril grave résultant d’une situation particulièrement dangereuse
pour l’ordre public (CE 5 Mars 1971, le Fichant).
Enfin, la responsabilité de la commune est engagée pour faute simple du fait de la
carence du maire dans l’exercice de ses pouvoirs de police en matière de bruit de
voisinage (CE 28 Novembre 2003 Arrêt Commune de Moissy-Cramayel).
POLICE ADMINISTRATIVE
Introduction :
La PA : l’ensemble des interventions de l’administration tendant à imposer à
la libre action des particuliers la discipline exigée par toute vie en société, dans
le cadre fixé par le législateur.
Key words : interventions de l’administration, imposer, discipline,
PA : discipline imposée à notre liberté dans le cadre légal
Au sens organique, le service public de la police = ensemble des personnels
chargés de ce service (personnel d’État, personnels communaux).
Au sens matériel, c’est l’activité qui consiste à prévenir les troubles à l’ordre public
et à maintenir celui-ci.
Le service public de police ne peut être délégué (CE, 17 Juin 1932, Ville de
Castelnaudray, 21 juin 2000, SARL Plage chez Joseph).
Section 1 : les buts de la police
administrative :
I- Les buts
Prévenir les atteintes à l’ordre public :
- Éviter qu’un trouble se produite ou s’aggrave (CE, 22 oct. 2003, sté des
Sablière de la Perche)
- PA incombe au pouvoir exécutif VS PJ dépendant du pouvoir judiciaire
II- Autorité de police :
- Police administrative générale :
PM – Préfet – Maire
- Police administrative spéciale :
Ministres – Président des universités – Préfet – Maire
III- Concours de compétence de police :
Principe : ensemble de ces pouvoirs doit pouvoir s’exercer de façon harmonieuse,
sans hiatus (conflits) ni contradiction.
Il y a deux règles :
- 1ère règle : conforme au principe de la hiérarchie des normes applicable à
l’administration) les normes édictées par l’autorité supérieure priment sur
celles édictées à un échelon moins élevé.
- 2ème règle : les autorités locales ne sont pas dessaisies du seul fait que des
mesures ont été édictées au niveau national ou que des pouvoirs particuliers
ont été remis à des autorités de police spéciale.
o Elles peuvent prendre des mesures de police supplémentaires si les
circonstances locales le justifient.
o Ex : Un maire peut imposer sur le territoire de sa commune par rapport
à celles du code de la route (CE, Sect, 9 Novembre 1990, Ville
D’Angers).
Section II – Le contrôle de l’adéquation des
mesures de police à leurs buts :
I- Limites des pouvoirs de police :
- Les mesures de police ne sont légales que si elles sont strictement
nécessaires pour atteindre les objectifs de maintien (ou rétablissement) de
l’ordre public.
« La liberté est la règle, la restriction de police l’exception (CE, 19 mai 1933,
Benjamin) »
- Une mesure d’interdiction ne peut être licite que si elle est indispensable,
l’autorité de police ne disposant pas d’autres moyens moins contraignants
pour maintenir l’ordre public.
- Les mesures de polices doivent également respecter le principe de légalité.
II- L’obligation d’agir :
Face à une situation mettant en péril l’ordre public, les autorités de police ne sont
pas seulement autorisées mais tenues de prendre les mesures nécessaires pour
faire cesser ou prévenir les trouvent à la sécurité, la tranquillité ou la salubrité
publique.
Le refus du Maire de prendre les mesures nécessaires pour atténuer les nuisances
sonores résultant de l’activité d’un club de tir est entaché d’illégalité (CE, 8 juillet
1993, Ville de Chevreuse)
Lorsque les mesures règlementaires nécessaires ont été adoptées, l’autorité de
police est tenue d’en assurer l’application effective en prenant toutes les mesures
concrètes utiles à cette fin (CE sect, 14 décembre 1962, Doublet ; CE, Ass, 20
octobre 1972, Marabout)
Cependant, l’inertie de l’administration ne sera sanctionnée que si la réalité et la
gravité des menaces pour l’ordre public sont démontrées.
ORGANISATION ADMINISTRATIVE
L’organisation administrative est régie par trois grands principes généraux :
Centralisation
Déconcentration
Décentralisation
I- Centralisation :
La centralisation parfaite ou la concentration
Le pouvoir administratif est confié aux seules autorités administratives centrales. En
principe elles sont situées dans la capitale
Il faut donc dissocier la concentration du point de vue juridique de la concentration
point de vue géographique (celle-ci n’a pas obligatoirement un lien avec l’autre)
II- Déconcentration :
La centralisation imparfaite ou la déconcentration (il y a toujours une centralisation
mais elle est imparfaite.)
Transfert à des organes inférieurs dans la hiérarchie interne d’un pouvoir de
décision détenu par les autorités plus élevées, exerçant un pouvoir hiérarchique à
l’égard des autorités les moins élevées.
Image marteau et clou : « Avec la déconcentration on a raccourci le manche du
marteau. » Odilon. Le marteau c’est le pouvoir administratif de l’autorité central, et
les clous sont les autorités nommées par le pouvoir centrale (chef de district)
Ces autorités demeurent soumises au pouvoir hiérarchique des autorités centrales.
Pourquoi la déconcentration : En Droit Constitutionnel, on est dans un État unitaire
mais décentralisé. La décentralisation est risquée (ex : l’abus de pouvoir par les
autorités décentralisé élues, dérapages (je ne parle pas de drift en formule1),
détournement de fonds publiques, détournement fonciers). Le directeur régional est
nommé par le président pour représenter l’État au niveau régional, il n’y a pas
d’élection. La déconcentration est là pour appuyer et aidé les collectivités
décentralisées et pour assurer la présence de l’État à tous les niveaux de
l’administration publique.
N.B :
- Dans un système déconcentré on est toujours dans un système concentré
mais cette centralisation est imparfaite.
- Il n’y a pas d’élection dans la déconcentration, les autorités inférieures sont
nommées par le pouvoir central.
- Les actes administratifs des maires sont contrôlés par les chefs de district
entant que représentant de l’État d’où la nécessité de la déconcentration pour
éviter les risque sécession11 (création de petits États dans l’État).
« C’est le même marteau qui frappe mais on en a raccourci le manche. » (Odilon
Barrot, homme politique du XIXème)
On opère un rapprochement de l’administration et des administrés.
1- Une réduction du pouvoir :
Cela se fait dans cadre d’une même personne morale, l’État. On ne remet jamais en
cause les compétences de l’État. (C’est le pouvoir centrale qui distribue le pouvoir)
L’État est la première personne morale de droit publique.
2- Le pouvoir hiérarchique :
Il constitue le lien entre le centre et la périphérie dans le cadre de la
déconcentration ou centralisation imparfaite.
Il est de plus le garant de l’unité de l’action. Il ne doit pas y avoir de « samy
mandeha samy mitady. » Tous les démembrements de l’État doivent agir pour
aller dans le même sens)
3- Concernant l’étendu de ce pouvoir :
Il permet à l’autorité supérieure d’intervenir à l’égard du comportement de ses
subordonnées. Il peut prendre alors des mesures de trois ordres :
Adresser les instructions aux subordonnés circulaires, ordres de services,
etc…) Le subordonné doit se conformer à ces instructions sous peine de
sanctions disciplinaires. Il peut simplement refuser lorsque les instructions
sont manifestement illégales.
11
Sécession : Fait pour une population donnée de se séparer d’un pays
Pouvoir d’annulation, il peut faire disparaitre les décisions de ses
subordonnés. Cette annulation a bien entendu un effet rétroactif. Recours
administratif hiérarchique. (Ex : motif car non conforme à la légalité)
Pouvoir de réformation12. On fait disparaître les décisions déférées 13
pour
l’avenir. Un acte administratif doit respecter le principe de légalité et assurer
l’ordre public.
Concernant ses caractères :
Il est détenu de plein doit par l’autorité supérieure : il n’est pas nécessaire
qu’un texte reconnaisse ce pouvoir (CE 30 juin 1950, Queralt)
Ce pouvoir hiérarchique s’exerce de plus spontanément. Et cet exercice peut
être justifié pour des motifs de droit mais aussi pour des raisons
d’opportunité.
III- Décentralisation :
Définition :
- Principe de subsidiarité :
o Les administrations centrales sont compétentes pour les missions
ayant un « caractère national »
o L’administration directe par les services centraux est l’exception, celle
des services déconcentrés est la règle.
Décentralisation territoriale et décentralisation technique :
Décentralisation territoriale :
Cette situation serait celle où la personnalité juridique serait attribuée à des
entités déterminées sur la base géographique
Décentralisation technique : Transfert de compétences techniques à des autorités
locales dans le but d’améliorer l’efficacité de la prestation de services publics
locaux.
12
Réformation : Modification d’un jugement par la juridiction supérieure
13
Décisions déférées :
La décentralisation technique (par service) est une forme de décentralisation où des
institutions diverses interviennent dans un champ de compétence limité et sont
dotées de la personnalité juridique.
Décentralisation : établissement publiques ou décentralisation fonctionnelle, dans ce
cas cette décentralisation est régie par le principe de spécialité.
Décentralisation et fédéralisme
La décentralisation n’est pas un fédéralisme puisqu’elle est effectuée dans un
état unitaire
L’article 1 de la constitution.
La décentralisation n’est pas fédéralisme, les personnes morales que sont les
institutions décentralisées exercent des pouvoirs qui leurs sont reconnus par la loi et
constitution.
Au contraire dans un État fédéral, les États fédérés ont une constitution propre et la
répartition des pouvoir entre État fédéré et fédéral est fixée par l’État fédéral.
Mais ils (État fédéral) participent à la création des lois fédérales et pas uniquement
des lois de leur État fédéré.
LES COLLECTIVITES TERRITORIALES
Les principes fondamentaux :
Titre V : de la constitution 11 décembre 2010 de l’Organisation territoriale de
l’État :
o Article 143 : « Les Collectivités Territoriales décentralisées de la
République sont les Communes, les Régions et les Provinces.
La création et la délimitation des Collectivités Territoriales
décentralisées doivent répondre à des critères d’homogénéité
géographique, économique, sociale et culturelle. Elles sont
décidées par la loi. »
o Article 144 : « Les Collectivités Territoriales décentralisées
s’administrent librement par des assemblées qui règlent, par
leurs délibérations, les affaires dévolues à leur compétence par
la présente Constitution et par la loi.
Ces délibérations ne peuvent pas être contraires aux
dispositions constitutionnelles, législatives, et
règlementaires. »
o Article 145 : « La représentation de l’État auprès des
Collectivités Territoriales Décentralisées est régie par la loi. »
Cadre normatif :
Loi organique n°2014-018 régissant les compétences, les modalités d’organisation
et de fonctionnement des Collectivités.
Art. 34
Loi n°2014-020 relative aux ressources des collectivités territoriales, décentralisées,
aux modalités d’élections, ainsi qu’à l’organisation, au fonctionnement.
Loi n°2014-021
La commune :
- Article 148 : « Les communes constituent les collectivités territoriales
décentralisées de base.
Les communes sont urbaines ou rurales en considération de leur assiette
démographique réduite ou non à une agglomération urbanisée. »
- Article 149 : « Les communes concourent au développement économique,
social, culturel et environnemental de leur ressort territorial. Leurs
compétences tiennent compte essentiellement des principes constitutionnels
et légaux ainsi que du principe de proximité, de promotion et de défense des
intérêts des habitants. »
Les domaines de compétences de la commune :
L’identification des principaux besoins et problèmes sociaux rencontrés au
niveau de la commune
Mise en œuvre d’opérations qui sont liées à ces besoins et problèmes
La définition et la réalisation des programmes d’habitat et des équipements
publics à caractère urbain
Toutes opérations ayant trait à l’état civil, à la circonscription militaire, au
recensement de la population.
La réalisation et gestion des places et marchés publics et des aires de
stationnement de véhicules de tout autre équipement générateur de revenue
comme les abattoirs, les espaces verts.
La prévention et lutte contre les feux de brousse
(…)
LE MAIRE
1- Missions :
o Satisfaire les besoins de la population
o Assurer la gestion de l’administration quotidienne de la mairie
2- Attribution, tâches, responsabilité :
o Présider et représenter la commune
o Être officier de l’État civil
Par délégation du conseil :
Préparer et lancer la passation des marchés communaux
Exécuter l’acquisition, la construction et l’aliénation d’immeuble
Passer le contrat d’assurance
Élaborer le « dina » pour être délibéré en conseil
Préparer et exécuter les délibérations du conseil sur l’organisation de
commune à la défense et à la sécurité territoriale
Être chargé de la police rurale et exécuter les actes y afférents.
Économie et finance :
Prépare le programme d’action annuelles
Prépare le Plan de développement (PCD)
…
Technique :
Demander au représentant de l’État et concours des STD (Services technique
déconcentrés)
Être responsable de l’organisme, de l’habitat et de la voirie
Être responsable de la gestion et de l’énergie
Assurer la prévention et la lutte contre les feux de brousse.
Socio culturel :
Réaliser les actions de développement
Construire et gérer les infractions
L’adjoint au maire :
Le maire et ses adjoints sont OEC
L’adjoint au Maire est le responsable de la légalisation de toute signature et la
certification des empreintes…
Le secrétaire général
Il contrôle la gestion communale, pour ce faire :
o Il veille en permanence à la performance de la commune dans tous les
domaines (qualité des services rendus, recouvrement fiscal,
développement communal, etc…)
o Il entretient des contacts avec les PTF
o Il établit les rapports d’activités semestriels et annuels
o Il assure l’animation et la formation des responsables des services
communaux.
Le secrétaire d’État civil
Il est responsable :
o Des enregistrements des déclarations
o De la gestion et du classement des registres de l’État civil
o De la délivrance des actes civils
Le secrétaire comptable
Le secrétaire trésorier
Création et la délimitation des collectivités territoriales décentralisées (homogénéité
sociale, culturelle, géographique, économique) (Article 143 al 2 C°)
Contrôle des actes des CTD
Contrôle administratif
Contrôle juridictionnel
Autres contrôles
Contrôle du Trésor public
Contentieux administratif
LOI n°2004-036 du 1er octobre 2004 relative à l'organisation aux attributions, au
fonctionnement et à la procédure applicable devant la cour suprême et les trois
cours la composant
(Voir et lire (peut-être) JOM Ed. Spéciale n°2939 du 8 novembre 2004)
Introduction :
L’ensemble des règles permettant de faire trancher par les juridictions
administratives les différents d’ordre administratifs constituent le contentieux
administratif. Les juridictions administratives peuvent être saisies de différents
recours que la procédure administrative permet de juger.
Chapitre : Les différents recours contentieux :
Depuis Edward Lafériere, on distingue traditionnellement quatre contentieux :
Section : I : Recours de l’annulation :
Il vise à contester devant le juge un acte dont ils tendent à obtenir l’annulation, le
recours pour excès de pouvoir constitue le recours en annulation par excellence.
C’est l’action par laquelle tout intéressé peut demander au juge administratif
l’annulation d’un acte administratif unilatéral (AAU) qu’il estime illégal. Il est ouvert
contre tous les AAU même si aucun texte ne le prévoit et même si un texte a exclu
du recours contre l’acte (CE, 17 février 1950 Dme Lamotte).
Grâce au déféré préfectoral, le représentant de l’État (le préfet, le chef de district,
etc…) peut demander au tribunal administratif d’annuler un acte d’une collectivité
territoriale.
I- Condition de recevabilité du RPEP :
En principe, seul les AAU sont susceptibles de ce recours qui doit être formé dans le
respect des règles de procédure par une personne ayant qualité à agir et intérêts à
obtenir l’annulation de l’acte (voir et lire la LO 2004-036 article 137 paragraphe 1 er).
Sont exclue de ce recours les actes législatifs, indissociable des conditions dans
lesquelles la HCC exerce les missions qui lui sont confiées par la constitution
(CE.Ass, 25 octobre 2002, Brouant), les actes de gouvernement, les traités
internationaux, les actes émanant de l’administration mais ne constituant pas des
décisions exécutoires, mesures d’ordres intérieures (circulaires), ainsi que les
contrats (CE, 16 Avril 1986, Compagnie Luxembourgeoise de TV) sauf ceux des
collectivité territoriales portant engagement d’agent contractuelle attaquable par
les tiers (CE 30 Octobre 1998, Ville de Lisieux).
Il est à noter que les dispositions règlementaires des contrats sont aussi
susceptibles de recours en annulation (CE.ass, 10 juillet 1996, Cayzeel).
Le requérant doit justifier d’un intérêt à agir résultant d’une qualité ou d’un titre
particulier (contribuable local, usager des services public, électeurs, etc…). La
qualité résulte parfois de l’intérêt (ex : intérêt d’un campeur à faire annuler un
règlement de camping, intérêt d’un hôtelier à propos d’un arrêté fixant les dates de
vacances scolaire) mais encore faut-il qu’il existe un lien suffisamment direct entre
l’acte attaqué et la situation du requérant.
L’existence d’un recours parallèle exclu le recours en annulation : Le requérant qui
dispose d’une autre procédure lui permettant de résoudre le litige doit utiliser cette
dernière (ex : recours de plein contentieux, recours en matière électoral et fiscal)
Enfin, le recours est enfermé dans délai de 3 mois et dispensé du ministère d’avocat
en première instance.
II- Les cas d’ouverture :
Classiquement, on distingue quatre cas d’ouvertures (ou on parle aussi de chef
d’illégalité chef d’illégalité) : L’incompétence, le vice de forme et de procédure, la
violation de la loi et le détournement de pouvoir.
La compétence est l’aptitude d’une autorité d’édicter un acte. L’incompétence est
un moyen d’ordre public que le juge peut soulever d’office, le requérant peut
l’invoquer après l’expiration du délai de recours. Elle peut être matérielle : i-e
l’auteur de la décision intervient dans les compétences d’une autre autorité, ou
dans un lieu qui ne se trouve pas dans son ressort, elle peut être temporelle i-e que
l’auteur de l’acte intervient alors qu’il n’est pas encore ou n’est plus en fonction.
Le vice de forme ou de procédure consiste en ce que l’acte a été pris sans qu’était
respecté ou correctement respectée diverses formalité et procédures prescrites (Loi
2004-036).
La violation de la loi se décompense en plusieurs inégalités. Le juge censure
toujours l’erreur de droit, il censure également l’erreur matériel ou inexactitude
matériel des faits (CE 14 janvier 1916, Camino : révocation d’un maire fondé sur un
comportement qu’il n’avait pas eu).
Le détournement de pouvoir : il censure le but illégal poursuivi par l’auteur de l’acte
(pas dans le but de l’intérêt général). Il consiste en l’usage par une autorité de ses
pouvoirs dans un but autre que celui pour lequel ils lui ont été attribués (CE 26
Novembre 1875, Pariset : utilisation du pouvoir de police à des fin financière)
III- L’issue du RPEP :
- Le rejet : qui intervient soit parce que les conditions de recevabilité ne sont
pas requises, soit parce qu’aucun des moyens invoqués par le requérant et
aucun moyen d’ordre public ne justifie l’annulation.
La décision est revêtue de l’autorité relative de la chose jugée : l’acte pourrait faire
l’objet d’une annulation ou d’une déclaration d’illégalité à l’occasion d’un autre
recours.
- L’annulation : Elle est prononcée quand le juge constate l’illégalité de l’acte.
L’annulation d’un acte administratif implique en principe que cet acte est
réputé n’être jamais intervenu.
L’arrêt rendu en dernier ressort est revêtue de l’autorité absolue de la chose jugée.
Il a effet rétroactif et à l’égard de tous. Et l’administration doit tirer les
conséquences qu’implique l’annulation.
- Recours de pleine juridiction
- Recours de l’appréciation de légalité et de l’interprétation
- Recours de la répression