UE: Identification, compréhension et
caractérisation des Matériaux :
Classes des matériaux
Dr Insa BADIANE
Département de Chimie
UFR Sciences et Technologies
Université Assane SECK de Ziguinchor
Chapitre 2 : LES POLYMERES
Introduction
Propriétés générales et structures
Thermoplastiques
Les Thermodurcissables
Les Elastomères
Effet de la Température sur l’état structural
Comportement mécanique
Les Additifs aux Polymères
2
Introduction
Les Polymères (étymologie : du grec polus, plusieurs, et meros, partie) constituent
une classe de matériaux. D’un point de vue chimique, un polymère est une
substance composée de macromolécules.
Ces des Matériaux ayant le plus d’applications industrielles. Les polymères sont
macromolécules obtenues par la combinaison d’un grand nombre de molécules plus
petites.
La petite molécule à partir de laquelle est formée la macromolécule est appelée le
monomère. La réaction est appelée : réaction de polymérisation.
Nous distinguons deux catégories de polymères :
Les polymères d’addition, obtenus par l’enchainement d’un grand nombre de
molécules (monomères) ; si ces molécules sont identiques on obtient un
homopolymère, par contre si les monomères sont différents (en général deux) on
obtient un copolymère.
Les polymères de condensation, obtenus par la condensation d’un grand nombre de
molécules, cette réaction s’effectuant avec l’élimination d’une petite molécule, en
général l’eau. 3
Introduction
Les polymères les plus connus :
v Les fibres naturelles
§ Fibres végétales (cellulose) : bois, papier, textiles naturels (chanvre, lin, coton),
etc.,
§ Fibres animales : cuir (collagène), soie et laine (kératine), etc. ;
v Les matières plastiques
v Les caoutchoucs naturels (latex) et artificiels
v Les colles
v Les peintures
v Les résines
4
Propriétés générales et structures
1-Principales caractéristiques:
Les matières plastiques sont connues par leurs caractéristiques suivantes :
ü Faible densité,
✓ Bonnes qualités d’isolation électrique et thermique,
✓ Bonne résistance à un grand nombre de produits chimiques,
✓ Pas d’oxydation comme certains métaux et ont un rapport volume/prix
intéressant,
Cependant, elles présentent quelques inconvénients :
✓ Parfois inflammables,
✓ Sensibles aux rayons ultra-violets et à l’humidité,
✓ Non facilement recyclables
2-Structures moléculaires:
Les plastiques ou « polymères » sont élaborés par synthèse chimique (construits
chimiquement) à partir de molécules de base, appelées monomères.
Monomères : ce sont les unités chimiques de base, ou molécules (figure 1), des
matières plastiques. Ils sont construits autour des atomes de carbone (C), d’hydrogène
(H), d’oxygène (O), d’azote (N), Chlore (Cl), soufre (S), Fluor (F)…
5
Propriétés générales et structures
2-Structures moléculaires:
Polymères : sous l’action de la pression, de la chaleur d’un catalyseur, les molécules,
ou monomères, se regroupent entre elles pour former de longues chaînes appelées
polymères ou macromolécule. Une macromolécule peut contenir de plusieurs
centaines à plusieurs millions de monomères (figure 1).
Figure 1: Structure moléculaire du polyéthylène
6
Propriétés générales et structures
2-Structures moléculaires:
Polymérisation : l’opération chimique liant les monomères entre eux, pour obtenir un
polymère, est appelée polymérisation.
Copolymérisation : lorsque deux ou plusieurs polymères, de même nature ou non, sont
liés entre eux chimiquement (branchements) l’opération est appelée copolymérisation.
Structure des thermoplastiques : le nombre des branchements entre macromolécules
est faible ; celles-ci restent linéaires et séparées après moulage. La structure obtenue,
très serrée (forces élevées entre molécules et atomes) est semi-cristalline, bien
organisée et proche de celle des métaux (figure 2.a).
Structure des thermodursisables : les branchements entre macromolécules, très
nombreux, solidarisent irréversiblement les macromolécules entre elles
(copolymérisation créant un réseau tridimensionnel). Dans la mesure où les
branchements se font de manière aléatoire, au hasard, le matériau obtenu est dit
amorphe ou « désorganisé », différent d’un réseau cristallin très organisé, avec des
couches bien rangés et empilées les unes sur le autres (figure 2.b).
7
Propriétés générales et structures
2-Structures moléculaires:
Remarque : certains plastiques, comme le polyester, existent dans les deux structures,
thermoplastique et thermodurcissable.
Figure 2: Structure des matières plastiques
La classification des plastiques est fondée sur la distinction entre thermoplastique et
thermodurcissable, qui correspond bien aux réalités industrielles puisque les méthodes
de mise en œuvre sont différentes. A ces deux familles s'ajoute celle particulière des
élastomères. 8
Propriétés générales et structures
3-Les différentes formes de polymérisation
Il existe de multiples types de polymérisation. On va expliquer deux sortes importantes.
3.1. La polyaddition: Les unités fondamentales (les monomères) se soudent entre elles
sans élimination d’aucune sorte. La totalité des atomes des monomères se retrouve dans
la macromolécule (le polymère).
Exemple : le polyuréthane (PU) (figure 3).
Figure 3: Synthèse de polyuréthane par polyaddition 9
Propriétés générales et structures
3-Les différentes formes de polymérisation
3.2. La polycondensation: Les unités fondamentales (les monomères) se soudent entre
elles avec l’élimination d’un composé volatile, souvent l’eau.
Exemple : le polyamide 6,6 (Nylon) (figure 4).
Figure 4: Synthèse du nylon par polycondensation (élimination d’une molécule d’eau) 10
Propriétés générales et structures
4. Structure des polymères (macromolécules)
La soudure des groupes moléculaires du monomère peut donner naissance à trois types
de macromolécules.
✓ Polymères linéaires
✓ Polymères ramifiés
✓ Polymères réticulées
4.1. Polymères linéaires : Les polymères les plus simples sont formés d’un alignement
de monomères. Les liaisons entre ces monomères se réalisent dans une seule direction.
Il s’agit donc de macromolécules filiformes, que l’on qualifie de linéaires (Figure 6.a).
Exemple : le PTFE (Téflon)
… − 𝐶𝐹2 − 𝐶𝐹2 − 𝐶𝐹2 − 𝐶𝐹2 − 𝐶𝐹2 − 𝐶𝐹2 − ⋯
Figure 5: Polymères linéaires
11
Propriétés générales et structures
4. Structure des polymères (macromolécules)
4.2. Polymères ramifiés : Un polymère linéaire qui, dans certains cas, présente des «
accidents » de polymérisation conduisant à des branchements, est qualifié de ramifié
(Figure 6).
Figure 6: Polymères ramifiés
4.3. Polymères réticulés (tridimensionnels): Certaines molécules peuvent se lier
entre elles, elles se nomment alors réticulées. Il s’agit d’un pontage entre les chaînes.
Le plus souvent, ces liaisons sont tridimensionnelles, c’est-à-dire qu’elles se
développent dans les trois directions de l’espace, donnant une structure en volume
(parfois bidimensionnelles, ne se développant que dans un plan). Il arrive que la
totalité de la masse, une pièce entière par exemple, ne forme qu’une seule
macromolécule (Figure 7). .
Figure 7 : Polymères réticulées
12
Propriétés générales et structures
5. Degré de polymérisation
Les réactions ci-dessus conduisent à la formation de macromolécules qui n'ont pas la
même masse moléculaire. En effet, la réaction de polymérisation peut être stoppée de
manière aléatoire. Les propriétés des polymères dépendent de la masse moléculaire et
du degré de polymérisation qui est défini comme le nombre moyen de monomères
présents dans les macromolécules.
∑𝒏𝒊𝑴𝒊
La masse moléculaire moyenne en nombre est donnée par : 𝑀𝑛 =
∑𝒏𝒊
Où 𝑛𝑖 est la fraction molaire de macromolécules ayant une masse moléculaire𝑀𝑖.
La masse moléculaire moyenne en poids est ainsi donnée comme suit : 𝑀𝑝 = ∑𝑝𝑖𝑀𝑖 =
Où 𝑝𝑖 est la fraction pondérale de macromolécules ayant une masse moléculaire 𝑀𝑖.
Le rapport 𝑀𝑝/𝑀𝑛 donne une idée de la polydispersité du polymère. Ce rapport est
égal à 1 si toutes les macromolécules ont la même masse c'est-à-dire si elles
comportent toutes le même nombre d'unités fondamentales.
13
Thermoplastiques
1. Présentation
Ils sont les plus utilisés. Ils se ramollissent à la chaleur. Ils peuvent, en théorie, être
refondus et remis en œuvre un grand nombre de fois (thermoplasticité). Par chauffages
successifs, on peut en modifier l’état et la viscosité. Exemples : polyéthylène,
polypropylène, polystyrène, polychlorure de vinyle …
C'est de loin la famille la plus utilisée : ils représentent près de 90 % des applications
des matières plastiques. Ils sont moins fragiles, plus faciles à fabriquer (machine à
injecter et cadences élevées) et permettent des formes plus complexes que les
thermodurcissables. Ils existent sous forme rigide ou souple, compact ou en faible
épaisseur, sous forme de feuille très mince (film ...), de revêtement, expansé ou allégé...
2. Propriétés principales
Avantages : Ils peuvent, en théorie, être refondus et remodelés un grand nombre de
fois tout en conservant leurs propriétés. Insensibles à l'humidité, aux parasites, aux
moisissures (sauf polyamides) ils peuvent être fabriqués dans une gamme de couleurs
très étendue.
Inconvénients : fluage élevé ; coefficient de dilatation linéaire élevé, entraînant un
retrait important au moment du moulage ; combustible ; sensibles aux ultraviolets ;
électrostatiques, qui "attirent les poussières".
14
Thermoplastiques
Les familles de thermoplastiques
v Thermoplastiques de grande diffusion : À eux seuls, ils représentent de 70 à 80 %
du total des plastiques mis en œuvre. On y trouve les polyéfines (polyéthylène,
polypropylène), le polystyrène et les PVC (polychlorure de vinyle).
v Thermoplastiques techniques : Les polyamides, proche du nylon textile, sont les
plus utilisés du groupe : ils comportent de nombreuses variantes, de bonnes
caractéristiques mécaniques, et une bonne tenue aux températures.
v Thermoplastiques hautes performances : Plus coûteux, ils sont caractérisés par leur
résistance à la chaleur et par des propriétés électriques élevées. Les résines fluorées
(PTFE, PCTFE) sont les plus classiques ; elles résistent à presque tous les agents
chimiques, ne vieillissent pas, ne brûlent pas, ont de bonnes aptitudes au frottement.
15
Tableau 1: Quelques exemples de polymères
Formule développée du Appellation courante et Noms commerciaux et applications
motif monomère Abréviation normalisée
Polyéthylène Lactène, Hostalen, Dowlex
Sacs plastiques (PEHD/PEBD)
(PE) Réservoirs de voitures, bouteilles, flacons,bidons,
films d’emballage, minidoses
Polypropylène Appryl, Novolen
Films d’emballage alimentaire, bouteilles rigides,
(PP) intérieur de lave-vaisselle, cordes et ficelles
Polychlorure de vinyle Lacovyl, Vinidur, Vinnolit
Tuyauterie, bouteilles d’eau minérale, barrières
(PVC) extérieures, films d’emballage alimentaire
Polystyrène Lacqrène, Novodur, Styrol
PS : emballages, pots de yaourt, armoire de toilette,
(PS) cassettes audio, brosses à dents. PS expansé :
emballage, boites à oeufs, isolants
Polyméthacrylate de Plexiglas, Altuglas, Lucryl...
Plaques pour vitres, globes, feux arrière de
méthyle voiture, lentilles d’appareils photo
(PMMA)
Polytétrafluoroéthylène Téflon, Hostaflon
Tuyaux, joints et raccords.
(PTFE) Robinet et vannes pour matériel de laboratoire,
revêtements anti-adhérents
16
Les Thermodurcissables
1. Présentation
Leur caractéristique principale réside dans le fait qu'ils ne se ramollissent pas et ne se
déforment pas à la chaleur. Une fois crées, il n’est plus possible de remodeler les
formes par chauffage. Exemples : Phénoliques, époxydes … Une fois créés il n'est plus
possible de les remodeler par chauffage. Au moment de la mise en œuvre, ils
ramollissent dans un premier temps, puis durcissent de manière irréversible sous
l'action prolongée de la chaleur. On parle alors de cuisson ou réticulation.
2. Propriétés principales
Avantages : Ils présentent une bonne tenue aux températures élevées (> 200 °C), aux
attaques chimiques, une meilleure résistance au fluage que les thermoplastiques
(conservent une meilleure stabilité dimensionnelle dans le temps), une bonne rigidité
pour un prix de matière première peu élevé et faible retrait au moulage. L'inconvénient
principal de ces matériaux tient au fait d'une mise en œuvre moins pratique et plus
lente que les thermoplastiques. Les familles de thermodurcissables :
✓ Les phénoplastes (PF) noirs ou bruns (« bakélite »).
✓ Les époxydes (EP), les polyesters (UP)
✓ Pour les hautes performances, plus coûteux, on trouve les polyamides PF
(phénoplastes), qui conservent leurs propriétés mécaniques et électriques au-delà de
300 °C, et les silicones SI, qui résistent à la chaleur et ont des propriétés mécaniques
17
élevées.
Les Thermodurcissables
Tableau 2 : Quelques thermodurcissables et leurs applications
Thermodurcissables Applications
Polyesters insaturés (UP) Coques et cabines de bateaux, carrosseries
Découvertes en 1942, ces résines sont le plus souvent d'automobiles, réservoirs et bacs, piscines, vernis,
utilisées sous la forme de stratifié laminé renforcé de bétons, bardages, toitures
fibres de verre
Phénoplastes (PF) Poignées de casseroles et de fer à repasser isolantes
Une des plus anciennes matières plastiques (1909) (électricité et chaleur), boutons, stratifiés papiers et
connue sous le nom de "Bakélite®". stratifiés tissus pour l'électronique et la construction
mécanique
Poly époxydes (EP) Pales d'hélicoptères, cuves, bateaux, raquettes, colles et
Découverts en 1946 ces produits sont très utilisés pour adhésifs, pièces automobiles
fabriquer des colles. Leur dénomination est trompeuse
car dans le produit final il n'existe pas de fonction
époxyde.
Polyuréthannes (PUR) Roues de patins à roulettes, chaussures de ski,
Découverts en 1940 ces produits se présentent sous des revêtement de sol, matelas, sièges de voiture, appuis-tête,
formes extrêmement variées selon le degré de tableaux de bord de voitures, matériaux d'isolation dans
réticulation : mousses souples ou rigides, élastomères, ce le bâtiment ...
qui explique leur très vaste domaine d'emploi
18
Les Elastomères
1. Présentation
On peut les considérer comme une famille supplémentaire de polymères qui se
caractérisent par une très grande élasticité. Exemples : Silicones, caoutchouc naturel
… Ils sont obtenus par synthèse chimique, comme les plastiques, et possèdent des
propriétés comparables à celles du caoutchouc naturel. Le néoprène (1930) fut le
premier caoutchouc de synthèse. Applications : pneumatiques, courroies, tapis, tuyaux,
amortisseurs, joints d'étanchéité, revêtements divers, pièces mécaniques, chaussures...
2. Propriétés principales
La propriété la plus remarquable est l'élasticité ou la capacité à s'allonger sans se
rompre (A% très élevé, jusqu'à 1000 %). A l'opposé le module d'élasticité longitudinal
E reste très petit (< 10 N / mm² : près de 200 000 pour les aciers) traduisant une faible
rigidité. Les familles d'élastomères.
Figure 8 : quelques exemples de produits d’élastomère
19
Effet de la Température sur l’état structural
Lorsque la température augmente, l’énergie thermique fournie aux molécules
augmente leur mobilité : les rotations autour des liaisons C-C du squelette des chaînes
sont plus aisées (changements de conformations). Le nombre de liaisons de faible
intensité, Van der Waals, diminue quand la température augmente ce qui libère les
mouvements moléculaires.
On considère que la température de transition vitreuse d'un matériau Tg, est la
température en dessous de laquelle les molécules ont une faible mobilité relative ou
autrement dit, a la plus grande modification de la capacité de déformation. La
température Tg est habituellement utilisée pour les phases totalement ou partiellement
amorphes telles que les verres et les plastiques. Les polymères thermoplastiques (non-
réticulés) sont complexes car, en plus de posséder une température de fusion, Tf, au-
dessus de laquelle leur structure cristalline disparaît, de tels plastiques ont une seconde
température, plus basse, Tg en-dessous de laquelle ils deviennent rigides et cassants, et
peuvent fissurer ou se briser en éclats. Au-dessus de Tg, les liaisons secondaires (Van
der Waals) monovalentes entre les chaînes des polymères deviennent faibles en
comparaison de l'agitation thermique, et le polymère devient souple et capable de se
déformer élastiquement ou plastiquement sans rupture.
20
Effet de la Température sur l’état structural
Ce comportement est l'une des propriétés qui rendent la plupart des plastiques si utiles. Un tel
comportement n'existe pas pour les plastiques thermodurcissables réticulés qui, une fois
fabriqués, le sont de manière irréversible et se briseront en éclats plutôt que se déformer, sans
jamais redevenir plastiques ni fondre en étant chauffés. Finalement, on peut distinguer trois
domaines en variant la température de l’essai (Figure 9).
Figure 9 : Effet de la température sur l’état structural des polymères.
21
Effet de la Température sur l’état structural
1. État vitreux : T < Tg
Dans une phase cristalline, les molécules sont rangées et alignées. Elles n’ont en
revanche aucun ordre dans une phase vitreuse : elles forment des pelotes enchevêtrées.
La mobilité des molécules de la phase vitreuse est d’autant plus faible que la
température est basse. Ce qui confère à tous les polymères en général une bonne
rigidité, une bonne résistance mécanique, et une faible capacité de déformation.
2. État caoutchoutique : Tg < T < Tc
Il est dû à la phase amorphe et existe dans la quasi-totalité des polymères. Il démarre
généralement aux alentours de la température de transition vitreuse Tg et il est limité
supérieurement par la température de fusion des zones cristallines si elles existent ou
par la température de décomposition thermique Tc. Dans cet état la phase cristalline
n’évolue pas et sa structure reste identique à ce qu’elle était à T<Tg. La phase amorphe
subit des changements : l’activation thermique provoque un déplacement des
molécules, une rupture des liaisons de faibles énergies entre les molécules et une
augmentation du volume du polymère. Il en résulte une grande facilité de mouvement
des molécules.
22
Effet de la Température sur l’état structural
3. État fluide : Tc < T < Tf
Cet état ne concerne que les thermoplastiques. La phase cristalline n’existe plus car
T>Tc, il n’y a plus qu’une phase amorphe. Toutes les molécules (celles provenant de la
phase amorphe et celle provenant de la phase cristalline) forment des pelotes. Les
nœuds d’enchevêtrement disparaissent par reptation, le matériau s’écoule comme un
fluide. Le polymère est malléable : peu de résistance mécanique, peu rigide...
23
Comportement mécanique
Le comportement mécanique des plastiques est différent de celui des métaux. Il
dépend de la structure, de la composition, du mode de fabrication, de la forme de la
pièce, de la température, du temps et de l’humidité. Le pourcentage d’allongement
(A%) est plus faible pour les thermodurcissables (< 1%, se déforment peu avant
rupture, sont plus fragiles et plus sensibles aux chocs) qui présentent aussi, en général,
une dureté plus élevée. La résistance en compression est souvent plus élevée que la
résistance en traction : 50 à 100% pour les thermoplastiques, parfois plus de 100%
pour les thermodurcissables.
Plusieurs grandeurs peuvent être définies grâce aux tests mécaniques (Figure 8)
✓ Le module d’Young = module élastique = E
✓ Le seuil de plasticité = la limite d’élasticité = 𝜎𝑦 (yield stress)
✓ La contrainte à la rupture = 𝜎𝑟
✓ La contrainte maximale = résistance maximale à la traction = 𝜎𝑚
24
Comportement mécanique
Figure 8 : Courbe de traction classique d’un matériau thermoplastique aux alentours de sa Tg.
Sous charge, les plastiques se déforment instantanément dans un premier temps, comme
un ressort, puis, contrairement au ressort, continuent à se déformer progressivement au
cours du temps (« déformation retardée »). C’est le fluage, sorte d’écoulement très
visqueux qui dure autant que la charge. Suivant la famille de polymères et les
conditions d’essai (surtout la température), nous pouvons identifier des comportements
divers (Figure 9).
25
Comportement mécanique 1. Comportement fragile (élastique
linéaire) : dans le cas des polymères
orientés ou fibres
2. Comportement viscoélastique :
Polymères thermoplastiques ou
thermodurcissables très en dessous de
Tg
3. Comportement viscoélastoplastique
4. Comportement caoutchoutique
(élastique non linéaire) : Polymères
thermoplastiques au voisinage de Tg :
Figure 9 : Courbes schématiques de traction rupture ductile après un phénomène de
déformation plastique très important :
l’étirage
Le module d’Young est directement déduit de
la loi de Hooke 𝜎 = 𝐸𝜀 mais cette relation 5. Comportement visqueux : dans le
linéaire n'est valable qu’aux faibles cas des élastomères, la rupture aura
déformations (zone élastique linéaire du lieu après un long palier d’élasticité
matériau). E sera donc déterminé par la pente caoutchoutique réversible (T>Tg)
à l’origine de la courbe 𝜎 = 𝐸𝜀.
26
Comportement mécanique
1. Déformation élastique
La déformation élastique est une déformation réversible : le milieu retourne à son état
initial lorsque l'on supprime les sollicitations. L'élasticité linéaire concerne les petites
déformations proportionnelles à la sollicitation. Dans cette gamme, l'allongement est
proportionnel à la force dans le cas d'un étirement. Aux plus grandes déformations,
l'élasticité devient non linéaire pour certains matériaux. Pour d'autres, la fracture ou le
fluage interviennent.
2. Déformation plastique
La déformation plastique est la déformation irréversible d'une pièce ; elle se produit
par un réarrangement de la position des atomes. Lorsque que l'on sollicite une pièce,
un objet (on le tire, on le comprime, on le tord...), celui-ci commence par se déformer
de manière réversible (déformation élastique), c'est-à-dire que ses dimensions
changent, mais il reprend sa forme initiale lorsque la sollicitation s'arrête. Certains
matériaux, dits « fragiles », cassent dans ce mode de déformation si la sollicitation est
trop forte. Pour les matériaux dits « ductiles », lorsque l'on augmente la sollicitation,
on déforme de manière définitive la pièce ; lorsque l'on arrête la sollicitation, la pièce
reste déformée. Ceci se produit par un glissement des plans atomiques les uns sur les
autres, à la manière des cartes à jouer d'un paquet. Ce glissement de plans atomiques
se fait grâce au déplacement de défauts linéaires appelés « dislocations ».
27
Comportement mécanique
3. La viscoélasticité
L'essai de fluage (Voir cours fatigue et fluage des matériaux) (Figure 10) ou de retard
consiste à appliquer brutalement sur un matériau une contrainte (𝜎) maintenue ensuite
constante (différent de vitesse constante pour tests de traction) sur une durée
suffisamment longue. La déformation (𝜀 %) résultante est mesurée en fonction du
temps :
✓ un solide parfaitement élastique (hookéen) se déforme instantanément : la
déformation élastique est réversible et indépendante du temps.
✓ un fluide parfaitement visqueux (newtonien) se déforme progressivement et
linéairement en fonction du temps : la déformation visqueuse est irréversible.
✓ un matériau macromoléculaire exhibe des propriétés mécaniques situées entre ces
deux cas idéaux, c'est pourquoi il est nommé viscoélastique : il possède une
composante élastique et une composante visqueuse.
Les polymères possèdent le plus souvent des combinaisons complexes d'effets
élastiques et visqueux, c'est-à-dire un comportement viscoélastique plus ou moins
marqué. Selon l'échelle de temps de l'essai, la composante élastique ou la composante
visqueuse du matériau sera prépondérante. En effet, pour une durée de sollicitation très
courte, un polymère amorphe linéaire adopte un comportement vitreux (élastique).
28
Comportement mécanique
3. La viscoélasticité
En revanche, pour une durée d'application de la contrainte très longue, il a un
comportement visqueux avec possibilité d'écoulement. La viscoélasticité correspond au
comportement réel de la majorité des matériaux polymères. Aux faibles déformations,
ils ont un comportement principalement élastique. Le fluage a pour origine le
phénomène de glissement des chaînes macromoléculaires les unes par rapport aux
autres. Les propriétés de fluage, de relaxation et de recouvrance sont les effets de
l'application d'une contrainte ou d'une déformation sur le long terme. Les mesures
dynamiques (DMA) correspondent à des temps de sollicitation plus courts.
29
Figure 10 : Comportement en fluage des matériaux
Les Additifs aux Polymères
Ce sont en général des produits organiques qui, ajoutés aux polymères, modifient leurs
propriétés chimiques, physiques et même mécaniques (Figure 11) :
Pigments et colorants : Selon que l’on désire colorer un produit opaque ou
transparent, on utilise un pigment insoluble ou soluble.
Lubrifiants : Ils améliorent l’écoulement des polymères lors de leur mise en forme.
Plastifiants : Ils diminuent la rigidité. Ils permettent la mise en forme à des
températures inférieures à la température de décomposition de certains polymères
linéaires (Figure 12).
Stabilisants : Ils permettent de réduire les phénomènes de vieillissement dus à la
chaleur, les UV, etc.
Ignifugeants : Ils améliorent la résistance au feu.
Fongicides : Ils empêchent l’attaque par de micro-organismes.
Produits divers : Ils s’emploient pour accélérer ou retarder la polymérisation, limiter
l’accumulation des charges statiques, désodoriser, etc.
30
Les Additifs aux Polymères
Figure 12 : Effet du plastifiant sur le polymère
Figure 11 : Les additifs aux polymères
31
☞ Propriétés des polymères :
Les matériaux peuvent avoir des caractéristiques physiques, mécaniques et chimiques
diverses :
Ø Propriétés physiques :
Elles se rapportent à :
Couleur : C´est l´aspect naturel du matériau non oxydé
Masse volumique : notée par la lettre 𝜌 elle exprime la masse par unité de volume et
elle est très importante dans toutes les recherches. Exemple 𝜌acier = 7850 Kg/m3.
Point de fusion : C´est la température à la quelle le métal chauffé passe de l´état solide
à l´état liquide.
Conductivité électrique : c´est la capacité d´un matériau à être plus ou moins
conducteur de courant électrique; exemple le cuivre est un matériau bon conducteur, le
plastique est un matériau mauvais conducteur (isolant).
Conductivité thermique : c´est l´aptitude d´un matériau à véhiculer un flux thermique,
c´est-à-dire un flux de chaleur, exemple l´Aluminium et le Cuivre possèdent une
conductivité thermique élevée.
32
Ø Propriété magnétique : (ferromagnétisme) : C´est l´aptitude d´un matériau à la
production d´un champ magnétique, c´est une caractéristique très importante en
construction électrique de bobine, moteur, appareils téléphoniques, etc..
Ø Propriété acoustique : c´est l´aptitude d´un matériau à transmettre plus ou moins
facilement les ondes sonores exemple : la fibre optique possède des propriétés
acoustiques élevées.
Ø Propriétés mécaniques :
Elles définissent le comportement du matériau pendant l´utilisation, c´est-à-dire elles
permettent à l´utilisateur de connaitre si ce matériau va résister ou non aux efforts
auxquels il serait soumis.
Ténacité : c´est la résistance aux efforts de traction, de compression, et de cisaillement
c´est-à-dire la propriété de s´opposer à l´action destructive des sollicitations
extérieures.
Elasticité : c´est l´aptitude d´un matériau à revenir à son état initial après déformation,
autrement dit c´est la résistance à la déformation permanente (déformation plastique).
33
Dureté : c´est la capacité d´un matériau à résister à la pénétration par un autre matériau.
Résilience : c´est l´aptitude d´un matériaux à résister au choc.
Fragilité : c´est la facilité de rupture (cassure) sous l´action de choc, un corps fragile
n´est pas résilient (verre).
Ø Propriétés chimiques
Elles définissent le comportement d´un matériau dans une ambiance ou il y a des agents
chimiques en contact (gaz, acide, air, etc..), c´est-à-dire que le matériau va résister ou
non à la corrosion par l´oxygène et les agents chimiques.
Ø Propriétés technologiques
Elles expriment l´aptitude d´un matériau à subir les différents procédés de fabrication.
Malléabilité : c´est la possibilité de se donner et de soumettre à la déformation
plastique d´un matériau à chaud ou à froid sans se détruire par choc ou par pression.
Ductilité : (super malléabilité) c´est l´aptitude d´un matériau à être étiré en fil de faible
section.
34
Fusibilité : c´est l´aptitude à passer de l´état solide à l´état liquide.
Fluidité : c´est l´aptitude à l´écoulement progressif, un matériau fusible et fluide
possède une bonne coulabilité.
Soudabilité : c´est l´aptitude d´un matériau à former une liaison intime avec un autre
matériau par fusion.
Usinabilité : c´est l´aptitude d´un matériau au façonnage par enlèvement de copeaux
par outil de coupe.
35