Sécurité D'incendie
Sécurité D'incendie
Houcine SMITI
Enseignant universitaire
QHSE Trainer
Préambule
On appelle « feu » l’oxydation exothermique (combustion) rapide, produisant de
la chaleur et une lumière d’intensité variable.
Tout bâtiment ou construction est vulnérable au feu, il importe donc que des
mesures et des dispositions préventives soient mises en œuvre pour que tous les
occupants soient à même de prendre les mesures immédiates (…).
Il est important de savoir que lors d’un incendie, l’intoxication par les fumées
constitue la cause de décès la plus fréquente (plus de la moitié des décès). (…)
Il ne faut pas oublier non plus que les fumées et les suies d’incendies provoquent
de gros dégâts au niveau matériel (et environnemental).
2
Plan de cours
Incendie : Notions générales –Panorama
Chapitre 1 réglementaire
Chapitre 2
Sécurité Incendie dans les Etablissements
recevant du public (ERP)
3
Chapitre 1 :
Incendie : Notions générales –Panorama
réglementaire
4
Partie 1 : Notions générales
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1) THEORIE DU FEU
Définitions
Incendie :
Contrairement au feu, l’incendie est une combustion non maîtrisée dans le temps & espace.
Combustion :
La combustion résulte de la combinaison d’un comburant et d’un combustible soumis à une
source de chaleur.
La combustion est une réaction exothermique (qui dégage de la chaleur) entre l’oxygène de l’air et
certaines substances solides, liquides ou gazeuses (combustibles). C’est sous l’action d’une énergie
d’activation, ou source de chaleur (flamme, échauffement, point chaud), que les deux premiers éléments
entrent en combustion, lorsque la température d’inflammation est atteinte.
Le comburant
ex : l’oxygène de
Le combustible : l’air
Aliment apporté au
feu
L'énergie d'activation
ex : une flamme ou une
étincelle
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1) THEORIE DU FEU
Combustible
Matière capable de brûler, se présente sous la forme :
- Solide : bois, carton, papier, tissus, paille, etc.…
Comburant
C’est principalement l’oxygène contenu dans l’air.
Composition moyenne de l’air : Oxygène 21%
Azote 78%
Gaz rares 1% (néon, xénon, krypton….)
Energie d’activation
C’est une température suffisante pour amorcer une combustion
Un apport d’énergie calorifique dite Energie d’activation est nécessaire pour “démarrer”
le phénomène de combustion.
Il peut provenir de différentes source extérieures :
Thermique : Chauffage, flammes, étincelles, soudures, braises.
Electrique : Court-circuit, échauffement, électricité statique.
Mécanique : Echauffement dû au frottement ou au choc.
Naturelle : Foudre, soleil.
L’énergie d’activation est, comme son nom l’indique, ce qui déclenche la combustion. En d’autres
termes, elle correspond à la quantité minimale d’énergie nécessaire au démarrage de la
combustion. Il peut s’agir de chaleur, d’une étincelle, d’un arc électrique, de la foudre ou même du
soleil. L’énergie mécanique d’un frottement peut également entraîner une combustion, il en est de
même pour les sources biologiques (fermentation) ou chimiques (oxydation).
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Le fait :
- Arroser un feu de papier naissant.
- Fermer une bouteille de gaz pour stopper une fuite de
gaz enflammé.
- Etouffer un feu de friteuse avec une couverture
humidifiée.
AURA UNE INCIDENCE SUR L’EQUILIBRE DU TRIANGLE
DU FEU, DONC SUR LA VIABILITE DE LA COMBUSTION.
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2) MODES DE PROPAGATION
1. Par
Déplacement/ 2. Par
Projection Convection
* Substances déjà * Transfert de chaleur
en combustion par mouvement
projetées ascendant d’air
réchauffé
3. Par 4. Par
Rayonnement Conduction
* Apport de chaleur * Transfert de chaleur
aux matériaux au sein d’un même
voisins du foyer matériau
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3) CAUSES ET CONSEQUENCES DES INCENDIES
L'incendie est un feu d'origine humaine, technique ou naturelle.
Si l’incendie n'est pas éteint ou maîtrisé dans les premières minutes, il peut prendre
des proportions catastrophiques.
Les causes des incendies sont multiples, mais on peut les classer en trois catégories :
1- D’origine humaine
• Imprudence du public, notamment des fumeurs
• Ignorance, inconscience, négligence
• Actes de malveillance
• Travaux par points chauds, etc.
2- D’origine Technique
• Installations électriques (échauffement anormal de conducteurs électriques sous
tension, etc. )
• Dysfonctionnement de matériels (de chauffage, de cuisine, etc.)
3- D’origine naturelle
• La foudre
• Le soleil (combiné à du verre } effet de loupe)
• La fermentation, etc.
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4) LES EFFETS DE L’INCENDIE SUR L’HUMAIN
LES FUMEES :
Dans un incendie, les gaz et les fumées présentent les dangers suivants :
Dégagement de température avec risque de brûlure interne par inhalation,
Opacité gênant l’évacuation,
Asphyxie la concentration en oxygène diminuant lors de l’incendie .
En présence de fumée, vous devez circuler au ras du sol où l’air est
plus respirable.
LES BRULURES :
Lors d’un incendie, le risque de brûlure est aussi important que le
risque provoqué par les fumées.
L’effet lumineux des flammes constitue également un danger pour les yeux
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5) Différentes classes de feu
FEUX DE CLASSE A
Feux de matériaux solides (dits secs), généralement de nature organique, qui
forment des braises lors de la combustion (feu braisant) : le bois, le papier, le carton,
les tissus, certaines matières plastiques (PVC), les végétaux.
FEUX DE CLASSE B
Feux de liquides ou solides liquéfiables (dits gras), avec absence de
braises : l’essence, le fioul, les huiles, les graisses, certaines matières
plastiques (polyéthylène, polystyrène), le caoutchouc les alcools….
FEUX DE CLASSES D
Feux de métaux non ferreux (dits réducteurs) : le sodium,
le magnésium et l’aluminium.
FEUX DE CLASSE F
Feux d ’auxiliaires de cuisson alimentaire : friteuse
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Le tétraèdre du feu
15
À partir de 1980, le triangle du feu devient le tétraèdre du feu. En effet, un quatrième
élément indispensable à la combustion est identifié : les radicaux libres.
Le tétraèdre du feu fonctionne selon le même principe que son prédécesseur, le
triangle du feu. On y retrouve toujours les trois éléments qui précèdent, à ceci près
que cette nouvelle version intègre les radicaux libres. Sans radicaux libres, la
combustion peut se poursuivre mais aucune combustion avec flammes n’est possible.
Selon le tétraèdre du feu, pour qu’une combustion ait lieu, il faut donc réunir :
- Un combustible,
- Un comburant,
- Une énergie d’activation, et
-Une réaction chimique en chaîne.
La création de radicaux libres et la réaction en chaîne permettent d’entretenir le feu,
on peut alors parler de Tétraèdre du feu.
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LES RADICAUX LIBRES, QU’EST-CE QUE C’EST ?
Les radicaux libres sont des molécules intermédiaires produites par une réaction
chimique. Lors d’une combustion, la chaleur rompt les liaisons chimiques de la
matière, dégageant ainsi des radicaux libres. Chimiquement instables, les radicaux
libres vont chercher une stabilité dans les autres molécules environnantes au sein de
la matière. Les radicaux libres créés agissent ainsi sur les autres molécules, ce qui
forme une réaction en chaîne. Le feu est entretenu par la réaction en chaîne dont ils
sont à l’origine.
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LES RADICAUX LIBRES, QU’EST-CE QUE C’EST ?
Les radicaux libres sont des molécules intermédiaires produites par
une réaction chimique. Lors d’une combustion, la chaleur rompt les
liaisons chimiques de la matière, dégageant ainsi des radicaux libres.
Chimiquement instables, les radicaux libres vont chercher une
stabilité dans les autres molécules environnantes au sein de la
matière. Les radicaux libres créés agissent ainsi sur les autres
molécules, ce qui forme une réaction en chaîne. Le feu est entretenu
par la réaction en chaîne dont ils sont à l’origine
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POURQUOI LE FEU BRÛLE-T-IL ? PARLONS CHIMIE !
Un incendie (ou une combustion) c’est tout d’abord une réaction chimique,
et plus précisément, une réaction chimique d’oxydoréduction entre un
comburant et un combustible.
Lorsque du papier brûle par exemple, une réaction chimique entre le papier
(le combustible) et l’oxygène de l’air (le comburant) a lieu. Lors de cette
réaction chimique, les atomes qui composent les molécules de papier et
d’oxygène vont se réarranger différemment pour créer de nouvelles
molécules plus stables et qui ne réagissent pas entre elles. De cette façon,
les molécules libèrent l’énergie dont elles n’ont plus besoin.
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La prévention contre les incendies se résume à ce principe : maîtriser les quatre
éléments du tétraèdre du feu et les isoler.
Vous pouvez étouffer un feu en le privant d’oxygène au moyen d’une mousse ou de
CO2 produit par un extincteur.
Vous pouvez diminuer la température du feu en l’aspergeant d’eau. Si la
température diminue en dessous du point d’inflammation, il s’éteindra.
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LES TYPES DE COMBUSTION
Les différentes combustions (Contexte incendie)
-Combustion complète (CO2 , H2O et minéraux)
Phénomène idéal, peu rencontré. Combustion uniquement de carbone et
d’hydrogène (composés organiques : C, H, O) en présence d’oxygène non
limitant. La combustion du soufre produit SO2 , l’azote ne s’oxyde pas.
- Combustion incomplète (idem + composés volatils et particules)
Elle a lieu quand la quantité de comburant est insuffisante pour permettre la
réaction complète du combustible ou lorsque le temps de contact, à une
température rendant la combustion possible, est trop faible. Elle produit des
résidus de combustion (sous forme de cendres) et émettent des fumées :
certains composés, tels que monoxyde de carbone (gaz mortel), particules de
carbone pur (suie, goudron, cendres), oxydes d'azote (NOₓ), hydrocarbures (du
benzène cancérigène par exemple) sont très toxiques pour l'homme et pour
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l'environnement, ou fortement toxiques comme les HAP ou les composés
organiques volatils (COV). La réaction de combustion est habituellement
incomplète. Seul le contrôle des conditions permet d'obtenir une combustion
complète, en apportant un excès de dioxygène à haute température par exemple.
Caractéristiques de combustion
-Pouvoir calorifique: (en kJ/kg ou kJ/m3)
C’est la quantité maximale de chaleur que peut dégager l’unité de masse ou de
volume pour une combustion complète.
*Pouvoir calorifique supérieur PCS: représente l'énergie dégagée par la
combustion complète d'un kg ou d'un m3 de combustible, l'eau étant produite à
l'état liquide (unité [Link]-1 ou kJ.m3 selon que le combustible est ou non gazeux)
*Pouvoir calorifique inférieur PCI: représente l'énergie dégagée par la combustion
complète d'un kg ou d'un m3 de combustible, l'eau étant produite à l'état vapeur
(unité [Link]-1 ou kJ.m3 selon que le combustible est ou non gazeux)
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-Charge calorifique: (en kJ pour une zone)
C’est la quantité totale de chaleur que peuvent dégager l’ensemble des
combustibles présents dans un espace déterminé (une pièce par exemple)
-Potentiel calorifique: (en kJ/m² pour une zone)
C’est la charge calorifique rapportée à la surface au sol de l’espace considéré.
-Pouvoir fumigène
C'est la quantité de fumées produites par la combustion à l'air d'une quantité
unitaire de combustible, en kg de fumées par kg de combustible ou Nm3 de
fumées par Nm3 de combustible.
Sur fumées sèches (eau libérée), dégagement de CO2 et N2 (en théorie), ou sur
fumées humides (eau dans les fumées).
La production de fumée correspond à la production d’un mélange complexe
constitué de particules et de gaz de combustion.
24
La production de gaz toxiques et corrosifs se réalise sous l’effet de deux
mécanismes : la pyrolyse et la combustion.
La liste des produits chimiques identifiables dans les fumées d’incendie dépasse
plusieurs milliers de dérivés, issus des molécules qui composent les matériaux
en feu.
Les toxiques présents dans les fumées d’incendies peuvent avoir de multiples
effets (toxicité neurologique centrale ou cardio-vasculaire, effets irritants ou
caustiques sur les muqueuses des voies respiratoires).
Les suies sont responsables de véritables dépôts de particules dans les
bronches. En plus de leurs effets directs (thermiques, obstructifs et irritants),
elles sont susceptibles de capter les gaz toxiques qu’elles libéreront
secondairement.
25
Avec les fumées des risques d’intoxication / asphyxie, d’explosion (back-draft) et de
propagation / reprise du feu (flash-over) sont à prendre en compte.
On peut résumer les dangers des fumées par le COCMIX :
N.B.:
- Ne jamais oublier que « La nature a horreur du vide » => La quantité de gaz
qui sort est équivalente à la quantité d’air entrant.
- Le back-draft est une explosion de fumées.
- Le flash-over est le passage, d’un feu localisé dans une enceinte, à un
embrasement généralisé.
26
En sécurité incendie, la « réaction au feu » et la « résistance au feu » sont deux notions
différentes. Elles sont codifiées au niveau national et européen de manière très
réglementée.
La réaction au feu est la représentation d’un matériau en tant qu’aliment du feu
(combustibilité, inflammabilité), définie par le classement M.
La résistance au feu est le temps durant lequel un élément de construction conserve
ses propriétés physiques et mécaniques, lors d’un incendie.
A – La réaction au feu
C’est la manière dont un matériau (béton, bois, papier,…) va se comporter comme
combustible. Cette réaction est définie après des essais normalisés au sein de centres
agréés.
La classification française : En France, il existe un classement (Norme NF P. 92.507),
composé de 5 catégories, qui définit la réaction au feu des matériaux :
27
Les catégories vont de M0 à M4, M4 étant le plus facilement inflammable et M0 le
plus difficilement inflammable. Cette classification est établie par le CSTB (Centre
Scientifique et Technique du Bâtiment).
Un procès-verbal de classement au feu est établi parle CSTB pour une durée de cinq
ans. Un matériau classé M4 va très vite s’enflammer et favorisera la propagation du
feu alors qu’un élément classé M0 va difficilement l’enflammer et ne propagera pas le
feu.
28
Tableau de classification française (La combustibilité est la quantité de
chaleur émise par combustion complète du matériau tandis que
l’inflammabilité est la quantité de gaz inflammable émise par le matériau)
29
Les euroclasses (classification européenne de réaction au feu des produits de la
construction) de réaction au feu : Un arrêté européen du 21 novembre 2002 permet
désormais d’appliquer les euroclasses de réaction au feu.
Pour les produits marqués CE, le classement de réaction au feu doit l’exprimer selon les
euroclasses.
Pour les autres produits, le choix est laissé à l’industriel d’opter pour le classement M ou
par les euroclasses. Les euroclasses divisent les matériaux en deux parties : les sols et les
autres produits.
La codification de A à F en fonction de la réaction au feu des matériaux (A étant le meilleur
classement).
Les euroclasses tiennent compte aussi de deux critères essentiels (tests en laboratoire):
* l’opacité des fumées (quantité et vitesse) notée s pour « smoke » :
-s1 : faible quantité/vitesse
-s2 : moyenne quantité/vitesse
-s3 : haute quantité/vitesse
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* les gouttelettes et débris enflammés notés d pour « droplets » :
- d0 : aucun débris
-d1 : aucun débris dont l’enflammement dure plus de 10 secondes
-d2 : ni d0 ni d1
31
Tableau de correspondance entre le classement M et les euroclasses
32
Classement des matériaux pour la réaction au feu
33
L’Euroclasse d’un produit de construction s’écrit donc sous la forme : classe-indice de
fumée, indice de débris enflammés. Par exemple : B-s2, d0.
Ce système d’Euroclasse partage les produits en 2 familles (revêtements de sol et les
autres produits)
On a donc un classement fonction de la combustibilité des produits :
34
35
B – La résistance au feu
La « résistance au feu » est le temps durant lequel un élément de construction (paroi,
plancher, plafond, porte,…) conserve ses propriétés physiques et mécaniques, lorsqu’il est
exposé à un incendie. Ce matériau est analysé selon 3 critères :
-résistance mécanique ou force portante
- étanchéité aux flammes et aux gaz chauds
- isolation thermique
La classification française : On distingue ainsi 3 catégories :
* Stable au feu SF : l’élément de construction conserve, durant le temps indiqué, ses
capacités de portance et d’autoportance.
* Pare-flammes PF : l’élément est stable au feu et évite, durant le temps indiqué, la
propagation, du côté non sinistré, des gaz de combustion et des fumées.
* Coupe-feu CF : l’élément est pare-flammes et évite, durant le temps indiqué, la
propagation de la chaleur du côté non sinistré.
36
N.B : L’isolation thermique correspond à un maximum de 180° en un point précis et
140° sur l’ensemble de la surface (porte par exemple).
Les critères SF, PF, et CF sont notés en fractions d’heures (1/4h,1/2h, 3/4h, 1h, 1h1/2,
2h, 3h, 4h, 6h).
Exemple : « SF2 h » (stable au feu pendant 2 heures).
Les euroclasses de résistance au feu : Les euroclasses de résistance au feu tentent
d’harmoniser les systèmes nationaux au sein de l’Union Européenne.
Il existe là aussi 3 classes :
* R : résistance mécanique ou stabilité
* E : étanchéité aux gaz et flammes
* I : isolation thermique (forcément utilisée en complément d’une classification R ou
E).
Ces lettres sont suivies de 2 ou 3 chiffres donnant le temps de résistance en minutes.
37
Tableau de correspondance entre le classement français et les euroclasses
38
L’incendie est un feu qui se développe sans contrôle dans le temps et dans l’espace. Dans
la minute qui suit la naissance d’un feu sec (un feu de matériaux solides comme le bois, le
papier, le tissu) un verre d’eau suffit à l’éteindre. Après deux minutes, un seau d’eau sera
nécessaire. Au delà de trois minutes, les moyens rudimentaires ne suffisent plus et seuls
les moyens des sapeurs-pompiers sont en mesure de maîtriser ce qui est désormais un
incendie.
Dans le cas des incendies en milieu clos (cf. schéma de l’évolution du feu dans un local ci-
dessous), le point critique est le moment du passage à une combustion généralisée en
surface de l’ensemble des matériaux combustibles présents dans le local. À ce stade, les
gaz issus de la pyrolyse occupent tout le volume du local et s’embrasent soudainement. Ce
phénomène est appelé « embrasement généralisé éclair » ou « flashover ». Lorsque cela
se produit, la situation est critique, car ensuite c’est l’ensemble du bâtiment qui devient
très vulnérable : production massive de chaleur et de fumées vers les autres locaux, effets
39
destructeurs sur les structures pouvant entraîner leur effondrement, etc.
Courbes de développement du feu. Ce schéma représente de manière générale l’évolution du feu dans un local
40
Un incendie se développe en plusieurs phases au cours desquelles la température des
gaz sous plafond va s'élever. En fonction de la puissance du foyer initial, de son
environnement, il va s'étendre plus ou moins et finalement décliner.
Les quatre phases sont présentées dans le schéma suivant :
41
42
43
1. Éclosion
La rencontre des éléments du triangle du feu va permettre à la combustion de
s'amorcer. A ce stade, le dégagement de chaleur est modéré, les fumées peu
abondantes.
2. Croissance
La combustion produit de la chaleur (réaction exothermique), le feu entretient et
accroît l'énergie d'activation. Si le combustible et le comburant sont disponibles en
quantités suffisantes, l'incendie s'étend de manière rapide.
Dans cette phase, l'échange thermique se produit d'abord par convection des gaz
chauds sur les parois environnantes, puis par rayonnement des flammes vers les
éléments voisins, enfin par conduction au sein des éléments proches du foyer.
44
On estime que pour éteindre un feu sec naissant, il faut un verre d'eau durant la
première minute, un seau d'eau au cours de la deuxième minute, une citerne d'eau au
bout de la troisième minute.
Dans le cas d'un feu clos (par exemple un feu d'habitation), on estime que la
température de l'air atteint 600 °C au bout de cinq minutes ; dans une cage d'escalier,
elle peut atteindre 1 200 °C dans le même temps.
Dans ces conditions, nous pouvons rapidement atteindre un embrassement généralisé.
C'est au cours de cette phase que l'incendie peut cesser de lui-même ou, au contraire,
se généraliser. En outre, à ce stade, le développement de l'incendie n'est pas
absolument inéluctable ; le temps d'évolution peut être très long et les températures
peuvent rester modérées, laissant une possibilité d'extinction par des moyens
manuels.
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3. Embrasement généralisé
Selon que le feu sera alimenté ou non en comburant, des phénomènes physiques
différents apparaissent (La température s'élève très rapidement, atteignant 1 000 à
1 200 °C, suivant l'importance de la charge calorifique. L'importance de la masse totale
de produits combustibles fait que l'incendie sera principalement influencé soit par la
ventilation, soit par le combustible) :
La qualité de la ventilation permet de classer les incendies en deux types :
-si la surface de l'ouverture est réduite, l'apport d'oxygène entrant dans le local sera
insuffisant pour assurer une combustion complète. Le régime de combustion dépendra
uniquement de l'apport d'air neuf. Cet apport limitant la combustion, on dit que
l'incendie est « gouverné par la ventilation » ;
- si les surfaces d'ouvrants sont importantes et d'une forme permettant un apport
correct d'air neuf (plus hautes que larges), celui-ci sera suffisant pour assurer une
combustion complète. Le régime de combustion sera lié, non plus à la ventilation, mais
au potentiel calorifique du local, notamment à la surface des matériaux combustibles
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exposés au feu. On dit que l'incendie est « gouverné par le combustible ».
Feu alimenté en comburant : L'embrasement généralisé éclair (en anglais
flashover) est une phase du développement d'un feu dans un local semi-clos.
D'un seul coup, toute une pièce se met à brûler dans son intégralité.
Ce n'est pas le feu qui progresse de proche en proche, mais tous les objets, et
même l'atmosphère, qui s'embrasent brusquement. Il est très redouté des
sapeurs-pompiers qui n'en ressortent jamais indemnes.
La chaleur décompose les matériaux (bois, plastiques, tissus...) et produit des
gaz inflammables, c'est la pyrolyse.
Soit les gaz brûlent tout de suite et alimentent le feu (feu classique), soit ils
s'accumulent dans une pièce.
Si l'air rentre régulièrement dans la pièce, on peut avoir, à partir d'un certain
taux gaz/air, une inflammation de tout le gaz.
Le feu occupe alors littéralement tout l'espace, c'est l'embrasement généralisé
éclair. 47
-Feu carencé en comburant : L'explosion de fumées (en anglais backdraft) est une explosion
qui se produit lors d'un incendie, en l'absence de toute substance explosive ou de réservoir
sous pression. Elle est très redoutée des sapeurs-pompiers.
Si l'air ne rentre pas (lieu clos), on a une atmosphère qui ne contient que du gaz : le feu
s'éteint (le gaz a besoin d'air pour brûler), mais la chaleur reste ; lorsque l'on ouvre la porte,
l'air entre brusquement et le mélange gaz/air devient explosif, c'est l'explosion de fumées.
4. Déclin
La durée du feu dépend évidemment de la quantité des combustibles présents exposés au
feu, mais aussi, et fortement, de la nature et des dimensions du premier foyer et de la
répartition des combustibles, comme des contraintes imposées par le bâtiment (parois et
ouvertures).
La consommation en combustible des foyers les plus actifs réduit progressivement le débit
de chaleur, la phase finale est l'extinction spontanée. L'activité de combustion peut
perdurer sur des foyers lents sans flammes vives, tels des braises, ou en combustion lente
d'éléments organiques enfermés dans des cavités mal ventilées.
48
La lutte contre le feu a évidemment pour but d'accélérer le déclin du feu au moyen
de l'arrosage, de l'isolement de combustibles, etc.
49
50
La prévention incendie
La prévention incendie porte sur de nombreux aspects :
Choix de matériaux adéquats
Détection précoce
Alarme précoce
Extinction automatique (sprinklers)
Moyens de lutte immédiate (extincteurs, lances), y compris formation
Extraction de fumée.
Entraînement à l’évacuation, indication des voies d’évacuation,…
Limitations de la propagation (choix des matériaux, compartimentage, distance
entre bâtiments)
Résistance au feu de la structure
51
Prévention Passive & Prévention Active
52
53
La protection passive : une protection préventive :
Alors que la protection active est principalement curative, visant à secourir les
victimes et à éteindre un feu aussi vite que possible après sa détection,
la protection passive contre l’incendie dans les bâtiments est essentiellement
préventive. Elle représente l’ensemble des mesures constructives permettant à
un ouvrage ou une partie d’ouvrage de résister à un incendie pendant un temps
prédéterminé fixé par la réglementation de construction en vigueur pour le type
de bâtiment concerné. Ces mesures sont destinées à :
- stopper la progression des fumées ;
- éviter la propagation des flammes ;
- maintenir la stabilité au feu des éléments de structure le plus longtemps
possible malgré l’action d’un incendie ;
54
- contenir les effets thermiques le plus longtemps possible à la zone
sinistrée.
La principale spécificité de la protection passive est que dès le début d’un
incendie, elle fonctionne sans aucune intervention humaine ni aucun apport
extérieur d’énergie.
Il s'agit d'une protection durable, l’efficacité de la plupart des produits
utilisés dans la protection passive n’étant pas limitée dans le temps.
55
Partie 2 : PANORAMA Réglementaire
1
Synthèse des principales
réglementations incendie
Protection
Objectif Protection des personnes
du voisinage
Objet Salariés Occupants Public Environnement
2
Règlement de sécurité
contre les risques
d’incendie, d’explosion
Loi n° et de panique dans les
2009-11 bâtiments abritant des
du 2 mars établissements
Loi n° 2009-11
2009, dangereux, insalubres
du 2 mars
portant ou incommodes.
2009, portant
promulgati Annexé à l’arrêté du
promulgation
on du code ministre de l’intérieur
du code de la
de la et du ministre de
sécurité et de
Textes sécurité et l’industrie et des
Code du travail la prévention
réglementaires de la petites et moyennes
des risques
prévention entreprises
d’incendie,
des risques du 21 Septembre 2018
d’explosion et
d’incendie,
de panique
d’explosion Article 44 du code de
dans les
et de la sécurité et de la
bâtiments
panique prévention des risques
dans les d’incendie, d’explosion
bâtiments et de panique dans les
bâtiments promulgué
par la loi n° 2009-11
du 2 mars 2009.
3
Contexte réglementaire de la sécurité incendie
en Tunisie
4
A- Loi n° 2009-11 du 2 mars 2009, portant
promulgation du code de la sécurité et de la
prévention des risques d’incendie, d’explosion et de
panique dans les bâtiments
Titre II - La sécurité et la prévention des risques d'incendie,
d'explosion et de panique dans les bâtiments
Chapitre premier - Les bâtiments recevant du public
Article 22 - Les bâtiments recevant du public, quel qu'en soit le type, sont
classés dans cinq catégories, selon leur capacité d'accueil du public, comme
suit :
• Première catégorie : plus de 1500 personnes.
• Cinquième catégorie : les bâtiments dont la capacité d'accueil du public n'excède pas les
cinquante personnes. 5
Article 27 - Les architectes et les entrepreneurs de construction doivent
aménager, distribuer et disposer les issues de sortie du bâtiment recevant du
public et ses couloirs, de manière à permettre l'évacuation rapide et efficace des
personnes et de sorte que le nombre de ces issues et couloirs et leur largeur
soient en rapport avec le nombre des personnes pouvant en faire usage,
conformément aux règles mentionnées au règlement de sécurité.
Article 28 - Les propriétaires ou les entrepreneurs d'équipement des
bâtiments doivent équiper les bâtiments recevant du public de l'éclairage
électrique et de l'éclairage de secours.
6
Titre II - Chapitre II - Les bâtiments à hauteur élevée
sont à même d'assurer la sécurité des personnes, des biens et des bâtiments
qui concerne :
calorifique dedans,
7
2) La garantie de l'évacuation, en cas de besoin, des occupants du bâtiment,
6) La garantie de la continuité de l'activité dans les sas qui sont à l'abri du feu.
8
Titre II - Chapitre III - Les bâtiments à usage d'habitation
9
Article 41 - Les géomètres doivent isoler les bâtiments à usage d'habitation des
locaux susceptibles de représenter, en raison de l'usage dont il est fait, un risque
d'incendie ou d'explosion.
Les architectes et les propriétaires ou les entrepreneurs de construction et
entrepreneurs d'équipement des bâtiments doivent, chacun en ce qui le concerne,
par l'aménagement du bâtiment à usage d'habitation, la distribution de ses
différentes parties, l'usage des matériaux de construction et l'installation des
équipements, assurer la sécurité et la prévention des risques d'incendie et
permettre à ses occupants et visiteurs de l'évacuer rapidement et aisément et à
engager, à temps, les secours en cas d'incendie.
Le règlement de sécurité détermine les règles et mesures appropriées, pour
10
B- Règlement de sécurité contre les
risques d’incendie, d’explosion et de
panique dans les bâtiments abritant
des établissements dangereux,
insalubres ou incommodes
ICPE : une installation classée pour la protection de l'environnement (ICPE) est une
installation exploitée ou détenue par toute personne physique ou morale, publique ou
privée, qui peut présenter des dangers ou des nuisances pour la commodité
des riverains, la santé, la sécurité, la salubrité publique, l’agriculture, la protection de la
nature et de l’environnement, la conservation des sites et des monuments.
TITRE II DISPOSITIONS GENERALES
Chapitre II CONCEPTION & AMENAGEMENT
Aménagement des locaux
Article 32 :
Les parois extérieures des différents bâtiments et locaux d’un établissement classé
doivent être construites en matériaux incombustibles.
11
Le sol des aires et des locaux de l’établissement doit être en matériaux
étanches et incombustibles.
En plus des deux conditions suscitées, des conditions d’isolement des locaux
et zones à risque définis à l’article 34 et des exigences d’isolement définis
dans les dispositions particulières, aucune exigence en termes de degré
coupe-feu n’est exigée pour les parois extérieures des différents bâtiments
et locaux d’un établissement classé sous réserve du respect des conditions
d’implantation objet de l’article 26.
12
Les règles APSAD
L'APSAD est anciennement le sigle d'Assemblée Plénière des Sociétés d'Assurances Dommage. A
l'origine, l'APSAD était chargée d’établir des études sur les risques et d’élaborer des recommandations
et des normes.
L'APSAD est aujourd'hui devenu une marque collective délivrée par le CNPP (Centre National de
Prévention et de Protection), organisme certificateur de l'assurance.
Les règles de l’APSAD sont des référentiels techniques qui sont souvent exigés par les compagnies
d’assurance. Ce référentiel concerne l’installation des équipements et systèmes de sécurité,
l’organisation des services de sécurité, la protection externe à l’établissement
ainsi que la construction des bâtiments.
Les règles APSAD sont des référentiels techniques élaborés en liaison avec les instances
.
Prévention de la Fédération française des sociétés d'assurances (FFSA). Elles sont rédigées
en concertation avec les utilisateurs, les professionnels de la sécurité et les organismes
compétents. Certaines sont issues de documents européens ou internationaux. Plusieurs
catégories de règles APSAD répondent à des exigences variées de la maîtrise des risques13:
-les règles d'installation pour les équipements et systèmes de sécurité
solutions-types.
Ces règles sont très souvent prises en compte comme l'un des
14
Les règles d'installation
Elles fournissent tous les éléments nécessaires à un donneur d'ordre pour
rédiger le cahier des charges spécifique d'une installation de sécurité
incendie, à un installateur pour la concevoir, la réaliser et en assurer la
maintenance, à un vérificateur pour en assurer la vérification périodique.
•Règle APSAD R1
Extinction automatique à eau, type sprinkler.
La règle précise les exigences relatives à la conception, l'installation, la
maintenance, la vérification périodique et la révision des systèmes sprinkler. Il
est recommandé d'associer l'assureur dès la rédaction du cahier des charges,
afin, notamment, de convenir de l'étendue de la protection et de classer
correctement les risques.
15
. Règle APSAD R4
Extincteurs portatifs et mobiles
La règle permet à un installateur de concevoir et de réaliser l'implantation
d'extincteurs adaptés aux diverses classes de feu que l'on peut rencontrer dans
les bâtiments des secteurs industriel, commercial ou tertiaire ou dans les
collectivités. Les opérations de maintenance et les vérifications périodiques et la
révision des installations font l'objet d'exigences particulières.
. Règle APSAD R5
Robinets d'Incendie Armés
La règle permet à une entreprise de concevoir et de réaliser une installation de
robinets d'incendie armés, y compris son alimentation en eau. Les opérations de
maintenance font l'objet d'exigences particulières.
16
. Règle APSAD R16
Fermetures coupe-feu
La règle fournit tous les éléments nécessaires à la mise en place de
dispositifs d'obturation automatique coupe-feu.
. Règle APSAD R17
Systèmes de désenfumage naturel
La règle concerne les systèmes de désenfumage naturel installés dans
les toitures des bâtiments à usage commercial ou industriel. Elle définit
les exigences relatives à la conception et à l'installation des exutoires
de fumées et de chaleur, de leurs dispositifs de commande et des
cantons de désenfumage.
17
Norme NFPA
18
Liste non exheustive des normes NFPA :
NFPA 10 - NORME CONCERNANT LES EXTINCTEURS PORTATIFS D’INCENDIE
NFPA 11, EXTINCTION PAR MOUSSE
NFPA 13, INSTALLATION DES SYSTÈMES SPRINKLEURS
NFPA 15, SYSTÈME D'ARROSAGE À EAU
NFPA 25, SYSTÈMES DE PROTECTION CONTRE L'INCENDIE À BASE D'EAU
NFPA 30, LIQUIDES INFLAMMABLES ET COMBUSTIBLES
NFPA 70E, NORME DE SÉCURITÉ ÉLECTRIQUE EN MILIEU DE TRAVAIL
NFPA 72, ALARME INCENDIE ET CODE DE LA SIGNALÉTIQUE
NFPA 77, PRATIQUE RECOMMANDÉ POUR L'ÉLECTRICITÉ STATIQUE
NFPA 101, SYSTÈME DE SÉCURITÉ
…
19
Autres référentiels
20
Document Technique Unifié (DTU) :
Un document technique unifié (DTU) est un document applicable aux marchés
de travaux de bâtiment en France.
Les DTU (Documents Techniques Unifiés) ont été créés pour répondre à un
certain nombre de situations d’urgence. Ils furent d’abord limités à la conception
et à la réalisation des ouvrages.
Un DTU peut se composer des documents suivants :
Le cahier des clauses techniques (CCT) qui définit les conditions à respecter dans
le choix et la mise en œuvre des matériaux ;
Le cahier des clauses spéciales (CCS) qui accompagne le CCT et définit les limites
des prestations et obligations envers les autres corps de métier ;
Les règles de calcul pour le dimensionnement des ouvrages.
Ces trois types de documents sont d'application contractuelle. Il existe aussi
d'autres documents tels que mémentos et guides de choix, utiles à la conception
des ouvrages mais non destinés à être imposés contractuellement.
21
Chapitre 2 :
Sécurité Incendie dans les Etablissements
recevant du public (ERP)
1
A- Définitions des E.R.P.
- Tous bâtiments locaux et enceintes dans lesquels des personnes sont admises soit librement,
soit moyennant une rétribution ou une participation quelconque, ou dans lesquels sont tenues
- Sont considérées comme faisant partie du public toutes les personnes admises dans
- Les établissements recevant du public (ERP) sont des bâtiments dans lesquels des personnes
extérieures sont admises. Peu importe que l'accès soit payant ou gratuit, libre, restreint ou sur
invitation. Une entreprise non ouverte au public, mais seulement au personnel, n'est pas un ERP.
- Les ERP sont classés en catégories qui définissent les exigences réglementaires applicables (type
2
B- Classement des E.R.P.
Public
Classement 2 critères
Personnel
Activités Effectifs
Types Catégorie
Réglementation applicable
3
1- Catégories
Les catégories sont déterminées en fonction de la capacité d'accueil du bâtiment, y compris
les salariés (sauf pour la 5e catégorie).
5
Établissements spéciaux
6
Exemple
Collège
Activité principale R (enseignement)
14
L'implantation du bâtiment. Ce point intéresse les modalités de desserte de
l'établissement par les engins de secours et son isolement par rapport aux tiers ;
Les dispositions constructives. Cet aspect porte sur des points tels que la résistance au feu
des structures, les conditions de réalisation de la distribution intérieure ou l'isolement de
locaux à risques particuliers (locaux de stockage, locaux techniques...) ;
Les aménagements. Une réaction au feu est exigée pour les matériaux de revêtement
(exemple: local, escalier encloisonné), de décoration ;
Les dégagements tant du point de vue de leur nombre, de leur largeur ou de leur
répartition ;
Les installations techniques parmi lesquelles on retrouve les installations électriques et
d'éclairage, de gaz, de chauffage, les équipements de désenfumage... ;
Les moyens de secours tels que les extincteurs, les équipements d'alarme et d'alerte..
15
1- Les moyens d’extinctions
Même si de multiples précautions préventives ont été prises, un ERP n’est jamais à
l’abri d’un départ de feu. Dans cette circonstance, des moyens de lutte doivent être
présents à l’intérieur des bâtiments pour permettre une intervention dès les
premières minutes. Plusieurs types de systèmes peuvent être préconisés, en
fonction des contraintes du bâtiment à protéger. Il s’agira le plus couramment
d’appareils mobiles (extincteurs) et de robinets d’incendie armés (RIA). Les systèmes
d’extinction automatique (à eau ou à gaz), colonnes sèches ou humides, contribuent
aussi de manière très efficace à limiter les effets d’un incendie.
a- Les extincteurs :
Ces appareils permettent d’intervenir immédiatement, en attendant la mise en
œuvre éventuelle de moyens plus puissants. Plusieurs gammes existent :
-à eau,
-à poudre
- à CO2. 16
17
Il convient de choisir le bon agent extincteur en fonction de la
classe de feu.
De manière générale, on considère qu’il faut, au minimum, un
extincteur de 6 litres d’eau pulvérisée pour couvrir 200 m2 de
plancher, avec, à minima, un appareil par niveau.
La règle APSAD R4 relative à l’installation d’extincteurs mobiles
sert de référence pour déterminer le type et le nombre
d’appareils à installer en fonction des risques.
Elle prévoit en outre le contrôle régulier de leur bon état de
fonctionnement, avec une révision décennale par un organisme
certifié, et le remplacement après 20 ans. 18
LA RÈGLE APSAD R4 : EXTINCTEURS PORTATIFS ET MOBILES
Le référentiel APSAD R4 a pour but d’aider les utilisateurs, les prescripteurs et les
installateurs dans la conception et l’installation d’extincteurs dans tout site ou
bâtiment. Il propose une méthodologie pour analyser les risques, identifier le type
et le nombre d’extincteurs nécessaires, ainsi que les principes d’implantation et de
maintenance.
Cette règle concerne essentiellement les installations d’extincteurs mis en place
dans des bâtiments industriels, commerciaux,….
Elle adopte notamment des spécifications quant au nombre d’extincteurs et leur
répartition.
Chaque zone de base (zone à l’intérieur de laquelle est exercé le même type
d’activité, existe la même classe de feu prédominante et où toutes les parties sont
communicantes) doit être dotée d’une unité de base par 200 m² de surface au sol.
19
Emplacement des extincteurs :
Les extincteurs doivent être répartis de manière uniforme et de préférence au
niveau des cheminements (dégagements, voies d'accès, etc.).
La distance à parcourir pour accéder à une unité de base ne doit pas excéder 15 m.
Les poignées de portage ne doivent pas être placées à plus de 1,20 m au-dessus du
sol.
L'accessibilité, la signalisation et la protection mécanique éventuelle doivent être
prévues.
20
Réglementation tunisienne : Nombre, répartition, emplacement des extincteurs
Les extincteurs doivent être placés sur les piliers ou sur les murs, dans des endroits bien
dégagés, de préférence à l’entrée des ateliers et des locaux ou près des machines où des
incendies peuvent se déclarer.
Les extincteurs sont répartis de manière uniforme. On ne doit pas faire plus de 15 mètres
pour trouver un extincteur.
Les extincteurs doivent être facilement accessibles et visibles ou signalés par un panneau.
Par ailleurs, il est recommandé que la poignée de l’appareil soit située à environ 1,10
mètre de hauteur.
Les ERP de 1re à 4e catégories : les ERP doivent être dotés d’appareils mobiles tels
qu’extincteurs portatifs ou sur roues pour permettre au personnel et, éventuellement au
public, d’intervenir sur un début d’incendie.
21
« Les moyens d’extinction doivent être répartis de préférence dans les dégagements,
en des endroits visibles et facilement accessibles. […] Ils ne doivent pas apporter de
gêne à la circulation des personnes et leur emplacement […] doit être tel que leur
efficacité ne risque pas d’être compromise par les variations éventuelles de
température survenant dans l’établissement.
Les extincteurs portatifs sont judicieusement répartis et appropriés aux risques
notamment électriques qu’ils doivent combattre. […] Ils doivent être accrochés à un
élément fixe avec une signalisation durable […] ».
La capacité (6 litres ou 6 kg minimum) et le nombre (un appareil pour 200 m² de
surface avec un minimum de un par niveau et deux par établissement) dépendent du
type de l’établissement (activité).
22
23
Les ERP de 5e catégorie : « doivent être dotés d’au moins un extincteur portatif
[…], avec un minimum d’un appareil pour 300 m² et un appareil par niveau ».
Les conditions d’installation sont celles définies pour les 4 premières catégories
(voir ci-dessus).
Parcs de stationnement :
les parcs de stationnement couverts (ERP), « les moyens de lutte contre l’incendie
suivants prévus : des extincteurs portatifs de 6 kg ou 6 litres appropriés aux risques
[c’est-à-dire permettant de lutter contre les feux de classes A et B] ; l’exploitant
pouvant opter pour l’une ou l’autre des formules suivantes :
- soit disposer un appareil à chaque niveau, au droit de chaque issue et dix
appareils supplémentaires à proximité du poste de sécurité ou du local
d’exploitation,
- soit répartir les appareils judicieusement à raison d’un pour quinze véhicules […] ».
24
Pour les parcs de stationnement couverts accessibles aux véhicules de transport en
commun, des équipements plus nombreux sont exigés : en aggravation des
dispositions générales applicables aux parcs de stationnement couverts (ERP), les
extincteurs portatifs sont répartis judicieusement à raison d’un appareil pour quatre
véhicules.
25
b- Les robinets d’incendie armés (RIA)
Equipements de première intervention particulièrement efficaces, ces dispositifs
luttent contre les incendies à développement rapide pour lesquels une intervention
par extincteur s’avérera insuffisante. De fait, ils nécessitent des débits et pressions
d’eau suffisantes.
Comme pour les extincteurs, leur mise en place doit s’accompagner d’une formation
adaptée pour les utilisateurs potentiels et de contrôles périodiques de leur bon état de
fonctionnement.
26
Ils permettent, lorsque l’usage de l’eau n’est pas interdit, une action puissante et efficace en
attendant des secours plus importants. Le personnel doit ainsi être formé à leur utilisation :
la règle A.P.S.A.D. R5 (règle d’installation des robinets d’incendie armés) recommande qu’au
moins 2 personnes soient formées.
Pour mettre en place l’installation de R.I.A., il convient de considérer, selon la règle
A.P.S.A.D. R5 :
- l’activité pratiquée ou prévue,
- la nature des produits fabriqués, entreposés ou utilisés, des matériels et produits utilisés,
- le mode de stockage, le cas échéant.
Les sources d’alimentation en eau peuvent être de plusieurs types :
- réseau d’eau public,
- réservoir d’eau réservé à cet usage ou à l’alimentation du réseau sprinkler,
- cours d’eau.
27
Dans tous les cas, elles doivent permettre d’alimenter simultanément pendant 20
minutes.
La capacité de la réserve d’eau doit toujours être supérieure ou égale à 10 m3.
Un réseau de R.I.A. doit toujours être composé d’au moins 2 pompes : 1 pompe de
fonctionnement normal et une pompe de secours automatique se déclenchant en cas
d’arrêt de la pompe de fonctionnement normal.
Les R.I.A. doivent remplir les conditions suivantes :
- avoir un diamètre normalisé défini selon la classe de risque,
- être implanté de telle sorte que chaque point de surface à protéger puisse être atteint
au moins par deux jets,
- être alimenté en eau avec une pression minimale de 2,5 bars,
- avoir une longueur de tuyau de 30 mètres maximum,
- être obligatoirement vérifié périodiquement.
28
c- Les systèmes d’extinction automatique
Les délais d’intervention des secours dans certaines zones éloignées ou l’importance des
biens à protéger peuvent constituer autant de raisons de mettre en place un système
d’extinction automatique d’incendie à gaz ou à eau.
Indépendamment de l’investissement qu’il représente, il nécessite la prise en compte des
spécificités techniques du bâtiment.
Pour les systèmes à eau, essentiellement de type sprinkler, il convient de s’assurer des
ressources en eau suffisantes.
Dans les ERP, la réglementation rend obligatoire une installation de type sprinkler au delà
de 3 000 m². Plusieurs normes peuvent servir de référentiel, en particulier la norme
européenne NF EN 12845 et la règle française APSAD R1 qui prévoit l’intervention
d’installateurs certifiés, une visite de conformité de chaque installation pour l’obtention
d’un certificat de conformité N1, et un suivi semestriel par un vérificateur certifié. La
priorité de l’extinction automatique doit être donnée aux locaux à sources d’énergie :
chaufferies, cuisines, armoires électriques, les salles serveurs informatiques, etc.
29
30
2- Système de Sécurité Incendie (SSI)
Le Système de sécurité incendie (SSI) d’un ERP se compose ‘‘de l’ensemble des
matériels servant à collecter et traiter toutes les informations liées à la seule sécurité
incendie’’, puis d’effectuer les fonctions nécessaires à la mise en sécurité de
l’établissement : détection, compartimentage, désenfumage, extinction automatique
(sprinklage), évacuation…
On classe les SSI en cinq catégories (de A à E), par ordre de sévérité décroissante. La
détermination s’effectue par type et catégorie d’établissement.
Les dispositions particulières à chaque type d’établissement précisent, le cas échéant,
la catégorie du SSI exigé. A noter que le SSI le plus complet, catégorie A, n’est
obligatoire que dans le cas de locaux à sommeil, par exemple. Prévue dès la conception
d’un ERP, une configuration efficace se constitue d’un SDI, d’un SMSI et d’un système
d’alarme.
31
SDI : Système de détection incendie :
Cette installation a pour objectif de déceler et signaler tout début d’incendie,
d’identifier le(s) secteur(s) géographique(s) concerné(s) et de déclencher les
éventuels équipements asservis. Des détecteurs automatiques d’incendie (certifiés
NF ou agréés APSAD) assurent une surveillance permanente des locaux. Plusieurs
types existent : détecteurs de fumée de type optique (détection des aérosols de
combustion), détecteurs de chaleur de type thermostatique, détecteurs de flkamme,
etc. Ils peuvent être complétés par des déclencheurs manuels accessibles à toute
personne découvrant un départ de feu.
32
SMSI : Système de mise en sécurité incendie :
A partir des informations transmises par le SDI, le SMSI gère principalement trois fonctions
nécessaires à la mise en sécurité d’un ERP :
• le compartimentage, permet de limiter la propagation d’un incendie par l’utilisation de
portes et clapets coupe-feu, ainsi que la mise en arrêt de certains équipements (ascenseurs)
ou installations (chauffage, gaz…) ;
• le désenfumage, a pour objectif d’extraire les fumées et gaz de combustion afin de faciliter
l’évacuation des personnes et l’intervention des secours ; il utilise différents équipements :
trappes, exutoires, moteurs de soufflage, coffrets de relayage…
• l’évacuation, avec la gestion des issues de secours, des blocs d’éclairage, des diffuseurs
d’alarme
33
Système d’alarme :
La catégorie du SSI détermine les équipements d’alarme à installer, classés en 4 types par
ordre de sévérité décroissante : 1, 2a ou 2b, 3 et 4. D’autres dispositions particulières
précisent le type d’alarme pour chaque type d’ERP. Le système peut prévoir une alarme
générale (immédiate ou temporisée), comme des alarmes restreintes, qui préviennent
d’abord le personnel chargé de vérifier la réalité du sinistre (‘‘lever le doute’’) et de
déclencher, le cas échéant, les procédures de secours et l’alarme générale.
34
3-
35
36
37
38
4-
39
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8-
47
48
9- Le désenfumage
a- Quelques définitions
Bouche: orifice du conduit d'évacuation des fumées ou d'amenée d'air, obturé par un
volet
DENFC (dispositifs d'évacuation naturelle de fumée et de chaleur) : dispositifs conçus
spécialement pour l'évacuation de fumées et gaz chauds lors d'un incendie
exutoire de fumées : dispositif d'évacuation de fumée et de chaleur intégré en toiture
Canton de désenfumage : volume libre compris entre le plafond et le plancher, délimité
par les écrans de cantonnement
Clapet : dispositif d'obturation situé dans un conduit, juste au niveau de la paroi et du
même degré de protection au feu que celle-ci, ouvert en position d'attente et fermé en
cas de détection incendie.
Conduit : volume clos utilisé qui sert au passage d'un fluide déterminé
49
Ecran de cantonnement : séparation verticale située en sous-face de la toiture ou du
plancher haut de manière à empêcher la circulation latérale des fumées et gaz de
combustion
Extracteur mécanique : dispositif mécanique d'évacuation des fumées et de la chaleur
Gaine : volume clos contenant un ou plusieurs conduits et en général accessible
Ouvrant de désenfumage : dispositif d'évacuation des fumées et de la chaleur en façade
Surface utile d'ouverture du dispositif d'évacuation (SUE ou Aa) : produit, exprimé en m2,
de la surface géométrique et du coefficient de débit
Surface utile d'une installation de DEFNC (SUI) : somme des surfaces utiles d'ouverture de
chaque DEFNC
Trappe : dispositif d'accès aux conduits, situé sur les gaines
Volet : dispositif d'obturation commandable à distance placé au droit d'une bouche de
désenfumage desservie par un conduit aéraulique
50
b- Évacuation des fumées
Les fumées ont toujours tendance à se stratifier et s'accumuler en hauteur.
L'évacuation des fumées sera donc toujours assurée en partie haute du local ou de la
circulation par des
- ouvrants en façade ;
- exutoires (en toiture) ;
- bouches (raccordées à des conduits).
Dans un même local ou circulation à désenfumer, il ne faut jamais mêler un
désenfumage mécanique avec un désenfumage naturel ; de par sa puissance
d'aspiration, le désenfumage mécanique peut annuler et même inverser le tirage
thermique naturel dans les circuits d'évacuation du désenfumage naturel.
Pour éviter la propagation de l’incendie vers les bâtiments tiers, toutes les
dispositions doivent être prises pour que le débouché des exutoires ou des conduits
d’évacuation soit à une distance suffisante des tiers.
51
Désenfumage naturel :
Il s'agit d'évacuer les fumées à l'extérieur par tirage thermique naturel (effet cheminée),
soit directement par des exutoires ou des ouvrants en façade, soit par l'intermédiaire de
conduits. Les Dispositifs d’Évacuation Naturelle de Fumées et de Chaleur (DENFC) sont
adaptés aux locaux supérieurs à 300 m² et aux locaux aveugles de plus de 100 m².
52
Désenfumage mécanique :
Le désenfumage mécanique est adapté aux locaux de faible hauteur comme des
circulations horizontales (couloirs…).
L'évacuation des fumées est effectuée par un ventilateur qui les aspire dans un conduit
et les rejette à l'extérieur. On peut compléter ces actions par une mise en surpression
relative des espaces à protéger des fumées.
Le désenfumage mécanique ne doit jamais être utilisé pour désenfumer des escaliers.
En effet les fumées auront très probablement comme source des locaux attenants et
l'extraction mécanique pourrait alors dangereusement favoriser la propagation des
fumées dans l'escalier rendant celui-ci inaccessible pour les personnes souhaitant
évacuer le bâtiment.
53
54
c- Les parties du bâtiment concernées par le désenfumage
Les parties concernées par le désenfumage sont :
- Les circulations, en suivant des règles d’implantations des volets les uns par rapport
aux autres.
- Les escaliers, en assurant une extraction en grande majorité naturelle (insufflation
naturelle grâce à un ouvrant ou un exutoire d’1 mètre carré) ou, à défaut, mécanique.
-Les locaux accessibles au public, selon des dispositions particulières liées à chaque
type d’établissement.
Il faut équiper de systèmes de désenfumage :
- Les locaux d’une surface supérieure à 300 m², en RdC ou en étage.
- Les locaux enterrés ou aveugles d’une surface supérieure à 100 m².
55
- Les circulations :
o D’une longueur supérieure à 30 mètres.
o D’une longueur inférieure quand elles ne donnent pas directement sur l’extérieur ou sur un escalier
protégé.
o Toutes les circulations desservant des locaux « à sommeil » Situées en sous-sol, quelle que soit leur
longueur.
N.B.:
Si la surface < 1 000 m², la surface utile d’extraction (SUE) = 1/200e
Si la surface > 1 000 m², la surface utile d’extraction (SUE) suit la règle du taux alpha (SUE = taux
alpha x surface du canton), dans laquelle le taux alpha dépend de :
- La classe du canton
- La hauteur de référence
-L’épaisseur de la couche de fumées
Remarque: Locaux découpés en cantons si superficie > 2000 m² .
Les locaux de plus de 2 000 m² de superficie ou de plus de 60 m de longueur sont découpés en
cantons de désenfumage aussi égaux que possible d’une superficie maximale de 1 600m². La
longueur d’un canton ne doit pas dépasser 60 mètres.
56
i) Les circulations :
On qualifie les circulations en unités de passage (UP). En fonction du nombre de
personnes, on calcule les unités de passage. Une UP correspond à la largeur
nécessaire pour une personne : 0,9 m. Deux UP équivalent à 1,4 m, la largeur
nécessaire pour 2 personnes. Au-delà, on compte 0,6 mètres par personne.
En fonction du nombre d’UP, un système de désenfumage est mis en œuvre. Quand
le désenfumage est naturel, la réglementation impose des contraintes de surfaces
des ouvrants et des amenées d’air. Quand elle est mécanique, elle impose des
débits.
57
ii) Les escaliers :
Majorité des cas : désenfumage naturel
Chaque escalier dispose d’une amenée d’air d’1 m2 et d’un dispositif de commande en
bas, et en partie haute, d’un exutoire ou ouvrant d’1 m2.
58
Si le désenfumage naturel ne peut pas être réalisé car aucune ouverture n’est possible en
partie haute, à titre exceptionnel, les escaliers peuvent être mise en surpression, entre 20
et 80 Pa, avec un ventilateur insufflant de l’air neuf en bas de l’escalier.
59
d- Amenée d'air neuf
Les prises extérieures d’air neuf doivent être situées dans une zone non
susceptible d’être enfumée.
Pour ne pas déstratifier les fumées, l'air frais doit toujours entrer en
partie basse du local ou de la circulation à désenfumer.
Dans un même local ou circulation à désenfumer, il ne faut jamais
mêler des amenées d'air naturel et mécanique, il pourrait se créer des
flux préférentiels qui rendraient le désenfumage totalement inefficace.
Amenée d'air naturelle :
L'air frais entre par la dépression créée par l'évacuation des fumées, il
s'agit :
- des ouvrants en façade ;
60
- des portes des locaux à désenfumer donnant sur l'extérieur ou sur des
volumes largement aérés ;
- des escaliers non encloisonnés ;
-des bouches.
Amenée d'air mécanique :
L'air frais est soufflé par des bouches.
La vitesse de soufflage doit être limitée (≤ 5 m/s)pour ne pas déstratifier les
fumées.
Le débit d'amenée d'air mécanique doit toujours rester inférieur au débit
d'extraction (en France l'instruction technique no 246 du 22 mars
2004 indique de respecter un débit d'amenée d'air de l'ordre de 0,6 fois le
débit extrait), afin d'éviter de mettre le local sinistré en surpression par
rapport au reste du bâtiment (risque de migration des fumées).
61
10-
62
Chapitre 3 :
Sécurité Incendie dans les Immeubles de Grande
Hauteur (IGH)
1
Définition et classification
• Constitue un immeuble de grande hauteur, tout
corps de bâtiment dont le plancher bas du dernier
niveau est situé, par rapport au niveau du sol le plus
haut utilisable pour les engins des services publics de
secours et de lutte contre l’incendie ;
• À plus de 50 mètres pour les immeubles à usage
d’habitation,
• À plus de 28 mètres pour tous les autres immeubles.
Article R122-2
2
+28 mètres
ou
+50 mètres
3
L’immeuble n’est pas
classé IGH
H < 28 mètres
+28 mètres
Accès pompiers
Accès piétons
4
Fait partie de l’IGH
• L’ensemble des éléments porteurs ;
• Le sous-sols de l’immeuble ;
• Les bâtiments contigus, quelle que soit leur hauteur, non isolés
de l’immeuble.
Sous-sol
5
Les parcs de stationnement
Les parcs de stationnement situés sous un
immeuble de grande hauteur ne sont pas
considérés comme faisant partie de
l’immeuble lorsque ils sont :
• séparés des autres locaux de
l’immeuble par des parois coupe-feu de
degré 4 heures ;
• ils ne comportent aucune
communication intérieure directe ou
indirecte. 6
Aucune communication
intérieure directe ou indirecte
Coupe-feu 4 heures
7
• Ne sont pas classés IGH les immeubles de
grande hauteur dont la destination implique la
présence de moins d’une personne par 100
mètres carrés à chaque niveau
8
Classification
• GHA : immeubles à usage d’habitation ;
• GHO : immeubles à usage d’hôtel ;
• GHR : immeubles à usage d’enseignement ;
• GHS : immeubles à usage de dépôt d’archives
• GHU : immeubles à usage sanitaire ;
• GHW1 : immeubles à usage de bureaux ; hauteur du
plancher bas est compris entre 28 et 50 mètres ;
• GHW2 : immeubles à usage bureaux dont la hauteur
est supérieur à 50 mètres ;
• GHZ : immeubles à usage mixte.
Article R122-5
9
Emplacement
R 122-6
10
CSP
11
Etablissements classés dans la
nomenclature
12
Implantation
13
PCS
14
Les principes de sécurité
• Pour assurer la sauvegarde des occupants et du
voisinage, un IGH doit respecter les principes
suivants
A) Pour permettre de vaincre le feu
– L’immeuble est divisé en compartiments CF 2 heures ;
– Les matériaux combustibles sont limités ;
– Les matériaux susceptibles de propager le feu sont
interdits.
15
Compartiments CF 2h
16
Caractéristiques des compartiments
• Les compartiments ont la hauteur d’un niveau, une
longueur maximum de 75 mètres et une surface au
plus égale à 2500 mètres carrés.
• Ils peuvent comprendre deux niveaux pour une
surface maximum de 2500 mètres carrés ;
• Ou trois niveaux pour une surface maximum de 2500
mètres carrés et l’un d’eux doit être accessibles aux
engins de secours publics ;
17
2500 m2
75 m
S2 Quelque soit S, Σ
S ≤ 2500 mètres
carrés
S1
S2
S1
18
• Les parois délimitants les compartiments sont
coupe feu 2 heurs ;
• Les dispositifs tel que sas, portes permettant
l’accès aux escaliers, aux ascenseurs et monte-
charge et entre compartiments sont coupe feu
2 heures
19
Principes de sécurité
• B) L’évacuation des occupants est assurée au
moyen de :
– 2 escaliers au moins par compartiment ;
– L’accès des ascenseurs est interdit dans les
compartiments sinistrés ou menacés par
l’incendie ;
20
Compartiment sinistré,
l’accès est interdit aux
ascenseurs
Escaliers
21
Principes de sécurité
22
C) L’immeuble doit comporter :
23
• Un système d’alarme
efficace ;
24
• Une continuité du fonctionnement
des ascenseurs et monte-charges
pour les autres compartiments non
sinistrés ;
25
• Un système
de désenfumage empêchant le
passage des fumées aux autres
parties de l’immeuble ;
26
• Les communications,
d’un compartiment à l’autre ou
avec les escaliers doivent être par
des sas désenfumés et mis à l’abri
;
27
• Un volume de protection
de 8 mètres isolant l’immeuble
des autres bâtiments pour
éviter la propagation d’un
incendie.
28
Principes de sécurité
1. Immeuble divisé en compartiments CF 2h ;
2. Limitation des matériaux combustibles ;
3. Interdiction des matériaux propageant le feu ;
4. 2 escaliers par compartiment
5. Une ou plusieurs sources d’électricité ;
6. Un système d’alarme efficace ;
7. Ascenseurs non stop ;
8. Un système de désenfumage ;
9. Sas désenfumés et mis à l’abri ;
[Link] volume de protection.
29
Terminologie
• Pouvoir calorifique ;
• Potentiel calorifique ;
• Gaine ;
• Conduit ;
• Trappe ;
• Volet ;
• Volet à ferme- porte ;
• Volet à fermeture automatique ;
• Clapet ;
• Coupe feu de traversée ;
• Pare flamme de traversée ;
• Ferme porte ;
• Dispositif d’alarme;
• Alerte.
30
Pouvoir calorifique :
31
Potentiel calorifique
32
33
Gaine
• Un volume généralement accessible et
renfermant une ou plusieurs conduits ;
Exemple :
- gaine d’ascenseur ;
34
Conduit
35
36
Volet
• Un dispositif d’obturation placé à l’extrémité
d’un conduit, il peut être ouvert ou fermé en
position d’attente. Il est à commande
automatique ou manuel ;
– Volet à ferme porte, équipé d’un dispositif destiné
à le ramener automatiquement à sa position de
fermeture ;
– Volet à fermeture automatique, équipé d’un
ferme porte et d’un dispositif qui le maintien en
position d’ouverture et le libère au moment d’un
sinistre.
37
volet
Conduit
38
Clapet
39
Clapet
40
Coupe feu de traversée
• D’une gaine ou un conduit ;
Temps réel défini par les essais
réglementaires pendant lequel une gaine
ou un conduit satisfait au critère coupe
feu exigé entre ces deux locaux;
41
CF A + CF B = CF X
Paroi CF X°
gaine CF B°
(min)
CF A°
(min)
42
pare flamme de traversée
• Il déterminé par le même essai que celui du
coupe feu de traversée en faisant abstraction
de la température mesurée à l’extérieur du
conduit situé dans le local non sinistré.
43
Ferme-porte
• Un dispositif destiné à ramener
automatiquement une porte à sa position de
fermeture, il équipe les portes résistant au feu
qui doivent rester normalement fermées
46
Application 1 : Désenfumage d’un restaurant
Données :
S = surface au sol du local ou du canton (S= 1500 m²).
H = hauteur de référence : moyenne arithmétique des hauteurs du point le plus haut et
du point le plus bas de la couverture, du plancher haut ou du plafond suspendu,
mesurée à partir de la face supérieure du plancher (H = 12,50 m).
H' = hauteur libre de fumée : hauteur de la zone située au-dessous de la couche de
fumée et compatible avec l'utilisation du local.
Ef = épaisseur de la couche de fumée : différence entre la hauteur de référence et la
hauteur libre de fumée (Ef = 2,50 m)
SUE = Surface utile totale des exutoires ou surface utile d’extraction.
1
Alpha (α) = pourcentage obtenu en fonction de la classe du bâtiment et des
informations relatives à celui-ci (H et H').
Le taux α (en pourcentage) donné par le tableau suivant :
TABLE DES TAUX SERVANT À DÉTERMINER LA SURFACE UTILE
D’OUVERTURE D’UNE INSTALLATION D’EXUTOIRE OU D’UN ENSEMBLE
D’ÉVACUATION DE FUMÉES
2
3
4
4
- Classe 1 : Restaurants, cafés, bars, brasseries et débits de boissons ; Salles de réunion
et salles de jeux ; Salles dans lesquelles le spectacle ne nécessite pas l'emploi de
décors ou d'artifices ; Établissements d'enseignement ; Établissements sportifs
couverts ; Hôtels à voyageurs, hôtels meublés et pensions de famille ; Locaux
collectifs des foyers logements ; Établissements sanitaires ; Établissements de culte ;
Banques, administrations publiques ou privées.
- Classe 2 : Salles dans lesquelles le spectacle nécessite l'emploi de décors ou d'artifices
; Bals ou dancings ; Salles polyvalentes ; Musées ;
- Classe 3 : Magasins de vente, centres commerciaux et leurs mails ; Halls et salles
d'exposition ; Bibliothèques, archives et centres de documents.
5
Questions :
1) Calculer la surface utile totale des exutoires.
2) Déterminer le nombre des exutoires nécessaires pour l’évacuation des fumées.
3) En déduire la SUE de chaque exutoire.