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CHAPITRE I : CADRE THÉORIQUE , CONCEPTUEL ET EMPIRIQUE

Ce premier chapitre constitue la base scientifique et conceptuelle de notre recherche. Il vise à


clarifier les notions essentielles, à présenter les principales théories économiques et sociales
liées à la sécurité alimentaire ainsi qu’à examiner les études antérieures qui ont abordé cette
problématique dans divers contextes. L’objectif est de situer notre étude dans le champ
scientifique et de montrer la pertinence de notre problématique dans un contexte marqué par
une forte volatilité des prix des denrées alimentaires en République Démocratique du Congo,
particulièrement à Mbuji-Mayi.

Ainsi, ce chapitre est structuré autour de cinq grandes sections : la définition des concepts
clés, l’examen des principales théories explicatives, la revue de littérature internationale et
nationale, l’élaboration du cadre conceptuel de la recherche et enfin la conclusion qui
synthétise les éléments abordés.

1. CONCEPTS CLÉS

1.1. Définition des concepts de base

a) Denrées alimentaires
Les denrées alimentaires désignent tout produit, brut ou transformé, destiné à la
consommation humaine et contribuant à l’apport nutritionnel nécessaire à la survie et au bien-
être. Selon la FAO (2022), elles incluent les produits de base (céréales, tubercules,
légumineuses, fruits, légumes, huiles, viandes et poissons) et jouent un rôle central dans la
couverture des besoins énergétiques des populations. Dans le contexte de Mbuji-Mayi, les
denrées alimentaires de base sont essentiellement le maïs, le manioc, le riz, les haricots,
l’huile végétale et certains produits de pêche.

b) Variation des prix


La variation des prix fait référence aux fluctuations, à la hausse comme à la baisse, observées
sur le marché des biens et services, résultant de divers facteurs tels que l’offre et la demande,
l’inflation, la saisonnalité, les coûts de production et de transport, ou encore les chocs
extérieurs (Banque mondiale, 2021). À Mbuji-Mayi, ces variations sont souvent marquées par
la dépendance aux marchés extérieurs et par les difficultés logistiques liées au transport et à
l’approvisionnement.
c) Sécurité alimentaire
La sécurité alimentaire est définie comme une situation où « toutes les personnes, à tout
moment, ont un accès physique, social et économique à une nourriture suffisante, saine et
nutritive leur permettant de satisfaire leurs besoins énergétiques et leurs préférences
alimentaires pour mener une vie saine et active » (FAO, 2009, p. 1). Elle repose sur quatre
dimensions :

1. La disponibilité,

2. L’accès,

3. L’utilisation,

4. La stabilité dans le temps.

d) Ménage
Un ménage est défini comme l’ensemble des personnes vivant sous un même toit, partageant
généralement les repas et les dépenses communes (INS, 2020). Dans la ville de Mbuji-Mayi,
les ménages sont souvent élargis, regroupant plusieurs générations, ce qui influence à la fois
la consommation alimentaire et la vulnérabilité face aux variations de prix.

e) Vulnérabilité
La vulnérabilité alimentaire se rapporte à l’exposition d’un ménage ou d’une population au
risque de tomber en insécurité alimentaire en raison de facteurs économiques, sociaux ou
environnementaux (Sen, 1981). Elle dépend du niveau de revenu, de l’emploi, de la stabilité
des prix, mais aussi des stratégies d’adaptation mises en place par les ménages.

1.2. Approches théoriques de la sécurité alimentaire


Selon la FAO (2019), la sécurité alimentaire s’appréhende à travers quatre dimensions
interdépendantes :

 Disponibilité : quantité suffisante de nourriture produite localement ou


importée.

 Accès : capacité économique et physique des ménages à obtenir des denrées


alimentaires.

 Utilisation : qualité nutritionnelle et hygiénique des aliments consommés.

 Stabilité : capacité des ménages à maintenir ces conditions dans le temps,


malgré les chocs.

Pour la Banque mondiale (2021), l’accès économique constitue le principal défi en Afrique
subsaharienne, car même lorsque la disponibilité est assurée, de nombreux ménages n’ont pas
les moyens financiers d’acheter les produits alimentaires.

Dans le contexte africain, des auteurs comme Devereux (2009) mettent en évidence la
vulnérabilité structurelle des ménages, souvent liée à la pauvreté chronique, à l’instabilité des
revenus et à la dépendance des marchés locaux fortement exposés aux chocs extérieurs.

1.3. Typologie des denrées alimentaires de base en contexte congolais

En République Démocratique du Congo, les denrées de base diffèrent selon les régions mais
comprennent principalement :

 Les céréales : maïs, riz, sorgho.

 Les tubercules : manioc, patate douce, taro.


 Les légumineuses : haricots, arachides, soja.

 Les produits animaux : poisson, viande (bovine, caprine, volaille).

 Les huiles et graisses : huile de palme, huile végétale importée.

À Mbuji-Mayi, le manioc et le maïs constituent les produits les plus consommés,


accompagnés par le riz et les haricots, qui occupent une place importante dans l’alimentation
quotidienne. Cependant, leur prix fluctue fortement en fonction des saisons agricoles, des
coûts de transport et des importations provenant d’autres provinces (INS, 2020).

2. THÉORIES ÉCONOMIQUES ET SOCIALES PERTINENTES


Pour mieux comprendre l’impact des variations de prix des denrées alimentaires sur la
sécurité alimentaire des ménages, il est essentiel de s’appuyer sur les principales théories
économiques et sociales qui expliquent les relations entre prix, revenus et consommation.

2.1. La loi de l’offre et de la demande

La loi de l’offre et de la demande, développée par les économistes classiques comme Adam
Smith (1776) et plus tard formalisée par Alfred Marshall (1890), stipule que le prix d’un bien
est déterminé par l’interaction entre la quantité offerte et la quantité demandée sur le marché.

Lorsque l’offre diminue et que la demande reste constante, les prix augmentent.

À l’inverse, lorsque l’offre augmente, les prix ont tendance à baisser.

Dans le cas des denrées alimentaires à Mbuji-Mayi, cette loi s’illustre par la fluctuation des
prix du maïs et du manioc : pendant la période de soudure, lorsque les récoltes sont faibles, les
prix s’élèvent rapidement, rendant ces produits inaccessibles à une partie des ménages.

2.2. La théorie de la consommation (Keynes, 1936)


John Maynard Keynes, dans sa théorie de la consommation, explique que les dépenses des
ménages dépendent principalement de leur revenu disponible. Selon lui, la propension
marginale à consommer diminue à mesure que le revenu augmente.

Les ménages pauvres consacrent une grande part de leur revenu à l’alimentation.

Les ménages aisés diversifient davantage leur consommation.

À Mbuji-Mayi, les ménages à faibles revenus consacrent parfois plus de 70 % de leurs


ressources à l’achat de denrées alimentaires (INS, 2020). Ainsi, toute augmentation des prix a
un effet direct et disproportionné sur leur sécurité alimentaire.

2.3. La théorie des besoins fondamentaux (Maslow, 1943)

La pyramide des besoins de Maslow hiérarchise les besoins humains en cinq niveaux :

1. Besoins physiologiques,

2. Besoins de sécurité,

3. Besoins sociaux,

4. Besoins d’estime,

5. Besoins d’accomplissement.

Les denrées alimentaires étant au premier niveau (besoins physiologiques), leur satisfaction
constitue une priorité absolue pour les ménages. Quand les prix augmentent, les ménages
pauvres doivent réduire d’autres dépenses (santé, éducation, logement) pour continuer à se
nourrir, ce qui accentue leur vulnérabilité.

2.4. La théorie des capabilités (Amartya Sen, 1981)


Amartya Sen a introduit une approche novatrice de la sécurité alimentaire en mettant l’accent
non seulement sur la disponibilité des aliments mais aussi sur la capacité des ménages à y
accéder.

Selon lui, la famine ne résulte pas toujours d’une pénurie alimentaire, mais souvent d’un
manque de pouvoir d’achat.

Ainsi, même lorsque les marchés sont approvisionnés, les ménages pauvres peuvent souffrir
de malnutrition faute de revenus suffisants.

Ce constat s’applique fortement à Mbuji-Mayi où les marchés regorgent parfois de produits


importés (riz, huile végétale, farine de froment), mais où de nombreux ménages ne peuvent
pas les acheter à cause de leur coût élevé.

2.5. La théorie de la dépendance aux importations

Selon cette approche, largement utilisée en économie du développement (Prebisch, 1950 ;


Amin, 1973), les pays en développement restent vulnérables aux chocs extérieurs car ils
dépendent fortement des importations pour leur approvisionnement en produits alimentaires.

Toute dépréciation de la monnaie locale ou hausse des prix internationaux se répercute


immédiatement sur les consommateurs locaux.

En RDC, la dépendance vis-à-vis des importations (riz d’Asie, farine et huile de Zambie ou de
Tanzanie) accentue la volatilité des prix sur les marchés urbains comme celui de Mbuji-Mayi.

2.6. La théorie de la vulnérabilité des ménages (Chambers, 1989)

Chambers définit la vulnérabilité comme l’exposition des ménages aux risques et leur
capacité à y faire face. Selon cette théorie :
 Les ménages pauvres sont plus vulnérables aux variations de prix car ils n’ont pas de
réserves financières.

 Ils doivent souvent adopter des stratégies d’adaptation négatives, comme réduire la
qualité des repas, vendre des biens de ménage, ou retirer les enfants de l’école pour
économiser.

À Mbuji-Mayi, ces comportements sont observés lorsque les prix du maïs ou de l’huile
atteignent des niveaux très élevés, forçant les familles à se tourner vers des substituts de
moindre qualité ou à réduire le nombre de repas quotidiens.

2.7. Approches contemporaines de la sécurité alimentaire

Des travaux récents (FAO, 2022 ; Banque mondiale, 2021) insistent sur l’interdépendance
entre :

 La sécurité alimentaire,

 La pauvreté,

 La résilience économique.

Ils montrent que la sécurité alimentaire ne peut être atteinte uniquement par une augmentation
de la production agricole mais nécessite aussi :

 Une meilleure accessibilité économique,

 Des infrastructures de transport fiables,

 Des mécanismes de protection sociale pour amortir les chocs de prix.


3. REVUE DE LITTÉRATURE

La revue de littérature permet d’examiner les travaux antérieurs réalisés sur la thématique de
la sécurité alimentaire et des variations de prix des denrées. Elle met en évidence les
approches théoriques et empiriques existantes, tant au niveau international qu’au niveau
africain et congolais.

3.1 Travaux antérieurs au niveau international

La sécurité alimentaire est une préoccupation mondiale. La FAO (1996) définit la sécurité
alimentaire comme la situation où « toutes les personnes, à tout moment, ont un accès
physique, social et économique à une alimentation suffisante, sûre et nutritive ». Depuis lors,
plusieurs études se sont intéressées au rôle des prix alimentaires dans cette problématique.

Selon Headey et Fan (2008), les crises alimentaires mondiales de 2007-2008 et 2011 ont
montré que la hausse brutale des prix alimentaires internationaux accroît la pauvreté et la
malnutrition dans les pays en développement.

Ivanic et Martin (2014) confirment que les ménages urbains pauvres sont les plus touchés par
les hausses des prix alimentaires, car ils dépendent presque exclusivement du marché pour
leur approvisionnement.

Barrett (2010) souligne que la sécurité alimentaire ne doit pas être réduite à la seule
disponibilité des aliments, mais qu’elle dépend largement du pouvoir d’achat et de la stabilité
des prix.

Ces travaux internationaux démontrent donc que les fluctuations de prix constituent un
déterminant majeur de l’insécurité alimentaire, en particulier pour les ménages pauvres des
pays importateurs.

3.2 Études sur la sécurité alimentaire en Afrique subsaharienne


En Afrique subsaharienne, de nombreux chercheurs ont analysé les liens entre variation des
prix et sécurité alimentaire :

o Selon une étude de la Banque Africaine de Développement (2019), la dépendance aux


importations alimentaires expose les pays africains à des chocs externes, aggravant la
vulnérabilité des ménages urbains.

o Jayne et al. (2010) ont montré qu’en Afrique de l’Est, l’instabilité des prix du maïs,
aliment de base, constitue l’une des principales causes de l’insécurité alimentaire
chronique.

o Devereux (2009) souligne que les ménages ruraux et urbains développent des
stratégies d’adaptation variées (réduction du nombre de repas, diversification
alimentaire, recours au crédit informel), mais que ces stratégies fragilisent à long
terme leur résilience.

o En Afrique de l’Ouest, Bricas et al. (2016) indiquent que l’urbanisation rapide et


l’augmentation des prix alimentaires accentuent la dépendance des ménages urbains
vis-à-vis des marchés, réduisant leur capacité à assurer une alimentation stable et
nutritive.

Ces analyses africaines insistent sur la vulnérabilité accrue des ménages urbains, qui n’ont pas
de production agricole propre et sont donc fortement exposés aux variations de prix.

3.3 Études antérieures en RDC et au Kasaï-Oriental

La République Démocratique du Congo (RDC) connaît une insécurité alimentaire structurelle


malgré son potentiel agricole chonsidérable. Plusieurs recherches ont mis en lumière la
problématique des prix alimentaires dans ce contexte :

Selon le Programme Alimentaire Mondial (PAM, 2021), environ 27 millions de Congolais


souffrent d’insécurité alimentaire aiguë, en grande partie à cause de la hausse des prix
alimentaires et de la faible accessibilité économique.
Kalonji (2018) a étudié l’évolution des prix du maïs dans le Kasaï et montre que leur volatilité
résulte à la fois de la dépendance vis-à-vis des importations zambiennes et de l’absence
d’infrastructures de stockage.

Tshimanga (2020) note que dans la ville de Mbuji-Mayi, les prix des denrées de base (maïs,
manioc, huile) connaissent de fortes fluctuations saisonnières, réduisant l’accès des ménages
pauvres à une alimentation adéquate.

Une enquête de l’INS (2020) révèle que les ménages du Kasaï-Oriental dépensent en
moyenne 65 à 75 % de leurs revenus dans l’achat de denrées alimentaires, ce qui les rend
particulièrement vulnérables aux variations des prix.

Ces études confirment que la sécurité alimentaire à Mbuji-Mayi n’est pas seulement une
question de disponibilité physique des produits, mais surtout une question d’accessibilité
économique, fortement dépendante des prix du marché.

3.4 Enseignements tirés de la littérature

De la littérature analysée, il ressort que :

1. Les prix alimentaires jouent un rôle central dans la détermination du niveau de


sécurité alimentaire des ménages.

2. Les ménages urbains pauvres sont les plus exposés aux variations de prix car
ils n’ont pas de production agricole propre.

3. En RDC, et particulièrement à Mbuji-Mayi, la dépendance vis-à-vis des


importations et la faiblesse des revenus accentuent la vulnérabilité alimentaire.

4. La majorité des études soulignent la nécessité d’interventions publiques, telles


que des politiques de stabilisation des prix, des programmes de filets sociaux,
et des stratégies de renforcement de la production locale.
4. CADRE CONCEPTUEL DE LA RECHERCHE

Le cadre conceptuel constitue la synthèse des théories et résultats de la littérature, adaptée au


contexte spécifique de la ville de Mbuji-Mayi. Il permet de visualiser les relations entre les
variables étudiées et de poser les bases analytiques de l’étude.

4.1 Variables de l’étude

 Variable indépendante : variation des prix des denrées alimentaires (mesurée


par les indices de prix, évolution mensuelle/saisonnière, comparaison entre
différents produits de base tels que le maïs, le manioc, l’huile végétale, le riz,
etc.).
 Variable dépendante : sécurité alimentaire des ménages (mesurée à travers
des indicateurs d’accès, de disponibilité et de qualité nutritionnelle de
l’alimentation).

 Variables intermédiaires : revenu des ménages, taille du ménage, niveau


d’instruction, profession, stratégies d’adaptation.

4.2 Dimensions de la sécurité alimentaire

Selon la FAO (2006), la sécurité alimentaire repose sur quatre dimensions fondamentales :

1. Disponibilité alimentaire : quantité suffisante d’aliments disponibles dans la ville


(offre locale et importations).

2. Accès économique et physique à la nourriture : capacité des ménages à acquérir les


denrées sur le marché à des prix abordables.

3. Utilisation biologique : qualité nutritionnelle des aliments et capacité de l’organisme


à les assimiler (santé, hygiène, diversité alimentaire).
4. Stabilité : régularité de l’approvisionnement et du pouvoir d’achat dans le temps.

Dans le cadre de cette recherche, l’accent est mis sur la dimension de l’accès économique à
l’alimentation, particulièrement pertinente à Mbuji-Mayi où la plupart des ménages dépendent
du marché pour se nourrir.

4.3 Indicateurs de la sécurité alimentaire

Les principaux indicateurs mobilisés sont :

Part du revenu consacré à l’alimentation (plus elle est élevée, plus le ménage est vulnérable).

Diversité alimentaire (nombre de groupes d’aliments consommés régulièrement).

Nombre de repas par jour (réduction du nombre de repas comme stratégie d’adaptation).

Accès aux produits de base (maïs, manioc, riz, huile, légumineuses).

Ces indicateurs permettent d’évaluer de manière pratique la relation entre la fluctuation des
prix et la sécurité alimentaire des ménages.

4.4 Modèle conceptuel proposé

Le modèle conceptuel qui guide ce mémoire repose sur l’idée que :

1. Les variations des prix des denrées alimentaires dépendent de plusieurs facteurs
(saison, importations, coûts de transport, instabilité macroéconomique, spéculation
commerciale).
2. Ces variations influencent directement l’accès économique à l’alimentation, car les
ménages doivent adapter leurs dépenses face à la hausse des prix.

3. La sécurité alimentaire des ménages est affectée lorsque les prix élevés réduisent le
nombre de repas, la diversité alimentaire et la qualité nutritionnelle.

4. Les caractéristiques socio-économiques des ménages (revenu, taille, éducation) et


leurs stratégies d’adaptation jouent un rôle d’amortisseur ou d’aggravant dans cette
relation.

Ce premier chapitre a permis de poser les bases théoriques, conceptuelles et empiriques


nécessaires à l’étude de l’effet des variations de prix des denrées alimentaires sur la sécurité
alimentaire des ménages à Mbuji-Mayi.

Il a d’abord clarifié les concepts fondamentaux (denrées alimentaires, variation des prix,
sécurité alimentaire, ménages, vulnérabilité), puis présenté les principales théories
économiques et sociales pertinentes (offre et demande, revenu et consommation, pauvreté et
vulnérabilité).

La revue de littérature a montré que, tant au niveau international qu’en Afrique subsaharienne
et en RDC, les fluctuations des prix alimentaires constituent un facteur majeur d’insécurité
alimentaire, surtout pour les ménages urbains pauvres.

Enfin, le cadre conceptuel a permis de préciser les variables, dimensions et indicateurs de


l’étude, en mettant l’accent sur l’accès économique à la nourriture comme dimension centrale
de la sécurité alimentaire à Mbuji-Mayi.

Ce chapitre constitue ainsi la fondation de l’analyse empirique. Le chapitre suivant présentera


le cadre méthodologique de la recherche, en détaillant la démarche scientifique adoptée pour
tester les hypothèses et atteindre les objectifs fixés.

CHAPITRE II : CADRE MÉTHODOLOGIQUE


Ce chapitre présente la démarche méthodologique adoptée pour répondre à la problématique :
« Quelle est l’influence de la variation des prix des denrées alimentaires sur la sécurité
alimentaire des ménages dans la ville de Mbuji-Mayi ? ».

L’objectif principal est de détailler le type et l’approche de recherche, la population cible, les
méthodes et outils de collecte, ainsi que les techniques d’analyse des données. Le chapitre met
également en évidence les limites et contraintes rencontrées lors de l’étude.

Il est structuré autour de huit sections : type et approche de recherche, population et


échantillonnage, méthodes et techniques de collecte, outils, méthodes d’analyse des données,
limites et contraintes, et conclusion.

1. Type et approche de la recherche

1.1. Approche de recherche


Pour étudier l’effet des variations de prix sur la sécurité alimentaire, une approche mixte
(quantitative et qualitative) est adoptée.

 Quantitative : mesure des variables économiques et alimentaires, à travers des


enquêtes auprès des ménages et l’exploitation des données secondaires sur les prix et
revenus.

 Qualitative : entretiens semi-structurés avec des acteurs clés (commerçants,


responsables de marchés, experts en sécurité alimentaire) pour comprendre les
perceptions, stratégies et contraintes des ménages.

Cette combinaison permet d’obtenir une vision complète, à la fois statistique et descriptive, de
la problématique étudiée.

1.2. Degré d’explication

La recherche est de type descriptive et explicative :


 Descriptive : identification des causes de la variation des prix et caractérisation des
ménages vulnérables.

Explicative : analyse des relations entre la fluctuation des prix et la sécurité alimentaire, en
mettant en évidence les déterminants et facteurs intervenants.

2. Population d’étude et échantillonnage

2.1. Population cible

La population étudiée est constituée de ménages résidant dans la ville de Mbuji-Mayi, répartis
dans les cinq communes : Diulu, Muya, Kanshi, Bipemba et Tshimbulu.

Ces ménages varient selon :

 Taille (nombre de membres),

 Revenu mensuel,

 Profession (commerce, agriculture, service, artisanat),

 Niveau d’instruction des chefs de ménage.

2.2. Taille de l’échantillon

La taille de l’échantillon est calculée selon la formule de Yamane (1967) :

N = \frac{N}{1 + N€^2}
 N = population totale estimée de Mbuji-Mayi (~1 500 000 habitants),

 e = marge d’erreur choisie (5 % = 0,05).

Cela donne une taille d’échantillon approximative de 384 ménages, ce qui assure une
représentativité suffisante pour l’analyse statistique.

2.3. Méthode d’échantillonnage

Un échantillonnage aléatoire stratifié est adopté :

1) La ville est stratifiée selon les cinq communes.

2) La proportion de ménages par commune est respectée pour garantir la représentativité.

3) Les ménages sont sélectionnés aléatoirement dans chaque strate à partir des listes
disponibles dans les services municipaux et associations locales.

3. Méthodes et techniques de collecte des données

3.1 Enquêtes par questionnaires

Les questionnaires sont structurés, contenant des questions fermées et semi-ouvertes. Ils
abordent :

 Le profil socio-économique du ménage (taille, revenu, profession, niveau


d’instruction),

 L’accès aux denrées alimentaires (fréquence des achats, prix payés),


 Les stratégies d’adaptation face aux variations de prix (substitution alimentaire,
réduction du nombre de repas, recours au crédit).

3.2 Entretiens avec acteurs clés

Des entretiens semi-structurés sont réalisés auprès de :

 Commerçants et responsables de marchés,

 Experts en sécurité alimentaire (ONG, agences gouvernementales),

 Autorités locales.

Ces entretiens permettent de comprendre les mécanismes de fixation des prix, les difficultés
d’approvisionnement et les perceptions des acteurs locaux.

3.1. Exploitation des données secondaires

Les données secondaires sont collectées auprès de :

- INS (Institut National de la Statistique) : indices de prix, consommation


alimentaire, niveaux de pauvreté, dépenses des ménages,

- FAO et Banque mondiale : rapports sur la sécurité alimentaire, évolution des


prix, études comparatives internationales,

- Banque centrale et ministères : statistiques économiques et monétaires


influençant les prix alimentaires.

4. Outils de collecte
 Questionnaire structuré : pour les ménages, avec sections sur le profil socio-
économique, accès aux denrées, stratégies d’adaptation, etc.

 Guide d’entretien : pour les acteurs clés, permettant de recueillir des informations
qualitatives sur la fixation des prix et les difficultés rencontrées.

Fiches statistiques : pour consigner les données secondaires et effectuer les analyses
quantitatives.

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