0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
26 vues135 pages

Cours D'anapath Gen

Transféré par

paulputela899
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats DOCX, PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
26 vues135 pages

Cours D'anapath Gen

Transféré par

paulputela899
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats DOCX, PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

CT Dr Simplice-Stéphane KANZA LANDU

MD, Spécialiste en ANAPATH


Doctorant en Pathologie Digestive

COURS D’ANATOMIE PATHOLOGIQUE


GENERALE

Notes de cours destinées aux étudiants de


3ème année en Sciences Biomédicales

2019
PLAN DU COURS

Chapitre 1: Introduction générale

Chapitre 2: Structures et fonctions cellulaires et lésions élémentaires des cellules et


des tissus

Chapitre 3: Lésions des espaces et substance intercellulaires

Chapitre 4: Pathologie générale des troubles circulatoires ou lésions vasculo-


sanguines et troubles circulatoires

Chapitre 5: Inflammation

Chapitre 6: Maladies Métaboliques Systémiques(MMS) ou Enzymopathies

Chapitre 7: Pathologie générale de la croissance cellulaire

Chapitre 8: Oncologie générale ou Etude des néoplasmes.

2
CHAPITRE 1 : INTRODUCTION GENERALE
I.- ANATOMIE PATHOLOGIQUE, BIOLOGIE ET MEDECINE
A.- Définition, place et objet de l'anatomie pathologique.
L'Anatomie Pathologique se définit comme l'étude des lésions
macroscopiques, histologiques, ultra structurales et biomoléculaires apportées par
la maladie aux organes, aux tissus et aux cellules.

Maladie signifie toute modification des états anatomiques ou fonctionnels


généralement acceptés comme normaux. Les limites entre le normal et le
pathologique ne sont cependant pas nettement marquées. Elles varient d'ailleurs, en
fonction des facteurs aussi divers que l'âge, le sexe, les conditions climatiques, ...
Ainsi, le taux d'Hb normal dans le sang n'est pas le même chez 2 sujets sains dont
l'un habite une plaine côtière et l'autre un haut plateau.

La santé n'est pas seulement l'absence de maladies, mais un état de bien-


être complet physique, mental et social.
Il apparaît indispensable d'acquérir les (notions) connaissances suffisantes
d'anatomie, d'histologie, d'embryologie, de physiologie, de biochimie et
biophysique qui lui serviront de termes de comparaison pour juger de la qualité et
de l'ampleur des troubles apportés à l'organisme par la maladie.
La maladie doit être identifiée et rapportée à sa cause afin de mettre en
œuvre une thérapeutique aussi étroitement adaptée que possible. L'agent
étiologique provoque des altérations des tissus appelées "Lésions" qui peuvent se
manifester par des signes physiques, des symptômes fonctionnels et des signes
biologiques ou biochimiques. Toute l'histoire de la médecine est de faire coïncider
le type de la lésion et les troubles qu'elle engendre. De cette confrontation anatomo-
clinique est née la SEMIOLOGIE qui permet souvent un diagnostic précis par le
simple examen du malade.
Cependant, des signes et des symptômes identiques peuvent relever des
causes différentes agissant aux mêmes niveaux. Aussi, le diagnostic n'est-il pas
souvent le fait de la clinique seule, mais de toute une série de disciplines parmi
lesquelles l'Anatomie Pathologique tient une place considérable et peut être
considérée comme la Cours Suprême de la Médecine.

Pendant longtemps, Clinique et Anatomie Pathologique n'ont fait qu'un :


le médecin, jadis, se contentait de décrire les lésions accessibles à un examen direct
et dont la nature n'était que très approximativement reconnue. Plus tard, une fois
admise l'ouverture des cadavres, il a pu comparer les manifestations qu'il avait
enregistrées du vivant du malade, à l'aspect, la localisation, l'extension des lésions
organiques et établir des concordances suffisamment éprouvées pour conférer à
certaines constatations cliniques une signification précise.

Si Laennec n'avait pas été autant pathologiste que clinicien, on ignorerait


peut-être encore quels types de lésions pulmonaires ou pleurales sont trahis par les
divers souffles recueillis à l'auscultation. A partir du moment où des méthodes trop
complexes ont été mises en jeu, Clinique et Anatomie Pathologique se sont scindés,
un seul individu ne pouvant en conserver l'entière maîtrise. Lorsque les progrès de
l'optique ont permis, notamment l'examen des lésions au microscope, c'est une
3
nouvelle technique de diagnostic qui est apparue, amenant l'individualisation de
l'Anatomie Pathologique en tant que spécialité médicale.
On peut aujourd'hui craindre que cet écart ne s'accroisse par la mise en
œuvre des méthodes tellement complexes entraînant une spécialisation plus
poussée. Mais fort heureusement, des moyens de prélèvement plus perfectionnés
ont vu le jour, permettant la biopsie des lésions à des stades précoces, de sorte que
les cliniciens sont dans de nombreux domaines très conscients à nouveau de
l'importance du diagnostic histo-pathologique, s'efforçant même d'acquérir, dans ce
domaine, des connaissances tout au moins théoriques que leurs immédiats
prédécesseurs négligeaient superbement. Ainsi, se trouvent aujourd'hui rapprochées
ces deux disciplines, le malade ne peut qu'en bénéficier et l'étudiant en médecine
aurait tort de dédaigner maintenant des notions morphologiques dont l'absence se
fera cruellement sentir demain dans sa pratique.
Objet:

Son objet est la maladie. Cette dernière est comme stipulé plus haut, tout
trouble des états anatomiques ou fonctionnels de l'organisme ou de l'une ou
plusieurs des ses parties. L'Anatomie Pathologique s'occupe de l'étiologie ou étude
des causes des maladies et de la pathogénie ou étude du mécanisme de leur
apparition et des facteurs qui influencent leur apparition et leur évolution.
Les causes d'une ou des maladies se classifient en :
- causes immédiates
- causes précipitantes ou favorisantes et en
- causes pré disposantes.
Les causes immédiates sont celles réputées déclenché directement la
maladie. Ex : le B.K pour la tuberculose, le pneumocoque pour la pneumonie..., ces
agents sont découverts en Microbiologie.
Cependant, on peut porter ces germes sans développer ou manifester la
maladie, on est dit porteur sain. Ainsi les causes précipitantes ou favorisantes sont
celles qui permettent aux premières (immédiates) d'agir ou de déclencher la
maladie. Ce sont des causes liées à l'environnement dans lequel nous évoluons,
celui qui nous entoure et nous citerons: le froid pour le virus de la grippe,...
Enfin les causes pré disposantes sont des circonstances de terrain qui font
que la maladie trouve des conditions favorables, un terrain favorable pour se
développer. Il s'agit ici des facteurs internes à l'organisme. Ex: l'immunodéficience
acquise pour les infections opportunistes des sidéens, la malnutrition pouvant
constituer un terrain favorable pour de nombreuses maladies de même que l'âge.
Ces causes bien que distinctes interfèrent, se superposent pour une action
commune. C'est pourquoi elles sont souvent étudiées ensemble dans
l'étiopathogénie qui lie l'étude des causes immédiates de la maladie (étiologie) à
celle des causes extrinsèques et intrinsèques à l'organisme humain.
L'agent étiologique détermine donc des lésions microscopiques,
macroscopiques, ultra structurales ou biomoléculaires, expression morphologique
d'une maladie, état très écarté de la normale, de l'équilibre de l'organisme qui se
trouve être métastable, dynamique et non stable. Toute maladie n'est pas toujours
symptomatique, elle peut être asymptomatique alors que fort avancée sur le plan
biologique et clinique. Elle est dite infra clinique ou subconscient.
Aujourd'hui les maladies sont classifiées d'après leur étiologie et étiopathogénie.
4
On en distingue donc plusieurs classes:
1.- Maladies héréditaires ayant à l'origine un gène porteur d'anomalie et se
transmettant à la descendance selon les lois de l'hérédité mendélienne.
Ex: - La Drépanocytose ou l'ennemie SS
- Les Thalassémies: maladies sanguines des méditerranéens.
2.- Maladies congénitales: présentes ou apparaissant à la naissance de l'individu
(on naît avec). Elles peuvent être causées par des mécanismes héréditaires. Il
s'agit souvent des malformations de développement. Certaines maladies non
dues à un processus malformatif peuvent être congénitales comme la syphilis,
la toxoplasmose,...
3.- Les maladies toxiques dues aux poisons ou substances toxiques capables de
provoquer des lésions, une nécrose cellulaire. Ex: Collapsus circulatoire
toxique.
4.- Les maladies infectieuses dues aux divers agents infectieux: bactéries,
virus,...Elles sont contagieuses et transmissibles.
5.- Les maladies traumatiques provoquées par les effets mécaniques directs sur
le corps tels que: la chaleur, le froid, les irradiations, coup de poing...
6.- Maladies dégénératives qui surviennent avec le vieillissement de l'organisme
tout entier. Elles sont difficiles à guérir mais on sait les soulager.
7.- Maladies allergiques provoquées par des allergies diverses, une hyper
sensibilisation vis-à-vis d'un agent extérieur donné agissant comme un
antigène.
8.- Les maladies auto-immunitaires provoquées par une hypersensibilisation d'un
individu vis-à-vis de ses propres constituants.
Ex: Le lupus érythémateux disséminé, l'arthrite rhumatismale, la thyroïdite
d'Hashimoto...
9.- Les maladies nutritionnelles par carence ou déficit alimentaire : Kwashiorkor,
marasme, les avitaminoses...
10.- Les maladies métaboliques par perturbation d'un métabolisme quelconque tel
celui des glucides, des lipides...
11.- Les maladies moléculaires.
12.- Les maladies néoplasiques: les tumeurs
13.- Les maladies psychosomatiques intéressant et l'âme et le corps. Elles ont une
origine essentiellement émotionnelle. Ex: Gastrite, HTA...
14.- Les maladies iatrogènes causées par l'acte médical
(Acte bon ou mauvais) ou la parole du médecin ou de ses collaborateurs.
15.- Les maladies idiopathiques ou cryptogénétiques ou essentielles, d'une
genèse propre et de cause inconnue. Certaines de ces classes se chevauchent.
B.- Nomenclature des maladies
Les noms des maladies tiennent compte de différents éléments. Il peut
s'agir du nom du chercheur qui l'a découverte ou décrit le 1er la maladie. Dans une
telle nomenclature on parle d'éponyme
Ex: - Tumeur ou Lymphome de Burkitt,
- Maladie ou Lymphome de Hodgkin...
- Dysplasie fibrokystique du sein ou Maladie de Reclus.
II.- ENSEIGNEMENT D'HISTOPATHOLOGIE OBJECTIFS DU COURS
Ce cours occupe une place importante dans le cursus des études médicales
undergraduate (1er cycle) et dans la pratique médicale en général notamment dans
toutes les spécialités médicales.
.
5
A.- Objectifs généraux
- Informer les étudiants, leur apprendre et expliquer les différents concepts et les
théories de l'Anatomie Pathologique.
- Leur apprendre à observer et analyser les changements pathologiques tant au
niveau macroscopique (à l’œil nu) qu'au niveau microscopique.
- Les initier à intégrer les connaissances des sciences de base à la connaissance de
la maladie.
- Leur apprendre que l'Anatomie Pathologique bien que Cour Suprême, juge de la
Médecine, a ses limites.
- Leur expliquer le rôle capital de l'Anatomie Pathologique dans un hôpital et
dans d'autres domaines tels que la justice, la santé publique et la recherche
Biomédicale.
- Amener l'étudiant à :
1) reconnaître et à résoudre seul ou en équipe les problèmes rencontrés en
Médecine Clinique et l'amener à décider de l'orientation de l'échantillon vers le
pathologiste.
2) consulter un livre de pathologie
3) Acquérir un esprit critique en Anatomie Pathologique, l'amenant à interpréter
judicieusement les résultats de l'examen anatomopathologique.
B.- objectifs spécifiques
1.- Anatomie Pathologique Générale
a. Partie théorique.
Elle vise à:
- Informer de l'existence des principaux processus morbides et avertir de leur
intérêt.
- Expliquer la genèse des processus morbides, leur mécanisme et leur évolution
- Apprendre les phénomènes importants de ces processus morbides pour la
compréhension des manifestations cliniques.
b. Partie Pratique permet de:
- Faire observer et analyser les changements pathologiques au niveau
microscopique;
- Apprendre à faire ressortir les corrélations anatomo cliniques.
III.- METHODES ET TECHNIQUES DE L'ANATOMIE PATHOLOGIQUE
Le nombre de maladies est illimité car résultant des combinaisons
multiples entre divers facteurs, notamment la nature de l'agression, la topographie
de son impact et les capacités réactionnelles de l'organisme. Une classification
exhaustive serait illusoire. Mais en prenant comme fil conducteur, la morphologie
des lésions et leurs modalités évolutives, on constate que les processus morbides
peuvent en fait se réduire à un nombre relativement restreint de schémas
fondamentaux faisant l'objet de l'Anatomie Pathologique Générale, tandis que
l'Anatomie Pathologique Spéciale et l'Ætopathologie analysent les caractères
spéciaux conférés aux lésions par leur contexte tissulaire et l'âge du malade.

Dans la pratique, le matériel soumis à l'anatomopathologiste possède une


valeur diagnostique variable en fonction de son mode de prélèvement. Sous le
contrôle de la vue, le prélèvement peut intéresser la lésion de façon partielle, il
6
s'agit alors de la biopsie ou de façon totale si la lésion est petite, il s'agira alors
d'une biopsie exérèse. Parfois, ou recourt à un matériel endoscopique ou à une
intervention chirurgicale, c'est donc une biopsie chirurgicale. Certains organes
sont abordés par voie transcutanée avec un trocart découpant et ramenant un
cylindre de parenchyme : ponction biopsie à l'aveugle pouvant passer à côté des
foyers lésionnels. Parfois on se contente de l'examen des cellules détachées
recueillies au sein des liquides organiques (secrétions, exsudations), c'est le
cytodiagnostic par frottis d'interprétation subtile. Lorsque l'examen porte sur une
biopsie per opératoire, on parle de biopsie extemporanée. On peut aussi étudier les
tissus recueillis après la mort : il s'agit de la nécropsie ou de l'autopsie selon les
cas pour vérification. Quelle que soit la modalité de prélèvement,
l'anatomopathologiste dispose de toute une gamme de techniques pour l'étudier.

Les colorations simples suffisent souvent. On recourt parfois à


l'histochimie, l'histoenzymologie et l'immunopathologie. La microscopie
électronique supplée aux diverses insuffisances de la microscopie photonique en
nous renseignant sur les altérations des organites intracytoplasmiques ou de la
substance interstitielle, insoupçonnables autrement. On peut faire appel à des
examens en lumière polarisée, en contraste de phase, ...
CYTOLOGIE EXFOLIATIVE
Organes frottisables
Organes Renseignements et Diagnostiques
1 - col utérin Qualité des cellules: normales?
cancéreuses, dysplasiques, inflammatoires ?
2 - Paroi Vaginale Etat hormonal du cycle
(cul de sac) menstruel (apprécier le degré
de ménopause), qualité des cellules
recueillies:
normales, cancéreuses, inflammatoires ?
3 - Cavité endo-utérine Endomètre: cancer, inflammation?
(lavage endo-utérin)
4 - Glande Mammaire: - Aspect: clair, sanguinolent purulent
Ecoulement spontané sans - qualité des cellules y contenues.
Pression
5 - cavité buccale: - inflammation
muqueuse linguale ou jugale - La chromatine sexuelle de Barr (sexe ou)
sur
la muqueuse jugale. Il s'agit d'une information
génétique.
6 –cavité péritonéale: liquide . aspect
d'ascite :
. qualité des cellules
7 - Expectoration, (crachat) -Information oncologique
toux véritable - ou inflammatoire
8 - Bronche : lavage - oncologie
- inflammation
9 - Epanchement pleural - inflammation
10 - Tissu hématopoïétique
- sang - Anémie, Leucémie
- Moelle osseuse - Etat de l'hématopoïèse
- cancer du sang

7
- métastases
11 - Liquide amniotique : - sexe de l'enfant par amniocentèse
(recherche de la chromatine sexuelle de Barr,
actuelle échographie)
- Inflammation: amnionite.
12 - LCR : - Recherche des cellules cancéreuses ou
inflammatoires, cellules de Mot:
Trypanosomiase
13 - Liquide d'épanchement Recherche des cellules cancéreuses ou
Articulaire : inflammatoires.
14 - Urines - Recherches des cellules cancéreuses ou
Inflammatoires
15 - Lavage Vésical Recherche des cellules cancéreuses,
inflammatoires.
16 - Empreintes diverses Recherche des cellules cancéreuses ou
Inflammatoires
17 - Ponction d'une tumeur Déterminer sa nature

IV.- NOMENCLATURE EN ANATOMIE PATHOLOGIQUE


Le terme d'Anatomie pathologique peut être équivalent à celui de
Pathologie (Canada). Pour éviter la confusion nous allons distinguer ce qui suit :
En français Anatomie Pathologique ou Anatomopathologie couvre toute
l'étude des tissus aussi bien macroscopique que microscopique (anapath au point de
vue histologique et cytologique)
Cette vision francophone se traduit par le terme "Pathology" en anglais que
les Canadiens francophonisent en "Pathologie" alors que le terme francophone
"Pathologie" correspond au terme anglais "Clinical Medecine".
- A text book of Surgical Pathology: Livre d'histopathologie
- Clinical Pathology : Médecine de Laboratoire
Biologie Clinique ou
Biologie Médicale
- Pathological Anatomy: Anatomie pathologique autopsie comprise
- Anatomic Pathology : Anatomie Pathologique de façon précise.

V.- INTERET DE L'HISTOPATHOLOGIE EN MEDECINE


Il est plus évident que le domaine le plus large de la médecine est la
médecine Clinique, mais quel est le rôle de l'Anatomie pathologique dans cette
médecine, dans la recherche biomédicale, en Santé Pathologique et en justice ?
En médecine clinique son rôle est triple voire quadruple :
- Elle permet l'établissement du diagnostic précis et partant du traitement.
- Elle confirme ou infirme le diagnostic clinique et peut même poser un diagnostic
non soupçonné en clinique.
- Elle permet de guider et d'évaluer le traitement par des biopsies ou des frottis de
contrôle. Ex: Etat de l'endomètre
- Elle permet la vérification des diagnostics par nécropsies ou autopsies.

8
Dans la recherche biomédicale son rôle est aussi important cfr méthodes
en Anapath.
En Santé Publique, elle joue aussi un rôle important surtout en
Epidémiologie ou Pathologie Géographique qui suppose la connaissance précise et
exacte d'un diagnostic. Elle renseigne ainsi sur la distribution des maladies.
Dans la Pathologie de l'environnement le pathologiste joue un rôle très
important dans la précision du diagnostic de même que dans l'étude de la morbidité
ou mieux du taux de mortalité en précisant les causes par les autopsies.
Enfin, le pathologiste joue un rôle en dehors du domaine médical c.à.d.
dans la justice en renseignant sur les causes des morts subites, d'intoxication etc.
C'est ici l'aspect de la Médecine Légale dispensée en IIe Doctorat comme cours de
formation ou comme Département de l'Hôpital.

9
CHAPITRE 2:
-STRUCTURES ET FONCTIONS CELLULAIRES
- LESIONS ELEMENTAIRES DES CELLULES ET DES TISSUS.
I.- STRUCTURES ET FONCTIONS CELLULAIRES
A.- La cellule
1. Définition
C'est la plus petite masse de matière vivante capable d'une vie
indépendante. On distingue la cellule procaryote et la cellule eucaryote.
La cellule procaryote ou à noyau primitif, est un petit élément dépassant
rarement 0,5 à 3 μm de diamètre, à noyau sans membrane, dont l'information
génétique se trouve réduite à un seul chromosome formé d'ADN sans histone,
dépourvu de nucléole et d'activité mitotique et de système développé d'organites
tels que mitochondrie, appareil de Golgi, lysosome. Ce groupe comprend
essentiellement les bactéries et les algues cyanophycées. La recherche sur ce
groupe a abouti au développement de la biologie moléculaire.
La cellule eucaryote ou à noyau bien formé, possède un noyau entouré
d'une membrane, muni de plus d'un chromosome formé d'ADN avec histones,
pourvu d'un nucléole et d'activité mitotique,...
2.- Structures et Fonctions cellulaires de base : cfr. Cours
D’histologie et cytologie (II è Graduat).
3.- Structures et Fonctions Cellulaires Particulières
a. Leucocytes
1) Polynucléaires neutrophiles
Ce sont des cellules très mobiles, leur cytoplasme contient des granules
neutres à la coloration d'hématoxyline-éosine. Ces granules correspondent à des
lysosomes contenant la lysozyme, la phagocytine et d'autres substances
vasoactives.
Leur rôle: Ce sont des cellules d'attaque intervenant dans la défense de
l'organisme. C'est la 1ère cellule qui apparaît dans un foyer
inflammatoire.
2) Polynucléaires éosinophiles.
Ils sont moins mobiles que les neutrophiles. Leur cytoplasme contient des
granules éosinophiles, colorés en rouge à l'hématoxyline-éosine et particulièrement
par l'éosine. Ces granules correspondent aussi aux lysosomes mais ne contiennent
ni lysozyme ni phagocytine mais, des substances antihistaminiques telles que la
sérotonine et la bradykinine.

Leur rôle:
- La phagocytose des corps étrangers que les macrophages n'ont pas su ingérer.
- Ils interviennent dans les réactions allergiques
10
- et dans les parasitoses.
- Ils interviennent dans les processus immunitaires par le transport des complexes
antigènes-anticorps (Ag-Ac) et en donnant des informations sur ces complexes.
Les polynucléaires éosinophiles se trouvent dans les tissus qui sont en contact
avec l'extérieur (environnement) sans que cela soit pathologique.
Ex: la peau, les muqueuses buccales, vaginales et respiratoires.
b. Phagocytes mononucléaires
Ces cellules forment le système appelé "système des phagocytes
mononucléaires" (jadis "système réticulo - endothélial) ou "SPM" en sigle.
C'est un ensemble des cellules comprenant les monoblastes situés au
niveau de la moelle osseuse et devenant des monocytes dans le sang circulant. Les
monocytes peuvent quitter le courant sanguin et passer dans les tissus où ils se
transforment en "histiocytes". Un histiocyte suite à une activité phagocytaire
intense peut se transformer en macrophage qui est une cellule phagocytaire de
grande dimension. Les histiocytes peuvent se regrouper et constituer des amas
cellulaires appelés "granulomes épithélioïdes" à cause de leur agencement et leur
forme rappelant ceux des cellules épithéliales. Un histiocyte peut se transformer en
"cellule géante multi nucléée" ou encore en fibroblaste.
Leur rôle: Les phagocytes mononucléaires assurent la phagocytose des corps
étrangers ou de tout débris cellulaire.
Localisation: - sang: monocytes
- foie: cellules de Kupffer
- poumons: macrophages alvéolaires ou cellules
à poussière.
- cerveau: les cellules micro gliales,
- peau: cellules de Langerhans,
- rate, moelle osseuse ganglion lymphatique:
Macrophages,
- os: ostéoclastes,
- cavités séreuses: macrophages.
c. Fibroblastes
Cellules allongées sécrétant les fibres de collagène et les fibres élastiques.
Ils participent à la formation du tissu cicatriciel qui est le stade final de la
réparation des processus inflammatoires. Les fibroblastes par maturation se
transforment en fibrocytes.
d. Cellules endothéliales
Elles tapissent la lumière des vaisseaux. Dans les processus
inflammatoires leur prolifération aboutit à la formation des néo vaisseaux.
e. Péricytes
Cellules aplaties entourant certains vaisseaux
Rôles : - phagocytose
- synthèse et sécrétion de certaines substances.
- ce sont des cellules contractiles.

11
4.- Fonctions cellulaires liées à certains processus pathologiques.
a. Phénomène d'endocytose
1) Pinocytose (pinos = boire)
Il s'agit de l'ingestion des particules liquides par la cellule et cela par
invagination de la membrane cellulaire et formation des vacuoles intra
cytoplasmiques contenant les particules ingérées. La pinocytose a comme
synonyme "cytopempsis" (la cellule jouant le rôle de pompe aspirante).
2) Micro pinocytose
C'est une pinocytose qui se déroule sur une surface bien limitée de la
membrane cellulaire.
3) Phagocytose
Ingestion des particules solides par la cellule, processus se déroulant en
plusieurs étapes :
- formation des pseudopodes encerclant la particule à ingérer,
- formation des vacuoles de phagocytose ou phagosome,
- fusion de la vacuole de phagocytose avec le lysosome primaire,
- digestion enzymatique du matériel ingéré.
Le matériel à digérer peut être exogène ou endogène. S'il est endogène, on
parle d'auto phagocytose (digestion des organites altérés). On distingue 3 types
vacuoles:
a) Phagosome: vacuole née de fusion de celle contenant le matériel exogène ingéré
avec le lysosome primaire;
b) Autophagosome: vacuole née de la fusion de celle contenant les organites
altérés avec le lysosome primaire;
C) Corpuscule résiduel ou télé lysosome qui est une vacuole contenant les résidus
non digestibles.
4) Facteurs influençant la phagocytose:
Facteurs physiques et chimiques:
a) La température (T°): La T° corporelle normale est facteur favorisant la
phagocytose;
b) Le pH: Le pH optimal est compris entre 6,5 - 6,7;
c) Présence des cations notamment le Ca++
d) Présence d'O2
e) Etat du milieu dans lequel se passe la phagocytose.
f). Opsonines
Ce sont des substances sériques qui favorisent la phagocytose. Leur action
exige la présence du complément. Leur action est appelée Opsonisation. Il existe 2
types d'opsonines:
- Opsonines spécifiques telles que les complexes Ag-Ac
- Opsonines non spécifiques: α1 globulines et α2 globulines.
g) Les toxines bactériennes peuvent agir positivement ou négativement sur la
phagocytose.
12
5) Vacuolisation
C'est la formation des vacuoles dans une cellule (dans son cytoplasme ou
son noyau). Il s'agit d'une enclave à contenu liquide en général et délimité par
membrane. Au microscope optique une vacuole apparaît comme une inclusion
transparente limitée par une membrane. Son contenu est variable (glycogène,
lipides...). La présence des vacuoles de lipides dans une cellule (cytoplasme)
constitue "la stéatose".
6) Athrocytose
C'est l'accumulation intracytoplasmique des substances diverses et leurs
condensations sous forme des granules denses.
Vacuole ---> -------->athrocytose.
b. Phénomène d'exocytose ou clasmatose
1) Exocytose: elle correspond à l'ouverture des vacuoles à l'extérieur et élimination
de substances variées.
2) Clasmatose: elle est caractérisée par une amputation d'un bourgeon ou d'une
bulle de cytoplasme et libération d'un fragment cellulaire brisé dans le milieu
intercellulaire.
c. Altérations liées au Réticulum endoplasmique
Elles sont visibles au microscope optique.
Il s'agit principalement de l'accumulation excessive des produits d'excrétion dans le
système canaliculaire du réticulum endoplasmique (R.E) avec comme conséquence
une distension de ce système.
Ex:: 1) Plasmocytes avec leur noyau excentrique et forte accumulation des
globulines dans le réseau du R.E pendant le processus inflammatoire. Ce réseau
subit une dilatation et aboutit à la formation des corps de Russel apparaissant sous
forme d'un corps homogène très éosinophile en pièce de monnaie. Ces corps
s'observent dans les processus inflammatoires chroniques et dans le plasmocytome.
2) Cellule de Mott: Macrophage rempli de nombreuses vacuoles et prenant l'aspect
de morula. Cette cellule est caractéristique de la trypanosomiase ou maladie de
sommeil; elle s'observe dans le liquide céphalorachidien (LCR).
II.- LESIONS ELEMENTAIRES DES CELLULES ET DES TISSUS.
A.- Réponses cellulaires a l'agression dynamique de l'agression cellulaire
Les lésions élémentaires des cellules représentent les différentes modalités
réactionnelles de celles-ci vis-à-vis de tout agent d'agression modifiant leur
équilibre biologique normal ou homéostasie cellulaire.
La réponse cellulaire à l'agression dépend pour une part de la nature, de
l'intensité et de la durée d'action de l'agent impliqué. Elle dépend en outre de son
point d'impact et de la phase du cycle cellulaire.

13
- Go: Cellule au repos, "hors du cycle"(G = initiale de gap = intervalle);
- G1= phase post mitotique de croissance et de synthèse progressive de l'ADN
(durée variable). On se rappellera que tout agent prolongeant la durée de G1
allonge le rythme des mitoses.
- S: phase de synthèse active et de duplication de l'ADN; phase de synthèse de
l'ADN et des histones (durée de 6 à 8 heures, assez comparable d'une cellule à
l'autre).
- G2: phase de la fin de la synthèse de l'ADN.
- M: mitose (durée de 2 à 3 heures pour G2 et M, assez comparable d'une cellule à
l'autre).

1.- Cycle de la cellule :


Cyclines et kinases dépendant des cyclines
.
Le but ultime de tous les stimuli favorisant la croissance cellulaire est
l’entrée des cellules quiescentes dans le cycle cellulaire. La progression ordonnée
des cellules au cours des différentes phases du cycle cellulaire est orchestrée par les
cyclines, les kinases dépendant de cyclines (CDK) et leurs inhibiteurs. Les CDK
contrôlent le déroulement du cycle cellulaire par l’intermédiaire d’une
phosphorylation des protéines qui sont nécessaires au passage à la phase suivante
du cycle cellulaire. Les CDK sont exprimées en permanence durant le cycle
cellulaire mais sous forme inactive ; par phosphorylation après liaisons avec les
cyclines elles sont activées. Les cyclines et celles synthétisées durant les phases
précises du cycle cellulaires et leur fonction est d’activer les CDK. Les inhibiteurs
des CDK bloquent ces dernières et représentent un autre moyen de contrôle du
cycle cellulaire. La transition de G1 à S est un point de contrôle important dans
l’horloge du cycle cellulaire. En effet, une fois que les cellules ont franchi ce cap,
elles sont obligées de poursuivre le cycle jusqu’à la phase S. Lorsqu’une cellule
reçoit un signal de croissance, les cyclines D sont synthétisées au début de G1, elles
se lient aux CDK4 et CDK6. Plus tard en G1 sont synthétisées les cyclines E, elles
se lient aux CDK2. Les complexes cycline D/ CDK4 , CDK6 et cycline E/ CDK2
phosphorylent la protéine du rétinoblastome (pRb). La protéine pRb
14
déphosphorylée se lie aux facteurs de transcription E2F. La phosphorylation de
pRb libère les protéines E2F qui en retour activent la transcription de plusieurs
gènes dont les produits de synthèse sont essentiels pour la progression au cours de
la phase S (DNA polymérases, thymidine kinase, dihydrofolate réductase et
d’autres enzymes). Le passage de S à G2 est facilité par les cyclines A qui se lient
aux CDK1 et CDK2 qui phosphorylent les substrats qui ne sont pas connus. La
cycline B prend la relève et en formant le complexe avec CDK1 aide le passage de
S à G2. Le complexe cycline B/ CDK1 phosphoryle différentes protéines
nécessaires du passage à la mitose.

L’activité CDK est inhibée par les 2 familles des inhibiteurs des CDK, les
CDKI dont l’une comprend les protéines P21, P27 et P57 qui inhibent l’ensemble
des CDK, tandis que l’autre comprend les P15, P16, P18 et P19 possédant les effets
inhibiteurs sélectifs sur les complexes cyclines D/ CDK1 et cyclines D/ CDK6 et
sont parfois appelées les protéines INK4 parce que inhibiteurs des CDK4 et CDK6.
On comprend que les mutations qui altèrent l’activité des cyclines et des CDK
puissent favoriser la prolifération cellulaire. Les gènes des cyclines D sont
surexprimés dans beaucoup de cancers (ex. : cancers du sein, de l’œsophage et du
foie). Les mutations des cyclines B et E ainsi que des CDK sont également
observées dans certaines tumeurs malignes.
La cellule est beaucoup moins sensible en début de G1 et en G2 qu'en fin
de phase G1, en début de phase S et en cours de mitose M. Si l'agression est faible,
s'installe lentement en phase de faible sensibilité et ne touche pas un organite
essentiel à la vie cellulaire, des mécanismes régulateurs interviendront : ils
maintiendront l'homéostasie cellulaire ou la rétabliront si elle a été quelque peu
perturbée. On parle de lésions réversibles et de restititio ad integrum.
Dans le cas contraire, l'agression entraîne une rupture de l'équilibre qui ne

15
sera que tardivement compensée ou ne le sera jamais. Il en résultera une sorte
d'état homéostatique nouveau avec son cortège de réactions enzymatiques
anormales ou des altérations structurales submicroscopiques ou microscopiques, on
dit que l'état d'homéostasie s'est reconstitué à un niveau différent du niveau normal
et que la modification du milieu a provoqué une adaptation cellulaire. On parle
cette fois des lésions sublétales, réversibles ou non dont certaines resteront
compatibles avec la vie tandis que les autres se termineront par la mort cellulaire.
Quand la cellule ne récupère pas son état homéostatique à un niveau ou à
un autre, on parle de lésions létales irréversibles aboutissant à la mort cellulaire.
2.- Les causes des lésions cellulaires :
 insuffisance d’apport en oxygène : hypoxie.
L’hypoxie est une cause extrêmement importante et fréquente des lésions
cellulaires et de mort cellulaire et se retentit sur le métabolisme oxydatif en
aérobie.
L’hypoxie doit être distinguée de l’ischémie ou perte de l’apport sanguin. Au
cours de l’hypoxie la production de l’énergie par glycolyse peut continuer,
tandis que l’ischémie compromet la mise à disposition de substrats métaboliques
(apportés par le courant sanguin) et en particulier le glucose. C’est cela qui fait
que l’ischémie tende à léser plus vite les tissus que l’hypoxie seule. L’hypoxie
résulte de l’oxygénation insuffisante du sang par une insuffisance cardio-
respiratoire mais moins fréquemment de la capacité de transport d’oxygène du
sang telle qu’au cours des anémies ou de l’intoxication par le
monoxyhémoglobine carbonique stable qui bloque le transport d’oxygène. Selon
la sévérité de l’hypoxie, une cellule peut s’adapter, subir une lésion ou mourir.
 agents physiques : traumatismes mécaniques, changements extrêmes de
température (brûlure, engelures), modifications brutales de pression
atmosphérique, les radiations et le choc électriques.
 Agents chimiques et médicamenteux : leur liste défie toute compilation. Ex. :
le glucose ou le chlorure de sodium en solution hypertonique induit des lésions
cellulaires directement ou troublant l’homéostasie électrolytique des cellules.
L’oxygène à concentration élevée est toxique. Des substances telles que
l’arsenic et le cyanure détruisent les cellules en quelques minutes.
 Agents infectieux.
 Réactions immunologiques.
 Anomalies génétiques.
 Déséquilibres nutritionnels
B.- Aperçu analytique des lésions élémentaires de la cellule
1.- Noyau
a. Altérations sublétales, réversibles
1) Condensation et margination de la chromatine
La chromatine s'accumule sous la membrane nucléaire, soit en une bande
régulière, soit en petites mottes séparées les unes des autres, tandis que le noyau
diminue de volume.
Cause: diminution du pH cellulaire par augmentation de la glycolyse.

2) Remaniements de la membrane nucléaire: Vacuoles et pseudo vacuoles

16
La membrane nucléaire comprend deux feuillets lipoprotéiniques entrant
en contact au niveau des pores ou orifices circulaires, le feuillet interne lisse,
l'externe doté des ribosomes en continuité avec le réticulum endoplasmique.
La membrane basale peut devenir irrégulière par dilatation de la citerne
périnucléaire ou par formation de bulles localisées comme en cas d'irradiation.
a) Vacuoles vraies: invagination intranucléaire du seul feuillet interne. Elles sont
optiquement vides.
b) Pseudovacuoles: invagination intranucléaire du cytoplasme refoulant devant lui
les 2 feuillets de la membrane nucléaire. Ces vacuoles contiennent les ribosomes
du feuillet externe ainsi que quelques organites cytoplasmiques. Ces vacuoles
sont visibles en microscopie optique sous forme de corps acidophiles
intranucléaires. Elles sont fréquentes dans les cellules méningées, cellules de
Schwann, cellules næviques et dans les cellules tumorales correspondantes ainsi
que dans les hépatocytes au cours des affections métaboliques.
3) Inclusions intranucléaires
a) Inclusions vraies : denses et arrondies et bien connues au microscope optique,
ce sont des corps d'inclusion acidophiles rencontrées dans certaines viroses et à
réelle valeur diagnostique
b) Pseudo-inclusions: proviennent des remaniements des structures nucléaires
normales. Leur nature exacte et leur signification ne sont pas toujours connues.
4) Remaniements du nucléole

a) Hypertrophie nucléolaire dans de nombreuses cellules en sécrétion active ou


non, existe une augmentation de volume du nucléole ou hypertrophie nucléolaire
accompagnée parfois d'une vacuolisation sans membrane limitante; on parle de
nucléole hydropique. D'autres cellules, telles que les cellules cancéreuses, sont
plurinucléolées. On en ignore la signification.
b) La ségrégation nucléolaire ou la séparation des composants nucléolaires dans
différentes circonstances pathologiques est d'un mécanisme peu mieux connu.
Ces circonstances pathologiques sont : ARN granulaire, ARN fibrillaire,
chromatine associée au nucléole. Cette ségrégation est due à des agents variés
comme l'actinomycine, l'aflatoxine ou les radiations ionisantes...
b. Altérations létales, irréversibles
Si mort cellulaire rapide sans désintégration par l'agression, le noyau a un
aspect comparable à celui d'une cellule fixée par les fixateurs chimiques usuels en
techniques histologiques : le noyau coagulé paraît normal.
Si mort lente, des changements morphologiques et biochimiques
surviennent. Puis les hydrolases issues des lysosomes cytoplasmiques altérés
pénètrent dans le noyau et entraînent son autolyse ou la digestion enzymatique des
constituants nucléaires.
1) Pycnose: intensification de la condensation et la margination de la chromatine
subies par le noyau lors d'agressions subléthales si l'atteinte devient sévère.
Cette condensation peut occuper tout le noyau qui devient hyperchromatique.
2) Caryorrhexie: éclatement de la chromatine condensée en petits fragments
irréguliers encore contenus dans la membrane nucléaire si elle demeure intacte
ou dispersés dans le cytoplasme dans le cas contraire.
3) Caryolyse: La chromatine plus ou moins totalement désintégrée ne prend plus
les colorants. Le noyau semble absorbé par le cytoplasme environnant. Pycnose,
caryorrhexie et caryolyse sont les stades successifs de la mort nucléaire, il en est
17
ainsi souvent mais cela n'est pas constant l'un pouvant survenir sans l'autre.
c. Altération de la mitose
1) Anomalies de rythme de la mitose
a) Ralentissement du rythme dans les tissus sénescents ou mal vascularisés.
b) Accélération du rythme dans les tissus soumis à des incitations variées,
hormonales, chimiques, inflammatoires ou autres. Dans le dernier cas, les tissus
sont plus riches en cellules qu'à l'état normal : ils sont augmentés de volume ou
hyperplasiés. Ces cellules jeunes peuvent être peu différenciées.
c) Anomalies du déroulement de la mitose
Certains agents d'agression comme les radiations ionisantes, agissent en phase S
en diminuant ou en empêchant la synthèse et la duplication de l'ADN. Divers
antimétabolites tels que le methotrexate, la mercapto-6 purine, fluro-5-uracile,
procarbazine agissent de même et sont dits radiomimétiques. Dans ce cas, les
tissus sont pauvres en mitose ou n'en montrent pas : c'est le vide mitotique mis à
profit dans la chimiothérapie anticancéreuse. D'autres agents agissent en phase
M et empêchent la formation normale du fuseau achromatique ou en modifient
la viscosité plasmatique et entraînent le blocage de la mitose ou stathmocinèse
(arrêt de la mitose en métaphase) puis mort brutale de la cellule ou mitonécrose
fréquente dans les tissus cancéreux et foyers inflammatoires. Elles sont
provoquées avec le poison du fuseau tel que les alcaloïdes de plantes : la
colchicine, la podophylline, la vincaleucoblastine, ...
d) Anomalies de la morphologie de la mitose
Dans de nombreuses circonstances telles que les inflammations, action des
radiations ionisantes, actions des agents chimiques et surtout dans les tumeurs
malignes, on peut déceler les mitoses morphologiquement anormales : mitoses
tri, quadri ou multipolaires, mitoses à chromosomes polaires (une partie des
chromosomes à la plaque équatoriale et un ou plusieurs chromosomes à un
pôle).
e) Plurinucléation
A l'état normal il existe des cellules multinucléées : ostéoclastes,
mégacaryocytes, le syncytium trophoblastique. A l'état pathologique, on trouve
la cellule géante de Langhans, la cellule géante à corps étranger, les cellules
géantes tumorales. Le nombre des noyaux est variable : quelques unités à
plusieurs centaines. Sa taille considérable l'a fait nommer "cellule géante".

L'origine en est variable : elle peut être épithéliale, mésenchymateuse ou


histiocytaire.

Le mécanisme de production en est soit la fusion de cellules mono


nucléées, soit une succession de caryodiérèses sans cytodiérèses.
Le terme de plasmode était réservé aux cellules géantes issues de la
fusion de plusieurs cellules mononuclées, tandis que celui de syncytium était
réservé à des cellules issues des caryodiérèses sans cytodiérèses. Mais dans la
pratique et par abus de langage, les termes cellules plurinucléées, cellule géante,
cellule plasmodiale et cellule syncytiale sont devenus synonymes tout au moins en
Anatomie Pathologique.
Il convient de rapprocher de plurinucléation le processus de
CARYOMERIE résultant d'une mitose anormale non suivie de cytodiérèse.

18
2.- Membrane cellulaire
Encore appelée "membrane plasmique", c'est un lieu d'échange par
excellence.
a. Altération de la surface cellulaire
1) Exagération des structures normales
a) Phénomène d'endocytose
- Invagination de la membrane cellulaire suivie de la vacuolisation par isolement
de la partie profonde intra-cytoplasmique, le tout constituant "la pinocytose" et
aboutissant à l'introduction de matériel soluble dans la cellule, le terme de
rhophéocytose étant réservé au processus lorsqu'il s'adresse aux particules
submicroscopiques.
- Evagination de la membrane cellulaire avec condensation de l'ectoplasme
voisin et encerclement d'une particule extérieure visible en microscopie optique
(photonique), caractéristique de la phagocytose (phagein = manger).
b) Exocytose;
c) Clasmatose.
b. Apparition des structures pathologiques spéciales:
Ondulations de surface, pseudopodes et ondulations cytoplasmiques complexes
observées au microscope électronique.
c. Altérations des jonctions cellulaires
d. Altérations de forme et de volume.
3.- Mitochondries
a. Vacuolisation mitochondriale
b. Altération de forme.
1) Gonflement mitochondrial par introduction d'eau venant du milieu environnant
tel que pendant le jeûne, l'hypoxie, les viroses, intoxications, maladies
musculaires, ...
a) Gonflement de faible amplitude par passage de l'eau de la chambre intérieure
vers la chambre extérieure qui s'agrandit. La matrice mitochondriale contractée
probablement par augmentation du rapport ADP/ATP devient dense.
b) Gonflement de grande amplitude par augmentation de la perméabilité de la
membrane interne avec comme conséquence son expansion avec déplissement et
même fragmentation des crêtes. Il peut être corrigé à son début par l'addition
d'ATP et de magnésium, mais il devient irréversible par rupture de la membrane
externe.
2) Inclusions:
La chambre intérieure peut en contenir de divers types: inclusions lamellaires ou
paracristallines de signification inconnue, tubules et figures pseudomyéliniques
comparable à celles de la membrane plasmique, précipitations comparables à
celles du phosphate de calcium mais de composition variée: silice, fer,
magnésium, protéines anormales, acides nucléiques...
- Polymorphisme fréquent dans le tissu cancéreux: les mitochondries de taille,
de forme et de structures submicrospiques variables parsèment assez
fréquemment la même cellule.
c. Altérations de nombre et de réplication
1) Diminution: le jeûne chez les souris ainsi que le diabète expérimental entraînent
une diminution du nombre des mitochondries des hépatocytes. Chez le rat,
l'irradiation totale cause les mêmes effets; chez l'homme, le phénomène est mal
connu.

19
2) Accroissement: l'accumulation excessive des mitochondries se traduit au
microscope photonique par un aspect de cellules tuméfiées au cytoplasme
granuleux oxyphile, aspect caractéristiques des cellules oncocytaires ou
oncocytes, ou cellules de Hurthle ou encore cellules de Askanazy.
3) Mégamitochondrie: les mitochondries sont capables d'autoréplication comme
les plastides des cellules végétales.
4.- Système membranaire intracavitaire et ribosomes
Le cytoplasme contient un ensemble complexe de membranes ou
cytomembranes. Les unes s'enroulent pour construire des canalicules et des
vésicules, les autres s'accolent en sacs aplatis ou doubles membranes et en sacs
dilatés ou citernes. Ces membranes constituent la partie essentielle des organites
cellulaires : l'appareil de Golgi, le réticulum endoplasmique lisse ou agranulaire, le
réticulum endoplasmique rugueux ou granuleux à la surface duquel sont fixés, les
ribosomes et qui correspond à l'ergastoplasme basophile. Elles divisent la cellule en
compartiments intercommunicants:
- Caryoplasme ou nucléoplasme: espace intérieur à la membrane nucléaire,
- Espace intracavitaire ou intravacuolaire: espace discontinu intérieur aux
cytomembres,
- Hyaloplasme situé entre la membrane nucléaire, les cytomembranes et la
membrane cellulaire.
a. Ribosomes: lieu de synthèse des protéines. Ils sont composés d'ARN
ribosomique et des protéines. Ils apparaissent comme des granules denses,
formés de 2 sous-unités issues du nucléole, tantôt fixé à la face externe de la
membrane nucléaire et du réticulum endoplasmique granuleux, tantôt isolés ou
groupés dans le hyaloplasme, en amas et ou courtes chaînes, les polysomes. Les
cytomembranes renferment les enzymes variées et sont le siège d'activités
métaboliques complexes et interviennent dans le stockage, le transport et la
distribution des protéines. Toute rupture de l'équilibre biologique cellulaire
entraîne les altérations réversibles ou irréversibles des cytomembranes.

Principales altérations des cytomembranes et des ribosomes

CYTOMEMBRANES ET RIBOSOMES A L T É R A T I O N S
Appareil de Golgi - Hypertrophie
- Vacuolisation
- Fragmentation:
Réticulum Endoplasmique Lisse - prolifération,
- enroulement avec accumulation de
Glycogène
Réticulum endoplasmique rugueux - Contraction, épaississement avec
face externe.
Ribosomes -Chromolyse ou chromatolyse:
diminution, disparition ou dispersion
dans
le cytoplasme devenu trop abondant.
- dissociation des polysomes en
monomères (radiations ionisantes,
viroses)
- Condensation ou agglomération de la
basophilie du cytoplasme sous de forme
de granules.
20
b. Lysosomes:
Ce sont des organites cytoplasmiques, présents dans toutes les cellules, animales
ou végétales et appartenant au système lytique et digestif intracellulaire, ils ont
une fonction catabolique et non anabolique comme les autres précédentes.
Ce sont des granulations ou des vésicules polymorphes revêtues d'une
membrane lipoprotéinique et contenant des enzymes du type hydrolase. On a décrit
plus d'une quarantaine d'enzymes lysosomiales capables d'attaquer une grande
variété de composés biologiques, en particulier la phosphatase acide dont la
démonstration cytochimique sert en pratique pour identifier les lysosomes.
1) Maladies lysosomiales
a) Altération de la membrane lysosomiale
- Fragilisation et rupture de la membrane par agressions diverses : radiations
ionisantes, anoxie, choc, silice, tétrachlorure de carbone, hypo ou hyper
vitaminose A en particulier, endotoxines bactériennes. Dans ce cas les hydrolases
diffusent dans la cellule qui subit une nécrose brutale ou une destruction
progressive par autodigestion.
- Une grande stabilité de la membrane lysosomiale est obtenue par action des
substances telles que cholestérol, corticoïdes, vitamine E à petites doses,
antihistaminiques ... d'où une meilleure résistance aux agressions.
Les lysosomes produisent normalement l'inactivation des nombreux
agresseurs notamment dans les inflammations, les maladies immunitaires, les
intoxications... Quand cette fonction est saturée, débordée par le caractère massif de
l'agression ou bloquée par sa nature même, les lysosomes ne participent plus au
maintien de l'homéostasie et deviennent anormaux et dilatés.
- Déficiences enzymatiques lysosomiales
Cette carence enzymatique est héréditaire et transmise sur un mode
récessif autosomique. C'est que l'on appelle enzymopathie congénitale ou maladie
dysmétabolique congénitale. La déficience porte le plus souvent sur le métabolisme
du glycogène, d'où la glycogénose, celui des lipoïdes, d'où la dyslipoïdose et celui
des mucopolysaccharides, d'où la mucopolysaccharidose.
- Stockage lysosomial
Le phénomène de stockage diffère des déficiences évoquées plus haut. Il
est fort possible qu'il accompagne une enzymopathie. On citera :
- L'hémosidérose ou l'hémochromatose (accumulation de fer),
- l'athrocytose et la maladie de Wilson (accumulation de cuivre).
5.- Cytoplasme fondamental.
Encore appelé hyaloplasme ou matrice cytoplasmique.
a. Variations de densité
1) Accroissement de densité:
Circonstances: anoxie, hypoxie, intoxication, viroses, carcinogènes chimiques
radiations ionisantes, changements aigus de température. Le cytoplasme devient
acidophile au microscope photonique et plus dense au microscope électronique
par suite de sa déplétion en eau ou de la dénaturation de ses protéines.
2) Diminution de densité: due à une diminution ou un arrêt des synthèses
protéiques aussi bien qu'à un passage accru d'eau dans le cytoplasme, quels que
soient la cause et le mécanisme. Il en résulte une diminution de la basophilie du
caryoplasme avec acidophile cellulaire par contre coup, on parle de chromolyse.
3) Modification des particules
21
a) Glycogène et lipoïdes: leur insuffisance, leur excès, leur localisation anormale
(voir chapitres de troubles de métabolisme).
b) Microtubules: Ce sont des structures très labiles tenant une place de choix dans
les mouvements intracellulaires. Leurs altérations peuvent aboutir à leur
disparition.
c) Microfilaments: On en rencontre dans des affections et des altérations
nombreuses sous des aspects différents les uns des autres.
C.- Aperçu synthétique des lésions élémentaires de la cellule
Les remaniements cellulaires évoqués plus haut l'ont été pour la plupart en
termes intriqués de biologie moléculaire et de microscopie électronique. Plusieurs
d'entre eux sont souvent associés dans la même cellule. Des corrélations, précises
ont été établies entre un bon nombre d'entre eux en microscopie photonique.
La lésion peut alors se définir comme toute modification de la structure
normale d'une particule d'être vivant et peut s'exprimer par:
1.- Hypertrophie
C'est une augmentation de volume de la cellule sans modification
habituelle de sa forme ni de ses aspects cytologiques. Elle est réversible ou non
selon les cas. Un tel accroissement sur l'ensemble des constituants cellulaires se fait
de manière harmonieuse, le cytoplasme étant plus intéressé que le noyau. Il n'est
pas rare que les mitochondries et les ribosomes deviennent plus nombreux et plus
volumineux que normalement. Il y a augmentation des échanges entre la cellule et
son milieu extérieur (hyper : excès, trophe : nutrition).

2.- Atrophie
C'est une diminution de volume de la cellule avec rétraction de l'ensemble
de l'élément. Elle est en principe irréversible. Elle est à rapprocher de la
dégénérescence cellulaire. L'atrophie est plus complexe que l'hypertrophie. Tous
les constituants n'y participent pas. Le cytoplasme est le plus réduit. Par contre les
cytolysosomes se montrent abondants, de même que les télélysosomes. L'atrophie
résulte d'un ralentissement des échanges entre la cellule et son milieu extérieur (de
a = privatif - trophe = nutrition)
3.- Métamorphose
C'est une transformation morphologique et fonctionnelle d'une cellule en
une autre cellule de caractères morphologiques et fonctionnels différents. Cette
définition est propre au milieu francophone, tandis que le terme "métaplasie" est
utilisé en milieu anglophone pour décrire cette transformation cellulaire ou
tissulaire.
4.- indifférenciation et immaturité cellulaire
Les cellules-mères des zones génératrices des tissus (assise basale d'un
épithélium stratifié, le collet des glandes gastriques et intestinales, la couche
profonde du périoste ...) se divisent en "2 cellules-filles", l'une remplace la cellule-
mère et l'autre se différencie selon les modalités propres à chaque type de tissu
normal. La déviation de cette différenciation aboutit à la métamorphose. La
différenciation peut se produire ou commencer et s'arrêter à un stade de maturation
cellulaire de sorte que l'on peut avoir:
- des cellules bien différenciées
22
- des cellules moyennement différenciées et
- des cellules peu ou pas différenciées dites encore cellules indifférenciées ou
anaplasiques.
On ne confondra pas la différenciation et la maturation, la 1ère précédant
la dernière (la 2ème).
Une cellule immature est caractérisée par ce qu'elle est quelle que soit son origine,
arrondie, sans projections ectoplasmiques notables, elle a un rapport nucléo-
cytoplasmique augmenté, un noyau volumineux souvent polyploïde, mitotique,
orné d'un grand nucléole, un cytoplasme basophile par suite de sa richesse en
polysomes libres chargés d'ARN, et des organites peu nombreux ou inexistants.
5.- Dégénérescence cellulaire
Il s'agit d'altérations polymorphes de la cellule, traduisant, en microscopie
optique (photonique), des lésions diverses des organites intracellulaires et du
cytoplasme fondamental, beaucoup plus rarement du noyau. C'est en principe sauf
cas particuliers un phénomène réversible et subléthal ne sous-entendant pas
nécessairement une dégradation profonde des fonctions cellulaires. La cellule
dégénérée peut conserver un volume normal, être hyper ou atrophiée.

Dégénérescence cellulaire:
Corrélations élémentaires entre microscopie photonique et microscopie
électronique
Microscopie photonique Microscopie électronique
1) Tuméfaction Trouble Gonflement mitochondrial,
dilatation du RE, athrocytose
2) Dégénérescence granuleuse Athrocytose
3) Dégénérescence vacuolaire dilatation des citernes du R.E,
gonflement mitochondrial,
enclaves à contenu varié
4) Dégénérescence hydropique Altérations de surface, dilatation du
R.E.,
athrocytose, gonflement
mitochondrial,
Enclaves intracytoplasmiques à
contenu
varié.
5) Dégénérescence acidophile - Gonflement mitochondrial,
- accroissement du nombre des
mitochondries,
contraction du R.E.,
dégradation des protéines cytophiles.
6) Dégénérescence graisseuse - Gouttelettes des lipides
démasquées par
- dégradation des cytoplasmes,
enclaves
lipidiques intracytoplasmiques,
- enclaves lipidiques intramitochon -
23
driales.,
- figure pseudomyélinique
7) Dégénérescence glycogénique Granules de glycogène et
dégradation
des protéines cytoplasmiques
8) Dégénérescence hyaline Contraction du R.E. rugueux
et accumulation de matériel à la face
Externe des membranes,
Dépôt intracytoplasmique des
filaments de
8 à 10 μm
Cette étude comparative conduit à constater qu'un même aspect de
dégénérescence en microscopie photonique peut répondre en microscopie
électronique à des atteintes diverses des organites intracellulaires différents.
Certains termes employés prêtent du reste à confusion. C'est ainsi qu'on a pu
regrouper sous l'étiquette "vacuolisation", toutes les modifications cellulaires en
rapport, soit avec une dégénérescence vacuolaire, soit avec une pinocytose intense,
soit encore avec la présence d'enclaves intracytoplasmiques bordées ou non d'une
membrane et à contenu liquide, lipidique, glycogénique, iso-osmotique... De même
la dégénérescence hydropique répond aussi bien à une clarification cellulaire par
inhibition aqueuse diffuse qu'à une vacuolisation ou à une athrocytose. Deux types
de dégénérescence sont à noter:
- la dégénérescence Walérienne atteignant un filet nerveux séparé de son centre
cellulaire et - la dégénérescence cireuse de Zenker transformant par places, les
fibres musculaires striées squelettiques en masses homogènes oxyphiles dans
lesquelles les myofibrilles ont disparu lors des frictions au long cours.
6.- Surcharge et Infiltration
a. Surcharge:
Il s'agit d'une présence dans la cellule en excès, d'une substance qui s'y
trouve à l'état normal.
b. Infiltration:
Elle correspond à la présence dans la cellule d'une substance qui ne s'y
trouve pas à l'état normal.
Les substances susceptibles d'être impliquées sont multiples et
s'accumulent dans le cytoplasme, le noyau ou dans les deux à la fois. Les unes sont
exogènes et n'interviennent que dans l'infiltration: particules étrangères telles que
graines de poussière, produits chimiques; les autres sont endogènes, nées au sein de
l'organisme participent à la surcharge comme à l'infiltration: lipoïdes, glycogène,
mucopolysaccharides, pigments variés, ...
Ex: - Surcharge glycogénique des hépatocytes,
- Infiltration glycogénique des néphrocytes dans certaines formes de
diabète,
- Dégénérescence glycogénique au pourtour des foyers de nécrose
7.- Nécrose cellulaire
Il s'agit d'une altération profonde de l'ensemble de la cellule, noyau,
organites intracellulaires et cytoplasme fondamental. C'est un phénomène
24
irréversible et léthal (de necros = mort, cadavre). Ses aspects sont peu nombreux.
Pour le noyau, ce sont les lésions de pycnose, caryorrhéxie et de caryolyse. Pour les
organites, l'atteinte élective de certains ou de l'un d'entre eux, telle que le
gonflement mitochondrial de grande amplitude n'est pas suivie nécessairement de
nécrose de la totalité de la cellule, l'organite altéré peut être pris par un
cytolysosome pour être éliminé, on parle alors de nécrose cytoplasmique focale.
Globalement, 2 types essentiels de nécrose peuvent être distingués :
a. La nécrose de liquéfaction avec gonflement habituel de la cellule, limites
imprécises, aspect trouble du cytoplasme et caryorrhéxie.
b. Nécrose de coagulation avec condensation homogène acidophile du cytoplasme
et pycnose ou caryorrhéxie. Ce processus de nécrose peut être la réponse
immédiate de la cellule à l'agression ou une phase de dégénérescence cellulaire.
8.- Mort cellulaire
Il s'agit de la suppression de toute activité métabolique de la cellule. Son
aspect n'est pas toujours le même. C'est le plus souvent celui d'une cellule nécrosée.
Cependant, une cellule fixée, vue au microscope montre un aspect normal alors
qu'elle est déjà morte. La mort cellulaire en elle-même ne possède pas de
substratum anatomique. Le devenir de la cellule morte varie selon les cas. Il peur
s'agir de:
- L'autolyse, c'est l'éventualité la plus fréquente. Dans la cellule vivante, l'activité
des enzymes cataboliques est contrebalancée par celle des enzymes anaboliques.
Cet équilibre est rompu par le processus nécrotique de sorte que les cataboliques
l'emporte sur les autres : les ferments hydrolytiques désintègrent les protéines,
les lipoïdes et les hydrates de carbones cellulaires. Parallèlement, la destruction
des cytomembranes facilite l'accès de ces ferments à leurs substances. Les
lysosomes brisés déversent leurs enzymes hydrolytiques dans la cellule, d'où
l'autodigestion de la cellule qui se désintègre progressivement et dont la
membrane plasmique se rompt : ces débris se dispersent dans le milieu ambiant,
en particulier ses fragments nucléaires appelés corps tangibles.
Cependant, l'autolyse n'est pas inéluctable. La cellule peut persister sous la
forme d'un squelette représentant un certain équilibre physicochimique de la
matière. Ce vestige subit la momification par déshydratation et dessiccation et peut
devenir le siège de calcification par infiltration de carbonate de calcium et de
phosphate de chaux. L'exemple le plus imagé en est une petite tumeur bénigne de
l'épiderme appelée épithéliome momifié et calcifié de Malherbe
(pilomatrixome).
9.- Apoptose
Définition
C’est une forme de mort cellulaire destinée à éliminer des cellules
indésirables grâce à l’activation d’une série d’étapes coordonnées, programmées,
déclenchées par un certain nombres de gènes spécialement affectées à cette tâche.
L’apoptose s’observe :
- au cours du développement embryonnaire
- comme mécanisme d’homéostasie destiné à maintenir les populations cellulaires
des tissus
- comme mécanisme de défense au cours des réactions immunologiques
- lorsque les cellules sont attaquées par une maladie ou des agents agresseurs
- au cours du vieillissement.

25
Elle est responsable de nombreux phénomènes physiologiques adaptatifs
et pathologiques dont :
- la destruction programmée des cellules au cours de l’embryogenèse
- l’involution hormono-dépendante de l’adulte : destruction des cellules
endométriales au cours du cycle menstruel
- atrésie des follicules ovariens au cours de la ménopause, régression des lobules
mammaires après le sevrage et atrophie de la prostate après castration
- perte cellulaire dans les populations des cellules proliférantes, telle que les
épithéliums, les cryptes intestinales.
- mort cellulaire dans les tumeurs en régression et en croissance rapide.
- mort des polynucléaires neutrophiles au cours d’une inflammation aiguë.
- Mort des cellules immunitaires, les lymphocytes B ou T après chute du taux de
cytokine ou de la des cellules T auto-réactives dans le thymus en
développement.
- Mort cellulaire identifiée par les cellules cytotoxiques T (rejet du greffon).
- Atrophie physiologique des parenchymes après obstruction canalaire (pancréas,
parotide et sein).
- Lésions cellulaires au cours de certaines viroses (hépatites virales : cellules de
Councilman = cellules apoptotiques).
- Mort des cellules produites par différents stimuli agressifs.
Aspects morphologiques de l’apoptose
Certains des caractères suivants ne s’observent bien qu’en microscopie
électronique :
1. rétraction cellulaire : la cellule devenant plus petite que normalement, son
cytoplasme est devenu dense, les organites intracytoplasmiques d’aspect +-
normal tassés les uns contre les autres.
2. Condensation de la chromatine : c’est le caractère le plus remarquable de
l’apoptose. La chromatine s’agrège en périphérie sous la membrane nucléaire
en des masses denses, bien limitées , de taille et de forme variées. Le noyau
peut se rompre en 2 ou plusieurs fragments.
3. Formation des bulles cytoplasmiques et des corps d’apoptose : les cellules en
apoptose portent des nombreuses bulles en surface puis se fragmentent en
corps d’apoptose limités par une membrane, contenant un cytoplasme et des
organites agglomérés, avec ou sans fragments nucléaires.
4. Phagocytose des cellules d’apoptose ou des corps apoptotiques par les cellules
adjacentes en bonne santé ou viables (cellules parenchymateuses ou des
macrophages).
A l’examen microscopique, dans les tissus colorés à l’hématoxyline-
éosine (H.E), l’apoptose touche les cellules isolées ou des petits amas cellulaires.
La cellule en apoptose apparaît comme une masse ronde ou ovale de cytoplasme
extrêmement éosinophile, contenant des fragments de chromatine nucléaire dense.
L’apoptose, à la différence de la nécrose, n’entraîne pas d’inflammation. Ce qui la
rend plus difficile à détecter par l’examen microscopique.
D.- Conséquences des lésions élémentaires des cellules sur les tissus et organes
Lorsque les altérations cellulaires sont peu nombreuses et isolement
réparties dans les tissus, elles en modifient à peine la structure histologique et n'en
changent pratiquement pas l'aspect macroscopique. Dans le cas contraire, les
remaniements tissulaires apparaissent : ils procèdent des lésions cellulaires,
combinées ou non et tirent leur dénomination sur celle des atteintes cellulaires :
1. - Hypertrophie et Hyperplasie tissulaires
a. Aspects morphologiques
Il s'agit d'une augmentation de volume d'un tissu par soit, l'accroissement
de volume de toutes les cellules qui le composent ou de certaines d'entre elles

26
seulement, soit par l'accroissement de leur nombre, ou des 2 à la fois.
Le terme "Hyperplasie" est réservé à l'accroissement de volume par
multiplication cellulaire.
EX: - Hypertrophie cardiaque;
- Hyperplasie glandulaire de la prostate.
L'hypertrophie doit être distinguée des tuméfactions par infiltration des
liquides ou des éléments anormaux : liquides d’œdème, sang en quantité exagérée.
b. Aspects étiopathogéniques et retentissements
Hypertrophie et hyperplasie traduisent une augmentation physiologique ou
pathologique des échanges et des activités.
1) Hypertrophie physiologique
Chez les individus en bonne santé :
Ex : - le muscle squelettique en hyperactivité: gros biceps des haltérophiles;
- utérus gravide sous l'effet des hormones;
- gonflement mammaire de la femme enceinte.
2) Hypertrophie adaptative
Elle affecte un organe creux dont la musculature se contracte de manière
exagérée pour lutter contre un obstacle à l'évacuation. Les myocytes s'allongent et
s'épaississent.
EX: - hypertrophie cardiaque : sténose aortique, insuffisance mitrale
- tube digestif: musculature gastrique en amont d'une sténose du pylore.
3) L'hypertrophie compensatrice
Elle intéresse:
- un organe pair quand son homologue est absent, a disparu ou a perdu tout
caractère fonctionnel: C'est l'exemple du rein: les glomérules deviennent gros
avec des tubes géants.
- intéresse un organe impair tel que le foie, mutilé: après ablation d'une partie
importante, il succède une hyperplasie importante.
4) Hypertrophie hormonale
- Utérus gravide;
- Gynécomastie après thérapeutique oestrogénique d'un cancer de la prostate;
- Hyperplasie Glandulo-Kystique (HGK) de l'endomètre sur thécome avec
production importante d’œstrogènes.
2.- Atrophie tissulaire
a. Aspects morphologiques
La diminution de volume d'un tissu ou d'un organe résulte, soit de la
diminution de volume de toutes les cellules qui le composent ou de certaines d'entre
elles ou de la diminution de leur nombre. Elle s'accompagne d'un aplatissement des
replis dans les organes creux et d'un plissement de la capsule à la surface des
viscères comme le foie ou la rate.
L'atrophie harmonieuse s'appelle atrophie simple. Un organe normal ne
possède pas un poids et des dimensions fixes, ceux-ci varient avec l'âge et que
même pour un âgé donné, les extrêmes s'inscrivent dans les limites statistiquement
établies. D'où, une bonne connaissance de ces chiffres avant de conclure à une
atrophie ou à une hypertrophie simple.
L'atrophie brune est due à l'accumulation des granules de lipofuschine.
b. Aspects étiologiques
1) Atrophie physiologique:
- due à l'involution progressive que divers tissus et organes subissent
régulièrement au cours de la vie.
27
Ex: Thymus: l'absence ou son atrophie est anormale.
- atrophie sénile: s'installe avec l'âge (gérontopathologie).
2) Atrophie vasculaire
S'installe dans les organes et tissus souffrant d'hypoxie par réduction de la
vascularisation artérielle alors que la nécrose ischémique succède à un arrêt brutal
d'apport sanguin.
3) Atrophie d'inanition
Est à l'ensemble de l'organisme, ce qu'est l'atrophie vasculaire. Elle est due
à l'insuffisance d'apport nutritionnel. Il faut en rapprocher la cachexie des cancers.
4) Atrophie hormonale
Due à l'insuffisance de sécrétion hormonale.
Ex: Atrophie de l'endomètre chez les ménopausées.
5) Atrophie d'inactivité:
Atrophie des organes mis au repos.
Ex: Muscles squelettiques au repos.
3.- Métaplasie tissulaire: C'est une transformation d'un tissu en un autre.
Ex: - Un épithélium cylindrique ou transitionnel devient un épithélium malpighien:
col utérin et vessie.
- Métaplasie intestinale de la muqueuse gastrique.
4.- Dystrophie et dysplasie
a. Dystrophie
Il s'agit d'une déformation de l'architecture normale consécutive à un
trouble de la nutrition d'un tissu ou d'un organe. Elle consiste en des variations
d'aspects, de taille et d'agencements des cellules avec intervention des phénomènes
d'hyperplasie, de métaplasie et de dégénérescence cellulaire, d'où le terme de
métaplasie atypique qui a pu leur être appliqué. Pour certains, dystrophie
cellulaire veut dire dégénérescence cellulaire.
Ex: Dystrophie épithéliale de l'appareil respiratoire chez les fumeurs: association
de l'hyperplasie, métaplasie malpighienne et une désorganisation des assises
cellulaires dont les éléments sont orientés en tout sens, volontiers mitotiques, ...
b. Dysplasie:
Il s'agit au sens strict, d'une anomalie de structure ou une difformité par
viciation de l'embryogenèse ou de l'organogenèse ou si l'on veut par trouble de
développement. Ses aspects en sont variés. Au sens large, dysplasie signifie
dystrophie.
5.- Nécrose tissulaire
Ses aspects sont ceux de la nécrose cellulaire.
a. Aspects morphologiques : ils sont au nombre de deux.
1) Nécrose de liquéfaction ou malacie apparaît comme une zone tissulaire gris
terne d'abord pâteuse puis rapidement liquide, dans laquelle les structures
préexistantes ont disparu.
EX : - Nécrose ischémique du SNC
- Autolyse cadavérique.
2) Nécrose de coagulation ou d'homogénéisation
On y reconnaît les fantômes des structures préexistantes.
28
b. Aspects étiopathogéniques
1) Cytostéatonécrose: Il s'agit de la nécrose de liquéfaction du tissu adipeux.
2) Nécrose caséeuse ou de caséification: C'est une nécrose de coagulation liée à
l'infection tuberculeuse. Aussi en cas de mycose.
3) Nécrose hémorragique: Elle comprend une association d'une nécrose de
liquéfaction ou de coagulation à une infiltration massive du tissu par le sang.
4) Nécrose calcifiée: Il s'agit de la calcification d'une vieille zone de nécrose, sous
forme de granules basophiles disséminés. Par dépôts des sels calcifiés s/f de
concrétions ou amas solides colorés en bleu au standard.
5) Nécrose gangreneuse = combinaison d'une nécrose ischémique et d'une
infection à germes divers.

29
CHAPITRE 3: LESIONS ELEMENTAIRES DES ESPACES ET DES
SUBSTANCES INTERCELLULAIRES
I.- DEFINITION
A.- Limites

Elles sont tracées par un ensemble de membranes. Dans le derme, ce sont


en surface la vitrée ou membrane basale qui supporte l'épiderme et en profondeur,
les membranes capillaires qui supportent l'endothélium des capillaires.
B.- Mailles :
Constituées par les fibroblastes et fibrocytes entre lesquels les substances
intercellulaires circulent ou s'agencent.
C.- Connexions :
Se font avec les autres systèmes intercellulaires.
D. Contenu :
Ensemble des substances intercellulaires dont les proportions varient selon
le système anatomique considéré. C'est d'abord l'eau et les électrolytes puis la
matrice intercellulaire proprement dite faite de 4 types essentiels de molécules:
- Les protéoglycannes et les glycoprotéines ou mucoprotéines comme l'acide
hyaluronique: gels, nappes plus ou moins colorées, on les appelle «substances
fondamentales ou substances non figurées intercellulaires».
- Polypeptides sont sous formes de fibres à l'agencement mal défini, périodique :
élastine. Ce sont des protéines fibreuses de la matière ou matériel figuré
intercellulaire.
E. Les activités physiologiques et physiopathologiques des systèmes
intercellulaires,
Telles qu'on les conçoit sont classiquement commandées par deux
ensembles de cellules : l'endothélium des capillaires sanguins contrôle la quantité
et la qualité des liquides et de diverses substances, les fibroblastes contrôlent la
quantité des mucoprotéines.
Pour étudier les espaces intercellulaires, on recourt à des procédés
biochimiques pour doser et individualiser les substances chimiques qui s'y trouvent
et à la microscopie photonique et électronique pour l'identification morphologique
de ces mêmes substances : histochimie, immunofluorescence, ...
II.- PATHOLOGIE DES LIQUIDES INTERCELLULAIRES
A.- Hyaline et fibrinoide
Elles n'ont pas de traduction macroscopique.
1.- Données morphologiques et biochimiques
a. Substance hyaline
Toutes les substances vitreuses, anhistes (acellulaire) et homogènes qui,
dans les tissus se colorent en rouge-rosé par l'éosine ou la phloxine. On dit qu'il y a
30
hyalinose ou hyalinisation. Cet aspect recouvre des phénomènes de natures
différentes.
Ex : - dépôts hyalins compacts des vieilles cicatrices;
- vieux foyers de tuberculose;
- épaississement hyalin de la plèvre sur pleurésie chronique.
b. Substance fibrinoïde

Toutes les substances qui dans les tissus ressemblent à de la fibrine avec
sa structure filamenteuse, homogène ou grossièrement filamenteuse ou encore
finement granuleuse, sa coloration rouge vif par l'éosine ou la phloxine. Cet aspect
comme le précédent recouvre des phénomènes de natures différentes tels que:
présence de dépôt fibrinoïde dans la paroi de petits vaisseaux ou espaces
intercellulaires au cours des maladies telles que : la néphropathie aiguë, le
rhumatisme articulaire aigu (R.A.A), les radiodermites.
Ce dépôt est normal dans le placenta dès le début de la grossesse. Il augmente
progressivement jusqu'à l'accouchement, tant dans les villosités que dans la plaque
basale (Strie de Nitabuch).
c. Hyalinose et fibrinoïde vasculaire
Ils apparaissent dans des conditions variées:
- La néphropathie diabétique ou glomérulosclérose de Kimmelstiel et Wilson.
- La néphroangiosclérose maligne.
d. Hyalinose et fibrinoïde des membranes basales épithéliales dans l'asthme.
e. Hyalinose et fibrinoïde des espaces intercellulaires
- Le Nodule d'Aschoff du rhumatisme;
- La polyarthrite rhumatismale et le pseudopolype du larynx.
2.- Signification
a. Origine sanguine
Les produits incriminés traversent soit la cellule endothéliale par
pinocytose ou passent entre deux cellules endothéliales pour se retrouver dans
l'espace intercellulaire.
b. Origine cellulaire
Au cours des processus réactionnels, les cellules telles que les
plasmocytes, migrent dans les espaces intercellulaires et peuvent y déverser les
protéines; les fibroblastes sont aussi responsables de l'accumulation des
glycoprotéines.
c. Origine pariéto-vasculaire
Par la dégradation des composants des parois vasculaires.
d. Rôles des fibres de collagène
L'aspect morphologique de la hyaline et de fibrinoïde traduit un dépôt de
matériel pathologique et non pas une tuméfaction, une dégénérescence ou une
nécrose des fibres de collagène. Par collagénisation ou hyalinisation.

31
B.- Amyloide voir chapitre 7: Maladies Métaboliques
III.- PATHOLOGIE DES SUBSTANCES FONDAMENTALES
INTERCELLULAIRES
Deux types de lésions intercellulaires des tendons seront pris en exemple :
A.- Rupture tendineuse
Appelée "rupture spontanée" car de survenue brutale sans prodromes, chez
les sportifs, les utilisateurs de marteau piqueur, ... et intéresse le tendon d'Achille, le
tendon du long biceps, d'autres tendons et même l'aponévrose du muscle grand
droit de l'abdomen.
Les lésions consistent en une dilacération ± étendue des fibres et une
dépolymérisation des substances intercellulaires passant de l'état compact à l'état
sol. Elles forment des lacunes ayant tendance à confluer et aperçues aux extrémités
des ruptures, parsemées de petits fragments de fibres nécrosées.
B. Dégénérescence mucoide
Le tissu tendineux, la paroi externe des gaines tendineuses, les
aponévroses, le derme peuvent subir par places une dégénérescence de leurs
substances intercellulaires, comparable à celle de la rupture et d'étiologie inconnue.
Le matériel mucoïde, blanchâtre, visqueux, qui en résulte s'accumule dans une
cavité uni ou pluriloculaire mal limitée et directement bordée de tissu conjonctif
rarement normal, le plus souvent altéré avec diminution de la colorabilité et perte
de la structure fibrillaire. Il possède les propriétés histochimiques des
mucopolysacharides acides et neutres. On parle de dégénérescence mucoïde
kystique. Ainsi se constitue le pseudokyste synovial ou kyste mucoïde de la peau
siégeant surtout à la face dorsale du poignet et à celle des dernières phalanges des
doigts. Il en est de même dans divers états pathologiques des téguments : lésions
généralisées du myxœdème de la grande insuffisance thyroïdienne, lésions
régionales du myxœdème prétibial circonscrit compliquant certaines formes de
l'hyperthyroïdie, la mucinose focale cutanée, ...
IV.- PATHOLOGIE DES FIBRES INTERCELLULAIRES
Les fibres ou matériels figurés intercellulaires se répartissent en :
- fibres précollagènes ou de réticuline et fibres collagènes qui ont une périodicité;
- fibres élastiques.
A.- Fibre de réticuline et de collagène
La réticuline phase préalable du collagène, s'en différencie par son
argentaffinité en microscopie photonique et par l'isolement de ses chaînes
polypeptidiques dans les mucopolysaccharides.
1.- Lésions dégénératives: le collagène devient hypocolorable.
2.- Lésions productives
a. Fibrose et sclérose
1) La fibrose: Elle correspond à une hyperplasie conjonctive avec prolifération des
fibroblastes ou des fibrocytes et synthèse de fibres de collagène.
2) La sclérose est l'induration pathologique d'un tissu atteint de fibrose. En fait,
l'habitude se prend de considérer fibrose et sclérose comme deux synonymes.

32
Microscopiquement, les tissus fibreux sont pauvres en vaisseaux et en
cellules mais riches en fibres collagènes et en fibres élastiques : on parle de fibrose
collagène. Il existe cependant des cas où les fibroblastes et les histiocytes sont
nombreux : fibrose fibroblastocollagénique. Parfois les vaisseaux sont
nombreux : fibrose vasculaire.
Topographiquement, une fibrose est dite:
- systématisée: lorsqu'elle se cantonne dans la trame conjonctive d'un organe.
- encapsulante: lorsqu'elle renforce la capsule d'un organe ou entoure un foyer
lésionnel et donne alors un " reflet glacé" à l’œil nu : foie glacé par péri-hépatite,
périsplénite,
- disséquante ou mutilante: lorsqu'elle remplace des tissus détruits par une
agression. Ex schistosomiase ou fibrose en tuyau de pipe.
B.- Fibres élastiques
1.- Lésions dégénératives
a. Elastopathie dégénérative familiale
1) Le syndrome de Marfan: héréditaire autosomique, mode dominant ou récessif,
association: des membres longs et étroits ou dolichosténomélie, des doigts grêles
en pattes d'araignée ou arachnodactylie, à une hypotonie musculaire, une
hyperlaxité ligamentaire et une subluxation du cristallin par déficit de ses
ligaments suspenseurs redoutables par atteinte de la paroi aortique ascendante.
Les lésions consistent en :
- tuméfaction, dégénérescence et rupture des lames élastiques de la média qui est
ainsi dissociée et infiltrée de sang. Il en résulte une dilatation du vaisseau, tantôt
simple, tantôt compliquée d'une dissection pariétale appelée anévrysme
disséquant. L'artère pulmonaire et les artères de moyen calibre notamment les
artères cérébrales peuvent être atteintes.
2) Le syndrome d'Ehlers et Danlos : dominant lui aussi. Il combine une
dystrophie élastique avec fibres gonflées et rompues, à une dégénérescence et
une atrophie nette du collagène avec télangiectasies sanguines et lymphatiques.
Le tableau clinique est celui d'une hyperlaxité cutanée, d'une
hyperextensibilité articulaire et d'une fragilité des téguments dont les plaies
guérissent mal en laissant des cicatrices déprimées.
3) Le pseudoxanthome élastique est récessif. Il se manifeste par des petites
élevures cutanées jaunâtres avec peau épaissie et striée, apparaissant surtout aux
faces latérales du cou. A ce niveau très nombreuses fibres colorées par l'orcéine
sont gonflées, fragmentées, pelotonnées et parfois incrustées de sels calcaires.
Cette désintégration de l'armature élastique ou élastorrhéxis reste rarement
localisé au derme.
b. Elastopathies dégénératives acquises
1) Les vergetures se définissent par une perte de l'armature élastique des
téguments avec dégénérescence et atrophie des fibres de collagène du derme
superficiel et profond. Elles évoquent la marque laissée sur la peau par des
coups de verge. Ce sont des stries violacées puis blanchâtres, ± parallèles entre
elles, à bords nets.
- Site: abdomen ou ailleurs.

33
- Circonstances : dérèglement endocrinien tel que le syndrome de Cushing,
thérapeutique cortisonique, distension cutanée de diverses origines.
2) Elastose sénile : remanie la peau des régions découvertes : c'est une élastose
solaire ou actinique.
Sous un épiderme atrophié, les téguments flétris présentent une
accumulation d'épaisses fibres colorées par l'orcéine et correspondant pour certains
à du matériel élastique dégradé, à une transformation élacéinique du collagène ou
aux 2. Il arrive que l'accumulation de ces fibres forme de volumineux amas à
limites supérieure et inférieure nettes, désignés sous le nom d'élastome ou
d'hypertrophie élastique.
3) Elastose postradiothérapique est assez superposable.
2.- Lésions productives
a) Elastose pulmonaire augmente avec l'âge.
b) Fibro-élastose de l'endocarde est un processus d'hyper-élastigenèse sous-
endocardique rencontré surtout chez le nouveau-né et le nourrisson mais aussi
chez l'adulte souffrant de maladies variées, parasitaires ou non.
c) Elastose des parois vasculaires.

34
CHAPITRE 4 : PATHOLOGIE GENERALE DES TROUBLES
CIRCULATOIRES OU ETUDE DES LESIONS
VASCULOSANGUINES ET TROUBLES CIRCULATOIRES
I.- OEDEME

Les constituants liquides de l'organisme représentent 70 % du poids du


corps chez l'adulte : liquides intracellulaires et liquides extracellulaires.
L'Oedème est l'accumulation anormale de ces liquides dans les espaces
intercellulaires : on parle d'infiltration oedémateuse.
A.- Aperçu morphologique
1.- Aspects microscopiques
Le liquide d’œdème se présente sous forme de nappes ou de coulées de
substance homogène parfois granuleuse, d'autant moins acidophile qu'il est plus
pauvre en protéines. Dans les tissus, il est situé entre les cellules et les fibres qu'il
éloigne les unes des autres donnant à l'ensemble l'aspect dissocié ou lâche.
- Au niveau du poumon le liquide s'accumule dans la lumière des alvéoles.
- Au Cerveau, il se situe parmi les fibres gliales et dans les gaines périvasculaires.
2.- Aspects biochimiques
a. Exsudat: Il s'agit des liquides d’œdème riches en protéines et en divers
colloïdes. Leur densité est comprise entre 1018 et 1020.
b. Transudat: Il correspond aux liquides d’œdème pauvres en protéines et en
colloïdes. Leur densité est inférieure à 1015.
3.- Aspects macroscopiques
Les organes œdématiés sont dans la règle, tuméfiés, plus pâles, plus mous
qu'à la normale et augmentés de poids. A la coupe, leurs tranches de section
laissent sourdre un liquide jaunâtre. L’œdème des téguments se traduit par un
gonflement souvent mal limité, parfois douloureux "gardant le godet", c'est-à-dire
que la pression digitale y creuse une dépression persistant plus ou moins
longtemps.
Le terme " anasarque" signifie oedème généralisé, tandis que l'on appelle
un transudat accumulé dans :
- la cavité péricardique, un hydropéricarde
- la cavité abdominale, une ascite
- une cavité pleurale, un hydrothorax
- la vaginale testiculaire, une hydrocèle
- une cavité articulaire, une hydrarthrose.
B.- aspects évolutifs
Certains oedèmes sont labiles:
- oedème de Quincke, allergique
D'autres sont durables et prédominent dans les régions déclives. D'une
manière générale, l’œdème disparaît avec sa cause, sans laisser de séquelles.
Cependant, un oedème au long cours peut entraîner la fibrose des tissus atteints et
provoquer leur induration et leur épaississement définitif, en particulier au niveau
35
du derme et de l'hypoderme. Par l'encombrement et les déformations qu'il
détermine, il peut être responsable des perturbations fonctionnelles graves et
mortelles: hypoxie et trouble des échanges entre les cellules et le sang dans tous les
tissus, troubles de l'hématose dans l’œdème aigu du poumon (OAP).
II.- DESHYDRATATION
C'est une diminution pathologique des liquides de l'organisme, allant de
pair avec les perturbations de l'équilibre électrolytique, le tout pouvant être grave et
entraîner la mort.
Les aspects morphologiques de la déshydratation ne sont pas
caractéristiques au microscope : cellules épithéliales superficielles atrophiées ou
dégénératives, cellules glandulaires d'allure non fonctionnelle.
Macroscopie: sécheresse des muqueuses, des séreuses, consistance parcheminée de
la peau, la persistance du pli cutané.
III.- CONGESTION
La congestion ou hyperhémie se définit comme excès de sang dans les
vaisseaux dilatés d'un tissu ou d'un organe. La zone intéressée prend une coloration
rouge d'intensité variable qui s'efface sous la pression. La lésion est à priori
réversible.
A.- Congestion active
C'est l'apport exagéré de sang artériel intéressant à l'évidence les artères,
les artérioles et les capillaires, mais pouvant porter sur le système veineux en
d'anastomose artérioveineuse.
A l’œil nu, les tissus altérés sont rouge vif parfois tuméfiés par l’œdème
avec élévation de la température locale.
B.- Congestion passive
C'est l'accumulation de sang par insuffisance de drainage veineux
intéressant les capillaires, les veinules et les veines. On l'appelle aussi stagnation
ou stase sanguine.
La dilatation vasculaire passive est facile à déceler au microscope car elle
n'est pas modifiée par la biopsie. L’œdème et les hémorragies interstitielles
l'accompagnent de façon coutumière.
Macroscopie: la coloration est sombre, cyanotique avec abaissement de la
température locale. A l’œil nu, on retrouve la tuméfaction œdémateuse et les
suffusions hémorragiques. Un épais liquide violacé, noirâtre, s'écoule des tranches
de section des organes atteints.
C.- Conséquences:
- Une élévation de la pression hydrostatique vénulaire et capillaire;
- Une anoxie avec son retentissement sur la nutrition des cellules.
D.- Exemples de congestion:

36
1.- Foie cardiaque dans la décompensation cardiaque droite(foie interverti avec
veine porte au centre au lieu des veines centrolobulaires) marqué par les
cellules viables en péri portale à coté des zones de nécrose d’où l’aspect
bigarré de noix de muscade( zone claire à côté des zones sombres). Foie en
accordéon, foie cardiaque, cirrhose cardiaque avec la sclérose dissécante.sd
de Bud chiari( obstruction sus hépatique)
2.- Poumon cardiaque congestion passive du poumon en cas de décompensation
gauche ou globale d’où augmentation de pression dans les veines pulmonaires
et donc il y aura extravasation avec encombrement pumonaire qui peut être
aigu ou chronique
IV.- OBSTRUCTION VASCULAIRE
Les répercussions d'un obstacle localisé à la circulation artérielle ou
veineuse sont très variables et vont du maintien des structures normales à
l'apparition d'une nécrose tissulaire définitive. On distingue:
Une lésion oblitérante: Elle obstrue la totalité de la lumière vasculaire.
Une Lésion sténosante: Elle retrecit seulement la lumière vasculaire.
Il faut noter que tout obstacle anatomique peut être accompagné d'un
spasme de sorte qu'un obstacle sténosant peut donc devenir oblitérant tant que le
spasme n'est pas levé. Tout spasme prolongé peut avoir les mêmes effets qu'une
lésion oblitérante.
A.- Caractères généraux
1.- Obstruction artérielle : Ischémie
L'ischémie est l'arrêt complet de l'apport sanguin dans un territoire artériel
donné. La diminution considérable mais non totale de cet apport prend le nom
d'Ischémie relative.
Les causes de l'ischémie sont peu nombreuses :
- altération primitive de la paroi artérielle par athérosclérose ou artérite;
- d'une atteinte de la lumière par thrombose ou embolie;
- ou encore d'une compression extrinsèque (par une tumeur ou autre processus).
De manière beaucoup plus rare, le mécanisme est fonctionnel plus
qu'anatomique : c'est une dérivation du sang qui passe directement du système
artériel dans le système veineux par le fait d'une anastomose artérioveineuse ou
d'un anévrysme artérioveineux congénital ou traumatique, excluant les réseaux
capillaires correspondants. L'association de plusieurs de ces lésions n'est pas
exceptionnelle; par exemple l'athérosclérose et thrombose.
2.- Obstruction veineuse
Qu'elle soit oblitérante ou sténosante, elle constitue une gêne à la
circulation de retour.
Causes:
- La thrombose habituellement,
- Viennent ensuite par ordre de fréquence décroissante: une compression par une
tumeur, une inflammation avec hypertrophie pariétale ou phlébite hypertrophique
et une malformation congénitale.
B.- Physiopathologie

37
1.- Disposition anatomique
a. Territoire vasculaire anastomotique:
Le sang contourne l'obstacle par les anastomoses s'il situé dans un territoire riche
en anastomoses comme le tube digestif.
b. Système vasculaire type terminal: l'ischémie est totale d'emblée, l'absence
d'anastomoses ne permettant pas la déviation du sang.
Ex: Rein et cerveau
c) Obstacle d'installation progressive (peu à peu):- les anastomoses pré-existantes
grêles et inutilisées à l'état normal augmentent progressivement de calibre et
constituent une circulation collatérale fonctionnelle ou bien des anastomoses
nouvelles se constituent de toute pièce pour constituer une circulation de
suppléance; le processus évolue en 2 phases:
- Une phase temporaire d'anoxie entraînant des altérations tissulaires ± sévères.
- Une 2e phase d'adaptation avec rétablissement d'un débit circulatoire ± suffisant.
2.- Métabolisme des cellules intéressées.
Les besoins en oxygène (O 2) varient dans des proportions considérables
d'un tissu à un autre et pour un même tissu, de son état de repos ou d'activité
fonctionnelle. Leur capacité et leur temps de résistance en dépendent : ce temps
apparaît dramatiquement bref pour les cellules cérébrales. Il est suivi de leur
nécrose immédiate, irréparable, leur régénération n'existant pratiquement pas. Les
autres organes ou tissus supportent moins mal l'anoxie et peuvent survivre alors que
les fonctions cérébrales sont perdues sans possibilité de récupération.
Temps de résistance à l'anoxie, avant leur nécrose, des cellules nobles de
divers tissus
TISSU Temps moyen d'anoxie supportable
SNC – adulte 3 minutes
- enfant 5 minutes
Myocarde 12 minutes
20 minutes
Foie
35 à 50 minutes : lésions réversibles
Rein des tubes proximaux
90 minutes : Lésions irréversibles
Muqueuses gastro-intestinales 6 heures
Muscles striés
6 à 12 heures
Téguments

3.- Conditions de formation de l'obstruction


Il est facile d'imaginer que les conséquences de l'obstruction vasculaire
diffèrent suivant qu'elle est totale ou partielle, artérielle ou veineuse, subite ou
progressive.
4.- Conséquences de l'ischémie
C'est l'infarctus ou l'infarcissement.

38
V.- HEMORRAGIE
C'est l'écoulement de sang hors de l'appareil circulatoire. Elle peut être
unique, localisée en un point ou multiple et disséminée.
A.- Origine:
1.- artérielle : en jets de sang rouge rythmé par le pouls;
2.- veineuse: régulière de sang foncé;
3.- capillaire: punctiforme ou en nappe.
B.- Hémostase ou arrêt de l'hémorragie.
Il s'agit d'une succession des phénomènes:
1.- Réactions pariétales vasculaires comprenant:
a.- une rétraction élastique :elle est plus efficace pour une artère à paroi
élastique et musculaire bien développée que pour une veine;
b.- une vasoconstriction par sécrétion locale d'adrénaline.
2.- adhésion des plaquettes sanguines à la paroi au niveau de la lésion; Elle est
suivie de leur agrégation et désintégration dans les filaments de fibrine pour
constituer le clou hémostatique ou clou plaquettaire ou encore thrombus
blanc.
C.- Topographie de l'hémorragie:
1.- Terminologie
Suivant la localisation de l'atteinte circulatoire, le sang peut être éliminé à
l'extérieur il s'agit de l'hémorragie externe ou s'accumuler dans l'organisme c'est
alors de l' hémorragie interne qu'il s'agit; dans ce dernier cas le sang accumulé
peut infiltrer les tissus, on parle alors de l' hémorragie interstitielle.
a.- Hémorragie extériorisée ou externe: on peut assister à:
1) Epistaxis : hémorragie des muqueuses nasales.
2) Hémoptysie : une expectoration de sang.
3) Hématurie : émission d'urines sanguinolantes.
4) Hématémèse : vomissement sanglant.
5) Melæna : émission des matières fécales de couleur noire goudron par présence
de sang digéré.
7) Ménorragie : écoulement menstruel de durée et d'abondance exagérées.
8) Métrorragie : hémorragie génitale en dehors des règles.
b.- Hémorragies internes:
Superficielles ou profondes, elles peuvent passer inaperçues.
1) Ecchymose : infiltration sanguine diffuse et superficielle, en plaque irrégulière,
portant sur le tissu celluleux de la peau, des muqueuses ou des séreuses.
2) Hématome : collection sanguine circonscrite, développée dans un tissu compact
ou une région anatomique clivable.
Ex : Hématome intracérébral.
3) Hémopéricarde, hémopéritoine, hémothorax: épanchement sanguin dans la
cavité séreuse correspondante = hémorragie interne péricardique, péritonéale
ou pleurale.
4) Hémarthrose : épanchement sanguin dans une articulation.
5) Hématocèle : épanchement sanguin dans la vaginale testiculaire.
39
6) Purpura : hémorragies dermiques multiples, disséminées.
7) Pétéchies : petites tâches de purpura, de la taille d'une piqûre de puce à celle
d'une lentille.
8) Vibices : tâches hémorragiques allongées comme la marque d'un coup de fouet.
D.- Aperçu morphologique
Toute hémorragie implique une lésion pariétale de l'appareil circulatoire et
si elle est interne un foyer d'hémorragie dans l'organisme.
1.- Lésion pariétale :
a.- Rupture
- traumatique le plus souvent
-spontanée exceptionnelle due soit à une poussée hypertensive ou lors
d'hémorragies conjonctives des enfants atteints de coqueluche.
Traumatique ou spontanée, l'effraction peut être favorisée par une lésion
préexistante dissociant ± la paroi, en particulier son armature élastique:
- athérome, anévrysme, envahissements cancéreux, varices, inflammation
nécrosante et fonte purulente dans les septicophyohémie, l'ulcération biochimique
dans les ulcères peptiques, la TBC de même que l'anévrysme disséquant sont
autant des causes de la rupture vasculaire.
b.- Erythrodiapédèse
C'est le passage direct des GR à travers une paroi vasculaire non rompue,
généralement un réseau capillaire. Des perturbations de la perméabilité endothéliale
sont sans doute à l'origine du phénomène : elles sont dues à la congestion passive et
à son hypoxie, à certaines avitaminoses (C et P), à des substances toxiques
industrielles ou médicamenteuses, à des toxines microbiennes (méningocoque,
streptocoque), à des troubles immunologiques. L'érythrodiapédèse peut être brutale
et d'étendue variable. Ainsi peut s'expliquer le purpura à l'origine duquel elle est
habituelle.
2.- Foyer hémorragique
Le sang ne conserve sa structure qu'à l'intérieur de l'appareil circulatoire et
à l'abri d'un endothélium normal.
a.- Aspects microscopiques
Au début on note:
- une infiltration extravasculaire des globules rouges, groupés ou lâchement répartis
dans les tissus;
- dépôt inconstant de filaments de fibrine;
- les tissus sont normaux ou détruits ou dissociés par la pression du sang ou par la
violence de l'agent causal : traumatisme, trouble de l'immunité, inflammation,
tumeur,
- lyse des GR, elle est précoce : ils se tuméfient, perdent leur coloration et sont
phagocytés en 3-5 jours;
- les GR libèrent alors leur hémoglobine (HB) dont la dégradation aboutit à des
grains d'un pigment brunâtre, l'hémosidérine;
A partir du 15e jour, les grains d'hémosidérine imprègnent les interstices
conjonctifs à l'état libre et y persistent longtemps;
- ce pigment (hémosidérine) est repris par les macrophages appelés "sidérophages"
40
ou "hémosidérophages".
Le foyer hémorragique disparaît en principe sans trace. Mais s'il y a des
dégâts tissulaires, un granulome inflammatoire de résorption suivi de fibrose leur
succède. Ce tissu fibreux teinté d'hémosidérine et parfois calcifié est le stigmate
indélébile de l'hémorragie.
b.- Aspects macroscopiques
La forme et le volume d'une zone hémorragique varient considérablement
suivant sa localisation; les limites en sont souvent imprécises. Le sang extravasé
chemine dans le tissu conjonctif lâche, le long des gaines vasculo-nerveuses loin de
son lieu de déversement, en suivant les règles de la déclivité de sorte qu'une
hémorragie de la face postérieure du coude peut atteindre le dos de la main.
La couleur d'un foyer hémorragique superficiel change avec le temps et le
rythme des phases de dégradation de l'hémoglobine, passant du rouge-bleuâtre au
violacé, au verdâtre et au jaune-grisâtre avant de s'effacer sans laisser de trace. Une
seule exception : l'hémorragie de la conjonctive oculaire demeure rouge vif de son
début à sa résorption. L'accumulation d'hémosidérine dans les tissus donne une
teinte jaune-brunâtre persistante dite "xanthochromique".

c.- Aspects évolutifs


1) Hématome enkysté: le granulome inflammatoire se sclérose sans que le sang
soit résorbé. Il est au contraire entouré d'une coque fibreuse blanchâtre. Son
contenu peut rester liquide, virer au brun-noirâtre ou jaunâtre et devenir
tardivement incolore ou limpide.
2) Nodule sclérocalcaire: c'est l'aspect évolutif original d'un petit foyer
hémorragique. Le pigment ferrugineux associé aux sels calcaires imprègne les
fibres de réticuline et collagène, leur donnant une vague apparence de filaments
mycéliens enchevêtrés, répartis dans une nappe de fibrose parmi les grains de
pigment ocre. L'ensemble constitue un nodule jaune chamois de la taille d'une
tête d'épingle, habituel dans les rates congestives, mais non exceptionnel
ailleurs, par exemple dans le corps thyroïde.
E.- Corrélations anatomocliniques
1.- Répercussions générales et locales
La gravité des hémorragies dépend, au premier chef, de la quantité de sang
perdu, de la rapidité de cette perte et de sa répétition éventuelle.
a.- Anémie normochrome par perte de la masse globulaire.
b.- Compression : une hémorragie tant soit peu volumineuse comprime les organes
voisins. L'hématome intracérébral et les diverses formes d'hémorragie méningée
tiennent leur gravité par leur localisation et la compression qu'elles exercent.
c.- Valeur diagnostique
La découverte d'un purpura peut évoquer une maladie de la coagulation
sanguine, des plaquettes sanguines ou de l'endothélium capillaire; une maladie
infectieuse ou une maladie allergique et que leur découverte engage à aboutir à une
étiologie.
Un hémopéritoine peut évoquer une rupture de la rate, une grossesse extra-
utérine rompue,

41
2.- Hémorragie et affections générales
Des affections générales diverses sont responsables d'hémorragies
spontanées ou provoquées par une agression locale minime. On les range
schématiquement en coagulopathies par troubles de la coagulation sanguine,
thrombopathies par anomalies des plaquettes sanguines et vasculopathies par
atteintes des parois vasculaires, spécialement les capillaires.
a.- Coagulopathies:
Il s'agit des carences congénitales ou acquises d'un ou de plusieurs facteurs
de coagulation et empêchant de ce fait la formation du caillot. Il s'agit de :
1) L'hémophilie par déficit en facteurs VIII (hémophilie A) et moins fréquemment
en facteur IX (hémophilie B).
Déficit ne veut pas dire absence, le facteur est présent parfois mais inactif par
suite de sa structure biochimique anormale. C'est une affection récessive liée au
sexe, plus précisément au chromosome X. La transmission n'atteint que les
hommes et se fait par les femmes qui sont porteuses saines.
Début : de l'âge des 1ers pas à l'âge adulte et rarement plus tôt.
Signes : hémorragies en tout points du corps et provoquée par un traumatisme
minime:
- Hématome de la gaine du psoas, simulant une urgence abdominale,
- Hématome des membres pouvant comprimer les nerfs,
- Hémarthrose du genou, du coude,
- L'hypoprothrombinémie,
- L'afibrinogénémie et l'hypofibrinogénémie.
Le fibrinogène étant synthétisé par le foie, l'insuffisance de sa synthèse,
combinée à l'hypoprothrombinémie et à l'avitaminose K, font de l'insuffisance
hépatique une condition clinique dans laquelle les hémorragies sont
particulièrement à craindre.
2) La fibrinolyse aiguë primitive
Résulte de l'activation anormale de la plasmine ou de la fibrinolysine,
enzyme capable de dégrader la fibrine et le fibrinogène, ainsi du que le facteur V et
le facteur VIII.
VI.- THROMBOSE
C'est la formation d'un caillot appelé thrombus, dans la lumière de
l'appareil circulatoire.
A.- Caractères généraux
A l'état normal, le sang demeure liquide dans les cavités vasculaires. Sa
coagulation participe à l'arrêt de l'hémorragie. L'exagération de sa coagulation
entraîne une coagulation anormale. Si l'hémorragie est dangereuse, la coagulation
anormale l'est aussi.
Une thrombose peut se produire en tout point de la cavité artérielle,
veineuse, capillaire ou cardiaque.
Un thrombus peut être oblitérant ou occlusif s'il obstrue totalement la
lumière vasculaire ou une cavité cardiaque (oreillette).
Il est dit pariétal ou mural s'il ne fait que rétrécir la lumière et se voit dans les
zones de circulation rapide et il forme un placard ± épais à la face interne intimale
42
d'un vaisseau ou sur l'endocarde.
1.- Aperçu morphologique
a.- Variétés structurales du thrombus
Un thrombus récent est fait :
- un feutrage de filaments de fibrine;
- dont les mailles contiennent les éléments figurés du sang.
Les variétés de thrombus dépendent de l'abondance de tel ou tel type d'éléments
figurés et de leur répartition.
1) Thrombus rouge:
Peu courant, il correspond à un caillot de coagulation massive et
fibrinocruorique contenant fibrine, globules rouges, globules blancs et plaquettes.
Rouge-violacé, il est comparable à celui que l'on obtient lors de la coagulation
brusque de sang in vitro.
Circonstances : - thromboses hémorroïdaires - autres thromboses veineuses.
2) Thrombus blanc:
Il a la structure d'un clou hémostatique ou clou plaquettaire: un agrégat de
plaquettes sanguines associées à quelques filaments de fibrine et de nombreux
leucocytes. Les thrombocytes s'y désagrègent rapidement et se présentent sous
forme d'un matériel granuleux. Toujours de petite taille, il est translucide, visqueux
et très adhérent.
3) Thrombus mixte :
C'est le plus fréquent. De consistance ferme mais assez friable, il
comprend 3 zones schématiques: la tête, le corps et la queue.
- La tête est faite d'un agrégat blanchâtre de plaquettes adhérant intimement à la
paroi vasculaire.
- Le corps se compose de bandes blanches et rouges alternées, perpendiculaires à
la paroi vasculaire dans le thrombus oblitérant; ± parallèles à la paroi dans le
thrombus pariétal. Les bandes perpendiculaires dites lignes ou crêtes de Zahn
correspondent à une agrégation des plaquettes tandis que les parallèles
correspondent à un coagulum fibrinocruorique.
- La queue s'identifie à un caillot de coagulation massive, ce qui explique sa teinte
rougeâtre et son aspect homogène. Elle est friable, peu adhérente, flotte dans la
lumière vasculaire et se détache facilement sous la force du mouvement sanguin.
4) La coagulation agonique et la coagulation post mortem :
Doivent être distinguées d'une thrombose formée in vivo. Immédiatement
après la mort, le sang demeure fluide. L'élasticité des artères le chasse vers les
cavités veineuses et cardiaques. L'autolyse cellulaire et plaquettaire libère les
facteurs de la coagulation.
a).- Le caillot agonique est rouge ± strié de blanc sans lignes de Zahn
caractéristiques. Il ressemble quelque peu à un caillot de coagulation massive.
b).- Le caillot post mortem est comparable au caillot agonique, parfois il est
bicolore avec une couche profonde rouge faite d'hématies et une couche
superficielle blanc-jaunâtre de plasma coagulé, couenneuse, ayant l'aspect de
"graisse de poulet". Cette double colorabilité surtout apparente dans les cavités
cardiaques et les gros vaisseaux est due au fait que les hématies ont sédimenté
après l'arrêt de la circulation et avant la coagulation post-mortem.

43
Le caillot agonique ou post-mortem est élastique, n'adhère pas aux parois
cardiovasculaires et son diamètre est inférieur à celui du vaisseau tandis que le
thrombus est friable, adhérent et souvent oblitérant.
2.- Evolution
a.- Organisation:
Un thrombus subit une organisation fibreuse habituellement comme dans
l'inflammation. Il est d'abord pénétré et progressivement envahi par des histiocytes
et des fibroblastes du tissu conjonctif intimal. Le sang est alors résorbé, certains
histiocytes deviennent les sidérophages. Pendant ce temps, les fibres réticulaires
apparaissent, parallèles au grand axe du vaisseau. Les capillaires sanguins naissent
et sont eux aussi parallèles à cet axe et naissent d'une prolifération angioblastique.
Finalement, le thrombus est amarré solidement à la paroi et transformé en une
masse conjonctivo-vasculaire. S'il est oblitérant, cette masse remplit la lumière et
rend définitive l'oblitération vasculaire. Si le thrombus étant partiel, la masse
bombe dans la lumière sous forme d'un placard dont la surface libre est rapidement
ré-endothélialisée: la continuité du courant circulatoire est maintenue et l'intégrité
relative de la paroi rétablie. Il faut signaler que sous l'effet de la thrombosthénine,
une protéine plaquettaire, un thrombus oblitérant peut subir une rétraction et
devenir pariétal. Il faut aussi savoir que les néovaisseaux du thrombus organisé
peuvent s'anastomoser et laisser exceptionnellement passer le sang d'amont en aval
d'un thrombus oblitérant. Un thrombus organisé peut s'imprégner de sels calcaires,
voir s'ossifier de même que la paroi adjacente. Cet ensemble prend le nom de
Phlébolithe dans les veines thrombosées.
b.- Ramollissement puriforme:
Les leucocytes se désintègrent, libèrent les enzymes qui liquéfient la
fibrine. Cette liquéfaction s'étend et ménage la périphérie transformant ce
volumineux thrombus en un sac contenant un liquide jaune-brunâtre ou gris sale.
Le thrombus ramolli devient très fragile : il se désintègre en petits fragments ou se
détache en entier, mobilisé dans le courant circulatoire.
c.- Ramollissement purulent:
Ce phénomène est secondaire à une infection du thrombus par les germes
lors d'un état infectieux.
d.- Mobilisation:
Un thrombus peut se détacher en entier ou en partie et se fixer en un autre
endroit de l'organisme. Cette migration constitue l'embolie thrombotique et le
thrombus mobilisé prend le nom d'embol.
e.- Thrombolyse:
C'est la lyse de la fibrine du thrombus ou fibrinolyse par la plasmine avec
libération de divers produits de dégradation. Elle peut être suscitée par une
thérapeutique à base d'activateurs du plasminogène comme l'urokinase ou la
streptokinase.
B.- Aperçu physiopathologique
1.- Facteurs de thrombose:

44
Trois facteurs thrombogènes principaux sont à retenir:
a) Altération de l'endothélium:
Par action mécanique traumatique ou chirurgicale, anoxie, radiations
ionisantes, toxines microbiennes, produits chimiques histaminés. La conséquence
en est l'adhésion des plaquettes.
b) Hypercoagulabilité sanguine:
Soit par hyperactivation des facteurs procoagulants (Facteurs de
coagulation) et des facteurs anticoagulants (antithrombus, la plasmine, l'héparine),
soit au contraire par carence en facteurs anticoagulants, soit encore que les facteurs
procoagulants activés ne sont pas détruits comme normalement par les phagocytes
mononucléés lorsqu'ils sont en excès.
Ainsi les foyers de nécrose, les tissus néoplasiques produisent des
substances thrombogènes.
c) Perturbation de la dynamique circulatoire
- La stase sanguine
-Les turbulences à la bifurcation vasculaire, à l'abouchement ± perpendiculaire
d'un vaisseau et au niveau des obstacles pariétaux non occlusifs bombant dans les
cavités cardiovasculaires : plaque athéromateuse, thrombus pariétal, végétation
valvulaire, etc.
d) Modes de développement du thrombus
Il existe une intrication des phénomènes morphologiques et
physiopathologiques menant au thrombus.
- Il peut s'agir d'une stase sanguine alliée à un manque d'élimination des facteurs
actifs de la coagulation plasmatique par les systèmes des phagocytes monucléés.
Ce processus est rare.
Dans la règle, l'acte 1er est l'adhésion immédiate et réversible des
plaquettes sanguines au siège de l'altération endothéliale. Si l'altération est
superficielle, ne mettant à nu que la membrane basale ou les microfibrilles
conjonctives, elle nécessite la présence du facteur de Willebrand dont le déficit ou
maladie de Willebrand, une tare autosomique à transmission dominante est
caractérisée par un syndrome hémorragique prédominant sur les muqueuses si
l'altération endothéliale est profonde et atteint le tissu conjonctif, l'adhésion est liée
aux seules perturbations de mouillabilité et charges électriques.
L'agrégation plaquettaire est d'abord réversible; elle forme une ébauche de
clou plaquettaire troué de pertuis, perméable au sang. Elle devient irréversible sous
l'action des traces de thrombine contenue dans l'atmosphère périplaquettaire : les
plaquettes subissent une métamorphose visqueuse, c'est-à-dire qu'elles se gonflent
et perdent leur contour avant de se désagréger, tandis qu'elles libèrent leur contenu,
notamment un phospholipide plaquettaire ou facteur 3 plaquettaire (3FP)
indispensable à la voie endogène plasmatique de la coagulation. La thrombine
nouvellement produite accélère la lyse plaquettaire.
Pour sa part, la fibrine dont les filaments sont accrochés par la surface
muqueuse de l'agrégat, en assure l'étanchéité ainsi que la stabilisation. C'est de cette
façon que se constituent le clou hémostatique ou thrombus blanc et la tête du
thrombus mixte. Sur la face libre du thrombus blanc non revêtue d'endothélium, les

45
modifications du courant sanguin se traduisent par les zones d'immobilité grâce
auxquelles le sang coagulé se dépose en une bande rouge fibrinocruorique. De
nouvelles plaques s'y accolent puis s'agrègent, toujours sous l'action des
monucléotides plaquettaires: une bande blanche fibrinoplaquettaire se forme et
ainsi de suite... La succession des phénomènes aboutit à l'extension de la thrombose
et à la constitution du corps zébré du thrombus mixte.
C.- Corrélations anatomocliniques
1.- Affections et périodes thrombogènes:
a.- Les périodes post-opératoires et celles du post-partum
Elles associent de façon variable des éléments directement ou
indirectement thrombogènes pour le système veineux : geste chirurgical,
traumatisme, hémorragie responsable d'anémie, d'hyperplaquettose,
d'hypercoagulabilité, choc, immobilisation, stase, libération des produits de
désintégration tissulaire;
b.- L'athéromatose agit en lésant l'intima artérielle, la boursouflant de plaques et
déterminant des rétrécissements vasculaires, elle réunit au moins 2 conditions
favorables à la thrombose: - l'altération endothéliale et - les turbulences du torrent
sanguin.
c.- Les cardiopathies:
Les thromboses compliquent couramment l'insuffisance cardiaque : les
malades alités ou immobilisés souffrent à la fois de ralentissement circulatoire par
baisse du débit ventriculaire, de stase veineuse, d'hémoconcentration, de
polyglobulie secondaire.
Les valvulopathies se compliquent souvent des thromboses des auricules ou des
oreillettes.
Les endocardites se compliquent de thromboses, ces dernières se fixant sur les
valvules lésées.
d.- La maladie cancéreuse est émaillée de thromboses veineuses, surtout lorsque
la tumeur primitive est viscérale: gastrique, pancréatique...
e.- Les varices des membres inférieurs:
Sont à la fois cause et conséquence de la stase sanguine et de ce fait
thrombogènes surtout si le porteur est immobilisé, opéré ou accouché.
2.- Coagulation intravasculaire disséminée (CIVD)
Elle se caractérise par :
- la formation sans cause apparente de caillots sanguins disséminés dans les petits
vaisseaux sanguins (microthrombose);
- un épuisement des facteurs de la coagulation;
- une fibrinolyse secondaire avec hémorragies consécutives.
a.- Aspects microscopiques:
Les thrombi siègent dans les artérioles, les veinules et les capillaires
sanguins; ils peuvent être difficiles à trouver à cause de la fibrinolyse. Leur aspect
varie de celui d'un microthrombus mixte à celui d'un microthrombus hyalin.
- Site : - rein, notamment les artérioles afférentes et les anses capillaires
glomérulaires; - peau, poumons, glande surrénale, rate, foie, tube digestif.
Il s'associe une infiltration hémorragique des tissus.

46
b.- Aspects macroscopiques:
Les thrombi ne sont pas visibles à l’œil nu mais se signalent par les
hémorragies et les nécroses. Les hémorragies sont superficielles et profondes et
consécutives à l'hypercoagulabilité; elles se manifestent par un purpura cutanéo-
muqueux, parfois nécrotique, une atteinte viscérale pouvant toucher tous les
organes...
c.- Aspects étiopathogéniques et retentissement clinique
Le syndrome relève de mécanismes complexes, deux phénomènes initiaux
seraient nécessaires: La stase sanguine et une activation du système de coagulation
plasmatique par non-élimination des facteurs de coagulation activés par les
phagocytes mononucléés. La formation de multiples microthrombi disséminés dans
le lit vasculaire entraîne une consommation locale exagérée des plaquettes et des
facteurs de la coagulation avec effondrement de leur taux sanguin: cette
coagulopathie de consommation correspond à une rupture d'équilibre entre
facteurs procoagulants et facteurs anticoagulants et il s'en suit des hémorragies.
Le processus passe par 3 phases successives: hypercoagulabilité
cliniquement muette avec formation des thrombi, hypercoagulabilité avec
hémorragies, fibrinolyse avec accentuation des lésions hémorragiques.

La correspondance biologique est fidèle :


- phase transitoire d'hyperfibrinogénie et d'hyperactivité des facteurs V et
VIII; - phase de diminution des facteurs normalement consommés pendant la
coagulation, c'est-à-dire hypoplaquettose, hypofibrinogénie et hypoactivité des
facteurs II, V, VIII et XIII;
- phase caractéristique de présence dans le plasma des "complexes solubles de
la fibrinolyse", comprenant les produits de la dégradation du fibrinogène à haut
poids moléculaire (PDF) et les monomères de la fibrine non transformés en
polymères insolubles par inactivation du facteur XIII.
VII.- EMBOLIE
L'embolie se définit comme le transport d'un corps étranger dans le torrent
circulatoire et son arrêt dans un vaisseau qui s'en trouve oblitéré (de embolein =
pousser dans). Le corps étranger s'appelle "embol ou embolus", à ne pas
confondre avec embol qui signifie soit une articulation par emboîtement soit la
réduction d'une luxation.
A.- Caractères généraux
Tout corps étranger non dissout ou non soluble dans le sang peut devenir
un embol qu'il soit massif, granuleux, gazeux, liquide en suspension, etc.
Chez un même individu, l'embol est unique ou multiple, de façon simultanée ou
successive.
La plupart des embols sont endogènes et nés dans l'organisme même :
thrombus (90 %), matériel athéromateux, bulles de gaz, des gouttelettes de
lipides,...
Les embols exogènes sont exceptionnels : agents pathogènes comme: bacilles,
matériel fungique, contenu de kyste hydatique... D'autres sont accidentels: entrée
massive d'air par blessure d'une grosse veine, fragment de cathéter pour perfusion
ou exploration diagnostique. Une place à part doit être faite au vagabondage
47
cellulaire: c'est le passage dans le sang des cellules normales ou pathologiques.
Ces cellules se fixent dans le réseau capillaire sanguin du poumon, foie sans y
déterminer des perturbations circulatoires. Elles meurent sur place ou continuent à
vivre normalement ou bien y prolifèrent de manière excessive: par exemple, les
cellules trophophoblastiques et en particulier les syncytio ou
plasmoditrophoblastes. La migration comparable de minuscules fragments
d'endomètre serait à l'origine de l'endométriose.
1.- Voies de cheminement
En règle générale, un embol suit le cours normal du sang, c'est l'embolie
directe.
Ex. : Un thrombus libéré d'une veine surale (de la jambe), passe par la VCI, l'OD,
le VD et AP pour se fixer dans cette artère pulmonaire ou l'une de ses branches. En
fait, un embol issu d'une veine de la grande circulation oblitère une artère de la
petite circulation, tandis qu'un embol issu du système cardioartériel de la grande
circulation y demeure et oblitère une artère de cette grande circulation. Il arrive que
le cheminement anatomique soit différent, c'est le cas très occasionnel de l'embolie
paradoxale consistant en ce qu'un embol quitte une veine de la grande circulation
pour oblitérer une artère de la même grande circulation. Ceci est possible si et
seulement s'il existe un court-circuit par une malformation cardiaque
(communication inter-auriculaire: CIA ou interventriculaire: CIV) ou par une
fistule veino-artérielle.
L'embolie rétrograde encore plus rare et même contestée par certains, se ferait à
l'occasion du renversement momentané du flux de la grande circulation par
hypertension brutale due à un effort de toux, de défécation ainsi, un embol pelvien
remontant la VCI pourrait-il être stoppé et repoussé vers l'amont par le reflux
veineux puis s'engager dans un vaisseau comme la veine rénale.
2.- Conséquences
a.- Mécaniques:
Sont les 1ères auxquelles on pense. Quels que soient la nature et le point
de départ, ce sont les mêmes que celles toute obstruction artérielle ou veineuse,
depuis l'absence de toute lésion jusqu'à la nécrose ischémique.
b.- Conséquences physiopathologiques:
Elles sont redoutables pour une part à cause de la brutalité du phénomène.
Le spasme ± intense qu'il déclenche renforce l'occlusion vasculaire et peut toucher
un territoire vasculaire plus étendu... Il peut passer cliniquement inaperçu ou
entraîner une mort subite ou ± rapide; le malade peut présenter: angoisse,
énervement et lipothymie.
c.- Conséquences thrombogènes:
Tout embol qui ne tue pas à ± brève échéance met en branle le mécanisme
de la thrombose là où il se trouve bloqué. Le thrombus secondaire suit l'évolution
de tout thrombus: fixation à la paroi, organisation conjonctivovasculaire...
L'embol originel reste reconnaissable s'il est fait d'un matériel qui n'est pas sanguin
(cellules cancéreuses) ou s'il ne se résorbe pas (bulle gazeuse).
d.- Conséquences évolutives locales:
Elles tiennent à la nature même de l'embol.
48
1) L'embol spetique procède d'un thrombus fibrionocruorique hébergeant les
germes pathogènes, il est à l'origine des abcès métastatiques (part d'une
végétation d'endocardite, d'une zone de thrombophlébite).
2) L'embol cancéreux comprend des cellules cancéreuses en amas, parties d'une
tumeur maligne et déterminant une métastase là où elles se bloquent.
B.- Corrélations anatomocliniques
1.- Thrombo-embolie ou embolie tout court.
a.- Origine : veineuse la plus courante. Le thrombus est mobilisé en bloc par
embolie directe et vient obstruer le tronc commun de l'AP entraînant une mort
subite avant même que la nécrose ischémique ait le temps de se constituer.
A la nécropsie, on trouve un agglomérat de longs cylindres thrombotiques
recroquevillés et pelotonnés, faisant saillie à l'ouverture de l'AP. Dans les autres
cas, les conséquences sont celles de toute obstruction vasculaire.
b.- L'origine cardiaque ou artérielle est plus rare et passe plus rarement
inaperçue que l'origine veineuse.
2.- Embolie athéromateuse
a.- Embolie par détachement d'un thrombus né sur une plaque d'athérome.
b.- De la bouillie athéromateuse peut également se détacher d'une plaque
d'athérome ulcérée.

3.- Embolie gazeuse


Une petite quantité d'air peut lors d'une injection intraveineuse (IV) passer
dans le sang sans causer la moindre gêne. Le terme d'embolie gazeuse est réservé
soit à l'introduction massive d'air ou d'un autre gaz dans un vaisseau sanguin, soit à
l'apparition des bulles gazeuses capillaires sanguines.
a.- Aspect microscopique
L'embol gazeux n'est pratiquement pas identifiable, mais c'est un espace vide de
sang dans la lumière d'un vaisseau.
b.- Aspect macroscopique
Par le fond d’œil (F.O.), on peut noter de petits embols gazeux dans les vaisseaux
rétiniens, des bulles gazeuses ont tendance à s'accumuler dans les cavités
cardiaques surtout à droite, ce qui rend le sang spumeux dans ces cavités, ce qui
peut rendre le diagnostic nécropsique facile si l'on songe à les ouvrir sous l'eau.
c.- Aspects étiopathogéniques et retentissement clinique
Il existe 2 groupes de circonstances:
- Le 1er est celui d'une entrée d'air massive accidentelle dans la circulation à
l'occasion d'un traumatisme ou d'un geste médicochirurgical : Intervention
thoracique ou intracrânienne, les insufflations pour pneumothorax ou
pneumopéritoine exposent plus que d'autres manœuvres aux embolies veineuses.
La pression négative produite par l'inspiration contribue à l'aspiration d'air dans
les veines. Les embolies artérielles répondent au passage d'air dans les veines
pulmonaires, de là au cœur gauche, à l'aorte et à ses branches.
Clinique: choc inopiné ou mort subite.
Décès rapide dans la forme veineuse par décompensation cardiaque par
accumulation de gaz dans les cavités.
Ischémie du système nerveux central (SNC) dans la forme artérielle.
- Le 2e groupe: rassemble les accidents de décompression survenant lorsque les
gaz dissouts dans le sang et les tissus, se libèrent sous forme de bulles d'air dans
49
un organisme soumis à un abaissement (une décompression) trop rapide de la
pression ambiante. Le CO2 et l'O2 se redissolvent très vite et sans accident, tandis
que les bulles d'azote (N2) persistent et oblitèrent les petits vaisseaux en
particulier ceux de certains tissus au réseau capillaires très développé, appelés
"pièges à bulles" comme l'os spongieux des épiphyses ou le SNC, d'où foyers de
nécrose ischémique ou de démyélinisation.
Au contact de l'air, le sang coagule et une CIVD peut compliquer une
embolie gazeuse.
4.- Embolie graisseuse
Chez les sujets traumatisés, les polyfracturés, on peut rencontrer de petits
groupes de cellules adipeuses, des lambeaux de moelle osseuse hématopoïetique et
des gouttelettes de lipides libres extracellulaires dans les rameaux des artères
pulmonaires. Chez les mêmes sujets, des gouttelettes lipidiques libres se
rencontrent également dans les petits vaisseaux de la grande circulation, notamment
au cerveau, dans le rein, dans les téguments ou le globe oculaire.
On distingue deux ordres de phénomènes :
-Embols graisseux latents, cellulaires ou libres sans remaniement circulatoire
fonctionnel ou organique.
- Un syndrome d'embolie graisseuse avec lésions tissulaires disséminées, des
troubles biologiques alarmants et des perturbations complexes du métabolisme
lipidique.
a.- Aspects microscopiques
L'identification d'adipocytes ou de moelle hématopoïétique parfois ornée
d'un spicule osseux, est évident dans la lumière d'un vaisseau sanguin. Les embols
graisseux ne possèdent pas de structures caractéristiques dans les préparations
histologiques standard, ils correspondent à des espaces vides, sphériques ou
allongés dans la lumière d'un vaisseau sanguin : artérioles ou capillaires, les dilatant
légèrement et produisant un tassement des globules rouges (GR) sur l'endothélium.
Le diagnostic est affirmé par les colorations spécifiques des lipides (Soudan III,
rouge écarlate, acide osmique). Les malades souffrent de syndrome d'embolie
graisseuse dont la découverte est faite par ponction-biopsie rénale ou cutanée,
montrant les cellules endothéliales dégénératives, au contact des embols et même
en dehors d'eux. On décèle aussi une association d'exsudats oedémateux,
d'hémorragies par érythrodiapédèse ou rupture vasculaire, des microthromboses
fibrineuses et parfois d'infiltrats histiocytaires.

b.- Aspects macroscopiques


Rien n'est spécifique à l’œil nu, de l'embolie graisseuse. Les tissus et les
organes des sujets décédés sont parsemés d'hémorragies punctiformes ou étendues
en nappes irrégulières. Au lit du malade deux localisations hémorragiques
paraissent néanmoins évocatrices: des pétéchies sous-conjonctives, considérées
comme signe d'alarme par beaucoup, des exsudats hémorragiques et blanchâtres du
F.O., les derniers traduisant la démyélinisation de la rétine, un purpura thora-
cocervical antéro-supérieur, généralement tardif par rapport à la symptomatologie.
c.- Aspects étiopathogéniques et retentissement clinique
- Un intervalle libre : plusieurs heures à quelques jours : 2 à 3 jours, est
50
constamment noté entre le moment de l'agression et l'installation du syndrome
d'embolie graisseuse comprenant cliniquement: - une fièvre brutale, une grande
détresse cardio-respiratoire, une éruption purpurique et une atteinte
neuropsychique avec céphalée, agitation, torpeur ou hallucination.
Dans plus de 80 % l'agent causal est la facteur unique ou multiple,
notamment de la diaphyse des os longs comme le fémur.
Autres causes : - introduction intraveineuse accidentelle ou médicamenteuse de
substance huileuse exogène, consécutive à une manœuvre abortive, une
lymphographie, une injection intramusculaire, une perfusion d'émulsion lipidique,
brûlure étendue, infection sérieuse du panicule adipeux, stéatose hépatique avec
nécrose de nature alcoolique ou toxique (phosphore, tétracycline).
d.- Physiopathologie
L'obstruction vasculaire est la grande responsable, celle des vaisseaux
pulmonaires peut intervenir en tant que telle si elle est massive ou simultanément
multifocale ou répétée sans cesse. A elle seule, elle ne peut expliquer ni l'intervalle
libre, et l'on ne s'explique que les embols lipidiques libérés dans le système artériel
pulmonaire franchissant la barrière des poumons pour diffuser dans la grande
circulation et y déterminer les lésions multiples des tissus et des organes.
On pense aujourd'hui qu'il s'agit d'un bouleverse-ment brutal et profond du
métabolisme des lipides.
5.- Embolie amniotique
Une fois sur 25.000 à 30.000 accouchements et peut-être moins
exceptionnellement au décours d'une grossesse développée sur stérilet, du liquide
amniotique passe dans la circulation veineuse de la mère, après la rupture des
membranes, à la faveur des contractions utérines très violentes ou d'un obstacle à
l'écoulement vaginal de ce liquide. Les débris qu'il contient en suspension, lanugo,
cellules malpighiennes desquamées, sébum, mucus, se logent dans les vaisseaux
pulmonaires. De plus et surtout la thromboplastine qu'il contient active les facteurs
de coagulation jusqu'à épuisement.
L'embolie amniotique est comme l'embolie graisseuse plus redoutable par
ses effets biochimiques que par son action d'oblitération vasculaire: Hormis les cas
de mort brutale ou rapide, un tableau de coagulation intravasculaire disséminée
s'installe; c'est donc une coagulopathie de consommation.
VIII.- INFARCTUS, INFARCISSEMENT, APOPLEXIE:
A.- Définitions:
Un infarctus est un foyer viscéral circonscrit de nécrose ischémique,
consécutif à une oblitération artérielle. Il existe des infarctus blancs ou anémiques,
aux tissus démunis de sang et des infarctus rouges ou hémorragiques gorgés de
sang.
Un infarcissement est un foyer viscéral ± circonscrit de nécrose
hémorragique, consécutif à une oblitération veineuse alors qu'en principe, l'artère
correspondante n'est pas oblitérée.
Une apoplexie est une perturbation (de apopleksis = stupeur) d'un réseau
de circulation sanguine, viscéral, péri-viscéral et même pluri-viscéral, entraînant
une hémorragie par érythrodiapédèse et une nécrose secondaire, sans oblitération

51
vasculaire. Par extension, c'est la zone de nécrose hémorragique qui en résulte.
B.- Aperçu morphologique et évolutif
1.- Infarctus blanc
Les lieux d'élections en sont le rein, la rate, le cerveau, le myocarde, c'est-
à-dire les organes à tissus denses irrigués par un système artériel terminal.
L'occlusion artérielle porte sur le tronc principal ou successivement sur
une ou plusieurs de ses branches : un même organe peut avoir plusieurs infarctus
blancs. Le retour veineux est respecté.
a.- Aspects microscopiques
Dans sa forme typique et à sa période d'état, l'infarctus blanc comprend :
- Une région centrale de nécrose de coagulation à l'architecture tissulaire générale
conservée, mais aux cellules munies d'un cytoplasme homogène oxyphile et d'un
noyau pycnotique.
- d'un liséré périphérique de tissus non nécrosés, mais œdémateux, congestifs,
infiltrés de multiples éléments libres, polynucléaires, histiocytes et macrophages.
- une bande externe simplement congestive, la vasodilatation sanguine s'atténuant
progressivement en direction des tissus de voisinage.
b.- Aspects macroscopiques
On observe:
- une région centrale de nécrose blanc- jaunâtre, de consistance ferme ou molle,
saillant ± dans la capsule de l'organe comme sur les tranches de section et dont la
forme, le volume et les limites nettes correspondent au territoire anatomique de
vascularisation de l'artère oblitérée : triangle à sommet orienté vers le hile pour le
rein, contours quadrangulaires ou polycycliques pour la rate,
- un mince liséré gris clair périphérique visualisant la portion de tissus infiltrés par
les cellules libres.
- une bande congestive externe, rouge violacé.
c.- Aspects évolutifs et physiopathologiques
Au début : lorsque l'ischémie s'installe, rien de décelable tant
microscopiquement que macroscopiquement (4 à 12 h pour l'infarctus du
myocarde) au niveau de la zone voisine à la nécrose. Par contre, la microscopie
électronique révèle les altérations cellulaires des premiers instants de nécrose
ischémique: gonflement mitochondrial de grande amplitude puis dégranulation de
la matrice, dilatation du réticulium endoplasmique, gonflement cellulaire, etc.
L'évolution de l'infarctus s'apparente à celle d'un foyer inflammatoire telle
qu'elle est décrite plus loin : afflux de liquide d’œdème, de polynucléaires
neutrophiles et d'histiocytes formant le liséré périphérique ainsi que la
vasodilatation sanguine qui survient après l'installation de la nécrose. Les
leucocytes envahissent les tissus nécrosés, participent à leur destruction et à leur
résorption, par la sécrétion des ferments protéolytiques et par phagocytose. Ce
phénomène est progressif, généralement lent, les portions désintégrées se trouvant
remplacées par un tissu conjonctif presque toujours moins abondant que le tissu
disparu.
L'infarctus vieilli apparaît comme une zone amincie ou rétractée de
sclérose cicatricielle blanchâtre, dure et desséchée. Une variante, l'ischémie
tissulaire de l'infarctus cérébral est rapidement suivie d'une nécrose de liquéfaction;
d'où le nom de ramollissement cérébral. La résorption de ce ramollissement
comme de tout infarctus peut laisser une cavité kystique résiduelle, cernée de
fibrose. En cas d'infection d'un infarctus, il surviendra un infarctus suppuré.

52
2.- Infarctus rouge
Les lieux d'élection sont les organes creux à tissus lâches comme le
poumon et les intestins. Comme pour l'infarctus blanc, l'occlusion artérielle peut
porter sur des vaisseaux de calibre différent. Elle s'accompagne des perturbations,
dans le réseau veineux d'écoulement correspondant.
a.- Microscopie
Une fois constitué, l'infarctus rouge comprend, comme l'infarctus blanc,
trois parties différentes beaucoup moins stéréotypées:
- une zone centrale de nécrose hémorragique dans laquelle les contours des alvéoles
pulmonaires sont encore reconnaissables.
- un liséré périphérique de parenchyme pulmonaire dans lequel les alvéoles sont
remplies de liquide d’œdème, de polynucléaires et d'histiocytes, sans être
désintégrées pour autant (alvéolite oedémateuse et fibrino-leucocytaire).
- Une bande externe simplement congestive.
b.- Macroscopie
L'allure générale est celle d'un tissu gorgé de sang noirâtre, induré à
limites précises quadrangulaire ou triangulaires avec une base tournée vers la
plèvre, bombant même sous elle et un sommet à direction hilaire au niveau duquel
se trouve l'artère oblitérée.
Le liséré périphérique souvent masqué par l'hémorragie et la bande externe
se fondent dans l'ensemble de la lésion.
c.- Aspects évolutifs et physiopathologiques
Au début, durant une brève période, les tissus sont en ischémie totale,
pâles et sec. Puis rapidement se produisent coup sur coup, une congestion intense et
l'inondation hémorragique avec la nécrose.
Par la suite, la réaction inflammatoire périphérique, la désertion, la
cicatrisation se déroulent sur le même mode que pour l'infarctus, à cela près que les
tissus de sclérose cicatricielle de l'infarctus rouge peuvent conserver des pigments
d'hémosidérine après résorption des hématies et apparaître bruns à l’œil nu.
L'afflux de sang secondaire dans le territoire dépendant d'une artère
principale oblitérée s'expliquent par :
- la voie des artères collatérales temporairement imperméables ou insuffisamment
fonctionnelles pour éviter l'anoxie.
- Reflux veineux dans les tissus ischémiques, l'occlusion artérielle déclenchant une
aspiration sanguine rétrograde.
- Gêne à l'écoulement veineux de la zone ischémiée ou même blocage de la
circulation de retour, par stase sanguine en aval quelle qu'en soit la cause, voire
par thrombose veineuse concomitante.
- Un nouvel accès de sang artériel dans la région proximale d'un infarctus blanc, par
le canal de l'artère principale dont le spasme accompagnant l'oblitération aurait
été levé ou dont l'embol aurait été mobilisé à nouveau et expédié plus en avant.
- Perturbations hémodynamiques complexes et successives.
- L'obstruction artérielle provoquant à la fois une nécrose exsangue et une
vasoconstriction réflexe artériolaire suivie d'une vasodilatation réflexe par
anoxie avec reflux de sang veineux et inondation sanguine à travers la paroi
nécrosée des capillaires.
L'intervention de l'un ou de l'autre de ces mécanismes permettrait de
comprendre le caractère évolutif de certains infarctus.
- Un infarctus pouvant passer par un stade exsangue très transitoire avant de
devenir rouge comme dans le poumon, un autre infarctus pouvant être d'emblée
rouge, lorsque la nécrose hémorragique est d'installation immédiate comme dans
le poumon des sujets atteints de stase cardiaque,
L'infarctus rouge du poumon soulève le problème circulatoire du viscère à
53
double système artériel. L'inondation sanguine résulte de la combinaison de
plusieurs phénomènes. Les perturbations hémorragiques jouent certainement leur
rôle. Mais les anastomoses artério-artérielles et artérioveineuses, fermées à l'état
normal, s'ouvrent parallèlement par reflex, et les anastomoses artère bronchique -
veine pulmonaire participent de façon toute spéciale au processus hémorragique en
projetant du sang sous pression dans le réseau capillaire déjà submergé.
3.- Infarcissement hémorragique
Ce sont avant tout les poumons, le rein et la rate qui s'en trouvent affectés
par thrombose veineuse, en particulier chez les cardiaques. On peut citer aussi
l'intestin grêle par thrombose mésentérique et la surrénale par thrombose de la
veine surrénalienne.
Les aspects microscopiques, macroscopiques et évolutifs paraissent ceux
d'un infarctus rouge à quelques minimes différences près. Les contours moins
tranchés, une dominance d’œdème, d'hémorragie et de congestion passive avec
teinte très violacée signeraient l'obstruction veineuse. Seule l'étude très minutieuse
des troncs vasculaires permettra de l'affirmer, ce qui n'est pas toujours couronné de
succès, c'est ainsi que dans certaines contrées, le terme infarcissement est
abandonné au profit de l'infarctus rouge qui s'appliquerait à tout foyer de nécrose
ischémique gorgé de sang, quelle qu'en soit l'origine artérielle ou veineuse de
l'anoxie.
4.- Apoplexie
Les organes atteints sont les viscères digestifs et ceux de la sphère génitale
et accessoirement le cerveau et les glandes endocrines.
Elle est caractérisée par l'hémorragie par érythrodiapédèse et la nécrose
tissulaire sans oblitération vasculaire. Les suffusions hémorragiques, l'exsudation
oedémateuse, les lésions de nécrose diffusent sans limites nettes dans les tissus, se
continuant souvent en nappes ou en foyers discontinus à la périphérie de la zone
infiltrée.
L'évolution est celle de tout foyer de nécrose hémorragique. Il existe
cependant une tendance à l'enkystement de ces foyers d'apoplexie surtout quand ils
sont petits.
C.- Corrélations anatomocliniques
1.- Répercussion générale
La plupart des petits infarctus peuvent passer inaperçus sans
symptomatologie propre.
La plupart des autres infarctus se révèlent par une douleur subite, irradiée
ou non selon un trajet classique avec ou sans état de choc. La mort subite ou
immédiate peut en résulter : elle est due soit à l'irréversibilité du choc, soit à une
insuffisance fonctionnelle aiguë de l'infarctus du myocarde.
L'insuffisance fonctionnelle progressive conduit à la mort différée comme
dans l'insuffisance rénale grave des infarctus du rein. La topographie et l'étendue de
la nécrose commandent l'essentiel du tableau clinique et la sévérité du risque vital;
la dyspnée et l'hémoptysie dans l'infarctus pulmonaire; l'onde typique et anormale
du tracé ECG, la chute tensionnelle et les troubles du rythme cardiaque dans
l'infarctus du myocarde.
2.- Répercussions locales

54
La nécrose ischémique est par son étendue ses récidives, responsable
habituelle des déformations, d'atrophie voire de destruction partielle ou totale
de différents organes. La nécrose ischémique peut conduire à la rupture d'un organe
: rupture du cœur avec hémopéricarde mortel, rupture de la rate avec
hémopéritoine, perforation intestinale avec infection et péritonite secondaire.
Elle suscite de surcroît des altérations de voisinage dont les manifestations
peuvent aider au diagnostic anatomoclinique : péricardite en regard d'un infarctus
du myocarde, pleurite comparable de l'infarctus pulmonaire,

XI.- CHOC
C'est un état de défaillance circulatoire aiguë entraînant une mauvaise
irrigation sanguine des tissus et aboutissant rapidement à une anoxie cellulaire.
A.- Aperçu physiopathologique
B.- Aperçu morphologique et évolutif
Des aspects de souffrance et de dégénérescence cellulaire sont
découverts dans de nombreux tissus, lors des chocs cliniques et expérimentaux tant
à la m.o. qu'à la m.e.. On y rencontre aussi des lésions ± diffuses d’œdème,
d'hémorragie et de microthrombose ainsi que des simples amas d'hématies
paraissant bloquées dans les capillaires et les veinules dilatées. Outre ces lésions,
les foyers de nécrose parsèment les organes irrigués par les sinusoïdes.
- Dans le foie de choc, ils sont généralement centro-lobulaires et forment des fines
marbrures jaunâtres sur les tranches de section hépatique, de même que sur les
bords des organes là où les possibilités de circulation collatérale sont limitées,
comme dans la région sous endocardique du cœur de choc.
- Dans le poumon de choc, cette nécrose prend l'allure d'un foyer d'apoplexie.
Dans l'estomac et l'intestin de choc, ce sont des petits placards rouges à limites
nettes correspondant à des exulcérations hémorragiques de la muqueuse ou
ulcérations du stress.
- Dans le rein de choc : c'est une nécrose tubulaire aiguë avec rupture de la
membrane basale des tubes et oedème interstitiel. Dans la cellule épithéliale
apparaissent d'abord un gonflement et un éclatement des mitochondries ainsi
qu'une vésiculation et une désorganisation du réticulum endoplasmique. L'élément
dégénère ensuite en se tuméfiant et en se chargeant de graisse, puis il se nécrose
et desquame.
La lumière élargie des tubes contient des cylindres grumeleux, pigmentés,
brunâtres et oxyphiles, correspondant à de l'hémoglobine désintégrée et à des débris
cellulaires.
Ces lésions sont segmentaires mais non systématisées à une portion du tube
urinifère. De plus, elles sont focales, portant sur un des groupes épars de néphrons
mais non à leur totalité. Enfin, elles respectent les glomérules sauf dans les cas de
nécrose corticale.
Macroscopiquement, le cortex, pâle et hypertrophié par l’œdème contraste
avec les pyramides dont la couleur brun-rouge est attribuée aux dépôts de pigment.
Une telle tubulopathie aiguë se traduisant par une insuffisance rénale aiguë rapide
avec olygo-anurie précoce peut guérir sous l'effet des thérapeutiques, les cellules
épargnées entrant en mitose et régénérant les portions épithéliales détruites en
quelques semaines.
C.- Corrélations anatomocliniques
55
Voir clinique:
Froideur et pâleur ou à l'inverse cyanose des téguments; sudation
excessive par excitation sympathique; pouls rapide et filant;
Hypotension artérielle; hyperventilation pulmonaire; lipothymie et même perte de
connaissance.

56
CHAPITRE 5 : INFLAMMATION
I.- DEFINITION
L'inflammation est l'ensemble des réactions de l'organisme, tissulaires et
humorales, locales et générales, à toute forme d'agression susceptible de perturber
son équilibre biologique. En d'autres termes il s'agit d'une suite d'événements bien
ordonnés survenant dans un organisme comme une réaction à une agression
quelconque. L'inflammation a 3 buts :
1° Neutraliser l'agent agressif,
2° Limiter son action,
3° Réparer les tissus altérés.
La réaction inflammatoire est au début local mais elle peut se généraliser
donnant des signes généraux au niveau de l'organisme.
Le phénomène est connu depuis l'antiquité puisque Celse (Celsius),
médecin romain du 1er siècle de notre ère, en identifia les traits cliniques essentiels
en une tétrade fameuse à laquelle rien n'est à changer : rubor et tumor cum calore
et dolore. Galien, Virchow pour certains ajouta un 5ème signe quelques années
plus tard: trouble fonctionnel ou impotence fonctionnelle (Functio lesae). Sa
morphologie microscopique fut précisée avec clarté au cours des XIXe et XXe
siècles puis, il fallait de longs tâtonnements pour en définir les mécanismes
physiopathologiques. Ses aspects biochimiques ont été considérés depuis quelques
décennies seulement.
II.- ETIOLOGIE: AGENTS PHLOGOGENES
Tous les agents susceptibles d'altérer l'intégrité de l'organisme et de
déclencher une réaction inflammatoire sont dits "Phlogogènes" (de phlogos = feu);
évocation à la fois de la rougeur et de la chaleur du foyer inflammatoire, et du feu
considéré par les doctrines anciennes comme un des principes de la composition du
corps.
A.- Agents Phlogogènes exogènes :
1.- Physiques (les causes mécaniques):
a.- Un traumatisme quelconque: coupure, une blessure, piqûre, morsure,
contusion (un coup), vibrations, pressions, effet de souffle ou "blast injury" des
anglophones.
b.- chaleur, froid, énergie électrique, radiations ionisantes, radiations
ultraviolettes.
2.- Chimiques :
Acides, bases, substances minérales, substances organiques
médicamenteuses ou non, corps extraits des bactéries ou des tissus (toxines
microbiennes ou histamine par ex.), protéines étrangères, venins des animaux
venimeux et toxines des plantes vénéneuses, corps figurés sous forme cristalline
(poussière minérale autre corps étranger). Les causes chimiques comprennent aussi
toute substance endogène hors de son milieu naturel telle que les urines en dehors
des voies urinaires ainsi que toutes les substances exogènes absorbées soit
accidentellement soit volontairement.
3.- Agents biologiques :
Virus, bactéries, champignons et parasites de toute sorte.

57
B.- Agents Phlogogènes endogènes :
1. - toute substance endogène hors de son milieu naturel telle que les urines en
dehors des voies urinaires
2.- Le tissu nécrosé persistant peut entraîner une réaction inflammatoire.
3.- Les causes immunologiques: complexe Ag-Ac, une réaction allergique.
Il y a en principe association de plusieurs agents. Le résultat de leur action
est le même, identique : la destruction et l'altération tissulaire.
Les agents de l'inflammation sont, soit exogènes après avoir franchi l'une
ou plusieurs de ces 3 frontières naturelles: cutanée, digestive et respiratoire, soit
endogènes (ses propres tissus). Le déséquilibre biologique qu'ils provoquent
déclenche des processus de régulation qui assurent l'homéostasie.
Dans la plupart des cas, l'équilibre est rétabli de façon quasi normale sans
que le sujet en ait conscience. Dans d'autres, par suite d'une déficience cet équilibre
est rétabli aux prix des bouleversements suffisamment importants pour se traduire
par des manifestations morbides perceptibles. Dans d'autres cas encore, la violence
de la réaction est telle que les mêmes processus de régulation se trouvent perturbés
ou épuisés et, de protecteurs qu'ils devraient être, ils deviennent agresseurs à leur
tour.
Ainsi, l'inflammation est-elle suivant les circonstances, une inflammation
physiologique ou une inflammation-maladie. La maladie peut naître
indifféremment de l'insuffisance ou de l'exagération des mécanismes prévus pour
l'éviter.
III.- APERÇU MORPHOLOGIQUE
A.- Etude analytique de l'inflammation
1.- La réaction vasculaire:
a.- Changements hémodynamiques:
1).- Vasoconstriction brève et transitoire
2).- Vasodilatation longue avec comme conséquences:
a).- Augmentation du débit sanguin entraînant l'augmentation de la pression
hydrostatique et sortie des liquides avec corollaire la viscosité du sang et une
stase sanguine pouvant être à la base d'une thrombose.
b).- Augmentation de la perméabilité vasculaire avec conséquence, la sortie des
liquides et des protéines. Cela entraîne la diminution de la pression oncotique et
une amplification de la sortie des liquides.
c).- Margination et adhésion des éléments figurés du sang. Ces derniers quittent
la colonne centrale du courant sanguin et vont en périphérie où ils adhèrent à la
paroi vasculaire.
Plasma éléments figurés
b.- Changements morphologiques
Les cellules endothéliales des vaisseaux s'écartent les unes des autres,
laissant entre elles des pertuis.
2.- La réaction cellulaire.
Les globules blancs ou leucocytes (GB) vont sortir des vaisseaux par un
phénomène actif appelé émigration ou leucodiapédèse; une fois à l'extérieur, les
GB vont faire mouvement vers l'agent agressif et ce mouvement s'appelle
58
migration.
Ce mouvement vers l'agent agressif se fait grâce à un phénomène appelé
chimiotactisme. La sortie des GB va entraîner leur diminution avec son corollaire
une réaction de la moelle osseuse qui va chercher à la compenser (cette diminution
de GB) avec résultat final, hyperleucocytose. Ce sont les polynucléaires
neutrophiles qui sont les premiers à être mobilisés car les plus rapides de tous. Les
globules rouges (GR) sortent par ou à travers les pertuis laissés par les GB et cette
sortie des GR s'appelle la diapédèse ou érythrodiapédèse. Le résultat final est
l'exsudat inflammatoire formé des liquides et protéines et l'infiltrat
inflammatoire fait de l'ensemble de tous les éléments figurés sortis et se trouvant
dans le foyer inflammatoire.
3.- La réaction lymphatique.
Le système lymphatique a pour rôle de drainer le foyer inflammatoire. Les
vaisseaux lymphatiques conduisent les éléments vers les ganglions lymphatiques
qui constituent une barrière pour la protection de l'organisme. Au cours de leur
drainage, les germes peuvent provoquer une lymphangite (inflammation de
vaisseaux lymphatiques) et une lymphadénite (inflammation du ganglion
lymphatique).
4.- Les médiateurs chimiques de l'inflammation.
A.- Définition:
Les médiateurs chimiques sont des substances vasoactives capables de
provoquer un ou plusieurs phénomènes vasculaires de l'inflammation mais
incapables prise isolément de les provoquer tous.
b. Différents types:
1) Amines : Histamine, sérotonine. Les amines agissent de façon transitoire au
début de l'inflammation en provoquant la vasodilatation.
2) Les protéases: la plasmine, la kallicréine, le facteur globulinique de
perméabilité.
3) Les polypeptides: la bradykinine, la kallidine. Ces polypeptides agissent plus
tard.
4) Substances diverses:
Certains complexes Ag-Ac, l'acide ribonucléique (ARN), le facteur
ganglionnaire de perméabilité et certains facteurs lysosomiaux.
5.- Chimiotactisme
a.- Définition:
C'est le choix par la cellule d'une direction bien déterminée en réponse à
un stimulus chimique.
b.- Types:
- Chimiotactisme positif: la cellule s'approche du stimulus ou du foyer de plus
forte concentration de stimulus;
- Chimiotactisme négatif: la cellule s'éloigne du stimulus chimique ou va vers les
foyers de faible concentration. Les substances chimiotactiques sont de deux types:
Cytotaxine: il s'agit d'une substance ayant une action chimiotactique directe,
Cytotaxigène: c'est une substance à action chimiotactique indirecte et induisant la
formation de cytotaxine

59
B.- Aspect typique
1.- Plaie cutanée aseptique
Une telle plaie réalisée par un bistouri dans des conditions rigoureuses
d'asepsie, permet de se faire une idée de ce processus réactionnel qui passe par des
phases successives s'enchaînant:
a.- Phase Altérative ou d'agression
Une hémorragie se produit immédiatement après le coup de bistouri. Elle
se tarit rapidement d'elle-même, un caillot colmatant les brèches. Les cellules
épidermiques et des cellules conjonctives détruites par la coupure, se mêlent au
caillot. Pendant quelques temps, le foyer d'altération reste latent sans que le porteur
en souffre.
b.- Phase réactionnelle
1).- Période vasculo-exsudative
Après quelques heures, se produit une vasodilatation au niveau du derme
du pourtour de la plaie, notamment des capillaires présentant une lumière dilatée et
encombrée d'hématies, tandis que le tissu conjonctif est distendu par un liquide
séro-albumineux. Plus tard, de nombreux polynucléaires apparaissent dans les
vaisseaux et franchissent leur paroi pour gagner le tissu conjonctif. Au fur et à
mesure qu'ils y progressent, la fibrine du caillot sanguin et les débris cellulaires
nécrosés sont résorbés.
A l’œil nu, les lèvres de la plaie se tuméfient d'où "tumor" et un halo
rouge congestif s'étend sur la peau avoisinante: "rubor" qui devient chaude et
douloureuse: cum calore et dolore"). La plaie proprement dite laisse sourdre
quelques gouttes d'une sérosité trouble et jaunâtre qui coagule en une croûte fragile
se décollant souvent à l'occasion d'un traumatisme minime.
2).- Période productive
La plaie a augmenté un peu de volume. Dans son tissu conjonctif
œdématié apparaissent des néocapillaires sanguins aux cellules endothéliales
turgescentes ou mitotiques se formant sur place à partir des histiocytes sans doute
ou qui naissent par bourgeonnement à partir des capillaires normaux y existant. Ces
capillaires croissent et progressent en éventail vers la surface puis se recourbent en
crosse vers la profondeur. Ils sont entourés des polynucléaires et histiocytes
allongés ou arrondis.
L'ensemble remplit la plaie, prenant la place des éléments résorbés. Quand
la croûte tombe, la plaie se montre nette à bords réguliers. Son fond est occupé par
un tissu rougeâtre granuleux, bourgeonnant, saignant facilement au contact et
appelé tissu inflammatoire de granulation, formé d'un ensemble d'unités
histopathologiques juxtaposées ou bourgeons charnus. Chaque bourgeon charnu
se compose d'un groupe de néocapillaires drainés par un même capillaire
préexistant à l'inflammation. Il comprend une zone profonde contenant le
capillaire et le tissu conjonctif voisin, une zone moyenne comprenant les néo-
capillaires, les polynucléaires, les histiocytes et le tissu œdémateux qui les
enveloppe; une zone superficielle enfin, logeant la crosse des néocapillaires. C'est
cette zone superficielle du bourgeon charnu, surélevée et bombant en surface qui
est visible au fond de la plaie, chacune constituant l'un des bourgeonnements du
tissu de granulation, recouvert de la sérosité coagulée en une croûte fibrino-
leucocytaire.

60
c.- Phase de réparation
Quand le tissu de granulation ayant comblé la perte de substance, est
parvenu au niveau du plan de l'épiderme, il est recouvert peu à peu par les cellules
épithéliales qui se multiplient sur les bords de la plaie et glissent de ses berges vers
le centre, à la surface des bourgeons. Au-dessous d'elles, le tissu conjonctivo-
vasculaire des bourgeons devient mature et élabore d'abondantes fibres de
collagène.
La ré-épithélialisation se reconnaît par une sorte de voile gris, ténu, qui
recouvre le tissu de granulation toujours rougeâtre. Finalement, la plaie ne se
signalera que par une ligne claire qui s'estompera avec le temps comme la marque
rougeâtre. Ce processus de réparation de la plaie s'appelle "cicatrisation" et la
marque éventuellement laissée par la plaie après sa cicatrisation est une
"cicatrice".
C.- Aspects topographiques divers
Ce processus inflammatoire qui atteint les téguments se reproduit d'une
manière analogue et selon la même séquence au niveau de tous les tissus. Le
processus inflammatoire est un mais, il ne peut se dérouler qu'en milieu conjonctif
puisqu'il met en jeu des modifications vasculaires locales et l'intervention des
cellules dont certaines comme les polynucléaires sont importées du sang. Un tissu
non vascularisé comme l'épithélium ne peut être le siège d'un processus
inflammatoire primitif, à l'exception des inflammations virales.
D.- Déductions biologiques : de l'agression à la réparation
Il résulte de ce qui précède que l'inflammation est, en principe, le plus
court chemin de l'altération par un agent d'agression, à la réparation, voire à la
restauration parfaite. Elle ne saurait donc être considérée comme un phénomène
pathologique, mais comme un processus de régulation, au même titre par exemple
que les interactions hormonales qui amènent une glande endocrine à adapter sa
fonction aux besoins de l'organisme.
Macroscopiquement évidente sur la frontière cutanée, l'inflammation, en
particulier l'inflammation physiologique, passe parfaitement inaperçue dans les
territoires profonds.

61
E.- Aperçu physiopathologique

Frottement Chaleur
Flux sanguin

Congestion
Rouge
ur
Médiateurs chimiques
Perméabilité Tuméfacti
Vasodilatation vasculaire on
Agent
agres Substances diverses Exsudation = Œdème
Douleur

Excitation Compression
Impotence
fonctionnell
Terminaisons nerveuses
Schéma de la physiopathologie de l’inflammation
F.- Inflammation septique et aseptique
L'inflammation septique ou infection est en fait une inflammation due à un
germe pathogène ou dans le déroulement de laquelle intervient un germe
pathogène: bactérie, virus ou parasite. Elle peut être localisée : appendicite ou
panaris (infection de la pulpe d'un doigt) ou généralisée et appelée : septicémie,
quand cette dernière s'accompagne d'une réaction locale purulente,
septicopyohémie ou pyohémie si elle se complique de foyers purulents disséminés
dans l'organisme. Exemple : septicémie des infections virales des enfants, rougeole
et rubéole ou, la septicopyohémie de certaines endocardites bactériennes.
A l'inflammation septique s'oppose l'inflammation aseptique dans le
déterminisme et l'évolution de laquelle ne participe aucun germe pathogène. Elle
est habituellement localisée, parfois généralisée sans dénomination spéciale.
Une inflammation aseptique peut se compliquer d'une inflammation
septique, exemple : contamination d'une plaie opératoire aseptique au départ. On
retiendra que l'infection est toujours un phénomène inflammatoire et que
l'inflammation n'est pas toujours un processus infectieux.

G.- Essai de synthèse dynamique de l'inflammation


L'inflammation n'est jamais un phénomène purement local, elle met en jeu
des mécanismes régionaux ou généraux qui s'enchaînent.

62
1.- Facteurs régionaux
Ils consistent en des réactions phlogistiques en chaîne, Comprenant
l'intervention des systèmes cellulaires et immunitaires de défense, de celui de
défense de l'intégrité vasculaire et de celui de la régulation circulatoire locale.
L'état de santé d'un organisme étant le témoin de l'efficacité de ses mécanismes de
régulation et de défense. Les premiers rétablissent à tout moment l'équilibre entre
les lésions tissulaires et les apports trophoénergétiques. Les seconds sont mis en
branle si une agression inopinée vient à interrompre la continuité des tissus. Tous
font intervenir des actions cellulaires et humorales étroitement intriquées.
a.- Systèmes cellulaire et immunitaire de défense et inflammation.
L'un non spécifique est essentiellement assuré par les polynucléaires et les
macrophages dont l'activité de capture et de destruction est facilitée par les
opsonines. L'autre spécifique assuré par les lymphocytes et les plasmocytes, est à
l'origine des réactions immunitaires adaptées à diverses variétés d'agression:
- immunité cellulaire assurée par les lymphocytes T
- immunité humorale assurée par les lymphocytes B dont le stade final de
différenciation est le plasmocyte.
b.- Système de défense de l'intégrité vasculaire et inflammation.
Deux lésions principales risquent d'altérer les vaisseaux au cours de
l'inflammation: l'obstruction et la rupture.
La fibrinolyse et la coagulation les pallient respectivement et souvent de manière
effective. Le plasminogène et la plasmine d'une part, la vasomotricité, les
plaquettes sanguines, le facteur Hageman et les autres facteurs de la coagulation
sanguine d'autre part, concourent donc au fonctionnement du système.
c.- Système de régulation circulatoire locale et inflammation.
A l'état normal, ce système règle le débit sanguin en fonction des
nécessités locales du moment. Il modifie pour ce faire le calibre des vaisseaux et
ouvre ou ferme des sphincters et des anastomoses: Y participent les formations
neuromusculaires et les mastocytes ainsi que les facteurs humoraux d'une
importance primordiale: les kinines.
1).- Kinines : Caractères Généraux:
Ce sont des polypeptides, vasodilatateurs, stimulant le muscle lisse et
augmentant la perméabilité des capillaires sanguins. Leur libération découle des
mécanismes biochimiques complexes.
Le kininogène, une α-2-globuline synthétisée par le foie, est activée par des
enzymes peptidasiques, les kallicréines. Celles-ci existent sous forme inactive du
kallicréinogène dans le plasma, les granulocytes, le rein, l'intestin et certaines
glandes exocrines, sudoripares, salivaires, lacrymales et pancréatiques. Les
substances protéolytiques en libèrent les kallicréines actives. Ainsi, d'une manière
assez comparable à celle du processus de coagulation, la régulation circulatoire par
les Kinines est le résultat d'actions enzymatiques successives se commandant l'une
l'autre.
Trois grandes variétés de Kinines sont connues:
la bradykinine qui est un nonapeptide, la kallidine ou Lysyl-bradykinine qui est
un décapeptide, et la méthionyl-lysyl bradykinine qui est un décapeptide. Leur
production est minime à l'état normal car leur taux physiologique est < 2,5 μg/ml.
Leur existence est très brève et elles sont transformées en octapeptides inactifs par
des kininases plasmatiques, granulocytaires et rénales.

63
2).- Kinines: médiateurs chimiques de l'inflammation
Elles constituent la voie finale commune de la réaction inflammatoire car
les systèmes homéostatiques ci-haut cités sont en connexion avec celui qui règle la
circulation à différents niveaux et dans lequel elles interviennent puissamment.
Des exemples :
- Le facteur Hageman: élément initial de la coagulation, est aussi responsable de
l'activation de la protéine plasmatique augmentant la perméabilité vasculaire ou
Pf/dil. (Permeability factor in diluted sérum), qui est elle-même à l'origine de la
transformation du Kallicréionogène en kallicréine.
- La plasmine: protéase assurant la fibrinolyse, peut libérer les kinines à partir du
kininogène.
- Les protéases acides ou leucokininogénases, élaborées par ces agents de la
phagocytose que sont les leucocytes, catalysent la formation de leucokinines à
partir du leucokinogène plasmatique.
- Les complexes Ag-Ac nés des réactions immunitaires, activent également le
facteur Hageman.
- Diverses fractions du complément (ensemble de protéines sériques se fixant sur
les complexes Ag-Ac) provoquent la décharge par les mastocytes, d'histamine et
de sérotonine qui induisent à leur tour la formation des kinines.
Ainsi, quels que soient le lieu et les conditions de leur attaque, les
agresseurs mettent les différents systèmes homéostatiques à l'épreuve et agissent
presque tous en définitive, en suscitant l'activation des kinines.
- Kinines: déclenchement et entretien de l'inflammation
Dans un 1er temps, l'histamine et la sérotonine libérée par la dégranulation
des mastocytes interviennent de façon brève pour provoquer une vasodilatation à
prédominance veinulaire, exsudation et douleur, donc l'essentiel de la tétrade de
Celse.
Dans un second temps, cette action transitoire est relayée par celle plus
prolongée des kinines, notamment de la bradykinine. Libérées par l'activation des
protéases plasmatiques ou cellulaires qui peuvent être appelées "médiateurs de
1ère intention", elles y ajoutent un effet direct sur la margination plaquetto-
leucocytaire et sur la diapédèse. Puis, dans les exsudats résultant de ces
mécanismes apparaissent les "médiateurs de seconde intention": l'exsudine qui
accroît la perméabilité vasculaire sanguine, la leucotaxine de comportement
identique mais favorisant de plus la migration leucocytaire, le facteur de
stimulation leucocytaire ou LPF (leucocytic promoting factor) qui augmente la
leucocytose et la granulopoïèse médullaire, la nécropsie qui altère le collagène et
entraîne la thrombose des petits vaisseaux. Ces médiateurs de seconde intention
n'existent pas dans les humeurs à l'état normal et sont des polypeptides pour la
plupart. Ils entretiennent ou relancent l'inflammation et sont susceptibles de
l'étendre dans l'espace et dans le temps. Finalement l'inflammation ainsi
déclenchée, entretenue et relancée, suit elle-même les lois de l'homéostasie et se
trouve "autocontrôlée". La chute de la tension d'O 2 dans les tissus enflammés et
l'abaissement de leur pH, produisent par contrecoup la diminution des
polynucléaires locaux et l'excitation des propriétés kininasiques de ceux qui restent.
En inactivant les kinines, ces kininases granulocytaires déterminent en principe
l'extinction du phénomène. Mais si les systèmes de défense sont insuffisants ou
débordés, l'inflammation se poursuit, se complique et devient une "inflammation-
maladie"

64
2.- Facteurs généraux: réactions générales de l'inflammation- maladie
a)- Fièvre
Elle n'est jamais immédiate et son mécanisme est obscur. Multiples
pyrogènes extrinsèques et intrinsèques ont des propriétés thermogènes. Parmi les
pyrogènes extrinsèques, les mieux connus sont: les agents infectieux ou les
substances qu'ils produisent: virus, grippaux, endotoxines bactériennes.
Parmi les pyrogènes intrinsèques: l'un d'eux a été isolé des polynucléaires
et ne donne pas lieu à la tolérance comme les pyrogènes extrinsèques. Un autre a
été identifié dans les exsudats inflammatoires stériles, c'est un glycopeptide, la
pyrexine,
b).- Réactions neuroendocrines
Bien que leur rôle soit incomplètement élucidé et puisse passer inaperçu,
on peut affirmer que les hormones et le système nerveux participent à
l'inflammation puisqu'ils tiennent une place essentielle dans les systèmes
intégrateurs généraux qui contrôlent les mécanismes locorégionaux de
l'homéostasie. L'inflammation-maladie provient en partie d'une inadaptation de tout
l'organisme à la perturbation déclenchée par l'agression.
Les hormones ont fait l'objet d'investigations expérimentales minutieuses.
Certaines sont prophlogistiques et antinécrotiques comme les minéralocorticoïdes,
la somatotrophine hypophysaire (STA) et la thyréostimuline hypophysaire (TSH).
Elles agissent sans doute sur la production de la substance fondamentale
conjonctive, modifient la concentration cellulaire en Na+ et en K+, l'inflammation
causant une fuite potassique et une fixation sodique au niveau des cellules. D'autres
sont antiphlogistiques et pronécrotiques, tels les corticoïdes et l'hormone
adrénocorticotrophique hypophysaire (ACTH). Leurs effets anti-inflammatoires
sont utilisés avec succès dans la thérapeutique. Ces hormones bloquent les
phénomènes vasculaires et cellulaires de l'inflammation aiguë en augmentant le
taux des anti-protéases dans les liquides cellulaires ou les substances
vasodilatatrices plasmatiques. Elles inhibent la mobilité des leucocytes et
provoquent la lymphocytolyse, s'opposant ainsi au développement des granulomes.
Elles dépriment les réactions immunitaires par la destruction lymphocytaire et la
diminution de la phagocytose macrophagique. A dose physiologique, elles excitent
l'activité de capture des macrophages. Le couple hypothalamo-hypophysaire est
certes partie prenante en la matière. L'axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien
intervient pour favoriser le rétablissement de l'état perturbé par l'agression. Il est
probable que l'axe sympathomédullosurrénalien entre lui aussi dans le jeu par la
sécrétion des catécholamines dont la sécrétion est stimulée par l'histamine alors
qu'elles (les catécholamines) stimulent la décharge de l'ACTH par l'intermédiaire
de l'hypothalamus.
Le SNC contribue au processus inflammatoire. La douleur en est un
témoignage.
IV.- LA NOMENCLATURE DE L'INFLAMMATION.
A.- Règle générale.
On ajoute le suffixe "ite" au radical français, latin ou grec désignant
l'organe ou le tissu intéressé.

65
B.- Exemples
inflammation de
Peau: derme dermite
Hypoderme hypodermite
Yeux: Conjonctive conjonctivite
cornée kératite
paupière blépharite
iris Iritis
rétine rétinite
Oreille otite
Bouche Stomatite
Langue Glossite
Lèvre chéilite
Gencive gingivite
Muqueuse nasale rhinite
Pharynx pharyngite
Sinus Sinusite
Larynx Laryngite
Trachée trachéite
Sein Mastite
Vaisseau Vasculite, vascularite
Vaisseau sanguin angéite
Vaisseau lymphatique Lymphangite
Veine Phlébite
Artère Artérite
Tendon Tendinite
Muscle myosite
Articulation arthrite
Encéphale (Cerveau encéphalite
méninge méningite
Système génital féminin:
Vulve vulvite
Vagin vaginite ou colpite
Col utérin cervicite
Endomètre endométrite
Trompes salpingite
Ovaire ovarite
Système génital masculin
Testicule Orchite
Gland Balanite
Prépuce Prépucite
Gland et Prépuce Balano-posthite
Système digestif
Œsophage Oesophagite
Estomac Gastrite
Intestin grêle Entérite
Gros intestin Colite
Rectum Rectite
Foie Hépatite
Rate Splénite
66
Vésicule biliaire Cholécystite
Voies biliaires Cholangite
Système urinaire
Rein Néphrite
Rein et bassinet Pyélonéphrite
Uretère Urétérite
Urètre Urétrite
Vessie Cystite
Os Ostéite
Ongle Onychite
Glande salivaire Sialadénite
Parotide Parotidite
Poumon Pneumonie
Plèvre Pleurésie, Pleurite

V. FORMES ANATOMOCLINIQUES DE L'INFLAMMATION


A. Variations mineures du processus inflammatoire
De nombreux facteurs accélèrent ou ralentissent la vitesse de la
cicatrisation. Nous citerons entre autres :
- Ages des sujets : Chez un individu normal, la vitesse de la cicatrisation diminue
avec l'âge.
- Localisation : Elle joue de façon comparable. Une plaie du cuir-chevelu cicatrise
plus vite que celle de la région dorsale; une plaie de la paume de la main cicatrise
plus vite que celle de son dos.
- Equilibre nutritionnel Il favorise la cicatrisation.
B. Formes anatomocliniques:
Il est décrit une inflammation aiguë, subaiguë et chronique.
1. Principales formes
a.- Inflammation vasculo-exsudative
Elle est presque toujours aiguë et correspond à l'exagération des divers
processus vasomoteurs déjà signalés.
1) Inflammation congestive. Inflammation hémorragique.
C'est le résultat d'une vasodilatation intense et brutale. Les tissus atteints
deviennent rapidement siège d'une congestion rouge vif avec battements
douloureux synchrones du pouls. Tout rentre rapidement dans l'ordre.
Ex : - léger coup de soleil;
- exposition rapprochée à un feu de cheminée;
- exanthème cutané des maladies infectieuses.
Dans d'autres cas, la vasodilatation est si violente que les capillaires sanguins se
rompent ou bien laissent passer les hématies entre leurs cellules endothéliales
distendues (érythrodiapédèse). Il s'en suit des hémorragies qui rendent cette
inflammation plus sérieuse. Les exemples sont donnés par la plupart des maladies
infectieuses: varicelle et variole hémorragique, septicémie à méningocoque...

67
2) Inflammation séreuse. Inflammation catarrhale
Elle est caractérisée par l'imbibition des tissus par un exsudat séro-
albumineux; on parle d'inflammation séreuse ou œdémateuse. Une forme spéciale,
l'inflammation catarrhale combine l'exsudation albumineuse à une hypersécrétion
muqueuse des glandes de certaines régions de l'organisme: bronchite catarrhale,
cervicite catarrhale utérine, rhinite catarrhale du coryza aigu ou rhume de cerveau.
3) Inflammation fibrineuse
Elle est comparable à la précédente avec extravasation de fibrinogène et
formation de fibrine englobant ou non les cellules libres, polynucléaires ou
lymphohistiocytaires. Cette extravasation se fait en des points variés: à la surface
des séreuses (sérite fibrineuse), à la surface des revêtements épithéliaux, formant
des fausses membranes (inflammation pseudomembraneuse, dans la profondeur des
tissus, à l'intérieur des cavités comme les alvéoles pulmonaires, (alvéolite
fibrineuse).
4) Inflammation thrombosante
Possible dans tout foyer inflammatoire et se traduisant par des thromboses
multiples oblitérant les petites artères et les petites veines. Elle prend une ampleur
significative quand l'agresseur touche directement le cœur et les vaisseaux de
calibre important.
5) Inflammation purulente ou suppurée
Elle se caractérise par une exsudation massive des polynucléaires qui,
arrivés par diapédèse dans le foyer inflammatoire, libèrent leurs enzymes
lysosomiales et sont détruits pour la plupart.
6) Pus. Suppuration
L'exsudat qui apparaît dans l'inflammation suppurée est le pus, c'est-à-dire
un liquide louche tenant en suspension de multiples polynucléaires nécrosés et dont
l'odeur, la couleur varient avec l'agent d'agression. Les cadavres des polynucléaires
accumulés dans cet exsudat s'appellent pyocytes ou globules de pus, chargés des
vacuoles de graisse et de débris cellulaires. Il s'y associe des polynucléaires
normaux ou altérés presque toujours neutrophiles, des leucocytes divers, des
cellules mortifiées issues des tissus voisins.
Les agents responsables sont les microbes pyogènes: streptocoques,
staphylocoques...
La suppuration, c'est la production de pus.
7) Empyème. Phlegmon. Abcès
a) Empyème: accumulation de pus dans une cavité naturelle close ou mal drainée
(plèvre, sinus...)
b) Phlegmon: inflammation suppurée diffuse.
c) Abcès : inflammation suppurée localisée bien délimitée par une membrane
pyogénique.
d) Evolution du foyer purulent
Laissé à lui-même, la désintégration et la digestion des tissus voisins par
les enzymes lysosomiales, se font de proche en proche jusqu'à la peau ou à un
conduit naturel (bronche, tube digestif). Il se produira une fistulisation avec
68
évacuation du pus à l'extérieur. Incisé chirurgicalement, le foyer subit la détersion
et la cicatrisation.
8) Inflammation gangreneuse
Elle combine les phénomènes de thrombose vasculaire brutale avec
nécrose ischémique, à une exsudation séreuse très abondante avec diapédèse
modérée. Agents responsables : germes microbiens du groupe clostridium.
b. Inflammation cellulaire
Elle est presque toujours subaiguë ou chronique et sans manifestation
clinique inflammatoire majeure. Elle correspond à l'exagération ou à la
prédominance des phénomènes cellulaires intra-tissulaires par rapport aux
phénomènes vasculo-exsudatifs. On en distingue deux types :
* Types d'inflammation cellulaire
Il est décrit l'inflammation lymphohistiocytaire simple, l'inflammation
chronique simple, l'inflammation chronique granulomateuse non spécifique et
l'inflammation chronique granulomateuse spécifique ou inflammation chronique
granulomateuse tuberculoïde épithéliogigantocellulaire.
1) Inflammation lymphohistiocytaire simple
Elle consiste en un infiltrat diffus d'éléments lymphocytaires,
plasmocytaires et parfois même histiocytaires, sans remaniements majeurs des
structures préexistantes. Il s'y ajoute une prolifération fibrovasculaire inconstante.
Ce type d'inflammation lymphoplasmocytaire presque exclusive est encore appelé
ou qualifié d'inflammation subaiguë simple. Il correspond à un mécanisme de
défense immunitaire déterminé soit par la persistance d'un agresseur antigénique,
soit par la sensibilisation de l'organisme à des produits de dégradation de sa propre
substance, conséquence d'une agression sans caractère immunologique.
2) Inflammation chronique simple.
a) Définition:
C'est une réaction des tissus vivants à diverses formes d'agression,
combinée à des phénomènes de réparation et de régénération.
b) Facteurs étiologiques:
* Agents biologiques qui ont la propriété de persister pendant longtemps dans
l'organisme grâce à leur capacité de résister aux mécanismes habituels de défense.
Il s'agit des bactéries, des virus, parasites et des champignons.
* Agents inertes (non biologiques): talc, poussière...
* Agents physiques : Rayons X, UV;
* Agents chimiques : Alcool -----Ψ hépatite alcoolique;
* Agents particulaires : - particule de silice, fumée de tabac,
* Les irritations mécaniques prolongées.
Ex: - le stérilet, appareils dentaires, callosités des mains dures
(Travailleur manuel).
* Facteur nutritionnel: Ulcère variqueux.
* Les facteurs immunologiques: Hypersensibilisation.
* Les facteurs mal connus ou inconnus.
c) Caractères histopathologiques.
69
* Phénomènes prolifératifs intéressant les fibroblastes, cellules endothéliales et les
histiocytes.
* Le phénomène exsudatif est fortement atténué.
* Infiltrat inflammatoire composé de lymphocytes, plasmocytes avec corps de
Russel, macrophages:
- Macrophages assurant la phagocytose proviennent des monocytes, et des
histiocytes;
- Cellules épithélioïdes ou endothélioïdes sont des histiocytes qui se regroupent
en amas syncitiaux appelés granulomes; elles sont dites épithélioïdes si elles sont
rondes ou polyédriques et endothélioïdes si elles allongées ou fusiformes;
° Cellules géantes multinuclées:
- cellule géante de Langhans: les noyaux de ces cellules sont disposés à la
périphérie de la cellule soit en anneau ou en demi-cercle. Elles sont rencontrées
dans les maladies suivantes: tuberculose, syphilis, maladie de Crohn, lèpre,
sarcoïdose, certaines mycoses, le granulome vénérien.
- cellule géante de Touton: Elle a des noyaux regroupés à son centre. Elle est
rencontrée dans le xanthogranulome.
- Cellules géantes de Whartin-Finkeldey.
Elle a de très nombreux noyaux accumulés au centre lui donnant l'aspect de
morula. Elle est rencontrée dans la rougeole.
- Cellule géantes de type corps étranger: ses noyaux sont disposés au hasard dans
le cytoplasme qui peut parfois contenir des débris de corps étranger. Dans la
sarcoïdose, les cellules de type corps étranger renferme des corps astéroïdes ou
corps de Shauman.
- Autres cellules:
Les lymphocytes, plasmocytes, les fibroblastes et les cellules endothéliales,
tandis que les polynucléaires éosinophiles et neutrophiles sont rares voire absents;
les mastocytes peuvent se rencontrer.
d) Les conséquences de l'inflammation.
Une inflammation peut entraîner:
° Une perte de substance,
° La fibrose pouvant conduire à des strictures c.-à-d. obstruction des organes creux,
à des contractures au niveau d'une articulation, à des adhérences, à des synéchies
au niveau de la cavité utérine.
° Une régénération pouvant être tellement excessive et conduire au cancer.
° Les conséquences systémiques telles que les signes généraux: fièvre, anémie,
amaigrissement, une stimulation de la synthèse des anticorps.
3) Inflammation granulomateuse non spécifique.
Elle est caractérisée par la formation des granulomes. Un granulome
inflammatoire est un amas de cellules libres parmi lesquelles prédominent des
histiocytes de formes variées, associés à des éléments lymphoplasmocytaires ou
granulocytaires avec participation inconstante et toujours minime de tissu
conjonctif et de capillaires sanguins.
Un granulome inflammatoire peut se définir encore comme une masse
de tissu anormale de taille macro ou microscopique, qui comprend une prolifération
de fibroblastes, des cellules endothéliales, d'histiocytes et un infiltrat
inflammatoire.
Le granulome doit être mis en parallèle avec le tissu de granulation de la
période productive et de la phase de réparation du processus inflammatoire, dans
lequel la participation des mêmes cellules est moindre que celle plus marquée des
capillaires sanguins. Il tient sa dénomination du fait qu'il est microscopiquement
70
analogue aux petites tumeurs (masses), la terminaison "ome" s'applique aux lésions
ayant l'aspect de masse, de tumeur et appelées granulations par les
anatomopathologistes du siècle dernier.
Le granulome rencontré dans ce type d'inflammation chronique est:
granulome polymorphe lymphohistiocytaire commun. Franchement limité
parfois en une sorte de formation nodulaire, il est parfois diffus, constituant une
nappe mal circonscrite dans laquelle lymphocytes, histiocytes et même plasmocytes
se trouvent égaillés sans ordre. Sa distinction avec l'infiltrat de l'inflammation
lymphoplasmocytaire simple peut être difficile à établir.
Ces granulomes polymorphes traduisent une inflammation chronique
produite par des agents très divers : microtraumatismes, piqûres d'insectes, etc. Il
n'est donc pas possible d'en déduire l'étiologie sur base de leur seule structure. Ce
sont des infiltrats inflammatoires anonymes.
4) Inflammations granulomateuses spécifiques ou Inflammations
granulomateuses tuberculoïdes épithéliogigantocellulaires.
a) Définition.
Les inflammations granulomateuses spécifiques sont des inflammations au
cours desquelles il y a formation des granulomes qui présentent certaines
caractéristiques susceptibles d'identifier avec précision l'étiologie de l'inflammation
en question. Ces granulomes sont dits "épithélioïdes ou endothélioïdes. Il s'agit
d'infiltrats inflammatoires personnalisés classiquement dits spécifiques, mais ils
ne manifestent pour la plupart qu'une spécificité de groupe, de nombreux agents
phlogogènes, microbiens ou non, pouvant en être responsables.
b) Pathogénie du granulome inflammatoire.
Il peut s'agir de:
* La résistance aux enzymes sécrétées par les cellules inflammatoires.
* Un agent agressif insoluble.
* Une insuffisance de la défense de l'hôte.
* Un agent pathogène qui a la propriété de persister longtemps dans les tissus.
On peut distinguer 4 types de granulomes:
- granulomes infectieux qui sont dus à des germes pathogènes tels que le BK, BH,
spirochète et les champignons.
- granulomes parasitaires: dus à des parasites comme le schistosome et
l'Onchorcerca volvulus.
- granulomes à corps étranger: provoqués par des agents ou des substances
endogènes ou exogènes.
- granulomes de causes inconnues: celui décrit dans la sarcoïdose.
c) Quelques types d'inflammation granulomateuse spécifiques.
Ces inflammations sont également appelées tuberculoïdes parce que leurs
lésions ressemblent à celle de la tuberculose.
* Tuberculose.
* Histopathologie.
La lésion élémentaire de la tuberculose s'appelle tubercule ou follicule
tuberculoïde; il est composé de :
- cellules épithélioïdes ou endothélioïdes formant des amas bien délimités,
71
- des cellules géantes de Langhans,
- une couronne lympho-plasmocytaire.
Il y a 5 types de tubercules :
- Tubercule épithélioïde: il comprend un amas central d'histiocytes ou cellules
épithélioïdes, une couronne lymphocytaire et des cellules géantes de Langhans.
- Tubercule caséo-nodulaire: en plus de ces trois éléments, le centre présente la
nécrose caséeuse caractéristique de la tuberculose. Macroscopiquement le tissu
nécrosé apparaît blanchâtre comme du lait caillé.
- Tubercule fibro-caséeux: En son centre en plus de la nécrose, il apparaît de la
fibrose.
- Tubercule fibroblastique dont le centre est complètement fibrosé.
- Tubercule calcifié au centre duquel on note de la calcification.
*- Les organes atteints.
En principe tous les organes peuvent être atteints. Les plus fréquemment
atteints sont les poumons, les ganglions lymphatiques, le foie, le pancréas, les
vertèbres (Mal de Pott), les articulations surtout celle du genou; à ce niveau la
tuberculose donne la tumeur blanche.
Au niveau des reins le tubercule peut évoluer vers une destruction totale
du parenchyme transformant le rein en une poche contenant un matériel blanchâtre
d'où le nom de rein mastic.
Au niveau de la peau, la tuberculose s'appelle lupus Vulgaris; elle se
développe habituellement à la suite d'une fistulisation d'une lymphadénite
tuberculeuse. L'association lymphadénite tuberculeuse et lupus vulgaris constitue
ce qu'on appelle scrofulose.
Au niveau des organes génitaux la femme peut présenter l'endométrite, la
salpingite, l'ovarite tuberculeuse, tandis que l'homme présente essentiellement
l'orchi-épididymite tuberculeuse. Cette tuberculose génitale est cause de stérilité
chez la femme notamment.
Au niveau du système nerveux il peut se produire un syndrome nerveux; a
ce niveau la tuberculose peut se développer sous 2 formes: - Une forme
pseudotumorale qui donne des tuberculomes et
- une forme de méningite ou méningo-encéphalite tuberculeuse.
* La lèpre.
-. Histopathologie.
Il est décrit 4 types histopathologiques:
La lèpre lépromateuse, la lèpre tuberculoïde, la lèpre intermédiaire et la lèpre
indéterminée.
CARACTERISTIQ LEPRE LEPRE
UES LEPROMATEUSE TUBERCULOÏDE
-Contagion +++ ++
- Nombre de bactéries +++ ++
- Caractéristiques - Cellule de Virchow, -granulomes
épithélioïdes.
histophalogiques (histiocytes spumeux) avec cellules géantes
-lymphocytes +infiltrat lympho-
plasmocytaire
- Clinique - Nodules qui donnent - des macules
72
un faciés léonin hypochromiques
- La réaction de - négative parce qu'il - Positive
Mitsuda ou à la y a une forte atteinte
lépromine de la défense
immunitaire
*- La lèpre intermédiaire:
Sur le plan histophathologique il y a un mélange d'aspect lépromateux et
tuberculoïde c.-à-d. qu'il y a des cellules de Virchow et des granulomes
épithélioïdes; la contagion est intermédiaire.
*- La lèpre indéterminée:
Elle est caractérisée par un infiltrat inflammatoire chronique
banal périannexiel et périnerveux. Pour l'identification du bacille de Hansen (BH)
on utilise la coloration de Ziehl. La coloration caractéristique du BH est le Fite-
Farago.
* La syphilis.
- Les stades primaire et secondaire précoce sont caractérisés par le chancre
syphilitique et une lymphadénopathie satellite. Du point de vue histopathologique
il y a une vascularite et un infiltrat lymphoplasmocytaire riche en corps de Russel.
- Les stades secondaire tardif et tertiaire sont caractérisés par les nodules ulcérés
dont le centre présente une consistance gomateuse.
Du point de vue histopathologique on note les granulomes épithélioïdes
avec cellules géantes de Langhans et des foyers de nécrose gomateuse.
* Les mycoses:
Il s'agit des mycoses profondes telles que l'actinomycose, la candidose, la
cryptococcose, l'aspergillose et l'histoplasmose.

73
* La sarcoïdose
C'est une inflammation granulomateuse d'origine inconnue dont les
granulomes ont tendance à s'accoler ou confluer; il y a présence des cellules
géantes de type corps étranger avec corps astéroïdes ou corps de Schauman et
sans nécrose caséeuse.
Le diagnostic est confirmé par le test de Kveim.
* Le granulome vénérien ou granulome inguinal ou Donovanose.
Caractéristique: la présence de corps de Donovan.
* La maladie de Crohn.
C'est une inflammation granulomateuse d'origine inconnue qui frappe le
tube digestif de la bouche à l'anus, mais surtout l'iléon d'où le nom d'iléite
terminale.
Macroscopiquement on note la présence des nodules séparés par des zones
d'ulcération profonde donnant l'aspect de chaussée romaine.
Histologiquement on note un filtrat inflammatoire transmural c.-à-d.
qu'elle part de la muqueuse à la séreuse.
c) Evolution de l'inflammation dans le temps.
On peut distinguer 3 types selon leur évolution dans le temps:
°- Inflammation aiguë : dure quelques jours à 2 ou 3 semaines.
Dans cette inflammation les phénomènes inflammatoires sont très marqués. Elle
est dominée par les phénomènes vasculo-exsudatifs.
°- Inflammation subaiguë: elle dure 3 semaines à quelques mois
(1-3 mois). Elle se caractérise par l'atténuation des phénomènes inflammatoires.
Les phénomènes vasculo-exsudatifs sont modérés, il y a apparition des
phénomènes prolifératifs.
3° Inflammatoire chronique: elle dure plusieurs mois voir plusieurs années ou
toute la vie.
4° Inflammation récurrente: lorsque l'agent pathogène n'agit pas de façon
continue mais par intermittence avec comme résultat un mélange d'aspect aigu,
subaigu et chronique.
Ex: l'appendicite.
d) Temps de passage entre les diverses formes anatomocliniques de
l'inflammation
Les descriptions ci-dessus ne correspondent pas à des formes fixes d'une
manière inéluctable. Il arrive que certaines d'entre elles se succèdent ou se
combinent plus ou moins. En voici quelques exemples. C'est facile d'imaginer tout
d'abord qu'une inflammation aiguë soit logiquement suivie d'une inflammation
subaiguë, puis chronique. Mais il existe des inflammations chroniques d'emblée :
par ex, un abcès froid. De plus, une inflammation aiguë résolutive peut se terminer
de façon brutale sans passage cliniquement décelable par une période subaiguë ou
chronique: par ex. le coryza aigu.
Il est à noter qu'un processus inflammatoire granulomateux (inflammation
cellulaire) peut être précédé d'abord et bouleversé ensuite par une poussée
d'inflammation vasculo-exsudative majeure ± brève, de type congestif, séreux ou
même purulent. Il faut se rendre compte en particulier qu'un granulome d'allure
spécifique peut être temporairement ou définitivement marqué par une
inflammation exsudative d'aspect commun non spécifique. Des faits de ce genre
74
sont habituels au cours de l'évolution de la tuberculose et des mycoses.
Actuellement, les thérapeutiques diverses perturbent le déroulement
physiopathologique habituel de tous les types d'inflammation. C'est ainsi que les
antibiotiques ont transformé profondément les diverses périodes de la pneumonie
lobaire et de la fièvre typhoïde avec le substratum anatomique non moins
caractéristique de chacune d'elles. Les substances antimitotiques,
immunodépressives peuvent aussi profondément modifier les différentes phases de
l'inflammation.
V.- ANOMALIES DE L'INFLAMMATION
On peut citer :
A.- Plaie atone
Plaie dont le tissu de granulation ne se forme pas ou se forme à minima au
cours de la phase réactionnelle. Ce tissu comprend des bourgeons charnus
atrophiés, des capillaires sanguins peu nombreux et sa composante interstitielle
densifiée et pauvre en éléments libres. Il en résulte une plaie à fond sanieux,
grisâtre, ne saignant pas au contact, entourée d'un épithélium pâle, flétri, souvent
épaissi. La lésion peut rester semblablement à elle-même sans tendance à la
cicatrisation.
Causes: Diabète, troubles trophiques locorégionaux de nature vasculaire.
B.- Bourgeon charnu hyperplasique
Elle est fréquente et connue sous divers noms : angiome hyperplasique,
granulome pyogénique, pseudobotryomycome. Elle correspond au développement
d'un bourgeon charnu pour son propre compte sous l'influence des facteurs irritatifs
ou infectieux.
Microscopiquement, c'est la caricature d'un bourgeon charnu avec
production exagérée des capillaires sanguins à l'endothélium hyperplasique ou
hyperplasié, accompagnés d'éléments inflammatoires, polynucléaires et
lymphoplasmocytaires. La lésion est couverte d'un exsudat fibrinoleucocytaire
inerte ou discrètement hyperplasié.
A l’œil nu, le bourgeon charnu hyperplasique apparaît comme une petite
tuméfaction surélevée, polypoïde, rouge vif et framboisée, saignant facilement au
contact. Il peut se voir au niveau de tous les tissus de granulation: plaie cutanée,
tranche de section vaginale après hystérectomie, petite ulcération laryngée,
C.- Cheloïde:
Hyperplasie conjonctive très spéciale succédant à un processus
inflammatoire; la chéloïde atteint surtout le derme. Microscopiquement, le tissu
chéloïdien est comparable au tissu conjonctif fibreux des cicatrices, mais il est plus
abondant, plus riche en fibroblastes et en nappes de collagène avec des bandes de
matériel fibrino-hyalin. Cette prolifération fibreuse est soit nodulaire ou diffuse.
A l’œil nu, la chéloïde se montre exubérante, blanchâtre ou rosée, de
consistance ferme, irrégulière et dépassant le siège de la cicatrice primitive. En
surface, l'épiderme est lisse et luisant.

75
D.- Hyperplasie inflammatoire ou hyperplasie pseudo- carcinomateuse
Elle intéresse plus l'épithélium situé au pourtour du foyer inflammatoire
que le tissu conjonctif.

Elle apparaît au microscope sous la forme des travées épithéliales


désordonnées entourées de multiples polynucléaires ou des lymphoplasmocytes et
infiltrant les tissus conjonctifs avoisinant à la manière d'un cancer dont il est parfois
difficile de la différencier.
L'hyperplasie conjonctive est polymorphe. C'est un phénomène semblable
qui peut aussi simuler un cancer à l'analyse histologique: hyperplasie
inflammatoire pseudosarcomateuse.
E.- Sclérose rétractile
Elle est due à une sclérose atrophique et extensive du tissu conjonctif qui
s'est développé dans la profondeur des bourgeons charnus au moment où
l'épithélialisation s'est produite en surface.
F.- Cicatrice vicieuse et pseudotumeur inflammatoire
Tous les remaniements décrits ci-dessus peuvent conduire à une cicatrice
vicieuse et gênante du point de vue fonctionnel et disgracieuse dans sa localisation.
Dans des circonstances complexes s'intriguent en des stades variés et
successifs, des phénomènes exsudatifs et prolifératifs, aboutissant à la constitution
des masses irrégulières ± volumineuses, prenant macroscopiquement l'allure de
véritables tumeurs: ce sont les pseudotumeurs inflammatoires. Sites: poumons,
cæcum, sigmoïde...
H.- Pseudokystes nécrotiques et suppures.
C'est une évolution anormale d'un foyer de suppuration. Lorsque le pus
s'est collecté et l'abcès formé, le processus s'atténue sans tendance à la fistulisation.
La membrane pyogénique s'organise en une paroi conjonctive qui s'épaissit de plus
en plus par fibrose inflammatoire réactionnelle des tissus environnants. Le
pseudokyste ainsi formé demeure sans changement et est ± bien toléré par
l'organisme et la guérison ne peut s'obtenir que par l'ouverture chirurgicale.
I.- Neurone d'amputation
C'est une anomalie de la cicatrisation rencontrée partout où il y a section
traumatique d'un nerf quelle qu'en soit la taille. Il est qualifié d'amputation parce
qu'il est fréquent dans les moignons d'amputation des membranes.
A l’œil nu, il se présente comme une masse sphérique, fibreuse, mal
limitée, souvent douloureuse et dans laquelle le moignon d'un nerf s'est enfoui.
J.-CANCERISATION:Elle est possible mais exceptionnelle.

76
CHAPITRE 6: MALADIES METABOLIQUES SYSTEMIQUES (M.M.S.)
I.- DEFINITION
Trois éléments définissent les MMS:
- Ce sont des maladies causées par un trouble quelconque du métabolisme
principalement du métabolisme des lipides, des protéines et des hydrates de
carbone.
- Ces maladies affectent l'organisme en tant qu'un tout, provoquant des altérations
dans plusieurs organes.
- Chacune de ces maladies peut revêtir un ou des aspects qui lui sont propres
permettant son identification sur des bases morphologiques et ou biochimiques
quasi pathognomoniques.
II.- ETUDE SYSTEMATIQUE
A.- Maladies métaboliques systémiques liées aux troubles du métabolisme des
hydrates de carbone.
1.- Diabète sucré
a.- Définition
C'est une affection aiguë ou chronique due à un trouble du métabolisme
des hydrates de carbone et caractérisée par une hyperglycémie provoquée par un
manque absolu ou relatif d'insuline métaboliquement active.
b.- Physiopathologie
Le manque d'insuline

défaut d'absorption de glucose par les cellules

hyperglycémie dépassement TMFG

polyurie glucosurie

polydypsie

polyphagie: utilisation d'autres voies métaboliques


(source d'énergie): lipides et protéines

acidose + cétose
amaigrissement
coma acidocétonique
c.- Epidémiologie
Le diabète est une maladie relativement fréquente. Elle peut se développer
selon un mode aigu ou selon un mode insidieux.
77
- Mode aigu: Il est observé surtout chez les jeunes. C'est la forme juvénile,
s'accompagnant d'un amaigrissement profond justifiant le terme de diabète
maigre.
- Mode insidieux: Il s'observe chez l'adulte de 50 à 60 ans. On l'appelle "diabète
adulte" ou "diabète gras".
Les femmes sont plus affectées que les hommes avec un sexe ratio de
M/F : 2/3. La maladie est héréditaire et se transmet sur un mode recessif. Le
diabète se manifeste sous 3 formes :
1. diabète ouvert (patent)
2. le prédiabète : c'est l'état d'un individu qui présente par ses parents une
prédisposition au diabète. L'individu est normal sur le plan clinique et
biochimique
3. le diabète chimique ou diabète subclinique ou infraclinique: c'est l'état d'un
individu qui cliniquement ne montre aucun signe de diabète mais la courbe
d'hyperglycémie provoquée est pathologique.
d.- Etiologie
Le primum movens est le manque d'insuline. Ce manque d'insuline peut
être absolu ou relatif.
1).- Manque absolu d'insuline:
Lorsque les cellules qui produisent l'insuline sont détruites: destruction des
cellules des îlots de Langerhans du pancréas.
2).- Manque relatif d'insuline:
Lorsqu'il y a sécrétion des antagonistes de l'insuline tels que:
- l'insulinase,
- la présence des anticorps anti-insuline.
Lorsqu'il y a une inactivation de l'insuline, l'incapacité des récepteurs
périphériques à utiliser l'insuline normalement produite.
3).- En cas de déficience de la GH suite à une destruction de l'antéhypophyse.
4).- Le diabète peut résulter de l'action des stéroïdes surréalismes qui ont une
action sur la néoglucogenèse.
5).- Le diabète peut résulter de l'action des hormones thyroïdiennes.
e.- Classification clinique
Elle considère 2 types de diabètes :
1).- Diabète idiopathique: dont on ne connaît pas de cause mais héréditaire.
2).- Diabète secondaire notamment à une maladie pancréatique (pancréatite
chronique), une hémochromatose; une pancréatectomie, au syndrome de
Cushing; l'acromégalie; le phéochromocytome; l'hyperaldostéronisme; la
thyrotoxicose.
N.B : - Le diabète idiopathique est habituellement héréditaire, se manifestant soit
sous forme d'un état prédiabètique, d'un diabète chimique ou d'un diabète
ouvert.
- Actuellement l’OMS propose 4 types de Diabète sucré (cfr tableau en
annexe).
f.- Morphopathologie
Le diabète détermine des lésions au niveau de plusieurs organes:
1).- les Vaisseaux sanguins: vaisseaux coronaires, vaisseaux du cerveau et artères
des membres qui expliquent le développement de la gangrène diabétique.
Les lésions sont de type:
- Artères: Artérite proliférative ou maladie de Blummenthal caractérisée par un
aspect en bulbe d'oignon.
- Artérioles: artériolosclérose et hyalinose (pas spécifique du diabète mais de
l'HTA).
- La Microangiopathie diabétique : c'est l'atteinte des petits vaisseaux sanguins
(capillaires).
78
2).- Pancréas:
- Diminution numérique des îlots de Langerhans ou des cellules ß.
- Une hyalinisation insulaire: commune
- Fibrose collagène des îlots.
3).- Rein: - Néphrosclérose artérielle et artériolaire,
- Glomérulosclérose diffuse,
- Glomérulosclérose nodulaire de Kimmestiel-Wilson,
- Lésions exsudatives glomérulaires.
- infections rénales : - Papillite necrosante ou la nécrose papillaire.
- Vacuolisation épithéliale tubulaire comprenant 2 catégories :
* stéatose modérée des tubes contournés.
* Infiltration glycogénique des cellules épithéliales de la portion distale des tubes
contournés proximaux.
4).- SNC: - Infarctus lié á l'athérosclérose,
- Neuropathies périphériques sensitives, motrices secondaires à la dégénérescence
de la gaine de myéline.
5).- Lésions oculaires
- la rétinopathie diabétique : caractérisée par la présence des petits exsudats, des
foyers hémorragiques en nappes et des foyers des lésions punctiformes des nerfs
rétiniens.
- la cataracte ou opacification du cristallin.
6).- Lésions hépatiques
- la stéatose;
- l'accumulation de glycogène dans les hépatocytes notamment dans le noyau
cellulaire donnant des vacuoles nucléaires.
7).- Lésions cutanées
- la microangiopathie caractérisée par un épaississement de la paroi des vaisseaux
dermiques;
- les xanthomes;
8).- Autres affections
- la furonculose;
- la toxémie gravidique;
- les infections mycotiques notamment la candidose cutanée et la candidose
vulvaire.
- les infections rénales et pulmonaires
- les diarrhées rebelles (de causes inconnues)
- Macrosomie "Géants aux pieds d'argile"
2.- Hypoglycémie
C'est plus un fait clinique qu'anatomopathologique caractérisé par une
baisse de la glycémie.
a.- Causes :
- tumeur pancréatique insulino-sécrétante,
- tumeur extra-pancréatique insulino-sécrétante ou sécrétant des substances
insuline-like,
- la prise d'hypoglycémiants : cette hypoglycémie peut être iatrogène quand il y a
un excès d'insuline,
79
- une sensibilité idiosyncrasique à l'insuline,
- les affections endocriniennes telles que le syndrome de Cushing, l'acromégalie.
b.- Morphopathologie
Il n'y a pas de lésions typiques. Au niveau du cerveau on observe une
thrombose vasculaire, une dégénérescence ganglionnaire, une dégénérescence de la
myéline.

3.- Galactosémie
C'est une maladie due à un déficit en galactose-1 phosphate-uridyl-
transférase. Elle est observée chez les enfants 1 à 2 jours après la naissance avec
comme signe vomissement et ictère, et la mort peut s'en suivre rapidement.
Le traitement consiste à arrêter le lait. En cas de survie les enfants
présentent des lésions dégénératives au niveau du foie, un retard mental et une
cataracte. Au point de vue histologique on note une triade constituée par la
stéatose, la fibrose portale et le regroupement des hépatocytes en rosette centrée par
de la bile.
4.- Glycogénoses.
Ce sont des maladies de stockage, de thésaurisation au cours des quelles il
y a une surcharge en glycogène. Ce sont des maladies héréditaires se transmettant
selon le mode récessif. La cause est une carence ou déficit en une enzyme du
métabolisme du glycogène avec comme conséquence une accumulation de glucose
de structure normale ou anormale.
a.- Glycogénoses primitives.
Elles relèvent des déficiences enzymatiques entraînant un excès de
glycogène dans les cellules.
1).- Données morphologiques générales.
a).- Aspects microscopiques
Ils sont communs à toutes les glycogénoses: c'est l'aspect de dépôts de
glycogène dans le cytoplasme fondamental des cellules ou dans les lysosomes. Ces
cellules sont généralement hypertrophiées. Les techniques standard de fixation et
de préparation histologique dissolvent le glycogène en grande partie de sorte que la
cellule parait occupée par un espace vacuolaire vide de forme et de dimension
irrégulière. Le glycogène est démontré par les colorations spécifiques, le PAS par
exemple.
b).- Aspects macroscopiques.
Les organes infiltrés demeurent normaux sauf en cas de forte infiltration.

2).- Variétés de glycogénoses.


TYP CARACTERISTIQUE ET ENZYME DONT LA
E DENOMINATIONS DEFICIENCE
A ETE PROUVEE
01 Glycogénose hépatorénale : Glucose-6-phosphatase
Maladie de Von Gierke ou de Van
80
Greveld.
02 Glycogénose généralisée : α-1-4-glucosidase
ysosomiale
Maladie de Pompe (maltase acide)
03 Glycogénose hépatocardiaque : Amylo-1-6-glucosidase
Maladie de Forbes ou de Cori (enzyme de branchante)
04 Glycogénose hépatique ; Amylo-1-4-1-6-
transglucosidase
Amylopectinose ou Maladie d'Andersen (enzyme branchante)
05 Glycogénose musculaire : Myophosphofructokinase
Maladie de Mac Ardle
06 Glycogénose hépatique: maladie de Hers Hépatophosphorylase
07 Glycogénose musculaire: Maladie de Myophosphorylase
Nishikawa
08 Glycogénose hépatocérébrale : Maladie Hépatophosphorylase
de Hug.
présente mais inactive
09 Glycogénose hépatique Phosphorylase-kinase
10 Glycogénose hépatomusculaire: AMP cyclique kinase
dépendante.
b.- Mucopolysaccharidoses
1) Mucoviscidose
C’est une pathologie monogénétique qui se présente comme une atteinte
multi-organe. Elle est une maladie autosomique récessive résultant de mutations
d’un gène localisé sur le chromosome 7. La mutation génétique la plus fréquente de
la mucoviscidose (environ 70% des chromosomes de la mucoviscidose) est une
délétion 3-bp entraînant une absence de phénylalanine au niveau de l’acide aminé
508 (DF508) de la protéine produite par ce gène, plus connue sous le nom de
CFTR ( Cystic Fibrosis Transmembrane Regulator). La protéine vicieuse ainsi
produite va perturber le bon fonctionnement d’un certain nombre des canaux
ioniques notamment les canaux chlorures. Ce qui va justifier l’accumulation de
l’ion chlorure dans diverses secrétions (notamment la sueur) les rendant ainsi
visqueuses.
Elle est donc caractérisée par une viscosité exagérée des sécrétions muqueuses des
voies digestives et respiratoires d'une part et par une richesse anormale de la
sueur en ions chlore et potassium d'autre part.
a).- Aspects macroscopiques
Le mucus épais encombre la lumière des canaux excréteurs des glandes, la
lumière du tube intestinal, des voies respiratoires, des voies excrétrices
pancréatiques. L'iléus méconial en est un exemple.
b).- Aspects microscopiques
Ils sont peu caractéristiques au niveau du pancréas. Au niveau du poumon,
les lésions inflammatoires attirent l'attention. L'abondance de mucus se remarque.
c).- Signification
Elle relève d'un déficit enzymatique et métabolique mal connu. Il
y a défaut de liquéfaction du mucus.
2).- Mucopolysaccharidoses
Maladies infantiles caractérisées par une association dans les
81
proportions variables de malformations squelettiques avec nanisme et d'un retard
mental plus au moins sévère.
a).- Aspects microscopiques
Ils se résument en une seule lésion affectant en grand nombre de cellules:
c'est un gonflement cellulaire par un matériel qui tantôt semble diffusément
empatter ou clarifier le cytoplasme, tantôt paraît se situer dans une vacuole ou dans
des grains en refoulant le noyau. Cette image est retrouvée dans les hépatocytes, les
fibres myocardiques, les chondrocytes, les ostéocytes ainsi que dans les cellules
lymphoïdes et les reticulohistiocytaires.
b).- Macroscopie
La silhouette des maladies est évocatrice : visage en gargouille, d'où le
nom de gargoïlisme donné à l'affection; gros ventre avec hépatomégalie,
déformation des os longs.
c).- Variétés
Type I : Gargoïlisme de Hurler
II : Gargoïlisme de Hunter
III : Dysphrénie polydystrophique de Sanfilipo
IV : Ostéochondrodystrophie de Morquis
V : Nanisme polydystrophique de Scheie
B.- MMS liées aux troubles du métabolisme des protéines
1.- Hyperprotéinémies
Ce sont des états caractérisés par une augmentation du taux des protéines
plasmatiques à un niveau anormal. Cette augmentation peut concerner toutes les
protéines plasmatiques: on parle d'hyperprotéinémie généralisée ou intéresser
l'une ou l'autre fraction des protéines plasmatiques on parle d'hyperprotéinémie
isolée. Ces états ne provoquent pas de troubles tissulaires mais ils sont importants
dans l'élaboration du diagnostic anatomopathologique.

Causes:
- la cirrhose hépatique, l'amyloïdose primaire, les dyscrasies plasmocytaires,
certaines inflammations comme la sarcoïdose, le lymphogranulome vénérien,
certaines parasitoses comme la maladie de Kala-azar, certaines maladies
immunitaires ou auto-immunitaires.

2.- Hypoprotéinémies
Ce sont des états caractérisés par une baisse anormale ou un déficit des
protéines plasmatiques.
Causes:
- un apport insuffisant: malnutrition (kwashiorkor)
- les absorptions déficientes dues notamment aux maladies intestinales comme les
maladies ulcéro-inflammatoires du tube digestif, le syndrome de malabsorption, la
maladie cœliaque, la sprue tropicale, la maladie de Whipple,
-synthèse insuffisante des protéines : dans les états d'hypo ou
agammaglobulinémie, dans le cas de déficience plasmocytaire, dans les maladies
du foie (comme la cirrhose).
- une perte excessive des protéines: brûlure; syndrome néphrotique, la maladie de
Ménétrier ou Gastropathie exsudative.

82
3.- Dyscrasies plasmocytaires
C'est un groupe de maladies ayant en commun une activité anormale des
plasmocytes et une synthèse de divers types de globulines. Ces maladies
s'accompagnent d'une dysprotéinose (apparition des protéines anormales)
également appelée Paraprotéinose.
MALADIES PARAPROTEINES
I. Maladies lymphoprolifératives
1. Leucémie Macroglobulines
2. Myélome multiple =
Plasmocytome ou maladie de °globuline (grande quantité de
KAHLER portions
incomplètes notamment des
chaînes légères),
°cryoglobulines de type I et II
* Protéines de Bence Jones
(urines)
3. Macroglobulinémie de ** Macroglobuline (Ig M)
Waldenströn
* cryoglobulines I et II
II. Maladies Parasitaires.
1. Trypanosomiase cryoglobuline type II
2. Parasitose massive gamma-globuline altérée
III. Maladies auto-immunitaires
1. Arthrite rhumatoïde Cryoglobuline
2. Le lupus érythémateux disséminé Cryoglobuline
3. Syndrome de Sjögren gamma-globuline
-conjonctivite sèche
-parotidite, rhinite
-laryngite, glossite
IV. Maladies métaboliques.
Amyloïdose l'amyloïde
V. Maladies infectieuses diverses cryoglobuline de type III
VI. Maladies dégénératives Macroglobuline
des organes qui synthétisent les
protéines
4.- Amyloïdose

a.- Définition:
C'est une série de troubles ayant comme caractère commun le dépôt dans
divers tissus d'une substance transparente, hyaline, de nature complexe (composée
de protéines et d'hydrate de carbone) et ayant des propriétés histochimiques propres
qui la différencient d'autres substances hyalines.
b.- Classification

On utilise plusieurs critères:

83
1).- Critère topographique.
On décrit 2 types d'amyloïdose:
Amyloïdose généralisée et l'amyloïdose localisée.
a).- L'amyloïdose généralisée
Elle frappe plusieurs tissus en même temps et elle est causée par plusieurs
types de maladies:
- Les états de suppuration chronique comme dans l'ostéomyélite chronique, la
bronchiectasie et les cavernes tuberculeuses.
- Les inflammations granulomateuses: la tuberculose (TBC), les infections à
myobactéries atypiques (ex: Mycobacteriun avium), la maladie de Crohn.
- L'arthrite rhumatoïde, la maladie de Hodgkin, les tumeurs non lymphoïdes, les
dyscrasies plasmocytaires, les états hérédofamiliaux comme la polyneuropathie
familiale (autosomique dominante), la fièvre méditerranéenne familiale
(autosomique récessive).
b).- L'amyloïdose localisée
Elle frappe une seule région ou un seul tissu.
On distingue 3 formes:
* Les formes associées aux plasmocytes: Elles ont pour localisation préférentielle
le tractus respiratoire, l'appareil urinaire, la moelle osseuse et d'autres organes
lymphoïdes, l'orbite, la conjonctive et la cornée.
* Forme en rapport avec le vieillissement qui est associé à la plaque sénile de la
maladie d'Alzheimer ou la démence présénile.
* L'amyloïdose des glandes endocrines: elle s'observe au niveau des îlots de
Langerhans (en cas de tumeur des îlots de Langerhans) en cas de carcinome
médullaire de la thyroïde.
2).- Critère étiologique: On décrit
- l'amyloïdose primaire et l'amyloïdose secondaire.
* L'amyloïde primaire: lorsque aucune maladie antérieure ou prédisposante
n'explique l'apparition de l'amyloïdose. Cette amyloïdose peut être systémique
ou isolée. Quand elle est systémique, on l'observe au niveau des vaisseaux, du
cœur, de la langue, des muscles du tube digestif. Dans ce cas les colorations de
l'amyloïde sont inconstamment positives. Dans sa forme isolée, elle se présente
sous forme de tumeur amyloïde (lésion pseudotumorale). On l'observe au niveau
de la langue, la thyroïde, le larynx et du reste du système respiratoire.

84
* L'Amyloïdose secondaire: Elle fait suite à plusieurs types de maladies
inflammatoires, tumorales et d'autres maladies comme l'ostéomyélite chronique,
la syphilis, la bronchiectasie, la lèpre, l'abcès pulmonaire, l'empyème pleural, le
lupus érythémateux disséminé, le rhumatisme articulaire aigu, le cancer avancé.
3).- Critère biochimique
C'est la classification moderne des amyloïdoses.
Elle comprend:
- L'Amyloïdose AL
- L'Amyloïdose AA
- L'Amyloïdose A. préalbumine
- L'Amyloïdose AE
- L'Amyloïdose A4
- L'Amyloïdose F²
- L'Amyloïdose Kératine
c.- Identification
A la coloration de routine (hématoxyline-éosine), la substance amyloïde
apparaît éosinophile, acellulaire et fendillée. Le diagnostic précis exige le recourt à
des méthodes histochimiques:
- Méthodes non spécifiques: PAS
- Méthodes spécifiques
COLORATIO CONSERVABI FIABILI OBSERVATION
N TE
1.Violet de ++ ±
Méthyl
2.Blue alcian + + En lumière
polarisée.
3.Rouge Congo +++ + Fluorescence
4.Rouge syrus + +
5.Thioflavine T +++ ± Fluorescence
en lumière
polarisée
d.- Morphopathologie
1) Rate
La substance amyloïde peut se déposer au niveau des follicules
lymphoïdes sous forme de grains de Tapioca, ceci donne l'aspect de "Rate Sagou";
déposée au niveau des parois des sinusoïdes et des septas fibreux, elle va
déterminer des larges zones pâles évoquant l'aspect de lard d'où le nom de "rate
lardacée".
2).- Foie:
Le dépôt commence au niveau des cellules de Kupffer dans l'espace de
Disse, entraînant une compression progressive des hépatocytes (atrophie), avec le
temps, le parenchyme hépatique sera remplacé par des zones massives d'amyloïde.
Macroscopiquement le foie est augmenté de volume, de couleur gris-
jaunâtre évoquant l'ivoire vieilli, de consistance molle.

85
3).- Rein
Le dépôt au niveau des glomérules survient dans la couche sous
endothéliale et au niveau du mésangium ainsi que de la membrane basale. Ce dépôt
entraîne une obturation de la touffe glomérulaire provoquant ainsi une insuffisance
rénale avec fibrose interstitielle et atrophie tubulaire. En microscopie optique ce
dépôt apparaît sous forme d'une masse homogène d'aspect hyalin.
Au niveau des artérioles afférentes ce dépôt provoque un épaississement
de la paroi avec comme conséquence le développement d'une hypertension
artérielle (HTA).
Au niveau des tubes rénaux il provoque un épaississement de la membrane
péritubulaire.
4).- La surrénale
L'amyloïde se dépose surtout au niveau de la zone médullaire provoquant
l'apparition de la maladie d'Addison.
5).- Les ganglions et la moelle osseuse
L'amyloïde se dépose au niveau des phagocytes monucléés et s'étend
ensuite dans la paroi des sinusoïdes jusqu'à l'effacement complet du parenchyme.
6).- Le pancréas:
Le dépôt survient au niveau des îlots de Langerhans provoquant le diabète
sucré.
e.- Signification

Il est établi que l'amyloïdose ne correspond ni à une dégénérescence ni à


une modification biochimique de la matrice intercellulaire : elle procède du dépôt
intercellulaire d'un matériel protido-glucidique spécial élaboré dans des conditions
particulières.
1).- Traits communs aux diverses formes d'amyloïdose
Trois traits unitaires se retrouvent au sein d'une pareille variabilité:
- La fraction protidique fondamentale demeure la même quelles que soient les
circonstances de formation de cette amyloïde.
- L'amyloïde ne contient pas de gammaglobulines.
- La lésion amyloïde va souvent de paire avec un type cellulaire spécial : cellule
réticulo-histiocytaire basophile à cytoplasme PAS+.
2).- Origine de l'amyloïde
A part l'amyloïde issu des polypeptides hormonaux dans de rares tumeurs
endocriniennes et appelé "apudamyloïde", on n'en arrive à l'hypothèse de
l'immun-amyloïde: les cellules immunocompétentes épuisées ou déviées dans
leurs fonctions par les facteurs étiologiques cités ci-haut, deviendraient inaptes à
sécréter des anticorps normaux, elles ne pourraient plus fabriquer que cette
substance pathologique "l'amyloïde". Les observations d'hypo et
d'agammaglobulinémie avec amylose chez des sujets incapables de sécréter ces
immunoglobulines mais capables de donner naissance à de l'amyloïde sont en
faveur de cette théorie.
86
5.- Goutte
a.- Définition
C'est une affection résultant d'un trouble du métabolisme de l'acide urique
et caractérisée par un dépôt focal d'urate de Na+ dans les tissus sous forme des
cristaux.
b.- Pathogénie
On distingue 2 formes cliniques: la 1ère forme d'origine génétique et la
2ème secondaire à la dégradation excessive des nucléoprotéines aboutissant à une
hyperuricémie. La précipitation peut être métastatique dans un tissu sain ou
dystrophique dans un tissu préalablement altéré.
c.- Physiopathologie
L'augmentation du taux d'acide urique dans le sang va aboutir à une
précipitation tissulaire des cristaux d'urate de Na+ provoquant une réaction
inflammatoire. Cette inflammation se caractérise par la formation d'un tophus:
Tophus :
C'est un granulome inflammatoire à corps étranger comprenant un infiltrat
inflammatoire lymphoplasmocytaire, des cellules géantes multinucléées de type
corps étranger entourant des cristaux d'urate de Na+.
d.- Anatomie pathologique
La lésion anapathologique est le tophus goutteux.
e.- Sites:
1) Les articulations notamment celles des doigts, des orteils, particulièrement du
gros orteil, celle du coude, du poignet, du genou et de la cheville. Au niveau de
ces articulations ce sont les tissus périarticulaires qui sont attaqués.
2) Le Cœur
3) Le rein: on parle de la néphrite goutteuse
C.- Maladies liées aux troubles du métabolisme des lipides.
Les lipides peuvent être regroupés en 3 groupes :
- les lipides neutres: triglycérides localisés surtout au niveau du foie,
- les lipides complexes localisés au niveau du SNC et périphérique,
- le cholestérol qui se rencontre dans les tissus vasculaires (surtout).
1.- Troubles Métaboliques des lipides neutres.
a.- Lipomatose
C'est l'accumulation des lipides dans un tissu sous forme d'un tissu
adipeux. Les organes les plus frappés sont:
le pancréas, le thymus, la parathyroïde, les ganglions lymphatiques. Cette
lipomatose doit être distinguée d'une autre lipomatose signifiant la présence de
nombreux lipomes. Ce phénomène peut être observé au cours de l'atrophie d'un
organe

87
b.- La lipophagie
C'est l'ingestion des graisses par les cellules phagocytaires. Cette ingestion
apparaît:
1) à l'occasion d'un traumatisme du tissu adipeux,
2) à l'occasion du développement d'un xanthogranulome ou lipogramulome (une
lésion pseudotumorale). Dans ces 2 cas il y a formation d'un granulome
lipophagique qui renferme entre autres cellules les cellules géantes de Touton.
c.- La Stéatonécrose
C'est la nécrose du tissu adipeux provoquée par les lipases. Elle est
observée notamment au cours de la pancréatique aiguë hémorragique et se
caractérise par l'apparition des taches blanchâtres sur l'épiploon, taches appelées
"taches de bougie".
d.- Stéatose
Il s'agit de l'accumulation des lipides dans le cytoplasme de cellules. Elle
est observée au niveau de:
1).- Le foie:
- Au cours de la malnutrition particulièrement le Kwashiorkor. Cette stéatose est
soit péri-portale, centrolobulaire ou diffuse.
- Au cours de la grossesse,
- Dans les intoxications notamment par le tétrachlorure de carbone (CCL4) et
tétracycline,
- Dans le diabète sucré,
- Dans le syndrome de REYE: C'est une pathologie caractérisée par une stéatose
hépatique, pancréatique et rénale associée à une encéphalopathie. Ce syndrome
s'observe surtout chez les enfants notamment en cas d'intoxication aux
aflatoxines. Le syndrome de Reye a également été observé dans les conditions
expérimentales caractérisées par une carence alimentaire.
2).- Le Rein
La graisse s'accumule surtout dans les cellules tubulaires.
Causes:
- le diabète sucré (néphrose lipoïdique),
- le syndrome de Reye,
3).- Le myocarde
La stéatose apparaît dans les états d'anémie chronique grave.
2.- Trouble du métabolisme du cholestérol
Les différents troubles métaboliques du cholestérol se manifestent par une
surcharge tissulaire. Cette surcharge peut prendre 3 aspects :
- une accumulation tissulaire locale,
- une accumulation tissulaire généralisée
- une accumulation dans le cadre des maladies systémiques
a.- Accumulation tissulaire locale
1).- Dans les foyers de Nécrose
88
Le cholestérol libéré par les cellules détruites s'accumule dans les tissus
sous forme des cristaux autour desquels se développe une inflammation chronique
gramulomateuse.
2).- Dans les organes
a).- Vésicule biliaire
Le cholestérol s'accumule dans la muqueuse de la vésicule biliaire, dans le
sinus de Roakitansky plus précisément. Cette accumulation donne à la paroi un
aspect granulaire et une coloration rouge, d'où le nom "vésicule fraise".
b).- Le rein
Le cholestérol s'accumule au cours du diabète sucré et au cours de la
glomérulonéphite membraneuse.

3).- Tumeurs
Dans les tumeurs on trouve des grandes cellules spumeuses d'origine
monocytaire ou leucocytaire: le xanthome, le fibroangiome,
l'hémangiendothéliome, le lymphome, l'ostéosarcome.
4).- Xanthélasme
C'est une lésion dermatologique caractérisée par la présence de multiples
tâches jaunes surélevées apparaissant au niveau de la peau exposée au soleil. Ces
tâches résultent d'une accumulation du cholestérol.
b.- Accumulation tissulaire Généralisée
1).- Athéromatose
C'est une affection caractérisée par l'apparition des plaques
d'athérome au niveau des artères. L'athérome est un dépôt massif subintimal de
cholestérol dans la paroi artérielle. Ce dépôt se fait sous forme de cristaux. La
présence du cholestérol dans la paroi vasculaire entraîne une réaction
inflammatoire aboutissant à une sclérose, on parle d'athérosclérose.
2).- Artériosclérose
C'est un durcissement des artères suite au développement de la sclérose.
C'est un terme plus général qui inclut en plus de l'athérosclérose, la médiosclérose
calcifiée de Mockenberg et l'artériolosclérose.
La médiosclérose calcifiée de Mockenberg est une sclérose de la média
des artères surtout des artères musculaires. L'artériolosclérose est une sclérose de la
paroi des artérioles.
c.- Maladies systémiques
Ces maladies systémiques entrent dans un complexe appelé "complexe
d'histiocytose X" ou "complexe de Hand-Schouler-Christian". Ces maladies sont
caractérisées par une prolifération des histiocytes. X: car l'étiopathogénie est
inconnue.
Ces maladies sont :
- Letterer-Siwe,
- Maladie de Hand-Schouler-Christian,
89
- Granulome éosinophile.
Caractères M. Letterer-Siwe M. H-S-C. Granulome éos.
1. Biochimie Accumull.choleste Accumull.cholestero Accumull.cholester
rol l ol
2. Organes * SPM (rate, ggl SPM SPM
atteints
moelle osseuse)
* Tissu lymphoïde *Tissu lymphoïde
extra SPM extra SPM
* peau et foie
3.-Cliniques * aug.vol organes *Triade: * aug.vol organes
atteints -diabète insipide atteints
- exophtalmie * fractures
- géodes au crâne
4. Prolifération des Prolifération des * Prolifération
Histopathologie des
histiocytes histiocytes bourrés histiocytes
bourrés bourrés
de cholestérol, de cholestérol, de cholestérol,
présence des * plasmo ++ et
cellules
géantes de Touton * éosinophiles++
5. Radiologie géodes géodes géodes
6.Epidemiolologi de < 1 an +++ de < 1 an ++ Adulte 70 %
e
> 1 an ++ > 1 an +++ Enfants 30 %
Adulte ± Adulte +++ Femmes ++
Hommes +++
Pronostic Mauvais ++++ Mauvais ++ Mauvais ±

3.- M.M.S dues aux troubles du Métabolisme des lipides complexes.


Il y a 4 maladies :
- Maladie de Nieman-Pick,
- M. de Tay-Sachs = idiotie amaurotique familiale
- M. de Gaucher.
- M. de Fabry
Caractères M. Nieman-Pick M.de TAY- M.de Gaucher.
SACHS
1. Biochimie Sphingomyéline Ganglioside Glucocérébrosides
"Kératine-cérébroside"
2. Organes SNC, foie, rate, SPM, SNC SPM, SNC
atteints peau
poumons, veines SPM : Adultes

SNC: enfants

90
3.-Cliniques Détérioration Idiotie précoce Adulte : évolue sur un
mentale

Cecité précoce Mode chronique et se


Viscéromégalie Caractérise par une
Viscéromégalie ;
Enfants : mode aigu et
sévère, principalement
les manifestations
nerveuses.
4. Prolifération des Prolifération des Prolifération des
Histopathologie
histiocytes histiocytes histiocytes bourrés
bourrés bourrés
des lipides des lipides des lipides ou cellule
De Gaucher= cellule
à cytoplasme
Granulaire, vacuolisé
et noyau très foncé.
6.Epidemiolologi Nouveaux-nés et Petits enfants Adultes et enfants
e
petits enfants Adultes surtout les
juifs
Enfants de toute race
Pronostic Très mauvais Très mauvais Très mauvais chez
l’enfant et
meilleur chez l’adulte.
La maladie de Fabry est due au déficit en &-galactosidase avec accumulation des
céramides trihexosides dans beaucoup d’organes(rein, peau, myocarde, rate,
cerveau…).
D.- Trouble du métabolisme des sels minéraux ou oligo-éléments.
1.- Calcium
a.- Perte tissulaire de calcium
1).- Sans hypocalcémie
C'est une maladie du squelette affectant surtout les enfants. La cause en est
la déficience en vitamine D.
a).- Principales manifestations:
* Déformation osseuse au niveau des côtes, et au niveau des membres supérieurs
et inférieurs.
* Ostéoporose: elle est due à un ralentissement de la formation de nouveau tissu
osseux avec comme conséquence une prédominance du processus de résorption.
* Acidose métabolique chronique: Cet état est observé chez les diabétiques.
2).- Avec hypocalcémie
a).- La Stéatorrhée
Elle entraîne une perte de calcium faute d'une absorption au niveau du
duodénum.

91
b).- Syndrome de Cushing
Il est provoqué par une hyperplasie surrénalienne, il s'accompagne d'une
forte synthèse de glucocorticoïdes qui provoquent une résorption du tissu osseux.
b.- Hypercalcémie
Causes:
- hyperparathyroïdisme,
- intoxication à la vitamine D,
- les conditions pathologiques caractérisées par une augmentation du catabolisme
osseux. Ces conditions peuvent être une tumeur osseuse primaire ostéolytique; les
métastases osseuses ostéolytiques.
- les maladies qui s'accompagnent d'une hypercalcémie de façon inconstante: la
sarcoïdose, les gastrites chroniques (l'hypercalcémie est provoquée par le
traitement antiacide).
- toutes les maladies cachectisantes conduisant à une immobilisation prolongée.
- l'hypercalcémie idiopathique infantile.
Toutes ces maladies ont pour conséquence, une calcification métastatique; elle
se produit au niveau des reins, des poumons, de la muqueuse gastrique, de la
thyroïde, du foie, des vaisseaux sanguins, du myocarde.
1).- Calcification dystrophique
c'est une calcification qui se produit dans des tissus préalablement altérés.
Sa distribution est ubiquitaire:
- au niveau du cœur: en cas d'endocardite au niveau de la valvule mitrale ou à la
suite d'un infarctus du myocarde;
- au niveau des vaisseaux: dans l'athérosclérose;
- au niveau d'une tumeur maligne quelle que soit sa localisation;
- au niveau d'une tumeur bénigne;
- dans une zone d'abcédation ± cicatrisée;
- au niveau d'un vieux foyer de TBC;
- au niveau d'une zone de nécrose notamment dans la pancréatite hémorragique;
- sur des vieilles cicatrices de brûlure;
- dans l'utérus;
- sur un fœtus mort ou sur des débris fœtaux (lithopédion)
2).- Calcinoses
les calcinoses forment des entités cliniques caractérisées par un dépôt de
calcium sous forme de sel calcique sur la peau, dans le tissu sous cutané, au niveau
des tendons, au niveau des muscles et au niveau des tissus périarticulaires. Elles
peuvent se présenter sous plusieurs aspects:
* La calcinose circonscrite ou limitée:
Elle concerne un territoire bien délimité, la calcémie et la phosphatémie
sont normales. Son intérêt réside dans le fait qu'elle est parfois révélatrice d'une
maladie grave telle que la sclérodermie.
* La calcinose universelle:
Elle se caractérise par un dépôt de calcium sur des surfaces étendues de
l'organisme ou dans l'organisme entier.
* La calcinose tumorale ou mieux pseudotumorale:
Elle se caractérise par un dépôt de calcium autour des articulations avec
92
formation d'une masse irrégulière qui ne gêne pas du tout les mouvements
articulaires. Cette masse peut fistuliser et laisser couler un liquide blanc laiteux
posant le problème de diagnostic différentiel avec la tuberculose articulaire. Le
diagnostic sera confirmé par l'examen histopathologique.
* Les lésions histologiques:
On note des larges lacunes bordées par des travées de tissu fibreux infiltré
des cellules inflammatoires. La lumière de ces lacunes est occupée par des
concrétions calcaires
Dans la calcinose pseudotumorale on note une augmentation de la
phosphatémie. Cette phosphatémie est familiale et héréditaire.
3).- La myosite ossifiante:
C'est une calcification dystrophique apparaissant sur un tissu musculaire
traumatisé, siège d'un hématome intramusculaire; la calcification sera suivie par
une ossification passant par une chondrification.
4).- La lithiase:
Elle est observée notamment au niveau des glandes salivaires et s'appelle
aussi "sialo-lithiase". Elle peut également s'observer au niveau du rein et au niveau
de la vésicule biliaire.
c.- Hypocalcémie
Causes:
Il peut s'agir de l'hypoparathyroïdisme, du rachitisme avancé, d'une
maladie rénale accompagnée de rétention importante de phosphate, des stéatorrhées
de longue durée. Sur le plan clinique elle se manifeste par la tétanie.
2.- Phosphore
Les troubles liés au phosphore sont intimement liés à ceux du calcium; le
phosphore joue un rôle important dans la calcinose tumorale ou pseudotumorale.
3.- Potassium
a.- Hypokaliémie
Causes:
Il peut s'agir de la déshydratation excessive due aux vomissements et à la
diarrhée, du diabétique dans l'acidose métabolique, du syndrome de Conn (avec
hyper-aldostérnisme), de la malnutrition, du stress majeur, de l'acidose rénale, de
l'abus des diurétiques, des hypokaliémies idiopathiques.
Lésions:
Au niveau des muscles cardiaques et squelettiques
On observe une nécrose coagulative avec infiltrat inflammatoire. L'évolution peut
se faire vers une fibrose; au niveau des reins on note une nécrose tubulaire.

b.- Hyperkaliémie
Causes:
93
Il peut s'agir de l'insuffisance rénale terminale, de certaines formes de
déshydratation, des lésions tissulaires étendues comme dans l'infarctus du
myocarde, de certaines formes d'acidose, de l'insuffisance surrénalienne, d'une
réhydratation inadéquate (cause iatrogène).
Lésions:
On note des lésions d'ulcération au niveau de la muqueuse intestinale.
4.- Cuivre
Maladie de Wilson ou la dégénérescence hépato-lenticulaire
C'est une maladie caractérisée par un dépôt excessif de cuivre dans
plusieurs organes principalement le foie, le SNC (cellules ganglionnaires de la
base), le rein, la cornée, la peau.
Causes:
Il s'agit d'une insuffisance en céruloplasmine qui est une protéine
transporteuse du cuivre.
Lésions:
Au niveau du foie, le cuivre se dépose dans les cellules de Kupffer et dans
les hépatocytes provoquant la cirrhose; au niveau du rein, le cuivre se dépose dans
les cellules tubulaires provoquant une aminoacidurie, une phosphaturie et une
uricosurie; au niveau du cerveau, il se dépose au niveau des cellules ganglionnaires
entraînant des troubles neurologiques; au niveau de la cornée il constitue un anneau
de couleur bleuâtre appelé "anneau de Kayser-Fleischer".
5.- Fer
Le fer s'accumule dans les tissus sous forme de pigment ferrugineux,
l'hémosidérine qui est mise en évidence par la coloration de Perls qui la colore en
bleu. Cette accumulation se fait sous 2 formes:
a.- Hémosidérose
Elle peut être localisée ou généralisée.
- La forme localisée est appelée hémosidérose dystrophique qui s'observe dans un
foyer d'hémorragie, d'endométriose (localisation ectopique du tissu endométrial),
dans un foyer de nécrose, dans le tissu tumoral notamment dans les tumeurs
vasculaires.
- La forme généralisée ou hémosidérose métastatique. Elle fait suite à un excès de
fer dans le sang. Ce fer s'accumule d'abord dans les cellules du système des
phagocytes mononucléés (SPM). Lorsque le SPM est saturé, le fer se dépose dans
les cellules parenchymateuses principalement les cellules du foie, les hépatocytes
et au niveau des espaces-porte entraînant une fibrose cicatricielle qui débouche
sur une cirrhose hépatique.
Les autres organes concernés sont la rate et le rein; au niveau de la rate le
dépôt de fer s'accompagne de lésions de réparation cicatricielle provoquant la
formation des nodules de Gamma Gandy ou corps sidéro-calcaires.
Les organes rarement atteints sont la peau, les glandes salivaires.
L'augmentation du taux de fer dans le sang est surtout provoquée par les
94
transfusions répétées ainsi que les maladies hémolytiques.
b.- Hémochromatose
1).- Définition
C'est une maladie caractérisée par 4 éléments constants et un 5ème
élément inconstant.
a).- Eléments constants:
- La cirrhose hépatique portale sidérotique,
- la fibrose et la sidérose pancréatique provoquant le diabète sucré
- sidérose d'autres organes,
- la pigmentation bronzée très marquée de la peau;
b.- Elément inconstant:
- Insuffisance cardiaque congestive.
L'association du diabète sucré à la pigmentation bronzée de la peau à
donné à cette maladie le nom de "diabète bronzé". La pigmentation bronzée de la
peau est due à une surproduction de mélanine suite à la présence du fer. Cette
surproduction s'accompagne d'une mélanorrhagie.
La fibrose et la sidérose pancréatique concernent le pancréas exocrine et
les îlots de Langerhans. Du point de vue anatomopathologique, le pancréas présente
une coloration bronzée alors qu'il est normalement blanchâtre.
Au niveau du foie, on note une augmentation de sa taille avec une
coloration brun-chocolaté.
2).-Pathogénie de l'hémochromatose
C'est une maladie familiale dans laquelle l'absorption du fer alimentaire est
excessive. La maladie est présente à la naissance mais se manifeste vers la
cinquantaine, ce qui traduit une accumulation progressive de l'hémosidérine au
niveau du S.P.M. La maladie est héréditaire selon un caractère autosomique
récessif lié au locus HLA du chromosome 6. Les hommes sont plus frappés que les
femmes, les dernières y échappant grâce aux pertes menstruelles.
Il y a 2 théories principales dans la pathogénie:
a° La théorie de Crosby: "l'anomalie réside au niveau de la muqueuse intestinale
qui absorbe plus de fer que l'organisme n'en a besoin". Cette anomalie est
héréditaire.
- Arguments en faveur de la théorie :
1* La maladie est l'apanage de certaines familles
2* Les membres de familles des malades présentent un taux élevé de transférine et
de féritine.
3* La présence des cas de diabète qui est une maladie familiale, chez les membres
de familles des malades.
b° Théorie de MC Donald " l'hémochromatose est une maladie acquise observée
chez des patients qui consomment un excès de fer dans leur alimentation. Cette
théorie a été confortée par la présence de nombreux cas d'hémochromatose en
Afrique du Sud (RSA) où les populations utilisent les ustensiles en fer.
c° Théorie de conciliation: Il existe 2 sortes d'hémochromatose:
- l'hémochromatose primaire, idiopathique ou congénitale qui répond à la théorie de
Crosby et
- l'hémochromatose acquise qui répond à la théorie de Mc Donald

95
6.- Pigments
Les pigments qui s'accumulent dans les tissus peuvent être endogènes ou
exogènes.
a.- Pigments endogènes
1).- Lipopigments
La lipofuschine et les pigments céroïdes sont des pigments de
vieillissement car elles s'accumulent dans les cellules avec l'âge. Les autres causes
de l'accumulation de lipopigments sont l'avitaminose E, le syndrome de Dubin et
Johnson, certaines intoxications médicamenteuses.
Sites:
- les cellules nerveuses ganglionnaires,
- les cellules épididymaires,
- les cellules interstitielles de l'ovaire et du testicule,
- les hépatocytes et les cellules myocardiques.
2).- Mélanine
Son accumulation dans la peau est la mélanodermie. Au niveau des
autres organes on a la pseudo-mélanose (côlon). La mélanodermie s'observe soit
de façon localisée ou de façon généralisée.
a) la mélanodermie localisée s'observe:
- dans la maladie de Von Recklinghausen ou neurofibromatose. On a quelques
neurofibromes et des taches cutanées dites "café au lait";
- Chez la femme enceinte on observe le chloasme (masque).
b).- La mélanodermie généralisée s'observe dans la maladie d'Addison,
l'hémochromatose, certaines malnutritions et les intoxications à l'arsenic. Son
absence ou sa diminution entraîne une hypopigmentation localisée appelée vitiligo
ou généralisée correspondant à l'albinisme.
Les autres pigments endogènes sont l'hémosidérine, la bilirubine et la porphyrine.
b.- Pigments exogènes
1).- Anthracose
C'est l'accumulation des poussières de charbon dans les voies respiratoires,
les poumons et les ganglions lymphatiques médiastinaux. Elle est surtout observée
chez les mineurs de charbonnage, chez les vendeurs de braise. La poussière de
charbon inspirée s'accumule d'abord dans les macrophages alvéolaires avant de
gagner les cellules parenchymateuses. Les organes atteints sont noirâtres.
2).- Silicose

C'est l'accumulation des particules de silice au niveau des voies


respiratoires et de la peau. Les organes atteints ont une coloration brunâtre.
3).- Argyrie
C'est l'accumulation des particules de sel d'argent.
4).- Saturnisme observé dans l'intoxication au plomb et se manifeste par le signe
particulier, une ligne bleu-verdâtre au niveau des gencives appelée "Liséré de
Burton".
5).- Pigmentations causées par le tatouage.

96
97
CHAPITRE 7 : PATHOLOGIE DES TROUBLES ELEMENTAIRES DE LA
CROISSANCE CELLULAIRE

1. INTRODUCTION

Les cellules maintiennent leur équilibre par le phénomène de multiplication


cellulaire d’une part et d’autre part le phénomène de destruction. S’il y a rupture de
cet équilibre dans le sens du catabolisme ou de l’anabolisme, on dira qu’il y a
« troubles de croissance cellulaire ».

On peut aussi avoir un changement de la qualité des cellules d’un organe ou


d’un tissu. Les cellules ont un pouvoir de multiplication (division) variable selon
les tissus, c’est ainsi qu’on distingue 3 groupes des cellules selon leur pouvoir de
multiplication :

1° les cellules labiles : celles qui se divisent continuellement pour remplacer les
cellules détruites.
Ex : cellules de peau, cellules de l’endomètre ou cellules sanguines

2° les cellules stables : celles qui se divisent à un taux faible dans les conditions
normales mais sont capables d’un grand pouvoir de régénération dans les
circonstances pathologiques.
Ex : les cellules hépatiques ou celles du rein

3° les cellules fixes ou permanentes ou quiescentes : celles qui ne se divisent pas


aussi bien en temps normal qu’en cas de pathologie.
Ex : les neurones, les cellules musculaires, les cellules osseuses ou cartilagineuses.

2. TROUBLES QUANTITATIFS

A. Troubles qui donnent des organes plus petits que les organes normaux

1) Troubles liés en général à des viciations de l’embryogénèse

1° Aplasie ou Agénésie : signifie absence de développement d’un organe c-à-d


l’organe ne s’est pas du tout formé au cours de l’embryogénèse. Ce trouble sera
important selon que l’organe touché est pair ou impair.
Du point de vue Anatomopathologique : on peut avoir :
- Un vide à l’endroit habituel de l’organe
- Une masse fait du tissu fibreux à la place
- Une structure rudimentaire de l’organe noyée dans du tissu fibreux

98
2° Hypoplasie : c’est l’existence d’un organe de volume plus petit que la normale
suite à une incapacité des cellules à se diviser suffisamment durant la vie
embryonnaire pour aboutir à un organe de volume normal.

Mais l’hypotrophie signifie l’existence d’un organe de volume plus petit que
la normale alors qu’il avait atteint la taille normale durant l’embryogénèse puis il a
subi l’involution. Un organe hypoplasique est parfaitement compatible avec la vie,
surtout pour les organes pairs. Pour les organes impairs, le fonctionnement est
quand même perturbé dans la plupart des cas.

Du point de vue Anatomopathologique : on peut avoir :


- Macroscopiquement : l’organe est présent avec une bonne forme mais de taille
réduite.
- Microscopiquement : l’organe fonctionne avec sa structure normale

1) Troubles acquis
1° Atrophie : diminution acquise du volume d’un organe qui avait normalement sa
taille habituelle.
Du point de vue anatomopathologique : l’organe atrophié perd automatiquement sa
fonction qui sera réduite. Si c’est un organe pair, il aura hypertrophie
compensatrice de l’organe controlatéral.
2° Involution : c’est une diminution de volume d’un organe parce que le stimulus
hormonal qui avait provoqué l’augmentation a disparu ou cessé.
Ex : l’utérus après l’accouchement ou le sein pendant la ménopause. Ne pas
confondre l’atrophie physiologique du thymus avec l’involution.

2) Troubles quantitatifs qui donnent des organes plus grands que les organes
normaux.
1° Hypertrophie : c’est l’augmentation du volume d’un organe suite à
l’augmentation de la taille de chaque cellule ou des certaines cellules seulement.
Etiopathogénie : l’hypertrophie peut être due à une surcharge mécanique (muscle
squelettique, cœur) ou due à des hormones (utérus gravide, thyroïde).

2° Hyperplasie : c’est aussi l’augmentation du volume d’un organe mais suite à


l’augmentation du nombre des cellules préexistantes comme conséquence d’une
prolifération ou multiplication et différenciation de ces cellules c-à-d les nouvelles
cellules ont les mêmes caractéristiques morphologiques et fonctionnelles que celles
préexistantes.
Etiopathogénie : l’hyperplasie peut être due à :
- L’augmentation des besoins fonctionnels : ex : réaction leucémoïde de la
moelle osseuse en cas d’infection
- Causes hormonales : ex : hyperplasie de la prostate, hyperplasie de
l’endomètre ou de la glande mastoïde (sein).
99
- Autres causes : les virus, l’hématopoïèse extra-médullaire du foie ou de la rate
suite au blocage d’une lignée cellulaire dans la moelle rouge.
NB : certains organes peuvent subir à la fois l’hypertrophie et l’hyperplasie, c’est le
cas de l’utérus gravide ou du sein chez la femme qui allaite.

3. TROUBLES QUALITATIFS

Ce sont des troubles qui altèrent la qualité des cellules, il s’agit de :


1° Métaplasie
2° Dysplasie
3° Anaplasie
4° Ectopie ou hétérotopie
5° Choristome
6° Hamartome
7° Kyste
8° Malformations congénitales (certaines)
9° Néoplasme

1° Métaplasie (de l’anglais : metaplasia) ou métamorphose (francophone)


1. Définition : c’est le remplacement d’un type de cellules ou de tissu par un
autre type de cellules ou de tissu mature.
2. Histopathologie : deux types de métaplasie sont possibles : métaplasie
épithéliale et métaplasie mésenchymateuse.
La métaplasie épithéliale se voit surtout au niveau de l’épithélium respiratoire
qui est souvent remplacé par un épithélium malpighien chez les fumeurs.
La métaplasie mésenchymateuse : c’est l’exemple donné par le remplacement
d’un foyer cicatriciel par du tissu osseux (métaplasie osseuse) ou par du tissu
cartilagineux (métaplasie cartilagineuse).

2° Dysplasie (dys= trouble, plasein= croissance ou formation)


Etymologiquement, dysplasie veut dire « trouble de la croissance »
Dysplasie signifie aussi tout changement de la différenciation des cellules, souvent
épithéliales, changement conduisant à la prolifération irrégulière et atypique de ces
cellules. Dans ce sens, il intéresse plus les muqueuses, les épithéliums de
revêtements des organes creux et peut intéresser aussi certains tissus
mésenchymateux.

La dysplasie peut consister en une kératinisation anormale des cellules


épithéliales, changement appelé dyskératose (cellule dyskératosique celle qui la
subit). La dysplasie peut aussi signifier une incapacité des organes ou des tissus à
subir l’involution après hypertrophie ou hyperplasie conduisant à l’apparition d’une
architecture désorganisée. Elle est de ce fait plus un trouble qualitatif que
quantitatif. Exemple : dysplasie fibrokystique du sein.

100
La dysplasie est en général un processus réversible mais elle constitue une lésion
précancéreuse.

3° Anaplasie ou rétrodifférenciation ou dysdifférenciation ou dédifférenciation


1. Définition : c’est un trouble de la différenciation cellulaire où la
croissance survient alors que les cellules sont incapables de donner lieu
aux produits spécifiques des tissus adultes d’origine. En d’autres termes,
c’est un trouble conduisant à une croissance (prolifération) cellulaire non
suivie d’une différenciation de ces cellules nouvelles c-à-d ces cellules
nouvelles ressemblent aux cellules embryonnaires de l’organe concerné,
d’où le terme dédifférenciation( ou vice de différenciation).

2. Du point de vue anatomopathologique : anaplasie = atypisme


cytonucléaire c-à-d quand il y a anaplasie il y a :
- Anisocytose : cellules de taille différente
- Anisocaryose : noyaux de taille différente, on parle également de
polymorphisme nucléaire (monstruosités, bizarreries)
- Hypertrophie nucléolaire : nucléole proéminent
- Hyperchromatisme nucléaire : noyau qui fixe beaucoup de colorants que
d’habitude
- Index mitotique élevé : nombreuses mitoses souvent anormales.
Toutes ces caractéristiques signent la malignité, l’anaplasie est donc est un
processus irréversible.

4° Ectopie ou Hétérotopie : c’est la présence d’un tissu ou d’un organe adulte


dans un territoire ou site anatomique ou histologique inhabituel. Exemple : une rate
surnuméraire dans les bourses scrotales ou dans les mésentères, une muqueuse
endométriale en déhors de la cavité utérine (endométriose) ou même dans le
myomètre (adénomyose).

5° Choristome : c’est une masse tissulaire d’allure tumorale se trouvant dans un


site inhabituel. C’est donc une grosse ectopie (hétérotopie sous-forme d’une
masse).

6° Hamartome : c’est une masse tissulaire d’allure tumorale, présente dès la


naissance de l’individu, faite d’un tissu histologiquement normal mais disposé en
désordre mais dont la croissance reste sous le contrôle de l’organisme.

7° Kyste ou formation kystique : c’est une cavité anormale néoformée contenant


un matériel ou un liquide et entourée par du tissu fibreux tapissé par un épithélium
à sa face interne ayant une ou plusieurs couches de cellules.
Sur le plan clinique, on distingue :

101
- Kyste de rétention : lorsque dans un organe glandulaire les voies excrétrices
sont bouchées avec dilatation en amont de l’obstacle (ex : canaux
galactophores du sein)
- Kyste simple : lorsque dans un organe glandulaire il y a beaucoup de produits
de sécrétion mais qui sont évacuées lentement pouvant entraîner une dilatation
des voies excrétrices suite à cette stagnation (d’où kyste simple ou de
stagnation)
- Pseudokyste : c’est une zone cavitaire suite à la nécrose ischémique remplie de
liquide sans revêtement épithélial (d’où « pseudo »= faux kyste car pas
d’épithélium au niveau de sa face interne.
-
8° Malformations congénitales : c’est un changement de configuration externe
d’un organe dû à une défaillance de l’embryogénèse (ex : tétralogie de Fallop, CIA
= Communication InterVentriculaire).

9° Néoplasme ou néoplasie ou tumeur vraie : c’est une masse qui apparaît de


novo dans l’organisme ayant une croissance excéssive, incontrôlée, irreversible et
nocive pour l’hôte (l’organisme). Ce qui fait l’objet du chapitre suivant.

102
- CHAPITRE 8: ONCOLOGIE GENERALE
I.- DEFINITIONS.
L'oncologie signifie l'étude des tumeurs vraies ou néoplasmes. Pour les
définir de nombreuses définitions ont été proposées mais elles sont toutes
imparfaites. L'une des plus simples à énoncer est que la tumeur est une
édification cellulaire persistante, résultant de la croissance anormale des
cellules nées sur place. On peut aussi préciser qu'une tumeur est un massif
tissulaire dû au développement en un point de l'organisme, d'une lignée cellulaire
nouvelle, non soumise aux règles locales et générales de l'homéostasie.
L'homéostasie correspondant au maintien de l'équilibre entre les pertes cellulaires
par mort consécutive à la sénescence ou à tout autre processus pathologique, et leur
renouvellement en quantité adéquate par des cellules nouvelles se différenciant
normalement et devenant identiques à celles qu'elles remplacent. On en déduit
qu'une tumeur est un tissu nouveau dont les cellules prolifèrent en faisant preuve
d'autonomie biologique par rapport à l'organisme qui le porte, l'hôte. Ce caractère
de tissu nouveau explique les termes de néoplasme, néoplasie, néoformation (de
neos = nouveau et plasein = former ou plasis = formation) utilisés volontiers
comme synonymes de tumeurs.
Selon Willis tumeur signifie, une masse anormale de tissu dont la
croissance est excessive et incoordonnée, dépasse et persiste de la même manière
excessive après la suppression des stimuli qui l'avaient provoquée.
II.- NOMENCLATURE GENERALE. TERMINOLOGIE.
L'étiologie et la pathogénie des tumeurs demeurent encore trop obscures
pour qu'une classification méthodique et satisfaisante puisse en être proposée.
A.- Bases de la nomenclature.
1.- bases morphologiques ou histogénétiques
La structure d'une tumeur ressemble en général à celle du tissu dans lequel
elle prend naissance et que l'on appelle faute de mieux "tissu matriciel", "tissu
homologue" ou "tissu originel".
Tout tissu peut engendrer une tumeur bénigne ou maligne.
2.- Bases embryologiques ou composition histologique.

Certaines tumeurs possèdent une architecture très comparable sinon


identique à celle des tissus qui naissent des 3 feuillets embryonnaires à savoir
l'ectoblaste, le mésoblaste et l'endoblaste ou même d'un massif de blastème, à
quelque stade que ce soit de l'embryogenèse ou de l'organogenèse.
3.- Bases anatomocliniques: Comportement biologique.
Il existe schématiquement 3 groupes essentiels de tumeurs:

a. Tumeurs bénignes:
Elles refoulent les tissus environnants sans les envahir, restent localisées
et sont faites des cellules peu proliférantes, généralement bien différenciées.

103
b. Tumeurs malignes ou cancers:

Elles détruisent les tissus environnants en les envahissant, donnent


naissance à distance à des tumeurs-filles ou métastases et sont faites des cellules
proliférantes différenciées ou non. Le mot " Cancer" vient du mot latin cancer
signifiant crabe en français; la masse tumorale représente le corps de l'animal, ses
expansions ainsi que les vaisseaux veineux et lymphatiques dilatés à sa périphérie
figurent ses pattes; l'analogie récemment établie entre les douleurs des cancéreux et
les attaques des pinces d'un crabe ressort de l'imagination morbide et n'a rien à voir
avec la réalité.
c. Tumeurs à malignité mitigée.
Ces tumeurs ne présentent pas les caractères des tumeurs malignes mais
des récidives locales même après une exérèse supposée complète.
B.- Application pratique.
La majorité des tumeurs est unitissulaire. Cependant certains néoplasmes
sont pluritissulaires et monodermiques, chaque constituant rappelant par sa
structure, celle des tissus provenant d'une seule couche embryonnaire comme si la
lignée tumorale manifestait diverses potentialités de différenciation. Il existe enfin
des tumeurs pluritissulaires et polydermiques faites d'un assemblage complexe de
tissus évoquant des structures issues de 2 sinon des 3 feuillets primordiaux.
1.- Principales catégories des tumeurs.
a. Tumeurs épithéliales
Elles sont le plus souvent unitissulaires.
1) Tumeurs épithéliales bénignes
2) Tumeurs épithéliales malignes ou carcinomes (du grec, carcinos = crabe,
écrevisse) ou épithéliomas abandonnés au profit du 1er dans certains pays.
b. Tumeurs mésenchymateuses
Elles sont le plus souvent unitissulaires.
1) Tumeurs mésenchymateuses bénignes.
Le qualificatif mésenchymateux étant à son sens large et comprenant les
tissus conjonctifs et ostéocartilagineux ou les tissus mous et les tissus squelettiques.
2) Tumeurs mésenchymateuses malignes ou sarcomes (de sarx = chair).
c. Tumeurs embryonnaires (uni ou pluritissulaires).
1) Tumeurs bénignes ou malignes à la structure simple ou complexe rappelant
celle d'un tissu embryonnaire ou d'un blastème (sarcome embryonnaire, tumeur
du blastème rénal, hépatique).
2) Tumeurs bénignes ou malignes à la structure simple ou complexe rappelant
un ou plusieurs des aspects par lesquels passent les tissus (indifférenciation,
différenciation, maturation) depuis les 1ers stades de l'embryogenèse jusqu'à
l'état adulte: Tératome, dysembryome.
d. Tumeurs de structures composites ou Tumeurs Mixtes (uni ou
pluritissulaires).
1) Tumeurs bénignes aux structures associées ou semblant même présenter des
104
formes de transition:
a) Epithéliales:
adénoacanthome bénin.
b) Mésenchymateuses:
fibrolipome, angiomyolipome.
c) épithéliomésenchymateuses : adénofibrome ou fibroadénome, tumeur mixte
bénigne (adénome pléomorphe).
2) Tumeurs malignes aux structures diverses associées ou semblant même
présenter des formes de transition:
a) épithéliales:
Adénoacanthome malin, carcinome adénosquameux, carcinome muco-
épidermoïde.
b) mésenchymateuses:
mésenchymome malin
c) épithéliomésenchymateuses:
carcinosarcome, tumeur mixte mésodermique maligne.
2.- Terminologie.
En général, le nom d'une tumeur bénigne se termine par le suffixe "ome",
précédé du radical définissant le tissu normal originel. Les termes de carcinome et
de sarcome peuvent servir de suffixe eux aussi: adénocarcinome,
chondrosarcome, quand ils ne sont pas pris comme substantif pour carcinome
glandulaire, sarcome chondroblastique respectivement. Le suffixe "blastome"
est souvent appliqué quant à lui, aux tumeurs dont la structure embryonnaire
rappelle celle d'un tissu de blastème (néphroblastome pour le rein, hépatoblasme
pour le foie).
Quelques variantes dérogent à ces normes:
- Le
évoque plus une excroissance indurée que la tumeur bénigne épidermodermique
des muqueuses anogénitales qu'il désigne en réalité. Pour les néoplasmes des
viscères, la coutume veut que le radical soit celui de l'organe affecté et non pas
celui du tissu correspondant :
Ex. - Hépatome, hépatocarcinome, carcinome hépatocellulaire,
Corticosurrénalome malin au lieu de carcinome corticosurrénalien, etc.
Enfin pour un nombre restreint de tumeurs dont l'architecture et l'origine
sont encore mal connues, il est convenu de s'en tenir jusqu'à plus ample informé, a
une appellation provisoire déterminée plus par la morphologie que par
l'histogenèse: sarcome alvéolaire des parties molles, sarcome à cellules claires
tendino-aponévrotique.
Terminologie habituelle des principales tumeurs
TISSU NORMAL TUMEUR TUMEUR
BENIGNE MALIGNE
Tissu épithélial Carcinome:
- pavimenteux Papillome, Carcinome
épidermoïde
ou malpighien Condylome ou Carcinome
malpighien
ou Carcinome
spinocellulaire
- excréto-urinaire Papillome Carcinome
transitionnel
105
ou paramalpighien ou transitionne transitionne
-* Cubique ou Polyadénome Adénocarcinome ou
cylindrique
de revêtement Carcinome glandulaire
* Parenchyme Adénome Adénocarcinome ou
glandulaire Carcinome glandulaire
Trophoblastique Môle hydatiforme Chroriocarcinome
- Tissu
mésenchymateux
Conjonctif commun Fibrome Fibrosarcome
ou sarcome
fibroblastique
Adipeux Lipome Liposarcome
ou sarcome
lipoblastique
* Cartilagineux Chondrome Chondrosarcome
Sarcome
chondroblastique
* Osseux Ostéome, Ostéosarcome ou
Ostéoblastome Sarcome ostéogénique
* Muscle lisse Léiomyome léiomyosarcome
* Muscle strié Rhabdomyome Rhabdomyosarcome
* Hémolymphatique Hématosarcome,
Leucémie, syndromes
prolifératifs variés.
* Mésothélial Mésothéliome -Mésothéliome Malin
bénin
* Vasculaire -Hémangiome - Angiosarcome ou
- Endothéliosarcome
-Lymphangiome ‘’ ’’ ‘’
-Tumeur glomique ‘’ ’’ ‘’
D.- Tumeur - tuméfaction et prolifération cellulaire
De nombreux gonflements pathologiques ne sont pas des tumeurs. C'est le
cas des abcès, de cal de fracture, d'hématome, d'hémorroïde, d'hydarthrose,
d'hydrocèle ...
1.- Tumeur et inflammation
Beaucoup de masses inflammatoires simulent une tumeur bénigne ou
maligne: C'est le cas d'une pneumonie virale évoquant un carcinome bronchique ou
d'un trouble de transit intestinal sur tuberculose iléo-cæcal évoquant un cancer...
2.- Tumeur et hyperplasie
Nombreuses hyperplasies procèdent d'une stimulation hormonale et
régressent dès que cesse la stimulation hormonale.
Elles n'ont rien de commun avec une tumeur.
3.- Tumeur, Dystrophie et Dysplasie
Ces 2 vocables n'ont rien de commun avec les tumeurs. Ils sont synonymes
106
et caractéristiques des lésions dans lesquelles la prolifération cellulaire ne reproduit
pas des structures normalement agencées tout en restant organoïdes.
4.- Tumeur et pseudotumeur
Les tumeurs inflammatoires, les tumeurs hyperplasiques et les tumeurs
dysplasiques qui sont en réalité des pseudotumeurs ne se transforment pas en
cancer et ne doivent pas être considérées comme des lésions précancéreuses.
E.- Tumeurs bénignes
Elles sont extrêmement fréquentes et ubiquitaires. On peut affirmer que
tout être humain a été à un moment ou un autre de sa vie, porteur d'au moins l'une
d'entre elles en un ou un autre point de son organisme: nævus pigmentaire, petit
lipome, petit fibrome cutané.
1.- Critère de bénignité d'une tumeur:
- Développement local,
- Accroissement lent,
- Refoule les tissus voisins
- sans les envahir,
- pas d'essaimage dans l'organisme,
- reproduit généralement de très près dans sa structure, celle du tissu normal
original.
2.- Aperçu morphologique et physiopathologique.
L'apparition et l'extension d'une tumeur bénigne sont en principe
indépendantes des mécanismes réglant la croissance normale des tissus et cela est
vrai jusqu'à un certain point. Le développement du tissu tumoral bénin n'est pas
anarchique, il ne s'écarte pas sensiblement des règles physiologiques et de l'ordre
biologique héréditaire auxquels sont soumis les tissus normaux.
a.- Aspects microscopiques.
Il faut se référer à un rappel de cytologie et d'histologie normales.
b.- Aspects macroscopiques.
1).- La croissance
Elle se fait par expansion lente et refoulement des tissus voisins. Les
tumeurs bénignes sont bien circonscrites et enveloppées d'une capsule bien
individualisée et produite par l'étirement des structures conjonctives périphériques
qui persistent laminées, tandis que les éléments parenchymateux comprimés au
contact du nodule, s'atrophient et sont éliminés.
La capsule constitue un plan de clivage facilitant l'énucléation chirurgicale
de la lésion. Une telle limitation est une assurance macroscopique de la bénignité: il
n'en est rien car il existe des tumeurs bénignes dépourvues de capsule: angiome et
histiocytome.
2).- La forme
Elle peut varier dans les limites considérables. En surface, une tumeur
bénigne peut être exophytique tantôt pédiculée c'est-à-dire reliée au tissu originel
par une tige allongée. La tumeur pédiculée amarrée à un revêtement muqueux est
107
un polype, terme générique et avant tout macroscopique ne préjugeant en rien de la
nature exacte et de la structure histologique de la lésion: dans la cavité utérine il
peut s'agir aussi bien d'un polyadénome de l'endomètre que d'un léiomyome
pédiculé du myomètre. La tumeur pédiculée fixée au revêtement cutané est un
molluscum pendulum quelle que soit son architecture de simple hyperplasie
dermo-épidermique ou de néoformation complexe dermo-épidermique avec
neurofibrome caractéristique de la maladie de Von Recklinghausen.
En profondeur des tissus, la tumeur bénigne construit des nodules.
Autres caractères macroscopiques.
- Consistance et couleur: le lipome est mollasse et jaune, le fibrome est ferme et
rosé et d'aspect fasciculé.
- Taille : elle est d'une variabilité extrême.
- Le nombre : très variable aussi.
d.- Aspects Fonctionnels.
Les cellules néoplasiques sont fonctionnelles comme leurs homologues
normales. Celles d'un papillome peuvent subir la maturation cornée, celles d'un
adénome excréter le mucus, celles d'un lipome élaborer de la graisse...
Les tumeurs bénignes des glandes endocrines peuvent être
hormonosécrétantes avec répercussion sur l'ensemble de l'organisme.
3.- Aperçu Evolutif.
La croissance des tumeurs bénignes bien que lente, locale, sans invasion
locale ou métastases peut s'accompagner de nombreux aléas, les uns mineurs et les
autres graves.
a.- Bénignité et innocuité.
Les 2 termes ne sont pas synonymes. La bénignité oncologique n'exclut
pas un comportement anatomoclinique dangereux pouvant aller jusqu'à la mort de
l'hôte pour de multiples raisons:
Une tumeur bénigne peut devenir dangereuse par compression des
structures anatomiques qu'elle jouxte :
Ex: - Compression des organes pelviens par un léiomyome utérin avec atteinte
urétérale et retentissement sur le parenchyme rénal en amont;
- Compression du cortex cérébral par un méningiome...
- Conséquences dramatiques des propriétés hormonosécrétantes des tumeurs
bénignes: Coma hypoglycémique par nésidioblastome pancréatique,
hémorragies massives par hyperplasie glandulo-kystique de l'endomètre due à
cette tumeur œstrogénosécrétante, le thécome ovarien;
- HTA paroxystique du Phéochromocytome.
b.- Perturbations circulatoires
- Oedème, hémorragies intratumorales;
- Remaniement du tissu conjonctif: sclérose et sclérohyalinose;
- Phénomènes inflammatoires;
-Anomalies cellulaires par troubles métaboliques locaux et non une transformation
maligne de la tumeur bénigne.
c.- Récidives

108
En générale pas de récidives après exérèse chirurgicale complète mais, il
semble que les tumeurs endocrines sont susceptibles de se reformer après exérèse si
le dérèglement hormonal causal persiste ou réapparaît. Il s'agit dans ce cas de vraie
récidive opposée à la fausse récidive après une période ± longue de latence après
exérèse chirurgicale incomplète.
d.- Transformation maligne.
Elle est exceptionnelle. Mais il demeure l'irritant problème des tumeurs
sémi-malignes ou à malignité atténuée ou malignité mitigée.
e.- Signification
Elle reste débattue. Parmi les tumeurs bénignes, on range :
1).- Tumeurs bénignes réactionnelles :
a).- Les tumeurs inflammatoires: bourgeon charnu ou angiome hyperplasique,
chéloïde, neurome d'amputation.
b).- Tumeurs métaboliques: par accumulation d'histiocytes phagocytant des
produits variés issus des perturbations métaboliques, lipoïdiques en particuliers.
Ce sont: histiocytome, xanthome, histiocytofibrome, angiohistiocytome,
angiome sclérosant. Leur signification est débattue.
2).- Tumeurs bénignes hyperplasiques et endocriniennes par dérèglement de
l'axe hypothalamo-hypophyso-périphérique entraînant l'hyperplasie du
parenchyme glandulaire stimulé de manière excessive. Si cette hyperplasie est
nodulaire, elle forme une tumeur dysendocrinienne hyperplasique: nombreux
nodules thyroïdiens adénomateux ont cette origine, de même que certains
adénomes antéhypophysaires et certaines hyperplasies de l'ovaire et du testicule
ainsi que les hyperplasies des récepteurs hormonaux de la prostate et de
l'endomètre.
3).- Tumeurs bénignes dystrophiques ou dysplasiques.
Certains nodules mammaires: fibroadénome intra et péricanalaire.
4).- Tumeurs bénignes dysgénétiques:
Elles résultent d'anomalies de développement embryonnaire:
a).- Le choristome: c'est un massif d'apparence tumorale correspondant à la
présence dysgénésique, en un point quelconque de l'organisme d'un ou de
plusieurs tissus ou même d'un organe qui n'y existe pas normalement. C'est une
hétérotopie.
Ex : Rate scrotale, nodule corticosurrénalien paratesticulaire...
b).- L'hamartome: c'est un massif d'apparence tumorale correspondant à un
assemblage hétéroclite des tissus identiques à ceux de l'organe ou du territoire
dans lequel il s'implante, avec excès éventuel de l'un ou de plusieurs d'entre eux
ou même présence exclusive d'un seul. C'est un vice ou absence localisée
d'organisation.
Ex : nævus et angiome cutané, harmatomatose = phacomatose.
c).- Le tératome: c'est un massif tumoral susceptible de contenir des tissus
ressemblant à ceux qui se succèdent au cours du développement, depuis le stade
embryonnaire jusqu'au stade adulte par différenciation des 3 feuillets
embryonnaires primordiaux, ectoblastique, mésoblastique et endoblastique.
Certains tératomes sont pluritissulaires et simplifiés. Seuls ceux qui ne possèdent
que les tissus adultes et matures sont bénins.
5).- Tumeurs bénignes virales
Chez l'homme on citera le molluscum contagiosum dû à un
109
poxvirus ADN. Les papillonnes entéromuqueux sont eux produits par un
papovavirus ADN. Le condylome acuminé, verrue vulgaire palmaire ou plantaire.
6).- Tumeurs bénignes et agents carcinogènes.
Les agents physiques ou chimiques connus pour provoquer des
cancers peuvent donner naissance à des tumeurs bénignes épithéliales ou
mésenchymateuses. C'est le cas des papillokératomes proliférants succédant à
l'exposition aux radiations ionisantes.
7).- Tumeurs bénignes de cause inconnues.
On citera : - les lipomes, les fibromes...
IV.- LES TUMEURS MALIGNES OU CANCERS.

Un cancer est une tumeur mal limitée détruisant et infliltrant les tissus
voisins, éssaimant dans l'organisme sous forme de tumeurs-filles ou métastases,
ayant tendance à récidiver après exérèse et reproduisant ± fidèlement, souvent sur
un mode caricatural, la structure du tissu normal.
A.- Critères habituels de bénignité et de malignité
Caractéristiques Tumeur bénigne Tumeur maligne
1. Comportement local
- Accroissement - lent, progressif - variable
- Extension - refoule sans - envahit et détruire
détruit
- Limitation - circonscrite avec capsule - infiltration, sans capsule
- Récidive (vraie) - exceptionnelle - Habituelle
2. Comportement général
- Essaimage - inexistant - Métastases
- Effets sur l'hôte - nuls sauf complication - habituellement graves
- parfois mortels - assez souvent mortels
3. Structure histologique= - différenciée (celle du tissu - ± différenciée
matriciel norrmal)
critères histologiques Absence d'atypisme cytonu - Présence d'atypisme
cléaire. cytonucléaire =
* anisocyto-caryose
* hyperchromatisme
* hypertrophie nucléaire,
- nombreuses mitoses.
B.- Aperçu morphologique et physiologique.
L'autonomie biologique dont la tumeur maligne fait preuve se manifeste
en générale par des altérations des cellules et des tissus néoformés, altérations
servant de base au diagnostique cytologique et histologique des cancers.
1.- La cellule cancéreuse.
- Aucune modification cellulaire n'est à elle seule spécifique de malignité.
- La constatation dans un cas donné d'un ensemble d'altérations affectant tout un
groupe de cellules, conduit au diagnostic cytologique de malignité avec une
quasi-certitude à condition de recourir à des techniques de prélèvement, de
fixation, de coloration et d'examen irréprochables.

110
a.- Anomalies morphologiques.
1).- Le noyau
a).- Mitoses:
Nombreuses et atypiques. Elles sont devenues synonymes de malignité.
Mais elles peuvent exister en grand nombre dans:
- des proliférations embryonnaires normales,
- des régénérations inflammatoires ou d'hyperplasie,
- dans les tumeurs bénignes surtout chez les enfants.
Les mitoses peuvent paraître nombreuses si elles ont été bloquées en mitonécrose
ou en cas de raccourcissement de l'interphase.
A l'inverse elles peuvent paraître rares ou absentes si, tout en étant nombreuses,
elles s'effectuent de façon rapide avec allongement de l'interphase.
Ex: cancer d'évolution dramatique du sein en particulier, sans mitoses à l'analyse
histopathologique.
b).- Anomalies caryotypiques:
Elles sont nombreuses et non spécifiques de malignité. On citera le
chromosome Philadelphie (Ph1) dans la leucémie myéloïde chronique et qui très
court, se caractérise par une délétion des 2 bras longs d'un chromosome du groupe
21-22.
c).- Hypertrophie et hyperchromasie nucléaires:
Classiques mais non constantes et dues á l'abondance du matériel
chromosomique, à la répartition de la chromatine en mottes, à l'augmentation de
volume du nucléole avec élévation du rapport nucléolo-nucléaire (n/N), à la
présence éventuelle de plusieurs nucléoles et surtout un accroissement notable de
l'ARN par ce ou ces nucléoles.
2).- Cytoplasme.
- Sa pauvreté est courante, ce qui rend encore plus disproportionnée l'hypertrophie
du noyau avec l'élévation du rapport nucléo-cytoplasmique (N/c).
- Sa basophilie accentuée habituelle est due à la présence de multiples ribosomes
chargés d'ARN.
- Ses vacuoles et autres particules sont inconstantes et de significations diverses,
élaboration normale ou inaccoutumée de glycogène, de lipoïdes, de mucus, de
mélanine, de kératine, rétention intracytoplasmique des mêmes substances.
Exemple: la cellule en bague à chaton des cancers digestifs.
3).- Membrane cellulaire.
Morphologiquement elle paraît irrégulière et épaissie en microscopie
optique, tandis qu'en microscopie électronique, elle est volontiers hérissée de
microvillosités anormales et polymorphes. Les zones de jonctions telles que les
desmosomes ou digitations persistent alors qu'elles devraient disparaître comme
dans la parakératose.

4).- Organites intracellulaires.


Les mitochondries raréfiées et altérées se groupent dans les sillons
irréguliers de la membrane nucléaire. Elles se trouvent en excès dans les cellules
oncocytaires malignes. L'appareil de Golgi peut être hypertrophié, le réticulium
111
endoplasmique peu développé. Les ribosomes foisonnent.
b. Perturbations fonctionnelles
1) Reproduction cellulaire.
La prolifération cancéreuse est autonome, anarchique et indéfinie.
a).- Autonomie de reproduction:
Les activités tumorales échappent aux règles locales et générales de
l'homéostasie. Mais les cancers hormonodépendants (Prostate, sein, thyroïde)
dépendent de l'état endocrinien de l'hôte.
b).- Reproduction Indéfinie:
Elle se poursuit jusqu' à la mort de l'hôte parfois même en s'accroissant ou
jusqu'au contrôle thérapeutique de la maladie cancéreuse. Mais il existe des
régressions spontanées des petits cancers latents: défense immunitaire, hormonale,
acquisition d'un caryotype léthal par les cellules cancéreuses.
c).- Anarchie prolifératrice:
Elle se manifeste par les atypies cellulaires et la répartition irrégulière des
mitoses dans le temps et dans l'espace (sur une même préparation histologique, en
plusieurs points de la même tumeur, dans la tumeur primitive, ses récidives et ses
métastases). Il existe des anomalies de différenciation cellulaire aboutissant en
général à une indifférenciation cellulaire.
2).- Métabolisme cellulaire.
Il est en général beaucoup plus actif que celui de la cellule normale, parce
que ces besoins énergétiques sont plus élevés.
3).- Responsabilité de la membrane cellulaire.
Les membranes cellulaires manquent d'adhésivité d'où la perte de cohésion
intercellulaire. Les cellules cancéreuses ont perdu l'inhibition de contact: elles ne
s'immobilisent pas au contact, elles continuent à se multiplier, se chevauchent et
construisent des cultures tridimensionnelles alors que les cellules normales en
culture, arrivant au contact les unes des autres, s'immobilisent et adhèrent entre
elles et arrêtent de se multiplier.
Croissance irrégulière, croissance non contrôlée, croissance indéfinie
constituent les 3 caractéristiques de ce que l'on appelle l'état de transformation
cellulaire. Il faut noter que les cellules transformées en culture ne donnent pas
nécessairement naissance à un cancer lorsqu'elles sont repiquées ou greffées.
2.- Tissu cancéreux.
a.- Architecture générale.
Le cancer forme des massifs, des cordons de cellules, des structures
diverses qui infiltrent les tissus environnants sans limites précises, les dissocient,
les détruisent, les remplacent en envahissant leurs vaisseaux. Le tissu cancéreux
peut conserver une ressemblance avec le tissu normal homologue et présenter une
bonne différenciation. Il peut aussi être moyennement différencié ou peu ou pas
différencié de sorte que l'on parlera de :
112
- cancer bien différencié
- cancer moyennement différencié
- cancer peu différencié
- cancer indifférencié
- cancer anaplasique.
b.- Répartition générale.
Les cancers sont aussi ubiquitaires que les tumeurs bénignes.
3.- Stroma tumoral.
C'est la charpente et le système nourricier de la tumeur maligne. Il
s'épanouit beaucoup plus dans les carcinomes que dans les sarcomes où il s'identifie
à peine.
B.- Les métastases
1.- Définition:
Une métastase signifie la formation secondaire d'un néoplasme malin
provenant d'un néoplasme ou tumeur primaire située à distance et cela par passage
des cellules néoplasiques malignes viables dans d'autres organes ou tissus où elles
croissent comme des unités indépendantes faites des cellules cancéreuses souvent
identiques à celles de la tumeur primaire.
2.- Voies de Métastases:
Les tumeurs malignes peuvent emprunter plusieurs voies pour aller
ailleurs, il peut s'agir de:
a.- La voie lymphatique (des vaisseaux lymphatiques):
C'est la voie préférentielle des carcinomes. Ceci oblige en clinique,
d'examiner les aires ganglionnaires pour voir s’il y a des métastases.
b.- La voie vasculaire sanguine:
C'est la voie préférentielle des sarcomes et du chorio-carcinome. C'est la
voie veineuse qui est plus importante, la voie artérielle est plus négligeable car il
semble que la paroi artérielle plus épaisse que la veineuse résiste à l'érosion par
l'infiltration par les cellules cancéreuses.
c.- Les voies naturelles:
Il s'agit ici l’œsophage, l'intestin, des bronches, l'uretère, des voies
génitales etc.
d. La voie cœlomique ou la voie de contiguïté:
Ici les organes se trouvant dans une même cavité comme la péritonéale,
étant contigus, peuvent se donner des métastases entre eux bien qu'ils ne soient pas
étroitement liés. Cela explique l'apparition d'une métastase ovarienne d'un
adénocarcinome gastrique, métastase appelée "Tumeur de Krukenberg".
e.- Voie de continuité:
Ici les organes intimement liés métastasent entre eux. Ex: métastase d'un
cancer rénal au niveau de la surrénale; métastase d'un cancer du foie à la vésicule
113
biliaire; métastase d'un cancer du duodénum au pancréas.
f.- Métastase par inoculation:
Il s'agit d'une métastase des cellules cancéreuses d'un organe profond à la
périphérie après un acte chirurgical.
g.- On décrit les métastases des métastases.
3.- Facteurs influençants les métastases.
Nous citerons :
a.- Les voies de dissémination;
b.- La cohésion intercellulaire de la tumeur;
c.- La vie des cellules cancéreuses détachées: elle doit être longue.
d.- La quantité des cellules cancéreuses transférées: elle doit être suffisante pour
produire une métastase.
e. L'architecture anormale de l'organe constitue un facteur de terrain.
f.- La thromboplastine tissulaire sécrétée par certaines tumeurs diminue le risque de
métastase en ce qu'elle favorise l'apparition des thromboses qui à leur tour,
bouchent les vaisseaux sanguins de sorte que les cellules tumorales ne passent
pas facilement.
g.- Les traumatismes de la tumeur:
L'acte chirurgical en soit peut constituer un traumatisme au niveau de la tumeur
pour favoriser sa dissémination.
h.- Les inflammations de par les phénomènes vasculaires qui les caractérisent,
i.- Des facteurs iatrogènes comme la radiothérapie massive ainsi que la
chimiothérapie par le fait que ces 2 techniques diminuent la défense de
l'organisme.
f.- Le stress: par le déséquilibre qu'il provoque au niveau de l'organisme.
C.- Formes communes des tumeurs.
1.- Les tumeurs mésenchymateuses:
D'après l'histologie, du mésenchyme dérive plusieurs types de tissu à
savoir: le tissu conjonctif avec ses différents types et le tissu musculaire.
a.- Le tissu fibreux:
A ce niveau on trouve une tumeur bénigne :
1).- Fibrome:
Il existe une variante au niveau de la peau appelée, le dermatofibrome, la
variante maligne étant le dermatofibrosarcome protubérant de Darier Ferrand
qui est une tumeur à malignité mitigée. Il existe une variante franchement maligne,
le fibrosarcome. Le fibrome existe aussi sous forme de fibrome desmoïde
caractérisé par le fait qu'il est peu cellulaire, produit beaucoup de collagène (la
matrice du tissu conjonctif est très abondante).
Le dermatofibrosarcome est une tumeur à malignité mitigée; sur le plan
histologique on note une prolifération dense des petites cellules à noyau foncé,
allongé, cellules construisant des structures qui à divers endroits, prennent l'aspect
d'arêtes de poisson ou de rayons de roue ou encore un aspect tourbillonnaire ou
storiforme.

114
b.- Tissu adipeux:
1).- La tumeur bénigne se nomme lipome et on en décrit 3 variantes:
a).- le fibrolipome caractérisé par la présence des lobules d'adipocytes séparés par
du tissu fibreux d'importance variable.
b).- L'angiolipome caractérisé par la présence des lobules d'adipocytes associés à
une composante vasculaire importante.
c).- Hibernome: le lipome habituel est fait de tissu adipeux jaune ou uniloculaire,
tandis que l'hibernome est une prolifération de tissu adipeux multiloculaire ou
brun.
2).- La composante maligne est le liposarcome. On en décrit aussi plusieurs
variantes à savoir:
a).- Le liposarcome polymorphe: les cellules proliférantes présentent des formes
variables avec un atypisme cytonucléaire très prononcé.
b) Le liposarcome myxoïde caractérisé par des adipocytes atypiques proliférant
dans un stroma myxoïde qui ressemble à la matrice du cordon ombilical
c).- Le liposarcome à cellules rondes: Il pose le problème de diagnostic
différentiel avec les lymphomes.
c.- Tissu musculaire
1).- Tissu musculaire lisse:
a).- La tumeur bénigne est le léiomyome: il existe sous 3 variantes à savoir:
- l'angioléiomyome caractérisé par une prolifération des fibres musculaires lisses
associées à une prolifération vasculaire. Des fois on parle de l'angiomyome
quand il s'agit de la prolifération du muscle lisse de la paroi vasculaire
b).- Le léiomyome épithélioïde appelé aussi léiomyoblastome, caractérisé par la
prolifération des cellules musculaires lisses d'aspect épithélial ayant un halo
périnucléaire.
Le léiomyome est parmi les tumeurs les plus fréquentes du tissu musculaire
lisse; il peut se développer partout où se trouve le muscle lisse: paroi des
vaisseaux, paroi du tube digestif, de la peau et au niveau de l'utérus qui est
essentiellement composé de muscle lisse. Au niveau du sein, la gynécomastie
peut être due à la présence de léiomyome. Le léiomyome utérin peut se localiser
à plusieurs endroits de sorte que l'on décrit: le léiomyome sous-muqueux, le
léiomyome intramural et le léiomyome sous-séreux.
Le sous-muqueux peut rupturer l'endomètre et provoquer des hémorragies
génitales. Il peut aussi obstruer la cavité utérine et être responsable de la stérilité
de la femme. Il peut être pédiculé et si le pédicule est très long, se retrouver à
l'orifice externe du col, c'est le léiomyome en l'état de naissance. Le
léiomyome sous-séreux peut être sessile ou pédiculé et ce dernier peut prendre
la forme d'une tumeur flottante de la cavité péritonéale. L'utérus à plusieurs
léiomyomes est dit polyléiomyomateux, il a l'aspect d'un sac de pomme de
terre. Le léiomyome peut subir plusieurs lésions régressives telles que la
nécrose, les hémorragies, ces deux lésions peuvent à leur tour occasionner une
calcification; les léiomyomes peuvent aussi subir la fibrose, c'est pour cela que
les cliniciens les appellent "fibromes". Ils peuvent aussi subir la sclérose (qui est
une fibrose avec une forte hyalinisation) ainsi qu'une dégénérescence kystique.
Le léiomyome ne se cancérise pas. C'est la tumeur la plus fréquente en
comparaison avec le léiomyosarcome qui est la composante maligne. Ils sont
encore plus fréquents chez les femmes qui n'ont pas accouché pour une raison
ou une autre.
Le léiomyosarcome se développe le plus souvent au niveau du tube digestif,
tandis que le léiomyome est plus fréquent au niveau du tractus génital et
115
particulièrement de l'utérus.
2).- Le muscle strié
a).- Rhabdomyome.
C'est une tumeur très rare alors que le muscle strié est très abondant dans
l'organisme.
b).- Rhabdomyosarcome.
C'est une tumeur très fréquente. Il existe plusieurs variantes à savoir à savoir:
1).- Le Rhabdomyosarcome embryonnaire ou Botryoïde:
Il se rencontre au niveau des voies respiratoires, de la cavité génitale féminine
surtout chez les petites filles. C'est une tumeur qui se caractérise par son aspect
polypoïde. Histologiquement, elle est faite des fibres musculaires striées, des
cellules en forme de boudin ayant des striations transversales décelables à
l'hématoxyline-éosine sinon, après des colorations spéciales.
2).- Le Rhabdomyosarcome Alvéolaire:
Les cellules tumorales sont logées dans des cavités en forme d'alvéoles.
3).- Le Rhabdomyosarcome polymorphe:
Les cellules tumorales sont pléomorphes avec atypisme marqué parfois une
multinucléation.
c).- Tissu myxoïde
On décrit comme tumeur bénigne: le myxome; la tumeur maligne est le
myxosarcome. Pour certains auteurs le myxosarcome est une entité séparée,
tandis que pour d'autres, il s'agit soit d'un fibrosarcome, d'un liposarcome ou
d'un chondrosarcome à stroma myxoïde.
d).- Tissu mésenchymateux primitif.
- On décrit le mésenchymome bénin: Il s'agit d'une tumeur composée de
plusieurs types de tissu mésenchymateux ne présentant aucun caractère de
malignité.
- Mésenchymome malin ou sarcome mésodermique mixte: Il s'agit d'une
tumeur constituée d'un tissu mésenchymateux primitif càd multipotent
comprenant plusieurs composantes malignes à savoir: une composante
ostéosarcomateuse, chondrosarcomateuse, léiomyosarcomateuse,
rhabdomyosarcomateuse...
2.- Tumeurs épithéliales.
a.- Tumeur de l'Epithélium Malpighien.
1).- Papillome ou Verrue
C'est une tumeur Végétante se développant au niveau de la peau. Elle est
dite végétante car elle est composée de plusieurs structures en forme de papille.
Chaque papille est formée d'un axe conjonctivo-vasculaire couvert d'une couche
d'épithélium malpighien d'importance ou d'épaisseur variable. L'épithélium
malpighien recouvrant les papilles subit normalement la kératinisation.
2).- Carcinome spinocellulaire alias carcinome malpighien alias carcinome
épidermoïde.
C'est une tumeur maligne, végétante, ulcéreuse ou infiltrante de la peau.
Cette tumeur infiltre la membrane basale, atteint le derme, l'hypoderme et même le
plan musculaire. Le carcinome spinocellulaire peut présenter 3 variantes à savoir:
- une forme végétante ou exophytique:
- une forme ulcéreuse caractérisée par l'ulcération à son site d'implantation,
- forme endophytique ou infiltrante.
116
Sur le plan histologique il est composé des cellules du corps muqueux de Malpighi;
ce sont des cellules polyédriques ayant les caractéristiques des cellules du corps
muqueux de Malpighi de l'épiderme ou de tout épithélium malpighien. On y
retrouve les desmosomes. Les cellules proliférantes peuvent kératiniser, on parle de
la dyskératose si la cellule kératinise individuellement. On peut aussi noter les
perles ou globes cornés, les cellules kénatinisant en formant des structures en
forme de bulbe d'oignon avec kératine au centre.
Il existe une autre tumeur au niveau de l'épithélium malpighien, tumeur
née de sa couche basale, le carcinome basocellulaire; il est moins fréquent que le
spinocellulaire. Il peut se présenter sous la forme d'une tumeur ombiliquée ou sous
la forme d'un ulcère rongeant. Macroscopiquement et histologiquement, cette
tumeur se caractérise par la présence des boyaux ou des cordons cellulaires, qui
coupés transversalement, offrent l'aspect de palissade, les cellules périphériques
étant perpendiculaires au pourtour du cordon. Les cellules proliférantes étant de
petites cellules basophiles présentant moins d'atypisme que le carcinome
spinocellulaire

b.- Epithélium transitionnel


Le papillome à cellules transitionnelles et le carcinome à cellules
transitionnelles présentent les mêmes caractéristiques que les tumeurs
correspondantes de l'épithélium malpighien sauf qu'elles ne kératinisent pas.
c.- Epithélium cylindrique:
On décrit :
1).- le polype: Il s'agit ici d'une tumeur faite d'un abondant stroma fibroblastique
recouvert d'un épithélium cylindrique. Le polype peut être sessile ou pédiculé.
S'il est pédiculé au niveau de l'endomètre et que la tige est très longue, il peut
prendre l'aspect d'un polype en état de naissance. Il peut saigner et entraîner des
hémorragies. Il peut obstruer la cavité utérine et causer la stérilité. Un polype
peut se cancériser.
2).- L'adénocarcinome est sa composante maligne.
d.- L'épithélium glandulaire
- La tumeur bénigne est appelée adénome, tandis que la composante maligne est
adénocarcinome.
- Adénocarcinome:
Au niveau du tube digestif, l'adénocarcinome peut se présenter sous 3
formes à savoir:
- exophytique qui se développe en direction de la lumière intestinale qu'elle
obstrue. Mais la tumeur infiltre souvent toute la paroi, atteint la séreuse et donne
des métastases au niveau des ganglions mésentériques.
- ulcéreuse: la tumeur se présente comme un ulcère.
- endophytique, très infiltrante, est dite squirreuse si elle a un abondant stroma
fibreux. Au niveau du tube digestif, cette forme squirreuse s'appelle aussi linitis
plastica ou linite plastique. Ce stroma fibreux provoque l'induration de la paroi
qui est comparée à de la matière plastique.
Sur le plan histologique, l'adénocarcinome se caractérise par la prolifération des
structures glandulaires dont les cellules présentent des caractères de malignité.
Cette tumeur peut produire une abondante quantité de mucus; le mucus sécrété par
117
les cellules malignes peut être déversé dans la lumière des glandes; il peut aussi
être déversé dans le stroma et lui donner l'aspect gélatineux, on dit qu'il y a
inversion du pôle sécrétoire de la cellule. Le mucus peut aussi, au lieu d'être
sécrété dans le stroma ou la lumière, être retenu dans la cellule qui devient
ballonnée, avec un noyau périphérique et un cytoplasme bourré de mucus, elle est
dite cellule en bague à chaton. Les adénocarcinomes peuvent être bien
différenciés, peu différenciés ou indifférenciés. Parmi les peu différenciés, on décrit
les carcinomes mucipares ou mucosécréants à cellules indépendantes dits encore
carcinomes à cellules en bagues à chaton.
3.- Tumeurs mixtes
Le fibroadénone du sein: c'est une tumeur fréquente surtout chez la jeune
fille. Il s'agit d'une tumeur bénigne de consistance ferme, encapsulée, la capsule
rendant son extirpation facile. A la section de la tumeur, elle offre une couleur
blanc-nacré et un aspect nodulaire. Sur le plan histologique, il s'agit d'une
prolifération fibroblastique combinée à celle des canaux galactophores. Dans la
prolifération du tissu fibreux, il peut comprimer les canaux dont la lumière s'en
trouve aplatie, ressemblant aux fentes, on parle d'un fibroadénome intracanalaire
mais, la prolifération fibroblastique peut se faire autour des canaux tout en
respectant leur lumière qui demeure apparente ou béante, il s'agit dans ce cas d'un
fibroadénome péricanalaire. Quand dans un fibroadénome, on trouve
l'association de ces 2 aspects, on parle d'un fibroadénome mixte ou péri-
intracanalaire. Le fibroadénome ne se cancérise pas, donc il n'y a pas de
malignisation. Mais il existe une forme à malignité mitigée: c'est le fibroadénome
géant accompagné d'une ulcération de la peau du sein. Sur le plan histologique, le
fibroadénome géant contient une composante glandulaire toujours bénigne, tandis
que la composante mésenchymateuse ou fibreuse peut être bénigne ou maligne.
Cette tumeur s'appelle aussi cystosarcome phyllode ou tumeur phyllode bénigne
ou maligne selon les cas.
4.-Tumeur du tissu hématopoïétique ou du système des phagocytes
mononucléés jadis appelé système réticulo-endothélial (SRE).
On décrit :
a) Les tumeurs des globules rouges (GR);
b) Les tumeurs des globules blancs (GB) comprenant les leucémies et les
lymphomes.
Les lymphomes comprennent le lymphome ou la Maladie de Hodgkin et
les Lymphomes Non Hodgkiniens.
Maladie de Hodgkin comprend 4 types histologiques à savoir:
 le type à prédominance lymphocytaire,
 le type scléro-nodulaire,
 le type à cellularité mixte et
 le type à déplétion lymphocytaire.
Sur le plan histologique, ce lymphome est caractérisé par la présence des
cellules de Hodgkin ou celles de Reed-Sternberg caractéristiques, diagnostiques ou
leurs variantes, dans un environnement des cellules inflammatoires réactionnelles
comprenant les lymphocytes, plasmocytes, histiocytes et même des polynucléaires
neutrophiles et surtout éosinophiles.
La cellule de Hodgkin est une grande cellule mononucléée à gros noyau
orné d'un gros nucléole éosinophile entouré d'un halo clair, le tout prenant l'aspect
d'un oeil de hibou. La cellule de Reed-Sternberg est une cellule bi ou multinucléée,
118
chaque noyau ayant les caractéristiques de celui de la cellule de Hodgkin. La
cellule binucléée contient 2 noyaux qui se ressemblent (identiques) offrant l'image
en miroir.
Au sujet des lymphomes non hodgkiniens, on note qu'il s'agit d'une
prolifération néoplasique maligne de la composante lymphoïde du tissu lymphoïde
et exceptionnellement de sa composante histiocytaire. Il en existe plusieurs types
selon diverses classifications appliquées, mais on parlera plutard de celle de
Rappaport et celle de Kiel.
D.- Evaluation clinique des tumeurs
Cette évaluation cherche à déterminer la nature histologique de la tumeur
par le typage, son extension dans l'organisme par détermination du stade (staging)
et son degré de malignité par la détermination du grade.
Pour la détermination du stade, on utilise le système TNM (T= tumor=
tumeur; N= lymph nodes ou ganglions lymphatiques et M = Metastasis=
Métastases).
Une tumeur est dite T0 pour signifier qu'elle n'est pas cliniquement
décelée ou décelable.
- TIS: il s'agit d'un cancer in situ donc un carcinome intra-épithélial, n'ayant pas
encore infiltré le stroma.
- T1 = tumeur présente cliniquement, mais elle mesure moins de 2 cm de diamètre.
- T2 = la tumeur mesure entre 2 et 5 cm de diamètre.
- T3 = la tumeur mesure plus de 5 cm de diamètre.
- T4 = quelque soit sa taille, la tumeur infiltre les structures voisines.
- N0 = pas de ganglion atteint
- N1 = les ganglions supposés atteints sont situés du même côté que la tumeur et
sont mobiles par rapport au tissu profond;
- N2 = l'atteinte ganglionnaire est bilatérale;
- N3 = les ganglions envahis sont fixés aux plans profonds et ne sont plus mobiles
- M0= pas de métastases;
- M1 = les métastases existent en un point;
- M2 = métastases en 2 points
-M3, X = nombre d'endroits où sont situés les métastases.
E.- Formes spéciales de cancer
1.- Cancer à Malignité Mitigée ou Malignité locale
Nous citerons :
- le carcinome basocellulaire, la tumeur mixte des glandes salivaires ou adénome
pléomorphe, les carcinoïdes, le fibrome desmoïde et le dermatofibrosarcome
protubérant de Darier- Ferrand.
2.- Carcinome in situ:
Il s'agit ici d'un carcinome intraépithélial qui n'a pas encore franchi la
membrane basale et n'infiltre donc pas encore le chorion. On peut le trouver au
niveau de la peau (la Maladie de Bowen), du col utérin, de la prostate...

3.- Carcinome ou cancer occulte:


C'est un cancer qui se manifeste pour la 1ère fois par des métastases alors
119
que la tumeur primaire demeure cachée cliniquement parce que très petite ou
minime pour être décelé.
Ex: Adénocarcinome de la prostate, de la thyroïde, le carcinome nasopharyngé.
4.- Carcinome latent ou cancer latent
Il s'agit d'une tumeur maligne qui met du temps avant de donner des
métastases.
Ex: Cancer du sein, celui de la prostate, celui de la thyroïde, celui du rein.
5.- Môle Hydatiforme:

Il s'agit d'une tumeur bénigne qui se développe à partir des villosités


placentaires, ces dernières étant caractérisées par la dégénérescence hydropique.
6.- Choriocarcinome:
Il s'agit ici d'une tumeur maligne développée aux dépens de l'épithélium
des villosités placentaires. Dans la môle hydatiforme et dans le choriocarcinome il
y a forte production des hormones "gonadotrophines" par les cellules tumorales.
7.- Tumeur constituée de tissu embryonnaire:
On retrouve ici:
-Le Néphroblastome ou tumeur de WILMS,
-Le Neuroblastome qui affecte la médullosurrénale et donne des métastases au
niveau du foie, du cerveau et même du cuir-chevelu. Cette tumeur est caractérisée
par la présence des rosettes neuroblastiques.
-Le rétinoblastome qui est une tumeur de l’œil, l'homologue oculaire du
neuroblastome. L'adamantinome ou améloblastome qui est une tumeur à
malignité mitigée affectant avec prédilection les maxillaires et pouvant se
localiser ailleurs au niveau de l'hypophyse et des os longs comme le tibia,
l’adamantinome au niveau de la selle turcique est appelée craniopharyngiome.
F.- Les pseudocancers
Ce sont des lésions prolifératives simulant un cancer à cause de leur aspect
macroscopique et microscopique d'atypisme avec invasion des structures voisines,
accompagné parfois de récidives mais l'absence des métastases les exclue des
cancers. On citera: hyperplasie pseucocarcinomateuse, observée autour des ulcères
tropicaux, le pseudosarcome des tissus mous, la myosite proliférante et la myosite
ossifiante.
G.- Lésions précancéreuses:
Ce sont des lésions ou des maladies qui présentent une grande potentialité
de cancérisation ; ce sont des lésions qui sans être malignes en elles-mêmes
peuvent le devenir ou être associées à des cancers. Parmi elles, on note:
1.- Les maladies non prolifératives mais associées à un haut risque d'apparition
de cancer: la xérodermie pigmentaire, la trisomie 21, les inflammations telles
que la colite ulcéro-hémorragique, la colite amibienne, l'ulcère peptique de
l'estomac.
2.- Les maladies prolifératives: On retrouve ici certaines tumeurs bénignes
comme le neurofibrome de la neurofibromatose de Von Recklinghausen,
120
l'hyperplasie adénomateuse de l'endomètre, la dysplasie fibrokystique du sein ou
Maladie de Reclus, lipome...
H.- Les lésions paranéoplasiques:
Ce sont des lésions qui apparaissent au cours des cancers. Elles sont
importantes parce qu'elles peuvent aider à les diagnostiquer. Il peut s'agir des
lésions organiques ou histologiques telles que le pseudomélanome du colon. Il peut
s'agir aussi d'une dilatation des vaisseaux à la faveur d'une tumeur, cas des
hémorroïdes chez un malade porteur d'un hépatocarcinome.
I.- La biologie des tumeurs:
Certaines tumeurs acquièrent des nouvelles propriétés ou recouvrent les
propriétés embryonnaires qu'avaient les cellules qui les composent. Parmi ces
propriétés, on décrit la sécrétion des substances biologiques nouvelles ou
embryonnaires ainsi que l'apparition des marqueurs de surface. La détection de ces
substances permet le diagnostic biochimique du cancer. On pense que le gène qui
commandait à leur synthèse se trouve réactivé par la tumeur.
Ex: L'alpha-1 fœtoprotéine sécrétée par le cancer primitif du foie ou carcinome
hépatocellulaire.
La physiologie ou la physiopathologie et la biopathologie de ces protéines
oncofœtales se résument dans la sécrétion de l'α-1-foetoprotéine (α1-F.P).
α-F.P.
30

25
Taux α-F.P.
20

15

10

0 Récidives
Cancer 0 0 1

Période embryon
Adulte Traitement

L'importance de ces protéines oncofœtales est résumée dans le tableau ci-


dessous:
APPLICATIONS BUTS
Dépistage mise au point des maladies
Asymptomatiques
Diagnostic différencier les tumeurs bénignes des
Cancers
121
Evaluation thérapie et récidives
Classification choix thérapeutiquee et pronostic
Staging et Localisation radioimmunodétection des métastases
avec Ac radioactifs
Thérapeutique agents cytotoxiques anti- cellules
contenant les marqueurs

TYPES DE Sigle C A N C E R S
MARQUEURS
Alpha-1 fœtoprotéine α-FP foie, tumeurs germinales
Gamma-glutamyl- γ-GT foie, tube digestif, gonades
transférase
(ovarienne)
Antigène carcino- ACE colon, poumon, sein,
embryonnaire pancréas.
Gonadotrophines HCG trophoblaste, cellules
chorioniques germinales
Calcitonine CT thyroïde
Phosphatase acide PAC prostate
Marqueurs de surface Diver lymphomes et autres
s

J.-Progrès dans le diagnostic tumeurs : immunohistochimie des tumeurs


1.- Généralités
a.- Définition

L'immunohistochimie est une méthode qui permet de déterminer l’origine


d'un tissu normal ou néoplasique par la mise en évidence d’antigènes (Ag)
tissulaires.
b.- But

En oncologie, elle permet de déterminer l'histogenèse des tumeurs. Elle


résout ainsi en général le problème de diagnostic différentiel des tumeurs
anaplasiques.
c.- Principes

La méthode est basée sur la recherche des antigènes des différents tissus
grâce aux réactions immunologiques avec leurs anticorps (Ac) spécifiques. A l'aide
des anticorps spécifiques connus, on met en évidence des antigènes tissulaires
éventuels.
Il existe des méthodes directes et des méthodes indirectes.
122
1).- Méthode ou système avec marquage
Elle peut être directe ou indirecte.
a).- Méthode directe avec marquage

Ac.Anti X

Ag.Tissulaire"X"

b).- Méthode indirecte avec marquage

Ac. Secondaire marqué

E E

Ac. primaire Anti X, non marqué

Ag. Tissulaire "X"


Figure 3: Ici l'Anticorps anti-X non marqué réagit directement avec l'Ag X
recherché s'il est présent dans le tissu. L'Ac sera à son tour recherché avec son
Anticorps spécifique marqué (Anticorps anti-Ac anti-X).
c).- Méthode indirecte avec marquage à 4 étapes
Elle est toujours indirecte et se déroule en 3 ou 4 étapes :
- 1ère étape: application de l'antisérum (Ac) primaire aux antigènes cellulaires.
e
- 2 étape: application de l'antisérum (Ac) secondaire, l'antisérum-pont ou
antisérum de liaison contenant les anticorps spécifiques non marqués et dirigés
contre les immunoglobulines de l'Ac primaire et de l'Ac tertiaire.
3 et 4e étapes : elles entraînent l'application de l'antisérum tertiaire contenant une
e

enzyme pure (habituellement la peroxydase mais il peut s’agir de la phosphatase


acide ou la glucose-oxydase) et un anticorps anti-peroxydase.

ENZYME SELECTIONNEE

ANTICORPS TERTIAIRE ANTI-ENZYME NON MARQUE

E E
ANTICORPS SECONDAIRE ANTI-Ig., NON MARQUE

E E 123
ANTICORPS PRIMAIRE ANTI X
Qu'il s'agisse de la méthode directe ou indirecte avec ou sans marquage, une
réaction positive signifie que l'antigène a fixé l'anticorps et que le tissu ou la cellule
renfermait l'Ag X recherché par exemple.
2.- Approche immunohistochimique du diagnostic des tumeurs malignes
L'immunohistochimie permet de déterminer l'histogenèse des néoplasmes
par la recherche par exemple des filaments intermédiaires résumés dans le Tableau
8 ci-dessous.
Très récemment, un autre filament intermédiaire, la "restine", a été
identifié. Elle est fortement exprimée par les cellules de Reed-Sternberg et les
cellules malignes du Lymphome Anaplasique à grandes cellules. Ses fonctions ne
sont pas encore élucidées.
Tableau 11: Types de filaments intermédiaires
FILAMENTS
INTERMEDIAIRES TISSU TUMEURS

CYTOKERATINES Epithélium Carcinomes


DESMINE Muscle strié Rhabdomyosarcomes
ou lisse Léiomyosarcomes
GFAP Astroglie Gliomes, Astrocytomes
NEUROFILAMENTS Neurones Neuroblastomes
Sarcomes non
VIMENTINE Mésenchyme musculaires
RESTINE Cellules de R-S. et
Lymphomes
Cellules anaplasiques
du Lymphome
Anaplasique
à grandes cellules
K.- Complications des tumeurs:

1.- Les complications locales sont :


- l'invasion des structures voisines,
- les hémorragies,
- les thromboses,
- la nécrose ischémique,
- l'ulcération,
- l'obstruction des organes cavitaires
124
- la surinfection des tumeurs nécrosées
2.- Complications à distance ou systémiques
- l'anémie par hémorragie,
- la cachée,
- la fièvre,
- Vitesse de sédimentation (VS) accélérée,
- dépression de la défense générale,
- protéines anormales dans le sang (jGT, a-1FP, ACE...)
- tendance à faire des diathèses hémorragiques,
-Troubles endocriniens par sécrétion des hormones par les cellules tumorales.
L.- Approche thérapeutique:
Il en existe plusieurs à savoir la chirurgie, la chimiothérapie,
l'hormonothérapie, l'immunothérapie et la radiothérapie. Il n'existe pas de
monothérapie pour les cancers mais les options ci-haut citées sont souvent
associées.
La chirurgie consiste en l'exérèse de la masse tumorale; la chimiothérapie
procède par l'empoisonnement des cellules cancéreuses par des cytostatiques;
l'homonothérapie soigne les cancers hormonosensibles par des hormones
masculines en cas des cancers du sein et par des hormones féminines en cas de
cancer de la prostate; l'immunothérapie provoque une réaction immunitaire par
l'injection des vaccins induisant la production des anticorps à compétence générale
contre les cellules cancéreuses; la radiothérapie irradie les cellules tumorales, les
anéantit pour permettre au chirurgien de bien travailler.
M.- Classification des frottis
Selon Papanicolaou, les frottis sont répartis en classes allant de 0 à 5:
- Classe 0: frottis mal fait, inadéquat;
- Classe 1: frottis adéquat mais sans cellules malignes ou atypiques;
- Classe 2: frottis comprenant les cellules métaplasiques;
- Classe 3 : frottis comprenant les cellules dysplasiques;
-Classe 4: frottis comprenant les cellules atypiques et donc fortement suspect de
malignité;
- Classe 5 : frottis comprenant les cellules franchement malignes.
Il faut noter qu'un frottis n'a qu'une valeur d'orientation et doit être
confirmé par une analyse histopathologique, on ne peut prendre une décision
radicale sur base du frottis seul.
N. - Carcinogenese, oncogenese ou cancerogenese
Dans l'étiologie des cancers on retient 2 type de facteurs à savoir les
facteurs favorisants génétiques et les facteurs favorisants exogènes ou
environnementaux.
1.- Modes d'action des carcinogènes.
Les agents carcinogènes agissent selon différentes modalités:
a. Syncarcinogenèse:
Les carcinogènes peuvent être des syncarcinogènes c.-à-d. qu'un produit
oncogène X donné à une dose subluminaire ne produit pas de cancer mais, lorsqu'il
est administré ensemble avec un autre produit carcinogène X' à une dose luminaire
125
il y a cancérisation, on dit qu'il y a syncarcinogenèse càd que le produit X' agit
synergiquement avec le produit X pour produire le cancer.
b.- Cocarcinogenèse:
Un produit Y ne donne pas de cancer mais, administré avec le produit
carcinogène X à une dose subluminaire, il se produit une cancérisation, on dit que
Y a fait la promotion de X; il y a cocarcinogenèse.
c. Anticarcinogenèse ou l'inhibition:
Si un produit cancérigène X donné à une dose luminaire produit le cancer,
mais administré ensemble avec un produit Z la cancérisation ne se produit pas, on
dit qu'il y a anticarcinogenèse ou inhibition.
2.- Facteurs étiologiques du cancer:
a.- Facteurs génétiques:
Ces facteurs trouvent leur importance dans le sens que l'apparition d'un
cancer a un lien avec l'hérédité. Cela s'explique par le fait que placés dans les
mêmes conditions de vie, certains individus seulement développent un cancer et
pas d'autres. On sait par ailleurs que certaines tumeurs se développent sur un fond
des maladies génétiques telles que la polypose familiale du colon, la xérodermie
pigmentaire, le rétinoblasme, la polypose intestinale de Peutz-Jeghers, la
neuofribromatose, les cancers familiaux tels que celui du col utérin, du sein, de
l'estomac, et le mélanome malin. Les individus du groupe O semblent être disposés
à faire le cancer de l'estomac mais ceci n'est pas encore statistiquement prouvé.
b.- Les facteurs ethniques:
Les gens à peau très pigmentée sont moins exposés au cancer de la peau
que ceux à peau hypopigmentée; les albinos développent souvent le carcinome
spinocellulaire. Le carcinome nasopharyngé est 20 fois plus fréquent chez les
Chinois que dans d'autres populations.
c.- Les facteurs environnementaux:
La plupart sont considérés comme responsables de la cancérisation:
1).- Les facteurs géographiques ou climatiques:
Les gens de même race habitant des contrées différentes ne développent
pas le même type de cancer ceci par le fait que les facteurs environnementaux
différents agissent sur eux dans les 2 contrées. Ceci peut s'expliquer aussi par le fait
de la pollution de l'air due à des multiples activités industrielles.
2).- Les facteurs alimentaires:
La nature, la quantité et le mode de consommation des aliments exposent
différemment aux cancers. On pense par exemple que le cancer du colon des
européens est dû à leur nourriture riche en graisse ralentissant le péristaltisme
intestinal et favorisant l'action des carcinogènes éventuels contenus dans ces
aliments. Certains modes de préparations dégagent des substances cancérigènes
contenues dans les aliments; l'aflatoxine contamine beaucoup d'aliments conservés
dans les conditions d'humidité en l'occurrence les arachides (cacahouètes).

126
3).- Les facteurs professionnels:
Certaines professions exposent à certains cancers suite à la manipulation
de certaines substances. On pense au cancer de la peau des bourses scrotales des
ramoneurs, aux angiomes des ouvriers des usines du plastique manipulant le
chlorure de polyvinyl (isolant) et au mésothélium des ouvriers de l'industrie du bois
en contact avec l'amiante.
d.- facteurs socioéconomiques:
Certains cancers se rencontrent plus dans certaines classes sociales que
dans d'autres. C'est le cas du cancer du col utérin chez les pauvres suite à une
mauvaise hygiène, le cancer du colon chez les riches...
e.- facteurs chimiques:
Il y a beaucoup de produits chimiques qui induisent le cancer chez les
animaux. C'est le cas de la nitrosamine. Chez les humains, ces produits ne sont pas
encore clairement établis, mais il faut penser à aux produits chimiques contenus
dans le tabac...
f.- facteurs physiques:
Il s'agit des radiations ionisantes, de l'irritation chronique. Ici
l'inflammation répétée entraîne la métaplasie qui conduit à une dysplasie, risque de
cancérisation. Il faut aussi signaler le risque de cancérisation des cicatrices
fibreuses étendues des brûlures.
g.- facteurs hormonaux:
En expérimentation, il y a des arguments qui plaident pour la théorie
hormonale dans l'apparition des cancers. En pathologie humaine on sait qu'un excès
d'hormones dans un organe entraîne son hyperplasie avec risque de cancérisation.
Ex: Un excès d’œstrogènes entraîne l'hyperplasie de l'endomètre chez la femme,
cette dernière pouvant être glandulo-kystique ou adénomateuse. On sait que les
hyperplasies de l'endomètre sont réputées etre des conditions précancéreuses. Au
niveau de l'ovaire la tumeur de la granulosa et celle du stroma sont réputées
sécréter beaucoup d’œstrogènes avec le risque évoqué ci-haut. Un apport exogène
d'hormones comme dans le cas de la prise des pilules contraceptives par la femme
expose à l'adénome hépatocellulaire avec son risque de cancérisation. Ces pilules
exposent aussi au fibroadénome du sein qui heureusement ne se cancérise pas.
Bref, beaucoup de troubles endocriniens peuvent favoriser l'apparition de certains
cancers sans oublier l'hormonothérapie pour le cancer de la prostate, du sein, de la
thyroïde (qui répond à la TSH).
h.- Les virus carcinogènes ou cancérigènes:

Il y a des arguments d'observation qui prouvent qu'il existe des marqueurs


des virus dans certains tissus cancéreux. L'étude de ces marqueurs biologiques est
le monopole de l'épidémiologie moléculaire.
1).- Théorie virus-cancer:
a).- Historique:
On sait depuis longtemps que les rétrovirus à ARN sont capables d'induire
une grande variété de tumeurs malignes chez les animaux et aussi la transformation
maligne des cellules normales. A la fin du siècle dernier, Rous décrivait le sarcome
127
de Rous chez la souris, Mr Fowl avait observé les leucémies chez les oiseaux, Mr
SHA décrivait le papillome chez les animaux. Dans tous ces cancers on avait
observé une épidémie frappant ces animaux. Plutard on a pu induire beaucoup des
tumeurs chez les animaux en leur injectant un virus. Ce virus fut appelé polyoma-
virus. Chez les oiseaux, il avait été observé que les leucémies étaient provoquées
par les ONCORNAVIRUS.
b).- Les observations dans la population humaine:
C'est essentiellement la distribution des marqueurs de certains virus dans
les populations faisant un cancer donné par rapport à la population générale qui a
permis de retenir les exemples suivants :
- La Maladie de Hodgkin est souvent associée aux ONCORNAVIRUS,
- la tumeur de Burkitt est associée au virus d'Epstein- Barr;
- le cancer nasopharyngé est associé au virus d'Epstein-Barr;
- les leucémies et les lymphomes T sont associés au HTLV1 (virus humain des
lymphomes T, type 1);
- le cancer du col utérin est associé au HPV (Human papilloma virus);
- le carcinome hépatocellulaire est associé au virus de l'Hépatite B.
- le sarcome de Kaposi est associé au virus cytomégalique, tandis que les autres
lymphomes et certains sarcomes sont associés au VIH (HIV).
i.- Oncogènes ou gènes de la cancérisation:
1).- Concept
Nous savons que l'individu se développe à partir d'une seule cellule. Pour
atteindre l'âge adulte il apparaît qu'il survient une croissance cellulaire intense.
Cette croissance cellulaire formidable du début connaît un ralentissement, un
contrôle au fur et à mesure que l'organisme grandit. Ce qui implique que la
croissance cellulaire est contrôlée, régulée par des facteurs internes de l'organisme.
Si la croissance cellulaire devient incontrôlée, il se produit une masse cellulaire
anormale appelée néoplasme ou tumeur vraie. On sait aussi que la croissance
cellulaire est contrôlée par certains gènes contenus dans le génome. On est parvenu
à catégoriser ces gènes en gènes stimulateurs de la croissance cellulaire et en
gènes inhibiteurs de cette croissance. Lorsque certains des ces gènes sont altérés,
les cellules vont proliférer de façon incontrôlée. Dès lors, les multiples facteurs
étiologiques complexes étudiés agissent très probablement par le biais de ces gènes
régulateurs de la croissance cellulaire. Ainsi les facteurs héréditaires seraient une
altération de ces gènes. Les facteurs physiques et chimiques provoquent les
altérations de ces gènes, altérations appelées "mutations". Les gènes transmettant
alors une information vicieuse pour la croissance cellulaire. Les virus oncogènes
agissent en infectant ces gènes.
On peut aujourd’hui admettre que la prolifération des publications sur les
bases moléculaires du cancer dépasse la vitesse de la tumeur la plus maligne et l’on
peut facilement se perdre dans la forêt immense de ces informations.
Les principes fondamentaux ci-après peuvent être énoncés : des lésons
génétiques non létales sont à l’origine du processus de la cancérogenèse.
Des lésions génétiques ou mutations peuvent être acquises par l’action des facteurs
liés à l’environnement tels que les facteurs chimiques, des radiations ou des virus
ou bien être héréditaires et alors présentes dans les cellules germinales.
La théorie génétique du cancer suppose que la masse tumorale provienne
de la croissance cellulaire d’une cellule progénitrice unique, qui a hérité de
l’anomalie génétique. En d’autre terme, les tumeurs sont monoclonales.
En plus des 3 catégories de gènes ci-dessus, une 4 e catégorie intervient
128
dans le processus de cancérogenèse. Ce sont les gènes qui contrôlent la réparation
de l’ADN. Les gènes réparateurs de l’ADN modifient la prolifération cellulaire
ou la survie de façon indirecte en ayant une influence sur la capacité de l’organisme
à réparer des lésions non létales qui surviennent dans d’autres gènes (proto-
oncogènes, gènes suppresseurs de tumeur et gènes régulant l’apoptose).L’absence
de réparation d’ADN prédispose à la survenue des mutations dans le génome et
donc à une transformation néoplasique. Les 2 allèles des gènes réparateurs d’ADN
doivent etre lésés pour induire une instabilité génétique ; dans ce sens, les gènes
réparateurs de l’ADN peuvent être considérés comme des gènes suppresseurs de
tumeurs.
- La cancérogenèse est un processus multi-étapes aussi bien sur le plan
phénotypique que génétique. Une tumeur maligne présente plusieurs anomalies
phénotypiques telles qu’une croissance excessive, un potentiel d’envahissement
local et une capacité de métastaser. Ces caractéristiques sont acquises
progressivement, étape par étape selon un phénomène appelé progression
tumorale. A l’échelle moléculaire, la progression tumorale est le résultat d’une
accumulation d’altérations génétiques qui dans certaines circonstances, sont
favorisées par une altération du processus de réparation de l’ADN.
2).- Oncogènes et cancer
a).- Définition
Les oncogènes sont des gènes qui dans certaines circonstances
causent une transformation maligne des cellules grâce à leurs produits de sécrétion
qui seraient des enzymes, des facteurs de croissance, des récepteurs des facteurs de
croissance...
Les oncogènes ou gènes responsables du cancer dérivent des proto-
oncogènes qui sont des gènes impliqués dans la croissance et la différenciation
cellulaire normales. Leur découverte n’a pas été simple. Ils le furent en premier
dans le génome des rétrovirus à pouvoir transformant dit « aigu », par les lauréats
du prix Nobel Varmus et Bishop. Ces rétrovirus sont responsables d’une induction
rapide de tumeur chez l’animal et peuvent également transformer les cellules
animales in vitro. L’analyse moléculaire de leur génome révèle la présence d’une
séquence transformante unique (oncogènes viraux [v-onc]) qui n’était pas présente
dans le génome des rétrovirus dépourvus de pouvoir transformant.
Le mécanisme par lequel ils induisent une transformation néoplasique
requiert l’intervention de proto-oncogènes . L’analyse moléculaire des cellules
transformées par ces virus leucémiques a montré que l’ADN proviral est toujours
intégré ou inséré à proximité d’un proto-oncogène avec comme conséquence
induction de la modification structurale dans le gène cellulaire, et donc de le
transformer en un oncogène cellulaire ou c-onc. Une autre possibilité est
l’insertion de promoteurs rétrovirus à proximité de proto-oncogènes qui provoque
une expression dérégulée du gène cellulaire. Ce mode d’activation d’un proto-
oncogène est appelé mutagenèse insertionnelle.
Bien que l’étude des rétrovirus transformants animaux ait permis la
découverte des proto-oncogènes, ces travaux n’expliquent pas l’origine des tumeurs
humaines qui hormis de rares exceptions ne sont pas provoquées par une infection
virale. Une question se pose : des tumeurs qui ne sont pas d’origine virale
contiennent-elles dans leur ADN des séquences oncogènes ? Les expériences de
transfert de gène (transfection d’ADN) ont apporté la réponse. Lorsque l’ADN
extrait de différentes tumeurs humaines transfecté in vitro dans les lignées
cellulaires de fibroblastes de souris, les cellules transfectées ont acquis certaines
propriétés des cellules néoplasiques. La conclusion de telles expériences est
indiscutable : l’ADN des cancers survenant spontanément contient des séquences à
pouvoir cancérigène, les oncogènes.
129
La plupart de ces séquences transformantes se sont révélées être homologues aux
proto-oncogènes ras qui sont les ancêtres des v-oncs présents dans les virus des
sarcomes de Harvey (H) et Kirston (K).
En résumé, les proto-oncogènes peuvent acquérir un pouvoir
oncogène par l’intermédiaire d’une transduction (v-oncs) ou par des lésions
qui altèrent leur comportement in situ, ce qui ce qui les transforment en
oncogènes cellulaires (c-oncs).
Deux questions peuvent se poser :
1) Quelles sont les fonctions des produits des oncogènes ?
2) De quelles manières les proto-oncogènes civilisés se transforment-ils en ennemis
de l’intérieur ?
Produits des oncogènes
Les oncogènes codent pour les protéines appelées « oncoprotéines ».
Elles ressemblent aux protéines normales des proto-oncogènes sauf que :
- 1) les oncoprotéines sont dépourvues d’éléments régulateurs et
- 2) leur production ne dépend pas des facteurs de croissance ou d’autres signaux
externes.
Pour comprendre la nature et les fonctions des oncoprotéines , il est
nécessaire de revoir brièvement la séquence des événements qui caractérisent la
prolifération cellulaire normale. Dans les conditions physiologiques la prolifération
cellulaire peut être schématiquement divisée en différentes étapes :
- Liaison d’un facteur de croissance à son récepteur spécifique sur la membrane
cellulaire.
- Activation transitoire et limitée du récepteur au facteur de croissance, ce qui
entraîne l’activation de différentes protéines impliquées dans la transduction du
signal qui sont situées sur le feuillet interne de la membrane plasmique.
- Transduction du signal vers le noyau à travers le cytosol par l’intermédiaire de
seconds messagers.
- Induction et activation des facteurs régulateurs nucléaires qui initient la
transcription de l’ADN.
- Entrée et progression de la cellule dans le cycle cellulaire qui aboutira enfin à la
division cellulaire.
b).- Types d'oncogènes:
Nous savons qu'il existe des oncogènes stimulateurs et des oncogènes
freinateurs, et parmi eux on peut distinguer:
- Les oncogènes viraux ou V-ONC: Ici, un virus extérieur transmet à notre
génome une partie du sien; c'est le cas des virus RNA (RNA-Virus) et des
rétrovirus.
- Les oncogènes cellulaires ou C-ONC : Ces oncogènes existent normalement
dans la cellule.
- Les proto-oncogènes: Ce sont des oncogènes viraux ou cellulaires non encore
activés c-à-d incapables de provoquer la croissance cellulaire.
- Les anti-oncogènes: Ce sont des oncogènes qui inhibent l'expression des
oncogènes ou de leurs produits de sécrétion.
Quelques exemples d'oncogènes cellulaires:
Oncogènes CANCERS
RAS1 Vessie (R= rat, S= sarcome)
RAS2 Colon et poumon
130
C-MYC (Proto-oncogène humain de la Lymphome de Burkitt
myélocytomatose aviaire).
c).- Mode d'action:
Quand ils sont activés, les oncogènes agissent par 2 modes:
a).- mode quantitatif: Lorsqu’il y a excès des produits fabriqués par ces gènes,
sans altération de leur qualité.
b).- mode qualitatif: Il y a fabrication des produits modifiés qualitativement suite à
une altération de l'oncogène par mutation.

TRAVAUX PRATIQUES D’ANAPATH GENERALE

A. PRELEVEMENT ET MANIPULATION DES TISSUS.

• 1.- Prélèvement
• Doit intéresser les zones saines et les zones malades.
• Cela permettra au pathologiste de comparer les deux zones et de bien
évaluer les lésions tissulaires.
• Doit être suffisamment représentatif de la lésion, car une lésion profonde
peut facilement échapper à un prélèvement superficiel.
• Il faut éviter le pinçage, l’écrasement des tissus qui altère les noyaux en
les rendant foncés (problème de diagnostic différentiel avec un processus
cancéreux).
• Nécessité de prélever les tissus avec sa capsule. Ex : cancer thyroïdien
marqué par l’envahissement de la capsule, plus que les atypies qui sont
peu marquées est un élément important du cancer.
• Gros spécimen : faire des entailles pour faciliter la pénétration du fixateur
et pour un examen macroscopique ou préliminaire (découverte du caséum,
crissement).
• Frottis :
– liquide biologique ou de lavage (prélèvement + centrifugation)
– cellules superficielles desquamées (recueillement du culot qui est
étalé sur une lame).

2.- Fixation
a. -Buts
 1).- Empêcher les altérations tissulaires post mortem tel que la
putréfaction et l’autolyse.
 2).- Maintenir les constituants cellulaires dans un état le plus proche
possible de celui dans lequel ils se trouvent dans l’organisme vivant.
 3).- Empêcher le durcissement tissulaire secondaire à une dessiccation
pouvant être provoquée par l’exposition à l’air libre.
 4).- Changer la consistance semi-fluide en consistance semi-solide
irréversible.

131
 5).- Permettre de bien analyser les structures cellulaires et tissulaires après
coloration.
b.- Moment de fixation
 Qu’ils s’agissent de biopsies, de spécimens chirurgicaux, des spécimens
autopsiques ou même de frottis, la fixation se ferra immédiatement après
le prélèvement biopsique ou juste après l’acte chirurgical ou encore
immédiatement après la mort.
c.- Choix du fixateur
 Ce choix dépend des techniques de coloration ou autres à appliquer sur le
spécimen.

d.- Technique de fixation


e.- Matériels :
 disposer d’un récipient (un flacon) dans lequel sera gardé la biopsie.
 Ce sont des récipients à goulot large ayant un couvercle adapté permettant
une fermeture hermétique.
 Mieux encore on recommande le flacon évasé.
 Il vaut mieux prévoir un récipient pouvant contenir 1 volume du spécimen
pour 9 volumes du fixateur.
 Pour les frottis cytologiques on a besoin :
 de deux lames porte objet.
 d’un spatule
 - du fixateur (pour fixer le frottis aussitôt après son étalement).

f.- Les types de fixateurs


 1).- formol à 10% : c’est le fixateur le plus utilisé car il est compatible
avec la majorité des colorants utilisés.
 Il existe dans le commerce les comprimés de formol dosés à 500 mg ou à
1g et le formol liquide (37% à 40%).
 La durée de fixation pour le formol est de 12h à 24h selon le volume du
spécimen.
 2).- Formol tamponné : pour respecter le PH sanguin afin de mieux
conserver le tissu
 3).- Liquide de Bouin :
 de coloration jaunâtre,
 il est utilisé pour les petites pièces (biopsie pleurales, gastriques,
endométriales, rénales…).
 Cela permet de les identifier facilement dans le bloc de paraffine.
 La durée de fixation pour le liquide de Bouin est de 6h à 12h
selon l’épaisseur du spécimen.

132
• 4).- A.F.A (alcool formol acétique) : très utilisé actuellement en occident
pour les petites et grosses pièces, il est de conservation facile. Délai de
fixation : 12h à 24h.
• Pour le frottis, on utilise trois types de fixateur :
– alcool-éther (à volume égal)
– méthanol
– le fixateur en aérosol (cytospray)
• Ici la fixation dure 15 minutes.
• NB : Chaque biopsie doit être identifiée avec une étiquette portant le
numéro du malade.

3.- Le transport des échantillons


• a)-.Les échantillons internes :
– comme ils viennent des malades internés,
– ils doivent être directement acheminés au labo d’Anapath.
• b).- Les échantillons externes :
– doivent avoir un emballage adéquat et hermétique
• pour éviter l’extravasation du fixateur (indiquer les sens
dessus et dessous) et
• surtout éviter d’être considéré comme un trafiquant
d’organes.
Il faut donc utiliser la voie d’expédition la plus rapide.

B.- AU LABORATOIRE D’ANATOMIE PATHOLOGIQUE


• Ici il y a 4 étapes :
• 1° réception de l’échantillon
• 2° l’examen macroscopique et prélèvement.
• 3° traitement des tissus proprement dit.
• 4° examen microscopique
• 1.- Réception des échantillons
• Une fois au Laboratoire d’Anatomie Pathologique, il faut vérifier si
l’échantillon se trouve bien dans un fixateur (si non il faut mettre le bon
fixateur et en quantité requise).
• La chronologie des actes à poser se présente comme suit :
• a.- comptabilité : tarification et règlement de la facture.
• b.- Enregistrement : il se fait dans un grand registre suivant les normes
admises au service (ici il y a des variantes d’un service à l’autre) comme
exemple :
– 1. Anapath/CUK : Bn°/année pour une biopsie et A n°/année
pour une autopsie
– 2. Anapath/Yolo médical : H n°/année
– 3. Anapath/INRB : année/n°

133
• Le numéro qui est inscrit sur le bon de demande d’analyse doit être
également inscrit sur le flacon contenant le spécimen.

• c.- Examen macroscopique


• Cet examen se fait par un médecin sur une planche (en bois ou en
plexiglas) posée sur une table.
• Il faut disposer de :
– lame de bistouri
– couteau tranchant
– cassettes métalliques ou en plastique
– ruban métrique
– bocal contenant du fixateur
• But : Relever les lésions macroscopiques, les décrire et faire ensuite les
prélèvements à cheval entre les zones saines et les zones altérées.
• Cet examen comprend :
– l’examen externe
– l’examen interne

• 1).- L’examen macroscopique externe


• Au cours de cet examen il faut vérifier les paramètres ci-après :
• - la coloration
• - la consistance
• - la taille
• - la surface
• - le poids
• - la capsule

Examen macroscopique interne ou examen de la tranche de section

a).- Organes pleins :


• a.1. La capsule : mieux visible à la tranche de section, il faut évaluer son
épaisseur.
• a.2. Lésions nodulaires = lésions pleines : taille, (si plusieurs, mesurer le
plus grand et le plus petit), coloration et consistance.
• a.3. Lésions kystiques ou pseudo-kystique = cavités :
• -taille : si plusieurs, mesurer le plus grand et le plus petit.
• -contenu : fluide, visqueux, purulent ou hémorragique.
• -surface interne : lisse, irrégulière ou papillomateuse.
• a.4. Autres lésions : hémorragies, nécrose, calcification ou ossification.
• A la coupe un crissement du couteau peut traduire une ossification.
134
b).- Organes creux :
• Examen de la lumière et de la paroi :
• présence des plis, leur épaisseur diminuée ou augmenter et voir si ça peut
orienter vers le diagnostic.
• présence d’un ulcère, d’une perforation ou d’une excroissance.
• la palpation de la paroi peut découvrir une induration
• présence d’une sténose ou d’une dilatation, d’un calcul (VB, rein ou voies
urinaires), d’un embole, d’un thrombus, d’une plaque d’athérome pour les
vaisseaux.

Conclusion de l’examen macroscopique


• Elle aboutit à un diagnostic ou à un diagnostic différentiel basé sur la
synthèse des éléments positifs trouvés à l’examen.
• Le diagnostic de certitude sera donné à l’examen microscopique.

Traitement de l’échantillon (Cfr TP Histologie)

135

Vous aimerez peut-être aussi