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Memoire Basta

Contribution à la production du biogaz à partir des déchets d'abattoir

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Contribution à la production du biogaz à partir des déchets d'abattoir

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UNIVERSITE DE MAROUA THE UNIVERSITY OF MAROUA

———— ————
INSTITUT SUPERIEUR DU SAHEL THE HIGHER INSTITUTE OF THE SAHEL
———— ————
DEPARTEMENT DES ENERGIES DEPARTMENT OF RENEWABLE
RENOUVELABLES ENERGIES
———— ________

ENERGIES RENOUVELABLES

CONTRIBUTION AU TRAITEMENT ET A LA
VALORISATION DE DECHETS DE L’ABATTOIR DE LA
MUNICIPALITE DE MAROUA

Rapport de fin d’études en vue de l’obtention du Diplôme d’Ingénieur de


Travaux en Energies Renouvelables
Spécialité : Biomasse

Présenté par
TAPELE TIYO
Matricule: 11V422S

Sous la Direction de :
Structure d’Encadrement :
Mr. DJOMDI
Délégation Départemental de l’Elevage
Assistant à l’Institut Supérieur du
des Pèches et des Industries Animale du
Sahel
Diamaré

Année académique 2013/2014


DEDICACE

Je dédie ce modeste travail à mon feu père TAPELE Marcel qui restera
toujours pour moi un model de vie.

i
REMERCIEMENTS

Je veux par ces quelques lignes d'écritures exprimer ma reconnaissance à l'endroit de


toutes les personnes qui ont œuvré de près ou de loin, à la réalisation de ce travail.

 Mes remerciements vont tout d’abord à l'équipe dirigeante de l'Institut Supérieure du


Sahel, qui a su mettre à notre disposition les moyens nécessaires à une formation
professionnelle et civique bien complète. Je leur rends un hommage particulier.
 Au corps professoral de l'Institut Supérieure du Sahel, et particulièrement aux
enseignants du département des Energies Renouvelables de l'ISS, pour la qualité des
enseignements que nous avons reçus tout au long de notre formation.
 A ma mère Mme TAPELE MAIWANG Marie, tu as assuré avec loyauté et courage
tout mon cursus. Tu es pour moi « un phare », toute ma vie je ne saurai te remercier.
Je t'aime maman.
 A toute la famille TAPELE pour leur soutien inconditionnel tout au long de ma
formation.
 A toute la promotion 2011-2014 du département des Energies Renouvelables de
l'Institut Supérieure du Sahel. Particulièrement à Mangyang Jacques, Tchatchouang
Yannick, Ngriyé Christelle, Fanhi Bruno, Choup Martial et Ongmobe Marlène.
 A tous mes proches, Aladji Bakayoko, Salim Dahirou, Malloum oumaté, Sokga Alain,
Bawané Yvette, Savala Maadi Borice et Yonki sanda.

J’exprime également ma gratitude:

 A mon encadreur interne Mr DJOMDI qui a contribué à améliorer ce travail et dont les
conseils m’ont inculqué un état d'esprit positif.

 A mon encadreur externe Mr le Délégué Départemental de l’Elevage des Pêches et des


Industries Animale du Diamaré, pour sa grande contribution et sa précieuse
collaboration.

ii
RESUME
Les industries agro-alimentaires telles que les abattoirs génèrent inévitablement des
déchets fermentescibles. Les déchets générés non traités sont source de nombreux problèmes
parmi lesquels la pollution de l’environnement. Pour pallier ces problèmes, des procédés de
valorisation biologique et énergétique des déchets ont été développés. Concernant les déchets
organiques, des valorisations biologiques et ou énergétiques par compostage ou par
méthanisation peuvent être envisagée.

L’objet de ce travail est de contribuer au traitement et à la valorisation des déchets


d’abattoir de la municipalité de Maroua dans les conditions technico-économiques des pays
en voie de développement comme le Cameroun. La méthanisation se présente alors comme le
procédé de valorisation biologique le plus rentable pour les déchets d’abattoir.

Afin d’appliquer ce procédé à l’abattoir municipal de Maroua, la production moyenne


journalière de déchets y a été évaluée. Une étude expérimentale sur la méthanisation des
contenus stomacaux des bovins (déchets majoritairement produit par les abattoirs) a été
menée. Il en ressort :

1) Une production moyenne journalière de déchets de 909,975 kg


2) Un temps de rétention hydraulique de 40 jours.
3) Une productivité en biogaz de 44,198 L / kg de matière méthanisée.

Le dimensionnement, l’étude économique et environnementale de l’installation de


méthanisation à mettre en œuvre à l’abattoir municipal de Maroua ont également été effectué.
Il en ressort :

1) Un volume nécessaire de 97 m3 d’un biodigesteur en dôme fixe.


2) Une production journalière de 40,198 m3 de biogaz et de 109 kg de biofertilisant.
3) Un investissement requis de 6 601 596 FCFA et des bénéfices annuels de 1 720 228
FCFA liés à la valorisation des produits de la méthanisation.
4) Un retour sur investissement estimé à 4 ans.
5) Une réduction d’utilisation de bois de chauffe de 52,22 t/ an et 1002,14 m3 de méthane
épargné par an.

Mots clés : déchets d’abattoir ; pollution ; valorisation biologique ; étude expérimentale ;


dimensionnement ; installation de méthanisation.

iii
ABSTRACT
The food industries such as the slaughter-houses generate inevitably fermentable
waste. That waste causes many problems like the pollution of the environment. To solve
these problems, processes of energy valorization of waste were developed. Concerning
organic waste, a biological valorization by composting or methanization can be considered.
The aim of this work is to contribute to the treatment and the valorization of waste of
the slaughter-house of the municipality of Maroua under the technical and economic
conditions of the countries which are in the process of development like Cameroun.
Methanization is presented then as the most profitable process form of the biological
valorization for waste of slaughter-house of the municipality of Maroua.
In order to apply this process to this slaughter-house, the daily production average of
waste was evaluated there. An experimental study on the methanization of the stomach
contents of the bovines (waste mainly produced by the slaughter-houses) was undertaken. It
comes out from it:
1) A daily production average of 909,975 kg waste.
2) 40 days a hydraulic time of retention.
3) A biogas productivity of 44,198 L / kg fermented matter.
Dimensioning, the economic and environmental survey of the installation of
methanization of the waste produced by the slaughter-house of the municipality of Maroua
were also carried out. It comes out from it:
1) A volume necessary of 97 m 3 of a bio digester in fixed dome.
2) A daily production of 40,198 m 3 of biogas and 109 kg bio fertilizers.
3) A necessary investment of 6 601 596 FCFA and annual benefit of 1 720 228 FCFA
related to the product beneficiation of methanization.
4) A return on investment estimated at 4 years.
5) A reduction of use of 52.22 tons wood of heating per annum.

Key words: waste of slaughter-house; pollution; biological valorization; experimental study;


dimensioning; installation of methanization.

iv
TABLE DES MATIERES
DEDICACE ........................................................................................................................... i

REMERCIEMENTS ............................................................................................................. ii

RESUME ............................................................................................................................. iii

ABSTRACT ......................................................................................................................... iv

TABLE DES MATIERES ......................................................................................................v

LISTE DES FIGURES ......................................................................................................... ix

LISTE DES PHOTOS ............................................................................................................x

LISTE DES TABLEAUX .................................................................................................... xi

LISTE DES ABREVIATIONS ............................................................................................ xii

AVANT-PROPOS.............................................................................................................. xiii

INTRODUCTION ..................................................................................................................1

CHAPITRE I : REVUE DE LA LITERRATURE ...................................................................2

I Notion de déchet ..................................................................................................................3

I.1 Définition de déchet .......................................................................................................3

I.2 Stratégies de traitement des déchets ...............................................................................3

I.2.1 Le recyclage ............................................................................................................3

I.2.2 La valorisation biologique .......................................................................................3

I.2.3 L’incinération ..........................................................................................................4

I.2.4 Le stockage .............................................................................................................4

I.2.5 Démarche d’adoption d’une stratégie de traitement des déchets ...............................4

I.3 Etude générale des déchets d’abattoirs ...........................................................................5

I.3.1 Différents types de déchet d’abattoir ........................................................................5

I.3.2 Composition des contenus stomacaux des bovins ....................................................5

I.3.3 Choix d’une stratégie de traitement des déchets d’abattoir .......................................5

I.3.3 Problèmes posés par les déchets d’abattoirs .............................................................6

I.4 Généralités sur la méthanisation .....................................................................................6

v
I.4.1 Définition de la méthanisation .................................................................................6

I.4.2 Historique du biogaz................................................................................................7

I.4.3 Etapes de la méthanisation .......................................................................................7

I.4.4 Microorganismes de la méthanisation ......................................................................8

I.4.5 Facteurs de méthanisation ........................................................................................9

I.5 Valorisation des produits de la méthanisation ............................................................... 12

I.5.1 Composition et utilisation du biogaz ...................................................................... 12

I.5.2 Propriétés et valorisation du digestât ...................................................................... 15

I.4 Classification des biodigesteurs ................................................................................... 16

I.4.1 Biodigesteur à cloche flottante ............................................................................... 16

I.4.2 Biodigesteurs en dôme fixe.................................................................................... 17

I.4.3 Biodigesteurs en dôme avec cloche flottantes ........................................................ 19

CHAPITRE II : MATERIEL ET METHODES..................................................................... 20

II.1 Evaluation de la production moyenne journalière de déchets à l’abattoir municipal de


Maroua ............................................................................................................................. 21

II.1.1 Moyenne journalière d’abattage de l’abattoir municipal de Maroua ...................... 21

II.1.2 Masse moyenne du contenu stomacal d’un bœuf à Maroua ................................... 21

II.1.3 Masse moyenne journalière de déchets produits à l’abattoir municipal de Maroua 21

II.2 Etude expérimental de la méthanisation des contenus stomacaux des bœufs ............... 22

II.2.1 Protocole expérimental ......................................................................................... 22

II.2.2 Description du dispositif expérimental ................................................................. 22

II.2.3 Principe de fonctionnement .................................................................................. 23

II.3 Dimensionnement de l’unité de méthanisation pour l’abattoir municipal de Maroua ... 23

II.3.1 Evaluation de la température de la ville de Maroua.............................................. 24

II.3.2 Calculs des volumes du digesteur et du réservoir à gaz ......................................... 24

II.3.3 Dimensionnement du dôme fixe type indien ......................................................... 27

II.3.4 Dimensionnement du dôme fixe hybride « chino-indien » .................................... 28

vi
II.3.5 Comparaison et choix du système à adopter ......................................................... 30

II.3.5 Choix du système à adopter .................................................................................. 30

II.3.6 Matériaux de construction de l’unité de méthanisation ......................................... 30

II.4 Etude économique du procédé de méthanisation ......................................................... 31

II.4.1 Coût de la réalisation du projet ............................................................................. 31

II.4.2 Charges d’exploitation ......................................................................................... 31

II.4.3 Produits d’exploitation ......................................................................................... 31

II.4.4 Retour sur l’investissement .................................................................................. 32

II.5 Etude des impacts environnementaux et socio-économiques du projet ........................ 33

II.5.1 Impacts environnementaux du projet .................................................................... 33

II.5.2 Impacts du procédé de méthanisation sur le milieu biophysique et humain ........... 35

CHAPITRE III : RESULTATS ET DISCUSSION ............................................................... 36

III.1 Evaluation de la quantité de déchets produits par l’abattoir municipal de Maroua ..... 37

III.1.1 Moyenne journalière d’abattage l’abattoir municipal de Maroua ......................... 37

III.1.2 Masse moyenne du contenu stomacal d’un bœuf à Maroua ................................. 37

II.1.3 Masse moyenne journalière de déchets produits par l’abattoir .............................. 39

III.2 Résultats et interprétations de l’expérience ................................................................ 40

III.2.1 Résultats de la production ................................................................................... 40

III.2.2 Cinétique journalière de production de biogaz ..................................................... 42

III.2.3 Interprétation des courbes de production journalière ........................................... 42

III.2.4 Volume cumulé du biogaz................................................................................... 43

III.2.5 Interprétation de la courbe des volumes cumulés ................................................. 43

III.2.6 Récapitulatif de l’expérience ............................................................................... 43

III.2.7 Test de combustion du biogaz produit ................................................................. 44

III.3 Dimensionnement de l’unité de méthanisation pour l’abattoir municipal de Maroua .. 45

III.3.1 Evaluation de la température de la ville de Maroua ............................................ 45

III.3.3 Synthèse des dimensionnements ......................................................................... 49

vii
III.3.3.1 Synthèse du dimensionnement du dôme fixe type indien .................................. 49

III.3.4 Comparaison entre les deux systèmes.................................................................. 52

III.3.5 Choix du dôme fixe à adopter ............................................................................. 53

III.3.6 Calcul des matériaux de construction et établissement de devis .......................... 53

III.4 Etude économique du procédé de méthanisation ........................................................ 55

III.4.1 Coût de la réalisation de l’unité de méthanisation ................................................ 55

III.4.2 Charges d’exploitation ........................................................................................ 56

III.4.3 Produits d’exploitations ...................................................................................... 56

III.4.4 Bénéfices annuels d’exploitation ......................................................................... 57

III.4.4 Retour sur l’investissement ................................................................................. 57

III.5 Etude des impacts environnementaux du procédé ...................................................... 57

III.5.1 Réduction de l’émission du méthane ................................................................... 57

III.5.2 Réduction de la consommation de bois de chauffe .............................................. 57

III.5.3 Réduction de la masse des déchets et des odeurs ................................................. 58

III.5.4 Réduction de l’utilisation des engrais chimiques ................................................. 58

III.5.5 Impacts du procédé de méthanisation sur le milieu biophysique et humain .......... 59

CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS ...................................................................... 61

REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES............................................................................... 63

ANNEXES ............................................................................................................................. a

viii
LISTE DES FIGURES
Figure 1 : Voies de dégradation de la matière organique sous conditions anaérobies
Méthanogène .........................................................................................................................8

Figure 2: Rendement en biogaz selon la matière organique ................................................... 10

Figure 3: Digesteur à cloche flottante.................................................................................... 12

Figure 4: Digesteur en dôme fixe du type indien .................................................................. 14

Figure 4 : Digesteur en dôme fixe du type indien .................................................................. 18

Figure 5 : Digesteur en dôme fixe du type chinois ................................................................ 19

Figure 6 :Digesteur Borda..................................................................................................... 19

Figure 7 : Digesteur en dôme fixe type hybride « chino-indien » .......................................... 28

Figure 8 : Schéma annoté du digesteur en dôme fixe type hybride ........................................ 28

Figure 9: Cinétique de production journalière de biogaz ....................................................... 42

Figure 10: Volume cumulé du biogaz obtenu . ...................................................................... 43

Figure 11 : Dessin technique de l’unité en dôme fixe type indien. ......................................... 50

Figure 12 : Dessin technique de l’unité en dôme fixe hybride .............................................. 52

ix
LISTE DES PHOTOS
Photo 1 : Brûleurs artisanal destiné uniquement au biogaz (a, b) brûleurs adapter à un appareil
fonctionnant au butane (c). .................................................................................................. 13

Photo 2 : Lampe à biogaz. .................................................................................................... 14

Photo 3 : Générateur fonctionnant au méthane ..................................................................... 15

Photo 4 : Unité expérimentale de méthanisation .................................................................... 23

Photo 5: Unité expérimental avant et pendant la production .................................................. 37

Photo 6: Test de combustion du biogaz ................................................................................ 38

Photo 7: Evaluation de la moyenne du contenu stomacal d’un bœuf ..................................... 38

Photo 8: Présentation du sang et des eaux usées produits à l’abattoir .................................... 44

Photo 9 : Séparation de phase de l’effluent par séchage ........................................................ 46

Photo 10 : Déchets d’abattoir avant et après traitement par méthanisation ............................. 58

x
LISTE DES TABLEAUX
Tableau 1 : Synthèse du processus de méthanogenèse .............................................................9

Tableau 2: Quelques Ratio C/N. ........................................................................................... 11

Tableau 3: Composition du biogaz ....................................................................................... 12

Tableau 4: Quelques résultats de cuisson au biogaz. ............................................................. 14

Tableau 5 : Synthèse du Dimensionnement du dôme fixe type indien ................................... 27

Tableau 6 : Synthèse du Dimensionnement du dôme fixe hybride ......................................... 29

Tableau 7 : Moyenne journalière d’abattage selon les mois ................................................... 37

Tableau 8 : Résumés de 80 pesées de la masse des contenus stomacaux des bœufs .............. 38

Tableau 9 : Hauteurs de montée, volumes de gaz produit et les volumes cumulés ................. 41

Tableau 10 : Récapitulatif de l’expérience. ........................................................................... 44

Tableau 11 : Températures moyennes (° C) de Maroua ....................................................... 45

Tableau 12 périodes et durée journalière de consommation . ................................................ 48

Tableau 13 : Etapes de calcul du volume du réservoir à gaz. ................................................. 48

Tableau 14 : Synthèse du dimensionnement du dôme fixe type indien. ................................. 49

Tableau 15 : Synthèse des résultats de dimensionnement du dôme fixe type hybride ............ 51

Tableau 16 : Comparaison entre le dôme fixe indien et le dôme fixe type hybride................. 52

Tableau 17 : Devis estimatif pour la construction du digesteur . ............................................ 55

Tableau 18 : Charges d’exploitations .................................................................................... 56

Tableau 19: Produits d’exploitations ..................................................................................... 59

Tableau 20: Impacts environnementaux du procédé ............................................................. 59

Tableau 21: Impacts du procédé sur le milieu biophysique et humain .................................. 60

xi
LISTE DES ABREVIATIONS
AGV : Acide gras volatiles

CCAA: Cameroon Civil Aviation Authority

CH3COO --: Acetate

CH3COOH: Acide éthanoïque

CH4 : Méthane

CO2: Dioxyde de Carbone

CO: Monoxyde de Carbone

COV: Composé Organique Volatil

H2 : Dihydrogène

H2O: Eau

H2S: Hydrogène sulfuré

HCl: Chlorure d’hydrogène

Hf : Hafnium

KW: Kilowatt

KWh: Kilowatt heure

MS : Matière sèche

N2O : oxyde nitreux

NH4: Ammoniac

NOX: Oxyde d’azote

O2: Dioxygène

pH : Potentiel d’hydrogène

SO2: Dioxyde de soufre

TRH : Temps de rétention hydraulique

xii
AVANT-PROPOS

L’Institut Supérieur du Sahel (ISS) est un établissement de l’Université de Maroua qui


a été créé par décret présidentiel en 2008. Son objectif principal est la formation
professionnelle des jeunes Camerounais ainsi que ceux des pays étrangers, particulièrement
ceux de la zone CEMAC. Il dispose d’une offre de formation impressionnante repartie en dix
départements :
1) Département d’Agriculture, Elevage et produits dérivés (AGEPD)
2) Département des Beaux-arts et Sciences du Patrimoine (BEARSPA)
3) Département de Climatologie, Hydrologie et Pédologie (CLIHYPE)
4) Département des Energies renouvelables (ENREN)
5) Département de Génie du Textile et du Cuir (TECHTEX)
6) Département d’Hydraulique et Maitrise des Eaux (HYMAE)
7) Département d’Informatique et Télécommunications (INFOTEL)
8) Département des Sciences Environnementales (SCIENVI)
9) Départements des Sciences Sociales pour le développement (SCISOD)
10) Département de Traitement des Matériaux, Architecture et Habitat
(TRAMARH)
La durée de la formation est de 03 ans pour les Ingénieurs de Travaux et de 05 ans
pour les Ingénieurs de conception. Les étudiants intégrés dans la formation des Ingénieurs de
Travaux sont tenus d’effectuer deux stages ouvriers obligatoires d’un mois chacun (première
et deuxième années) et un stage de fin d’étude de 03 mois en troisième année. Pour ce qui est
des ingénieurs de Conception, ils sont ténus également d’effectuer un stage ouvrier de 02
mois (niveau 4) et un stage de fin d’étude de 06 mois (niveau 5). Le but étant d’aider
l’étudiant à s’imprégner des réalités d’une vie en entreprise. Pendant cette période il aura à
démontrer son savoir-faire, sa maitrise des techniques et des enseignements qui lui ont été
dispensés. A l’issue du stage de fin d’étude, l’étudiant aura à rédiger un mémoire lié à la
résolution d’un problème en entreprise.
A cet effet, dans le cadre de nos travaux de fin de formation, nous avons travaillé
pendant 03 mois (11 Juin au 27 Aout 2014) mai au 31 juillet 2014) à Délégation
Départemental de l’Elevage des Pèches et des Industries Animale du Diamaré qui coordonne
les activités des abattoirs.

xiii
INTRODUCTION
Toute activité de production ou de consommation génère inéluctablement des déchets. Les
abattoirs font partie des industries agro-alimentaires générant de grande quantité de déchets
fermentescibles. La prise de conscience écologique nous interroge sur les conséquences à
moyen et à long termes des nombreux problèmes engendrées par les déchets d’abattoir :

1) Pollutions des sols et des eaux souterraines liées à l'apport en excès de phosphore et
d’azote.
2) Pollution de l’air liée à l’émission de méthane dans l’atmosphère produit à ciel ouvert.
3) La proximité avec les eaux usées d’abattoir peut engendrer des maladies à
transmission fécale-orale (diarrhée, typhoïde, hépatites, choléra) ou liées à un vecteur
(paludisme, filariose, dengue).
4) Nuisances olfactives.

D’un autre côté, la hausse constante des prix et les limites de disponibilité des énergies
fossiles met les populations dans un désarroi quotidien.

Les questions qui se posent sont celles de savoir comment traiter les déchets
d’abattoirs afin de réduire les pollutions engendrées et proposer une valorisation de ces
déchets en termes de biogaz en vue de réduire les carences énergétiques ?

Il a été question dans ce travail de :

1) Evaluer la masse moyenne journalière de déchets produits à l’abattoir municipal de


Maroua.
2) Evaluer les paramètres de méthanisation des ces déchets.
3) Dimensionner l’unité de méthanisation capable de traiter les déchets produits.
4) Effectuer une étude économique et environnementale du procédé de méthanisation à
l’abattoir municipal de Maroua.

1
CHAPITRE I : REVUE DE LA LITERRATURE

2
I Notion de déchet

I.1 Définition de déchet


Un déchet est tout résidu d’un processus de production, de transformation ou
d’utilisation ; toute substance, matériau, produit ou plus généralement tout bien meuble
abandonné ou que son détenteur destine à l’abandon [01].

I.2 Stratégies de traitement des déchets


Il existe quatre principales stratégies de traitement des déchets.

I.2.1 Le recyclage

C’est une stratégie de traitement des déchets qui permet de réintroduire dans le cycle
de production d'un produit des matériaux qui composaient un produit similaire arrivé en fin
de vie ou des résidus de fabrication [02]. Un exemple qui illustre ce procédé est celui de la
fabrication de bouteilles neuves avec le verre des bouteilles usagées. Le recyclage a deux
conséquences écologiques importantes :

1) La réduction du volume de déchets et donc de la pollution qu'ils causeraient.


2) La préservation des ressources naturelles, puisque la matière recyclée est utilisée à la
place de celle qu'on aurait dû extraire.

I.2.2 La valorisation biologique

Les déchets biologiques, compte tenu de leur ensemencement naturel en bactéries


tendent à développer des fermentations. Deux types de fermentations peuvent être envisagés :

I.2.2.1 La fermentation aérobie : le compostage


Le compostage peut être défini comme un procédé biologique contrôlé de
conversion et de valorisation des substrats organiques en un produit stabilisé,
hygiénique, semblable à un terreau, riche en composés humiques .

I.2.2.2 La fermentation anaérobie : la méthanisation


En milieu anaérobie, les matières organiques se décomposent en présence de
microorganismes en dégageant un gaz. Ce phénomène de décomposition est appelé
fermentation méthanique ou méthanisation.

La fermentation anaérobie contribue à la destruction des pathogènes, des graines


d’adventices et les odeurs sont atténuées. Plus la digestion est longue et complète, plus grand
3
est le nombre de pathogènes tués. Les microorganismes tués lors de la fermentation anaérobie
sont Typhus et Paratyphus [03]. Le ténia et ascaris meurent complètement après séchage de
l’effluent au soleil [04].

I.2.3 L’incinération

C’est une technique de transformation par l’action du feu. Incinérer signifie réduire en
cendres. Autrement dit, on brûle les matières à incinérer jusqu'à les rendre sous leurs formes
minérales. L’incinération ne concerne que les déchets non recyclables et non valorisables
biologiquement (toxiques). L’incinération présente l’avantage de réduire considérablement les
volumes de déchets (jusqu’à 90%) et de permettre une valorisation énergétique [05].

En effet, les incinérateurs utilisent les déchets comme combustibles pour produire de
la chaleur et de l’électricité. Ce processus produit à son tour des déchets : du mâchefer, des
cendres, des poussières et des gaz (HCl, Hf, SO2, NOX, CO, COV) [09]. Pour réduire les
risques de pollution, les fumées doivent être traitées, le mâchefer recyclé et le reste doivent
rejoindre les centres de stockage de déchets ultimes [05].

I.2.4 Le stockage (enfouissement technique)


Le stockage est l’opération d’élimination ultime des déchets. Il concerne la fraction
des déchets qui ne peut pas être valorisée par recyclage dans des conditions techniques et
économiques du moment. La mise en décharge des déchets ne peut être évitée pour la fraction
ultime des déchets. L’existence de ce type d’installation est donc incontournable pour le
bouclage du cycle de vie d’un produit.

Ainsi, l’implantation d’une installation de stockage de déchets non dangereux impose


des mesures de conception et de construction faisant appel à plusieurs barrières de sécurité
pour prévenir les risques de pollution des eaux souterraines et des sols.

I.2.5 Démarche d’adoption d’une stratégie de traitement des déchets

L’adoption d’une stratégie de traitement des déchets suit une démarche logique :

1) Analyse physico-chimique du déchet.


2) Evaluation quantitative.
3) Analyse spatio-temporelle.
4) La liste des filières scientifiquement envisageables.
5) La liste des filières techniquement possibles.

4
6) Etude de l’impact sur l’environnement de chacune des filières retenues.
7) Etude technico-économique de ces filières.
8) Le choix de la (ou des filières) à mettre en œuvre.

I.3 Etude générale des déchets d’abattoirs


Les problèmes de pollutions et nuisances engendrés par un déchet trouvent leurs
origines dans la composition du dit déchet [06]. La connaissance des déchets d’abattoirs est
donc capitale pour la compréhension et la justification du choix de la méthanisation comme
stratégie de traitement des déchets.

I.3.1 Différents types de déchet d’abattoir

Un abattoir est un lieu destiné à l’abattage des animaux de boucherie. Ces industries
génèrent de nombreux sous-produits organique tels que : le contenu des boyaux, les
excréments, les déchets de dégrillage, les cornes, le sang, les eaux usées et les os. Soulignons
que les contenus stomacaux, constitue l’essentiel des déchets générés.

I.3.2 Composition des contenus stomacaux des bovins

Elle varie avec [06] : l'âge ou stade physiologique des animaux, l'alimentation que
reçoivent les animaux, le mode de conduite de l'élevage et la température ambiante

Les contenus stomacaux des bovins sont plus ou moins liquide visqueux de densité
proche de celle de l'eau. Le pH évoluant autour de la neutralité. L’estomac d’un bovin
contient des matières azotées et des matières minérales qui sont des éléments fertilisants. On
admet généralement que leurs teneur est proportionnelle à la teneur en matière sèche.

I.3.3 Choix d’une stratégie de traitement des déchets d’abattoir

L’entreprise Louis GAD SAS qui occupe le cinquième rang français de l’abattage et
découpage de porc a étudié trois stratégies de traitement des déchets d’abattoir :

1) L’incinération.
2) Le compostage
3) La méthanisation.

L’étude arrive à la conclusion que le procédé de méthanisation est le meilleur


compromis technico-économique [07]. L’opération est moins intéressent économiquement

5
parlant si l’objectif principale est la seul production de biogaz [07]. Il est très important de les
considérer dans l’ordre qui suit :

1) La réduction des matières à épandre.


2) La réduction des odeurs.
3) Le gain énergétique lié à la production de biogaz.

I.3.3 Problèmes posés par les déchets d’abattoirs [06]

I.3.3.1 Risques de pollution du sol


Les risques de pollution du sol sont liés à l'azote et au phosphore. L'excès d'apport
d'azote conduit d'une part à la pollution du sol et d'autre part présente un risque pour certaines
cultures. Le phosphore non utilisée par la plante reste stocké dans le sol.

I.3.3.2 Risques de pollution des eaux


Les excédents de phosphore, de calcium, de cuivre et de zinc s'accumulent. En
revanche, les nitrates, sulfates, le potassium présent dans les sols sont déplacés par les eaux de
ruissellement ou de drainage et participent à la pollution de l'eau.

I.3.3.3 Risques de pollution d’air


Lorsque le méthane est produit à ciel ouvert par les déchets d’abattoirs, il est
spontanément émis dans l’atmosphère. Or, le méthane non brulé est un gaz à effet de serre 25
fois plus nocif que le gaz carbonique [08].

I.3.3.4 Autres nuisances


Trois types de nuisances peuvent être définis :
1) Les odeurs dégagées.
2) Les pollutions bactériennes vers d'autres secteurs d'activité.
3) Les émanations ammoniacales.

I.4 Généralités sur la méthanisation

I.4.1 Définition de la méthanisation

La méthanisation ou digestion anaérobie est un processus biologique de dégradation


de la matière organique en absence d’oxygène par les microorganisme en un mélange
gazeux de méthane (CH4) et de dioxyde de carbone (CO2 ) appelé biogaz [09]

6
Le biogaz est définit comme un mélange contenant principalement du méthane (50 à
70%), du dioxyde carbone, de la vapeur d’eau, et des éléments traces [10]. Du fait d’une forte
concentration en méthane, le biogaz est un bon fournisseur d’énergie [10].

Il existe trois types d’écosystèmes méthanogènes naturels [09]:

1) Les sédiments marins et lacustres, les milieux inondés, les boues.


2) Les appareils digestifs animaux et humains.
3) Les eaux volcaniques, par voie hydrogénophile.

I.4.2 Historique du biogaz

La connaissance du biogaz remonte au dixième siècle avant Jésus Christ, il fut utilisé
pour chauffer l’eau de bain en Assyrie [11]. En 1852 à Bombay on assiste à la mise en place
du premier digesteur [12]. La Chine innove en 1920 avec la première société d'éclairage au
biogaz [11]. Le développement de la technologie de méthanisation pour les effluents
industriels remonte aux années 1970 [09].

L’Afrique a tardivement compris l’intérêt énergétique du biogaz, son exploitation date


de quelques décennies. En Algérie, seules quelques expérimentations ont été réalisées
notamment à l’Institut National Agronomique d’El Harrach vers les années quarante [13]. Le
gouvernement Rwandais a fait recourt au biogaz dans les prisons surpeuplées après le
génocide de 1994. De nos jours, l’Afrique accorde du crédit à la production du biogaz. En
effet, un programme baptisé « Biogaz pour la vie meilleure, une initiative africaine » est
lancé. La cible de l’exécution du programme est d’installer deux millions d’unités de biogaz.
Cette initiative vise à fournir une énergie propre pour la cuisine à dix millions de familles
africaines d’ici 2020.

I.4.3 Etapes de la méthanisation

Le processus de méthanisation se déroule en quatre phases distinctes, chacune réalisée


par une classe de microorganismes spécialisés, qui se développe en absence d’oxygène :

I.4.3.1 Hydrolyse
Les grosses molécules complexes constituant la matière organique à savoir glucides,
protides et lipides sont dépolymérisées et transformées en molécules plus simples sous
l’action des bactéries hydrolytiques [14]. Elle aboutit à la formation de composants
monomériques comme les acides aminés, sucres simples et acides gras [15].

7
I.4.3.2 Acidogénèse
On assiste à la transformation de la matière organique solubilisée en acides organiques
et alcools : acide acétique, acide butyrique et alcools [14].

I.4.3.3 Acétogénèse
Les produits de l’acidogénèse sont transformés en précurseur de méthane : acétate
(CH3COO--), hydrogène (H2) et gaz carbonique (CO2). Ces molécules peuvent servir telle
quelles à la réaction de méthanogène proprement dite [16]. Cette phase permet d’éviter
l’accumulation d’acides gras volatiles, les quels à des concentrations trop élevées
deviennent des inhibiteurs de la méthanogène.

I.4.3.4 Méthanogénèse
Le méthane est formé majoritairement par oxydation de l’acétate (70 %) et
minoritairement par réduction de l’hydrogène (30 %) suivant les équations bilans [17]:

1) CO2 + 4H2 CH4 + 2H2O

2) CH3COOH CH4 + CO2

Figure 1 : Voies de dégradation de la matière organique sous conditions anaérobies


méthanogène [18]

I.4.4 Microorganismes de la méthanisation

Les microorganismes impliqués dans la méthanisation sont classés en fonction des


étapes et des types de transformations dans le tableau 1.

8
Tableau 1 : Synthèse du processus de méthanogènes [19]
Etapes Types de transformation Quelques microorganismes
Étape 1 : Dépolymérisation en monomères Bactéries hydrolytiques
Hydrolyse - polysaccharides ---> oses (glucose, Salmonella typhii, S.
fructose, ...) galinarum Escheria coli,
- protéines ---> acides aminés Acetobacter xylinum
- lipides ---> acides gras + glycérol Klebsiella pneumonia, etc.
- etc.

Étape 2 : Fermentation des monomères en : Bactéries acidogènes :


Acidogenèse - acides gras volatils (acide acétique, Lactobacillus brevis,
propionique, ...) L. fermenti
- alcools (éthanol, ...) Leuconostoc mesenteroides,
- C02, H2O L. pentosaceus
Clostridium tetanis,
C. butyricum
Thermobacterium yoghurti,
etc.

Étape 3 : Fermentation des produits de l'acidogenèse Bactéries acétogènes


Acétogenèse (autres que l'acétate) en acétate, en H2 et Acetobacter xylinum,
CO2 Salmonella thyphosa,
S. pullorum, Mycoderma
aceti,
Methanococcus venielli, etc.

Étape 4 : Formation du méthane (CH4) à partir de : Bactéries méthanogènes :


Méthanogenèse - la sismutation d'acétate Methanobacterium formicum
- la réduction du C02 par H2 du M. songenii, M. melianski,
formate, méthanol ou du M. propionicum,
méthylanime Methanococcus mazei,
M. venielli, etc.

I.4.5 Facteurs de méthanisation

I.4.5.1 La qualité du substrat


Le substrat est principalement caractérisé par sa nature organique. Les substrats les
plus utilisés en milieu rural sont les déjections animales et humaines. Les résidus d’origine
végétale (non lignifiés), les céréales (riz, blé, maïs etc.) sont utilisés dans des digesteurs
modernes avec une plus grande rentabilité [10]. La méthanisation peut être menée sur un

9
grand nombre de déchets organiques : effluents d’élevage, eaux usées, ordures ménagères,
résidus agricoles ou effluents agro-industriels [20].

Figure 2: Rendement en biogaz selon la matière organique [10]

I.4.5.2 Le temps de rétention hydraulique (TRH)


C’est la durée de dégradation progressive du substrat, depuis son introduction dans le
biodigesteur jusqu’à son évacuation. Il est fonction de la viscosité du substrat et de la situation
géographique. Ainsi, le TRH est de l’ordre de 30 jours [20,21]. Toutefois, 80 à 85 % de la
production du biogaz à lieu entre le 15e et le 18e jour [21]. A cet effet, un temps de rétention
hydraulique de 18 jours pourrait être plus efficace [21].

I.4.5.3 La variation de la température


La variation de la température peut affecter irréversiblement la quantité des
microorganismes de méthanisation. Ainsi, une variation brusque de température détruira les
microorganismes et inhibera le processus de transformation. Les bactéries méthanogènes sont
particulièrement sensibles à toute variation de température, même de l’ordre de 1°C par jour
[22]. Le biodigesteur enterré facilite l'obtention de conditions stables de température. Cela
explique l’utilisation fréquente de cette technique notamment dans les zones tropicales ou les
variations de températures peuvent être élevées.

La production de biogaz est difficile si la température est inférieure à 15°C [08]. La


gamme d’activité des bactéries s’étend de 10 à 60°C [23]. Les bactéries ne peuvent pas
survivre au delà de 60°C [15]. L’intervalle de température optimale de méthanisation varie

10
entre 33 et 35°C [23]. La digestion anaérobie se décline sous trois gammes de température
[09]:

1) Psychrophiles 10 à 25°C.
2) Mésophiles 25 à 45°C.
3) Thermophiles 45 à 60°C.

I.4.5.4 Le potentiel d’hydrogène pH


La zone théorique optimale de pH pour la méthanisation est autour de la neutralité :
entre 6,8 et 7,2 [08, 13]. Les bactéries acétogènes restent actives jusqu’à un pH de 5, les
bactéries sont inhibées dès que le pH descend en-dessous de 6,2 [22]. Dans le cas d’une chute
de pH due à une augmentation de la concentration en acides gras, un ajout de soude ou de
chaux à l’alimentation du digesteur permet le maintien du pH [22]. Le pH évolue en trois
phases au cours de la méthanisation [24] :

1) Acidification du substrat en début de méthanisation.


2) Alcanisation du substrat. C’est la période la plus lente d’évolution du pH.
3) Stabilisation du pH du substrat.

I.4.5.5 Le rapport carbone-azote (C/N)


Les bactéries consomment plus de carbone que d’azote pour leurs processus
métabolique. Le ratio optimal est entre 20 et 30 [08, 23]. Un ratio C/N trop élevé (faible
valeur d'azote) limitera la production de biogaz car l’absence de l’azote est un facteur
d’inhibition. A l'inverse, un ratio C/N trop faible (valeur élevée d'azote) résultera en la
formation d'ammoniac qui augmentera le pH du contenu du digesteur et aura un effet toxique
sur les bactéries méthanogènes induisant un arrêt du processus (pH 8,5). Un rapport C/N
adéquat permet également d’avoir un digestât riche en éléments azotés, essentiels pour
l’amendement des sols [08].

Tableau 2: Quelques Rapport C/N [25]


Substrat Rapport C/N moyen
Excréments humains 8
Excréments porcins 18
Excréments ovins 19
Excréments bovins 24

11
I.4.5.6 Les inhibiteurs
Les ions minéraux, les métaux lourds, les antibiotiques, les savons et les détergents
inhibent la croissance normale des microorganismes méthanogènes. Les inhibiteurs
influencent donc négativement le processus de méthanisation ; Ils doivent être évités [08].

I.5 Valorisation des produits de la méthanisation


Les produits valorisables de la méthanisation sont le biogaz comme combustible et le
digestât comme engrais biologique.

I.5.1 Composition et utilisation du biogaz

I.5.1.1 Composition du biogaz


La composition du biogaz dépend de la nature de la matière organique et des
conditions de fermentation. Quelles que se soient leurs origines, le biogaz produit contient des
gaz inflammables et/ou toxiques [26].
De façon globale, le biogaz contient comme composant principal le méthane, le
dioxyde de carbone, l’hydrogène sulfuré et la vapeur d’eau. Selon sa provenance, il peut
aussi contenir des quantités variables d’azote, d’oxygène, des composés organo-halogénés
(chlore et fluor) et des métaux lourds [26].

Tableau 3: Composition du biogaz [26]


Eléments Quantités (%)
Méthane (CH4) 45 à 65 %
Gaz carbonique (CO2) 25 à 45 %
Eau (H2O) 6%
Oxygène, Hydrogène sulfuré (H2S), chlore, fluor Eléments traces

I.5.1.2 Utilisation du biogaz comme combustibles


L’utilisation du biogaz va surtout dépendre des conditions techniques, socio-
économiques et des besoins de l’exploitant. La meilleure utilisation du biogaz est la
production de chaleur [27]. Le biogaz peut être utilisé sans épuration comme combustibles
pour la cuisson ou pour l’éclairage [04].

i) Pour la cuisson
La combustion directe du biogaz doit respecter le rapport volume d’air sur volume de
biogaz égal à 10 pour permettre une combustion complète [04]. Pour cela il existe des

12
brûleurs artisanaux qui sont destinés uniquement au biogaz (voir photo 1 (a) et (b)). Le butane
admette beaucoup plus d’air que le biogaz [28]. On pourra adapter les appareils fonctionnant
au butane (voir photo 1 (c)) en fermant légèrement l’arrivée d’air primaire au moyen d’une
bague métallique. On peut aussi démonter le gicleur et utiliser l’injection directe de gaz. Le
mode de raccordement et la méthode d’adaptation des cuisinières sont représentés en annexe.

Les consommations moyennes de gaz pour la cuisson sont [28] :

1) Consommation individuelle journalière : 0,25 m3.


2) Consommation journalière individuelle familiale : 0,15 à 0,2 m3.

(a) (b)

(c)

Photo 1 : Brûleurs artisanal destiné uniquement au biogaz (a, b) brûleurs adapter à un


appareil fonctionnant au butane (c) [08, 29]

Le tableau 4 donne la quantité du biogaz nécessaire à la cuisson de quelques repas à 35


étudiants dans un centre de formation (BIOFARM) dans Nord-Ouest Cameroun.

13
Tableau 4: Quelques résultats de cuisson au biogaz [29]
Repas Quantité Temps (h) Biogaz Consommation
(L et kg) (m3) individuelle (m3)
Café 15 0,53 0,966 0,028
Haricot 15 4 5,248 0,15
Sauce d’arachide 10 1 1,812 0,052

Riz 10 1,5 2,718 0,078


Pomme de terre 20 0,88 1,6 0,046

La consommation maximale journalière individuelle du tableau est de 0,15 m3. Ceci


confirme l’information donnée par [28] selon laquelle la consommation journalière
individuelle familiale varie entre 0,15 et 0,2 m3.

ii) Pour l’éclairage


L’utilisation du biogaz pour l’éclairage est très courante en Inde et en Chine. Les
lampes spécialement adaptées au biogaz appelées lampes à manchon sont utilisées. Le gaz qui
brûle au bout du diffuseur sur lequel est appliqué un manchon produit la chaleur nécessaire
pour porter ce dernier à l’incandescence et le faire rayonner de lumière. La consommation
moyenne de biogaz pour l’éclairage est 0,04 m3 par h par lampes à manchon [28].

Photo 2 : Lampe à biogaz [08]

I.5.1.3 Utilisation du biogaz pour la production d’électricité


Le biogaz, comme toute énergie peut être transformé en électricité. Le biogaz peut être
utilisé comme combustible dans des moteurs à explosion de type diesel ou essence. Il doit
toutefois avoir une proportion de 40% de méthane, et avoir un débit minimal de 500 m3 par
heure [30]. La production d'électricité peut être couplée avec celle de chaleur dans le cas de
cogénération.

14
Il est également possible d’utiliser des moteurs spécifiques à biogaz. La société FIAT
en a conçu un : le Total Energy Module ou TOTEM qui consomme en moyenne 9 m3 de
biogaz non épuré par heure et produit une énergie électrique de 15 KWh.
La consommation moyenne de biogaz pour les moteurs est [28] :

1) Moteurs à combustion interne : 0,31 m3 (biogaz épuré) à 0,45 m3 par Cheval par heure.
2) Moteur essence : 1,35 à 1,90 m3 / dm3 de cylindrée / heure et 1 à 1,2 (gaz épuré).
3) Moteur diesel : 1,5 à 2 m3 de gaz / dm3 de cylindrée /h et 1,1 à 1,4 (gaz épuré).

Photo 3 : Générateur fonctionnant au méthane [10]

I.5.2 Propriétés et valorisation du digestât

I.5.2.1 Propriétés du digestât


Au cours de la méthanisation, le méthane se forme à partir du carbone. Il n’y a pas de
pertes en éléments minéraux comme l’azote, le phosphore et le potassium [04]. Les
rendements des cultures fertilisées par les effluents des digesteurs sont en général supérieurs à
ceux obtenus avec du fumier [31]. Il est plus fluide que du lisier, plus facile à épandre et
pénètre plus rapidement dans le sol. L’azote se retrouve principalement sous forme
ammoniacale, plus assimilable par les plantes, ainsi il pourra être utilisé comme engrais [04].

Avec une « maturation adaptée », le digestât peut atteindre des niveaux de qualité
comparable à un compost [04]. Selon les analyses, 1 m³ de digestât (effluent à 8% de matière
sèche) correspond à : 11,4 kg de sulfate d’ammoniaque plus 1,1 kg de Super Phosphate plus
11,5 kg de sulfate de Potasse et plus d’autre nutriments [32].

15
I.5.2.2 Valorisation du digestât
L’effluent de la méthanisation peut être utilisé comme [23] :
1) Engrais (engrais de base, additif, pulvérisé sur les feuilles, amender le sol).
2) Aliment d’animaux (cochons, poissons).
3) Insecticides (conservation des semences).

I.4 Classification des biodigesteurs


Un biodigesteur est une installation dans laquelle est produit le biogaz, à partir de la
décomposition anaérobique de la matière organique. Il existe plusieurs types de biodigesteurs
qui se distinguent selon [25] :

1) Le type de stockage du gaz : réservoir flottant ou dôme fixe.


2) Le type de chargement : alimentation continue ou discontinue (batch).
3) La méthode de construction : biodigesteur préfabriqué ou construction in situ.

Les principaux types de biodigesteurs utilisés sont [06].

I.4.1 Biodigesteur à cloche flottante

La chambre de digestion a généralement une forme cylindrique et est construite en


briques, béton armé ou pierres scellées par mortier. Le gaz produit est emmagasiné dans une
cloche flottante le plus souvent métallique. La cloche est mobilisée par la combinaison de la
production et de l’utilisation du biogaz.

Les avantages du système [04] : la construction est simple et ne nécessite pas de main
d'œuvre spécialisée, le contrôle de la production est facile et la pression moyenne du gaz et
quasi constante.

Les inconvénients [04] : Indisponibilité et coût élevé des matériaux de construction de


la cloche, courte durée de vie et frais d’entretien (antirouille) régulier pour la cloche.

16
3
7
4
1

5
6

Figure 3 : Digesteur à cloche flottante


1: Poste de prétraitement ; 2: Poste de méthanisation ; 3: Cloche flottante ; 4: Gorge à
eau ; 5: Poste de décharge ; 6: Agitateur manuel ; 7: Récupération du gaz.

I.4.2 Biodigesteurs en dôme fixe

Ils ont une forme générale sphérique. Le gaz est emmagasiné dans la partie supérieure
de la chambre de digestion. L'installation à dôme fixe fonctionne sur le principe du
déplacement d'un substrat liquide sous l'action de la pression du gaz produit [27].
Les avantages des biodigesteurs en dôme fixe [04] : Matériaux de construction
disponibles localement, coût de réalisation modéré, forte pression pendant l’utilisation, longue
durée de vie (20 ans et plus), construction souterraine d’où une protection contre les variations
de températures et économie de place.
Les inconvénients [04] : Faible capacité de stockage, risque de fuite de gaz dans la
partie supérieure du dôme, difficultés de détection de et de maintenances d’éventuelles fuites,
pression du gaz souvent très élevée.
Il existe deux principaux types de dôme fixes :

I.4.2.1 Le dôme fixe type indien


Il a une forme hémisphérique à la base et à sa partie supérieure. La spécificité de ce
système est qu’il est possède une ouverture appelé « Manhole » conduisant à une chambre de
compensation « outlet ».
Lorsque le gaz est produit, il est d’abord stocké dans la partie supérieure du dôme.
Lorsque cette partie est pleine, le gaz exerce alors une pression sur le substrat. Cette pression
affaisse le substrat qui passe par le « Manhole » et augmente dans la chambre de
compensation ou « outlet ». Le « outlet » permet ainsi de réduire la pression du gaz sur les
parties supérieures.

17
La sortie du substrat est autorégulée par la combinaison de l’ajout régulier du substrat
et la pression exercée par gaz. Le digestât est récupéré dans une fosse ouverte.

1 4
7
6

Figure 4 : Digesteur en dôme fixe du type indien


1: Poste de prétraitement ; 2: Poste de méthanisation ; 3: Poste de stockage du gaz ;
4: Récupération du gaz ; 5: Manhole ; 6: outlet. 7: Fosse de récupération de l’effluent.

I.4.2.2 Le dôme fixe type chinois


Il a également une forme hémisphérique à la base et en partie supérieure. Il existe
cependant une partie cylindrique entre la base et la partie supérieure.

Son fonctionnement est similaire à celui du dôme fixe indien sauf qu’il n’existe pas de
« Manhole » ni de chambre de compensation. Le substrat est simplement pressé dans une
chambre d’évacuation par l’intermédiaire d’une conduite d’évacuation.

L’absence du « Manhole » entraine une très forte pression du gaz pour les unités de
grands volumes. L’intérêt du système chinois est sa simplicité de construction. La partie
cylindrique est à l’origine de cette simplicité. Elle réduit les rayons de courbures des parties
hémisphériques à la base et au dessus difficile à réaliser pour des grands volumes.

18
1 4

5
3

Figure 5 : Digesteur en dôme fixe du type chinois


1: Poste de prétraitement ; 2: Poste de méthanisation ; 3: Poste de stockage du gaz ;
4: Récupération du gaz ; 5: Chambre d’évacuation.

I.4.3 Biodigesteurs en dôme avec cloche flottantes

Il a une forme hémisphérique à la base et sa partie supérieure est cylindrique et


renferme un réservoir flottant de stockage du gaz [06].

C’est un biodigesteur indien encore appelé borda [06]. Le but du système est de
combiner les avantages du dôme fixe et de la cloche flottante

4
6 7
1

3
8 5

Figure 6 : Digesteur Borda

1: Poste de prétraitement ; 2: Poste de méthanisation ; 3: Partie cylindrique ; 4:Cloche


flottante ; 5: Poste de décharge ; 6: Gorge à eau ; 7 Récupération du gaz ; 8: Agitateur
manuel.

19
CHAPITRE II : MATERIEL ET METHODES

20
II.1 Evaluation de la production moyenne journalière de déchets à l’abattoir municipal
de Maroua
La production moyenne journalière de déchets à l’abattoir municipal de Maroua a été
évaluée en multipliant la moyenne journalière d’abattage et la masse moyenne du contenu
stomacal d’un bœuf à Maroua.

II.1.1 Moyenne journalière d’abattage de l’abattoir municipal de Maroua

La moyenne d’abattage journalière a été déterminée sur quatre mois d’abatage à partir
des relevés du registre d’abattage de l’abattoir municipal de Maroua.


(1)

Ma : moyenne journalière d’abattage ; Ni : nombre de bœufs abattus du jour ; Nt : nombre


total d’abattage.

II.1.2 Masse moyenne du contenu stomacal d’un bœuf à Maroua

La masse moyenne du contenu stomacal d’un bœuf a été obtenue en calculant la


moyenne de 80 pesées de contenu stomacal effectuées à l’abattoir de Makabaï (commune de
Maroua I). Les pesées ont été effectuées en utilisant la balance disponible sur le site.

Mc : moyenne du contenu stomacal d’un bœuf en kg ; Mi : masse du contenu stomacal d’un


bœuf en kg ; Mt : masse total extraite en kg.

II.1.3 Masse moyenne journalière de déchets produits à l’abattoir municipal de Maroua

La masse moyenne journalière des déchets produits par l’abattoir peut donc s’obtenir
par le produit des moyennes précédentes :

21
Qi : masse moyenne journalière des déchets produits en kg ; Ma : moyenne journalière
d’abattage ; Mc : moyenne du contenu stomacal d’un bœuf en kg.

Afin de déterminer les paramètres de méthanisation des contenus stomacaux des


bœufs, une étude expérimentale sur la méthanisation de ces derniers a été réalisée.

II.2 Etude expérimental de la méthanisation des contenus stomacaux des bœufs

II.2.1 Protocole expérimental

Deux substrats ont été méthanisées :


1) Les contenus stomacaux des bœufs fraichement recueillis mélangés avec du sang.
2) Les contenus stomacaux des bœufs épandus à proximité de l’abattoir.
Le protocole qui a été utilisé est le suivant :
1) Collecte du substrat ;
2) Pesée de 50 kg du substrat;
3) Dilution du substrat suivant le ratio de dilution 1/1 (1 kg de matière pour 1 L d’eau);
4) Alimentation du digesteur expérimental avec le substrat diluée à la température
ambiante ;
5) Ajout d’inoculum (eau de méthanisation d’une vieille production) ;
6) Relevée des volumes de production de biogaz pendant 40 jours ;
7) Tracé et analyse des courbes de production ;
8) Test de combustion du biogaz produit ;
9) Récupération, séchage et pesée de l’effluent.

II.2.2 Description du dispositif expérimental

Le dispositif expérimental est un système batch à réservoir flottant Constitué de :


1) Un digesteur cylindrique en fût métallique de capacité 230 L (diamètre 0,58 m,
hauteur 0,88 m).
2) Un réservoir a gaz métallique de la même forme de capacité 186,5 L (diamètre 0,64 m,
hauteur 0,58 m).
3) Une gorge à d’eau dans laquelle peut flotter le réservoir (largeur 0,06 m, hauteur 0,60
m).
4) Deux bras d’agitation mécanique à l’intérieur du réservoir pour homogénéiser le
substrat.

22
5) Un robinet galvanisé sur le réservoir pour la sortie et la combustion directe du biogaz.
6) Un mètre ruban pour mesurer la montée du réservoir.
7) Une balance pour effectuer les différentes pesées du substrat à étudier.

Photo 4 : Unité expérimentale de méthanisation (TAPELE, 2014).

II.2.3 Principe de fonctionnement

Le gaz produit dans le digesteur est stocké dans le réservoir entraînant sa montée à
l’intérieur de la gorge à l’eau. Le réservoir étant cylindrique, le volume de gaz formé est le
produit de la surface de base du réservoir et de la hauteur de montée de celui-ci.

Volume journalier de biogaz produit en L / j ; S : Surface de base du réservoir à gaz en


dm2 ; Hauteur de montée journalière en dm / j.

Après évaluation de la masse moyenne journalière des déchets produits à l’abattoir


municipal de Maroua et détermination des paramètres de méthanisation de ces derniers, le
dimensionnement de l’unité de méthanisation pouvant satisfaire simultanément la masse
moyenne journalière de déchets produits et ces paramètres de méthanisation a été effectué.

II.3 Dimensionnement de l’unité de méthanisation pour l’abattoir municipal de Maroua

Les résultats de l’évaluation de la production moyenne journalière de déchets à


l’abattoir municipal de Maroua et les résultats obtenus de l’étude expérimentale ont permis de

23
dimensionner l’unité de méthanisation capable de traiter les déchets produits à l’abattoir
municipal de Maroua.

II.3.1 Evaluation de la température de la ville de Maroua

Les données de la température de la ville de Maroua sont ceux recueillis par


Cameroon Civil Aviation Authority (CCAA) SALAK Maroua.

II.3.2 Calculs des volumes du digesteur et du réservoir à gaz

II.3.2.1 Volume dilué journalier de substrat


Il représente le volume journalier de déchets dilués dans l’eau alimentant le digesteur.
Il est donné par la relation :

(a+b) (5)

Q : Volume dilué journalier de substrat en L / j ; Qi : masse moyenne journalière des déchets


produits à l’abattoir en kg / j ; a/b : le ratio de dilution en L (« a » kg de déchets dilué dans
« b » L d’eau est assimilé à (a+b) L de substrat [33,34]).

II.3.2.2 Teneur en matières sèches de l’effluent


En sortie du digesteur, une séparation de phase de l’effluent a été effectuée par
séchage au soleil. Une pesée du digestât sec obtenu a ensuite été effectuée avec une balance.

La teneur en matières sèches de l’effluent a été calculée connaissant la masse du


substrat à l’entrée du digesteur en utilisant la relation ci-après :

: Teneur en matières sèches de l’effluent en % ; Masse du substrat à l’entrée en kg ;


Masse du digestât séché à la sortie en kg.

II.3.2.3 Production journalière de biogaz de l’unité de méthanisation


La production journalière en biogaz est fonction du Volume dilué journalier de
substrat et du rendement du substrat utilisé :

24
G : production journalière de biogaz en m3 / j ; Q : Volume dilué journalier de substrat en
m3/j ; qi : rendement du substrat en L de biogaz par kg de substrat ; m : masse du substrat en
kg ; a/b : le ratio de dilution on assimile en L.

II.3.2.4 Volume du digesteur


Le digesteur est la partie réservée au substrat. Son volume est fonction du temps de
rétention hydraulique (TRH) et du Volume dilué journalier de substrat Q.

: Volume du digesteur en m3 ; TRH : temps de rétention hydraulique en j ; Q : Volume


dilué journalier de substrat en m3 / j.

II.3.2.5 Volume du réservoir à gaz


Le volume du réservoir à gaz est proportionnel aux plages et aux durées de
consommations journalières. On peut ainsi déduire la production moyenne horaire et la
consommation moyenne horaire du biogaz.

Production moyenne horaire en m3 / h ; Consommation moyenne horaire en m3 / h ;


G : production journalière de biogaz en m3/ j ; ∑ Somme des durées de consommation en h.

La production du biogaz la nuit et le jour est presque identique [33]. A cet effet, on
évalue le volume de du biogaz à stocker pendant la plus longue durée d’utilisation. Il
faut également déterminer le volume V2 du biogaz produit pendant la plus longue durée T a qui
sépare deux périodes successives de consommation.

( )

25
V1 : volume à stocker pendant la plus longue durée d’utilisation en m3 ; Consommation
moyenne horaire en m3 / h ; Production moyenne horaire en m3 / h ; durée
maximale d’utilisation en h ; V2 : volume produit pendant la plus longue durée entre deux
consommations successives en m3 ; Ta : plus longue durée entre deux utilisations successives
en h.

Cependant, il faut compenser les fluctuations journalières de production du biogaz.


Elles sont estimées à 25% [33]. Le volume du réservoir est donc :

( )

Volume du réservoir en m3 ; V1 : volume du biogaz à stocker pendant la plus longue durée


d’utilisation en m3 ; V2 : volume du biogaz produit pendant la plus longue durée entre deux
périodes successives d’utilisation en m3.

II.3.2.6 Choix de forme du digesteur


Des études technico-économiques relatives au choix de la forme du digesteur stipulent
qu’elle dépend du ratio entre le volume du digesteur et celui du réservoir [33].

Deux cas sont possibles :


1) La forme cylindrique à cloche flottante est conseillée si ;
2) La forme sphérique ou en dôme fixe est recommandée si .

Lorsque la forme à adopter est le dôme fixe, deux alternatives sont alors possibles :
1) Le dôme fixe type indien.
2) Le dôme fixe type chinois.

Lorsque le volume de l’unité à construire est considérable et que le temps d’utilisation


journalier n’est pas important, il est judicieux d’éliminer l’option du dôme fixe type chinois.
L’absence d’une chambre de compensation dans ce système (figure 5) va inévitablement
entrainer une très forte pression dans chambre de fermentation. Cette forte pression peut
provoquer des fuites, elle va affaiblir avec le temps les parois interne réduisant ainsi la durée
de vie de l’unité.

26
II.3.3 Dimensionnement du dôme fixe type indien

La synthèse du dimensionnement du dôme fixe type indien a été effectuée sous forme
de tableau.

Tableau 5 : Synthèse du Dimensionnement du dôme fixe type indien

Paramètres Symboles Formules

Volume total du dôme

Volume du réservoir à gaz

Hauteur du stockage du gaz (3 )


Diamètre du digesteur
2 (
Rayon du digesteur

Rayon de courbure de la partie hémisphérique √


à la base.
Hauteur du radier hémisphérique à la base h
volume du gaz effectif

volume maximal de gaz

Hauteur de stockage maximal du gaz (3 )


Hauteur du « Manhole »

Hauteur pressée par le gaz P


volume inutilisé
Volume de la chambre de compensation

hauteur de la chambre de compensation J

Air de la chambre de compensation Aout

Largeur de la chambre de compensation B


(
Longueur de la chambre de compensation L

hauteur de la première marche Outlet

hauteur total Outlet

27
II.3.4 Dimensionnement du dôme fixe hybride « chino-indien »

II. 3.4.1 Description du système


Le dôme fixe hybride « chino-indien » se propose de combiner les avantages des
Outlet indien
systèmes chinois et indien. Il a la forme du dôme type chinois qui est facile à construire
auquel on introduit le « Manhole et la chambre de compensation pour réduire la pression
causée par gaz stocker à l’intérieur du dôme.

1 4
Dôme chinois 7
6

5
2

Figure 7 : Digesteur en dôme fixe type hybride « chino-indien »


1: Poste de prétraitement ; 2: Poste de méthanisation ; 3: Poste de stockage du gaz ;
4: Récupération du gaz ; 5: Manhole ; 6:Outlet. 7: Récupération du digestât.
L

p
p

J
f

H I

Figure 8 : Schéma annoté du digesteur en dôme fixe type hybride

II.3.4.2 Synthèse du dimensionnement dôme fixe hybride

La synthèse du dimensionnement dôme fixe hybride a été effectuée également sous


forme de tableau.

28
Tableau 6 : Synthèse du Dimensionnement du dôme fixe hybride

Paramètres Symboles Formules


Volume total du dôme

Volume du réservoir à gaz

Diamètre du digesteur

Rayon du digesteur

Hauteur partie cylindrique H

Hauteur du dôme f

Hauteur du radier f

Rayon du dôme f
f
Rayon du radier f
f
Volume cylindrique
Volume du dôme f ( f )
Volume du radier f ( f )
Hauteur de stockage du gaz
f
Volume du substrat actif
Volume du gaz effectif

Volume de stockage maximal du gaz


Hauteur de stockage maximal du gaz
f
Hauteur du « Manhole » f
Hauteur de la pression P
Volume mort
Volume de chambre de compensation
Hauteur de chambre de compensation J
Air outlet (chambre de compensation)

Largeur de l’outlet B

Longueur de l’outlet L
Hauteur 1ere marche de l’outlet I
Hauteur total de l’outlet
Volume du poste prétraitement p
Surfaces des mûrs cylindriques
Surface du dôme ( f )
Surface du radier ( f )

29
II.3.5 Comparaison et choix du système à adopter

II.3.5.1 Comparaison entre deux systèmes

La comparaison a été basée sur les résultats du dimensionnement des deux systèmes
respectif.

II.3.5 Choix du système à adopter

Le choix du système à adopter s’est basé sur les conclusions de la comparaison entre
les deux systèmes.

II.3.6 Matériaux de construction de l’unité de méthanisation

II.3.6.1 Le nombre de briquettes nécessaire


Le nombre de briquettes nécessaire à la construction de l’unité de méthanisation a été
obtenu en faisant le rapport entre le volume de la maçonnerie et le volume d’une briquette
[27].

Nombre de briquettes ; surface occupée par les briquettes ; e : épaisseur du


mur ; Longueur largeur hauteur (volume d’une briquette).

II.3.6.2 Le béton

Le béton est une roche artificielle mise en place par coulage dans un moule (banche,
coffrage). Il est composé d'un liant hydraulique, d'une charge (sable + gravier) d'air et d'eau.
Le liant principal des bétons est le ciment. Il est souvent associé à une armature métallique qui
donne une résistance en traction à l'ensemble (béton armé).

Le volume de béton nécessaire à la réalisation de la base du digesteur et de la première


marche de la chambre de compensation a été déterminé en utilisant les résultats des
dimensions de ces différentes parties.

II.3.6.3Mortier
Le mortier est une mixtion d'un liant (ciment), d'une charge (sable), d'air et d'eau. Il
sert à édifier les éléments de maçonnerie (pierre, brique, parpaing), enduire les façades, mais
aussi coller, ragréé, jointoyé, sceller.

30
Le volume de mortier nécessaire à l’élévation des murs et au crépissage a été
déterminé en utilisant les hauteurs et les épaisseurs des murs.

II.4 Etude économique du procédé de méthanisation


L’étude économique a permise de déterminer les outils de décision relatifs à la
rentabilité économique du procédé de méthanisation:
1) L’investissement nécessaire.
2) La durée de retour sur l’investissement.
Ces résultats ont permis de se prononcer sur la viabilité économique et de la rentabilité
du procédé de méthanisation.

II.4.1 Coût de la réalisation du projet

Le coût de la réalisation du projet est celui nécessaire à la réalisation de l’unité de


méthanisation comprenant les matériaux, la main d’œuvre, le transport et les imprévus.

II.4.2 Charges d’exploitation

Les charges d’exploitation de l’installation sont constituées de :


1) Salaire de l’agent d’entretien du digesteur.
2) Frais liés à l’eau pour la dilution du substrat.

II.4.3 Produits d’exploitation

Les produits d’exploitation valorisables sont le biogaz et le digestât séché.

II.4.3.1 Gain lié à la vente du biogaz


Les gains engendrés par le biogaz ont été calculés à partir de son prix unitaire qui a été
déduit de son équivalence en bois de chauffe.

Gains annuel engendré par le biogaz en FCFA / an ; G : production journalière de gaz en


; Prix unitaire bu biogaz en .

II.4.3.2 Gain lié à la vente du digestât séché


Le prix du digestât a été estimé en fonction du prix du compost sur le marché au
Cameroun.
La masse annuelle du digestât séché produit a été déterminée à partir de la relation :

31
Masse annuelle du digestât séché produit en kg / an ; Production journalière de
déchets en kg / j ; Teneur en matières sèches de l’effluent en %.

Les gains annuels engendrés par la vente du digestât séché ont été déterminé en
utilisant la relation :

Gains annuel engendré par la digestât séché en FCFA / an ; Masse annuelle du


digestât séché en kg / an ; Prix unitaire en FCFA / kg.

II.4.3.3 Gains totaux annuels d’exploitation


Les gains totaux annuels engendrés par l’exploitation ont été obtenus en sommant les
gains annuels engendrés par la vente du biogaz et ceux engendré par le digestât séché.

Gains total annuel engendré par l’exploitation en FCFA / an ; Gains annuel engendré
par le biogaz en FCFA / an ; Gains annuel engendré par le digestât séché en FCFA / an.

II.4.3.4 Bénéfices annuels engendré par l’exploitation


Les bénéfices annuels engendrés par l’exploitation représentent la différence entre les
gains et les dépense annuels :

Bénéfices annuels engendré par l’exploitation en FCFA / an ; Gains total annuel


engendré par l’exploitation en FCFA / an ; Dépenses annuels liées au fonctionnement de
l’installation en FCFA / an.

II.4.4 Retour sur l’investissement

C’est la durée à partir de laquelle les bénéfices couvriront totalement l’investissement


initial. Il a été calculé en utilisant la formule :

32

Investissement initial en FCFA ; n: Nombre d’année correspondant au retour sur


investissement en année ; Gains réalisé par l’exploitation durant l’année i en FCFA /
an ; Dépenses liées au fonctionnement de l’installation durant l’année i en FCFA / an.

Or, les gains et les dépenses annuels ont été considérés comme fixe pour cette
installation. D’après la relation (20) :

Donc l’équation (21) devient :

D’où le retour sur l’investissement est donné par la relation :

n: Nombre d’année correspondant au retour sur investissement en année ; Investissement


initial en FCFA ; Bénéfices annuels engendré par l’exploitation en FCFA / an.

II.5 Etude des impacts environnementaux et socio-économiques du projet

II.5.1 Impacts environnementaux du projet

II.5.1.1 Réduction de l’émission du méthane


L’exploitation du biogaz a une portée positive sur l'environnement. Elle permet
simultanément le traitement des déchets organiques, et la réduction globale des risques
environnementaux.
L’étude expérimentale sur la méthanisation des contenus stomacaux épandus aux
environs de l’abattoir et ceux fraichement recueillis après l’abattage a permise d’estimer la
quantité de méthane (70% du biogaz) épargné du rejet dans l’atmosphère. Cette quantité de a
été estimée en utilisant la relation :

33
Volume de méthane épargné en m3 / kg de déchets fermenté ; Volume cumulé de
biogaz après 40 jours de méthanisation des contenus stomacaux frais en m3 / kg ;
Volume cumulé de biogaz après 40 jours de méthanisation des contenus stomacaux secs
et épandus en m3 / kg.

II.5.1.2 Réduction de la consommation de bois de chauffe


Le biogaz substitue l’utilisation de bois de chauffe, réduisant ainsi sa consommation.
Des études [35] permettent d’estimer la consommation moyenne annuelle de bois de chauffe
d’un ménage urbain dans la localité de Maroua.
La quantité annuelle de bois de chauffe épargné du fait de sa substitution avec le
biogaz produit par l’installation a été calculée en utilisant la relation :

Quantité annuelle de bois de chauffe épargné en t / an ; Consommation moyenne


annuelle de bois de chauffe d’un ménage en t / an ; Nombre de ménage qui utiliseront le
biogaz produit par l’installation.

II.5.1.3 Réduction de la masse des déchets et des odeurs


Les déchets d’abattoir sont très fermentescibles. La méthanisation de ces derniers
permet d’éliminer les microorganismes responsables des fermentations. Ceci contribue à
réduire considérablement les odeurs.

III.5.1.4 Réduction de l’utilisation des engrais chimiques


Les engrais chimiques ont des impacts néfastes sur l’environnement et sur la santé
humaine. La réduction de leurs utilisations a donc une double portée.
La masse annuelle de digestât séché a été calculé en utilisant la relation (17)
précédemment établie :

Masse annuelle du digestât séché produit en kg / an ; Production journalière de


déchets en kg / j ; Teneur en matières sèches de l’effluent en %.

34
II.5.2 Impacts du procédé de méthanisation sur le milieu biophysique et humain

La méthanisation est une option séduisante pour limiter les gênes liées aux déchets
d’abattoirs. Il est question ici de déterminer les impacts de la méthanisation sur le milieu
biophysique et humain.

35
CHAPITRE III : RESULTATS ET DISCUSSION

36
III.1 Evaluation de la quantité de déchets produits par l’abattoir municipal de Maroua

III.1.1 Moyenne journalière d’abattage de l’abattoir municipal de Maroua

La moyenne journalière d’abattage a été évaluée à partir des relevés d’abattage


journalier sur quatre mois. Ces moyennes sont récapitulées en fonction des jours de la
semaine dans le tableau 7.

Tableau 7 : Moyenne journalière d’abattage selon les mois


Jour de la semaine Nombre moyen d’abattage du jour
Lundi 31
Mardi 30,425
Mercredi 30,4
Jeudi 29,6
Vendredi 30,3
Samedi 30,025
Dimanche 29,5
Moyenne 30,1

Le tableau 7 a permis de calculer la moyenne journalière d’abattage par


application de la relation (1) :

Ma = 30,1 bœufs / jour

Il a été remarqué une faible variation de la moyenne journalière d’abattage. Cela peut
s’expliquer par la constance de la demande des produits d’abattage.

III.1.2 Masse moyenne du contenu stomacal d’un bœuf à Maroua

La masse moyenne du contenu stomacal d’un bœuf a été obtenue en calculant la


moyenne de 80 pesées effectuées (Photo 7) à l’abattoir de Makabaï (commune de Maroua I).
Les relevés des 80 pesées reparties par sexe et par état physique apparent sont résumés dans le
tableau 8.

37
Tableau 8 : Résumés de 80 pesées de la masse du contenu stomacal des bœufs
Nombre de sexe Etat physique Masse total contenu Moyenne (kg)
pesées apparent stomacal (kg)
26 Femelle Gros 898 34,538
22 Femelle Petit 476 21,636
20 Femelle Moyen 538 26,900
02 Mâle Gros 66 33,000
04 Mâle Petit 76 19,000
06 Mâle Moyen 152 25,334
Total 80 2206 27,575

Le tableau 8 a permis de calculer la masse moyenne du contenu stomacal d’un bœuf


en appliquant la relation (2) :

Il a été constaté lors de ce travail des variations de la moyenne du contenu stomacal


d’un bœuf. Ces variations sont fonction des critères comme l'âge ou stade physiologique des
bêtes, l'alimentation reçue, le mode de conduite de l'élevage et les facteurs géo climatiques.

Photo 5: Evaluation de la moyenne du contenu stomacal d’un bœuf (TAPELE, 2014)

38
II.1.3 Masse moyenne journalière de déchets produits par l’abattoir municipal de
Maroua

La masse moyenne journalière de déchets produits par l’abattoir a été obtenue par
application de la relation (3) :

Il a été constaté lors du travail sur le terrain à l’abattoir une forte production de sang et
d’eaux usées (produite lors du nettoyage du sang et d’autres déchets d’abattages). Elle a été
estimée à 10% de la production total des déchets. Les contenus stomacaux, le sang et les eaux
usées ont été traités en co-digestion pour une meilleure méthanisation et un traitement plus
étendue de l’abattoir.

La co-digestion est la méthanisation d’un mélange d’au moins deux substrats [33].
C’est une pratique encore peu représentées. Elle s’est présentée comme une solution de
traitement de plusieurs déchets différents produit à l’abattoir. La co-digestion a permise la
production d’une grande quantité de biogaz : 44.198 L / kg de mélange. Cette application a un
avenir prometteur.

La masse moyenne totale de déchets produits à l’abattoir à donc été évalué à :

Photo 6: Présentation du sang et des eaux usées produits et non traités à l’abattoir municipal
de Maroua (TAPELE, 2014)

39
III.2 Résultats et interprétations de l’expérience

III.2.1 Résultats de la production

La photo 7 illustre la production de biogaz dans le dispositif expérimental par la


montée du réservoir à gaz.

Photo 7 : Unité expérimental avant et pendant la production (TAPELE, 2014)

Les hauteurs de montée dans le réservoir à gaz ont été obtenues par application de la
relation (4). Les hauteurs de montée dans le réservoir à gaz, les volumes de gaz correspondant
ainsi que les volumes cumulés de gaz sont présenté dans le tableau 9 :

1) H1, V1 et Vc1 pour les contenus stomacaux des bœufs épandus à proximité de
l’abattoir.
2) H2, V1 et Vc2 pour les contenus stomacaux des bœufs fraichement recueillis mélangés
avec du sang.

40
Tableau 9 : Hauteurs de montée, volumes de gaz produit et volumes cumulés
Jours de Hauteur de Volume Volume Hauteur Volume Volume
production montée H1 journalier cumulé Vc1 de montée journalier cumulé
(cm) (L) (L) H2 (cm) V2 (L) Vc2 (L)

01 0 0 0 0 0 0
02 25 80,42 80,42 38 122,24 122,24
03 35 112,6 193,02 36 115,81 238,05
04 34 109,37 302,39 35 121,60 350,65
05 38 122,24 424,63 38 122,24 472,89
06 37 119,02 543,65 35 112,60 585,49
07 39 125,46 669,11 36 115,81 701,30
08 38 122,24 791,35 35 112,60 813,90
09 41 131,9 923,25 36 115,81 929,71
10 39 125,46 1048,71 35 112,60 1042,31
11 22 70,77 1119,48 25 80,42 1122,73
12 21 67,55 1187,03 23 73,99 1196,72
13 22 70,77 1257,80 22 70,77 1267,49
14 17 54,68 1312,48 16 51,47 1318,96
15 15 48,25 1360,73 17 54,68 1373,64
16 16 51,47 1412,20 15 48,25 1421,89
17 16 51,47 1463,67 16 51,47 1473,36
18 12 38,60 1502,27 13 41,82 1515,18
19 10 32,16 1534,43 17 54,68 1569,86
20 11 35,38 1569,81 16 51,47 1621,33
21 10 32,16 1601,97 14 45,03 1666,36
22 09 28,25 1630,92 13 41,82 1708,18
23 08 25,73 1656,65 14 45,03 1753,21
24 09 28,95 1685,60 12 38,60 1791,81
25 08 25,73 1711,33 14 45,03 1836,84
26 08 25,73 1737,08 11 35,38 1872,22
27 07 22,51 1759,59 11 35,38 1907,60
28 07 22,51 1782,10 10 32,16 1939,76
29 07 22,51 1804,61 09 28,95 1968,71
30 06 19,30 1823,91 07 22,51 1991,22
31 07 22,51 1846,42 08 25,73 2016,95
32 06 19,30 1865,72 07 22,51 2039,46
33 07 22,51 1888,23 07 22,51 2061,97
34 05 16,08 1904,31 06 19,30 2081,27
35 05 16,08 1920,39 07 22,51 2103,78
36 06 19,30 1939,69 08 25,73 2129,51
37 05 16,08 1955,77 07 22,51 2152,02
38 04 12,86 1968,63 06 19,30 2171,32
39 04 12,86 1981,49 06 19,30 2190,62
40 04 12,86 1994,35 06 19,30 2209,92

41
III.2.2 Cinétique journalière de production de biogaz

Les données du tableau 9 ont permise de tracer avec le logiciel Matlab les courbes de
cinétique de production journalière de biogaz et de volume cumulé du biogaz obtenu.

Figure 9 : Cinétique de production journalière de biogaz

III.2.3 Interprétation des courbes de production journalière

1) Le début de production de biogaz a été rapide : le milieu était inoculé de


microorganismes méthanogènes.
2) Les productions de départ ont été très élevées : le système digestif des bœufs ayant
déjà partiellement hydrolysé la matière végétale en des molécules plus simples.
3) La cinétique de production a été irrégulière : variations de la température ambiante.
4) La cinétique de production de biogaz avec contenus stomacaux fraichement recueillit a
été meilleur que celle avec les contenus stomacaux épandus.
5) A partir du 40eme jour, la production a été négligeable et les odeurs suffisamment
atténuées : le temps de rétention hydraulique approprié est donc de 40 jours.

42
III.2.4 Volume cumulé du biogaz

Les courbes de volumes cumulés sont représentées sur la figure 9

Figure 10: Volume cumulé du biogaz obtenu

III.2.5 Interprétation de la courbe des volumes cumulés

1) Les volumes cumulés de biogaz produit après 40 jours de méthanisation ont été de
2209,92 L pour les contenus stomacaux frais et de 1994,35 L pour les contenus
stomacaux épandus.
2) Les rendements de production de biogaz après 40 jours ont été respectivement de
44,198 L / kg et de 39,887 L / kg de matière méthanisée.
3) Les contenus stomacaux frais ont produit 4,31 L de biogaz de plus par kg de matière
méthanisée que les contenus stomacaux épandus.

III.2.6 Récapitulatif de l’expérience

Les interprétations des courbes ont permise de déterminer les paramètres de


méthanisation des déchets d’abattoir. Ces paramètres sont présentés dans le tableau 10.

43
Tableau 10 : Récapitulatif de l’expérience
Paramètres Contenus stomacaux frais Contenus stomacaux épandus
Temps de rétention 40 jours 40 jours
hydraulique
Volumes cumulés obtenus 2209,92 L 1994,35 L
Rendement de production en 44,198 L / kg 39,887 L / kg
biogaz

III.2.7 Test de combustion du biogaz produit

La combustion du biogaz a produit une flamme de couleur bleu. C’est la preuve de la


combustion quasi complète et d’une proportion élevée de méthane dans le biogaz produit.

L’équation bilan de combustion du méthane est :

CH4 + 2O2 étincelle CO2 + 2H2O (26)

D’après la conservation de la quantité de matière : nCH4 = nCO2 (27)

En simplifiant le volume molaire on trouve : (28)

La combustion d’un volume de méthane dégage donc le même volume de dioxyde de


carbone. Or, le méthane a un pouvoir de réchauffement climatique 25 fois supérieur à celui du
dioxyde de carbone [08].

Le dioxyde de carbone dégagé est celui initialement contenu dans la matière organique
méthanisée. Il sera réabsorbé de nouveau par les végétaux pendant leur croissance : c’est un
cycle de séquestration positive du dioxyde de carbone.

Ces résultats ont prouvé que le biogaz est une énergie propre en plus d’être
renouvelable.

44
Photo 8: Test de combustion du biogaz (TAPELE, 2014)

D’après les résultats obtenus précédemment, on a pu dimensionner l’unité à mettre en


place à l’abattoir municipal de Maroua.

III.3 Dimensionnement de l’unité de méthanisation pour l’abattoir municipal de


Maroua

III.3.1 Evaluation de la température de la ville de Maroua

Les moyennes mensuelles de températures de la ville de Maroua sont données dans le


tableau 11 :

Tableau 11 : Températures moyennes (° C) de Maroua (CCAA SALAK Maroua)


Mois Année 2005 Année 2006 Moyenne
Janvier 23,93 27,23 25,61
Février 31,25 30,26 30,75
Mars 33,59 32,07 32,83
Avril 34,12 35,02 34,57
Mai 31,65 32,62 32,13
Juin 28,57 28,76 28,66
Juillet 26,51 27,64 27,07
Aout 25,69 26,37 26,03
Septembre 27,03 27,03 27,03
Octobre 28,57 28,05 28,31
Novembre 27,79 26,4 27,09
Décembre 26,93 26,52 26,72
Moyenne annuelle 28,8025 28.997 28.90

45
D’après [33] la température à l’intérieur du digesteur dans la région de Maroua serait
d’environ 29° C. Ceci correspond à la gamme des températures mésophiles (25 à 45°C)
favorable à la méthanisation [05].

III.3.2 Calculs des volumes du digesteur et du réservoir à gaz

III.3.2.1 Volume dilué journalier de substrat


Le ratio de dilution doit garantir au substrat une teneur en matières sèches entre 10 à
20 % à l’entrée du digesteur. Le ratio de dilution approprié du fait de la viscosité des déchets
d’abattoirs (contenus stomacaux plus sang et eaux usées) est de a/b = 1/1. C’est-à-dire 1 kg de
déchets pour 1 litre d’eau. Le volume dilué journalier de substrat est obtenu par application de
la relation (5) :

Le traitement des déchets étant l’objectif, ce volume doit représenter la quantité de


déchets produit par jours à l’abattoir dilué à l’eau suivant le ratio choisi.

III. 3.2.2 Teneur en matières sèches de l’effluent


Après séparation de phase de l’effluent par séchage au soleil, une masse de 6 kg a été
obtenue. La masse du substrat à l’entrée du digesteur était de 50 kg. La teneur en matières
sèches de l’effluent est obtenue par application de la relation (6) :

Photo 9 : Séparation de phase de l’effluent par séchage (TAPELE, 2014).

46
III. 3.2.3 Production journalière en biogaz
La production de biogaz est fonction du rendement de production des déchets
d’abattoir. Celui-ci a été évalué à 44,198 L de biogaz par kg de matière fermenté.

En utilisant les paramètres de méthanisation des déchets d’abattoir obtenus à l’étude


expérimentale, le volume de production journalier de biogaz a été évalué par application de la
relation (7) :

La consommation familiale individuelle journalière s’étant de . Le


nombre moyen de personne dans un ménage dans la ville de Maroua étant de 07 [35], la
production journalière de gaz de la future installation serait assez pour la cuisson de 28
ménages. Les consommations spécifiques des cuisinières 3 becs adaptés au biogaz sont
données en annexe.

III. 3.2.4 Volume du digesteur


Le temps de rétention hydraulique déterminé par l’étude expérimentale étant de 40
jours, le volume du digesteur requis a été obtenu par application de la relation (8) :

Ce volume est dans la marge des installations industrielles car les biodigesteurs
familiales ont un volume inférieur à 30 m3 [06].

III. 3.2.5 Volume du réservoir à gaz


Les enquêtes ont été menées auprès des ménages de la ville de Maroua. Elles ont
permise d’établir des moyennes sur les durées de cuisson pendant une journée. Ces moyennes
sont résumées dans le tableau 12.

47
Tableau 12 Périodes et durée journalière de consommation
Repas Période Durées de consommation
Petit déjeuner 06 h-07 h 01 h
Déjeuner 08 h-12 h 04 h
Diner 17 h-19 h 02 h
Plus longue période de 04 h
consommation
Plus longue période de 11 h
non utilisation
Sommes des périodes ∑ 7h
de consommation

Les moyennes sur les durées de cuisson pendant une journée ont permise de calculer le
volume du réservoir à gaz en appliquant la relation (7) nécessaire pour satisfaire ces durées de
consommation. Les étapes de calcul du volume du réservoir à gaz sont résumées dans le
tableau 13.

Tableau 13 : Etapes de calcul du volume du réservoir à gaz


) )

∑ ( ) Max( ) 1,25

1,674 5,742 16,274 18,424 23,03

Le volume du réservoir à gaz nécessaire est donc de :

III. 3.2.6 Choix de forme du digesteur


Le ratio entre le volume du digesteur et celui du réservoir a été obtenu par application
de la relation (14) :

Le ratio qui a été obtenu étant supérieur à 3, les études technico-économique relative
au choix de la forme des biodigesteurs conseils dans ce cas de figure la forme en dôme fixe
[33].

48
Le volume du digesteur étant important, le dôme fixe type chinois ne conviendrait pas
aux attentes.
Afin d’optimiser la rentabilité de l’unité de méthanisation, le dimensionnement du
système en dôme fixe type indien ainsi que celui d’un système hybride combinant les
avantages du dôme fixe type indien et ceux du dôme fixe type chinois ont été effectués.

III.3.3 Synthèse des dimensionnements

III.3.3.1 Synthèse du dimensionnement du dôme fixe type indien

La synthèse du dimensionnement du dôme fixe type indien est présentée dans le


tableau 14.

Tableau 14 : Synthèse du dimensionnement du dôme fixe type indien

Paramètres Symboles Résultats

Volume total du dôme 97,013 m3


Volume du réservoir à gaz 24,253 m3
Hauteur du stockage du gaz 1,689 m
Diamètre du digesteur 6,538 m
Rayon du digesteur 3,269 m
Rayon de courbure de la partie hémisphérique à la 4,632 m
base.
Hauteur du radier hémisphérique à la base h 1,354 m
volume du gaz effectif 20.099
volume maximal de gaz 44,352 m3

Hauteur de stockage maximal du gaz 20,099 m3


Hauteur du « Manhole » 0,879 m
Hauteur pressée par le gaz P 0,701 m
volume inutilisé 4,154
Volume de la chambre de compensation 20,099 m3

hauteur de la chambre de compensation J 1,789 m

Air de la chambre de compensation Aout 11,234 m2

Largeur de la chambre de compensation B 2,736 m

Longueur de la chambre de compensation L 4,105 m

hauteur de la première marche Outlet 1,58 m

hauteur total Outlet 3,369 m

49
III.3.3.2 Dessin technique l’unité en dôme fixe type indien
Les résultats du dimensionnement ont permis avec Auto CAD de réaliser le dessin
technique l’unité en dôme fixe type indien.

Figure 11 : Dessin technique de l’unité en dôme fixe type indien (unité dm)

III.3.3.3 Synthèse du dimensionnement du dôme fixe type hybrides

La synthèse du dimensionnement du dôme hybride est présentée dans le tableau 15.

50
Tableau 15 : Synthèse des résultats de dimensionnement du dôme fixe type hybride

Paramètres Symboles Dôme hybride


Volume total du dôme 97,013 m3
Volume du stockage du gaz 24,253 m3
Diamètre du digesteur 6m
Rayon du digesteur 3m
Hauteur partie cylindrique H 2,4 m
Hauteur du dôme f 1,2 m
Hauteur du radier f 0,75 m
Rayon de courbure du dôme 4,35 m
Rayon de courbure du radier 6,375 m
Volume cylindrique 67,824 m3
Volume du dôme 17,860 m3
Volume du radier 10,818 m3
Hauteur de stockage du gaz 1,426 m
Volume du substrat actif 72,76 m3
Volume du gaz effectif 20,099 m3
Volume de stockage maximal du gaz 44,352 m3
Hauteur de stockage maximal du gaz 2,137 m
Hauteur du « Manhole » 1,463 m
Hauteur de la pression P 0,711 m
Volume mort 4,154 m3
Volume de chambre de compensation 20,099 m3
Hauteur de chambre de compensation J 1,526 m
Air outlet (chambre de compensation) 13,171 m2
Largeur de l’outlet B 2,963 m
Longueur de l’outlet L 4,444 m
Hauteur de la 1ere marche de l’outlet I 2,848 m
Hauteur total de l’outlet 4,374 m
Surface de l’outlet 22,606 m2
Surface de la première marche de l’outlet 24,111 m2
Volume du poste de prétraitement p 2,728 m3
Hauteur du poste de prétraitement p 1m
Diamètre du poste de prétraitement 1,864 m
Dp
Surface des murs du poste de 5,852 m2
prétraitement
Surfaces des mûrs cylindriques 45,216 m2
Surface du dôme 32,781 m2
Surface du radier 30,026 m2
Volume de terre à excaver 180 m3

51
III.3.3.4 Dessin technique l’unité en dôme fixe type hybride
Les résultats du dimensionnement ont permis avec Auto CAD de réaliser le dessin
technique l’unité en dôme fixe type hybride.

Figure 12 : Dessin technique de l’unité en dôme fixe hybride (unité dm)

III.3.4 Comparaison entre les deux systèmes

La comparaison a été effectuée en utilisant les résultats des dimensionnements. Cette


comparaison est présentée dans le tableau 16.

Tableau 16 : Comparaison entre le dôme fixe indien et le dôme fixe type hybride

Paramètres dôme fixe indien type indien dôme fixe hybride


Volume total m3 m3
Diamètre du digesteur 6,538 m 6m
Rayon de courbure de la partie 3,269 m 1,2 m
hémisphérique du dessus
Rayon de courbure de la partie 1,354 0,75 m
hémisphérique à la base.
Hauteur partie cylindrique -- 2,4
Hauteur pression 0,701 m
Hauteur du Manhole 0,879 m 1,463 m

52
Analyse de la comparaison :

1) Le diamètre du dôme fixe hybride est inférieur à celui du dôme fixe indien. Cela
profère au dôme fixe hybride une meilleure stabilité que le dôme fixe indien.
2) Les rayons de courbures des parties hémisphériques (supérieur et inférieur) sont plus
élevés dans le dôme fixe indien que dans le dôme fixe hybride. La complexité de la
réalisation d’une forme hémisphérique impose un personnel qualifié et un matériel
adéquat (coffrage par exemple) pour le dôme fixe indien.
3) La hauteur pressée par le gaz dans le dôme fixe hybride est supérieur à celle dans le
dôme fixe indien. La forte pression dans le dôme fixe indien va fragiliser les parois
internes réduisant ainsi sa durée de vie.
4) L’ouverture du Manhole sensé réduire la pression est plus grand dans le dôme fixe
hybride. La pression peut aussi causer des fuites de gaz. L’entretien des système en
dôme étant très compliqué, le dôme fixe indien réduirait la rentabilité du procédé.
5) Un devis estimatif des deux systèmes à également montré que le dôme fixe hybride a
un coût de réalisation inférieur a celui du dôme fixe indien.

III.3.5 Choix du dôme fixe à adopter

La comparaison entre le dôme fixe indien et le dôme fixe hybride a permit de conclure
que le dôme fixe hybride est plus simple à construire, plus stable, moins coûteux et est soumis
à moins de pression. Le choix du dôme fixe hybride s’est donc avéré logique.

III.3.6 Calcul des matériaux de construction et établissement de devis

III.3.6.1 Nombre de briquettes

L’application de la formule (15) aux parties à construire en briquettes (poste de prétraitement,


partie cylindrique, dôme du dessus et chambre de compensation) a permis d’avoir le nombre
de briquettes nécessaire à la réalisation de l’unité :

Dans la région l’extrême Nord, le prix d’une briquette de terre cuite était en Juillet
2014 autour de 50 FCFA. La somme totale à allouer pour les briquettes sera de 637 250
FCFA.

53
III.3.6.2 Volume et dosage du béton nécessaire

Les surfaces occupées par le radier à la base et la première marche de la chambre de


compensation ont permise d’avoir le volume total du béton nécessaire sachant que l’épaisseur
de ce dernier est de 25 cm. Le volume du béton nécessaire est :

Le dosage du béton approprié aux digesteurs est : pour 1 m3, il faut 350 kg de ciment,
0,4 m3 de sable et 0,8 m3 de gravier [31]. Pour un sac de 50 kg il faudra donc 0,057 m3 de
sable et 0,114 m3 de gravier.

Le volume de béton nécessaire a été estimé à . Pour cela, il faudra donc 4760
kg de ciment, 5,44 m3 de sable et 10,88 m3 de gravier.

III.3.6.3 Volume du mortier nécessaire

i) Pour l’élévation des murs


Pour l’élévation des murs de la partie cylindrique, du dôme, du poste de prétraitement
et de la chambre de compensation (outlet) il faudra approximativement un volume de 6 m3 de
mortier.

Le dosage du mortier approprié aux digesteurs est : pour 1 m3, il faut 400 kg de ciment
et 1 m3 de sable [31]. Pour un sac de 50 kg il faudra donc 0,125 m3 (environ 2 brouettes) de
sable.

Le volume de mortier étant estimé à , il faudra pour cela 2400 kg de ciment et 6


m3 de sable.

ii) Pour le crépissage des parties internes de l’unité


Le dosage approprié du mortier pour que crépissage soit lisse est : pour 1 m3, il faut
310 kg de ciment et 0,740 m3 de sable tamisé. Pour un sac de 50 kg il faudra donc 0,120 m3 (2
brouettes) de sable tamisé.

Le volume du mortier nécessaire pour crépissage est le produit de la surface totale


interne par l’épaisseur du crépissage qui est de cm. Avec une surface totale interne de
143,88 m2, le volume du mortier de crépissage nécessaire a été évalué à 6,423 m3.

54
Le volume de mortier pour les deux premières couches de crépissage étant estimé à
, il faudra pour cela 1992 kg de ciment et 4,75 m3 de sable tamisé.

Il faudra encore prévoir 6700 kg de ciment pour la dernière couche de lissage des
parois internes dite « couche de lait ».

Tableau 17 : Devis estimatif pour la construction du digesteur

Désignation Unité Quantité Prix Unitaire Montant


(FCFA) (FCFA)
Briquettes de terre cuite U 50 637 250
Sable m3 19 3 334 63 346
Gravier m3 11 15 000 165 000
Ciment (CPJ 35) tonnes 16 140 000 2 240 000
Excavation m3 180 1 500 270 000
Tuyau PVC de 200 U 01 26 000 26 000
Transport U - - 100 000
Main d’œuvre et matériels U - - 1 000 000
divers
Ingénierie U - - 1 500 000
Imprévus U - - 600 000
Total 6 601 596
Coût moyen (FCFA/ m3) 68 057

Le coût moyen de construction de l’unité obtenu est de 68 057 FCFA / m3. Il est
inférieur à celui donné par le Ministère de l’Eau et de l’Energie (MINEE, 2012) qui est de
84 000 FCFA / m3.

III.4 Etude économique du procédé de méthanisation

III.4.1 Coût de la réalisation de l’unité de méthanisation

Le tableau du devis estimatif pour la construction du digesteur a permis d’estimer


l’investissement initial nécessaire à la réalisation de l’installation :

= 6 601 596 FCFA

55
III.4.2 Charges d’exploitation

Le tableau des charges d’exploitations a été obtenu en fixant le salaire mensuel de


l’agent d’entretient du digesteur à 60 000 FCFA. Le volume d’eau nécessaire tous les jours a
été évalué à 0,9095 . Le mette cube d’eau est facturé à 310 FCFA au Cameroun.

Tableau 18 : Charges d’exploitations


Désignation Coûts annuels (FCFA)
Salaire agent d’entretient 720 000
Charges liées à l’eau de dilution 102 910
Total 822 910

III.4.3 Produits d’exploitations

Un mètre cube du biogaz équivaut à 0,4 L du butane 5 kg de bois de chauffe et 2 kg de


charbon de bois [36]. Le bois constitue la principale source d’énergie pour plus de 90 % de la
population de l’Extrême-Nord Cameroun [35]. Les équivalences ont donc été établies avec le
bois de chauffe.
Avec une taille moyenne des ménages estimée à 7 individus, la consommation d’un
ménage urbain est de 1865 kg de bois de chauffe par an soit une dépense mensuelle de 8 708
FCFA par ménage [35].
Pour susciter l’intérêt du biogaz une réduction des dépenses mensuelles en énergie de
cuisson d’un ménage à 5 000 FCFA a été envisagée. La consommation mensuelle en biogaz
d’un ménage a été évaluée à 42 m3. Le mètre cube de biogaz a donc été estimé à 119 FCFA.
Un sac de compost de 50 Kg coute 1500 FCFA au Cameroun [37]. Pour être
compétitif, un sac de 50 Kg de digestât séché sera vendu à 1000 FCFA c’est à dire

Les indications précédentes et les relations (16, 17, 18 et 19) ont permise d’établir le
tableau des produits d’exploitations.

56
Tableau 19 : Produits d’exploitations
Désignation Gains annuels (FCFA)
Biogaz 1 746 000
Biofertilisants 797 138
Total 2 543 138

III.4.4 Bénéfices annuels d’exploitation

Les bénéfices annuels d’exploitation ont été obtenus à partir des produits
d’exploitations et des charges d’exploitations par application de la relation (20) :

III.4.4 Retour sur l’investissement

Le retour sur l’investissement a été obtenu par application de la relation (21) :

Le retour sur l’investissement est proche de 4 ans, c’est donc un projet rentable.

III.5 Etude des impacts environnementaux du procédé

III.5.1 Réduction de l’émission du méthane

La quantité de méthane épargnée a été évaluée en utilisant la relation (22) :

Sachant que l’abattoir produits 909,75 kg de déchets par jour, on épargnerait ainsi le
rejet dans l’atmosphère de 1002,14 m3 de méthane par an.
Le méthane ayant un pouvoir de réchauffement climatique 25 fois supérieur à celui de
dioxyde de carbone [08], nous aurons épargné l’équivalant en pollution de 25053,66 m3 de
dioxyde de carbone par an.

III.5.2 Réduction de la consommation de bois de chauffe

La taille moyenne des ménages à l’extrême Nord estimée à 07 individus, la


consommation d’un ménage urbain est de 1865 kg de bois de chauffe par an [35]. Sachant

57
que l’unité de méthanisation produira le biogaz pour 28 ménages, la quantité annuelle de bois
épargnée à été calculée en appliquant la relation (23) :

III.5.3 Réduction de la masse des déchets et des odeurs

Les microorganismes pour produire le biogaz consomment le substrat et réduisent


ainsi la masse des déchets à épandre. Le rapport des masses en sortie et en entrée du substrat
de 0,12 montre également la réduction de la masse des déchets. Illustration de la pollution des
déchets d’abattoir épandus en annexe.

Concernant la réduction des odeurs, nous n’avons pas disposé d’appareils pour
prouver son effectivité. Néanmoins, l’odora humain peut juger de la qualité de réduction des
odeurs malgré le caractère subjectif d’une odeur.
Nous pouvons également illustrer la qualité et l’efficacité du traitement des déchets
d’abattoir par méthanisation par la photo 10.

Photo 10 : Déchets d’abattoir avant et après traitement par méthanisation (TAPELE, 2014)

III.5.4 Réduction de l’utilisation des engrais chimiques

La masse annuelle de biofertilisant solide (digestât séché) a été calculé en utilisant la


relation (17) :

Cette quantité de biofertilisant peut fertiliser 2 hectares de champ de maïs par an. Les
quantités de digestât préconisées selon les cultures sont données en annexe.

58
L’utilisation des engrais chimiques dégage du CO 2 et du N2O (oxyde nitreux) qui a un
pouvoir de réchauffement climatique 298 fois supérieur à celui du gaz carbonique. Cela
représente donc un danger pour les sols, la couche d’ozone et les nappes phréatiques
principales stocks d’eau de consommation.

Les engrais chimiques peuvent affecter directement ou indirectement l’Hommes. Les


agriculteurs sont touchés par les impacts directs des engrais chimiques. Indirectement, les
consommateurs des produits fertilisés par ces engrais sont victimes de nombreuses maladies :
cancers leucémie, malformation congénitales etc.

Tableau 20: Impacts environnementaux du procédé


Impacts Quantification
Réduction de l’émission du 858,9 m3 / an
méthane
Réduction de la consommation 55,22 tonnes / an
de bois de chauffe

Traitement des déchets 332,14 tonne / an

Réduction des odeurs Appréciable

Valorisation de l’utilisation des


39,785 tonne / an
engrais biologique

III.5.5 Impacts du procédé de méthanisation sur le milieu biophysique et humain

Les impacts du procédé de méthanisation sur le milieu biophysique et humain sont


résumés dans le tableau 21.

59
Tableau 21: Impacts du procédé sur le milieu biophysique et humain
Opérations Impacts
Excavation Bouleversement de la topologie et du paysage du
site, dévastation des végétaux, érosion.
Évacuations du digestât liquide Souillure des eaux souterraines, contamination des
eaux par les micro-organismes méthanogènes.
Réduction des nuisances olfactives, élimination
Méthanisation
des pathogènes, diminution de l’émission de gaz à
effet de serre.
Indépendance énergétique, opportunités d’emplois,
Valorisation du biogaz
réduction du déboisement, réduction des maladies
respiratoires et liées à la vue.
Réduction de l’utilisation d’engrais chimique,
Valorisation du digestât
création d’emplois.

60
CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS

L’objectif de ce travail était de proposer un procédé de traitement des déchets


d’abattoirs. Il ressort de ce travail que la méthanisation est le procédé technico-économique le
plus rentable.
Afin d’atteindre notre objectif, une évaluation de la production moyenne journalière
des déchets à l’abattoir municipal de Maroua a été effectué. Les paramètres de méthanisation
de ces déchets ont été déterminés, permettant ainsi d’effectuer le dimensionnement de l’unité
capable de traiter les déchets produits. Il en résulte :
1) Une production moyenne journalière de déchets de 909,975 kg.
2) Un temps de rétention hydraulique de 40 jours.
3) Une productivité de 44,198 L de biogaz par kg de matière méthanisée.
4) Un volume nécessaire de 97 m3 d’un biodigesteur en dôme fixe, une production
journalière de 40,198 m3 de biogaz et 109 kg de biofertilisants.

Afin de démontrer la rentabilité et efficacité du procédé de méthanisation dans le


traitement de déchets d’abattoir, une étude économique et environnementale du procédé a été
menée pour le cas de l’abattoir municipal de Maroua. Les résultats qui ont été obtenus :

1) Un investissement requis de 6 601 596 FCFA.


2) Des bénéfices annuels de 1 720 228 FCFA.
3) Un retour sur investissement estimé à 4 ans.
4) Une réduction d’utilisation de 52,22 tonnes de bois de chauffe par an.
5) L’installation pourrai épargner le rejet dans l’atmosphère de 1002,14 m3 de méthane
par an soit l’équivalent en pouvoir de réchauffement climatique de 25053,66 m3 de
dioxyde de carbone par an.

Ces résultats démontrent l’efficacité et la rentabilité du procédé de méthanisation


comme procédé de traitement de déchets d’abattoirs et de la protection de l’environnement.

En guise de recommandations, nous suggérons :

1) D’initier une politique aux communautés urbaines visant la vulgarisation de la


méthanisation comme procédé de traitement et de valorisation des déchets d’abattoirs
dans la Région de l’Extrême-Nord Cameroun et ses environs voire même une
extension dans tout le pays.

61
2) D’améliorer les techniques de séparation de phase de l’effluent pour une meilleure
conservation et une facilité de transport.
3) Sensibiliser les agriculteurs sur les avantages sanitaires et environnementaux de
l’utilisation du digestât comme biobiofertilisant.

62
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES
[01] Loi n° 96/12 du 5 Aout 1996 portant loi-cadre relative à la gestion de l’environnement,
Cameroun.

[02] Recyclage, Site web: www.futura-science.com. Consulté le 25 juillet 2014.

[03] Lagrange B. (1979). Biométhane Tome 2 : « Principes, techniques, utilisations »,


collection Technologies douces, edisud : La Calade, 13100 Six en Provence, 246 pages.

[04] RASELISON Nirintsoa Francine (2007). « Contribution à l’étude technico-économique


comparative de deux modèles de biodigesteur : Plug flow et cloche flottante, cas de fermes de
poules pondeuses », Mémoire de fin d’études (DEA – CAIE) option chimie appliquée à
l’industrie et à l’environnement, Université d’Antananarivo Ecole Supérieur Polytechnique
d’Antananarivo, 71 pages.

[05] Commission Européenne (2006). Incinération des déchets, 685 pages

[06] Ministère de la coopération française (1998). Traitement des effluents de porcheries en


zone Caraïbe, Rapport CIRAD-EMVT n° 96059, 112 pages.

[07] Agence de l’Environnement et de la Maîtrise d’Energie (ADEME), (2011). Production


de biogaz par méthanisation des boues d’abattoir, 75 pages.

[08] Hamidou Sama et Sylvain Tiabri Thiombiano, SNV (2012). Le biogaz à des fins
domestiques. Fiches techniques nº6 PRISME (Programme International de Soutien à la
Maîtrise de l’Énergie), les énergies renouvelables IEPF. 08 pages.

[09] APESA (2007). Méthanisation et production de biogaz Etat de l’art, version 1, 37 pages.

[10] Caussade (2006). Production de biogaz. Site web: http://www.caussade-


semences.com/File/BIOGAZ.pdf, 20p. Consulté le 18 juillet 2014.

[11] Institute of Science in Society (ISIS), (2006). Energie renouvelable; le biogaz en chine.
Communiqué de presse de l’ISIS. Site web: http://www.isis. org.uk/ Biogas China.php, 23
pages. Consulté le 22 juillet 2014.

[12] Lagrange B. (1979). Biométhane Tome 1 : « Une alternative crédible », EDISUD, 204
pages.

[13] S. KEHAL et Hamid (1997). « Perspective de développement du biogaz en Algérie. 2 ème


journées Nationales sur l’application et la valorisation des énergies solaires » Université de
Blida.

63
[14] RAMIHONE B.R. (1982). Considérations théoriques et essais de production de biogaz
à partir du fumier de porc (système discontinu). Mémoire d’Ingéniorat,
Département Elevage. E.S.S.A. Université d’Antananarivo, 87 pages.
[15] Agence Française pour la Maitrise de l’Energie (AFME) (1984). « La méthanisation des
déjections animales », 27 rue Vicat 75737 Paris cedex 15, 23 pages.

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[27] Ludwig Sasse (1998). Systèmes Décentralisés de Traitement des Eaux Usées dans les
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[29] TIZE KODA Joël (2008). Conception, construction et test de performance d’une unité de
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[30] RANAIVOSOLOARIMALALA A (1990). « Etude et évaluation des technologies de


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[31] Amahrouch A., M. Wauthelet, A. Achab (1996). Guide de construction et d’utilisation


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[32] Marc Wauthelet, D. Demant (1991). La fertilisation par les effluents des digesteurs
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[33] Gesellschaft für Technische Zusammenarbeit (GTZ), (1988). Biogas plants. Deutsches
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[36] Igoud. S. (2002). Le biogaz: une solution énergétique viable. Bulletin des énergies
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[37] Valentin MOUAFO (2008). Bilan des installations artisanales de compostage au


Cameroun, 15 pages.

65
ANNEXES
Annexe 1: Illustration de la pollution des déchets d’abattoir (TAPELE, 2014)

Annexe 2: Schéma des conduites de biogaz et des accessoires [31].

Annexe 3: Mode de raccordement et méthode d’adaptation au biogaz des cuisinières 3 becs [31]

a
Annexe 4: Consommations spécifiques cuisinière trois becs adaptées au biogaz [31].

Différent becs Consommations (L/h)


Petit bec 120 L/ h
Moyen bec 220 L/ h
Grand bec 300 L/ h

Annexe 5: Quantité de digestât préconisées selon les cultures [31].

Cultures Quantité de digestât préconisées (t / ha)

Tomates 50 t / ha
Poivrons et melons 60 t / ha
Oignons 10-15 t / ha
Pommes de Terre 30 t / ha
Maïs 20 t / ha
Arbre (agrumes) 20 kg / arbre planté
Bananier 20 kg / bananiers

Annexe 6: Loi n° 96/12 du 5 Aout 1996 portant loi-cadre relative à la gestion de


l’environnement (l’assemblée nationale a délibéré et adopte le président de la république
promulgue la loi dont la teneur suit).

ARTICLE 5.- Les lois et règlements doivent garantir le droit de chacun à un


environnement sain et assurer un équilibre harmonieux au sein des écosystèmes et
entre les zones urbaines et les zones rurales.

ARTICLE 7.- (1) Toute personne a le droit d’être informé sur les effets préjudiciables
pour la santé, l’homme et l’environnement des activités nocives, ainsi que sur les
mesures prises pour prévenir ou compenser ces effets.

ARTICLE 42.- Les déchets doivent être traités de manière écologiquement


rationnelle afin d’éliminer ou de réduire leurs effets nocifs sur la santé de l’homme, les
ressources naturelles, la faune et la flore, et sur la qualité de l’environnement en général.

ARTICLE 43.- (1) Toute personne qui produit ou détient des déchets doit en assurer
elle-même l’élimination ou le recyclage, ou les faire éliminer ou recycler auprès des
installations agréées par l’Administration chargée des établissements classés après avis
obligatoire de l’Administration chargée de l’environnement.

b
ARTICLE 48.- (1) Lorsque les déchets sont abandonnés, déposés ou traités
contrairement aux prescriptions de la présente loi et des règlements pris pour son
application, l’autorité investie du pouvoir de police doit, après mise en demeure notifiée
au producteur, assurer d’office l’élimination desdits déchets aux frais dudit producteur.

ARTICLE 60.- (1) Sont interdites les émissions de bruits et d’odeurs susceptibles de
nuire à la santé de l’homme, de constituer une gêne excessive pour le voisinage ou de
porter atteinte à l’environnement.

(2) Les personnes à l’origine de ces émissions doivent prendre toutes les dispositions
nécessaires pour les supprimer, les prévenir ou en limiter la propagation sans nécessité ou
par manque de précaution.

(3) Lorsque l’urgence le justifie, les communes doivent prendre toutes mesures
exécutoires destinées, d’office, à faire cesser le trouble. En cas de nécessité, elles peuvent
requérir le concours de la force publique.

ARTICLE 75.- Toute opération contribuant à enrayer l’érosion, à combattre


efficacement la désertification, ou toute opération de boisement ou de reboisement,
toute opération contribuant à promouvoir l’utilisation rationnelle des ressources
renouvelables notamment dans les zones de savane et la partie septentrionale du pays
bénéficie d’un appui du Fonds prévu par la présente loi.

ARTICLE 76.- (2) Les personnes physiques ou morales qui entreprennent des
actions de promotion de l’environnement bénéficient d’une déduction sur le bénéfice
imposable suivant des modalités fixées par la loi des Finances.

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