Extrait 42324210
Extrait 42324210
Opérations unitaires :
séparation Gaz-Liquide
III
Cet ouvrage fait par tie de
Opérations unitaires. Génie de la réaction
chimique
(Réf. Internet ti452)
composé de :
Industrialisation des procédés et usine du futur Réf. Internet : 42602
Opérations unitaires : tri et traitement des liquides et des Réf. Internet : 42446
solides
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IV
Cet ouvrage fait par tie de
Opérations unitaires. Génie de la réaction
chimique
(Réf. Internet ti452)
Jean-François JOLY
Ingénieur de l'École supérieure de chimie industrielle de Lyon, Ingénieur-
docteur de l'Université de Lyon, Directeur expert à l'IFP Énergies Nouvelles
Olivier POTIER
Responsable du Groupe Thématique de la Société Française de Génie des
Procédés (SFGP), Laboratoire Réactions et Génie des Procédés (CNRS UMR
7274, Université de Lorraine, Nancy), École Nationale Supérieure en Génie des
Systèmes et de l'Innovation (ENSGSI - Université de Lorraine)
Marie-Odile SIMONNOT
Professeur en Génie des procédés à l'Université de Lorraine (Nancy)
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V
Les auteurs ayant contribué à cet ouvrage sont :
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VI
Opérations unitaires : séparation Gaz-Liquide
(Réf. Internet 42324)
SOMMAIRE
Réf. Internet page
Distillation de mélanges non idéaux. Courbes de résidu et autres outils de conception J2611 17
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VII
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Transfert de matière
Distillation compartimentée idéale
par Jean-Paul MOULIN
Ingénieur de l’École Centrale Paris
Docteur ès sciences
Professeur de génie chimique à l’École Centrale Paris
Dominique PAREAU
Ingénieur de l’École Centrale Paris
Docteur ès sciences
Professeur à l’École Centrale Paris
Mohamed RAKIB
Ingénieur de l’École Centrale Paris
Docteur ès sciences
Chef de travaux à l’École Centrale Paris
Moncef STAMBOULI
Ingénieur de l’École Centrale Paris
Docteur ès sciences
Chef de travaux à l’École Centrale Paris
et Arsène ISAMBERT
Ingénieur de l’École Centrale Paris
Docteur-ingénieur
Professeur à l’École Centrale Paris
et article présente l’une des opérations unitaires les plus anciennes, la dis-
C tillation, dont l’utilisation est très large dans l’industrie : pétrole en premier
lieu, mais aussi chimie, pharmacie, agroalimentaire...
Elle est abordée en tant qu’opération compartimentée, comportant soit un seul
étage (distillation simple), soit plusieurs étages ; la circulation des deux phases
liquide et vapeur se fait alors à contre-courant (rectification).
Le fonctionnement réel des étages est très complexe. On l’approche cepen-
dant avec une précision acceptable par le modèle de l’étage théorique ou idéal.
p。イオエゥッョ@Z@ュ。イウ@RPPQ
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© Techniques de l’Ingénieur, traité Génie des procédés J 1 072 − 1
Y
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Notations et symboles
Symbole Unité Désignation
D mol · s−1 Débit molaire du distillat soutiré au condenseur d’une rectification
E mol · s−1 Débit molaire du raffinat soutiré au bouilleur d’une rectification
GE J Enthalpie libre d’excès
G JE J · mol−1 Enthalpie libre molaire d’excès du J-ième constituant
E
HJ J · mol−1 Enthalpie molaire d’excès du J-ième constituant
Hi J· mol−1 Enthalpie molaire de la vapeur Vi
hi J · mol−1 Enthalpie molaire du liquide Ri
I mol · s−1 Débit molaire d’alimentation d’une rectification
L mol · s−1 Débit molaire du mélange liquide
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J 1 072 − 2 © Techniques de l’Ingénieur, traité Génie des procédés
QP
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QQ
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jQPWR
1.1 Homoazéotropes T T
TB
L1 III L2
T T
0 XM Yaz XN 1
Taz,1 1
X A ou YA
YA
TB,1 2
Taz,2
1
P2 TA,1
TB, 2
TA,2
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J 1 072 − 4 © Techniques de l’Ingénieur, traité Génie des procédés
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Distillation. Absorption
Étude pratique
par Jean-Charles CICILE
Ingénieur de l’Institut du génie chimique de Toulouse
Ingénieur principal de procédés à la société Krebs-Speichim, groupe Technip
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© Techniques de l’Ingénieur, traité Génie des procédés J 2 610 − 1
QS
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jRVQP
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J 2 610 − 2 © Techniques de l’Ingénieur, traité Génie des procédés
QT
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jRVQP
P1 P2
Les figures 1 et 2 représentent le schéma simplifié des deux pre- tionne sous vide. Cette colonne fournit trois produits : en fond de
mières étapes d’un traitement de benzol. colonne, un mélange comprenant les constituants les moins vola-
tils, au milieu de la colonne, un solvant (naphta) caractérisé par un
intervalle de distillation, et en tête, les xylènes et des constituants
On appelle benzol l’ensemble des hydrocarbures contenus qui ont une volatilité intermédiaire entre celle du toluène et celle des
dans les gaz de fours à coke. C’est un mélange complexe, formé xylènes. Les xylènes sont purifiés dans la colonne K8.
essentiellement d’hydrocarbures aromatiques (plus de
80 constituants). Il contient principalement du benzène (environ Les schémas des figures 1 et 2 comportent en tout huit colonnes
70 %), du toluène (environ 15 %) et des aromatiques en C8 (envi- que l’on peut répartir en quatre types :
ron 8 %) que nous appellerons xylènes. — des colonnes binaires de distillation assurant un fractionne-
ment en deux produits qui sont des mélanges plus ou moins com-
plexes ou des corps presque purs (K3, K4, K5, K6 et K8). Ce type de
Le débenzolage du gaz a toujours lieu dans la cokerie, le traite-
colonne est le plus répandu et il faut mettre en œuvre N − 1 colonnes
ment ultérieur ayant lieu le plus souvent dans des usines spéciali-
pour obtenir N produits ;
sées qui reçoivent des benzols de différentes provenances.
— une colonne complexe (K7) qui permet d’obtenir trois
Les hydrocarbures sont absorbés dans la colonne K1 (figure 1) produits ;
par un solvant qui est le plus souvent une coupe pétrolière bouillant
— une colonne d’absorption (K1) ;
entre 250 et 400 °C ou une huile de créosote (phénol-crésol), cette
dernière ayant l’avantage d’être disponible dans toutes les cokeries. — une colonne de stripping (K2).
L’huile chargée en benzol est reprise par la pompe P1. Elle est Nous reviendrons sur ce schéma, dont une partie a fait l’objet
réchauffée dans l’échangeur E2 par l’huile débenzolée venant de la d’un brevet, et sur les choix qui ont été faits au cours de son élabo-
colonne de régénération du solvant K2, puis dans l’échangeur B2 par ration.
de la vapeur, avant d’être introduite en tête de la colonne K2. Cette
colonne est une colonne de stripping (ou stripage) dans laquelle le
benzol est séparé de l’huile par entraînement à la vapeur d’eau. Le
mélange (benzol et vapeur d’eau) est condensé dans l’échangeur C2, 1.2 Distillation simple
les condensats sont envoyés dans le décanteur D2, qui sépare l’eau
de la phase organique. Celle-ci constitue le benzol brut qui est
envoyé dans le réservoir de stockage R1. La distillation simple était autrefois appelée simplement distilla-
Il existe plusieurs procédés de traitement du benzol brut. Nous en tion.
décrivons un ici qui commence par la distillation des benzols et
nous nous limitons à cette distillation (figure 2). Le benzol est frac-
tionné en huit produits : produits légers (plus volatils que le ben- C’est l’évaporation partielle d’un liquide qui permet au mieux
zène), benzène, toluène, xylènes, solvant (naphta), produits lourds d’obtenir une vapeur en équilibre avec le liquide résiduel.
(les moins volatils) et deux fractions intermédiaires situées entre le
benzène et le toluène et entre le toluène et les xylènes. L’opération peut être menée dans un appareil tel que celui de la
Le benzol brut est envoyé dans la colonne K3 qui permet d’obtenir figure 3. L’alimentation liquide I passe dans un échangeur W où elle
en tête un mélange comprenant le benzène et les produits plus vola- est partiellement évaporée. Le mélange biphasique entre dans un
tils. Ce mélange est distillé dans la colonne K4 pour obtenir le ben- séparateur S qui assure une bonne séparation du liquide et de la
zène brut. Le produit sortant en fond de K3 est traité dans les vapeur. La phase vapeur est condensée dans un condenseur C et
colonnes K5 et K6 comme le benzol l’a été dans K3 et K4. On obtient constitue le distillat D. La phase liquide est recueillie au fond du bal-
en fond de K5 un résidu qui est envoyé dans la colonne K7 qui fonc- lon séparateur et constitue le résidu E.
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QU
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R3 K4 Produits R5 K6 Têtes R7
légers toluène
Benzol
C8
VA VA ER
K3 K5 K7
B4 B6
Benzène Solvant R8
Toluène
K8 Têtes
Produits xylène
lourds
Xylol
VA VA VA
B3 B5 B7 VA
P5 B8
P7 P11 P8
Xylènes
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J 2 610 − 4 © Techniques de l’Ingénieur, traité Génie des procédés
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Notations et symboles
Distillation des mélanges idéaux
Symbole Unité Désignation
T oC Température La distillation des mélanges idéaux est présentée dans le
dossier Transfert de matière. Distillation compartimentée
P atm Pression idéale [J 1 072], notamment les méthodes graphiques de
McCabe Thiele et Ponchot Savary. Par ailleurs, le lecteur trou-
x – Fraction molaire dans un flux liquide vera les principes généraux de la distillation exposés dans le
y – Fraction molaire dans un flux vapeur dossier [J 2 610], tandis que l’appareil spécifique de ces unités
de distillation, la colonne de fractionnement, continue ou dis-
U mol Rétention liquide continue, est traité dans les articles [J 2 622], [J 2 623] et
V mol · s–1 Débit de vapeur [J 2 626]. Enfin, le dossier [J 2 615] Distillation. Absorption.
Contrôle et régulation expose les principes de base de la régu-
Q J · mol · s–1 Quantité de chaleur lation des colonnes.
t s Temps La différence de température d’ébullition, ou bien celle des
pressions de vapeur saturante des corps purs, est un bon indi-
K – Constante d’équilibre liquide-vapeur cateur de la facilité de la séparation des mélanges idéaux. À
l’exception de l’eau, le tableau 1 montre que la température
α – Volatilité relative
normale d’ébullition des composés chimiques est assez bien
i – Indice de 1 à n constituants du mélange corrélée avec leur masse molaire pour une même famille chi-
mique. Par exemple, pour les alcools primaires, les composés
légers sont volatils et ont des températures d’ébullition
basses. On les trouve en tête de colonne et dans le distillat.
1. Outils de conception L’inverse est vrai pour les constituants lourds que l’on trouve
en pied de colonne.
pour la distillation Cependant, la classification selon la température d’ébullition
ne permet pas de déterminer avec certitude l’ordre de sortie
des produits dans les bacs de distillat sauf pour les mélanges
1.1 Distillation simple et courbes zéotropiques (sans azéotrope), trop rares, qui se comportent
de résidu de façon quasi idéale.
1.1.1 Définition
La relation qui décrit l’évolution de la composition x d’un
La distillation simple dite « de Rayleigh » (évaporation simple) liquide en évaporation au cours du temps est l’équation dite
illustre bien le principe de la distillation (figure 1) : un mélange d’une courbe de résidu [1].
liquide de vecteur de fraction molaire x et de rétention molaire U
est placé dans un récipient et est porté à ébullition par l’apport
d’une source de chaleur externe Q. Quand le liquide atteint sa tem- L’application d’un bilan matière global et partiel sur le bouilleur
pérature d’ébullition, un débit de vapeur V supposé constant s’éva- permet de déduire l’équation d’une courbe de résidu :
pore. Par ailleurs, la température de la vapeur ou du liquide peut
être mesurée à l’aide d’un thermomètre. À tout instant, la fraction dxi
molaire y de la vapeur sortante est en équilibre thermodynamique = (xi − y i ) i = 1...n Courbe de résidu (1)
avec la composition x du mélange liquide retenu dans le bouilleur. dτ
QX
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Bac de distillat Pour les mélanges non réactifs, il existe trois stabilités :
– nœud instable (noté [in] pour « nœud instable ») : point singu-
Figure 1 – Distillation de Rayleigh. Évaporation simple lier dont les valeurs propres sont toutes positives. Il a la tempéra-
ture d’ébullition la plus basse de la région de distillation. Les
courbes de résidu s’éloignent toutes du nœud instable avec une
Tableau 1 – Température normale d’ébullition température croissante. Symbole : cercle blanc ;
de quelques composés chimiques – nœud stable (noté [ns] pour « nœud stable ») : point singulier
dont les valeurs propres sont toutes négatives. Il a la température
Masse molaire Tébullition d’ébullition la plus haute de la région de distillation. Les courbes
Composé
(g/mol) (oC) de résidu s’éloignent toutes du nœud stable avec une température
décroissante. Symbole : cercle plein ;
Méthanol 32 64,7
– point de selle (noté [s] pour « selle ») : point singulier de tempé-
Éthanol 46 78,3 rature d’ébullition intermédiaire, qui a au moins une valeur propre
positive et l’autre négative. Certaines courbes de résidu s’éloignent
n-Propanol 60 97,8
du point de selle avec une température décroissante et d’autres
Butanol-1 74 117,0 courbes avec une température croissante. Symbole : triangle.
Acétone 58 56,3
Butanone 72 79,3 Propriétés des courbes de résidu
1 – À reflux total, les points singuliers des réseaux de
Eau 18 100,0 courbes de résidu sont soit des corps purs, soit des azéotropes.
2 – La stabilité des points singuliers est soit un nœud instable
(symbole cercle blanc), un point selle (symbole triangle) ou un
avec τ temps adimensionnel, produit du temps t par le rapport de nœud stable (symbole cercle plein) et est dépendante de leur
la rétention liquide U et par le débit de vapeur V. température d’ébullition respective.
La relation (1) indique que la force motrice de la distillation est la 3 – Au cours d’une distillation simple, la séquence des pro-
différence (xi – yi) entre les compositions du liquide xi et de la duits suit une température décroissante. Ainsi, le nœud
vapeur yi en équilibre thermodynamique liquide-vapeur. instable sera le premier produit distillé, suivi du point de selle
et enfin du nœud stable.
4 – L’orientation de la courbe de résidu, c’est-à-dire l’évolution
Remarque : on trouve également dans la littérature les de la composition liquide du bouilleur, est dans le sens des tem-
lignes de distillation, définies par le lissage des points obtenus pératures croissantes, du nœud instable vers le nœud stable.
à partir de la relation xi = yi+1 . Elles ont des propriétés proches 5 – À reflux total, le profil de composition dans une colonne
de celles des courbes de résidu, notamment les mêmes points de distillation à garnissage et fonctionnant en mode continu
terminaux, mais sont tombées en désuétude à cause de leur suit exactement une courbe de résidu. Celui d’une colonne à
caractère discontinue, qui rend difficile leur visualisation, et de plateau en est très proche. Ainsi, dans une colonne de lon-
l’absence de mesure expérimentale associée [2]. gueur infinie à reflux total, la composition du distillat est celle
du nœud instable et la composition du pied de colonne est
celle du nœud stable de la région où se situe l’alimentation.
1.1.2 Stabilité des points singuliers 6 – L’équation d’une courbe de résidu [relation (1)] indique
des courbes de résidu que le vecteur d’équilibre (y – x ) est tangent à la courbe de
résidu en x selon la figure 2.
Appliquée à n constituants, la relation (1) forme un système de n 7 – À chaque courbe de résidu est associée une courbe de
équations différentielles algébriques. À l’aide de la théorie des vapeur en équilibre, nommé courbe de distillat. La courbe de
équations différentielles et s’inspirant de travaux russes, Doherty vapeur est toujours positionnée du coté convexe de la courbe
et ses collègues [1] ont exploré les propriétés topologiques des de résidu correspondante (figure 2).
réseaux de courbes de résidu (rcr) qui sont résumées dans deux
8 – Deux courbes de résidu ne s’interceptent jamais.
articles récents [3] [4].
QY
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jRVQQ
courbe de résidu Toluène (110,7 oC) [s] Éthanol (78,3 oC) [ns]
frontière de distillation 1 0 1 0
D, xD
possible profil de Azéo
0,9 0,1 0,9 0,1
composition liquide F, xF (76,8 oC) [s] II
bilan matière 0,8 0,2 0,8 0,2
0 1 0 1
1 0,9 0,8 0,7 0,6 0,5 0,4 0,3 0,2 0,1 0 1 0,9 0,8 0,7 0,6 0,5 0,4 0,3 0,2 0,1 0
Phénol Heptane Toluène Acétone
(181,9 oC) [ns] a classe 0.0-1 (98,4 oC) [in] (110,7 oC) [ns] b classe 1.0-2 (56,3 oC) [in]
Figure 3 – Réseau de courbes de résidu d’un mélange ternaire zéotropique idéal (classe 0.0-1) et d’un mélange ternaire avec un azéotrope
binaire à température de bulle minimale et un tiers corps léger (classe 1.0-2)
RP
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jRVQR
RQ
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jRVQR
1. Choix du procédé geables pour séparer un mélange binaire A-B zéotropique, azéotro-
pique ou à faible volatilité relative (critère αAB < 1,5, cf. dossier
selon le type de mélange [J 2 611]) :
a – distillation classique pour les mélanges idéaux (voir le dos-
à séparer sier Transfert de matière : distillation compartimentée
idéale [J 1 072]) ;
La séparation par distillation des mélanges non idéaux, azéotro- b – distillation hétérogène avec un décanteur en tête lorsque le
piques ou à faible volatilité relative est plus complexe à la fois mélange A-B est hétéroazéotropique ;
dans son fonctionnement et dans sa conception que la distillation c – distillation avec balancement de pression lorsque la
classique. La figure 1 présente les différents procédés envisa- composition de l’azéotrope varie avec la pression ;
mélange A-B
d
b Distillation c a
homoazéotropique
Distillation classique Distillation avec Distillation
avec décanteur e balancement classique
de pression
Distillation
hétéroazéotropique
g
Distillation extractive
hétérogène
RR
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jRVQR
d – distillation azéotropique homogène où un entraîneur E tota- (colonne de stripping, appelée aussi colonne de distillation
lement miscible est ajouté dès le départ avec le mélange A-B à inverse) ;
séparer. E forme un ou plusieurs homoazéotropes binaires ou
– étape 1 – à reflux infini (reflux total), l’opérateur attend que la
ternaire avec A ou B. A ou B sont alors des nœuds stables ou ins-
colonne ait atteint un régime stationnaire, avec le constituant le
tables du réseau de courbes de résidu A-B-E ;
plus volatil en tête et le moins volatil en pied. Le profil de
e – distillation azéotropique hétérogène où un entraîneur E par- composition suit à peu près une courbe de résidu ;
tiellement miscible avec A ou B est ajouté dès le départ avec le
mélange A-B à séparer. E forme alors un hétéroazéotrope binaire – étape 2 – dans une colonne de rectification (resp. de stripping),
ou ternaire qui doit obligatoirement être un nœud instable dans le avec un reflux (respectivement un taux de rebouillage) fini, le dis-
réseau de courbes de résidu A-B-E ; tillat (respectivement le produit de pied) est soutiré et récupéré
f – distillation extractive homogène où un entraîneur E totale- dans un bac. Le suivi de la température de tête (respectivement de
ment miscible est ajouté à la colonne à une autre position que l’ali- pied) permet de détecter les changements associés à ceux de la
mentation de A-B, provoquant l’apparition d’une section composition.
extractive. E peut former un nouvel azéotrope binaire ou ternaire.
A ou B sont des points de selle dans le réseau de courbes de Ainsi, avec un unique appareil, plusieurs produits peuvent être
résidu A-B-E ; récupérés successivement dans des bacs différents.
g – distillation extractive hétérogène où un entraîneur E partiel-
Pour l’étape 2, plusieurs politiques de reflux existent, dont la
lement miscible avec A ou B est ajouté à la colonne à une autre
politique à reflux constant pendant laquelle la température en tête
position que l’alimentation de A-B, provoquant l’apparition d’une
et la fraction en produit le moins volatil croît, et la politique à
section extractive. E doit former un hétéroazéotrope binaire AE ou
reflux variable avec une consigne de température constante visant
BE qui doit être un point de selle pour être obtenu en tête de la
à maintenant une composition constante dans le bac de distillat.
colonne.
La distillation discontinue hétérogène offre en plus d’autres poli-
Les procédés c à g sont considérés dans ce dossier. D’autres tiques de reflux.
procédés de distillation existant ne sont pas étudiés ici :
– distillation utilisant les sels ioniques ; Pour la distillation discontinue extractive, une étape 1 bis de
– distillation réactive, combinant réaction et séparation, cette reflux total avec alimentation continue de l’entraîneur s’insère
dernière étant habituellement employée pour soutirer un produit entre les étapes 1 et 2.
et ainsi déplacer totalement la réaction, souvent une estérification ;
– procédés hybrides combinant la distillation avec une autre
opération unitaire (pervaporation, osmose inverse, adsorption...).
Nota : le dossier Distillation. Absorption. Étude pratique [J 2 610] présente des
3. Distillation
schémas de procédés de distillation continue homoazéotropique, hétéroazéotropique et
extractive homogène, mais sans indiquer les outils pour les concevoir. avec changement
de pression
2. Modes opératoires Si la composition de l’azéotrope AzAB ou bien la volatilité rela-
tive αAB varie avec la pression, un procédé de distillation classique
Nota : le dossier Distillation. Absorption. Étude pratique [J 2 610] précise les critères peut être utilisé, n’introduisant aucun entraîneur, qui n’est donc ni
de choix entre le mode continu et le mode discontinu et présente le fonctionnement
général des colonnes associées.
à vaporiser, ni à récupérer.
RS
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jRVQR
eau (A) (100,0 oC) – acide formique (B) (100,8 oC) éthanol (A) (78,5 oC) – eau (B) (100 oC)
homoazéotrope à Tmax homoazéotrope à Tmin
(107,3 oC à 1 atm, xeau = 0,42) (78,1 oC à 1 atm)
(55,7 oC à 0,13 atm, xeau= 0,58)
Séparation à
P2 = 0,13 atm y(x) à
0,13 atm
Séparation à
P1 = 1 atm y(x) à 1 atm
P P 1atm
xaz1 xF xaz2 xA xF xaz xA
Acide Éthanol
Eau
formique
xF xF
Eau
P
xaz2 P
xaz1
Figure 2 – Effet de la pression sur la composition azéotropique et procédés de distillation continue associés
RT
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jRVQR
Bien que les courbes de résidu soient établies à reflux total, elles 4.3.2 Détermination des régions de produits
peuvent être employées pour la conception à reflux ou à taux de atteignables
rebouillage fini qui autorise le soutirage des produits dans le bac
de distillat ou en pied de colonne. La détermination des régions de produits atteignables est expli-
quée de façon correcte par Doherty et Malone [2] et Widagdo et
À reflux fini, les profils de composition dxi /dt dépendent du Seider [3] ; mais pas dans l’article de synthèse de Fien et Liu [4]
reflux R ou du taux de rebouillage S et de la fraction molaire sup- qui, sous une apparente simplicité, est inexact.
posée du distillat xD et seront établis dans le paragraphe 5.3. Leurs
propriétés sont différentes de celles des courbes de résidu : dépla- Pour une colonne de distillation continue avec une seule alimen-
cement des frontières de distillation au sein du triangle de tation, la composition des produits de tête et de pied est bornée
composition ternaire, points singuliers qui ne sont plus ni des par deux cas limites.
corps purs ni des azéotropes et apparition de régions de – Cas limite 1 – séparation directe extrême où la composition du pied
compositions faisables et infaisables. de colonne xN est égale à celle de l’alimentation xF . La colonne est une
En distillation azéotropique continue, un procédé faisable à colonne de rectification avec une unique section de concentration.
reflux total est faisable à reflux fini, ce qui est rassurant pour – Cas limite 2 – séparation indirecte extrême où la composition
l’ingénieur ! Mais l’inverse n’est pas vrai : un procédé faisable à du distillat xD est égale à celle de l’alimentation xF . C’est une
reflux fini n’est pas automatiquement faisable à reflux total ! colonne de stripping avec une unique section d’épuisement.
En distillation azéotropique discontinue, la composition du Le cas 1 implique que le lieu des xN est borné par la courbe de
bouilleur peut rejoindre en cours d’opération une région devenue résidu passant par xF . Le cas 2 implique que le lieu des xD est
infaisable à reflux faible, entraînant alors une dégradation de la borné par la courbe de distillat passant par la vapeur yF en
pureté du distillat. L’analyse des profils de composition à reflux fini équilibre avec xF .
est donc conseillée mais reste rarement utilisée. Rappelons que la courbe de distillat passant par yF est calculée
en appliquant une relation d’équilibre liquide-vapeur, exemple
y = Kx, à tous les points de la courbe de résidu passant par xF . Par
4.3 Distillation azéotropique continue ailleurs, le vecteur (yF – xF ) est tangent à la courbe de résidu en xF
(voir [J 2 611]). La droite passant par ce vecteur est appelée ligne
4.3.1 Bilans matières et séparations directe de transition et distingue les séparations directes et indirectes.
et indirecte
La construction des régions de produits atteignables pour une sépara-
Trois règles s’appliquent à la distillation azéotropique continue. tion directe ou indirecte est représentée sur la figure 4 dans une des deux
1. La température décroît entre le pied et la tête de la colonne. régions de distillation du réseau de courbes de résidu de classe 1.0-2.
2. Le bilan matière doit être satisfait et la règle du bras de levier Noter que la région des distillats est approximativement limitée par
indique que les points concernés sont alignés dans le diagramme la frontière de distillation.
de composition : alimentation, distillat et bouilleur. S’il y a plu-
sieurs alimentations, l’alimentation globale est calculée au préa-
lable par une règle de bras de levier. Pour les régions dans lesquelles les courbes de résidu présen-
3. En application des principes de faisabilité à reflux total, les tent des points d’inflexion (exemple, classe 2.0-2b, la construc-
compositions du distillat et du bouilleur sont approximativement tion des régions de produits atteignables est beaucoup moins
situées sur une courbe de résidu. facile et le lecteur se reportera à la littérature spécialisée [2] [3].
Pour un diagramme comme celui de la classe 1.0-2, il est
possible en pratique pour la composition d’un produit, exem-
On parle de séparation indirecte quand le bilan matière per- ple D, de franchir la frontière de distillation et de se situer
met d’obtenir un pied de colonne proche du nœud stable, dans une région de distillation différente de l’autre produit,
constituant ayant la température d’ébullition la plus haute de la exemple B [2].
région de distillation concernée (figure 3a ). Pour les frontières de distillation fortement courbées, la
On parle de séparation directe quand le bilan matière permet composition de l’alimentation peut se trouver dans la région
d’obtenir un distillat proche du nœud instable, constituant concave de la frontière et les compositions de B et D de l’autre
ayant la température d’ébullition la plus basse de la région de côté de la frontière, dans la région convexe [2] [4].
distillation concernée (figure 3b).
4.3.3 Séquençage des colonnes de distillation
La figure 3 présente la séparation de l’azéotrope à Tmin éthanol (A) Avec les principes énoncés, on détermine la séquence des
– toluène (B) en présence d’acétone, un entraîneur léger (E). Le colonnes nécessaires pour réaliser une séparation.
réseau de courbes de résidu appartient à la classe Serafimov 1.0-2 qui
concerne 8,5 % des systèmes ternaires ([J 2 611]). Deux régions de Exemple : la séparation du mélange homoazéotropique à Tmax acé-
distillation sont séparées par une frontière ; séparatrice instable reliant tone-chloroforme avec un entraîneur lourd, benzène (classe 1.0-2,
l’azéotrope point de selle et le nœud instable acétone. antipodale) est possible de plusieurs façons.
Pouvant résulter du mélange de deux alimentations F1 et F2 , la Les deux séquences de trois colonnes soutirent l’acétone D1 en tête
composition de l’alimentation globale FG est alignée avec celle du de la première colonne (séparation directe) et le chloroforme D3 en tête
pied de colonne SL, xN , et avec celle du reflux xR ; qui est égale à de la troisième colonne. Le pied B3 est recyclé avec l’alimentation :
celle du distillat D. xR = xD et xN sont reliées par un profil de – pour la première séquence, l’alimentation est un mélange ternaire
composition qui suit approximativement une courbe de résidu. F0 qui est mélangé avec B3 (figure 5a ) ;
– pour la deuxième séquence (figure 5b ), F0 est l’azéotrope acé-
Pour la séparation indirecte, le pied de colonne SL est situé près du
tone-chloroforme qui est mélangé avec B2 pour obtenir F1 à l’inté-
nœud stable, toluène, de la région de distillation concernée (figure 3a ).
rieur du diagramme ternaire.
Pour la séparation directe, le distillat D est situé près du nœud instable,
acétone, de la région de distillation concernée (figure 3b). Notez que dans les deux cas, l’alimentation B1 est située dans la
portion concave de la frontière de distillation. Elle est alors dans une
Nota : pour la légende des points singuliers [s], [ns] [in], cercle blanc, cercle plein et région de distillation différente de B2 et D2, mais le profil de
triangle, le lecteur se reportera au § 1.1.2 de [J 2 611]. composition entre B2 et D2 reste dans la même région de distillation.
RU
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jRVQR
Classe
1.0-2
F1 D D
FG courbe de résidu FG
frontière de distillation
F2
possible profil de composition liquide
bilan matière
SL ligne de mélange SL
Éthanol
(78,5 oC) [ns]
Classe
1.0-2
Azéo
(76,8 oC) [s]
Courbe de distillat
passant par yF
Figure 4 – Régions de produits atteignables par séparation directe et indirecte par distillation continue azéotropique. Classe 1.0-2
RV
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Distillation. Absorption
Contrôle et régulation
par Jean-Charles CICILE
Ingénieur de l’Institut du génie chimique de Toulouse (IGC)
Ingénieur de procédés à la société Krebs-Speichim
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RW
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Principaux symboles
Notation Unité Signification
T K Température
t s Temps
Indices
D Distillat
E Résidu
I Alimentation
J Numéro du constituant
N Tête de colonne
L Liquide
V Vapeur
i Numéro du plateau
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RX
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jRVQU
1. Objectif Plateau i + 1
Li + 1 Vi
Le premier objectif d'un atelier de distillation ou de traitement de
gaz est l'obtention de produits qui soient commercialisables, utilisa- SL, i + 1 Ii
bles dans les stades ultérieurs de la fabrication ou rejetables comme
IL, i
effluents. Mais ce n'est pas suffisant ; comme dans toute unité de
production, les opérations doivent être menées au moindre coût Plateau i Mi Qi
puisque l'objectif final est la réalisation du profit maximal.
IV, i – 1
L'obtention de produits répondant aux spécifications demande Ii – 1
d'abord une bonne connaissance des paramètres de fonctionne- SV, i – 1
ment de la colonne. Ceux-ci sont obtenus par des calculs de simula-
tion qui ont été exposés dans l'article Transfert de matière. Vi – 1 Li
Opérations compartimentées idéales [14], du présent traité.
Plateau i – 1
La régulation de l'installation doit maintenir constants les para-
mètres de fonctionnement déterminés par les calculs ou les modi-
Figure 1 – Schéma du fonctionnement du plateau le plus général
fier pour conserver les spécifications des produits, quelles que
(bilan)
soient les fluctuations des variables sur lesquelles il n'est pas possi-
ble d'agir. Quand un produit ne répond pas aux spécifications, ou
bien il n'est plus commercialisable et doit être retraité, ou bien il l'est
à un prix inférieur s'il existe plusieurs qualités possibles. En consé- colonne), quand la colonne fonctionne en régime permanent et
quence, beaucoup de colonnes fonctionnent dans des conditions assure la séparation désirée. Cet ensemble de données constitue les
telles que la spécification soit dépassée dans tous les cas. En distilla- conditions d’étude de la colonne. Il faut aussi connaître la façon
tion, cela signifie un fonctionnement avec un taux de reflux plus dont les différentes variables sont modifiées quand les paramètres
élevé que celui qui serait nécessaire pour obtenir juste la spécifica- prennent des valeurs autres que celles utilisées pour le calcul.
tion ; cela se traduit par une consommation de vapeur accrue. Les
systèmes de régulation avancée permettent l'obtention de produits
ayant une pureté très proche de la valeur spécifiée.
La recherche de gains de productivité amène souvent à conduire
2.2 Variance du système
une installation au voisinage d'une de ses limites de fonctionne-
ment, à savoir l'engorgement de la colonne ou la capacité ultime du
L'analyse de la variance d'une séparation fondée sur les équili-
rebouilleur ou du condenseur. La régulation évitera que les limites
bres liquide-vapeur est exposée dans l'article Distillation. Absorp-
de fonctionnement ne soient franchies en modifiant à temps les
tion. Étude pratique [15] pour une colonne fonctionnant en continu
paramètres de marche. La sécurité de l'installation n'est donc pas
et en régime établi. La simulation du fonctionnement de la colonne
compromise, elle est même renforcée.
et de la façon dont il évolue quand les paramètres sont modifiés
En ce qui concerne la sécurité, les actions du système de régula- nécessite que l'on prenne en compte le temps de séjour du liquide
tion ne sont jamais suffisantes et on prévoira deux autres niveaux sur les plateaux ou dans le garnissage, en fond de colonne et en tête
de protection : de colonne (condenseur et ballon de reflux).
— des automatismes qui provoquent l'arrêt de l'installation et qui La simulation est effectuée en utilisant la notion de plateau théo-
sont gérés par un système (généralement un automate programma- rique qui implique une évolution discrète des compositions le long
ble) différent de celui qui assure la régulation ; de la colonne, ce qui ne correspond pas à la réalité pour les colonnes
— des organes mécaniques (soupapes de sécurité ou disques de garnies. S'il s'agit d'une colonne à plateaux, pour simuler un fonc-
rupture) qui permettent l'évacuation des fluides vers l'extérieur tionnement réel, on peut faire les bilans sur des plateaux réels, en
quand la pression de calcul des appareils est atteinte. Ces produits utilisant l'efficacité de Murphree en phase de vapeur (cf. [14]
sont souvent dangereux et nécessitent un traitement avant leur rejet § 2.1.1) :
à l'atmosphère.
Enfin, la régulation peut être utilisée pour minimiser une fonction ηJ , i = ( YJ , i Ð YJ , i Ð1 ) ⁄ ( Y J*, i Ð YJ , i Ð1 )
de coût prenant en compte le prix des différents produits et celui des
utilités. avec les notations définies dans le tableau des symboles (p. 2).
On conserve cependant l'hypothèse de l'équilibre de température
entre le liquide et la vapeur et l'on considère que le liquide et la
vapeur sont parfaitement mélangés au niveau de chaque plateau.
2. Influence des divers Si la colonne comporte N plateaux (le rebouilleur étant le
paramètres plateau 1 et le condenseur le plateau N ) et sépare un mélange de n
constituants, le bilan le plus général au plateau i (figure 1) s'écrit, en
tenant compte du contenu (en nombre de moles) du plateau (Mi) :
d ( Mi X J , i )
2.1 Fonctionnement d’une colonne ---------------------------------- = ( V i Ð 1 Ð S V , i Ð 1 ) Y J , i Ð 1 + ( L i + 1 Ð S L , i + 1 ) X J , i + 1
dt
+ IL , i XJ , I + IV , i Ð 1 YJ , I Ð Vi YJ , i Ð Li XJ , i
Pour assurer le fonctionnement d'une colonne, il faut évidem-
ment connaître les valeurs des paramètres pour lesquelles elle a été d ( Mi hi )
calculée (débit et température d'alimentation, titres de l'alimenta- - = ( Vi Ð 1 Ð SV , i Ð 1 ) Hi Ð 1 + ( L i + 1 Ð SL , i + 1 ) h
-------------------------- i+1
tion et des produits (distillat et résidu), pression de fonctionnement, dt
etc.), le nombre de plateaux théoriques équivalant au nombre de + IL , i hI + IV , i Ð 1 HI Ð Vi Hi Ð Li hi + Qi
plateaux réels de la colonne et les valeurs des variables résultantes
(débits des produits, températures et pertes de charge dans la avec les notations du tableau des symboles (p. 2).
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RY
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SP
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Distillation. Absorption
Généralités sur les colonnes de fractionnement
par Jean-Charles CICILE
Ingénieur IGC (Institut de Génie Chimique de Toulouse)
Ingénieur de Procédés à la Division Technip-Speichim de la société Technip
de la régulation.
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SQ
SR
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Distillation. Absorption
Colonnes à plateaux : technologie
par Jean-Charles CICILE
Ingénieur IGC (Institut de Génie Chimique de Toulouse)
Ingénieur de Procédés à la Division Technip-Speichim de la société Technip
de haut en bas.
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SS
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1. Viroles
La virole est l’enveloppe de la colonne. Elle doit résister aux efforts
de pression, de dilatation et éventuellement aux effets du vent et
aux séismes [1] [2] [3].
La virole peut être constituée de sections de différents diamètres.
Si le débit et les propriétés physiques du flux de vapeur varient
fortement entre le pied et la tête de colonne, il sera plus économique
d’ajuster la colonne aux conditions opératoires et de prévoir une
colonne à deux ou même trois diamètres.
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ST
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Distillation. Absorption
Colonnes à plateaux : dimensionnement
par Jean-Charles CICILE
Ingénieur IGC (Institut du Génie Chimique de Toulouse)
Ingénieur de Procédés à la Division Technip-Speichim de la Société Technip
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SU
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SV
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des plateaux à courants En absorption et en stripage, les facteurs de débit sont plus élevés.
■ La souplesse : on attend d’un plateau qu’il fonctionne au régime
croisés nominal, mais aussi dans une certaine plage de fonctionnement
autour de ce régime. Le rapport entre les débits extrêmes de fonc-
tionnement d’un plateau s’appelle la souplesse du plateau (en
1.1 Fonctionnement des plateaux anglais : turndown ).
Sur les plateaux à courants croisés, les transferts de matière se
produisent entre une phase gazeuse ascendante et une phase liquide
qui se déplace horizontalement sur le plateau. Le liquide s’écoule
1.1.2 Régimes d’écoulement
d’un plateau à l’autre par un trop-plein. Le mélange de gaz (ou vapeur) et de liquide qui s’écoule sur un
Le fonctionnement des plateaux dépend des propriétés physiques plateau à courants croisés peut revêtir différents aspects. Les prin-
de chacune des phases et de leurs débits respectifs. Il sera décrit cipaux régimes de fonctionnement sont les suivants.
dans les paragraphes suivants (1.3, 1.4, 1.5, 1.6 et 1.7) pour chaque
type de plateaux. ■ Régime des bulles (bubble regime )
Aux faibles vitesses de vapeur, les bulles s’élèvent en essaims à
travers une couche de liquide relativement peu agitée (figure 1a ). Si
1.1.1 Définitions le mélange présent sur le plateau est « positif quant à l’effet
Marangoni » (§ 1.1.4), il apparaît des mousses cellulaires (figure 1b ).
L’étude du fonctionnement hydrodynamique des plateaux se fait
■ Régime des jets (froth ou mixed froth regime )
à l’aide d’un certain nombre de paramètres décrits ci-après.
C’est un écoulement très turbulent, le mélange biphasique
comprend à la fois des bulles dispersées dans le liquide et des jets
de liquide dans la phase vapeur (figure 1c ). C’est le régime qui
prévaut dans les distillations à la pression atmosphérique.
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SX
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jRVRS
■ Engorgement dû au système mêmes produits, mais ce n’est pas toujours possible. L’importance
Dans le régime des gouttes et dans celui des jets, les gouttes qui du moussage peut être estimée à l’aide d’une « cellule de
quittent l’émulsion sont animées d’une grande vitesse initiale que moussage » [8], petite colonne dans laquelle on fait barboter de
l’on peut assimiler à la vitesse au passage des fentes de calottes l’azote dans le mélange. Pour les mélanges positifs quant à l’effet
ou dans les trous des plateaux perforés. Marangoni, le mieux est de faire un essai sur un plateau pilote de
200 mm de diamètre au moins, fonctionnant dans des conditions les
Les gouttes sont stabilisées grâce à un équilibre entre les forces plus proches possible de celles de la colonne industrielle.
aérodynamiques et les forces de tension superficielle caractérisé
par le nombre de Weber : Dans tous les cas, on évitera de fonctionner dans le régime de
l’émulsion, au besoin en adoptant les MD Trays de UOP [34] [9]
2
We = 2 R g ρ G U Gz ⁄ σ (2) décrits dans l’article [J 2 622].
Les constructeurs de plateaux à soupapes appliquent aux facteurs
avec σ (N/m) tension superficielle, de capacité admissibles des coefficients minorants [58] [59] pour
U Gz (m/s) vitesse du gaz dans la section libre entre plateaux. tenir compte du moussage : Glitsch recommande d’utiliser les coef-
ficients suivants :
Au-delà d’un nombre de Weber dit critique et compris entre 9 et
15, les gouttes éclatent en gouttes plus petites. — moussage modéré (huiles d’absorption,
régénération d’amines) ..................................................... 0,85 ;
Le facteur de capacité maximal admissible par la nature du sys- — moussage important (absorption par des amines
tème est donc proportionnel [en combinant les équations (1) et (2)] ou un diol) .......................................................................... 0,73 ;
à [σ / (ρ L – ρ G)]1/ 4. — moussage sévère (méthyléthylcétone).............................. 0,6 ;
Cette limite pourra être atteinte dans les distillations sous forte — mousse stable (régénération de soude).................... 0,3 à 0,6.
pression. Si le moussage n’a pas pu être évité, il faut avoir recours à des
antimousses (silicones ou alcools supérieurs). Le choix de l’anti-
[Link] Perte de charge excessive mousse adapté au problème se fait de façon empirique, par essais
La perte de charge d’un plateau est la différence entre les pres- successifs. Les antimousses ont deux inconvénients : leur coût et la
sions statiques de part et d’autre du plateau. pollution éventuelle des produits traités.
La perte de charge totale de la colonne ne doit pas dépasser une L’influence du moussage sur le dimensionnement des trop-pleins
valeur maximale fixée : sera traitée au paragraphe [Link].
— soit par le calcul du rebouilleur ou, en absorption, par la
pression du gaz à laver ;
— soit par une température à ne pas dépasser en pied de 1.2 Dimensionnement des barrages
colonne (cas des produits thermosensibles ). et trop-pleins
[Link] Gradient hydraulique La circulation du liquide dans une colonne à plateaux à
Le niveau du liquide à l’entrée d’un plateau est supérieur à son trop-pleins peut être traitée de façon assez indépendante de celle
niveau à la sortie. On appelle gradient hydraulique la différence ∆ des gaz.
entre ces deux niveaux. ■ L’écoulement du liquide sur le plateau doit être tel que l’épais-
Sur les plateaux à calottes, le gradient hydraulique peut provoquer seur de la couche de liquide traversée par la vapeur soit suffisante
une répartition inégale du débit de vapeur qui entraîne une diminu- pour l’échange de matière : c’est la fonction des déversoirs. De plus,
tion de l’efficacité globale du plateau (§ [Link].2). il faut que le temps de séjour sur le plateau soit uniforme : c’est la
fonction des barrages d’entrée et de sortie.
■ L’écoulement du liquide d’un plateau à l’autre soulève trois
1.1.4 Moussage problèmes. Il faut :
La quasi-totalité des problèmes rencontrés au cours de la mise — conduire le liquide jusqu’au plateau inférieur : c’est la fonction
en route de colonnes à distiller provient de la formation de mousses de canalisation du trop-plein ;
imprévues. La présence de mousses entraîne un engorgement — laisser les bulles de vapeur entraînées à la sortie de la zone de
prématuré des plateaux et des trop-pleins. barbotage s’échapper du liquide avant qu’elles atteignent le plateau
inférieur, sinon elles nuiraient à l’efficacité de la séparation, tout
Le phénomène de moussage résulte de la présence d’impuretés comme le primage : c’est la fonction de dégazage du trop-plein ;
ou du comportement de certains mélanges qui empêchent la — empêcher la vapeur de remonter à contre-courant : c’est la fonc-
coalescence des bulles les unes avec les autres ou avec la phase tion de garde hydraulique du déversoir et des barrages d’entrée.
gazeuse environnante.
Les principaux phénomènes qui entraînent la stabilisation du
film liquide sont : 1.2.1 Barrages
— l’effet Marangoni (1871) : les systèmes pour lesquels le trans-
[Link] Choix du nombre de circulations
fert de masse entraîne une augmentation de la tension superficielle
du liquide s’opposent au drainage du film liquide entre les bulles Ce choix précède la détermination des barrages. Il est fondé sur
et retardent leur coalescence, ces systèmes sont dits positifs quant le débit de liquide et le gradient hydraulique.
à l’effet Marangoni ; Les plateaux à soupapes et les plateaux perforés ont un faible
— l’approche de la démixtion : Ross et Nishioka [7] ont montré gradient hydraulique qui peut être négligé. Les plateaux à calottes
que les systèmes qui se trouvent dans des conditions proches de ont un gradient hydraulique important dont l’étude fixera le nombre
l’apparition de deux phases liquides pouvaient mousser fortement ; maximal de rangées à traverser (§ [Link]), donc le nombre de passes
— la présence de tensioactifs ; du plateau.
— la présence de solides finement divisés ;
Aux vitesses élevées de liquide, la phase gazeuse est finement
— la présence de polymères.
dispersée dans le liquide : c’est le régime de l’émulsion ; il en résulte
Une fois que le risque de moussage a été détecté, il reste à éva- une diminution de la capacité de la colonne.
luer son importance quantitative, de façon à prendre des mesures
adaptées. Le mieux est de se référer à des colonnes traitant les
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SY
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TP
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Figure 4 – Représentation de la charge h q dans le trop-plein Figure 5 – Sections de passage sous la queue de trop-plein
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TQ
TR
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Distillation. Absorption
Colonnes garnies
par Pierre COPIGNEAUX
Ingénieur des Arts et Manufactures
Ingénieur-Conseil du Comité Français du Butane et du Propane
ans une colonne à plateaux, le transfert de matière est assuré par le bar-
D botage de la vapeur au sein du liquide de chaque plateau pour former une
véritable émulsion. Dans les colonnes garnies, le transfert s’effectue à la sur-
face du liquide sans occlusion appréciable de bulles gazeuses. L’efficacité d’un
tel dispositif est donc directement liée à la surface offerte par le film liquide.
p。イオエゥッョ@Z@ュ。イウ@QYYS
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TS
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jRVRV
1. Différents types
de garnissages
Le nombre de types de garnissages inventés depuis une cinquan-
taine d’années est impressionnant. Nous avons dû limiter l’énumé-
ration aux principales productions dont les caractéristiques ont été
diffusées par les constructeurs et recoupées par des résultats
d’exploitation.
Ces dix dernières années ont été marquées par l’apparition de
programmes de calcul sur micro-ordinateurs (diffusés par les
constructeurs Norton et VFF) et par le développement des garnis-
sages structurés (§ 1.2.3).
Une liste non exhaustive des principaux constructeurs et (ou)
fournisseurs de garnissages est donnée dans la fiche documentaire
[Doc. J 2 626].
Dans ce qui suit, les principales caractéristiques des garnissages
seront exprimées dans les unités légales du Système International
(SI). Toutefois les valeurs en unités anglosaxonnes ou d’utilisation
courante seront quelquefois utilisées (avec leur conversion en uni-
tés SI indiquée entre parenthèses).
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J 2 626 − 2 © Techniques de l’Ingénieur, traité Génie des procédés
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jRVRV
Sur les anneaux récents en métal ou en plastique : Les empilages entièrement constitués d’anneaux ordonnés sont
— anneaux Hy-pak de Norton (figure 1e ) ; rares en distillation, ils sont par contre utilisés dans les installa-
— anneaux Ralu-ring de Raschig, Higflow de Rauschert et tions de lavage de gaz sales. Dans une telle conception, l’augmen-
V-pack de VFF, tation de la surface de contact par un cloisonnement droit se révèle
intéressante alors que nous avons vu (§ 1.1.2) qu’elle était illusoire
plus de la moitié de la surface latérale est évidée. pour des anneaux en vrac.
Les selles ont suivi la même évolution : les Super-Intalox de Nor- L’anneau Lessing (figure 3a ) est un anneau Raschig possédant
ton (figure 1f ), en céramique ou en plastique, et les Super-Torus une cloison interne droite. L’anneau à croix de partition (figure 3b )
de Raschig, en plastique, sont ajourés. possède deux cloisons internes perpendiculaires.
La selle IMTP de Norton (figure 1g ) en métal est, vis-à-vis de la Nota : les anneaux ordonnés sont vendus par Norton et VFF.
selle de Berl, ce qu’est l’anneau Hy-pak vis-à-vis de l’anneau
Raschig.
Le trait d’union entre les garnissages actuels semble donc la 1.2.2 Matelas
recherche de corps qui présentent :
— une fraction de vide superficiel aussi élevée que possible en Ils sont obtenus par juxtaposition de bandes de tissus métalliques
conservant cependant une surface volumique égale à celle des ou plastiques gaufrées. Les ondes de gaufrage forment des canaux
corps classiques dont ils dérivent ; inclinés à 45o parfois simples, plus souvent en chevrons. Les élé-
— une structure favorisant la formation de gouttes (dont la sur- ments, de 0,1 à 0,15 m (4 à 6 in) de hauteur, sont cylindriques, d’une
face participe également au transfert de masse). seule pièce pour un diamètre inférieur ou égal à 0,3 m (1 ft), en plu-
sieurs pièces pour des diamètres supérieurs.
Les garnissages modernes présentent une perte de pression par
hauteur équivalente à un plateau théorique (§ 5.5) ∆p /HEPT de Ces garnissages dérivent directement des matelas dévésiculeurs
l’ordre de huit fois plus faible que celle observée avec des plateaux (demister) (§ 2.4) et sont caractérisés par :
à clapets, mais cela au prix d’une flexibilité (rapport de la capacité — une masse volumique apparente faible ;
minimale à la capacité nominale) réduite de moitié. — une surface volumique élevée,
associées à un facteur de garnissage satisfaisant.
Exemple : pour le matelas Multiknit type E (Tissmetal) en acier, la
1.2 Garnissages systématiques masse volumique apparente (490 kg/m3) est celle d’anneaux Raschig de
2 in (0,050 8 m), mais la surface volumique (1 940 m 2/m3) est celle
d’anneaux de 1/2 in (0,012 7 m) et le facteur de garnissage (450 m2/m3)
1.2.1 Anneaux ordonnés celui d’anneaux en vrac de 1 in (0,025 4 m).
La vente des matelas a tendance à stagner en raison du dévelop-
Les empilages d’anneaux ordonnés sont souvent utilisés comme pement des garnissages structurés, décrits ci-après. (0)
premières couches interposées entre une grille formée de poutres
et le garnissage en vrac (figure 2). Cette disposition est particuliè-
rement recommandée pour les colonnes de grand diamètre
( 2 m ) lorsque la charge de garnissage est importante ou lors- Tableau 1 – Dimension du garnissage en vrac
que les problèmes de corrosion requièrent une grille briquetée. et disposition des anneaux à croix
L’emploi d’anneaux ordonnés comportant un cloisonnement Dimension Dimension nominale et disposition
simple ou multiple se révèle alors intéressant pour augmenter la nominale recommandées pour les anneaux à croix
surface d’appui : du garnissage
— du garnissage en vrac sur les anneaux ordonnés ; en vrac 1re couche 2e couche
— des couches d’anneaux ordonnées les unes sur les autres ;
— des anneaux ordonnés sur la grille support briquetée (m) (m) (m)
(figure 2) (tableau 1).
0,076 2 0,152 (pas carré) 0
0,050 8 0,152 (pas carré) 0,102 (pas carré)
0,038 1 0,152 (pas carré) 0,102 (pas triangle)
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2. Construction
des colonnes garnies
Le fonctionnement d’un lit de garnissage dépend fondamenta-
lement :
— de la distribution du liquide et du gaz ;
— du choix d’une dimension nominale du garnissage compatible
avec le diamètre intérieur de la colonne ;
— du soin apporté à la mise et au maintien en place de la charge.
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Pour éviter l’établissement de passages préférentiels, la répartition Il est recommandé de maintenir le garnissage au moyen d’une
du liquide au-dessus du lit de garnissage doit être aussi uniforme grille posée et fixée au-dessus de chaque lit, cette grille pouvant
que possible avec au moins cinquante points d’alimentation par être solidaire du dispositif de distribution du liquide. L’expérience
mètre carré de section droite. montre en effet qu’une brusque décompression (ouverture d’une
Pour satisfaire aux impératifs précédents, il faut : soupape de sûreté par exemple) peut s’accompagner d’un entraî-
nement d’éléments de garnissage si les précautions précédentes
— vérifier l’horizontalité des distributeurs à auges (figure 5a ) ou
n’ont pas été prises.
des déversoirs à cheminées (figure 5b ) ;
— veiller à ce que les barillets perforés (figure 5c ) aient une sec-
tion suffisante et soient pourvus d’une alimentation maillée afin de
minimiser les pertes de pression qui favoriseraient certains trous 2.3 Choix de la dimension nominale
aux dépens des autres. et mise en place du garnissage
Si les dispositions précédentes sont respectées, l’écoulement
préférentiel du liquide le long des parois est négligeable et on peut On réduit l’incidence, somme toute néfaste, de la paroi de la
envisager des hauteurs garnies atteignant dix mètres sans devoir colonne en bornant inférieurement le rapport du périmètre de gar-
interposer un plateau redistributeur. nissage mouillé dans une section droite à celui de la colonne :
aA /D
avec a surface volumique d’un garnissage,
A aire de la section droite d’une colonne,
D diamètre intérieur du fût.
Nous verrons au paragraphe 3.3 que la surface volumique d’un
garnissage est inversement proportionnelle à sa dimension nomi-
nale (a = /d, avec constante et d dimension nominale d’un
garnissage) ; par conséquent, la condition précédente devient :
aA /D = πaD /4 = π D / ( 4 d ) (1)
et l’on se fixe habituellement D /d 12 .
La mise en place du garnissage est une opération délicate. En
aucun cas on ne doit le laisser tomber en chute libre dans l’air ; de
tels errements aboutissent à une casse ou à une déformation impor-
tante des garnissages, ce qui favorise les passages préférentiels,
augmente la perte de pression et les risques d’engorgement. La plus
simple des méthodes préconisées consiste à remplir la colonne
d’eau avant chargement. La descente par paniers qu’on ne renverse
qu’après les avoir doucement descendus au niveau est plus déli-
cate. La descente par manche n’est pas recommandée ; pour freiner
convenablement la descente, la manche doit avoir un faible diamè-
tre, mais elle risque alors de se boucher, et si la descente s’effectue
bien elle s’accompagne d’une casse inadmissible.
2.4 Dévésiculeur
Il n’y a généralement pas lieu d’arrêter les vésicules (ou gouttes)
entraînées dans les vapeurs de tête d’une colonne de distillation ;
il est par contre recommandé de blinder les tubes du condenseur
en regard de la connexion d’arrivée des vapeurs pour éviter leur
érosion rapide.
Les vésicules sont beaucoup plus gênantes dans les gaz sortant
d’un laveur ; en l’absence de précautions, le liquide éroderait les
coudes, s’accumulerait dans les points bas pour en repartir sous
forme de paquets générateurs de coups de bélier, etc.
Les gouttes sont généralement arrêtées par un matelas dévési-
culeur tissé en métal ou en plastique de 0,10 à 0,15 m d’épaisseur
solidement maintenu sur une grille. Les filets gazeux contournent
les fils tandis que les gouttes, d’inertie plus élevée, les heurtent et
s’y accrochent. Les gouttes s’agglomèrent sur les fils et s’en déta-
chent dès que la pesanteur compense les forces capillaires.
Le dévésiculeur est généralement placé à une hauteur égale à un
diamètre de colonne, au-dessus du lit de garnissage.
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Distillation. Absorption
Colonnes pilotes
par Jean-Charles CICILE
Ingénieur IGC (Institut du Génie Chimique de Toulouse)
Ingénieur de Procédés à la Division Technip-Speichim de la Société Technip
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KL m · s–1 conductance globale de transfert Φ mol · m–3 · s–1 flux global d’absorption par une
définie par rapport unité de volume d’absorbeur
aux concentrations
ϕ mol · m–2 · s–1 flux spécifique moyen
k (mol · m–3)1–m–n s–1 constantes de vitesse d’absorption par unité d’aire
de réactions (k 2, k mn...) interfaciale
kG mol · Pa–1 · m–2 · s–1 coefficient de transfert de matière Ω m2 section droite de colonne
du côté gaz
m ordre de réaction par rapport au A gaz absorbé (dissous) L relatif à la phase liquide
gaz dissous A
B réactif liquide dissous P produit de réaction
n ordre de réaction par rapport au
réactif liquide B E à l’entrée du réacteur R relatif au réacteur
N˙ B mol · s–1 débit molaire d’hydrazine G relatif à la phase gazeuse 0 à l’état de référence
introduit dans le réacteur
i à l’interface s au sein du liquide (sortie
p Pa pression partielle de réacteur)
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1. Classification des cients de transfert de matière du côté gaz et du côté liquide, leurs
domaines d’utilisation et des exemples d’application sont rassem-
principaux types blés à titre indicatif dans le tableau 1 d’après [1] [2].Ces différents
absorbeurs sont classés, de façon classique, en fonction de la réten-
d’absorbeurs tion en liquide ε L (volume de liquide par unité de volume de
réacteur) :
— forte rétention : colonne à bulles, cuve agitée, jet immergé ;
La figure 1 réunit les différents types d’absorbeurs gaz-liquide uti- — rétention moyenne : colonnes à plateau et à garnissage ;
lisés industriellement. Leurs caractéristiques principales, c’est-à-dire — faible rétention : colonnes à film et à pulvérisation, venturi,
les fractions de phase dispersée, les aires interfaciales, les coeffi- éjecteur.
(0)
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UT
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Coefficient de transfert
Coefficient de transfert
la phase gazeuse
en phase liquide
kL (10–4 m . s–1)
Phase continue
du côté liquide
du côté liquide
kL a (10–2 s– 1)
a (10–2 m–1)
du côté gaz
β (%)
τ (s)
Colonne à bulles ................ Liq. 60-98 0,5-6 1-4 0,5-2 0,5-12 f fàm g à tg Oxydations, chlorations
Cuve agitée ......................... Liq. 20-95 1-20 0,3-4 0,3-80 900-7 200 f fàm g à tg Oxydations, fermentations
Colonnes .............................
– à plateaux perforés ........ Liq. 10-95 1,5-5 5-13 0,5-6 7,5-60 5-10
màg m à tg g à tg Fabrication de HNO3
– à plateaux à calottes ...... Liq. 10-95 1,5-6 3-10 0,5-2 5,5-60 5-10
Colonnes à garnissage ......
– à contre-courant ............. Gaz 2-25 0,1-3,5 0,4-2 0,02-2 0,04-7
g à tg m à tg f Absorption, lavage de gaz
– à cocourant ...................... Gaz 2-95 0,1-17 0,4-6 0,1-3 0,04-100
Venturi .................................. Gaz 2-10 1,6-25 5-10 2-10 tg 1-4 f Lavage de gaz chargés en
poussières
Colonne à pulvérisation..... Gaz 2-10 0,1-1 0,7-1,5 0,5-2 tg 3-4 f Lavage de gaz chargés en
poussières
Gaz
Colonne à film...................... 1-10 2-5 0,5-8 tg 1-2 f Réactions très exothermi-
Liq. ques
(1) Rapportées à l’unité de volume de réacteur
(2) Abréviations utilisées
f : faible ; m : moyen ; g : grand ; tg : très grand.
2. Transfert de matière Il n’y a flux de transfert de matière que lorsqu’il n’y a pas équilibre
thermodynamique entre l’interface et le sein du fluide ; il est donc
dans les réacteurs opportun d’utiliser une différence de potentiel motrice définie
comme un écart à l’équilibre. On pourrait utiliser les activités et les
gaz-liquide potentiels chimiques dans les équations des flux, mais, dans la réa-
lité, on se servira presque toujours des concentrations (en mol · m–3).
Dans tout ce qui suit, nous supposerons qu’à l’interface, la
2.1 Absorption physique concentration C*A correspond à l’équilibre avec la pression partielle
pAi . Ce faisant, nous supposons qu’il n’y a pas de résistance de
transfert interfaciale ; cette hypothèse est vérifiée dans la majeure
Lorsque l’on met en œuvre l’absorption d’une espèce gazeuse partie des cas. Elle risque d’être caduque lorsque l’on est en présence
dans une solution liquide, outre les phénomènes de transport au de produits amphiphiles s’accumulant aux interfaces (tensioactifs).
sein des deux phases par diffusion moléculaire, convection..., se
En l’absence de réaction chimique, on définit alors les coefficients de
produisent des phénomènes de transfert de la phase gazeuse vers
la phase liquide au niveau de l’interface. Les conditions dans la transfert de matière du côté gaz et du côté liquide par les relations
région très proche de cette interface sont très difficiles à observer suivantes :
expérimentalement; on est, de ce fait, souvent amené à utiliser des Φ = ϕ a = k L a ( CA* – C As ) = k G a ( p A – p Ai ) (1)
modèles simples issus de la mécanique des fluides et décrivant
des couches limites au voisinage de l’interface [3] [4]. avec a (m–1) aire interfaciale gaz-liquide rapportée à
l’unité de volume,
Le facteur le plus important, en ce qui concerne le transfert de
matière vers (ou à partir d’) un écoulement turbulent, est l’existence ϕ (mol · m–2 · s–1) flux spécifique moyen d’absorption par
d’une résistance au transfert de matière localisée dans une région unité d’aire interfaciale,
de faible épaisseur, adjacente à l’interface. Φ (mol · m–3 · s–1) flux globale d’absorption par unité de
volume d’absorbeur,
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1. Eau de mer et eau potable l’on se rapproche de l’équateur. Elle peut dépasser 50 g/L dans cer-
taines zones, telles que la côte Est de l’Arabie Saoudite où la chaleur
et les hauts-fonds favorisent l’évaporation.
1.1 Qualité de l’eau de mer Quelques valeurs moyennes de la salinité de l’eau de mer :
— Océan Atlantique : 35 g/L ;
L’eau de mer est la matière première de l’usine de dessalement. — Mer Méditerranée : 38 g/L ;
Chacun peut observer ses changements de température, de limpidité
d’un lieu ou d’un jour à l’autre ; les écarts de salinité sont moins con- — Mer Rouge : 40 g/L et plus ;
nus. Salinité, température et matières en suspension sont les para- — Golfe Persique : 50 g/L et plus.
mètres majeurs du fonctionnement d’une unité de dessalement.
Le lecteur pourra se reporter aux articles [K 170] Propriétés physi-
ques de l’eau de mer, et [C 5 198], [C 5 199] [C 5 200] [C 5 201] Eaux
1.1.1 Salinité de distribution. Traitements.
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Tableau 1 – Composition standard de l’eau livrée à une usine à proximité. L’exemple le plus fréquent est celui
de mer océanique de la centrale thermique, qui requiert une eau d’appoint complète-
ment déminéralisée. La distillation, pouvant produire une eau con-
Cations (mg/L) Anions (mg/L) tenant moins de 5 mg/L de sels dissous, aura donc un avantage
certain face aux techniques membranaires qui ne peuvent égaler ce
Sodium ..................... 11 035 Chlorures .................. 19 841 résultat en une seule étape.
Magnésium .............. 1 330 Sulfates ..................... 2 769 Il arrive que certains pays n’ont pas de réglementation concernant
Calcium .................... 418 Bicarbonates............. 146 la qualité des eaux potables. On se conformera alors aux recom-
mandations de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), qui font
Potassium ................ 397 Bromures .................. 68 référence au sein de la Communauté internationale.
Strontium ................. 14 Fluorures................... 1,4 L’OMS classe les critères de potabilité d’une eau en cinq groupes.
Ceux qui intéressent le producteur d’eau dessalée concernent :
Salinité totale ................................ 36,047 g/L
— l’aspect physique : température, limpidité, odeur, teneur en
matières en suspension (MES) ;
— les caractéristiques chimiques : salinité, chlorures, pH, etc.
1.1.2 Température Pour chaque critère, l’OMS précise une valeur guide, par
exemple :
La température de l’eau de mer peut varier de quelques degrés — salinité inférieure ou égale à 1 000 mg/L ;
sur les côtes sous influence des courants polaires jusqu’à 35 ˚C — chlorures inférieurs ou égaux à 250 mg/L.
autour de la péninsule arabique.
Une température élevée avantage la distillation, tout en observant
que cet avantage est minime du fait que la capacité thermique mas- Le facteur clé du dessalement est évidemment la salinité. Au
sique de l’eau est très faible comparée à son enthalpie (sa chaleur vu des recommandations de l’OMS, on pourrait l’estimer suffi-
latente) de vaporisation. sant. Or, les chlorures représentent environ 45 % de la fuite de
salinité d’une eau de mer osmosée. On devra donc fixer un
Pour l’osmose inverse le bénéfice est contrasté : la production des objectif de 500 mg/L pour la salinité totale, de façon à respecter
membranes d’osmose augmente de 3 % par degré Celsius. C’est un l’objectif de 250 mg/L pour les chlorures.
facteur important puisqu’une augmentation de 5 ˚C augmente la
production par un facteur égal à 1,035 = 1,159. En contrepartie la
qualité de l’eau produite diminue et, surtout, le vieillissement de la
membrane s’accélère. L’expérience montre que l’optimum se situe 1.2.2 Contraintes du réseau de distribution
autour de 25 ˚C. de l’eau
On retiendra aussi que la capacité d’une unité d’osmose inverse
n’a de sens que si les valeurs minimale et maximale de la tempéra- Les critères de potabilité ne suffisent pas complètement à la déter-
ture de l’eau sont définies. mination de la qualité de l’eau potable. Il faut aussi vérifier qu’elle ne
soit ni agressive, ni entartrante vis-à-vis du réseau de distribution
aux usagers. Or, quel que soit le procédé de dessalement retenu,
1.1.3 Teneur en matières en suspension l’eau produite est pratiquement dépourvue de bicarbonate de cal-
cium et montre donc un caractère agressif marqué. Cette agressivité
doit être neutralisée par un post-traitement à déterminer en fonction
L’eau de mer est un milieu vivant, qui véhicule d’une part des
de la nature des matériaux du réseau et de sa longueur. Il peut pren-
matières minérales et d’autre part des organismes vivants souvent
dre des formes plus ou moins complexes depuis une simple correc-
microscopiques. En pleine mer, le plancton prédomine. Près des
tion de pH jusqu’à une reminéralisation partielle par introduction
cotes, la teneur en sable augmente. Elle varie selon les courants et
simultanée de chaux et de dioxyde de carbone.
la profondeur des fonds. La pollution par des rejets urbains ou
industriels peut devenir prépondérante. Le site de la prise d’eau et
sa conception seront choisis pour éviter toute pollution et limiter au
mieux l’apport des matières en suspension.
Les membranes d’osmose arrêtent toutes les matières en suspen-
2. Distillation à simple effet
sion. Il en résulte un colmatage rapide de la membrane, qui la rend
impropre à son usage. Pour conserver leur efficacité, il est indispen-
sable de rendre l’eau de mer aussi limpide que possible. C’est Ce procédé est mis en œuvre depuis longtemps sur les navires,
l’objectif du prétraitement dont les phases successives sont décrites où les moteurs Diesel émettent une quantité significative de chaleur
au paragraphe 8.3. récupérable. Son principe est simple : il reproduit le cycle naturel de
l’eau. Dans une enceinte fermée, un serpentin de réchauffage porte
La distillation, procédé beaucoup moins sensible aux matières en à ébullition l’eau de mer (figure 1). La vapeur produite se condense
suspension, ne requiert qu’une filtration grossière pour la protec- au contact d’un deuxième serpentin alimenté par l’eau de mer
tion des pompes et des échangeurs. froide. Un éjecteur (ou une pompe) évacue les gaz incondensables.
Un groupe électropompe soutire l’eau condensée ; un deuxième
l’eau de mer concentrée ou saumure.
1.2 Qualité de l’eau potable Pour calculer le bilan thermique, on considère que le débit d’eau
de mer admis dans l’enceinte est la somme des débits d’eau pro-
duite et de saumure :
1.2.1 Critères de potabilité Q = kDcp∆t + Dr (1)
Dans la grande majorité des cas, l’eau est exclusivement destinée avec Q la quantité de chaleur recherchée (en kJ),
à la consommation humaine et doit donc être conforme à la k le rapport débit d’eau de mer admis/débit d’eau
réglementation des eaux potables. douce produite,
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Extraction des
incondensables
Entrée eau
de mer
Entrée fluide
caloporteur
Saumure
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