CORRECTION CAS PRATIQUE PROCÉDURE PÉNAL
CAS PRATIQUE 1 :
Un officier de police judiciaire est informé de la découverte d’un cadavre. Il
se présente au domicile de Malik, où pèsent des indices graves et
concordants. Cependant, Malik refuse l’entrée à l’officier en avançant deux
arguments : d’une part, il n’a pas donné son consentement, et d’autre part,
l’officier est arrivé chez lui à 22h.
Les faits soumis à notre analyse relèvent de l’enquête sur une infraction
flagrante.
Deux préoccupations juridiques se dégagent de l’examen de ces faits :
- Un officier de police judiciaire peut-il effectuer une perquisition sans
le consentement du propriétaire ?
En principe, un officier de police judiciaire peut effectuer une perquisition
sans le consentement du propriétaire lorsque l’infraction est caractérisée
comme un délit flagrant.
En l’espèce, la découverte du cadavre dans le domicile de Malik et les
indices graves et concordants en font un délit flagrant.
L’officier de police judiciaire peut effectuer des perquisitions sans le
consentement de Malik, car le délit en question est considéré comme un
délit flagrant.
- Un officier de police judiciaire peut-il effectuer une perquisition
après 21h ?
L’article 51 du Code de procédure pénale prévoit que, sauf exception ou
réclamation venant de la maison, les perquisitions et visites ne peuvent
être faites entre 21h et 5h du matin, sous peine de nullité.
L’officier de police judiciaire s’est présenté chez Malik à 22h, ce qui
dépasse l’horaire autorisé pour effectuer une perquisition.
En revanche, l’officier de police judiciaire ne peut pas effectuer la
perquisition car il a dépassé l’horaire autorisé, qui est de 5h à 21h, en se
présentant à 22h.
Ainsi, la perquisition envisagée serait nulle en raison du non-respect
des horaires légaux.
RÉSOLUTION DU CAS 2 :
Madame Fall a été victime de blessures graves à la suite d’un accident de
la circulation. Dans un premier temps, elle décide de demander réparation
de son préjudice devant le juge civil pour engager la responsabilité du
conducteur du fait de son véhicule. Cependant, elle change d’avis et
souhaite finalement saisir le juge répressif pour blessure involontaire.
Les faits soumis à notre analyse relèvent de l’irrévocabilité du choix de
l’option entre les voies civile et pénale.
Une femme victime d’un accident de la circulation, lui ayant causé des
blessures graves, peut-elle, après avoir engagé la responsabilité du
conducteur devant le juge civil, décider de changer sa décision et de saisir
le juge répressif ?
En principe, la théorie de la triple identité s’applique. Cette théorie stipule
que pour permettre le changement de voie entre le civil et le pénal, trois
conditions doivent être réunies :
1. Identité de l’infraction : Les faits doivent être identiques.
2. Identité des parties : Les parties en présence doivent être les mêmes.
3. Identité de la demande : La demande formulée doit être identique dans
les deux procédures.
Dans le cas présent, l’identité des parties est respectée (Madame Fall et
le conducteur). Cependant, l’identité de l’infraction n’est pas valable. En
effet, la demande initiale devant le juge civil vise la réparation du préjudice,
tandis que la saisie du juge répressif concerne une infraction pénale
(blessure involontaire). Les demandes sont donc différentes et, par
conséquent, la théorie de la triple identité n’est pas satisfaite.
Par conséquent, Madame Fall ne peut pas changer de voie. Elle doit
maintenir sa demande devant le juge civil, car le changement vers le juge
répressif pour blessure involontaire ne peut être effectué en raison de
l’irrévocabilité de son choix initial et de l’absence de triple identité.
RÉSOLUTION DU CAS 3 :
Suite à un accident de la circulation, le père d’Hassan décède sur le
coup. Hassan saisit alors le juge pénal pour demander, d’une part, la
réparation de son préjudice moral du fait du décès de son père, et d’autre
part, il introduit une action héréditaire pour faire valoir les droits qui
appartenaient à son père avant son décès.
Les faits soumis à notre analyse sans relative aux conditions de fonds de
la constitution de la partie civile.
Deux questions juridiques se dégagent des faits :
- Le fils d’un homme décédé peut-il intenter une action civile en
réparation pour son préjudice moral ?
Selon l’article 2 alinéa 1 du Code de procédure pénale (CPP) :
➢ « L’action civile en réparation du dommage causé par toute infraction
appartient à tous ceux qui ont personnellement souffert du dommage
directement causé par cette infraction. »
Pour qu’une action en réparation soit recevable, la victime doit démontrer :
d une part Un préjudice personnel , c’est un préjudice qui lui être Propre
c'est un préjudice qui m'appartient. Et d autres part un préjudice direct
qui est un préjudice qui découle des conséquences de l'action.
En l’espèce, le décès du père d’Hassan constitue une infraction causant
un dommage moral direct et personnel à son fils. Hassan, en tant que fils, a
subi un préjudice moral directement lié à la perte de son père. Ce préjudice
est également personnel car il affecte son lien émotionnel et familial.
Par conséquent, Hassan est en droit d’intenter une action civile en
réparation de son préjudice moral devant le juge pénal.
- Le même fils peut-il introduire une action héréditaire si son père
est décédé sur le coup lors de l’accident ?
L’action héréditaire est une action en réparation des dommages subis par
la personne décédée avant son décès. Elle suppose que :
1. La victime (le père d’Hassan) ait eu le temps de constituer un droit à
réparation avant de décéder.
2. Ce droit à réparation soit entré dans son patrimoine avant son décès et
puisse être transmis à ses héritiers.
Cependant, si la victime est morte sur le coup, aucun droit à réparation
n’a pu naître dans son patrimoine. Par conséquent, aucune action
héréditaire ne peut être intentée par les héritiers (jurisprudence constante).
En l’espèce, le père d’Hassan est mort sur le coup lors de l’accident. Dès
lors, aucun droit à réparation n’a pu se constituer dans son patrimoine
avant son décès. En conséquence, Hassan ne peut pas intenter une action
héréditaire pour faire valoir les droits de son père.
Par conséquent, l’action héréditaire intentée par Hassan est irrecevable
car le droit à réparation n’a pas pu entrer dans le patrimoine de son père
avant son décès.
CONCLUSION GÉNÉRALE
1. Action en réparation pour préjudice moral : Hassan peut demander
réparation pour le préjudice moral qu’il a personnellement et directement
subi du fait du décès de son père.
2. Action héréditaire : Hassan ne peut pas intenter d’action héréditaire car
son père est décédé sur le coup, empêchant ainsi la naissance d’un droit à
réparation dans le patrimoine de ce dernier.
RÉSOLUTION CAS PRATIQUE 4 :
Lors d’une enquête pour un délit flagrant, sont présents sur les lieux le
procureur de la République, un officier de police judiciaire et le juge
d’instruction. Ce dernier décide de dessaisir les autres autorités (le
procureur et l’officier de police judiciaire). Suite à son investigation, il rend
une ordonnance de non-lieu.
Les faits se rapportent à l’intervention du juge d’instruction dans une
enquête sur un délit flagrant, plus précisément à son rôle et à ses pouvoirs
pendant cette phase.
Deux préoccupations juridiques se dégagent de l’examen des faits :
- Un juge d’instruction peut-il dessaisir le procureur de la République
et l’officier de police judiciaire lors d’une enquête sur un délit flagrant ?
L’article 64 du Code de procédure pénale dispose que la présence du
juge d’instruction sur les lieux d’un crime ou d’un délit flagrant dessaisit
automatiquement le procureur de la République et les officiers de police
judiciaire. Dès lors, le juge d’instruction devient le seul compétent pour
diriger les opérations.
En l’espèce, le juge d’instruction était présent sur les lieux d’une enquête
de flagrance. Conformément au principe énoncé, il a donc le pouvoir de
dessaisir le procureur de la République et les officiers de police judiciaire
pour prendre en charge l’enquête.
En somme le juge d’instruction peut dessaisir le procureur de la
République et l’officier de police judiciaire lors d’une enquête sur un délit
flagrant.
- Un juge d’instruction peut-il, dans le cadre d’une enquête sur un
délit flagrant, rendre une ordonnance de non-lieu ?
En principe selon l’article 64 du Code de procédure pénale, lorsque le
juge d’instruction intervient dans une enquête sur un délit flagrant, il
accomplit tous les actes de police judiciaire prévus pour cette phase.
Cependant, il agit dans ce cadre **en tant qu’enquêteur** et non en tant
que magistrat instructeur exerçant ses pouvoirs juridictionnels. Il prévoit
également que, une fois ses opérations terminées, le juge d’instruction doit
transmettre les pièces de l’enquête au procureur de la République. Ce
dernier décide ensuite des suites à donner.
En l’espèce, le juge d’instruction a rendu une ordonnance de non-lieu lors
de l’enquête de flagrance. Or, cette décision juridictionnelle ne relève pas
de ses compétences dans ce contexte il est un simple enquêteur.
Par conséquent le juge d’instruction ne pouvait pas rendre une
ordonnance de non-lieu dans le cadre de cette enquête de flagrance. Son
rôle dans cette situation se limite à celui d’un simple enquêteur, et il ne
peut exercer ses fonctions juridictionnelles qu’après l’ouverture formelle
d’une instruction judiciaire. Cette décision est donc irrégulière et pourrait
être annulée par la chambre d’accusation.