Olympe de Gouges, Déclaration des droits de la femme et de
la citoyenne 1791.
Préambule
Les mères, les filles, les sœurs, représentantes de la Nation, demandent
d'être constituées en Assemblée nationale.
Considérant que l'ignorance, l'oubli ou le mépris des droits de la femme,
sont les seules causes des malheurs publics et de la corruption des
gouvernements, ont résolu d'exposer, dans une déclaration solennelle,
les droits naturels, inaliénables et sacrés de la femme, afin que cette
déclaration, constamment présente à tous.
les membres du corps social, leur rappelle sans cesse leurs droits et
leurs devoirs, afin que les actes du pouvoir des femmes, et ceux du
pouvoir des hommes pouvant être à chaque instant comparés avec le
but de toute institution politique, en soient plus respectés, afin que les
réclamations des Citoyennes, fondées désormais sur des principes
simples et incontestables, tournent toujours au maintien de la
Constitution, des bonnes mœurs, et au bonheur de tous.
En conséquence le sexe supérieur en beauté, comme en courage dans
les souffrances maternelles, reconnaît et déclare, en présence et sous
les auspices de l'Être suprême, les Droits suivants de la Femme et de la
Citoyenne.
ARTICLE PREMIER
La Femme naît libre et demeure égale à l'homme en droits. Les
distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l'utilité commune.
II
Le but de toute association politique est la conservation des droits
naturels et imprescriptibles de la Femme et de l'Homme : ces droits
sont la liberté, la propriété, la sûreté et surtout la résistance à
l'oppression.
Introduction
Le texte que nous sommes amenés à analyser, est le préambule de la Déclaration des Droits de
la Femme et de la Citoyenne, écrite en 1791 par Olympe de Gouges (1748- 1793).
Cette femme de lettres engagée, s’inscrit dans le courant des lumières, ses écritures prennent
pour cause la défense des droits de la femme et des esclaves. Elle meurt guillotinée en 1793 en
raison de ses positions politiques révolutionnaires et non conformistes à son époque.
La Déclaration des Droits de la Femme et de la Citoyenne est en quelques sortes un pastiche de
la Déclaration des Droits de l’homme et du citoyen, ce préambule est un appel à l’égalité des
droits entre hommes et femmes.
On se demande quels sont les outils auxquels Olympe de Gouges a eu recours pour défendre
sa cause ?
Dans une première étape nous verrons comment Olympe de Gouges a défié l’homme en lançant
un appel aux femmes pour se constituer en Assemblée nationale, puis nous examinerons les
arguments qu’elle a avancé pour justifier cette révolte et au final nous traiterons les deux
premiers articles de cette déclaration.
Lecture : permettez-moi Mme de passer à la lecture de ce préambule
Mouvements du texte : la construction de ce préambule incarne trois mouvements qui
reprennent fidèlement la structure de la Déclaration des Droits de l’homme et du citoyen.
Éléments d’explication linéaire :
Mouvement 1 :
Le début du préambule commence par une énumération qui met en avant l’identité du sujet
parlant « les mères, les filles, les sœurs » c’est la femme qui prend la parole, le discours est
féminin par excellence.
Cette femme qui prend la parole est la mère, la sœur et la fille, ce qui signifie qu’un lien sacré
(le sang) unie ce sujet parlant a son auditeur (l’homme), elle fait partie du corps social ce qui
légitime sa prise de parole.
L’identité de la femme ne se définie pas seulement par ses liens de sang, mais par sa position
dans la société également, elle est « représentantes de la nation », avec cette métaphore, la
femme rejette toute forme de marginalisation en affirmant qu’elle est représentante de la
nation, elle s’approprie un statut égal à celui de l’homme.
Ces femmes représentantes de la nation, demandent d’être constituées en Assemblée
nationale, il s’agit d’une revendication légitime car elle parvient de celles qui sont
représentantes de la nation, leur revendication est donc légitime.
Le temps du present indique l’urgence de cette revendication, « demandent d'être constituées
en Assemblée nationale ».
Face à l’inégalité des droits entre hommes et femmes, Olympe de Gouges, reprend les mots de
la Déclaration des Droits de l’homme et du citoyen pour baptiser une nouvelle révolution au
nom de la femme.
La transition : après avoir déclarer la révolution, olympe de Gouges explique les causes de ce
soulèvement.
Mouvement2 :
L’argument avancé par l’autrice face à cette révolte est celui des malheurs publics et la
corruption des gouvernements qui envahissent la société, olympe de Gouges trouve que cet
état est le résultat d’une discrimination vis-à-vis de la femme, le gouvernement corrompu
marginalise son statut au sein de la société «que l’ignorance, l’oubli ou le mépris des droits de
la femme sont les seules causses des malheurs publics et de la corruption des
gouvernements ».
Face à cette situation qui fragilise à la fois la femme et la société, Olympe de Gouges présente
cette Déclaration qui cherche la réinstauration des droits légitimes et naturels de la femme
que l’homme lui a ôté malgré leur sacralité, car Dieu a voulu qu’hommes et femmes soient
égaux « les droits naturels inaliénables et sacrés de la femme ».
Cette déclaration, est un rappel que l’homme et la femme sont membres du même corps social
cette métaphore souligne leur complémentarité au sein de la société comme les organes d’un
même corps vivant. Cette égalité des devoirs et des droits est confirmée par le parallélisme
« pouvoir des femmes et pouvoir des hommes »
Transition : après avoir justifié les raisons derrière cette déclaration olympe de Gouges dévoile
ses détailles a travers des articles bien formulés
Mouvement3 :
Avant de dévoiler les articles de la déclaration des droits de la femme et de la
citoyenne, Olympe de Gouges fait un éloge de la femme a travers une figure d’amplification
pour l’entourer de beauté et de courage, la positionnant ainsi dans un rang supérieur signifiant
ainsi qu’elle déclare ses revendications tout en étant dans une position de force et non de
faiblesse. Cette démarche s’explique par une volonté d’exhiber sa force devant son adversaire
« le sexe supérieur en beauté comme en courage, dans les souffrances maternelles ».
Avant de passer aux articles, l’autrice les sacralises en les mettant sous une tutelle divine, ainsi
tels les recommandations divines ses articles son sacralises et doivent le respect et l’exécution
« en présence et sous les auspices de l’Être suprême les droits suivants de femme et la
citoyenne ».
Les articles sont imprégnés par une dimension juridique, chose qui leur confère une dimension
de légitimité comme les textes législatifs et les recommandations divines
Conclusion
Il s’agit d’un discours féminin profondément moderne, a travers lequel Olympe de Gouges lance
une critique a la Déclaration du droit de l’homme et du citoyen de 1789 ayant constitue une
relève contre la tyrannie de l’ancien régime pour réinstaure l’égalité, une promesse d’égalité
qui n’a pas été tenu a l’égard des femmes.