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Chimie des solutions
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Chimie des solutions
La chimie des solutions est la branche de la chimie qui s'intéresse à toutes les
réactions en solution. La solution peut être par exemple aqueuse ou organique.
I. GENERALITES SUR LES SOLUTIONS
I.1.Définition.
Une solution est un mélange homogène (constitué d'une seule phase) résultant
de la dissolution d’un ou plusieurs soluté(s) (espèce chimique dissoute) dans un solvant.
Une solution ayant l'eau comme solvant est appelée solution aqueuse.
La solution liquide est l'exemple le plus connu.
Il existe également des solutions solides, mieux connues sous le nom d'alliage. Un al-
liage est un mélange homogène de plusieurs solides. On peut aussi parler de solutions
gazeuses (l'air).
Exemple :
Le mélange (eau + sucre) : dissolution du sel => eau sucrée = mélange homogène
L'eau sucrée est une solution, car on ne peut pas distinguer les constituants du mélange
et le mélange laisse passer la lumière.
Par contre, le mélange (eau + huile) : émulsion : mélange hétérogène. Ce n’est pas une
solution.
Composition d'une solution.
Une solution est constituée de deux parties :
-Le soluté est la substance qui est dissoute dans le solvant. Sel, sucre…
-Le solvant est la substance présente en grande quantité dans une solution : eau, lait…
C’est dans le solvant que l’on peut dissoudre le soluté.
I.2.Qualités d'une solution : 3 types de solutions :
Solution saturée : Une solution est saturée quand le solvant ne peut plus dissoudre le
soluté. Tout rajout de soluté se traduit par un dépôt.
Solution non saturée : Une solution est dite non saturée si le solvant peut encore
dissoudre du soluté.
Solution concentrée : Une solution concentrée est une solution plus ou moins proche de
la solution saturée. Pour mieux l'apprécier, il est nécessaire de connaître la quantité de
soluté par rapport à celle du solvant. On définit alors une grandeur caractéristique de
toute solution : sa concentration C.
On évalue la quantité : - de soluté : en grammes - de solvant : en litres.
C’ = C . M (g/ℓ)
C = N/p C = N/p ou ou N = p. C
+ - -
p : nombre équivalent = (H ; OH ; charge ; e ) échangés
Exemple
HCl + H20 → Cl- + H30+ p= 1 H30+ donc N = C
H2SO4 + 2H20 → SO42- + 2H30+ p=2H30+ donc N = 2 C
NaOH + H20 → Na+ + OH- p=1 OH- donc N = C
MnO4- + 8H+ + 5e- ⇄ Mn2+ + 4H2O p=5e- donc N = 5 C
Qu’elle est la normalité de l’acide sulfurique H2SO4 0,1 mo/l
H2SO4 (acide Fort) → 2 H3O+ + SO42-
C 2C
Normalité : N= 2 x C = 2 x 0,1 = 0,2 N
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Application :
On neutralise 20 ml d’une solution de soude (NaOH) de normalité 0,25 N par une
solution d’acide sulfurique (H2SO4) contenant 10 g d’acide par litre.
Quel est le volume de solution d’acide sulfurique employé ?
On donne les masses atomiques : H= 1 ; O=16 ; S=32
Réponse :
NaOH: N1 = 0,25N; V1=20ml H2SO4: N2=? V2= ?
Pour utiliser la formule N1.V1 = N2.V2, il faut d’abord calculer la normalité de la
solution d’acide sulfurique.
On sait que : C2 = n/V = m/M.V et C2 = N2/p
Egalisant les deux relations on obtient : N2 = p.m/M.V
+
N2 = 2 x 10/98 x 1ℓ = 0,2N car (H2SO4 →2H+ + SO4-2) p=2H
M (H2SO4)=2x1+32+4x16= 98 g/mol
La relation: N1. V1 = N2. V2 => 0,25 x 20ml = 0,2 x V2 => V2 = 25 ml
V. Dilution.
La dilution est un procédé utilisé pour diminuer la concentration d’une solution en y
ajoutant du solvant sans changer la quantité de soluté.
Lors d'une dilution, la quantité de soluté ne change jamais. La masse de soluté au départ
est doncla même que celle après la dilution.
La solution que l'on dilue est appelée la solution initiale ou solution mère
La solution obtenue est appelée solution finale ou solution fille.
Si l'on appelle : C et V la concentration molaire et le volume de la solution mère
C' et V' la concentration molaire et le volume de la solution fille,
On peut écrire la relation : C .V = C '. V '
Lorsqu’on utilise cette équation, il est important que les concentrations de la
solution initiale et finale soient exprimées dans les mêmes unités. Il en va de même pour
les volumes.
Réalisation : Le volume initial et le volume final devant être mesurés avec précision, la
verrerie jaugée s'impose.
Application
On dispose d'une solution mère de HCl de concentration C = 4.10-3 M. Quel volume
doit-on prélever pour obtenir 300 ml de solution fille de concentration C'=10-3 M ?
Quel volume de solvant faut-il ajouter ?
Réponse :
1) En utilisant l’équation C.V = C'.V'
On obtient : V= C'.V'/C = 10-3 x 300 mℓ /4.10-3 = 75mℓ
2) Le volume v de solvant à ajouter v = V' – V = 300 – 75 = 225 mℓ
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VI. La masse volumique.
La masse volumique d’une solution est définie par le rapport de la masse de solution
(m) au volume total qu’elle occupe (V).
𝛒𝐬𝐨𝐥 = 𝐦 /𝐕 (unité : g/ml ; g/cm3, kg/L, kg/dm3…)
La densité : La densité est le rapport de la masse volumique de la solution à la masse
volumique de l’eau. 𝐝𝐬𝐨𝐥 = 𝛒𝐬𝐨𝐥 /𝛒𝐞𝐚𝐮 (𝐝𝐬𝐨𝐥 est un nombre sans unité)
VII. Pourcentage ou fraction.
Fraction massique
La fraction massique d'un soluté p(X) ou w(X) en solution est le quotient de la masse de
ce soluté m(X) dissoute dans un litre de solution par la masse d’un litre de solution.
𝐰(𝐗) = 𝐩(𝐗) = 𝐦(𝐗)/𝐦𝐬𝐨𝐥
Exemple :
Une solution ammoniacale de densité 0,91 et de concentration C=12,8 mol/L en
NH3. Calculer la fraction massique en eau et NH3.
Réponse
𝜌(𝑠𝑜𝑙𝑢𝑡𝑖𝑜𝑛) = m/V donc m(solution) = 𝜌 × 1000 = 910 𝑔/𝐿
Si on considère un litre de solution il pèse 910 g. Donc 1L de solution comprend :
C = n/V = m/M.V 𝑚(𝑁𝐻3) = C(𝑁𝐻3 ) × 𝑀(𝑁𝐻3 ) x 1L = 12,8 × 17 = 217,6 𝑔
𝑚(𝐻2𝑂) = 910 − 𝑚(𝑁𝐻3) = 692,4 𝑔
Donc 𝑤(𝑁𝐻3) = 𝑚(𝑁𝐻3) /910 et 𝑤(𝐻2𝑂) = 𝑚(𝐻2𝑂) /910
𝐰(𝐍𝐇𝟑 ) = 𝟐𝟏𝟕,𝟔 / 𝟗𝟏𝟎 = 𝟎, 𝟐𝟒 et 𝐰(𝐇𝟐𝐎) = 𝟔𝟗𝟐,𝟒/ 𝟗𝟏𝟎 = 𝟎, 𝟕𝟔
Fraction molaire (X) :
La fraction molaire du soluté est le rapport du nombre de moles de soluté par le nombre
de moles de la solution n (sol) avec n (sol) = n (solvant) + n (soluté)).
𝐗 = 𝐧(𝐗) /𝐧(𝐬𝐨𝐥)
Exemple
La masse volumique de la solution d’acide sulfurique d’une batterie d’automobile
est de 1250 kg/m3 à 25 C° et cette solution contient 33,3 % de H2SO4 en masse.
a) Quelle est la masse d’un litre de solution ?
b) Quelle masse de H2SO4 y-a-t-il dans un litre de solution ?
c) Quelle est la molarité de la solution ?
d) Quelle est la masse de H2SO4 par kg d’eau ?
e) Quelle est la molalité de la solution ?
f) Quelle est la fraction molaire de H2SO4 de la solution ? Solution :
Réponse
a) La masse d’un litre de solution est ; m = ρ.V = 1,25x1000 = 1250 g
b) La solution est à 33,3 % en masse de H2SO4
w =masse composé/ masse mélange = 0,333
Donc la masse de H2SO4 dans 1 l de solution est : 0,333 x 1250 = 416,25 g de H2SO4
c) La molarité est le nombre de moles par litre de solution
[H2SO4]= (masse de H2SO4 dans 1 l) / (masse molaire de H2SO4)
= 416,25 / 98,08x1 = 4,24 mol/l
d) Il y a 416,25 g de H2SO4 dans 1250 g mélange,
C’est à dire dans (1250 - 416,25 = 833,75) g d’eau.
Dans 1 kg d’eau, il y a 416,25 x 1000 / 833,75 = 499,25 g de H2SO4
f) la fraction molaire est x = nombre moles du composé/ nombre total de moles
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Dans 1 l de solution il y a 4,24 mol de H2SO4 pour 833,75 g d’eau, c’est à dire 46,28
mol d’eau. D’où la fraction molaire de H2SO4 : x = 4,24/ (4,24+46 28) = 0,084
VI. Les équilibres :
Réaction complète : Elle se déroule jusqu’à épuisement d’un réactif au moins.
Ici on parle de xmax
2 HCl + Ca(OH)2 CaCl2 + 2 H2O
0,6-2xmax=0 donc xmax = 0,3 et 0,8-xmax=0 donc xmax = 0,8 On prend xmax petit = 0,3
Réaction équilibrée : Dans cette réaction on observe une transformation, mais aucun des
réactifs ne sera épuisé totalement. Ici on parle de xf
N2 + 3 H2 2 NH3
Ei 0,8 0,4 -
Ef 0,8 - xf 0,4 -3xf 2xf
1) Le degré de dissociation
Le degré de dissociation est la fraction des molécules du soluté original qui a été
dissociée.
On le représente habituellement par α.
Nombre de moles ionisé
α = 0<α<1
Nombre de moles initiales
Si α = 1 la réaction est totale.
-Pour les acides et bases fortes α ≈ 1 -Pour les acides et bases faibles α ˂1
2) Relation entre α, Ka, et [H3O+] ou [OH-]
Soit un acide faible HA
HA + H2O A- + H3O+ Ka
Ei C 0 0
Ef C (1- α) Cα Cα
Cα. C α Cα2
Ka = =
C (1- α) (1- α)
On suppose dissociation faible donc on néglige α devant 1 d’où Ka = C.α2 donc
α =Ka /C .On vérifie est-ce bien négligeable par rapport à 1 sinon on résous l’équation
du second degré en α.
De même on peut calculer α à partir des concentrations en ions [H3O+] et [OH-]
[H3O+] [OH-]
Pour les acides faibles α = Pour les bases faibles α =
Ca Cb
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Matériel de chimie : la verrerie
La verrerie utilisée dans le laboratoire de chimie est de type borosilicaté afin de lui con-
férer des propriétés physiques et chimiques élevées. Elle résiste en particulier aux chocs
thermiques ce qui permet de l'utiliser à chaud. Cependant, les risques sont présents et
doivent être évalués avant toute manipulation. Le matériel de base nécessaire pour pré-
parer une solution ou réaliser un dosage est constitué de béchers ou d'erlenmeyer,
d'éprouvette graduée, de burette et d'une pipette munie d’un pipeter.
La fiole jaugée, elle est utilisée pour :- la préparation de solution de concentration don-
née
- la dilution d’une solution
La lecture se fait au niveau du trait de jauge
Bécher Erlenmeyer
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CHAPITRE I
REACTIONS ACIDO-BASIQUES
التفاعالت الحمضية القاعدية
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I.EQUILIBRES EN SOLUTION AQUEUSE
I.1. Acides et bases : définitions
Les acides et les bases sont définis selon les théories d’Arrhénius, de Bronsted, ou de
Lewis :
• Selon la théorie d’Arrhenius :
-Un acide est une substance qui s’ionise dans l’eau et libère un proton H+.
-Une base est une espèce qui, en se dissociant, libère un ion OH-.
AH ⇄ A- + H+ BOH ⇄ B+ + OH-
acide base
Dans l’eau, un proton se retrouve sous forme hydronium H3O+
acide base
A tout acide correspond une base conjuguée et à toute base correspond un acide
conjugué,
A ⇄ B + H+
acide base
A et B sont l’acide et la base conjugués.
ATTENTION : Le proton n'existe pas sous forme H+ isolé en solution. Il est donc
toujours associé avec une base. Cette base est soit l'eau elle-même c'est-à-dire qu'on a
H3O+ ou bien avec une autre base.
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Exemple d’acides:
H3O+ ⇆ H+ + H2O H2O ⇆ H+ + OH-
CH3COOH ⇆ H+ + CH3COO− NH4+ ⇄ H+ + NH3
HCN ⇄ H+ + CN−
L’acide sulfurique est un diacide. L’acide phosphorique est un triacide
H2SO4 (acide Fort) → 2 H+ + SO42- H3PO4 ⇄ H+ + H2PO4−
H2PO4− ⇄ H+ + HPO42−
HPO42− ⇄ H+ + PO43−
Exemple de bases :
Soude (base Forte) NaOH + H2O → Na+, H2O + OH-
qui s’écrit plus simplement : NaOH → Na+ + OH-
Potasse (base Forte) KOH → K+ + OH-
Ammoniaque (base faible) NH3 + H+ ⇄ NH4 +
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Exemple :
Pour le couple CH3COOH/ CH3COO on écrit l’équation : CH3COOH ⇆ CH3COO- + H+
On dit que ces deux espèces sont conjuguées.
CH3COO- est la base conjuguée de CH3COOH.
CH3COOH est l’acide conjugué de CH3COO-.
Les acides et les bases dans la vie :
Beaucoup de ces acides sont utilisés dans notre vie quotidienne, comme le vinaigre ou
l'acide acétique dans la cuisine, l'acide borique dans la lessive, etc. Ils ont une saveur
acidulée, sucre, aigre : vinaigre, citron,
L’acide citrique se trouve dans les fruits comme les oranges et les citrons, l’acide ma-
lique dans les pommes et l’acide lactique dans le lait et les produits laitiers, ainsi que
l’acide chlorhydrique dans les fluides gastriques
Les bases ont une saveur amère. Donne une impression de « glissant » (savon-
champoing-javel)
De nombreuses bases, telles que l’eau de chaux, peuvent également être utiliséés Le
bicarbonate de soude dans la cuisine, eau de javel dans le nettoyage. Dans l’industrie on
utilise NaOH et KOH.
I. 3. Réaction acido-basique :
Une réaction acido-basique est un échange de protons entre deux couples acide-
base.
Exemple : A1H/A1- et A2H/A2-
On fait réagir ensemble ces deux couples ce qui donne la réaction acide-base suivante :
On en déduit donc que l'eau est une molécule ampholyte (ou amphotère) car elle
peut être à la fois acide et base.
En associant les 2 réactions on obtient une réaction d’auto-protolyse :
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L’application de la loi de masse
[H3O+] [OH-]
Keq = = 3,24.10-18 obtenue par conductimétrie à 25°C
[H2O] 2
On définit une nouvelle constante appelée Ke.
Ke = Keq [H2O]2 = [H3O+][OH-] = 10-14 à 25°C
pKa = -log10 Ka
En résumé :
Plus un acide est fort, plus son Ka est fort et donc son pka est faible.
Plus un acide est fort, plus sa base conjuguée est un ion indifférent
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Les espèces polyfonctionnelles sont caractérisées par une valeur de Ka pour
chacune des fonctions acides. La première fonction acide d’un polyacide est plus forte
que sa seconde.
Ceci se traduit par une valeur pKa1≥ pKa2. Ceci est logique dans la mesure où il est
d’autant plus difficile d’arracher un proton (positif) à une espèce quand celle-ci est
chargée négativement.
C’est le cas, par exemple de : L’acide acétique (af) et du cyanure d’hydrogène (af) :
CH3COOH (acide faible) + H2O ⇆ H3O+ + CH3COO- (base faible) pKa1 = 4,76
HCN (acide faible) + H2O ⇆ H3O+ + CN- (base faible) pKa2 = 9,31
De ces deux acides faibles, l’acide acétique CH3COOH (pKa1 = 4,76) est plus fort que
le cyanure d’hydrogène HCN (pKa2 = 9,31).
b) Force des bases
Soit une base B : B + H20 ⇆ BH+ + OH-
[BH+][OH-]
On définit alors la constante de basicité Kb par : Kb =
[B]
- Si Kb est très élevée la réaction est totale, la base est forte.
B + H2O → BH+ + OH- Une seule flèche réaction totale
- Si Kb est très faible la réaction est équilibrée, la base est faible.
B + H2O ⇆ BH+ + OH- Double flèche réaction équilibrée
Relation entre K a et Kb d’un couple acide-base
Considérons un acide AH et sa base conjugués A-, on aura les équilibres :
AH + H2O ⇆ A- + H3O+ Ka et A- + H2O ⇆ AH + OH- Kb
acide base
Les constantes Ka et Kb s’écrivent :
[A-][H3O+] [AH][OH-]
Ka = et Kb =
[AH] [A-]
- + -
[A ][H3O ] [AH][OH ]
Le produit Ka. Kb = . = [H3O+] [OH-] = 10-14 = Ke
[HA] [A-]
et comme pK = -log K alors on aura pour tout couple Acide/Base :
Il suffit de connaitre le Ka d’un couple acide base pour évaluer la force de la base. Donc
la définition d'une constante de basicité Kb est donc inutile.
II. ECHELLE DES CONSTANTES D'ACIDITÉ (pKa)
Un acide (ou une base) qui ne réagit pas avec l'eau est dit acide (ou base) extrêmement
faible. On dit que c'est un acide (ou base) indifférent.
Exemple : Les ions Cl- ; Na+ ; K+
II.1. Acide fort
Acide qui se dissocie totalement dans l’eau : La constante Ka doit être supérieure à 1
(pKa <0).
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Ex : HCl à un pKa de (– 7) c'est donc un acide fort
HCl + H2O → H3O+ + Cl- Réaction totale (→)
Cl- est sa base conjuguée faible inactive.
La base conjuguée d'un acide fort est une base indifférente.
Acides forts à connaitre :
Solution d’acide chlorhydrique HCl → H+ + Cl-
Solution d’acide bromhydrique HBr → H + + Br-
Solution d’acide nitrique HNO3 → H+ + NO3-
Solution d’acide sulfurique H2S04 → 2H + + SO42-
Attention : HF acide fluorhydrique est un acide faible
II.2. Base forte
Base qui se dissocie totalement dans l’eau. La base forte a un pKa ›14
Ex : NaOH, son pKa est de 17
NaOH → Na+ + OH- L'acide conjugué est Na+,
L'acide conjugué d'une base forte est un acide indifférent.
Bases fortes à connaitre :
Solution d’hydroxyde de sodium (soude) NaOH → Na+ + OH-
Solution d’hydroxyde de potassium (potasse) KOH → K+ + OH-
Les bases à structure ionique tel que (NaOH, Ca(OH) 2 ,Mg(OH)2,.) sont des bases
fortes et sont totalement dissociées en solution (1 seule flèche).
Remarque :
Les acides forts et les bases fortes sont principalement utilisés pour les dosages
acide-base et les hydrolyses.
II.3. Acide faible
Acide qui se dissocie partiellement, la réaction s’écrit avec une double flèche ⇄.
Acides faibles à connaître :
-Tous les acides carboxyliques : acide méthanoïque HCOOH et acide éthanoïque
CH3COOH
- Ion ammonium: NH4+
Les acides faibles ont toujours une base conjuguée faible
H2O 14 0 OH-
Acides Bases conjuguées
H3PO4 2 12 H2PO4-
.
H3 O+ 0 14 H2O
L’échelle pH est utilisée pour déterminer le degré d’acidité d’une substance. Elle
représente la concentration des ions H+ dans une solution.
Plus une substance contient d’ions H+, plus elle est acide. Plus elle contient
d’ions OH−, plus elle est basique.
L’échelle de pH a des valeurs de 0 à 14, où 0 indique très acide et 14 indique très
alcalin.
Le pH est une échelle logarithmique exprimé de la manière suivante :
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Si la valeur du pH est connue, il est possible de la convertir en concentration molaire
[H3O+] >10−7 mol/L pH < 7 Solution acide
[H3O+] = 10−7 mol/L pH = 7 Solution acide
[H3O+] <10−7 mol/L pH >7 Solution basique
N.B. • Le pH de l’eau pure est égal à 7 (neutre) à 25°C, = 6,8 (neutre) à 37°C
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Échelle de pH : Dans l'eau utilisée, le pH est défini dans l'intervalle : 0 ≤ pH ≤ 14.
• La valeur pH = 0 correspond à [H3O+] = 1 M
• La valeur pH = 14 correspond à [OH-] = 1 M ou [H3O+] = 10-14 M
En remplaçant (1) et (2) dans l’expression (3), il vient : [H3O+] = Ca + (Ke / [H3O+])
On obtient ainsi une équation du second degré qui admet comme solution :
Ca + Ca2 + 4Ke
+
[H3O ] =
2
Ca + √Ca2 + 4Ke
d’où pH = - log si C ˂10-6,5 M
2
pH = - log Ca si C≥10-6,5 M
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Remarque : Si l’acide comporte deux fonctions acides Ex : H2SO 4
[H3O+] = 2 Cacide pH = - log 2Ca
On a négligé pas les H3O+ qui proviennent de l’eau car la solution est très diluée
IV.1.2. pH d'une base forte :
Les couples acido-basiques mis en jeu sont BH+ /B et H2O/OH-
B + H2O → BH+ + OH- H2O + H2O ⇄ H3O+ + HO-
Ei Cb 0 0
Ef 0 Cb Cb
Ca + √ Ca2 + 4Ke
+
[H3O ] =
2
Cb + √Cb2 + 4Ke
d’où pH = 14 + log si C ˂10-6,5 M
2
Le calcul du pH est facilement résolu si les deux approximations sont vérifiées :
approximation : La solution est basique. [H3O+] << [OH-] vraie si le pH ≥ 7.
• Electroneutralité (3) [OH-] = [H3O+] + [BH+] devient: [OH-] = [BH+] = Cb
-log [OH-] = -log Cb ou –log [H3O+] =14 + log Cb = pH
pH = 14 + log Cb si C ≥10-6,5
M
QCM : Quel est le pH d’une solution de base forte de concentration 10 -7 M ?
Réponse : pH =14 + log (10-8) = 14 -8 = 6 ‹ 7 acide ?
On utilise l’équation du 2ème degré pour calculer [H3O+]
[H3O+]2 - Ca [H3O+] – Ke = 0 et on fait pH = - log [H3O+] = - log (6,2.10-8) = 7,2
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IV.1.3. pH d'un acide faible :
Il existe dans cette solution aqueuse les deux équilbres suivants
AH + H2O ⇄ A- + H3O+ Ka et 2 H2O ⇄ H3O+ + HO-
Ei Ca 0 0
Ef Ca (1-) Ca Ca
A l’équilibre, les concentrations : AH, A- ; H2O, OH- et H3O+ sont inconnues, il faut
donc écrire 4 relations pour calculer le pH de la solution.
• Loi d’action de masse : Ka = [A-] [H3O+]/ [AH] (1)
• Le produit ionique de l’eau : Ke = [H3O+] [OH-] (2)
• Conservation de la matière : Ca = [A-] + [AH] (3)
• Electroneutralité: [H3O+] = [OH-] + [A-] (4)
.
(4) donne [A-] = [H30+] - [OH-]
(3) donne [AH] = Ca - [A-] = Ca - [H30+] + [OH-]
On remplace dans Ka
[H3O+] ([H30+] - [OH-])
Ka = d’où [H3O+]3 +Ka [H3O+]2-(Ke+Ca Ka)[H3O+]- KeKa= 0
C - [H30+] + [OH-]
La détermination de la concentration en ion H3O+, consiste donc à résoudre une
équation du 3ème degré.
-Ka +√Ka2 + 4KaC
D’où pH = - log si α=√Ka/Ca >0,1
2
En général, on se contente de faire certaines approximations mais celles-ci doivent
toujours être justifiées.
Approximations :
• La solution est acide, nous négligerons [OH-] devant [H3O+],
• En général, [OH-] et [H3O+] sont toujours négligeables devant la concentration C de
l’électrolyte,
On a donc Ka= [H3O+]2/Ca D’où [H3O+]2 = Ka Ca
pH = ½ pKa - ½ log Cb
si α=√Ka/ca ˂0,1
Exemple 1 :
Calculer le pH d’une solution
M d’acide acétique 10-2 M (pKa = 4,8)
L’acide acétique CH3COOH est faible :
Approximation : pH = ½ pKa – ½log Ca = ½ (4.8) – ½ log 10-2 = 3.4 ˂ 7 Oui
Sans approximation :
Equation du 2ème degré, on obtient [H3O+] = 4.13.10−4 mol/l ⇒ pH= -log[H3O+] = 3,4
Avec ou sans approximation, nous obtenons un pH identique.
Exemple 2 :
Calculer le pH d’une solution d’acide acétique 10-5 M (pKa = 4,8)
Approximation : pH = ½ pKa – ½log Ca = ½ (4.8) – ½ log 10-5 = 4,9 ˂ 7 Oui
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Sans approximation : Equation du 2ème degré, on obtient [H3O+] = 7.10−6 mol/l
⇒ pH= 5,2 ! car 10-5 M solution très diluée
Exemple 3 :
Calculer le pH d’une solution d’acide chloroacétique ClCH 2COOH 0,1 M
(pKa = 0,7)
Sans approximation :
Equation du 2ème degré, ⇒ [H3O+]=7,32.10-2 M ⇒ pH = -log [H3O+] =1.14
Le pKa de l’acide chloroacétique est ˂ 2. Cet acide est fortement dissocié en solution
aqueuse, même si ce n’est pas un acide fort. Déterminons le degré d’ionisation de cet
acide :
α = √7,32.10−2/0,1 = 0.85 = 85 % ! (pKa = 0.7 donc Ka = 10-0,7 = 0.2)
En solution à 0,1 M, l’acide chloroacétique est donc dissocié à plus de 50% ; il est donc
aberrant de vouloir le considérer comme un acide peu dissocié ! Le calcul du pH doit
donc se faire sans approximation.
IV.1.4. pH d'une base faible
Les couples acido-basiques mis en jeu sont BH+ /B et H2O/OH- .
B + H2O ⇄ BH+ + OH- Ka et 2H2O ⇄ H3O+ + HO-
Ei Cb 0 0
Ef Cb (1- ) Cb Cb
[H3O+](Cb-[OH-]+[H30+])
Ka = d’où [H3O+]3 +(Ka+Cb) [H3O+]2 –Ke[H3O+]-Ke Ka =
[OH-] - [H30+]
La détermination de la concentration en ion H3O+, consiste donc à résoudre une
équation du 3ème degré.
-Kb +√Kb2 + 4KbC
d’où pH = 14+ -log si α=√Kb/Cb >0,1
2
Les mêmes approximations qu’avant permettent facilement le calcul du pH.
Avec les approximations :
• La solution est basique, nous négligerons [H3O+] devant [OH-]
• En général, [OH-] et [H3O+] sont toujours négligeables devant la concentration C de
l’électrolyte,
Ka devient Ka = [H3O+]Cb / [OH-] = [H3O+]2/10-14 Cb et [H3O+]2 = 10-14 Ka / Cb
pH = - log [H3O+] = -log(10-14 Ka / Cb)1/2
22
= ½ log (10-14 Ka / Cb) = ½ (log 10-14 - log Ka + log Cb
= ½ (14 + pKa + log Cb) = 7 + ½ pKa + ½ log Cb
pH = 7 + ½ pKa + ½ log Cb
si α=√Kb/Cb ˂0,1
24
C1 .V1 C2 .V2
avec C’1 = et C’2 = Concentrations dans le mélange
V1+V2 V1+V2
25
d). Mélange de deux bases faibles :
pH = 14 +1/2 log (Kb1C’1 – Kb2C’2)
V. SOLUTIONS TAMPONS
Définition :
Une solution tampon se caractérise par une composition telle que son pH est
Rela tivement insensible aux variations de concentration. Cette stabilité de pH, appelée
effet tampon est particulièrement dans le cas de réactions chimiques sensibles à
l’acidité.
Un tampon est constitué généralement d’une solution d’acide faible et d’un de
ses sels de base forte ou d’une solution de base faible et d’un de ses sels d’acide fort.
Les solutions tampons composées d'une base faible et de son acide conjugué
sont appelées tampons alcalins et ont un pH > 7.
26
Base faible (bf) pH = 7 + ½ pK a + ½ log Cb - bases aminés : NH3, CH3NH2,….
Cb : Concentration initiale en base - bases conjuguée : CN-, CH3COO-, CO32-, PO43-, SO42-
pKa de l’acide conjugué à la base f - sels composés : CH3COONa…
pH toujours >7
pH = 7 + ½ pKa + ½ log Cb
Mélange (af +bF) Cb : Concentration initiale en base - bases aminés : NH3, CH3NH2, ….
pKa de l’acide conjugué à la base - bases conjuguée : CH3COO-, CO32-, PO43-, SO42-
f. pH toujours >7 - sels composés : CH3COONa…
Cb
af / bf conjuguée pH = pKa + log -mélange d’un af et sa bf conjuguée
Ca CH3COO H + CH3COONa
Formule d’Henderson-Hasselbach H3PO4 + H2PO4-
Ca : Concentration initiale en acide
Cb : Concentration initiale en basE -application aux mélanges tampons dont : 2 <pH <12
27
Il existe deux types de dosage : Le dosage colorimétrique et le dosage pH-
métrique.
Dans un dosage colorimétrique, on utilise un indicateur coloré ; Nous admettons
qu’un indicateur coloré convient pour un dosage acido-basique si sa zone de virage
contient la valeur du pH à l’équivalence. Le choix judicieux de cet indicateur nécessite
une connaissance du pH en ce point.
Un indicateur coloré correspond à un couple acide-base dont les deux formes acide HI A
et basique IB- ont des couleurs différentes.
28
Dosage acide Fort/Base Forte Acide faible/base Fort
Détermination graphique de l’équivalence sur une courbe pH = f (Vb)
Pour déterminer le point équivalent on utilise la méthode des tangentes : ça consiste à
tracer 2 tangentes parallèles et une perpendiculaire entre elles. Le milieu de la
perpendiculaire passant par la courbe du dosage correspond au volume équivalent.
29
Exemples :
Dosage détaillé d’un acide faible CH3COOH par une base forte NaOH :
30
31
Le point 3 (pH=9) On appelle ce point le point équivalent
32
33
Dosage d’une monobase faible NH3 par un monoacide fort HCl :
34
Dosage d’un diacide faible H2CO3 par une monobase forte NaOH:
35
CHAPITRE II
36
I. LES REACTIONS D’OXYDO-REDUCTION
I. Définitions
I.1.Oxydant, Réducteur, Oxydation, Réduction
- Un oxydant est une espèce capable de fixer des électrons.
Ex : Cu2+ + 2e− → Cu
- Un réducteur est une espèce capable de céder des électrons.
Ex : Cu → Cu2+ + 2e−
Lorsqu’un oxydant fixe des électrons il est réduit.
Inversement lorsqu’un réducteur cède des électrons, il est oxydé.
• La réaction d’un oxydant est appelée réduction
• La réaction d’un réducteur est appelée oxydation
---- Réduction ------→
Oxydant + ne- Réducteur
←--- Oxydation -------
37
Couple O2/H2O2 : O2 + 2H+ + 2e- ⇋ H2O
Milieu acide oxydant réducteur
38
Pour équilibrer, cette réaction on écrit que le nombre d’électrons cédés par le réducteur
est égal au nombre d’électrons captés par l’oxydant.
Exemple 1: Équilibrer la réaction suivante en milieu acide:
MnO4- + H2C2O4 → Mn2+ + CO2
39
Calcul du n.o :
•La somme des nombres d'oxydation dans une molécule est égale à 0.
MnO2 : Mn= ? O (-II) => x + 2(-2) = 0 => x = 4 => Mn (+IV)
KMnO4 : Mn= ? O (-II) K(+I) => 1 + x + 4(-2) = 0 => x = 6 => Mn (+VI)
•La somme des nombres d'oxydation dans un ion est égale à la charge de l'ion.
SO32 - S=? x + 3(-2) = -2 => x = +4 => S (+IV)
-
MnO4 Mn=? x + 4(-2) = -1 => x = -1+8 = 7 => Mn (+VII)
Quand le degré d’oxydation n’est pas un entier !! Ex: Le fer dans Fe3O4
3(Fe) + 4(O) = 0 => 3Fe +4(-2) = 0 => 3Fe = 8 => n.o.(Fe) = 8/3
Le degré d’oxydation du Fer n’est pas un entier !! Cette valeur n’est en fait qu’une
moyenne des degrés d’oxydation des 3 atomes de Fe. Le fer existe sous forme de Fe
(+II) et de Fe (+III). Donc dans Fe3O4 on a : 2Fe3+ et 1Fe2+.
L’oxydo-réduction et le n.o. :
Zn2+ + 2e- ⇋ Zn
+II 0 => Le n.o. passe de +II à 0 (diminue)
Cu ⇋ Cu2+ + 2e−
0 +II => Le n.o. passe de 0 à +II (augmente)
Conclusion : Dans une oxydation on assiste à une augmentation du « n.o » alors que
pendant une réduction on assiste à une réduction du « n.o »
Identification d’une réaction chimique :
Ex1 : HCl + NaOH → H2O + (Na+, Cl−)
-I +I +I -I
Le n.o. (Cl) = -I ne change pas : C’est donc une réaction acido-basique.
40
On a deux couples redox :
• H2O2 /H2O : H2O2 joue le rôle d’un oxydant.(-1 → -2)
• O2 /H2O2 : H2O2 joue le rôle d’un réducteur (-1→ 0)
Par conséquent l’eau oxygénée (H2O2) joue le rôle d’un ampholyte oxydo-réducteur.
V. Potentiel d’un couple oxydant/réducteur
Il représente la différence de potentiel entre les deux électrodes. On définit alors
le potentiel de l’électrode qu’on le note E ou π qui représente le potentiel de l’électrode
par rapport à la solution.
E° est appelé potentiel normal redox : c’est cette valeur qu’on trouve dans les tables de
potentiels redox.
Le potentiel standard de réduction, E° de l'hydrogène est la référence :
E° = 0.00 Volt; T = 25°C; P = 1 atm; C = 1 M.
2H+ + 2 e- ⇋ H2 (gaz)
Cette électrode est dite aussi Electrode Normale à Hydrogène (ENH) ou Electrode
Standard à Hydrogène (ESH).On la note : Pt / H+ (1M ; PH2=1atm)
Les valeurs des potentiels standards des couples Ox/Red les plus courants sont
donnés dans les tables en annexe de la plupart des manuels.
Potentiels normaux d’oxydoréduction à 25°C.
Oxydant + ne- ⇋ Réducteur E°(Volts)
Na+ + 1e- ⇋ Na -2,71
2+
Mg + 2e- ⇋ Mg -2,34
Al3+ + 3e- ⇋ Al -1,67
Zn2+ + 2e- ⇋ Zn -0,76
Fe2+ + 2e- ⇋ Fe -0,44
+
2H3O + 2e- ⇋ H2 + 2H2O 0
Cu2+ + 2e- ⇋ Cu +0,34
I2 + 2e- ⇋ 2I- +0,54
3+
Fe + 1e- ⇋ Fe2+ +0,77
+
Ag + 1e- ⇋ Ag +0,80
Plus le potentiel est élevé, plus l'oxydant du couple est fort.
41
Exemple :
42
- Reconnaître un réducteur et un oxydant à partir de la classification périodique
des éléments :
Un grand nombre des réducteurs rencontrés sont des métaux (cuivre, argent, fer,
magnésium…) Tous ces éléments se situent dans la partie gauche ou centrale de la
classification périodique. Ils ont tendance à céder des électrons.
Les principaux oxydants sont des corps simples correspondant à des éléments
situés dans la partie droite de la classification (dioxygène, dihalogène). Ces éléments
forment facilement des anions en captant des électrons.
- Oxydants et réducteurs de la vie courante :
L’eau de javel est un mélange équimolaire de chlorure de sodium (Na+(aq), Cl-(aq))
et d’hypochlorite de sodium (Na+(aq), ClO-(aq)). Ses propriétés désinfectantes
blanchissantes sont dues aux propriétés oxydantes de l’ion hypochlorite (ClO -(aq))
V.2.Relation de Nernst
La loi de Nernst donne la relation potentielle E = f (E°). Elle est une conséquence de la
loi thermodynamique.
Formule de Nernst : S’applique à un couple redox (Ox/Red)
[Red]β
α Ox + n e− ⇋ β Red Qr = . Qr est le quotient de réaction
[Ox]α
L’enthalpie libre d’une réaction peut s’exprimer par un terme constant et un terme
variable, terme variable qui dépend de la température et de la concentration
ΔG = ΔG ° + R.T.LnQ ou -n.F.E = -n.F.E° + R.T.LnQ r
RT RT 1
/nF On a E = E° - Ln Q r = E° + 2,3log
nF nF Qr
On utilise le log décimal à la place du népérien : 2,3RT/F = 2,3 x 8,31x298/96500 =0,06
Finalement la relation de Nernst s’écrit :
0,06 [Ox]α
EOx/Red = E°Ox/Red + log (Volts)
n [Red]β
43
V.3.Application de la formule de Nernst aux divers types
d’électrode
1- Électrode de premièr type :
a).Electrode : Métal-Ion :
C’est un métal M solide qui plonge dans la solution d’un de ses sels.
M ⇋ Mn+ + n.e-. E= E° + 0,06/n log [Mn+]
Exemple :
Une lame de cuivre (Cu) plongée dans une solution de Cu2+. Elle est symbolisée par
Cu2+/Cu. La réaction électrochimique qui a lieu dans ce cas est :
Cu2+ + 2e- ⇋ Cu (s) E = E° + 0,06/2 log [Cu2+]
b) Electrode à gaz :
Un gaz est en équilibre au-dessus d’une solution qui contient sa forme oxydée ou
réduite.
Exemple : Electrode à Hydrogène.
H2 ⇋ 2H+ + 2 e- E = E° + 0,06/2 log [H+]2/PH2
Ou 2H2O + H2 ⇋ 2H3O+ + 2 e- E = E° + 0,06/2 log [H3O+]2/PH2
L’influence d’un constituant gazeux est caractérisée par sa pression P. Cette pression
sera toujours exprimée en atmosphère.
2- Électrode du second type :
Il s’agit d’un métal (sous forme de lame) recouvert de l’un de ses sels peu
soluble, plongé dans une solution qui contient l’anion de ce sel.
Si E°1 > E°2 => log K>1 et K>>1 => l’équilibre (3) se déplace vers la droite
En thermodynamique, on démontre que les 3 grandeurs, potentiel, constante
d’équilibre et variation d’enthalpie libre, sont liées par la relation :
ΔG° = -n.F.E° = - RT ln K d’où E° = RT ln K/ nF
Ln K log K
Donc E° = 0 ,0257 = 0,06
n n
K : constante d’équilibre ; ΔG ° : enthalpie libre de la réaction à P = 1atm ;
n : nombre d’électrons échangés dans l’équilibre
45
Exemple : A 25°C la constante d’équilibre K de la réaction : Fe3++1e- ⇋ Fe2+
est log K = 29,51. Calculer le potentiel E° du couple Fe3+ /Fe2+
Réponse :
Or pour le couple : Fe3+ /Fe2+ n = 1e-
log K
E° = 0,06 = 0,06 x 29,51 = 1,77 V
n
46
Force électromotrice d’une pile :
Le potentielle d’une cellule est aussi appelée la force électromotrice de la cellule
(f.e.m.). Ce potentielle correspond à la différence de potentielle entre les deux
électrodes f.e.m. = E cathode – E anode
Cas de la pile usée : La f.é.m. d’une pile usée est nulle : les concentrations ont alors
évolué jusqu’à ce que les potentiels des couples s’égalisent. Dans ce cas le système
n’évoluera plus, il sera en état d’équilibre
Exemple : Quelle est la f.e.m. de la pile : Cu/Cu2+(10-1M) // Zn2+(10-1M)/Zn
On donne : E°cu2+ /Cu = 0.34V ; E°Zn /Zn = - 0.77V
Solution :
Cu2+/Cu: Cu2++2 e-⇋ Cu E1=E°cu2+ /Cu + 0,06/2 log [Cu2+] = 0,34-0,03 = 0,31 V
Zn2+/Zn : Zn2+ +2 e- ⇋ Zn E2=E° Zn2+/Zn + 0,06/2 log [Zn2+] = -0,77-0,03 = -0,80 V
On a E1> E2, le pôle (+) est du côté du cuivre donc la pile s’écrit :
Zn/Zn2+ (10-1M)// Cu2+ (10-1M)/Cu
f.e.m. = E1+ – E2- = 0,31-(-0,80) = 1,11 V
- Pile Daniell : Elle est constituée d’une :
- Lame de cuivre plongée dans une solution de sulfate de Cu.
- Lame de zinc plongée dans une solution de sulfate de Zn.
47
Donc RT Ln K = - ΔG° = 2.F. ΔE° ΔE° = 1,1 Volts
R = 8,314 JK−1moℓ.ℓ−1 F =96500 Cb => K = 4,68.
Remarque : Plus ΔE° est élevé plus la réaction est spontanée et la constante d’équilibre
K est grande.
VIII. Dosage d’oxydo-réduction
Le dosage consiste à trouver la normalité d’une solution oxydante connaissant celui
d’une solution réductrice ou le contraire.
On parle de dosage lorsqu’il s’agit de réaction quantitative, c'est-à-dire lorsque la
constante d’équilibre K est très grande.
Les réactions d’oxydoréductions s’accompagnent d’un changement de couleur qui
montre la fin du dosage donc le point équivalent.
A l’équivalence : le nombre d’électrons cédés par la solution réductrice est égal au
nombre d’électrons captés par la solution oxydante.
On écrit donc : N0. V0 = NR. VR
N0.V0 : normalité et volume de la solution oxydante
NR.VR: normalité et volume de la solution réductrice
Titrages redox :
• On détermine la concentration d'une solution inconnue par oxydation ou réduction du
composé.
KMnO4- est souvent utilisé : C'est un oxydant très puissant.
Le couple est : MnO4- / Mn2+ MnO4- est violet ; Mn2+ est incolore
Le réducteur le plus utilisé est NaI ou KI. (iodométrie).
• 1ere étape : réduction du composé par I- : 2 I- ⇋ I2 + 2e-
• 2ème étape : oxydation d’I2 par le thiosulfate de sodium : 2 S2O32-⇋ S4O62-+2e-
Ajout d'amidon : coloration bleue
conc (thiosulfate) => conc (I2) => conc ( I-) => conc inconnue
Application :
Il faut 15 cm3 d’une solution de permanganate de potassium KMnO4 4.10-2 M
pour oxyder 10 cm3 d’une solution d’oxalate de sodium Na2SO4. Ecrire la réaction
et calculer la normalité et la concentration de la solution oxalate (C2O42-)
MnO4- joue le rôle d’oxydant alors que C2O42- joue le rôle de réducteur
MnO4- /Mn2+ : MnO4 - + 8H+ + 5e- ⇄ Mn2+ + 4H2O (x2)
CO2 /C2O42- : CO2 + 2 e- ⇄ C2O42- (x5)
La réaction totale : 2MnO4- + 5 C2O42- + 16H+ ⇄ 2Mn2+ + 8H2O + 10CO2
La normalité de la solution KMnO4 (Ox) : Nox = p.C =5(e-) x 4.10-2 = 20.10-2 N
Donc la normalité de la solution oxalate C2O42- (Red) :
NOx. VOx =NR.VR => 20.10-2 x 15 = NR x 10 donc NR =20. 10-2 x 15/10=0,30 N
Et la concentration Coxalate = NR /p = 0,30/2e- = 0,15 mol/l
48
KMnO4 → K++ MnO4- de concentration connue C1=2.10-2 mol/l
Le pH sera maintenu constamment proche de 0, pour éviter que n’interviennent d’autres
types de réactions…
La solution de Fe2+sera dans le bécher alors que la solution de MnO4 -sera dans la burette
Schéma du montage - électrode :
On a besoin de deux électrodes pour suivre le potentiel de la solution :
-Fil de Platine (Pt) pour avoir un accès direct au potentiel de la solution
-Electrode de référence (2eme espèce) : fixe une référence…
(Electrode au calomel sature, ou au sulfate mercureux par exemple)
Equations du dosage : MnO4- plus oxydant
Couple 1: MnO4- /Mn2+ MnO4- + 8H+ + 5e- → Mn2+ + 4H2O
Couple 2: Fe2+/Fe3+ Fe2+ → Fe3+ + 1e- (x5)
MnO4- + 8H+ + 5e- → Mn2+ + 4H2O
5Fe2+ → 5Fe3+ + 5e-
49
Remarque : Attention, la courbe n’est pas symétrique, du fait des coefficients
stœchiométriques des équations. Ici on ne peut pas appliquer la méthode des tangentes
pour obtenir le point à l’équivalence.
IX. Les facteurs influençant sur le potentiel d’oxydo-réduction
IX.1. Influence du pH :
Le potentiel diminue avec l’augmentation du pH
Le potentiel redox qui mesure le pouvoir oxydant et réducteur d’un couple peut
dépendre de l’acidité de la solution aqueuse si les ions H3O+ ou OH- interviennent dans
les demi réactions redox, dans l’équilibre de charges.
MnO4- + 8H+ + 5e- ⇄ Mn2+ + 4H2O E°(MnO4-/Mn2+) = 1,55V
E = E°MnO4- /Mn2+ + (0,06/5) log[MnO4-][ H+]8/[ Mn2+]
= E°MnO4- /Mn2+ - (0,06 x 8/5) pH + (0,06/5)log[MnO4-]/[ Mn2+]
E°’
Avec E°’ = E°MnO4- /Mn2+ - (0,06 x 8/5) pH = E° MnO4- /Mn2+ - 0,096pH
E0’ est le potentiel normal apparent du couple MnO4-/Mn2+. Il varie avec le pH, il
diminue lorsque le pH augmente.
Exemple :
Etude des équilibres de précipitation : Considérons l’équilibre :
Fe(OH)2 ⇄ Fe2+ + 2OH- Ks =10-15
Ks = [Fe2+][OH-]2 = 10-15
Or [H+][OH-] = Ke = 10-14 d’où [OH-] = 10-14/[H+]
Donc Ks = [Fe2+].(10-14)2/[H+]2 = 10-15
Ou [Fe2+] = Ks[H+]2/(10-14)2 = 10-15[H+]2/(10-14)2 donc log[Fe2+] = - 2pH + 13
Si [Fe2+] = 10-2 M , le premier grain de Fe(OH)2 apparaît à pH = 7,45
-Si maintenant on a l’équilibre :
Fe(OH)3 ⇄ Fe3+ + 3OH- Ks = 10-38
Ks = [Fe3+][OH-]3 = 10-38
Or [H+][OH-] = Ke = 10-14 ou [OH-] = 10-14/[H+]
Ks = [Fe3+](10-14)3/[H+]3 = 10-38
[Fe3+] = Ks[H+]3/(10-14)3 = 10-38[H+]3/(10-14)3 d’où log[Fe3+] = - 3pH + 4
Si [Fe3+] = 10-2M le premier grain de Fe(OH)3 apparaît à pH=2
IX.2. Influence de la précipitation :
En général, la précipitation d’un hydroxyde diminue le pouvoir oxydant :
Fe3+ + e- ⇄ Fe2+ E° = 0,77 V
pour Co =10-2 mol/l : quand le pH >2 ; Fe(OH) 3 précipite :
Fe (OH)3 + 3H+ + e- ⇄ Fe2+ +3H2O
E = E°(Fe(OH)3 / Fe2+ ) + 0,06 / log[H+]3/[Fe2+] car [Fe(OH)3]solide =1
50
E = E° (Fe(OH)3 / Fe2+ ) - 0,177 pH - 0,06 log[Fe2+]
= E’° - 0,177pH - 0,06 log [Fe2+] avec E’° < E°(Fe3+/Fe2+)
IX.3. Influence de la complexation :
La formation de complexes agit sur les propriétés oxydo-réductrices. En général, il y a
diminution du pouvoir oxydant en relation avec la stabilisation du complexe.
Exemple : Complexation de Fe3+ par les ions F-
Fe3+ + F- ⇄ FeF2+ avec pKd = 5,2
on a donc l’équilibres redox : Fe F2+ + e- ⇄ Fe3+ + F-
Soit CFe2+ = [ Fe2+]
Et C Fe3+totale = [Fe3+] + [FeF2+] = [Fe3+](1+ [F-]/Kd) car [FeF2+] =[Fe3+][F-]/Kd
E = E°Fe3+ /Fe2+ + 0.06 log [Fe3+]/[ Fe2+]
= E°Fe3+ /Fe2+ + 0.06 log CFe3+totale./(1+ [F-]/Kd) [Fe2+]
= E°Fe3+ /Fe2+ + 0.06 log 1 /(1+ [F-]/Kd ) + 0,06 log CFe3+totale/ CFe2+
= E°’Fe3+ /Fe2+ + 0.06 logCFe3+totale/ CFe2+
Avec E°’Fe3+ /Fe2+ = E°Fe3+ /Fe2+ + 0.06 log 1/(1+ [F-]/Kd)
Pour pF- >5,2 [F-]/Kd <<1 E°’FeF2+ /Fe2+ = 0,77 V
Pour pF- <5,2 [F-]/Kd >>1 E°’FeF2+ /Fe2+=0,77+0,06pF--0,06pKd=0,463+ 0,06pF-
E°’FeF2+ /Fe2+ est le potentiel apparent pour pF- <5,6
51
CHAPITRE III
REACTIONS DE PRECIPITATION
I . Réactions de précipitation
I. 1.Définitions
I.2. Le produit de solubilité
I.3.Solubilité d’un solide
I.4. Condition de précipitation
I.5. Domaine d'existence d’un précipité
II. Facteurs pouvant modifier la solubilité
II.1. Influence de la température
II.2. Effet d’ions communs
II.3. Influence du pH
II.4.Solubilité des hydroxydes
III. Stabilité relative d’un précipité
IV. Titrage par précipitation
Définir les termes suivants : sel ionique, produit de solubilité, solubilité, solution
saturée, domaine d’existence d’un précipité, effet d’ion commun, hydroxyde
amphotère.
Ecrire la condition de formation d’un précipité en comparant Q r et KS.
Présenter les paramètres ayant un effet sur la solubilité : température, pH, réac-
tions de complexation, effet d’ion commun.
Calculer la solubilité d’un sel.
Conseils :
Attention au sens d’écriture de la réaction d’équilibre du précipité avec ses ions :
KS correspond à l’écriture de l’équation dans le sens de la dissolution, 1/KS cor-
respond a celui de la formation du précipité.
Attention à l’état physique des constituants intervenant dans les équations ! Les
solides ont une activité égale a 1, les solutés dilués a Ci/C°, etc…
La frontière du domaine d’existence d’un précipité dépend de la concentration
initiale en ions dans la solution. Cette remarque est très importante car cela si-
gnifie que dans les exercices ou deux solides peuvent être potentiellement for-
més par ajout d’un même ion, la comparaison des constantes d’équilibre ne suf-
fit pas pour prévoir quel précipité va se former en premier : il est nécessaire de
calculer les concentrations limites entrainant la précipitation
52
I. REACTIONS DE PRECIPITATION:
I.1.Définitions :
Réaction au cours de laquelle le mélange de 2 solutions aqueuses donnent un
composé solide appelé un précipité.
Une réaction de précipitation se traduit par une équation de précipitation.
Exemple :
AgNO3 (aq) + NaCl (aq) → AgCl (s) + NaNO3 (aq)
Précipité
Tableau de solubilité
53
I.2. Produit de solubilité Ks :
•Définition :
On appelle produit de solubilité Ks d’un composé solide ionique la constante
d’équilibre de la réaction de dissolution noté Ks. Il ne dépend que de la température:
Exemples : AgCl(s) ⇋ Ag+ + Cl- ⇒ Ks = [Ag+]eq [Cl-]eq
PbI2(s) ⇋ Pb2+ + 2 I - ⇒ Ks = [Pb2+]eq [I-]2eq
Ca3(PO4)2(s) ⇋ 3 Ca2+(aq) + 2 PO43-(aq) ⇒ Ks = [Ca2+]3 [PO43-]2
Remarque :
-La notion de concentration d’un précipité n’a aucun sens. Nous ne devons donc jamais
écrire [solide], l’activité du solide, seul dans sa phase étant égale à 1.
-Le produit de solubilité est sans dimension.
-Le produit de solubilité d’un solide dépend de la température
à 25°C, on a
Solubilité croissante =>
Solides AgI(s) AgCl(s) CaCO3(s)
pKs 16,1 9,8 8,3
Ks = (xs)x . (ys) y
54
Exemple 1- AgCl (S) ⇋ Ag+ + Cl− pKs = 9.75 ou Ks=10−9,75
s s
Ks = s.s = s2 ⇒ s = √ Ks = 1.33 10−5 moℓ.ℓ−1
I.4.Condition de précipitation:
Soit l’équilibre CxAy = x Cq+ + y Ap- .
On suppose qu’on mélange 2 solutions contenant chacune un ion du précipité.
Les concentrations dans le mélange sont notées [Cq+]0 et [Ap- ]0.
Soit Qri le quotient de réaction initial calculé à partir de ces concentrations. Je compare
ensuite la valeur de Qri au produit de solubilité Ks du précipité.
Qr (t=0) = [Cq+]0 [Ap- ]0 à l'état initial.
Il y a précipitation si le système évolue dans le sens indirect soit :
Qri >Ks ou [Cq+]0x [Ap- ]0y > Ks
Si Qri le système ne peut pas évoluer dans le sens direct faute de réactif (il n’y a pas le
composé solide). Le système n’évolue pas, il est hors équilibre.
On résume ce résultat par le diagramme suivant :
Qri(t=0)
Qri < Ks • Ks Qri> Ks
Pas de précipité CxAy précipité CxAy
Qr n’évolue pas Qr évolue jusqu’à Qr = Ks
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I.5.Domaine d’existence d’un précipité
On représente sur un axe gradué en pA (anion Ax- ) ou en pC (cation Cy+)
(pA= -log[Ax-]; ici pC=-log [Cy+] ) le domaine d'existence du précipité.
Par convention, la frontière d'existence du précipité correspond à la limite d'ap-
parition du précipité: un grain du précipité est formé, en équilibre avec l'anion (ou le
cation) du précipité en solution à la concentration Co fixée arbitrairement.
A la frontière on a : 𝐾𝑠 = [C𝑦+]x . [A𝑥- ]y
Exemple 1:
On étudie l’équilibre suivant Ag2CrO4(s) ⇋ 2 Ag+ + CrO42- Ks = 4.10-12
On ajoute des ions argent (I) dans une solution aqueuse contenant 1 mol/L d’ions di-
chromate. • Condition de précipitation : [Ag+]20 [CrO4 2-]0 > 4.10-12
Le précipité apparaît en solution si [Ag+]20 > 2.10-6 /1
ou [Ag+]0 > 2.10-6 mol/L
• Passage en échelle de pAg : on applique « -log » donc pAg < 5.7
• On peut tracer le diagramme suivant :
pH →
• 5,2
Domaine d’existence de Cu(OH)2(s)
Calcul de la solubilité:
La réaction de dissolution est :
Mg(OH)2 ⇋ Mg2+ + 2OH-
s 2s
Ks = [Mg2+][OH-]2 =s.(2s)2 =4s3 =1,2.10-11 donc s =(1,2.10-11 /4)1/3 =1,44.10-4 M
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Calcul du pH:
[OH-] = 2s ⇒ [H3O+] =10-14/2s = 10-14/2 x1,44.10-4 = 3,45.10-11 mol/l
d’où pH = -log [H3O+] = 10,46.
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Avec : K1 = Ks1/Ks2 = 10pKs2−pKs1 ou K1 = 106,45 = 2, 82.106
Conclusion : AgI moins soluble mais plus stable qu’AgCl.
3°- La solubilité du chromate d’argent :
Ag2CrO4.⇋ 2Ag+ + CrO42- Ks3=(2s3)2 ×s3 = 4s33 => s3=(Ks3/4)1/3=6, 3.10−5 M
Comparaison :
On a: s3/s1= 4,77 donc le chromate d’argent Ag2CrO4 est 4,77 fois plus soluble que le
chlorure d’argent AgCl
VT VT 200 200
Il y a donc précipitation
Calcul de la masse du précipité
CH3COO- + Ag+ → CH3COOAg
Ei 0,1 0,1 0
Ef s s 0,1- s
n m
C = = d’où la masse m = C.M.VT =
V M.V
C = 0,1-s M (CH3COOAg) = 167 g/mol Vt =100+100 =200ml =0,2 litre
Ks = [CH3COO-][Ag+] = s x s = s2 d’où s= (Ks)1/2 = 0,044
C=0,1- s = 0,1 - 0,044 = 0,056 mol/l
D’où m = C.M.VT = (0,1-s) x 167 x 0,2 =1,87g
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Différentes méthodes sont utilisées pour suivre le dosage par précipitation :
-par colorimétrie : on utilise un indicateur de fin de réaction. Changement de couleur du
mélange réactionnel à l'équivalence.
-par conductimétrie : on mesure la conductivité du mélange réactionnel après chaque
ajout du réactif titrant. Le graphe de la conductivité en fonction du volume de réactif
titrant versé montre un changement de pente à l'équivalence.
-par potentiomètre : on mesure la différence de potentiel entre une électrode de mesure
et une électrode de référence après chaque ajout du réactif titrant. On exploite le saut.
On cite deux méthodes de titrage :
-Méthode de Mohr : C’est une méthode qui permet le dosage des ions Chlorures Cl- ou
argent Ag+ et valable si le pH = neutre.
La réaction de précipitation est :
Ag+ + Cl- ⇋ AgCl pKs= 10
Le dosage se base sur la réaction dans le sens de la précipitation d’AgCl donc vers la
droite. La réaction est totale et utilise comme indicateur l’ion chromate CrO 42-.
CrO42- + 2 Ag+ ⇋ Ag2 CrO42- K(Ag2 CrO4) = 12
Couleur rouge
-Méthode de Wolhard : C’est une méthode qui permet le dosage direct des ions Ag+ ;
Cl-; Br-, I- ou SCN-. Ces ions sont précipités par un excès connu d’AgNO3 et on titre en
retour l’excès par une solution de thiocyanate :
Ag+ + SCN- ⇋ AgSCN(s)
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Chapitre II
RÉACTIONS DE COMPLEXATION
I- Généralités et définitions
I.1- Complexe
I.2.Constante de stabilité ou de formation Kf= β
I.3. constante d’instabilité ou de dissociation Kd
II- Complexes Successifs
II.1- Constantes de dissociation partielle et globale
II.2- Constantes de formation apparente
III- Domaine de prédominance
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Réactions de Complexation
I- Généralités et définitions
I.1- Complexe
Un complexe est une espèce chimique (MqLn) dans laquelle on a un cation
métallique (Mn+) lié à un ou plusieurs anions ou molécules neutres (L).
- Le cation métallique (Mn+) est appelé atome central.
- Les anions ou molécules (L) sont appelés ligands ou coordinats.
Si q=1, on a des complexes de type MLn : Complexes monomères.
Notation :
On note alors le complexe ALn
n: est le nombre de ligands et est appelé indice de coordination.
En général, n < 6, et il est entier.
A : est l’édifice accepteur
D : est l’édifice donneur
Exemple :
• Cu2+ + 4H2O ⇋ [Cu, 4H2O]2+ couleur bleue
• Cu2+ + 4NH3 ⇋ [Cu(NH3)4]2+ couleur bleue céleste
• Fe3+ + SCN− ⇋ [FeSCN] 2+ couleur rouge sang.
⋆ L’atome central:
C’est un accepteur de ligands(A). Il doit posséder des lacunes pour
accepter des doublets d’électrons et établir des liaisons. Ce sont souvent des
éléments métalliques, comme des cations métalliques.
Exemple : Ag+; Co3+; Cu2+; Ni2+; Zn2+; Mn2+ ; Fe3+; Hg2+; Ce4+
⋆ Ligands ou coordinat :
Molécules ou ions possédant au moins un doublet libre d’électrons.
Exemple :
- Molécules minérales : CO ; H20; NH3 ....
- Anions minéraux : Cl-; Br-; CN-; H2PO4-
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La réaction qui conduit à la formation du complexe est dite réactions de Com-
plexation.
Exemple :
Ag+ + 2NH3 ⇋ Ag(NH3)2+
Hg2+ + 4I- ⇋ HgI42-
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I.3. constante d’instabilité ou de dissociation Kd :
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Exemple :
Cu+ + NH3 ⇋ Cu(NH3)+ Kd1 =1/K1 = [Cu+ ][NH3 ]/[ Cu(NH3)+ ]=10-6,2
Cu(NH3)+ + NH3 ⇋ Cu(NH3)2+ Kd2 = [NH3 ][ Cu(NH3)+ ]/[ Cu(NH3)2+]=10-4
Cu++ 2NH3 ⇋ Cu(NH3)2+ Kd3 =1/ β2 = [Cu+ ][NH3 ]2/[ Cu(NH3)2+ ]=10-10,2
Kd3 =[Cu+ ][NH3 ]2/[ Cu(NH3)2+ ]= K1d .K2d=10-6,2.10-4 =10-10,2
Les constantes Kd1 et Kd2 sont dites constantes de dissociation successive ou par-
tielle.
La constante Kd3 est dite constante de dissociation globale.
II.2. Constantes de formation apparentes :
Elles sont des quotients de concentrations et non des constantes thermodyna-
miques.
La constante de formation est : β = [ML]/[M][L]
La constante de formation apparente (ou conditionnelle) est: K = [ML ]/[M*][L*]
K = constante de formation (ou de stabilité) conditionnelle.
[M*] concentration totale de M non lié à L
[L*] concentration totale de L non lié à M
III- Domaine de prédominance
Soit la réaction : A + L ⇋ D Kd = [A][L]/[D] d’où [L] = Kd [D]/[A]
pL = −log [L] = pKd + log[A]/[D]
⋆ Si [A] > [D] → pL > pKd A est l'espèce prédominante
⋆ Si [A] < [D] → pL < pKd D est l'espèce prédominante
Diagramme de prédominance
Domaine de ⋆ Domaine de
Prédominance de D pKd prédominance de A →pL
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IV.2. Cas d’un ligand et de deux cations
Ce cas est analogue au précédent. On a formation du complexe le plus stable.
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