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Dissertation Athènes

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Rédiger le développement d’une dissertation ou d’une

étude critique de documents en mobilisant des transitions


Exemple corrigé

SUJET
Quelles sont les principales caractéristiques et limites
de la démocratie à Athènes au Ve siècle ?

La démocratie athénienne au Ve siècle avant notre ère présente différentes


caractéristiques qui en font un modèle unique.
Tout d’abord, la démocratie d'Athènes s’est construite progressivement, au fil
de plusieurs décennies, après une succession de régimes tyranniques et
oligarchiques. Elle s’est développée au cours du V e siècle av. J.C. dans la cité
d’Athènes où tous les citoyens pouvaient se réunir sur la colline de la Pnyx pour
participer aux débats et aux prises de décision. La démocratie athénienne s'est
également imposée dans le contexte des Guerres Médiques (490 à 479 av. J.C.). La
victoire d'Athènes lors des batailles de Salamine et de Marathon a d’ailleurs favorisé
l’installation d’un régime démocratique qui était indirectement associé au
renforcement de la puissance de la cité.
La démocratie athénienne repose par ailleurs sur des principes politiques
nouveaux, en particulier sur les réformes de Clisthène qui entreprend de diviser la
cité athénienne en tribus, de sorte que chaque quartier puisse choisir son dirigeant. Il
met également en place l'isonomie, c'est-à-dire l'égalité de tous devant la loi,
instaurant ainsi les deux principes fondamentaux de la démocratie : le droit de vote
et l'égalité des citoyens. La démocratie athénienne est enfin permise par Périclès, qui
met en place une compensation financière appelée « misthos » pour les Athéniens
qui participent à l'Ecclésia, c'est-à-dire l’assemblée de tous les citoyens pour discuter
et voter.
La démocratie athénienne est en effet un système qui repose sur une
participation active de tous les citoyens. Cet engagement est permis grâce à
l'Ecclésia dont les assemblées se tiennent sur la colline du Pnyx. Ces
rassemblements sont organisés selon un système de prise de parole appelé
« Isegoria » qui permet une égalité de tous les citoyens. Certains membres sont
cependant tirés au sort pour exercer des responsabilités particulières. Ils rejoignent
l’un des deux conseils : la Boulée, chargée de préparer les débats, ou l’Héliée en
charge de l'organisation du pouvoir judiciaire. Enfin, certains citoyens sont élus
stratèges et détiennent l’essentiel du pouvoir exécutif.
Ainsi, le régime politique démocratique s’instaure progressivement à Athènes
au détriment d’autres régimes. Il s’impose avec des préceptes politiques nouveaux et
plusieurs institutions en résultent, favorisant l’engagement de tous les citoyens. Cela
pousse l'historienne Claude Mossé à décrire Athènes comme une démocratie dans
laquelle les décisions doivent être acceptées par tous avant d'être actées.
Cependant, malgré ce modèle exemplaire d'un système fondé sur des
principes politiques et la participation active de chaque membre, la démocratie
athénienne n'est pas sans présenter certaines limites.
L’une des premières limites du fonctionnement athénien concerne l’inégalité à
l’accès du statut de « citoyen ». Seulement 10 à 15% de la population sont en effet
considérés comme citoyens. Il s'agit donc d'une minorité qui gouverne tout le reste
de la population. Les Athéniens restants sont des esclaves, des métèques, des
enfants et des femmes (elles participent néanmoins à la vie religieuse de la cité).
Pour devenir citoyen, il faut notamment être un homme, avoir plus de 20 ans et avoir
réalisé l’éphébie, un service militaire.
Ensuite, une autre limite concerne le risque de détournement du pouvoir par
des individus incompétents. C'est d'ailleurs ce que souligne Platon, notamment dans
Le Politique au IVe siècle av. J.C, quand il affirme qu’ « un nombreux assemblage de
gens quels qu'ils soient, ne saura jamais s'approprier assez parfaitement une telle
science pour être capable d'administrer une cité avec intelligence ». Platon alerte
alors sur ce qui pourrait devenir une dérive de la démocratie athénienne en lien avec
le principe de tirage au sort.
Enfin, la dernière limite de ce système politique est le risque de détournement
du pouvoir par des démagogues. Aristophane met en effet en garde les citoyens
contre ces hommes politiques qui trompent les foules par leurs discours, mais qui
sont en réalité incapables d'agir réellement par la suite. Par exemple, dans Les
Cavalières écrit en 424 av. J.C, l’auteur dénonce le fait que « pour gouverner le
peuple, il ne faut pas un homme pourvu d'une bonne culture et d'une bonne
éducation ; il faut un ignorant doublé d'un coquin ». Ainsi, il accuse les démagogues
de s’emparer du pouvoir par la ruse et non en raison de leurs compétences.
Par conséquent, la restriction du statut de citoyen et les risques de prises de
pouvoir par des personnes inexpérimentées ou malveillantes constituent des limites
dans le fonctionnement de la démocratie athénienne.

Pauline M. (mai 2024)

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