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Cours1 Systeme Triphasé

Le document traite des systèmes triphasés dans le contexte de l'énergie électrique, soulignant leur importance dans la production, le transport et la distribution d'électricité. Il explique les avantages des systèmes triphasés par rapport aux systèmes monophasés, ainsi que les configurations de couplage en étoile et en triangle pour les générateurs triphasés. Enfin, il aborde les caractéristiques des tensions triphasées équilibrées et leur représentation vectorielle.

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Cours1 Systeme Triphasé

Le document traite des systèmes triphasés dans le contexte de l'énergie électrique, soulignant leur importance dans la production, le transport et la distribution d'électricité. Il explique les avantages des systèmes triphasés par rapport aux systèmes monophasés, ainsi que les configurations de couplage en étoile et en triangle pour les générateurs triphasés. Enfin, il aborde les caractéristiques des tensions triphasées équilibrées et leur représentation vectorielle.

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2016-2017 Licence 3 STI – UE Conversion Electromécanique

Cours 1 : Systèmes triphasés

Introduction
L’énergie électrique est très présente dans notre vie quotidienne. Les pays les plus industrialisés
consomment en particulier une grande partie de l’énergie sous forme électrique. Pour information,
la figure 1 représente la répartition des énergies primaires en France.

Electricité nucléaire
Charbon
Gaz
Pétrole
Renouvelable
15.1% 30.9%

4.29%

6.41%

43.3%

Figure 1 : L’énergie primaire en France (2010 – source : INSEE)

Il apparaît clairement qu’au moins 43% de l’énergie consommée l’est sous forme électrique. Bien
entendu, cette répartition ne concerne que la France et peut différer d’un pays à l’autre. Néanmoins
les grandes tendances restent les mêmes.
Par conséquent, l’énergie électrique occupe une place centrale dans notre vie et plus
particulièrement dans l’industrie. Cela s’illustre notamment par la croissance constante de la
consommation électrique, comme on peut le voir de 1996 à 2006 en figure 2.

500
Consommation annuelle (TWh)

400

300

200

100

0
1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006
Année

Figure 2 : Consommation d’électricité en France de 1996 à 2006 (source : DGEMP)

Du fait des difficultés liées à l’épuisement des ressources fossiles, de la croissance démographique
mondiale et donc de leur consommation d’énergie, cette tendance se poursuit continûment.
En outre, l’énergie électrique présente des particularités qui la rendent attractive. Elle est en effet
inodore, invisible, se transporte bien et permet des transferts à forts rendements.

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I – Les réseaux électriques


De façon schématique, un réseau électrique est composé de quatre blocs, comme représenté en
figure 3.

Figure 3 : Réseau électrique simplifié

- La production : Il s’agit de générer la puissance active qui est consommée sur le tout le
réseau. Les tensions sont produites sous forme alternée triphasée à partir d’alternateurs
entraînés à partir de sources d’énergies primaires (« énergies convertibles : nucléaire,
pétrole, charbon, gaz naturel, éolien, hydraulique).
- Le transport : Comme son nom l’indique, c’est l’acheminement des puissances produites vers
les sites de consommation. Comme le transport se fait sur de très longues distances, cela
impose des contraintes sur les tensions de transport (tensions élevées, voir ensuite).
- La distribution : C’est la répartition vers les utilisateurs. Le maillage de ce réseau de
distribution est donc plus fin que celui de transport.
- La consommation : Chaque récepteur connecté au réseau consomme une puissance active et
une puissance réactive. Chez les particuliers, la consommation se fait sous basse tension
monophasée. Dans l’industrie, les tensions peuvent être beaucoup plus élevées selon les
besoins.

L’énergie électrique est donc produite, transportée et distribuée sous forme triphasée. Ce choix se
justifie de plusieurs façons :

- A puissance active constante, un système triphasé demande deux moins fois de volume de
conducteur électrique qu’un système monophasé. Cela représente un gain conséquent (d’un
facteur 2 environ) en termes de poids, coût, gabarit sur les lignes et câbles.
- La puissance massique des machines triphasées, comme les alternateurs est supérieure à
celle des machines monophasées.
- La puissance fluctuante d’un système triphasé équilibré est nulle. Cela implique un apport
d’énergie électrique parfaitement continu. C’est particulièrement important pour tous les
actionneurs électriques dont des fluctuations de puissance peuvent causer par exemple des
vibrations malvenues.

De plus, depuis la fin du XIXe – début du XXe siècle, il a été choisi d’utiliser des tensions alternatives
sinusoïdales plutôt que des tensions continues. Chacune possède pourtant ses propres avantages et
inconvénients, comme synthétisé en figure 4.

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Figure 4 : Comparaison des régimes alternatifs et continus dans le transport de l’énergie électrique

Cependant, deux points ont fait pencher la balance en faveur du régime alternatif :
- La possibilité d’utiliser le transformateur pour abaisser ou élever la tension (possible qu’en
alternatif)
- Il est en moyenne plus intéressant économiquement parlant d’utiliser un réseau en régime
alternatif. Il a en effet été montré que le régime alternatif est moins coûteux que le régime
continu pour des distances inférieures à 800 km.

Par ailleurs, il a été mentionné que le signal alternatif est de forme sinusoïdale. Ce choix n’est pas
non plus anodin et se justifie par deux points principaux :
- Un facteur de puissance plus faible pour un signal non sinusoïdal (présence de puissance
déformante).
- Un effet de peau plus important dû aux harmoniques de fréquence plus élevée dans le cas du
signal non sinusoïdal. Cela implique une résistance apparente des lignes et câbles plus
importante et donc des pertes plus élevées.

En France, la fréquence du régime alternatif triphasé est 50 Hz. Cette valeur n’est, encore une fois,
pas choisie au hasard. En effet, les conducteurs constituant les réseaux électriques doivent présenter
le même potentiel électrique sur toute leur longueur. Si tel n’est pas le cas, des courants de
déplacement apparaissent du fait de la différence de potentiel existant entre les deux extrémités du
conducteur. Cela peut être évité si la longueur d’onde de la tension parcourant le conducteur est très
supérieure à la longueur de ligne. Ainsi, pour 50 Hz, la longueur d’onde est :
𝑐 3. 108
𝜆= = = 6000 𝑘𝑚
𝑓 50
D’après cette valeur, il est donc bien possible de transmettre des tensions sur des distances de
quelques centaines ou milliers de km.

Cependant, le choix de la fréquence ne garantit pas non plus le transport de l’énergie électrique sur
de très longues distances. En effet, il faut également prendre en compte les pertes par effet Joule qui
prennent une importance plus que significative dans un tel cas. La puissance perdue par effet Joule
𝑃2
s’écrit : 𝑃𝑅 = 𝑅. 𝐼 2 = 𝑅. 𝑘 2 .𝑉 2 avec 𝑃 = 𝑘. 𝑉. 𝐼 (k étant le facteur de puissance et R la résistance de
ligne/câble).

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Généralement, dans un montage électrique, la résistance des fils de connexion est négligée. Mais
dans le cas du réseau électrique et du transport sur longue distance, la résistance (qui dépend de la
longueur) est importante, ce qui implique des pertes élevées. Par conséquent, la minimisation des
pertes implique deux choses :
- Une tension (V) la plus grande possible
- Un facteur de puissance (k) le plus proche possible de 1.

C’est pourquoi à la sortie des centrales, la tension est très élevée. En France, le réseau électrique est
donc organisé autour de quelques niveaux de tension normalisés, définis selon le type
d’acheminement (voir figure 5).

Figure 5 : Tensions normalisées du réseau national français, lignes HTA, HTB et BT

Ainsi, en bout de chaîne, l’énergie est fournie en 230/400V 50Hz. Mais ce n’est pas le cas dans le
monde entier. Tous les pays respectent les règles décrites précédemment mais les tensions et la
fréquence, peuvent varier. Ces dernières, ainsi que leur répartition géographique sont données en
figure 6.

Figure 6 : Fréquences et tensions domestiques dans le monde

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II – Systèmes triphasés équilibrés


Comme expliqué précédemment, l’énergie électrique est produite, transportée et distribuée sous
forme triphasée, donc un ensemble de trois tensions alternatives sinusoïdales. De plus, il faut savoir
qu’au-delà d’une certaine puissance, les appareillages et les installations électriques sont
systématiquement triphasés. Il convient donc d’étudier les caractéristiques de systèmes triphasés.

II – 1. Système de tensions triphasé équilibré direct (TED)

Un système de tensions triphasé équilibré direct est un ensemble de 3 tensions sinusoïdales


déphasées l’une de l’autre de 2π/3 :
𝑣1 (𝑡) = 𝑉. √2. sin(𝜔𝑡)
2𝜋
𝑣2 (𝑡) = 𝑉. √2. sin(𝜔𝑡 − )
3
2𝜋 4𝜋
(𝑡) = 𝑉. √2. sin (𝜔𝑡 + ) = 𝑉. √2. sin (𝜔𝑡 − )
{𝑣3 3 3

V est la tension efficace. Donc 𝑉√2 est la tension maximale. Le système est représenté ci-dessous en
figure 7(a). La représentation complexe (ou vectorielle), représentée en figure 7(b), est beaucoup
utilisée du fait de sa clarté. Les informations les plus importantes y figurent : les tensions efficaces et
les déphasages.
(a) (b)

Figure 7 : (a) Système de tensions TED (b) Représentation du système de tensions TED

On parle de système triphasé équilibré direct car les 3 phases sont de même pulsation ω, de même
amplitude 𝑉√2 et sont déphasées de 2π/3. On parlerait de système indirect (TEI) si les tensions 2 et
3 étaient interverties.

II – 2. Générateurs triphasés : couplage

Tel qu’il est abordé dans la partie précédente, le système triphasé ne représente que 3 tensions
indépendantes produites par deux générateurs également indépendants (voir figure 8)

Figure 8 : 3 générateurs non couplés

Il apparaît deux points principaux qui sont problématiques :


- Le système ne présente pas de référence de tension commune

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- Le système présente 6 connexions et non simplement 3 comme il faudrait pour un


générateur triphasé.
Ceci montre qu’il est nécessaire de coupler les générateurs pour permettre une utilisation
« pratique ». On distingue 2 types de couplages principaux :
- Le couplage en étoile.
- Le couplage en triangle.

Chacun d’entre eux permet donc d’obtenir un générateur triphasé avec 3 sorties.
On définit ainsi le générateur triphasé comme un ensemble de trois sources de tensions associées
entre elles de façon à présenter 3 sorties appelées « phases ».

II – 2.a Couplage en étoile

La configuration du couplage en étoile (notation « Y ») est donnée en figure 9.

Figure 9 : Générateur couplé en étoile

En utilisant les notations complexe, on appelle𝑉1, 𝑉2 , et 𝑉3 les tensions simples. En notation réelle et
dans le cas d’un système TED, elles s’écrivent respectivement v1(t), v2(t) et v3(t) dont les expressions
ont été données dans la partie II – 1.
Ces 3 tensions simples ont pour référence le conducteur N qu’on appelle le « neutre ». Il s’agit d’une
connexion supplémentaire issue du point commun des trois générateurs et qui est propre au
couplage étoile.
Ce type de système fait également apparaître 3 tensions appelées « tensions composées » ou
« entre-phases » :
𝑈12 = 𝑉1 − 𝑉2
𝑈23 = 𝑉2 − 𝑉3
𝑈31 = 𝑉3 − 𝑉1

Là où on avait V la valeur efficace des tensions, on note U la valeur efficace de la tension composée.

Remarque : Dans les installations électriques classiques, le neutre est un fil de couleur bleu et les 3
phases sont identifiées par du rouge, du marron ou du noir.

La relation entre tensions simples et tensions composées peut se visualiser assez simplement en les
représentant dans le plan complexe (partie réelle en abscisse et partie imaginaire en ordonnées).
Chaque tension est représentée par un vecteur.
Le système complet est représenté en figure 10 et montre que les tensions composées forment
également entre elles un système triphasé équilibré direct (TED).
A noter que la figure montre également que ⃗⃗⃗ 𝑉1 + ⃗⃗⃗
𝑉2 + ⃗⃗⃗
𝑉3 = 0 = ⃗⃗⃗⃗
𝑈1 + ⃗⃗⃗⃗
𝑈2 + ⃗⃗⃗⃗
𝑈3 si l’on choisit une
représentation vectorielle équivalente (caractéristique d’un TED).
.0

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Im

U31 V3 U12

-π/6
Re
V1
-2π/3
V2

U23

Figure 10 : Représentation des tensions simples et composées

On observe que le système de tensions composées est en avance de π/6 sur le système de tensions
simples.
De plus, si l’on projette 𝑉1 sur 𝑈12 , on obtient la relation entre les tensions efficaces simples et
composées :
𝜋 √3 𝑈12 𝑈
𝑉1 𝑐𝑜𝑠 ( ) = 𝑉. = = ↔ 𝑼 = √𝟑. 𝑽
6 2 2 2

Pour le système triphasé domestique, V = 230 V (tension simple efficace). En appliquant la relation ci-
dessus, on trouve que U = 400V (tension composée efficace).
C’est pour cette raison que l’on écrit souvent : « 230V/400V ».

II – 2.a Couplage en triangle

La configuration du couplage en triangle (noté Δ ou D) est représentée en figure 11.

I1
1

J12 U12
U31
2
3 I2 U23
I3

Figure 11 : Générateur couplé en triangle

Dans ce cas précis, les trois sources sont mises en série. Ceci est possible car il n’existe pas de
courant dit de « circulation » dans les enroulements de phase ce qui se justifie par le fait qu’une telle
association développe une tension nulle (𝑈12 + 𝑈23 + 𝑈31 = 0).
Cela montre en outre qu’il est possible de court-circuiter le système (association en série) sans qu’il y
ait une circulation de courant.

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A l’inverse du couplage étoile, ce type de montage ne possède pas de neutre. Donc les tensions
simples n’existent pas. Par conséquent, toutes les tensions sont notées U.
Par contre, et c’est là une différence majeure avec le couplage étoile, il existe deux types de
courants : les courants de ligne (notés I) et les courants de phase (notés J).
Tout comme pour les tensions simples et les tensions composées, il existe une relation identique
pour les courants de ligne et les courants de phase dans le cas d’un système équilibré :
𝑰 = √𝟑𝑱

Remarque valable pour les deux précédentes sous-parties : pour plus de clarté est préférable de
représenter les tensions complexes dans un triangle comme sur la figure 12.

Figure 12 : Triangle des tensions

II – 3. Charges triphasées : équilibre/déséquilibre

Dans un système triphasé, l’énergie des charges est répartie sur les 3 phases. Elles peuvent donc
être couplées en étoile ou en triangle, d’une façon similaire à ce qu’on a vu pour les générateurs.
Cela représente donc 4 associations possibles entre un générateur et une charge :

Figure 13 : Possibilités de couplage entre générateur et charge triphasé

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Connecter des charges en étoile ou en triangle permet d’appliquer des tensions simples ou
composées. Ainsi, à partir d’un réseau de tensions fixes, plusieurs tensions sont disponibles, ce qui
permet une certaine flexibilité d’alimentation des équipements électriques.

II – 3.a Couplage étoile équilibré

Le montage est identique à celui du générateur étoile :


I3

I1 V1
V3

I2 V2

Figure 14 : Charge montée en étoile (équilibrée)

Les courants de ligne peuvent s’exprimer à partir des tensions simples :


𝑉1 𝑉2 𝑉3
𝐼1 = 𝐼2 = 𝐼3 =
𝑍1 𝑍2 𝑍3

Si l’impédance n’est pas que résistance, il y a donc un déphasage φ entre 𝑉 et 𝐼.


L’équilibre, c’est chaque phase qui fournit à la charge le même courant et les mêmes puissances.
C’est une condition nécessaire au bon fonctionnement d’un système triphasé car, dans le cas
contraire, cela peut le dégrader.
En clair, on dit qu’un système triphasé est équilibré s’il fournit des courants de même amplitude et
de même déphasage les uns par rapport aux autres. Ce n’est possible que si:
𝑍1 = 𝑍2 = 𝑍3 = 𝑍.
Donc : ⃗⃗𝐼1 + ⃗⃗⃗
𝐼2 + ⃗⃗⃗
𝐼3 = 0 𝑒𝑡 |𝐼1 | = |𝐼2 | = |𝐼3 | = 𝐼

Comme à l’équilibre la somme des courants est nulle, le courant pouvant circuler dans le neutre est
également nul. Il apparaît donc que le fil de neutre est inutile.

II – 3.a Couplage triangle équilibré

Là encore, le montage est identique à celui du générateur triangle :


U31 J3
I3

I1 J1 U23

I2 J2
U12

Figure 15 : Charge montée en triangle (équilibrée)

Cette fois, on exprime les courants de phase en fonction des tensions composées :

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𝑈12 𝑈23 𝑈31


𝐽1 = 𝐽2 = 𝐽3 =
𝑍12 𝑍23 𝑍31

Si l’impédance n’est pas que résistance, il y a donc le même déphasage φ que pour le montage étoile
mais cette fois entre 𝑈 et 𝐽.
Précisons que :
⃗⃗𝐼1 = ⃗𝐽⃗1 − ⃗⃗⃗
𝐽3
⃗⃗⃗
𝐼2 = ⃗⃗⃗𝐽2 − ⃗𝐽⃗1
⃗⃗⃗
𝐼3 = 𝐽3 − ⃗⃗⃗
⃗⃗⃗ 𝐽2

Nous sommes toujours dans le cas d’un système triphasé, donc ⃗⃗𝐼1 + ⃗⃗⃗
𝐼2 + ⃗⃗⃗
𝐼3 = 0.
De même 𝑍12 = 𝑍23 = 𝑍31 = 𝑍. Cela implique :

|𝐼1 | = |𝐼2 | = |𝐼3 | = 𝐼


|𝐽1 | = |𝐽2 | = |𝐽3 | = 𝐽

Ce sont ces expressions qui mènent à :


𝑰 = √𝟑𝑱

II – 3.a Déséquilibre :

Un système triphasé est déséquilibré si toutes les grandeurs caractéristiques analogues ne sont pas
égales d’une phase à l’autre. Les impédances peuvent être différentes les unes des autres. Par
conséquent, les relations données précédemment ne sont plus valables.

Pour le montage étoile, le fil neutre est nécessaire sinon des récepteurs seraient soumis à des
tensions différentes et pourraient être détruits. Cela peut également mener à des surtensions. Dans
ce cas précis, on a donc : ⃗⃗𝐼1 + ⃗⃗⃗
𝐼2 + ⃗⃗⃗
𝐼3 = 𝐼⃗⃗⃗𝑁 .

NB : Rappelons que le montage triangle ne permet pas l’utilisation du neutre.

III - Etude énergétique des systèmes triphasés


En termes de puissance, un système triphasé est équivalent à 3 circuits monophasés côte à côte. La
puissance totale consommée par l’ensemble du système est la somme des puissances consommée
par chaque phase (voir théorème de Boucherot plus loin). Nous allons faire faire un bref rappel
concernant les puissances en monophasé avant de les formuler dans le cas triphasé.

III – 1. Rappels : Expressions des puissances en monophasé

Considérons le cas général d’un dipôle traversé par un courant i(t) et ayant à ses bornes une
différence de potentiel v(t) (voir figure 16).

Figure 16 : Récepteur électrique

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Quelque soit la forme de la tension et du courant traversant le dipôle, il comme une puissance active,
notée P, donnée par :

𝑷 = 𝒌. 𝑽. 𝑰 puissance active ou puissance moyenne, donnée en Watts (W).

On note V la valeur efficace de la tension v(t) (en volts, V), I la valeur efficace du courant i(t) (en
ampères, A) et k le facteur de puissance (sans dimension) tel que 0 ≤ k ≤ 1.

P, la puissance active correspond à la puissance réelle consommée ou fournie par le dipôle.

En régime continu, la valeur efficace d’un signal est égale à sa valeur instantanée. On considère que
v(t) = V et i(t) = I. Le facteur est égal à 1, ce qui sera justifié plus loin. Par conséquent, la puissance
active est donc : P = V.I.
Si le dipôle est une résistance, on a P = V.I = R.I².

En dehors de la traction ferroviaire et éventuellement d’autres cas particuliers, les gros transferts de
puissance se font plutôt en régime alternatif.
Nous allons donc nous intéresser au régime alternatif sinusoïdal. Dans ce cas, les tensions et courant
instantanés s’écrivent de la façon suivante :
𝑣(𝑡) = 𝑉√2. sin(𝜔𝑡)
𝑖(𝑡) = 𝐼√2. sin(𝜔𝑡 − 𝜑)
Avec, V et I les tensions et courant efficaces respectivement, ω la pulsation du signal telle 𝜔 = 2𝜋𝑓
que et φ le déphasage.
D’où la puissance instantanée : 𝑃(𝑡) = 𝑣(𝑡). 𝑖(𝑡) = 2. 𝑉. 𝐼. sin(𝜔𝑡) . sin(𝜔𝑡 − 𝜑)

1
Or : sin(𝑎) sin(𝑏) = 2 [cos(𝑎 + 𝑏) − cos(𝑎 − 𝑏)]

Cela mène à : 𝑃(𝑡) = 𝑉. 𝐼. cos(𝜑) − 𝑉. 𝐼. cos(2𝜔𝑡 − 𝜑).

Cette expression fait apparaître les puissances suivantes :


- La puissance fluctuante de pulsation 2ω : 𝑃𝑓 (𝑡) = 𝑉. 𝐼. cos(2𝜔𝑡 − 𝜑)
- La puissance active :
Il apparaît que c’est la valeur moyenne de la puissance instantanée : 𝑷 =< 𝑃(𝑡) >= 𝑽. 𝑰. 𝐜𝐨𝐬(𝝋).
C’est la puissance qui correspond à un travail physique effectif, aux contributions énergétiques des
éléments actifs des circuits (résistances, éléments mécaniques…) On rappelle que son unité est le W.

Une autre méthode pour calculer la puissance active consiste à faire un produit scalaire en utilisant
les notations vectorielles des tensions efficaces (se référer également à la figure 17) :

⃗ . 𝐼 = 𝑉. 𝐼. cos(𝜑)
𝑃=𝑉

Figure 17 : Représentation vectoriel de la tension et du courant

Quelque soit la valeur du facteur de puissance (ici cos(φ)), le dipôle consomme néanmoins le courant
I sous la tension V. Il apparaît donc pertinent d’introduire une puissance apparente que l’on notera S.
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La puissance apparente est donnée par : 𝑺 = 𝑽. 𝑰. C’est le produit de la tension efficace par la valeur
efficace. Son unité est le le Volt-Ampère (VA).
En notation complexe, on l’exprime : 𝑺 = 𝑽. 𝑰∗
L’unité de S, pourtant de même dimension que le W ne lui correspond pas du tout car la puissance
apparente ne représente pas un travail physique effectif. Elle permet plutôt par exemple de
caractériser la qualité d’isolation, la taille des circuits magnétiques (par la tension) et la section des
conducteurs (par le courant), c’est-à-dire les dimensions de l’appareillage.

Pour terminer sur les différents types de puissance, on introduit la puissance réactive Q. Elle permet
de relier S et P par la relation suivante : 𝑺² = 𝑷² + 𝑸².
Ceci implique : 𝑄² = 𝑆² − 𝑃² = (𝑉. 𝐼)2 − (𝑉. 𝐼)2 𝑐𝑜𝑠 2 (𝜑) = (𝑉. 𝐼)2 (1 − 𝑐𝑜𝑠 2 (𝜑)).

Ainsi, la puissance réactive s’écrit : 𝑸 = 𝑽. 𝑰. 𝐬𝐢𝐧(𝝋) car 𝑠𝑖𝑛2 (𝜑) + 𝑐𝑜𝑠 2 (𝜑) = 1.
Son unité est le Volt-Ampère-Réactif (VAR).

La relation entre S, P et Q peut aussi s’exprimer dans le plan complexe :

𝑆 = 𝑉. 𝐼 ∗ = 𝑉. 𝐼. 𝑒 𝑗𝜑 = 𝑉. 𝐼. cos(𝜑) + 𝑗. 𝑉. 𝐼. sin(𝜑) = 𝑃 + 𝑗. 𝑄

En notant que : 𝑉 = 𝑉. 𝑒 𝑗0 = 𝑉 et 𝐼 = 𝐼. 𝑒 𝑗𝜑 .

Par identification, on retrouve les précédentes expressions de P et Q. On peut représenter le tout


graphiquement dans le plan complexe :

Im
V

φ S
Q
I.e-jφ
Re
P

Figure 18 : Triangle des puissances

Il convient de noter que la puissance réactive n’est définie qu’en régime sinusoïdal et qu’elle ne
représente aucun travail physique. Ce n’est que la partie réactive de la puissance apparente, d’où son
nom.

La cadre ci-dessous regroupe les expressions des puissances en régime sinusoïdal :

Figure 19 : Puissances en régime sinusoïdal

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NB : Il ne faut pas confondre systématiquement k, le facteur de puissance, et le cos(φ) car cette


valeur ne correspond qu’au cas particulier du régime sinusoïdal.

Dans le cas où le courant et la tension ne sont pas de forme sinusoïdale, on parle de régime déformé.
On peut considérer ce cas de figure comme le cas général.
Les signaux comportent des harmoniques en plus de l’unique fondamental du régime sinusoïdal, ce
qui va modifier en partie les expressions des puissances données précédemment. Cela conduit à
introduire une nouvelle puissance car il est observé que 𝑆² > 𝑃² + 𝑄²

La puissance déformante D est telle que 𝑺² = 𝑷² + 𝑸² + 𝑫². Son unité est le VAD (Volt-Ampère-
Déformé).

Les puissances active et apparente s’expriment à partir des relations générales. Pour la puissance
réactive, définie seulement en régime sinusoïdal, c’est plus délicat. Elle est reliée au développement
en série de Fourier du courant et de la tension et plus précisément aux valeurs efficaces des
composantes fondamentales et à leur déphasage (notés I1 et V1 φ1).

Les expressions des puissances en régime déformé sont les suivantes :

Figure 20 : Puissances en régime déformé

III – 2. Théorème de Boucherot

Le théorème de Boucherot est fondamental en électrotechnique car il donne une règle fondamentale
permettant de calculer les puissances d’un système composé de plusieurs éléments.

Enoncé :
La puissance active d’un système est la somme des puissances actives des éléments le constituant,
de même pour la puissance réactive et la puissance apparente complexe. A noter que c’est
généralement faux pour la puissance apparente réelle.

Si l’on considère le schéma de la figure 21, constituée de n charges montées en parallèle sur une
source de tension. Les puissances s’expriment alors :

- Puissance active : 𝑃𝑡𝑜𝑡 = 𝑃1 + 𝑃2 + ⋯ + 𝑃𝑛


- Puissance réactive : 𝑄𝑡𝑜𝑡 = 𝑄1 + 𝑄2 + ⋯ + 𝑄𝑛
- Puissance apparente complexe : 𝑆𝑡𝑜𝑡 = 𝑆1 + 𝑆2 + ⋯ + 𝑆𝑛
- Mais : 𝑆𝑡𝑜𝑡 ≠ 𝑆1 + 𝑆2 + ⋯ + 𝑆𝑛
2 2
- 𝑆 = 𝑉. 𝐼 = √𝑃𝑡𝑜𝑡 + 𝑄𝑡𝑜𝑡

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I
V

P1, Q1 P2, Q2 … Pn, Qn

Figure 21 : Charges montées en parallèle

III – 3. Expression des puissances en triphasé

Par mesure de simplicité, nous nous limiterons dans ce cours au cas du régime sinusoïdal. Comme vu
précédemment, le théorème de Boucherot implique que la puissance totale consommée par une
charge d’un circuit triphasé est la somme des puissances consommées par chaque phase. Ce principe
permet grandement de simplifié le calcul des puissances en triphasé.

II – 3.a Charge étoile

Le cas quelconque est représenté en figure 22a.

Figure 22 : (a) Charge étoile quelconque (b) charge étoile équilibrée

D’après le théorème de Boucherot, les puissances sont données par :


𝑃 = 𝑉𝑍1 . 𝐼1 . cos(𝜑1 ) + 𝑉𝑍2 . 𝐼2 . cos(𝜑2 ) + 𝑉𝑍3 . 𝐼3 . cos(𝜑3 )
𝑄 = 𝑉𝑍1 . 𝐼1 . sin(𝜑1 ) + 𝑉𝑍2 . 𝐼2 . sin(𝜑2 ) + 𝑉𝑍3 . 𝐼3 . sin(𝜑3 )

S et le facteur de puissance ne sont pas définis.


Par contre, dans le cas équilibré, donné en figure 22b, où les charges ont la même impédance mène
à:
𝑷 = 𝟑. 𝑽. 𝑰. 𝐜𝐨𝐬(𝝋)
𝑸 = 𝟑. 𝑽. 𝑰. 𝐬𝐢𝐧(𝝋)
𝑺 = 𝟑. 𝑽. 𝑰 𝑺² = 𝑷² + 𝑸²
𝑷
𝒌 = = 𝐜𝐨𝐬(𝝋)
𝑺

II – 3.b Charge triangle

Le cas quelconque est représenté en figure 23a.

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Figure 23 : (a) Charge triangle quelconque (b) charge triangle équilibrée

D’après le théorème de Boucherot, les puissances sont données par :


𝑃 = 𝑈. 𝐽12 . cos(𝜑12 ) + 𝑈. 𝐽23 . cos(𝜑23 ) + 𝑈. 𝐽31 . cos(𝜑31 )
𝑄 = 𝑈. 𝐽12 . sin(𝜑12 ) + 𝑈. 𝐽23 . sin(𝜑23 ) + 𝑈. 𝐽31 . sin(𝜑31 )

S et le facteur de puissance ne sont pas définis.


Par contre, dans le cas équilibré, donné en figure 23b, où les charges ont la même impédance mène
à:
𝑷 = 𝟑. 𝑼. 𝑱. 𝐜𝐨𝐬(𝝋)
𝑸 = 𝟑. 𝑼. 𝑱. 𝐬𝐢𝐧(𝝋)
𝑺 = 𝟑. 𝑼. 𝑱 𝑺² = 𝑷² + 𝑸²
𝑷
𝒌 = = 𝐜𝐨𝐬(𝝋)
𝑺

Dans les deux sous-parties précédentes, les expressions des puissances sont équivalentes en se
rappelant que :
𝑼 = √𝟑. 𝑽
𝑰 = √𝟑𝑱

III – 4. Mesure de puissances

En électricité, la mesure des grandeurs dépend de leur nature ou du régime des signaux. Les tensions
et courants continus sont mesurés avec des appareils en mode DC (Direct Current) qui n’affichent
que la valeur moyenne de la grandeur mesurée.
Les appareils en mode AC (Alternative Current) donnent la valeur efficace (RMS) de la grandeur en
général privée de sa valeur moyenne. En revanche, certains appareils fournissent la valeur efficace
vraie. Ils sont repérés par l’indication « True RMS ».
Comment cela se passe-t-il pour les puissances électriques ?
Nous allons déjà voir comment mesurer une puissance en monophasé.

II – 3.a Wattmètre et mesure de puissances en monophasé

Le wattmètre est un appareil conçu pour mesurer la puissance active consommée ou fournie par un
dipôle : 𝑊 =< 𝑃(𝑡) >=< 𝑣(𝑡). 𝑖(𝑡) >= 𝑉. 𝐼. cos(𝜑) (𝑊𝑎𝑡𝑡𝑠)(𝑟é𝑔𝑖𝑚𝑒 𝑠𝑖𝑛𝑢𝑠𝑜ï𝑑𝑎𝑙)

Il ne distingue donc pas l’AC du DC. Il comporte quatre bornes et se symbolise de la façon suivante :

I I
W W
v(t) V Z
V

Figure 24 : (a) Symbole du Wattmètre (b) Mesure de puissance active autour d’une charge
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Cet appareil comporte donc un circuit courant et un circuit tension à partir desquels il fait la mesure
de P. La figure 24b représente un schéma classique de câblage d’un wattmètre autour d’une charge.

On peut également avoir besoin de mesurer la puissance apparente S. Cela revient tout simplement
à mesurer indépendamment les valeurs efficaces du courant et de la tension et à multiplier. Il suffit
alors de réaliser le montage suivant :

I
A
v(t) V Z
V

Figure 25 : Mesure de puissance apparente

Sont donc utilisés un voltmètre et un ampèremètre en mode AC. Le mode DC n’est possible que si les
tension et courant sont continus. Par contre, l’idéal reste le mode True RMS puisqu’il permet de
mesurer la valeur efficace mathématique.
Les appareils mesurent donc :

1 1
𝑉 = √𝑇 ∫(𝑇) 𝑣 2 (𝑡)𝑑𝑡 et 𝐼 = √𝑇 ∫(𝑇) 𝑖 2 (𝑡)𝑑𝑡 d’où : 𝑆 = 𝑉. 𝐼 (𝑉𝑜𝑙𝑡 − 𝐴𝑚𝑝è𝑟𝑒𝑠)

Il est possible de mesurer la puissance réactive à l’aide d’un VAR-mètre.


En l’absence de cet appareil, et en considérant un régime quelconque, on peut néanmoins déduire la
somme des puissances réactive et déformante à partir des puissances active et apparente :

𝑄² + 𝐷² = 𝑆² − 𝑃²

Il arrive souvent que seule Q ou D soit présente dans un circuit, ce qui simplifie l’expression
précédente (c’est les cas en régime sinusoïdal ou D disparaît).
Le montage de mesure est donné en figure 26 :

I
A W
v(t) V V
Z

Figure 26 : Mesure de puissance réactive

En régime sinusoïdal, on a donc : 𝑸 = √𝑺² − 𝑷² = √(𝑽. 𝑰)𝟐 − 𝑷².

En régime quelconque, on aura seulement : 𝑄² + 𝐷² = √𝑆² − 𝑃².

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II – 3.b Mesure de puissances actives en triphasé

La mesure de puissances électrique dans les systèmes triphasés est particulière. Il existe pour cela 2
techniques principales.

- Méthode des 3 Wattmètres :

La puissance (active) sur chaque phase est mesurée indépendamment selon le schéma donné en
figure 27 :

Figure 27 : Méthode des 3 Wattmètres

On a donc : 𝑷 = 𝑾𝟏 + 𝑾𝟐 + 𝑾𝟑 . Si la charge est équilibrée, P = 3.W et donc un seul Wattmètre


suffit.
C’est une méthode simple et efficace pourvu que l’on dispose du neutre.

Néanmoins, cette nécessité du neutre est un inconvénient car on ne dispose pas toujours de celui-ci
(par exemple pour une charge triangle). Autre inconvénient, plus matériel, il faut avoir à disposition 3
wattmètres, ce qui est assez lourd.

- Méthode des 2 Wattmètres :

Comme son nom l’indique, seuls deux Wattmètres sont nécessaires ici. Le schéma en figure 28
montre le principe :

Figure 28 : Méthode des 2 Wattmètres

On mesure donc :
𝑊1 + 𝑊2 =< (𝑣1 − 𝑣3 )(𝑡). 𝑖1 (𝑡) > +< (𝑣2 − 𝑣3 )(𝑡). 𝑖2 (𝑡) >
𝑊1 + 𝑊2 =< 𝑣1 (𝑡). 𝑖1 (𝑡) > +< 𝑣2 (𝑡). 𝑖2 (𝑡) > −< 𝑣3 (𝑡). (𝑖1 (𝑡) + 𝑖2 (𝑡) >

Si 𝐼1 + 𝐼2 + 𝐼3 = 0, alors : 𝑖1 (𝑡) + 𝑖2 (𝑡) + 𝑖3 (𝑡) = 0 ce qui implique : 𝑖1 (𝑡) + 𝑖2 (𝑡) = −𝑖3 (𝑡) (même
si la charges est déséquilibrée dans le cas du neutre non relié).

Ainsi, on peut écrire : 𝑾𝟏 + 𝑾𝟐 =< 𝒗𝟏 (𝒕). 𝒊𝟏 (𝒕) > +< 𝒗𝟐 (𝒕). 𝒊𝟐 (𝒕) > +< 𝒗𝟑 (𝒕). 𝒊𝟑 (𝒕) >= 𝑃

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On peut aussi raisonner en vectoriel, en se référant à la figure 29 :

φ
π/6

π/2-φ

Figure 29 : Représentation vectorielle de la méthode des 2 Wattmètres

𝑊1 + 𝑊2 = ⃗⃗𝐼1 . (𝑉
⃗⃗⃗1 − ⃗⃗⃗
𝑉3 ) + ⃗⃗⃗ ⃗⃗⃗2 − ⃗⃗⃗
𝐼2 . (𝑉 𝑉3 ) = ⃗⃗⃗
𝑉1 . ⃗⃗𝐼1 + ⃗⃗⃗
𝑉2 . ⃗⃗⃗
𝐼2 + ⃗⃗⃗
𝑉3 . ⃗⃗⃗
𝐼3 si ⃗⃗𝐼1 + ⃗⃗⃗
𝐼2 + ⃗⃗⃗
𝐼3 = 0

On peut aussi procéder par calcul direct de W1 et W2 en s’appuyant sur le graphe précédent :

𝜋
⃗⃗⃗1 − ⃗⃗⃗
𝑊1 = (𝑉 𝑉3 ). ⃗⃗𝐼1 = ⃗⃗⃗⃗⃗⃗
𝑈13 . ⃗⃗𝐼1 = 𝑈. 𝐼. cos (𝜑 − )
6

𝜋 𝑈 √3𝑉 √3
Car dans le triangle formé par ⃗⃗⃗
𝑉1, ⃗⃗⃗
𝑉3 et ⃗⃗⃗⃗⃗⃗
𝑈13 (/2), on a : 𝑐𝑜𝑠 ( 6 ) = 2𝑉 = 2𝑉 = 2

𝜋 √3 𝑈
Et aussi : 𝑠𝑖𝑛 ( 3 ) = 2
= 2𝑉 , soit : 𝑈 = √3. 𝑉

En suivant le même raisonnement :


𝜋
⃗⃗⃗2 − ⃗⃗⃗
𝑊2 = (𝑉 𝑉3 ). ⃗⃗⃗
𝐼2 = ⃗⃗⃗⃗⃗⃗
𝑈23 . ⃗⃗⃗
𝐼2 = 𝑈. 𝐼. cos (𝜑 + )
6
𝜋 𝜋 𝜋
Ainsi : 𝑊1 + 𝑊2 = 𝑈. 𝐼. [𝑐𝑜𝑠 (𝜑 + 6 ) + 𝑐𝑜𝑠 (𝜑 − 6 )] = 2. 𝑈. 𝐼. 𝑐𝑜𝑠(𝜑)𝑐𝑜𝑠 ( 6 ) =
√3
2. 𝑈. 𝐼. 2
. 𝑐𝑜𝑠(𝜑) = √3. 𝑈. 𝐼. 𝑐𝑜𝑠(𝜑) = 3. 𝑉. 𝐼𝑐𝑜𝑠(𝜑) = 𝑃

L’expression de P n’est valable que pour un système équilibré ou un système déséquilibré sans
neutre. (Note : cos(a+b)+cos(a-b)=2.cos(a)cos(b))

II – 3.c Mesure de puissances réactives en triphasé

Il existe là aussi 2 techniques principales.

- Méthode à 1 Wattmètre :

Cette méthode consiste à mesurer la puissance active et ne s’applique que pour un système
équilibré. Le Wattmètre doit être monté ainsi :
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I1 φ
1 W
I2
2
π/2-φ
I3 U23
3

Figure 30 : (a) Méthode à 1 Wattmètre (b) Représentation vectorielle du système

La mesure donne : 𝑊 =< 𝑣2 − 𝑣3 )(𝑡). 𝑖1 (𝑡) >


W peut se calculer analytiquement mais il est plus rapide de travailler à partir des notations
vectorielles :

𝜋 𝑄
⃗⃗⃗2 − ⃗⃗⃗
𝑊 = (𝑉 𝑉3 ). ⃗⃗𝐼1 = ⃗⃗⃗⃗⃗⃗
𝑈23 . ⃗⃗𝐼1 = 𝑈. 𝐼. 𝑐𝑜𝑠 ( − 𝜑) = 𝑈. 𝐼. 𝑠𝑖𝑛(𝜑) = 𝑉. √3. 𝐼. 𝑠𝑖𝑛(𝜑) =
2 √3

En clair : 𝑸 = 𝑾. √𝟑

- Méthode à 2 Wattmètres :

Le montage présenté en figure 28 peut également servir à déterminer Q pour peu qu’il soit équilibré
en tensions et en courants.
En reprenant les notations de la partie II.3b et de représentation vectorielle en figure 29, on peut
écrire :

𝜋 𝜋
𝑊1 − 𝑊2 = 𝑈. 𝐼. 𝑐𝑜𝑠 (𝜑 − ) − 𝑈. 𝐼. 𝑐𝑜𝑠 (𝜑 + )
6 6
−2𝜋
2. 𝜑 −𝜋
𝑊1 − 𝑊2 = −2. 𝑈. 𝐼. 𝑠𝑖𝑛 ( ) . 𝑠𝑖𝑛 ( 6 ⁄2) = −2. 𝑈. 𝐼. 𝑠𝑖𝑛(𝜑). 𝑠𝑖𝑛 ( ) = 𝑈. 𝐼. 𝑠𝑖𝑛(𝜑)
2 6
𝑎+𝑏 𝑎−𝑏 𝜋 1
Note : 𝑐𝑜𝑠(𝑎) − 𝑐𝑜𝑠(𝑏) = −2. 𝑠𝑖𝑛 ( 2
) . 𝑠𝑖𝑛 ( 2 ) et 𝑠𝑖𝑛 ( 6 ) = 2.

Or, on a également : 𝑄 = 3. 𝑉. 𝐼. 𝑠𝑖𝑛(𝜑) et 𝑈 = √3𝑉


3.𝑈
Ce qui implique : 𝑄 = 3 . 𝐼. 𝑠𝑖𝑛(𝜑) = √3. 𝑈. 𝐼. 𝑠𝑖𝑛(𝜑)

𝑸
Finalement, on obtient : 𝑾𝟏 − 𝑾𝟐 =
√𝟑

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Cette méthode n’est valable que pour un système équilibré en tensions et en courants. Ainsi
l’avantage de la méthode à 2 Wattmètres est qu’elle permet de mesurer aussi bien la puissance
active que la puissance réactive avec seulement deux Wattmètres (ou souvent en pratique un
Wattmètre et un commutateur) si le montage est équilibré.
Remarquons néanmoins que la mesure de la puissance active seule est moins restrictive : système
équilibré bien sûr, mais également déséquilibré sans neutre.

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