Physique
TRAVAUX PRATIQUES
Thème : Diffraction par réseau
CORRIGE
NOMS : …………………………………………………………….
Objectif : On étudiera lors de cette séance la diffraction à l’infini par un réseau périodique de traits
verticaux. La source utilisée sera polychromatique (lampe Hg). L’objet sera une fente verticale dans le plan
focal objet d’une lentille convergente (celle du collimateur du goniomètre).
La grandeur mesurée sera l’angle de sortie du faisceau diffracté.
La mesure précise d’angle (à la minute près) est rendue possible par l’utilisation d’un goniomètre (voir
schéma à l’annexe 2.
Compétences abordées :
Mesurer une longueur d’onde optique à l’aide d’un goniomètre à réseau
0 – Rappels et compléments de cours
i : angle d’incidence de l’onde plane
i’p() : angle de diffraction à l’infini dans l’ordre p Dp()
de la radiation de longueur d’onde . 0
Dp() = i’p() - i : déviation du faisceau incident
a : pas du réseau (période spatiale) i'p()
1
n = linéature du réseau (fréquence spatiale) i
a
On prendra soin de ne pas toucher le réseau.
réseau
Formule du réseau :
Elle donne la direction de diffraction des maxima principaux de la longueur d’onde :
𝑠𝑖𝑛 𝑖 ′𝑝 (𝜆) − 𝑠𝑖𝑛 𝑖 = 𝑛. 𝑝. 𝜆
où p est un entier relatif appelé ordre d’interférence.
Minimum de déviation :
Pour une longueur d’onde donnée, dans un ordre p donné, la déviation du faisceau présente un minimum
de déviation Dm tel que :
𝐷𝑝,𝑚 (𝜆) 𝑛. 𝑝. 𝜆
𝑠𝑖𝑛 ( )=
2 2
Annexe 1 : Démonstration de la relation du minimum de déviation
1) D = i’p() – i dont la différentielle est dD = di’p() – di
di'
2) Au minimum de déviation dD = 0 ➔ di’ = di ➔ =1
di
3) Au cours de la rotation du réseau, on modifie i. Dérivons par rapport à i la formule du réseau (à n, p et constants) :
di'
.cos i' − cos i = 0 ➔ cos i' = cos i
di
4) 2 Solutions : * i’ = i mais alors la déviation est nulle. On retrouve l’ordre 0 non dispersif.
* i’ = -i ➔ Dp,m() = 2. i’p() =- 2.i
𝐷𝑝,𝑚 (𝜆) 𝐷𝑝,𝑚 (𝜆) 𝐷𝑘,𝑚 (𝜆) 𝑛.𝑘.𝜆
5) Formule du réseau au minimum de déviation : 𝑠𝑖𝑛 ( ) + 𝑠𝑖𝑛 ( ) = 𝑛. 𝑝. 𝜆 ➔ 𝑠𝑖𝑛 ( )=
2 2 2 2
1
1 – Réglages préliminaires du goniomètre
Placer devant la fente d’entrée du collimateur la lampe à vapeur
de mercure.
L’allumer et en attendant son chauffage, procéder au réglage de la
lunette.
La rotation manuelle de la lunette sera effectuée par son support
(cf vue de profil) et non par son extrémité.
1.1 – Réglage de la lunette
Allumer la lampe auxiliaire de la lunette de visée (6V) et placer la lampe
auxiliaire
lame semi-réfléchissante de sorte qu’elle éclaire le réticule interne
(taquet à gauche). Régler l’oculaire (1B) à votre vue afin de voir net
ce réticule. A l’aide de la bague d’orientation du réticule (2B),
s’assurer qu’un des fils du réticules est vertical.
Bague (3B) ou vis de tirage Lunette de visée (vue de dessus)
Taquet lame semi réfléchissante
Oculaire
Réticule :
Réglage d’horizontalité (4B) Lunette de visée (vue de profil)
Rotation fine une fois la lunette bloquée (6B)
Blocage de la lunette pour rotation fine (5B)
A l’aide du taquet, positionner la lame semi-réfléchissante afin d’éclairer le réticule.
A l’aide d’un miroir plan plaqué à l’entrée de la lunette, régler la visée à l’infini par
auto-collimation en s’assurant que le réticule et son image réfléchie sont dans le même
plan (par légers déplacements latéral de l’œil : objet et image ne doivent plus se déplacer
l’un par rapport à l’autre) en agissant sur la bague ou la vis de tirage (3B).
1.2 – Réglage du collimateur
Oter la lame semi-réfléchissante.
Aligner la lunette de visée et le collimateur.
En agissant sur la grosse vis (2A) de tirage du collimateur ,
obtenir une image nette de la fente d’entrée du collimateur dans le
plan du réticule de la lunette. Pour ne pas être ébloui et pour
effectuer des mesures ultérieures précises, réduire éventuellement
la largeur de la fente d’entrée à l’aide de la vis (1A) placée à
l’entrée du collimateur. S’assurer que la fente est verticale et
parallèle au fil vertical du réticule.
Eventuellement régler l’horizontalité de la lunette de visée à l’aide
de la grosse vis (4B) d’axe horizontal situé juste au-dessous du
tube de la lunette.
Collimateur
2
1.3 – Installation et positionnement du réseau
En tenant le porte-réseau, installez-le sur V1
la plate-forme centrale du goniomètre en
faisant coïncider au mieux le plan du
réseau et une des vis (convenons qu’elle
s’appelle V3) du réglage tripode
d’horizontalité de la plate-forme centrale.
On pourra ainsi lors d’une première
observation des spectres diffractés agir V3
sur V3 afin que le plan perpendiculaire V2
aux raies spectrales soit parallèle à la
platine du goniomètre, les fentes du Plate-forme centrale
réseau.
A l’aide de la vis latérale du porte-réseau bloquer le support du
réseau sur la plate-forme centrale
Facultatif : réglage de la verticalité du réseau normale
Allumer la lampe auxiliaire de la lunette et placer la lame semi-réfléchissante afin
de procéder par la suite par auto-collimation sur chaque face du réseau qui jouera le
rôle du miroir (cf réglage de la lunette au 1.1) . Faire ainsi coïncider le disque lumineux axe lunette
réfléchi et le champ de vision en agissant sur V1.
En saisissant la platine portant le réseau, retourner le réseau et réitérer l’opération en
éclairant l’autre face.
2 – Observations qualitatives
2.1 – Ordre 0
Observer la raie de diffraction d’ordre 0 (dans le prolongement du faisceau incident).
C’est une raie achromatique puisque toutes les radiations du spectre de la source y génèrent des
interférences constructives (0 est un entier !)
2.2 – Ordres 0
Observer les spectres d’ordre 1 et 2 en déplaçant la lunette de part et d’autre de la direction
incidente et sans tourner le réseau.
Il s’agit des raies de diffraction dans l’ordre 1 et 2 pour les différentes longueurs d’ondes du spectre de
la source ainsi dispersées. On parle de spectre de raies.
En poussant l’observation au-delà de l’ordre 2 observez-vous un recouvrement de spectres (les raies
apparaissent dans un ordre différent de l’ordre croissant des longueurs d’ondes) ? On parle alors de
recouvrement d’ordres.
3
3 – Mesure d’une longueur d’onde
On dispose d’un réseau de linéature n = 600 traits.mm-1.
Les mesures d’angles se feront à la minute près comme le permet le vernier lié au support de la lunette de
visée (cf annexe).
On souhaite mesurer la longueur d’onde v de la raie verte du mercure par deux méthodes. On confrontera
les résultats et leurs incertitudes.
3.1 – Mesures en incidence normale
Aligner la lunette avec la direction du faisceau incident de façon à superposer le réticule vertical et la
fente source.
Bloquer alors la lunette à l’aide la vis 5B.
Allumer la lampe auxiliaire et placer la lame semi-réfléchissante de la lunette afin d’éclairer le
réticule. Tourner le support du réseau (1D) afin de procéder à la superposition du réticule et de son image
par auto-collimation sur la face du réseau.
Le réseau est alors éclairé en incidence normale. Ainsi, la formule du réseau s’écrit :
𝑠𝑖𝑛 𝑖 ′𝑝 (𝜆) = 𝑛. 𝑝. 𝜆
′ (𝜆)
Et 𝑖 𝑝 = −𝑖′−𝑝 (𝜆)
Mesurer à la minute près la direction angulaire de la raie verte du mercure dans les ordres 2 :
-2 = 113°19’ 2 = 196°07’
Estimer l’incertitude-type de mesure sur chaque angle :
Sources d’incertitudes sur chaque mesure de :
1′
* lecture au vernier gradué à la minute d’angle près : 𝑢1 = 2√3 = 0,29′
* positionnement visuel du réticule sur le centre de la raie (dépend de la finesse de la raie, de l’aptitude
5′
à voir le réticule au centre de la raie…) : estimation 𝑢2 = 2√3 = 1,5′
* réglage de l’incidence normale : très difficile à estimer. Comme il s’agit là encore de positionner le
réticule vertical, je choisis la même incertitude type : u3 = u2
𝑢(𝛼) = √𝑢12 + 𝑢22 + 𝑢32 = 2,1′
Pourquoi préférer mesurer -p et p plutôt que i’p en mesurant au préalable 0 (direction angulaire de
la raie achromatique ?
𝛼𝑝 −𝛼−𝑝 √2.𝑢(𝛼)
* Si on mesure -p et p : 𝑖′𝑝 = ➔ 𝑢(𝑖 ′ 𝑝 ) =
2 2
* Si on mesure 0 et p : 𝑖′𝑝 = 𝛼𝑝 − 𝛼0 ➔ 𝑢(𝑖 ′ 𝑝 ) = √2. 𝑢(𝛼)
La méthode choisie permet donc de diviser par 2 l’incertitude sur l’évaluation de i’p.
Pourquoi préférer mesurer -p et p dans l’ordre 2 plutôt que dans l’ordre 1 ?
′ (𝜆 )
sin 𝑖𝑝 𝑣 𝑢(𝜆𝑣,1 )
𝜆𝑣 = ➔ 𝑢(𝜆𝑣,𝑝 ) =
𝑝.𝑛 𝑝
Effectuer les mesures à l’ordre p>1 permet de diviser l’incertitude d’une facteur p l’évaluation de par
rapport à une mesure à l’ordre 1.
Calculer 𝑖′2(𝜆𝑣 ) = |𝛼 −𝛼2 | = 41°24′’
2 −2 √2.𝑢(𝛼)
puis son incertitude 𝑢(𝑖 ′ 𝑝 ) = 2 = 1,5′
Calculer finalement la longueur d’onde cherchée : 𝜆𝑣 = 𝑠𝑖𝑛 𝑝.𝑛
𝑖′𝑝 (𝜆𝑣 )
= 551,09 𝑛𝑚
4
Calculer l’incertitude-type u() à l’aide d’une simulation Monte-Carlo à trouver au bout du chemin :
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On négligera l’incertitude sur la linéature n du réseau : u() = 0,28 nm
Ecrire le résultat muni de son incertitude-type : v = 551,09 0,28 nm
3.2 – Mesures à l’aide de la technique du minimum de déviation
Comment de placer au minimum de déviation expérimentalement
Une fois le goniomètre optiquement réglé, observer à travers l’oculaire de la lunette, la raie choisie de
longueur d’onde , dans l’ordre p choisi. Tourner manuellement (dans un sens choisi) le plateau solidaire
du réseau (cela modifie i). Suivre à travers la lunette la migration de la raie choisie éventuellement en
tournant la lunette. Lorsque la migration change de sens, la déviation est passée par un minimum. Si vous
n’observez pas de changement de sens, il faut réitérer la manipulation en tournant le réseau dans l’autre
sens.
Une fois le minimum de déviation finement réglé, aligner le fil vertical du réticule sur la raie et mesurer la
position de la lunette au vernier.
Mesurer dans les ordres 2 choisis la direction angulaire du minimum de déviation p,m(v) pour la
raie verte du mercure.
2,m(v) = 189°18’.. -2,m(v) =111°28’.
Calculer 𝛼2,𝑚 (𝜆𝑣 )−𝛼−2,𝑚 (𝜆𝑣 )
𝐷𝑚 (𝜆𝑣 ) = | 2
|
Puisqu’il s’est agi ici aussi de mesurer deux angles repérés par la superposition du réticule avec une raie
diffractée, on peut raisonnablement attribuer la même incertitude à Dm(v) qu’à i’ au 3.1.
√2. 𝑢(𝛼)
𝑢(𝐷𝑚 ) = = 1,5′
2
Calculer finalement la longueur d’onde cherchée :
𝐷𝑚 (𝜆𝑣 )
𝑠𝑖𝑛( )
2
𝜆𝑣 = 2 =555,03nm
𝑝.𝑛
Calculer l’incertitude-type u() à l’aide d’une simulation Monte-Carlo en modifiant la formule de
calcul de :
u() = 0,34 nm
3.3 – Synthèse des résultats
La valeur tabulée de la longueur d’onde de la raie verte du mercure est ref =546,08 nm
Renseignez le tableau suivant :
Méthode v u() z-score
(nm) (nm) |𝝀𝒗 − 𝝀𝒓𝒆𝒇 |
𝒖(𝝀)
Incidence normale 551,09 0,28 18
Minimum de
555,03 0,34 26
déviation
Conclure.
5
Les écarts normalisés (Z-score) sont supérieurs à 2 ce qui rend incohérentes les mesures et la valeur tabulée.
Interprétation :
• Le dénominateur du z-score, u(), est sous-estimé.
o Dans le cas de la méthode de l’incidence normale, on a sans doute estimé l’incertitude liée
à la méthode de réglage de cette incidence normale.
o Dans le cas du minimum de déviation, l’incertitude de positionnement du réticule sur un
extremum de déviation est par nature peu précis. Là encore, l’incertitude de positionnement
est sans doute estimée.
• Le numérateur du z-score, 𝜆𝑣 − 𝜆𝑟𝑒𝑓 est sans doute surestimé. Il peut exister un biais (erreur
systématique)
o Dans le cas de la méthode de l’incidence normale, on peut estimer ce biais en comparant i’p
𝑖′𝑝 +𝑖′−𝑝
et i’-p. Le biais vaut 𝐵 = 2
6
ANNEXE 2 : Schéma du goniomètre
S Source lumineuse
1A
A
2A
2D
3A
1D
30
20
10
0
3C
6B
30
20
10
4C 0
30 5B
C 4B 3B
2C
360
E 10
20
0
1C B 2B
7B
Lame semi réfléchissante
1B
Ampoule annexe
Transfo.
220V/6V
Annexe 3 : Mesure d’angle au vernier :