PHILOSOPHIE
1. L'État
Définition et rôle
L'État est une structure politique organisée qui établit des lois,
garantit l’ordre et la justice, et protège les citoyens. Il est le cadre
institutionnel qui régule la vie en société.
Explications et enjeux
• L’État comme garant de l’ordre → Thomas Hobbes explique
que, sans État, les hommes vivraient dans un chaos
constant : « L’homme est un loup pour l’homme ». L’État
impose donc des règles pour éviter l’anarchie.
• Le Contrat Social → Jean-Jacques Rousseau propose une
vision où l’État est issu d’un pacte entre individus qui
acceptent d’abandonner une partie de leur liberté pour
assurer un bien commun. « L’homme est né libre, et partout
il est dans les fers », dit-il pour montrer la tension entre
liberté et autorité.
• L’État et la démocratie → Selon Montesquieu, un État
équilibré repose sur la séparation des pouvoirs (législatif,
exécutif, judiciaire) afin d’éviter les abus. « Pour qu'on ne
puisse abuser du pouvoir, il faut que, par la disposition des
choses, le pouvoir arrête le pouvoir ».
• L’État est essentiel pour garantir la stabilité de la société et
permettre aux individus de coexister pacifiquement. Son
rôle oscille entre contrainte nécessaire et organisation du
bien commun.
• Rôle : Il a pour mission de garantir à la fois la protection des
citoyens et l’équilibre entre libertés individuelles et règles
communes.
2. Arguments et perspectives philosophiques
• La théorie du contrat social
o Argument : Pour échapper à l’« état de nature » –
souvent décrit comme un lieu d’insécurité et de conflit
– les individus consentent à la formation d’un pouvoir
politique commun.
o Exemple :
▪ Hobbes : Il décrit dans le Leviathan l’état de
nature comme une « guerre de tous contre tous »
où l’homme, "un loup pour l’homme", est
contraint de céder une part de sa liberté pour
vivre en paix.
▪ Rousseau : Dans le Contrat Social, il explique
que l’État naît d’un pacte pour concilier la liberté
individuelle avec l’intérêt collectif.
o Citation classique : « L’homme est un loup pour
l’homme. » (Hobbes)
• Perspective républicaine
o Argument : Dans une approche républicaine, l’État
n’est pas seulement un garant de la sécurité, mais
également le cadre dans lequel se réalisent
l’émancipation et l’autonomie des citoyens par la loi et
la politique.
o Exemple : La modernisation des institutions
démocratiques, où la séparation des pouvoirs et le
respect des droits fondamentaux illustrent la double
fonction de l’État : protection et promotion de la
liberté.
L’État apparaît ainsi comme un outil indispensable pour
organiser la vie en société, permettant de transformer l’état de
nature conflictuel en un espace de vie commun et régi par des
lois.
2. La Liberté
Définition et dimensions
La liberté est la capacité d’agir selon sa volonté, sans être
contraint injustement. Elle se divise en liberté négative (absence
d’entraves) et liberté positive (capacité réelle de choisir et
d’agir).
Explications et enjeux
• Liberté et responsabilité → Selon Sartre, « L’homme est
condamné à être libre ». Il veut dire que, bien que nous
soyons libres, nous devons assumer nos choix et leurs
conséquences.
• Liberté et déterminisme → Spinoza souligne que nos
actions sont influencées par des causes extérieures : « Les
hommes se croient libres parce qu’ils ignorent les causes
qui les déterminent ». Ainsi, la liberté absolue est une
illusion, car nous sommes toujours influencés par notre
environnement.
• Liberté et pouvoir → Benjamin Constant distingue la liberté
des Anciens (participation à la vie politique) et la liberté
des Modernes (indépendance personnelle, droits
individuels).
La liberté est un équilibre entre autonomie individuelle et
régulation collective. Elle implique aussi une responsabilité
personnelle et une prise de conscience de nos limites réelles.
Arguments
• Autonomie et responsabilité
o Argument : La liberté engage la responsabilité de
chacun. Elle implique non seulement l’absence de
contraintes, mais aussi l’obligation morale de choisir
en connaissance de cause.
o Exemple : Dans le débat sur la liberté d’expression,
par exemple, l’exercice de cette liberté peut être
réglementé pour éviter que l’initiative individuelle ne
nuise à autrui.
• Liberté et déterminisme
o Argument : La question de la liberté oppose souvent
l’idée d’un libre arbitre à celle du déterminisme.
o Exemple : Sartre, dans sa réflexion existentielle,
affirme que « l’homme est condamné à être libre »,
soulignant ainsi l’instauration permanente d’une
responsabilité individuelle dans la création de soi.
o Citation classique : « Nous sommes libres, et voilà le
problème. » (Sartre)
La liberté est une notion double qui se situe à la croisée de
l’autonomie individuelle et de la régulation collective. La tension
entre liberté négative et positive interroge constamment la
manière dont nous concevons notre responsabilité et notre
rapport aux autres.
3. Nature et Culture
Définition et distinction
• Nature : Ce qui est inné chez l’homme (instincts, besoins
biologiques).
• Culture : Ce qui est acquis (langage, traditions, valeurs
sociales).
Explications et enjeux
• L’homme à l’état de nature → Rousseau décrit un homme
naturellement bon, corrompu par la société. « L’homme naît
bon, c’est la société qui le corrompt ».
• L’évolution culturelle → Kant affirme que l’éducation est ce
qui permet à l’homme de s’élever au-dessus de sa condition
naturelle. « L’homme est la seule créature qui doive être
éduquée ».
• Le conflit entre nature et culture → Claude Lévi-Strauss
montre que les cultures humaines, bien qu’elles paraissent
différentes, reposent sur des structures universelles. « Le
barbare, c'est d'abord celui qui croit à la barbarie »,
soulignant que toutes les sociétés ont leur propre logique.
L’homme ne vit jamais exclusivement dans la nature : il la
transforme, l’adapte, et la transcende par la culture. C’est cette
interaction qui fait de lui un être pleinement humain.
Arguments et interactions
• De l’état de nature à la civilisation
o Argument : Rousseau, dans ses Discours sur l’origine
de l’inégalité, expose une vision romantique de l’état
de nature, voire idyllique, contrastée par la corruption
apportée par le développement de la société et des
institutions.
o Exemple : Le processus pédagogique décrit dans
Émile de Rousseau montre que l’apprentissage
consiste à harmoniser les instincts (la nature) et les
apprentissages culturels, afin de permettre au sujet de
se réaliser pleinement.
• Dialectique entre instinct et rationalité
o Argument : La culture, par son articulation des savoirs
et des normes, offre à l’individu les outils pour
transcender ses pulsions naturelles et construire un
devenir planifié.
o Exemple : Dans les rites, les arts ou la science, on
constate que, malgré des instincts communs à tous,
chaque société développe des formes d’expression qui
la distinguent, témoignant de la richesse et de la
diversité culturelle.
Le rapport entre nature et culture met en lumière la dynamique
évolutive de l’homme : d’un état initial purement naturel, il se
structure et se transforme grâce à ses activités collectives et
créatrices. Cette tension permet de comprendre comment des
besoins primaires se reconstruisent en valeurs et en savoirs
transmis de génération en génération.
4. Individu et Société
Définition et tension
L’individu est un être unique avec des aspirations propres, mais il
évolue toujours au sein d’une société qui lui impose des normes
et des valeurs.
Explications et enjeux
• La construction sociale de l’individu → Durkheim explique
que nous sommes façonnés par la société, qui nous
transmet des règles et des modèles de comportement. «
L'individu est un produit de la société ».
• L’individu face à la société → Marx critique une société qui
impose des inégalités, empêchant certains individus
d’exercer leur liberté. « Les hommes font leur propre
histoire, mais ils ne la font pas de leur plein gré ».
• L’identité et le groupe → Simone de Beauvoir souligne que
l’individu est souvent réduit à des rôles sociaux (comme le
genre), mais qu’il doit conquérir sa propre identité. « On ne
naît pas femme, on le devient ».
L’individu se construit toujours dans un dialogue avec la société,
naviguant entre conformité et affirmation de soi.
La dualité de l’individu
• Singularité et universalité :
o Argument : L’individu se distingue par son caractère
unique et ses choix personnels, tout en étant façonné
par les influences sociales. La célèbre interrogation
« Comment un homme est-il à la fois différent de tous,
semblable à certains et à tous ? » résume cette
problématique.
o Exemple : À travers des expériences personnelles ou
des témoignages collectifs, on voit que la formation de
l’identité passe par l’interaction avec autrui et
l’intériorisation des normes culturelles.
• La responsabilité sociale
o Argument : L’individu participe activement à la
construction de la société. Chaque comportement,
choix ou engagement constitue une contribution qui,
cumulée à celle des autres, définit le tissu social.
o Exemple : La participation citoyenne (comme le vote
ou l’engagement associatif) illustre comment l’individu
assume un rôle dans l’édification d’un ordre commun,
sans pour autant renoncer à sa singularité.
• Perspectives pédagogiques
o Selon divers cours (par exemple, le cours du Pr Songué
Diouf sur « Individu et Société »), il est essentiel de
concevoir le rapport entre les deux non pas en termes
d’opposition mais comme d’une dialectique où les
normes sociales façonnent l’individu et où,
réciproquement, l’initiative personnelle contribue à la
vie collective.
o Citation : « C’est dans l’articulation des différences
individuelles que se construit la véritable cohésion
sociale. » (Référence au corpus pédagogique de la
philosophie sénégalaise)
L’étude des rapports entre l’individu et la société permet de saisir
la complexité de l’existence humaine : chacun, unique dans ses
choix, se réalise pleinement en s’inscrivant dans une
communauté aux valeurs partagées. Cette tension entre
autonomie et appartenance constitue une des richesses même
de la vie en société.
Conclusion générale
Ces notions sont interconnectées :
• L’État régule la vie collective, mais doit respecter la liberté
de chacun.
• La Liberté est un idéal, mais elle se confronte à des
contraintes sociales et naturelles.
• La Culture transforme la Nature, montrant que l’homme
est un être évolutif.
• L’Individu existe grâce à la Société, qui lui donne des
repères tout en lui imposant des normes.