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SUJET 6
(DARF B 2010)
« Si l’homme ne découvre pas ce pourquoi il est capable de donner sa vie, alors son
existence n’a pas de sens ». Commentez cette assertion d’un auteur contemporain.
Topic : " If lan fails to find out what he should sacrifice his life for, then his existence is
manngless". Comment on this statement by a contemporary writer.
1. Compréhension du sujet
Le sujet en anglais est plus précis que celui en français.
a. Contempory writer : dans le sujet en français, on parle d’un « auteur contemporain »
alors que dans celui en anglais, on parle de writer (écrivain).
b. « if man fails to » cette formule n’exprime une négation simple (comme dans le texte
en français « si l’homme ne découvre pas »). Elle exprime un échec. L’échec suppose
qu’on a essayé sans succès : une épreuve ou une tentative qui se solde soit par un
succès, soit par un échec. Cette formule aurait donc dû être traduite par « si l’homme
ne parvient pas à… » qui suppose que l’on a essayé sans succès.
c. « to find out » : cette formule exprime l’idée de chercher et de (trouver après avoir
cherché). Alors que dans découvrir (discover), il y a l’idée de trouver sans chercher qui
ne suppose pas forcément qu’on a trouvé après avoir cherché, c'est-à-dire qu’il y avait
un objectif à atteindre.
d. « What he should… for…) (il doit) cette formule marque un impératif, un devoir, une
obligation (même traduite par devrait, l’idée du devoir reste) alors que dans le texte en
français. Il s’agit d’une possibilité, d’une compétence « il est capable de … »
e. « Sacrifice his life » (sacrifier sa vie) le texte en français exprime une idée bien plus grave
que celui en français. Le verbe sacrifier met en valeur aussi bien son sujet que son
complément d’objet direct. On ne peut sacrifier qu’un objet de valeur pour une cause
noble et pour une circonstance grave (généralement un objet de valeur à une dignité).
To sacrifice exprime une idée de privation (abnégation, dévouement, renoncement), de
gravité (holocauste, immolation) sous l’effet de la contrainte. Donner exprime une idée
de générosité, de charité, de superflu. Ce que l’on donne n’a pas toujours beaucoup
d’importance, c’est la manière de donner qui compte.
f. « What… for… » (la chose pour laquelle…) a été traduit par « ce pourquoi ».
Ces différences peuvent-elles amener les candidats anglophones et les candidats
francophones à une compréhension différente du sujet ? Le Cameroun étant un pays bilingue
(français/anglais), les Camerounais sont supposés être bilingue. Les candidats doivent prendre
la précaution de lire le sujet dans ses deux versions française et anglaise.
2. Définition des termes du sujet
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Homme : être humain adulte et mâle. Etre humain vivant et pensant. Sujet de
connaissance qui maîtrise le monde il est capable d’engagement et de sacrifice, d’où la notion
de responsabilité. Il est capable d’engagement et à son existence d’où la notion de liberté et
d’engagement.
Ce pronom indéfini mis pour la chose, le machin, le truc. Doit être remplacé par une
notion plus explicite pour contextualiser le sujet : l’amour de la patrie, l’amour de la nation,
l’amour du prochain, honneur et fidélité, etc. (quelque chose qui mérite le sacrifice suprême).
Donner sa vie : se sacrifier, mettre fin à ses jours, se dévouer par sacrifice de soi,
sacrifier ses propres intérêts au profit de quelques chose que l’on fait passer avant.
Vie : espace de temps compris entre la naissance et la mort.
Existence : raison d’être, conscience que l’on a de son être, destin, la présence sur
terre. La vie renvoie à la biologie alors que l’existence renvoie à l’anthropologie, la sociologie,
la vie religieuse, la philosophie. « Je pense, donc je suis ».
Ne pas avoir se sent : Ne rien signifier, ne pas avoir de valeur, être sans objet.
3. Reformulation possible du sujet
- Pour donner un sens à sa vie, l’homme doit se rendre maître de son destin.
- La vie n’a de sens que si l’homme se rend maître de son destin
- L’existence n’a de sens que si l’homme se donne une raison de vivre.
- La vie ne vaut pas la peine d’être vécue quand il n’y a rien qui retient l’homme sur terre
- Tant que l’homme n’a pas trouvé la raison pour laquelle il peut sacrifier sa vie, ses jours
sur terre n’ont pas de sens.
- L’existence de l’homme ne trouve pas sa raison d’être, sa vie n’a pas de sens.
- La vie n’a de valeur que si l’homme se donne une raison d’être.
- Si l’homme ne prend pas conscience de la raison pour laquelle il peut se sacrifier, alors
sa présence sur terre n’a pas de valeur.
4. Consigne d’écriture
Le sujet en français dit commentez et celui en anglais dit « comment on ». Il arrive
généralement que le sujet en français dise « commentez » alors que celui en anglais dit
« discuss ». Dans ce cas, la consigne en anglais est plus explicite par rapport au travail attendue
du candidat. Discuss suppose en effet que le candidat expose d’abord la pensée de l’auteur
(c'est-à-dire qu’il la commente et l’illustre avec des exemples précis) puis en présente les
limites ou en émet des réserves.
On attend donc de tout candidat qu’il justifie la pensé de l’auteur d’une part et d’autre
part qu’il en présente les limites puis qu’il prenne position ou fasse des suggestions.
5. Problématique
Qu’est-ce qui peut amener l’homme à sacrifier sa vie ? Ne dit-on pas que rien ne vaut
la vie ? Pour donner un sens à son existence, l’homme a-t-il besoin de sacrifier sa vie ?
L’homme peut-il se rendre maître de son destin ? L’homme ne peut-il s’épanouir que si sa vie
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se fonde sur des objectifs précis ? L’homme est-il toujours capable d’atteindre ses idéaux ? Ne
dit-on pas que les prisons sont pleines de bonnes intentions ? Le sacrifice de soi est-il la seule
forme d’affirmation ?
6. Plan possible
Ne pas oublier qu’il s’agit d’un sujet de culture générale. Le niveau exigé aux candidats
est celui du baccalauréat. Cependant, certains candidats ont un niveau supérieur à celui du
baccalauréat. Ils aborderont donc le sujet avec des méthodologies ou des plans divers. On
peut cependant prévoir trois plans possibles.
6.1. PREMIER PLAN POSSIBLE
Introduction : exploiter les éléments de la problématique et de la définition des termes
du sujet.
I. THESE
Le candidat aura recours à des exemples concrets tirés de l’actualité pour clarifier et
justifier la pensée de l’auteur. Il s’agit bien d’une dissertation de culture générale et non pas
d’une dissertation philosophique. On n’attend pas du candidat des connaissances
approfondies en philosophie avec un vocabulaire philosophique approprié. Cependant, le
candidat gagnerait à connaître les auteurs et les courants d’idées justifiant la pensée de
l’auteur.
C’est le cas de Camus dans Le mythe de Sisyphe où l’auteur montre qu’ « il faut
imaginer Sisyphe peureux ». Le Sisyphe de Camus s’approprie la pierre des dieux. Ce qui lui
avait été imposé comme punition (rouler la pierre de la plaine jusqu’au sommet de la
montagne) devient sa raison d’être et par là plaine jusqu’au sommet de la montagne) devient
sa raison d’être et par là donne un sens à sa vie. En s’appropriant la pierre, Sisyphe se soustrait
de la domination des dieux et devient maître de son destin.
Les dieux avaient pensé qu’un travail inutile et sans fin était la pire des punitions. En
lui donnant un sens, le travail de Sisyphe n’est plus inutile, Sisyphe peut donc tirer son plaisir
et son bonheur de son travail par conséquent il faut l’imaginer heureux.
L’amour du travail est une source de bonheur. Aimer son travail, même s’il est mal
payé (même s’il n’est pas payé comme celui de Sisyphe) donne un sens à la vie. Un travail bien
rémunéré mais qui n’est pas aimé devient une source d’oppression.
Camus prête à Sisyphe la révolte cependant d’autres penseurs abordent le même
thème avec des perspectives différentes : « je pense donc je suis » (Désastres). « L’homme se
découvre quand il se mesure avec l’obstacle» (Saint Exupéry), « il faut cultiver son jardin »
(Voltaire), « Le travail éloigne de nous trois grands maux : le vice, l’ennui et le
besoin » (Voltaire), « connais-toi toi-même ».
II. ANTITHESE
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L’auteur de la pensé n’est-il pas un idéaliste ? La sagesse ne dit-elle pas : « Mieux vaut
un lâche vivant qu’un héros mort ? ». L’ecclésiaste ne dit-il pas « Vanité des vanités, tout est
vanité » ? La bible ne dit-elle pas « tu ne tueras point » ? Qu’est-ce qui vaut la vie ? Quelle est
cette chose qui vaut le sacrifice suprême ? Cette affirmation ne justifie-t-elle pas les actes
terroristes qui empoisonnent la vie (ou qui la rendent impossible) dans certaines régions du
monde ? L’homme a-t-il le droit de sacrifier sa propre vie en échange de celle des autres ?
Pour gagner quoi ?
N’y a-t-il pas de cause perdue ? Peut-on sacrifier sa vie pour une cause perdue ? Ceux
qui pillent les caisses de l’Etat ne sont-ils pas plus riches que ceux qui acceptent le sacerdoce ?
Pourquoi les uns devraient-ils s’enrichir pendant que les autres (ceux qui défendent des causes
nobles) croupissent dans la misère ?
Améliorer les conditions de vie des enseignants ne contribuerait-il pas à améliorer leur
rendement ? Même avec la vocation, certains ne fuient-ils pas l’enseignement parce que le
travail est mal payé ?
Camus prête à Sisyphe la révolte : l’homme ne peut-il devenir maître de son destin que
par la révolte ?
III. SYNTHESE
La lutte contre la pauvreté n’est-elle pas un idéal noble ? La défense des causes juste
doit-elle toujours passer par le sacrifice de sa vie ?
Le candidat peut montrer par exemple que la lutte contre la pauvreté doit commencer
l’Opération épervier. Un travail bien payé suscite des vocations. Une augmentation de salaire
peut accroître le rendement.
La vocation oui, le don de la vie oui, mais ceux qui ont accepté de faire don de leur vie
subissent des pressions de la part de leurs familles (d’où les notions de « vraie élite » et
« fausse élite » dans les villages).
6.2. DEUXIEME PLAN POSSIBLE
Certains candidats feront certainement un devoir en deux parties.
I. Clarification de la pensée de l’auteur
II. Les limites de la pensée de l’auteur
Ceux-là ont généralement l’habitude de faire leur synthèse et leurs propositions à la
conclusion.
6.3. TROISIEME PLAN POSSIBLE
Certains candidats ayant une formulation de juriste présentent leur dissertation en
deux partes :
I. Clarification de la pensée de l’auteur
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II. Limites de la pensée de l’auteur et proposition de solutions
Conclusion
Certains juristes ne concluent jamais leur devoir. Ils ont aussi le défaut de présenter
des devoirs squelettiques. Il ne faut pas confondre une dissertation de culture générale avec
un devoir spécialisé. Dans une dissertation de culture générale, le candidat forme des phrases
complètes, présente ses idées sous forme de paragraphe bien rédigés. On attend de lui, une
bonne maîtrise du sujet, une maturité d’esprit, exhaustivité et cohérence dans les idées. Et
surtout une bonne conclusion.
NB : Le Directeur Général de l’ENAM attache du prix au sérieux avec lequel les
correcteurs feront leur travail. La forme sera notée sur 06 pts et le fond sur 14 pts. On attend
des correcteurs une tenue exemplaire : objectivité et discrétion, pas de commentaire sur les
copies des candidats, éviter d’écrire sur lesdites copies afin de na pas influencer la deuxième
correction, les notes seront portées sur une feuille indépendante de la copie. Les téléphones
doivent être mis sur vibreur. Les conversations téléphoniques se feront hors de la salle de
correction, un silence absolu est nécessaire pendant la correction.
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