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Microscope

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​ n microscope est un instrument scientifique qui grossit

U
fortement des objets trop petits pour être discernés à l’œil nu.
Il existe plusieurs types de microscopes adaptés à différents
usages et échelles de résolution. Les plus répandus sont les
microscopes optiques (à lentilles, utilisés en biologie et
géologie), qui forment l’image à l’aide de la lumière visible. Au
fil du progrès, d’autres techniques permettent des résolutions
plus élevées : par exemple, les microscopes électroniques (à
transmission – MET – et à balayage – MEB) utilisent un faisceau
d’électrons au lieu de la lumière. Enfin, les microscopes à
sonde locale (comme l’AFM ou STM) « scannent » la surface de
l’échantillon avec une pointe sensible et peuvent atteindre la
résolution atomique.
Comparaison des types de microscopes
Les différents types diffèrent par leur principe et leurs
capacités :
Microscope optique : utilise la lumière et des lentilles en verre.
Il fournit des images en couleur et est relativement simple
d’usage. Sa résolution est limitée (≈0,2 µm) par la longueur
d’onde de la lumière visible. On l’utilise souvent en
microscopie à fond clair, champ noir, fluorescence, etc..
Microscope électronique (MET/MEB) : emploie un faisceau
d’électrons. La longueur d’onde beaucoup plus courte autorise
des grossissements beaucoup plus forts (de l’ordre de 10^3–
10^6×) et une plus grande profondeur de champ. En revanche,
l’échantillon doit être préparé en milieu sous vide (coupe
mince ultrafine pour MET, surface conductrice pour MEB) et les
images sont en niveaux de gris (pas de couleurs naturelles). Le
MET transmet les électrons à travers l’échantillon (analyse de
la structure interne, forte résolution), alors que le MEB détecte
les électrons secondaires réfléchis pour reconstituer une image
en « relief » de la surface.
Microscope à sonde locale (AFM/STM) : la pointe de la sonde «
scanne » la surface de l’échantillon. Ces instruments ne
dépendent pas d’optique et atteignent des résolutions
atomiques, mais ne fournissent pas d’image optique classique.
Microscope utilisé en pétrographie microscopique
En pétrographie (étude des roches en lame mince), on emploie
un microscope polarisant (ou microscopie en lumière
polarisée). Ce microscope optique est muni d’un polariseur et
d’un analyseur croisés, ce qui permet de mettre en évidence les
propriétés optiques des minéraux biréfringents. C’est
d’ailleurs pour cette raison qu’on le nomme aussi microscope «
polariseur-analyseur » ou microscope pétrographique. Sous ce
microscope, les minéraux anisotropes (non cubiques)
produisent des couleurs d’interférence caractéristiques, ce qui
aide à leur identification.
Utilité de la lame mince en microscopie pétrographique
Une lame mince est une fine plaquette de roche (épaisseur 30 ≃
µm) collée sur une lame de verre. Cette préparation est
indispensable pour la microscopie pétrographique : elle rend la
roche suffisamment transparente pour laisser passer la
lumière à travers les minéraux. Ainsi, on peut observer en
lumière transmise leurs couleurs propres et interférentielles
(biréfringence) ainsi que leur relief. La lamelle fine permet
également de mesurer des grandeurs optiques (indices de
réfraction, retard) et d’obtenir des figures d’interférence en
lumière convergeante. Sans lame mince, la plupart des roches
seraient opaques à la lumière visible et inexploitables en
transmission.
Parties principales d’un microscope polarisant et leurs rôles
Les principaux éléments d’un microscope polarisant sont :
Source lumineuse et condenseur : fournissent et focalisent un
faisceau de lumière homogène vers l’échantillon.
Polariseur (situé sous la platine) : filtre polarisant qui ne laisse
passer qu’une vibration de la lumière (lumière polarisée
plane). Il engendre la lumière polarisée non analysée (LPNA)
avant l’échantillon.
Platine tournante (rotative) : support et permet de tourner la
lame mince. Les graduations (repères N–S, E–W) facilitent la
mesure des angles d’extinction et l’observation de l’extinction
tous les 90°.
Objectifs : lentilles de grossissement qui focalisent l’image de
l’échantillon vers les oculaires.
Analyseur (dans la tête, au-dessus des objectifs) : deuxième
polariseur orienté à 90° par rapport au polariseur. Il ne laisse
passer que la composante parallèle à son axe, bloquant ainsi la
lumière en présence d’un minéral anisotrope aligné
(extinction).
Compensateurs (lames à retard) : éléments optiques ajoutés
(ex. plaque de quartz λ, lame orotatrice) entre les
polariseur/analyseur pour déterminer qualitativement le
retard (mesurer la biréfringence) par l’observation de couleurs
d’interférence particulières.
Objectif de Bertrand (ou lentille de Bertrand) : il permet de
mettre au point dans le plan focal arrière de l’objectif pour
observer les figures d’interférence en lumière convergeante
(section unicrane, biréfringence).
Oculaires croisés : oculaires avec réticule (croix) servant de
repère. En lumière polarisée analysée (LPA), ils permettent de
repérer la direction N–S du polariseur.
Ces parties, en coopérant, permettent d’étudier en LPNA et en
LPA (lumière polarisée analysée) les propriétés optiques des
minéraux (relief, biréfringence, pleochroïsme, extinctiométrie,
etc.).
Définitions de termes de préparation et d’optique
minéralogique
Sciage : découpe initiale de la roche brute en tranches à l’aide
d’une scie diamantée sous eau courante (pour éviter la
surchauffe). On obtient une plaquette plus fine (« sucre ») à
polir.
Polissage : ponçage fin de la surface de roche collée sur la lame.
On utilise des abrasifs de granulométrie décroissante (carbure
de silicium puis oxyde de chrome) pour obtenir une surface
ultralisse et miroir. C’est indispensable avant l’affinage pour
minimiser les rayures et fissures.
Affinage : réduction de l’épaisseur de la lame mince jusqu’à la
valeur finale (≈30 µm). Typiquement fait sur rectifieuse ou
ponceuse très fine. L’épaisseur finale est vérifiée à la lame de
Cargille ou au micromètre.
Lumière polarisée non analysée (LPNA) : lumière après le
polariseur et avant l’analyseur. C’est une lumière plane
polarisée dirigée dans un plan fixe. En LPNA, on observe la
couleur propre et le relief des minéraux (pléochroïsme, relief)
sans analyser les deux composantes polarisées.
Minéral isotrope : minéral dont les propriétés optiques sont
identiques dans toutes les directions (un seul indice de
réfraction). Ce cas se rencontre pour les cristaux cubiques et
pour les matériaux amorphes (verre, opale). Au microscope
polarisant, un minéral isotrope apparaît toujours noir
(extinction) en lumière polarisée analysée, quelle que soit son
orientation.
Minéral anisotrope : minéral dont les propriétés optiques
(vitesse de la lumière) varient selon la direction (plusieurs
indices). Tous les minéraux non cubiques (ou non amorphes)
sont anisotropes. Dans ces cristaux, la lumière polarisée se
dédouble en deux rayons (ordinaire et extraordinaire) de
vitesses différentes, ce qui crée la biréfringence (δ =
n<sub>g</sub>–n<sub>p</sub>) et donne lieu aux teintes
colorées observées sous LPA.
Minéral opaque : minéral non transparent à la lumière
transmise (ex. sulfures métalliques). Sous microscope
polarisant en LPNA, un minéral opaque absorbe tout le spectre
visible et apparaît totalement noir. On les étudie généralement
en microscopie à lumière réfléchie (éclairage du dessus).
Relief : effet optique dû à la différence d’indice de réfraction
entre le minéral et le milieu de montage (résine, n≈1,54). Si
l’indice du minéral est nettement différent de celui du milieu,
le minéral semble « ressortir » en trois dimensions sur la lame
mince. Par définition, le quartz (n≈1,54) en monture à 1,54 a
relief nul; un minéral d’indice supérieur a un relief positif
(bords lumineux), d’indice inférieur a un relief négatif.
Pléochroïsme : capacité d’un minéral (en LPNA) à absorber
différemment les longueurs d’onde selon l’orientation du
cristal. En tournant la lame, la couleur apparente change. Seuls
les minéraux anisés (ex. micas bruns) sont colorés (dichroïques
ou trichroïques). Les isotropes (cubiques) n’ont pas de
pléochroïsme.
Clivage : tendance d’un minéral à se fissurer selon certaines
directions planes privilégiées (plans de faiblesse cristalline).
Chaque plan de clivage apparaît en lame mince comme des
lignes parallèles. L’observation du clivage (nombre de
directions et angles entre elles) est un indice d’identification
mineralogique. Par exemple, les pyroxènes ont deux clivages à
~90°, les amphiboles à ~120°.
Biréfringence : propriété d’un minéral anisotrope de dédoubler
un rayon lumineux selon deux indices distincts. C’est la
différence Δn = n<sub>g</sub>–n<sub>p</sub> entre l’indice du
rayon extraordiaire (n<sub>g</sub>) et ordinaire
(n<sub>p</sub>). Elle est responsable des couleurs
d’interférence en LPA et permet, avec l’épaisseur, de calculer le
retard optique R = B·e.
Macle : association symétrique de deux (ou plusieurs) cristaux
du même minéral, accrochés selon une loi géométrique précise.
Une macle peut se former par accolement sur un plan commun
ou par interpénétration. Elle se reconnaît souvent à la présence
d’angles entrants dans le cristal. Des exemples célèbres sont les
macles de Carlsbad (feldspath), ou la croix de fer en pyrite.
Extinction : phénomène où un cristal anisotrope devient
sombre (noir) sous polariseurs croisés. En tournant la lame
mince, il s’éteint (blocage total de la lumière) tous les 90°.
L’angle d’extinction d’un minéral est l’angle entre une direction
cristallographique donnée (ex. plan de clivage) et la position où
il s’éteint. Une extinction dite « droite » est à 0° (axes optiques
alignés avec le cristal); sinon elle est oblique, toujours <45°.
Cristal amorphe : terme parfois utilisé pour un matériau
minéral non cristallisé (ex. verres, opales). Techniquement, un
matériau amorphe n’a pas de réseau cristallin ordonné et ne
donne pas de diffraction X structurée. En optique, il se
comporte comme isotrope (un seul indice).
Réflectance : proportion (ou pourcentage) de lumière incidente
qu’un minéral (ou matériau) réfléchit en surface. C’est le
rapport de l’intensité réfléchie sur l’intensité incidente. Cette
grandeur (positive) se mesure souvent en microscopie à
lumière réfléchie pour caractériser l’éclat des minéraux
opaques. Un éclat métallique, par exemple, correspond à une
réflectance élevée (fort pouvoir réfléchissant) combinée à une
forte absorption dans le minéral.
Tableau des caractéristiques optiques et cristallographiques
Minéral Couleur (PP) Clivage Relief Biréfringence Extinction
Quartz Incolore Aucun (cassant conchoïdal) Faible (+) Faible
(couleurs 1er ordre, ≈0.009) Ondulatoire (extinction en
crochetage)
Feldspaths Incolores à rosés 2 directions à ~90° (orthose,
plagioclases) Faible à moyen (+) Faible (couleurs 1er ordre)
Généralement oblique (par rapport aux clivages)
Muscovite Incolore (pâle) Un seul plan parfait Élevé (+) Élevée
(~0.041, 2e-3) Droite (extinction parallèle au clivage)
Biotite Brun à vert Un seul plan (mica) Élevé (+) Moyenne
(~0.03) Droite (parallèle au clivage)
Glauconite Vert Nulle ou mal définie Faible (+) Très faible
Souvent nul (indice unique apparent)
Calcite Incolore 3 directions rhomboédriques Très élevé (+)
Très élevée (~0.172) Oblique (liée à axe optique, min. uniaxe
négatif)
Dolomite Incolore 3 directions (rhomb.) Élevé (+) Élevée
(~0.156) Oblique (unaxe négatif, similaire à calcite)
Note : PP = lumière polarisée non analysée (plane-polarized).
Les valeurs qualitatives de relief sont données par rapport au
milieu de montage (milieu environnant). Les données chiffrées
(biréfringence) et descriptions (extinction) sont typiques de la
minéralogie optique et issues de l’observation pétrographique
standard.
Sources : Ouvrages et cours de minéralogie et pétrographie
(manuels universitaires et publications géologiques),
complétés par des lexiques spécialisés en pétrologie et
minéralogie optique. Ces références fournissent les base
s théoriques et descriptives pour chaque propriété optique et
cristallographique mentionnée.

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