REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO
MINISTERE DE L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR ET UNIVERSITAIRE
UNIVERSITE DE KINSHASA
FACULTE DE MEDECINE
ECOLE DE SANTE PUBLIQUE
LA GESTION DES DECHETS BIOMEDICAUX DANS LA
PREVENTION-CONTROLE DES INFECTIONS EN MILIEUX
HOSPITALIERS
CAS DE LA ZONE DE SANTE DE KIRI
Par
IKAMBA OMIAZILA Emmanuel
Docteur en médecine
Mémoire présenté et défendu en vue d’obtention
du titre du master en santé publique
Santé et Environnement
Directeur : Professeur Emérite WEMBODINGA Gilbert
Encadreur : Dr Emmanuel MBUYI
Edition 2022 – 2023
DEDICACE
Nous dédions ce travail :
A notre chère épouse : KILUNDU MANUZEYI Mireille, qui est notre vraie compagne, pour ton
affection, tes conseils et ton soutien que tu nous as donnés qui nous ont servi de guide.
Trouves dans ce travail toute notre gratitude et notre amour.
A nos parents : MONSHE OMIAZILA Jean et MONKA NDAILO Julienne, merci pour la vie,
l’amour et les sacrifices consentis à notre égard. Nous aurions souhaité vous voir parmi nous
aujourd’hui mais le tout puissant en a voulu autrement, que l’Eternel vous accueille dans son
paradis.
A nos enfants : OMIAZILA IKAMBA Blessing et OMIAZILA MANUZEYI Hope, pour vos prières,
soutien et patience.
A nos frères et Sœurs : OMIAZILA Valentin, OMIAZILA KALIFENE Juliette, OMIAZILA KALIFENE
Clémence, OMIAZILA KALIFENE Sylvie et MONSEMBULA MAKASA Alfred pour tant d’amour,
soutien et prières à notre égard.
A notre cher oncle : IZEMENGIA NSAA-NSAA Ernest, pour son soutien moral à notre égard.
REMERCIEMENT
Au terme de cette formation postuniversitaire, nous avons l’obligation de remercier le Tout
Puissant Créateur, Dieu de bonté et de miséricorde qui nous a donné le souffle de vie et qui
nous a permis de voir ce jour de l’obtention du Diplôme de Spécialiste en Santé Publique,
Nos remerciements s’adressent particulièrement au Professeur Emérite Wembodinga
Gilbert et Dr MBUYI Emmanuel pour leur soutien, leur engagement, leur disponibilité, leur
écoute et leur feedbacks pertinents. Veuillez trouver ici l’expression de notre gratitude et de
notre respect les plus considérables.
Nous sommes aussi très reconnaissant envers tous nos professeurs de l’Ecole de Santé
Publique de Kinshasa, nous admirons leur sens du travail bien accompli, leur disponibilité et
surtout leur rigueur scientifique qui ont constitué un atout non négligeable tout au long de
notre formation. Les mots nous manquent pour exprimer tout ce que nous avons gagné à
vos côtés car vous ne nous avez pas donné qu’un enseignement académique, mais aussi et
surtout toute une conduite de notre vie de tous les jours.
Au Dr MBOKO IYETI Alain pour son soutien incontestable, l’obligation et la bienveillance dont
vous nous avez comblés à la fin de ce travail, soyez rassuré de notre profonde
reconnaissance. Que Dieu vous donne longue vie et vous accorde son assistance.
À tous les camarades de la promotion santé publique, ENSA 2022 nous adressons nos
remerciements pour votre collaboration et l'esprit du travail en équipe qui a prévalu tout au
long de cette formation postuniversitaire.
Merci à vous tous pour votre franche collaboration et bonne carrière à toutes et à tous.
Nous pensons aussi au CD BEKONDA, CD Francis KAMBOL YAV, MIP Joseph OYOMBO et tous
nos EPP de la DPS Mai-Ndombe, pour vos encouragements et soutiens particuliers à notre
égard.
Nous tenons aussi de tout notre cœur à remercier très sincèrement toutes les personnes de
bonne volonté de près ou de loin qui ont contribué à cette formation. Nous ne saurons
jamais citer le nom de tous les parents, amis, collaborateurs et maîtres qui nous ont apporté
leur soutien moral, matériel et scientifique tout au long de cette formation. Qu’ils trouvent
ici l’expression de notre profonde gratitude.
RESUME DU MÉMOIRE
Notre étude a porté sur la gestion des déchets biomédicaux dans la prévention et contrôle
des infections en milieux hospitaliers/ la Zone de Santé de KIRI dans la Province de Mai-
Ndombe en République Démocratique du Congo. Dans le monde, chaque année, 16 milliards
d’injections sont administrées mais toutes les aiguilles et seringues ne sont pas correctement
éliminées même leurs incinérations sont parfois pratiquées à ciel ouvert entrainant
l’émission des dioxines, furannes et des particules. Les déchets issus de ces injections sont
responsables des 1,7 million de nouvelles infections par le virus de l'hépatite B, 315 000
nouvelles infections par le virus de l'hépatite C et 33 800 nouvelles infections au VIH.
La gestion des déchets constitue désormais une préoccupation de plus en plus pressante et
nécessite une attention particulière car ils sont potentiellement dangereux en raison de leur
contenu infectieux, chimique ou radioactif et constituent un réservoir de micro-organismes
potentiellement dangereux capables d’infecter les malades hospitalisés, les personnels de
santé et le grand public. La gestion des déchets biomédicaux est cruciale pour améliorer
l’environnement hospitalier, prévenir les infections et minimiser leur impact
environnemental potentiellement dangereux par une approche rigoureuse pour assurer la
sécurité publique.
En Afrique, les initiatives visant à améliorer la gestion des déchets médicaux sont contrariés
par des défis récurrents, notamment en termes de ressources matérielles, financières et de
personnel qualifié pour la gestion des déchets médicaux. En RDC, bien que ces risques soient
insuffisamment documentés, la gestion des déchets biomédicaux n’est pas assez développée
dans les établissements des soins de santé.
La Zone de santé de Kiri a déclaré, en 2023, le taux d’infection post opératoire de 5% avec un
nombre important d’autres infections nosocomiales, qui augmentent le séjour du patient et
alourdi les dépenses liées aux soins à l’hôpital.
Cette recherche vise à identifier les lacunes existantes dans la zone de santé de Kiri, à
proposer des solutions efficaces et adaptées à ces contextes spécifiques, et ainsi qu’à
sensibiliser le personnel aux risques associés à une mauvaise gestion des déchets médicaux.
Les investigations menées étaient centrées sur la question de savoir si la gestion des déchets
biomédicaux contribue à la prévention et contrôle des infections dans les structures de santé
de la zone de santé de Kiri dans la perspective d’améliorer
la gestion des déchets biomédicaux de tri, collecte jusqu’à leur élimination afin d’éviter la
contamination des malades ou du personnel de santé dans nos structures sanitaires
La collecte des données s’est déroulée du 7 au 28 février 2025 et a utilisé comme technique
l’interview dirigée de tous les agents présents au service les jours de l’enquête (voir en
annexe). Les interviews ont été conduites en Lingala, en lokonda ou en Français. Le logiciel
Epidata a servi pour la saisie des données qui ont été exportées vers une feuille Excel pour
traitement et analyse vers le logiciel stata1.
Les résultats des analyses sont révélateurs des problèmes qui passent parfois inaperçus. :
- Au total 196 agents des ESS ont été enquêtés, les hommes représentent 62,76% contre 37,24%
des femmes. L’âge des répondants varie entre 40-49ans avec un âge moyen de 42 ans dans la
catégorie de 40 à 49 ans. En ce qui concerne leur qualification, plus de la moitié soit 56,12% des
répondants sont infirmiers (du niveau A1 et A2) et 51,53% de ces infirmiers sont des soignants.
La qualification autres représente plus les administratifs et aussi les techniciens de surface. La
majorité des répondants ou enquêtés (68,8%) ont une ancienneté de plus de 10 ans.
- Les problèmes de gestion des DBM ont été observés à tous les niveaux pendant la phase
de collecte, il n’y a pas catégorisation ni de séparation des déchets lors de la production.
- Les facteurs associés à la mauvaise gestion des déchets biomédicaux dans la zone de
santé de Kiri sont notamment (i) le manque de formation des agents en rapport avec la
gestion des déchets biomédicaux, (ii) le manque de moyens financiers et (iii) le manque
d’infrastructures qui rend aléatoire la gestion et l’élimination sécurisée des déchets
biomédicaux.
Les résultats ont montré que les répondants avaient un faible niveau de connaissance sur la
gestion des déchets biomédicaux et cela en ce qui concerne la catégorisation, le tri ou la
séparation, la collecte, le stockage le transport et l’élimination. Il se dégage de cette étude
que ce faible niveau de connaissance des personnels de ces formations sanitaires est
certainement associé au manque de formation des agents sur la gestion des DBM, pilier
important de la bonne gestion et socle de la qualité des soins.
Les résultats ont montré que la gestion des déchets biomédicaux telle que pratiquée dans la
zone de santé de Kiri est non conforme aux standards préconisées et loin de contribuer à la
prévention et contrôle des infections dans les structures de santé. Les enquêteurs qui ne
sont que les personnels des établissements des soins de santé ont un faible niveau de
connaissance sur gestion des déchets biomédicaux et cela en ce qui concerne la
catégorisation, le tri ou la séparation, la collecte, le stockage le transport et l’élimination.
Des pratiques qui se développent sur terrain témoignent la méconnaissance voire la
mauvaise gestion des DBM à même de nuire à la santé des malades, personnels de santé et
visiteurs contractent dans les milieux hospitaliers et occasionner la contamination de
l’environnement. Ce déficit est la conséquence logique du manque de formation
appropriée des agents sur la gestion des DBM, de l’inexistence des infrastructures dédiées
telles que les incinérateurs et des dispositifs pour l’élimination sécurisée des déchets
biomédicaux surtout infectieux.
Il se dégage la nécessité de poursuivre les efforts de vulgarisation de la politique nationale
de gestion des déchets biomédicaux et d’allouer des ressources conséquentes pour la
gestion des déchets biomédicaux comme composante de la Prévention contrôle des
infections dans les établissements des soins. En outre, l’’Equipe Cadre de Zone de Santé
Rurale de Kiri doit davantage accompagner les formations sanitaires dans la mise en place
des activités minimales de gestion des déchets biomédicaux et renforcer les capacités des
acteurs commis à la gestion des déchets biomédicaux et a dotation des établissements des
soins en poubelles et des incinérateurs afin de réduire la contamination dans la zone de
santé de Kiri.
LISTE DES ABREVIATIONS
-A1 : Infirmier ou Technicien de Labo diplômé de niveau graduat
-A2 : Infirmier ou Technicien diplômé de niveau secondaire
-A3 : Infirmier auxiliaire
-APA : Autorité politico-administrative
-BCZ : Bureau central de la zone
-CS : Centre de santé
-CSR : Centre de santé de référence
-DAOM : Déchets assimilables à ordures ménagères
-DASRI : Déchets des soins à haut risque infectieux
-DBM : Déchets biomédicaux
-EPI : Equipement de protection individuelle
-ESS : Etablissement des soins de santé
-FOSA : Formation sanitaire
-GAES : Gestion d’accident d’expositions au sang
-GDBM : Gestion des déchets biomédicaux
-HGR : Hôpital général de référence
-OMS : Organisation mondiale de la santé
-PCI : Prévention et contrôle des infections
-VIH : Virus d’immunodéficience humaine
-RDC : République Démocratique du Congo
-UNICEF : Fond des nations unies pour l’enfance
LISTE DES TABLEAUX
Tableau I. Variables d’étude et leurs définitions opérationnelles…………………………………… 17
Tableau II. Caractéristiques sociodémographiques des répondants lors de l’enquête dans
l’ESS………………………………………………………………………………………………………………………………… 21
Tableau III : Gestion des DBM dans la zone de santé de Kiri……………………………………………… 22
Tableau IV : Tableau montrant le niveau des connaissances des répondants sur la gestion des
DBM, 2024……………………………………………………………………………………………………………………… 24
Tableau V : Tableau montrant la différence de niveau des connaissances des répondants de
l’HGR, CSR et CS sur la gestion des DBM………………………………………………………………………… 24
Tableau VI : Analyse bi variée sur les facteurs associés à la mauvaise gestion des déchets
biomédicaux dans la zone de santé de Kiri………………………………………………………………………. 25
Tableau VII. Facteurs associés à la mauvaise gestion des déchets biomédicaux dans la zone
de santé de Kiri………………………………………………………………………………………………………………… 26
Tableau VIII : Tableau montrant les difficultés rencontrées sur la gestion des DBM dans la ZS
Kiri…………………………………………………………………………………………………………………………………… 27