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Cours Profession D'assurances-1

Le document traite des aspects juridiques et réglementaires des assureurs dans la zone CIMA, en précisant que les entreprises d'assurance doivent obtenir un agrément de l'État pour exercer. Il décrit les exigences pour l'obtention de cet agrément, ainsi que les différentes branches d'assurance et les principes de fonctionnement des sociétés d'assurance et des mutuelles. Enfin, il souligne que les sociétés d'assurance mutuelles visent à mutualiser les risques entre sociétaires sans but lucratif.

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Cours Profession D'assurances-1

Le document traite des aspects juridiques et réglementaires des assureurs dans la zone CIMA, en précisant que les entreprises d'assurance doivent obtenir un agrément de l'État pour exercer. Il décrit les exigences pour l'obtention de cet agrément, ainsi que les différentes branches d'assurance et les principes de fonctionnement des sociétés d'assurance et des mutuelles. Enfin, il souligne que les sociétés d'assurance mutuelles visent à mutualiser les risques entre sociétaires sans but lucratif.

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INTRODUCTION

Pour la plupart des gens, l’assureur correspond à la personne physique


ou morale auprès de laquelle ils ont souscrit un contrat d’assurance, et qui est
chargée de les indemniser au moment de la survenance d’un sinistre contre
lequel ils étaient assurés.

Si, dans certains cas, cette définition de l’assureur et son identification à la


personne physique ou morale auprès de laquelle le contrat d’assurance est
souscrit, peut s’avérer exacte, elle est dans certains cas, erronée.

Selon les articles 300 et 301 du livre III du code des assurances CIMA
sont considérées comme assureurs:

- Les entreprises qui contractent des engagements dont l'exécution


dépend de la durée de la vie humaine ou qui font appel à l'épargne en vue de
la capitalisation et contractent, en échange de versements uniques ou
périodiques, directs ou indirects, des engagements déterminés ;
- Les entreprises d'assurance de toute nature y compris les
entreprises exerçant une activité d'assistance et autres que celles visées plus
haut.

Ces entreprises se présentent sous la forme principale de société


anonyme ou de société d'assurance mutuelle. Ainsi pour mieux discerner qui
peut être appelé assureur ou pas, il convient de définir le cadre juridique,
règlementaire et technique qui entoure ces assureurs.

I. Aspects Juridiques et Règlementaires

Le livre III du code des assurances CIMA traite de tous les aspects
juridiques et règlementaires des compagnies d’assurances exerçant dans la
zone CIMA. La Cote d’Ivoire faisant partie du traité CIMA, elle est soumise aux
mêmes règles. Certaines sont communes aux deux types d’assureurs
mentionnés plus haut. Mais dans leur manière de fonctionner, il existe des
différences.

A. Les règles communes

1. L’obtention de l’agrément

L’assureur est « un organisme habilité à pratiquer des opérations


d’assurances dans certaines branches de l’assurance, qui organise la
mutualisation des risques au sein de la communauté des assurés et qui
s’engage, en cas de réalisation de ces risques, à couvrir les pertes financières
éventuelles de ses assurés dans la limite de la convention qu'ils ont fixé
ensemble ».
Tout assureur, qu’il s’agisse d’une entreprise d’assurances ou d’une mutuelle
doit obtenir de la part de l’Etat l’autorisation d’exercer des opérations
d’assurances.

Ainsi, toute demande d'agrément présentée par une entreprise d'un État
membre doit être produite en cinq (5) exemplaires et comporter :

a) la liste établie en conformité avec l'article 328, des branches que


l'entreprise se propose de pratiquer ;

b) le cas échéant, l'indication des pays étrangers où l'entreprise se


propose d'opérer;

c) un des doubles de l'acte authentique constitutif de l'entreprise ou une


expédition ;

d) le procès-verbal de l'assemblée générale constitutive ;

e) deux (2) exemplaires des statuts et une attestation de dépôt bancaire


;

f) la liste des administrateurs et directeurs, ainsi que de toute personne


appelée à exercer en fait des fonctions équivalentes avec les nom, prénoms,
domicile, nationalité, date et lieu de naissance de chacun d'eux. Les personnes
mentionnées ci-dessus doivent produire un extrait de leur casier judiciaire
datant de moins de trois (3) mois ou un document équivalent délivré par une
autorité judiciaire ou administrative compétente. En outre, si elles sont de
nationalité étrangère, ces personnes doivent satisfaire aux dispositions des lois
et règlements relatifs à la situation et à la police des étrangers.

g) un programme d'activités comprenant les pièces suivantes :

1°) un document précisant la nature des risques que l'entreprise se


propose de garantir ;

2°) pour chacune des branches faisant l'objet de la demande d'agrément,


deux (2) exemplaires des polices et imprimés destinés à être distribués au
public ou publiés ;

3°) pour chacune des branches faisant l'objet de la demande d'agrément,


deux (2) exemplaires des tarifs. S'il s'agit d'opérations d'assurance comportant
des engagements dont l'exécution dépend de la durée de la vie humaine,
d'opérations complémentaires aux opérations précédentes, l'entreprise doit
produire le tarif afférent à toutes ces opérations, ainsi qu'une note technique
exposant le mode d'établissement des tarifs et les bases de calcul des diverses
catégories de primes ou cotisations. S'il s'agit d'opérations d'appel à l'épargne
en vue de la capitalisation, l'entreprise doit produire le tarif complet des
versements ou cotisations, accompagné de tableaux indiquant au moins année
par année les provisions mathématiques et les valeurs de rachat
correspondantes, ainsi que d'une note technique exposant le mode
d'établissement de ces divers éléments.

4°) les principes directeurs que l'entreprise se propose de suivre en


matière de réassurance ;

5°) le plan d'informatisation de l'entreprise, les prévisions de frais


d'installation des services administratifs et du réseau de production ainsi que
les moyens financiers destinés à y faire face.
6°) pour les trois (3) premiers exercices sociaux :

- les prévisions relatives aux frais de gestion autres que les frais
d'installation, notamment les frais généraux et les commissions ;

- les prévisions relatives aux primes et aux sinistres ;

- la situation probable de trésorerie ;

- les bilan, compte d'exploitation et compte général des pertes et profits


prévisionnels,

- l'état C1 prévisionnel.

7°) pour les mêmes exercices sociaux :

- les prévisions relatives aux moyens financiers destinés à la couverture


des engagements ;

- les prévisions relatives à la marge de solvabilité que l'entreprise doit


posséder en application des dispositions du présent code ;

8°) dans le cas d'une société anonyme, la liste des principaux


actionnaires ainsi que la part du capital social détenue par chacun d'eux ; dans
le cas d'une société d'assurance mutuelle, les modalités de constitution du
fonds d'établissement ;

9°) le nom et l'adresse du principal établissement bancaire où sont


domiciliés les comptes de l'entreprise ;

10°) en cas de demande d'extension d'agrément, les documents


mentionnés aux c) d) et e) du présent article ne sont pas exigés. L'entreprise
doit indiquer, s'il y a lieu, toute modification intervenue concernant l'application
des dispositions du f) du présent article, ainsi que celles de l'article 328-5 et
justifier qu'elle dispose d'une marge de solvabilité au moins égale au montant
réglementaire.

h) les Commissaires aux Comptes titulaire et suppléant en précisant les


nom, prénoms, domicile, nationalité, lieu et date de naissance pour la personne
physique ou le représentant d’une société de Commissaire aux Comptes. Ces
personnes doivent produire :

- un extrait de leur casier judiciaire datant de moins de trois (3) mois ou


un document équivalent délivré par une autorité judiciaire ou administrative
compétente ;

- un curriculum vitae ;

- une attestation d’inscription au tableau de l’ordre des Experts


Comptables agréés auprès de la Cour d’Appel de l’État concerné ou par tout
autre organisme habilité ;

- le nom des entités déjà auditées ou en cours d’audit, particulièrement


les sociétés d’assurances, de même que la période passée dans chaque
organisme ;

- l’engagement sur l’honneur des Commissaires aux Comptes à n’exercer


directement ou indirectement aucune activité incompatible, de ne disposer
d’aucune créance douteuse ou litigieuse de la société d’assurances et d’éviter
tout conflit d’intérêt.

De plus, Lors de l'examen du dossier d'agrément, la Commission


Régionale de Contrôle des Assurances prend en considération la qualification
et l'expérience professionnelle des personnes mentionnées au 1°) f) de l'article
328-4. Celles-ci doivent produire un état descriptif de leurs activités. Elles
indiquent notamment :

1°) la nature de leurs activités professionnelles actuelles et de celles


qu'elles ont exercées les dix années précédant la demande d'agrément ;

2°) si elles ont fait l'objet, soit de sanctions disciplinaires prises par une
autorité de contrôle ou une organisation professionnelle compétente, soit d'un
refus d'inscription sur une liste professionnelle ;

3°) si elles ont fait l'objet d'un licenciement ou d'une mesure équivalente
pour faute ;
4°) si elles ont exercé des fonctions d'administrateur ou de direction dans
des entreprises ayant fait l'objet de mesures de redressement ou de liquidation
judiciaire, de mesures concernant la faillite personnelle et les banqueroutes, ou
de mesures équivalentes à l'étranger.

C’est le ministre chargé des marchés d’assurances qui délivre l’agrément


aux entreprises, après analyse et acceptation du dossier par la commission de
contrôle de la CIMA. L'agrément prévu à l'article 326 est accordé branche par
branche.

2. Les opérations d’Assurances

L'agrément est accordé sur demande de l'entreprise, pour les opérations


d'une ou plusieurs branches d'assurance. L'entreprise ne peut pratiquer que les
opérations pour lesquelles elle est agréée. Selon l’article 328 du livre III du code
CIMA, les opérations d'assurance sont classées de la manière suivante :

 Les branches IARD

1°) Accidents (y compris les accidents de travail et les maladies


professionnelles) :

a) prestations forfaitaires ;

b) prestations indemnitaires ;

c) combinaisons ;

d) personnes transportées.

2°) Maladie :

a) prestations forfaitaires ;

b) prestations indemnitaires ;

c) combinaisons.

3°) Corps de véhicules terrestres (autres que ferroviaires) : Tout


dommage subi par :

a) véhicules terrestres à moteur ;


b) véhicules terrestres non automoteurs.

4°) Corps de véhicules ferroviaires : Tout dommage subi par les véhicules
ferroviaires.

5°) Corps de véhicules aériens : Tout dommage subi par les véhicules
aériens.

6°) Corps de véhicules maritimes, lacustres et fluviaux : Tout dommage


subi par :

a) véhicules fluviaux ;

b) véhicules lacustres ;

c) véhicules maritimes.

7°) Marchandises transportées (y compris les marchandises, bagages et


tous autres biens) : Tout dommage subi par les marchandises transportées ou
bagages, quel que soit le moyen de transport.

8°) Incendie et éléments naturels : Tout dommage subi par les biens
(autres que les biens compris dans les branches 3, 4, 5, 6 et 7) lorsqu'il est
causé par :

a) incendie ;

b) explosion ;

c) tempête ;

d) éléments naturels autres que la tempête ;

e) énergie nucléaire ;

f) affaissement de terrain.

9°) Autres dommages aux biens : Tout dommage subi par les biens
(autres que les biens compris dans les branches 3, 4, 5, 6 et 7) et lorsque ce
dommage est causé par la grêle ou la gelée, ainsi que par tout événement, tel
le vol, autre que ceux compris dans la branche 8.
10°) Responsabilité civile véhicules terrestres automoteurs : Toute
responsabilité résultant de l'emploi de véhicules terrestres automoteurs (y
compris la responsabilité du transporteur).

11°) Responsabilité civile véhicules aériens : Toute responsabilité


résultant de l'emploi de véhicules aériens (y compris la responsabilité du
transporteur).

12°) Responsabilité civile véhicules maritimes, lacustres et fluviaux :


Toute responsabilité résultant de l'emploi de véhicules fluviaux, lacustres et
maritimes (y compris la responsabilité du transporteur).

13°) Responsabilité civile générale : Toute responsabilité autre que celles


mentionnées sous les 10, 11 et 12.

14°) Crédit :

a) insolvabilité générale ;

b) crédit à l'exportation ;

c) vente à tempérament ;

d) crédit hypothécaire ;

e) crédit agricole.

15°) Caution :

a) caution directe ;

b) caution indirecte.

16°) Pertes pécuniaires diverses :

a) risques d'emploi ;

b) insuffisance de recettes (générale) ;

c) mauvais temps ;

d) pertes de bénéfices ;

e) persistance de frais généraux ;


f) dépenses commerciales imprévues ;

g) perte de la valeur vénale ;

h) pertes de loyers ou de revenus ;

i) pertes commerciales indirectes autres que celles mentionnées


précédemment ;

j) pertes pécuniaires non commerciales ;

k) autres pertes pécuniaires.

17°) Protection juridique

18°) Assistance : Assistance aux personnes en difficulté, notamment au


cours de déplacements.

19°) (Réservé).

 Les branches Vie

20°) Vie-décès : Toute opération comportant des engagements dont


l'exécution dépend de la durée de la vie humaine.

21°) Assurances liées à des fonds d'investissement : Toutes opérations


comportant des engagements dont l'exécution dépend de la durée de la vie
humaine et liées à un fonds d'investissement. Les branches mentionnées aux
20 et 21 comportent la pratique d'assurances complémentaires au risque
principal, notamment celles ayant pour objet des garanties en cas de décès
accidentel ou d'invalidité.

22°) Opérations tontinières : Toutes opérations comportant la constitution


d'associations réunissant des adhérents en vue de capitaliser en commun leurs
cotisations et de répartir l'avoir ainsi constitué, soit entre les survivants, soit
entre les ayants droit des décédés.

23°) Capitalisation : Toute opération d'appel à l'épargne en vue de la


capitalisation et comportant, en échange de versements uniques ou
périodiques, directs ou indirects, des engagements déterminés quant à leur
durée et à leur montant.
Comme vous pouvez le constatez, nous avons vingt-trois principale
branche sur lesquelles portent les opérations d’assurances. Cependant, les
opérations liées à la Vie sont moins exhaustive que celles liées aux assurances
IARD. Ceci est principalement dû aux objets sur lesquels portent les assurances
Vie qui sont moins nombreux que ceux des IARD.

Ainsi pour exercer la fonction d’assureur, les sociétés d’assurances et les


mutuelles d’assurances doivent respecter l’ensemble des critères énumérés
plus haut. Elles doivent en outres respecter les règles de constitution et de
fonctionnement que leur impose le code CIMA.

B. Principes de constitution et de fonctionnement

Selon l’article 301 du code CIMA, « Toute entreprise d'assurance d'un


Etat membre mentionnée à l'article 300 doit être constituée sous la forme de
société anonyme ou de société d'assurance mutuelle. Toutefois une société
d'assurance ne peut se constituer sous la forme d'une société anonyme
unipersonnelle. Une entreprise étrangère ne peut pratiquer sur le territoire d'un
État membre l'une des opérations mentionnées antérieurement ou des
opérations de réassurance que si elle satisfait aux dispositions de la législation
nationale dudit État. Comment sont donc organiser ces structures ?

1. La Mutuelle d’assurances

La mutualité est l’ensemble des personnes assurées contre un même


risque et qui cotisent pour faire face à ses conséquences financières. En effet,
les mutuelles sont des associations d'assurés, dont le but est de "mutualiser"
les risques entre tous les sociétaires afin de faire baisser le montant des
cotisations. Les sociétés d’assurance mutuelle n’ont donc pas de but lucratif,
car l'excédent bénéficiaire doit théoriquement être redistribué aux sociétaires.

Les sociétés d'assurance mutuelles ont un objet non commercial. Elles


sont constituées pour assurer les risques apportés par leurs sociétaires.
Moyennant le paiement d'une cotisation fixe ou variable, elles garantissent à
ces derniers le règlement intégral des engagements qu'elles contractent.
Toutefois, les sociétés d'assurance mutuelles pratiquant les opérations
d'assurance sur la vie ou de capitalisation ne peuvent recevoir de cotisations
variables.

Les excédents de recettes des sociétés d'assurance mutuelles pratiquant


une ou plusieurs des branches sont répartis entre les sociétaires dans les
conditions fixées par les statuts, sous réserve des dispositions du premier alinéa
de l'article 330-35.

Les sociétés d'assurance mutuelles doivent avoir un fonds


d'établissement au moins égal à 800 millions de F CFA.

Les sociétés d'assurance mutuelles doivent faire figurer dans leurs statuts
et dans tous les documents l'une des deux mentions ci-après imprimées en
caractères uniformes : « Société d'assurance mutuelle à cotisations fixes » ou
« Société d'assurance mutuelle à cotisations variables », suivant le régime des
cotisations appliqué aux sociétaires.

Elles doivent être formées par acte authentique fait en double original
quel que soit le nombre des signataires de l'acte.

Les projets de statuts doivent :

1°) indiquer l'objet, la durée, le siège, la dénomination de la société et la


circonscription territoriale de ses opérations, déterminer le mode et les
conditions générales suivant lesquels sont contractés les engagements entre la
société et les sociétaires, et préciser les branches d'assurance garanties
directement ou acceptées en réassurance ;

2°) fixer le nombre minimal d'adhérents, qui ne peut être inférieur à cinq
cents,

3°) fixer le montant minimal des cotisations versées par les adhérents au
titre de la première période annuelle et préciser que ces cotisations doivent être
intégralement versées préalablement à la déclaration prévue à l'article 330-9 ;
4°) indiquer le mode de rémunération de la direction et, s'il y a lieu, des
administrateurs en conformité des dispositions de l'article 330-14 ;

5°) prévoir la constitution d'un fonds d'établissement destiné à faire face,


dans les limites fixées par le programme d'activités prévu au g) de l'article 328-
4, aux dépenses des trois premières années et à garantir les engagements de
la société, et préciser que le fonds d'établissement devra être intégralement
versé en espèces préalablement à la déclaration prévue à l'article 330-9 ;

6°) prévoir le mode de répartition des excédents de recettes ;

7°) prévoir, pour les sociétés pratiquant les opérations mentionnées aux
20 à 23 de l'article 328 le versement de cotisations fixes.

Cependant, nous évoluons de plus en plus vers la société mutuelle au


sein de laquelle, l’assureur organise la mutualité, dans la mesure où c’est lui
qui:

- établit et propose des contrats avec des garanties juridiquement et


économiquement soutenables pour couvrir les risques qu’il décide de prendre
en charge,

- prélève directement les cotisations des assurés, après en avoir fixé le


montant, afin de pouvoir être en mesure d’indemniser ceux parmi les adhérents
qui seront sinistrés.

- s’occupe de redistribuer une partie du montant total des primes


collectées aux assurés sinistrés suite à la réalisation d’un risque contre lequel
ils étaient assurés.

A noter qu’il existe deux modes de gestion des primes ou cotisations : le


mode de gestion par répartition (utilisé dans les compagnies d’assurances IARD
ou non-vie) et le mode de gestion par capitalisation (utilisé dans les sociétés
d’assurances vie).

2. La Société d’assurances (SA)


Les sociétés anonymes sont des entreprises à but lucratif, disposant d'un
capital et d'actionnaires qui en sont propriétaires. Ces compagnies ont donc une
obligation de profit. Ces entreprises doivent avoir leur siège social sur le
territoire ivoirien et disposer d’un capital social au moins égal à 3 milliard de
Francs CFA, non compris les apports en nature. Chaque actionnaire doit verser
avant la constitution définitive, les trois quart (3/4) au moins du montant des
actions en numéraire souscrites par lui. La libération du reliquat doit intervenir
dans un délai qui ne peut excéder trois ans à compter de l’immatriculation au
registre du commerce et du crédit mobilier, selon les modalités définies par les
statuts ou par une décision du Conseil d’Administration.

Les compagnies d’assurances perçoivent des primes de la part des


assurés en vue de l’indemnisation des sinistres futurs : par conséquent, toute
leur activité économique et commerciale est fondée sur ce que l’on appelle
l’anticipation des risques. D’autre part, un assureur s’engage à indemniser tous
ses assurés sinistrés qui ont souscrit un contrat couvrant les risques dont ils ont
été victimes. Cette indemnisation des sinistrés correspond à sa prestation
commerciale. Or, contrairement aux activités commerciales dites classiques, où
il est possible de connaître le coût de revient d’un produit au moment de sa
vente, il est impossible, dans le domaine de l’assurance, de savoir, au moment
de la vente d’un type de contrat couvrant un certain risque, quel sera le prix de
revient de ce contrat, puisque tout dépendra du taux de sinistralité et du montant
moyen des sinistres que l’assureur aura été obligé d’indemniser. Ce n’est donc
qu’au moment de l’échéance de la période de garantie d’un type de contrat que
l’assureur peut savoir combien ce type de contrat lui a rapporté : plus le taux de
sinistralité aura été faible, plus l’assureur aura fait des bénéfices, plus le taux
de sinistralité aura été élevé, plus les marges de l’assureur se seront réduites.
Nous pouvons ainsi rendre compte combien la notion d’aléa est au cœur même
de l’activité économique et commerciale des compagnies d’assurances et ce,
bien après la vente des produits (et même si des analyses statistiques de plus
en plus précises et fiables tendent à réduire la part de l’aléa dans l’activité des
sociétés d’assurances).
Comme nous l’avons vu, le montant total qu’une compagnie d'assurance
devra débourser pour pouvoir payer l'ensemble des sinistres que ses assurés
subiront, est par définition inconnu. Pour pouvoir honorer ses engagements, la
compagnie d'assurance commence par « mutualiser » les risques en percevant
des primes dont le montant inclut le montant des pertes probables, augmenté
d'une marge de sécurité, et des frais de gestion de la compagnie. Les
compagnies d’assurance lèvent ainsi des sommes souvent très conséquentes
qui ne sont pas immédiatement reversées à l'assuré mais qui peuvent être
placées. Les placements peuvent ainsi apporter de conséquentes sources de
revenus supplémentaires, particulièrement dans les branches à déroulement
long (comme dans les assurances de responsabilité civile), où le sinistre,
lorsqu'il survient, n'est indemnisé que de longues années après la perception
de la prime. C’est pourquoi, selon l’article du code CIM, ne peuvent, à un titre
quelconque, fonder, diriger, administrer, gérer et liquider les entreprises
soumises au contrôle de la Commission Régionale de Contrôle des Assurances
en application de l'article 300 et, d'une façon générale, les entreprises
d'assurance et de réassurance de toute nature et de capitalisation, que les
personnes n'ayant fait l'objet d'aucune condamnation pour crime de droit
commun, pour vol, pour abus de confiance, pour escroquerie ou pour délit puni
par les lois des peines de l'escroquerie, pour soustraction commise par
dépositaire public, pour extorsion de fonds ou valeurs, pour émission de
mauvaise foi de chèques sans provision, pour atteinte au crédit de l'État
membre, pour recel des choses obtenues à l'aide de ces infractions ; toute
condamnation pour tentative ou complicité des infractions ci-dessus, ou toute
condamnation à une peine d'un an de prison au moins, quelle que soit la nature
du délit commis, entraîne la même incapacité. Les faillis non réhabilités ainsi
que les administrateurs, directeurs généraux des sociétés d'assurance et
assimilés ayant fait l'objet d'un retrait d'agrément sont frappés des interdictions
prévues à alinéa précédent. Celles-ci pourront également être prononcées par
les tribunaux à l’encontre de toute personne condamnée pour infraction à la
législation ou à la réglementation des assurances.
Toutefois, pour l'application de cette interdiction frappant les
administrateurs, directeurs généraux des sociétés d'assurance et assimilés
ayant fait l'objet d'un retrait d'agrément, la Commission tiendra compte de leur
responsabilité dans la faillite de l'entreprise d'assurance concernée.

La Commission Régionale de Contrôle des Assurances peut cependant


refuser la nomination d’un dirigeant social qui ne satisfait pas aux exigences
d’aptitude et de probité requises, même en l’absence de condamnation sur le
casier judiciaire de l’intéressé.

Maintenant que nous savons qui peut être appelé assureur et pourquoi, il
est important de noter qu’au sein de ces structures, il y a encore une dissociation
à faire parmi l’ensemble du personnel et au sein des collaborateurs assimilés
aux assureurs.

II. Aspects Techniques

Les aspects techniques liés à la fonction d’assureur font référence à tous


les postes ou corps de métier qualifiant cette fonction.

A. Les fonctions courantes

Il existe deux principaux services au sein d’une entreprise d’assurance,


le service production et le service sinistres.

1. Le service production

Le service de production est le service qui établit et gère des contrats


souscrits par les entreprises ou les particuliers. Tous ceux qui y travaillent sont
normalement recrutés avec un diplôme qualifié d’assureur.
L’appellation « chargé(e) de clientèle » dans le secteur des assurances,
désigne la personne à qui est confié la gestion des relations avec les assurés,
en portefeuille. Les contacts s’effectuent soit dans le cadre d’un rendez-vous,
en face à face, soit par téléphone ou par e-mail. Il conseille les clients en matière
d’assurance contre le vol, l’auto, l’habitation, la santé… L’assureur en tant que
chargé de clientèle doit proposer des produits et services adaptés à chacun
selon son âge, sa situation familiale et professionnelle. Un volet commercial
intervient ainsi donc à ce niveau, quant à la fidélisation du portefeuille et à
l’accroissement du chiffre d’affaire de l’entreprise qui l’emploie. Cette fonction
est aussi assimilée à celle d’un conseiller en assurances.

Puis, il y a le rédacteur qui saisit les contrats sur ordinateur à l’aide de


codes et établit leur tarification. Pour les risques dits " de masse " (automobile,
habitation, maladie...), il se réfère à des contrats préétablis. Pour les risques
plus complexes (risques industriels, construction, responsabilité civile...), il est
souvent amené à rédiger des clauses spécifiques. C’est également lui qui
réalise les appels de cotisation et vérifie leur encaissement. Lorsque la situation
d’un assuré évolue, il adapte les contrats en ajoutant ou en retranchant des
clauses. Toutes ces opérations s’inscrivent dans des procédures très précises
définies par la loi sur les contrats d’assurance. Appelé aussi « producteur », il
est également chargé d’opérations administratives telles que l’émission de
contrats ou l’indemnisation en cas de sinistre.

2. Le service des sinistres

Le rédacteur sinistres est sans cesse en relation téléphonique avec ses


clients et travaille en collaboration avec le réseau de vente, mais aussi avec des
avocats, des médecins et des experts.

Appelé aussi, le (la) chargé(e) d’indemnisation, il intervient à la suite d’un


sinistre (accident, incendie, vol, dégât des eaux…) pour en apprécier les
circonstances, déterminer les responsabilités, évaluer le préjudice et orienter la
gestion vers le traitement le plus approprié.
Il vérifie soigneusement que les causes du sinistre sont conformes aux
clauses du contrat d’assurance tel qu’il a été établi par l’assuré et le rédacteur
en assurances. En cas de sinistre, il assure un suivi administratif très rigoureux.
Ce professionnel vérifie que les garanties souscrites s’appliquent à l’événement
survenu et apprécie, le cas échéant, les responsabilités. Ses missions ne
s’arrêtent pas là. Charge à lui d’évaluer le montant des dommages et de régler
les sommes dues à l’assuré ou à la victime. Qui plus est, il endosse la
responsabilité de suivre les contentieux lors d’un différend avec un tiers victime,
ou avec un client assuré. Dans ce cas, il engage et suit la procédure devant les
juridictions concernées, prépare l’argumentation et les instructions pour les
avocats, exerce les recours et fait exécuter les décisions.

Le chargé d’indemnisation joue un rôle-clé dans la relation de la société


d’assurance avec le client. La qualité de sa prestation contribue à l’image de
l’assurance. Le client, quant à lui, attend un traitement personnalisé, chaque
situation étant unique.

B. Les fonctions spéciales

Les fonctions spéciales font références a des personnes qui du fait de


leur implication dans le domaine des assureurs peuvent être assimilés à eux.
Les intermédiaires d’assurances faisant l’objet d’un autre module, ils ne sont
pas abordés ici. Aussi avons-nous au titre de ces collaborateurs ceux qui
travaillent au sein des compagnies et ceux qui sont externes à elles.

1. Les collaborateurs internes

Au titre des collaborateurs internes, nous avons l’actuaire et le risk-


manager.

L’actuaire conduit des études techniques (mathématiques, financières et


statistiques) nécessaires à la création ou la modification de contrats
d’assurances pour la compagnie qui l’emploie et au pilotage des risques de
l’entreprise. Ses missions sont variées. Il peut se voir confier des missions de
conseil ou d’études techniques. L’actuaire élabore des formules afin de fixer les
tarifs au plus juste pour chaque catégorie de contrat. Par ailleurs, il effectue des
modélisations et des simulations permettant de prévoir leur rentabilité à moyen
et long terme. Autre mission de l’actuaire : assister les services opérationnels
pour l’évaluation des risques. A partir des sinistres passés, il détermine ainsi la
probabilité des sinistres à venir. Enfin, il est chargé de calculer le montant des
réserves monétaires dont la compagnie doit disposer pour être capable
d’honorer ses engagements vis-à-vis de ses assurés. Si l’actuaire est avant tout
un mathématicien et un financier de haut vol, il doit aussi avoir le sens de la
communication et du travail d’équipe. En effet, il doit souvent sortir le nez de
ses algorithmes pour échanger des informations avec d’autres services de sa
compagnie. Pour participer à l’optimisation des produits existants et à
l’élaboration des produits de demain, ce professionnel des chiffres se doit d’être,
à la fois, curieux et créatif. Il assure une veille technique et financière pour être
au point sur les dernières tendances de modélisations économiques et
innovations techniques.

A l’heure où l’information n’a jamais circulé aussi rapidement entre les


entreprises, un événement particulier peut affecter quasi immédiatement la
réputation des organisations. Ainsi, considéré traditionnellement comme une
activité de conformité ou de régulation, le risk management doit de plus en plus
être positionné comme devant apporter une valeur stratégique à l’organisation.
Le risk manager identifie, analyse et évalue les éléments de vulnérabilité de
l’entreprise. Il en assure la sûreté juridique et financière. Les dirigeants
comprennent désormais que les entreprises doivent considérer ce qui est
important stratégiquement pour elles, à savoir identifier les facteurs qui peuvent
les empêcher de réussir. Dans le secteur de l’assurance, il fait office
d’interlocuteur vis-à-vis des compagnies. Il négocie ainsi avec des courtiers et
des agents généraux pour mettre au point des garanties spécifiques et trouver
les meilleurs tarifs. Le risk manager doit avoir l’esprit en éveil, être constamment
à l’écoute de ce qui se passe dans son entreprise et ailleurs. Ce professionnel
s’appuie sur des compétences techniques fortes en matière de modélisation
des risques financiers et sur une aisance relationnelle, ainsi qu’une capacité à
convaincre et faire adhérer. À lui seul, il n’a aucun réel pouvoir de décision. Pour
être au fait des normes et des dernières tendances, le risk manager assure, par
ailleurs, régulièrement une veille technique et financière. La maîtrise de l’anglais
constitue un plus car sa fonction comprend souvent une dimension
internationale.

2. Les collaborateurs externes

Au titre des collaborateurs externes, nous avons le réassureur et Les


experts

Les réassureurs constituent des organismes un peu à part car, même s’ils
appartiennent juridiquement à la famille des sociétés et compagnies
d’assurances (puisqu’ils sont régis par le Code des Assurances), ils ont des
modes de gestion et des marchés bien spécifiques. En effet, les réassureurs,
se définissant comme « les assureurs des assureurs », ils n’opèrent que sur le
marché des assureurs, et interviennent pour éviter à ces derniers de trop
lourdes pertes financières en cas de réalisation de très gros risques.

L’expert(e) en incendies et risques divers est mandaté(e) soit par


l’assurance, soit par l’assuré lors d’un sinistre (incendie, dégâts des eaux etc.).
Son rôle est de déterminer le préjudice subi à partir des éléments qu’il a en sa
possession. L’expert se rend sur place pour rechercher la cause, le point de
départ et les circonstances de l’incident. Il effectue alors un véritable travail
d’enquête et recueille des témoignages, vérifie l’identité des lieux, l’exactitude
des déclarations contenues dans le constat ainsi que le respect des normes de
sécurité. Il lui incombe également d’établir, en amont du sinistre, la valeur des
objets garantis et d’évaluer, en aval, celle des objets rescapés. Il contribue à la
gestion du sinistre ainsi qu’à son indemnisation selon les dispositions du contrat
d’assurance.
En outres, les assureurs font appel à l’expert(e) automobile afin
d’analyser les circonstances du sinistre et établir un constat des dommages.
Missionné par un assureur, l’expert automobile intervient après un accident de
la circulation pour évaluer les dommages survenus. Il détermine notamment
l’origine et l’étendue des dommages, les circonstances du sinistre, le coût des
réparations. Il en assure d’ailleurs le suivi, contrôle leur qualité et efficacité. En
cas de conflit, il intervient et joue le rôle d’arbitre entre les parties. Les tribunaux
font appel à lui afin qu’il puisse estimer le montant des dommages subis.
L’expert doit être à l’affût des innovations technologiques, mécaniques et
matérielles, liées au secteur automobile. Il doit évoluer avec l’ère du temps : son
efficacité en dépend.

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