Evang Etude 26
Evang Etude 26
• L’Evangile de Jean relate huit miracles. Trois mots sont utilisés dans le Nouveau
Testament pour parler des miracles : “dunamis” (= puissance), “teras” (= prodige,
merveille, miracle), “semeion” (= signe).
Ces trois mots sont réunis en Héb. 2:4 “Dieu appuyant leur témoignage par des signes
(“semeion”), des prodiges (“teras”), et divers miracles (“dunamis”, œuvres puissan-
tes) …”
- “Dunamis” (“œuvres puissantes”) n’est jamais utilisé par l’Evangile de Jean, mais
est utilisé 13 fois en Matthieu, 10 fois en Marc (traduit “vertu” en 5:30), et 15 fois en
Luc.
- “Teras” apparaît dans les Evangiles en Matthieu 24:24, Marc 13:22 et Jean 4:48. Il
n’est pas utilisé en Luc. Il apparaît aussi dans le livre des Actes (2:19,22,43 ; 4:30 ; 5:12 ;
6:8 ; 7:36 ; 14:3 ; 15:12), en Rom. 15:19, en 2 Cor. 12:12, en 2 Thes. 2:9, en Héb. 2:4.
Seul ce mot peut se traduire “miracle”.
- “Semeion” est utilisé 13 fois en Matthieu, 7 fois en Marc, 11 fois en Luc et 17 fois en
Jean. Jean n’utilise que ce mot (sauf “teras” en 4:48), qui devrait toujours être traduit
“signe”.
• Le premier miracle, celui des noces de Cana, est qualifié de “commencement des si-
gnes”, le miracle de la guérison du fils d’un officier est qualifié de “second signe”. Le
lecteur est donc invité à considérer les six autres miracles comme étant eux aussi des
“signes”, même s’ils ne sont pas qualifiés ainsi expressément.
Ces huit “signes”, sélectionnés par Dieu, se caractérisent non seulement par l’intensité
de la puissance divine manifestée (eau changée en vin, guérison à distance du fils d’un
officier, résurrection de Lazare, guérison d’un homme impotent depuis 38 ans, pêche
miraculeuse des 153 poissons, …), mais se caractérisent surtout par l’enseignement qui
s’y rattache : ce sont des miracles ayant une signification profonde, des “signes” por-
teurs d’un message.
• Comme le fait remarquer la “Companion Bible” (annexe 176), ces huit signes sont
ordonnés de telle façon que l’on relève les quatre couples suivants, où chaque premier
terme de la paire est amplifié dans le second terme : le prélude et le partiel débouchent
sur le permanent et l’achevé :
1er couple Signe 1 : Eau changée en vin Signe 8 : 153 poissons tirés hors de
l'eau
(Jean 2:1-12) (Jean 21:1-14)
4e couple Signe 4 : Multiplication des pains Signe 5 : Jésus marche sur les eaux
agitées
(Jean 6:1-14) (Jean 6:15-21)
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Les quatre Evangiles par D.C.
• Ces huit miracles relatés par Jean sont donc non seulement des faits réels, mais de
véritables paraboles en action, des enseignements. Tous soulignent les besoins du
peuple de Dieu déchu, et enseignent que seul Christ peut y remédier.
• Même l’ordre chronologique de ces miracles obéissait donc à une logique divine !
Sur les 8 signes relatés par Jean, les 7 premiers se sont produits avant la Croix, mais
le dernier et huitième signe de la pêche miraculeuse intervient après la résurrection et
est donc d’un caractère très particulier. Le chiffre “huit” suggère en effet le début d’un
nouveau cycle, d’une nouvelle semaine, d’une nouvelle économie spirituelle.
• Les deux signes 1 et 8 (la première paire) proclament que le peuple de Dieu, sous la
conduite de Jésus, passe dans une nouvelle sphère spirituelle plus glorieuse que la
précédente.
>>> La présence du Saint-Esprit dans les cœurs va rendre caduques les ombres de la
Loi mosaïque.
>>> Les élus meurent à leur monde naturel pour être hissés dans la sphère céleste.
• En soulignant qu’il s’agit du “premier signe” fait en Galilée, Jean donne plus
qu’une indication chronologique. En effet, le mot traduit dans nos Bibles par “premier”
n’est pas l’adjectif ordinaire “protos” (qui équivaut au latin “primus”), mais est le mot
“arche” dont le sens très marqué est celui de “commencement”.
Ce mot est utilisé isolément 4 fois dans le NT : c’est le mot utilisé en Jean 1:1 “Au
commencement …” (et aussi en Jn. 1:2, Act. 11:15). Il est utilisé en combinaison dans
Jn. 6:64, 8:44 et Héb. 1:10.
L'expression “commencement des signes” indique qu’il faut attribuer une importance
particulière à ce récit. A cette position éminente du premier signe au début de
l’Evangile de Jean, correspond la position éminente du huitième et dernier signe tout à
la fin de ce même Evangile.
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Les quatre Evangiles par D.C.
• Le troisième ordre donné est : “Donnez-le !” (v.8) • Le troisième ordre donné est :
“Mangez !” (v.12)
• L'obéissance des serviteurs est immédiate (v.7)• L'obéissance des disciples est immé-
diate (v.6)
• Les vases sont d’abord vides (v.7) • Le filet est d’abord vide (v. 3)
• Les vases sont remplis à ras bord (v.7) • Le filet est plein à craquer (v.8,11)
• Les serviteursapportentle vin (v.8) • Les disciples apportent les poissons
(v.10)
• Du vin est pourvu (v.8,9) • Du poisson et du pain sont pourvus
(v.9)
• L a gloirede Jésus manifestée(v.11) • La seigneurie de Jésus manifestée
(v.14)
• L’analyse suivante verset par verset montre que ce miracle est une parabole relative
au plan de Dieu : restaurer ce qui a été perdu en Eden par le premier couple
Adam-Eve, et cela au moyen d’un autre couple : l’Epoux-l’Epouse (le couple
Abraham-Sarah en avait été une préfiguration).
Ce signe manifesté lors d’un mariage est donc fondamental et imprègne les suivants :
c’est un “commencement de signe” pour révéler que sera rétabli ce qui a été perdu “au
commencement”.
Quand Jean a rédigé son Evangile sous la conduite de l'Esprit, il l'a fait en choisissant
des faits et des détails ayant une dimension prophétique. Son Evangile, et en particulier
les 8 signes, sont truffés d'images prophétiques faciles à détecter.
Cette succession rythmée de six jours rappelle les six jours de la création, avec la créa-
tion de l’homme au sixième jour. Or ce que le signe de ces noces annonce, c’est préci-
sément une nouvelle création :
• Jour 1 : Jean-Baptiste témoigne de son propre ministère (Jn. 1:19-28).
• Jour 2 (v.29 “le lendemain”) : Jean-Baptiste désigne l’Agneau (Jn. [Link]).
• Jour 3 (v.35, traduction La Colombe “le lendemain, Jean était encore là”) : Jean-
Baptiste témoigne à nouveau de l'Agneau, d'où une réaction de deux disciples (André et
sans doute Jean), puis de Pierre (Jn. 1:35-42).
• Jour 4 (v.43 “le lendemain”) : vocation de Philippe et de Nathanaël (Jn. 1:43-51).
• Jour 5 : poursuite du voyage vers Cana ; le texte n’en dit rien.
• Jour 6 : c'est le jour de la fête nuptiale (il fallait 2 à 3 jours pour aller de Judée à Ca-
na).
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Les quatre Evangiles par D.C.
Le baptême de Jésus et sa tentation dans le désert sont antérieurs à tous ces évène-
ments successifs (cela est confirmé par le fait qu’en Jn. 1:31-33, le Baptiste déclare qu’il
ne connaissait pas Jésus avant que ce dernier ne vienne se faire baptiser, alors que,
maintenant, il le connaît).
La fête durait plusieurs jours (cf. Jg. 14:12) et n’était pas une cérémonie privée :
même les passants pouvaient être invités, ce qui peut expliquer l’incident qui va se pro-
duire.
C’est donc à un mariage que Jésus se manifeste publiquement pour la première
fois, et il honore ainsi cette institution (voulue par Dieu) par un signe surnaturel.
Gen. 2:24 “... l’homme quittera son père et sa mère, et s’attachera à sa femme, et ils
deviendront une seule chair.”
Hébr. 13:4 “Que le mariage soit honoré de tous et le lit conjugal exempt de souillure,
car Dieu jugera les impudiques et les adultères.”
b) Ce n’est pas par hasard si le cadre du premier signe se situe lors d’un mariage :
Le récit est clair : c’est le mariage d’un couple Juif (ce n’est pas celui de Marie).
Il préfigure le mariage qui va se dérouler lors de la Pentecôte dans la Chambre
haute, lorsque le Saint-Esprit couvrira l’Eglise comme il a couvert Marie trente
ans auparavant.
En ce sens, Marie est un témoin privilégié car elle a expérimenté dans une certaine me-
sure en son corps ce qu’est le mariage avec le Verbe. Cela n’empêche pas qu’elle aura,
comme les apôtres, besoin du “mariage” en son esprit dans la Chambre haute.
Quant à la portée de l’intervention de Marie lors de ce mariage, elle sera examinée
plus loin.
Jean ne veut pas seulement distinguer cette ville de Cana en Asser (au sud-est de Tyr),
mais il souligne ainsi que ce premier signe est donné dans une contrée méprisée par les
Juifs à cause de ses peuples mélangés (cf. Es. 8:23 ; Jn. 7:41,52).
C’est le défi de la grâce qui veut donner espoir aux méprisés, aux Galiléens, aux Sama-
ritains, aux publicains, aux prostituées. Ce territoire avait été le premier frappé par les
armes assyriennes (2 R. 15:29). Il est aussi le premier à voir la Lumière promise en
la personne du Messie. C'est de Galilée que viennent les premiers apôtres :
Es. 8:23 “Les ténèbres ne régneront pas toujours sur la terre où il y a maintenant des
angoisses ; si les temps passés ont couvert d’opprobre le pays de Zabulon et le pays de
Nephtali (frappés par Ben-Hadad, 1 R. 15:20), les temps à venir couvriront de gloire la
contrée voisine de la mer, au-delà du Jourdain, le territoire des Gentils.”
C’est aussi en Galilée, sur les rives du lac de Tibériade, que se produira le dernier “si-
gne” de la pêche des “153 gros poissons”.
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Les quatre Evangiles par D.C.
nom. Jean lui donne le titre que le peuple lui donnait, car il correspondait aux apparen-
ces.
Peu de gens savaient qu'elle ne pouvait être, à cause de la souillure adamique, que por-
teuse et nourricière d’une cellule de Vie, d'une semence pourvue de son germe, entière-
ment d’origine divine.
Marie appartenait peut-être à la famille de l’un des mariés. Son autorité auprès des ser-
viteurs semble le confirmer. Cela rappelle aussi que la famille de Jésus n’était pas misé-
rable, mais jouissait d’un statut honorable (entaché toutefois par les ragots dont Marie
avait sans doute fait l’objet).
La gloire de son fils va, pour la première fois, rejaillir sur elle.
Le verset 12 donne à penser que les frères de Jésus étaient eux aussi présents (“Après
cela, il descendit à Capernaüm, avec sa mère, ses frères et ses disciples”)
• Jn. 2:2 “et Jésus fut aussi invité aux noces avec ses disciples” :
Jésus a été invité à son arrivée de Judée (il n’est pas dit : “avait été invité”), et il a ac-
cepté cette invitation, honorant ainsi le mariage institué par Dieu. Il n'a jamais exigé le
célibat de ses apôtres !
“Ses disciples” comprennent sans doute les 5 disciples déjà mentionnés par Jean (Jn.
1:40 à 51) : André, Simon-Pierre, Philippe, Nathanaël et Jean. Ce dernier a eu le
temps de prévenir son frère Jacques (Jean et Jacques sont les deux disciples de Marc
1:16 à 20.
Il y a donc, en ce 6 e jour, au total 6 disciples présents : “six” est le nombre de
l’homme (créé le sixième jour). Il y a donc autant de disciples que de vases de purifica-
tion.
Pour le 8e signe, 7 disciples seront impliqués (ce seront semble-t-il les mêmes, à
l’exception de Philippe, remplacé par Thomas). Le chiffre “sept” soulignera un autre
aspect de la prophétie.
Inviter Jésus c’est inviter la Source des grâces, et être à son tour invité aux Noces
royales :
Mat. 9:15 “... Les amis de l’Epoux peuvent-ils s’affliger pendant que l’Epoux est avec
eux ?”
Apoc. 19:9 “Et l’ange me dit : Heureux ceux qui sont appelés au festin des noces de
l’Agneau !...”
b) C’est Dieu qui a provoqué cette pénurie de vin : peut-être a-t-il fait très chaud ce
jour-là, peut-être y a-t-il eu plus de passants invités que prévu, etc. ! Cette pénurie va faire
éclater la gloire du Fils.
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Les quatre Evangiles par D.C.
L'Esprit est aussi représenté par l'Huile pour souligner son pouvoir d'imprégnation,
son action réparatrice et bienfaisante, et son origine divine (l'huile a la couleur de l'or).
Quand l'Esprit est représenté par le “Vin”, c'est pour souligner son aspect vivifiant et
indiquer que des manifestations exubérantes peuvent accompagner la révélation donnée
par l’Esprit Saint.
D'autres attributs de l'Esprit sont suggérés par les symboles fluides en mouvement tels
que l'Eau, le Feu, le Vent, la Sève. De nos jours, on ajouterait l'Electricité !
Israël avait reçu ce vin par les prophètes, mais les prophètes n’étaient plus écoutés, et
même la Parole manifestée en Jean-Baptiste n’avait pas été prise au sérieux par les res-
ponsables religieux.
Le manque de vin à Cana est donc en partie un diagnostic tragique de l'état d'Israël
à la fin d'un cycle. C'est cette pénurie honteuse qui motivait en son temps le cri d’Esaïe :
Es. 24:1 à 13 “(1) Voici, l’Eternel dévaste le pays et le rend désert, il en bouleverse la
face et en disperse les habitants, (2) et il en est du sacrificateur comme du peuple, du
maître comme du serviteur … (5) Le pays était profané par ses habitants ; car ils
transgressaient les lois, violaient les ordonnances, ils rompaient l’alliance éternelle. (6)
C’est pourquoi la malédiction dévore le pays, et ses habitants portent la peine de leurs
crimes ; c’est pourquoi les habitants du pays sont consumés, et il n’en reste qu’un petit
nombre … (9) On ne boit plus de vin en chantant ; les liqueurs fortes sont amères au
buveur, (10) la ville déserte est en ruines ; toutes les maisons sont fermées, on n’y entre
plus, (11) on crie dans les rues parce que le vin manque ; toute réjouissance a disparu,
l’allégresse est bannie du pays, (12) la dévastation est restée dans la ville, et les portes
abattues sont en ruines, (13) car il en est dans le pays, au milieu des peuples, comme
quand on secoue l’olivier, comme quand on grappille après la vendange.”
Mais dans le Sang de Jésus-Christ qui a été invité à ces noce, est présent l'Esprit-Vie
de Dieu.
Le premier signe de Cana débute donc par un constat menaçant, mais s’achève avec
l’espoir d’un renouveau proche qui sera encore exposé dans les signes suivants, et en
particulier dans le huitième et dernier signe.
• Jn. 2:3 “… la mère de Jésus lui dit : Ils n’ont plus de vin” :
Marie a vérifié par elle-même que les craintes des serviteurs étaient fondées. Elle en
avertit Jésus qui était devenu, de fait, le chef de famille, son mari Joseph étant sans
doute déjà décédé.
Marie n'est pas directement impliquée dans le scandale qui menace, mais ce sont des
amis ou des proches qui sont concernés : “Ils”, et non pas “nous”, sont dans une situa-
tion critique.
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Les quatre Evangiles par D.C.
La Bible n’indique pas quelle était la (ou les) motivation(s) de Marie en s’adressant
ainsi à Jésus. Quoi qu'il en soit, il lui était impossible de deviner ce que Dieu avait prévu
pour ce jour-là !
c) Il est intéressant de noter que, durant tout son ministère, Jésus ne désigne jamais
Marie par le titre de “mère”.
Déjà, quand Marie, après avoir craint de l’avoir perdu, avait dit : “Ton père et moi, nous
te cherchions avec angoisse”, il avait répliqué : “Ne saviez-vous pas qu’il faut que je
m’occupe des affaires de mon Père” (Lc. 2:49) rétablissant ainsi la vérité sur sa véritable
origine (que Marie connaissait très bien).
Plus tard, quand la foule le préviendra que sa mère et ses frères veulent lui parler (Mat.
12:47), il répliquera en s’élevant bien au-dessus de l’observation naturelle : “Qui est ma
mère, et qui sont mes frères ? … Quiconque fait la volonté de mon Père qui est dans les
cieux, celui-là est mon frère, et ma sœur et ma mère (tout croyant est “mère” car il doit
enfanter Christ en lui-même après avoir reçu la semence vivifiée du Verbe ; notons que
Jésus ne dit pas : “et mon père”).”
• v.4 “… qu’y a-t-il entre moi et toi ?” (litt. “Quoi entre toi et moi ?”).
a) Un prédicateur catholique romain a proposé la traduction suivante : “Il n’y a rien
entre toi et moi, tu sais bien qu’il n’y a rien qui nous sépare, il n’y a aucune différence.
Entre nous, il n’y a pas la moindre distance”. On sait pourquoi !
C’est là un bel exemple de gymnastique exégétique au service d’un dogme babylo-
nien !
C’est transformer celle qui, outre son œuvre réelle, était en outre une figure prophétique,
en un objet de vénération, de même qu’Israël a transformé le serpent d’airain, qui était un
type de la crucifixion, en un objet de culte idolâtre (2 Rois 18:4).
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Les quatre Evangiles par D.C.
• Lorsque Abischaï, fils de Tseruja, veut abattre Schimeï qui insulte David en fuite, Da-
vid répond : “Qu’ai-je affaire avec vous, fils de Tseruja ?” (2 Sam. 16:10 ; litt. “quoi
pour moi et pour vous”).
• Lorsque le fils de la femme de Sarepta meurt, la mère s’adresse à Elie en ces ter-
mes : “Qu’y a-t-il entre moi et toi, homme de Dieu ? Es-tu venu chez moi pour rappeler
le souvenir de mon iniquité, et pour faire mourir mon fils ?” (1 R. 17:18).
• Quand Joram, roi impie d’Israël, vient consulter Elisée en compagnie du roi d’Edom
et de Josaphat roi de Juda, le prophète rétorque vertement : “ Qu’y a-t-il entre moi et toi ?
Va vers les prophètes de ton père (Achazia, ennemi d’Elie) et vers les prophètes de ta
mère” (2 R. 3:13).
C’est le même hébraïsme qui est dans les bouches des démons de Gadara en Mat.
8:29 (“Quoi pour nous et pour toi ?”) ou en Marc 5:7 (“Quoi à moi et à toi?”), dans la
bouche de l’homme possédé de Marc 1:24 (“Quoi pour nous et pour toi ?”).
c) Cette réponse courte de Jésus à Marie rappelle instantanément la distance (ce n’est
pas du dédain) qui sépare le Créateur de sa créature, aussi glorieux et unique que puisse
avoir été le ministère accordé à cette dernière. Jésus est guidé par le Père, et non par
sa famille (Jn. 1:3 ; 7:1-10 ; Mc. 3:33-35 ; Lc. 2:49)
Mais c’est une réponse en forme de question, et elle attend de la part de celui qui
l’entend une réflexion.
Jésus vient de débuter son ministère, et désormais il n’est plus le fils de sa mère,
mais le Seigneur, y compris de sa mère. Pour nourrir la réflexion de Marie, Jésus lui
ouvre une piste : l’heure va venir où une communion beaucoup plus forte va s’établir
entre Jésus et ceux qui seront ses disciples. Les requêtes seront épurées, car alors les
cœurs auront été transformés.
d) Jésus ne pouvait être dirigé que par le Père et non par des hommes, même très in-
times et quelles que soient ses sentiments à leur égard (cf. Mc. 3:33-35 ; Lc. 2:49 ; Jn.
7:1-10).
Ce n’était certainement pas une chose facile à comprendre et à accepter pour une
mère. Sa réaction respectueuse et rapide (v.5) n’en est que plus impressionnante.
Ce n'était pas facile non plus pour Jésus de parler ainsi. Sa mission nécessitait cela.
Jn. 5:19 “... le Fils ne peut rien faire de lui-même, il ne fait que ce qu’il voit faire au
Père ; et tout ce que le Père fait, le Fils aussi le fait pareillement.”
Jn. 5:30 “Je ne puis rien faire de moi-même : selon que j’entends, je juge ; et mon
jugement est juste, parce que je ne cherche pas ma volonté, mais la volonté de celui qui
m’a envoyé.”
Jn. 6:38 “Car je suis descendu du ciel pour faire, non ma volonté, mais la volonté de
celui qui m’a envoyé.”
e) La réponse de Jésus à Marie est en fait une occasion de bénir Marie en la repla-
çant à la hauteur où la révélation a été reçue trente ans auparavant.
De même, la Cène a pour but de rappeler en permanence au croyant la révélation ini-
tiale de l’œuvre de Christ, de lui rappeler sa position en Christ.
f) Quand deux disciples, André et Jean, ont décidé, peu de jours auparavant, de leur
propre chef, de suivre Jésus (Jn. 1:37), Jésus leur a posé aussi une question ambiguë :
“Que cherchez-vous ?”, question qui était elle aussi, comme pour Marie, un test.
• Jn. 2:4 “… mon heure (gr. “ora”) n’est pas encore venue.”
La notion de “moment” décidé par Dieu est souvent exprimée dans l'Evangile de
Jean.
Le Verbe était “au commencement”, à l'origine du temps et de l'espace de notre créa-
tion. Le Verbe; expression de la Pensée de Dieu, se déploie donc nécessairement
selon un calendrier décidé par Dieu, en vue d'un objectif qui sera pleinement manifesté
à la fin.
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Les quatre Evangiles par D.C.
Jn. 4:23 “L’heure vient, et elle est déjà venue, où les vrais adorateurs adoreront le
Père en esprit et en vérité”.
Jn 7:6,8 “(6) Jésus leur dit (à ses frères) : Mon temps n’est pas encore venu, mais
votre temps est toujours prêt. - ... – (8) Montez, vous à cette fête ; pour moi, je n’y monte
point, parce que mon temps n’est pas encore accompli.”
Jn. 7:30“Ils cherchaient donc à se saisir de lui, et personne ne mit la main sur lui,
parce que son heure n’était pas encore venue.” (Idem en Jn. 8:20).
Jn 8:20 “Jésus dit ces paroles, enseignant dans le temple, au lieu où était le trésor ; et
personne ne le saisit, parce que son heure n’était pas encore venue.”
Jn. 12:23 “L’heure est venue où le Fils de l’homme doit être glorifié.”
Jn 12:27 “Maintenant mon âme est troublée. Et que dirai-je ? Père délivre-moi de
cette heure ? Mais c’est pour cela que je suis venu jusqu’à cette heure.”
Jn. 13:1 “Jésus, sachant que son heure était venue de passer de ce monde au Père,
… mit le comble à son amour pour eux.”
Jn. 17:1 “Père, l’heure est venue ! Glorifie ton Fils afin que ton Fils te glorifie !”
“L’heure” attendue dont parlait alors Jésus à Marie, était celle de la Croix, de la Ré-
surrection et de l’Ascension. Mais “l’heure” du Messie glorieux n’est pas encore
venue. La réponse est donc plus un enseignement qu’un refus d’agir.
La hauteur à laquelle se situe la réponse de Jésus donne à penser que Jésus a décelé en
sa mère une espérance nourrie secrètement depuis des années : elle attend la manifes-
tation du Messie, et elle croit que c'est son propre fils ! Elle croit en la Promesse qui lui
a été faite, mais, comme tous les hommes, elle se trompe sur le moment et sur la ma-
nière.
Aucune des personnes présentes (pas même Marie) ne comprend ce que Jésus veut
vraiment dire, et cela n’a rien d’étonnant. Dans d’autres occasions, Jésus prononcera
ainsi des paroles énigmatiques et ambiguës, pour ses auditeurs, des paroles qui disent
tout mais dont le sens est encore voilé afin de ne pas perturber l'action de Dieu.
• Jn. 2:5 “sa mère dit aux serviteurs : Faites ce qu’il vous dira.” :
a) Marie n’est pas offusquée par la réponse de Jésus, et elle n'a pas lieu de l'être. Il n'y
avait en effet aucune arrogance, aucune dureté, dans les paroles de Jésus. Il a seule-
ment manifesté une position d'autorité dont Marie était bien placée pour en discerner
la Source.
Cette femme a déjà fait des expériences nombreuses et extraordinaires avec Dieu, et
elle a eu le temps de les méditer et de se préparer en partie.
Les paroles de Jésus l’élèvent à l’altitude où elle avait été placée lors de l’Annonciation,
et de là elle redécouvre quelle gloire est en celui qui, aux regards humains, n’était que
son fils.
Elle ne cherche plus du secours auprès d’un fils admiré et aimé, mais elle fait confiance
à l’Eternel qui l’a autrefois rendue actrice d’un miracle sans précédent dans l’histoire
du monde.
Sa réaction est celle d’une foi reposant sur le rappel d’une révélation surnaturelle in-
déniable, et sur le respect dû à l'Onction divine confirmée. Devant l'Onction qui parle,
les préoccupations de l'ego s'estompent.
b) Marie est une vraie fille d’Abraham ! La foi de Marie n’est plus la confiance
dans le fils venu de son sein, mais la foi dans le Fils venu directement de Dieu des
années auparavant ! C’est cela qui va déclencher le miracle.
Marie est capable de traduire rapidement en action sa confiance en l'Onction confir-
mée. Déjà, lors de l’annonciation, elle avait répondu : “Qu’il me soit fait selon ta pa-
role” (Lc. 1:38 ; cf. aussi le Magnificat en Lc. 1:46-55). Les apôtres André, Jean, Phi-
lippe, Nathanaël ont manifesté la même réactivité lorsque le Verbe s'est montré à eux.
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Les quatre Evangiles par D.C.
Abraham levant le couteau sur l’unique espoir de voir la promesse s'accomplir, a mani-
festé la même confiance dans la révélation reçue.
Sans une expérience initiale indubitable, une telle attitude est inconcevable.
d) Mais ICI, Marie préfigure un autre aspect de l’Epouse. Elle est conduite à progres-
ser sans cesse. De même, l’Eglise-Epouse déjà fécondée doit nourrir l’enfant de la
foi qui grandit dans son sein.
Marie, comme les apôtres, devait encore progresser, et on la retrouve plus tard avec eux
dans la Chambre Haute, attendant la venue du Saint-Esprit, pour une Naissance d'En-
haut, un nouvel enfantement.
L’Epouse est composée de ceux qui, comme Marie, deviennent une portion de la
Parole en acceptant la révélation de la Parole manifestée en leur jour.
La Parole manifestée est toujours un scandale, une pierre d’achoppement.
Réciter un credo, même juste, ne caractérise pas les membres de l’Epouse, car la Pa-
role est l'Eau toujours nouvelle d'un torrent apparemment inchangé. Chaque
génération religieuse est ainsi confrontée au scandale de la révélation.
Il ne suffit pas de connaître les Ecritures. Marie avait porté la Parole en son sein, mais
elle a dû apprendre à grandir en même temps que la gloire du Fils lui était progressi-
vement révélée : il y a une portion de Parole prévue pour chaque étape de la crois-
sance spirituelle. Il y a une nourriture pour les enfants et des nourritures pour les
étapes suivantes.
e) C'est dans la Chambre Haute que Marie a été consolée de ne plus voir son fils, et elle
a éclaté en louanges ce jour-là. C’est à la fin de son parcours douloureux que Jacob-
Israël a reconnu que Joseph était vivant en ouvrant les yeux sur les cadeaux de l’heure
(le Blé d'un autre Pays) envoyés par Joseph, le premier-né de la femme aimée (Gen.
45 :26-28).
Marie exalte les paroles du seul Jésus. Il est tragique que ceux qui prétendent la res-
pecter le plus n’obéissent pas à cette injonction !
Phil. 3:7-11“(7) Mais ces choses qui étaient pour moi des gains, je les ai regardées
comme une perte, à cause de Christ. (8) Et même je regarde toutes choses comme une
perte, à cause de l'excellence de la connaissance de Jésus Christ mon Seigneur, pour
lequel j'ai renoncé à tout, et je les regarde comme de la boue, afin de gagner Christ,
(9) et d'être trouvé en lui, non avec ma justice, celle qui vient de la loi, mais avec celle
qui s'obtient par la foi en Christ, la justice qui vient de Dieu par la foi, (10) afin de
connaître Christ, et la puissance de sa résurrection, et la communion de ses souffran-
ces, en devenant conforme à lui dans sa mort, pour parvenir, (11) si je puis, à la résur-
rection d'entre les morts.”
Lors du 8e signe, les apôtres obéiront également à l’ordre de Jésus leur demandant de
jeter le filet à la droite de la barque (cf. aussi Luc 5:5 “Sur ta parole je jetterai les fi-
lets”).
De même, dans l’AT, un pharaon bienveillant avait dit à son peuple : “Allez trouver Jo-
seph, et faites ce qu’il vous dira” (Gen. 41:55). Dieu dit : “Ecoutez-le !” (Mt. 17:5 ;
Deut. 18:15).
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Les quatre Evangiles par D.C.
L'attitude et la réaction de Marie laissent toute liberté à l'Esprit qui est en Jésus d’agir
comme il veut.
Ce détail est la clef qui donne la signification de ce premier signe. C’est l'annonce
d'une nouvelle création humaine, illustrée par le miracle de l’eau nouvelle transfor-
mée en vin nouveau !
Dans l’Evangile de Jean, le mot “Juif” s’applique souvent aux dirigeants pieux du
peuple, plusieurs d'entre eux ne font pas partie du vrai “Israël” et leurs rites purifica-
toires en sont d'autant plus tragiques.
le mot “Juif” était aussi l’appellation que donnaient les Gentils aux Israélites. Le mot
est utilisé 5 fois en Matthieu, 7 fois en Marc, 5 fois en Luc, et 71 fois en Jean.
a) Cette eau de purification n’était pas bue, elle n'entrait pas dans l'organisme : elle
assurait seulement une purification externe.
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Les quatre Evangiles par D.C.
Le peuple entier était donc même privé du vin de la vigne de Moïse, et ne s'en rendait
pas compte.
L'eau de traditions vaines incapables de réjouir le cœur, remplissait des vases “de
pierre”, des cœurs durs.
La Rédemption que Jésus-Christ va offrir aura pour but de donner aux élus d'Israël des
“cœurs de chair” dans lesquels circulera un Vin venu directement du Ciel, un Vin de
qualité supérieure, comme les prophètes l'avaient promis..
Ez. 36:25 à 27 “(25) Je répandrai sur vous une EAU PURE (pas celle des traditions,
mais celle venue du Ciel), et vous serez purifiés (intérieurement, et pas seulement en
superficie) ; je vous purifierai de toutes vos souillures et de toutes vos idoles. (26) Je
vous donnerai un cœur nouveau, et je mettrai en vous un ESPRIT NOUVEAU ; j'ôte-
rai de votre corps le cœur de pierre, et je vous donnerai un cœur de chair. (27) Je
mettrai MON ESPRIT EN VOUS, et je ferai en sorte que vous suiviez mes ordonnan-
ces, et que vous observiez et pratiquiez mes lois.” (cf. aussi 11:19).
2 Cor. 3:3 “Vous êtes manifestement une lettre de Christ, écrite, par notre ministère,
non avec de l’encre, mais avec l’Esprit du Dieu vivant, non sur des tables de pierre,
mais sur des tables de chair, sur des cœurs.”
2 Cor. 3:18 “Nous tous qui, le visage découvert, contemplons comme dans un miroir
la gloire du Seigneur, nous sommes transformés en la même image, de gloire en
gloire, comme par le Seigneur, l'Esprit.”
Selon ces promesses, le loup ne sera pas revêtu d’un manteau extérieur de laine, mais
il donnera de la laine car il aura reçu en lui la nature d’un agneau.
Le miracle de Cana n’oppose donc pas “l’eau” versée sur ordre de Jésus au
“vin” supérieur finalement disponible
Il y a contraste, mais c'est entre, d'une part le vin ancien respectable (disponible au
début du repas), et, d'autre part, le vin nouveau bien supérieur (disponible à la fin du
repas, à la fin du cycle)
Il y a une liaison intime entre le vin excellent offert à la fin et l’eau qui a permis
de l’obtenir !
d) Au sein de cette foule, il y a un septième “Vase”, non de pierre, mais d’argile pure,
un Vase de peu d’apparence, mais rempli de gloire divine ! Et bien peu le savent ! Il est
déjà rempli du “Vin” qui va être offert.
A lui seul, il va récapituler les six autres vases, et en faire des vases d'honneur ! Jésus va
récapituler en lui-même toute l'humanité élue depuis Eden (le chiffre “sept” représente la
durée d'un cycle complet, d'une “semaine” entière).
• Jn. 2:7 “Jésus leur dit : Remplissez d’eau ces vases. Et ils les remplirent jusqu’au
bord.” :
a) Jésus ne faisait rien qu’il ne voyait le Père faire premièrement (Jn. 5:19).
Ce sont donc les paroles de confiance de Marie qui, à l'heure prévue par Dieu, ont
justifié le mouvement du Père. Le Père a donné à l'instant à Jésus la vision de l'action
à accomplir.
C’est le même genre de foi que Jésus trouvera dans la femme atteinte d’une perte de
sang (Mt. 9:20-22), ou dans la Cananéenne dont la fille était mourante. Pourtant ces
femmes n'étaient pas baptisées du Saint-Esprit !
C’est apparemment cette foi réceptive que le Seigneur souhaite trouver dans le peuple
qui se réclame de son Nom.
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Les quatre Evangiles par D.C.
b) Ici, “l’eau” représente la Parole (et non pas les traditions). En elle-même elle est
déjà purificatrice pour qui la reçoit comme un trésor (Jn. 15:3), et elle est indispensa-
ble pour permettre ce qui va suivre.
Le feu de l’Esprit est ensuite envoyé pour enflammer, pour vivifier le combustible de
la Parole qui a été amassé dans l'âme.
L’Eau-Parole nouvelle ne pouvait être reçue que par des “vases” (des individus) vi-
dés des traditions (et des dogmes humains sclérosant car sans vie). L’Eau-Parole ne
peut entrer dans des vases encombrés.
c) Dieu aurait pu directement remplir de vin les six vases, mais, pour que
l’enseignement soit complet, il était indispensable que cette eau soit versée premiè-
rement. Ce n’est pas le vide qui est transformé en vin, mais c’est cette Eau qui s’est
transformée en Vin (lequel représente l’Esprit, le Sang vivifiant).
d) Ce n’est pas Jésus qui remplit les vases, mais il confie cette tâche à des servi-
teurs.
e) Les vases sont remplis “jusqu’au bord” : Ce détail serait inutile si tout n’avait pas
été transformé en vin. Dieu n’est pas mesquin !
Plus un vase sera rempli d'Eau, et plus il contiendra de Vin ! Les 6 apôtres ont
été 6 vases remplis, et ils ont offert leur contenu au monde.
Dieu a répandu dans son peuple le Saint-Esprit “avec abondance”, par Jésus-Christ
(Tite 3:6).
Mais, à la fin du cycle des Nations, comme pour Israël, le Vin viendra à manquer au
milieu du peuple se réclamant de Dieu. La voix oubliée de Dieu se fera alors à nouveau
entendre, et cela annoncera une Nouvelle Chambre Haute, “dans les airs”. Le monde en
sera enivré.
Une fois de plus, celui qui en boira n’aura jamais soif (cf. Jn. 4:13). Ces paliers suc-
cessifs de gloire croissante sont annoncés en termes similaires dans l’AT :
Es. 25:6 “L’Eternel des armées fera pour les peuples, sur cette montagne un festin
de mets succulents, un festin de vins vieux (càd. dont les sucres du monde ont été brûlés
par un processus chimique), de mets succulents, pleins de mœlle, de vins vieux, clari-
fiés.” Cf. aussi Amos 9:13-14, Osée 2 :14-25.
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Les quatre Evangiles par D.C.
Il suffit de quelques secondes pour multiplier les pains, pour multiplier des poissons
cuisinés, pour détruire un cancer, pour recréer un œil, pour déchaîner un tremblement de
terre, pour renverser des gratte-ciels, etc. Il suffira d’un “clin d’œil” pour la transforma-
tion des corps des élus (1 Cor. 15:52).
Le monde attablé ne voit que le vin, et bien peu voient qui en est la Source. Les
invités n’ont rien perçu !
Il n’y avait aucune vertu dans les parois des vases, pas plus que dans le vêtement de
Jésus, ou que dans l’ombre de Pierre, ou que dans l’airain du serpent dressé, ou que dans
le bâton de Moïse ou que dans les bonnes intentions de l’homme naturel. La vertu est
dans l'Onction venue de Dieu, celle qui suivait les Hébreux (1 Cor. 10:4).
• Jn. 2:10 “… d’abord le bon vin, puis le moins bon après qu’on s’est enivré (ou
plutôt : “pleinement rassasié, gavé”)
… tu as gardé le bon vin jusqu’à présent” :
• Par Jésus-Christ, le Vin de l’Esprit va remplir des vases de chair, d’argile (le nom
du premier homme, “Adam” signifie : “argile”).
Le Vin de la grâce est meilleur à la fin du repas, à la fin du cycle, que le vin de Moïse
donné au début du repas, au début du cycle.
Le vin du début n'était pas un mauvais vin, mais le vin de la fin est “meilleur”.
La primauté de la chair précède celle de l’Esprit, le vin de qualité supérieure est pour
la fin, et cela a été voulu par Dieu :
• Caïn est né avant Seth.
• Abram est devenu AbraHam, et Saraï est devenue SaraH.
• Ismaël est né avant Isaac.
• Esaü est né avant Jacob.
• Jacob est devenu ensuite Israël. Juda, fils de Léa, a précédé Joseph, fils de Rachel.
• Manassé est né avant Ephraïm.
• Issu de l'union de Tamar et de Juda, Pérets a devancé à la naissance Zérach qui por-
tait pourtant le fil cramoisi au poignet.
• Moïse était prince d’Egypte avant d'être prophète d’Israël.
• Peninna a enfanté, avant sa rivale Anne, laquelle a pourtant été ensuite mère du pro-
phète Samuel.
• La loi précède la grâce. La montagne du Sinaï précède la montagne de Sion, et le
culte à Jérusalem en Palestine précède le culte universel en esprit et en vérité dans la
Jérusalem céleste.
• La traversée de la Mer Rouge avec Moïse a précédé la traversée du Jourdain avec
Josué.
• Paul pharisien a précédé Paul apôtre.
• Le royaume d'Israël a précédé l'Eglise. La circoncision de la chair a précédé le
sceau vivant du Saint-Esprit.
• Le corps charnel précède le corps spirituel. En Adam, la glaise a précédé le souffle
de Dieu.
• L'ancienne terre précède la Nouvelle Terre. La Jérusalem terrestre précède la Jé-
rusalem céleste qui est la véritable Sion chantée par les Psaumes.
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Les quatre Evangiles par D.C.
• Jn. 2:11 “tel fut le premier des signes (gr. : semeion) que fit Jésus” :
C’est le “premier” des 8 signes rapportés par Jean. Tous exaltent la gloire de l'œuvre
de Jésus-Christ.
C’est aussi le premier des cinq repas de Jésus décrits dans le NT :
1) le repas de Cana (Jn. 2:1-12),
2) le repas chez le pharisien Simon (Mt. 23:1-36, Mc. 7:1-16, Lc. 11:37-54),
3) le repas chez le publicain Matthieu (Mt. 9:9-13, Mc. 2:13-17, Lc. 5:27-32),
4) le repas à Béthanie chez Simon le lépreux (Mt. 26:6-13, Mc. 14:3-9, Lc. 7:36-50,
Jn. 12:1-8),
5) le dernier repas (Mat. 26).
Les premiers miracles de Moïse ont été celui d'un bâton changé en serpent, celui de la
main devenant lépreuse, et celui de l’eau transformée en sang (Ex. 4:2-9; Ex. 7:17) ; mais
le premier miracle de Jésus est une fête !
Les disciples se sont peut-être alors souvenus d’Elie lorsque la farine et l’huile sont
devenues inépuisables chez la veuve de Sarepta (1 Rois 17:8-16), et surtout d’Elisée
lorsqu’une autre veuve a rempli de nombreux vases vides avec une seule fiole d’huile
(2 Rois 4:1-7).
En fait, manifester la gloire de Jésus était, pour Dieu; beaucoup plus important pour le
salut éternel des hommes que d’aider cette famille amie de Cana dans une difficulté
passagère.
De même il doit y avoir un nouveau temple (Jn. 2:14-19), une nouvelle naissance
(Jn. 3:1-21), une nouvelle source d’eau (Jn. 4:7-15), un nouveau culte (Jn. 4:16-26).
Le signe de Cana est vraiment un “arke-signe” !
En fin de compte, c’est Jésus-Christ qui est l’Eau et le Vin de qualité supé-
rieure !
La foi, comme tout ce qui est vivant sur terre, obéit à un processus de croissance.
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Les quatre Evangiles par D.C.
b) Cette remarque de Jean (il était acteur et témoin de cette scène) confirme en outre
l’enseignement général des Ecritures montrant que la foi a toujours pour racine une
expérience concrète.
Ces apôtres ont entendu le témoignage d'un prophète confirmé. Ils ont été témoins du
don de discernement de Jésus. Maintenant ils sont témoins d'un miracle ahurissant.
Jésus reprochera à Thomas (après avoir repris les autres apôtres pour la même raison)
de ne pas avoir cru malgré l’abondance des preuves déjà offertes, mais Dieu ne de-
mande jamais de croire sans raison, sans expérience, sans connaissance. La foi n’est
pas de la superstition, mais l'acceptation de Dieu qui se révèle à l'homme.
Un miracle, un témoignage, un verset biblique, le spectacle de la nature, etc., peuvent
suffire dès lors que l’Esprit de Dieu est en action.
c) La foi est un attribut de la nature divine donné par Dieu à tout homme. La foi est
conçue pour réagir lorsque Dieu se manifeste. A chaque étape de sa croissance, la foi
met en œuvre la responsabilité humaine sollicitée.
Notre foi est ainsi le reflet et la mesure de notre connaissance de Dieu. Tous les
disciples ne seront pas pareillement victorieux des tests successifs.
Ex. 14:31 “Israël vit la main puissante que l’Éternel avait dirigée contre les Égyp-
tiens. Et le peuple craignit l’Éternel, et il crut en l’Éternel et en Moïse, son serviteur.”
Rom. 12:3 “... je dis à chacun de vous de n’avoir pas de lui-même une trop haute
opinion, mais de revêtir des sentiments modestes, selon la mesure de foi que Dieu a
départie à chacun.”
gles
18. Guérison d’un possédé Capernaüm 9:32-34
sourd
19. Première multiplication Décapole 14:13-21 6:31-44 9:10-17 6:5-14
des pains
20. Jésus marche sur les eaux Mer de Galilée 14:22-33 6:45-52 6:15-21
21. Guérison de la fille d’une Vers Tyr et Sidon 15:21-28 7:24-30
syro phénicienne
22. Guérison d’un homme Décapole 7:31-37
sourd et muet
23. Seconde multiplication Décapole 15:32-39 8:1-9
des pains
24. Guérison d’un aveugle Bethsaïda 8:22-26
25. Guérison d’un enfant Près Césarée 17:14-21 9:14-29 9:37-43
possédé Phil.
26. Règlement miraculeux de Capernaüm 17:24-27
l’impôt
27. Guérison d’un aveugle-né Jérusalem 9:1-41
à Siloé
28. Guérison d’une femme Pérée 13:10-17
infirme depuis 18 ans
29. Guérison d’un hydropique Pérée 14:1-6
30. Guérison de dix lépreux Près de la 17:11-19
Samarie
31. Résurrection de Lazare Bétnahie 10:1-46
32. Guérison d’un aveugle Jéricho 20:29-34 10:46-52
33. Guérison d’un aveugle Jéricho 21:14
34. Le figuier desséché en une Béthanie 21:18-19 11:12-24 18:35-43
nuit
35. Guérison de l’oreille de Gethsémané (26:51-54) (14:47-49) 22:50-51 (18:10-11)
Malchus
36. Seconde pêche miracu- Mer de Galilée 21:1-14
leuse des 153 poissons
Neuf de ces miracles ne sont ni des résurrections (au nombre de 3), ni des guérisons,
ni des délivrances :
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