Faculté de Pharmacie d’Alger
Cours de Droit pharmaceutique
5ème année
Dr I.BEKKOCHE
REGLEMENTATION DES LES STUPEFIANTS
1. Définition
2. Réglementation
3. Documents nécessaires à la détention et au commerce
4. Stupéfiants en officine
1. Définition
Selon la loi n° 04-18 du 25 12/ 2004 Relative à la Prévention et à la Répression de l‘usage et
du trafic illicites de stupéfiants et de substances psychotropes
Stupéfiant : toute substance, qu'elle soit d'origine naturelle ou de synthèse, figurant au
tableau I et au tableau II de la Convention unique sur les stupéfiants de 1961 telle que
modifiée par le protocole de 1972.
Il existe des conventions universelles datant de 1961, des règles d’harmonisation, des
conditions de prescription et de délivrance des substances vénéneuses classées au tableau B
Selon la loi18-11, du 02 /07/2018, relative à la santé les stupéfiants sont classés parmi les
substances et préparations vénéneuses (Art. 244).
2. Réglementation
L’objectif de l’instauration d’une réglementation solide est :
Le contrôle de l’usage, des conditions d’importation, de détention et l’emploi des
substances vénéneuses ;
Le contrôle du mouvement et de l’utilisation licite des substances stupéfiantes et
psychotropes.
Depuis l’indépendance, plusieurs textes réglementaires ont été instaurés, ces textes ont
modifiés, et ou complétés par la suite.
Loi No. 04-18 du 25 Décembre 2004Relative à la Prévention et à la Répression de l'usage
et du Trafic Illicites de Stupéfiants et de Substances Psychotropes
Arrêté du 29 juin 2013 fixant les modalités de prescription et de dispensation de
l’ordonnance des médicaments contenants des substances classées comme stupéfiants.
Arrêté du 09 juillet 2015, portant classification des plantes et substances classées comme
stupéfiantes, psychotropes et précurseurs,
Arrêté du 29 juin 2013 fixant les modalités de prescription et de dispensation de
l’ordonnance des médicaments contenant des substances classées comme stupéfiants.
- Toute prescription de médicaments contenant des substances classées comme stupéfiants ou
soumis à la législation et la réglementation des stupéfiants doit être rédigée sur ordonnance
extraite d’un carnet à souches (Art. 2),
- Prescription exclusive par les médecins, dans les limites de leur domaine (Art. 3),
- l’ordonnance doit porter en toutes lettres lisibles ce qui suit (Art. 4),:
1. l’identification de l’établissement de santé public ou privé du médecin prescripteur ;
2. l’identification du prescripteur avec l’intitulé précis de sa fonction, le numéro d’inscription
à la section ordinale des médecins ;
3. l’identification précise du malade : le nom, le prénom, le sexe, l’âge, le cas échéant, la taille
et le poids ; l’identification du ou des médicament(s) ;
4. la formule détaillée, le nombre d’unités ou le volume s’il s’agit d’une préparation
magistrale
5. la forme pharmaceutique, le dosage, la posologie, la durée du traitement et la voie
d’administration ;
6. le nombre d’unités thérapeutiques par prise ;
7. le nombre de prises ;
8. le dosage, les doses ou les concentrations de substances, s’il s’agit de spécialités
pharmaceutiques.
Art. 6.
La durée maximale de prescription est limitée à vingt-huit (28) jrs. Cette durée peut être
fractionnée pour certains produits. Le pharmacien est tenu, de conserver une copie de toute
ordonnance comportant la prescription :
(Art. 7.)
Lorsque le porteur de l’ordonnance n’est pas le malade, le pharmacien enregistre son nom et
son adresse et demande, en outre, une pièce d’identité dont il reporte les références sur le
registre.
Le registre doit comporter, ce qui suit :
- le cachet de l’officine ;
- la griffe du pharmacien qui doit comporter le N° d’inscription à la section ordinale des
pharmaciens ;
- le numéro sous lequel la prescription est inscrite sur le carnet à souches ;
- la date de la dispensation.
3. Documents nécessaires àla détention et au commerce
3.1. Documents nécessaires àl’Hôpital
3.1.1. Relevé nominatif : il comporte :
Date d’administration
Nom et âge du patient
Nature du médicament
Quantité administrée au patient
Signature de l’anesthésiste ayant pratiqué l’acte
3.1.2. Réserve des stupéfiants : Dotation du service utilisateur
3.1.3. Bon toxique stupéfiant : Extrait du carnet à souche numéroté et port les mentions
nécessaires
3.1.4. Relevé mensuel des toxiques stupéfiants délivrés :
3.1.5. Inventaire des produits du tableau B (Une fois / mois) Etablir la balance entre les
entrées et les sorties
3.1.6. Visite des pharmacies de service
3.1.7. L’ordonnance d’urgence accompagnée par un bon toxique stupéfiant
Bon porte : date, produit, dosage, forme
3.2. Documents nécessaires àl’officine
Une feuille extraite d’un carnet à souche d’un médecin (blanche)
Préparation magistrale : les doses en toute lettre + nombre d’unité
Médicament de la spécialité : en toute lettre nombre d’unité
3.3. Documents nécessaires àl’Hôpital et àl’officine
Document dispensé par la tutelle
Achat des stupéfiants
Carnet à souche blanc
Commande des stupéfiants : par le pharmacien
Volet n°1 comporte :
Nom et adresse de l’acheteur
Date de la commande
Signature de l’acheteur et cachet
Volet n°2 : porte le nom et l’adresse du pharmacien
(renvoyé à l’acheteur accompagné d’une commande rédigé sur une feuille à part)
Le fournisseur indique sur le volet n°2 :
Quantités réellement livrées
La date
Signature et cachet de livraison
N° d sortie sur registre
Le pharmacien acheteur adresse la commande rédigée + 2 volets non détachés
VOLET 1, réservé au pharmacien acheteur
VOLET 2, réservé au fournisseur sauf nom et adresse
Du pharmacien acheteur
VOLET2 retourne au pharmacien avec marchandise
Avec bon de livraison et facture
4. Stupéfiants en officine
4.1. Délivrance aux praticiens (prescripteurs) Provision des soins urgents et usage
professionnel
Médecins et Vétérinaires
Ils sont autorisés par la réglementation à détenir une provision de produits de tableau B
Cette provision est délivrée qualitativement et quantitativement par le MSPRH. Après Elle
peut être reconstituée sur demande (épuisement), elle est rédigée sur un carnet à souche.
Ces demandes effectuées par ces médecins et vétérinaires ne sont exécutées que par le
pharmacien de la commune du praticien ou la commune la plus proche si la sienne en y
dépourvue
Chirurgiens-dentistes et sages-femmes :
Cette catégorie est autorisée à détenir pour leur usage professionnel des préparations
contenant des produits du tableau B dont la liste est fixée pour chacune de ces professions par
le MSPRH.
De plus la loi précise pour les S/F les conditions de délivrance ainsi que les conditions
d’utilisation dans le cadre de leur exercice.
Pharmaciens :
Exécute ces commandes et conserve ces demandes pendant 03 ans pour les présenter à toute
réquisition de l’autorité compétente (inspecteurs du de la santé), Ils doivent également
adresser un relevé trimestriel des stupéfiants délivrés à la direction de la santé de la wilaya.
4.2. Délivrance aux particuliers (malades)
Les pharmaciens ne peuvent délivrer des substances du tableau B qu’avec une ordonnance
rédigée sur carnet à souche comportant
1. Date
2. Nom et coordonnées été signature du praticien
3. Nom et coordonnées du malade
Il doit inscrire les doses des substances du tableau B pour une préparation magistrale et le
nombre d’unités thérapeutique pour une spécialité.
Le pharmacien doit inscrire sur l’ordonnancier les noms, adresse du malade ou du tiers (père,
mère, ou frère mais pas le malade si alité) qui se présente pour prendre l’ordonnance de ce
malade.
Les ordonnances non renouvelables sont extraites d’un carnet à souche et conservées pendant
03 ans par le pharmacien, qui les classe mensuellement afin de les présenter à toute
réquisition de l’autorité compétente.
Une copie de l’ordonnance non renouvelable est délivrée au malade après que le pharmacien
ait effectué les mêmes mentions que sur l’ordonnancier.
4.3. Chevauchement :
C’est un empiètement d’un traitement stupéfiant sur un autre traitement. Ils sont interdits par
la réglementation sauf mention écrite du prescripteur.
La convention rappelle « il est interdit au médecin de formuler et au pharmacien d’exécuter
ou de renouveler une prescription de substances du tableau B pour un malade au cours d’une
période couverte par une prescription antérieure de substance du même tableau, sauf mention
formelle portée sur l’ordonnance. »
De même « il est interdit à toute personne pourvue d’une prescription comportant un produit
du tableau B de recevoir pendant la période couverte par ce traitement une nouvelle
ordonnance comportant une substance du tableau B, lorsqu’il s’agit d’un second praticien : le
nouveau praticien doit mentionner sur la nouvelle ordonnance qu’il a bien pris connaissance
de la précédente prescription »
4.4. Comptabilité
- Grande rigueur
- Loi en vigueur préconise que tout achat ou toute cession même à titre gratuit de substances
du tableau B doit être inscrite sur un registre spécial, coté et parafé par le président de l’APC
ou le commissariat de police.
- Chaque inscription sur ce registre comporte un N° d’ordre et doit être effectué sans aucun
blanc, ni rature ni surcharge au même de la prescription ou de la livraison
- Conservation du registre au moins 10 ans.
4.5. Périmés du tableau B
- Doivent restés comptabilisés jusqu'au passage du pharmacien inspecteur qui les détruise et
régularise la comptabilité.
- Périmés rangés à part dans une armoire blindée
- Les spécialités sont comptabilisées en unité de prise et non par conditionnement
- Les inscriptions se font à l’encre et pas au crayon.
- En cas d’erreurs, il faut informer le pharmacien inspecteur régional responsable
4.6. Suivi des inscriptions du tableau
Rendu Possible grâce au N° apposé par le fabricant sur chaque unité de vente.
En cas de perte de registre ou du carnet à souche, il faudra avertir l’autorité régionale