CNRD 2023- 2024 - « Résister à la déportation en France et en Europe »
Aide à la préparation de l’épreuve écrite
Pour mémoire, l’épreuve écrite du Concours National de la Résistance et de la déportation se présente
comme une épreuve écrite du brevet (des documents avec des questions et un développement
construit), mais dont vous connaîtriez le sujet à l’avance. Elle dure deux heures et il s’agit ici de vous
donner quelques idées pour organiser votre développement construit qui peut (et doit !) être beaucoup
plus long que ce que vous feriez au brevet !
Proposition d’introduction
De 1933 (ouverture du premier camp de concentration à Dachau près de Berlin) à 1945
(libération des camps) les déportations, organisées par les nazis, déracinent et déplacent des
populations entières au travers de toute l’Europe. Ces déplacements forcés ont revêti plusieurs
formes :
- le STO (Service du Travail Obligatoire) en France durant l’occupation par l’Allemagne nazie avec
la réquisition et le transfert vers l’Allemagne de travailleurs français contre leur gré.
- les camps de transit et d’internement (Drancy) en attente de la déportation vers les centres de
mise à mort.
- les ghettos juifs : quartier fermé d’une ville destiné à isoler une communauté (Varsovie).
- les camps de concentration : camps de travail pour les individus jugés dangereux par les nazis
(Dachau).
- les centres de mise à mort : camp destiné à exterminer les Juifs et les Tziganes (Treblinka).
Face à cette déportation organisée au niveau européen, de nombreuses formes de résistance
(entendu ici dans le sens de refuser / empêcher) se sont développées tant en amont de la
déportation que dans le système concentrationnaire nazi lui-même.
I)- Lutter contre la déportation
Il s’agit de lutter contre les mécanismes administratifs et policiers de sélection d’identification,
d’arrestation et de déportation. Pendant la guerre, il y a eu une large gamme de ripostes, du non-
consentement à la Résistance, en passant par l’aide effective aux populations pourchassées et
persécutées : évasions et aide à l’évasion, assistance aux pourchassés et aux persécutés, placements
clandestins d’enfants d’origine juive, fourniture de faux-papiers etc. (Expliquer ce que sont les «
Justes parmi les nations » : ceux qui ont mis leur vie en danger pour sauvers des Juifs pendant la
Seconde Guerre mondiale. Le titre de « Juste » est décerné au nom de l’État d’Israël par le mémorial de
Yad Vashem.)
Développer ensuite un ou deux exemples de votre choix (André Storck, La Rafle, Lucie
Aubrac, Irena Sendler, Anne Frank etc. ou tout autre exemple travaillé pendant la préparation de
votre dossier collectif). L’idéal serait un exemple français et un européen.
Premier exemple (Qui ? Quand ? Comment ?)
Lucie Aubrac est le pseudonyme de Lucie Samuel, née Bernard, qui est une militante communiste
française née en 1912 et décédée en 2007. C’est une figure importante du mouvement de Résistance
française. En 1940 à Clermont-Ferrand, elle intègre avec son mari une première organisation antinazie,
« la Dernière Colonne ». Ensemble ils consacrent leur temps aux activités de cette organisation : diffusion
de tracts, recrutement, sabotages…En 1941, elle devient professeure de lycée à Lyon tout en menant de
nombreuses activités clandestines : fabrication de faux-papiers, aide des fugitifs à passer la ligne de
démarcation. Elle contribue aussi à l’écriture du premier numéro de Libération, le journal qui marque la
naissance du mouvement de Résistance « Libération-Sud », l’un des mouvements les plus important de la
zone Sud. Lucie et son mari font partie du noyau de ce mouvement dont la direction se rassemble
régulièrement au domicile du couple. En 1942 les allemands envahissent la zone Sud et les résistants sont
pourchassés par la Gestapo. Lucie Aubrac se spécialise alors dans les procédures d’évasion de résistants
et participe à de nombreuses opérations d’évasion et d’exfiltration. Après une dernière opération
spectaculaire en juin 1943 où 6 allemands et 5 gardes sont tués, Lucie et son mari entrent en clandestinité
et rejoignent Londres et le mouvement du Général de Gaulle en Février 1944. Elle continue néanmoins son
action de résistante depuis Londres, où elle se spécialise alors dans des actions de propagande : reconnue
pour ses qualités oratoires, elle prend régulièrement la parole au micro de la BBC pour exalter les femmes
au combat. Rentrée en France à l’été 1944 pour réaliser une mission de liaison avec la France libérée et
siéger à l’Assemblée Consultative, elle fait ouvrir en Provence des maisons d’enfants pour prendre en
charge les enfants de résistants devenus orphelins.
Deuxième exemple (Qui ? Quand ? Comment ?)
Oskar Schindler né en 1908 et décédé en 1974, était un industriel allemand qui, avec l'aide de sa femme
et de son personnel, a protégé environ 1100 Juifs des nazis en les employant dans ses usines, qui
approvisionnaient l'armée allemande pendant la Seconde Guerre mondiale.
Espion pour l’Abwehr, l’agence d’espionnage militaire allemande à partir de 1936, membre du parti nazi
dès 1939, c’est un personnage ambigu dont les motivations n’ont pas toujours été très claires.
En 1939, après de l'invasion de la Pologne par l'Allemagne, Schindler se rend à Cracovie, où il prend part
au marché noir naissant. Grâce au réseau de contacts allemands qu'il s'est constitué par le biais de pots-
de-vin, il obtient le bail d'une ancienne fabrique d'émaux appartenant à des juifs. En 1942, près de la
moitié des travailleurs de l'usine étaient juifs.
À l'automne de la même année, le camp de travail de Płaszów ouvre ses portes à proximité, en février
1943, il est placé sous le commandement d'Amon Göth, un officier SS sadique.
Profitant de l'appétit de l'officier pour la boisson et des produits de luxe disponibles sur le marché noir,
Schindler cultive son amitié en lui assurant un flux constant de boissons dans la villa d'où il supervise le
camp. Schindler réussit ainsi à convaincre Göth de créer un camp séparé pour ses travailleurs juifs, où ils
ne subiraient pas les mêmes abus qu'à Płaszów.
Lorsqu'en août 1944, son usine fut désaffectée, Schindler demanda avec succès son transfert à près de
Brnĕnec sa ville natale en Tchécoslovaquie. Schindler et ses associés ont alors dressé une liste des
travailleurs juifs qu'ils jugeaient essentiels pour la nouvelle usine et l'ont soumise à l'approbation de
l'Office juif du travail. Bien que les personnes sélectionnées aient été dirigées pendant un certain temps
vers d'autres camps de concentration, Schindler est intervenu, veillant à ce que 700 hommes et 300
femmes sélectionnés arrivent finalement à Brnĕnec. Ils ont ensuite été rejoints par 100 autres Juifs qui
avaient été transportés d'un autre camp de concentration par les nazis.
Ceux qui ont atteint le camp ont passé les derniers mois de la guerre à fabriquer des munitions truquées.
Un dernier décompte effectué à cette époque fait état de 1 098 Juifs dans le camp.
Le 8 mai 1945, la guerre en Europe prend fin et, le lendemain, Schindler et sa femme fuient la
Tchécoslovaquie avec l'aide de plusieurs "Schindlerjuden", comme on appelait les Juifs qu'il avait sauvés.
En 1949, ils se sont installés en Argentine avec plusieurs des familles juives qu'ils avaient sauvées. Ayant
dépensé l'essentiel de sa fortune en pots-de-vin, Schindler a passé le reste de sa vie soutenu par les dons
des « Schindlerjuden ». Il a été nommé Juste Gentil par Yad Vashem en 1962 et a été enterré dans le
cimetière catholique du Mont Sion à Jérusalem.
II)- La Résistance en déportation
La résistance en déportation a revêtu également plusieurs formes.
Il y a eu des révoltes au sein des ghettos (révolte du ghetto de Varsovie en avril 1943) ou
organisation de révoltes (Treblinka en août 1942, Sobibor en octobre 1943 ou Auschwitz-
Birkenau en octobre 1944).
Premier exemple (Qui ? Quand ? Comment ?)
Sobibor est un des 6 camps d’extermination situé en Pologne. Début 1943, les détenus juifs de Sobibor,
ayant obtenu des informations sur le démantèlement du camp de Belzec et l'extermination de tous ses
survivants et ayant été témoins de l'extermination de dizaines de milliers d'innocents, comprennent que
les SS ne permettront pas à un seul d'entre eux de rester en vie. À la fin du printemps, ils créent donc un
mouvement de résistance et envisagent de s'évader. Début août, ils apprennent le soulèvement des
déportés à Treblinka et un projet de révolte se met en place. Le 23 septembre, arrive un convoi d'anciens
prisonniers de guerre juifs soviétiques venus du ghetto de Minsk qui ont reçu un entraînement militaire.
Ces prisonniers s’ajoutent au groupe qui est désormais plus fort en nombre et en expertise.
Avec Léon Feldhendler comme chef, secondé par Alexander Petcherski, lieutenant de l'Armée rouge,
prisonnier de guerre juif surnommé « Sacha », le 14 octobre 1943, la révolte éclate dans le centre.
Les groupes d’assaut pillent l’armurerie, exécutent les gardes et dirigeants allemands importants du camp
et enfin les prisonniers s’évadent en masse. Sur les 600 détenus encore à Sobibor, 300 personnes purent
s'échapper ce jour-là, plus de 100 furent reprises, les autres tuées et finalement seule une cinquantaine
d'entre elles put s'évader et survivre à la guerre.
A Auschwitz, il n'y eut aucun survivant à la révolte, à Treblinka, seulement une dizaine.
I Résister, c’est aussi la Résistance au quotidien dans les camps : démarche de survie,
réhumanisation face à la déshumanisation, refuser d’être réduit à un numéro, solidarité au sein des
camps (confectionner un objet pour un anniversaire, renseignement, entraide), sabotage dans le cadre
du travail forcé etc. Par exemple : Simone Veil et Ginette Kolinka, Jacqueline Péry d’Alincourt,
Marie-José Chombard de Lauwe, Germaine Tillion, Bernard d’Astorg, Jean Mialet etc.)
Deuxième exemple (Qui ? Quand ? Comment ?)
Germaine Tillion est née en 1907 en Haute-Loire. Elle est issue de la bourgeoisie provinciale. Son père est
magistrat, sa mère est connue comme historienne de l'art. Elle est diplômée en anthropologie sociale.
Entre 1934 et 1940, elle effectue quatre séjours de terrain en Algérie afin de préparer son doctorat en
anthropologie.
Lorsque qu’elle rentre à Paris en 1940, la France a été envahie par l'Allemagne. Comme premier acte de
résistance, elle aide une famille juive en lui donnant les papiers de sa famille. Elle devient l'un des
membres de la Résistance française dans le réseau du Musée de l'Homme à Paris. Elle a notamment pour
mission d'aider les prisonniers à s'évader et d'organiser le renseignement pour les forces alliées de 1940
à 1942.
Trahie par le prêtre Robert Alesch qui avait rejoint son réseau de résistance et gagné sa confiance, elle
est arrêtée le 13 août 1942 et transportée au Convoi des 31000 en 1943.
Le 21 octobre 1943, Germaine Tillion est envoyée au camp de concentration allemand de Ravensbrück,
près de Berlin, avec sa mère Émilie, elle aussi résistante. Depuis son arrivée le 21 octobre 1943 jusqu'à la
fermeture du camp au printemps 1945, elle écrit en secret une opérette- revue satirique pour divertir ses
codétenues. « Le Verfügbar aux Enfers » décrit la vie au camp des "Verfügbar" (en allemand,
"disponibles", la classe la plus basse des prisonnières qui peuvent être utilisées pour n'importe quel
travail). En même temps, elle entreprend une analyse ethnographique précise du camp de concentration.
Germaine Tillion s'échappe de Ravensbrück au printemps de cette année-là lors d'une opération de
sauvetage de la Croix-Rouge suédoise Par quels moyens perpétuer ce devoir de mémoire ?
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Proposition de conclusion
Comment entretenir la mémoire de ces événements ? Le rôle des témoins qui témoignent dans les
établissements scolaires et de votre participation au concours. Qu’est-ce que celle-ci vous a apporté ?
Entretenir la mémoire c’est agir pour que des événements tragiques, sanglants ou douloureux ne se
reproduisent pas. Les garder présents à l'esprit de tous peut contribuer à les éviter.
Le travail de mémoire participe aussi à la cohésion de notre société. Les témoignages de ceux qui ont
vécu ces événements sont de précieux vecteurs pour entretenir cette mémoire collective.
Malheureusement la mémoire orale peut disparaître avec les témoins.
Il y a aussi la « mémoire de pierre », qui désigne les lieux où il est possible de commémorer les conflits
contemporains : hauts lieux de la mémoire nationale, nécropoles.
Un concours comme le CNRD est un moyen ludique et participatif de sensibiliser les jeunes à l’importance
d’entretenir de la mémoire collective sur les conflits d’hier, leurs conséquences et les choix que l’on doit
faire dans de telles situations.
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Vous pouvez évidemment enrichir votre copie de toutes les connaissances personnelles que
vous souhaitez, mais attention au hors-sujet. Vous aurez également, éventuellement ,la
possibilité de vous aider des documents du sujet qui vous apporteront peut-être des
exemples à mettre dans votre développement construit !
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