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CRYPTOCOCCOSE

Dr Abdoulaye DIOP
Ancien interne des hôpitaux
I. Définition

▪ C’ est une mycose subaiguë ou chronique


▪ Due à Cryptococcus neoformans, champignon
lévuriformes, très opportuniste

▪ Elle a connu une recrudescence due à


l’avènement du Sida

▪ Elle est cosmopolite, la forme clinique la plus


habituelle est la méningo-encéphalite
II. Epidémiologie
2.1. Agents pathogènes
2.2.1 Classification

Phylum : Basidiomycotina
Classe : Basidiomycètes
Ordre : Filobasidiales
Famille : Filobasidiaceae
Genre : Cryptococcus
II. Epidémiologie
2.1. Agents pathogènes
2.2.1 Classification
Espèces : 2 complexes d’especes
Complexe Cryptococcus neoformans
C.neoformans var neoformans
C.neoformans var grubii
Complexe Cryptococcus gattii
Cryptococcus albidus
Cryptococcus laurentii
Cryptococcus terreus
Cryptococcus uniguttulatus
Figure 1 : Classification des cryptocoques d’intérêt médical (espèces, sérotypes et génotypes).
5
II. Epidémiologie
2.1. Agents pathogènes
2.2.1 Classification

Formes sexuées :
• Filobasidiella neoformans var neoformans
(C.neoformans var neoformans,
C.neoformans var grubii)
• Filobasidiella neoformans var bacillospora
(C. gattii)
6
II. Epidémiologie
2.1. Agents pathogènes
2.1.2 Morphologie
▪ Leur forme est variable, ronde à allongée
▪ 3 à 8 μm de diamètre
▪ La variété gattii se distingue par une taille
inférieure et une forme plus ovoïde, voire
allongée
▪ La majorité possède une capsule d’épaisseur
variable polysaccharidique
Levure capsule
II. Epidémiologie
2.1. Agents pathogènes
2.1.3 Caractères biochimiques
▪ Elles possèdent une uréase et une
phénoloxydase
▪ Assimilent l’inositol
▪ L'activité uréasique est caractéristique des
basidiomycètes
▪ La phénol-oxydase est une enzyme
membranaire spécifique de Cr. neoformans
II. Epidémiologie
2.1. Agents pathogènes
2.1.4 Caractères culturaux
▪ La culture se fait sur Sabouraud sans
cycloheximide (Actidione)
▪ L’incubation se fait à 37°C ou à température
ambiante
▪ La variété gattii pousse sur milieu à base de
glycine
▪ Les cryptocoques ne forment pas de
pseudomycélium
II. Epidémiologie
2.1. Agents pathogènes
2.1.4 Caractères antigéniques

ESPECES SEROTYPE FACTEURS VARIETE


ANTIGENIQUES

C.neoformans A 1, 2, 3, 7 grubii
D 1, 2, 3, 8 neoformans

C. gattii B 1, 2, 4, 5
C 1, 4, 6
II. Epidémiologie
2.1. Agents pathogènes
2.1.5 Habitat
▪ Ce sont des levures répandues dans la nature
▪ Cr. neoformans est retrouvée dans les fientes
de pigeons (hôte), guano de chauve-souris et
dans la poussière
▪ Cr. gattii est retrouvée dans le sol, les
déjections du Koala qui se nourrit de feuilles
d’Eucalyptus camaldulensis
II. Epidémiologie

2.2 Mode de contamination


▪ La contamination se fait essentiellement par
inhalation de poussière
▪ Plus rarement, elle peut se faire par voie
cutanée lors de blessure
▪ Chez l’immunodéprimé, la dissémination a un
tropisme méningé
II. Epidémiologie

2.3 facteurs favorisants


▪ La variété gattii est rarement retrouvée chez
les sujets immunodéprimés
▪ L’émergence du Sida a permis une
recrudescence de la cryptococcose, autrefois
rare
▪ Retrouvée dans 10 à 30 % des cas chez les
patients VIH+ avec un taux de CD4 effondré
▪ On note aussi une corticothérapie prolongée,
la sarcoïdose, maladie de Hodgkin, lymphome
II. Epidémiologie

2.4 Répartition géographique


▪ La variété neoformans est cosmopolite
▪ La variété gattii est confinée en zones sub-
tropicales notamment en
• Afrique
• Asie
• sud des USA (caroline du sud)
• Australie
ETUDE CLINIQUE
ETUDE CLINIQUE (1/8)
• Chez l’immunodéprimé :
– Atteinte souvent disséminée
– les lésions inaugurales concernent les méninges ou les
poumons.

• Chez sujets immunocompétents :


– Atteintes isolées cutanées ou viscérales (surtout
cérébrales ou pulmonaires)
– Se traduisent par une maladie granulomateuse localisée
(crytococcomes)
ETUDE CLINIQUE (2/8)
• La méningo-encéphalite subaiguë
crytococcique du sujet VIH+
– Début: insidieux

• céphalées subaiguës fronto-temporales et


rétro-orbitaires

• fièvre modérée, intermittente

• Troubles digestifs: nausées, vomissements

• Irritabilité et troubles de l’idéation


ETUDE CLINIQUE (3/8)
• La méningo-encéphalite subaiguë crytococcique du
sujet VIH+
– Phase d’état :
• aggravation des céphalées,

• vomissements,

• Raideur de la nuque,

• troubles neurologiques et neuropsychiques:


– syndrome confusionnel: altération de la vigilance
– Troubles de l’humeur : hyperexcitabilité

– Signes de localisation sont rares


ETUDE CLINIQUE (4/8)
▪ Le scanner cérébrale peut
objectiver:
▪ une dilatation ventriculaire,
▪ un œdème ou un abcès cérébral.

▪ Ponction lombaire:
▪ LCR clair, hypertendu,
▪ avec lymphocytose
▪ hypoglycorachie et
hyperprotéinorachie

.
ETUDE CLINIQUE (5/8)
• La méningo-encéphalite subaiguë crytococcique
du sujet VIH+
– Evolution
• Evolution redoutable
– Mort dans 45 % des cas

– Rechutes fréquentes dans 50 % des cas

– Guérison au bout de 6 semaines de traitement

– Complications peuvent être observées


• hydrocéphalie, dissémination polyviscérale

– En absence de traitement, dissémination polyviscérale


qui entraîne la mort.
ETUDE CLINIQUE (6/8)
• Atteinte pulmonaire:
— souvent asymptomatique
— parfois polymorphe:
• toux, dyspnée
• fièvre et
expectorations
‒ Radio:
• pneumopathie
interstitielle bilatérale
ETUDE CLINIQUE (7/8)
• Atteinte cutanée:
• lésions papuleuses ou
nodulaires, parfois ulcérées
• Siège: parties découvertes
• Cellulites ou abcès à
cryptococciques.
ETUDE CLINIQUE (8/8)
• Atteintes oculaires:
– Choriorétinite,

– Endophtalmie

– Autres localisations:
• Sinusiennes,

• Médullaires,
• Ganglionnaires : adénite inflammatoire

• Digestives,

• uro-génitales…
DIAGNOSTIC BIOLOGIQUE
DIAGNOSTIC BIOLOGIQUE (1/13)
• Prélèvements
– Fonction du tableau clinique
• LCR,
• Sang
• Biopsies tissulaires
• Liquide de LBA,
• Pus d’abcès,
• Croutes cutanées, crachats,
• liquide de tubage gastrique, urines…
DIAGNOSTIC BIOLOGIQUE (2/13)

• Prélèvements
– Biopsies sont divisées en deux parties:
• Une destinée à la culture après broyage
• L’autre fixée au Bouin pour l’étude histologique
DIAGNOSTIC BIOLOGIQUE (3/13)

• Examen direct
– Crachats, pus: examen à l’état frais

• Croûtes examen après éclaircissement à la potasse


(KOH 30%)

– Liquides biologiques:

• Centrifugation (LCR)

• Examen du culot dans une goutte d’encre de chine


diluée au 1/3.
DIAGNOSTIC BIOLOGIQUE (4/13)
• Examen des prélèvements:
– Résultats examen direct:

• Présence de levures
sphériques de 4 à 8 µ
avec un halo clair
correspondant à la
capsule.
DIAGNOSTIC BIOLOGIQUE (5/13)
• Détection de l’antigène soluble polysaccharidique
(Ags)
– Antigène de C. neoformans est présent dans le sérum
ou le LCR

– Technique:

• Agglutination sur particules de latex sensibilisées


avec des anticorps anti C. neoformans poly ou
monoclonaux.

• Test sensible et spécifique:


DIAGNOSTIC BIOLOGIQUE (6/13)
• Culture
– Milieu de culture : Sabouraud sans actidione.
– Mise en culture d’une grande quantité de liquide est
souhaitable.
– Biopsies cutanées sont ensemencées après broyage
dans sérum physiologique stérile
– Flacons d’hémoculture ensemencés en privilégiant
milieux fongiques spéciaux.
– Incubation entre 30°C et 37°C en 2 à 5 jours mais
le délai peut atteindre une semaine
DIAGNOSTIC BIOLOGIQUE (7/13)
• Identification Culture positive au
bout de 2 à 5 jours.

• Peut atteindre parfois 3


semaines.

• Sabouraud sans Actidione:

• aspect brillant, muqueux et


polymorphe des colonies.

• couleur blanche, crémeuse


puis ocre.
DIAGNOSTIC BIOLOGIQUE (8/13)

• Milieu chromogénique
• teinte rosée des colonies .

• Culture en milieu maltosé à


37C:

• épaississement de la
capsule
DIAGNOSTIC BIOLOGIQUE (9/13)
• Identification des colonies
– Sur la base de caractères
biochimiques:
• Uréase + (< 4h)

• Galactose, Saccharose,
maltose (+)
• Inositol (+)
• Nitrate de K+: négatif
• Sensible à l’actidione
DIAGNOSTIC BIOLOGIQUE (10/13)

• Aspects histologiques
– Techniques de coloration:
• Papanicolaou après fixation au méthanol ;

• MGG après séchage à l’air permet mise en évidence


spores libres ou en situation intrahistiocytaire.

• Autres colorations
» PAS (Acide Periodic Schift)
» bleu Alcian
DIAGNOSTIC BIOLOGIQUE (11/13)

• Aspects histologiques

– Résultats

• Spores sont disposées au sein


d’une réaction granulomateuse
constituée: d’histiocytes, de
macrophages parfois
multinucléés, de lymphocytes
et de polynucléaires, sur un
fond nécrotique.
DIAGNOSTIC BIOLOGIQUE (12/13)

• Diagnostic moléculaire

• Réservée au Laboratoire spécialisé


• Intérêt taxonomique car il permet la différenciation des
sérotypes
• Séquences ITS ribosomales et des séquences 18S sont
utilisées dans la plupart
DIAGNOSTIC BIOLOGIQUE (13/13)
• Identification du sérotype

– N’est pas utile au diagnostic de cryptococcose


mais a surtout une valeur épidémiologique.

– Nature capsule permet reconnaissance de 4


sérotypes

– La détection d’Ac n’a pas d’intérêt diagnostique


pratique

– Elle est très utile pour le suivi thérapeutique.


TRAITEMENT
TRAITEMENT (1/2)
• Repose sur l ’ association Amphotericine B - 5 fluoro cytosine
(Fungizone®, Ancotil®) : 0,3 à 0,5 mg/kg/jour et 150mg/kg/jour

• La 5 fluoro cytosine ne doit jamais être donné en monothérapie car


entraîne une résistance avec toxicité hématologique et rénale.

• Chez les Sidéens, on utilise l’Amphotéricine B en monothérapie à la dose


de 0,5 à 0,8 mg/kg/jour.
TRAITEMENT (2/2)

• Le Fluconazole (Triflucan) ;

• L’Itraconazole (Sporanox) à la dose de 400 mg/jour

• Le traitement prophylactique des rechutes chez les immunodéprimés :

l’Amphotéricine B, le Fluconazole et l’Itraconazole peuvent être

utilisés.
TRAITEMENT (2/2)
Suivi biologique post thérapeutique

✓ faire une ponction lombaire de contrôle à J15, à 1mois, à 2mois.


✓ recherche d’antigènes cryptococciques : contrôle à 1mois, à 2mois, à
6mois et à 1an.
CONCLUSION
CONCLUSION (1/1)

• Cryptococcose: mycose opportuniste grave dont la


symptomatologie est très polymorphe, expliquant les
difficultés de diagnostic

• Diagnostic est essentiellement mycologique

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