MANAGEMENT PUBLIC
MANAGEMENT DE PROJET
MARKETING TERRITORIAL
ACTION MUNICIPALES POUR LA PROPRETE DE LA
VILLE D’AMBOHIMANGA ROVA
RAZAFINANDRASANA Danne Ny Hafaliana
ANDRIANJATOVO Ravo Fidiandrianina
MAHATEHAKA Gilbertho Christophin
RAFALIMANANA Tsiky Michael
RAMAROSON Mahery Hasinjara
ANDRIANJAKA William Stelvio
RAZAFINTSALAMA RIANARIMANANA Tahina Maruis
RALISON Mamy Herisoa Larry
RAMANDRAIBE Tsilavo Brian
INTRODUCTION
Dans les villes touristiques de Madagascar, la dégradation de l’environnement urbain devient
une problématique urgente, marquée par l’accumulation de déchets, l’insuffisance
d’infrastructures et le manque d’implication communautaire. Cette situation nuit non seulement
à la qualité de vie des habitants, mais affecte également l’attractivité touristique, essentielle au
développement local.
Face à ces enjeux, ce projet propose une action municipale coordonnée visant à améliorer la
propreté urbaine à travers la participation citoyenne, l’éducation environnementale, et l’insertion
des jeunes en situation précaire. Sa mise en œuvre est prévue sur une durée de six mois, avec
des objectifs clairs : réduire les déchets visibles, sensibiliser la population, créer des emplois
temporaires, et initier des actions durables de tri et de valorisation des déchets.
Ce rapport présente l’ensemble du projet, depuis le diagnostic jusqu’à la stratégie de durabilité,
en mettant en avant les moyens, les activités, les résultats attendus et les acteurs impliqués.
II. DIAGNOSTIC ET JUSTIFICATION DU PROJET
2.1. Constat général
Dans plusieurs villes malgaches à vocation touristique, la gestion des déchets reste défaillante.
Les rues, marchés et abords des sites touristiques sont souvent envahis d’ordures, en raison du
manque d’équipements publics, de moyens municipaux limités et d’une sensibilisation
insuffisante.
2.2. Conséquences principales
Sanitaires : multiplication des maladies liées à l’insalubrité.
Économiques : perte d’attractivité touristique et baisse des revenus locaux.
Sociales : sentiment d’abandon des habitants, surtout les plus précaires.
Environnementales : pollution des sols, rivières et espaces naturels.
2.3. Causes identifiées
Faible politique municipale en matière de déchets
Manque d’implication citoyenne
Absence de valorisation économique des déchets
Exclusion des jeunes du circuit d’action communautaire
2.4. Opportunité
Cette situation offre une opportunité stratégique : créer un projet court mais structurant, qui
combine propreté urbaine, inclusion des jeunes, éducation et tourisme durable, avec une
implication active de la population.
2.5. Justification du projet
Le projet proposé vise à répondre à ces défis par une approche participative, reproductible et
adaptée aux réalités locales. Il s’appuie sur :
la création d’emplois pour les jeunes ;
l’éducation citoyenne dans les écoles et quartiers ;
la mise en place d’une gouvernance partagée entre commune, habitants et partenaires.
III. OBJECTIFS DU PROJET
3.1. Objectif général
Améliorer durablement la propreté d’une ville touristique et inclusive en mobilisant les jeunes,
les citoyens et les acteurs locaux autour d’un projet participatif de gestion des déchets, sur une
durée de six mois.
3.2. Objectifs spécifiques
1. Réduire de 70 % les déchets visibles dans les zones publiques ciblées.
2. Sensibiliser au moins 80 % de la population locale aux gestes écologiques.
3. Employer et former 100 jeunes comme agents de propreté et animateurs.
4. Installer au moins 30 infrastructures de collecte et de tri.
5. Promouvoir la valorisation locale des déchets (tri, recyclage, compostage).
IV. RÉSULTATS ATTENDUS
4.1. Résultats environnementaux
Réduction visible des déchets (objectif : –70 %).
Mise en place d’un réseau de poubelles publiques et stations de tri dans 5 quartiers.
Création de zones pilotes pour le tri et la valorisation des déchets.
4.2. Résultats sociaux
100 jeunes impliqués et employés temporairement.
Actions collectives de nettoyage et de sensibilisation dans les quartiers.
Meilleure relation entre habitants et autorités locales.
4.3. Résultats éducatifs
Sensibilisation de la majorité des ménages et opérateurs économiques.
Ateliers dans au moins 10 écoles.
Comportements écoresponsables observables (tri, propreté, mobilisation citoyenne).
4.4. Résultats économiques et touristiques
Meilleure image de la commune auprès des visiteurs.
Relance du tourisme solidaire grâce à un environnement plus accueillant.
Appui à de petites activités de recyclage et de transformation locale des déchets.
V. ACTIVITÉS À METTRE EN ŒUVRE
Le projet est structuré en cinq phases sur six mois, avec un enchaînement logique d’activités
ciblées.
Phase 1 – Préparation (mois 1)
Réunions avec la mairie, les fokontany et partenaires locaux.
Sélection des jeunes participants.
Lancement de la communication (affiches, radio, sensibilisation).
Phase 2 – Formation et sensibilisation (mois 2)
Formation de 100 jeunes (tri, hygiène, animation).
Conception de supports éducatifs.
Ateliers dans les écoles et animations dans les quartiers.
Phase 3 – Installation et opérations (mois 2-3)
Pose de 30 poubelles et création de 3 stations de tri.
Nettoyages réguliers menés par les équipes de jeunes.
Lancement des journées “Commune Propre”.
Phase 4 – Valorisation et animation (mois 4-5)
Concours interquartiers de propreté.
Partenariat avec des recycleurs/artisans.
Soutien à la création d’activités liées aux déchets valorisables.
Phase 5 – Évaluation et clôture (mois 6)
Évaluation participative des résultats.
Cérémonie de clôture, remise de certificats.
Adoption d’une charte locale de gestion des déchets.
VI. ACTEURS ET PARTENAIRES DU PROJET
Le projet repose sur une coopération active entre différents acteurs locaux, chacun ayant un
rôle spécifique à jouer :
Commune urbaine (mairie)
Coordination générale et appui logistique
Mise à disposition du personnel et des autorisations
Suivi administratif et intégration du projet dans les politiques locales
Jeunes bénéficiaires (100)
Agents de terrain formés pour la sensibilisation et la propreté
Acteurs principaux de l’exécution et relais communautaires
Valorisation par l’emploi temporaire et la formation
Habitants et communautés
Participation aux nettoyages et aux activités de tri
Implication dans les comités de quartier
Veille locale et responsabilisation citoyenne
Écoles et enseignants
Intégration de l’éducation à l’environnement
Activités pratiques et animation avec les élèves
Formation continue via les outils pédagogiques produits
Commerçants et opérateurs touristiques
Soutien logistique ou financier (poubelles, sacs, sponsoring)
Engagement à adopter des comportements écoresponsables
Relais de sensibilisation auprès des visiteurs
ONG, associations et artisans
Appui technique, formation, production de supports
Recyclage, compostage, valorisation des déchets
Suivi et encadrement des actions communautaires
Médias et influenceurs locaux
Promotion du projet dans les radios et réseaux sociaux
Valorisation des bonnes pratiques et des résultats obtenus
VII. MOYENS NÉCESSAIRES ET BUDGET PRÉVISIONNEL
Pour garantir la mise en œuvre du projet, des ressources humaines, matérielles, logistiques et
financières sont mobilisées.
1. Ressources humaines
1 coordinateur municipal (mi-temps)
4 superviseurs de quartier
100 jeunes agents de terrain
Formateurs issus d’ONG
Volontaires locaux (enseignants, leaders communautaires)
2. Ressources matérielles
30 à 40 poubelles publiques
Gilets, gants, pinces, sacs de tri
Affiches, flyers, panneaux éducatifs
Bacs de tri, brouettes, kits scolaires
3. Moyens logistiques
Locaux pour les formations et réunions
Transport des matériaux via véhicules municipaux ou partenaires
Appui administratif (lettres officielles, permis, mobilisation)
4. Budget prévisionnel (en MGA)
Poste Montant
Formation jeunes et formateurs 1 000 000
Matériels et équipements 2 500 000
Communication et supports 700 000
Indemnités pour jeunes (6 mois) 3 000 000
Activités communautaires 500 000
Évaluation finale 300 000
Total estimé 8 000 000 MGA
> Ce budget peut être optimisé par des dons, du mécénat local ou l'appui d’ONG partenaires.
VIII. INDICATEURS DE SUIVI ET D’ÉVALUATION
Un système de suivi-évaluation est prévu pour mesurer l’efficacité des actions et ajuster le
projet en temps réel.
1. Objectifs du suivi
Mesurer l’avancement et l’impact du projet
Vérifier la participation des jeunes et des habitants
Ajuster les activités en fonction des résultats obtenus
2. Méthodes
Observations de terrain hebdomadaires
Rapports mensuels des superviseurs
Enquêtes auprès des ménages et écoles
Photos avant/après et témoignages de bénéficiaires
3. Indicateurs clés
Domaine Indicateurs
Environnement - % de déchets réduits - Nombre de poubelles installées
Social - 100 jeunes mobilisés - Participation communautaire
Éducation - 10 écoles impliquées - Pratiques de tri observées
Communication - Nombre de supports diffusés - Échos dans les médias locaux
- Taux de satisfaction des habitants - Amélioration de l’image de la
Impact
commune
4. Fréquence
Suivi hebdomadaire terrain
Bilan mensuel d’étape
Évaluation finale (mois 6)
5. Responsables
Coordinateur du projet
Superviseurs de terrain
Représentants de la mairie
ONG partenaires (appui technique)
IX. STRATÉGIE DE DURABILITÉ
Pour assurer la continuité des effets du projet au-delà des six mois, une stratégie de
pérennisation est intégrée dès la conception.
1. Intégration institutionnelle
Adoption du projet par le conseil municipal
Inscription dans le Plan de Développement Local (PDL)
Prise en charge progressive des actions par les services communaux
2. Engagement communautaire
Création de comités de propreté par quartier
Élaboration d’une charte locale de gestion des déchets
Organisation régulière de journées de nettoyage communautaire
3. Recyclage et économie circulaire
Appui à des coopératives de recyclage ou micro-activités artisanales
Valorisation des déchets organiques (compostage scolaire ou communautaire)
Partenariats avec structures de collecte/recyclage existantes
4. Transfert de compétences
Les jeunes formés deviennent formateurs relais
Outils pédagogiques conservés pour d’autres quartiers
Atelier final de capitalisation avec les parties prenantes
5. Ressources complémentaires
Budget municipal dédié à l’entretien et au tri
Contributions volontaires (commerçants, hôteliers, ONG)
Mobilisation continue via les médias et réseaux sociaux locaux
Cette stratégie vise à faire émerger une culture durable de la propreté partagée, ancrée
localement et portée par les citoyens eux-mêmes.
CONCLUSION
La propreté urbaine est bien plus qu’une question d’esthétique ou de confort : elle est
aujourd’hui un enjeu de santé publique, de cohésion sociale et de compétitivité économique, en
particulier pour les villes à vocation touristique comme celles de Madagascar. Face à l’urgence
de l’insalubrité et à la pression croissante sur les ressources communales, le projet « Villes
propres, communautés fortes » propose une réponse innovante, inclusive et pragmatique.
Conçu sur une période courte mais structurée (six mois), ce projet repose sur des principes
simples mais puissants : mobiliser les jeunes, sensibiliser les citoyens, équiper les quartiers, et
surtout, impliquer toute la communauté dans la gestion de son environnement. Il ne s’agit pas
seulement d’éliminer les déchets visibles, mais de poser les bases d’un changement de
comportement durable, d’une gouvernance partagée, et d’un modèle reproductible dans
d’autres communes.
Ce projet se distingue par son caractère transversal : il touche à l’éducation, à l’emploi, à la
santé, à la citoyenneté et au développement économique local. En intégrant pleinement les
jeunes et les groupes vulnérables, il devient également un outil d’inclusion sociale,
d’émancipation et de responsabilisation. Par ailleurs, la valorisation des déchets ouvre des
perspectives d’activités génératrices de revenus dans les domaines du recyclage, de l’artisanat
et du compostage.
La force du projet réside aussi dans sa vision à long terme. Grâce à une stratégie claire de
durabilité – appuyée par la mairie, soutenue par les comités de quartier et relayée par les
écoles – il vise à institutionnaliser les bonnes pratiques et à transformer les mentalités. Ainsi, la
propreté ne sera plus perçue comme une charge imposée par l’administration, mais comme une
responsabilité collective et un levier d’attractivité pour la commune.
En conclusion, “Villes propres, communautés fortes” n’est pas qu’un slogan : c’est un
engagement citoyen, un pari sur la jeunesse, et une vision d’avenir pour des villes malgaches
plus saines, plus inclusives et plus fières de leur image. Ce projet incarne la conviction que le
développement durable commence au coin de la rue, et qu’avec peu de moyens mais
beaucoup de volonté, il est possible de changer durablement un territoire.