B : REVUE DE LITTERATURE
B : REVUE DE LITTERATURE
I : GENERALITE SUR L’HYPERCHOLESTEROLEMIE
1: Définition et types d’Hypercholestérolémie
a. Définition
L’hypercholestérolémie est un trouble du métabolisme lipidique, qui correspond à une
augmentation du taux de cholestérol dans le sang [15]. Ce trouble est plus précisément dû à
une élévation du taux de cholestérol-LDL, qui se retrouve en grande quantité dans le sang. Le
foie ne peut alors plus éliminer tout le cholestérol–LDL qui s’accumule et se dépose sur les
parois vasculaires ce qui augmente le risque d’athérosclérose et par conséquent celui des
maladies cardiovasculaires. Le cholestérol s'accumule et se dépose sur les parois vasculaires
[15].
b. Types d'hypercholestérolémie
Hypercholestérolémie primaire : Elle est généralement génétique (par exemple,
l’hypercholestérolémie familliale) et résulte d'une mutation dans les gènes
responsables de la régulation du métabolisme du cholestérol, comme le gène du
récepteur des LDL [16].
Hypercholestérolémie secondaire : Elle est causée par des facteurs externes tels que
l'alimentation, le mode de vie, l'obésité, le diabète, ou certaines maladies
endocriniennes comme l'hypothyroïdie [16].
2: Historique
L'hypercholestérolémie, définie par un taux élevé de cholestérol LDL, représente un
facteur de risque clé pour les maladies cardiovasculaires [17]. La compréhension de cette
pathologie a progressé depuis sa première identification au 19e siècle, avec des avancées
majeures dans les années 1950 à 1980 concernant le rôle des graisses et du cholestérol dans
les maladies cardiaques [18] et la découverte des lipoprotéines dans les années 1960-1970
[19]. Ces découvertes ont permis d'orienter les traitements, avec une révolution thérapeutique
marquée par l’introduction des statines dans les années 1980, qui ont considérablement réduit
les risques cardiovasculaires [20]. Dans les années 1990, les avancées en génétique ont permis
une meilleure compréhension de l’hypercholestérolémie familiale, une condition génétique
liée à des taux anormalement élevés de cholestérol LDL [21]. Parallèlement, les
recommandations cliniques ont évolué, mettant l'accent sur une évaluation globale du risque
cardiovasculaire plutôt que sur des cibles spécifiques de cholestérol [22]. Aujourd'hui, des
médicaments innovants, tels que les inhibiteurs de PCSK9 et les thérapies géniques, offrent de
nouvelles options thérapeutiques, ouvrant la voie à des traitements plus ciblés et personnalisés
[23]. La recherche continue d'explorer les mécanismes moléculaires sous-jacents pour
améliorer les stratégies thérapeutiques et répondre aux besoins individuels des patients.
II : RAPPEL SUR L’ANATOMIE ET LA PHYSIOLOGIE DU
CŒUR ET DES VAISSEAUX SANGUINS
1. Anatomie et physiologie du cœur
a. Anatomie du cœur
Figure 1 : anatomie du cœur cardiopole Lyon 30 ∕ 08∕ 2021
Le cœur est situé dans le médiastin, légèrement incliné vers la gauche. L'oreillette droite
reçoit le sang désoxygéné provenant du corps, tandis que l'oreillette gauche reçoit le sang
oxygéné en provenance des poumons. Les ventricules, qui se trouvent sous les oreillettes,
assurent la propulsion du sang [24]. Le ventricule droit envoie le sang vers les poumons via
l'artère pulmonaire pour l'oxygénation, tandis que le ventricule gauche pompe le sang
oxygéné dans l'aorte pour être distribué à tout le corps [24].
b. Physiologie du cœur
Le cœur fonctionne selon un cycle cardiaque constitué de deux phases : la systole et la
diastole. La systole correspond à la contraction des ventricules, permettant l'éjection du sang
dans les grandes artères (l'aorte et l'artère pulmonaire). En diastole, les ventricules se
relâchent et se remplissent de sang provenant des oreillettes [25]. Le cœur possède un système
de conduction cardiaque qui assure la synchronisation des battements. Ce système commence
avec le nœud sinusal (SA), situé dans l'oreillette droite, qui génère un signal électrique
déclenchant la contraction des oreillettes. Ce signal est ensuite transmis au nœud auriculo-
ventriculaire (AV), puis aux fibres de Purkinje via le faisceau de His, permettant la
contraction des ventricules [26]. Le débit cardiaque, qui correspond au volume de sang pompé
par le cœur par minute, est influencé par la fréquence cardiaque (nombre de battements par
minute) et le volume d'éjection systolique (quantité de sang expulsée par chaque ventricule à
chaque contraction). Ce débit varie en fonction des besoins du corps, notamment lors d'efforts
physiques ou de situations pathologiques [27].
2. Anatomie et physiologie des vaisseaux sanguins
Les vaisseaux sanguins jouent un rôle fondamental dans la circulation sanguine,
permettant le transport de l'oxygène, des nutriments et l'élimination des déchets métaboliques
dans le corps humain. Le système vasculaire est composé de trois types principaux de
vaisseaux : les artères, les veines et les capillaires. Chacun de ces vaisseaux possède une
structure et une fonction adaptées à son rôle spécifique dans le maintien de l'homéostasie
corporelle [28].
Figure 2 : les vaisseaux sanguins visible body 2023
Les Artères
Les artères sont des vaisseaux sanguins qui transportent le sang oxygéné (sauf les artères
pulmonaires) du cœur vers les organes et les tissus. Elles sont caractérisées par des parois
épaisses et élastiques, composées de trois couches :
- Intima : couche interne de cellules endothéliales qui favorise un flux sanguin fluide.
- Média : couche musculaire et élastique permettant la régulation de la pression
sanguine et la contraction des artères.
- Adventice : couche externe de tissu conjonctif qui soutient l'artère.
Les artères doivent supporter une pression élevée générée par la contraction cardiaque, ce qui
explique leur paroi épaisse et leur grande élasticité. Elles jouent également un rôle dans la
régulation de la circulation sanguine à travers la vasoconstriction et la vasodilatation, ajustant
le flux sanguin en fonction des besoins des tissus [28].
Les Veines
Les veines assurent le retour du sang des tissus vers le cœur. Contrairement aux artères,
elles ont des parois plus minces et moins élastiques, car la pression y est plus faible. Les
veines sont dotées de valvules qui empêchent le reflux sanguin et assurent un flux
unidirectionnel, essentiel surtout dans les membres inférieurs où la gravité pourrait inverser la
circulation sanguine [29]. Le sang transporté par les veines est généralement désoxygéné (à
l'exception des veines pulmonaires). L'action des muscles squelettiques adjacents contribue au
retour du sang vers le cœur, un phénomène appelé pompage musculaire. Les veines jouent
donc un rôle crucial dans le retour veineux, particulièrement lors de l'activité physique [29].
Les Capillaires
Les capillaires sont les plus petits vaisseaux sanguins, et leur fonction principale est de
permettre les échanges entre le sang et les cellules des tissus. Leur paroi est extrêmement fine,
constituée d'une seule couche de cellules endothéliales, facilitant ainsi la diffusion des gaz
(oxygène et dioxyde de carbone), des nutriments (glucose, acides aminés), et des déchets
métaboliques (urée, dioxyde de carbone) [30]. Ces échanges sont essentiels pour maintenir
l'homéostasie cellulaire et sont influencés par des mécanismes tels que la pression
hydrostatique et osmotique [30].
Figure 3 types de vaisseaux sanguins visible body 2023
La Circulation Sanguine
Le système circulatoire se divise en deux circuits principaux :
- Circulation systémique : le sang oxygéné est transporté de l'aorte vers le reste du corps
par les artères, puis retourne vers le cœur via les veines.
- Circulation pulmonaire : le sang désoxygéné est envoyé vers les poumons par les
artères pulmonaires pour se ré oxygéner, avant de retourner au cœur par les veines
pulmonaires.
Les vaisseaux sanguins, grâce à leur structure et à leur élasticité, assurent un transport efficace
du sang et une régulation dynamique de la pression sanguine, facilitant ainsi l'adaptation aux
besoins métaboliques du corps [30].
Figure 4: circulation sanguine cardiopole Lyon 30 ∕ 08∕ 2021
III: DIAGNOSTIC BIOLOGIQUE DE L’HYPERCHOLESTEROLEMIE
Le diagnostic de l'hypercholestérolémie repose sur des critères biochimiques, établis par des
analyses sanguines. Les principales guidelines internationales, notamment celles de la Société
Européenne de Cardiologie (ESC) et de l'American Heart Association (AHA)/American
College of Cardiology (ACC), ont affiné les seuils et les stratégies de dépistage au fil des
années pour mieux stratifier le risque cardiovasculaire [31].
1) Dépistage et Bilan Lipidique
Le dépistage de l'hypercholestérolémie se fait par un bilan lipidique sanguin. Il est
recommandé de le réaliser après un jeûne de 9 à 12 heures pour obtenir des mesures précises d
[31]. Le bilan lipidique standard comprend la mesure des paramètres suivants :
Cholestérol total (CT)
Cholestérol LDL (C-LDL)
Cholestérol HDL (C-HDL)
Triglycérides
Figure 5 : cholesterol Cleveland clinic 2021
Le C-LDL est le principal paramètre utilisé pour le diagnostic et le suivi de
l'hypercholestérolémie, en raison de son rôle athérogène démontré. Le C-HDL est considéré
comme un facteur protecteur, et des valeurs basses sont associées à un risque accru de
maladies cardiovasculaires [31].
2) Définition biochimique de l'hypercholestérolémie (Bilan Lipidique)
- Cholestérol total : Représente la somme des différentes fractions lipidiques
circulantes. Un taux supérieur à 2 g/L (5,2 mmol/L) est considéré comme élevé,
suggérant une hypercholestérolémie.
- Cholestérol LDL : C’est la fraction la plus athérogène. Un taux supérieur à 1,6 g/L
(4,1 mmol/L) est souvent visé comme objectif thérapeutique chez les patients à haut
risque cardiovasculaire [32].
- Cholestérol HDL : Un faible taux de HDL (< 0,4 g/L chez les hommes et < 0,5 g/L
chez les femmes) est associé à un risque accru de maladies cardiovasculaires. Il joue
un rôle protecteur en facilitant l'élimination du cholestérol excédentaire [32].
- Triglycérides : Bien que leur élévation ne soit pas un critère principal de
l’hypercholestérolémie, des triglycérides > 1,5 g/L (1,7 mmol/L) peuvent être associés
à un risque cardiovasculaire accru [32].
3) Critères Diagnostiques
- Hypercholestérolémie : Un cholestérol total supérieur à 2 g/L est un indicateur de
dyslipidémie, avec une attention particulière portée au cholestérol LDL.
- Hypercholestérolémie familiale : Caractérisée par des taux de LDL élevés dès le plus
jeune âge, avec des valeurs souvent supérieures à 1,9 g/L (4,9 mmol/L). Cette
condition génétique est un facteur de risque majeur pour les maladies
cardiovasculaires prématurées [33].
Recommandations Thérapeutiques
Le traitement de l’hypercholestérolémie est basé sur l’évaluation du risque
cardiovasculaire global du patient. Les lignes directrices recommandent généralement
l’utilisation de statines pour réduire le cholestérol LDL chez les patients à risque élevé [33].
Par exemple, la cible du LDL est souvent inférieure à 1,6 g/L (4,1 mmol/L) chez les patients
ayant des antécédents de maladies cardiovasculaires ou avec un risque cardiovasculaire élevé
[34].
IV : PHYSIOPATHOLOGIE DE L'HYPERCHOLESTEROLEMIE
L'hypercholestérolémie est un facteur de risque majeur et modifiable de maladies
cardiovasculaires athérosclérotiques (ASCVD). Sa physiopathologie est un processus
complexe impliquant plusieurs voies métaboliques, génétiques et environnementales qui
interagissent pour perturber l'homéostasie du cholestérol [35].
1) Rôle du métabolisme des lipoprotéines
Le cholestérol, une molécule lipidique insoluble dans l'eau, est transporté dans la circulation
sanguine par des complexes lipoprotéiques. L'hypercholestérolémie résulte principalement
d'un déséquilibre entre la production, le transport et la clairance de ces lipoprotéines.
Lipoprotéines de basse densité (LDL) :
Le cholestérol LDL(CLDL), souvent appelé "mauvais cholestérol", est le principal
responsable de l'athérosclérose. Il est synthétisé à partir de lipoprotéines de très basse densité
(VLDL) produites par le foie. Les VLDL sont catabolisées en lipoprotéines de densité
intermédiaire (IDL) puis en LDL. Une production excessive de VLDL ou une clairance
insuffisante des LDL par les récepteurs hépatiques des LDL (LDLR) conduit à une
augmentation des niveaux de C-LDL circulant [35].
Lipoprotéines de haute densité (HDL) :
Le cholestérol HDL (C-HDL), ou "bon cholestérol", joue un rôle protecteur en transportant le
cholestérol des tissus périphériques vers le foie pour son élimination (transport inverse du
cholestérol). Bien qu'une faible concentration de C-HDL soit un facteur de risque
indépendant, elle n'est pas directement la cause de l'hypercholestérolémie, mais elle peut
exacerber le risque associé à des niveaux élevés de C-LDL [36].
2) Mécanismes génétiques et leur impact
Des avancées récentes en génétique ont permis de mieux comprendre les formes
monogéniques et polygéniques de l'hypercholestérolémie.
Hypercholestérolémie familiale (HF) : C'est la forme la plus courante
d'hypercholestérolémie monogénique. Elle est principalement causée par des mutations
autosomiques dominantes dans le gène codant pour le récepteur des LDL (LDLR), mais aussi
dans les gènes de l'apolipoprotéine B (APOB) et de la proprotéine convertase
subtilisine/kexine de type 9 (PCSK9).
Les mutations de LDLR sont les plus fréquentes et entraînent une réduction ou une
absence de récepteurs fonctionnels des LDL à la surface des hépatocytes, empêchant ainsi la
clairance efficace du C-LDL et provoquant son accumulation dans le sang [37].
Les mutations d'APOB affectent la partie de l'apolipoprotéine B qui se lie au récepteur des
LDL, réduisant cette liaison et donc la clairance du C-LDL.
Les mutations gain-de-fonction de PCSK9 entraînent une surproduction de la protéine
PCSK9. Cette dernière se lie au récepteur des LDL et le cible pour la dégradation lysosomale,
réduisant ainsi le nombre de récepteurs disponibles à la surface cellulaire et augmentant le C-
LDL circulant. Cette découverte a mené au développement des inhibiteurs de PCSK9, une
classe de médicaments révolutionnaire [38].
Hypercholestérolémie polygénique : La majorité des cas d'hypercholestérolémie sont
polygéniques, impliquant de multiples variants génétiques, chacun avec un faible effet, mais
qui, combinés à des facteurs environnementaux, augmentent considérablement le risque [39].
3) Rôle de l'inflammation et du stress oxydatif
L'hypercholestérolémie ne se limite pas à un simple excès de lipides. L'inflammation et le
stress oxydatif sont des composantes clés de la physiopathologie de l'athérosclérose, le
processus pathologique sous-jacent.
Oxydation des LDL : Les LDL circulantes peuvent être oxydées par des espèces réactives
de l'oxygène (ROS). Ces LDL oxydées (ox-LDL) sont hautement athérogènes. Contrairement
aux LDL natives, elles ne sont plus reconnues par les récepteurs des LDL, mais sont
avidement captées par les récepteurs "scavenger" (récepteurs-balayeurs) des macrophages
[40].
Formation des cellules spumeuses : L'internalisation massive des ox-LDL par les
macrophages conduit à leur transformation en "cellules spumeuses" (foam cells). Ces cellules
chargées de lipides s'accumulent dans la paroi artérielle, formant la strie lipidique, la lésion
précoce de l'athérosclérose. L'accumulation de ces cellules et de débris extracellulaires forme
la plaque d'athérome [41].
Inflammation : Les ox-LDL activent également une réponse inflammatoire locale. Les
cellules endothéliales produisent des molécules d'adhésion (comme VCAM-1 et ICAM-1) qui
recrutent des monocytes et des lymphocytes T. Ces cellules immunitaires s'infiltrent dans
l'intima et amplifient la réponse inflammatoire, créant un cercle vicieux qui favorise la
progression de la plaque d'athérome et sa vulnérabilité à la rupture [42].
V : FACTEURS DE RISQUE DES MALADIES CARDIOVASCULAIRES
1. Facteurs non modifiables
Les facteurs non modifiables incluent des éléments sur lesquels il est impossible d'agir, mais
qui sont importants à connaître dans le cadre de l'évaluation du risque cardiovasculaire.
Âge :
Le risque de MCV augmente avec l’âge, en particulier après 45 ans chez les hommes et après
55 ans chez les femmes. L’âge est un facteur de risque important, car avec le temps, les
vaisseaux sanguins se rigidifient, et l'accumulation de dépôts graisseux dans les artères
(athérosclérose) s’intensifie [43].
Sexe :
Les hommes sont généralement plus susceptibles de développer des MCV à un âge plus
précoce que les femmes. Cependant, après la ménopause, les femmes connaissent une
augmentation du risque en raison de la diminution des hormones protectrices comme les
œstrogènes [44].
Antécédents familiaux :
Un antécédent familial de MCV, notamment chez un parent de premier degré (avant 55 ans
pour les hommes et 65 ans pour les femmes), accroît le risque génétique. Ce facteur de risque
est lié à des prédispositions génétiques, bien qu’il puisse également être influencé par des
comportements familiaux similaires [45].
Origine ethnique :
Certaines populations, comme les Afro-américains, les Hispaniques, les populations
asiatiques et les populations autochtones, présentent des taux plus élevés de MCV en raison
de facteurs génétiques et sociaux. Ces groupes sont plus susceptibles de souffrir
d’hypertension, de diabète et d’obésité, qui augmentent le risque de MCV [46].
2. Facteurs modifiables
Les facteurs modifiables sont ceux qui peuvent être influencés par des interventions, telles
que des changements de mode de vie ou des traitements médicaux. Ils jouent un rôle clé dans
la prévention des MCV.
Facteurs alimentaires
Alimentation riche en graisses saturées et Trans : Les graisses saturées et les acides gras trans
augmentent le taux de cholestérol LDL [47]. Cela est particulièrement vrai pour les produits
d'origine animale et certains aliments transformés.
Carence en fibres alimentaires : Une alimentation pauvre en fibres réduit l'élimination du
cholestérol par les selles et favorise son accumulation dans le sang.
Figure 6 : acide gras saturé Léa zubiria 01/01/2012
Stress et santé mentale :
Le stress chronique, la dépression et l'anxiété peuvent avoir un impact direct sur le cœur en
augmentant la pression artérielle et en perturbant les habitudes de vie, comme la mauvaise
alimentation, le manque d'exercice et l'abus de substances (tabac, alcool) [47].
Hypertension artérielle :
L’hypertension est l’un des principaux facteurs de risque pour les MCV. Elle peut entraîner
une dégradation progressive des vaisseaux sanguins et augmenter la charge de travail du
cœur. Une pression artérielle supérieure à 140/90 mm Hg est considérée comme un facteur de
risque majeur [48].
Obésité et sédentarité
- Excès de poids : L'obésité est associée à des niveaux plus élevés de cholestérol LDL et
de triglycérides. La graisse abdominale est particulièrement problématique, car elle
affecte négativement les lipides sanguins [49].
- Manque d'exercice physique : Un mode de vie sédentaire contribue à des niveaux de
cholestérol plus élevés, car l'activité physique augmente la production de HDL (bon
cholestérol) et aide à abaisser le LDL. [49]
Diabète de type 2
Le diabète mal contrôlé est souvent associé à un profil lipidique défavorable, avec des
niveaux de LDL plus élevés et des niveaux de HDL plus bas. L'insulinorésistance altère le
métabolisme des lipides et favorise l'accumulation de cholestérol [50].
Vieillissement
Avec l'âge, les niveaux de cholestérol LDL ont tendance à augmenter, notamment en raison
des modifications hormonales et du métabolisme qui surviennent chez les individus plus âgés
[51]
Tabagisme et alcoolisme
Tabagisme : Le tabac diminue le taux de cholestérol HDL et endommage les vaisseaux
sanguins, ce qui peut aggraver les effets de l’hypercholestérolémie [52].
Alcoolisme : La consommation excessive d'alcool peut altérer le métabolisme des lipides et
mener à une élévation des triglycérides, ce qui peut également affecter les niveaux de
cholestérol LDL [53].
Pathologies sous-jacentes
Hypothyroïdie : Un fonctionnement insuffisant de la glande thyroïde est lié à une élévation
des niveaux de cholestérol LDL, car la thyroïde régule le métabolisme des lipides [54].
Syndrome néphrotique : Cette maladie rénale provoque une perte importante de protéines
dans les urines, ce qui peut entraîner une augmentation des niveaux de cholestérol [55].
3. Conséquences pathologiques de l’hypercholestérolémie
a) Maladies cardiovasculaires
L'hypercholestérolémie, en particulier l'élévation du cholestérol LDL (lipoprotéines de
faible densité), est un contributeur majeur à l'athérosclérose, où des plaques se forment dans
les artères. Cette condition peut entraîner des événements cardiaques sévères, tels que des
infarctus du myocarde, des accidents vasculaires cérébraux (AVC), de l'angine de poitrine ou
encore une insuffisance cardiaque. Des études récentes ont démontré que la réduction du
cholestérol LDL par des traitements comme les statines diminue considérablement le risque
de ces événements cardiovasculaires. Une étude de 2024 a révélé que les statines réduisent de
25 à 40 % le risque de survenue de maladies cardiovasculaires majeures [56].
Montrer le lien entre l’hypercholestérolémie et les maladies
cardiovasculaires
b) Athérosclérose
Définition
L'athérosclérose est une maladie inflammatoire chronique des artères, caractérisée par
l’accumulation de lipides, de cellules inflammatoires et de tissu fibreux dans la paroi
artérielle, formant des plaques d’athérome. Cette pathologie est la principale cause des
maladies cardiovasculaires (infarctus du myocarde, AVC). [57]
Étapes clés du processus d’athérosclérose [58]
Lésion de l’endothélium
Provoquée par des facteurs de risque tels que l’hypercholestérolémie, HTA, tabac, diabète,
stress oxydatif. L’endothélium devient perméable aux LDL.
Infiltration des LDL
Les lipoprotéines LDL pénètrent la paroi vasculaire, s’oxydent (LDL-ox), et déclenchent une
réponse inflammatoire.
Recrutement des monocytes
Les monocytes adhèrent à l’endothélium, pénètrent l’intima et se différencient en
macrophages.
Formation des cellules spumeuses
Les macrophages captent les LDL-ox via les récepteurs-scavengers, deviennent des cellules
spumeuses formant la strie lipidique.
Prolifération cellulaire et fibrose
Les cellules musculaires lisses migrent et prolifèrent, sécrètent des protéines de la matrice
extracellulaire, formant un cap fibreux.
Complications possibles Rupture de la plaque ➔ formation de thrombus ➔ ischémie
(infarctus, AVC). Détaillé un peu plus à ce niveau
Figure 7: processus d’athérosclérose journal des femmes sante 22∕ 07∕ 2020
Complications De L’athérosclérose
Rupture de la plaque ➔ formation de thrombus ➔ ischémie (details)
……
Facteurs de risque majeurs[59]
Hypercholestérolémie (LDL élevé)
Hypertension artérielle
Diabète de type 2
Tabagisme
Obésité
Inactivité physique
Âge et antécédents familiaux
IV : PREVENTION ET TRAITEMENT DE L'HYPERCHOLESTEROLEMIE
1. Stratégies de Prévention de l'Hypercholestérolémie
La prévention de l'hypercholestérolémie est un pilier essentiel pour réduire la morbidité et la
mortalité liées aux MCV. Elle repose sur des interventions liées au mode de vie, qui peuvent
être mises en œuvre dès le plus jeune âge.
Régime Alimentaire Équilibré :
L'un des aspects les plus étudiés est l'impact de l'alimentation. Les recommandations actuelles
insistent sur la réduction de la consommation de graisses saturées et de graisses Trans, qui
augmentent le taux de cholestérol LDL ("mauvais" cholestérol) [60, 61]. Il est conseillé de
privilégier les graisses insaturées, comme celles que l'on trouve dans l'huile d'olive, les
avocats et les noix. Une alimentation riche en fibres, notamment les fibres solubles présentes
dans l'avoine, les légumineuses et les fruits, a démontré son efficacité dans la réduction du
mauvais cholestérol sanguin (LDL) [62].
Figure 8: pyramide alimentaire Copyright Food in Action 2011
Activité Physique Régulière :
La pratique régulière d'une activité physique est un facteur protecteur bien établi. L'exercice,
qu'il s'agisse de marche rapide, de course à pied, de natation ou de vélo, contribue à
augmenter le cholestérol HDL ("bon" cholestérol) et à améliorer la sensibilité à l'insuline, ce
qui a un effet bénéfique sur le profil lipidique global [63].
Maintien d'un Poids de Santé :
L'obésité est fortement corrélée à l'hypercholestérolémie. La perte de poids, même modeste,
chez les personnes en surpoids ou obèses, peut significativement améliorer les taux de
cholestérol, notamment en diminuant le cholestérol total et le cholestérol LDL [64].
Arrêt du Tabac :
Le tabagisme a un effet délétère sur le profil lipidique, en diminuant le cholestérol HDL et en
augmentant l'oxydation du cholestérol LDL, ce qui le rend plus athérogène. L'arrêt du tabac
est l'une des interventions les plus efficaces pour améliorer la santé cardiovasculaire [65].
2. Traitement de l'Hypercholestérolémie
Le traitement de l'hypercholestérolémie est adapté en fonction du profil de risque
cardiovasculaire du patient et des objectifs de cholestérol LDL cibles. Les traitements
médicamenteux sont souvent prescrits en complément des mesures liées au mode de vie.
Statines : Les statines sont la classe de médicaments de première ligne pour le traitement de
l'hypercholestérolémie. Elles agissent en inhibant l'HMG-CoA réductase, une enzyme clé
dans la synthèse du cholestérol. Des essais cliniques majeurs ont démontré leur capacité à
réduire significativement le risque d'événements cardiovasculaires, même chez les personnes
à risque modéré [66]. Le choix de la statine et de la dose dépendent du niveau de réduction du
cholestérol LDL nécessaire pour atteindre l'objectif thérapeutique [67].
Inhibiteurs de l'Absorption du Cholestérol (ex : Ézétimibe) : L'ézétimibe agit en bloquant
l'absorption du cholestérol dans l'intestin. Il est souvent utilisé en association avec une statine
lorsque les objectifs de cholestérol LDL ne sont pas atteints avec la statine seule [68].
Inhibiteurs de la PCSK9 : Ces médicaments, plus récents (évolocumab, alirocumab), sont
des anticorps monoclonaux qui ciblent la protéine PCSK9. En inhibant cette protéine, ils
augmentent le nombre de récepteurs LDL à la surface des cellules hépatiques, ce qui entraîne
une réduction très importante du cholestérol LDL. Ils sont réservés aux patients à très haut
risque cardiovasculaire qui n'atteignent pas leurs objectifs avec les statines et l'ézétimibe, ou
qui ne tolèrent pas les statines [69].
Fibrates : Les fibrates (ex : fénofibrate) sont principalement utilisés pour réduire les
triglycérides et dans une moindre mesure pour augmenter le cholestérol HDL. Ils sont
prescrits chez les patients présentant une hypertriglycéridémie sévère, souvent associée à une
résistance à l'insuline et au syndrome métabolique [70].