COURS DE COMPTABILITE ANALYTIQUE-4EME C.
ED. DN SAKANIA 2024
Chargé de cours : Nickson KYANO
comannick11@[Link]
Sommaire
I) Présentation de la comptabilité analytique.
1) Définition de la comptabilité analytique.
2) Différence entre la comptabilité analytique et la comptabilité financière.
3) Objectifs de la comptabilité analytique.
4) Intrants de la comptabilité analytique.
5) Les méthodes de la comptabilité analytique.
II) La valorisation des sorties de stocks.
1) Définition des stocks.
2) Les types de stock.
3) La comptabilité matière.
4) Les méthodes de valorisation des sorties de stocks.
III) Traitement des charges en comptabilité analytique.
1) Définitions.
2) La hiérarchie des coûts.
3) Le processus de calcul des coûts.
4) Les en-cours de production.
5) Les produits résiduels.
IV) Détermination des coûts intermédiaires et du coût de revient
1) Calcul du coût d’approvisionnement. 2) Calcul du coût de production.
3) Calcul du coût de revient.
Présentation de la comptabilité analytique
1) Définition de comptabilité analytique :
Technique qui consiste à analyser et à répartir les charges de la comptabilité financière afin de
calculer les coûts des produits, des services, d’un département ou d’une entreprise. Elle constitue, en
plus, un système d’information interne destiné à quantifier les flux internes et à contrôler les
consommations.
Elle s’attache à analyser les différentes étapes, les différents processus selon lesquels les ressources
dont l’entreprise s’est assuré la disposition ont été combinées et transformées avant d’être remises dans
le circuit de l’économie sous la forme de produits ou de services proposés à la clientèle.
En outre le système d’analyse une fois mis en place débouche sur la production périodique d’une
masse d’indicateurs chiffrés dont l’accumulation constitue un véritable outil d’aide à la planification et
à la préparation des décisions.
2) Différences entre la comptabilité analytique et la comptabilité financière :
Il existe une relation étroite entre comptabilité financière et comptabilité analytique, cette relation se
concrétise par le besoin de chacune des deux comptabilités.
Critères de comparaison Comptabilité financière Comptabilité analytique
1. Au regard de la loi Obligatoire et uniforme Facultative et diversifié
2. Vision de l’entreprise Globale Détaillée
3. Horizons temporel Passé Présent-Futur
4. Objectifs Financiers et juridiques Economiques et managériales
5. Nature de l’information Précise et Formelle Rapide et Pertinente
6. Utilisations Externe Interne
7. périodicité Annuelle Selon les besoins
Tableau 1 : Différences entre la comptabilité analytique et la comptabilité financière
3) Objectifs de la comptabilité analytique :
La comptabilité analytique a pour mission de concrétiser un certains nombres d’objectifs :
3.1) Calculer le coût de production :
Cet objectif constitue le premier historiquement fixé à la comptabilité analytique. Il permet :
- D’établir la stratégie commerciale à travers la fixation des prix de vente, l’établissement des
devis, etc ;
- De connaitre les économies d’échelle qu’entraîne l’augmentation de la production ;
- D’évaluer la position de l’entreprise vis-à-vis de la concurrence ;
- Enfin le calcul des coûts des produits fournit à la comptabilité financière les bases d’évaluation
de certains éléments d’actif (ex : en-cours de production).
3.2) La maitrise des coûts :
Cet objectif s’appuie sur la division de l’entreprise en centres d’analyse. Ce qui permet :
- D’établir des prévisions plus précises parce qu’élaborées au niveau même de l’engagement des
coûts ;
- D’apprécier séparément les politiques d’approvisionnement, de production, de marketing, etc ;
- D’isoler et de contrôler les coûts administratifs ;
- De mettre en place des programmes de réduction des coûts.
3.3) La préparation des décisions :
La comptabilité analytique moderne permet de répondre à des questions variées du type :
- Doit-on recourir à la sous-traitance pour telle opération ?
- Doit-on acquérir, prendre en location, ou en crédit-bail tel équipement ?
- Doit-on accepter de prendre une commande à telles conditions par le client ?
- En présence d’un goulet d’étranglement qui limite la capacité de production, quels sont les
produits à développer au détriment de quels autres produits ?
Bien entendu la préparation des décisions est par essence non répétitive, chaque problème étant
singulier soit par sa nature, soit par les circonstances particulières dans lesquelles il se pose. Il ne peut
donc être question de chiffres tous prêts. Chaque problème nécessite une analyse spécifique et le
recours au concept de coût le mieux approprié.
4) Intrants1 de la comptabilité analytique :
Comme tout système, la comptabilité analytique à besoin d’input pour fonctionner et concrétiser les
objectifs, cités plus haut : 4.1) Données de la comptabilité financière :
Les charges de la comptabilité financière qui mesurent les consommations de biens et de services
constituent la « matière première » de la comptabilité analytique.
Pour autant l’information comptable n’est pas admise dans le réseau d’analyse à l’état brut. Elle est
soumise à des retraitements qui visent à cerner de plus près les réalités économiques. Ces redressements
consistent dans les opérations suivantes :
- Exclusion des charges non incorporables ;
- Incorporation de charges supplétives ; -
Introduction de charges de substitution ;
- Abonnement de certaines charges.
4.2) Données spécifiques :
En plus de l’information comptable, la comptabilité analytique utilise des données spécifiques
constituées par diverses grandeurs physiques : quantités de matières consommées, nombre d’heures de
travail, temps de fonctionnement des machines, nombre d’unités fabriquées,…
Ces informations se caractérisent par leurs hétérogénéités et la diversité de leurs sources. C’est en
effet dans les magasins, les ateliers, les dépôts et les points de vente que peuvent être identifiés et
enregistrés les flux physiques de matières et les consommations de services.
Ce caractère universel implique une importante conséquence : contrairement à la comptabilité
générale qui peut fonctionner en vase clos, la comptabilité analytique exige l’implication et l’adhésion
de l’ensemble des salariés. 5) Les méthodes de la comptabilité analytique :
Selon les objectifs et les contraintes de gestion l’entreprise aura recours à des coûts complets ou des
coûts partiels.
5.1) Méthodes de calcul des coûts complets :
En système de coûts complets, toutes les charges introduites dans le réseau analytique sont
acheminées jusqu’aux coûts de revient.
Les charges directes ayant été affectées aux produits, les méthodes de calcul des coûts de revient
complets se proposent de répartir, entre les différents produits, les charges indirectes incorporées. On
distingue :
a) La méthode de l’imputation globale : Cette méthode fréquemment utilisée dans les petites
entreprises consiste à ventiler les charges indirectes :
- Au prorata du chiffre d’affaires ;
- Au prorata des charges directes ;
- Ou au prorata des heures de main-d’œuvre directe ou des heures-machine selon que la main-
d’œuvre ou la machine constitue le facteur de production prépondérant.
b) La méthode des centres de frais : Cette méthode consiste à :
1 Terme économique désignant les éléments entrants dans la production d’un bien.
- Ventiler les charges indirectes entre les principales fonctions de l’entreprise
(approvisionnement, production, distribution, administration) ;
- Choisir et calculer les coefficients d’imputation des charges indirectes, chaque subdivision des
charges indirectes donnant lieu à la détermination d’un coefficient qui sera particulier à la fonction
considérée et servira à la répartition des charges indirectes de ladite fonction entre les différents
produits.
c) La méthode des sections homogènes : La méthode des sections homogènes comporte les étapes
suivantes :
- Découpage de l’entreprise en centres d’analyse. Les centres d’analyse sont distingués en centres
principaux et centres auxiliaires ;
- Ventilation de l’ensemble des charges incorporées en charges directes et charges indirectes par
rapport aux produits ;
- Affectation des charges directes aux produits ;
- Imputation des charges indirectes entre les divers centres d’analyse.
- Traitement des cessions de prestations entre les centres d’analyse. - Imputation des
charges indirectes aux produits.
- Détermination des coûts et coûts de revient.
d) Méthode de l’imputation rationnelle : La méthode de l’imputation rationnelle a pour objet
d’aménager les coûts complets et d’en faire des indicateurs de gestion permettant de maîtriser les
conditions internes d’exploitation.
Cet objectif ne peut être réalisé qu’à la condition de rendre plus significatives les variations
constatées dans le coût des unités d’œuvre et des produits en éliminant l’incidence des variations
d’activité.
La méthode de l’imputation rationnelle consiste à n’imputer les charges de structure aux coûts
que dans la mesure réelle de l’utilisation des capacités et moyens disponibles. Les charges de
structure imputées sont déterminées en pondérant les charges réelles par le rapport activité réelle /
activité normale.
5.2) Méthodes de calcul des coûts partiels :
En système de coûts partiels, une partie seulement des charges introduites dans le réseau analytique
est acheminée jusqu’aux coûts de revient.
On distingue généralement deux méthodes de calcul des coûts partiels qui sont :
a) Méthode du coût variable : cette méthode est basée sur la distinction entre charges d’activité et
charges de structure. Le coût variable est constitué par les seules charges qui varient avec le
volume d’activité de l’entreprise. Les charges d’activité, qui peuvent être directes (matières
premières, main-d’œuvre directe) ou indirectes (énergie, matières consommables) sont affectées
aux comptes de coûts. Les charges de structure sont considérées comme des charges de période
et, à ce titre, imputées au compte de résultat analytique.
b) Méthode du coût direct : La méthode du coût direct consiste à :
- affecter aux produits et aux activités l’ensemble des charges directs, qu’ils soient variables ou
fixes ;
- à imputer les charges indirectes dont la répartition peut être fait sans ambiguïté sur des bases
rationnelles. Il s’agit des charges indirectes pour lesquelles il existe une bonne corrélation entre les
valeurs à répartir et le facteur de répartition ; celles-ci sont assimilables aux charges directes ;
- à considérer comme charges de période, donc à acheminer globalement vers le compte de
résultat analytique, les charges indirectes dont la répartition ne peut être faite que sur des bases
conventionnelles, toujours discutables et entachées d’arbitraire.
La comptabilité des matières - La valorisation des sorties de stocks
1) Définition des stocks :
Les stocks représentent les biens achetés, ou issus du cycle de production ; dans le but d’être vendus,
réparés, jetés ou utilisés par l’entreprise. (Matières premières, marchandises, produits finis, produits
semi-finis, produits encours de production, Produits "défectueux" ou obsolète devant être "mis à jour"
ou réparé, déchet, emballages)
Le stockage, ou entreposage, est l'action d’entreposer, c'est-à-dire de placer à un endroit identifié des
objets ou des matières dont on veut pouvoir disposer rapidement en cas de besoin.
Le stock permet de gérer les articles disponibles dans l'entreprise en vue de satisfaire les besoins à venir
à l'aide d'outils logistiques et d'un système d'information performant pour l'organisation.
Ces besoins seront à satisfaire au bon moment, dans les bonnes quantités et d'une manière permettant la
bonne utilisation du stock. Si l'on n'est pas capable de satisfaire un besoin à l'aide du stock
correspondant, on parle de rupture de stock.
Tout l'art de cette gestion est d'avoir suffisamment de stock pour répondre correctement aux besoins et
pas trop pour ne pas supporter les différents coûts du stock (coût d'acquisition, coût de stockage, coût
de dévalorisation, etc.).
2) La comptabilité matière (inventaire permanent) :
Il est évident qu’il ne peut y avoir de comptabilité analytique sans comptabilité matières, les matières
et fournitures consommées constituant une composante essentielle du coût des produits industriels.
La comptabilité matières se fixe pour but d’organiser un contrôle rigoureux des existants et des flux
physiques et d’assurer une traduction comptable correcte des mouvements de matières, elle recouvre les
domaines suivants :
- La saisie des flux physiques de matières des magasins (entrée
et sortie) ;
- Le calcul du coût des matières à l’entrée des stocks ; - La
valorisation des consommations des matières.
2.1) La saisie des flux physiques :
Deux fonctions assurent la mise à disposition des matières nécessaires au fonctionnement de
l’entreprise : l’approvisionnement et le magasinage.
2.2) Le calcul du coût d’entrée :
Le coût d’acquisition des matières est déterminé par l’addition du prix d’achat et des frais accessoires.
Les frais accessoires comprennent les frais accessoires d’achat (ex : transports, courtages,
commissions, ….) et les frais accessoires d’approvisionnement (préparation des achats, réception et
contrôle des achats, …).
2.3) La valorisation des consommations des matières :
Cette étape consiste à donner une valeur monétaire aux matières qui sortent des stocks, cependant
cette opération n’est pas aussi simple que ça. Car au premier regard on pourrait penser qu’il suffit de
valoriser une sortie de stocks à sa valeur d’entrée. Se pose alors la problématique liée à la gestion des
stocks : les matières reçues à des dates différentes et de fournisseurs différents, donc à des coûts
différents sont le plus souvent rigoureusement identiques et se fondent dans un stock uniforme. De
sorte que le coût réel d’une unité prélevée sur ce stock est parfaitement inconnu.
Et c’est dans l’optique de résoudre cette problématique que des méthodes de valorisation des sorties
de stocks sont apparus.
3) Les méthodes de valorisation des sorties de stocks :
La valorisation des sorties de stock nécessite donc le choix d’une méthode de gestion comptable des
inventaires permanents.
Parmi les techniques les plus courantes on peut citer :
4.1) La méthode du coût unitaire moyen pondéré (Cump) :
Elle consiste à calculer pour chaque nature de matières le coût moyen unitaire pondéré en divisant le
coût total des entrées successives par leur quantité totale et à appliquer ce coût ainsi déterminé aux
sorties de la période considérée.
Les deux principales variantes de cette méthode sont :
a) le coût moyen pondéré de la période calculé en une seule opération au dernier jour de la période.
Cette variante implique que la détermination de la valeur unitaire des sorties ne peut avoir lieu
qu’en fin de période.
b) Le coût moyen pondéré mobile recalculé après chaque nouvelle entrée.
4.2) La méthode du premier entré – premier sorti (Fifo) :
La méthode du premier entré – premier sorti (FIFO) qui considère que les matières entrées les
premières doivent sortir les premières et qui évalue donc les sorties au coût des entrées les plus
anciennes.
4.3) La méthode du dernier entré – dernier sorti (Lifo) :
La méthode du dernier entré – dernier sorti (LIFO) qui considère que les sorties doivent être
valorisées au coût des entrées les plus récentes.
Quelle que soit la méthode retenue, le travail strictement comptable consiste à :
- tenir un journal chronologique des sorties à partir des bons de sortie ; - et à mettre
à jour les fiches d’inventaire permanent. 4) Les types de stock :
Stock initial, Stock final, Stock minimal, Stock moyen, … SI + E = SF
+S:
stock Stock initial Entrées Sorties Stock final
- Marchandises Stock initial Achats Ventes Stock final
- Matières premières Stock initial Achats utilisations Stock final
- Produits semi-finis Stock initial productions utilisations Stock final
- Produits finis Stock initial productions Ventes Stock final
- ??? Stock initial Achats Ventes Stock final
Achats de Stockage de Ventes de
marchandises marchandises marchandises
Traitement des charges en comptabilité analytique
(Selon la méthode des sections homogènes)
1) Définition(s) :
Centre d’analyse (les sections) : Correspond à une division de l'unité comptable dans laquelle
seront analysés des éléments de charges indirectes avant leur imputation aux coûts des produits
intéressés (centre d’analyse principal et centre d’analyse auxiliaire).
Charges directes et charges indirectes : On appelle charge directe une charge qui est spécifique à
une seule destination (un seul produit, un seul centre de coût, ….) et indirecte une charge commune à
plusieurs niveaux d’analyse.
Traitement des charges : les charges doivent subirent un certain nombre de traitement que sont :
- la ventilation : séparation entre charge directe et charge indirecte ;
- le reclassement : reclasser par destination les charges qui été classée par nature ;
- L’affectation : l’opération de transfert qui consiste à rattacher, sans arbitraire et sans calcul
intermédiaire, une charge directe à un niveau d’analyse déterminé ; - L’imputation : le
rattachement d’une charge indirecte à un objet de coût.
Un objet de coût est tout élément pour lequel une mesure séparée du coût est jugée utile (un produit,
un service, un client, une marque, un département, etc).
2) La hiérarchie des coûts :
La hiérarchie des coûts dépend essentiellement de la nature d’activité de l’entreprise et de son cycle
d’exploitation.
2.1) Cycle d’exploitation dans une entreprise commerciale :
a) Coût d’acquisition = prix d’achat + frais accessoires d’acquisition + charges indirectes.
(Frais accessoires d’achat : transports, courtages, commissions, … / frais accessoires
d’approvisionnement : préparation des commandes, réception et contrôle des achats, …)
b) Coût de revient = coût d’acquisition + frais de distribution + charges indirectes.
Achats Stockage (Frais Production de de Prestation
d’approvisionnem d’approvisionnement service de
ent (servuction) service
Achats Stockage Productio Stockage Ventes de
de de n de de produits
finis
matières matières produits produits
premières premières finis finis distribution : transport,
publicité, démarchage, …).
2.2) Cycle d’exploitation dans une entreprise industrielle :
a) Coût d’acquisition = prix d’achat + frais accessoires d’acquisition + charges indirectes.
(Frais accessoires d’achat : transports, courtages, commissions, … / frais accessoires
d’approvisionnement : préparation des commandes, réception et contrôle des achats, …)
b) Coût de production = coût d’acquisition + frais de production + charges indirectes.
c) Coût de revient = coût de production + frais de distribution + charges indirectes. (Frais de
distribution : transport, publicité, démarchage, …).
Il est à noter qu’il peut y avoir plusieurs étapes dans le calcul du coût de production, selon la
nature du produit : coût de production des produits semi-finis.
2.3) Cycle d’exploitation dans une entreprise de service :
a) Coût d’acquisition = prix d’achat + frais accessoires d’acquisition + charges indirectes.
(Frais accessoires d’achat : transports, courtages, commissions, … / frais accessoires
d’approvisionnement : préparation des commandes, réception et contrôle des achats, …)
b) Coût de production = frais de production + charges indirectes.
c) Coût de revient = coût de production + frais de prestation + charges indirectes. (Frais de
prestation : publicité, démarchage, …).
3) Le processus de calcul des coûts :
La méthode des sections homogènes comporte les étapes suivantes :
3.1) Le découpage de l’entreprise en centres d’analyse :
Dans l’optique de calcul des coûts de revient, les centres d’analyse, doivent être caractérisés par la
similitude des moyens (hommes, machines) qu’ils regroupent et des prestations qu’ils fournissent. C’est
ce caractère d’homogénéité qui garantit la précision de l’imputation des charges indirectes des centres
d’analyse. Il existe deux types de centre d’analyse : centre d’analyse principal et centre d’analyse
auxiliaire.
Les centres de calcul ne sont pas seulement utiles pour le calcul des coûts, ils le sont également pour
la mise en cause de responsabilités dans l’évolution des charges.
3.2) Le retraitement de l’information comptable :
Pour la réalisation des objectifs qui lui sont assignés, la comptabilité analytique effectue sur
l’information comptable introduite dans le réseau d’analyse un certain nombre de traitements qui vise à
l’approcher de la réalité économique : a) L’exclusion des charges non incorporables :
Sont qualifiées de charges non incorporables les éléments qui bien que contribuant à la détermination
du résultat ne correspondent pas vraiment aux conditions normales de fonctionnement et de réalisation
de l’objet de l’entreprise :
- les charges concernant des exercices antérieurs ; - les
charges exceptionnelles ;
- l’impôt sur le bénéfice des sociétés.
b) L’incorporation de charges supplétives :
Les charges supplétives sont des charges fictives non enregistrées en comptabilité financière,
introduites dans le réseau analytique lorsqu’on se propose de calculer des coûts indépendants du mode
de financement et du régime juridique de l’entreprise. Les plus usuelles de ces charges supplétives
sont :
- la rémunération normale du travail du chef d’entreprise ; - la
rémunération conventionnelle des capitaux propres.
c) L’introduction de charges de substitution :
L’introduction de charges de substitution dans le circuit de la comptabilité analytique participe de la
volonté de l’entreprise de donner aux calculs analytiques une plus grande valeur économique. Ainsi
l’on peut décider de remplacer dans les calculs analytiques :
- les amortissements par les charges d’usage ou amortissements économiques.
d) L’abonnement de certaines charges :
Cette opération vise l’adaptation de la périodicité des charges à la fréquence des calculs analytiques.
Elle consiste dans le partage de celles-ci en fractions égales correspondant à la fréquence des calculs.
3.3) La ventilation des charges :
C’est la séparation des charges incorporées en charges directes et charges indirectes.
On appelle charge directe une charge qui est spécifique à une seule destination (un seul produit, un seul
centre de coût, ….) et indirecte une charge commune à plusieurs niveaux d’analyse.
3.4) L’affectation des charges directes :
Quand l’objectif de l’analyse est limité au calcul des coûts de revient, les charges directes n’ont plus
raison de transiter par les centres, elles sont directement acheminées vers les comptes de coûts
concernés.
On désigne par « affectation » l’opération de transfert qui consiste à rattacher, sans arbitraire et sans
calcul intermédiaire, une charge directe à un niveau d’analyse déterminé. Cette opération relève d’une
simple constatation et ne dépend que de la bonne saisie de l’information.
3.5) L’imputation des charges indirectes :
L’imputation des charges indirectes implique un traitement préalable plus ou moins arbitraire et aussi
une série de traitements impliquant généralement leur transit dans des centres d’analyse.
Ces éléments de charges doivent pouvoir être rapportés à une unité commune dite
« unité d’œuvre », car, au terme des opérations d’analyse, c’est cette unité d’œuvre qui permettra de
mesurer la part de frais de chaque centre qui se rapporte effectivement au coût de tel ou tel niveau
d’analyse.
En l’absence d’une unité d’œuvre, la répartition est réalisée au moyen d’un « taux de frais » calculé
en fonction d’une assiette conventionnelle exprimée en valeur. Cette opération comporte trois étapes :
4.1) La répartition primaire : reclassement des charges indirectes par destination :
Classées par nature en comptabilité générale les charges doivent être reclassées par destination (centre
d’analyse).
4.2) La répartition secondaire : traitement des cessions de prestations entre les centres
d’analyses :
Cette étape consiste dans le déversement des coûts des centres auxiliaires dans les centres principaux.
Cette étape comporte également la résolution du problème lié aux prestations réciproques entre centres
auxiliaires. Ce problème peut se résoudre de plusieurs façons :
- Annulation pure et simple des prestations réciproques. Cette solution peut se justifier lorsque les
montants en jeu ne sont pas significatifs ;
- Itérations successives. Cette méthode est lourde et d’une application laborieuse quand les
sections auxiliaires sont nombreuses ;
- Résolution algébrique. Cette méthode consiste à établir et à résoudre un système de n équations
à n inconnues, « n » étant le nombre de centres impliqués dans les transferts croisés.
4.3) Imputation des charges indirectes aux produits :
Cette étape consiste dans l’allocation du coût des centres principaux aux coûts des produits en
fonction des unités d’œuvre utilisées. Cette étape nécessite la détermination d’une unité d’œuvre pour
les centres considérés.
Le choix d’une unité d’œuvre suppose une observation attentive de cette activité et exigera
éventuellement une analyse de corrélation entre les variations du coût variable du centre et les
variations des unités d’œuvre pressenties (l’heure de main-d’œuvre, l’heure machine, l’unité de
produit). Lorsqu’il sera difficile voire impossible de rapporter le coût du centre d’analyse à une unité
physique, on retiendra une unité monétaire permettant de répartir le coût entre les différents produits
concernés.
Le coût de l’unité d’œuvre est obtenu en divisant le total des charges indirectes imputées au centre par
le nombre d’unités d’œuvre.
Détermination des coûts intermédiaires et du coût de revient
1) Le tableau de calcul du coût d’approvisionnement :
A l’aide du tableau qui suit, on va calculer le coût d’approvisionnement des achats (matières
premières, marchandises, etc) de l’entreprise, en incorporant :
- Le prix d’achat mentionné sur la facture ;
- Les "autres" charges directes d’approvisionnement ;
- Les charges indirectes d’approvisionnement, qui seront directement prélevées du tableau de
répartition des charges indirectes.
Il est important de signaler que lorsqu’il existe des stocks précédant, et que la méthode de
valorisation des sorties de stock est la méthode du "CMUP", il est nécessaire de calculer le coût global
lors de chaque achat.
Produit 1 Produit 2 ...
Libellé
Prix Prix
Quantité Montant Quantité Montant ...
unitaire unitaire
Prix d’achat :
Charges directes : ...
Charges indirectes :
Coût de la période ...
Stock initial : ...
Coût global ...
2) Le tableau de calcul du coût de production :
A l’aide du tableau qui suit, on va calculer le coût de production des produits (produits finis, produits
semi-finis, etc) de l’entreprise, en incorporant :
- Le coût d’approvisionnement des matières premières utilisées ;
- Les "autres" charges directes de production (heures machines, main-d’œuvre) ;
- Les charges indirectes de production, qui seront directement prélevées du tableau de répartition
des charges indirectes.
Il est important de signaler que lorsqu’il existe des stocks précédant, et que la méthode de
valorisation des sorties de stock est la méthode du "CMUP", il est nécessaire de calculer le coût global
lors de chaque achat.
Produit 1 Produit 2 ...
Libellé
Prix Prix
Quantité Montant Quantité Montant ...
unitaire unitaire
3)
Prix d’achat : Le
Charges directes : ...
Charges indirectes :
Coût de la période ...
Stock initial : ...
Coût global ...
tableau de calcul du coût de revient :
A l’aide du tableau qui suit, on va calculer le coût de revient des ventes (produits finis, produits
semi-finis, marchandises, etc) de l’entreprise, en incorporant :
- Le coût de production des produits vendus ou le coût d’approvisionnement des matières premières
utilisées
- Les "autres" charges directes de distribution ;
- les charges indirectes de distribution, qui seront directement prélevées du tableau de répartition
des charges indirectes.
Université Mouloud Mammeri de Tizi-Ouzou.
Produit 1 Produit 2 ...
Libellé
Prix Prix
Quantité Montant Quantité Montant ...
unitaire unitaire
Prix d’achat :
Charges directes : ...
Charges indirectes :
Coût de la période ...
Stock initial : ...
Coût global ...
Faculté Des sces Economiques, Des Sces De Gestion Et Commerciales.
Département Des Sces
Commerciales. Année LMD
Module : Comptabilité Analytique.
TD N°01 : Méthodes d’écoulement des stocks
Exercice 1 :
Les données suivantes proviennent des registres de mouvements de stocks du mois d’avril, concernant
l’article A :
• Au Avril, le stock initial de ??? unités à 20 DA l’unité ;
• 05/04 : entrée en stock de 120 unités à 17,12 DA l’unité ;
• 08/04 : sortie de stock de 140 unités ;
• 14/04 : entrée en stock de 40 unités à 14,19 DA l’unité ;
• 17/04 : entrée en stock de 30 unités à 19,06 DA l’unité ;
• 18/04 : sortie de stock de 200 unités ;
• 24/04 : entrée en stock de 150 unités à 17,42 DA l’unité ; • 31/04 : sortie de stock de 160
unités ;
• Stock final de 40 unités.
T.A.F : Etablir la fiche de stock en quantités et en valeurs pour l’article A en utilisant la méthode du
CMUP (Cout Unitaire Moyen Pondéré).
Exercice 2 :
Durant la 1ère quinzaine du mois de novembre 2014, l’unité industrielle « Mode Vet » a connu les
mouvements des stocks de la matière première M suivants :
• Au Novembre, le stock étais de 500 Kgs à 40 DA le Kg ;
• Le 5/11 : Entrée de stock de 1000 Kgs à 45 DA le Kg ;
• Le 07/11 : Sortie des stocks de 600 Kgs ;
• Le 09/11 : Sortie des stocks de 700 Kgs ;
• Le 10/11 : Entrée de stock de 1200Kgs à 42 DA le Kg ;
• Le 12/11 : Sortie des stocks de 750 Kgs ;
• Le 13/11 : Pour des raisons techniques, 300 Kgs des matières sorties le 07/11 sont retournés au
magasin ;
• Le 14/11 : Sortie des stocks de 600 Kgs ;
T.A.F : Etablir la fiche de stock en quantités et en valeurs pour la matière M en utilisant :
1. La méthode de FIFO (First In, First Out); 2.
La méthode de LIFO (Last In, First Out).
Corrigé du TD No 01 A
• Exercice 1 :
La méthode du CMUP :
SI + E = SF + S
En quantité : SI + (120 + 40 + 30 + 150) = 40 + (140 + 200 + 160)
SI + 340 = 540
SI = 540-340
SI = 200* unités de l’article A
Libell Entrée Sortie Stocks
Date
é Q Pu V Q Pu V Q Pu V
200 20,0
01-avr SI 4000
* 0
Entré 12 17,1 2054, 18,9 6054,
05-avr 320
e 0 2 4 2 4
14 18,9 2648, 18,9 3405,
08-avr Sortie 180
0 2 8 2 6
Entré 14,1 18,0 3973,
14-avr 40 567,6 220
e 9 6 2
Entré 19,0 18,1
17-avr 30 571,8 250 4545
e 6 8
20 18,1 18,1
18-avr Sortie 3636 50 909
0 8 8
Entré 15 17,4 17,6
24-avr 2613 200 3522
e 0 2 1
31/04/201 16 17,6 2817, 17,6
Sortie 40 704,4
5 0 1 6 1
• Exercice 2 :
1- La méthode FIFO :
Libell Entrée Sortie Stocks
Date
é Q Pu V Q Pu V Q Pu V
01- nov SI 500 40 20000
500 40 20000
05- nov Entrée 1000 45 45000
1000 45 45000
500 40 20000
07- nov Sortie 100 45 900 45 40500
4500
09- nov Sortie 700 45 31500 200 45 9000
200 45 9000
10- nov Entrée 1200 42 50400
1200 42 50400
200 45 9000
12- nov Sortie 650 42 27300
550 42 23100
13- nov 200 40 8000
100 45 4500
Entrée 100 45 4500
(R) 200 40 8000
650 42 27300
200 40 8000
14- nov Sortie 100 45 4500 350 42 14700
300 42 12600
2- La méthode LIFO :
Sorti
Entrée Stocks
Date Libellé e
Q Pu V Q Pu V Q Pu V
01- nov SI 500 40 20000
500 40 20000
05- nov Entrée 1000 45 45000
1000 45 45000
500 40 20000
07- nov Sortie 600 45 27000
400 45 18000
400 45 18000
09- nov Sortie 200 40 8000
300 40 12000
200 40 8000
10- nov Entrée 1200 42 50400
1200 42 50400
200 40 8000
12- nov Sortie 750 42 31500
450 42 18900
13- nov 200 40 8000
Entrée 300 45 13500 300 45 13500
(R) 450 42 18900
450 42 18900 200 40 8000
14- nov Sortie 150 45 6750 150 45 6750