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Support de Formation RFLD Protocole de Maputo

Le document présente le projet 'Initiative Tous pour le Protocole de Maputo' du Réseau des Femmes Leaders pour le Développement (RFLD), visant à promouvoir la participation des femmes dans le processus politique au Bénin. Il souligne les inégalités de genre persistantes et les défis auxquels les femmes sont confrontées, tout en remerciant les partenaires financiers et techniques impliqués. Le projet se concentre sur la sensibilisation et la mise en œuvre du Protocole de Maputo pour améliorer les droits des femmes et leur participation dans les décisions politiques.

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Support de Formation RFLD Protocole de Maputo

Le document présente le projet 'Initiative Tous pour le Protocole de Maputo' du Réseau des Femmes Leaders pour le Développement (RFLD), visant à promouvoir la participation des femmes dans le processus politique au Bénin. Il souligne les inégalités de genre persistantes et les défis auxquels les femmes sont confrontées, tout en remerciant les partenaires financiers et techniques impliqués. Le projet se concentre sur la sensibilisation et la mise en œuvre du Protocole de Maputo pour améliorer les droits des femmes et leur participation dans les décisions politiques.

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Ce document a été conçu et réalisé par le Réseau des Femmes Leaders

pour le Développement (RFLD).

Encourager une participation des femmes au processus politique et à la


prise de décision à travers la démocratie participative et la réduction des
inégalités au Bénin : c’est ici l’objectif poursuivi par le Réseau des Femmes
Leaders pour le développement (RFLD) à travers la mise en œuvre de ce
projet intitulé : « Initiative Tous pour le Protocole de Maputo ».

Un projet financé par l’Agence Suédoise de Coopération Internationale


pour le Développement (SIDA) à travers EQUALITY NOW.

2
BIOGRAPHIE DES
FORMATEURS/RICES

Epiphane E. Kadoukpè ODUNLAMI


Il est Titulaire d'une licence en comptabilité gestion.
Il est Président du conseil d'administration de l'ONG
JESPD Bénin. Il est Coordonnateur Ouémé de l'Organe
Consultatif de la Jeunesse (OCJ).

Florence ENIAYEHOU
Consultante indépendante, elle est titulaire d'une maîtrise
en Sciences Politiques et Relations Internationales de
l'Université d'Abomey-Calavi (UAC) au Bénin puis d'un
Master en Genre et Consolidation de la Paix de l'Université
Cheikh Anta Diop au Sénégal (UCAD). Florence est également
certifiée des Centres d'excellence de Maintien de la Paix de la
CEDEAO et des Nations Unies.

Séwa Kodjo da SILVEIRA


Administrateur de projet, il est titulaire d’un master en
administration et gestion de projet puis d’une maitrise en
psychologie.

Estelle ADJIBI
Elle est la Secrétaire Générale du Réseau des Femmes
Leaders pour le Développement (RFLD)

3
MOTS DE LA
PRESIDENTE
DU RFLD

L
es inégalités entre les sexes profon- Protocole de Maputo, seuls neuf États
dément enracinées au Bénin em- membres ont soumis des rapports de
pêchent des millions de femmes mise en œuvre.
et de filles de faire des choix et de
prendre le contrôle de leur propre vie. Les femmes Béninoises sont confron-
Les causes profondes comprennent le tées à des défis particulièrement im-
manque de connaissances et les ca- portants, luttant à la fois contre les
pacités limitées des femmes à reven- inégalités entre les sexes et soumises à
diquer leurs droits et l’exclusion des une discrimination et à des désavan-
femmes d’une participation significa- tages sexospécifiques. Elles souffrent
tive aux espaces de prise de décision. également des opportunités limitées
offertes aux jeunes. Il est évident que
La marginalisation sociale et politique les jeunes femmes et filles se trouvent
des femmes est encore exacerbée à la croisée des chemins des défis et
par la violence sexiste, les pratiques portent le fardeau le plus lourd du dé-
traditionnelles néfastes et les femmes veloppement et sont confrontés aux
ont une indépendance économique plus grands défis du monde.
limitée. Treize (13) États n’ont toujours
pas ratifié cet instrument depuis son
adoption en 2003. D’autre part, sur
les 42 États membres ayant ratifié le

4
Malgré la supériorité numérique des femmes au sein de la population de la
population Béninoise soit environ 52% (RGPH4), elles peinent encore à trouver
leur marque au sein de la classe politique nationale. Entre 1990 et 2003, seuls
six partis politiques sont présidés par des femmes avec une présence minori-
taire ayant évolué de 14% à 25% dans les bureaux de partis. De 2006 à 2010,
le Bénin a connu une inflation dans la création de partis politiques mais une
fois encore, l’instrumentalisation du genre se fait fortement ressentir avec une
très faible présence des femmes au niveau des instances de prise de déci-
sion. La volonté politique au haut niveau de l’Etat améliore un tant soit peu la
présence des femmes au plan exécutif mais ne saurait permettre un meilleur
positionnement de celles-ci aux postes électifs. Elles sont le plus souvent mal
positionnées avec des schémas politiques qui les éjectent in fine de la classe
élue.
Pour ainsi dire, aucune femme n’a été encore présidente de la République
au Bénin et très peu d’entre elles siègent au parlement avec un pourcentage
n’ayant jamais atteint les 10% sur les huit législatures qu’a connu le Bénin de-
puis l’avènement du Renouveau Démocratique.

Notre projet vise à réduire les inégalités et disséminer le protocole de MAPU-


TO pour une large application dans les villes, communes, villages et départe-
ments du Bénin. Les bénéficiaires finaux seront les femmes du Bénin. Les OSC,
les jeunes et les groupes de femmes qui seront identifiés sont ceux qui se si-
tuent clairement à l’intersection du plaidoyer.

Nous passons par ce canal pour remercier la Coalition SOAWR et EQUALITY


NOW pour le soutien technique à ce projet. Les remerciements vont à l’en-
droit du partenaire financier l’Agence Suédoise de Développement et de
Coopération Internationale (SIDA).

AGUEH Dossi Sekonnou Gloria


Présidente du Réseau des Femmes Leaders pour le
Développement (RFLD)

ADRESSE DU RFLD
Quartier Hounsa (Porto Novo), La Von Après la Pharmacie de Hounsa – Immeuble Carrelé
Tel : 002229 62537480 – 00229 67436454 – Email : [email protected]
www.rflgd.org – www.facebook.com/rfldorg -- www.twitter.com/rfldorg

5
PRESENTATION
DU RFLD

6
RFLD
Le Réseau des Femmes Leaders pour Dans le passé, nous avons organisé
le Développement (RFLD) a pour mis- plusieurs renforcements de capaci-
sion de renforcer les capacités des po- tés sur l’utilisation des procédures
pulations à travers des programmes internationales relatives aux droits
de sensibilisation, formation et édu- de l’homme pour la promotion et la
cation, et un plaidoyer efficace à l’aide protection des droits des femmes
des technologies de communication. en Afrique. RFLD mène également
RFLD est une organisation à but non des recherches sur un large éventail
lucratif dont la vision est de bâtir une de questions relatives aux femmes.
coopération de partenariat effectif de Les formations organisées dans le
développement à travers l’implication cadre de ce programme fournissent
des acteurs étatiques et non étatiques aux participants plus de connais-
pour promouvoir et protéger les droits sances et de compétences en ma-
des jeunes et femmes, et garantir une tière de promotion et de protection
participation dans les sphères de dé- des droits des femmes en utilisant
cisions. les systèmes de droits humains afri-
cains et internationaux pour agir en
cas de violation des droits humains.
Dans le cadre de ces programmes,
RFLD mène diverses activités, no-
tamment la formation et la re-
cherche en collaboration avec
d’autres parties prenantes sur dif- RFLD met l’accent sur la création
férentes questions en utilisant la d’un fort mouvement des droits de
bonne approche. Le Réseau est l’homme en Afrique en créant des
membre de nombreux réseaux et réseaux sur les thématiques des
coalitions en Afrique et au-delà droits de l’homme ainsi qu’en créant
qui se concentrent sur l’égalité des des points focaux régionaux pour la
sexes. mise en œuvre des activités du Ré-
seau sur le continent.

7
PRESENTATION DES
PARTENAIRES
DU PROJET

8
LES PARTENAIRES DU PROJET
L’agence suédoise de développement et de coopé-
ration Internationale (SIDA) est une agence gouver-
nementale qui travaille au nom du parlement et du
gouvernement suédois, avec pour mission de réduire
la pauvreté dans le monde. L’Agence met en œuvre
la politique de développement suédoise qui vise à
permettre aux personnes vivant dans la pauvreté
d’améliorer leurs conditions de vie.

se consacrent à la protection et la
promotion des droits des femmes
africaines. La Coalition SOAWR tra-
vaille pour s’assurer que le Proto-
cole à la Charte africaine relatif aux
droits des femmes en Afrique reste
à l’ordre du jour des décideurs po-
litiques et pour exhorter tous les
A propos de la Coalition SOAWR Le Mou- dirigeants africains à protéger les
vement de Solidarité pour les droits des droits des femmes à travers la ra-
femmes en Afrique (SOAWR) est une Coali- tification et la mise en œuvre du
tion d’organisations de la société civile qui Protocol.

Equality Now, dont le bureau afri-


cain sert de secrétariat à la coali-
tion SOAWR, est une organisation
internationale de défense des
droits de l’homme qui s’efforce de
créer une société juste et équi- les filles, en particulier celles issues de mi-
table pour les femmes et les filles lieux vulnérables et marginalisés. Equality
du monde entier. Le travail d’Equa- Now s’efforce de tenir les gouvernements
lity Now se concentre sur la lutte responsables de l’élimination des inégalités
contre les formes systémiques, juridiques, du trafic sexuel, de la violence
multiples et croisées de discrimi- sexuelle et des pratiques néfastes telles que
nation et d’inégalités qui conti- les mutilations génitales féminines (MGF) et
nuent de toucher les femmes et le «mariage des enfants».
9
PROTOCOLE DE
MAPUTO

10
les hommes dans le développement
INTRODUCTION de leurs communautés. Il impose
aux États membres de l'Union
africaine une obligation morale de
Le Protocole à la Charte africaine des promouvoir l'égalité des chances
droits de l’homme et des peuples pour les hommes et les femmes de
relatif aux droits de la femme en jouer des rôles significatifs dans la
Afrique (Protocole de Maputo) reste société. Le Protocole de Maputo est en
l’un des instruments juridiques les plus effet une démonstration de la bonne
progressistes fournissant un ensemble volonté et de l'engagement total des
complet de droits fondamentaux aux États membres de l'Union africaine
femmes africaines. À la différence de à investir dans le développement et
tout autre instrument des droits de l'autonomisation des femmes, qui
l’homme des femmes, il détaille les représentent la population majoritaire
droits fondamentaux des femmes, dans la plupart des pays africains.
vastes et substantiels, couvrant
l’ensemble du spectre des droits civils Grâce à cet instrument progressiste,
et politiques, économiques, sociaux et l’Afrique a été témoin de l’adoption
culturels ainsi qu’environnementaux. de lois, de politiques et d’autres
mécanismes institutionnels tout aussi
Depuis son adoption, le Protocole novateurs au niveau national pour faire
de Maputo a contribué à changer la progresser les droits fondamentaux
trajectoire de la promotion et de la des femmes. Par exemple, selon un
protection des droits fondamentaux rapport du Rapporteur spécial de
des femmes en Afrique. Dans un l'Union africaine sur les droits de la
premier temps, il remet en question femme en Afrique, le Bénin a adopté
les vieux stéréotypes sur le rôle des un code de la famille sur l'égalité
femmes dans la société et place les des sexes qui interdit la polygamie et
femmes comme des partenaires à
part entière, efficaces et égaux avec

11
donne aux enfants un accès égal aux droits
quel que soit leur statut. De nombreux États
membres de l'Union africaine ont mis en place
des mécanismes nationaux spéciaux pour
promouvoir et protéger les droits des femmes.
En plus des commissions des droits de l'homme,
qui sont traditionnellement considérées
comme des mécanismes nationaux des
droits de l'homme, il existe des commissions
spécifiques pour l'égalité des sexes ou l'égalité
des chances spécifiquement dédiées aux droits
des femmes.

Le Protocole de Maputo sur les droits en matière de protection contre les


des femmes est un traité régional pratiques préjudiciables ; les droits
africain affirmant le droit des femmes dans le mariage, qui comprennent le
d’exercer leur autodétermination droit à la propriété et la garde et la
et leur autonomie corporelle sans tutelle des enfants ; protection contre
discrimination, coercition et violence. les mariages d'enfants, précoces et
Le Protocole s'inspire explicitement forcés ; le droit à la paix ; les droits
et implicitement du droit international en matière de reproduction et de
des droits de l'homme des Nations santé ; et le droit d'être protégé
Unies (ONU) et des orientations contre l'infection à VIH. Le Protocole
faisant autorité et le contextualise comprend également des dispositions
aux femmes en Afrique. Par exemple, spécifiques sur la protection des droits
les articles du Protocole énoncent les des femmes handicapées.
obligations des États, entre autres,
12
Depuis l’adoption du Protocole de
Maputo, de grands progrès ont été
accomplis dans la réalisation des droits place des mesures et une législation
des femmes en Afrique. Par exemple, internes compatibles avec leurs
la participation des femmes aux obligations et devoirs.
législatures africaines dépasse celle de
nombreux pays développés. Un autre Le protocole lui-même a été adopté
domaine d'impact spécifique est dans afin de pallier aux lacunes observées
le contexte des organes conventionnels dans la charte quant aux droits de la
des Nations Unies relatifs aux femme par la 2ème session ordinaire
droits de l'homme, en particulier de la Conférence de l’Union Africaine à
sur la publication d'orientations Maputo (Mozambique), le 11 juillet 2003.
interprétatives faisant autorité dans les Sans risque de se tromper, on peut dire
domaines où les droits de l'homme ne qu’il est la résultante de la conférence
sont pas protégés au niveau mondial. mondiale de Beijing sur la femme. Cette
Par exemple, des pratiques néfastes dernière qui a réuni plus de 30.000
telles que les mutilations génitales participants et 17000 activistes venant
féminines et le mariage des enfants, qui des quatre coins du monde avec 189
ont des références spécifiques dans le représentants de gouvernements mais
Protocole de Maputo, ont également aussi des résultats de la Conférence
été reprises par les organes de traités des chefs d'État et de gouvernement
internationaux, y compris les comités de l’Organisation de l’Unité Africaine,
des Nations Unies sur l'élimination de réunie en sa trente-et-unième session
la discrimination à l'égard des femmes ordinaire à Addis-Abeba (Éthiopie)
et des droits de l'enfant. deux mois plutôt juin 1995, a entériné,
par sa résolution AHG/Res.240(XXXI).
En devenant parties au Protocole de
Maputo, les États membres ayant ratifié

Protocole
ont assumé des obligations et des

de Maputo
devoirs en vertu du droit international
de respecter, protéger et réaliser les
droits de l'homme. Par la ratification,
ces États se sont engagés à mettre en

13
A PROPOS DES FORMATIONS
Les formations visent à disséminer le des droits de l’homme et les institu-
protocole de MAPUTO pour une large tions judiciaires, les médias, les univer-
application dans les villes, communes, sitaires, les instituts de recherche, les
villages et départements du Bénin. organes de l’État (ministères, tribunaux
et parlement) et les mairies.
Deux Cent (200) Femmes bénéficieront
des formations. Le projet ciblera les or- Les bénéficiaires finaux seront les
ganisations de la société civile, y com- femmes du Bénin. Les OSC, les jeunes
pris les organisations de jeunesse, les et les groupes de femmes qui seront
organisations et mouvements de dé- identifiés sont ceux qui se situent clai-
fense des droits humains des femmes, rement à l’intersection du plaidoyer.
les institutions nationales de défense

OBJECTIFS SPÉCIFIQUES
Objectif Il s’agit de :
• accroître l’inclusion, la participation,
L’objectif général du projet est de le leadership et les partenariats des
personnes handicapées, des jeunes,
disséminer le Protocole de Maputo
et des femmes dans le processus dé-
dans toutes les régions du Bénin mocratique ;
par le plaidoyer, la participation
et l’inclusion dans le processus • outiller les bénéficiaires sur le pro-
démocratique. tocole de Maputo et les encourager à
multiplier les actions pour intégrer les
sphères de décisions ;

• Renforcer les capacités de la socié-


té civile Béninoise à responsabiliser
le gouvernement et à faire progresser
l’égalité des sexes.

14
PRE-TEST

TOUS
POUR LE
PROTOCOLE
DE MAPUTO

15
Questions
1- Qu’est-ce qu’un Protocole ?
R : ……………………………………………………………………………………………...................................................................

2- Qu’est-ce que le protocole de Maputo ?


R : ……………………………………………………………………………………………...................................................................

3- De quand date-t-il ?
R : ……………………………………………………………………………………………...................................................................

4- Quelles sont les parties prenantes ?


R : ……………………………………………………………………………………………...................................................................

5- Qui sont les cibles (bénéficiaires) ?


R : ……………………………………………………………………………………………...................................................................

6- Pourquoi le protocole de Maputo ?


R : ……………………………………………………………………………………………...................................................................

7- Quelle est la nature juridique du protocole de Maputo ?


R : ……………………………………………………………………………………………...................................................................

8- De quoi parle le protocole ?


R : ……………………………………………………………………………………………...................................................................

9- Quels sont les droits évoqués dans le protocole de Maputo (citez quelques-uns) ?
R : ……………………………………………………………………………………………...................................................................

10- Quelles précautions les Etats doivent-ils prendre pour la mise en application des
dispositions du protocole ?
R : ……………………………………………………………………………………………...................................................................

11- Que pensez-vous faire pour influencer l’application réelle de ce protocole ?


R : ……………………………………………………………………………………………...................................................................

12- Qu’est-ce qu’un plaidoyer ?


R : ……………………………………………………………………………………………..................................................................
16
17
18
19
20
21
22
23
24
TOUS
POUR LE
PROTOCOLE
DE MAPUTO

25
PLAN DE
PRESENTATION
Pré-Test
Introduction

Comprendre le Protocole de Maputo

Plaidoyer (résolutions de l’atelier)

Conclusion
Post-Test

26
INTRODUCTION

Historique

Valeur juridique

Ratification par le Bénin

Définition des
concepts
Charte : Protocole : Charte africaine :

un protocole est un
Ensemble de lois document écrit pourvu la Charte africaine
constitutionnelles ou non de force juridique, des droits de
d'un pays. Loi, règle un protocole additionnel l’homme et des
fondamentale d’une est un acte modifiant ou peuples,
institution, complétant un traité ou une
convention.

Commission africaine : Conférence : Femmes :

la Commission la Conférence des


africaine des droits Chefs d’Etat et de
de l’homme et des les personnes de
Gouvernement de
peuples, sexe féminin, y
l’Union africaine ;
compris les filles.
27
Discrimination à l’égard des femmes

Toute distinction, exclusion, restriction


ou tout traitement différencié fondés
sur le sexe, et qui ont pour but ou pour
effet de compromettre ou d’interdire la
reconnaissance, la jouissance ou l’exercice par les
femmes, quelle que soit leur situation matrimoniale, des
droits humains et des libertés fondamentales dans tous les
domaines de la vie.

Pratiques néfastes :

Tout comportement, attitude ou pratique qui affecte


négativement les droits fondamentaux des femmes,
tels que le droit à la vie, à la santé, à l’éducation, à la
dignité et à l’intégrité physique ;

Violence à l’égard des femmes :

Tous actes perpétrés contre les femmes


causant ou pouvant causer aux femmes
un préjudice ou des souffrances
physiques, sexuelles, psychologiques ou
économiques, y compris la menace d’entreprendre
de tels actes, l’imposition de restrictions ou la
privation arbitraire des libertés fondamentales, que
ce soit dans la vie privée ou dans la vie publique, en
temps de paix, en situation de conflit ou de guerre.

28
LES POINTS ESSENTIELS DU

PROTOCOLE DE
MAPUTO

29
Le protocole de Maputo est composé prises pour le droit au respect de sa
de 32 articles relatifs aux droits de la personne et au libre développement
femmes en Afrique. de sa personnalité.

L’article 1 : définit quelques thèmes Les États doivent adopter et


mettre en œuvre les mesures ap-
Article 2 : Elimination de la discrimi- propriées en vue d’interdire toute
nation à l’égard des femmes exploitation des femmes ou tout
Il revient aux Etats d’œuvrer par les traitement dégradant à leur égard,
mesures législatives (loi, décret etc.) prévenir, réprimer et d’éradiquer
afin que mettre la femme à l’abri toutes formes de violence à l’égard
d’éventuelles exclusion dans tous les des femmes; identifier les causes
domaines social, politique et admi- et les conséquences des violences
nistratif. contre les femmes et prendre des
mesures appropriées pour les pré-
Article 3 : Droit à la dignité venir et les éliminer

Article 4 : Droit à la vie, à l’intégrité Article 5 : Élimination des pratiques


et à la sécurité néfastes
Le protocole demande aux Etats de
Les articles 3 et 4 sont liés en ce sens s’assurer que les pratiques, attitudes
qu’ils insistent sur la protection de la nuisibles ou humiliantes à l’endroit
personne humaine. L’Etat est garant de la femme soient bannies;Un
de la veille particulière des femmes. exemple: les mutilations génitales
Toutes les dispositions doivent être

30
Article 6 : Le mariage Article 8 : Accès à la justice et l’égale
protection devant la loi
Aucun mariage n’est conclu sans le
plein et libre consentement des deux
conjoints, l’âge minimum de mariage Le protocole demande que les
pour la fille est de 18 ans, la femme Etats prennent prendre des
mariée a le droit de conserver son mesures pour l’accès effectif
nom, de l’utiliser à sa guise, séparé- des femmes à l’assistance et
ment ou conjointement avec celui aux services juridiques et ju-
de son mari, la femme et l’homme diciaires, régionales et conti-
contribueront conjointement à la nentales; la création de struc-
sauvegarde des intérêts de la famille, tures éducatives adéquates et
à la protection et à l’éducation de d’autres structures appropriées
leurs enfants, en accordant une attention
particulière aux femmes et en
Article 7 : Séparation de corps, di- sensibilisant toutes les couches
vorce et annulation du mariage de la société aux droits de la
femme ; la formation des or-
C’est la période avant la prononcia- ganes chargés de l’application
tion du divorce, l’homme et la femme de la loi à tous les niveaux pour
ont le même droit de demander la qu’ils puissent interpréter et
séparation de corps, le divorce ou appliquer effectivement l’éga-
l'annulation du mariage, en cas de lité des droits entre l’homme
divorce, d’annulation du mariage ou et la femme; une représenta-
de séparation de corps, la femme et tion équitable femmes dans les
l’homme ont des droits et devoirs ré- institutions judiciaires et celles
ciproques vis-à-vis de leurs enfants. chargées de l’application de la
Dans tous les cas, la préoccupation loi.
majeure consiste à préserver l’intérêt
de l’enfant

31
Article 9 : Droit de participation au culture de la paix ; aux mécanismes
processus politique et à la prise de et aux processus de prévention, de
décisions gestion et de règlement des conflits
aux niveaux local, national, régional,
Les États entreprennent des actions continental et international ; aux mé-
positives spécifiques pour promou- canismes locaux, nationaux, régio-
voir la gouvernance participative et naux, continentaux et internationaux
la participation paritaire des femmes de prise de décisions pour garantir la
dans la vie politique de leurs pays, à protection physique, psychologique,
travers une action affirmative et une sociale et juridique des requérants
législation nationale et d’autres me- d’asile, réfugiés, rapatriés et per-
sures de nature à garantir que : sonnes déplacées, en particulier les
femmes ; dans tous les aspects de la
les femmes participent à toutes les planification, de la formulation et de
élections sans aucune discrimination; la mise en œuvre des programmes
de reconstruction et de réhabilitation
les femmes soient représentées en post-conflits.
parité avec les hommes et à tous les
niveaux, dans les processus électo- Article 11 : Protection des femmes
raux; dans les conflits armés

les femmes participent à toutes les Les États partis s’engagent à respec-
élections sans aucune, es femmes ter et à faire respecter, les règles du
soient représentées en parité avec les droit international humanitaire appli-
hommes et à tous les niveaux, dans cables dans les situations de conflits
les processus électoraux discrimina- armés qui touchent la population,
tion. particulièrement les femmes. Les
États doivent conformément aux
Article 10 : Droit à la paix, aux pro- obligations qui leur incombent en
grammes d’éducation à la paix et à la vertu du droit international humani-

32
taire, protéger en cas de conflit armé Promouvoir l’alphabétisation des
les civils, y compris les femmes, quelle femmes;
que soit la population à laquelle elles Promouvoir l’éducation et la forma-
appartiennent; les États s’engagent tion des femmes à tous les niveaux
à protéger les femmes demandeurs et dans toutes les disciplines et en
d’asile, réfugiées, rapatriées ou dé- particulier dans les domaines de la
placées, contre toutes les formes science et de la technologie;
de violence, le viol et autres formes
d’exploitation sexuelle et à s’assurer Article 13 : Droits économiques et à
que de telles violences sont considé- la protection sociale
rées comme des crimes de guerre,
de génocide et/ou de crimes contre Promouvoir l’égalité en matière d’ac-
l’humanité et que les auteurs de tels cès à l’emploi ; promouvoir le droit à
crimes sont traduits en justice devant une rémunération égale des hommes
des juridictions compétentes. et des femmes pour des emplois de
valeur égale ;
Les États prennent toutes les me-
sures nécessaires pour qu’aucun en- Assurer la transparence dans le re-
fant, surtout les filles de moins de 18 crutement, la promotion et dans le li-
ans, ne prenne part aux hostilités et, cenciement des femmes, combattre
en particulier, à ce qu’aucun enfant et réprimer le harcèlement sexuel
ne soit enrôlé dans l’armée. dans les lieux de travail, prendre des
mesures appropriées pour valoriser le
Article 12: Droit à l’éducation et à la travail domestique des femmes.
formation

33
Article 14 : Droit à la santé et au La femme a le même droit que
contrôle des fonctions de reproduc- l’homme d’accéder à un logement
tion et à des conditions d’habitation ac-
ceptables dans un environnement
Les femmes ont le droit d’exercer un sain. A cet effet, les Etats assurent aux
contrôle sur leur fécondité; le droit de femmes, quel que soit leur statut ma-
décider de leur maternité, du nombre trimonial, l’accès à un logement adé-
d’enfants et de l’espacement des nais- quat.
sances ; le libre choix des méthodes
de contraception ; le droit de se pro- Article 17 : Droit à un environnement
téger et d’être protégées contre les in- culturel positif
fections sexuellement transmissibles,
y compris le VIH/SIDA ; protéger les Les femmes ont le droit de vivre dans
droits reproductifs des femmes, par- un environnement culturel positif et
ticulièrement en autorisant l’avorte- de participer à la détermination des
ment médicalisé, en cas d’agression politiques culturelles à tous les ni-
sexuelle, de viol, d’inceste et lorsque veaux ; ils prennent toutes les me-
la grossesse met en danger la santé sures appropriées pour renforcer la
mentale et physique de la mère ou la participation des femmes à l’élabora-
vie de la mère ou du fœtus. tion des politiques culturelles à tous
les niveaux.
Article 15 : Droit à la sécurité alimen-
taire Article 18 : Droit à un environnement
sain et viable
Assurer aux femmes l’accès à l’eau
potable, aux sources d’énergie do- favoriser et protéger le développe-
mestique, à la terre et aux moyens de ment de la connaissance des femmes
production alimentaire; établir des dans le domaine des technologies
systèmes d’approvisionnement et de indigènes, réglementer la gestion, la
stockage adéquats pour assurer aux transformation, le stockage et l’élimi-
femmes la sécurité alimentaire. nation des déchets domestiques, veil-
ler à ce que les normes appropriées
Article 16 : Droit à un habitat adé- soient respectées pour le stockage, le
quat transport et l’élimination des déchets
toxiques.

34
Article 19 : Droit à un développement durable
introduire la dimension genre dans la procédure nationale de planification
pour le développement ; assurer une participation équitable des femmes à
tous les niveaux de la conception, de la prise de décisions, la mise en œuvre
et l’évaluation des politiques et programmes de développement ; promou-
voir l’accès et le contrôle par les femmes des ressources productives, telles
que la terre et garantir leur droit aux biens.

Article 20 : Droits de la veuve


la veuve n’est soumise à aucun traitement inhumain, humiliant ou dégra-
dant, après le décès du mari, la veuve devient d’office la tutrice de ses en-
fants, sauf si cela est contraire aux intérêts et au bien-être de ces derniers, la
veuve a le droit de se remarier à l’homme de son choix.

Article 21: Droit de succession


La veuve a le droit à une part équitable dans l’héritage des biens de son
conjoint. La veuve a le droit, quel que soit le régime matrimonial, de conti-
nuer d’habiter dans le domicile conjugal. En cas de remariage, elle conserve
ce droit si le domicile lui appartient en propre ou lui a été dévolu en héritage,
tout comme les hommes, les femmes ont le droit d’hériter des biens de leurs
parents, en parts équitables.

Article 22 : Protection spéciale des femmes âgées


assurer la protection des femmes âgées et prendre des mesures spécifiques
en rapport avec leurs besoins physiques, économiques et sociaux ainsi que
leur accès à l’emploi et à la formation professionnelle

35
Article 23 : Protection spéciale des femmes handicapées
assurer la protection des femmes handicapées notamment en prenant des
mesures spécifiques en rapport avec leur besoins physiques, économiques
et sociaux pour faciliter leur accès à l’emploi, à la formation professionnelle
et leur participation à la prise de décision; assurer la protection des femmes
handicapées contre la violence, y compris l’abus sexuel et la discrimination
fondée sur l’infirmité et garantir leur droit à être traitées avec dignité.

Article 24 : Protection spéciale des femmes en situation de détresse


assurer la protection des femmes pauvres (vulnérables), des femmes chefs
de famille, des femmes issues des populations marginales et à leur garantir
un cadre adapté à leur condition et en rapport avec leurs besoins physiques,
économiques et sociaux ; assurer la protection des femmes incarcérées en
état de grossesse ou allaitant en leur assurant un cadre adapté à leur condi-
tion et le droit d’être traité avec dignité.

Article 25 : Réparations.
garantir une réparation appropriée à toute femme dont les droits et liber-
tés, tels que reconnus dans le présent Protocole, sont violés; s’assurer que
de telles réparations sont déterminées par les autorités judiciaires, adminis-
tratives et législatives compétentes ou par toute autre autorité compétente
prévue par la loi.

Article 26 : Mise en œuvre et suivi


Les États assurent la mise en œuvre du présent protocole au niveau national
et incorporent dans leurs rapports périodiques présentés conformément aux
termes de l’article 62 de la Charte africaine, des indications sur les mesures
législatives ou autres qu’ils ont prises pour la pleine réalisation des droits re-
connus dans le présent protocole,

Les États s’engagent à adopter toutes les mesures nécessaires et à al-


louer les ressources budgétaires adéquates et autres pour la mise en
œuvre effective des droits reconnus dans le présent Protocole.

36
QUELQUES MESURES DU BENIN
RELATIF AU PROTOCOLE DE

MAPUTO

37
QUELQUES MESURES DU BENIN
RELATIF AU PROTOCOLE DE MAPUTO

Loi n° 2017-15 modifiant


et complétant la 2013-01
portant code foncier ; Code
des personnes et de la famille

Résolution 1325 du Conseil


de sécurité (adopté du PAN le
31 juillet 2019)

Constitution du 11 décembre
1990 révisée par la loi
constitutionnelle n°2019-10
du 07 novembre 2019 ;

Loi n° 2017 du 26 décembre


2017 portant sur les sachets
plastiques ;

Loi n° 2019-43 du 15 novembre


portant Code Electoral
notamment l’article 144.

38
PLAIDOYER SUR LE
PROTOCOLE DE
MAPUTO

39
Mesures gouvernementales
pour la mise en œuvre du pan
résolution 1325

Renforcement de l’implication
des femmes en politique à travers
l’étendue de l’article 144 du
code électoral aux communales
et locales (un quota minimum
pour les femmes)

40
EXPLICATION
DES ARTICLES
DU
PROTOCOLE
DE MAPUTO

41
EXPLICATION DES ARTICLES
DU PROTOCOLE DE MAPUTO

Le Protocole à la Charte Africaine des Droits de l'homme et des Peuples rela-


tif aux Droits de la Femme en Afrique (Protocole de Maputo) est le principal
instrument juridique de protection des droits femmes et des filles.

Article 2 : Elimination de la discrimination à l’égard des femmes


Il revient aux Etats d’œuvrer par les mesures législatives (loi, décret etc.) afin
que mettre la femme à l’abri d’éventuelles exclusion dans tous les domaines
social, politique et administratif.

Article 3 : Droit à la dignité

Article 4 : Droit à la vie, à l’intégrité et à la sécurité

Les articles 3 et 4 sont liés en ce sens qu’ils insistent sur la protection de la


personne humaine. L’Etat est garant de la veille particulière des femmes.
Toutes les dispositions doivent être prises pour le droit au respect de sa per-
sonne et au libre développement de sa personnalité.

Les États doivent adopter et mettre en œuvre les mesures appropriées en


vue d’interdire toute exploitation des femmes ou tout traitement dégradant
à leur égard, prévenir, réprimer et d’éradiquer toutes formes de violence à
l’égard des femmes ; identifier les causes et les conséquences des violences
contre les femmes et prendre des mesures appropriées pour les prévenir et
les éliminer.

Article 5 : Élimination des pratiques néfastes


Le protocole demande aux Etats de s’assurer que les pratiques, attitudes nui-
sibles ou humiliantes à l’endroit de la femme soient bannies ;
Un exemple : les mutilations génitales féminines

Article 6 : Le mariage
Aucun mariage n’est conclu sans le plein et libre consentement des deux
conjoints, l’âge minimum de mariage pour la fille est de 18 ans, la femme
mariée a le droit de conserver son nom, de l’utiliser à sa guise, séparément ou
conjointement avec celui de son mari, la femme et l’homme contribueront
conjointement à la sauvegarde des intérêts de la famille, à la protection et à
42
l’éducation de leurs enfants, tation équitable femmes dans les ins-
titutions judiciaires et celles chargées
Article 7 : Séparation de corps, divorce de l’application de la loi.
et annulation du mariage
Article 9 : Droit de participation au
C’est la période avant la prononcia- processus politique et à la prise de
tion du divorce, l’homme et la femme décisions
ont le même droit de demander la
séparation de corps, le divorce ou Les États entreprennent des actions
l'annulation du mariage, en cas de positives spécifiques pour promou-
divorce, d’annulation du mariage ou voir la gouvernance participative et
de séparation de corps, la femme et la participation paritaire des femmes
l’homme ont des droits et devoirs ré- dans la vie politique de leurs pays, à
ciproques vis-à-vis de leurs enfants. travers une action affirmative et une
Dans tous les cas, la préoccupation législation nationale et d’autres me-
majeure consiste à préserver l’intérêt sures de nature à garantir que :
de l’enfant
- les femmes participent à toutes
Article 8 : Accès à la justice et l’égale les élections sans aucune discrimina-
protection devant la loi tion ;
- les femmes soient représentées
Le protocole demande que les Etats en parité avec les hommes et à tous
prennent des mesures pour l’ac- les niveaux, dans les processus électo-
cès effectif des femmes à l’assistan- raux ; les femmes participent à toutes
ce et aux services juridiques et judi- les élections sans aucune discrimina-
ciaires, régionales et continentales. tion,
La création de structures éducatives - les femmes soient représentées
adéquates et d’autres structures ap- en parité avec les hommes et à tous
propriées accordent une attention les niveaux, dans les processus élec-
particulière aux femmes et sensibi- toraux discrimination.
lisent toutes les couches de la société
aux droits de la femme ; la formation Article 10 : Droit à la paix
des organes chargés de l’application
de la loi à tous les niveaux pour qu’ils Aux programmes d’éducation à la
puissent interpréter et appliquer ef- paix; aux mécanismes et aux proces-
fectivement l’égalité des droits entre sus de prévention, de gestion et de
l’homme et la femme; une représen- règlement des conflits aux niveaux

43
local, national, régional, continental que de telles violences sont considé-
et international ; aux mécanismes lo- rées comme des crimes de guerre,
caux, nationaux, régionaux, continen- de génocide et/ou de crimes contre
taux et internationaux de prise de l’humanité et que les auteurs de tels
décisions pour garantir la protection crimes sont traduits en justice devant
physique, psychologique, sociale et des juridictions compétentes.
juridique des requérants d’asile, ré-
fugiés, rapatriés et personnes dépla- Les États prennent toutes les me-
cées, en particulier les femmes ; dans sures nécessaires pour qu’aucun en-
tous les aspects de la planification, de fant, surtout les filles de moins de 18
la formulation et de la mise en œuvre ans, ne prenne part aux hostilités et,
des programmes de reconstruction en particulier, à ce qu’aucun enfant
et de réhabilitation post-conflits. ne soit enrôlé dans l’armée.

Article 11 : Protection des femmes Article 12 : Droit à l’éducation et à la


dans les conflits armés formation

Les États partis s’engagent à respec- Promouvoir l’alphabétisation des


ter et à faire respecter, les règles du femmes ; promouvoir l’éducation et
droit international humanitaire appli- la formation des femmes à tous les
cables dans les situations de conflits niveaux et dans toutes les disciplines
armés qui touchent la population, et en particulier dans les domaines
particulièrement les femmes. Les de la science et de la technologie ;
États doivent se conformer aux obli-
gations qui leur incombent en vertu Article 13 : Droits économiques et à
du droit international humanitaire, la protection sociale
protéger en cas de conflit armé les
civils, y compris les femmes, quelle Promouvoir l’égalité en matière d’ac-
que soit la population à laquelle elles cès à l’emploi ; promouvoir le droit à
appartiennent; les États s’engagent une rémunération égale des hommes
à protéger les femmes demandeurs et des femmes pour des emplois de
d’asile, réfugiées, rapatriées ou dé- valeur égale, assurer la transparence
placées, contre toutes les formes dans le recrutement, la promotion
de violence, le viol et autres formes et dans le licenciement des femmes,
d’exploitation sexuelle et à s’assurer combattre et réprimer le harcèle-

44
ment sexuel dans les lieux de travail, femmes la sécurité alimentaire.
prendre des mesures appropriées
pour valoriser le travail domestique Article 16 : Droit à un habitat adéquat
des femmes. La femme a le même droit que
l’homme d’accéder à un logement
Article 14 : Droit à la santé et au et à des conditions d’habitation ac-
contrôle des fonctions de reproduc- ceptables dans un environnement
tion sain. A cet effet, les Etats assurent
aux femmes, quel que soit leur statut
Les femmes ont le droit d’exercer un matrimonial, l’accès à un logement
contrôle sur leur fécondité; le droit de adéquat.
décider de leur maternité, du nombre
d’enfants et de l’espacement des nais- Article 17 : Droit à un environnement
sances ; le libre choix des méthodes culturel positif
de contraception ; le droit de se pro-
téger et d’être protégées contre les in- Les femmes ont le droit de vivre dans
fections sexuellement transmissibles, un environnement culturel positif
y compris le VIH/SIDA ; protéger les et de participer à la détermination
droits reproductifs des femmes, par- des politiques culturelles à tous les
ticulièrement en autorisant l’avorte- niveaux ; ils prennent toutes les me-
ment médicalisé, en cas d’agression sures appropriées pour renforcer la
sexuelle, de viol, d’inceste et lorsque participation des femmes à l’élabora-
la grossesse met en danger la santé tion des politiques culturelles à tous
mentale et physique de la mère ou la les niveaux.
vie de la mère ou du fœtus.
Article 18 : Droit à un environnement
Article 15 : Droit à la sécurité alimen- sain et viable
taire
Favoriser et protéger le développe-
Assurer aux femmes l’accès à l’eau ment de la connaissance des femmes
potable, aux sources d’énergie do- dans le domaine des technologies
mestique, à la terre et aux moyens de indigènes, réglementer la gestion, la
production alimentaire ; établir des transformation, le stockage et l’élimi-
systèmes d’approvisionnement et de nation des déchets domestiques, veil-
stockage adéquats pour assurer aux ler à ce que les normes appropriées

45
soient respectées pour le stockage, le que soit le régime matrimonial, de
transport et l’élimination des déchets continuer d’habiter dans le domicile
toxiques. conjugal. En cas de remariage, elle
conserve ce droit si le domicile lui ap-
Article 19 : Droit à un développement partient en propre ou lui a été dévolu
durable en héritage, tout comme les hommes,
les femmes ont le droit d’hériter des
Introduire la dimension genre dans la biens de leurs parents, en parts équi-
procédure nationale de planification tables.
pour le développement ; assurer une
participation équitable des femmes Article 22 : Protection spéciale des
à tous les niveaux de la conception, femmes âgées
de la prise de décisions, la mise en
œuvre et l’évaluation des politiques Assurer la protection des femmes
et programmes de développement ; âgées et prendre des mesures spéci-
promouvoir l’accès et le contrôle par fiques en rapport avec leurs besoins
les femmes des ressources produc- physiques, économiques et sociaux
tives, telles que la terre et garantir ainsi que leur accès à l’emploi et à la
leur droit aux biens. formation professionnelle

Article 20 : Droits de la veuve Article 23 : Protection spéciale des


femmes handicapées
La veuve n’est soumise à aucun traite-
ment inhumain, humiliant ou dégra- assurer la protection des femmes
dant, après le décès du mari, la veuve handicapées notamment en prenant
devient d’office la tutrice de ses en- des mesures spécifiques en rapport
fants, sauf si cela est contraire aux in-
avec leur besoins physiques, écono-
térêts et au bien-être de ces derniers, miques et sociaux pour faciliter leur
la veuve a le droit de se remarier à accès à l’emploi, à la formation pro-
l’homme de son choix. fessionnelle et leur participation à la
prise de décision; assurer la protec-
Article 21 : Droit de succession tion des femmes handicapées contre
la violence, y compris l’abus sexuel et
La veuve a le droit à une part équi- la discrimination fondée sur l’infirmi-
table dans l’héritage des biens de té et garantir leur droit à être traitées
son conjoint. La veuve a le droit, quel avec dignité.

46
Article 24 : Protection spéciale des administratives et législatives com-
femmes en situation de détresse pétentes ou par toute autre autorité
compétente prévue par la loi.
Assurer la protection des femmes
pauvres (vulnérables), des femmes Article 26 : Mise en œuvre et suivi
chefs de famille, des femmes issues
des populations marginales et à leur Les États assurent la mise en œuvre
garantir un cadre adapté à leur condi- du présent protocole au niveau na-
tion et en rapport avec leurs besoins tional et incorporent dans leurs rap-
physiques, économiques et sociaux ports périodiques présentés confor-
; assurer la protection des femmes mément aux termes de l’article 62
incarcérées en état de grossesse ou de la Charte africaine, des indications
allaitant en leur assurant un cadre sur les mesures législatives ou autres
adapté à leur condition et le droit qu’ils ont prises pour la pleine réalisa-
d’être traité avec dignité. tion des droits reconnus dans le pré-
sent protocole,
Article 25 : Réparations.
Les États s’engagent à adopter toutes
Garantir une réparation appropriée les mesures nécessaires et à allouer
à toute femme dont les droits et li- les ressources budgétaires adéquates
bertés, tels que reconnus dans le pré- et autres pour la mise en œuvre ef-
sent Protocole, sont violés ; s’assurer fective des droits reconnus dans le
que de telles réparations sont déter- présent Protocole.
minées par les autorités judiciaires,

47
QUELQUES
MESURES DU
BENIN
RELATIF AU
PROTOCOLE
DE MAPUTO

48
QUELQUES MESURES DU BENIN
RELATIF AU PROTOCOLE

Loi n° 2017-15 modifiant et complétant la 2013-01 portant code foncier ;

Loi n° 2002-07 du 14 juin 2004 portant Code des personnes et de la famille.


Le projet de cette loi précède (2002) le Protocole de Maputo (2003) mais son
adoption est postérieure au protocole (2004) mais retenons que l’initiative
est venue après la déclaration de Beijing (1995) et la résolution 1325 (2000) ;

Résolution 1325 du Conseil de sécurité (adopté du PAN le 31 juillet 2019)


Elle est appelée les 4P (Participation, Prévention, Protection et Poursuites) ;

(Respecter le droit international applicable aux droits et à la protection des


femmes et petites filles, en particulier en tant que personnes civiles - les obli-
gations qui leur incombent en vertu des Conventions de Genève de 1949 et
des Protocoles additionnels y afférents de 1977 - de la Convention de 1951
relative au statut des réfugiés et de son Protocole additionnel de 1967 - de la
Convention de 1979 sur l’élimination de toutes les formes de discrimination
à l’égard des femmes et de son Protocole facultatif de 1999) ;

Constitution du 11 décembre 1990 révisée par la loi constitutionnelle n°2019-


10 du 07 novembre 2019 l’article 26 nouveau al 2 et 3 (discrimination posi-
tive) ;
Loi n° 2017 du 26 décembre 2017 portant sur les sachets plastiques (protec-
tion de l’environnement) ;

Loi n° 2019-43 du 15 novembre portant Code Electoral (l’article 144), le


nombre de députés à l’Assemblée Nationale est de Cent neuf (109) dont
vingt-quatre sièges exclusivement réservés aux femmes. Il faut retenir que ça
revient à moins une femme par Circonscription électorale.

49
LE
PLAIDOYER

50
LE PLAIDOYER

CONTEXTE ET JUSTIFICATION DU PLAIDOYER

Depuis la ratification du Bénin au protocole de MAPUTO, les inégalités du


genre dans la participation au processus décisionnel sont flagrantes. Pour-
tant il existe un arsenal juridique qui reconnait l’égalité de la femme et de
l’homme. Il suffit pour s’en convaincre de jeter un simple regard sur la confi-
guration par sexe de quelques institutions du pays.

Sur les 24 ministres qui composent le gouvernement actuel au Bénin, seule-


ment 05 sont des femmes. On dénombre 01 femme sur 07 à la cours consti-
tutionnelle et 5 femmes députés sur les 83 députés à l’assemblée nationale
et 01 femme préfet sur les 12 préfets de départements. La situation n’est pas
mieux au niveau local ou on trouve 04 femmes maires sur 77 maires et 66
femmes élues sur 1435 conseillers communaux.

La principale cause de cette faible représentation des femmes au sein du


parlement ainsi qu’au niveau local s’explique par le fait qu’en dépit de leur
forte présence dans les mouvements et partis politique, elles ne sont pas
nommées à des postes de responsabilités. Par conséquent, au moment de
l’établissement des listes électorales, elles sont très peu prises en compte et
lorsqu’elles le sont, elles se retrouvent à des positions où elles ont très peu de
chance d’être élues.

Ces constats ont servi de tremplin au gouvernement actuel du Bénin à prendre


des mesures allant dans le sens d’encourager et susciter une représentativité
plus forte des femmes dans certaines instances de prise de décision telle que
l’assemblée nationale et les municipalités. Malheureusement ces mesures
restent encore insuffisantes car elles ne prennent pas en compte les postes
de conseillers municipales, locales et autres. Aussi pouvons-nous constater
qu’aucun quota n’est défini quant à la représentativité réelle des femmes
dans ces instances de prise de décision.

Eu égards de ces considérations, le Réseau des Femmes Leaders pour le


Développement (RFLD) s’est engagé à faire un plaidoyer à l’endroit des au-
torités du Bénin pour une meilleure implication des femmes dans toutes les
sphères de prise de décision.

51
BUT DU PLAIDOYER

Encourager une participation des femmes au processus politique et à la prise


de décision à travers la démocratie participative et la réduction des inégali-
tés au Bénin. Plus spécifiquement, il s’agira de :

- Amener le gouvernement du Bénin à prendre des mesures gouvernemen-


tales pour la mise en œuvre du pan résolution 1325
- Susciter le renforcement de l’implication des femmes en politique à travers
la modification et l’étendue de l’article 144 du code électoral aux commu-
nales et locales avec un quota minimum de représentativité pour les femmes.

RÉSULTATS ATTENDUS

- Des mesures pour la mise en œuvre du pan résolution 1325 sont prises par
le gouvernement du Bénin.
- Des mesures pour le renforcement de l’implication des femmes en poli-
tique à travers la modification et l’étendue de l’article 144 du code électoral
aux communal et locales avec un quota minimum de représentativité pour
les femmes sont prises par le gouvernement du Bénin.

PLAIDOYER

Nous suggérons une relecture et la modification de l’article 144 du code élec-


toral relative aux mesures pour le renforcement de l’implication des femmes
en politique en vue de l’étendre aux élections communales et locales avec
un quota minimum de représentativité pour les femmes.

52
LE PLAIDOYER

Nous suggérons également que les organisations de défense des droits des
femmes soient associées aux prises de mesures pour la mise en œuvre du
pan résolution 1325 au Bénin.

Copyright

La charte africaine des droits de l’homme et des peuples

Constitution du 11 décembre 1990 révisée par la loi constitutionnelle


n°2019-10 du 07 novembre 2019 ;

Le code électoral Loi n° 2019-43 du 15 novembre portant Code


Electoral page 76

https://www.unwomen.org/fr/how-we-work/intergovernmental-support/world-
conferences-on-women#:~:text=La%20D%C3%A9claration%20et%20le%20
Programme,mati%C3%A8re%20d’%C3%A9galit%C3%A9%20des%20sexes.
Déclaration universelle des droits de l’homme /Déclaration de Beijing

https://www.un.org/womenwatch/ods/S-RES-1325(2000)-F.pd/

(1)↑ (sv) « sida », dans nationalencyklopedin (lire en ligne [archive]) (consulté le


10 mars 2021)

(2) ↑ (en) « about swedish development cooperation » [archive], sur www.sida.se


(consulté le 10 mars 2021)

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