1.
Rôle de l’évaluation en didactique
Mesurer le degré d’atteinte des objectifs.
Identifier les acquis et les lacunes.
Réguler l’enseignement (adapter contenu, méthode, rythme).
Motiver les apprenants en valorisant les progrès.
Fournir un feedback objectif à l’enseignant et à l’apprenant.
2. Types d’évaluation
Type Moment Objectif Exemple
Diagnostic Avant Identifier le niveau de Test de positionnement
l’apprentissage départ et les besoins
Formative Pendant Ajuster la progression et Exercices en classe avec
l’apprentissage corriger les erreurs correction
Somative Fin de séquence ou Vérifier l’atteinte des Examen final
de cycle objectifs
Auto- À tout moment Développer l’autonomie Grille d’auto-
évaluation appréciation
Hétéro- Par l’enseignant Apprécier objectivement Notation sur critères
évaluation
3. Critères et indicateurs
Critère = Ce qu’on observe pour juger (ex. correction grammaticale, cohérence du
discours).
Indicateur = Manifestation concrète du critère (ex. 0 ou 1 faute par 50 mots).
Exemple pour production orale :
Critère : fluidité → Indicateur : temps moyen de pause < 3 sec.
Critère : précision → Indicateur : moins de 3 fautes grammaticales majeures.
4. Outils d’évaluation
Tests objectifs (QCM, vrai/faux…)
Productions écrites/orales analysées sur grille
Jeux de rôle (évaluation actionnelle)
Portfolios (suivi sur le long terme)
Observations directes en classe
5. Évaluation dans l’approche communicative et actionnelle
Communicative : on évalue la compétence de communication (compréhension,
expression, interaction).
Actionnelle : on évalue la réalisation d’une tâche concrète (ex. réserver un hôtel, rédiger
une lettre officielle).
6. Barème et pondération
Exemple pour production écrite sur 20 :
Respect de la consigne : 4 pts
Cohérence et organisation : 4 pts
Richesse lexicale : 4 pts
Correction grammaticale : 4 pts
Originalité et pertinence : 4 pts
7. Erreurs à éviter
Évaluer seulement les connaissances, oublier les compétences.
Manque de critères clairs.
Évaluer ce qui n’a pas été enseigné.
Barème flou ou incohérent.
Se limiter à une seule modalité (ex. uniquement écrit).
2. Les méthodes d’enseignement
Les méthodes d’enseignement regroupent les grands cadres théoriques qui orientent la manière
d’enseigner. Elles définissent la philosophie globale de l’apprentissage et influencent le choix
des techniques et des outils. Elles se basent sur des principes psychologiques, pédagogiques et
linguistiques.
Voici les principales méthodes utilisées dans l’enseignement/apprentissage des langues
étrangères :
1) Méthode traditionnelle (grammaire-traduction)
Objectif : Maîtriser la grammaire et enrichir le vocabulaire par la traduction.
Caractéristiques :
o Utilisation de la langue maternelle comme support principal.
o Traduction de phrases et de textes.
o Étude systématique des règles grammaticales.
o Peu d’oral, accent sur l’écrit.
Avantages :
o Acquisition solide de structures grammaticales.
o Bon pour les apprenants qui visent la lecture et la traduction.
Limites :
o Manque de communication réelle.
o Peu motivant pour l’oral.
2) Méthode directe
Objectif : Apprendre la langue comme un enfant apprend sa langue maternelle.
Caractéristiques :
o Exclusion de la langue maternelle.
o Apprentissage inductif (on découvre la règle à partir des exemples).
o Priorité à l’oral et à la compréhension.
Avantages :
o Développement naturel de l’oral.
o Immersion linguistique.
Limites :
o Difficulté pour les apprenants débutants.
o Nécessite un enseignant très compétent dans la langue cible.
3) Méthode audio-orale (structuro-globale)
Objectif : Automatiser les structures par répétition.
Caractéristiques :
o Basée sur le béhaviorisme (stimulus-réponse).
o Dialogues types et exercices structuraux.
o Répétition et mémorisation.
Avantages :
o Efficace pour automatiser les structures grammaticales.
Limites :
o Peu de liberté d’expression.
o Risque de répétition mécanique.
4) Méthode audio-visuelle
Objectif : Apprendre par l’association image-son.
Caractéristiques :
o Utilisation d’images, de films, de documents visuels.
o Lien entre situation visuelle et langue orale.
o Priorité à l’oral avant l’écrit.
Avantages :
o Apprentissage concret, contextualisé.
Limites :
o Nécessite un matériel spécifique.
5) Approche communicative
Objectif : Développer la compétence de communication.
Caractéristiques :
o Situations réelles de communication.
o Prise en compte des besoins des apprenants.
o Activités de simulation, jeux de rôle, tâches authentiques.
Avantages :
o Motivation accrue.
o Développement des compétences orales et écrites.
Limites :
o Moins de rigueur grammaticale si mal appliquée.
6) Approche actionnelle
Objectif : Former des acteurs sociaux capables d’accomplir des tâches.
Caractéristiques :
o Basée sur le Cadre Européen Commun de Référence pour les Langues (CECRL).
o L’apprenant est un acteur qui réalise des projets ou tâches concrètes.
o Intégration des quatre compétences dans des activités authentiques.
Avantages :
o Apprentissage pratique et motivant.
Limites :
o Demande une grande préparation.
1. Définitions clés
Didactique : Étude des méthodes et pratiques d’enseignement d’une langue.
Didactique des langues étrangères (DLE) : Branche de la didactique qui se concentre
sur l’enseignement/apprentissage d’une langue qui n’est pas la langue maternelle de
l’apprenant.
Pédagogie : Science de l’éducation, plus large que la didactique.
Méthodologie : Manière d’appliquer les théories didactiques dans la pratique.
2. Cadres de référence
CECRL : Cadre Européen Commun de Référence pour les Langues.
o Niveaux A1, A2, B1, B2, C1, C2.
o Approche actionnelle : l’apprenant comme acteur social.
Approche communicative : centrée sur l’interaction réelle et la communication
authentique.
3. Évolutions historiques
1. Méthode grammaire-traduction : centrée sur la grammaire, la traduction, peu d’oral.
2. Méthode directe : immersion, tout en L2, pas de traduction.
3. Méthode audio-orale : répétition de structures, drills.
4. Approche communicative : tâches réelles, priorité à la communication.
5. Approche actionnelle : tâches complexes, projet final.
4. Principes de l’approche communicative et actionnelle
Objectifs : développer les compétences linguistique, sociolinguistique, pragmatique.
Tâches authentiques : jeux de rôles, projets, situations réelles.
Intégration des 4 compétences : compréhension orale, compréhension écrite, expression
orale, expression écrite.
5. Rôle de l’enseignant
Facilitateur : guide les interactions.
Concepteur : prépare supports et activités.
Évaluateur : mesure les acquis de façon formative et sommative.
6. Types d’évaluation
Évaluation diagnostique : avant la formation, identifier les besoins.
Évaluation formative : pendant l’apprentissage, ajuster l’enseignement.
Évaluation sommative : à la fin, mesurer les acquis.
7. Notions clés
Tâche : activité à réaliser avec un but précis (ex : commander un repas).
Progression : logique d’organisation des contenus (linéaire, spiralaire, thématique).
Séquence pédagogique : ensemble cohérent d’activités organisées autour d’un objectif.
3. Les approches méthodologiques en didactique des langues
Méthode grammaire-traduction
o Principe : apprendre la langue via la traduction de textes et l’étude systématique
de la grammaire.
o Avantage : précision grammaticale.
o Limite : peu de pratique orale.
Méthode directe
o Principe : bannir la langue maternelle, apprendre la langue cible uniquement par
immersion.
o Avantage : favorise l’oral et la communication.
o Limite : difficile pour les débutants sans repères linguistiques.
Approche audio-orale
o Principe : répétition de dialogues et automatismes linguistiques.
o Avantage : acquisition rapide de structures.
o Limite : rigidité, manque de créativité linguistique.
Approche communicative
o Principe : apprendre en situation réelle de communication.
o Avantage : pertinence et authenticité.
o Limite : nécessité de ressources variées et d’un enseignant formé.
Approche actionnelle
o Principe : placer l’apprenant comme acteur social réalisant des tâches concrètes.
o Avantage : motivation et implication.
o Limite : préparation plus complexe pour l’enseignant.
6. Les fondements de la pédagogie différenciée
Définition
La pédagogie différenciée est une approche qui consiste à adapter les méthodes, supports,
activités et objectifs aux besoins, niveaux, rythmes et styles d’apprentissage de chaque
apprenant, afin de permettre à tous de progresser.
Principes clés
Prise en compte de l’hétérogénéité : les élèves n’ont pas tous les mêmes acquis,
motivations ni stratégies.
Diversité des approches : varier les supports (visuels, auditifs, kinesthésiques), les
activités (individuelles, en groupes, projets).
Flexibilité pédagogique : ajuster en cours de route en fonction des résultats et réactions
des élèves.
Objectifs personnalisés : certains visent la consolidation, d’autres l’approfondissement.
Exemples d’application
Proposer des exercices gradués en difficulté.
Mettre en place des ateliers tournants avec tâches différentes selon le niveau.
Fournir des aides visuelles pour les élèves en difficulté, et des défis supplémentaires pour
les avancés.
Avantages
Favorise la motivation et l’engagement.
Réduit l’échec scolaire en offrant à chacun un chemin adapté.
Valorise les forces de chaque apprenant.
Limites et défis
Demande une préparation plus lourde.
Risque de créer un sentiment de différence ou d’étiquetage si mal gérée.
Nécessite de solides compétences en gestion de classe.
2. Les différentes approches didactiques
La didactique des langues a évolué au fil des décennies, passant de méthodes centrées sur la
langue elle-même à des approches davantage axées sur l’usage, la communication et l’apprenant.
Voici les principales approches et leurs caractéristiques :
A. Approche traditionnelle (ou grammaire-traduction)
Période dominante : XIXe siècle – début XXe siècle.
Principe : Enseignement centré sur la grammaire, la traduction et la mémorisation du
vocabulaire.
Caractéristiques :
o Utilisation de textes littéraires comme support principal.
o Travail intensif sur la traduction L1 ↔ L2.
o Règles grammaticales expliquées de manière déductive.
o Accent mis sur l’écrit, l’oral est secondaire.
Avantages :
o Bonne maîtrise des règles grammaticales et de l’orthographe.
o Adaptée aux contextes académiques formels.
Limites :
o Faible développement des compétences orales.
o Peu motivante pour l’apprenant moderne.
B. Approche directe
Période dominante : Fin XIXe – début XXe siècle.
Principe : Apprentissage de la langue seconde comme une langue maternelle, sans
traduction.
Caractéristiques :
o Enseignement exclusivement en langue cible.
o Introduction du vocabulaire et des structures à travers des situations concrètes.
o Importance de la prononciation et de l’oral.
Avantages :
o Développement de la compréhension et expression orales.
o Immersion linguistique.
Limites :
o Nécessite des enseignants très compétents dans la langue cible.
o Moins d’attention à l’écrit et à la grammaire formelle.
C. Méthode audio-orale
Période dominante : Années 1940–1960.
Principe : Basée sur le béhaviorisme et le conditionnement.
Caractéristiques :
o Répétition de dialogues modèles.
o Exercices structuraux et drills.
o Importance de l’oral avant l’écrit.
Avantages :
o Automatise certaines structures linguistiques.
o Développe la fluidité initiale.
Limites :
o Manque de créativité et de sens dans l’expression.
o Peu adaptée aux besoins réels de communication.
D. Approche communicative
Période dominante : Années 1970–aujourd’hui.
Principe : Apprendre une langue pour communiquer dans des situations réelles.
Caractéristiques :
o L’apprenant est acteur de son apprentissage.
o Activités authentiques (jeux de rôle, simulations, projets).
o Intégration des quatre compétences (CO, CE, PO, PE).
o Grammaire abordée en contexte.
Avantages :
o Motivation accrue grâce à des tâches signifiantes.
o Développement équilibré des compétences.
Limites :
o Peut négliger la rigueur grammaticale si mal mise en œuvre.
E. Approche actionnelle
Période dominante : Depuis 2001 (CECRL).
Principe : L’apprenant est un acteur social qui utilise la langue pour réaliser des tâches.
Caractéristiques :
o Objectifs définis en termes de tâches à accomplir.
o Contextes proches de la vie réelle (réserver un hôtel, faire un exposé, négocier…).
o Collaboration et projets collectifs.
Avantages :
o Apprentissage centré sur l’usage concret de la langue.
o Développe autonomie et coopération.
Limites :
o Demande un matériel adapté et une bonne gestion de groupe.
F. Autres approches émergentes
Approche interculturelle : mise en relation des cultures, sensibilisation aux différences.
Approche plurilingue : valorisation de toutes les langues de l’apprenant dans
l’apprentissage.
Approches hybrides : combinaison de plusieurs méthodes selon le contexte.
Fiche 10 – L’évaluation en didactique des langues
1. Définition
L’évaluation en didactique des langues est l’ensemble des démarches permettant de recueillir des
informations sur les apprentissages des apprenants, afin de porter un jugement et de prendre des
décisions pédagogiques. Elle sert autant à vérifier les acquis qu’à orienter les actions futures.
2. Les trois formes principales
Type
Moment Objectif Exemple
d’évaluation
Identifier le niveau initial, les
Diagnostic Avant l’apprentissage Test de positionnement
besoins et les difficultés
Suivre la progression, ajuster Exercices corrigés avec
Formative Pendant l’apprentissage
l’enseignement feedback
En fin de séquence ou de Valider les acquis, certifier un
Sommative Examen, test TCF
formation niveau
3. Les critères et indicateurs
Critères : dimensions de l’apprentissage à évaluer (prononciation, correction
grammaticale, fluidité, compréhension, interaction…).
Indicateurs : éléments observables qui traduisent la performance de l’apprenant.
4. Les outils d’évaluation
Outils traditionnels : QCM, dictées, questionnaires, entretiens oraux.
Outils communicatifs : jeux de rôle, projets, simulations.
Outils numériques : quiz interactifs (Kahoot, Quizizz), plateformes LMS.
5. Lien avec le CECRL
Les niveaux A1 à C2 définissent des descripteurs précis de compétences
communicatives.
L’évaluation doit être alignée sur ces descripteurs pour garantir la validité et la
comparabilité.
6. Principes de validité
Validité : l’épreuve mesure bien ce qu’elle prétend mesurer.
Fiabilité : les résultats sont stables et reproductibles.
Équité : pas de biais culturel ou linguistique injustifié.
Transparence : consignes claires, critères annoncés à l’avance.
7. L’évaluation positive
Inspirée des recommandations récentes, elle vise à valoriser les progrès plutôt qu’à sanctionner
uniquement les erreurs, en favorisant la motivation et l’autonomie.
📌 En résumé : L’évaluation n’est pas seulement un outil de contrôle mais un levier pédagogique
pour ajuster, motiver et certifier les acquis dans un processus d’apprentissage continu.