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MARS 2025 : SCENARIO SUR L’IMPACT DE LA GRATUITE DE
L’ENSEIGNEMENT EN RDC EN RAPPORT AVEC LES VBG (A
L’EGARD DES FILLES).
PREAMBULE
En 2019, le gouvernement de la RDC avait décidé de
l’application effective de la gratuité de l’éducation de base dans les
écoles publiques sur toute l’étendue du pays. C’est dans ce cadre
que le pays va constater le grand nombre des personnes ayant
manqués l’école par défaut des moyens financiers, s’inscrire
massivement en vue de poursuivre leurs études jadis abandonnées
et ce, malgré leur âge avancé.
De ce fait, la question sur le genre beaucoup plus dans les
provinces de la RDC auprès de plus de 1000 adolescentes et
nouveaux majeurs de 11 à 20 ans a mis en évidence le cas de
violence et a montré que les filles en sont victimes sous différentes
formes :
La violence peut avoir lieu dans les bâtiments scolaires (y
compris les dortoirs) ;
Sur les terrains de l'école ;
Sur le trajet menant à l’école et peut être perpétrée par des
enseignants.
Les filles ont été plusieurs à subir des violences sexuelles,
notamment :
Le viol ;
Le harcèlement sexuel ;
Les attouchements indésirables commis par les enseignants.
Certains enseignants peuvent contraindre les élèves filles à
avoir des relations sexuelles avec eux en échange des meilleures
notes ou pour passer à la classe suivante. Le comportement
prédateur des enseignants est rarement puni car soit les élèves
hésitent à dénoncer ces crimes, soit les parents ferment les yeux ou
même encouragent ces comportements car étant très pauvres, ils
voient cela comme une opportunité, surtout si elles pensent qu'une
proposition de mariage pourrait s'ensuivre.
SCENE
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Les faits qui suivent sont inspirés des faits réels commis
dans la province du Kasaï/Tshikapa en 2021.
Une fille de 18 ans inscrite en quatrième année primaire
après avoir longtemps abandonnée l’école pour manque des moyens
financiers, la gratuité de l’enseignement de base s’avérant en œuvre
salvatrice pour la poursuite de ses études, mais voici qu’elle se verra
agressée sexuellement par son enseignent pour raison de son
physique développé lié à son âge avancé.
Heureusement pour elle, après avoir formulé sa plainte
auprès de sa mère, cette dernière va en parler à son père et vont
contacter le réseau d’organisation pour défense des droits de
l’homme dans sa branche de défense des droits des femmes et des
jeunes filles qui va saisir le tribunal tout en leur octroyant un avocat
dans le but de lui obtenir justice.
Suivez…
Huissier de justice : lever vous tous car nous voulons accueillir le
tribunal
Juge président :- faites place à l’hymne national
- Asseyez-vous !
- Passons à l’instruction de l’affaire, greffier veillez
noter délicatement tout ce qui sera dit.
Présentation des parties :
1. Partie civile comprenant : le ministère public, le père et la mère
de la victime, Monsieur et Madame… comparaissant en
personne, assistés par leur avocat Maître…
2. Partie prévenue comprenant : l’enseignant de l’élève,
Monsieur… comparaissant en personne, assisté par son avocat
Maître…
3. En dernière position vient la victime, l’élève de 18 ans violée
par son enseignant de 4ième année primaire, Mademoiselle…
Présentation des faits :
Juge président aux parents de la fille : Monsieur et Madame… de
quoi accusez-vous l’enseignant de votre fille ?
Les parents : nous l’accusons d’avoir violé notre fille.
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Juge président : pouvez-vous nous relater les faits ?
Les parents : seule la victime est en mesure de vous relater les faits
avec exactitude, tout ce que nous savons est que notre fille se
plaignait souvent de son enseignant qui ne cessait de la tapoter aux
fesses lorsqu’elle faisait des exercices au tableau et lui caressait les
seins à chaque fois qu’ils avaient éducation physique.
Juge président : cela a duré combien de temps ?
Les parents : notre fille se plaignait de son enseignant tous les jours
après les cours, et même que l’enseignant faisait exprès de la punir
après les cours pour qu’après la sortie, il continue à la toucher
partout…
Juge président : donc, c’est depuis le début de l’année que cela
dure ?
Les parents : oui Monsieur.
Juge président : mais qu’avez-vous fait pour arrêter ce
comportement ?
Père : étant beaucoup pris par mes travaux de champ, j’avais
demandé à sa mère de se rendre à l’école pour savoir ce qui se
passait.
Juge président : madame, je vous écoute…
Mère : j’étais allée à l’école mais le directeur m’avait appris que
l’enseignant était déjà rentré chez lui.
Juge président : -appeler la jeune fille !
- Aller jeune fille, raconte-nous ce qui s’était passé…
Victime : comme venait de le dire mes parents, ce monsieur m’avait
violé. Il me touchait souvent partout quand j’étais au tableau, lors de
la gymnastique et me punissait souvent après les cours pour
continuer à me toucher et doigter.
Juge président : l’avais-tu dis à tes parents ?
Victime : oui, ma mère était venu à l’école mais après, il m’avait dit
que si je l’accusais de nouveau, j’allais échouer et qu’il allait aussi
me tuer.
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Juge président : mais comment il t’avait violé ?
Victime : l’autre fois, après les cours, il m’avait de nouveau puni et
j’étais toute seule derrière la cours de l’école, dans les buissons et il
avait profité de l’occasion pour me violer. Et ce n’est pas la première
fois, c’est 7ième fois qu’il fasse ça. Pleurs…
Juge président : quoi, la 7ième fois ? Et tes parents alors, n’étaient-ils
pas au courant ?
Victime : si.
Juge président : Qu’avaient-ils fait alors ?
Victime : mes parents étaient allés le voir pour arranger mon
mariage avec lui.
Tribunal : choc…
Juge président : et comment êtes-vous arrivés ici devant ce
tribunal ?
Victime : c’est grâce aux sensibilisations faites à l’église sur les VBG
en milieu scolaire que mes parents ont fini par saisir l’ONG qui nous
a amené ici.
Juge président : pourquoi avez-vous violé cette jeune demoiselle
Monsieur l’enseignant ?
L’enseignant : je ne l’ai pas violé président, cette fille n’est pas
mineure elle a 18 ans et je l’avais fait comprendre que je l’aime et
surtout, tout ceci n’était pas fait gratuitement président, j’avais
rencontré ses parents avant tout et je leur avais versé quelque
chose en guise d’entrée pour la préparation du mariage…
Juge président : vous dites que la fille est majeure et que vous aviez
versé de l’argent à ses parents avant de la connaître ?
L’enseignant : bien sûr président, je suis fort étonné de me voir
devant votre tribunal car les parents de la fille et moi étions déjà
d’accord pour tous les préparatifs du mariage et je souligne que je
ne le faisais pas gratuitement président…
Juge président : monsieur et madame, que dites-vous de la réplique
de l’enseignant ?
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Parents : en réalité président, l’enseignant nous avait bel et bien
versé quelque chose depuis le premier attouchement qu’il avait fait
à notre fille, en plus, il est partant pour le mariage. En réalité, nous
ne trouvons pas d’inconvénient pour la célébration du mariage entre
lui et notre fille…
Victime : président, c’est homme est déjà marié à 2 femmes, je ne
veux pas être sa troisième épouse et encore moins me marier à qui
que ce soit car mon désir est celui de poursuivre mes études et
j’aimerai mieux profiter de la gratuité de l’enseignement pour
parfaire mes rêves…
Juge président : avocat de partie civile, que dites-vous ?
PLAIDOIRIE
Avocat de la partie civile : merci monsieur le président pour la
parole, nous devons comprendre que ce dossier est très délicat. Vu
la présentation des faits, nous comprenons déjà qu’il y a dans le chef
des parties beaucoup d’ignorance sur l’adaptation des nouvelles lois
dans notre pays, surtout sur celle sur la gratuité.
Nous devons comprendre et apprendre que depuis l’avènement de
la gratuité de l’enseignement de base dans notre pays, tous ceux et
celles qui s’inscrivent à l’école comme élèves pour bénéficier dudit
enseignement, sachant que la loi définit très clairement par
enseignement de base : l’école maternelle, l’école primaire, la
septième et huitième année, peut-importe l’âge de la personne
bénéficiant de la gratuité de l’enseignement de base, prévu pour les
enfants mineurs, est donc assimilé aux mineurs. C’est donc une
erreur de la part du prévenu d’oser parler de 18 ans comme âge de
la victime déclarant qu’elle est majeure alors que cette dernière est
inscrite en quatrième primaire et bénéficie de l’enseignement de
base. D’où, comme il est démontré que mademoiselle … est
assimilée aux mineurs et ne pouvant consentir, elle a donc été violé
par monsieur… et doit par conséquent subir la rigueur de la loi. Nous
avons dit monsieur le président.
Juge président : merci beaucoup Maître, maître… avocat du prévenu,
que dites-vous ?
Avocat du prévenu : merci beaucoup monsieur le président pour la
parole… monsieur le président, mon client a raison car cette
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demoiselle lui avait déjà été promise par ses parents et par
conséquent, l’accord de ses parents étant déjà donné pour le
mariage, et surtout que mon client versait chaque semaine à ses
parents de l’argent pour leurs besoins domestiques en guise
d’entretien de sa promise, la fille ne pouvait qu’accepter la décision
de ses parents d’autant plus qu’elle est en charge de ses derniers et
qu’ils ont estimé bon de marier leur fille qui d’ailleurs n’est pas
mineure et de plus ne manifeste aucune concentration à l’école,
voyez-vous-même ses résultats scolaires et jugez-en monsieur le
président, cette fille n’est pas bonne pour l’école mais pour le
mariage, prendre soin de son mari, faire la cuisine et surtout donner
des enfants à son futur époux et en prendre soin monsieur le
président…
Juge président : monsieur l’officier de l’Etat civil, l’organe de la loi,
qu’en dites-vous ?
Le magistrat : monsieur le président, il est très important pour
chacun de nous de savoir et de saisir que la loi sur la gratuité de
l’enseignement de base stipule très clairement que tout celui ou
celle qui est inscrit à l’école pour en bénéficier, peut-importe son
âge, est assimilé aux mineurs. Ceci monsieur le président est un
verrou de la loi pour contraindre les intentions malveillantes des
criminels comme cet enseignant qui, malgré ses deux précédentes
épouses ainsi que ses nombreux enfants, désire briser les rêves des
pauvres filles qui se battent pour récupérer les retards scolaires
enregistrés en renforçant leurs capacités tout en saisissant
l’opportunité qui leur est donnée. Ces genres des personnes
monsieur le président, méritent la prison et ce sera justice.
Juge président : l’affaire étant prise en délibérée, nous suspendons
l’audience pour aujourd’hui et vous donnons rendez-vous demain
pour le prononcé du verdict.
LE L’AN DEMAIN : PRONONCE DU VERDICT.
Juge président : nous sommes tous réunis en ce jour pour prononcer
le verdict sur l’affaire de viol qui oppose mademoiselle… à
monsieur…
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Hier, nous avions tous suivie avec une attention soutenue le
déroulement du procès. Voici donc aujourd’hui, le prononcé du
verdict :
Vu l’instruction de la cause ;
Vu la plaidoirie de toutes les parties présentes ;
Vu le réquisitoire du ministère public ;
Entendu que la loi sur gratuité de l’enseignement de base stipule
que les bénéficiaires de cette dernière peut-importe leur âge sont
assimilés aux mineurs ;
Entendu que la loi n°09/001 du 10 janvier 2009 portant protection de
l’enfant stipule très clairement que les mineurs ne consentent pas ;
Entendu que la loi sur les violences sexuelles confirme que les faits
démontrés hier résultent des violences sexuelles basées sur le
genre ;
Monsieur… est donc condamné à 20 ans de prison ferme et au
paiement des dommages et intérêts élevés à 100000 dollars
américains.
Juge président : monsieur le policier, saisissez-vous de ce criminel et
mettez-le en prison tout de suite !
L’enseignant : non, non ! Je n’ai rien fait de mal, elle n’était même
pas vierge cette fille, non, non !