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Le Récit

Grison, un âne âgé et sourd, s'échappe de son maître qui veut le tuer et décide de devenir musicien à Brême. En chemin, il rencontre un chien, un chat et un coq, tous en fuite pour échapper à leurs maîtres, et les convainc de le rejoindre dans son aventure musicale. Ensemble, ils trouvent refuge dans une maison où ils effraient des brigands, réussissant ainsi à s'installer et à vivre heureux.

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Le Récit

Grison, un âne âgé et sourd, s'échappe de son maître qui veut le tuer et décide de devenir musicien à Brême. En chemin, il rencontre un chien, un chat et un coq, tous en fuite pour échapper à leurs maîtres, et les convainc de le rejoindre dans son aventure musicale. Ensemble, ils trouvent refuge dans une maison où ils effraient des brigands, réussissant ainsi à s'installer et à vivre heureux.

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Le Récit

1) Il était une fois un âne. Un âne qui s’appelait Grison.


Comme beaucoup d’ânes, il travaillait dur.
Grison était courageux et à présent qu’il était âgé, il était sourd, ou si vous voulez dur de la
feuille.
Mais un jour qu’il venait de porter du bois que son maitre avait coupé dans la foret, à son
retour il l’entendit crier à sa femme : « Grison est ben vieux maint’nant, il arrive plus à
accomplir sa tache. Va falloir s’en séparer ! Oui, sa peau usée servira ben à nous réchauffer
c’t’hiver ! Et pour le reste... on en f’ra de la saucisse ! Oui, oui, oui, de la saucisse ! »
Grison n’en crut pas ses vieilles oreilles.
Bien sûr, il ne demanda pas qu’on lui répétât ces terribles paroles.
La nuit d’abord il pleura amèrement dans la grange. Comment pouvait-on lui faire
cela se demandait-il ?

Chanson l’âne Grison

2) Enfin, il s’endormit et rêva. Et lorsqu’il se réveilla, il ne se sentit plus triste du tout. Les
rêves ont d’étranges pouvoirs parfois !
Le lendemain donc, au petit matin, il s’échappa et partit pour devenir musicien de Brême.
Musicien de Brême, cela sonnait bien dans sa tête. Ce qui semblait amusant, c’est qu’il ne se
demandât pas si un musicien pouvait être sourd.

3) Le voici à présent sur le chemin, au loin s’éloigne la ferme et son tragique destin... rien
sur le dos, personne pour vous donner des ordres, personne pour vous donner des coups de
bâton, Grison se sentait revivre.
Il lui semblait même entendre le chant des oiseaux, la musique des pierres qui roulaient
sous ses sabots.
Au bout d’un moment, il trouva là, étendu sur la route, un chien roux au long museau. Il
était épuisé et aboyait comme... comme un idiot. Hélas, il n’y a pas d’autre mot !
« Qu’as-tu donc à aboyer de la sorte ? demanda le bon Grison. »
Le chien se tut et sembla réfléchir.
On aurait dit dans son silence qu’il souriait bêtement et qu’un courant d’air circulait dans sa
caboche.
Son sourire de crétin, ses sourcils épais en bataille faisaient de sa tête comme un masque de
carnaval hilare.
Le chien roux après un moment répondit :

Chanson : LE CHIEN MUSEAU


4) Grison lui demanda ce qu'il faisait là, tout seul sur le bord du chemin. « Ce matin,
répondit le chien, en revenant de la chasse, mon maître me dit : « Hein, tu n’es plus bon à
rien, aurais-tu perdu ton flair ? Va falloir trouver une solution. Je vais me débarrasser de
toi...»
Et moi, je le regarde, comme je le regarde d’habitude. Alors, le voilà qui me flanque un
grand coup de pied dans les côtes. Je vais te dire, j’ai décampé aussi vite que j’ai pu. J’ai
couru, couru pour venir m’écrouler et aboyer ici.
Très bien ! fit Grison qui n’avait entendu qu’un mot sur deux, veux-tu me suivre et devenir
Musicien de Brême ? »
« Ha, c’est pas de refus fit le chien roux à l’air stupide. »
« Hé, demanda l’âne, comment tu t’appelles, moi, c’est Grison ? »
« Heu... répondit le chien... Heu, je ne sais pas. C’est que mon maître m’appelait par tant de
noms : corniaud, imbécile, vieille couenne, vaurien, sac d’os, andouille ; je ne vois pas
lequel. »
« Parfait !, fit Grison, qui n’entendait pas grand chose, je t'appellerai... Museau ! »
« D’accord pour Museau fit le chien roux. »

5) Et tous les deux, très satisfaits, prirent le chemin pour Brême. Un peu plus loin, ils
trouvèrent un chat perché dans un arbre. C’était un chat noir, il avait une grosse tête
ronde, comme écrasée, coiffée de deux oreilles également rondes, ce qui n’est pas commun
pour un chat. Au milieu, deux grands yeux verts et jaunes jetaient des éclairs de malice.
Ses moustaches blanches ressemblaient à des arêtes de poisson. Son museau d’ébène
reluisait à la manière d’un galet noir mouillé par la vague.
Par contre, il avait un tout petit corps efflanqué et pratiquement sans queue. En un mot,
il était laid.
« Que fais-tu perché là-haut demanda Grison ? »
« A ton air, on dirait que ça ne va pas surenchérit Museau. »
« Voyez-vous fit le chat, je viens d’être chassé de chez moi. »
« Chasser, s’exclama Museau tout joyeux ! Ouah ! Ouah !»
« Non, pas exactement, on a voulu me noyer, me jeter dans un puit avec une pierre attachée
au cou, au prétexte que je suis... vieux. »
« Qu'est-ce que tu dis ? Demanda Grison, car il n’avait entendu que « vieux » et cela
l’intéressait.
Le chat s’exécuta et haussant de la voix : « On a voulu me jeter dans un puit avec une
pierre attachée au cou, au prétexte que je suis vieux ! Mais la vérité n’est pas là, je
vais vous raconter :

Chanson : LE CHAT
6) Mais bon, faut me comprendre ! Une semaine entière sans travailler, une semaine entière
avec un bol de lait par jour, une semaine entière auprès du poêle à ronronner, une semaine
entière à me prélasser ! Mais ce matin, j’ai été découvert et j’ai bien cru que ma dernière
heure était venue quand la fermière m’a empoigné par la peau du cou en hurlant : « Vieux
matou, c’en est fini de toi ! »
J’ai feulé si fort qu’elle a été obligée de me lâcher. C’est ainsi que vous me voyez ici à me
demander ce que je vais bien devenir. »
Grison qui avait goûté l’histoire lui dit : « Veux-tu nous suivre et devenir musicien de
Brême ? »
« Ma foi, pourquoi pas, je n’ai rien à perdre. »
Le chat, en descendant de son arbre, pensa que de toute façon il tirerait bien quelque chose
de cet âne sourd et de ce chien idiot.
Et tous les trois, très satisfaits se mirent en route pour Brême. Après quelques heures de
route, le chat se plaignit de ses pattes trop courtes qui ne lui permettaient pas de marcher
aussi vite qu’eux. Grison qui était bon le fit grimper sur sa tête et c’est ainsi qu’ils
rencontrèrent... le coq. Il était devant la porte d’une cour et criait tant qu’il le pouvait.

Chanson Le co…q !

7) C’était un très beau coq, sa crête bien rouge forçait l’admiration. Ses yeux ronds et
mobiles lui donnaient le regard perçant d’un rapace. Son bec jaune, ses plumes rouges et
noires faisaient de lui un animal de parade. Ses pattes, ses ergots, ses cuisses lui donnaient
un air de grande puissance. C’était un coq bien nourri.
Museau et le chat salivèrent tout de suite en le voyant.
Mais Grison, qui avait vu l’appétit de ses compagnons poindre, frappa deux coups de sabots
à terre et demanda : « Qu’as-tu à crier ainsi ? »
Le coq répondit bien fort et d’un air important : « Aujourd’hui, moi qui fait se lever le
soleil, j’ai entendu ma patronne qui marie sa fille dire qu’elle allait pour le repas des
convives me faire rôtir à la broche !
Vous imaginez qu’on puisse me couper la tête, puis me tremper dans une bassine d’eau
chaude pour me déplumer, m’extirper les viscères, m’enduire de beurre et m’embrocher
pour me faire cuire lentement au-dessus d’un lit de braises rougeoyantes ? »
Le chat qui se léchait les babines s’écria : « J’imagine très bien ! »
Grison frappa une nouvelle fois le sol et dit : « Veux-tu nous suivre et devenir musicien de
Brême ? »
Le coq qui n’avait qu’une idée en tête : sauver sa peau, répondit : « Marché conclu et cria à
sa patronne : chère patronne, je m’en vais et demain et les jours suivants vous resterez dans
le noir. Une nuit éternelle après la noce vous attend, car au petit matin, je ne serai pas là
pour vous faire se lever le soleil ! »
Et c’est sur ces dernières paroles qu’ils prirent le chemin pour Brême. Ils marchèrent des
heures, le chat sur la tête de Grison et le coq sur le dos de Museau.
Car lui aussi avait prétexté de la petitesse de ses pattes pour se faire porter...
Ils étaient libres, enfin libres. L’âne, le chien, le chat et le coq rêvaient à leur avenir de
musiciens. Ils se voyaient déjà comme le quatuor le plus célèbre de Brême.
Ils imaginaient même leur statue sur la place de l’opéra !

Chanson : QUAND NOUS SERONS MUSICIENS


8) Petit à petit la nuit s’installa avec son cortège d’étoiles et c’est dans une forêt que nos
quatre compagnons trouvèrent refuge. Ils choisirent un grand chêne.
...
Impossible de s'endormir. Blup blup blup blup... grr grr grr grr grr... glou glou
glou...
Les ventres de nos quatre amis faisaient un tel bruit ! Un vrai concert...

ORCHESTRE à L’école : OYE COMO VA

9) Il me semble, dit soudain le coq, que là-bas, au loin, on voit de la lumière.


Il monta sur le dos du chat, qui monta sur le dos du chien qui lui-même monta sur le dos
de grison.
Que voit-il ? Demanda grison à museau, qui demanda au chat, qui demanda au coq ?
Je vois une maison répondit le coq au chat, qui répéta au chien, qui répéta à grison qui
n'entendit pas la réponse alors le chien répéta beaucoup plus fort ce qui fit peur à tout
le monde et tout le monde dégringola.

Chanson: QUE VOIT-IL ? Chanson

10) Quand ils furent tous les quatre loin de la maison, le coq expliqua clairement
tout ce qu'il avait vu à l'intérieur. Deux affreux, qui partageaient du pain,
de la soupe, des gâteaux... Ils discutèrent pour échafauder leur plan...

Chanson: MOI, J'AI FAIM Chanson

11) A ces cris affreux, à ce fracas, à ce tintamarre ubuesque, les brigands se levèrent
brusquement et persuadés que c’était un monstre, un fantôme, une bête immonde qui
entrait, ils s’enfuirent à toutes jambes. Alors les quatre compagnons poussèrent un
cri de victoire et heureux se mirent à table.

LE CONCERT DU DÎNER. OYE COMO VA

12) Tagada tsoin tsoin oulala oulala... grounche, hum, hum... gloglou...gloglou... pic pic pic....

Quand nos musiciens eurent mangé, quand nos musiciens rôtèrent comme il se doit après
un bon repas, ils éteignirent la chandelle et s’endormirent heureux. L’âne se coucha
sur la table, le chien contre la porte de derrière, le chat près de la cheminée et le
coq au-dessus du garde-manger.
Les douze coups de minuits sonnèrent...

LE CONCERT DES DOUZE COUPS DE MINUIT dong dong dong dong...


14) Le chef des brigands, Gueule d’Affreux et son sous-chef mimosa revinrent sur leur pas
pour observer la maison.
Gueule d’Affreux était une brute épaisse. Il possédait une minuscule tête. Sa bouche aux
lèvres épaisses dessinaient un A comme le A majuscule d’Affreux. Ses yeux surmontés
d’épais sourcils étaient très enfoncés dans son visage. Son front était barré d’une large
cicatrice. Son menton et ses joues flasques tombaient comme de la guimauve. Tout le
monde avait peur de lui, car ses colères étaient terribles.
Le sous-chef mimosa était filiforme. Tout était long chez lui, son nez, ses jambes, ses
bras, ses pieds, son cou, sa tête. Même sa façon de comprendre les choses. Il faut
ajouter au portrait de Mimosa qu’il adorait se parfumer. Un brigand parfumé était « le
chic » pour lui.

Chanson : LES DEUX BRIGANDS

16) Gueule d'Affreux : Mimosa !

Mimosa : Quoi, chef ?

Gueule d'Affreux : Tais-toi !


Mimosa : Oui, chef.

Après un long silence d’observation Gueule d’Affreux dit : « N’aurions pas dû nous faire
chasser de chez nous. »
« Ca, c’est sûr. » répondit le sous-chef Mimosa.
« Vois-tu reprit le chef, tu vas aller voir à l’intérieur ce qui se passe, après tu reviendras et
nous ferons un plan d’attaque. J’ai envie de mon confort, moi. »
« Ca, c’est sûr. » répondit à nouveau Mimosa le sous-chef.
Après un moment Gueule d’Affreux lui : « Alors, qu’est-ce que tu attends ? »
« Ca, c’est sûr. » fit le sous-mimosa chef.
Alors, pour le faire démarrer, Gueule d’Affreux lui balança un grand coup de pied au derrière
Bon, reprenons. On se rappelle où étaient nos quatre compagnons : L’âne, sur la table, le
chien contre la porte de derrière, le chat près de la cheminée et le coq au-dessus du garde-
manger.

Chanson : PAUVRE MIMOSA

17) Mimosa se précipita hors de la maison en hurlant : « Sauve qui peut ! »


Gueule d’Affreux fut obligé de lui faire un croche-pied pour l’empêcher de fuir à l’autre bout
de la terre.
Mimosa se tordait au sol comme s’il était possédé par un esprit furieux.
Pour le calmer le chef des brigands lui décocha un violent coup de pied dans les côtes. L’effet
fut immédiat..
« Raconte » fit alors Gueule d’Affreux Brigand.

Chanson : LE RÉCIT DE MIMOSA


18) Je n’veux plus y aller dans cette maison. C’est fini. C’est fini, dit Mimosa.
Alors Gueule d’Affreux Brigand répondit : « Ça, c’est sûr ! »
Depuis ce jour, les brigands n’osèrent plus revenir dans la maison où les quatre Musiciens se
trouvèrent si bien qu’ils s’y installèrent pour toujours. On raconte qu'ils répètent. Ils
travaillent pour leur premier concert.
Soyez à l'affût ! Peut-être joueront-ils un jour près de chez vous. Quoi qu'il en soit, on peut
parier que leur premier concert aura lieu... à Brême !

(on reprend QUAND NOUS SERONS MUSICIENS)

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