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4 Eurocodes 3 Generalites

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Chapitre IV – EUROCODES 3

GENERALITES

I – Les Eurocodes
Les Eurocodes sont des règles communes de dimensionnement/conception et de vérification
des ouvrages de construction établies à l’échelle européenne. Le principal objectif de telle
harmonisation est de supprimer, pour les états membres, tout obstacle au libre accès des entreprises de
travaux ou des bureaux d’études techniques au marché unique européen de la construction, du
essentiellement à la disparité des règles
Les Eurocodes de première génération ont été rédigés dans les années 80. Celles-ci ont été
reprises en normes provisoires, ENV, dans les années 90. Les ENV ont été transformées en EN
(normes européennes à partir de 1998).
Les Eurocodes EN actuels forment dix groupes de textes couvrant les aspects techniques du
calcul structural et du calcul au feu des bâtiments et des ouvrages de génie civil. Chaque Eurocode est
caractérisé par un numéro de norme européenne (EN). Ex. : EN 1991 pour l’Eurocode 1, etc…

Numéro Sujet traité Remplace (en France)


EN 1990 Eurocode Bases de calcul des structures
EN 1991 Eurocode 1 Actions sur les structures Différentes normes, NV 65, N84
EN 1992 Eurocode 2 Calcul des structures en béton BAEL 91 et BPEL 91
EN 1993 Eurocode 3 Calcul des structures en acier CM 66 et Additif 80
Calcul des structures mixtes
EN 1994 Eurocode 4
acier-béton
EN 1995 Eurocode 5 Calcul des structures en bois CB 71
Calcul des structures en
EN 1996 Eurocode 6
maçonnerie
EN 1997 Eurocode 7 Calcul géotechnique
Calcul des structures pour leur PS92
EN 1998 Eurocode 8
résistance aux séismes
Conception et dimensionnement
EN 1999 Eurocode 9
des structures en aluminium
Chaque Eurocode se compose à son tour de plusieurs parties, indiquées par de groupe de
chiffres supplémentaire. Ainsi, EN 1993 – 1 - 1 signifie partie un-un de l’Eurocode 3. L’année de
publication pourrait y être ajoutée. Ex. : EN 1993-2 – 2007 signifie partie 2 de l’Eurocode 3, publiée
en 2007.
Par ailleurs, chaque Eurocode est complété par une Annexe nationale. Celle-ci a pour but de
fixer :
des valeurs et/ou des classes là où des alternatives figurent dans l’Eurocode,
des valeurs à utiliser là où seul un symbole est donné dans l’Eurocode,
des données propres à un pays (géographiques, climatiques, etc.), par exemple carte de neige,
la procédure à utiliser là où des procédures alternatives sont données dans l’Eurocode. Ces éléments
sont appelés « Paramètres déterminés nationalement » (symbole NDP en langue anglaise).
Elle peut également contenir :
des décisions sur l’usage des annexes informatives,
des références à des informations complémentaires non contradictoires pour aider l’utilisateur à
appliquer l’Eurocode.
Mais elle ne doit pas dénaturer le contenu technique de l’Eurocode.

1
Enfin, les Eurocodes ne représentent qu’une partie du « décor » normatif européen : ce sont des
normes de conception et de calcul, donc des normes de haut niveau, mais elles s’appuient sur d’autres
normes européennes (matériaux et produits, exécution, essais) sans oublier les agréments techniques
européens.

La figure ci-dessous précise les liens entre les divers Eurocodes :

II - L’Eurocode 3 (EC3 ou EN 1993)


21 - Généralités
L’Eurocode 3 régit le calcul des structures en acier. Il est complété par des annexes nationales.
L’ensemble ainsi constitué est appelé EC3-DAN (document d’application nationale).
L’Eurocode 3 est divisé en plusieurs parties séparées et est complété par plusieurs annexes.
- Partie 1 ou EN 1993 - 1 : règles générales et règles pour les bâtiments,
- partie 2 ou EN 1993 - 2 : ponts métalliques,
- partie 3 ou EN 1993 - 3 : tours, mâts et cheminées,
- partie 4 ou EN 1993 - 4 : silos, réservoirs et canalisations,
- partie 5 ou EN 1993 - 5 : pieux et palplanches,
- partie 6 ou EN 1993 - 6 : chemins de roulement.
Les parties 2 à 6 se réfèrent sur les règles génériques de la partie 1 ; Inversement, les règles
dans les parties 2 à 6 précisent les conditions d’emploi de la partie générique EN 1993 -1.
L’EN 1993 – 1 « règles générales et règles pour les bâtiments » comprennent :
- EN 1993 - 1 – 1 : règles générales et règles pour les bâtiments,
- EN 1993 - 1 – 2 : règles générales _ calcul du comportement au feu,
- EN 1993 - 1 – 3 : profilés et plaques formés à froid,
- EN 1993 - 1 – 4 : aciers inoxydables,
- EN 1993 - 1 – 5 : plaques planes chargées dans leur plan,
- EN 1993 - 1 – 6 : coques,
- EN 1993 - 1 – 7 : plaques planes chargées transversalement à leur plan,
- EN 1993 - 1 – 8 : calcul des assemblages,
- EN 1993 - 1 – 9 : fatigue,
- EN 1993 - 1 – 10 : choix des qualités d’aciers,
- EN 1993 - 1 – 11 : calcul des structures à câbles, tirants ou autres éléments tendus,
- EN 1993 - 1 – 12 : règles additionnelles pour l’utilisation de l’EN 1993 jusqu’aux nuances d’acier
S700.

2
Le schéma ci-dessous résume les différentes étapes de publication de l’Eurocode 3 en France.
Fin de la
période de
coexistence
15 EC3 Tous les EC3
5 EC3 ACIER
ACIER ACIER publiés
publiés
publiés
Mars 2010

2005 2006 2007 2008 2009

3 AN ACIER 6 AN
6 AN Fin publication
publiées ACIER
ACIER AN ACIER
publiées
publiées

Enfin, l’Eurocode 3 permet de traiter :


- des structures calculées en plasticité aussi bien qu’en élasticité,
- des structures sensibles aux effets du second ordre,
- des sections quelconques quant à l’élancement de leurs parois comprimées.
Par rapport au CM 66 et à l’Additif 80, l’Eurocode 3 :
- introduit une rationalisation des niveaux de sécurité vis-à-vis des différents critères de ruine, dans
le cadre d’une approche de type « états limites »,
- apporte des compléments sur le voilement de cisaillement des âmes de poutres, l’évaluation de la
résistance en fatigue des constructions en acier et l’évaluation de la résistance à la rupture fragile,
- apporte une amélioration sensible des codifications sus-référencées (analyse des structures plus
développée, critère d’état limite de service).
Le présent cours traitera la partie 1-1 de l’Eurocode 3. La référence des différents principes,
règles d’application et formules utilisés dans le cours sera essentiellement l’EN 1993 -1-1 : 2005,
version française, sauf mention du contraire.
22 – Valeurs de calcul de certaines propriétés des aciers couverts l’EN 1993 -1-1 (3.2.6)
- module d’élasticité longitudinale : E = 210 000N/mm²
- module de cisaillement : G = E/[2(1+ υ)] ≈ 81 000 N / mm²
- coefficient de Poisson : υ = 0,3
- coefficient de dilatation : α = 12.10-6 par °C (pour T ≤ 100 °C)
- masse volumique : ρ = 7850 kg/m3 (non défini dans l’eurocode)

3
23 – Conventions pour les axes des éléments (1.7 ) – voir annexe 1
En général :
xx : axe longitudinal de l’élément
yy : axe parallèle aux semelles
zz : axe perpendiculaire aux semelles
Pour les cornières :
yy : axe parallèle à la plus petite aile
zz : axe perpendiculaire à la plus petite aile

Si nécessaire :
uu : axe principal de forte inertie (lorsqu’il ne correspond pas avec l’axe yy)
vv : axe principal de faible inertie (lorsqu’il ne correspond pas avec l’axe zz)

III – La partie 1-1 de l’EC3


31 – Contenu
La partie 1-1 de l’Eurocode 3, comprend 7 chapitres dont les généralités, un chapitre pour
chaque état-limite (chap.6 et 7), un autre pour le matériau acier (chap.3). Le chapitre 5 traite de
l’analyse de structure. En outre, il contient 4 annexes informatives.
32 –Etats limites
Les états limites sont des états au-delà desquels la structure ne satisfait plus aux exigences de
performance pour lesquelles elle a été conçue.
Deux catégories d’états limites sont à considérer pour justifier la sécurité et l’aptitude au
service des constructions relevant des Eurocodes.
321 – état limite de service
L’ELS met en jeu les conditions normales d’exploitation de l’ouvrage, à savoir les
déformations et les vibrations. L’Eurocode ne précise aucune limite de flèche ou de doses de vibration
spécifiques. Il précise simplement que les critères d’aptitude au service doivent être précisés et
convenus avec le client pour chaque client, à moins que celles-ci ne soient spécifiées dans l’annexe
nationale.
322 – état limite ultime
L’ELU met en jeu la sécurité des biens et des personnes. Les états limites à considérer
comprennent notamment :
- la perte d’équilibre de la structure ou de l’une de ses parties, considérée comme un corps rigide
- la ruine par déformation excessive, rupture, ou perte de stabilité de la structure ou d’une de ses
parties, y compris les appuis et les fondations.
- fatigue ou fissuration progressive due à des charges répétées en un très grand nombre de cycle
dans le temps. Passé un certain seuil de fissuration, risque de rupture brutale.
33 – Combinaisons d’action (voir extrait de NF EN 1990 joint au cours)
331 – combinaisons d’action à l’ELU
Pour l’étude de la stabilité d’équilibre
1,1Gkj,sup + 0,9 Gkj,inf + 1,50 (ou 0 si favorable)Q k,1 + ∑ 1,50 (ou 0 si favorable) 0,i Q k,i
i>1
Pour l’étude de la défaillance interne ou de la déformation excessive de la structure ou d’éléments
structuraux,
1,35Gkj,sup + 1,00 Gkj,inf + 1,50 (ou 0 si favorable)Q k,1 + ∑ 1,50 (ou 0 si favorable) 0,i Qk,i
i>1
ou encore la plus défavorable de :
1,35Gkj,sup + 1,00 Gkj,inf + 1,50 (ou 0 si favorable)Ψ0,1 Q k,1 + ∑ 1,50 (ou 0 si favorable)Ψ0,i Q k,i
i>1

4
et 1,15Gkj,sup + 1,00 Gkj,inf + 1,50 (ou 0 si favorable)Q k,1 + ∑i>1 1,50 (ou 0 si favorable)Ψ0,i Q k,i
Gkj,sup: action permanente défavorable
Gkj,inf : action permanente favorable
Qk,1: charge variable dominante (ou principale)
Qk,i: charges variables secondaires (ou d’accompagnement)

En règle générale :
- lorsque l’on considère un état limite d’équilibre statique, ou de grands déplacements ou
déformations de la structure, on doit vérifier que :
Ed,dst ≤ Ed,stb
avec Ed,dst: effet de calcul des actions déstabilisantes
Ed,stb: effet de calcul des actions stabilisantes
- lorsque l’on considère un état limite de rupture ou de déformation excessive d’une section
transversale, d’un élément ou d’un assemblage (sauf cas de vérification de fatigue), on doit vérifier
que :
Ed ≤ Rd
avec Ed : valeur de calcul d’une sollicitation (ou du torseur de plusieurs sollicitations)
Rd : résistance de calcul correspondante
- lorsque l’on considère un état limite de formation d’un mécanisme dans la structure, on doit
vérifier que le mécanisme ne se produit pas - à moins que les actions ne dépassent leurs valeurs de
calcul - , en prenant en compte les valeurs de calcul respectives de toutes les propriétés de la structure
- lorsque les effets du 2nd ordre conduisent à considérer un état limite de stabilité, on doit vérifier
que l’instabilité ne survient pas, à moins que les actions ne dépassent leur valeur de calcul, en prenant
en compte les valeurs de calcul respectives de toutes les propriétés de la structure.
- lorsque la fatigue conduit à considérer un état limite de rupture, on doit vérifier que :
Dd ≤ 1, Dd étant la valeur de calcul de dommage
- lorsque l’on considère les effets des actions, on doit vérifier que :
Ed ≤ Cd
avec Ed :valeur de calcul pour l’effet particulier des actions pris en considération
Cd : capacité de calcul pour cet effet des actions (ex. : capacité de rotation d’un
assemblage)
332 – combinaison d’action à l’ELS
Gkj,sup + Gkj,inf + Q k,1 + ∑ 1,50 Ψ0,i Q k,i
i>1

On doit vérifier que :


Ed ≤ Cd ou Ed ≤ Rd
avec Cd : valeur nominale ou fonction de certaines propriétés de calcul des matériaux
relative à l’effet des actions considérées (ex. : Cd = valeurs limites de flèche)
Ed : effet de calcul des actions, déterminé sur la base d’une des combinaisons
définies ci-dessus
N.B. : Il faut étudier tous les cas de charges possibles afin de déterminer les sollicitations maximales
dans chaque section de la structure

5
IV – Nouveaux apports de l’EC3
41 – Classification des sections transversales (5.5) – Voir annexe 3 au cours
L’Eurocode 3 définit une classification des sections transversales en fonction des capacités de
résistance et de rotation (capacités dépendant de l’influence du voilement local).
Classe 1 : sections transversales pouvant former une rotule plastique avec la capacité de rotation
requise pour une analyse plastique (parois comprimées suffisamment rigides pour qu’en aucun cas le
voilement local n’apparaisse avant la plastification complète de la section). Calcul plastique autorisé.
Classe 2 : sections transversales pouvant développer leur moment de résistance plastique, mais avec
une capacité de rotation limitée (ruine par voilement local lors du développement de déformations
plastiques, après atteinte de la capacité plastique de la section). Calcul plastique autorisé en deçà de
la limite de rotation
Classe 3 : sections transversales dont la contrainte calculée dans la fibre extrême comprimée de
l’élément en acier peut atteindre la limite d’élasticité, mais dont le voilement local est susceptible
d’empêcher le développement du moment de résistance plastique (ruine par voilement local après le
seuil de résistance élastique mais avant atteinte de la capacité plastique). Seul le calcul élastique est
autorisé.
Classe 4 : sections transversales dont la résistance au moment fléchissant ou à la compression doit être
déterminée avec prise en compte explicite des effets de voilement local (ruine prématurée par
voilement local, avant même l’atteinte de la limite élastique par la fibre la plus défavorisée). Seul le
calcul élastique avec la section efficace est autorisé.
La réduction de résistance due aux effets de voilement local des sections transversales de classe
4 est prise en compte à l’aide de la méthode des largeurs efficaces.
Courbes types de comportement moment-rotation en fonction de la classe de la section

Le classement d’une section transversale dépend des dimensions de chacune de ses parois
comprimées. La classe d’une section transversale est la classe la plus haute de ses parois comprimées.
42 – Facteurs partiels de sécurité
Initialement, la vérification de la fiabilité d’une structure consistait à contrôler un ensemble de
conditions du type : S ≤ R / γ . (réglementation de type « aux contraintes admissibles » dans laquelle il
était imposé que les sollicitations ne dépassent pas une fraction de la limite d’élasticité des matériaux).
Par la suite, avec les règles CM 66, la réglementation évoluait et se transformait en une
réglementation dite par « pondération des charges » (γS ≤ R), tout en cherchant à retrouver les mêmes
degrés de sécurité qu’offrait la réglementation aux contraintes admissibles.
La réglementation actuelle fondée sur le principe des états limites est dite réglementation par
« pondération des charges et des résistances » (γS ≤ R/γM). Les différentes actions sont ainsi pondérées
par des facteurs partiels de sécurité et des coefficients d’accompagnement dépendant des combinaisons
d’actions considérées et traduisant la probabilité d’occurrence d’actions (ou de valeurs) différentes de
niveaux donnés (Ex. : charge d’exploitation, vent). De même, les résistances sont pondérées par des
facteurs partiels de sécurité relatifs à chaque critère de résistance qui traduisent les incertitudes sur les
données géométriques et sur les caractéristiques du matériau.
Ces facteurs partiels de sécurité γM pour la pondération des résistances ont pour valeur :

6
- pour la vérification de la stabilité des éléments (au voilement, déversement et flambement) : γM1
=1,0
- pour la vérification des sections transversales
quelle que soit la classe de la section : γM0 = 1
sections nettes au droit des trous : γM2 = 1,25
- pour la vérification à la rupture des sections transversales en traction : γM2 = 1,25
- pour la vérification des assemblages
résistance des boulons
des rivets γM2 = 1,25
des axes d’articulation
des soudures
des plaques en pression diamétrale
résistance au glissement à l’ELU (catégorie C) γM3 = 1,25
à l’ELS (catégorie B) γM3,ser = 1,10
résistance en pression diamétrale d’un boulon à injection γM4 = 1,0
résistance des joints des poutres à treillis de profils creux γM5 = 1,0
résistance des axes d’articulation à l’ELS γM6,ser = 1,00
précontrainte des boulons à haute résistance γM7 = 1,10
résistance du béton γc (voir EN 1992)
43 – Imperfections de structures
Un autre changement apporté par l’EC3 est la prise en compte de l’influence des imperfections
structurelles au niveau de l’analyse de la structure.
431 – Imperfection d’aplomb pour l’analyse globale de la structure
Ф = Ф0 αh αm
Où : Ф : défaut initial d’aplomb
Ф0 = 1/200
2
αh = mais 2/3 ≤ αh ≤ 1 (coef. De réduction qui tient compte de la hauteur h de la structure)
√h
1
αm = √0,5 (1 + ) (coef de réduction qui tient compte du nombre de poteaux pris en
m
compte dans une rangée)
h : hauteur de la structure en m
m : nombre de poteaux dans une file. Les poteaux qui supportent une charge verticale NEd
inférieure à 50% de la charge verticale moyenne par poteau dans le plan considéré ne sont pas inclus
dans m.
Les défauts d’aplomb des ossatures de bâtiments peuvent être négligés si HEd 
0,15VEd (où HEd est la valeur de calcul de la résultante horizontale, au niveau de la partie inférieure de
l’étage, des charges horizontales réelles et fictives et VEd la valeur de calcul de la charge verticale
totale, au niveau de la partie inférieure de l’étage). Dans les autres cas, les imperfections globales
d’aplomb peuvent être remplacées par un système de forces horizontales équivalentes HEq = Ф NEd lors
de l’analyse globale, où NEd , effort normal de compression dans les poteaux.

7
Imperfection d’aplomb

Force horizontale équivalente


au défaut d’aplomb.
HEq = ϕ.NEd

432 – Imperfections locales des éléments


Au niveau de l’analyse globale, l’EC3 impose également l’introduction d’une déformée initiale
en arc dans les poteaux qui sont à la fois très élancés et fortement comprimés.
En règle générale, les imperfections des éléments comprimés ne doivent pas être considérées
dans l’analyse globale des structures rigides. Elles ne sont prises en compte(en plus des imperfections
globales d’aplomb) que dans le cas des ossatures souples et seulement pour les éléments comprimés
remplissant les conditions suivantes :
- au moins une des extrémités transmettent des moments de flexion
Afy
- et > 0,5√
NEd

: élancement réduit du poteau calculé en considérant le poteau comme articulé aux extrémités.
La valeur relative de cette imperfection, e0 / L, est donnée ci-dessous. L est la longueur d’épure
de l’élément.
Courbe de flambement Analyse élastique Analyse plastique
e0 / L e0 / L
a0 1/350 1/300
a 1/300 1/250
b 1/250 1/200
c 1/200 1/150
d 1/150 1/100

La déformée en arc peut être remplacée par l’action d’une charge équivalente q0 appliquée le
long de l’éléments comprimé et équilibrée par des réactions q0 L / 2 à chaque extrémité de l’élément
où q0 = 8 NEd e0 / L²
L’orientation de la déformée en arc, ou de la charge équivalente, est choisie de manière à être la
plus défavorable compte tenu des charges appliquées à la structure et à l’élément.

8
44 – Rigidité d’une structure
Elle est définie par le coefficient :
Fcr
αcr =
FEd
Où αcr: est le « facteur de charge critique » ou « coefficient d’amplification critique » ou encore
« coefficient d’éloignement de l’instabilité élastique ». Il caractérise la rigidité de la structure vis-à-vis
du chargement appliqué. Plus αcr est grand, plus la structure est rigide vis-à-vis du chargement
appliqué, moins elle est sensible aux effets du second ordre, plus le choix d’une analyse de la structure
au premier ordre est justifié pour ce chargement.
Fcr (ou encore Vcr): valeur critique élastique de la charge totale verticale totale pour l’instabilité
suivant le mode à nœuds déplaçables
FEd (ou encore VEd ou VSd) : Valeur de calcul de la charge verticale totale appliquée à la
structure. Ainsi, αcr est le facteur par lequel il faut multiplier FEd pour atteindre l’instabilité élastique de
la structure.
Pour les portiques à pentes de toiture faibles (pente inférieure à 50%) et les ossatures planes de
bâtiments de type poteaux-poutres à nœuds déplaçables, αcr peut être calculé avec une méthode
approchée, selon la formule suivante, à condition que la compression axiale dans les poutres ou les
𝐴 𝑓𝑦
arbalétriers ne soit pas significative (i.e. si  0,3 √𝑁 ).
𝐸𝑑

HEd h
αcr = ( )( )
VEd δH,Ed

avec HEd : réaction horizontale totale à la partie inférieure de l’étage correspondant aux charges
horizontales appliquées à la structure et aux charges équivalentes
VEd : réaction verticale totale à la partie inférieure de l’étage
h : hauteur d’étage
δH,Ed : déplacement horizontal à la partie supérieure de l’étage par rapport à sa partie inférieure,
sous HEd
NEd: valeur de calcul de l’effort normal de compression dans la poutre considérée dont A est la
section et l’élancement réduit .

9
δH,Ed

HEd
VEd

45 – Classification des assemblages (EN 1993 – 1 – 8)


Il est impossible de réaliser un encastrement parfait (assemblage réellement encastré) car tout
assemblage est déformable. De la même façon, une articulation parfaite (assemblage réellement
articulé) n’existe pas non plus, du fait des frottements et des contacts multiples qui s’opposent, à des
degrés divers, aux déplacements relatifs des pièces. Aussi, pour mieux appréhender le rôle des
assemblages dans l’analyse de structure, leur fonctionnement est modélisé par une courbe moment-
rotation (moment appliqué à l’assemblage et rotation relative au niveau de l’assemblage). Cette courbe
fait apparaître les deux critères qui permettent de les classer:
- la résistance, qui est représentée par le moment maximum que peut reprendre l’assemblage
- la rigidité, qui peut être représentée de manière simplifiée par une droite orientée par la première
partie de la courbe de comportement.
Sur cette courbe, un encastrement parfait conserverait son angle d’origine jusqu’à ce que la
résistance maximum de l’assemblage soit atteinte. Une articulation parfaite, quant à elle, admettrait
une grande capacité de rotation sans développer de moment

V – Analyse de structure
La vérification du dimensionnement d’une structure doit être menée à l’ELU. Celle-ci doit
s’appuyer sur une analyse globale de l’ossature permettant de déterminer les sollicitations dans les
différents éléments qui la constituent. Il s’agira ensuite de vérifier la résistance des sections les plus
sollicitées et de s’assurer de la stabilité des éléments vis-à-vis des phénomènes d’instabilité élastique.
51 – Règles CM 66
Les règles CM 66 distinguent deux types de structures :
- les structures à nœuds fixes : ce sont les structures dont la stabilité latérale est assurée
extérieurement par une structure ou intérieurement par une triangulation, mettant en jeu des rigidités
d’effort normal. Ex : structures stabilisées par un contreventement suffisant, structure triangulée.
- les structures à nœuds déplaçables : structures dont la stabilité latérale repose sur la mise en jeu des
rigidités de flexion de leurs éléments et de leurs assemblages.
Les règles CM66 autorisent l’analyse des structures à nœuds déplaçables par un calcul élastique
au premier ordre si :
- les déplacements latéraux en tête de poteaux n’entraînent pas un faux-aplomb de plus de 1/200 de
leur hauteur. Dans le cas contraire, une vérification sommaire de la stabilité à l’état déformé (analyse
au second ordre) peut être nécessaire. (commentaire CM 66 – 3,90)

10
- la stabilité des poteaux est établie en considérant leur longueur de flambement tenant compte du
caractère déplaçable des nœuds.
52 – Eurocode 3 (5.4)
521 – Méthodes d’analyse globale (5.2.1(1))
L’Eurocode propose 2 méthodes d’analyse globale des structures pour déterminer les
sollicitations :
- Analyse au premier ordre, se référant à la géométrie initiale de la structure,
- Analyse au second ordre prenant en considération l’influence de la déformation de la structure ;
Chaque analyse peut se faire selon la théorie de l’élasticité ou celle de la plasticité.
a) - Analyse plastique ou élastique au premier ordre
L’analyse au premier ordre est adoptée lorsque les déformations ont une incidence négligeable
sur les sollicitations (cas d’une structure rigide). Cette condition est supposée remplie lorsque αcr ≥ 10
pour l’analyse élastique et αcr ≥ 15 pour l’analyse plastique.(5.2.1(3))
b) – Analyse plastique ou élastique au second ordre
Dans le cas d’une structure telle que αcr < 10 pour l’analyse élastique (αcr < 15 pour l’analyse
plastique), l’influence des déformations doit être prise en compte par une analyse au second ordre.
Si αcr ≥ 3, cette analyse peut être approchée selon une analyse au premier ordre en appliquant
un coefficient multiplicateur sur les charges horizontales (ex. : vent) et sur les charges horizontales
équivalentes dues aux imperfections :
1
1
(1 − )
αcr
Si αcr < 3, une analyse au second ordre plus précise est préconisée.
522 – Analyse globale élastique et analyse globale plastique
a) – Analyse globale élastique
L’analyse globale élastique peut être utilisée dans tous les cas. Elle est fondée sur l’hypothèse
d’un comportement contrainte-déformation linéaire, quelque soit le niveau de contrainte. Cette
hypothèse peut être retenue même dans les éléments où la résistance de la section transversale est
basée sur sa résistance plastique.
L’organigramme ci-dessous résume la méthode d’analyse globale élastique :

11
Ossature (assemblage)
Modélisation
Chargement

Si αcr > 3 Evaluation de αcr Si αcr < 10

Prise en compte des effets du


Si αcr ≥ 10
2nd ordre globaux
Pas de 2nd
ordre global

Pas Si H < 0,15 V ⇒ Modélisation imperfection ϕ ou Fϕ,Eq


Si H > 0,15 V ⇒ Pas d’imperfection
d’imperfection

Si αcr > 3
Si αcr ≤ 3

Analyse au 1er ordre Analyse au 2nd ordre


Méthode itérative ou
Vérification stabilité des Majoration des MDL pas à pas pour effets du
poteaux selon § 6.3 avec λ à 1
partout par 1 2nd ordre globaux
nœuds déplaçables (1− α )
cr

Vérification poutres et assemblages


avec majoration des MDL
1 Vérification stabilité des poteaux selon § 6.3 avec
par 1
(1− α ) 𝜆 obtenu à partir de l0 = longueur d’épure
cr

b) – Analyse globale plastique


D’une manière générale, l’analyse globale plastique d’une structure ne peut être menée que si
- celle-ci a une capacité de rotation suffisante (non inférieure à la rotation requise dans ces
rotules) au droit de la rotule plastique, que celle-ci ait lieu dans l’éléments au niveau des assemblages,
pour permettre la redistribution des moments,
- au droit des rotules plastiques, les sections transversales des éléments qui contiennent ces
rotules ont un axe de symétrie dans le plan de chargement,
- un maintien latéral est prévu au droit des rotules plastiques pour prévenir tout phénomène
d’instabilité par déversement

VI – Diagramme contrainte-déformation idéalisé de l’acier


Pour le calcul, le diagramme contrainte-déformation de l’acier est idéalisé suivant l’un des
modèles ci-dessous :

12
Diagramme élastique Diagramme élasto-plastique Diagramme plastique

σ σ σ

fy

ε εy ε ε

σ = Eε (loi de Hooke) Si ε < εy σ = Eε (loi de Hooke) σ = fy


Si ε > εy σ = fy

13
ANNEXE 1 – DIMENSIONS ET AXES DE SECTIONS

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ANNEXE 2 – VALEURS LIMITES DES DEFORMATIONS DONNEES A TITRE INDICATIF
Les critères d’aptitude au service doivent être précisés et convenus avec le client pour chaque
client, à moins que celles-ci ne soient spécifiées dans l’annexe nationale.
Aussi, les limites ci-après ne sont-elles données qu’à titre indicatif (chiffres puisés des normes
antérieures)
a - la limitation des déformations afin de ne pas affecter l’aspect ou l’exploitation efficace de la
construction et de ne pas provoquer des dommages aux finitions ou aux éléments non structuraux.
 Limites de flèche verticale
Structure Limites de flèche Commentaires
Wmax W2 + W3
Toitures en général L/200 L/250 Ces valeurs sont celles de
Toitures supportant fréquemment du L/200 L/300 l’Annexe Nationale française de
personnel autre que le personnel d’entretien l’EN 1993-1-1 et ce sont celles-ci
Planchers en général L/200 L/300 qui doivent être appliquées à
Planchers et toitures supportant des cloisons L/250 L/350 défaut d’un accord contraire avec
en plâtre ou en autres matériaux fragiles ou le client.
rigides La valeur des flèches calculées à
Planchers supportant des poteaux (à moins L/400 L/500 partir des combinaisons
que la flèche ait été incluse dans l’analyse caractéristiques doit être comparée
globale de l’état limite ultime) à ces limites.
Lorsque Wmax peut influer sur l’apparence L/250 -
du bâtiment

Avec :

Wc
W1
Wtot
W2
Wmax
W3

Wc : contre-flèche dans l’élément de structure non chargé


W1 : flèche limite due aux charges permanentes des combinaisons d’actions concernées
W2 : flèche à long terme due aux charges permanentes
W3 : flèche due aux actions variables de combinaison d’actions concernée
Wtot : flèche totale, somme des 3 déformations ci-dessus (Wtot = W1+ W2 + W3 )
Wmax: flèche totale compte tenu de la contreflèche

 Les déplacements horizontaux en tête de poteaux sont limités à :

Structure Limites de flèche Commentaires


u ui
Bâtiments multi- H/300 Hi /250 Valeurs données dans l’Annexe Nationale française de l’EN-
étagés 1-1, à appliquer à défaut d’un accord contraire avec le client.
La valeur des flèches calculées à partir des combinaisons
caractéristiques sont à comparer à ces limites.
La limite donnée pour u s’applique lorsque la hauteur H n’est
pas supérieure à 30 m. Sinon, se référer au contrat

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Avec :
u ui
u : déplacement horizontal global sur la hauteur du bâtiment H
ui : déplacement horizontal sur la hauteur d’un étage Hi

Hi

Structure Limites de commentaires


flèche u
Portiques sans ponts roulants Valeurs données dans
Bâtiments sans exigences particulières en matière de flèche l’Annexe Nationale
Flèche en tête des poteaux H/150 française de l’EN-1-1, à
Différence de flèche entre deux portiques consécutifs B/150 appliquer à défaut d’un
Eléments supports de bardage métallique accord contraire avec le
Montant H/150 client.
Lisse B/150 La valeur des flèches
Autres bâtiments à un seul niveau calculées à partir des
Bâtiments ayant des exigences particulières en matière de combinaisons
flèche (parois fragiles, apparence, ..) caractéristiques sont à
Flèche en tête de poteaux H/250 comparer à ces limites.
Différence de flèche entre deux portiques consécutifs B/200

Avec

H
B

 Les structures supports d'appareils de levage sont, quant à eux, dimensionnées afin que les
flèches restent dans les limites convenues entre le client, le concepteur, le fournisseur de pont roulant
et l'autorité compétente. Les chiffres avancés ci-après sont tirés de l’XP ENV 1993-6:1999 (chemin de
roulement)

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Description de la flèche (déformation ou déplacement) Diagramme
N.B. : Sauf mention contraire, les flèches sont calculées avec
prise en compte du coefficient d'amplification dynamique
approprié
a) Déformation verticale d'une poutre de roulement :
et
Il convient de prendre la déformation verticale égale à la
déformation totale provoquée par les charges verticales,
diminuée de la contreflèche préalable, comme pour de
la figure ci-dessus donnant les définitions des diverses
flèches.

Description de la flèche (déformation ou déplacement) Diagramme


b) Différence entre les déformations verticales de deux
poutres formant un chemin de roulement :

c) Déformation verticale d'une poutre de roulement


destinée à un ensemble treuil-chariot de monorail, par
rapport à ses appuis, provoquée par la charge utile
uniquement, sans aucun coefficient d'amplification
dynamique :

d) Déformation horizontale δy d'une poutre de roulement,


mesurée au niveau de la partie supérieure du rail de pont
roulant :
où hc représente la hauteur du niveau de l'appui du pont
roulant (sur un rail ou sur une semelle).
e) Déplacement horizontal δy d'une ossature (ou d'un poteau)
au niveau de l'appui du pont roulant : où hc
représente la hauteur du niveau de l'appui du pont roulant
(sur un rail ou sur une semelle).

f) Différence ∆δy entre les déplacements horizontaux


d'ossatures (ou de poteaux) adjacentes supportant les poutres
d'un chemin de roulement de pont roulant situé à l'intérieur :

g) Différence Δδy entre les déplacements horizontaux de


poteaux (ou d'ossatures) adjacents supportant les poutres
d'un chemin de roulement de pont roulant situé à l'extérieur :
- provoquée par la combinaison d'efforts latéraux de pont
roulant et de l’action du vent de service :

- provoquée par la charge du vent hors service :

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Modification de l'écartement entre les axes de rails de pont
roulant, y compris les effets des variations thermiques :
∆s≤ 10 mm (voir note ci-dessous)
∆s≤ s/600 ou 25 mm

NOTE : Les flèches et les écarts horizontaux des chemins de


roulement ne sont pas considérés séparément dans le calcul
des ponts roulants. Les tolérances et les flèches acceptables
dépendent des détails et des jeux dans les dispositifs de
guidage. À condition que le jeu c entre les boudins des galets
de pont roulant et le rail (ou entre d'autres dispositifs de
guidage et la poutre de roulement) soit également suffisant
pour rattraper les tolérances nécessaires, des limites de
flèches plus grandes peuvent être données dans le cahier des
charges du projet avec l'accord du client, du concepteur et du
fournisseur de pont roulant.

b - la limitation des vibrations afin d’éviter d’incommoder les occupants, ou d’endommager le


bâtiment ou son contenu (atteinte de la fréquence de résonance), ou encore de limiter son efficacité
fonctionnelle. Cette limitation porte sur les fréquences propres de vibration les plus basses des
structures ou par une équivalence qui place en sécurité, sur la flèche totale Wtot de la figure (valeurs
tirées de l’ENV 1993 - 1 – 1 : 4.3.2).

Wtot

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ANNEXE 3 – CLASSIFICATION DES SECTION

19
20
21
ANNEXE 4 – VALEURS NOMINALES DE LIMITE D’ELASTICITE fy ET DE RESISTANCE A
LA TRACTION fu.

Tableau 1 : Aciers de construction laminés à chaud

22
Tableau 2 : profils creux de construction

23
ANNEXE 5 – EXTRAIT EN 1990

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