Emploi
Les Ménines (Velasquez) 1656-1657 (318 × 276 cm) Musée du
Prado, Madrid.
La technique est restée longtemps immuable : le peintre dessinait sa composition sur la toile
ou sur le panneau de cuivre ou de bois préparé puis, après une éventuelle grisaille, montait
son sujet avec les couleurs à l'huile, en couches minces, en donnant l'effet de lumière par le
jeu des ombres et des reflets. Puis, une fois ces premières couches bien sèches, il les
recouvrait de glacis teintés, transparents, qui harmonisaient la coloration générale. Le tout
formait une surface bien unie, comme une toile cirée.
La technique a ensuite évolué, dès la fin de la Renaissance, les peintres commençant à
expérimenter la pâte afin d'accentuer les lumières en leur donnant par exemple plus
d'épaisseur. Ce procédé devint général et de nouvelles techniques sont nées : peinture en
pleine pâte, à la touche, par touches séparées, avec ou sans ébauche préparatoire. Les peintres
baroques (Rubens, Van Dyck) puis rococo (Boucher, Fragonard) et les Romantiques
(Delacroix, Géricault) ont su exploiter avec brio cette écriture enlevée qui s'oppose à une
manière plus lisse et « léchée » de traiter le sujet (peinture néo-classique, style pompier,
surréalistes). La peinture à l'huile a la particularité de permettre les deux approches, entre
autres.
Les Impressionnistes, et la peinture moderne par la suite, abandonnent le traditionnel procédé
par couches superposées pour une technique plus spontanée et directe, considérée autrefois
comme pochade, dite alla prima - autrement dit, peindre en une seule séance, sans séchage
entre les couches. Ces courants n'ont cessé d'explorer les limites de la peinture à l'huile.
Né des ateliers classiques et des grands formats, le métier traditionnel du peintre fut et
demeure la base référentielle de la technique de l'huile. Les couches picturales du tableau sont
superposées selon le principe du « gras sur maigre » et exploitent les transparences de certains
pigments, alliées à celle des médiums. On les appelle « jus » (très peu de pigment et beaucoup
de diluant), « glacis » (très peu de pigment et beaucoup de médium corsé en résine),
« vélatures » (très peu de pigment, beaucoup de médium corsé en résine et un petit peu de
blanc). Par opposition à « pâte », « matière », « charge ».
La peinture en plein air ou « sur le motif »
Article détaillé : peinture sur le motif.
Monet peignant à l'orée d'un bois (John Singer
Sargent) 1885 (54,0 × 64,8 cm) Tate Gallery.
Le travail d'après nature ou sur le motif[19], pratiqué à la peinture à l'eau dès le XVIe siècle,
date du début du XIXe siècle en peinture à l'huile ; les peintres de l'école de Barbizon adoptent
cette pratique sous l'influence des aquarellistes anglais comme Constable et Bonington. Elle
se généralise avec l'invention du tube de peinture. Dès le début du XIXe siècle apparurent des
vessies de porc destinées à contenir et à conserver les couleurs à l'huile. Les tubes d'étain ont
été inventés en 1841[20]. Ces nouveaux récipients étaient beaucoup plus pratiques que les
vessies de porc et permettaient de conserver les couleurs intactes plus longtemps. Les tubes
d'étain ont permis aux peintres impressionnistes de sortir de leur atelier pour aller peindre des
paysages « sur le motif », c'est-à-dire dans la nature. La conséquence directe sur la révolution
impressionniste est cependant à nuancer : le brevet d'invention date de 1841 tandis que la
première exposition impressionniste date de 1874[21].