Composition
La palette du peintre à l'huile.
Les couleurs à l'huile sont composées de pigments qui forment la matière colorée et d'un liant
composé d'huile de lin purifiée ou d'œillette qui les lie et les agglomère. Le diluant ou solvant
de la peinture à l'huile est l'essence de térébenthine ou l'essence de pétrole (ou des équivalents
modernes non allergènes).
L'huile utilisée est généralement l'huile de lin ou l'huile d'œillette, voire l'huile de carthame ou
de l’huile de noix. Ce que l'on appelle « séchage » est en réalité un phénomène de
siccativation ou oxydation de l'huile, qui se polymérise et durcit, sans changer l'aspect de
l'œuvre, et en quelque sorte, emprisonne les pigments et permet la conservation de la
peinture[13].
La dénomination « huile sur toile » recouvre une très grande variété de techniques, impliquant
de nombreux produits combinés : Les huiles peuvent être cuites dans différentes conditions,
additionnées de résines naturelles en proportions variées, ce qui modifie la transparence, la
viscosité et la siccativité, formant des vernis gras et des médiums, ces huiles peuvent enfin
s'intégrer dans des émulsions, historiquement à base de jaune d’œuf (tempera grassa), ou de
méticellulose, ce qui permet de combiner tout matériau hydrosoluble, comme la gomme
arabique par exemple. C’est la combinaison des qualités de ces matériaux qui permet une
bonne conservation dans le temps[14].
La peinture à l'huile est une technique lente à sécher (on devrait dire siccativer), par
opposition à la peinture acrylique ou à l'aquarelle, qui sont des techniques aqueuses. Cette
particularité permet à l'artiste de prendre le temps de mélanger ses couleurs, de récupérer une
erreur et de retravailler son motif pendant plusieurs jours jusqu'à obtenir le fondu, le modelé
de la forme, la touche qu'il désire.
Des substances visant à accélérer le séchage, parfois toxiques comme la céruse, pouvaient
s'ajouter aux huiles naturellement siccatives. Les frères van Eyck créèrent [15] la technique
associant des résines transparentes, durables et souples, à l'huile.
Il est également possible d'obtenir des effets de matière ou de reliefs avec une pâte assez
consistante. L'utilisation d'une spatule appelée aussi couteau permet d'obtenir du relief et
d'augmenter ainsi la matière de l'œuvre.
On peut améliorer la consistance de la pâte par l'ajout de médiums à peindre, eux-mêmes
fabriqués à partir du liant (huile) et de solvant (essence) auxquels on rajoute, éventuellement,
pour améliorer la souplesse du film, une résine. Le médium rend la matière plus malléable et
donc plus facile à étaler. La présence de résines ne change pas la dénomination courante de
peinture à l'huile[16].
Les médiums à peindre permettent aussi de respecter la règle du « gras sur maigre » (propre à
la peinture à l'huile) qui veut que chaque couche de couleur soit plus grasse que la précédente
afin que l'accroche soit solide et durable. L'explication en est très simple : les couches
maigres, qui mettent peu de temps à sécher, entreraient en conflit avec les précédentes plus
grasses et toujours en train de sécher, provoquant un phénomène variant entre la peau
d'orange et celle du reptile au cours de la mue… À éviter, selon les traditions. Dans les
premières étapes, la pâte sera donc maigre, par adjonction d'essence et progressivement
deviendra plus grasse, par ajout d'huile ou de médium. L'œuvre sera finalement vernie grâce à
un vernis à retoucher puis un vernis définitif.