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Expose Taro

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Introduction

Le taro (Colocasia esculenta) est une plante tropicale qui pousse surtout dans les
zones où il fait chaud et humide toute l’année. Il produit un gros tubercule
comestible, riche en amidon, que l’on peut cuire et consommer comme la
pomme de terre. Le taro est très utilisé dans les pays d’Asie, d’Afrique et
d’Océanie. Dans certaines régions, il représente la base de l’alimentation
quotidienne.

Cultiver le taro n’est pas compliqué, mais il faut connaître certaines techniques
agricoles précises, notamment pour bien gérer l’eau et le sol. Cette culture est
particulièrement adaptée aux endroits où l’eau est abondante, mais elle peut
aussi réussir en terrain sec, si l’on s’y prend bien.

Dans cet exposé, nous allons voir :

​ Les différents systèmes de culture du taro ;​

​ Comment préparer la terre et planter le taro ;​

​ Comment entretenir la culture au fil du temps ;​

​ Les précautions à prendre pour éviter les problèmes ;​

​ Et enfin, ce que cette plante peut apporter à l’agriculture locale.​


Le taro (Colocasia esculenta) regroupe un grand nombre de variétés qui se distinguent par
la forme et la taille des tubercules, la couleur de la chair, la rapidité de croissance, ou
encore leur adaptation au milieu. Ces variétés sont sélectionnées selon les usages
locaux, les conditions climatiques, et les pratiques agricoles traditionnelles.

On distingue deux grands types botaniques de taro, puis des variétés locales adaptées.

Deux types principaux de taro

a) Le taro dasheen (Colocasia esculenta var. esculenta)

●​ C’est le plus cultivé dans le monde.​

●​ Il produit un gros tubercule central (corme principal) et peu de rejets.​

●​ Très apprécié pour sa chair tendre, peu fibreuse.​

●​ Souvent cultivé dans les systèmes irrigués (tarodières).​

b) Le taro eddoe (Colocasia esculenta var. antiquorum)

●​ Produit plusieurs petits tubercules (cormes secondaires) autour du pied.​

●​ Chair souvent plus ferme et parfois un peu plus âcre, mais très résistante à la
conservation.​

●​ Adapté aux cultures en sec ou sur sols drainants.​

●​ Prisé dans certaines régions pour sa polyvalence culinaire.​

2. Critères de distinction des variétés locales

Dans chaque région productrice, les paysans identifient plusieurs variétés de taro selon des
critères pratiques :

Critère Détails observables

Taille des Petit, moyen, ou gros corme principal


tubercules

Couleur de la chair Blanche, crème, jaune clair, parfois violette ou rose


pâle
Couleur du Vert clair, vert foncé, ou légèrement violacé
feuillage

Saveur et texture Douce ou âcre ; chair tendre ou ferme

Cycle de culture Précoce (6–8 mois) ou tardif (10–12 mois)

Résistance Tolérance à l’humidité, à la sécheresse, ou aux


maladies

3. Exemples de variétés cultivées selon les régions

a) Afrique de l’Ouest (Bénin, Côte d’Ivoire, Ghana)

●​ Variétés souvent à chair blanche ou crème.​

●​ Préférées pour leur polyvalence : consommation familiale ou vente locale.​

●​ Certaines variétés sont plus adaptées à la culture sur butte, d’autres en zone
humide.​

b) Asie du Sud-Est (Philippines, Indonésie, Vietnam)

●​ Grande diversité génétique.​

●​ Présence de variétés violettes ou rosées, très prisées pour leurs qualités


culinaires spécifiques.​

●​ Certaines variétés sont utilisées aussi pour les feuilles comestibles (feuilles
tendres, riches en fer).​

c) Océanie (Polynésie, Fidji, Hawaï)

●​ Le taro est une plante sacrée et culturelle.​

●​ Variétés nommées localement, avec une grande diversité de formes et de couleurs.​

●​ Cultivé souvent en tarodière, avec un soin particulier pour la qualité gustative.​


1. Les systèmes de culture du taro
Le taro peut être cultivé de plusieurs manières, selon les conditions du terrain et
du climat. Voici les trois méthodes principales :

a) Culture irriguée ou en tarodière

Ici, le taro est planté dans des parcelles inondées, un peu comme le riz. L’eau est
maintenue à un certain niveau, ni trop haut ni trop bas, pour que les racines
restent bien humides sans pourrir. Ce système demande un bon contrôle de
l’irrigation : il faut pouvoir remplir ou vider les parcelles facilement. Cette
méthode donne de très bons rendements si l’eau est bien gérée.

b) Culture en sec

Dans ce système, le taro est planté en plein champ, sans inonder le sol, mais avec
assez de pluie ou d’arrosage pour garder la terre humide. Cela convient aux zones
où la pluie est régulière, mais pas excessive. Le taro y pousse bien, mais il faut
surveiller l’arrosage pour éviter que la plante manque d’eau, surtout au moment
où les tubercules grossissent.

c) Culture sur buttes ou billons

Cette méthode est utilisée dans les zones très humides, où le sol retient trop
d’eau. Pour éviter que les racines ne pourrissent, on forme des buttes de terre
surélevées, dans lesquelles on plante le taro. L’eau s’écoule mieux et les
tubercules sont protégés de l’humidité excessive. C’est une technique très utile
pour cultiver le taro même dans des terrains difficiles.

2. Comment préparer et planter le taro


a) Préparer le sol

Avant de planter, il faut préparer la terre soigneusement. Le taro aime les sols
riches, bien ameublis, et profonds. Une terre trop dure ou pauvre ne donnera
pas de bons tubercules.

Voici les étapes à suivre :

●​ Amender le sol : on ajoute du fumier ou du compost bien décomposé


pour nourrir la terre.​
●​ Retourner et aérer la terre : on laboure ou bine le sol pour casser les
mottes et faciliter la pénétration des racines.​

●​ En terrain humide, on forme des buttes ou des planches surélevées pour


que l’eau ne stagne pas trop longtemps.​

b) Planter le taro

Le taro ne se sème pas comme du maïs ou du mil. Il se replante à partir de


morceaux de tubercules, appelés cormes. On peut aussi utiliser les rejets qui
poussent autour des vieux plants.

Voici comment faire :

●​ On plante au début de la saison des pluies, ou au printemps dans les


régions où il fait plus frais.​

●​ Chaque morceau de tubercule doit avoir un bourgeon (œil) pour pousser.​

●​ On le plante entre 15 et 45 cm de profondeur, avec la pointe vers le haut.​

●​ On espace les plants d’environ 60 cm dans tous les sens, pour leur laisser
assez de place pour se développer.​

Dans certains cas, on peut associer le taro à d’autres plantes, comme le maïs, le
haricot ou le bananier, pour mieux occuper le terrain et limiter les mauvaises
herbes.
Tubercule de Taro découpé en cube​ ​ ​ Plantation du Taro

3. Entretenir la culture du taro


Une fois planté, le taro demande de l’attention régulière.

●​ Arrosage

Le taro a besoin d’humidité tout le temps. Il faut donc l’arroser souvent si la pluie
ne suffit pas. En terrain inondé, il faut contrôler l’eau pour ne pas noyer les
racines. Si la plante manque d’eau, les tubercules seront petits ou mal formés.

●​ Engrais

En plus du fumier au début, on peut donner au taro un peu d’engrais minéral,


riche en azote, phosphore et potassium (ce qu’on appelle NPK), pour aider la
plante à bien pousser.

●​ Buttage

Pendant la croissance, on peut relever un peu la terre autour des pieds pour
protéger les tubercules de la lumière et des insectes. Cela s’appelle le buttage.

●​ Désherbage

Les mauvaises herbes peuvent gêner la croissance du taro, surtout au début. Il


faut donc désherber régulièrement, pendant environ 4 mois, jusqu’à ce que le
feuillage du taro recouvre bien le sol et empêche les herbes de repousser.

●​ Paillage
Mettre une couche de paille ou de feuilles autour des plants aide à garder
l’humidité et à limiter les arrosages. Cela protège aussi du froid en fin de saison.

4. Récolte du taro
La récolte du taro est une étape cruciale qui nécessite observation, précision et
soin, car la qualité des tubercules dépend largement du moment choisi pour
arracher les plants et de la façon dont on les manipule.

1. Période de récolte : savoir quand récolter

Le taro met entre 7 à 12 mois pour arriver à maturité, selon :

●​ La variété cultivée,​

●​ Le climat local,​

●​ Et le système de culture utilisé (culture irriguée ou en sec).​

Signes qui indiquent que le taro est prêt :

●​ Les feuilles jaunissent et commencent à se faner naturellement.​

●​ La tige principale devient plus ferme et sèche à sa base.​

●​ Le sol autour des plants peut légèrement se soulever, signe que les
tubercules sont bien formés.​

Il est important de ne pas attendre trop longtemps, car des tubercules trop
mûrs peuvent devenir fibreux ou commencer à pourrir, surtout en sol humide.

2. Méthode de récolte : comment récolter sans abîmer

Outils utilisés :

●​ Une houe, une bêche ou même manuellement si le sol est léger.​

●​ L’important est de déterrer en douceur, sans casser ou abîmer les


tubercules.​
Étapes pratiques :

1.​ Dégager la base du plant à la main ou avec un outil.​

2.​ Saisir la tige et tirer doucement, tout en ameublissant le sol autour pour
faciliter l’extraction.​

3.​ Nettoyer les tubercules des grosses mottes de terre, sans les laver (sauf si
nécessaire pour la vente).​

Les tubercules récoltés doivent être manipulés avec soin, car les coups ou
blessures réduisent leur durée de conservation.

3. Tri et conservation après récolte

Après la récolte, on trie les tubercules en deux catégories :

●​ Les tubercules de consommation, qui seront utilisés pour l’alimentation


ou la vente.​

●​ Les tubercules de semence (ou petits cormes), qui seront réservés pour la
prochaine plantation.​

Conservation :

●​ Les tubercules doivent être entreposés dans un endroit sec, aéré et à


l’abri du soleil.​

●​ On peut les étaler sur des nattes, ou les garder dans des paniers ou
clayettes.​

●​ En bonnes conditions, ils se conservent plusieurs semaines à quelques


mois.​

Pour éviter les pertes, il est conseillé de ne récolter que selon les besoins, sauf si
une transformation ou une vente rapide est prévue.

4. Utilisation des résidus de culture

Les parties non comestibles du taro, comme les feuilles fanées et les tiges,
peuvent être :

●​ Compostées pour enrichir le sol,​


●​ Utilisées comme fourrage pour les animaux, si la variété n’est pas toxique,​

●​ Ou laissées sur place comme paillage naturel.​

En résumé :
La récolte réussie du taro dépend :

●​ D’un bon moment de récolte (ni trop tôt, ni trop tard),​

●​ D’une manipulation soignée des tubercules,​

●​ Et d’une conservation adaptée pour éviter les pertes.​

Cette étape marque l’aboutissement du travail patient du cultivateur, qui peut


alors profiter de sa récolte nourricière et, parfois, en tirer un revenu
complémentaire.

5. Ce qu’il faut surveiller


Le taro peut être attaqué par certains insectes, comme les thrips ou les
araignées rouges, qui abîment les feuilles. Il peut aussi tomber malade si la terre
est trop fatiguée par des cultures répétées.

Pour éviter cela :

●​ Il faut changer de culture chaque année (faire une rotation), pour reposer
le sol.​

●​ En région froide, on doit protéger les plants du gel, ou même rentrer les
tubercules en hiver.​

●​ Enfin, il est très important de bien gérer l’eau : ni trop, ni trop peu. Une
mauvaise irrigation peut ruiner toute la récolte.​
Conclusion générale
La culture du taro se révèle être une option stratégique et résiliente pour les
systèmes agricoles tropicaux et subtropicaux. À travers l’analyse complète de ses
systèmes de culture, techniques culturales, variétés, entretien et récolte, plusieurs
constats majeurs peuvent être établis.

1. Une plante nourricière adaptée aux zones humides

Le taro, par sa nature de plante vivace tropicale, s’adapte particulièrement bien


aux environnements humides et aux sols riches en matière organique. Les
systèmes irrigués (tarodières) offrent des rendements élevés lorsqu’une gestion
maîtrisée de l’eau est possible. En terrain pluvial ou en sec, le recours à la culture
sur buttes ou en planches surélevées permet de minimiser les risques
d’asphyxie racinaire et d’optimiser l’espace disponible.

2. Une culture technique mais accessible

La réussite du taro repose sur des gestes agricoles simples mais rigoureux : une
bonne préparation du sol, un arrosage régulier, des apports d’amendements
organiques, ainsi qu’un désherbage attentif. Ces pratiques, bien maîtrisées,
assurent le développement optimal des tubercules et limitent les pertes. La
flexibilité des systèmes de plantation (corme principal, rejets) rend la culture
accessible même aux petits exploitants, avec peu de moyens techniques.

3. Une diversité variétale à valoriser

La diversité des variétés de taro, locales ou introduites, constitue une richesse


agronomique encore peu exploitée, notamment en Afrique. Le choix d’une
variété doit répondre à des critères pratiques : conditions climatiques, type de sol,
objectifs de production (consommation directe, conservation, vente). Les deux
grands types, dasheen et eddoe, permettent de répondre à différents besoins
(gros tubercule unique ou nombreux petits cormes secondaires).

4. Une plante à fort potentiel socio-économique

Malgré ses qualités, le taro reste sous-valorisé dans de nombreuses régions,


notamment en Afrique de l’Ouest où il est parfois classé comme culture
secondaire ou marginale. Pourtant, il offre :

●​ Une alternative alimentaire locale, riche en glucides, facile à transformer.​


●​ Une source de revenus, notamment sur les marchés urbains ou régionaux.​

●​ Une culture de diversification, utile en période d’instabilité climatique.​

Sa bonne conservation post-récolte (dans de bonnes conditions) et sa


polyvalence culinaire (tubercules, feuilles) renforcent son intérêt dans une
optique d’autosuffisance alimentaire et de résilience des exploitations
familiales.

5. Défis et perspectives

Pour maximiser le potentiel du taro, plusieurs axes d’amélioration s’imposent :

●​ Renforcer les connaissances locales sur les techniques culturales


modernes.​

●​ Promouvoir la sélection et la diffusion de variétés améliorées et


adaptées.​

●​ Développer des circuits de transformation (farine, chips, plats préparés)


pour augmenter la valeur ajoutée.​

●​ Encourager l’intégration du taro dans des systèmes agroécologiques


durables, via la rotation, l’association culturale, et la gestion des ressources
naturelles.​

En définitive, le taro est bien plus qu’une simple plante vivrière : c’est une culture
stratégique, porteuse de solutions face aux défis alimentaires, économiques et
climatiques. Redonner à cette plante sa place dans les politiques agricoles
locales, en la valorisant comme une culture à part entière, pourrait contribuer à
renforcer la sécurité alimentaire, améliorer les revenus agricoles et préserver
les savoir-faire traditionnels. À condition d’être accompagnée par des choix
agronomiques judicieux et une volonté de développement local, la culture du
taro a toute sa place dans l’agriculture de demain.

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