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Cours de Biophysique (Électricité)

Le document traite des notions d'électrophysiologie, en mettant l'accent sur l'activité électrique du cœur, la propagation de l'influx nerveux et les mécanismes de dépolarisation et repolarisation des cellules cardiaques. Il décrit également l'électrocardiogramme (ECG) comme outil de mesure de l'activité électrique cardiaque et aborde les potentiels évoqués du cortex cérébral ainsi que les applications médicales de l'électricité dans le diagnostic. Enfin, il présente les techniques de mesure des potentiels électriques, notamment les électrodes impolarisables et les micro-électrodes.

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Cours de Biophysique (Électricité)

Le document traite des notions d'électrophysiologie, en mettant l'accent sur l'activité électrique du cœur, la propagation de l'influx nerveux et les mécanismes de dépolarisation et repolarisation des cellules cardiaques. Il décrit également l'électrocardiogramme (ECG) comme outil de mesure de l'activité électrique cardiaque et aborde les potentiels évoqués du cortex cérébral ainsi que les applications médicales de l'électricité dans le diagnostic. Enfin, il présente les techniques de mesure des potentiels électriques, notamment les électrodes impolarisables et les micro-électrodes.

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Dr Y.

MERABET

NOTIONS D’ELECTROPHYSIOLOGIE

I Introduction à la propagation de l’influx


nerveux
On assimile le système nerveux à un vaste réseau de fils électriques qui permettrait aux
signaux électriques de se propager entre le cerveau et les organes

I-1 Activite électrique du cœur


Les cellules du muscle cardiaque possèdent la capacité de se contracter de manière spontanée
sans l’intervention du système nerveux. « Un patient peut être en mort cérébrale mais avoir le cœur qui
bat toujours ».
Le cœur a la particularité de gérer le rythme cardiaque et commander les impulsions, sortes de
signaux électriques envoyés au muscle pour qu’il se contracte. De même il régit le débit cardiaque
propulsé par la pompe. Le débit s’adapte à l’activité.
L’activité du cœur peut être enregistrée par la mise de petits capteurs électriques sur la peau.
Cet enregistrement s’appelle électrocardiogramme (ECG).

I-2 Le rythme cardiaque


Le rythme cardiaque possède deux composantes :
 une composante mécanique : le cycle cardiaque, qui est la succession des phases de
contraction (systole) éjectant le sang hors du ventricule gauche et des phases de relaxation
(diastole) permettant le remplissage de la cavité cardiaque,
 une composante électrique, directement responsable de la phase mécanique avec laquelle
elle est parfaitement synchronisée.

I-3 Physiologie électrique du cœur

Le muscle cardiaque possède des propriétés physiologiques de nature électrique qui


déterminent le mécanisme de formation de l’influx cardiaque.
Le nœud sinusal, situé dans l’oreillette droite, va engendrer l’onde électrique de
dépolarisation. Celle ci va d’abord se propager vers les oreillettes et engendrer la contraction des
oreillettes, c’est la systole auriculaire.
L’onde électrique passe ensuite à travers le nœud auriculo-ventriculaire, zone qui régule le
passage de l’activité électrique des oreillettes vers les ventricules et provoquant leur contraction.

En résumé
La contraction du myocarde est provoquée par la propagation d’une impulsion électrique le
long des fibres musculaires cardiaques (le tissu nodal), elle est induite par la dépolarisation des
cellules musculaires.

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Dr Y. MERABET

Le cycle cardiaque comprend 2 phases :


 La dépolarisation des cellules qui provoque la systole, la phase de contraction.
 La repolarisation des cellules qui entraîne la diastole, la phase de relâchement qui
permet le remplissage sanguin des cavités auriculaires et ventriculaires.

I-4 Automatisme des cellules cardiaques


Les cellules cardiaques sont des cellules excitables, automatiques et conductibles. Ces
propriétés vont dépendre des interactions des charges électriques positive et négative des milieux intra
cellulaire et extra cellulaire. Un stimulus électrique va alors exciter la cellule cardiaque et les ions vont
pénétrer dans la cellule grâce à des tubes spécifiques qui sont les canaux de sodium Na+, de potassium
K+ et de calcium Ca++, dits canaux sodiques, potassiques et calciques.

I-4-1 La polarisation des cellules cardiaques


Lorsque la cellule cardiaque est au repos, on dit qu’elle est en état de polarisation. Les charges
à l’intérieur de la cellule sont alors négatives et à l’extérieur positives. Le domaine intra cellulaire est
donc chargé en d’ion potassium et le domaine extra cellulaire en ions calcium et sodium. La
membrane de la cellule au repos est donc plus ou moins perméable aux ions. On dira que la membrane
plasmique est au repos et on appellera ce phénomène potentiel de repos.

Etat de polarisation de
la cellule cardiaque

I-4-2 La dépolarisation des cellules cardiaques


Lors de la dépolarisation, la perméabilité de la membrane cellulaire augmente. Les micro
courants conduits ou stimulation électrique sont responsables de la dépolarisation des cellules, ce qui
va permettre au calcium de pénétrer dans la cellule et de déclencher la contraction. Cette
dépolarisation se propage le long de la membrane : Ceci va entraîner la formation de potentiels
d’actions qui vont se diffuser dans chaque cellule et avoir pour conséquence une variation du potentiel
de la membrane plasmique de la cellule. Toutes les cellules myocardiques, lorsqu’elles sont excitées,
répondent par un potentiel d’action. Ainsi, les ions positifs, c’est à dire le sodium et le calcium, dont la
concentration extra cellulaire est plus importante que celles intra cellulaires, auront tendance à rentrer
dans la cellule très rapidement et vont chasser les ions potassium de la cellule. La membrane va ainsi
devenir positive à l’intérieur et négative à l’extérieur. C’est donc grâce à ces courant ioniques
transmembranaire que les cellules vont se contracter de manière synchrone.

Dépolarisation de
la cellule cardiaque

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Dr Y. MERABET

I-4-3 La repolarisation des cellules cardiaques


Cette dépolarisation va entraîner la repolarisation de la cellule. La repolarisation est un
phénomène lent. Lors de celle-ci, il y a restauration de la distribution ionique membranaire de repos :
le sodium est pompé à l’extérieur de la cellule en échange du potassium. Des pompes et échangeurs
calciques rediminuent la concentration en ions calciques libres dans le cytoplasme. Il y a donc un
retour au potentiel de repos de la cellule.

I-5 Activité électrique de la cellule

I-5-1 Potentiel d’action : activité électrique de la cellule


Le potentiel d’action exprime les variations du potentiel transmembranaire (mesuré entre deux
électrodes, l’une intra, l’autre extracellulaire) durant l’activation de la fibre cardiaque. Ce potentiel
d’action comprend 5 phases, en fonction des différents mouvements ioniques.

phase 0 : phase de dépolarisation, entrée du


sodium Na+ et du calcium Ca++, création
d’un potentiel d’action de la membrane
positif. Le potentiel transmembranaire passe
brutalement de
-90 mV à +30 mV.

phase 1: repolarisation initial, inactivation


des courants sodiques ce qui entraîne un
potentiel de la membrane neutre. Donc
commence la repolarisation (qui ramènera le
potentiel d’action à sa valeur de repos). Elle
correspond à une entrée de Cl⁻.
phase 2: plateau, repolarisation ralenti par les courants calciques nécessaire à la contraction. En effet
la pénétration de Ca⁺⁺ maintient le potentiel d’action à une valeur relativement stable, pour un temps
relativement long. C’est le principal déterminant de la durée du potentiel d’action.

phase 3: repolarisation, activation des canaux potassiques, ce qui contribue à la sortie


massive des ions K+ (potassium) et fermeture des canaux calciques ce qui stoppe l’entrée du calcium.
On peut dire que la pénétration de Ca⁺⁺ diminue fortement, relayée par une sortie massive, et
relativement rapide de K⁺ qui ramène le potentiel d’action à sa valeur de repos.

phase 4: retour au potentiel de repos initial.


Une activité métabolique de la membrane expulse de la cellule les ions Na⁺ entrés pendant la phase 0,
en même temps qu’elle ramène les ions K⁺ sortis en fin de dépolarisation. La distribution ionique, de
part et d’autre de la membrane, se retrouve telle qu’elle était avant le déclenchement du potentiel
d’action.

I-5-2 Mesure de l’activité électrique du cœur

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Dr Y. MERABET

L’examen permettant de mesurer l’activité électrique du cœur est l’électrocardiogramme,


ou ECG.
Cet examen s’effectue grâce à :
 un galvanomètre, dont les bornes sont reliées, par des fils, à des électrodes placées sur la
peau,
 un amplificateur, car les courants cardiaques sont de très faible intensité,
 un système d’enregistrement sur papier millimétré.

Les 10 électrodes de l’ECG courant (4 au niveau des membres et 6 sur la poitrine) permettent
de recueillir les courants engendrés par les cellules cardiaques et propagés dans tout le corps, jusqu’à
la surface de la peau, par les tissus de l’organisme qui sont conducteurs.
L’électrocardiogramme enregistre une succession de séquences de l’activité électrique du cœur,
représentées par des ondes nommées P, QRS et T :

 l’onde P est celle des oreillettes au moment de leur contraction,


 l’ensemble QRS correspond à la contraction des ventricules,
 l’onde T reflète la repolarisation (retour à la phase de repos) des ventricules.

Quand la formation ou la conduction de l’excitation électrique sont perturbées, on parle alors


d’arythmies (également nommées troubles du rythme ou troubles de la conduction).

I-5-2-a Interprétation de l’ECG


L’ECG permet de diagnostiquer le fonctionnement
du cœur et de détecter toute anomalie.

L’onde P :
- Dépolarisation des oreillettes
(systole auriculaire = contraction des oreillettes).
L’espace PR ou espace PQ :
- Temps de conduction auriculo-ventriculaire.
Le complexe QRS :
- Dépolarisation des ventricules
(systole ventriculaire = contraction des ventricules.
Le segment ST :
- Temps de repolarisation complète des ventricules
L’onde T :
- Repolarisation des ventricules
(diastole ventriculaire = relâchement des ventricules).

POTENTIELS
DU CORTEX CEREBRAL

On peut distinguer :
Les potentiels spontanés : c’est l’électroencéphalogramme
Les potentiels « évoqués » : c’est à dire provoqués par des stimulations sensitives ou sensorielles

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Dr Y. MERABET

I MORPHOLOGIE GENERALE DU CORTEX


Le cortex cérébral est divisé en deux parties très inégales : l’allocortex qui ne contient que
deux couches de cellules, l’isocortex qui en contient six. Ce dernier représente presque tout le cortex
cérébral, et est seul intéressant pour les problèmes d’électroencéphalographie.

II- POTENTIELS SPONTANES :

ELECTROENCEPHALOGRAPHIE :
Le cortex cérébral offre un exemple très remarquable d’activité lente du tissu nerveux. On peut
l’enregistrer en plaçant des électrodes directement sur le cortex. On procède de cette façon rarement
chez l’homme. Le tracé enregistré est l’électrocardiogramme. En règle générale, chez l’homme, on
l’enregistre à travers le crâne et le scalp : Les courbes obtenues constituent l’électroencéphalogramme
(EEG).

III- POTENTIELS «EVOQUES» DU CORTEX


Au sens très général, on entend par potentiel évoqué toute variation de potentiel électrique,
d’un point quelconque du cerveau, qui répond à une stimulation expérimentale d’un organe sensitif ou
sensoriel, ou encore des voies sensitives ou sensorielles.
La technique des potentiels évoqués a permis des études anatomiques et fonctionnelles très précise.
Une autre application importante est l’étude du développement du système nerveux aux différents
stades de maturation.

APPLICATIONS MEDICALES DE
L’ELECTRICITE

I- Applications diagnostiques
Enregistrement des phénomènes électriques du corps humain
Enregistrement de l’activité électrique à l’échelle cellulaire : potentiels
membranaires de repos et d’action

(Rappels du cours sur les solutions)


Toute cellule développe une différence de potentiel entre les deux versants, interne et externe,
de la membrane plasmique. Mais dans la plupart des cellules cette différence de potentiel (ddp) reste
sensiblement constante. A l'inverse, les cellules musculaires et surtout les neurones, sont capables de
moduler leur activité électrique, non seulement in situ (potentiel évoqué : excitabilité locale) mais
également en la propageant (influx nerveux) grâce à un contrôle ordonné des variations de
perméabilité de la membrane plasmique au Na+ et K+.

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Dr Y. MERABET

La membrane cellulaire se comporte comme un diélectrique de permittivité relative proche de


celle des lipides formant une couche isolante séparant deux milieux conducteurs.

Pour la caractérisation électrique des milieux biologiques il est nécessaire d’utiliser des
dispositifs de mesure et des modèles permettant l’extraction des paramètres de conductivité et de
permittivité. On peut appliquer différentes méthodes de mesure selon la fréquence étudiée.

Il existe différentes méthodes de mesure. Pour chaque méthode, il existe plusieurs modèles
plus ou moins complexes pour représenter le dispositif de mesure et l’échantillon testé.

On a réussi ainsi à mesurer l’activité électrique intra- et extracellulaire de cellules cultivées in-
vitro avec des électrodes de dimensions proches de celles des cellules. Alors la voie est ouverte à de
nombreuses études cherchant à mesurer l’activité extracellulaire par des techniques électriques tirant
profit des micro-technologies.

Une électrode est un dispositif permettant de mesurer un différentiel de potentiel


électrique entre deux points d'un système biologique.

I-1 Les techniques de mesure des potentiels

I-1-1 La notion d’électrode impolarisable


Si l'on plaçait simplement des électrodes métalliques au contact d'un milieu biologique pour
mesurer des potentiels (ou plus exactement des différences de potentiel) on obtiendrait des résultats
faux, car les milieux biologiques sont essentiellement constitués par des électrolytes. Ceux-ci
réagissent sur les électrodes en créant des piles, dont les potentiels propres vont interférer avec les
potentiels à mesurer. On dit que les électrodes se polarisent au contact d'un milieu électrolytique.

Pour contourner cette difficulté on fait appel à des électrodes dites "impolarisables" qui
comportent une cascade de milieux conducteurs différents, choisis de telle sorte que leurs potentiels
propres ne perturbent pas le potentiel à mesurer.

On utilise ainsi, le plus souvent, la succession :

argent métallique - chlorure d'argent - chlorure de sodium ou de potassium

Ag - Ag Cl - Na Cl ou K Cl

I-1-2 Les micro-électrodes et les électrodes de surface

On peut distinguer, très schématiquement, deux grandes catégories de mesures de potentiels


électrophysiologiques :

- les mesures à l'étage cellulaire ou tissulaire pour lesquelles on utilise des électrodes fines,
que l'on pique dans les structures à mesurer, ou même des micro-électrodes qui peuvent pénétrer à
l'intérieur des cellules,

- les mesures macroscopiques à l'aide d'électrodes de surface placées sur la peau et pour
lesquelles le contact électrique entre l'électrode et la peau est assuré par un gel conducteur, qui
représente le troisième constituant de le séquence impolarisable (gel saturé en NaCl).

On réalise ainsi, dans les deux cas, une électrode impolarisable :

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Dr Y. MERABET

micro-électrode

argent chlorure d'argent (insoluble)


métallique
solution ou gel de chlorure de sodium

électrode de surface
peau

I-2 Enregistrement d’une activité électrique en un point isolé

Electrocochléographie(ECoG)
Enregistrement des courants émis par les cellules nerveuses cochléaires de l'oreille interne et
servant dans l'étude des anomalies de l'audition.

Electrocochléographie (ECoG) est le nom donné à l'enregistrement des potentiels cochléaires.


C’est un examen électrophysiologique permettant l’enregistrement des potentiels électriques de
l’organe de Corti et des fibres nerveuses constituant le nerf auditif à l’intérieur de la cochlée, en
réponse à une stimulation sonore.

 Cette technique consiste à placer par voie trans-tympanique sous anesthésie locale, une macro-
électrode sur le promontoire (près de la fenêtre ronde) (ref. Aran et al.)

La cochlée (ou limaçon)


Electrode traversant le tympan pour origine de l’activité
l’enregistrement des potentiels électrique de l’audition
auditifs

I-3 Enregistrement de l’activité électrique cérébrale en un grand


nombre de points de mesure:

L’électroencéphalogramme (EEG)
Un électroencéphalogramme (EEG) est un examen qui permet de mesurer et
d'enregistrer l'activité électrique du cerveau. L'EEG a recours à des détecteurs, ou électrodes, qu'on
fixe à la tête et qu'on relie par des fils à un ordinateur.

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Dr Y. MERABET

I-3 Enregistrement de l’activité électrique cardiaque :

L’électrocardiogramme (ECG)
Un électrocardiogramme (ECG) désigne l'examen permettant l'enregistrement de l'activité
électrique du cœur.

L'ECG consiste à étudier plus précisément l'activité électrique des oreillettes et des
ventricules, grâce à des électrodes posées sur la poitrine du patient, ses poignets et ses chevilles,
l'enregistrement de l'activité électrique pouvant se faire à distance du cœur, le corps étant un excellent
conducteur. Les électrodes enregistrent soit une différence de courant électrique entre deux points
(dérivations bipolaires avec deux électrodes) soit directement le courant électrique en un point au
moyen d'une seule électrode active par rapport à une électrode de référence (dérivations unipolaires).
Pour chaque dérivation, un tracé ECG est enregistré. 12 dérivations sont classiquement
enregistrées sur le tracé ECG et peuvent être étendues à 18 dérivations dans certaines circonstances.

L'électrocardiogramme est un examen rapide, durant quelques minutes et indolore. Il peut


être fait au cours d'une consultation, en milieu hospitalier, à domicile ou sur la voie publique lors de
situations d'urgence. Le patient est allongé sur le dos. Les électrodes, sont appliquées sur la peau,
préalablement enduites d'une pâte conductrice. L'enregistrement s'effectue sur un papier millimétré.

I-3-1 Les enregistrements monopolaires et bipolaires


L'enregistrement de potentiels (ou plutôt de différences de potentiel) dans un milieu
conducteur peut s'effectuer de deux manières :

Dans la technique d'enregistrement monopolaire, une électrode de mesure est placée à


l'endroit où l'on souhaite obtenir la mesure, et son potentiel est comparé à celui d'une électrode de
référence qui donne une valeur moyenne du potentiel de l'ensemble du système sur lequel s'effectue la
mesure. Selon les cas, cette électrode de référence peut être une électrode relativement large
fournissant le potentiel moyen d'un système, ou la combinaison des potentiels mesurés en différents
points, dont on fait la moyenne :
électrode de mesure

électrode de référence
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Dr Y. MERABET

Dans la technique bipolaire, en revanche, la différence de potentiel est mesurée


entre deux électrodes de mesure (ou électrodes actives) qui jouent chacune un rôle identique :

électrodes de mesure

I-4 Les dérivations électrocardiographiques

Le but d'un enregistrement électrocardiographique complet est d'analyser les phénomènes


électriques qui accompagnent la contraction cardiaque, normale ou pathologique, de la manière la plus
complète possible, et donc d'enregistrer ces signaux sous un certain nombre d'angles de vue afin
d'appréhender le phénomène électrique en trois dimensions. Dans ce but on a défini un certain nombre
de "dérivations" standardisées à partir desquelles le cœur est vu sous des angles bien définis.

I-4-1 Les plans frontal et transversal, les dérivations mono- ou


bipolaires
Le cœur est supposé être au centre d'un système d'axes répartis dans deux plans orthogonaux :
le plan frontal (ou vertical) et le plan transversal (ou horizontal). Les directions de mesure
standardisées se situent dans ces deux plans :

plan transversal

plan frontal

Le signal ECG correspond à la projection des potentiels électriques cardiaques sur les trois
vecteurs qui constituent le triangle d’Einthoven

Afin d’enregistrer l’activité électrique du cœur de manière globale un certain nombre


d’électrodes sont nécessaires. On distingue ainsi les électrodes unipolaires et les bipolaires. •

On sera donc amené à considérer deux types de dérivations :

- les dérivations bipolaires qui comportent deux électrodes actives,


- les dérivations monopolaires ou unipolaires qui ne comportent qu'une seule électrode
active, avec en plus une électrode de référence constituées par une interconnexion de plusieurs

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Dr Y. MERABET

électrodes afin de définir un potentiel moyen de l'individu examiné.

I-4-2 Mesures bipolaires périphériques (différence de potentiel entre


deux électrodes)
Les électrodes bipolaires enregistrent les variations de potentiel entre deux électrodes
placées à la surface du corps. Elles étudient l’activité électrique du cœur selon un plan frontal
La ligne théorique reliant 2 électrodes est appelée ligne de dérivation. Ainsi les trois lignes de
dérivation constituent les côtés d’un triangle équilatéral dont le centre est occupé par le cœur
constituant le triangle d’Einthoven

Les dérivations périphériques (ou dérivations des membres) se situent dans le plan frontal et
sont enregistrées à partir d'électrodes placées au niveau des poignets droit et gauche, et au niveau de la
cheville gauche.

On distingue ainsi trois "potentiels" que l'on peut enregistrer sous la forme de différences de
potentiel :
- VL = potentiel du bras gauche (left)
- VR = potentiel du bras droit (right)
- VF = potentiel du pied gauche (foot)

En combinant ces valeurs deux à deux on obtient trois dérivations bipolaires :

DI
VR VL

DI = VL - VR
DII = VF - VR
DII DIII DIII = VF - VL

VF

Ces trois dérivations peuvent se représenter comme les trois côtés d'un triangle équilatéral,
appelé "triangle d'Einthoven" :

En plus de ces trois dérivations bipolaires du plan frontal, on peut définir, dans ce même plan,
trois dérivations monopolaires des membres, en prenant comme point de référence le centre du triangle
W, obtenu en réunissant, à travers des résistances convenablement choisies, les fils en provenance des
deux bras et de la jambe gauche :

On obtient :

VR DI VL

aVL = VL - VW
W aVR = VR - VW
aVF = VF - VW
DII DIII

VF
Ainsi un total de 6 dérivations (trois bipolaires et trois monopolaires) dans le plan frontal.

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Dr Y. MERABET

Une autre manière de représenter ces dérivations, dont chacune est caractérisée par un vecteur,
consiste à les reporter à une origine commune, ce qui permet de visualiser les directions de mesure à
prendre en considération lorsqu'on voudra projeter sur ces directions les moments des dipôles
cardiaques :
aVR aVL

DI

DII DII
aVF

I-3-4 Mesures unipolaires précordiales (potentiel en un point par


rapport à une masse globale)
Les électrodes unipolaires enregistrent les variations de potentiel entre une électrode positive
placée à la surface du cœur et reliée à une borne centrale de potentiel. On distingue les dérivations des
membres et les précordiales.

Les dérivations précordiales enregistrent l’activité selon un plan quasi horizontal. Leur
localisation doit être précise afin de pouvoir comparer les ECG successifs. Elles sont au nombre de 12
mais souvent seules les 6 premières sont mises en place.

I-3-1-7 Dérivations précordiales


Le plan horizontal du cœur permet de voir l’orientation de l’axe de chacune des dérivations
précordiales;
Les dérivations précordiales sont unipolaires car elles renvoient l’activité électrique de l’électrode par
rapport à un point central qui correspond à peu près au centre du cœur supposé W, centre du triangle
d'Einthoven vu plus haut (le point W est en théorie situé à l'intersection des plans frontal et transversal
et peut donc être considéré comme étant commun aux deux systèmes de dérivations).

L’électrode représente le pôle positif (+) alors que le point central représente le pôle négatif (-);

La différence de potentiel est lue du négatif (-) vers le positif (+);

V1 et V2 transmettent l’activité électrique du ventricule droit et du septum interventriculaire;


V3 et V4 transmettent l’activité électrique de l’apex du ventricule gauche;
V5 et V6 transmettent l’activité électrique de la partie latérale du ventricule gauche.

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Dr Y. MERABET

L’électrocardiogramme complet : 12 dérivations


(bipolaires et unipolaires)

II- Risques biologiques des champs électriques :


Exemple du téléphone portable
Dans notre environnement personnel ou professionnel, nous sommes sans cesse entourés
d’antennes et d’ondes électromagnétiques car autour de chaque élément électrifié se créent des champs
électromagnétiques. Alors, il est donc important de savoir les mesurer, les évaluer et surtout de savoir
les réduire car, à court terme, les basses fréquences (inférieures à 10 kHz) entrainent une stimulation
électrique sans danger du système nerveux et les hautes fréquences (supérieures à 100kHz) provoquent
l’échauffement des tissus.

Les deux données importantes sont :


1. le champ électrique crée par l’antenne – relais en V/m
2. la dose d’énergie absorbée (DAS) en W/kg

En effet, le développement rapide de l'utilisation des téléphones mobiles et la construction des


stations de base ont suscité la crainte que la technologie des téléphones cellulaires puisse avoir des
effets néfastes sur la santé, en provoquant notamment cancers, céphalées et perte de mémoire.

Actuellement les effets sur la santé des fréquences émises par les téléphones portables ne
sont pas clairement établis et souvent contradictoires, et leurs incidences sur la santé de l'homme ne
sont pas suffisamment bien comprises pour justifier une limitation de l'exposition aux champs RF de
faible intensité. Toutefois l'Union européenne recommande aux constructeurs des appareils dégageant
de tels effets d'être "prudents".

Conseils pour le bon usage du portable

 éviter d’installer des antennes à proximité de lieux sensibles (écoles, par exemple)
 éloigner le plus possible l'appareil de l’oreille (utiliser un kit « mains-libres) pour éviter
l’absorption d’énergie au niveau des régions sensibles du corps (cerveau, par exemple)).
 Choisir un appareil à antenne longue
 éviter le port de lunettes métalliques lors des appels
 Résister au désir de téléphoner dans les lieux clos et/ou souterrains (métro, gares, aéroports,
immeubles…) car la puissance nécessaire pour émettre est alors plus importante.

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Dr Y. MERABET

Le portable pourrait favoriser les tumeurs du cerveau

Deux nouvelles études scientifiques ont montré que l'utilisation de téléphones portables
pourrait favoriser le développement de tumeurs cancéreuses du cerveau, rapporte la BBC. AFP - Mai
1999.

III- Applications thérapeutiques de


l’électricité :
Défibrillation en service de réanimation
La défibrillation, appelée aussi choc électrique externe ou cardioversion, est le geste qui
consiste à délivrer volontairement et de manière brève un courant électrique dans le cœur lorsque
celui-ci présente certains troubles du rythme. Il est destiné à rétablir un rythme cardiaque normal.

1. Défibrillateur externe
C’est un appareil permettant d'analyser l'activité cardiaque et d'administrer éventuellement un
choc électrique externe appelé défibrillation. Il existe deux types de défibrillateurs, adaptés à
l'utilisation par le grand public : le défibrillateur automatique externe (DAE) qui fonctionne seul et
le défibrillateur semi-automatique qui fonctionne par pression sur un bouton.

Le défibrillateur a une double fonction : il permet d'analyser le rythme cardiaque d'une


personne pour ensuite, éventuellement faire repartir l'activité du cœur. En effet, suite à un choc ou
une attaque, les battements du cœur peuvent s’arrêter ou devenir anarchiques : un choc électrique peut
faire repartir le cœur ou permettre de revenir à des battements plus réguliers.

Le défibrillateur est constitué d'un boîtier contenant le défibrillateur et les électrodes. Celles-
ci doivent se placer à même la peau. Une fois le défibrillateur allumé, des instructions orales sont
données : après avoir placé les électrodes comme indiqué, le défibrillateur analyse le rythme cardiaque
et envoie éventuellement un choc électrique. S'il s'agit d'un défibrillateur semi-automatique, la
décharge se déclenche après avoir appuyé sur un bouton.

2. Défibrillateur automatique implantable


Le défibrillateur automatique implantable (DAI) est un petit dispositif totalement autonome,
implanté sous la peau, proche de la clavicule. Il est relié au cœur par une ou plusieurs sondes. Ce
système détecte et corrige les anomalies de l’activité électrique du cœur (arrêt cardiaque ou
tachycardie / fibrillation ventriculaire)
L’appareillage se compose d’un boitier et de fils électriques comme un pacemaker avec en
plus, un condensateur permettant l'accumulation et la décharge d'une quantité définie d'électricité,

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Dr Y. MERABET

servant à la défibrillation. Il est, de ce fait, sensiblement plus gros que celui d'un stimulateur cardiaque
classique ;
Il se présente alors comme un stimulateur cardiaque amélioré. En plus de la fonction
pacemaker, il peut traiter l’arrêt cardiaque ou le rythme trop rapide ou tachycardie.

3. Stimulation cardiaque (un pacemaker)

Un pacemaker ou stimulateur cardiaque est un appareil de quelques centimètres en titane


implanté dans la poitrine, sous la peau. Le boîtier contient une batterie et un système électronique. Le
stimulateur est relié par sonde au muscle cardiaque.

Le stimulateur cardiaque est capable de stimuler l’activité électrique du cœur quand celle-ci
est trop lente. Il a deux rôles principaux : stimuler et détecter.
La stimulation : Quand le rythme cardiaque est trop faible ou s'interrompt, le pacemaker
envoie une impulsion électrique au cœur par le biais d'une sonde de stimulation. Cette impulsion
électrique déclenche un battement cardiaque.
Le stimulateur cardiaque est muni de filtres d'entrée qui permettent
de détecter spécifiquement ondes P dans l'oreillette et ondes R dans le ventricule.

Ablation thermique de lésions


 Les ultrasons focalisés de haute intensité (HIFU) sont une technique
thérapeutique non invasive qui utilise des ondes ultrasonores non ionisantes pour chauffer ou enlever
les tissus. HIFU peut être utilisé pour détruire des tissus, tels que des tumeurs , via des mécanismes
thermiques et mécaniques. Des lentilles acoustiques sont souvent utilisées pour obtenir l’intensité
nécessaire au niveau du tissu cible sans endommager le tissu environnant.

Destruction par chauffage à distance de tumeurs ou d’autres lésions

- D’autres techniques peuvent exister pour l’ablation de la tumeur par chaleur entre autres ;

 Traitement par radiofréquence qui consiste à détruire la tumeur par de la chaleur


délivrée in situ par une sonde.

 « ablathermie » par micro-ondes. Ce nouveau dispositif non chirurgical dont la


technique permet l'ablation tumorale par micro-ondes.

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