COURS D’IMPOT SUR LE REVENU DES CAPITAUX MOBILIERS
Les revenus des capitaux mobiliers comprennent deux (2) catégories de
revenus :
les revenus de valeurs mobilières représentés par les produits des
actions, des parts de société et revenus assimilés distribués aux
associés et dirigeants des sociétés passibles de l’impôt sur les
sociétés. Les produits des obligations et autres emprunts négociables
sont aussi logés dans cette catégorie ;
les revenus des créances, dépôts, cautionnements et comptes
courants.
Chapitre I- Les revenus de valeurs mobilières
On peut retenir de la lecture de l’article 744 de l’Acte uniforme (AU) de
l’OHADA sur le droit des sociétés que les valeurs mobilières sont des titres
négociables émis par les sociétés anonymes (SA), qui confèrent des droits
identiques par catégorie et donnent accès directement ou indirectement à une
quotité du capital de la société émettrice, ou à un droit de créance général sur
son patrimoine
Il y a deux grandes catégories de valeurs mobilières, les seules que l’AU
règlemente d’ailleurs : l’action et l’obligation.
Toutefois à côté d’elles, l’imagination des praticiens de la finance a développé
des produits originaux qui ont une nature hybride, à mi-chemin entre l’action
et l’obligation.
Les revenus tirés des investissements en capitaux mobiliers peuvent se diviser
en deux catégories principales :
- Les produits de placements à revenu variable : revenus des actions et
parts sociales et revenus assimilés distribués par les personnes morales
passibles de l'impôt sur les sociétés.
-Les produits de placements à revenu fixe : revenus des créances, dépôts,
cautionnements, comptes courants, revenus des fonds d'État, revenus des
obligations et autres titres d'emprunt négociables émis par des personnes
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morales de droit public ou privé, revenus des bons de caisse, produits et
gains assimilés à cette catégorie.
Section I- Champ d’application :
(L’impôt sur le revenu des valeurs mobilières des revenus des actions, parts sociales et revenus assimilés)
La formation d’une société implique la réalisation d’apports faits par les
associés à la société. Il peut s’agir d’apports en espèces (numéraires) ou
d’apports en nature portant sur des biens mobiliers et immobiliers autres que
l’argent. La somme des apports forme le capital qui est réparti en actions.
Les actions sont des titres négociables émis par les sociétés anonymes (SA),
qui confèrent des droits identiques par catégorie et donnent accès
directement ou indirectement à une quotité du capital
Les dividendes représentent la part de bénéfices que l’AG ordinaire, lors de sa
réunion annuelle, décide de distribuer aux actionnaires.
Les actions ordinaires auxquelles sont attachés les trois (3) droits associés
à la détention d’une action.
En plus du droit de propriété, la détention d’actions accorde deux types de
droit :
– des droits dits financiers, comme le droit aux dividendes, le droit aux
réserves ou le droit au boni de liquidation (si la société est dissoute)
– des droits dits politiques, comme le droit de vote aux assemblées générales,
afin de participer aux grandes décisions stratégiques de l’entreprise, ainsi que
le droit à l'information sur la vie sociale et les comptes de la société.
Le propriétaire d’une action peut être un particulier, une entreprise, un
institutionnel (banque, fonds de placement, SICAV, caisse de retraites), une
fondation, l’Etat etc. L’ensemble des actionnaires constitue ce que l’on appelle
l’« actionnariat ».
Les actions privilégiées ;
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Il existe plusieurs différences entre les actions privilégiées et les actions
ordinaires. Vous trouverez ci-dessous quelques-unes des principales
différences :
Les dividendes: Non seulement les actionnaires privilégiés reçoivent des
dividendes avant les actionnaires ordinaires, mais ils bénéficient
généralement d'un rendement en dividendes plus élevé. Les dividendes des
actions privilégiées sont généralement fixés à un taux prédéterminé en
fonction de la valeur nominale. Les dividendes des actions ordinaires sont plus
variables et dépendent de la rentabilité de l'entreprise.
Droit de vote: Les détenteurs d'actions privilégiées n'ont pas de droit de
vote, alors que les détenteurs d'actions ordinaires en ont. Les détenteurs
d'actions ordinaires disposent généralement d'un vote pour chaque action
détenue et peuvent utiliser leurs votes pour, par exemple, élire un conseil
d'administration ou voter sur les principales décisions de l'entreprise.
Appréciation du cours de l'action: Les actions privilégiées ne s'apprécient/se
déprécient pas de la même manière que les actions ordinaires, ce qui entraîne
un risque moindre pour l'investisseur mais aussi des gains plus faibles.
Réclamation des actifs: En cas de liquidation des actifs en raison, par
exemple, d'une faillite, les détenteurs d'actions privilégiées ont un droit plus
élevé sur les actifs de la société que les détenteurs
Elles donnent droit à une antériorité sur les bénéfices, ou un bénéfice plus
grand, ou encore un droit de priorité pour le remboursement du capital.
Selon le type de privilège, l’on distingue :
Les actions à dividendes prioritaires, bénéficient d’un
dividende majoré en contrepartie de l’abandon du droit de vote ;
Les certificats d'investissement sont des actions sans droit de
vote ni dividende majoré ;
Les certificats de droit de vote est la contrepartie du
précédent ; c’est un titre représentatif du droit de propriété ;
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Les parts de fondateur, ce sont des actions sans valeur nominale ni
droit de vote mais elles donnent droit à une cote part fixe ou
proportionnelle au bénéfice et participent à la liquidation de l’entreprise.
I- Les revenus officiellement distribués aux associés
Les revenus officiellement distribués aux associés correspondent aux produits
des actions et part d’intérêts. Il s’agit des revenus de valeurs mobilières qui
sont distribués par les personnes morales assujetties à l’IS aux porteurs
d’actions, de parts sociales, aux dirigeants, aux porteurs d’obligations et
autres titres d’emprunt. Les personnes morales soumises à l’IS sont listées à
l’article 4 CGI.
L’impôt sur le revenu des valeurs mobilières (IRVM) s’applique même en cas
de non assujettissement à l’IS. Il frappe aussi les revenus distribués aux
commanditaires dans les sociétés en commandite simple, et aux associés
autres que ceux indéfiniment responsables dans les sociétés en participation.
L’IRVM s’étend également aux revenus distribués par les personnes morales
exonérées de l’IS tel que rapporté par l’article 84 CGI.
1 – Les dividendes
Les dividendes sont constitués des sommes prélevées sur les bénéfices, et les
réserves, que l’Assemblée générale décide de répartir entre les associés
compte tenu des actions ou parts détenues dans la société.
les dividendes, intérêts, arrérages, revenus et tous autres produits des actions
de toute nature et des parts de fondateurs des sociétés, compagnies et
entreprises quelconques qu’elles soient financières, industrielles,
commerciales ou civiles non soumis à l’IS, quelle que soit l’époque de leur
création sont imposables à l’impôt sur le revenu des valeurs mobilières ;
2 – Les remboursements ou amortissements d’actions ou parts sociales
L’amortissement de capital est le remboursement des apports (total ou
partiel) par prélèvement sur les réserves ou les bénéfices. Il se distingue de la
réduction du capital en ce qu’il n’entraîne aucune diminution du capital aux
statuts et au bilan, et n’étant pas opposable aux tiers il n’est pas publié.
Le capital de la société demeure inchangé, il y a seulement création au
compte capital d’une réserve égale au montant de l’amortissement. Les
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actions amorties deviennent des actions de jouissance.
Par leur nature, les remboursements ou amortissements d’actions ou de parts
ne constituent pas des revenus.
Mais quand ils sont effectués avant la dissolution de la société, ils sont
imposables si le remboursement a lieu à une date où tous les bénéfices et
réserves, autres que la réserve légale, ne sont pas encore répartis.
Dans ce cas alors, la part de l’actif net de liquidation revenant aux actions
déjà remboursées (actions de jouissance) ne sera pas imposée jusqu’à
concurrence des remboursements imposés.
En règle générale, les remboursements d’apports de capital interviennent
normalement à la fin la vie de la société, au moment de la liquidation ou après
règlement du passif social. Dans ce cas, ces remboursements ne sont pas
imposables.
Par contre, les remboursements d’actions ou parts sociales sont en principe
soumis à l’impôt sur le revenu s’ils sont effectués au courant de l’existence de
la société.
Toutefois, ces remboursements en cours de société échappent à l’impôt
s’ils sont effectués à une date où tous les bénéfices ou toutes les réserves
autres que la réserve légale, ont été auparavant réparties. L’impôt n’est pas
dû dans l’hypothèse où, en l’absence de bénéfices ou de réserves autres que
la réserve légale, la société prend des fonds sur son capital social à la suite
d’une opération constituant en fait en droit une rentable réduction de capital.
3 – Les distributions sous forme d’augmentations de capital
Lorsqu’une société intègre dans son capital des réserves, des bénéfices ou des
provisions, les parts ou actions émises en conséquence de cette augmentation de
capital sont attribuées aux associés en place, en proportion de leurs droits dans le
capital social. Puisque par l’intermédiaire de leurs droits sociaux, les associés étaient
propriétaires des sommes capitalisées, l’attribution de parts et actions nouvelles se
fait gratuitement. L’attribution d’actions gratuites n’est pas soumise à l’impôt sur le
revenu car elle n’est pas considérée comme une distribution de revenus mobiliers
bien qu’elles permettent l’appropriation indirecte de sommes qui, si elles avaient été
distribuées régulièrement, auraient été considérées comme des revenus mobiliers
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distribués. L’impôt sur le revenu ne deviendra exigible qu’ultérieurement, lors du
remboursement des titres qui ont été attribués à l’occasion de l’augmentation de
capital par incorporation de bénéfices ou de réserves. Il ne s’agira pas, en effet, de
remboursement d’apport.
Aux termes des dispositions de l’article 205 du CGI, les distributions de réserves ou
de bénéfices effectuées sous forme d’augmentations de capital ne supportent pas
l’impôt sur le revenu dans la catégorie des revenus de valeurs mobilières.
L’exonération de l’impôt sur le revenu des distributions de réserves ou de bénéfices
sous forme d’augmentation de capital trouve son explication dans la volonté d’éviter
que l’application de l’impôt ne soit un obstacle aux capitalisations des réserves et
bénéfices.
Toutefois que le législateur a évité certaines dispositions en vue de faire échec aux
combinaisons que les sociétés peuvent imaginer afin de faire bénéficier de
l’exonération certaines opérations dont le résultat final serait une distribution
effective de réserves ou de bénéfices (augmentation de capital par incorporation de
réserves sinon de réduction du capital par exemple).
C’est ainsi que l’administration fiscale soumet que les distributions de réserves ou de
bénéfices sous forme d’augmentation sont imposables lorsqu’elles sont consécutives
à une réduction de capital non motivée par des pertes sociales réalisée en franchise
d’impôt depuis moins de dix ans. Elles sont aussi imposables lorsqu’elles sont suivies,
dans le délai de dix ans, d’une réduction de capital non motivée par des pertes
sociales réalisée en franchise d’impôt.
4 – Les distributions en fin de société
A la dissolution de la société, l’impôt sur les sociétés est exigible sur les bénéfices du
dernier exercice, sur les provisions inscrites au bilan et qui deviennent sans objet,
ainsi que sur les plus-values constatées lors de la liquidation.
Le solde de l’actif net social, après paiement de l’impôt sur les sociétés et
soustraction des apports des associés, correspond au boni de liquidation. Ce dernier
est distribué aux associés et constitue un revenu imposable. A ce stade, les associés
ont repris en franchise d’impôt, le montant de leurs apports.
6- Autres revenus imposables à l’IRVM (les intérêts des obligations)
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« …sont considérés comme revenus de valeurs mobilières, pour la
détermination de l’impôt sur le revenu : (…) les intérêts, arrérages et tous
autres produits des obligations, effets publics, et tous autres titres d’emprunts
négociables émis par les communes, les établissements publics ainsi que les
communes, les établissements publics ainsi que par les sociétés, compagnies
et entreprises… ».
L’imposition se fait suivant le système de la retenue à la source : l’émetteur
des obligations calcule l’impôt dû sur le montant des intérêts à servir, l’impute
sur ce dernier au moment du paiement (à charge pour lui de le reverser au
Bureau d’Enregistrement compétent), et reverse le produit net au propriétaire
des titres.
Il existe deux taux alternatifs pour la taxation des intérêts des obligations : un
de 13% et un de 6%
Le taux de 6% s’applique aux revenus des obligations à échéance d’au moins
cinq ans, émises au Sénégal. La retenue à la source qui en découle a un
caractère libératoire pour le détenteur des titres.
A l’opposé, les produits des obligations dont l’échéance est inférieure à 5 ans
sont imposés à 13%.
Et dans ce cas, le montant de la retenue à la source supportée vient en
déduction de l’impôt sur le revenu liquidé sur la base des revenus d’ensemble
du contribuable.
Le traitement fiscal plus avantageux des titres remboursables sur 5 ans au
moins s’explique par la volonté du législateur d’encourager l’épargne à long
terme chez les sénégalais, et partant de permettre aux entreprises de
développer leurs ressources stables.
7-Les revenus versés aux membres des conseils d’administration et à l’occasion des
assemblées générales
L’article 85 du CGI qualifie de revenus de valeurs mobilières, les
rémunérations revenant aux membres des conseils d’administration ou de
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gestion des sociétés soumises à l’IS, ainsi qu’aux actionnaires des sociétés à
l’occasion des assemblées générales. Ces rémunérations s’entendent
principalement des tantièmes, des jetons de présence, et des
remboursements forfaitaires de frais.
Au demeurant, il faut préciser que les rémunérations versées aux
administrateurs exerçant des fonctions de direction, en sus des sommes
attribuées aux autres membres du Conseil d’administration, constituent des
salaires et non des revenus mobiliers.
II-Les revenus réputés distribués
En dehors de ces sommes officiellement prélevées sur les bénéfices et
distribuées aux associés, il existe plusieurs cas que la loi assimile à une
distribution de revenus mobiliers imposable. Il s’agit des distributions
présumées, camouflées ou occultes.
1-Les distributions présumées
Sont présumées distribuées les sommes mises par les sociétés soumises à l’IS
à la disposition des associés directement ou par des personnes ou sociétés
interposées à titre d’avances, de prêts ou d’acomptes.
Toutefois, la présomption est simple. S’il est établi que ces sommes sont
remboursées à la société moins de cinq ans après qu’elles aient été mises à la
disposition des associés, l’impôt perçu en vertu de cette mise à disposition est
restitué.
2-Les distributions camouflées
Les distributions camouflées correspondent aux charges enregistrées en
comptabilité et qui fiscalement ne sont pas déductibles à l’exclusion des
impôts et taxes, des amendes et pénalités, des amortissements et provisions,
ainsi que des réintégrations de loyers du fait d’une limitation administrative.
a- Les réintégrations suite au redressement fiscal
En vertu des dispositions de l’article 85-12 du CGI « les dépenses et charges
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dont la déduction pour l’assiette de l’impôt sur les sociétés est interdite, à
l’exclusion des amortissements et provisions, des impôts et taxes, des
amendes et pénalités ainsi que les réintégrations des loyers du fait de la
limitation administrative » sont assimilées à des revenus de valeurs mobilières
pour la détermination de l’impôt sur le revenu.
b- Les réintégrations effectuées par le contribuable lui-même.
Les charges spontanément réintégrées par les entreprises sur leur déclaration
d’IS, qui revêtent le caractère de charges non déductibles sont recherchées en
paiement de l’IRVM.
3-Les distributions ou rémunérations occultes
Les distributions et rémunérations occultes correspondent à tous les cas où les sociétés ne
révèlent pas à l’administration fiscale l’identité de leurs bénéficiaires. Il en est ainsi des
salaires, loyers et sommes versées aux tiers qui ne sont pas déclarés.
Au demeurant, le CGI a spécialement consacré deux cas de distributions occultes :
tous les bénéfices ou produits qui ne sont pas mis en réserve ou incorporés au capital :
les sommes ainsi distribuées sont déterminées suivant la méthode dite « de variation des
capitaux propres ». Ces sommes sont imposables sans que l’administration ait besoin de
prouver qu’elles ont bénéficié aux associés,
toutes les sommes ou valeurs mises à la disposition des associés, actionnaires ou
porteurs de parts et non prélevées sur les bénéfices : l’imposition de ces sommes
requiert que l’administration prouve qu’elles ont bénéficié aux associés.
La société qui a versé les sommes en cause est soumise à l’impôt sur le revenu des
personnes physiques sur le montant des rémunérations occultes versées. Il est fait
application à la totalité des sommes versées, du taux le plus élevé prévu en matière d’impôt
sur le revenu, soit 43% sans abattement aucun.
4-Régime spécifique des sommes réputées distribuées au Sénégal par les
succursales d’entreprises étrangères
Sous réserve des dispositions des conventions internationales, la fraction
égale à la moitié des bénéfices réalisés au Sénégal par les personnes morales
étrangères et qui n'ont pas été réinvestis en totalité dans ce pays dans les
conditions relatives à la forme de l’investissement prévues pour la réduction
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d’impôt pour investissement de bénéfice au Sénégal est réputée distribuée, au
titre de chaque exercice, à des associés n'ayant par leur domicile fiscal ou leur
siège social au Sénégal.
Les bénéfices s'entendent du montant total des résultats imposables ou
exonérés, après déduction de l'impôt sur les sociétés.
Les distributions ainsi déterminées font l'objet d'une retenue à la source
libératoire au taux de 20 %.
5-autres distributions irrégulières
a- La partie excédentaire des comptes courants d’associés.
Il s’agit de la fraction des intérêts rémunérant les sommes déposées en compte courant par
les associés et qui n’est pas admise en déduction de l’assiette de l’impôt sur les sociétés.
Quant à la fraction des intérêts déductibles, elle est imposable entre les mains des
bénéficiaires en tant que revenus des créances.
b- Les bénéfices affectés au paiement des dettes des associés
L’impôt est exigible sur le bénéfice qu’une société affecte au paiement des dettes dont ses
associés sont débiteurs à l’égard des tiers. Ce paiement constitue une distribution indirecte ;
la situation serait la même si l’associé, après avoir touché sa part dans le dividende
distribué, versait les sommes entre les mains de son créancier.
c- Les distributions sous forme de libération d’actions.
Pour les mêmes raisons que celles précédentes, l’impôt est réclamé lorsqu’une société, au
lieu de répartir entre ses actionnaires les bénéfices réalisés, les emploie à la libération de
leurs actions. En effet, l’affectation de ces bénéfices au paiement des dettes des
actionnaires envers la société les fait passer de la caisse sociale au patrimoine propre des
associés et constitue par conséquent une distribution passible de l’impôt.
Section III- Les exonérations
I- Produits exonérés
Les exonérations portent sur les intérêts, arrérages, produits des obligations et tous autres titres
d’emprunts négociables émis par les personnes morales citées à l’article 91 CGI.
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En plus de l’Etat, les communes et les établissements publics à caractère non lucratif, les valeurs
ci-dessous énumérées sont exonérées lorsqu’elles sont émises par :
- la Banque de l’Habitat du Sénégal (BHS);
- la caisse nationale de crédit agricole du Sénégal (CNCAS) ;
- l’Agence française de développement ;
- les coopératives ou unions de coopératives créées et fonctionnant conformément à la
réglementation.
II- Opérations exonérées de retenue à la source.
Les opérations de distribution de revenus de valeurs mobilières exonérées portent sur les
produits reçus des filiales puis redistribués par les sociétés mères, les produits des sociétés de
gestion de portefeuille de valeurs mobilières et ceux des entreprises d’assurance.
1. Distributions des produits des filiales par les sociétés mères.
Afin d’éviter la double imposition, les dividendes distribués par les sociétés mères ne sont pas
soumis à la retenue à la source dans la mesure du montant net des produits reçus des filiales.
Pour le régime des sociétés mères et filiales l’exonération de la retenue porte sur le montant net
du dividende en cas de redistribution par la société mère à ses associées.
2 – Distributions de produits de valeurs mobilières par les fonds communs de
placement
Les produits de valeurs mobilières redistribués par les fonds communs de placement,
sont dispensés de la retenue à la source prévue, à la condition que lesdits produits
aient effectivement supporté la retenue.
La retenue à la source opérée sur les revenus de valeurs mobilières perçus par les
fonds communs de placement et par les sociétés d’investissement est libératoire
pour la personne physique bénéficiaire en dernier ressort des revenus.
3 – Distributions des produits des entreprises franches d’exportation
La distribution de dividendes par les entreprises franches d’exportation (EFE)
bénéficie d’une exonération spéciale de retenue à la source en matière d’IRVM.
4- Autres exonérations
La retenue à la source prévue à l’article 203 n’est pas applicable aux produits
suivants en application des dispositions de l’article 205 du CGI :
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1. pour les sociétés en nom collectif, sociétés en commandite simple, sociétés à
responsabilité limitée unipersonnelle et sociétés civiles,
a) aux parts d'intérêts dans les sociétés commerciales en nom collectif et les
sociétés à responsabilité limitée où l'associé unique est une personne physique
n'ayant pas exercé l'option prévue à l'article [Link] ;
b) aux parts d'intérêts dans les sociétés civiles de personnes fiscalement
transparentes n'ayant pas opté pour le régime d'imposition à l'impôt sur les sociétés ;
c) aux parts sociales dans les sociétés en commandite simple n'ayant pas exercé
l'option prévue à l'article [Link] ;
2. pour les remboursements d'apports et les amortissements de capital,
a) aux répartitions présentant pour les associés ou actionnaires le caractère
de remboursement d'apport ou de primes d'émission ; Toutefois une
répartition n'est réputée présenter ce caractère que si tous les bénéfices et les
réserves autres que la réserve légale ont été auparavant répartis. Pour
l'application des dispositions ci-dessus, les provisions et amortissements non
admis en déduction pour le calcul de l'impôt sur les sociétés sont considérés
comme des bénéfices.
b) aux amortissements de tout ou partie de leur capital social, parts d'intérêts
ou commandites effectués par les sociétés concessionnaires de l'Etat, des
communes et autres collectivités publiques, lorsque ces amortissements sont
justifiés par la caducité de tout ou partie de l'actif social notamment par
amortissement progressif ou par obligation de remise en fin de concession à
l'autorité concédante ; Dans ce cas, l'exemption est accordée dans la mesure
où le capital social ne pourrait se retrouver compte tenu des amortissements
ou remboursements effectués en franchise d'impôt. Lorsque le
remboursement a été soumis à l'impôt en vertu des dispositions qui
précédent, la répartition de l'actif à la liquidation de la société entre les
porteurs d'actions de jouissance et jusqu'à concurrence du pair des actions
originaires est considérée comme un remboursement de capital non
imposable à l'impôt sur le revenu. Ne peuvent être considérées comme
apports au sens du présent article, les réserves incorporées au capital et les
sommes incorporées au capital ou aux réserves à l'occasion des fusions de
sociétés.
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3. pour l’augmentation de capital,
- aux distributions de réserves ou de bénéfices effectuées toutes deux sous la
forme d'augmentation de capital ; Toutefois, lorsque ces distributions sont
consécutives à une réduction de capital non motivée par des pertes sociales
ou à une opération quelconque impliquant le remboursement direct ou
indirect du capital en franchise d'impôt réalisée depuis moins de 10 ans, elles
ne peuvent bénéficier de l'exemption édictée par l'alinéa précédent que si et
dans la mesure où l'augmentation de capital en résultant excède le capital
remboursé. Lorsque les distributions sont suivies dans le délai de dix (10) ans
d'une réduction de capital non motivée par des pertes sociales ou d'une
opération quelconque impliquant le remboursement direct ou indirect du
capital en franchise d'impôt, elles sont déchues du bénéfice de l'exemption
pour une somme égale au montant du remboursement et les droits exigibles
doivent être acquittés dans les 20 premiers jours du mois suivant celui de
l'événement qui a entraîné la déchéance,
4. pour les fusions de sociétés,
- aux plus-values résultant de l'attribution gratuite d'actions, de parts
bénéficiaires, de parts sociales ou d'obligations à la suite de fusions de
sociétés anonymes ou à responsabilité limitée ; Le même régime est
applicable lorsqu'une société anonyme ou à responsabilité limitée apporte:
a) une partie de ses éléments d'actif à une autre société constituée sous l'une
de ses formes, dans les conditions prévues au a) de l'alinéa 21 de l'article
466 ;
b) l'intégralité de son actif à deux (2) ou plusieurs sociétés constituées à cette
fin, sous l'une de ces formes, dans les conditions prévues aux b) ou
c) de l'alinéa 21 de l'article 466 ; Toutefois, si dans les dix (10) ans précédant
la fusion, le capital de la société absorbée ou des sociétés anciennes a fait
l'objet d'une réduction non motivée par des pertes sociales, les plus-values ne
peuvent bénéficier de l'exonération prévue à l'alinéa précédent qu'à
concurrence de la fraction qui excède le montant de la réduction. Si dans les
dix (10) ans suivant la fusion il est procédé à une réduction de capital non
motivée par des pertes sociales ou à un remboursement total ou partiel des
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obligations attribuées gratuitement, les plus-values sont déchues, à
concurrence de la portion du capital remboursé aux actions, parts ou
obligations attribuées gratuitement, de l'exemption dont elles avaient
bénéficié et les droits exigibles doivent être acquittés par ladite société
absorbante ou nouvelle dans les vingt (20) premiers jours du trimestre qui suit
celui au cours duquel a été fait le remboursement.
5. aux plus-values résultant de l'attribution exclusive en priorité, aux membres
des sociétés de construction visées au 5° de l’article 471, par voie de partage
en nature à titre pur et simple, de la fraction des immeubles construits par
celles-ci et pour laquelle ils ont vocation. Le bénéfice de cette disposition est
subordonné à la condition que les sociétés dont il s'agit fassent enregistrer le
procès-verbal de la délibération de l'assemblée générale approuvant le projet
de partage, avant l'expiration d'un délai de sept (7) ans à compter de la date
de leur constitution. L'acte de partage lui-même devra être enregistré au plus
tard un an après l'enregistrement du procès-verbal de la délibération de
l'assemblée générale approuvant le projet de partage.
Section II-DETERMINATION DU REVENU IMPOSABLE
I- La base imposable
La base imposable est constituée en fonction de la nature du revenu et de la
rémunération distribuée conformément à l’article 92 CGI.
1- pour les actions, par le dividende fixé d’après les délibérations des assemblées
générales d’actionnaires ou des conseils d’administration, les comptes rendus ou
tous autres documents analogues ;
2- pour les obligations ou emprunts, par l’intérêt ou le revenu échu dans l’année ;
3- pour les parts d’intérêts et commandites, soit par les délibérations des
assemblées générales des associés ou des conseils d’administration soit, à défaut
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de délibérations, au moyen d’une déclaration à souscrire dans les 3 mois de la
clôture de l’exercice, faisant connaître les bénéfices ou produits effectivement
distribués ;
pour les lots, par le montant même du lot ;
4- pour les primes de remboursement, par la différence entre la somme
remboursée et le taux d’émission des emprunts ;
5- pour les rémunérations de l’administrateur unique ou des membres des
conseils d’administration ou de gestion des sociétés, par les délibérations des
assemblées générales d’actionnaires ou des conseils d’administration, les comptes
rendus ou tous autres documents analogues ;
6- pour les autres revenus ayant le caractère de revenus distribués, par tous les
éléments déterminés par l’Administration fiscale.
II – Détermination de la retenue à la source
Les revenus de valeurs mobilières et assimilés sont soumis au régime de la
retenue à la source. Cette retenue a un caractère de précompte d’impôt opéré
par la personne morale distributrice de revenus des valeurs mobilières. Cette
retenue est recouvrée par le bureau des services des impôts compétent.
1– Retenue à la source sur les produits des actions
Pour les dividendes, un taux libératoire de 10% est appliqué.
2 – Retenue à la source sur les produits des obligations
Pour les produits obligataires à échéance inférieure à 5 ans, on applique un taux
de 13%. Ce taux est ramené à 6% libératoire d’impôt, lorsque les produits des
obligations courent une période égale ou supérieure à 5 ans
3 – Retenue à la source sur les produits des sociétés étrangères
En application des dispositions de l’article 204 du CGI aux termes desquelles «Sous
réserve des dispositions des conventions internationales, la fraction égale à la moitié
des bénéfices réalisés au Sénégal par les personnes morales étrangères visées à
l’article 84 et qui n'ont pas été réinvestis en totalité dans ce pays dans les conditions
définies aux articles 232 à 242, est réputée distribuée, au titre de chaque exercice, à
des associés n'ayant pas leur domicile fiscal ou leur siège social au Sénégal ».
Les produits distribués par les sociétés étrangères à des associés n’ayant par leur
domicile fiscal ou leur siège social au Sénégal subissent une retenue à la source de
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20% sur la fraction de la moitié des bénéfices réalisés en cas d’absence de
convention fiscale.
III – Paiement de la retenue à la source.
Le paiement de la retenue à la source s’effectue par acompte provisionnel suivant
chaque catégorie de revenu de valeurs mobilières qu’il soit fixe ou variable. Il est
désormais établi par l’article 223 CGI des délais et modalités de paiement des
acomptes qu’ils soient uniques ou multiples.
1 – Produits des actions et emprunts à revenus variables
La retenue à la source sur les dividendes distribués, les parts d’intérêts et
emprunts à revenu variable est désormais payable en un seul acompte qui doit
intervenir dans les 20 premiers jours du mois de janvier de chaque année. Cet
acompte est déterminé provisoirement sur la base du résultat du dernier exercice,
c'est-à-dire l’exercice N-1. Son montant correspond à cet effet à la moitié des revenus
distribués l’année précédente.
Cet acompte est perçu comme une provision, car est payé par anticipation. Apres
la distribution pour l’exercice N, la taxe due en entier est alors liquidée au plus tard le
20 juillet de l’année N. Si à la suite de la liquidation, il en résulte un complément
d’impôt ; celui-ci doit être acquitté immédiatement au profit du Trésor.
Dans le cas contraire, l’excédent versé est imputé sur l’exercice courant ou
remboursé si la société est arrivée à son terme ou si elle cesse de distribuer des
revenus.
2 – Produits des obligations et autres revenus à échéance fixe
En ce qui concerne les obligations, emprunts et autres valeurs dont le
revenu est fixé et déterminé à l’avance, la retenue à la source sur les produits
échus au cours de l’année précédente est versé dans les 20 premiers jours du
mois de janvier de chaque année. Autrement dit les retenues sur les produits
de l’exercice N, sont acquittés au plus tard le 20 janvier N+1 en un seul
versement.
3- Produits des lots et primes de remboursement
La retenue à la source sur les lots et primes de remboursement payés au cours
d’un trimestre est versée au plus tard dans les 20 premiers jours des trimestres civils.
Autrement dit pour l’exercice.
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N, au plus tard, dans les 20 premiers jours des mois d’avril, juillet et octobre N. En
janvier N+1 pour le trimestre de l’exercice écoulé.
4- Bénéfices, jetons de présence et rémunérations diverses
En ce qui concerne les bénéfices, jetons de présence et rémunérations diverses
servis aux membres des conseils d’administration de sociétés, compagnies ou
entreprises, le versement doit intervenir dans les 20 premiers jours des trimestres
civils écoulés. Comme pour les primes de remboursement, les retenues sont versés
au plus tard le 20 des mois d’avril, juillet octobre et janvier N+1.
5- Remboursements ou amortissements
Les retenues sur les remboursements ou amortissements totaux ou partiels de
capitaux sont versées dans les 30 jours qui suivent la mise en paiement de ces
remboursements.
Toutefois, si une demande d’exemption a été présentée la retenue n’est exigible que
lorsque le Fisc aura statué sur ladite demande ;
Illustration
1/ Une SARL réparti son bénéfice distribuable entre ses différents associés en fonction
de leurs participations dans le capital :
- TERRA SA 30% (Entreprise Franche d’Exportation)
- Ibrahima DIOUF 10%
- Ndoye SUARL 10%
- VOXY SA 50%
2/ Terra SA ayant réalisé un bénéfice durant l’exercice, compte également verser un
dividende à son actionnaire unique domicilié hors du territoire sénégalais.
3/ Ibrahima DIOUF doit déterminer et verser l’impôt dû sur l’ensemble de ses
revenus.
4/ L’associé unique de Ndoye SUARL envisage de prélever un montant de 2,5 millions
sur son bénéfice net d’impôt.
5/ La société VOXY SA distribue des dividendes à ses associés parmi lesquels compte
une personne physique minoritaire. Les dividendes reçus de sa filiale sont compris
dans le bénéfice distribuable.
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Quelles sont les incidences fiscales de ces diverses opérations ?
Chapitre II-Les revenus des créances, dépôts et cautionnements
Section I- Les revenus imposables
Sont considérés comme revenus de créances, au sens de l’article 101 du CGI, les
intérêts, arrérages et tous autres produits :
a) des créances hypothécaires, privilégiées et chirographaires, à l'exclusion de
toute opération commerciale ne présentant pas le caractère juridique d'un
prêt;
b) des dépôts de sommes d'argent, à vue ou à échéance fixe, quel que soit le
dépositaire et quelle que soit l'affectation du dépôt;
c) des cautionnements en numéraire;
d) des comptes courants;
e) des bons de caisse et autres emprunts non obligataires ;
f) des clauses d’indexation afférentes aux sommes mises ou laissées à la
disposition d’une société par ses associés ou ses actionnaires.
Ces produits même redistribués par les fonds communs de placement ou par toutes
autres formes de placement collectif agréées constituent des revenus de créances,
dépôts et cautionnements.
Les produits attachés aux bons ou contrats de capitalisation ainsi qu’aux placements
de même nature et souscrits auprès d’entreprises d’assurances établies au Sénégal
ou à l’étranger sont, lors du dénouement du contrat, soumis à l’impôt sur le revenu
des créances (1er alinéa art.103).
Au regard de l’article 104 du CGI, ne sont pas considérés comme revenus de
créances, les intérêts, arrérages et tous autres produits de comptes courants figurant
dans les recettes provenant de l'exercice d'une profession industrielle, commerciale,
ou agricole ou d'une exploitation minière, sous la double condition :
1. que les contractants, aient la qualité d'industriel, de commerçant ou d'exploitant
agricole ou minier ;
2. que les opérations inscrites au compte courant se rattachent exclusivement à
l'industrie, au commerce ou à l'exploitation des deux parties.
18
Ces dispositions ne sont applicables qu’aux contractants dont les produits des
comptes courants sont imposables au Sénégal au titre des bénéfices industriels et
commerciaux.
Section II-Les revenus exonérés
Sont exonérés de l'impôt sur le revenu :
1. les intérêts, arrérages et tous autres produits des titres d'emprunt émis par
l'Etat, les communes et les collectivités locales;
2. les intérêts, arrérages et tous autres produits des comptes de dépôts ouverts
dans les écritures de la Banque de l'Habitat du Sénégal, ainsi que des prêts et
avances, quelle que soit leur forme, consentis à cet établissement;
3. les intérêts des sommes inscrites sur les livrets d'épargne des personnes
physiques, à condition qu'ils soient servis par une banque, un système
financier décentralisé, un établissement financier ou une caisse d'épargne
situés au Sénégal;
4. les intérêts des prêts consentis aux coopératives ou unions de coopératives
créées et fonctionnant conformément à la législation en vigueur, ou des prêts
qu'elles consentent;
5. les intérêts des prêts consentis par la Banque centrale des États de l'Afrique
de l'ouest;
6. les intérêts des prêts consentis par l’Agence Française de Développement;
7. les intérêts des prêts consentis à la Caisse nationale de Crédit agricole du
Sénégal;
8. les intérêts, arrérages et tous autres produits des prêts et avances, quelle que
soit leur forme, consentis aux sociétés d'économie mixte qui ont pour objet la
promotion et le développement de la petite et moyenne entreprise industrielle,
commerciale ou artisanale;
9. les intérêts, arrérages et tous autres produits des emprunts contractés par la
SNHLM. La même exonération est applicable aux sociétés d'économie mixte
constituées en vue de l'amélioration de l'habitat et à toutes autres sociétés qui
se consacrent, avec l'agrément et sous le contrôle de l'Etat, au développement
de l'habitat dans la mesure où les prêts sont contractés ou consentis en vue de
l'amélioration de l'habitat ou du développement des habitations économiques ;
10. les intérêts des valeurs d'état;
11. les lots ainsi que les primes de remboursement rattachés aux bons,
lorsqu'ils sont expressément exonérés.
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12. les intérêts, arrérages et tous autres produits :
des prêts des institutions mutualistes ou coopératives d’épargne et de crédit
ou d’associations créées et fonctionnant conformément à la loi organique
portant réglementation des systèmes financiers décentralisés et à leur objet ;
que les systèmes financiers décentralisés régis par la loi sus-indiquée servent à
leurs clients, dans la limite des montants fixée par arrêté du Ministre chargé
des finances.
13. les intérêts, arrérages et tous autres produits des fonds déposés en
gestion, pour une durée minimale de trois (3) ans auprès des entreprises de
capital risque.
14. les produits, les plus-values et les transactions se rapportant aux titres
émis par les Etats membres de l’Union Economique et Monétaire Ouest Africain
(UEMOA) en représentation des concours consolidés de la Banque Centrale des
Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) ;
15. Les produits attachés aux bons ou contrats de capitalisation ainsi qu’aux
placements de même nature et souscrits auprès d’entreprises d’assurances
établies au Sénégal ou à l’étranger sont exonérés, quelle que soit la durée du
contrat, lorsque celui-ci se dénoue par le versement d’une rente viagère ou
que ce dénouement résulte du licenciement du bénéficiaire des produits, de sa
mise à la retraite anticipée ou de son invalidité. Les produits en cause sont
constitués par la différence entre les sommes remboursées au bénéficiaire et
le montant des primes versées (art.103 du CGI).
Section III- Base imposable
La base imposable est constituée par le montant brut des intérêts, arrérages et tous
autres produits des valeurs désignés comme revenus imposables.
Le produit est considéré comme acquis par le seul fait soit du paiement des intérêts
de quelque manière qu'il soit effectué, soit de leur inscription au débit ou au crédit
d'un compte.
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a. Cas de capitalisation des intérêts d'un prix de vente de fonds de
commerce
En cas de capitalisation des intérêts d'un prix de vente de fonds de commerce, le fait
générateur de l'impôt sur le revenu est reporté à la date du paiement effectif des
intérêts.
b. Cas de remboursement total ou partiel d'une créance
comportant des intérêts impayés
S'il est procédé au remboursement total ou partiel d'une créance comportant des
intérêts impayés, le revenu est calculé en imputant ce remboursement d'abord sur
les intérêts.
Cette règle ne s'applique ni aux réductions de dettes judiciairement constatées, ni
aux remboursements par voie d'ordre ou de contribution amiable ou judiciaire.
Section III. Les acomptes provisionnels en matière de RVM (223 et 224)
Le paiement de l'impôt sur les RVM est versé :
1. dans les 20 premiers jours du mois de janviers de chaque année, pour les actions, parts
d’intérêts et emprunts à revenus variables, en un acompte déterminé provisoirement d’après
le résultat du dernier exercice, et calculé sur les cinq dixièmes du revenu distribué.
Chaque année, après la distribution, et au plus tard le 20 juillet, il est procédé à une
liquidation définitive de la taxe due pour l’exercice entier. Si, de cette liquidation, il résulte un
complément d’impôt au profit du Trésor, il est immédiatement acquitté.
Dans le cas contraire, l’excédent versé est imputé sur l’exercice courant ou remboursé si la
société est arrivée à son terme ou si elle cesse de distribuer des revenus ;
2. dans les 20 premiers jours du mois de janviers de chaque année, pour les produits échus
au cours de l’année précédente en ce qui concerne les obligations, emprunts et autres
valeurs dont le revenu est fixé et déterminé à l’avance ;
3. dans les 20 premiers jours des mois de janvier, avril, juillet et octobre de chaque année,
pour les lots et primes de remboursement mis en paiement au cours du trimestre
précédent;
4. pour les bénéfices, jetons de présence et rémunérations diverses servis aux
membres des conseils d'administration de sociétés, compagnies ou entreprises, dans
les 20 premiers jours des mois de janvier, avril, juillet et octobre de chaque année, pour les
sommes mises en distribution au cours du trimestre précédent;
5. pour les remboursements ou amortissements totaux ou partiels, dans les 30 jours
qui suivent la mise en paiement de ces remboursements.
Toutefois, si une demande d'exemption a été présentée la retenue n'est exigible qu'après qu'il
aura été statué sur ladite demande
6. dans les 3 mois de la clôture de l'exercice pour les sommes, rémunérations et
avantages mis à la disposition des associés ou accordés au titre dudit exercice.
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7. dans les trente jours de l’établissement du bilan de clôture de liquidation d’une société
dissoute.
Toutefois, en ce qui concerne les personnes morales étrangères, le paiement de l’acompte est
déterminé provisoirement d’après le résultat du dernier exercice et calculé sur les 5/10èmes
des sommes taxées.
La liquidation définitive a lieu le 1er mai de chaque année en ce qui concerne l’exercice clos
au cours de l’année précédente.
Section IV. Les acomptes provisionnels en matière de RCDC
Pour les revenus des créances, dépôts et cautionnements, le versement est effectué :
1. par le notaire, lorsque la créance a été constatée par acte notarié passé au Sénégal et
lorsque le notaire est chargé de payer ou de percevoir les intérêts;
2. par les banques, sociétés de crédit ou d’assurance lorsque les produits visés à l'article 100
sont inscrits dans leur compatibilité au débit ou au crédit d'un compte ou sont payés par eux.
Tout commerçant qui ouvre des comptes pour l'inscription des produits considérés comme
RCDC, sur sa demande, être autorisé à verser sur bordereau dans les mêmes conditions que
les banques ou sociétés de crédit.
La demande d'autorisation est adressée au directeur chargé de l'enregistrement qui statue.
3. par les préposés du Trésor lorsque les produits considérés comme RCDC sont inscrits dans
leur comptabilité ou payés par eux;
4. dans tous les autres cas que ceux visés au 1 et au 2 ci-dessus le versement est effectué
par le créancier.
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