Or 0905
Or 0905
c EDP Sciences, SFODF, 2009 [Link]
DOI: 10.1051/orthodfr:2008027
Chapitre 1
Les céramiques
Axelle Vassal1*, Ouafae Azmi2
1
30 rue John Firzgerald Kennedy„ 59290 Wasquehal, France
2
1 rue F. Combemale, résidence Châtelet, 59000 Lille, France
a b
Figure 1
TM
(a) Exemple d’attache monocristalline : le bracket Starfire en saphir monocristallin (American Company ). (b) Exemple d’at-
tache polycristalline : le bracket Allure
r , polycristal d’oxyde d’alumine (GAC [Link] ).
Chapitre 1
25 µ
a b
Figure 3
(a) : Vue d’ensemble au microscope électronique d’un bracket d’alumine polycrystalline : le bracket Transcend
r (3M Unitek )TM
en 0.022”. (b) : Étude au microscope électronique de la morphologie de sa surface après fracture : prédominance des fractures
intergranulaires. (D’après Kusy [22].)
dureté, comparée à celle de l’émail, ne constitue pas subissent. Ceci est dû au fait que les céramiques utili-
cliniquement un avantage puisque les cas d’abra- sées pour les attaches orthodontiques présentent des
sion causée par le contact bracket-dent antagoniste liaisons atomiques directionnelles fortement locali-
sont fréquents [24, 27]. Les publications sur ce su- sées. Le réseau atomique ne permet pas une redis-
jet montrent une perte de substance dentaire impor- tribution du choc. Deux types de fractures peuvent
tante dans un temps réduit [27]. être observés au niveau des attaches en céramique :
La surface de ces facettes d’abrasion est parfaite- les transgranulaires et les intergranulaires. Ces der-
ment lisse. Leur aspect est très voisin de celui des fa- nières sont prédominantes et indiquent que l’inter-
cettes d’usure rencontrées chez les bruxomanes. Tou- face entre les particules constitue le maillon de fai-
tefois, leur superficie est généralement importante, blesse [22] (Fig. 3).
témoignant ainsi d’une perte de matériel dentaire
considérable.
Viazis, et al. [44] proposent de n’utiliser ces at- [Link]. Facteurs influençant la fragilité
taches qu’à l’arcade maxillaire. Le Romain [27] pro- de la céramique
pose quant à lui trois solutions pour éliminer ces
usures iatrogènes : l’ouverture de l’occlusion, la com- – Nature chimique du bracket [7]
pensation verticale du collage des attaches ou le col- Decker et Sadoun [14] ont montré que le module
lage des brackets céramiques à la seule arcade maxil- de rupture en flexion du zircone est deux fois supé-
laire. rieur à celui d’un monocristal d’alumine, et quatre
fois supérieur à celui d’un polycristal d’alumine. La
2.3.2. La fragilité ténacité du zircone est quatre fois supérieure au po-
[Link] Résistance à l’étirement lycristal d’alumine, et deux à deux fois et demie su-
de la céramique périeure à celle du monocristal d’alumine. Le zircone
montre une moindre propension à la propagation
Les céramiques présentent une très faible résis- des fissures. En clinique, les fractures sont rares avec
tance à la fracture, ce qui les rend extrêmement fra- le zircone, elles se produisent surtout lors de l’inser-
giles [7]. tion de l’arc.
Elles ont une résistance à la déformation très éle-
vée [7], mais n’ont pratiquement pas de plasticité. – Taille des grains
Elles présentent une très faible déformation à la rup- Lorsqu’elle dépasse 30 μm, la fragilité aug-
ture et résistent très peu au choc mécanique qu’elles mente [42]. C’est la raison pour laquelle on évite la
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Chapitre 1
le plus souvent en clinique. Les auteurs montrent
qu’il est possible d’en diminuer la fréquence en évi-
tant d’utiliser les ligatures de Kobayashi préformées
avec un fil 0.14, car elles sont trop solides. Ils pré-
conisent d’utiliser exclusivement des ligatures élas-
tiques ou métalliques recouvertes de téflon, ou bien
des ligatures de Kobayashi préparées au fauteuil avec
un fil .012, ou encore des fils de titane.
Durant la préparation de la ligature, qu’elle soit
métallique ou recouverte de téflon, il faut absolu- Figure 5
ment éviter tout contact entre les mors de la pince Bracket avec gorge métallique (d’après Russel [38]).
et l’attache afin d’éviter de fracturer l’ailette, voire
même toute l’attache. Ceci limite l’usage systéma-
tique des ligatures métalliques en leur préférant les
anneaux élastomériques transparents.
2.3.3. La friction
La friction est la résistance au mouvement de
glissement d’un objet solide sur un autre. D’après
Kusy [22], le coefficient de friction d’une attache en
céramique est significativement plus important que
Figure 6
celui d’une attache métallique. Ceci est lié à l’irré-
Bracket céramique auto-ligaturant avec clip actif-passif
gularité de l’état de surface et la rugosité particulière
In-Ovation-C
r de chez GAC [Link] .
de l’attache qui freine le glissement de l’arc dans la
gorge. Pour lui, aucune attache en céramique ne per-
met à la dent de glisser aussi bien qu’avec un verrou aux systèmes de brackets en céramique autoligatu-
métallique. rants [33, 35] (Fig. 6).
Les auteurs pensent que les forces de frottement Reicheneder, et al. [37] ont montré que les sys-
augmentent : tèmes autoligaturants en céramique présentent une
diminution significative de la friction par rapport
– avec l’augmentation de la section de l’arc, aux brackets conventionnels.
– avec l’utilisation d’un arc rectangulaire plutôt En ce qui concerne le rôle de l’usure, les auteurs
qu’un arc rond, rapportent une augmentation de la friction à l’usure
– avec l’augmentation de l’angulation de l’attache, moins importante que celle des brackets convention-
– avec l’augmentation de la force de serrage de la nels ; due en partie à l’accumulation de débris dans
ligature, la gorge et sur les zones terminales.
– avec l’existence d’un torque actif [1].
Le rôle de la salive est controversé ; selon les études, 3. La rétention des attaches
elle peut soit diminuer, soit augmenter ou être sans céramiques [17–19]
effet sur la friction. Les expérimentations menées
avec la salive artificielle sont plutôt de valeur incer- La pose des brackets en céramique nécessite à
taine car la salive artificielle n’est qu’un substitut de la fois un système de rétention suffisamment solide
la salive humaine. pour résister aux forces orthodontiques utilisées lors
La recherche d’un système d’attache combinant du traitement, mais aussi suffisamment fragile pour
un aspect esthétique acceptable et un faible coeffi- permettre une dépose aisée, tout en conservant l’in-
cient de friction a abouti, dans un premier temps, à tégrité de l’organe dentaire.
la création de brackets céramiques avec gorge mé- En raison de sa nature chimique totalement
tallique (Fig. 5) puis, dans un deuxième temps, inerte, la céramique rend impossible l’adhésion de
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Chapitre 1
Figure 7 Figure 8
Étude au microscope électronique de la base du bracket Étude au microscope électronique de la base du bracket
Transcend 6000 r Unitek/3MTM . Grossissement × 3100. Starfire TMB r de A CompanyTM . Grossissement × 3100.
Polycristal d’oxyde d’alumine, rétention micromécanique. Monocristal d’oxyde d’alumine. Rétention chimique. (D’après
(D’après Kearns, et al. [21].) Kearns, et al. [21].)
Chapitre 1
Figure 10
Apparence de la base du bracket et de la surface de la dent après dépose d’un bracket à rétention chimique (d’après Atsü,
et al. [5]).
Le collage du bracket est donc réalisé par l’inter- 4. La pose des attaches en céramique
médiaire du silane qui forme un pont entre les élé-
ments organiques et non organiques. Deux techniques de pose sont possibles :
La rétention chimique permet une diminution de – Le collage direct : réalisé entièrement au fauteuil,
l’épaisseur du bracket, car il en augmente la force de il s’agit de la technique la plus couramment utili-
rétention [19]. sée : elle consiste à coller directement les brackets
Ce procédé semble cependant aujourd’hui dé- sur les dents du patient sans étape préalable de
passé. laboratoire.
– Le collage indirect : ce procédé consiste à posi-
3.3. Rétention mixte tionner de façon rigoureuse, au laboratoire, les
Ce procédé, en passe d’être abandonné aujour- attaches sur une arcade en plâtre puis de les repo-
d’hui, utilise à la fois la rétention chimique et la ré- sitionner en bouche et de les coller grâce à une clé
tention mécanique. Il s’est développé après celui de de repositionnement. Cela permet d’accéder faci-
la rétention chimique et de la rétention macroméca- lement aux secteurs difficiles et d’équiper toute
nique, mais avant celui de la rétention microméca- l’arcade en un seul temps. Cette méthode semble
nique. être très appropriée au collage des brackets céra-
Ce système ne semble pas apporter d’avantage miques.
majeur puisque c’est celui qui présente la rétention
L’extrême dureté des brackets céramiques interdit
la plus faible. De même, l’adjonction de silane ne
leur pose dans des zones où il peut y avoir des inter-
semble pas apporter de bénéfice puisque la réten-
férences entre le bracket et l’émail de la dent antago-
tion mécanique de ces brackets est déjà largement
niste, sous peine d’obtenir des abrasions importantes
suffisante, elle n’apporterait en fait que des inconvé-
de l’émail.
nients.
L’idéal reste donc de ne pas coller de brackets cé-
ramiques au niveau du bloc incisivo-canin mandibu-
3.4. Autres moyens de rétention
laire et de restreindre leur collage sur des dents non
Ils sont peu développés. saines : leur dépose nécessite une force importante
À titre d’exemple, on peut citer le bracket qui peut parfois dépasser la résistance de la restaura-
TM
Ceramaflex : il comporte à sa base une fine couche tion ou même de l’émail d’autant plus si la dent est
de plastique de la famille des polycarbonates. Cette dépulpée.
couche présente une certaine ductilité qui permet de
compenser la fragilité de la céramique en créant une 5. La dépose des attaches en céramique
interface de rupture entre la dent et le bracket.
TM
Autre exemple : le bracket Spirit qui présente La dépose des attaches céramiques pose plus de
une feuille de bicarbonate sur sa base. problèmes que celle des attaches métalliques pour
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Chapitre 1
Figure 11
(a) : Fracture d’un bracket céramique à gorge métallique survenue lors de la dépose avec une pince de Howe. (b) : Résidu de
résine subsistant à la surface de la dent et montrant les empreintes de la base du bracket. (D’après Bishara, et al. [12].)
5.2.1. Fracture des brackets céramiques la fracture des aires de décollement et entraî-
(Fig. 11) ner un transfert des contraintes depuis l’interface
bracket-adhésif à l’interface émail-adhésif. Dans
Parmi les différents facteurs intervenant dans le ce cas, l’élément faible risque d’être l’émail.
risque de fracture, on peut citer, comme nous l’avons La rétention obtenue avec les brackets à rétention
vu plus haut (voir Sect. 2.3.2.) : mécanique est moins importante mais suffisante.
– la nature chimique de la céramique, Le système de rétention mixte présente lui la ré-
– la structure de la céramique, sistance la plus faible au décollement, mais celle-
– la taille des grains, ci s’avère insuffisante à l’usage.
– l’état de surface, – De l’adhésif. La rétention est inversement propor-
– la géométrie des attaches, tionnelle à l’épaisseur d’adhésif [41, 46]. Cette
– le type de force utilisée, épaisseur augmente avec le relief de la base, c’est
– le type de ligature utilisée. la raison pour laquelle les brackets à rétention
mécanique ont une rétention inférieure à celle
À ces facteurs, il convient d’ajouter la notion de
des brackets à rétention chimique.
« force d’arrachement ». On appelle force d’arrache-
Cependant, les avis divergent en ce qui concerne
ment la force qui est nécessaire par cisaillement, par
les valeurs de rétention obtenues avec les diffé-
torsion ou par tension pour obtenir une rupture du
rents types d’adhésifs.
lien bracket-dent.
Pour certains comme Spiro et Chaconnas [39],
Cette force d’arrachement dépend :
le ciment photopolymérisable présente une ré-
– Du type de bracket. Selon Winchester [45], la force sistance à la tension supérieure à celle des
de rétention des brackets en oxyde de zirconium ciments chémopolymérisables. Pour d’autres,
est beaucoup plus faible que celle des brackets en comme Viazis [44], il n’existe pas de différence
oxyde d’alumine, mais ces brackets en oxyde de significative entre les deux.
zirconium ne sont pas adaptés à un usage ortho- Pour Eliades [15], la résistance au cisaillement est
dontique. identique pour les ciments photo et chémopoly-
– Du type de rétention. La rétention la plus impor- mérisables. Pour d’autres comme Alexander [2],
tante est obtenue avec les brackets à rétention elle est plus importante avec les ciments chémo-
chimique. Mais de nombreux auteurs se sont polymérisables.
rendu compte que celle-ci est beaucoup trop – De la préparation de l’émail. Lorsque l’émail est
importante. Ce type de rétention crée des liai- préparé avec de l’acide polyacrylique associé à
sons dures qui peuvent excéder la résistance à un lavage modéré, les forces de cisaillement sont
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– Dépose avec une pince à débaguer. Arici [4] a testé de la base des attaches quelques minutes avant le dé-
Chapitre 1
quatre types de mors : mors larges, mors fins, baguage. Pour Larmour [25], ils permettent de faci-
mors pointus insérés entre la dent et le bracket liter le décollement du bracket et de diminuer les
occlusalement et gingivalement et mors longs ap- résidus de colle à la surface de l’émail. L’efficacité de
posés diagonalement de l’angle corono-mésial à ces produits reste cependant à démontrer.
l’angle disto-gingival.
Il a montré que la force nécessaire pour le décol- 5.3.4. La dépose aux ultra-sons
lement est maximale avec une pince à mors larges
alors qu’elle est minimale avec une pince à mors Pour Bishara et Trulove [9, 10], les mé-
longs apposés en diagonale. Avec cette méthode thodes de dépose ultrasoniques et ultra-thermiques
existe des risques importants de dommages amé- engendrent peu de fractures du bracket. Le décol-
laires. lement se fait principalement près de la jonction
– Dépose avec une pince à décoller les brackets. Ce bracket-adhésif, ce qui réduit les risques de lésion
type de pince est à rejeter car elle risque de de l’émail.
provoquer des lésions de l’émail à plusieurs en- Avec une dépose ultrasonique, le temps de dé-
droits : au niveau du bord libre (une compresse collement est plus long, de l’ordre de 35 à 80 s. Il
de gaze doit être placée sur le bord libre de la existe un risque de lésions tissulaires, d’où la néces-
dent pour le protéger avant d’effectuer la dépose), sité d’utiliser un spray pour éviter les lésions pul-
sous l’attache (les forces de cisaillement peuvent paires dues à la chaleur. Cette méthode est inutili-
arracher les prismes d’émail), au voisinage de l’at- sable pour un patient aux dents sensibles. Son coût
tache (les mors en contact avec l’émail peuvent le reste important et on note une tendance à l’usure ex-
rayer). cessive des pointes ultrasoniques.
les années quatre-vingt-dix. Cette technique favo- brackets en céramique se fracturent, de nombreux
Chapitre 1
riserait la rupture au niveau de l’interface bracket- éclats se forment. Si le patient avale un morceau
adhésif, sans dommage pour l’émail ou pour le bra- de céramique, les conséquences peuvent être graves,
cket. Elle permet une action rapide et indolore pour d’autant que ces éclats ne sont pas visibles à la radio-
le patient. graphie. Il existe également un risque de fraiser une
Selon Laino [24], Tocchio, et al. [43], l’énergie la- partie de l’émail, et d’entraîner une augmentation de
ser est capable de dégrader la résine de l’adhésif se- température néfaste à la vitalité pulpaire.
lon trois procédés : le ramollissement thermique de
l’adhésif qui se produit pour des valeurs d’énergie la-
ser basses, la photo-ablation quand une énergie laser 6. Le recyclage des brackets
très élevée réagit sur le matériau, ou l’ablation ther- céramiques [28–30]
mique quand le réchauffement est rapide.
Les brackets doivent être irradiés au niveau de Le recyclage des brackets céramiques après trai-
leur face vestibulaire et être déposés un à un. tement orthodontique reste assez rare. Les fabricants
Quelque soit le laser utilisé : CO2 ou Upper Pulse considèrent que leurs attaches céramiques ne
CO2 (qui serait le plus efficace) et le procédé utilisé, peuvent être recyclées en raison de l’apparition pos-
l’énergie émise pour dissocier les molécules d’adhé- sible de microfractures lors de la dépose qui risquent
sif se transforme en chaleur absorbée par l’attache. d’aboutir à une fracture lors de la réutilisation du
L’élévation de température étant courte, elle reste bracket. Certains brackets ne peuvent tout simple-
dans des limites physiologiquement acceptables. Les ment pas être recyclés de par la composition de leur
risques de dommage pulpaire sont donc minimes base et le type de rétention qu’ils utilisent (rétention
lorsque les lasers sont utilisés selon les recomman- chimique notamment).
dations des fabricants : moins de 4 s à 2 W pour le Le recyclage peut se faire en cabinet (mais long et
laser CO2 super-pulse par exemple. fastidieux) ou auprès d’une société spécialisée. Pour
À noter que la nature de la céramique semble Le Romain [27, 28], la rétention des brackets recy-
jouer un rôle important lorsqu’on effectue une dé- clés reste toutefois très inférieure à celle des brackets
pose au laser : les céramiques monocristallines sont neufs, ce qui occasionne des décollements assez fré-
très transparentes et transmettent facilement le rayon quents.
à la différence des céramiques polycristallines qui En cas de décollement accidentel de l’attache en
diffractent une partie du rayon. cours de traitement ou de décollement volontaire
d’un bracket mal positionné, il est possible, avec
5.3.7. Réhabilitation de la surface dentaire un bracket à rétention mécanique, de recoller, dans la
après dépose séance, la même attache sur la dent.
Une fois le bracket décollé, il faut éliminer la par- En général, il persiste sur la base de l’attache
tie d’adhésif restée sur la dent et polir la surface den- une couche complète d’adhésif déjà polymérisée.
taire. Un nouveau collage peut être alors effectué entre la
Divers procédés sont proposés : utilisation de couche d’adhésif polymérisée et une nouvelle couche
fraises carbure de tungstène à haute vitesse sous d’adhésif en cours de polymérisation.
spray, aéropolissage, meules en silicone avec pâte de Si la couche d’adhésif persistant à la base du bra-
polissage. . . cket est trop épaisse, il est nécessaire de la dimi-
Le but est de retrouver un émail lisse et brillant, nuer sans l’éliminer totalement avant d’effectuer le
en limitant au maximum les pertes d’émail par abra- collage : les poussières sont ensuite éliminées à l’air
sion et en évitant un éventuel dommage pulpaire par comprimé puis la base est nettoyée avec de l’alcool
surchauffe. ou de l’acétone. Le bracket est alors prêt à être réuti-
En cas de fracture des brackets céramiques lors lisé.
de la dépose, il faut éliminer le reste du bracket Le recyclage est plus complexe avec les attaches
collé sur la dent à l’aide d’une fraise diamantée à rétention chimique. Celui-ci n’est possible que si la
montée sur turbine et sous spray, en protégeant les couche de verre placée sur la base pour recevoir le
yeux et les voies respiratoire du patient. Lorsque les silane n’est pas altérée.
Vassal A., Azmi O. Les céramiques 45
Chapitre 1
combinant à la fois un aspect esthétique accep-
– le procédé chimique
table et un faible coefficient de friction a abouti au
Il consiste à appliquer une couche de silane sur
développement des brackets céramiques avec gorge
la base du bracket. Le plus souvent, on utilise un
métallique et plus récemment aux systèmes de bra-
silane non hydrolysé. La base du bracket est poncée,
ckets céramiques autoligaturants, élargissant ainsi
rincée, séchée, de l’acide phosphorique est appliqué
leur champ d’application.
pendant 60 s puis le silane est appliqué pendant 60 s
sans avoir retiré l’acide. Une nouvelle application de La dépose des brackets en céramique reste au-
silane est faite pendant 60 s sur ce mélange silane- jourd’hui encore délicate. La majorité des attaches
acide. La base est rincée, séchée puis recollée. présentes sur le marché sont des attaches polycris-
On peut également utiliser un silane hydrolysé. tallines à rétention mécanique, posant moins de
Dans ce cas, la base est poncée, rincée, séchée et on problèmes au moment de la dépose. Néanmoins, en
applique une couche de silane pendant 2 min. La raison de la structure atomique de la céramique, on
surface est ensuite traitée à l’air chaud puis recollée. assiste encore fréquemment à des fractures de bra-
ckets et à des lésions de l’émail, même en utilisant les
– le procédé thermochimique outils et les méthodes proposées par les fournisseurs.
Cette technique est proposée par Lew et Sur ce point, l’apparition des brackets céramiques
Djeng [29]. Elle s’adresse de préférence aux attaches fracturables semble enfin apporter une réponse plus
à rétention chimique sur la base desquelles persiste adéquate.
une couche d’adhésif incomplète. Il faut éliminer
au maximum l’adhésif restant sur la base du bra-
cket. Pour cela, le bracket doit être chauffé avec des Bibliographie
précelles jusqu’à ce qu’il prenne une couleur rouge
cerise. Pendant le refroidissement, l’adhésif devient [1] Aknin C. Fracture strength of ceramic bracket during
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