L’optimisation fiscale
Toutes les entreprises subissent pleinement les effets de la fiscalité et donc sont astreintes à intégrer
la dimension fiscale dans l’ensemble de leurs décisions et d’asseoir une gestion fiscale proprement
dite dans le cadre de leur stratégie globale. Celle-ci se démarque nettement de l’évasion et de la
fraude fiscale aussi bien au niveau de son fondement légal qu’au niveau de ses finalités.
Pour réussir cette gestion fiscale qui s’appuie sur plusieurs fondements, il faudrait respecter un
certain nombre de principes et faire valoir l’intérêt que présente cette nouvelle fonction pour les
finances, les résultats et le management de l’entreprise.
Ce n’est qu’au cours des dernières décennies que l’importance de la gestion fiscale active a été
développée dans le cadre de la théorie et la doctrine fiscales en mettant en évidence la place
stratégique des choix fiscaux qui s’offrent à l’entreprise. Ainsi, l’impôt, peut désormais être
considère comme partie intégrante de la gestion globale et un facteur qui peut contribuer à réduire
ses coûts et à améliorer sa rentabilité. Une gestion fiscale efficace dans ses deux aspects actif et
passif exerce des effets extrêmement importants sur l’entreprise en évitant tout risque fiscal, en
allégeant son coût fiscal et en renforçant ses ressources de financement, et par conséquent sa survie,
sa croissance et sa compétitivité.
Définition de la gestion fiscale, évasion et fraude
fiscale
La fiscalité est définie comme étant l’ensemble des prélèvements obligatoires supportés par
l’entreprise. Elle est l’une des composantes essentielles de son environnement qui est présente tout
au long de son existence depuis sa création jusqu’à son éventuelle disparition et affecte toutes ses
opérations ainsi que toutes ses décisions tactiques et stratégiques.
D´après ces définitions, on constate que la gestion fiscale consiste à optimiser fiscalement les flux
financiers d’une entreprise en optant, toutes choses égales par ailleurs, pour la solution la plus
avantageuse.
« La gestion fiscale consiste dans l’ensemble des actions et des décisions prises par l’entreprise à
maîtriser et réduire sa charge fiscale avec la plus grande efficacité et sans l’exposer à de risques
supérieurs à l’économie qu’elle a pu réaliser » J. C. PAROT.
Ainsi, selon Schmidt qui a définit la gestion fiscale comme : « une prévision de l’impôt est une
faculté de choisir entre des régimes fiscaux lorsque le droit fiscal l’autorise ».
La gestion et l’optimisation fiscales ne signifient pas que l’entreprise se mette en infraction avec les
lois fiscales mais plutôt appliquer de manière pertinente et optimale les règles fiscales relatives aux
obligations fiscales imposées à l’entreprise et aux options fiscales offertes par le système fiscal. Il
est de plus en plus admis que l’optimisation fiscale n’est plus suspectée et associée inévitablement
et automatiquement à la notion d’évasion fiscale, voire même et purement de fraude. Aujourd’hui,
l’approche largement retenue de la fiscalité est différente et nombreuses sont les entreprises qui
œuvrent dans le sens de l’optimisation fiscale qui est devenue un objectif stratégique fortement
recherché.
Certes, au même titre que la fraude et l’évasion fiscale, la gestion fiscale active entraîne une perte
fiscale pour l’Etat et un gain pour l’entreprise, mais elle demeure une pratique parfaitement légale
qui n’a rien à voir avec le phénomène de la fraude et de l’évasion fiscale qui sont considérées
comme étant des manifestations de la fuite devant l’impôt et qui ont un caractère illégal.
• Op misa on fiscale
L'optimisation fiscale consiste à réduire la charge fiscale d'une entreprise tout en restant dans les
limites de la légalité. Il s'agit d'utiliser les règles fiscales de manière stratégique pour minimiser le
montant d'impôts à payer.
• Evasion fiscale
L’évasion fiscale s’agit d’une utilisation « légale » des failles du système fiscal, il est défini par le
CPO : « l’ensemble des comportements du contribuable qui visent à réduire le montant des
prélèvements dont il doit normalement s’acquitter. S’il a recours à des moyens légaux, l’évasion
entre alors dans la catégorie de l’optimisation. À l’inverse, si elle s’appuie sur des techniques
illégales ou dissimule la portée véritable de ses acteurs, l’évasion s’apparente à la fraude.
Elle consiste à dissimuler la charge de l’impôt normalement obtenu, grâce à l’absence de règles
fiscales, à l’existence de règles souvent dérogatoires par rapport au droit commun de l’impôt ou du
fait de l’existence de lacunes dans la loi.
• Fraude fiscale
La fraude fiscale consiste en une dissimulation volontaire à l’égard de l’administration fiscale,
d’actes, de biens (ou de leur valeur) de recettes ou de revenus permettant à celui qui la pratique de
se soustraire au paiement de l’impôt normalement dû. On peut également la qualifier comme étant
une infraction à la loi fiscale ayant pour but d’échapper à l’imposition et d’en réduire les bases.
La fraude fiscale est donc une violation directe et volontaire de la loi fiscale. C’est une manière de
se soustraire, totalement ou partiellement, d’une façon illégale, à l’établissement ou au paiement de
la charge fiscale.
Une bonne et efficace gestion fiscale permet d’une part, de mesurer le risque fiscal encouru par
l’entreprise et par conséquent anticiper toutes les conséquences qui en découlent, d’autre part, de
tenter de réduire le risque ainsi décelé et amortir ces effets pénalisants pour l’entreprise.
Les techniques de l’optimisation fiscale
I. CHOIX EN FORME D’OPTION
L’objectif primordial de toute gestion fiscale est d’optimiser le montant de l’impôt exigible.
L’utilisation de telle ou telle technique de gestion fiscale va dépendre essentiellement de la situation
particulière de l’entreprise ; il est sure qu’une entreprise en croissance aura d’avantage le simple
souci d’alléger la charge fiscale tandis que de minimiser l’impôt, au contraire l’entreprise en
situation de récession cherchera plutôt à améliorer son image vis-à-vis des tiers banquiers ou
actionnaires en pratiquant la gestion fiscale de son résultat et attirer leur attention.
En résume, l’optimisation fiscale se fera à deux niveaux :
Au niveau des lois fiscales.
Au niveau des choix de ges on, en intégrant le paramètre fiscal dans la prise de décision.
1. Iden fica on des op ons fiscales prévue par les lois fiscales
La loi fiscale offre aux entreprises plusieurs choix et plusieurs options fiscales, ainsi nous
trouverons les principales options offertes par nature d’impôt ou taxe.
En matière d’IR
Dans ce cadre, il y a lieu de citer les possibilités suivantes :
Le choix de la zone de localisa on de l’entreprise ; Avantages accordés par zones
d’implanta on. Exemple : Taux réduit.
Le choix du régime d’imposi on ; Chaque régime à ses procédures et règles de
détermina on de l’IR.
En matière d’IS
Dans ce cadre, nous trouvons les possibilités suivantes :
Le choix de la zone de localisa on de l’entreprise ; le critère essen el que chaque créateur
de l’entreprise doit le choisir a en vement, l’échec du choix de la localisa on implique par
fois l’échec de l’entreprise dans sa globalité ;
L’op on pour l’imposi on forfaitaire au taux réduit de l’IS de 8%, offerte aux sociétés
étrangères ;
*Selon l’ar cle 39 du CGI
L’op on pour le non-paiement de certains acomptes sur IS ;
L’op on pour l’IS par les sociétés de personnes soumises à l’IR.
En matière de TVA
Dans ce cadre, nous pouvons retenir les possibilités suivantes :
Le choix ou non de l’assuje ssement à la TVA ;
Le choix du régime d’imposi on à la TVA (régime des débits ou régime des
encaissements) ;
Le choix de la périodicité de paiement de la TVA (régime mensuel ou régime trimestriel) ;
L’op on ou non pour l’achat en exonéra on de la TVA ;
Le choix entre la sépara on des ac vités (taxables et celles non taxables) et
l’assuje ssement par el à la TVA.
II. CHOIX DE LA FORME JURIDIQUE ET OPTIMISATION
FISCALE
Parmi les choix de gestion de l’entreprise qui pouvant avoir une implication fiscale nous trouvons
principalement sur la forme juridique pour une entreprise à créer. Pour traiter ce point, nous allons
poser les questions suivantes :
- Quel est le coût fiscal engendré par la création d’une entreprise ?
- Quels sont les conséquences du choix de la forme juridique de l’entreprise sur le traitement
fiscal du résultat ?
Selon qu’il s’agisse d’une entreprise individuelle ou une société, l’entreprise créée aurait à
supporter ou non des charges fiscales, notamment des droits d’enregistrement que payeraient
exclusivement les sociétés au moment de la création.
Lors de la création de la société, les apports des associés peuvent revêtir plusieurs formes :
- Apports en numéraire (en argent).
- Apports en nature (fonds commercial, matériel, immeuble, mobilier, marchandises…
- Apports en industrie, en crédit commercial.
Sur le plan fiscal on distingue 3 catégories d’apports :
- Des apports purs et simples.
- Des apports à titre onéreux.
- Des apports mixtes.
Nature des apports :
1- Les apports purs et simples :
2- L’apport pur et simple représente la transmission d’un ou plusieurs éléments d’ac f
à une société nouvellement cons tuée. Celui-ci n’est pas grevé par des éléments de
passif.
3- Les apports à tre onéreux :
Les apports réalisés pour le compte d’une société peuvent être grevé d’éléments de
passif. Lorsque ces éléments sont pris en charge par la société.
4- Les apports mixtes :
Les ac onnaires apportent un ensemble d’apports en sociétés qui intègre à la fois des
ac fs et des passifs. Ces apports sont considérés comme des apports mixtes.
III. LES CHOIX DE GESTION ET OPTIMISATION FISCALE
1. L’op misa on des opéra ons d’inves ssement de l’entreprise
Le choix et le mode de réalisation d’un investissement représente aussi un choix de gestion qui peut
avoir une implication fiscale.
Les choix de gestion importants entraînent les conséquences sur les situations suivantes :
- Acquisition ou location d’un bien d’investissement.
- Investissement en matériel ou embauche du personnel.
- L’amortissement linéaire et l’amortissement dégressif.
a) Choix entre l’acquisi on et la loca on des biens d’inves ssement
Pour que l’entreprise possède de l’actif d’exploitation, elle opte généralement entre 2 scénarios
possibles soit l’acquisition du matériel soit la location par Crédit-bail.
Acquisi on des immobilisa ons
La décision d’acquérir une immobilisation en propriété se révèle raisonnable lorsque l’entreprise a
un passif équilibré et une structure d’endettement compatible. En situation de déficit fiscal,
l’acquisition en propriété présente sur le plan fiscal un avantage sur la location. En effet, la fraction
du déficit, correspondant aux dotations aux amortissements, sera réputée différée alors qu’en cas de
location, celle correspondant à la charge locative aura la nature d’un déficit ordinaire reportable sur
une durée limitée puisque l’avantage fiscale de déficit amortissable est illimite donc ici y a un
encouragement pour les entreprises investisseuses.
Sur le plan fiscal, ceci donne droit à la déduc on des amor ssements, selon le
système linéaire ou dégressif.
Loca on par crédit-bail
Au contrario, il existe une autre solution, notamment l’obtention dudit bien par crédit-bail.
L’équipement loué est utilisé par l’entreprise pour une certaine période de temps avec la possibilité
d’acquisition en fin de contrat (LOA) moyennant une valeur résiduelle fixée au début.
Sur le plan fiscal, la déduc on en totalité de la redevance facturée par la société de
crédit- bail permet au preneur du bien de bénéficier, de façon accélérée, d’une économie
d’impôt en raison du fait que la redevance annuelle est dans la majorité des cas, supérieure
au montant de la dota on aux amor ssements. Ce e solu on est favorable pour les
entreprises qui ont un excèdent de trésorerie.
b) Choix entre l’inves ssement en matériel et l’embauche de personnel
Dans le cas où l’entreprise souhaiterait suivre une stratégie d’extension d’activité, l’entreprise peut,
dans certains cas, choisir une solution exclusive entre : investir en matériel, ou embaucher du
personnel.
Dans la plupart des cas, les solutions adoptées seront mixtes, souvent pour pouvoir aboutir à une
économie sur les charges du personnel, ou de matériel en optant pour le recyclage ou la
reconversion de capacités de production déjà existantes.
- Le coût de l’investissement en matériel variera selon que la voie de financement sera externe ou
interne (Autofinancement ou bien emprunt bancaire).
De même ce coût dépendra du choix du mode d’amortissement des immobilisations (linéaire ou
dégressif) qui indiqueront différents niveaux de résultats et auront un impact sur le retour sur
Investissement.
Or, la base de cet impôt comprend la valeur locative des immobilisations corporelles utilisées par
l’entreprise. Ainsi, un nouvel investissement contribuera à augmenter la base de calcul de la patente
et influera vers la hausse le montant de l’impôt des patentes dû par l’entreprise.
- Le coût d’embauche de personnel est nettement moins pesant sur les ressources de l’entreprises,
du moment que le recours à un financement considérable n’est pas exigé, par contre, l’entreprise
aura de nouvelles charges sociales à supporter suite au recours à l’augmentation d’effectif. Malgré
que cette décision dépendra avant tout du besoin de l’entreprise et de sa capacité d’arbitrage entre
les deux options pour pouvoir augmenter sa production tout en minimisant ses coûts, notamment la
charge fiscale de ces derniers.
Les règles du jeu favorisent sur le plan fiscal l’investissement en équipement car le coût de revient
de l’équipement peut être déduit deux fois (dégrèvement physique et amortissement) alors que le
coût du licenciement du personnel qui est une composante économique du coût du travail n’est pas
déductible tant que le licenciement n’a pas eu lieu. Les impératifs de compétitivité économique et
de productivité privilégient souvent aussi l’arbitrage au profit de la mécanisation.
c) Choix entre l’amor ssement linéaire et l’amor ssement dégressif
« Le mode de répartition de l’amortissement sur les différents exercices doit être choisi sur la base
de considérations essentiellement économiques : il peut conduire à des amortissements annuels
constants (méthodes de l’amortissement linéaire), dégressifs (décroissants) ou plus
exceptionnellement progressifs ». (CGNC vol2. P94)
L’amor ssement linéaire
L’amortissement linéaire correspond à l’amortissement fiscal minimum. Il s’applique
obligatoirement aux immobilisations qui ne peuvent bénéficier ni de règles spéciales ni de
l’amortissement dégressif (immeubles et véhicules de transport de voyageurs).
L’amor ssement dégressif
L’amortissement dégressif appliqué sous certaines conditions incite l’entreprise au renouvellement
plus rapide des investissements car les premières annuités couvrent la plus grande partie de la
valeur d’achat. Ce système d’accélération du rythme de l’amortissement présente un avantage aussi
bien fiscal que financier.
L’avantage fiscal réside en une économie d’impôt plus importante sur les résultats pendant les
premières années. Elle est due à l’augmentation des charges déductibles du bénéfice imposable.
L’avantage financier résulte de ce que l’amortissement constituant une charge non décaissée
entraîne pour l’entreprise un excès de trésorerie qu’elle peut utiliser notamment pour de nouveaux
investissements. L’amortissement peut constituer ainsi un instrument fiscal d’incitation à
l’investissement. Sa portée doit toutefois être relativisée ; l’avantage qu’il procure à une entreprise
est d’autant plus grand que sa rentabilité est forte et que le taux de croissance de ses investissements
est élevé. L’économie d’impôt réalisée dépend donc de la situation des entreprises concernées.
Ce mode d’amortissement peut s’appliquer à toutes les immobilisations, à l’exclusion des
immeubles, des véhicules de transport de personnes et des immobilisations en non valeurs ainsi que
les biens d’occasion.
2. L’op misa on des opéra ons de financement de l’entreprise
La réalisation de l’investissement suppose tout d’abord que l’entreprise établisse un plan de
financement dont les conséquences fiscales et financières varient selon que l’on recourt à
l’autofinancement, ou à l’endettement.
Le mode de financement et comme tous autres choix de gestion de l’entreprise, ce qui fait que
l’entreprise prend son temps dans cette phase pour bien choisir le mode de financement le plus
adéquat a sa situation financière et à son niveau de rentabilité, cette réflexion préalable permet à
l’entreprise de gérer à la fois le cout de ses décisions et leurs incidences sur le résultat imposable.
a) L’autofinancement
Est un mode de financement interne par les fonds propres de l’entreprise, ce type de financement
permet à l’entreprise de garder son indépendance vis-à-vis aux bailleurs du fonds (les
établissements de crédits …).
L’autofinancement se compose notamment de deux éléments : l’amortissement et les bénéfices non
distribués.
L’amor ssement
« L’amortissement est la constatation en comptabilité de la dépréciation irréversible d’un élément de
l’actif immobilisé, du fait de l’usage, du temps, de l’obsolescence ». Il s’agit d’une charge
déductible fiscalement mais ne correspondant pas à un décaissement effectif de fonds. Ainsi, il
présente un flux financier disponible permettant à la fois de renouveler son actif immobilisé lorsque
l’entreprise le juge opportun et d’alléger le prélèvement fiscal.
De même, l’amortissement qui est la contrepartie de la dépréciation d’un actif immobilisé est un
élément fondamental de la politique de financement interne. Il permet le renouvellement de
l’équipement de l’entreprise tout se traduisant par l’importance de l’économie d’impôts selon la
méthode d’amortissement pratiquée (dégressif ou linéaire). Il peut être accélérateur
d’autofinancement, en particulier si l’entreprise opte pour une politique d’amortissement dégressif
ou accéléré et qu’elle est en phase de croissance.
Réinves ssement du bénéfice
L’autofinancement par les bénéfices non distribués présente l’avantage de ne pas aggraver les
charges financières. Sur le plan fiscal « il n’apporte aucun allègement fiscal pour l’entreprise et les
associés peuvent être non satisfaits puisque le bénéfice sera diminué et ils ne percevront aucun
dividende ».
Toutefois, dans la mesure où l’activité de la société est éligible aux avantages prévus par le droit
commun, celle-ci peut bénéficier d’un dégrèvement physique au titre des investissements physiques
opérés au sein de l’entreprise. Le dégrèvement consiste à déduire intégralement ou partiellement le
coût de l’investissement de l’assiette de l’impôt.
b) L’ende ement
L’entreprise peut dépasser le stade interne dont elle dispose lorsqu’il est insuffisant, Ainsi elle fait
l’appel à des sources externes et d’emprunter pour continuer son cycle d’exploitation ou bien
d’investissement.
Crédit associé
Les fonds accordés par les associés à la faveur de leur société, généralement ce type d’endettement
est le plus préféré par la société puisqu’il est dans la majorité des cas accordé à un taux plus bas que
les intérêts bancaires. Les charges financières générées par cette opération sont déductibles dans le
respect d’une condition et deux limites.
Ce mode de financement est règlementé par le CGI sous une condition et 2 limites
- Le capital doit être intégralement libéré. (La condition)
- Le taux pratique ne doit pas dépasser celui fixe par le ministère des finances. (1er limite)
- Il faut que le montant du compte courant ne dépasse pas le capital. (2eme limite)
Emprunt bancaire
Ce type de financement est plus avantageux que d’autres, c’est le mode de financement le plus
désirable par la fiscalité. Ainsi que la charge financière des emprunts bancaire est totalement
déductible. Il est donc favorable pour l’entreprise de privilégier le recours à l’endettement compte
tenu de l’effet de levier d’endettement sur le résultat. Une telle situation s’avère plus favorable
lorsque l’entreprise bénéficie des conditions d’endettement intéressantes avec un seuil supportable
qu’elle n’a pu dépasser.
IV. Les limites de l’optimisation fiscale
Toutes entreprises ont besoin à des conseils d’un spécialiste en fiscalité des affaires qui est souvent
son expert-comptable. La mission de ce dernier est parfois difficile, il doit faire en sorte que
L’habilité fiscale dont il fait preuve et les montages juridiques et fiscaux qu’il propose ne soient
interprétés par l’administration fiscale comme constituant un abus de droit ou un acte anormal de
gestion.
1) Un abus de droit
L’administration peut sanctionner l’optimisation fiscale en invoquant l’abus de droit, c’est-à-dire le
dépassement des limites raisonnables de l’usage d’un droit. L’abus de droit fiscal est destiné à éviter
les montages financiers qui ont un but uniquement fiscal (réduire la base imposable) et qui ne
correspondent donc pas à des opérations réellement réalisées.
Il existe deux principaux types :
L’abus du droit fiscal par simula on : c’est l’ensemble des opéra ons qui n’existent pas.
L’abus du droit par fraude à la loi : qui consiste à u liser un texte de la loi sans respecter
sa finalité.
2) L’acte anormal de ges on
Un acte anormal de gestion est un acte commis volontairement par une entreprise, pour son propre
intérêt, c’est-à-dire l’augmentant des charges et diminution des recettes.
Exemple :
-Prise en charge des dépenses d’un tiers.
-Vente d’un bien à un prix minoré.
-Achat d’un bien à un prix majore.
3) Les limites économiques
L’objectif principal de l’optimisation fiscale est de réduire la base imposable. Le dirigeant de
l’entreprise doit faire attention pour ne pas dépenser plus qu’épargner par l’optimisation fiscale car
cette dernière est généralement très couteuse.
Conclusion
L’optimisation fiscale est l’un des meilleures solutions pour faire de l’épargne, elle ne signifie pas
se mettre en infraction avec les textes de lois fiscaux mais plutôt appliquer de manière utile et
optimale, mais cette méthode est généralement couteuse.
Et pour vérifier si la gestion fiscale d’une entreprise est faite de manière légal et correct, l’entreprise
a besoin d’un auditeur fiscal qui a pour but du minimiser le risque fiscal.
L’audit fiscal est un examen critique de la situation fiscale d’une entreprise. C’est l’ensemble des
opérations de contrôle, des recoupements et des vérifications effectuées au sein d’une entreprise. Il
permet également de diminuer la charge et de minimiser le risque fiscal que l’entreprise peut subir à
cause de sa gestion.
Outils utilisés pour l’optimisation fiscale :
1. Le choix du régime fiscal : Cela inclut des décisions stratégiques comme le choix du statut
fiscal de l’entreprise (impôt sur les sociétés ou impôt sur le revenu) ou encore le choix entre
différents régimes fiscaux comme le régime simplifié d'imposition ou le régime réel normal.
2. Les amortissements et provisions : Les amortissements permettent de réduire la base
imposable en étalant le coût d’un bien sur plusieurs années. Les provisions pour risques et
charges peuvent aussi réduire le résultat imposable.
3. Le crédit d'impôt : Le Crédit d’impôt recherche (CIR) permet de déduire de l’impôt sur les
sociétés des dépenses liées à la recherche et au développement. De même, le Crédit d’impôt
pour la compétitivité et l’emploi (CICE) permet une réduction des charges sociales.
4. La déduction des charges financières : Une entreprise peut choisir de recourir à
l'endettement (en empruntant de l'argent) plutôt que de se financer par ses fonds propres, car
les intérêts d'emprunt sont déductibles du résultat imposable.
Stratégies de minimisation des impôts
1. La délocalisation fiscale : Certaines entreprises choisissent de déplacer leur siège social ou
leurs activités dans des pays à fiscalité plus avantageuse, ce qu'on appelle l'optimisation
fiscale internationale. Les paradis fiscaux, comme certains territoires outre-mer ou les pays à
faible taux d’impôt sur les sociétés, sont souvent utilisés à cet effet.
2. La gestion des dividendes intra-groupe : En créant des structures de type holding, une
entreprise peut réduire la charge fiscale sur les dividendes. Les dividendes versés au sein du
groupe peuvent être exonérés d’impôt ou bénéficier d’un taux réduit.
3. Les contrats de répartition des charges : Un groupe peut établir des accords pour allouer
certaines charges entre ses filiales (ex : frais de R&D, frais commerciaux, etc.), ce qui peut
réduire la base taxable de chaque société.