Considérée comme un pilier de la démocratie, la liberté d’expression est inscrite dans la
Constitution sénégalaise. Cependant, ces dernières années, des restrictions et des
tensions autour de cette liberté fondamentale suscitent de vifs débats dans l’espace public
et politique.
La liberté d’expression occupe une place centrale dans le fonctionnement démocratique du Sénégal.
Garanties par la Constitution et les conventions internationales ratifiées par le pays, ces libertés
permettent aux citoyens, aux médias et aux acteurs de la société civile d’exprimer leurs opinions sans
crainte.
Toutefois, plusieurs événements récents ont mis en lumière des limitations inquiétantes. Des
journalistes arrêtés pour des articles jugés diffamatoires, des activistes poursuivis pour des
publications sur les réseaux sociaux et des restrictions imposées à certaines manifestations publiques
illustrent une tendance au durcissement des libertés. En 2023 et 2024, plusieurs voix critiques,
notamment issues de l’opposition et des mouvements citoyens, ont dénoncé une instrumentalisation
de la justice pour museler les contestations.
Le gouvernement, de son côté, justifie ces mesures par la nécessité de préserver la stabilité nationale
et de lutter contre la désinformation. « La liberté d’expression ne signifie pas le droit à l’injure ou à la
diffamation », rappellent régulièrement les autorités, soulignant l’importance d’un usage responsable
de cette liberté.
Face à cette situation, plusieurs organisations de défense des droits humains, comme Amnesty
International et Reporters Sans Frontières, appellent à un meilleur équilibre entre sécurité nationale et
respect des droits fondamentaux. Elles encouragent le renforcement des garanties juridiques
protégeant les journalistes et les citoyens contre d’éventuelles dérives répressives.
Alors que le Sénégal se positionne comme une démocratie stable en Afrique de l’Ouest, l’avenir de la
liberté d’expression dépendra des choix politiques à venir. Un dialogue ouvert entre l’État, les médias
et la société civile pourrait être la clé pour garantir un cadre respectueux des droits tout en évitant les
abus liés à la désinformation.