UNIVERSITE DE KINSHASA
FACULTE DES SCIENCES
DEPARTEMENT DE PHYSIQUE
COURS DE GEOPHYSIQUE
I. INTRODUCTION A LA GEOPHYSIQUE GENERA
Par
Prof. Zana Ndontoni
Edition 2017
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COURS DE GEOPHYSIQUE GENERALE
INTRODUCTION GENERALE
L’objet de la géophysique, telle qu’appliquée au globe terrestre est de
déterminer la composition et l’état physique de l’intérieur du globe ainsi que
les mécanismes par lesquels les phénomènes internes produisent les faits
observés à sa surface.
Dans ce cours, nous allons exposer les théories fondamentales de la
géophysique, notamment, la théorie de la propagation des ondes élastiques à
travers le globe, l’étude des champs gravimétrique, magnétique, thermique,
etc. Ces théories sont basées tantôt sur des données d’observations directes
établissant les conditions limites, tantôt sur des données d’observations
indirectes. La géophysique permet ainsi de terminer les principaux
paramètres physiques de notre planète , Terre.
La forme quasi-sphérique ainsi que le rayon moyen de la terre ont été
les points de départ de cette étude. Le niveau moyen des océans est proche
de la forme sphérique à 1/300 près du rayon équatorial. Le rayon terrestre fut
déterminé par des méthodes géométriques dérivant de celle proposée par
Erastotène (250 B.C). La valeur du rayon terrestre calculée par Erastotène
était de 6.400 Km. Celle obtenue par la géodésie moderne est de 6.378,160
Km pour le rayon équatorial. Par ailleurs, les profondeurs les plus grandes
accessibles dans les mines sont de l’ordre de 4.000 m tandis que les forages
les plus profonds ont atteint 8.000 m environ. Ainsi, la géophysique repose
essentiellement sur les mesures indirectes pour obtenir les données relatives
aux zones profondes de l’intérieur de notre planète.
Par ailleurs, le contraste le plus évident offert par la surface terrestre
est constitué par les continents et les océans. La surface des continents au-
dessus des océans représente à peine 29,2 pour cents de la surface du globe.
Et si toutes les terres émergées sont prises en compte, alors les terres
émergées totalisent 35 pour cents de la surface terrestre.
Rappellons par ailleurs que la topographie des continents, dans sa
forme générale, est connue depuis quelques siècles déjà. Celle-ci s’étend des
zones de dépressions situées légèrement au-dessous du niveau des océans
jusqu’aux montagnes les plus élevées culminant à plus de 8.800 m. Le
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niveau moyen des continents est ainsi à environ 1.000 m au-dessus du
niveau de la mer. La topographie des fonds océaniques est connue à peine
depuis le siècle dernier principalement depuis les travaux de Maury en 1855.
Mais les détails de cette topographie n’ont apparu que peu à peu à travers de
nombreux travaux notamment lors de la pose du cable téléphonique trans-
atlantique dans les années 1950. La contribution la plus spéctaculaire et la
plus complète provient des travaux de Heezen et Menard (1963). Ces auteurs
ont montré, d’une part, la continuité des crêtes médianes océaniques et,
d’autre part, la structure détaillée de cette topographie, notamment dans
l’Antlatique Nord. La profondeur la plus grande des océans est d’environ
11.000 m avec qu’une profondeur moyenne d’environ 4.000 m.
La position actuelle des continents semble disposée aux quatre coins
d’un tétrahèdre et diamétralement opposés aux bassins océaniques. L’on a
longtemps pensé que cette disposition serait révélateur du mécanisme à
l’origine de la formation des continents et des océans. Des mouvements
horizontaux importants auraient-ils jouer un rôle quelconque dans la
disposition actuelle des continents ?
La masse de la terre fut déterminée dès que la constante de la
gravitation universelle G fut connue ainsi que l’accélération de la pesanteur
g. La masse de la terre vaut MT = 5.976 . 1024 Kg. Cependant, la donnée la
plus importante est la densité du globe, d = 5,517. Cette valeur est, en fait,
beaucoup trop grande par rapport à celle des matériaux de la crôute terrestre
qui est de 2,50. Ce résultat indique l’existence des matériaux lourds au
centre de la terre.
Nous pouvons ainsi continuer l’énumération des résultats importants
fournis par les méthodes géophysiques et donc, l’importance de cette science
pour la connaissance des caractéristiques physiques de notre planète. Mais
dans ce cours d’introduction, nous limiterons notre étude à un aperçu
portant sur : la sismologie, le géomagnétisme et la gravimétrie y compris une
synthèse sur la « Tectonique de Plaques ».
La première partie de ce cours concerne :
- La sismolologie ( séismologie) ;
- Le géomagnétisme ou magnétisme terrestre ;
- La gravimétrie.
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PARTIE I : LA SISMOLOGIE
I. INTRODUCTION
1.1. DEFINITION DE LA SISMOLOGIE
Le globe terrestre est constitué par des matériaux composés
essentiellement par des silicates ou par des alliages de fer. Cette composition
présente une propriété remarquable,
à savoir : dans les conditions variables de hautes pressions et températures
existant à l’intérieur du globe terrestre, ces matériaux se comportent de
manière pratiquement élastique lorsqu’ils sont soumis à des forces
transitoires relativement faibles. Par contre, ils présentent un comportement
visqueux sous l’action des forces qui persistent pendant des durées
relativement longues.
Les comportements des matériaux terrestres dépendent donc du temps
d’application des forces. Ainsi, la terre se comporte comme une cloche sous
l’action des forces instantanées ou de courte durée telles que celles
produisant un glissement le long d’une faille ou celles associées aux
explosions de charges souterraines. Les déformations conséquentes sont
progressivement remodélées ou comblées au cours des temps géologiques.
Le comportement quasi-élastique du globe terrestre permet la génération
ainsi que la propagation d’ondes élastiques en son sein ainsi que sur sa
surface.
Ces ondes élastiques se traduisent en mouvements du sol que les
instruments appelés « sismographes ou sismomètres » enregistrent. L’on
peut ensuite analyser ces enregistrements ou « sismogrammes » pour enfin
déterminer les diverses caractéristiques relatives à l’état physique actuelle de
notre planète ainsi que les mécanismes de divers phénomènes dont le globe
terrestre est le siège.
La sismomlogie ou séismologie globale étudie la propagation des
ondes sismiques à l’intérieur et à la surface du globe terrestre pour en
déduire la structure interne et superficielle.
L’une des préoccupations de la recherche actuelle en sismologie est
l’étude de mécanisme générateur de séismes destructeurs comme les séismes
de Kabalo (RDC) en septembre 1992, Kobé (Japon) en 1995 ou encore celui
Sumatra en décembre 2005 et de Fukushima ( Japon) en 2010.
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Ainsi, de manière plus approfondie, la sismologie est l’étude du
mécanisme de génération et des modes de propagation des ondes élastiques
à travers le globe terrestre ou d’autres corps célestes ainsi que des techniques
d’enregistrement de ces ondes y compris l’étude de la nature des sources
génératrices de ces ondes. Les sources naturelles et artificielles sont capables
de générer des ondes sismiques ou pertubations élastiques qui se propagent
dans toutes les directions à partir du point source excité par des forces
transitoires non compensées ou non équilibrées. Les propriétés des ondes
élastiques sont régies par la physique ou la mécanique des solides
déformables ou « Théorie de l’élasticité ».
La sismologie offre la meilleure approche pour la recherche des
solutions aux problèmes en rapport avec la structure interne du globe. Cet
avantage résulte du fait que les ondes sismiques possèdent les plus courtes
longueurs d’onde de tous les phénomènes géophysiques. De plus, l’on sait
déterminer la sensibilité des ondes aussi bien dans le temps que dans
l’espace de sorte que l’on peut obtenir des données précises sur leurs
trajectoires. Ainsi, en définitive, la sismologie fournit des renseignements
plus précis sur la structure interne du globe terrestre par rapport à ceux
provenant des autres méthodes géophysiques telles que les méthodes
électrique, magnétique, gravimètrique, etc.
La sismologie repose sur l’enregistrement du mouvement du sol en
fonction du temps, enregistrement appelé « sismogramme ». En général, à
chaque station, le mouvement du sol est enregistré simultanément suivant 3
directions orthogonales : verticale, nord-sud et est-ouest. Cependant, le
signal sismique est fort étalé dans les domaines de fréquences et d’énergie.
De ce fait, aucun instrument n’est capable d’enregistrer tout le spectre de
fréquences associé à un événement donné. De ce fait, on a développé une
large gamme d’appareils ayant une réponse dans une bande donnée de
fréquences. Les stations sismiques bien équipées opèrent ainsi
simultanément plusieurs instruments ayant divers spectres de réponse.
1.2. DEFINITIONS FONDAMENTALES
Rappelons que le sujet majeur de la sismologie est l’étude des
tremblements de terre ou séismes. On appelle « séisme » tout ébranlement
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du sol dû à l’arrivée d’ondes élastiques issues d’un point source appelé
‘foyer du séisme’ ou « foyer sismique ». L’ébranlement initial est
généralement dû à la libération brusque de l’énergie accumulée dans la zone
de la croûte terrestre entourant le foyer ; l’accumulation d’énergie peut
s’effectuer pendant une période plus ou moins longue alors que les zones
avoisinantes ainsi que les couches sous-jacentes maintenaient un
comportement plastique continu sans accumulation de tensions.
On appelle « foyer du séisme ou hypocentre » le point situé au-
dessous de la surface du sol et qui est considéré comme le point source ou
point origine de l’ébranlement sismique initial.
L’épicentre est le point de la surface du sol situé sur le vertical
passant par le foyer ou l’hypocentre.
La distance épicentrale est la distance séparant l’épicentre de toute
station ou observatoire où sont enregistrées les ondes séismiques issues de
l’hypocentre. Cette distance peut être mesurée le long de la surface du globe
terrestre ; alors elle s’exprime en Km ou encore elle peut être mesurée par
l’angle au centre de la terre sous-tendu par la corde joignant l’épicentre à la
station d’enregistrement ; elle s’exprime alors en degré.
Du point de vue de leurs puissances, les séismes sont classés en deux
catégories ; à savoir :
a) Le macroséisme est tout séisme perceptible par l’homme sans l’aide
de tout instrument. L’échelle sur laquelle un macroséisme peut être
ressenti par l’homme est variable suivant l’énergie développée au
foyer et suivant la profondeur du foyer. Certains séismes sont
ressentis dans des zones très limitées tandis que d’autres ne le sont
que jusqu’à des distances à peine de quelques centaines de km du
foyer ou de l’épicentre. Il faut cependant noter qu’il existe une
tendance d’appeler « macroséisme » les séismes destructeurs.
b) Le microséisme est tout séisme observé uniquement à l’aide d’un
instrument appelé « sismographe ou sismomètre ». Le terme
sismographe inclut le détecteur (sismomètre) ainsi que l’enregistreur.
Un microséisme n’est pas ressenti directement par l’homme. La
tendance courante considère comme « microséisme » tout séisme non
destructeur.
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1.3. LES CAUSES DE SEISMES
La recherche des causes à l’origine des tremblements de terre repose
sur de nombreuses hypothèses et théories qui tentent de rendre compte,
notamment, de leur occurrence intermittente, de leurs spectres de puissance
ainsi que de leur distribution particulière dans les diverses régions du globe
terrestre.
Les diverses théories proposées jusqu’ici sur les causes des séismes
tiennent compte de deux aspects suivants :
- D’une part, l’on attribue la rupture de la roche à la migration du
magma. En effet, la rupture de la roche peut être provoquée par
la variation brusque des conditions physiques des roches de la
croûte terrestre due à la migration des magma. L’intrusion de
magma rompt les conditions d’équilibre de chaleur et de
tension dans une zone de la croûte terrestre. L’instrusion
magmatique crée de nouvelles fissures ou failles ou bien
réactive des fissures ou failles pré-existantes.
- D’autre part, on considère que la rupture de la roche résulte
uniquement de la libération brusque des tensions accumulées
dans une région de la croûte terrestre, tensions dues notamment
aux forces orogéniques ou de manière plus générale aux
mouvements relatifs des plaques lithosphériques. Aujourd’hui,
on attribue ces tensions aux courants de convection initiés dans
le manteau supérieur.
En général, les zones affectées par les séismes ont des conditions
géologiques parfois très différentes. Il s’agit, par exemple, des formations
continentales très anciennes tels que les boucliers de l’Est de la Sibérie et du
Canada ou des formations géologiques assez récentes telles que les Isles
Aléoutiennes et Kouriles dont la formation se poursuit encore de nos jours.
Par conséquent, les causes des séismes sont loin d’être toujours les mêmes ni
uniques.
Les théories basées sur les tensions internes indiquent que dans les
régions où ces tensions dépassent environ 2.10-4, les failles principales ou les
zones frontières des plaques se mettent en mouvements relatifs entrainant la
formation ou la réactivation des failles permettant ainsi la libération de
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l’énergie accumulée. La direction de ces mouvements dépend
essentiellement de la nature des tensions. Ainsi, par exemple, les tensions
extensives donnent lieu à des failles normales tandis que les tensions de
compression générent des failles inverses.
Lorsque les mouvements relatifs affectent les bordures de deux blocs
continentaux, c’est-à-dire, de deux plaques contigus, l’énergie libérée est
grande ; il en est de même du séisme correspondant. De plus, les failles
situées en bordure des plaques continentales sont profonds, d’où les foyers
des séismes peuvent être assez profonds et s’étaler jusqu’au manteau
supérieur. La raison de cet étalement sera expliquer plus tard. Par contre, les
séismes associés aux failles continentales mineures sont généralement
caractérisés par des foyers très superficiels confinés à la croûte terrestre.
Dans les zones où les mouvements relatifs des plaques sont très
intenses, l’activité séismique est très importante. Mais, la fréquence des
séismes, elle, dépend de la capacité de la région à accumuler les tensions
internes. Lorsque la capacité d’accumulation des tensions est grande, les
séismes seront peu fréquents mais leur puissance sera grande. Dans le cas
contraire, les mouvements de failles, seront fréquents, mais de faible
puissance.
En général, les formations géologiques anciennes sont les zones de
séisme de compression tandis que les formations géologiques récentes sont
le siège des séismes d’extension.
1.4. CLASSIFICATION DE SEISMES
Comme déjà signaler plus haut, les causes des séismes sont très
variées. De ma nière détaillée, les séismes résultent de la libération des
tensions tectoniques accumulées dans la région avoisinant le foyer à la suite
des mécanismes ci-dessous :
- Les pressions internes en rapport avec l’activité volcanique ayant
comme expression des explosions ;
- Les effondrements de cavités souterraines ;
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- L’augmentation des pressions d’eau souterraine par porosité des
roches lors de la mise en charge de barrages hydroélectriques ;
- La libération d’énergie lors de tirs de mines et carrières ou lors
d’essais nucléaires souterrains.
Les séismes en rapport avec la libération des tensions tectoniques sont
dits « séismes tectoniques ». Ils sont les plus fréquents, les répandus et
totalisent plus de 95% des séismes connus.
Les séismes volcaniques sont dûs à l’augmentation de pression dans
le réservoir de magma. Mais en général, les séismes volcaniques sont de
faible puissance et ne sont ressentis que dans le voisinage immédiat du
volcan considéré.
Les séismes associés à la mise en charge des barrages sont dits
séismes induits. Le plus bel exemple de cette catégorie est donné par le
séisme du barrage de Kariba au Zimbabwe. La retenue d’eau est de 175
Km3. Au paroxysme de l’activité séismique induite, on a enregistré un
séisme de magnétude 6.2. L’activité séismique se poursuit pendant toute la
vie du barrage. Un autre exemple est fourni par le barrage de Koyna, aux
Indes. La magnétude 6.4 fut atteinte en décembre 1967 alors que la retenue
d’eau n’est que de 2.78 Km3. On attribue cette activité séismique à l’activité
de pression d’eau souterraine dans les fentes et diaclases des roches, ce qui
diminue les frottements entre les lèvres permettant ainsi aux contraintes pré-
existantes d’agir. Cet effet semble plus important que la compression
générale du terrain due au poids de l’eau.
Les séismes associés aux tirs des mines ou essais nucléaires sont dits
« séismes artificiels ». D’une manière générale, les explosions nucléaires
sont peu efficaces pour la génération des ondes S définies plus loin.
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CHAPITRE I : INTRODUCTION A LA
THEORIE DE L’ELASTICITE
I. INTRODUCTION
La séismologie trouve son fondement sur la propagation des ondes
élastiques à travers la globe terrestre. Cette propagation dépend des
propriétés élastiques des roches qui constituent le globe. Pour cette raison, il
convient d’examiner d’abord les concepts fondamentaux de la « théorie de
l’élasticité ».
Les dimensions et la forme d’un corps solide subissent des
modifications lorsqu’on applique des forces à la surface de ce corps. Mais,
en vertu du principe d’action et de la réaction, à ces forces appliquées dites
forces externes correspondent des forces internes qui s’opposent au
changement de dimensions et de forme. Ainsi, le corps tend toujours à
revenir à son état initial lorsque les forces appliquées sont supprimées. Un
fluide s’oppose, de la même manière, au changement de dimensions ou de
volume, mais pas aux modifications de forme.
La propriété des corps de s’opposer aux modifications de dimensions
ou de forme et de retrouver l’état initial quand les forces extérieures sont
supprimées s’appelle « l’élasticité des corps ». Un corps parfaitement
élastique retrouve intégralement son état initial quand les forces extérieures
disparaissent. De nombreux corps, dont les roches peuvent être considérés
comme parfaitement élastiques à condition que les déformations qu’ils
subissent soient petites.
La théorie de l’élasticité lie les forces appliquées à la surface
extérieure d’un corps aux modifications de dimensions et de forme qui en
résultent. Les relations entre ces forces et les déformations associées
s’expriment les plus commodément en utilisant les concepts de
« contrainte » et de « déformation ».
La déformation est le changement de dimensions ou de forme. Elle
est généralement proportionnelle à la contrainte ou à la tension qui l’a
produite.
Par contrainte ou tension, l’on entend la pression ou la force exercée par
unité de surface.
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La relation entre contrainte et déformation est résumée par la loi de
Hooke. La constante de proportionnalité est dite « constante ou module
élastique ». Cependant, les modules relatifs aux différents types de tension
et de déformations ne sont généralement pas indépendants les uns des autres.
Nous aurons d’abord à étudier le mouvement de l’onde sismique. La
deuxième loi de Newton dit qu’une force non compensée appliquée à un
corps lui confère une accélération. Elle permettra d’écrire l’équation d’onde
de deux manières : la forme scalaire et la forme vectorielle. L’on peut aussi
étudier comment tenir compte de la source de pertubation, notamment, par
les formules de Kircchhoff. Comme l’onde consiste en la propagation d’une
pertubation dans un milieu, l’on rappelera les concepts de phase, de front
d’onde et de rayon , le principe d’Huygens ainsi que les termes d’amplitude,
de longueur d’onde, de nombre d’onde, de fréquence, etc.
2. NOTION DE CONTRAINTE
Au passage des fronts d’ondes dans un milieu homogène, isotrope et
parfaitement élastique des contraintes prennent naissance. La contrainte ou
tension (en anglais stress) est définie comme une force par unité de surface.
Elle a donc la dimension d’une pression. Par exemple, lorsqu’une force est
appliquée à un corps, la contrainte est le rapport de la force à la surface sur
laquelle elle s’applique. Si la force varie d’un point à l’autre, la contrainte
varie de la même manière. Sa valeur en chaque point est le rapport de la
force totale agissant sur la surface à l’aire de la surface élémentaire
infiniment petite centrée sur chaque point. Lorsque la force est
perpendiculaire à la surface, la contraite est dite normale. Il s’agit alors
d’une pression. Quand la force est tangentielle à la surface, la contrainte est
dite de cisaillement. Nous considérens comme positive les contraintes
associées à une extension. Cependant, lorsque la force n’est ni
perpendiculaire, ni parallèle à la surface élémentaire, elle peut être
décomposée en deux composantes selon les deux directions normale et
tangente à la surface. De ce fait, nous pouvons ainsi ne considérer que des
contraintes normale et tangentielle.
Pour définir la contrainte, considérons un cube élémentaire situé à
l’intérieur d’un solide continu, homogène soumis à des contraintes ; celles-
ci agissent sur les six faces du cube. Elles se décomposent en composantes
relatives aux deux faces, par exemple, perpendiculaires à l’axe des x
(Fig.1.1). Les indices indiquent les axes x, y, z . Par exemple, xy désigne
une contrainte parallèle à l’axe des y et agissant sur une face perpendiculaire
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à l’axe des x. Ainsi, quand les deux indices sont identiques, la contrainte est
normale : par exemple, xx, yy, zz. Quand les deux indices sont différentes,
la contrainte est tangentielle : par exemple, yx. Le tenseur de contrainte est
défini par :
Z
zz
F E
zy
zx yz
C B
xz yy
yx
xy Y
D
O xx
A
X
Fig.1.1: Composantes de tensions.
xx xy xz
= yx yy yz
zx zy zz
L’on voit ainsi que le premier indice indique l’orientation de la
facette du cube tandis que le second indique la projection de la contrainte
dans la direction concernée.
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Lorsque le milieu est en équilibre statique, les contraintes sont
équilibrées ou compensées. Dans ce cas, les trois contraintes agissant, par
exemple, sur la surface OABCD (Fig.I-1), c’est-à-dire, xx , xy, xz sont
égales aux trois contraintes agissant sur la face opposée DEFG, c’est-à-dire
nous avons des relations analogues pour les contraintes associées aux autres
faces. Par ailleurs, les paires de contraintes tangentielles telles que yx
forment un couple qui tend à faire tourner le cube élémentaire autour de
l’axe des z. Le module de ce couple vaut :
Force x bras de levier = (yx dy dz) dx
Considérons les contraintes sur les quatre autres faces. Nous
constatons que le couple ci-dessus n’est opposé qu’à celui dû à la paire de
contraintes xy dont le module vaut (xy dx dz) dy. Comme le cube
élémentaire est en équilibre, le moment résultant est nul, d’où
xy = yx.
D’où, en général :
ij = ji
Cette relation traduit le fait que le tenseur de contraintes est
symétrique.
3. NOTION DE DEFORMATION.
Lorsqu’un corps élastique est soumis à des contraintes, il change de
dimensions et de forme. Ces modifications sont appelées « déformations »
(en anglais strain).
Considérons, par exemple, un rectangle PQRS situé dans le plan (xy) (Fig.I-
2). Lorsque nous appliquons des contraintes à ce rectangle, le point P, par
exemple, se déplace en P’. Le vecteur déplacement PP’ a pour composantes
cartésiennes (u, v), c’est-à- dire, PP’= (u,v) Nous supposons que la
contrainte appliquée est infinitésimale de sorte que lors de la déformation du
corps, le plan demeure un plan et une ligne droite reste une ligne droite. Si
les autres sommets Q, R et S subissent le même déplacement que P, alors
tout le rectangle est déplacé dans son ensemble et il n’y a pas de
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déformation. Mais, si les composantes u et v sont différentes pour chaque
sommet, le rectangle change de dimensions et de forme : il y a déformation.
(u/y)dy
y R’
s’
(v/y)dy
Ϭ1
S R
Q’ (v/x)dx
Ϭ2 )
P’
P Q (u/x)dx
0 x
Fig.1.2 : Analyse d’une déformation à deux dimensions
Pour fixer les idées, supposons que u = u(x, y) et v = v(x, y). Alors, les
coordonnées des sommets P, Q, R, S et P’,Q’, R’, S’ sont :
P (x,y) → P’ (x+ u, y +v)
Q ( x + dx, y)→ Q’ ( x + dx + u + y+v+ )
S ( x, y + dy ) →S’ ( x + u + dy , y + dy + v + dy)
R ( x+ dx , y + dy ) → R’ ( x+ dx + u + dx + dy,
DZ
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y+ dy + v + dx + dy )
Il conviendrait de noter que les variations de u et v sont beaucoup
u v
plus petites que les quantités dx et dy. Par conséquent, les termes et etc
x y
sont assez petits de sorte que leurs puissances ou leurs produits sont
négligeables. Dans cette hypothèse, nous pouvons conclure :
u
a) Le côté PQ s’allonge de la quantité : dx
x
v
tandis que le côté PS s’allonge de : dy
y
u v
Par conséquent, les quantités et
x y sont des élongations dans la
direction des axes des x et y, respectivement.
b) Les angles infinitésimaux δ1 et δ2 sont égaux à: δ1
v u
= .....et .... 2
x y
c) L’angle droit en P décroit de la quantité
v u
(δ1 + δ2) = ( )
x y
d) Dans l’ensemble, le rectangle a tourné dans le sens trigonométrique
d’un angle
v u
(δ1 - δ2) = ( )
x y
La déformation est définie comme étant le changement relatif de
dimension ou de forme d’un corps sous l’action de contraintes appliquées.
u v
Les quantités et sont les élongations relatives suivant les axes x et y.
x y
v u
On les appelle « déformations normales ». La quantité ( ) mesure la
x y
fermeture d’un angle droit sous l’effet des contraintes appliquées dans le
plan (x, y). Elle constitue donc la mesure du changement de forme du
milieu. Elle est nommée « cisaillement » et est représentée par εxy. Par
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v u
contre la quantité ( ) représente une rotation autour de l’axe des z et
x y
n’implique aucun changement de forme ni de dimension. Elle ne constitue
donc pas une déformation. Elle est notée θ1.
Nous pouvons étendre cette analyse à trois dimensions. Nous
noterons alors les composantes du déplacement du point P(x, y, z) par (u, v,
w). Les déformations élémentaires peuvent alors s’écrire :
- Les déformations normales s’expriment à partir des déplacements u,
v, w par les expressions ci-dessous:
u u w
xx ; x
dx
;
zz (1).
x z
Ces expressions représentent les termes d’élongation ou de
compression.
- Pour les déformations de cisaillement :
1 v u
xy yx
2 x y
1 w v
yz zy (2)
2 y z
1 u w
zx xz
2 z x
Ces expressions représentent les termes de cisaillement.
Le changement relatif de forme du cube est donc défini par le
tenseur des déformations :
εxx εxy εxz
ε = εyx εyy εyz
εzx εzy εzz
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Comme le tenseur de contraintes, celui de déformations est
également symétrique
εij = εji
Mais, en plus de déformations, le corps subit une rotation dont les
composantes sont données par les relations :
w v
x
y z
u w
y (3)
z x
v u
z
x y
Ces expressions se compriment, sous la forme vectorielle, en l’expression :
= Өx + Өy + Өz (4)
ou encore m
avec =u +v +w
vecteur déplacement du point P(x,y,z) avec
i, j, k les vecteurs unitaires portés par les axes x, y, z. Les changements
de dimensions donnés par les déformations normales se traduisent par un
changement de volume. La variation par unité de volume est appelée
‘dilatation’ et est notée d. Plus précisément, d est la dilatation volumique. Si
donc nous partons d’un parallélipède rectangle de côtés dx, dy, dz dans un
milieu non déformé, ces dimensions deviennent, dans le milieu déformé :
dx(1+ εxx), dy(1+ εyy) et dz(1+ εzz). L’accroissement de volume vaut donc :
ΔV = (εxx + εyy + εzz) dx dy dz
DZ
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La dilatation est donnée par l’expression :
V u v w
d= εxx + εyy + εzz =
V x y z
ou encore
d= . div. (5)
4. LOI DE HOOKE
Pour calculer les déformations, connaissant les contraintes, il faut
connaître les relations existant entre les contraintes et les déformations.
Quand les contraintes sont petites, la relation est donnée par la loi de Hooke
qui stipule : « La déformation est directement proportionnelle à la
contrainte qui l’a produite ». Plusieurs contraintes créent des déformtaions
indépendantes les unes des autres de sorte que la déformation totale est la
somme des déformations produites par toutels les contraintes individuelles.
Ainsi, la loi de Hooke exprime les relations linéaires qui existent entre les
déformations et les contraintes, lorsque les déformations sont faibles. Dans
les milieux anisotropes, les relations entre contraintes et déformations
dépendent de 21 paramètres élastiques.
Dans les milieux transversalement isotropres, c’est-à-dire des milieux
dont les propriétés élastiques sont identiques dans deux directions
orthogonales par rapport à un axe de symétrie, ces relations ne dépendent
que de cinq
paramètres élastiques.
Dans les milieux homogènes et isotropes, les relations entre
contraintes et déformations dépendent seulement de deux paramètres. Dans
ce dernier cas, la loi de Hooke prend la forme simple :
σij = λ d δij + 2 μ εij (6)
où δij est le symbole de Kronecker, c’est-à-dire : δij = 1 si i = j et δij = 0 si i
≠j
λ et μ sont deux constantes dites constantes de Lamé.
Nous pouvons donc écrire l’expression (6) sous la forme :
σii = λ d + 2 μ εii où i = x, y z et
σij = 2 μ εij où i, j = x, y, z (7)
DZ
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Remarquons que l’expression détaillée de (6) donne :
v u
σxx = λd + 2 μ σxy = μ ( )
x x y
v w v
σyy = λd + 2 μ σyz = μ ( )
y y z
w u w
σzz = λd + 2 μ σzx = μ ( )
z z x
Remarquons que les milieux homogènes et isotropes sont définis par deux
constantes élastiques choisi parmi les contantes que nous aurons à introduire
plus loin. Les constantes λ et μ sont dites constantes de Lamé. En posant
εij = σij/μ, nous contantons que εij est d’autant plus petit que μ est plus grand.
Ainsi μ mesure la résistance du milieu au cisaillement. On le nomme
‘module de cisaillement’.
Fig.1.3 : Relation tension- déformation.
DZ
20
Cependant la loi de Hooke n’est plus applicable lorsque la
tension dépasse la limite d’élasticité du corps considéré et la déformation
alors augmente rapidement. De plus la déformation ne disparaît plus
complètement lorsqu’on annule la tension. Et si la tension prend des valeurs
encore plus élevées, on peut atteindre la limite de fluage à partir de laquelle
commence l’écoulement plastique qui réduit la déformation. Mais quelques
matériaux cassent avant d’atteindre la limite de fluage (Fig.1.3).
5.LES CONSTANTES ELASTIQUES
Les milieux homogènes et isotropes sont totalement caractérisés
par deux des
paramètres définis ci-dessous :
a) Les contantes de Lamé λ et μ sont commodes lorsqu’on utilise les
relations (6) et (7) :
– La constante μ représente la mesure de la résistance du
matériau au cisaillement. Ainsi, elle est appelée ‘module de cisaillement
ou de rigidité’. De manière précise, μ mesure le rapport de la contrainte
tangentielle au cisaillement correspondant. L’expression (7) nous permet
d’écrire : σij = 2 μ εij d’où :
μ = σij/ 2εij ou encore μ = σxy/ 2εxy.
– La seconde constante de Lamé n’a pas de signification
physique simple.
Elle permet néanmoins de simplifier la loi de Hooke.
b) Le module de Young E est le rapport de la contrainte normale à la
compression ou contrainte dans une direction à la déformation c.à.d
l’extension dans la direction prependiculaire à la précédente. Pour
définir ces deux constantes, considérons un milieu dans lequel toutes les
contraintes sont nulles sauf σxx. Nous supposons, de plus, que σxx est
positif, c’est-à-dire qu’il s’agit d’une tension. Dans ce cas, les
dimensions parallèles σxx vont augmenter tandis que celles
perpendiculaires à σxx vont diminuer. Ceci a pour conséquence que εxx
est positif, autrement dit, il s’agit d’une élongation dans la direction de
l’axe des x tandis que εyy et εzz seront négatifs. Nous pouvons aussi
montrer que εyy = εzz. Dans ces conditions, les deux constantes E et σ
sont définis par :
E = σxx/ εxx (8)
σ = - σyy/ εxx = - σzz/ εxx (9)
DZ
21
Le signe négatif rend σ positif.
c) Le module d’incompressibilité ou « bulk modulus, k » est le rapport de
la variation de pression à la dilatation volumique. Pour le définir, on
considére un milieu soumis à une pression hydrostatique P. nous
pouvons ainsi écrire :
σxx = σyy = σzz = - P (10)
par contre
σxy = σyz = σzx = 0
ainsi donc
k = - P/d = σxx /d = σyy /d = σzz /d (11)
De nouveau, le signe négatif rend k positif. L’inverse de k est la
compressibilité.
Les relations entre les diverses constantes sont données dans le
tableau I-1.
Tableau I-1 : Equivalence des constantes élastiques
μ K λ E σ
3(k-λ)/2 λ + (2μ/3) k- (2μ/3) λ /2(λ + μ)
9kμ/3k+μ
λ(1-2λ / 2λ) μ[2(1+σ) / 3(1- 2μσ / (1-2σ) λ / (3k-λ)
2σ)] 2μ
3k(1- 3k(σ/1+σ) (1+σ) 3k-2μ /
2σ/2+2σ) λ(1+σ / 3σ) 2(3k+μ)
Eσ/(1+σ)(1- μ(3λ+2μ/λ
E / 2(1+λ) E / 3(1-2σ) σ) +μ) (3k-E) / 6k
3k(1-
2μ)
Pour la plupart des matériaux, l’ordre de grandeur des paramètres λ,
μ, E et k est compris entre 109 et 1011 N/m2. quant au coefficient de poisson
σ, il s’agit d’une constante sans dimension dont l’ordre de grandeur varie de
0 à 0.5. Pour les roches usuelles σ de 0.22 à 0.35.
Nous devons, de plus, noter que les liquides n’ont pas de résistance
au cisaillement ; par conséquent μ = 0, ainsi donc σ = ½ (λ /λ+μ) = 0.5.
La théorie de l’élasticité repose, d’une manière générale, sur
l’hypothèse que les milieux sont isotropes. Mais en fait, les roches sont, en
général, disposées en couches dont les propriétés élastiques sont différentes
DZ
22
et souvent variables selon la direction. Seules les roches sédimentaires sont
considérées comme des milieux isotropes. Les autres roches sont
considérées comme des milieux latéralement isotropes, c’est-à-dire, des
milieux dans lesquels les propriétés sont isotropes dans un plan et varient
dans la direction perpendiculaire à ce plan. C’est notamment le cas des
roches tel que le schiste ou le cas de roches formées par des empilements de
couches parallèles. En effet, chacune des couches est isotrope tandis que les
propriétés élastiques varient d’une couche à l’autre et, ainsi l’empilement se
comporte comme un milieu transversalement isotrope.
Prenons l’axe z comme axe de symétrie de l’empilement. Prenons λ11,
μ11 et λ┴ , μ┴ comme étant les constantes de Lamé dans le plan xy et dans la
direction perpendiculaire à ce plan. La loi de Hooke nous permet d’écrire les
relations :
σxx = (λ11 + 2μ11) εxx + λ11 εyy + λ┴ εzz (12)
σyy = λ11εxx + (λ11 + 2μ11) εyy + λ┴ εzz (13)
σzz = λ┴ εxx + λ┴ εyy + (λ┴ + 2μ┴) εzz (14)
Nous avons aussi les relations
σxy = μ11 εxy (15)
σyz = μ* εyz
σzx = μ* εzx
Dans ces dernières relations, μ* est une nouvelle constante élastique
indépendante des autres.
Remarque :Le lecteur pourra trouver l’expression explicite de μ*.
6. EQUATION D’ONDE
L’équation d’onde peut être dérivée sous la forme scalaire ou sous la
forme vectorielle.
DZ
23
6.1. La forme scalaire
Nous avons, jusqu’ici, supposé que le milieu considéré était en
équilibre statique. Nous pouvons, à présent, examiner le cas où les
contraintes exrecées sur le milieu ne sont pas équilibrées. Reprenons le cas
de la fig.I-1 ; faisons l’hypothèse que les contraintes s’exerçant sur la face
arrière de l’élément de volume sont telles que les représente cette figure,
mais que sur la face avant elles valent, respectivement :
σxx + σxx dx, σyx + σyx dx, σzx + σ dx
x x x zx
Comme ces contraintes sont opposées à celles agissant sur la face arrière, les
contraintes résultantes ou effectives valent donc la différente ou tout
simplement la somme des contraintes affectées de leurs signes respectifs,
soient pour l’axe des x :
σ , σ et σ
x xx x yx x zx
Pour les autres axes, nous avons :
σ , σ , et
y xy y yy y σzy
σxz , σyz , et σzz
z z z
La force totale suivant la direction des x peut donc s’écrire :
σxx + σxy + σxz
x y z
De même, pour les deux autres axes :
σyx + σyy + σyz
y y y
DZ
24
σzx + σzy + σzz
z z z
Par ailleurs, nous savons par la 2ème loi de Newton que la force non
compensée est égale au produit de la masse par l’accélération acquise par le
corps. Nous pouvons donc écrire la loi du mouvement le long de l’axe des x,
sous la forme :
2u
2 xx xy xz (17)
t x y z
où est la masse volumique du corps, elle est supposée constante.
Rappelons que la loi fondamentale de la dynamique est donnée par la
relation :
ma = F (formulation scalaire)
où a désigne l’accélération du mobile de masse m.
Les équations correspondantes aux composantes v et w du déplacement
suivant les axes y et z sont immédiates.
Nous constatons que l’équation (17) relie les contraintes σij aux
déplacements u ou bien v et w. Mais nous pouvons ainsi aisément obtenir
une relation dans laquelle ne figurent que les déplacements en utilisant la loi
de Hooke pour remplacer les contraintes par les déplacements. De plus, si
nous exprimons les déformations en termes de deplacements à l’aide des
relations (I-1 à I-7), nous obtenons, pour le mouvement le long de l’axe des
x:
2u
2 xx xy xz
t x y z
= d 2 xx xy xz
x x y z
DZ
25
2u 2 v 2 u 2 w 2u
= d 2 2 2 2
x x x y y xz z
u v w
= d 2 u
x x x y z
2u d
2 2 u (18)
t x
2 2u 2 v 2 w
avec u 2 2 2 .u laplacien de u
x y z
Par un raisonnement analogue, nous obtenons les équations relatives
aux composantes v et w :
2v d
2 2 v (19)
t y
2w d
2
2 w (20)
t z
Pour obtenir l’équation d’onde, nous différentions les équations (18 à
20) par rapport à x, y, et z respectivement et nous additionnons les
expressions résultantes. Nous obtenons ainsi :
2 u v w 2d 2d 2d u v w
2 2 2 2 2
t x y z x y z x y z
ou bien
2
2 d 2 ..d (21)
t
2 2
Si nous posons : 1/
Nous obtenons l’équation
DZ
26
1 2d
2 2
.d
t (21’)
NB : suprimer le point (.) dans les relations (21,21’) ci-dessus.
Cette équation correspond à la propagation d’une onde de dilatation (d) ou
onde P dont la vitesse est donnée par :
1 2
Vp (22)
Fig.1.4: Structure de l’onde de dilatation ou de compression P ; grande
flèche = direction de propagation de l’onde.
Enfin, nous considérons la différentielle de (19) par rapport à z et celle de
(20) par rapport à y et nous additionnons les deux expressions ainsi obtenues
pour obtenir l’expression :
2 w v w v
2 ..
t y z y z
Rem. : supprimer les points dans l’expression ci-dessus et remplancer le
signe – par +
Posons :
2
et nous obtenons l’équation :
DZ
27
1 2 x
. x
2 t 2 (23)
NB : Lire εyz au lieu de θx
Cette équation correspond à la propagation d’une onde de cisaillement εyz
ou onde S de vitesse :
Vs
Fig.1.5 : Structure de l’onde de cisaillement S
Nous pouvons obtenir des expressions analogues pour θy et θz.
Ces equations constituent les diverses formes de l’équation d’onde dont la
forme générale est :
1 2
2 2
. (24)
V t
où V est une constante.
On remarquera que :
a) Vs est toujours inférieur à Vp
b) Vs est nulle lorsque le module de rigidité est égal à zéro.
Par conséquent, les ondes de cisaillement ne se propagent pas dans les
liquides.
DZ
28
6.2. La forme vectorielle
Les équations (18) à (20) sont équivalentes à l’équation vectorielle ci-
dessous :
2
2 grad div. ..
t
(25)
où est le déplacement d’un point du milieu au passage de l’onde. Si nous
prenons la divergence de (25) en tenant compte de (5), nous obtenons
l’équation (21) sous la forme vectorielle :
1 2
2 2
.
t (26)
qui est équivalente aux trois équations scalaires
1 2 i
. i avec i = x, y, z (27)
2 t 2
dont la relation (21) est l’une d’entre elles.
Remarquons que l’équation (25) nous permet de faire apparaître les
ondes de compression et de cisaillement en utilisant la décomposition de
Helmholtz. Elle consiste à décomposer le vecteur déplacement en une
composante de compression (ou de dilatation) et une composante de
distorsion, sous la forme :
= φ+ ϕ (28)
Où Φ = potentiel de dilatation (potentiel scalaire)
φ = potentiel de ditorsion (potentiel vecteur, de
coordonnées φ1, φ2, φ3)
DZ
29
Les composantes du déplacement sont donc :
3 2
u
x y z
1 3
v (29)
y z x
2 1
w
z x y
NB : Lire aux premiers termes φ/ x ou y et z.
Nous constatons que l’équation d’ondes est satisfaite si Φ et sont
solutions des équations :
1 2 2
2 2 où Vp =
V p t
1 2 i
i 2 où Vs =
Vs t 2
7. SOLUTION DE L’EQUATION D’ONDE
La solution de l’équations d’ondes dans le cas général est souvent très
compliquée. On résout souvent le problème numériquement en utilisant les
procédés de résolution des équations aux dérivées partielles, par exemple,
par la méthode de différences finies ou par d’autres méthodes plus élaborées
que l’on trouve dans divers ouvrages spécialisés. Nous examinerons
quelques cas simples.
DZ
30
7.1. Solution pour les ondes planes
Pour simplifier, nous considérons le cas d’une oscillation
longitudinale se propageant le long d’une barre assez longue et finie
correspondant à l’axe des x. Une telle oscillation implique un déplacement
seulement dans la direction x, donc u ≠ 0 et v = w = 0. Ceci revient à
considérer la fonction φ comme une fonction de x et du temps t. Par
conséquent l’équation (24) se réduit à :
1 2 2
(31)
v 2 t 2 x 2
Nous pouvons montrer que toute fonction de (x-vt), c’est-à-dire :
φ = f(x-vt) (32)
est une solution de (31) à condition que φ et ses deux premières dérivées
soient définies et continues. Cependant, cette solution contient un nombre
infini de solutions particulières, par exemple, exp[k(x-vt)], sin(x-vt), (x-vt)3
dont on doit exclure les points auxquels ces fonctions et leurs trois premières
dérivées n’existent pas ou sont discontinues. La réponse à un problème
spécifique consistera à choisir une combinaison appropriée de solutions qui
satisfassent aux conditions, aux limites du problème posé.
Une onde de volume est une perturbation qui se propage dans le
milieu. Ainsi, suivant la notation adoptée, la perturbation φ est un
changement de volume quand φ = d ou une rotation quand φ = θi. Il est
évident que la perturbation exprimée par (32) se propage le long de l’axe des
x et elle se propage avec la vitesse v.
DZ
31
Fig.1-4 :Propagationd’une onde entre les instants t0 et t
Pour fixer les idées, considérons la Fig.1-4. A l’instant to, une partie de
l’onde atteint le point Po. Notons que l’abscisse du point Po est xo. La valeur
de la fonction d’onde φ est alors φo = f(xo-vto). La valeur de la même
fonction d’onde φ à l’instant t ≠ ∆t au point P1 est alors : φ1 = f
{xo+∆x-v(to+∆t)}
Mais puisqu’il s’agit de la partie de l’onde déjà identifiée en Po au temps to,
il est nécessaire que l’on ait : φo = φ1 ; c’est-à-dire que l’on ait encore :
xo-vt = xo + ∆x-v(to+∆t)
x
d’où nous tirons que v=
t
Cette quantité représente donc bien la vitesse de propagation de la
perturbation φ.
Nous remarquons, de même, que toute fonction de (x + vt), par
exemple, φ = g (x +vt) est aussi une solution de l’équation (31). Elle
représente une onde se propageant dans la direction –x, c’est-à-dire selon
l’axe des x négatifs. Ainsi, la solution générale de (31) est de la forme :
φ = f(x-vt) + g(x + vt) (33)
Cette solution représente deux ondes se propageant à la vitesse v le long de
l’axe des x mais en sens opposés. Cette solution (33) est dite ‘solution de
l’Alembert’. Les fonctions f et g sont de fonctions arbitraires mais qui
doivent satisfaire les conditions initiales associées à la source particulière
DZ
32
qui produit la contrainte entrainant la propagation de la perturbation. Nous
pouvons montrer en outre que la vitesse vaut v = (E/P)1/2. La quantité (x-vt)
ou (x + vt) est appelée « phase » de la solution d’onde. Les surfaces sur
lesquelles le mouvement de l’onde est le même, c’est-à-dire les surfaces sur
lesquelles la phase conserve la même valeur sont appelées ‘fronts d’onde’.
Dans le cas présent, les fronts d’onde sont des plans perpendiculaires
à l’axe des x. Le front d’onde est donc perpendiculaire à la direction de
propagation de l’onde. Ceci est valable pour toutes les ondes se déplaçant
dans les milieux isotropes. Le rayon sismique est alors défini comme étant la
ligne le long de laquelle se déplace l’énergie transportée par l’onde.
Fig.1.5: Axes de propagation d’une onde dont l,m,n sont les cosinus
directeurs
Cependant, il est parfois commode de disposer d’une expression
représentant une onde plane se propageant le long d’une droite inclinée par
rapport aux axes. Nous supposons, par exemple, que cette onde se déplace
suivant l’axe ox’ dont les cosinus directeurs sont l, m, n par rapport aux axes
habituels ox, oy, oz (Fig.1-5). Considérons un point P de l’axe ox’ et situé à
la distance x’ de l’origine 0. Nous pouvons écrire :
x’ = lx + my + nz
ou encore pour la solution de l’équation d’onde :
φ = f(lx + my + nz -vt) + g(lx +my + nz + vt)
où l = cos θ1 ; m = cos θ2 ; n = cos θ3.
DZ
33
CHAPITRE II : PROPAGATION DES
ONDES SISMIQUES
2.1. PROPAGATION DANS LES MILIEUX
HOMOGENES, ISOTROPES ET INELASTIQUES
Lorsque le milieu n’est pas pafaitement élastique, comme c’est
souvent le cas dans le sous-sol, l’onde sismique subit une certaine
dissipation ; une partie de l’énergie sismique est transformée de manière
irréversible en chaleur. C’est le phénomène de l’absorption. L’absorption est
liée à la fréquence des ondes sismiques et d’une manière générale, plus la
fréquence est élévée, plus l’absorption est importante.
Considérons, par exemple, une onde plane se propageant à la vitesse
v, dans un milieu homogène, isotrope et élastique, dans la direction des x
positifs. Le mouvement d’une composante harmonique de pulsation ω = 2 π
v peut s’écrire :
A = Ao ejω(t-x/v) (1)
Si le milieu est homogène, isotrope et inélastique, le mouvement s’écrit :
A = Ao ejω(t-x/v) e-αx (2)
où α est, par définition, le coefficient d’absorption.
La gamme des fréquences des ondes sismiques s’étend de 10 à 250
Hz. Le coefficient d’absorption peut être considéré en première
approximation comme proportionnel à la fréquence. L’on pose alors :
.
q.v (3)
où υ = fréquence
v = vitesse de propagation
q = le facteur de qualité
Remarquons que le facteur de qualité q est indépendant de la
fréquence. Mais en général, on considère le facteur de dissipation q-1 qui
caractérise les propriétés absorbantes du sous-sol. L’absorption s’exprime en
décibels/longueur d’onde
DZ
34
2.2. PROPAGATION EN MILIEU HETEROGENE
En milieu héterogène, les paramétriques élastiques et la densité
peuvent varier de façon continue ou discontinue. On peut considérer en
première approximation que la propagation des ondes sismiques est régie,
comme en optique, par le « principe de Fermat » exprimant que les rayons
sismiques suivent des trajets à durée minimale. Il existe donc aux interfaces
des lois analogues aux lois de Descartes liant les angles d’incidence, de
réflexion et de transmission : l’angle de réflexion est égal à l’angle
d’incidence ; l’angle de transmission est supérieur ou inférieur à l’angle
d’incidence suivant qu’il s’agit d’une augmentation ou d’une diminution de
la vitesse sismique. En particulier, dans le cas d’une augmentation de
vitesse, il existe comme en optique un angle d’incidence limite θc pour
lequel l’angle de transmission est égal à π/2. Le rayon sismique transmis se
propage alors le long de l’interface et renvoie à chaque instant de l’énergie
dans le milieu supérieur. Il s’agit de la séismique-réfraction.
Toutefois, en sismique, les lois de propagation sont plus compliquées
du fait de la présence de deux types de propagation, en ondes de
compression et de cisaillement.
Dans les terrains sédimentaires, il arrive souvent que l’augmentation
de la composition en profondeur entraîne une augmentation progressive des
vitesses sismiques. Les rayons sismiques sont alors des lignes continues dont
la courbure est d’autant plus forte que le gradient de vitesse est plus élévé
(Fig.2.1)
Fig.2-1:Rayons sismiques dans un milieu à vitesse croissante en profondeur.
DZ
35
2. 2.1. Réflexion et transmission des ondes
sismiques aux interfaces
Lorsque les fronts d’onde sismiques arrivent aux interfaces du sous-
sol, ils sont partiellement réfléchis et partiellement transmis en respectant les
conditions aux limites des milieux élastiques, c’est-à-dire, continuité des
contraintes et des déplacements au passage des interfaces.
Pour étudier la réflexion et la transmission des rayons sismiques, nous
considérons pour simplifier, le cas des ondes planes incidentes sur des
interfaces planes, horizontales et de dimensions infinies.
Les ondes incidentes à considérer sont de trois types, à savoir :
- L’onde de compression (onde P) dans lequel le mouvement des
particules est perpendiculaire au front d’onde et situé dans le plan
vertical de propagation.
- L’onde de cisaillement de type SV dans lequel le mouvement des
particules est parallèle au front d’onde et situé dans le plan vertical de
propagation.
- L’onde de cisaillement de type SH dans lequel le mouvement des
particules est perpendiculaire au plan vertical de propagation mais
s’effectue dans le plan horizontal. L’onde SH est une onde purement
horizontal.(Fig.2.2)
Les deux premiers types d’ondes donnent des conversions d’onde P
en onde SV et inversément. Par contre le troisième type SH ne donne pas
lieu à une conversion dans la mesure où les interfaces sont parallèles au
mouvement des particules ; les ondes incidentes de type SH sont réfléchies
et transmises uniquement en ondes SH.
On distingue ainsi deux grandes familles d’ondes sismiques :
- La famille d’ondes P et SV soumises à des conversions
- La famille d’ondes SH sans conversion, du moins en première
approximation.
- Il faudra églement tenir compte des ondes de surface qui seront
introduites formellement plus loin (Fig.2.2)
DZ
36
Fig.2.2 : Mouvements du sol induit et forme du sismogramme avec les
ondes P,S, LQ et LR .
DZ
37
2.2.2. Les angles d’incidence, de réflexion et de
transmission.
Les relations angulaires entre les rayons incidents, réfléchis et
transmis dans les différents types d’ondes sont conformes aux lois de Snell-
Descartes et peuvent etre déduites des principes d’Huygens et de Fermat
(Fig.2.3). L’on peut ainsi écrire :
sin 1 sin 1' sin 2 sin 2'
(4)
Vp1 Vs1 Vp 2 Vs 2
' '
,
où 0 1 1, , 2 , 2 sont les angles d’incidence, de réflexion et de
transmission à travers l’interface et Vinc, Vp1 , Vs1, Vp2, Vs2 sont les vitesses
de propagation des ondes de compression et de cisaillement dans les milieux
1 et 2, respectivement.
Fig.2.3 : Relations angulaires entre rayon incident P , rayons réfléchi et
transmis P,S
NB :Par rapport au texte :1= 0 ; 1 =1’ ;2 = 2.
DZ
38
Ainsi, pour tout couple de rayons incident et transmis nous avons la
relation :
sin i sin r
p
v1 v2 (4’)
où v1 et v2 sont les vitesses respectives de propagation dans les milieux 1 et
2 ; alors p est appelé le paramètre du rayon sismique ou simplement
paramètre sismique. Il faut remarquer que l’amplitude des diverses ondes
dépend des caractéristiques physiques des milieux 1 et 2 ainsi que de l’angle
d’incidence.
Nous savons, par ailleurs, que les lois de Snell-Descartes découlent
du principe de Fermat qui stipule que la trajectoire suivie par l’onde requiert
le temps minimun. Cependant, les conditions rencontrées à l’intérieur du
globe terrestre sont différentes de celles connues pour la propagation des
ondes lumineuses, notamment à cause de l’existence de deux types d’onde P
et S ainsi que de la possibilité de conversion indiquée ci-dessus.
2.2.3. Réflexion critique et Réfraction.
Pour une incidence critique ic, l’angle de réfraction est égal à π/2 et
le rayon réfracté est dans le plan de la surface de séparation ( ou interface)
de deux milieux. L’on peut alors écrire :
sin ic = V1 / V2 (5)
Il s’ensuit que le rayon réfracté est horizontal et se propage à la vitesse V2.
Ce rayon va produire tout au long de son parcourt des rayons émergeants
sous l’angle ic. Ce type de réflexion n’est observée qu’en sismologie et n’est
donc pas connue en optique. L’angle ic est appelé « angle d’incidence
critique ou angle limite ». Le rayon réfléchi correspondant est dit « head
wave » par les anglo-saxons.
Remarquons que pour toute incidence i > ic aucune énergie sismique
n’est transmise dans le second milieu ; toute l’énergie sismique est réfléchie
totalement dans le premier milieu.
DZ
39
2.3. LES PHASES D’UN SEISME
2.3.1. Définitions
On appelle phase d’un séisme, toute perturbation qui peut être
observée sur le séismogramme, perturbation associée au mécanisme de
rupture de la roche et indiquant l’arrivée d’un front d’onde au point
d’observation.
Les ondes sismiques issues du foyer se propagent ainsi dans le
globe terrestre et ce, dans toutes les directions à partir du point origine. Les
ondes sismiques qui se propagent dans le globe terrestre sont réparties en
deux classes :
a) Les ondes de volume : celles-ci sont essentiellement de deux types :
- L’onde de compression ou onde longitudinale ou onde première P.
- L’onde de cisaillement ou onde tranversale ou onde seconde S.
Comme souligner ci-haut, l’onde transversale se subdivise en deux
groupes : onde SV et l’onde SH.
b) Les ondes de surface : ces ondes ne se propagent que le long de
certaines surfaces. Elles se subdivisent en divers types, notamment :
i. Les ondes de Love (L) et les ondes de Rayleigh (R). Elles se
propagent à la surface du globe.
ii. Les ondes de Stoneley. Elles sont apparentées aux ondes de
Rayleigh, mais se distinguent de ces dernières par le fait
qu’elles ne se propagent que le long de certaines
discontinuités à l’intérieur du globe.
iii. Les ondes guidées (channel waves). Elles se propagent le
long de certaines couches à faible vitesse à l’intérieur du
globe.
Les ondes de volume peuvent se propager dans toutes les directions à
l’intérieur du globe tandis que les ondes de surface sont confinées soit à
certaines surfaces, soit à certaines couches spécifiques au cours de leur
propagation.
DZ
40
En plus de la différence dans le mode de propagation, les diverses
ondes diffèrent également par le mouvement qu’elles impriment aux
particules du sol :
- Pour les ondes P : les particules du sol oscillent en avant et en arrière
autour de la position d’équilibre. Il y a donc alternance de dilatation et
de compression le long de la direction de propagation. L’oscillation
s’effectue le long de la direction de propagation.
- L’onde S est transversale. Le mouvement des particules du sol
s’effectue dans le plan perpendiculaire à la direction de propagation.
L’onde S se subdivise en ondes SH et SV.
- L’onde de Love est du type SH, c’est-à-dire polarisée
perpendiculairement au plan vertical, se propage le long de la surface
et est dispersive en présence d’une couche superficielle. En résumé,
l’onde de Love est transversale-horinzontale.
- L’onde de Rayleigh (R) : le mouvement des particules du sol est
elliptique. Le plan de l’ellipse est vertical. L’onde de Rayleigh se
propage le long de la surface libre d’un solide. Ceci suppose que le
second milieu est le vide. Ainsi, les constantes élastiques et la densité
de l’air sont si petites par rapport à celles de roches que la surface de
la terre peut être considérée comme une surface libre, en première
approximation.
2.3.2. Les phases d’un séisme proche
Rappelons que l’on appelle phase tout impétus remaquable sur le
séismogramme. Les séismogrammes obtenus à des courtes distances
épicentrales, c’est-à-dire, inférieures à 10o (± 1.116 km) présentent
généralement un aspect complexe et souvant difficile à interpréter. La
complexité de ces phases dépend généralement de la structure régionale ou
locale de la croûte terrestre. Cependant, un modèle simplifié de la croûte
terrestre permet d’établir une nomenclature cohérente des phases d’un
séisme proche.
DZ
41
Fig. 2.4 : Les phases d’un séisme proche.
Dans la Fig.2.4, notons que :
- La ligne OO’ représente la surface libre du sol ; pour la région
considérée ;
DZ
42
- La ligne CC’(non illustrée) correspond à la discontinuité de Conrad
séparant la couche supérieure dite granitique de la couche inférieure
dite basaltique.
- La ligne MM’ est la discontinuité de Mohorovićić ou Moho qui
constitue la limite inférieure de la croûte terrestre.
En dessous de la discontinuité de Moho se trouvent
l’asthénosphère et le manteau supérieur composé essentiellement des roches
ultrabasiques. Plus profondément à l’intérieur du globe, l’on trouve d’autres
discontinuités telles que celles notées sur la Fig.II-5. Il faut noter que les
épaisseurs mentionnées dans les figures ci-dessous correspondent à des
valeurs moyennes. L’on peut donc enregistrer des fortes variations
régionales ou locales.
DZ
43
DZ
44
Fig.2.5 : Principales discontinuités du globe terrestre
L’on a introduit ultérieurement pour la partie supérieure du globe la
nommenclature de « lithosphère » pour la couche supérieure et de
« asthénosphère » pour la couche sous-jacente. La lithosphère s’étend de la
surface jusqu’à une profondeur variant entre 65 et 100 Km. Elle se compose
des roches rigides, solides comprenant la croûte océanique, composée
essentiellement de sillicium et de magnésium (SIMA) et la croûte
continentale composée de sillicium et d’aluminium (SIAL).
Pour simplifier, nous supposons que la croûte terrestre est telle que
représentée sur la Fig.2.4. Lorsqu’un séisme se produit au foyer F, les ondes
séismiques se propagent du foyer F vers une station d’observation U en
suivant les trajectoires ci-dessous :
- L’onde directe se propageant suivant la trajectoire FU. Elle est notée :
Pg ou Sg ou encore P ou S . Il s’agit d’une onde longitudinale ou
transversale se propageant dans la couche granitique.
- L’onde réfractée P* ou S*. Il s’agit de l’onde longitudinale ou
transversale se réflechie le long de la discontinuité de Conrad CC’.
Elle est parfois notée PmP ou SmSL’onde réfractée Pn ou Sn. Il s’agit
d’une onde longitudinale ou transversale se propageant le long de la
discontinuité de Moho (MM’) . et réflechie vers la surface.
DZ
45
Il faut rappeler que lorsqu’une onde se propage le long d’une
interface entre deux couches ayant des vitesses différentes, elle se propage
toujours avec la vitesse la plus grande. En plus des ondes directes
mentionnées ci-dessus, il y a les phases supplémentaires dues à la réflexion,
par exemple, sur les discontinuités CC’ et MM’.
Au-dessous des océans, la structure de la croûte terrestre se simplifie.
La couche granitique disparaît tandis que la couche basaltique se réduit à
une épaisseur d’environ 5 Km. Cependant, l’observation des séismes
proches est plus difficile dans les zones océaniques à cause de l’absence ou
de la faible densité d’observatoires. Cette lacune est en voie d’être comblée
progressivement par la mise au point d’un nouveau type de sismographe
adapté à l’observation aux fonds des océans (ocean bottom seismograph).
La structure du globe illustrée sur la Fig.2.5 est obtenue dans
l’hypothèse que la vitesse de propagation des ondes sismiques est constante
dans chaque couche et que le rayon sismique est rectiligne. L’exprérience
montre que cette hypothèse est non seulement bonne, mais qu’elle
correspond à la réalité. De plus, l’interprétation des séismogrammes des
séismes proches est plus facile sous cette hypothèse. Enfin, cette structure
permet également d’établir facilement les relations entre le temps de
propagation et la profondeur des foyers à l’aide des lois de la réfraction.
Cependant, une analyse détaillée des modes de propagation des ondes
sismiques exige que l’on tienne compte de la variation de la vitesse avec la
profondeur même tout en étant dans la même couche. Il faut noter, par
ailleurs, que la couche granitique possède une zone superficielle à faible
vitesse de propagation en plus de la couche sédimentaire superficielle.
DZ
46
Fig.2.6 : Exemple de séismogramme proche
Sur les séismogrammes des séismes continentaux proches de faible
magnitude, la phase P est généralement très atténuée, surtout sur les
sismographes à longue période. En résumé, notons ce qui suit :
i. Pour des distances comprises entre 0 et 10° : les sismogrammes
présentent un aspect complexe réflétant la structure complexe de la
croûte régionale ou locale.
ii. Pour des distances comprise entre 10° et 100° : les sismogrammes
sont relativement simples et faciles à interpreter. Les
enregistrements sont dominés par les phases du Manteau. (Fig.2.7)
iii. Pour des distances comprises entre 100° et 180° : les
sismogrammes retrouvent un aspect complexe suite à l’apparition
de nombreuses phases dues aux réflexions et réfractions sur la
surface et à travers le noyau central. Ex :
DZ
47
Fig.2.7 : Phases du mantea avec séismogrammes associés.
Fig.2.8 : Phases du noyau et séismogrammes associés.
DZ
48
3.3. Les phases de séismes lointains ou
téléséismes
En ce qui concerne la propagation d’ondes élastiques au travers du
globe terrestre, il y a lieu de prendre en compte deux faits importants, à
savoir :
a. Le globe terrestre est considéré comme une sphère, du moins en
première approximation. Par conséquent, toutes les couches qui la
composent ont la même concavité.
b. Les propriétés du globe terrestre varient en fonction de la profondeur.
Ainsi, par exemple, la vitesse de propagation des ondes sismiques
croit en général, avec la profondeur.
La première hypothèse (a) est essentielle pour la détermination de la
structure des trajectoires des ondes sismiques. Par contre, la seconde (b)
permet d’apporter les corrections appropriées aux résultats découlant de la
première hypothèse (a).
Nous pouvons donc obtenir des résultats satisfaisants en
adoptant l’hypothèse d’un globe terrestre sphérique et homogène. Cette
hypothèse est surtout acceptable pour les simplifications qu’elle introduit.
Elle permet notamment de déterminer, de manière qualitative, les modes de
propagation des ondes sismiques à travers le globe réel. Cependant,
l’adoption de cette hypothèse n’exclut pas l’existence ou l’apparition de
différences significatives entre ce modèle de travail et le globe terrestre vrai
lorsque l’on effectue des applications numériques rélles.
Ainsi, on adopte d’abord le modèle d’un globe sphérique
homogène. L’on suppose que le foyer sismique ou source F est situé à la
surface du globe, au point F (Fig.2.7).
De ce point F, les ondes sismiques se propagent dans toutes les
directions à travers le globe suivant des trajectoires supposées rectilignes.
Les ondes arrivent ainsi à certaines stations d’observation telle que U.
Hormis, les phases directes P et S, on observe l’apparition d’autres
phases, notamment celles dues aux réflexions sur la surface libre du globe.
Ces réflexions s’effectuent sur la face inférieure. Les phases généralement
prises en compte sont les suivantes :
- L’onde incidente P donne naissance aux phases ci-dessous :
Une phase réfléchie sur la surface et notée PP
Une phase SV réfléchie sur la surface mais convertie et notée
PS
DZ
49
- L’onde incidente S, de façon similaire à la précédente donne
naissance aux phases suivantes :
Une phase réfléchie sur la surface du globe et notée SS
Une phase SV réfléchie sur la surface mais convertie et notée P
ou SP.
Ces phases indiquent ainsi comment la nomenclature des phases
sismiques s’est constituée. Comme déjà signalé plus haut, l’onde sismique
issue du foyer F se subdivise en deux phases SH et SV. Mais, si la phase SV
n’est pas générée entre le foyer F et la station U, alors on ne peut observer
une phase SP à la station U.
Les phases PP et SS sont réfléchis à mi-chemin entre le foyer F
et la station U tandis que le point de réflexion des phases PS et SP est
différent de celui de réflexion de la phase PP et SS. L’on remarque que le
point de réflexion de la phase PS est plus proche du foyer F tandis que celui
de réflexion de la phase SP est plus proche de l’observatoire U. De plus, il
existe une distance épicentrale minimun FU au-delà de laquelle les phases
PS et PP sont discernables. En deça de cette distance, la phase PS n’est plus
discernable. Pour un globe sphérique cette distance seuil est de 110°.
L’exprérience montre que pour un globe réel, elle vaut 44°.
Ce processus se répète pour deux, trois réflexions sur la surface
du globe. L’onde incidente P ou S donne ainsi naissance aux phases notées
PPP, PPS, PSP, PSS ou SSS, SSP, SPS, SPP. Nous avons ainsi trois
trajectoires : du foyer F au premier de réflexion ; entre les deux points de
réflexion, du second point de réflexion à la station U (Fig.2.7)
Chaque phase est donc désignée par une notation à trois lettres
pour deux réflexions. L’opération peut être poursuivie pour trois réflexions
et plus pour construire les notations des phases correspondantes. Cependant,
il faut remarquer que les phases relatives à plus de deux réflexions sont
rarement lisibles sur les sismogrammes. Enfin, l’on peut également tenir
compte de l’onde réfléchie le long du grand arc entre le foyer F et la station
U. Considérons enfin les phases dites de foyer profond(pP ou sS).
De nouveau, pour simplifier, nous supposons le globe sphérique
et homogène. L’on montre que les lois de la réflexion ne sont vérifiées que
pour trois points situés entre le foyer F et l’observatoire U. Mais si nous ne
considérons que le petit arc FU, les lois de la réflexion ne sont vérifiées que
pour deux points et pas plus (Fig.2. 8).
L’un des points est A situé à proximité du foyer F et
pratiquement situé au-dessus de celui-ci : l’autre point est B, situé à mi-
DZ
50
chemin entre F et U. La première réflexion correspond au cas de l’optique
géométrique tandis que la seconde réflexion n’est pas observée en optique
géométrique à cause de la faible étendue des miroirs. Les ondes se
propageant au-dessus du foyer F sont notées p ou s. En plus des ondes
réfléchies en B, l’on a également les ondes réfléchies en A. L’onde incidente
en A donne naissance à deux ondes réfléchies pP ou pS tandis que l’onde
incidente transversale donne naissance à deux ondes réfléchies sS et sP.
Comme dans le cas de foyer superficiel, les points de réflexion des ondes
converties pS et sP ne coïncident pas avec celui des ondes non-transformées
sS et pP.
Dans le cas d’un séisme à foyer profond, on peut avoir plusieurs
réflexions sur la surface libre du globe. La première réflexion se produit, par
exemple, en A, le point le plus proche de l’épicentre E. Ces ondes réfléchies
sont alors notées pP, pPP ou ps, pSS, pSP et sS, sSS, ou sSP, sPP, etc. Il faur
rappeler que ces phases sont couramment identifiées sur les sismogrammes.
Plus le foyer est profond, plus la phase pP, sS ainsi que les phases associées
sont claires par rapport aux phases directes P ou S. Les séismes à foyer
profond générent donc plus de phases que les séismes à foyer superficiel à
magnitude ou puissance égale.
Nous devons signaler une perturbation importante qui affecte
l’onde P. En effet, celle-ci devient très faible et même disparaît à une
distance épicentrale de l’ordre de 103° et ne réapparaît que vers 144°. Cette
disparition est due au noyau. A une distance d’environ 103°, l’onde P
devient tangente à la surface extérieure du noyau. A une distance supérieure
à 103°, elle est donc masquée par le noyau. Elle reapparaît ensuite à 144°
après avoir subi deux réfractions à travers le noyau. La disparition de l’onde
P à 103° a permis la détermination de la profondeur du noyau par Gutemberg
en 1913. La profondeur calculée par Gutemberg était de 2.900 Km. La
valeur moyenne actuelle est de 2.898 ± 4 Km. La zone comprise entre 103 et
144° est appelée zone d’ombre de l’onde P.
Les ondes réfléchies et réfractées par le noyau sont identifiées
dans diverses parties du globe à partir de foyers de profondeur quelconque.
Ces ondes traversent le globe dans diverses directions. Cependant, les efforts
en vue d’identifier les ondes transversales S réfractées au travers du noyau,
c’est-à-dire, ayant travers le globe au-dessous de 2.900 Km de profondeur,
sont demeurés sans succès. Cette constatation a permis de conclure que le
noyau, du moins le noyau extérieur, est liquide. De manière plus précise,
nous devons dire que le noyau se comporte comme un liquide vis-à-vis de la
propagation des ondes S.
DZ
51
Ainsi, l’analyse détaillée des phases apparaissant sur le
sismogramme a permis de confirmer l’existence du noyau. Ces résultats
découlent, du reste, de l’hypothèse d’un globe terrestre sphérique et
homogène constitué par deux sphères concentriques homogènes : la sphère
extérieure étant le Manteau tandis que le noyau constitue la sphère interne.
De plus, on admet que les propriétés élastiques de deux sphères
sont assez différentes. Pa ailleurs, les ondes sismiques issues du foyer F sont
perturbées par la présence du noyau et ce, de diverses manières :
- Par exemple, une trajectoire telle que FA correspond à l’onde limite
tangente à la surface du noyau. Elle est observée à une distance de
103°.
- Si l’angle d’incidence i au foyer F diminue, alors on observe l’onde
réfléchie à la surface du noyau. Elle est notée PcP ou ScS (C ≡ Core).
Il s’agit d’une onde réfléchie à la surface de séparation entre un milieu
solide, le Manteau et un milieu liquide, le noyau. La notation C
rappelle le noyau C ≡ Core.
- Il y a, en plus, les phases P et S réfractées au travers du noyau. Elles
sont notées K (Kern ≡ noyau). Ainsi, les phases traversant le noyau
sont notées, par exemple : PKP, PKS, SKS, SKP. Mais il faut noter
que le noyau extérieur étant liquide, une phase K est toujours une
onde longitudinale. La phase PKP est aussi notée P’.
Enfin, on admet également, l’existence dans le noyau d’une
partie centrale ou noyau interne appelé graine confirmée par de nombreuses
observations sismologiques. Mais la zone de transition entre le noyau
extérieur et la graine paraît assez complexe. Elle serait composée de
plusieurs couches s’étendant sur une profondeur de plusieurs centaines de
Km. Cette zone n’est donc pas une simple discontinuité.
L’existence de la graine a imposé l’introduction d’une nouvelle
nomenclature supplémentaire pour les ondes qui la traversent. Mais, d’autres
évidences sismologiques indiquent que la graine serait solide. Dès lors, les
ondes transversales qui la traversent sont affectées d’un symbole J pour les
phases S et I pour les phases P. Par contre, les ondes réfléchies sur la surface
de la graine sont notées i. Nous avons les phases telles que : PKJKP, PKIKP.
On a une multitude de combinaisons des phases de la graine. Il faut
cependant signaler que toutes ces phases n’ont pas toujours l’énergie
suffisante pour être observées aux observatoires situés à l’antipode de
l’épicentre.
DZ
52
En résumé, en ce qui concerne la structure du globe terrestre, il faut
prendre en compte le discontinuités suivantes :
a) La discontinuité de Conrad séparant la partie supérieure de la croute
dite couche granitique de la partie inférieure dite couche basaltique.
La discontinuité de Conrad est maintenant mise en doute ; Mueller et
Landisman
ont mis en évidence une réflexion à 10 km (discontinuité de Foertsch)
à la base d’une
zone à moindre vitesse. Kosminskaya et Guterch ont reconnu dans
certaines
régions trois ou quatre discontinuités de vitesse à l’intérieur de la
croûte. On
trouve de plus en plus souvent au-dessus de la discontinuité de
Mohorovićić (Moho) une couche de vitesse de P de 7,1 à 7,7 km· s−1
dont l’épaisseur varie de 5 à 20 km. Donc, il n’y a pas un type unique
de croûte continentale.
b) La discontinuité de Mohorovićić qui constitue la limite entre la croûte
et le manteau terrestre et que l’on appelle le Moho. L’étude de la
structure de la croûte peut se faire soit à partir des données de
propagation des ondes de surface, soit à partir des ondes de volume.
Il ne faut pas confondre lithosphère et croûte. La lithosphère, qui a été
définie dans
le contexte géodynamique de la tectonique des plaques, comprend la
croûte et la
partie rigide du manteau supérieur. Le Moho se trouve donc à
l’intérieur de la lithosphère.
La lithosphère constitue donc la plaque rigide et mobile de la surface
de la Terre. Comme pour la croûte on distingue lithosphère océanique
et lithosphère
continentale dont les propriétés géométriques (épaisseur), mécaniques
et géologiques diffèrent.
c) La discontinuité à 2900km de profondeur ou discontinuité de
Gutenberg.
Cette discontinuité est responsable des phases PKP ou encore des
phases dites mixtes et notées PKS, SKP etc.
d) La discontinuité à 5000km de profondeur ou discontinuité de
Lehmann. Cette discontinuité produit des phases du type PKIKP ou
encore des phases mixtes du type PKIKS, SKIKP etc.
DZ
53
3.4. Les ondes de surface.
Nous avons déjà signalé la notation des ondes de Love par L et
celle des ondes de Rayleigh par R. En général, les ondes de Love sont notées
LQ avec :
- L pour rappeler qu’il s’agit d’une onde longue.
- Q (quer-wellen) pour signaler que l’onde se propage à la surface.
De manière analogue, les ondes de Rayleigh sont notées LR ou
parfois simplement L. Il faut noter que sur les sismogrammes les ondes LQ
ou LR prédominent. Par contre les ondes de Stoneley ne sont généralement
pas observables puisqu’elles sont confinées à certaines couches internes
c’est-à-dire entre les surfaces comprise entre une discontinuité et les couches
sous-jacentes. Les ondes de Love et de Rayleigh se propagent à la surface
libre du soleil, les couches voisines. Leurs propriétés dépendent ainsi de
celles de la croûte terrestre et du Manteau supérieur.
Quelques résultats indiquent que cette zone du globe est formée
de plusieurs couches ayant des propriétés spécifiques et qu’elle n’est donc
pas homogène. Nous pouvons ainsi conclure que :
1. L’existence des ondes de Love LQ indique tant du point de vue
théorique que de l’observation qu’elles ne peuvent exister et se
propager dans un milieu homogène. Elles exigent l’existence d’une
couche extérieure ou tout au moins d’une structure des vitesses
croissant avec la profondeur.
2. La dispersion des vitesses. On constate que tout le groupe d’ondes de
surface LQ et LR n’arrivent pas simultanément à une station
d’observation. Les ondes les plus longues arrivent les premières
suivies par les ondes les moins longues. Ce phénomène est appelé
« dispersion » ou plus précisement « dispersion des vitesses ». Le
phénomène de dispersion dépend de la structure en couches ou
stratification de la surface du globe où d’une manière générale les
vitesses de propagation des ondes augmentent avec la profondeur.
DZ
54
3. CALCUL DU TEMPS DE PROPAGATION : CAS D’UN
GLOBE FORME DE COUCHES.
Le calcul des vitesses de propagation des ondes sismiques
s’effectue en déterminant le temps d’arrivée de diverses phases aux diverses
stations d’enregistrement. Pour simplifier, on considère que le globe terrestre
est formé de couches concentriques. L’on obtient les équations de
propagation des ondes sismiques en appliquant les lois de Snell-Descartes
aux interfaces des couches, à savoir « lorsqu’une onde élastique traverse la
surface de séparation entre deux couches ayant des vitesses de propagation
différentes, l’énrgie de l’onde incidente est répartie entre l’onde réfléchie et
l’onde transmise ». Cependant, les deux ondes dérivées ont le même
paramètre sismique que l’onde incidente. Les angles d’incidence et de
transmission i et θ sont reliés par la loi de Snell-descartes :
sin i sin
p
V1 V2 (1)
DZ
55
Fig.2.10 :Trajectoires d’ondes de séismes proches
Considérons le front d’onde associé à l’onde réfléchie. Lorsque le
front d’onde avance d’une distance d, il met un temps δt tel que δt = d/v ; le
long de l’interface entre les deux couches, le front d’onde progresse avec
une vitesse supérieure à celle de la couche supérieure, donc avec une vitesse
apparente (Fig.2.10b):
Fig.2.10b : Trajectoires d’ondes de séismes proches
x d 1 v 1
va . 1 (2)
.t sin i .t sin i p
où va est la vitesse apparente.
Nous constatons par l’équation (2) que p représente l’atténuation
horinzontale des vitesses. Si l’onde incidente était verticale, p = 0 et va = ∞.
Par contre, si la vitesse dans la couche inférieure est supérieure à celle de la
première couche, alors θ > i. Quand l’angle θ →π/2, la loi de Snell-Descartes
prévoit un angle d’incidence critique ic tel que :
sin
sin ic 2 1
(3)
v1 v2 v2
Rappelons que l’incidence critique est associé à un rayon transmis se
propageant sur l’interface de deux milieux qui est horinzontal, mais en
DZ
56
dessous de cette surface. Cette onde transmise appelée « head wave »
possède la propriété particulière de générer une onde réfléchie dans le
premier milieu tout au long de son parcours. L’onde réfléchie correspond
toujours à l’incidence critique ic telle que :
ic = sin-1 (v1/v2) (4)
N.B. sin 1 ≡ arc sin
Notons que pour une incidence i > ic aucune énergie n’est transmise dans la
seconde couche ; autrement dit, toute l’énergie est réfléchie dans la première
couche. Mais pour v2<v1 , il n y a pas d’angle critique, il y a un rayon
transmis.
L’onde transmise correspondant à l’incidence critique ic ou head
wave joue un rôle fondamental dans la détermination des vitesses du globe.
En effet, le temps de parcours de cette onde fournit la variation de la vitesse
en fonction de la profondeur.
Considérons l’espace semi-infini de la figure ci-dessous et
considérons les trois rayons reliant le foyer F à la station d’observation
S(Fig. 2.10)
Considérons le cas où v2 > v1, alors nous avons trois rayons sismiques
possibles entre F et S, à saoir :
a) L’onde ou le rayon direct FS allant direcctement du foyer F à la
station S ;
b) Le rayon réfléchi sur l’interface MM’ ;
DZ
57
c) L’onde réfractée sous incidence critique ic ou onde conique (head
wave) :FCDS
Notons qu’il y a possibilité de rayons supplémentaires dûs aux réflexions
multiples sur l’interface MM’. Le temps de propagation de l’onde directe est
donnée par :
x
t xp (5)
v1
1
avec p =
v1
Le temps de propagation pour l’onde réfléchie vaut :
2h 1
tr . (6)
cos i v1
où h = épaisseur de la couche.
Enfin, le temps de propagation de l’onde conique est donné par
l’expression :
r 2h 1
tc . (7)
v2 cos ic v1
Rappelons que les trois expressions (5, 6, 7) sont obtenues pour le cas d’un
foyer F superficiel. L’on peut aisément établir les expressions correspondant
à un foyer situé à une profondeur d. Notons que le second terme de (7) est de
celui de (6) lorsque l’incidence i = ic. De ce fait, la première onde conique
apparaît pour r = 0 et son temps de parcourt est égal à celui de l’onde
réfléchie. Ainsi, aux courtes distances, on observe seulement les ondes
directes FS et réfléchie. Au fur et à mesure que la distance x augmente, seul
le second terme de (7) est modifié. Ainsi, l’onde conique se propage le long
de l’interface MM’ avec la vitesse apparente v2. Nous pouvons ainsi
simplifier l’expression (7) puisque r = (x – 2 h tg ic) et
sin ic = v1/v2, d’où :
2h 1 1 2hv1
tc . x
cos ic v1 v2 v2 cos ic
DZ
58
2h 1 v1 x
tc ( ) (8)
cos ic v1 v2 v2
NB :Premier terme de (8), lire v1/v22 au lieu de v1/v2
Rappelons que 1/v2 = p et cos ic = (1 - sin2 ic)1/2
= (1 - v12 p2)1/2
L’équation (8) peut s’écrire :
tc = xp + 2 h n1 (9)
où n1 = (1 – p2 v12 )1/2.
L’équation (9) est une formulation très commode du temps de prolongation
de l’onde conique puisqu’elle sépare ou divise ce temps en un terme
horinzontal et un terme vertical. Ainsi, quelle que soit la complexité de la
trajectoire de l’onde dans une structure en couche, le temps de parcours peut
toujours se traduire sous une forme analogue à (9). Ainsi, les équations (5),
(6) et (9) montrent le diagramme de temps de parcours des ondes
correspondant à une structure donnée.
Fig.2.12 : Graphique de temps de parcourt des ondes directes, réfléchie et
transmise.
La figure ci-dessus donne le diagramme des temps de parcours des
rayons identifiés précédemment. Nous voyons ainsi qu’aux courtes distances
DZ
59
seules les ondes directes et réfléchies sont observées. L’onde directe est
représentée par une droite de pente dt/dx = p = 1/v1. Par contre, l’onde
réfléchie est représentée par une hyperbole dont l’interception à x = 0 avec
l’ordoonnée correspond à t = 2h/v1. A des distances assez grandes, la
branche du temps de parcours de l’onde réfléchie est assymptotique à la
droite relative à l’onde directe. Par contre, la droite correspondant à l’onde
conique apparaît comme une réflexion à la distance x = 2 h tg ic. Le temps
de parcours de l’onde conique est une droite de pente dt/dx = p = 1/v2. Mais
comme l’onde conique se propage avec une vitesse apparente v2 > v1, elle
vient ou arrive la première aux stations éloignées, c’est-à-dire, au-délà de la
distance d’intersection de deux droites, soit xc où les temps d’arrivée des
ondes directe et conique sont égaux ; d’où en xc, on a :
t = tc.
xc xc
D’où : 2hn1
v1 v2
v1v2
xc 2h n1
v 2 v1
v1 v2
x c 2h (10)
v 2 v1
Sur un sismogramme enregistré à une distance raisonnable, par exemple
environ 300 Km, on peut remarquer, dans l’ordre, les ondes Pn, Pg, et Sn,Sg.
Les deux premières correspondent aux ondes conique et réfléchie,
respectivement tandis que la dernière est l’onde seconde S.
DZ
60
Fig.2-13 :Sismogramme illustrant lesphases des séismes proches.
Les phase Pg et Pn ont été observées la première fois par
Mohorovicic avec des vitesses apparentes différentes de l’ordre de 5,6 et 7,9
Kms-1, respectivement. La différence de vitesses résulte du fait que
grossièrement la croûte terrestre se comporte comme une couche limitée par
un demi-espace. L’onde Pn est due à l’augmentation sensible de la vitesse
des ondes élastiques à la frontière croûte-Manteau, discontinuité appelée le
Moho. L’onde réfléchie sur le Moho est notée PmP mais n’est pas visible sur
la figure ci-dessus (Fig.2.13).
L’équation relative au temps de propagation peut être
généralisée au cas de n couches. Considérons d’abord le cas de deux couches
illustré ci-dessus.La croûte terrestre est souvent représentée comme une
structure à deux couches. Lorsque le foyer sismique est superficiel, les ondes
générées dans la couche supérieure sont les deux que nous avons considéré
dans l’exemple précédent. A mesure que l’onde pénétre en profondeur,
l’expression des temps de parcours devient plus complexe bien qu’elle est
établie en s’inspirant toujours des équations précédentes. Pour ce faire, on
DZ
61
considére d’abord l’onde conique allant de A en B (Fig.2.14). La distance
horinzontale vaut :
y = x – 2 Δx
d’où
t’ = yp + 2 he n2 (11)
où
p = 1/v3 = sin ic / v2 (12)
Le temps de parcours dans la première couche vaut :
D D(sin 2 j cos 2 j )
.t
v1 v1
sin j cos j
= D sin j ( ) D cos j ( )
v1 v1
.t (.x) p h1n1 (13)
où Δx = D sin j ; p = sin j / v1 ; h1 = D cos j et n1 = cos j/v1 = (1/v1)(1-
vv2 p2)1/2
V1< V2 < V3
Fig.2.14
Nous pouvons donc écrire l’expression de la durée de parcours
sous la forme :
DZ
62
n
t = t’ + 2 Δ.t = px + 2 hi .ni (14)
i 1
Cette expression peut être généralisée pour n couches sous la forme :
n
t = px + 2 hi .ni (15)
i 1
Lorsque pour une structure composée de n couches, la vitesse croît
progressivement avec la profondeur, le temps de parcours aura plusieurs
valeurs dues aux ondes comiques à chaque interface.
Signalons deux cas qui compliquent l’expression du temps de
parcours dans une structure en couches :
- Le premier cas est celui associé à l’existence d’une zone à faible
vitesse par rapport à la couche supérieure. Dans ce cas, il n y a pas
d’onde conique à l’interfaceentre cette couche et celle précédente.
- Le second cas est celui où une des couches est d’épaisseur trop petite
de sorte que l’onde conique associée n’est jamais la première à une
station d’observation.
CHAPITRE III : INSTRUMENTATION
3.1. INTRODUCTION
Nous avons signaler que l’instrument destiné à détecter et à
enregistrer le mouvement du sol dû au passage des ondes sismiques est
appelé « sismographe ». L’objet du sismographe est donc d’enregistrer le
mouvement du sol en un point particulier de la surface du globe, point
appelé « station ou observatoire ».
Les mouvements habituellement observés lors du passage des ondes
sismiques sont de trois types :
- Un mouvement de translation ;
- Un mouvement de rotation ;
- Une déformation.
DZ
63
Dans le cas de l’observation d’un séisme, on attache ou on accorde
plus d’attention à l’observation ou à l’enregistrement du mouvement de
translation. Cependant, les mouvements de rotation peuvent être importants,
en particulier, dans les zones avoisinant le foyer sismique et sont d’un grand
intérêt dans l’analyse des effets des séismes sur les constructions.
Les sismographes sont donc conçus pour enregistrer les différentes
composantes du mouvement du sol lors du passage des ondes élastiques. On
considère généralement le mouvement de translation. Pour ce faire, on
considère ce mouvement suivant trois axes : nord-sud, est-ouest et vertical.
Les divers sismographes mis au point diffèrent par la disposition de
l’élément sensible qui n’est autre qu’un pendule. Mais du point de vue
théorique, ils sont tous régis par la même équation différentielle représentant
le mouvement du pendule (sismographe) par rapport au sol. Nous allons
ainsi établir cette équation qui permet d’analyser la relation entre le
mouvement relatif de pendule par rapport au sol tel que provoqué par le
passage d’onde sismique.
Nous limiterons notre étude à l’exposé des principes généraux. La
diversité des sismographes actuellement en exploitation ne permettant pas
d’en faire un exposé conséquent (approprié). La question est du reste
toujours d’actualité lorsqu’on est amené à exploiter un type donné
d’instrument. Du reste, l’étudiant aura un premier exposé instrumental lors
de la visite de l’observatoire de binza.
Notons enfin que le sismographe désigne l’ensemble du dispositif
qui enregistre le mouvement du sol en fonction du temps alors que la partie
sensible de ce dispositif est appelé séismomètre. Les premiers dispositifs qui
indiquaient seulement la direction de propagation des ondes étaient désignés
par le terme « séismoscopes ».
3.2. REALISATION DE SEISMOGRAPHES.
Comme nous l’avaons déjà signalé, les sismographes
enregistrent, en fonction du temps, les mouvements du sol dans une direction
déterminé. Ainsi, l’enregistrement complet nécessite en général trois
instruments, deux pour les directions horizontales Est-Ouest et Nord-Sud, et
DZ
64
un pour la direction verticale. Les simographes modernes combinent parfois
les détecteurs dans un seul boitiers sans pour autant en modifier le principe.
Chaque instrument contient une masse(pendule) qui, par suite de de sq
grqnde inertie relative, reste sensiblement stationnaire lorsque l’ensemble du
chassis auquel elle est fixée est déplacé brusquement par un tremblement de
terre. On enregistre ainsi le déplacement relatif de cette masse par rapport
au chassis et ce, après amplification par des dispositifs approppriés. Comme
on ne peut pas disposer d’une masse qui soit undépendante du bâti, on
cherche à rendre la force de rappel aussi faible que possible. Il faut donc
réaliser un système oscillant dont la période soit aussi longue que possible.
Cette opération est appelée astatisation. Au début , les sismographes
horizontaux étaient consitués par de pendules assez longs. Pour rémédier à
cet inconvénient, on a réalisé des pendules horizontaux dont la masse oscille
autour d’un axe presque horizontal comme une porte dont l’une des
charnières est déplacée ; ou alors, la masse est maintenue en équilibre
presqu’instable au-dessus de son point de suspension, au moyen de faible
ressorts.
Dans les sismographes verticaux, la masse doit être soutenue par un ressort.
Les grandes périodes s’obtiennent en faisant tourner la masse autour d’un
axe horizontal excentré et en compensantl’augmentation de la force de
rappel due à l’allongement du ressort par une diminution du bras de levier
(Fig.3.1).
(a)
DZ
65
(b)
Fig.3.1 : Schéma de sismographes vertical (a) et horizontal(b).
Le système oscillant que constitue le sismographe va donc
tendre, une fois ébranlée, à osciller pour son propre compte. Il faut donc
l’amortir. Mais pour que cet amortissement soit aisément calculable, il faut
qu’il soit proportionnel à la vitesse du sol. Cet amortissement se fait soit par
l’air, soit par un liquide ou encore par une induction électromagnétique. Il
faut réduire au maximum les frotements solides. L’enregistrement courant,
aujourd’hui, est l’enregistrement à encre, magnétique ou encore numérique
qui permet l’utilisation d’appareils de faible masse stationnaire.
La relation entre le séismogramme et le mouvement réel du sol
n’est pas simple. L’ordonné de la plume enregistreur est l’intégrale d’une
équation différentielle linéaire du second ordre, à coefficients constants dont
le second membre est proprtionnel à l’accélération du bâti du sismographe.
Cette relation est encore plus complexe dans les sismographes modernes
utilisant une amplification électromagnétique : la masse stationnaire en se
déplaçant entraine une bobine dans un champ magnétique ou fait varier
l’entrefer d’un circuit magnétique bobiné ; le courant produit est envoyé
dans un galvanomètre. Mais se faisant, on fait intervenir un second système
oscillant choisi de facon à obtenir des caractéristiques intéressantes pour
l’ensemble. Mais l’équation différentielle résultante est du quatrième ordre.
Nous donnons un ensemble de solution analytique dans la section suivante.
DZ
66
3.3. LE SISMOGRAPHE HORINZONTAL
Le sismographe horinzontal est un pendule ascillant autour d’un axe
quasi-vertical AB incliné d’un angle petit i (Fig.3-3). L’angle AB est
solidement fixé au sol. Le pendule horinzontal est constitué par une barre
rigide BC portant à son extremité C une masse M dont le centre de gravité
est G. La masse de C est M tandis que la distance Bg vaut h. La position
d’équilibre ABGo est appelé le plan d’équilibre ou position neutre.
Fig.3.3: Schéma théorique d’un séismomètre horizontal.
Soit u, le déplacement du sol dans la direction perpendiculaire au
plan ABGo lors du passage de l’onde sismique. Posons que u = f(t), où f
représente une fonction quelconque. De même, soit θ l’angle entre le plan
ABG et la position d’équilibre ABGo ; nous posons que θ est très petit.
Désignons, respectivement par x et y les composantes de la force de réaction
exercée par l’axe sur le pendule, composantes prises dans la direction
perpendiculaire au plan ABGo et dans le plan ABGo mais perpendiculaire à
AB.
En première approximation, le déplacement horinzontal de G est
donné par u + h θ, d’où on peut écrire :
x = M(u’’ + h θ’’) (1)
où
u’’ = d2u/dt2 et θ’’ = d2 θ/dt2
Le poids M g peut être décomposé en ses composantes dans les directions
parallèle et perpendiculaire à AB, soient Mg cos i et Mg sin i. Par ailleurs, la
DZ
67
composante de l’accélération de g dans la direction y est du second ordre ;
ainsi nous limitant au premier ordre, nous écrirons que :
y = Mg i (2)
Considérons le taux de variation du moment angulaire autour d’un axe
passant par G et parallèle à AB. Si nous négligeons les forces de frottements,
nous pouvons écrire :
Mk2 θ’’ = - x h – y h θ (3)
où k est le rayon de gyration de la masse autour de l’axe AB. En éliminant x
et y de l’équation (3), on obtient :
k2 θ’’+ g h i θ + h u’’ + h2 θ’’ = 0
k 2 h2
Posons : l : la longueur réduite du pendule
h
gi
w2
h
Nous obtenons alors l’équation
'' u ''
2
w (4)
l
Mais dans la pratique, le pendule doit être amorti, en général de façon
électromagnétique ou par friction. La force de friction est, en général,
proportionnelle à la vitesse du pendule. L’on modifie alors l’équation (4) en
introduisant les forces de friction, c’est-à-dire, en y introduisant le terme
d’amortissement de sorte que, finalement, l’équation du mouvement relatif
du pendule peut s’écrire sous la forme :
'' 2 ' u ''
2
2 w w (5)
l
où λ est le coefficient d’amortissement.
DZ
68
3.4 EFFET DE L’INCLINAISON
Dans l’établissement de l’équation (5) ci-dessus nous n’avons
pas tenu compte de la réaction du pendule horinzontal à l’inclinaison du sol
ou écartement de la surface du sol de la position horinzontale suite au
passage de l’onde sismique, ou de l’accélération de la masse C parallèlement
ou normalement à l’axe BC ou encore aux variations de l’angle i. Tous ces
effets ont diverses influences sur les différents types d’ondes.
Fixons les coordonnées de la figure ci-dessus de sorte que o x et
o
y soient dans le plan horinzontal et supposons que le plan ABGo subisse
une déviation φ par rapport à l’axe oy. L’équation peut s’écrire :
'' gi u ' y
' 2 u x'' g
2w w 1 2 (5’)
lw l l
où Δi est la variation de l’inclinaison i.
si tous les paramètres varient de manière analogue, alors (5’) est une
équation différentielle de Mathieu. Les corrections introduites par les
variations Δi n’affectent que les ondes de Rayleigh à des périodes bien plus
longues que la période propre du pendule.
3.5. LE SISMOGRAPHE VERTICAL
Le dispositif de principe du sismomètre vertical est représenté
sur la figre en annexes. Il s’agit d’un pendule ABC pouvant osciller
librement autour d’un axe horinzontal passant par A et solidement fixé au
sol.
DZ
69
Fig.3.4 : Schéma théorique d’un séismographe vertical
Les barres AB, BG et GA sont supposés très légers par rapport à
la masse M. Dans la position d’équilibre G et A sont situés sur le même
niveau. Tout le pendule, c’est-à-dire la charpente ABC est supporté par le
ressort BC de longueur d dont les extremités sont BC ; l’extremité C étant
fixée au sol tandis qu’il est placé dans le plan ABC. Pour simplifier les
calculs, nous considérerons que la masse duressort est négligeable. Soient
AB = c, AC = b, l’angle CAB = j, QG = h tandis que la distance sur la
perpendiculaire de A à BC est égale à p. La tension du ressort vaut βq où β
est la constante du ressort et q l’allongement du ressort tendu. Désignons par
u = f(t) la composante verticale du déplacement du sol due au passage de
l’onde sismique et θ le déplacement angulaire de AG. Enfin, désignons par z
la composante verticale de la relation que l’axe exerce sur le pendule.
Comme la composante verticale du déplacement de G vaut u + h θ,
l’équation du mouvement (composante verticale) mesurée sur l’axe vertical
s’écrit :
z + βq sin α – Mg = M(u’’ + h θ’’)
où α = angle de BC avec l’horinzontale. L’expression du moment angulaire
nous donne :
Mk2 θ’’ = - βqr – zh
DZ
70
où k est le rayon de gyration du pendule autour d’un axe passant par G et
parallèle à l’axe de rotation tandis que r est la perpendiculaire de G à BC. Si
nous éliminons z entre ces deux dernières relations, nous obtenons
l’équation : Mk2 θ’’ = - Mh (u’’+ h θ’’) – Mg h + βq (h sin α – r)
Mk2 θ’’ = - Mh (u’’+ h θ’’) – Mg h + βpq (6)
Indiquons par un suffixe O la valeur de certaines expressions dans la
position d’équilibre. D’où :
Mgh = β(pq)o
d
pq = (pq)o – [ (pq)]o θ
d
L’équation (6) devient :
d
M(k2 + h2) θ’’+ β [ (pq)]o θ = - Mhu’’
d
Si de nouveau nous désignons par l la longueur réduite du pendule,
l’expression précédente s’écrit :
θ’’+ w2 θ = - u’’/l (6’)
Nous retrouvons une expression analogue à l’équation (4) déjà établie pour
le séismomètre horinzontal. Mais dans l’équation (6’) w est fonction des
constantes caractéristiques du séismomètre vertical. D’une manière
similaire, la prise en compte des forces de frottement nous conduira à une
équation semblable à (5).
5. LE GALVANOMETRE
Dans la pratique, l’angle de déviation θ donnant le mouvement
relatif du pendule est en général petit de sorte que l’on peut detecter ses
variations sans amplification préalable.
Dans la première génération des sismographes, cette
amplification était réalisée à l’aide de leviers fixés au pendule amplifiant
l’angle θ. Le mouvement amplifié était alors enregistré sur un tambour sur
lequel on avait fixé un papier fumé ou à encre. Le tambour tournait d’un
mouvement uniforme autour d’un axe fixé au sol.
DZ
71
Dans la seconde génération des sismographes, un galvanomètre
optique envoie un rayon lumineux sur un miroir solidaire ou fixé au pendule
tandis que l’enregistrement est fait sur un papier photographique placé sur
un tambour tournant. La trace du galvanomètre sur le papier fumé ou
photographique constitue le ‘séismogramme’.
On constate que le déplacement x du galvanomètre ou de
l’indicateur de sa position d’équilibre est proportionnel à l’angle de
déviation θ. Nous pouvons ainsi introduire un coefficient d’amplification
mécanique statique Vs tel que Vs = x / l θ. Ainsi, l’équation (5) devient :
x’’+ 2 λwx + w2x = - Vsu’’ = - Vs f’’(t) (7)
Cette expression constitue l’équation du galvanomètre ou indicateur. Le
dévéloppement des sismographes a atteint un degré tel que tout
accroissement de sensibilité n’apporte aucune amélioration significative du
rapport signal/bruit de fond.
CHAPITRE IV : QUANTIFICATION DES SEISMES
4.1. INTRODUCTION
Dans les chapitres précédents, nous avons introduit les
principaux types d’ondes générées au foyer sismique lors de la rupture
brusque de la roche. A l’aide d’instruments appropriés l’on sait effectuer
l’enregistrement du train d’ondes atteignant une station ou observatoire situé
en un point donné de la surface du globe, enregistrement appelé
« sismogramme ».
Nous avons défini les diverses trajectoires possibles des ondes
sismiques partant du foyer et qui donnent naissance aux diverses phases que
l’on peut identifier sur le sismogramme pour déduire, plutard la structure
interne du globe.
Cependant, avant d’aborder le problème de la structure interne
du globe, il convient d’examiner davantage les divers éléments que l’on peut
déduire du sismogramme. Nous avons vu qu’un sismogramme n’est rien
d’autre qu’un mélange complexe d’effets dus aux processus de rayonnement
DZ
72
d’énergie au foyer se traduisant par le contenu spectral ainsi que les
variations d’amplitude des ondes P et S, principalement, variations incluant
les arrivées multiples des phases réfléchies ou transmises aux diverses
interfaces du sous-sol. L’ensemble de l’image du sismogramme porte, bien
entendu, les marques des caractéristiques notamment en fréquence du
dispositif d’enregistrement, c’est-à-dire du sismographe. L’interprétation du
sismogramme nécessite donc une rude expérience ainsi qu’une bonne
connaissance théorique sur le mécanisme de génération et sur les modes de
propagation des ondes.
Dans ce chapitre, nous examinerons les diverses grandeurs
quantitatives que l’on peut déduire de l’interprétation du sismogramme
permettant de caractériser de la manière la plus large possible un séisme,
d’abord individuellement, ensuite collectivement.
4.2. DEFINITIONS DES PARAMETRES SISMIQUES
Les paramètres sismiques sont les garndeurs qui permettent de
caractériser un foyer ou source sismique donnée. Pour simplifier, le foyer ou
source sismique est définie comme le point source d’où se propagent les
ondes sismiques due à la rupture initiale de la roche, que cette rupture soit
provoquée par une cause naturelle (séisme naturel) ou à une cause artificielle
telle qu’une exploision. Dans l’un et dans l’autre cas, le foyer sismique est
défini par les paramètres ci-dessous :
a) Les coordonnées géographiques : la latitude te la longitude de
l’hypocentre ou de l’épicentre.
b) La profondeur du foyer ou de l’hypocentre
c) Le temps d’occurrence du séisme ou temps d’origine
d) L’énergie libérée par le séisme ou encore la puissance du séisme
caractérisée par la magnétude du séisme.
Les paramètres a), b), et c) sont déduits de la mesure du temps
d’arrivée des ondes sismiques aux diverses stations d’enregistrement. Le
paramètre d) nécessite la connaissance de l’amplitude et de la période des
ondes sismiques à au moins une station d’enregistrement.
4.2.1. Détermination de l’épicentre
DZ
73
i) Cas d’une station
La détermination de la position de l’épicentre exige la
connaisance des temps d’arrivée des ondes P et S à au moins trois stations
d’enregistrements. Mais cette condition est assez contaignante, puisque
diverses régions du globe ne disposent que d’une seule station d’observation.
Cependant, même dans ce cas on peut faire une estimation grossière de la
position de l’épicentre à l’aide du temps d’arrivée des ondes P et S, temps
mesurée sur les trois composantes NS, EW et V. Nous savons que l’onde P
peut être polarisée verticalement ou horinzontalement (Fig.4-1). Le
mouvement initial de l’onde P peut donc être utilisé pour déterminer
l’azimut de l’épicentre à la station d’observation.
Mouvement initial de P(UP= Dilat.) S’
Surface du sol
S Mouvement de P
(Down=
Compression)
Fig.4.1 :Nature de mouvement initial.
Ainsi, si le mouvement de l’onde P à la station est ‘UP’, c’est que, au foyer,
la composante radiale du mouvement de P s’éloigne du foyer. Si le
mouvement est ‘DOWN’, alors la composante radiale du mouvement de P
est dirigée vers le foyer. Dès lors, les deux composantes du mouvement de P
permettent la reconstruction du vecteur ‘mouvement de P’ et de déterminer
l’azimut (Fig.4.1).
La distance de la station à l’épicentre s’obtient par la mesure de la
distance des temps (ts-tp) par la relation :
d = (ts-tp) où α = vp
3 1
Pour les diverses régions du globe, on utlise la relation moyenne :
DZ
74
d = (ts-tp) x 8.0
Connaissant la distance épicentrale, nous pouvons déduire le temps-origine
par le temps de propagation des ondes P et S. L’on peut aussi estimer la
profondeur du foyer si des phases telle que pP sont apparentes. Cette
procédure ne s’applique qu’à des distances épicentrales ne dépassant pas 20°.
ii) Cas de plusieurs stations
Lorsque les ondes sismiques sont enregistrées à plusieurs stations, la
détermination de la position de l’épicentre peut s’effectuer de manière plus
précise.
a) Calcul du temps-origine
La détermination du temps-origine peut être effectuée aisément à
l’aide du graphique de Wadati (Fig.IV-2). Ce graphique s’obtient en portant
en ordonnée la différence de temps (ts-tp) et en abscisse le temps tp. Mais
l’on sait que les ondes P et S sont générées ensembles, par conséquent au
foyer (ts-tp) = 0. Par conséquent, le temps-origine est donnée par
l’intersection de la droite (ts-tp) avec tp. La pente de cette droite est m =
( 1 ) où α = vp et β = vs. Elle est liée au coefficient de Poisson σ par
l’équation :
n
1
1
où 2 avec n = (m + 1)2
1 1 n
2
ts – tp
– •
– •
– •
– •
– •
– • t0
tp
DZ
75
Fig.4.2 :Digramme (ts –tp)/tp pour la détermination du temps origine.
b) Calcul de l’épicentre
Le temps-origine (OT) une fois déterminé, la distance de l’hypocentre
ou foyer à la ième station peut être calculée en fonction du temps d’arrivée de
l’onde P par la relation :
di = ( t ip - OT) . α où α = vp
On peut établir une relation analogue pour l’onde S.
Par conséquent, l’hypocentre doit se trouver sur la sphère de
ème
centre si (i station) et de rayon di. Il en sera de même du temps d’arrivée à
chacune des autres stations ayant enregistré le séisme considéré et
permettant ainsi de déterminer les distances correspondantes au foyer du
séisme.
Mais comme le foyer doit correspondre ou doit vérifier le temps
d’arrivée à toutes les stations d’observations, les différentes sphères doivent
donc toutes se croiser au foyer. Ainsi, l’épicentre s’obtient en traçant
l’intersection de toutes les cordes (Fig.IV-3) tandis que le foyer correspond à
une profondeur h telle que :
h = ( d i2 2i )1/2
où di est la distance de la station si au foyer tandis que Δi est al distance
épicentrale pour la station si. Cette méthode est appelée ‘méthodes des
cercles’
DZ
76
Fig.4.3 :Détermination de l’épicentre(Méthode des cercles).
Un exemple d’une carte d’épicentres est illutré à la Fig.4.4
Quelles sont les grandes sismiques du globe et quelle est la principale
carctéristique sismique de chacune d’elles ?
DZ
77
Fig.4.4 : Carte d’épicentres de la RDC pour la période 1910 à 2010
4.3. NOTION DE MAGNITUDE
4.3.1. Introduction
La manière la plus appropriée de quantifier un séisme serait de
déterminer son moment séismique Mo qui sera défini ultérieurement ainsi
que la forme globale du spectre de la source. Cependant, comme nous le
verrons, ceci est une tache relativement complexe. De ce fait, il a fallu
recourir à une technique de quantification plus simple, par exemple, en
utilisant les amplitudes des ondes enregistrées à une seule station.
Mais l’on comprend aisément que l’amplitude des ondes P ou S
loin du foyer dépend du taux de déformation à la station. Ainsi, deux failles
DZ
78
ayant produit les mêmes déformations au foyer peuvent induire des
déformations différentes, c’est-à-dire, des signaux d’amplitudes différentes à
la station selon la nature du parcours. De plus, l’effet de la variation de
l’amplitude en fonction du temps de parcours dépend aussi de la fréquence
du dispositif d’enregistrement de sorte que les amplitudes de diverses phases
observées varient d’un instrument à l’autre.
Hormis ces contraintes, la quantification d’un séisme par
l’amplitude des ondes est un procédé très important. En effet, d’une part, ce
procédé est assez simple et que, d’autre part, les vibrations à haute fréquence
dans une bande étroite sont responsables de la plupart des effets de
destruction dus à un séisme.
Le concept de magnitude d’un séisme fut introduit par Wadati et
Richter en 1930. La notion de magnitude repose sur deux éléments, à
savoir :
- Pour une disposition source-instrument donnée et deux séismes
donnés, le séisme le plus puissant produira les plus grandes
amplitudes sur l’enregistrement.
- L’amplitude des ondes se prosuit de façon prévisible. En d’autres
termes, les effets de la géométrie des instruments par rapport à la
source et de l’atténuation des ondes le long du parcours sont connus
de manière assez précise ou de manière statistique.
La magnitude M déduite de l’amplitude des ondes de surface est
définie par la formule convetionnelle :
M = log (A/T) + f(Δ.h) + Cr + Cs
où A = l’amplitude de la phase considérée
T = est la période des ondes considérées
f = une fonction dépendant de la distance épicentrale Δ et de la
profondeur du foyer h
Cr = une correction régionale ou locale
Cs = une correction dépendant de la géologie locale à la station
d’enregistrement.
L’échelle de magnitude est logarithmique pour atténuer la
grande variation d’amplitudes. Par exemple, une variation de magnitude
d’une unité correspond à une variation de puissance de dix fois.
DZ
79
Actuellement, on trouve dans la littérature quatre échelles de mahnitude
notées Ml, Ms, mb et Mw.
4.3.2. Définitions de diverses échelles de magnitudes
a) La magnitude locale Ml
La première échelle de magnitude fut introduite en 1930 par Richter
pour quantifier les séismes de Californie. Il proposa la relation :
Ml = log A – log Ao
où A et Ao désignent l’amplitude de l’évenement à quantifier tandis que Ao
est celle d’un séisme standard observé à une distance épicentrale de 100 Km
pour lequel Ml = 0. Cette relation a été étendue aux séismes situés à toute
distance Δ sous la forme :
Ml = log A + 2.76 log Δ – 2.48
Cette magnitude est calculée rapidement par l’utilisation d’une abaque
établie par Nordquist.
La magnitude locale telle que définie initialement par Richter était
basée sur l’enregistrement à l’aide du pendule Wood-Anderson ayant une
propre To = 0.8s, une amplification de 2.800 et une constante
d’amortissement de 0.8 pour des séismes observés à une distance de 100
Km. L’expression ci-dessus est donc une …… généralement de la formule
initiale.
b) La magnitude des ondes de volume mb
Comme signalé plus haut, la magnitude locale Ml était définie pour le
pendule Wood-Anderson et pour une distance standard de 100 Km. Au-délà
des distances locales où la phase P est bien distincte, il est convenable de
définir une magnitude associée à la phase P et faisant usage des premières
oscillations de cette phase. Il s’agit de la magnitude notée mb et définie par
la relation :
mb = log (A/T) + Q (Δ,h)
DZ
80
où A est l’amplitude des ondes P ayant une période T. La correction Q (Δ,h)
est déterminée de manière empirique.
Rappelons que les sismographes utilisés sont généralement de courte
période To = 1 s. Dans le cas d’enregistrements de longue période, on choisit
les phases de période comprise entre 5 et 15 s. Mais dans ce dernier cas la
magnitude est notée mb.
c) La magnitude des ondes de surface Ms
Au-délà de 600 Km, les sismogrammes à longue période sont
dominés par les ondes de surface de période d’environ 20 s. L’amplitude de
ces ondes dépend différemment de la distance épicentrale. De plus, les ondes
de surface dépendent beaucoup de la profondeur du foyer. Ainsi, par
exemple, les séismes à foyer profond ne générent pas d’ondes de surface à
grande amplitude. Malheureusement, il n y a pas de fonction adéquate pour
la prise en compte de la profondeur du foyer. La magnitude des ondes de
surface Ms est donnée par :
Ms = log A20 + 1.66 log Δ + 3.3
Dans cette relation, A20 est l’amplitude des ondes de période 20 s et Δ la
distance épicentrale où s’effectue l’enregistrement. Les trois magnitudes
définies ci-dessus sont liées par les relations ci-dessous :
mb = 1.7 + 0.8 Ml – 0.01 M l2
mb = 0.56 Ms + 2.6
L’Association Internationale de Séismologie et de Physique de l’Intérieur de
la Terre (AISPT) a recommandé l’expression :
A
Ms = log + 1.66 log Δ + 3.3
T
Dans cette relation, A est l’amplitude lue sur la composante horinzontale des
ondes de rayleigh tandis que la période T est comprise entre 10 et 30 s. Il
faut signaler que l’application de la formule ci-dessus aux enregistrements
de courte période donne des magnitudes trop petites. Il faut donc, lorsqu’on
fait une telle application, introduire des corrections appropriées pour obtenir
des valeurs en accord avec les résultats des données à longues périodes.
Pour les séismes locaux( distance épicentrale d’environ 0-500km) de
faible puissance, on a introduit une magnitude basée sur la durée
d’enregistrement du sismogramme ; cette magnitude est notée Md .
DZ
81
4.4. RELATION MAGNITUDE-ENERGIE SISMIQUE
La magnitude d’un séisme est une grandeur suffisante pour la
comparaison de la grandeur ou de la puissance de divers séismes.
Cependant, la grandeur d’un séisme est mieux défini par le « Moment
séismique, Mo » que nous allons définir dans le paragraphe suivant.
Une autre alternative de quantifier un séisme nous est fournie par
« l’énergie libérée » au foyer du séisme. Pour définir cette grandeur,
considérons l’énergie cinétique d’une particule du sol mise en mouvement
lors du passage d’une onde séismique puisque la particule acquiert une
vitesse v lors du point passage de l’onde. La somme d’énergie potentielle et
cinétique calculée sur un intervalle de temps donné, nous fournit le travail,
c’est-à-dire l’énergie libérée par l’onde. Par exemple, considérons une
station d’observation séismique située sur la verticale passant par le foyer.
Nous supposerons, pour simplifier, que l’onde émise par la source est
monochromatique.
Le déplacement du sol à la station séismologique peut être représentée par
la relation :
2 .t
x = A cos ( )
T
où A = amplitude de l’onde à la station
T = la période de l’onde
La vitesse des particules du sol est donnée par :
dx 2 . A 2 .t
v= ( ) sin( )
dt T T
L’énergie cinétique de l’unité de masse du sol située à la station est donnée
par :
de =
1
mv2 =
1 v2
2 2
Pour un cycle, nous aurons la densité d’énergie cinétique, c’est-à-dire :
2
1 T 2 2A T 2 2 .t
e o v dt o sin dt
2T 2T T T
DZ
82
A2
e 2
T2
Remarquons que la densité d’énergie est proportionnelle à A2.
Comme les énergies moyennes potentielle et cinétique sont égales, nous
pouvons écrire que :
E = 2.e
Si nous intégrons sur tout le front d’onde sphérique et en tenant compte
d’une correction due à la dispersion géométrique de l’onde, l’on peut obtenir
une expression de la forme :
A
E = F (r, ρ, c) ( )2
T
Où r ≡ distance parcourue par l’onde
ρ = la densité
c = la vitesse de l’onde
Cette équation peut être écrite sous une forme analogue à l’expression
de la magnitude, c’est-à-dire :
A
log E = log F (r, ρ, c) + 2 log ( )
T
Autrement dit, il est possible d’établir une expression de la magnitude et de
l’énergie si la fonction F (r, ρ, c) est connue. Gutemberg et Richter ont
trouvé des relations empiriques pour Ms et mb :
log E = 5.8 + 2.4 mb (a)
log E = 11.8 + 1.5 Ms (b)
log E = 12,4 + 1,44 Ms (c)
log E = 4,78 + 2,57 mb (d)
Il est évident que les énergies fournies par ces relations portent
toutes les incertitudes de la détermination des magnitudes. Comme la
magnitude mb présente une saturation, il est logique que l’énergie déduite de
(a) et (d) pour les séismes de magnitude supérieure à ≈ 6,5 est probablement
trop faible par rapport à la valeur réelle. Les énergies déduites de (b) ou (c)
demeurent satisfaisantes pour une large gamme de magnitudes puisque Ms
ne subit pas de saturation jusqu’aux magnitudes très élévées. Ces relations
DZ
83
donnent donc une bonne valeur de E pratiquement sur la grande échelle de
magnitudes. La différence d’énergies entre deux séismes de magnitudes 6,0
et 7.0 est d’un facteur 101.5, c’est-à-dire environ 32 fois, c’est-à-dire qu’un
séisme de magnitude 7.0 est 30 fois plus puissant que celui de magnitude
6.0.
4.5. NOTION DE MOMENT SISMIQUE
Pour mieux comprendre la dynamique du foyer séismique, on a
introduit le concept de « moment séismique Mo » défini par l’équation :
Mo = μ D S
où μ = module de rigidité
D = la dimension linéaire de la faille associée au séisme
S = l’aire de la zone épicentrale
Remarquons que le moment séismique est associé aux effets
macroscopiques.
Le moment séismique et la magnitude Ms sont liés par une relation
telle que :
log Mo = 1.5 Ms + 16.1
De cette relation l’on a pu définir une nouvelle magnitude appelée
« magnitude de moment séismique » notée Mw :
log M o
Mw = ( ) – 10.73
1.5
Cette nouvelle magnitude introduite par H. Kanamori ne subit pas de
saturation. Cependant, la détermination du moment séismique est plus
complexe que le calcul de la magnitude ; mais cette détermination est
devenue routinière.
Pour rappel, les différentes magnitudes d’usage courant en sismologie sont :
- La magnitude locale Ml, il s’agit de la magnitude originale introduite
par Richter et Gutenberg et qui fut par la suite étendue aux sésmes
distantsà l’aide du normagramme Nordquist ;
- La magnitude d’ondes de surface (Ms ), ondes de Rayleigh et de Love
calculée pour les séismes dits lointains ;
DZ
84
- La magnitude d’ondes de volume P (mb ou Mb) basée sur l’amplitude
des ondes P ; cette dernière magnitude traduit mieux l’énergie libérée
par les séismes à foyer profond ;
- La magnitude de moment sismique baséee sur le moment sismique
introduit ci-dessus ;
- La magnitude de durée d’enregistrement (Md ) basée sur la durée
d’enregistrement du sismogramme ; l’usage de cette magnitude est
relativement réduite.
4.6. NOTION D’INTENSITE
4.6.1. Les effets des séismes
Les effets macroscopiques des séismes sont très variés et
comprennent notamment des effets géologiques, les destructions de
construction, des effets sur les êtres vivants, les humains et les animaux.
Le géologgue est partucilièrement intéressé par les modifications
géomorphologiques et structurales causées par un séisme. Par exemple, les
mouvements verticaux et horinzontaux le long de faille, la formation des
nouvelles failles, les déformations de la surface du sol ainsi que leur impact
sur l’écoulement des eaux ; la liquéfaction des sols sabloneux, le glissement
de terrains, les marées de boue, etc. Les mesure de déformations sont
possibles grâce aux mesures géodésiques qui sont entreprises dans de
nombreux pays. Le géologiste établit la relation entre les contraintes internes
et les déformations observées et mesurées.
L’ingénieur et l’architecte étudie les dégats qu’un séisme a causé
aux bâtiments, aux ponts, aux pipe-lines, aux chemins de fer, aux
installations portuaires ainsi qu’aux constructions humaines.
Dans la zone dite mézoséismique ou épicentrale, les effets d’un
grand séisme sont généralement complexes. Les déformations les plus
importantes sont situées dans la zone avoisinant la faille où le mouvement
du sol est le plus important. Loin des failles, les déformations dépendent de
la nature des formations superficielles et de la topographie ; les formations
peu ou moins consolidées amplifient les déformations. A une certaine
distance épicentrale, les déformations sont causées principalement par les
DZ
85
ondes de surface. L’on peut accorder une attention particulière aux effets
produits sur les réservoirs, les les chateaux d’eau, les lacs et même sur les
océans.
Les séismes s’accompagnent parfois de phénomènes particuliers,
tels que les sons, les effets lumineux, etc. La propagation de son serait en
rapport avec l’existence des ondes de basses fréquences dans les vibrations
longitudinales P. L’intensité du son dépend de la nature des formations de
surface.
Les effets lumineux seraient dûs à une induction électrique le
long de la faille associée au séisme. Dans certains, il y aurait possibilité de
formation d’ondes de gravité analogues à celles observées sur les océans,
mais ceci ne se produirait que sur des sols non consolidés par exemple sur
les aires marécageuses.
4.6.2. L’échelle d’intensités
Les données macroscopiques montrent une très grande diversité en
ce qui concerne l’intensité des différents points affectés par un même
séisme. Par conséquent, le concept de l’intensité ne peut être défini d’une
manière quantitative unique. Plusieurs facteurs déterminent l’intensité d’un
séisme en un point donné. Ceux-ci incluent par exemple, l’aire et le moment
de la source séismique, le mécanisme au foyer, la quantité et le spectre de
l’énergie libérée au foyer, la structure interne de la région affectée par le
séisme, la distance épicentrale du point d’observation, les propriétés
élastiques et autres des roches et formations superficielles ainsi que la
structure géologique régionale.
De nombreuses échelles d’intensités ont été proposées. Nous nous
limiterons à donner une brève description de l’échelle MSK (Medvedev-
Sponheur-Karnik) à cause de son utilistion dans plusieurs parties du globe.
Cette échelle est à 12 degrés d’intensité. La description des intensités repose
sur la description des effets du séisme à chaque degré. La détermination de
l’intensité prend en compte les éléments ci-dessous :
a) Les types de constructions
Type A : Maisons en argile, pisé, adobes, maisons rurales et
constructins en pierres ordinaires avec argile comme liant.
Type B : Constructions en briques, en blocs, en béton ou mixtes
avec maçonnerie ou en bois ou en pierres appareillées.
Type C : Constructions armées ou bonnes constructions en bois.
DZ
86
b) Les proportions de bâtiments endommagés.
Quelques bâtiments : ± 5 % environ
Beaucoup de bâtiments endommagés : ± 50 %
La plupart de bâtiments endommagés : ± 75 % ou +
c) Les degrés de dégats.
Degré 1 : Fissuration des murs et chutes de petits débris de
plâtres.
Degré 2 : Fissuration des murs, chute de gros débris de plâtres,
chute de tuiles, fissuration et chute de parties de chéminées.
Degré 3 : Lézardes ou fentes larges et profondes dans les murs ;
chute de chéminées.
Degré 4 : Brêche dans les murs ; effondrement partiel des
murs ; destruction de remplissage ou cloisons intérieurs.
4.6.3. Description de l’échelle MSK
Le lecteur consultera des documents récents et en faire un résumé.
4.6.4. Relation Intensité-Accélération
L’on a cherché à relier les effets macroscopiques décrits ci-
dessus à une grandeur physique quantifiable de manière plus précise. L’on a
tenté ainsi de relier l’échelle empirique d’intensité à une échelle rationnelle
basée sur l’accélération maximun communiquée par un séisme à une
particule du sol.
Les deux quantités fondamentales qui définissent la force de
destruction d’un séisme sont : la période, T et l’amplitude A du mouvement
du sol. Dans ce cas, la période T est le temps mis par une particule du sol
pour revenir à son état initial (position). L’amplitude A est la distance totale
dont une particule du sol s’est éloignée de sa position initiale.
L’accélération maximun est alors donnée par la relation :
4 2 A
2
T
Ainsi, par exemple, une accélération maximun de 1 cm s-2 correspond à une
intensité de I ~ II. Une accélération γ = 100 cm s-2 correspond à une intensité
VII ~ VIII. Pour chaque région sismique, l’on peut établir de manière
empirique des relations telle que :
DZ
87
rh2 h 2
Io – 2 = 3 log
h2
Où Io ≡ intensité maximun à l’épicentre
rh ≡ rayon de l’aire macroséismique
h ≡ profondeur du foyer
ou encore :
r 2 h2
Io – I = 3 log
h2
Où I ≡ intensité à la distance épicentrale r. on en déduit aussi la relation :
Io = 3 log γo + 1.5
où γo ≡ accélération à l’épicentre.
Remarque : Les coefficients numériques varient d’une zone sismique à
l’autre.
Ces relations ne doivent être appliquées qu’avec précaution.
CHAPITRE V : MECANISME FOCAL DES SEISMES
5.1. INTRODUCTION
Dans la plupart des cas, les grands séismes sont toujours
accompagnés par la formation des failles superficielles. Dans ce cas, les
paramètres physiques définissant les failles peuvent être observés
directement sur le terrain.
Cependant, dans de nombreux cas, même pour des séismes
relativement puissants, de failles superficielles ne sont pas observées ou pour
les séismes se produisant dans des zones éloignées ou inhabitées ces failles
ne sont pas observables. Dans ces derniers cas, l’étude du mécanisme focal
de l’évenement permet de déduire les paramètres physiques de la faille
associée au tremblement de terre ainsi que le mécanisme de rupture de la
roche.
Ainsi, le mécanisme focal peut fournir des informations non
seulement sur le processus de la formation de la faille mais aussi sur toute la
dynamique de la zone avoisinant la source sismique ; c’est-à-dire, sur la
dynamique ou le mouvement de la plaque ainsi que sur la nature de tensions
DZ
88
tectoniques à l’origine ou produisant le séisme. Du reste, les mouvements
des plaques tectoniques sont déduites de l’analyse du mécanisme focal de
grands séismes se produisant sur le globe.
Nous limiterons notre étude à l’analyse du mécanisme focal
basée sur la distribution des polarités de l’onde P issue d’un séisme donné.
5.2. CLASSIFICATION ET PARAMETRES D’UNE FAILLE.
5.2.1. Classification
Une faille est une cassure séparant deux plaques contigues,
cassure suivie d’un déplacement relatif de deux blocs dans une direction
parallèle à la discontinuité. Autrement dit, une faille est une fracture séparant
deux compartiments donnés, pour autant que les deux compartiments soient
déplacés l’un par rapport à l’autre et parallèlement à la fracture. L’ordre de
grandeur du déplacement ou rejet varie considérablement. On parle de
cassure pour les déplacements faibles et de joints ou diaclases lorsque les
déplacements relatifs sont très petits ou même nuls.
Fig.5.1 :Description d’une faille.
Le diagramme ci-dessus illustre un bloc faille sur lequel on
distingue :
- Un plan de faille P défini par sa direction et son pendage.
- Un rejet qui définit le déplacement relatif de deux compartiments, soit
AB. Mais le rejet vrai AB se décompose en :
Rejet-pente (AD) : mesuré suivant la plus grande pente ;
Rejet-direction ou longitudinal (AC) : mesuré suivant
l’horizontale.
DZ
89
A son tour, le rejet-pente peut se décomposer en deux composantes, à
savoir :
Le rejet-vertical (AE) qui donne la différence d’altitudes entre
les deux blocs
Le rejet-transversal (ED) qui donne dans le cas d’une faille
normale la valeur de l’allongement et pour une faille inverse, le
raccourcissment. On l’appelle aussi rejet horinzontal.
Suivant le sens du mouvement relatif de deux blocs, les failles sont
classées comme suit :
a) Faille normale : lorsque l’un de deux blocs, c’est-à-dire, le bloc
mobile est descendu par rapport à l’autre bloc demeuré fixe.
b) La faille inverse : correspond à un soulevement du bloc mobile par
rapport au bloc fixe.
c) La faille de cisaillement ou décrochement dextre ou senestre lorsque
les deux blocs restent au même niveau mais que le mouvement relatif
est vers la droite ou vers la gauche (Fig.5.2).
Fig.5.2 : Principaux types de failles.
DZ
90
Les anglo-saxons désignent les failles a) et b) sous l’appelation de
« dip-slip faults » parce qu’elles produisent seulement un déplacement
vertical. Les failles c) sont appelées « strike-slip faults » car elles
correspondent à un déplacement horinzontal le long du plan de faille.
L’orientation de la faille est définie par sa direction et sa pente :
- La direction, c’est-à-dire la ligne de fracture est déterminée par son
azimut mesuré à partir du Nord-géographique. L’observateur étant
placé de sorte que le bloc mobile est à sa droite, l’azimut est compris
entre 0 et 360°.
- La pente du plan de faille est un angle mesuré à partir du plan
horinzontal au-dessus du bloc fixe. Cet angle est compris entre 0 et
90° (Fig.5.3)
Fig.5.3 :Description d’une faille
5.3. SYSTEME DE FORCES TECTONIQUES
La polarité de la phase initiale de l’onde P issue du foyer
sismique est soit une compression notée (UP) ou une dilatation notée
(DOWN ≡ D) selon que le mouvement du sol s’éloigne ou se rapproche du
foyer. L’expérience montre que la polarité de l’onde P varie
systématiquement en fonction de l’azimut du point d’observation et de la
DZ
91
distance épicentrale. Une distribution typique est donnée sur la figure ci-
dessous.
Fig.5.3 :Distribution
de polarités d’onde P
Un cercle fermé indique la station où le mouvement initial de
l’onde P est compression tandis qu’un cercle ouvert indique une station où le
mouvement initial de l’onde P est une dilatation. Nous constatons qu’une
paire de droites séparent les zones de compression et de dilatation. Les deux
droites sont appelées les nodales. En principe, aucun mouvement de l’onde P
ne se produit le long de ces deux droites. Nous constatons que les droites
divisent l’espace en quatre quadrants ayant 2 à 2 le même mouvement. Cette
distribution de mouvements initiaux de P est systématique pour tout séisme.
La répartition de mouvements de P peut être expliquée soit par un couple ou
une paire de couples de forces. Considérons successivement les points
suivants :
a) Double couples de forces
Pour déterminer la nature de la faille accompagnant un séisme et
ce, par l’analyse des ondes séismiques, nous devona connaître du point de
vue théorique le comportement des ondes sismiques générées par la
formation de la faille. Pour ce faire, depuis 1917, on étudie divers types de
sources pouvant rendre compte de la distribution de polarités des ondes P et
S.
Mais pour simplifier, les sismologues considèrent les ondes
sismiques générées par de forces agissant sur un foyer ponctuel et non sur
une faille. Cette dernière source paraît plus complexe. L’on sait, aujourd’hui,
que le double couples de forces agissant sur le foyer rend totalement compte
de la distribution de polarité des ondes P observées dans tous les
événements. Cependant dans le cas des séismes volcaniques et des
exploisions nucléaires, ce type de force ne rend pas compte de données
DZ
92
d’observation. Le modèle de double couple de force est caractérisé par les
éléments suivants :
i) Source ponctuelle
Dans l’hypothèse d’un double couple de force, on suppose que
ces forces agissent sur un point, le foyer, et non sur une faille ayant de
dimensions finies. Cette hypothèse simplifie le calcul de la forme des ondes
irradiées par la source, mais n’est valable que pour les points d’observations
situés assez loin du foyer, c’est-à-dire à des distances épicentrales
supérieures à la longueur de la faille.
ii) Configuration du double couples de forces
Le double couples de forces comprend 2 paires de forces égales
et opposées de sorte que la résultante est nulle. La mouvement de chaque
couple est le même, mais les deux ont de signes opposées de sorte que le
mouvement résultant est aussi nul. Par exemple, le double couple de la
Fig.5.4a est équivalent à celui de la Fig.5.4b. Notons que l’axe de la paire de
tension est appelée axe de tension T et l’autre l’axe de tension P.
Fig.5.4:Configuration de double couples de forces.
iii) Equivanlence entre double couple et mouvement de la faille
Du point de vue théorique, on peut montrer qu’un système de
forces de type « double couples » produit loin de la source ponctuelle, la
même distribution de déplacement que celle que produirait une source de
type faille (shear dislocation). Dans ce cas, l’orientation de l’un de deux
couples doit correspondre à la direction de la faille. Par conséquent, si nous
pouvons déterminer l’orientation du système de forces du type ‘double
couples’ produisant le séisme, nous pouvons du fait même obtenir les deux
orientations (directions) possibles de la faille accompagnant le séisme.
Malheureusement, le mécanisme focal ne permet pas d’identifier la direction
de la faille réelle parmi les deux directions possibles (Fig.5.5 )
DZ
93
Fig.5.5 :Structure du digramme focal
iv) Polarités des ondes P
La distribution des polarités des ondes P prédite par la théorie est
conforme aux données d’observations : elle se répartie en quatre quadrants
dont deux quadrants de polarité de compression et deux de dilatation. Ceci
n’est que normal puisque le système de force du type ‘double couple’ a été
conçu pour justifier cette distribution.
On constate que l’amplitude du mouvement initial de P est large et
positive autour de l’axe de tension (T) tandis que cette amplitude est large
mais négative autour de l’axe de pression (P). Dans la distribution de
polarités, l’amplitude de P est symétrique par rapport à l’hypocentre ou
foyer (Fig.5.6 )
Faille normale Plan auxiliaire Faille normale Plan auxiliaire
= 0° ‘v = 0° v
+ Plan de faille Plan de faille
+
T T
•
Glissement
+ (θ,Φ)=(90°,0°)
+ (θ,Φ)=(90°,0°) Glissement
B+
• P
٠ •P
B
Axe nul « B » Axe nul « B »
DZ
94
Fig.5.6 : Distribution d’amplitudes d’ondes P et S
Par ailleurs, l’amplitude de l’onde P est nulle sur les deux plans
séparant les zones de polarités opposées. Ces deux plans sont appelés plans
nodaux. Les deux plans sont perpendiculaires et ont la même orientationque
les deux couples du système de force. Une fois de plus, l’existence de deux
plans nodaux implique la possibilité de deux directions possibles de la faille
associée au séisme.
v) Polarité des ondes S
La distribution de polaritées des ondes S est aussi conforme à celle
prédite par le système de force du type ‘double couple’, c’est-à-dire avec
distribution en quatre quadrants. Cependant, l’orientation des plan de
distribution des polarités S est décalée de 45° par rapport à ceux de polarités
P. Mais comme pour les polarités P, la distribution de polarités S est
symétrique par rapport à l’hypocentre ou foyer.
Notons cependant que les sismologues analysent plus souvent les
polarités P, car les polarités S sont plus difficiles à identifier.
5.4. DIAGRAMME DU MECANISME FOCAL
5.4.1. Représentation du mécanisme focal
Rappelons que l’étude du mécanisme focal a pour objectif
majeur la détermination de l’orientation de la faille associée au séisme et ce,
à l’aide des plan nodaux obtenus par la distribution des polarités des ondes P
issues de l’hypocentre ou foyer.
La détermination des plans nodaux est aisée lorsque le foyer du
séisme est situé dans une région tel que le Japon où il y a une forte densité
de stations sismographiques (Fig.5.5). Dans le cas contraire, on doit utiliser
les polarités des ondes P enregistrées aux stations lointaines dites
téléséismiques.
DZ
95
Fig.5.5 :Distribution de polarités d’onde P
Cependant, l’utilisation de données lointaines pose le problème
du plan de représentation de toutes les stations de manière appropriée, car le
plan géographique de la figure ci-dessus ne convient plus, notamment à
cause de la courbure du globe terrestre ainsi que du changement probable de
polarité lors d’une réflexion ou d’une réfraction. Pour obtenir une
représentation cohérente de toutes les stations, on utilise la projection
stéréographique.
5.5. DISTRIBUTION GEOGRAPHIQUE DES MECANISMES
FOCAUX
De nombreuses solutions de mécanisme focal sont aujourd’hui
disponibles pour les séismes se produisant dans diverses parties du globe.
Ces mécanismes nous permettent d’analyser la tectonique ou les
mouvements d’ensemble des plaques lithosphériques. Ces données
constituent donc le point de départ pour l’étude de la géodynamique de
l’intérieur du globe terrestre. Nous résumerons les mouvements d’ensemble
des plaques lithosphériques comme suit :
a) Dans la zone ou région de l’océan pacifique, les mécanismes au foyer
indiquent, en moyenne, un déplacement horizontal dextre
correspondant à une rotation de cette région dans le sens
trigonométrique par rapport aux zones continentales voisines. Mais en
détail, on constate des mouvements radiaux dans les plans de Benioff,
des mouvements horizontaux ainsi que des déplacements le long des
zones de subduction.
b) Dans la zone de la faille San Andreas, le mécanisme focal moyen
indique un cisaillement horizontal dextre. La longueur totale de cette
faille est d’environ 3.400 Km.
c) Dans les crêtes Médio-océaniques ainsi que dans les Rifts Est-
Africains, le mécanisme focal moyen indique un déplacement vertical
DZ
96
dextre. L’axe de tension y est généralement horizontal et
perpendiculaire à l’axe du Rift.
d) Dans le continent asiatique, il ne semble y avoir prévalence d’un type
de mécanisme focal. Mais la distribution des foyers indique une
dérive de l’Asie vers le sud tandis que l’Inde dérive vers le nord.
Dans l’ensemble, l’analyse du mécanisme focal d’une zone donnée
fournit toujours un schéma géodynamique cohérent et compatible avec les
données géodésiques.
5.6. STATISTIQUE DE SEISMES
Une dernière relation est obtenue entre la magnitude de séismes
et leurs fréquences d’occurrence. Gutemberg et Ritcher ont montré que pour
une zone séismique donnée et pour un intervalle de temps donné, la
magnitude et le nombre de séismes sont liés par la relation :
log N = a – b Ms (a)
Où N est le nombre de séismes de magnitude Ms = Ms ± ΔMs tandis que a et
b sont des constantes. La constante b est appelée « b-value » ou valeur b. Si
on remplace Ms par Mo à l’aide de la relation log Mo = 1.5 Ms + 16.1, on
(b / 1.5 )
obtient l’expression : N(Mo) = A’ M o
La valeur b mondiale est de l’ordre de 1.0. En général, b varie
entre 2/3 et 1 et ne montre pas de différence régionale très significative. Si
l’on trace la courbe annuelle de (a) donnera la valeur de a, c’est-à-dire la
magnitude maximun attendue pour b = 1. Du point de vue mondiale, on
s’attend pour chaque année à un séisme dont Mw = 8.0 et 10 événements de
Mw = 7.0 ou encore 100 ou plus de Mw = 6.0
La valeur b s’éloigne de 1.0 pour les essaims de séismes, c’est-à-dire,
des séquences de séismes se produisant dans un laps de temps et dans un
espace donné sans événement de magnitude prédominante. La valeur de b
des essaims peut atteindre 2.5, c’est-à-dire qu’il n’y a pas d’événement de
grande magnitude accompagnant les petits événements.
En général, on obtient les constantes de la relations (a) en portant en
abscisse la magnitude M par classe et en ordonnée le log du nombre N de
DZ
97
séismes survenus pendant l’intervalle de temps considéré. Considérons le
tableau ci-dessous :
Tableau : 1918-1964 (M. BATH)
Magnitude N(10 ans) Energie/10 ans
8.5-8.9 3 156 x 1023 ergs
8.0-8.4 11 113 x 1023 ergs
7.5-7.9 31 80 x 1023 ergs
7.0-7.4 149 58 x 1023 ergs
6.5-6.9 560 41 x 1023 ergs
6.0-6.4 2.100 30 x 1023 ergs
En ramenant les données de ce tableau à une année, la relation (a)
donne :
a = 8.7 et b = 1.15
Nous pouvons donc écrire pour le globe terrestre, pour la période 1918-
1964 :
log N = 8.73 – 1.15 M
Mais lorsque l’on considère une région assez réduite et les classes de faible
magnitudes, l’application de cette formule impose quelques préalables. Par
exemple, il faut que la population des séismes soit normale, c’est-à-dire,
qu’il n y ait pas disparité ou insuffisance de données dans une partie de la
région considérée, auquel cas il faut limiter la relation à la classe de
magnitude ayant la même capacité de détection pour toute la région
considérée.
5.7. REPARTITION MONDIALE DES SEISMES
Nous pouvons établir une carte de séismicité du globe
ou d’une région quelconque du globe en tenant compte de quelques
considérations telle que :
a) La distribution qualitative des épicentres.
b) L’énergie libérée par les séismes par unité de surface et de temps dans
la région considérée.
DZ
98
c) Les intensités maximales enregistrées en divers points de la région
considérée.
Les cartes ainsi obtenues sont appelées ‘carte de zonation
séismique’ et sont d’une importance capitale, notamment pour l’ingénieur.
Si nous tenons compte de ces remarques, nous pouvons alors établir une
carte assez représentative de la séismicité du globe ou de toute zone
considérée. Cependant, l’intervalle de temps considéré est susceptible de
créer des surprises et induire notamment une fréquence d’activité trop faible
et entrainer ou masquer l’activité réelle d’une zone. C’est ainsi, par exemple,
que les séismes profonds (h > 300 km) étaient longtemps considérés comme
caractéristiques de la ceinture du pacifique. Mais, plusieurs événements ont
démontré qu’il n’en était pas ainsi ; car :
i) En 1954, un séisme se produisit dans le Sud espagnol avec h = 600
km.
ii) Le séisme d’Agadir, le 29.02.1960 était à foyer profond. Le
précédent remonte à 1731.
iii) Le séisme de Skopje (Bosnie-Hertzégovine) du 26.07.1963 n’a eu
de précédent qu’en 1555.
iv) Le séisme de la côte de Gabon en 1974, de Bangui en 1976 et de
Kabalo en 1992 sont pour nous sans précédents.
En examinant la séismicité récente du globe, nous pouvons faire
la synthèse de cette activité comme suit :
1) La ceinture circum-pacifique.
2) Les crêtes médio-océaniques des océans atlantique et
indien ayant une extension naissant à l’afrique de l’est.
3) La ceinture euro-asiatique.
DZ
99
Fig.5.10 : Carte de la sismicité du globe.
La zone 1 est sans contexte la plus importante tant par la
fréquence que par l’énergie libérée par les séismes. Cette zone comprend des
séismes à foyer superficiel (Kobé, h = 60 km), à foyer intermédiaire (h ≈ 150
~ 300 km) et des séismes à foyer profond (h > 300 km). Mais, l’océan
pacifique lui-même est une zone très stable à l’exception de l’île d’Hawaï
dont la séismicité est d’origine volcanique.
La zone 2 est assez bien définie. Elle prend naissance dans la
côte nord de la Sibérie à l’estuaire du fleuve Léna d’où elle traverse
l’arctique, se prolonge vers l’Islande et serpente au milieu des océans
atlantique et indien et enfin, s’enfonce dans l’est-afrique via le golfe d’aden
et la mer rouge.
La zone 3 peut être considérée comme le lieu ou la zone
d’interaction entre les deux précédentes. Elle possède cependant ses
spécificités. Elle commence dans le Kamchatka et / ou en partie vers
l’Indonésie. La première branche traverse l’Asie tandis que la seconde passe
au sud de l’Asie (Himalaya). Les deux branches font leur jonction
au Pamir, d’où elles continuent vers l’ouest de l’Iran, la Turquie et la
méditerranée jusqu’aux Assores où elles réjoignent les crêtes médio-
océaniques.
Du point de vue de l’énergie libérée, la zone 1 est la plus
importante suivie par la zone 3 et enfin la zone 2. Mais, dans toutes les trois
zones, l’activité séismique n’est pas uniformément répartie. Il y a souvent
des gaps.
DZ
100
Les zones non mentionnées sont considérées comme stables
du………….. séismique. Mais, il faut signaler l’activité
séismique intraplaque. Celle-ci est souvent imprévisible et peut atteindre une
grande ampleur tant en magnitude qu’en énergie libérée. En résumé,
l’activité séismique est localisée dans les zones des plaques.
PARTIE II : GEOMAGNETISME
INTRODUCTION
L’étude du champ magnétique terrestre ou géomagnétisme
occupe une place particulière dans la physique du globe par rapport aux
autres disciplines à cause de ses diverses influences dans l’espace. De plus,
les applications du géomagnétisme sont très variées. Mais malgré son
importance, le présent exposé sur le sujet sera limité à la description
générale du champ magnétique terrestre.
DZ
101
Depuis la découverte du champ magnétique terrestre par lex
chinois au début du XIe siècle de notre ère, l’aspect le plus fascinant de ce
champ est que la terre se comporte comme un « AIMANT ». Et
contrairement aux autres champs, le champ magnétique ou tout simplement
le magnétisme n’est pas une propriété inhérente à tous les corps de l’univers.
Ainsi, la recherche des causes du magnétisme terrestre est donc l’un des
thèmes principaux de la recherche géomagnétique depuis quelques siècels
déjà. Du reste, ce thème garde encore aujourd’hui plusieurs aspects à
élucider pour une compréhension plus complète du phénomène.
Par ailleurs, la direction du champ magnétique terrestre étant
constante depuis sa découverte a permis son utilisation pour la navigation.
Dans ce premier exposé, nous examinerons successivement les
aspects ci-dessous :
- La description du champ magnétique fondamental ;
- Les variations du champ magnétique telle que :
a) Les variations d’origine interne fournissant des informations sur
la structure interne du globe ;
b) Les variations d’origine externe donnant aussi des indications
sur les caractéristiques électriques des matériaux du sous-sol
telle que la conductivité électrique.
- Les variations d’origine externe sont aussi associées aux phénomènes
solaires telles que les taches solaires ou encore aux phénomènes
atmosphériques telles que les aurores boréales.
- Enfin, les variations du champ géomagnétique peuvent être
interpretées en termes de variations de la composition de la structure
interne du globe rejoignat ainsi l’interpretation des données
gravimétriques.
CHAP. I : RAPPEL DES THEORIES
DZ
102
Le géomagnétisme ou magnétisme terrestre est une application
des principes fondamentaux de la physique. Les plus importants sont ceux
relatifs aux concepts de ‘pôle’ et de champs magnétiques. L’étude du champ
magnétique terrestre s’étend également à l’analyse des effets du champ
magnétique sur la matière. Dans cette optique, il faut aussi explique
pourquoi certaines roches de la croûte terrestre sont magnétiques ou
aimantées. Cette aimantation est de deux types : l’aimantation induite et
l’aimantation rémanente.
Les propriétés des aimants naturels et des boussoles ainsi que le
concept du champ magnétique terrestre étaient décrits dans l’ouevre de
William Gilbert (1544-1603) intitulé : « De magnete » parut en 1600. Mais
jusqu’au début de 1800, les idées sur le magnétisme te l’électricité étaient
considérés comme deux phénomènes distincts. C’est Hans C. Oersted qui, en
1819, montra que le magnétisme n’était qu’une forme cachée de l’électricité.
Il montra les influences mutuelles entre les champs magnétique et électrique.
En effet, on peut produire l’effet d’un aimant naturel en faisant passer un
courant électrique dans une bobine de fil ou solénoïde.
Un aimant naturel ou un solénoïde exerce une force sur d’autres
aimants ou d’autres solénoïdes. Ces forces sont dirigées vers les deux
extremités de l’aimant, points appelés « pôles » de l’aimant. Les deux sont
tels que l’un est positif tandis que l’autre est négatif. De plus, la force qui
s’exerce entre les pôles est telle que deux pôles de signes opposés s’attirent
tandis que deux de même signe se repoussent. Enfin, on peut isoler une
charge électrique positive ou négative ; par contre, les pôles magnétiques
apparaissent toujours par paires.
La force entre deux pôles magnétiques m1, m2 séparés par une
distance d est donnée par :
1 m1m2
F= 0 d 2
où 0 et sont les perméabilités du vide et de la substance considérée,
respectivement.
Si m1 est un tout petit aimant d’influence négligeable, on peut mesurer la
force exercée par l’autre aimant, ce qui permet d’écrire :
DZ
103
F 1 m2
H= m1 0 d 2
La force H s’exerce sur toute masse magnétique se trouvant dans l’espace
entourant la masse magnétique m2 définit le « champ magnétique ». Il définit
l’influence d’un pôle magnétique ou d’un corps magnétique dans l’espace
qui l’entoure. Mais le plus souvent, on considère une autre grandeur
vectorielle appelée « induction magnétique » donnée par l’expression :
B = μ0μH
Remarque : Dans le système international, SI, H se mesure en Am-1(ampère
par mètre) tandis que B en tesla (T).
D’une manière générale, représente la capacité du milieu à se laisser
traverser par la force ou le champ magnétique, H.
Certaines substances naturelles sont telles que placées dans le
voisinage d’un aimant permanent, elles deviennent aimantées à leur tour.
L’intensité de cette aimantation dépend de deux facteurs, à savoir :
- L’intensité de force de l’inducteur
- La capacité de la substance à se magnétiser ou à s’aimanter ; cette
capacité est représenter par la susceptibilité magnétique de la
substance.
Ainsi, l’aimantation M de la substance est donnée par la relation :
M = H
L’anomalie magnétique créée par une roche dépend donc de sa susceptibilité
magnétique. Ainsi, l’expression du champ d’induction B devient :
B = 0 . ( H + M)
= 0 . ( H + H)
= 0 . (1 + ) H
DZ
104
Cette dernière expression ne s’applique que pour les roches aimantées
où la susceptibilité magnétique modifie, dans tout l’espace environnant, le
champ H et donc aussi l’induction B . Mais de manière plus générale, les
champs H et B sont liés par les équations de Maxwell :
D
H J
t
.B 0
où J est la densité de courant électrique et D le déplacement électrique.
Cependant, dans l’atmosphère terrestre jusqu’à une altitude d’environ
D
50 km, il n’ y a pas de courant électrique, d’où J = 0 et = 0 ; par
t
conséquent H 0 . Ainsi donc, dans l’atmosphère, H est un champ
vectoriel conservatif. Il paut donc être déduit d’un potentiel scalaire φ tel
que :
H = - .
Comme B = 0 H dans l’air :
.B .( 0 H ) .H 0
Enfin, le potentiel scalaire φ satisfait l’équation de Laplace :
2 0
DZ
105
2. DEFINITION DU CHAMP MAGNETIQUE
Le champ magnétique terrestre en un point 0 de la surface du
globe, et à un instant donné, est un vecteur F que l’on définit le plus souvent
par rapport aux axes géographiques du lieu, notamment : l’axe oz vertical
dirigé vers le bas, les axes ox et oy, horizontaux, dirigés respectivement vers
le Nord et vers l’Est géographiques (Fig.1-1)
Fig.1-1 :Description du champ magnétique terrestre.
Le plan vertical contenant F est le plan méridien du lieu, à
l’instant considéré. La trace ou la projection de F sur le plan horizontal est
oH ou H , la composante horinzontale du champ magnétique F . Son
DZ
106
orientation est définie par l’angle (oX , oH) entre la direction du méridien
géographique et celle du méridien magnétique ; cet angle est appelé la
déclinaison D ou encore la variation des marins. L’angle entre le champ total
F et le plan horinzontal ou encore la composante H est l’inclinaison
magnétique I. La peojection de F sur le plan vertical définit la composante
verticale Z . Dans le plan horizontal, les projections de H sur les axes ox et
oy dirigés vers le Nord et l’Est gépgraphiques, respectivement, définissent
les composantes Nord ou X et Est ou Y du champ magnétique F au point 0.
Enfin, le module de F noté F est appelé « l’intensité totale du champ
magnétique ou encore la force totale du champ magnétique ». Les éléments
du champ magnétique définis ci-dessus sont liés par les relations suivantes :
X = H cos D ; Y = H sin D
H = F cos I ; Z = F sin I = H tg I
X + Y = H ; X + Y2 + Z2 = H2 + Z2 = F2
2 2 2 2
Nous pouvons, contater que la connaissance de trois seulement
des éléments ci-dessus suffisent pour déterminer l’intensité totale F. La
connaissance de trois éléments indépendants, permet donc de déduire tout
autre élément à partir des relations ci-dessus.
Le plan vertical contenant F ainsi que sa composante horinzontale H est
le plan méridien magnétique du lieu. Il forme l’angle D avec le méridien
géographique ou astronomique.
En ce qui concerne les unités de mesure : les angles D et I sont
exprimés, en général, en degré, minute et dixième de minute. Cependant, la
déclainaison D n’est pas comptée à la manière d’un azimut de 0 à 360o, mais
est un angle inférieur à 180o affecté d’un signe plus (+) ou moins (-) ou des
indications E ou W selon que OH est à l’Est ou à l’Ouest du méridien
géographique OX. De manière similaire, l’inclinaison I est comptée
positivement ou qualifiée de boréale si F pointe vers le bas ; et inversément,
l’inclinaison I est comptée négativement ou qualifiée d’australe si F pointe
vers le haut.
DZ
107
Fig. : Structure de la magnétosphère
Les composantes X, Y et Z sont comptées positivement vers le
Nord, vers l’Est et vers le bas, respectivement. Cependant, les grandeurs
H et F sont des rayons vecteurs définis en module seulement. Les valeurs X,
Y, Z, H et F sont des intensités de champ magnétiques généralement
exprimées en gramma (γ). Cette unité est reliée aux autres unités de la
physique par la relation :
1 ampère-tour/mètre = 4 π 10-3 0e = 4 π 102 γ d’où 1 Gauss =
5
10 γ
Il faut noter que dans l’hémisphère Nord, la boussole d’inclinaison pointe
vers le bas ; par conséquent l’inclinaison I y est positive. Par contre, dans
l’hemisphère Sud, l’inclinaison I y est négative. L’hemisphère où I est
positive est séparée de celle où I est négative par une courbe le long de
laquelle où I = 0. Cette courbe est appelée « l’equateur magnétique ». Aux
points où la composante horinzontale H est nulle, la boussole pointe
parfaitement vers le haut. Un tel point est dit « pôle magnétique ». Il y en a
deux : le Pôle Nord et le Pôle Sud magnétiques. Ils sont dans le voisinage
des pôlesgéographiques.
DZ
108
3. POTENTIEL CREE PAR UN POLE MAGNETIQUE
Considérons un pôle magnétique d’intesinté m1 placé au point
P1(x1, y1, z1). Ce pôle crée, au point P(x, y, z) une force magnétique
d’intensité F1 donnée par :
m1
F1 = 2
ro
o
La direction de F1 est celle du vecteur unitaire roo = P1 P si m1 est positif.
Notons que ro = P1 P . Les positions de P1 et de P sont donnés dans un
système orthogonal ; de ce fait :
r02 ( x1 x) 2 ( y1 y ) 2 ( z1 z ) 2
Les coordonnées (x, y, z) et (x1, y1, z1) sont les composantes des vecteurs
v et r1 correspondant aux vecteurs position des points P et P1.
Par ailleurs, désignons par x1, y1, z1 les composantes de l’intensité
m1
magnétique F1 telle que pour F1 = 2 on a :
r0
( x x1 )
X1 = m1
r03
( y y1 )
Y2 = m1
r03
( z z1 )
Z1 = m1
r03
Ces relations peuvent être déduites des expressions ci-dessous :
V1 V1 V1
X1 = - ; Y1 = - ; Z1 = -
x y z
m1
où V1 =
r0
DZ
109
La grandeur V1 représente le potentiel magnétique au point P dû au
pôle magnétique placé au point p1. L’intensité magnétique F1 est donc le
gradient négatif du pontentiel V1. En notation vectorielle, nous pouvons
écrire :
F1 gradV1
Rappelons que le gradient est un opérateur vectoriel tel que
grad ( , , )
x y z
Par contre, si nous considérons un point P’ proche de P et dont les
coordonnées dans le même système de référence sont x + δx, y + δy et z +
δz ; son vecteur position est donc r r où r = (x, y, z). Le potentiel en P’
peut s’écrire V1 + δV1 tel que :
V1 V V
V1 x 1 y 1 z
x y z
En notations vectorielles, cette relation s’écrit :
V1 gradV1 . r
Nous voyons donc que :
V1 F1 . r F1r cos
où θ est l’angle entre les représentations géométriques de F1 et de r . Les
surfaces en tous les points desquelles V1 a la même valeur sont appelées
surfaces équipotentielles.
Ainsi, si P’ est situé sur une surface équiponentielle passant par P de
sorte que V1 = 0, il découle de la relation ( ) que cos θ = 0, c’est-à-dire que θ
DZ
110
= π/2, comme F1 et r sont tous deux non nuls. Ceci implique que F1 est
perpendiculaire à tout déplacement PP’ issu de P le long de la surface
équipotentielle passant par P. Autrement dit, F1 est normale à la surface
équipotentielle passant par P.
Pour tout déplacement r , la variation de potentiel V1 est maximun
quand cos θ = 1, c’est-à-dire, lorsque la direction r est opposée à celle de
F1 . En d’autres termes, F1 est dans la direction telle que V1 diminue le plus
rapidement en s’éloignant de P.
Le travail effectué par la force magnétique F1 agissant sur un pôle
unitaire placé au point P lorsque ce pôle se meut de P en P’ est donné par
F1δr cosθ = - δV1. Si donc le pôle magnétique se meut de P en un autre point
P’ quelconque, le travavil de la force magnétique unitaire sera donc donnée
p'
par la relation V1 où l’intégrale est prise le long de la trajectoire de P en
p
P’. Cette expression vaut donc :
p'
V1 = - ( V1' V1 )
p
où V est le potentiel au point P’.
1
'
Le travail effectué par le pôle magnétique dépend uniquement de la valeur
du potentiel aux points P et P’ et est indépendant du chemin suivi pour aller
de P en P’. Au cas où le point P’ est l’infini, V1' = 0, le travavil effectué est
alors egal à V1. En d’autres termes, V1 est ainsi le travavil effectué par la
force magnétique ou tout simplement par le champ magnétique pour
déplacer un pôle unitaire du point P à l’infini. Inversément, V1 est le travail
effectué par les forces extérieures contre le champ magnétique pour déplacer
un pôle unitaire de l’infini au point P.
4. CHAMP D’UN DIPOLE
Considérons un dipôle, c’est-à-dire, un ensemble de deux
charges élémentaires égales, en valeur absolue, mais de signes opposés. Ce
cas est important puisque toute masse magnétique, aussi petite soit-elle,
contient au moins une paire de pôles magnétique ou dipôle.
DZ
111
Considérons donc deux pôles magnétiques d’intensité + m et – m placés aux
points P+ et P-, respectivement et distant de d. On pose, en général que la
distance d est très petite et que m peut être considérée comme étant assez
grande.
Fig.1.2 : Champ crée par le dipole P+P- au point P
Le moment magnétique du dipôle est défini par le vecteur
M md tandis que l’axe de dipôle est le vecteur P P orienté de P- vers P+.
La position du dipôle est donnée par celle de son centre O duquel P- et P+
sont très proches (Fig.1-2).
Calculons le champ du dipôle en un point quelconque P, tel que O P = r .
L’on peut établir les expressions ci-dessous :
P- P = r + ½ d cos θ
P+ P = r - ½ d cos θ
Pour d2 <<<
De manière analogue au cas précédant, le potentiel magnétique au
point P est donné par la relation :
DZ
112
m m M cos
V
1
r d cos
1
r d cos r2
2 2
L’intensité magnétique au point P est donc dans le plan défini par le
point P et l’axe du dipôle P- P+. Nous pouvons ainsi calculer les composantes
de ce champ dans les directions radiale et perpendiculaire à la direction
précédante, soient :
V cos
R 2M 3
r r
1 V sin
S M 3
r r
1
Le facteur dans les deux expressions ci-dessus indique que le champ
r3
magnétique créé par un dipôle décroit très rapidement avec la distance au
dipôle. La force magnétique au point P, soit F fait donc avec la droite OP
un angle α tel que :
S 1
tg tg
R 2
L’on voit que l’angle θ est indépendant de r, c’est-à-dire que les lignes de
force du champ magnétique sont créé par le dipôle coupent OP suivant le
même angle α sur toute la longueur de OP. L’équation d’une ligne de force
est donnée par :
1 dr R
2 cot g
2 d S
dr sin cos 1
d’où 2 cot g .d 2 2
d 2
d (sin 2 )
r sin sin
D’où, en intégrant, nous avons la relation :
log r = log sin2θ + cte
DZ
113
r
d’où C
sin 2
Cette relation peut simplement s’écrire :
r = C sin2 θ
Sous cette dernière forme, les différentes valeurs de C correspondent à des
lignes de forces différentes. La dernière équation peut encore s’écrire sous la
forme :
r sin 2
a sin 2 0
Fig.1.3 : Orientation du champ dipolaire par rapport à l’axe de rotation
terrestre
DZ
114
Dans la dernière relation, θ0 est la valeur de θ à laquelle la ligne de force
intercepte la sphère de rayon r = a . La distance maximun de la ligne de force
à la sphère correspond à θ = π/2, c’est-à-dire, sur l’équateur où r = rmax =
a
2
. Ainsi, par exemple pour θ0 = 30o, rmax = 4a et correspond à une
sin 0
hauteur de 3a au-dessus de l’Equateur.
Cependant, l’expression du champ magnétique terrestre qui satisfait au
mieux les données d’observation est donnée par l’analyse harmonique ( voir
plus loin). Les pôles magnétiques correspondant à ce champ régulier sont
dits pôles géomagnétiques et sont situés :
- Pour le pôle Nord : 79o N, 70o W
- Pour le pôle Sud : 79o S, 110o E
L’axe géomagnétique est incliné de 11o sur l’axe géographique ( Fig.1.3). Le
champ magnétique terrestre a un comportement principalement dipolaire,
c’est-à-dire, qu’il correspond à 95% au champ que produirait un dipole placé
au centre de laterre et dont l’axe fait un angle de 11° avec laxe de rotation de
la terre. Il faut remarquer quer l’équateur magnétique, c’est-à-dire, la courbe
le long de laquelle l’inclinaiso I=0 est une courbe régulière, c.à.d, un grand
cercle passant par le centre de la terre et perpendiculaire à l’axe du dipole ;
l’équateur magnétique vrai est irrégulière comme nous le verrons plus loin.
5. CHAMP D’UNE SPHERE AIMANTEE UNIFORMEMENT
Le champ magnétique engendré en un point quelconque P par
une sphère uniformément aimantée peut être calculé par la théorie des
potentiels développée par Laplace et Poisson. Par ailleurs, Gauss a montré
que le champ créé en un point par une sphère aimantée uniformément est
une bonne approximation du champ magnétique terrestre. Il a, du restre,
montré que les données magnétiques alors disponibles vérifiaient de manière
satisfaisante le champ ainsi calculé. Gauss a, de plus, calculé la composante
irrégulière du champ magnétique terrestre, c’est-à-dire, la différence entre le
champ réel et le champ créé par une sphère aimantée uniformément. Gauss a
demontré que le champ régulier, c’est-à-dire, fondamental et le champ
irrégulier, c’est-à-dire le champ de variation sont tous deux principalement
d’origine interne.
DZ
115
Ré-examinons le comportement d’une aiguille aimantée. La
pointe positive ou pôle positif (Pôle Nord) de cette aiguille est attirée par le
pôle Nord de l’aimant terrestre. On conclut que le pôle Nord de l’aimant
terrestre est donc un pôle Sud ou pôle négatif.
Calculons, à présent, le champ magnétique engendré en un point
quelconque P par une sphère aimantée uniofrmément et dont l’axe est N-S.
Le point P considéré est extérieur à la sphère, d’où son vecteur position r
est tel que r > a où a = rayon de la sphère. Remarquons que l’angle polaire θ
= colatitude. Désignons l’intensité d’aimantation par I ; d’où le moment
4 3
magnétique de la sphère vaut M a I .
3
Fig.1-4 :Calcul du champcréé au point P par une sphère uniformément
aimanté.
Le potentiel magnétique au point P est donné par :
M cos
V
r2
la composante radiale de la force, c’est-à-dire, la composante Z est donnée
par :
V 2 M cos
Z
r r3
DZ
116
Le comportement de la force magnétique dans la direction perpendiculaire à
la précédente (OP), c’est-à-dire, à la direction correspondant à la
décroissance de l’angle θ, soit H, est donnée par :
1 V M sin
H
r r3
Il en découle que l’inclinaison α de la force magnétique en P, soit F est
donnée par :
Z
tg 2 cot g
H
Ainsi, le module du champ magnétique en P, soit F vaut :
M
F H2 Z2 3
1 3 cos 2
r
La valeur maximun de la composante Z a lieu sur la surface de la sphère où r
= a et vaut
2M
Z0
a3
Elle se produit aux pôles où θ = 0.
La valeur maximun de la composante H se produit également sur la surface
de la sphère, mais à l’équateur où θ = π/2 et vaut :
M
H0 3
a
Ainsi, l’on a : Z0 = 2 H0 ; ceci est, en particulier, vrai pour la terre où Z0
0.6 Gauss et H0 0.3 Gauss.
DZ
117
Cependant, l’expression du champ magnétique terrestre qui satisfait
au mieux les données d’observation est donnée par l’analyse harmonique.
Les pôles magnétiques correspondant à ce champ régulier sont dits pôles
géomagnétiques et sont situés :
- Pour le pôle Nord : 79o N, 70o W
- Pour le pôle Sud : 79o S, 110o E
L’axe géomagnétique est incliné de 11o sur l’axe géographique. La force
correspondante vaut F gradV . Comme V varie ou dépend seulement de z
4
(z = r cos θ), la force vaut F = - I // OZ . Ainsi, à l’intérieur de la sphère, les
3
lignes de force sont orientées dans la direction NS.
Fig.I-5 :Structure des lignes de force du champ du champ magnétique.
Pour la terre, l’angle θ est compté à partir du pôle Nord N. Mais la terre
paraît magnétisée dans la direction N→S vue l’attraction exercée sur
l’aiguille de la boussole. Etablissons alors la formule pour une sphère
aimantée dans la direction opposée à ON où θ = 0. Son potentiel en un point
extérieur P(r > a) est alors :
M M 4
V 2
cos( ) cos avec M a 3 I
r2 3
DZ
118
Les composantes radiale et tangentielle de la force ont comme expressions :
8 a
R I ( ) 3 cos
3 r
4 a
S I ( ) 3 sin
3 r
Il faut noter que R est composée positivement vers l’extérieur tandis que S
est positif dans le sens de croissant, c’est-à-dire vers le sud. Tout près du
pôle nord où θ = 0, R est dirigé vers le bas ; tandis que S est dirigé partout
vers le bas. Sur la surface, nous avons de plus :
4 M
H I sin
3 r
8 M
Z I cos
3 r
6. L’EQUATION DE LAPLACE
Dans le calcul du potentiel en P, créé par un pôle magnétique
placé en P, reprenons l’expression de r0 :
r02 ( x1 x) 2 ( y1 y ) 2 ( z1 z ) 2
Dérivons cette expression par rapport à x, y, z, nous obtenons la relation :
2 1 3( x x1 ) 2 r02
( )
x 2 r0 r05
2 1 3( y y1 ) 2 r02
( )
y 2 r0 r05
2 1 3( z z1 ) 2 r02
( )
z 2 r0 r05
DZ
119
En additionnant membres à membres ces trois expressions, nous obtenons
l’équation :
2 2 2 1
( )( ) 0
x 2 y 2 z 2 r0
2
Nous savons que l’opérateur 2 2
i
L’expression précédente s’écrit donc :
1
2 ( ) 0
r0
mi
Mais comme le potentiel V où mi = cte, nous pouvons donc écrire :
i ri
2V 0
ou encore
ΔV = 0
Cette dernière relation est l’équation de Laplace qui est satisfaite en tout
point de l’espace libre, par tout potentiel magnétique, puisaue ce dernier peut
toujours être considéré comme résultant d’une distribution des pôles
magnétiques.
7. RELATION ENTRE CHAMP MAGNETIQUE ET CHAMP
D’INDUCTION
L’on sait qu’un aimant ainsi qu’un courant électrique produisent
un champ magnétique. Ainsi, par exemple, un courant rectiligne vertical
indéfini, d’intensité I produit un champ magnétique horinzontal H défini
par :
I
H
2 .r
La direction du champ H est donnée par la règle du bonhomme d’Ampère.
De la même manière, une petite spire circulaire de rayon R, parcourue
par un courant d’intensité I donne naissance à un champ magnétique qui, sur
l’axe de la bobine vaut :
DZ
120
IR 2
H=
2r 3
Où r est la distance d’un point de la spire au point où l’on effectue la mesure.
L’on constate ainsi que si un courant produit un champ magnétique, à
son tour un champ d’induction magnétique va agir sur un courant électrique
en produisant une force. Ainsi donc, si nous considérons un champ
d’induction B agissant sur un élémment de courant de longueur d/ et orienté
dans le sens de passage du courant, il produit une force d F donnée par la loi
de Laplace : d F Id l B
Comme le champ magnétique et le courant interagissent, les deux
champs ne sont pas indépendants. Dans le vide, le champ magnétique et le
champ d’induction sont liés par la relation : B 0 H
où μo est une constante qui dépend du système d’unités pour la mesure de
B et H .
Dans le système SI : B s’exprime en tesla
H en A/m
μo = 4π 10-7 permitivité du vide.
Cependant, dans la matière, la relation entre B et H n’est pas simple. Dans
des milieux matériels, l’on peut encore écrire B = μ H à condition de poser :
μ = μo μr
En tenant compte de l’aimantation, on a
B = 0 . ( H + M )
= 0 . ( H + H )
= 0 . (1 + ) H
où μr est une constante caractéristique du milieu appelée « permitivité
relative du milieu » tandis que est la susceptibilité magnétique . La valeur
permet de classer les substances dans les catégories suivantes :
1o. Les substances diamagnétiques
Pour ces substances, les atomes ne sont pas aimantés. Un atome sera
donc soumis au champ magnétique extérieur H , donc au champ d’induction
B qui existerait dans le vide. Ce champ crée une force qui déforme les
trajectoires des électrons et par conséquent, produit un champ
supplémentaire j tel que :
DZ
121
B = 0 (H J )où J aimantation
Mais pour la plupart des substances, J est très faible et μr est très
voisin de 1. La précision des mesures effectuées sur le terrain n’est pas
suffisante pour mettre J en évidence. On dit que ces substances sont
diamagnétiques.
2o. Les substances paramagnétiques
Dans certaines substances, les atomes sont des petits aimants
indépendants les uns des autres. La champ magnétique extérieur aura donc
comme effet de les orienter comme des boussoles. Le champ magnétique
extérieur sera donc augmenté de l’aimantation J . Mais dans de nombreuses
substances, l’aimantation J reste faible ; les atomes entrent souvent en
collision les uns, les autres et ce, d’autant plus fréquemment que la
température est élevée. Ces chocs désorientent les aimants atomiques ainsi
J est faible tandis que μr = 1. Les substances considérées sont
paramagnétiques.
3o. Les substances ferromagnétiques
Le ferromagnétisme présente un grand intérêt non seulement pour la
physique mais aussi pour toutes les sciences de la terre.
Pour les substances concernées, les atomes ou les ions sont des
véritables petits aimants. Cependant, ces aimants ne sont pas indépendants
comme c’est le cas des substances de deux classses précédantes. Ils sont
placés comme dans un cristal dont les liaisons sont telles que les aimants
doivent être parallèles entre eux. Mais, en réalité, les atomes n’ont leur
aimantation parallèle que dans des petits domaines ; les différents domaines
ont des aimantations dans de sens différents de sorte que, en l’absence d’un
champ extérieur, l’aimantation moyenne est nulle(Fig.1.6)
DZ
122
Fig.1.6 : Exemple de répartition de domaines magnétiques.
En présence d’un champ extérieur, le domaine qui, au départ, a son
aimantation dans la même direction que le champ extérieur s’accroît au
dépens des autres domaines. Le champ B va donc être plus important que
H et va tendre vers la saturation quand H augmente. Mais quand toute la
substance a son aimantation dans la même direction que H , B ne croît
plus(Fig.1.8).
DZ
123
Fig.1.7 :Boucle d’hystérésis d’une substance ferromagnétique.
Si le champ extérieur H diminue, l’aimantation diminue aussi ; mais
pour H nulle, il subsiste encore une aimantation dite « rémanente »
entrainant que le corps s’est transformé en un aimant permanent. Il faut
appliquer un champ extérieur en sens inverse pour annuler l’aimantation. Le
champ correspondant H c est dit « champ coercitif ».
Si le champ H inversé augmente, le champ B aboutit à une nouvelle
saturation. Puis, si on change le signe de H et que le nouveau champ
H augmente, on aboutit à une nouvelle saturation de B , identique à la
saturation initiale mais sans passer par les valeurs intermédiaires de
l’aimantation précédente. Et ainsi de suite. On a aussi décrit une courbe ou
boucle d’hystérisis pour la substance considérée. En principe, on ne peut
plus écrire B = H avec μ constant. Mais si on le fait quand même, on obtient
une approximation de la relation liant B et H . L’on constate que la valeur de
μ est très élevée, de l’ordre de 106 pour certains alliages et 103 pour les
magnétite.
L’expérience montre que toute roche ayant des propriétés
magnétiques contient des minéraux ferromagnétiques même quand ceux-ci
DZ
124
n’y sont qu’à l’état des traces, leur effet est toujours prédominant par rapport
au caractère dia-ou para-magnétique de la roche encaissante.
Lorsqu’on chauffe un corps, les particules qui le constituent
accumulent de l’énergie thermique sous forme de vibrations. Quand
l’énergie thermique d’un coprs ferromagnétique devient supérieure à
l’énergie de liaison magnétique, à la température dite de Curie, la liaison
entre atomes qui produisent le ferromagnétisme est détruite. Le corps
devient paramagnétique et perd toute propriété magnétique. La température
de Curie d’une roche ferromagnétique est comprise entre 700o (magnétite) et
150o (titano-magnétite).
Remarques :
a) Toute lave, au moment de son émission, est à une température
supérieure à la température de Curie et ne peut donc être magnétique
b) Dans la croûte terrestre, la température des roches augmente avec la
profondeur. Ainsi, les roches n’ont plus de propriétés magnétiques en
dessous de 15 km de profondeur où la température est supérieure à
700o c.
c) Tout corps aimantable, mais chauffé au-dessus de sa température de
Curie perd toute aimantation. En refroidissant dans le champ
magnétique terrestre, il s’aimante dans le sens de ce champ. L’étude
de cette aimantation est la base de l’archéomagnétisme pour les
potteries et du paléo-magnétisme pour les laves volcaniques.
o
4 . Les substances antiferromagnétiques
Si le moment magnétique global de divers domaines évoqués pour les
substances ferromagnétiques est nulle pour une substance qui, autrement
devrait être ferromagnétique, c’est que sa permitivité est très faible, du
même ordre de grandeur que pour les substances paramagnétiques. Une telle
substance est dite « antiferromagnétique ». Exemple : hématite.
5o. Les substances ferrimagnétiques
Le ferrimagnétisme est considéré comme un cas particulier de
l’antiferromagnétisme ou vice-versa. En effet, les ions métalliques tels que
Fe, Co, Ni dont les moments magnétiques élémentaires ont une distribution
antiparallèle que mentionné dans les substances antiferromagnétiques, mais
dont les moments d’orientation parallèle et ceux d’orientation antiparallèle
sont inégaux donnent naissance à un moment magnétique résultant, en
l’absence du champ magnétique extérieur. Telles sont les substances comme
la magnétite, l’ilménite et la titano-magnétite.
6o. La magnétostriction
DZ
125
La magnétostriction est le changement de dimension qui
accompagne l’aimantation d’un corps. L’on a constaté, par exemple, que
l’on peut diminuer l’aimantation du nickel en le soumettant à une tension, on
peut donc s’attendre à ce qu’un accroissement d’aimantation en réduise la
longueur.
La dimension augmente dans le sens de l’aimantation et diminue
dans les autres sens. Il y a donc des pertes d’énergie lorsqu’un cristal est
soumis à un champ magnétique, à cause des contraintes mécaniques.
CHAPITRE II : INSTRUMENTATION
I. INTRODUCTION
Le champ magnétique tel qu’observé à la surface du globe est un
champ très faible. Son intensité moyenne n’est que de 0.5 Gauss environ.
Cette valeur est parfois largement en dessous de l’intensité du champ
magnétique produit par les sources artificielles des zones industrielles.
Malgré la faiblesse de ce champ et pour de nombreuses raisons, dont
certaines ont été développées précédemment ainsi que pour les études
géophysisques, il est nécessaire de mesurer ce champ même de façon
approximative.
Ainsi, on mesure ce champ en quelques points du globe tantôt de
manière absolue et tantôt de manière relative. Les mesures relatives sont
cependant les plus courantes, bien que la distinction entre mesures absolues
et relatives est moins nette qu’en gravimétrie.
Nous devons cependant rappeler que les mesures magnétiques ont
subies une progression ou une amélioration extraodinaire intimement
associée au progrès de la physique au cours du XXè siècle.
Dans ce chapitre, nous ne pouvons rétracer le développement des
mesures magnétiques. Nous nous limiterons à rappeler le principe de mesure
DZ
126
des équipements de la première génération notamment la « méthode de
Gauss » ainsi que le principe de fonctionnement des instruments de la
génération actuelle.
2. LA METHODE DE GAUSS
Considérons un aimant dont le moment magnétique vaut M.
Lorsqu’un tel aimant est suspendu horinzontalement, il s’oriente dans le
méridien magnétique du lieu sous l’action d’un couple de moment MH où H
est l’inetnsité de la composante horizontale du champ magnétique terrestre.
Si l’aimant est écarté de cette orientation, il oscille autour du méridien
magnétique avec une période T telle que :
I 12
T 2 ( )
MH (1)
où I est le moment d’inertie de l’aimant par rapport à son axe tandis que la
torsion du fil est négligée.
Reprenons l’aimant de moment magnétique M et approchons-le d’un
autre aimant, dit aimant auxilliaire, suspendu de telle sorte que son axe soit
perpendiculaire à l’axe du premier aimant. L’aimant auxilliaire s’oriente et
se met en équilibre sous l’action d’un couple de torsion dû à la composante
horizontale H et du moment M du premier aimant.
Si l’axe de l’aimant auxilliaire fait un angle θ avec le méridien
magnétique, nous pouvons égaler les deux couples, d’où :
H 2 1
3. (2)
M r sin
où r est la distance séparant les centres de gravité de deux aimants.
Il est évident que les deux aimants sont considérés comme de simples
dipôles. Mais au cas où ces deux aimants ne peuvent être considérés comme
tels, alors on doit introduire un terme de correction relatif aux dimensions de
ces aimants.
DZ
127
Les équations (1) et (2) nous permettent donc d’obtenir les
expressions de M et de H de manière absolue. Cette détermination découle
des mesures du temps, de longueur et d’angle uniquement.
Jusqu’à une époque encore assez récente tous les observatoires du
globe procédaient aux mesures absolues du champ magnétique en utilisant le
principe exposé ci-dessus. Mais en plus de la composante horinzontale H, la
déclinaison D était déterminée par des mesures astronomiques tandis que
l’inclinaison I était observée par induction à l’aide de la balnce mise au point
à cet effet.
3. LA MAGNETOMETRE A SATURATION OU FLUX-GATE
Dès la fin de la première moitié du siècle dernier, plusieurs
instruments du type ‘magnétomètres’ ont été développés et basés sur
l’utilisation des galvanomètres ou des tubes magnétrons inclus dans des
circuits électriques comme détecteurs. Cependant, le grand développement
des mesures magnétiques est dû à la mise au point du magnétomètre à noyau
de saturation ou « magnétomètre flux-gate ».
Fig.2-1 : Schéma de principe du magnétomètre à saturation ou à flux-gate.
DZ
128
Le schéma de principe du magnétomètre flux-gate est illustré sur
la Fig.2-1. Deux noyaux aimantés en matériau à forte perméabilité
magnétique sont placés parallèlement l’un l’autre. Les deux barreaux sont
enroulés de fil conducteur en deux séries. La première série de conducteur
dit bobinage primaire est enroulé en opposition. Le bobinage primaire est
relié à une source de courant alternatif tandis que les deux barreaux sont
portés à saturation de façon alternative avec une fréquence de 2 par cycle.
Au moment de la saturation le circuit primaire ainsi que le circuit secondaire
entourant les deux barreaux montrent une diminution de leur self-inductance
produisant ainsi une irrégularité dans la forme du signal initial. Mais si les
courants de deux circuits primaires sont exactement équilibrés, alors aucun
voltage n’est mesuré dans le circuit secondaire.
L’existence d’un champ le long de l’axe de deux barreaux
produit un déséquilibre dû au fait qu’un des barreaux atteint la saturation
avant l’autre et ainsi une impulsion apparaît dans le circuit secondaire deux
fois par cycle du circuit primaire. Pour des champs faibles, l’amplitude de
cette impulsion est proportionnelle à l’intensité du champ. Ainsi, le
dispositif peut donc mesurer les composantes du champ magnétiques le long
de l’axe des barreaux. Le dispositif est ainsi un ‘magnétomètre’. Ainsi, le
signal apparaissant dans le circuit secondaire peut être transformé, amplifié,
rectifié et enfin enregistré. Pour éviter l’effet de non-linéarité, on effectue
des mesures avec des champs d’intensité de l’ordre du champ terrestre, et ce
, en annulant une fraction connue du champ à l’aide d’un circuit
supplémentaire enroulé autour du détecteur.
Le magnétomètre à saturation peut être utilisé dans diverses
situations où l’on veut mesurer le champ magnétique terrestre. En
prospection aéroportée, le détecteur était orienté continuellement à l’aide de
deux détecteurs auxilliaires et d’un servo-mécanisme dans la direction du
champ total Fi les variations de ce champ pouvaient être mesurées. Le
dispositif fut adapté aux mesures de composantes du champ magnétique au
sol. Le dispositif fut adapté pour les mesures aéroportées des composantes
du champ magnétique. Ce dispositif est aujourd’hui un dispositif
fondamental des observatoires géomagnétiques.
4. MAGNETOMETRE A PRECESSION NUCLEAIRE OU
MAGNETOMETRE
A PROTONS
DZ
129
La précession du noyau autour d’un champ magnétique est un
phénomène bien connu en physique nucléaire. Cependant, son application à
la mesure du champ magnétique terrestre dépend de la précisison avec
laquelle on peut mesurer la fréquence de précession.
Considérons un volume d’eau. Celui-ci contient, disons, un
grand nombre de protons, c’est-à-dire, de noyaux ou d’atomes d’hydrogène
auxquels on a retiré l’électron. Dans ce volume, les moments dipolaires de
ces protons sont orientés de façon aléatoire. On peut appliquer un champ
magnétique interne à ce volume d’eau, par exemple en faisant passer un
courant dans un fil conducteur entrourant le cyclindre contenant l’eau. Ainsi,
les dipôles s’orientent dans le sens du champ magnétique ainsi créé. Mais, si
le champ polarisant est brusquement supprimé, pour un court laps de temps,
les protons font effectuer une précession autour du champ magnétique
extérieur, c’est-à-dire autour du champ magnétique terrestre avant de
retrouver leur orientation aléatoire(Fig.2.2)
Si le moment angulaire de spin du proton est L tandis que son
moment magnétique est μ, alors la vitesse angualire de précession dans le
champ F est donné par :
F
W
L (3)
Fig.2.2 :Schéma de principe du magnétomètre à protons.
DZ
130
Le rapport μ/L est appelé le rapport gyromagnétique du proton. Il est mesuré
avec précision en laboratoire (~10-6). Ainsi, le champ F peut être mesuré par
la vitesse angulaire w peut être déterminée.
L’on a constaté que le mouvement d’ensemble des protons effectuant
la précession est suffisant pour induire un signal électrique détectable dans le
circuit électrique ayant servi à la polarisation de l’échantillon d’eau. Ainsi, la
mesure de la fréquence de ce signal fournit la grandeur cherchée. D’où, le
champ magnétique F est donnée par la relation :
F(γ) = 23.4874 f
Où f est la fréquence mesurée en Hz.
Remarque : Pour l’essentiel, le magnétomètre à proton est constitué par un
cylindre contenant de l’eau et entouré par un conducteur (fil
électrique) relié à une source de courant continu ou un
amplificateur à haut gain ainsi qu’à un compteur de fréquence.
La fréquence est mesurée pendant les quelques secondes où le signal
de précession persiste. Dès que le signal décroît exponentiellement jusqu’à
l’annulation, l’échantillon peut être à nouveau polarisé. Le magnétomètre ne
fournit donc pas un enregistrement continu, mais une série de mesures.
CHAPITRE III : ANALYSE DU CHAMP FONDAMENTAL
1. NATURE DU CHAMP MAGNETIQUE TERRESTRE
Les observations magnétiques menées dans les divers
observatoires répartis en différents points du globe ont montré que le champ
magnétique terrestre observé est composé de trois parties essentielles, à
savoir :
a) Le champ principal ou champ de référence.
Cette composante varie lentement au cours du temps. Elle est
d’origine interne à la terre.
b) Le champ externe ou champ de variation.
Cette composante varie plus ou moins rapidement, en partie de
manière cyclique et, en partie de façon aléatoire.
c) Les pertubations locales.
Des variations du champ principal sont observées ci et là sur la
surface du globe. Ces variations sont constantes dans le temps et sont
caractéristiques des zones où elles sont obtenues. Elles sont dues à des
DZ
131
anomalies magnétiques locales relatives à des substances enfouies à
des faibles profondeurs dans la croûte terrestre. La recherche de ces
anomalies constitue l’objet de la prospection magnétique.
2. L’ORIGINE DU CHAMP MAGNETIQUE TERRESTRE
L’origine du champ magnétique terrestre est restée mystérieuse
pendant une période très longue ; et même aujourd’hui, la théorie n’en est
pas encore complète. Cependant l’interprétation de l’origine du champ
magnétique a connue une évolution progressive dont les principales étapes
peuvent être résumées comme suit :
a) Les théories anciennes
Ces théories soutenaient que le champ magnétique serait une
propriété inhérente à tout corps en rotation. Autrement dit, le champ
magnétique résulterait de la rotation des charges électriques. Mais ces
deux hypothèses ne pouvaient être soutenues parce que, d’autre part, il
est impossible d’imaginer l’existence d’aimants permanents puisque
les températures de l’intérieur du globe sont si élevées qu’elles
empêchent toute aimantation. D’autre part, la rotation de la terre ne
peut non plus donner une explication satisfaisante du fait que
l’aimantation résultant de la vitesse angulaire de la terre est trop faible
et le gradient de potentiels en serait trop large.
b) Les théories actuelles
Ces théories stipulent que le champ magnétique terrestre est
généré par des courants électriques circulant à la surface du noyau
externe considéré comme liquide, d’après les données de la
sismologie. Rappelons que le noyau s’étend approximativement de
1.300 à 3.500 km de profondeur. Il est composé principalement de fer
et de nickel, donc de bons conducteurs. Mais, quand même les
substances constituant le noyau ne seraient pas de bons conducteurs,
les fortes pressions qui y règnent de l’ordre de 106 bars, sont capables
d’arracher des électrons aux atomes et de former ainsi une masse
d’électrons libre de bonne conductivité. Ainsi, quelle que soit la
nature du noyau, l’origine du champ magnétique est, en quelque sorte,
une dynamo auto-excitatrice. L’effet produisant le champ magnétique
terrestre est donc similaire à une dynamo unipolaire. C’est une sorte
de toupie conductrice tournant autour de son axe, un contact
électrique se fait sur la partie ventrue de la toupie et se ferme près de
son axe. Un tel système constitue une dynamo réellement utilisée pour
DZ
132
produire de grandes intensités de courant tel que concu par Rikitake (
Fig. 2.3 )
Fig.2.3 :Schéma de la dynamo de Rikitake
On imagine pour la terre que le noyau interne, solide et bon
conducteur puisqu’en fer, joue le rôle de la toupie, le contac électrique étant
assuré par le noyau externe, lui ausssi en fer, donc bon conducteur, mais
liquide.
Plusieurs schémas de montage plus compliqués, faisant
intervenir deux dynamos unipolaires par exemple, montrent des instabilités
pouvant rendre compte des inversions du champ magnétique terrestre au
cours des temps géologiques.
3. LA VARIATION SECULAIRE
Le champ magnétique terrestre est observé depuis plus de 400
ans. De cette longue période d’observation, il découle que le champ
DZ
133
magnétique terrestre est loin d’être permanent. En effet, les observations
faites notamment aux observatoires de Paris et de Kew (Londres) depuis
1580 montrent, entre autre que :
a) L’inclinaison (I) a subi une variation d’au moins 10o (de 75o à 65o) ;
b) La déclinaison (D)a subi une variation de plus de 35 minutes, de 10o E
à 25o W, puis à 10o W.
Ces variations semblent quelque peu cycliques comme si les pôles
géomagnétiques effectuaient un mouvement de précession autour des pôles
géographiques avec une période assez courte à l’échelle des temps
géologiques. Il faut cependant signaler que les observations faites en
d’autres points du globe ne montrent pas une allure similaire.
Une telle dérive est aussi observée pour les autres éléments
magnétiques. Dans tous les cas, la variation séculaire apparaît comme un
phénomène régional et non mondial. Bien que son origine ne soit pas bien
connue, on admet que son origine est interne à la terre, probablement en
rapport avec les variations des courants de convection dans le noyau, noyau-
manteau et dans la rotation de la terre.
4. LE CHAMP MAGNETIQUE EXTERNE
La composante extérieure du champ magnétique observé au sol
ne répresente qu’environ 1 % du champ total. Cette composante est associée
en majeure partie avec les courants électriques circulant dans les couches
ionisées de l’atmosphère terrestre. Les variations dans les temps de cette
composante sont bien plus rapides que celle du champ de Gauss. Les
principales caractéristiques de ce champ de variation sont :
a) Elle possède une variation ayant un cycle de 11 ans. Cette composante
est en correlation étroite avec l’activité solaire. Sa répartition à la
surface du globe est fonction de la latitude.
b) Une variation diurne solaire ayant une période de 24 heures ; son
amplitude est d’environ 30 γ ; elle est la résultante de l’action du vent
solaire sur les courants ionosphériques.
c) La variation lunaire.
DZ
134
Elle a une période de 25 heures et une amplitude d’environ 2 γ.
Cette variation cyclique au cours du mois est associée à l’interaction
entre la lune et l’ionosphère.
d) Les variations transitoires dues aux orages magnétiques. L’amplitude
de ces variations atteint parfois 100 γ et parfois davantage dans les
latitudes polaires où elles sont associées aux aurores boréales. Bien
que généralement irrégulières, ces variations présentent une période
d’environ 2 jours qui concorde avec la période d’activité solaire dont
la durée peut atteindre plusieurs jours, la transmission et la réception
des ondes radio (ondes courtes) est fortement pertubée tandis que la
prospection magnétique devient impraticable.
4.1. Sources du champ magnétique à l’extérieur
du globe terrestre
Pour parvenir à séparer la fraction du champ externe de celle du
champ interne, on enregistre les variations du champ magnétique en fonction
du temps et on les transforme du domaine temporel au domaine des
fréquences. En effet, les harmoniques du champ interne étant différentes de
celles du champ externe, on les sépare et on étudie les spectres d’énergie de
ces deux sources du champ magnétique.
Le champ magnétique externe est caractérisé par des variations
magnétiques transitoires de petite envergure, les variations régulières
(harmoniques en fonction du temps) de plus grande envergure et des
variations régulières ayant leur origine dans les phénomènes solaires, c’est-
à-dire, des exploisions nucléaires à la surface du soleil. Quelques unes de ces
explosions ayant une intensité beaucoup plus grande que la normale
produisent des jets radiaux de gaz ionisés appelés plasma solaires.
Les ondes magnétohydrodynamiques, engendrées par
l’interaction entre le plasma solaire et le cham magnétique terrestre
extérieur, créent de grandes fluctuations magnétiques en fonction du temps à
la surface terrestre, c’est-à-dire, ce que l’on appelle couramment les orages
magnétiques.
DZ
135
5. LES ANOMALIES MAGNETIQUES
LOCALES
Hormis les contributions indiquées ci-dessus, un dernier apport
au champ magnétique provient des comportements magnétiques des
minéraux situés dans la partie supérieure de la croûte terrestre. Ils
provoquent des anomalies parfois aussi importantes que l’amplitude du
champ magnétique observé peut atteindre le double de sa valeur normale.
Cependant ces anomalies ne peuvent s’étendre sur des grandes étendues.
Cela revient à dire que les cartes magnétiques n’indiquent généralement pas
d’importantes anomalies régionales telles que les anomalies d’Isostasie
observées en gravimétrie. Une exception est constituée par le bouclier
canadien qui possède une grande anomalie magnétique qui contraste
nettement avec la région des plaines. Ce bouclier possède de larges
irrégularités magnétiques qui rendent très complexe la carte magnétique de
cette partie du globe.
6. MAGNETISME RESIDUEL
Dans la plupart des cas, le magnétisme d’une roche dépend
essentiellement de l’intensité du champ magnétique extérieur ainsi que de
l’état de la roche elle-même. Cependant, le magnétisme résiduel contribue
souvent à l’état magnétique global de la roche, aussi bien en amplitude qu’en
direction. Mais cette contribution est complexe du fait de sa dépendance de
l’histoire magnétique de la roche. Cet effet résiduel est appelé
« magnétisation » ou « aimantation rémanente normale (ARN) ». Elle est
due à l’une des causes ci-dessous :
a) Aimantation rémanente chimique
Cette aimantation se produit lorsque la taille des particules
augmente ou que la forme change suite aux transformations chimiques
à des températures modérées inférieures à la température de Curie de
la roche. Ce processus s’applique surtout aux roches sédimentaires et
métamorphiques.
b) Aimantation detritique(ARD)
Elle se produit lors de la mise en place lente de fines particules en
présence d’un champ magnétique externe notamment lors du dépôt
des sédiments au fond des lacs ou des océans.
c) Aimantation rémanente isotherme(ARI)
DZ
136
L’aimantation rémanente isotherme est celle qui subsiste lorsque
disparaît le champ magnétique externe. Il faut noter qu’un champ
magnétique très faible tel que le champ magnétique terrestre ne peut
produire l’ARI. Mais les coups de foudre produisent l’ARI sur de très
petites surfaces notamment aux sommets des volcans.
d) Aimantation thermoremanente (ATR)
Elle se produit lorsqu’un matériau magnétique refroidit à partir de
sa température de Curie est en présence d’un champ magnétique
externe. L’aimantation rémanente acquise lors de ce processus est
particulièrement stable. Cependant, dans certains cas, l’aimantation
induite est opposée au champ externe. L’ATR est le mécanisme
principal d’aimantation des roches ignées.
e) Aimantation visco-rémanente(AVR)
Elle se produit lorsqu’une substance est exposée pendant une durée
assez longue à un champ magnétique externe. La constitution de
l’aimantation rémanente est, en général, fonction logarithmique du
temps. Cette rémanence est stable. L’AVR est caractéristaque des
roches à grains fins.
7. ETABLISSEMENT DE CARTES
MAGNETIQUES
Les données magnétiques obtenues au cours des campagnes
magnétiques sont généralement présentées sous forme de cartes magnétiques
diverses après réduction à une même période.
La présentation la plus courante consiste à tracer des courbes le
long desquelles un élément magnétique garde une même valeur constante.
De telles courbes sont appelées « courbes isomagnétiques ». La carte
correspondante établie pour une région donnée du globe est dite « carte
isomagnétique » pour l’élément considéré. Sur de telles cartes établies pour
un grand territoire, on observe généralement des variations systématiques
d’ensemble des isomagnétiques. On constate notamment :
a) Les cartes d’égale variation de la déclinaison magnétique D dites
« isogones ».
DZ
137
Fig. : Carte mondiale d’isogones
b) Les courbes d’égale variation de l’inclinaison magnétique I appelées
« isoclines ».
Fig. : Carte mondiale d’isoclines pour l’année 1990
c) Les courbes d’égale variation des éléments H, Z, X, Y dites
« isomagnétiques de H, Z, X, Y » ou encore « isodynamiques de H, Z,
X, Y »
DZ
138
Fig Carte mondiale d’isodynamique de F pour l’année 1990
Si les mesures sont effectuées dans des stations distantes de
quelques mètres ou d’un kilomètre ou plus, si le sous-sol à cette échelle ne
présente pas d’irrégularités d’aimantation importantes et s’il n’y a pas de
causes de perturbations dues à l’homme, alors on observe des valeurs
d’éléments qui, après réduction à une même époque, sont constantes sur des
distances de l’ordre du kilomètre, aux écarts accidentels de mesures près. Ce
fait traduit cette propriété importante, à savoir : « normalement, le champ
magnétique moyen est uniforme à l’échelle du kilomètre ». Il en est de
même du champ magnétique instantané qui change d’un instant à l’autre,
mais tout en restant sensiblement uniforme.
Cependant si le sous-sol est hétérogène, dans ses propriétés
magnétiques, cette uniformité disparaît et la carte magnétique comporte
alors des lignes isomagnétiques formant des dessins plus ou moins
compliqués qui, inversément, révélent l’existence d’irrégularités dans la
constitution du sous-sol. On dit alors qu’il existe une anomalie magnétique
sur cette région et l’on a là, une méthode d’étude du sous-sol par prospection
magnétique.
Pour les applications, on mesure souvent une composante du
champ magnétique, le plus souvent l’intensité totale F à cause de la facilité
et de la précision offertes par les magnétomètres nucléaires. En ce qui
concerne la carte, on ne porte pas sur celle-ci la valeur mesurée de l’élément,
DZ
139
mais son « anomalie », c’est-à-dire, la différence entre la valeur mesurée et
une valeur normale, après réduction.
L’importance de l’anomalie dépend, en général, du contraste entre la
susceptibilité magnétique des roches constituant l’accident et celle du terrain
encaissant. Notons, par exemple, que la plupart des roches de surface,
particulièrement les roches sédimentaires, sont très faiblement magnétiques,
le plus souvent paramagnétiques, parfois diamagnétiques.
8. DESCRIPTION DU CHAMP MAGNETIQUE MONDIAL
L’ensemble des cartes magnétiques mondiales révéle un schéma
simple, compliqué par des irrégularités, cette fois, étendues sur des vastes
régions. L’allure générale a été identifiée depuis longtemps. En effet, depuis
1600, Gilbert, dans une intuition géniale, écrivait que le champ magnétique
terrestre ressemble à celui que créerait une sphère aimantée ou ce qui revient
au même, à celui d’un aimant central ayant son axe magnétique un peu
incliné sur l’axe de rotation de la terre. Ce champ peut être schématiquement
décrit comme suit :
a) Les isoclines constituent un système de parallèles plus ou moins
déformés et inclinés sur les parallèles géographiques. L’isocline
correspondant à I = 0 est situé dans les régions équatoriales ; elle est
appelée « équateur magnétique ». Elle divise la terre en deux
hémisphères magnétiques. Dans l’hémisphère nord, l’inclinaison I est
positive. L’inclinaison est négative dans l’hémisphère sud. En allant
de l’équateur vers les pôles, l’inclinaison augmente en valeur absolue.
Les isoclines des régions polaires (de 80 à 89°30’), plus ou moins
concentriques, elliptiques et se resserrent autour d’un point assez mal
défini correspondant à I = 90° appelé « pôle magnétique » ou encore
« pôle d’inclinaison ». Au Nord, il est situé au Canada vers 75° de
latitude nord et 100° de longitude W. Au Sud, il est situé sur le
continent Antarctique, au voisinage de Terre Adélie, vers 65° S et
140° E. En ces points, l’inclinaison instantanée change constamment
et sa valeur moyenne n’est pas nécessairement égale à 90°, à cause
des irrégularitésde composition du sous-sol alors que l’allure des
isoclines lointaines est régulière. Les pôles magnétiques sont donc des
points synthétiques de définition régionale et non locale, de ce fait,
pour les découvrir, il faut s’en éloigner.
b) Les isogones ou isomagnétiques de D ont une allure plus
compliquées. La définition même de D leur vaut d’avoir pour point de
DZ
140
convergence les pôles géographiques et les pôles magnétiques. Les
lieux des points où le méridien magnétique et le méridien
géographique coïncident, c’est-à-dire les isogones de 0° et 180°, est
une ligne fortement sinueuse faisant le tour du globe en passant par les
quatre pôles, deux géographiques et deux magnétiques. Elle définit
deux autres hémisphères, l’un Atlantique où la déclinaison est W ou
occidentale et l’autre, Pacifique où la déclinaison est E ou orientale.
Les portions courtes de ce lieu, comprises entre un pôle géographique
et le pôle magnétique de même nom, correspond à D = 180°. Les
portions longues de ce lieu comprises entre un pôle magnétique et le
pôle géographique de nom opposé, sont dites « agoniques » et
correspodent à D = 0°.
c) Les isomagnétiques de H rappelent les isoclines. Dans les régions
polaires, elles viennent aussi encercler progressivement les pôles
magnétiques où H = 0, par définition. En allant de l’équateur
magnétique où Z = 0 vers les régions polaires, les isomagnétiques de
Z tendent à se resserrer autour des pôles magnétiques, mais avec des
complications, surtout dans l’hémisphère Nord. La pôle magnétique
n’y est pas le point où Z est maximun. De plus, la composante Z
présente deux régions de maximun. Ce qui a fait parler parfois de
deux pôles magnétiques nord.
d) En ce qui concerne les isomagnétiques de F dont l’importance devient
de plus en plus grande, elles ont sensiblement la même allure que les
isomagnétiques de Z dans les régions de latitudes moyennes et
polaires. Dans les régions de basses latitudes, F passe par des valeurs
minimales avec un minimun absolu vers la côte-est du Sud du Brésil.
9. ANALYSE HARMONIQUE SPHERIQUE DU CHAMP MOYEN
9.1. Analyse harmonique et applications
La position d’un point à la surface du globe peut être donnée par sa
colatitude θ et sa longitude φ. Ainsi, une grandeur quelconque G supposée
mesurée en un grand nombre de points est donc une fonction de θ et de φ.
D’où :
G = f(θ,φ)
La grandeur G peut ainsi être décrite par une carte de Iso-G. On peut aussi
représenter G apr une somme de fonctions de θ et de φ. Soit par exemple :
DZ
141
G Pnm (cos ) Anm cos m Bnm sin m
n 0 m 0
Pour développer la double somme, on donne à n les valeurs entières
successives et pour chacune, on donne à m les valeurs successives de 0 à n.
Les fonctions de θ, Pnm (cos ) sont les fonctions sphériques de Légendre,
données par une relation qui permet de les dériver successivement. De plus,
Anm etBnm sont des constantes propres à la répartition de la grandeur étudiée et
que l’on peut calculer au moyens des formules d’Euler faisant intervenir les
valeurs observées de G sur toute la sphère.
En magnétisme terrestre, les trois composantes du champ magnétique
X, Y, Z sont chacune fonction de θ et de φ tandis que leurs valeurs sont
supposées connues sur toute la surface du globe. Mais en pratique, on se
limite aux valeurs relévées aux nœuds d’un réseau de parallèles et de
méridiens.
Cependant, le champ magnétqiue terrestre que nous mesurons dans
l’atmosphère où la densité de courants électriques est nulle ainsi que
l’intensité d’aimantation dérive d’un potentiel scalaire V qui vérifie
l’équation de Laplace établie précédemment. Or, en un point distant de r du
centre de la terre, nous pouvons écrire la fonction V la plus générale sous la
forme f(θ, φ, r) satisfaisant à l’équation de Laplace. C’est une double somme
indéfinie des termes du type Anm Pnm (cos ) cos mφ, chacune étant multiplié e
1
par une fonction de r : ( ) dans l’un et rn dans l’autre.
r n1
On a montré que les termes de la première somme proviennent des
causes internes au globe terrestre et les autres des causes externes. Notons
que le potentiel V n’est pas mesuré, mais les composantes X, Y, Z en sont
dérivées par les relations :
1 V 1 V V
X Y Z
r ; r sin ;
r
DZ
142
Cette analyse harmonique a été appliquée au champ magnétique
terrestre pour la première fois par Gauss en 1839 sur des données très
limitées de D, I et H ramenées à l’époque 1835. Gauss en a tiré les
conclusions suivantes :
a) Le champ moyen observé à la surface du globe ne provient
pratiquement que des causes internes. Nous savons cependant que des
champs magnétiques sont produits dans l’Ionosphère et dans la
Magnétosphère. Mais ceux-ci sont responsables seulement du champ
de variation observé à la surface du globe terrestre. De plus, l’intensité
de ces champs est faible au niveau du sol et, comme en plus leur sens
peut s’inverser, ils se trouvent pratiquement annulés dans le champ
moyen. Le développement du potentiel V se réduit ainsi à la série des
1
termes en ( ), c’est-à-dire à l’expression :
r n1
n 1
a n
V a
n 1 r m 0
m
m m
Pn (cos ) g n cos m bn sin m
où a ≡ rayon de la terre
b) Le développement de V commence par n = 1 avec P10 (cos ) cos et
P11 (cos ) sin , d’où :
a3 0
V 2 g1 cos g11 sin cos b11 sin sin ...
r
Ces trois termes ont une interprétation physique simple, à savoir :
A
i) Le premier terme de la forme cos . Il représente le potentiel
r2
qui serait créé par un aimant ou par un doublet ou encore par un
dipôle de moment magnétique A a 3 g10 qui serait situé au centre
de la terre et dont l’axe serait aligné suivant l’axe de rotation de
la terre.
ii) Les deux autres termes correspondent à deux dipôles
magnétiques centrés situés dans le plan de l’équateur terrestre,
l’un de moment magnétique a 3 g11 dirigé dans le méridien de
Greenwich et l’autre, dans le méridien à 90°.
DZ
143
Ces trois dipôles ont pour point d’application commun le centre de la
terre. On peut donc les composer en un dipôle unique dont on peut
calculer la direction et la valeur. La direction est définie par les
coordonnées géographiques θo et φo du point où l’axe de dipôle
rencontre la surface terrestre dans l’hémisphère Nord. C’est le dipôle
de Gauss qui a son équivalent antipodal dans l’hémisphère Sud. La
valeur du moment est donnée par Ho, quotient du moment résultant
par a3 :
H 0 ( g10 ) 2 ( g11 ) 2 (b11 ) 2
c) Gauss a montré que les trois premiers termes mentionnés ci-dessus
sont dominants dans le développement proposé. Le dipôle de Gauss
fournit une part importante ou tout simplement, la part la plus
importante du champ moyen observé. Remarquons qu’il s’agit là
d’une simple représentation mathématique mais, qui n’indique rien
sur la réalité des causes du champ magnétique terrestre. Sur base
d’une coopération internationale, on a défini un champ magnétique
terrestre international de référence. Ce champ de référence est défini
par son potentiel correspondant à n = 8 dans le développement ci-
dessus. Il se rapporte à l’époque 1965,0. En même temps, les
coefficients g nm et bnm ont été définis ainsi que leurs dérivées par rapport
au temps, c’est-à-dire leurs taux de variation afin de permettre leur
extrapolation pendant quelques années. Rappelons que dans la
formule donnant V, θ représente la colatitude tandis que r est la
distance du point considéré ou point de mesure au centre de la terre.
d) Dans le potentiel scalaire V = V(θ, φ, r), on constate ce qui suit :
- Les trois premiers termes qui correspondent au champ de Gauss sont
en 1/r2.
- Pour n = 2, on a 5 termes en 1/r3.
- Pour n = 3, on a 7 termes en 1/r4, etc.
Quand on s’éloigne de la terre, tous les termes diminuent et ce,
d’autant plus rapidement qu’ils correspondent à n élevé. Par
conséquent, très loin de la terre, le potentiel ne renferme plus, au
premier ordre, que les termes du dipôle, c’est-à-dire, le champ moyen
effectif correspond alors au champ dipôle. Mais, en s’éloignant de la
terre, on traverse des régions qui sont les sièges des courants
électriques. Le champ magnétique est donc confiné dans le
magnétosphère.
DZ
144
e) Le champ dipôle correspondrait à un dipôle dont le potentiel V est tel
que tous les termes sont nuls sauf le premier. Ce dipôle serait de
moment magnétique M a 3 g10 appliqué au centre de la terre et dirigé
suivant son axe de rotation. Le champ correspondant est donc de
révolution autour de l’axe de dipôle. Si r O P , P étant le point où on
calcule V, alors, on a :
2M cos M sin
Hr ;
Ht
r3 r3
L’équation des lignes de force est :
r = ro sin2 θ avec r = ro pour θ = π/2 où θ = colatitude de P
L’inclinaison I est donnée par :
tg I = 2 cotg θ
Si tous les termes de V étaient nuls sauf les trois premiers, alors on
aurait le dipôle de Gauss. Nous aurions alors le même champ que le
précédent, mais avec un axe de révolution incliné sur l’axe terrestre. Alors θ
= θg ≡ colatitude géomagnétique, c’est-à-dire l’angle entre Op et la direction
du moment de Gauss. Notons que θg s’obtient en résolvant le triangle
sphérique ayant comme sommets : le pôle géographique, le pôle de Gauss et
le point P. On aurait aussi que tg I = 2 cotg θg. Le pôle de Gauss a pour
coordonnées :
θo = 11°30’ ; φo = 69°W (Greenwich)
Ho = M/a 3 = 0.315 0e
On en déduit le champ magnétique ou champ dipôle.
Remarques :
a) A la surface du globe, le champ dipôle ou champ géomagnétique
diffère du champ moyen vrai. La champ dipôle n’a donc d’intérêt que
d’en fournir un schéma simple, facile à retenir.
b) Dans le magnétosphère, par contre, le champ dipôle prend une grande
importance. En effet, le champ dipôle s’y rapproche beaucoup du
DZ
145
champ vrai. Plusieurs phénomènes géophysiques telle que la
répartition géographique des aurores polaires porte la marque de la
symétrie du champ dipôle. Ainsi, on a introduit les coordonnées
(latitude et longitude) géomagnétiques rapportées à l’axe du sipôle
géomagnétique.
Nous pouvons conclure cet aperçu en disantque le potentiel
géomagnétique peut s’écrire sous la forme :
r a
V a ( ) n Tne ( ) n1 Tni Vi Ve
n 1 a r
où a = rayon terrestre
n
Tn ( g nm cos m hnm sin m ) Pnm ( )
m 0
tandis que Vi et Ve désignent les potentiels d’origine interne et externe,
respectivement.
DZ