Bulletin Orthodoxie 191
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Marc l’Ascète : «L'âme qui est intérieurement unie à Dieu devient, tant sa joie est grande, comme un
enfant simple et bon, qui ne condamne personne, Grec, païen, juif ou pécheur, mais les considère tous
du même regard purifié, trouve de la joie dans le monde tout entier, et désire que tous louent Dieu.»
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explication aux paroles prononcées à Moïse et pour Moïse; Yahvé dit qu’Il est le
même fidèle qui donna sa promesse à Abraham, Isaac et Jacob, le Dieu de tous les
temps. Yahvé est révélation de Dieu par excellence, c’est le Dieu du peuple élu pour
recevoir la révélation. Ainsi, ce nom est utilisé à tout moment dans l’Ancien
Testament «Dieu dit encore à Moïse : «Tu parleras ainsi aux enfants d’Israël : Yahvé,
le Dieu de nos pères.» (Ex 3,16). Et Moïse et Aaron dirent à Pharaon : «Ainsi parle
Yahvé, Elohim des Israëlites» (Ex 5:1). «Tu as établi le peuple d’Israël, pour qu’il fût
ton peuple à toujours; et toi, Yahvé tu es devenu son Elohim. Yahvé des Puissances
est Dieu d’Israë Et maintenant, Seigneur Yahvé, Tu es Dieu et que la parole que Tu
as dite … subsiste à jamais» (I Ch 17,21-23). Et le prophète Élie dit aux adorateurs
de baal : «Invoquez le nom de votre dieu, et moi j’invoquerai le nom de Yahvé et le
dieu (Elohim) qui répondra par le feu, celui-là est vrai Dieu». Ensuite, il pria «Yahvé,
Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob, que ton peuple sache aujourd’hui que tu es
Dieu Yahvé, et qu’il tourne son cœur vers la vérité». Quand le miracle fut accompli
par la prière du prophète, tous tombèrent sur leur visage et s’écrièrent : «Yahvé est
Dieu» (I R 18,21-24,36,39). Ainsi, comme Elohim est le nom commun de Dieu, est le
Dieu de la nature et des peuples, Yahvé est son nom propre, Dieu de la révélation.
Bien que le nom de Yahvé ait été révélé à Moïse, qui libéra Israël de la captivité,
quand Moïse écrivit ses livres, il utilisa ce nom dans l’histoire d’Abraham et dans
l’histoire du monde. (Gen 2). Il fit ainsi voir à Israël que le Dieu qui les avait fait
sortir d’Égypte était le Dieu d’Abraham et le Dieu des premiers hommes, le Dieu
même de la révélation.
3. Dans les temps anciens, Dieu s’est révélé sous le nom de Chaddai. Il en fut
ainsi avec Abraham (Gen 17,1), avec Isaac (Gen 28,3), avec Jacob (Gen 35,11). Et
Dieu a dit à Moïse : «je suis apparu à Abraham, à Isaac et à Jacob comme El
Chaddaï». (Ex 6,3). Chaddai provient de Chadd, ce qui signifie frapper, dévaster,
connotant Dieu qui exprime une puissance redoutable, qui se manifeste dans la
nature, et qui est traduit dans la Septante par Pantocrator, le Tout-puissant (Job
5,17, Ruth 1,20).
4. Le nom Èl, qui provient de ‘l, signifie fort. Le θεός ἰσκυρος grec (Dan
11,36, Dt 3:24).
5. Adon, le Seigneur, ὀ Κύριος, despotis, d’où provient l’ancienne forme
plurielle Adonaï, le Seigneur suprême, le Maître de tous, Vladika.(Gen 15,2, Ps 2,4 et
135,3, Mal 1,6). Le Seigneur de toute la terre (Jos 3,11-12).
6. Elyon, le Dieu-Très-Haut. (ὔψιςος) (Ps 96,9, 20,8,9,3 et Gen 14,18-20). Une
propriété particulière des préceptes de l’Ancien Testament au sujet de Dieu consiste
à proposer des représentations très fréquentes de Dieu à l’image de l’homme, des
représentations anthropomorphes. Par exemple, Dieu est souvent représenté avec
un visage humain (Gen 4,16, Ps 138,7), des lèvres (Ps 32,6, 43,3,4 et Is 30,27), des
yeux (II Ch 16,19 et Is 1,15), des muscles (Is 53,1, Ps 43,4), des pieds (Ez 43,7; Ps
98,5). Ces représentations dissimulaient à la pensée humaine la nature spirituelle
pure de Dieu. Mais elles n’ont pas introduit d’anthropomorphisme dogmatique. Car
tout d’abord, dans l’Ancien Testament, il était interdit de représenter Dieu par des
images concrètes (Ex 20,4,5, Is 40,18,28); ensuite, il y est clairement affirmé que
Dieu n’a pas de membres corporels (Job 10,45; I R 15,29), et enfin, la signification
spirituelle des représentations de la divinité sous forme humaine était clairement
montrée (Ps 138,8 et 34,2,3 et Dt 4,13. et Jér 32,17-19).
Ainsi, les représentations de Dieu dans l’Ancien Testament montrent Dieu dans
sa relation avec le monde et l’homme et sont par excellence humaines. Toutes
expriment principalement la grandeur inaccessible de la divinité. Par conséquent,
leur action sur l’homme, c’est la crainte sacrée et la vénération.
Dans : [Link]
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Le prêtre, le banquier et le politicien. Un prêtre, sentant sa mort proche, dans un hôpital … demande au
médecin d'appeler un banquier et un politicien. En quelques minutes, les deux apparurent. Le prêtre leur
demanda de s'asseoir de chaque côté du lit. Le prêtre leur tenait les mains et restait silencieux. Le
banquier et le politicien étaient tellement touchés et, en même temps, se sentaient très importants pour
être convoqués par un prêtre dans son moment de mort. Par angoisse, l'homme politique demanda : –
«Mais pourquoi vous nous avez demandé de venir à vos côtés ici ?» Le prêtre rassembla toutes ses
forces et dit : – «Jésus est mort entre deux voleurs … Je voudrais mourir de la même façon» !!!
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Un jour, arriva chez nous un vieux mendiant tout a aibli; il avait le passeport d'un
soldat libéré et était si pauvre qu'il allait presque nu; il parlait peu et tout à fait comme un
paysan. Nous le reçûmes à l'asile; au bout de cinq jours, il tomba malade, on le transporta
dans le pavillon et ma femme et moi nous occupâmes entièrement de lui. Lorsqu'il fut
évident qu'il allait mourir, notre prêtre le confessa, lui donna la communion et les derniers
sacrements. La veille de sa mort, il se leva, me demanda du papier et une plume, et insista
pour que la porte restât fermée et que personne n'entrât pendant qu'il écrivait son
testament, que je devais faire parvenir à son ls, à Pétersbourg. Je fus stupéfait quand je
vis qu'il écrivait à la perfection et que ses phrases étaient parfaitement correctes,
élégantes et pleines de tendresse. Je te montrerai demain ce testament, j'en ai gardé une
copie. Tout cela m'étonna beaucoup et, pressé par la curiosité, je lui demandai de me
raconter son origine et son existence. Il me t jurer de n'en rien dire à personne avant sa
mort et pour la gloire de Dieu il me t le récit suivant :
– J'étais prince et très riche; je menais la vie la plus dissipée, la plus brillante, la
plus luxueuse qui soit. Ma femme était morte et je vivais avec mon ls qui était capitaine
de la Garde. Un soir, en me préparant pour aller à un grand bal, j'entrai en colère contre
mon valet de chambre; dans mon impatience, je le frappai à la tête et ordonnai qu'on le
renvoyât au village. Cela se passait le soir, et, le lendemain matin, le domestique mourut
d'une in ammation du cerveau. Mais on n'y attacha guère d'importance et, tout en
regrettant ma violence, j'oubliai complètement l'a aire. Au bout de six semaines, le valet
de chambre commença à m'apparaître en songe; chaque nuit, il venait m'importuner et me
faire des reproches en répétant sans cesse :
– Homme sans conscience, tu m'as assassiné ! Puis, je le vis aussi pendant que
j'étais éveillé. L'apparition devint de plus en plus fréquente et, à la n, il était presque tout
le temps là. En n, en même temps que lui, je me mis à voir d'autres morts, des hommes
que j'avais grossièrement o ensés, des femmes que j'avais séduites. Tous m'adressaient
des reproches et ne me laissaient plus de repos, si bien que je ne pouvais plus dormir ni
manger, ni faire quoi que ce soit; j'étais à bout de forces et la peau me collait aux os. Les
e orts des meilleurs médecins n'obtenaient aucun résultat. Je partis me soigner à
l'étranger, mais, après six mois de cure, non seulement il n'y avait aucune amélioration,
mais les terribles apparitions ne cessaient d'augmenter. On me ramena plus mort que vif;
mon âme, avant d'être séparée du corps, a connu là pleinement les tortures de l'enfer; dès
lors j'ai cru à l'enfer et j'ai connu ce qu'il est.
Au milieu de ces tourments, je compris en n mon infamie, je me repentis, me
confessai, a ranchis tous mes serviteurs et s le vœu de passer le reste de ma vie dans
les plus durs travaux et de me cacher sous l'habit d'un mendiant a n d'être le plus humble
serviteur des gens de la plus basse condition. A peine avais-je pris fermement cette
décision que les apparitions cessèrent. Ma réconciliation avec Dieu me donnait une telle
joie, un tel sentiment de réconfort, que je ne puis l'exprimer vraiment. J'ai compris alors
aussi par l'expérience ce qu'est le paradis et comment le royaume de Dieu se déploie à
l'intérieur de nos cœurs. Bientôt, je fus complètement guéri, je mis mon projet à exécution
et, muni du passeport d'un ancien soldat, je quittai en secret le lieu de ma naissance. Il y a
quinze ans maintenant que j'erre à travers la Sibérie. Parfois, je me suis loué chez les
paysans pour des travaux selon mes forces, parfois j'ai mendié au nom du Christ. Ah ! au
milieu de ces privations, quel bonheur j'ai goûté ! Quelle béatitude, quelle paix de la
conscience ! Seul peut le comprendre celui que la miséricorde divine a tiré d'un enfer de
douleur pour le transporter au paradis de Dieu. Là-dessus, il me remit son testament pour
l'expédier à son ls et le lendemain il mourut.
– Tenez, j'en ai là une copie dans la Bible qui se trouve dans mon sac. Si vous
voulez le lire, je vous le montrerai. Le voici !
Je dépliai le papier et je lus :
«Au nom de Dieu glori é dans la Trinité, Père, Fils et saint Esprit.
Mon très cher ls !
Voilà quinze ans que tu n'as vu ton père, mais, dans son obscurité, il recevait
parfois de tes nouvelles et nourrissait pour toi un amour paternel. C'est cet amour qui le
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pousse à t'envoyer ces dernières paroles pour qu'elles te servent de leçon dans
l'existence.
Tu sais combien j'ai sou ert pour racheter ma vie coupable et légère; mais tu ne sais pas
le bonheur que m'ont apporté, pendant ma vie obscure et errante, les fruits du repentir.
Je meurs en paix chez mon bienfaiteur qui est aussi le tien, car les bienfaits
répandus sur le père doivent atteindre le ls a ectueux. Exprime-lui ma reconnaissance
par tous les moyens en ton pouvoir.
En te laissant ma bénédiction paternelle, je t'exhorte à te souvenir de Dieu et à obéir à ta
conscience : sois bon, prudent et raisonnable; traite avec bienveillance tous tes
subordonnés, ne méprise pas les mendiants ou les pèlerins, te souvenant que seuls le
dénuement et la vie errante ont permis à ton père de trouver le repos de son âme.
En priant Dieu qu'il t'accorde sa grâce, je ferme les yeux tranquillement, dans
l'espérance de la vie éternelle par la miséricorde du Rédempteur des hommes, Jésus
Christ.»
2(Migne, t. 135, p. 60 à 68. Flodoard, Historia Remensis Ecclesiae, lib. I. ch. XVIII, Testamentum ab ipso
editum.)
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I° MALÉDICTIONS
Si un jour cette race royale que j'ai tant de fois consacrée au Seigneur, rendant le mal
pour le bien, lui devenait hostile; envahissait ses églises, les détruisait, les dévastait :
Que le coupable soit averti une première fois par tous les évêques réunis du diocèse de
Reims.
Une deuxième fois par les églises réunies de Reims et de Trêves.3 Une troisième fois par
un tribunal de trois ou quatre archevêques des Gaules.
Si à la septième monition il persiste dans son crime, trêve à l’indulgence ! Place à la
menace !
S'il est rebelle à tout, qu'il soit séparé du corps de l'Eglise, par la formule inspirée aux
évêques par l’Esprit saint : parce qu'il a persécuté l'indigent, le pauvre, au coeur contrit; parce
qu'il ne s'est point souvenu de la miséricorde; parce qu'il a aimé la malédiction, elle lui arrivera;
et n'a point voulu de la bénédiction, elle s'éloignera.
Et tout ce que l'Eglise à l'habitude de chanter de Judas le traitre et des mauvais évêques,
que toutes les Eglises le chantent de ce roi in dèle.
Parce que le Seigneur a dit : «Tout ce que vous avez fait au plus petit des miens, c'est à
moi que vous l'avez fait, et tout ce que vous ne leur avez pas fait, c'est à moi que vous ne l'avez
pas fait.»
Qu'à la malédiction nale on remplace seulement, comme il convient à la personne, le
mot épiscopat par le mot royauté :
Que ses jour soient abrégés et qu'un autre reçoive sa royauté !
Si les archevêques de Reims, mes successeurs, négligent ce devoir que je leur prescris,
qu'ils reçoivent pour eux la malédiction destinée au prince coupable : que leurs jours soient
abrégés et qu'un autre occupe leur siège.»
II° BÉNÉDICTIONS
«Si notre Seigneur Jésus Christ daigne écouter les prières que je répands tous les jours
en sa présence, spécialement pour la persévérance de cette race royale, suivant mes
recommandations, dans le bon gouvernement de son royaume et le respect de la hiérarchie de
la sainte Eglise de Dieu.
Qu'aux bénédictions de l’Esprit saint déjà répandues sur la tête royale s'ajoute la
plénitude des bénédictions divines !
Que de cette race sortent des rois et des empereurs 4 qui, con rmés dans la vérité et la
justice pour le présent et pour l'avenir suivant la volonté du Seigneur pour l'extension de la
sainte Eglise, puissent régner et augmenter tous les jours leur puissance et méritent ainsi de
s'asseoir sur le trône de David dans la céleste Jérusalem où ils règneront éternellement avec le
Seigneur. Amen.»
(Ce testament signé du grand Evêque le fut également par six autres évêques et d'autre prêtres.
Trois de ces évêques sont réputés pour leur sainteté : Saint Vedast, évêque d'Arras, Saint
Médard, évêque de Noyon, Saint Loup, évêque de Soissons. Ils le signèrent sous la formule
suivante) :
"X..., évêque.
Celui que mon père Rémi a maudit, je le maudis, celui qu'il a béni, je le bénis, et j'ai signé.»
3Ainsi, à l'origine même de notre Histoire, nous trouvons indiquée, comme frontière naturelle de
notre pays, la rive gauche du Rhin.
4(Comme les Rois de France ont été dèles ! Le nombre des couronnes que leur race a portées
est là pour le prouver, la race royale de France a régné en e et en France, en Lorraine, en
Allemagne, en Hongrie, en Pologne, en Savoie, en Italie, à Constantinople, en Espagne, à
Parme, à Naples, en Sicile, au Portugal, en Autriche, au Brésil, etc...)
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Les œuvres de saint Jean Damascène se répartissent en cinq catégories : les purement
philosophiques ou dialectiques, les théologiques, les herméneutiques ou critiques, les poétiques
et les musicales. En tant qu'auteur d'hymnes et musicien, il a transféré la forme plus simple de
psalmodie qui existait avant lui, et l'a réglée et arrangée en composant les Octoèque réglés sur
huit tons ou modes. Il réconcilie ainsi les sentiments pudiques et sacrés de l'Église avec la
musique grecque de l'époque, pour glori er Dieu solennellement, sans les sons et les tons qui
servaient à susciter des sentiments obscènes et indécents, enthousiastes et belliqueux.
Il est vrai que les signes musicaux en forme de crochet des huit tons ont leurs origines
environ trois siècles plus tôt, mais Jean de Damas a rendu les caractères énigmatiques et
symboliques, similaires à ceux des hiéroglyphes des anciennes lettres égyptiennes.
Damascène, connaisseur de la théorie de la musique, remarqua que la connaissance de
la mélodie des sons n'était limitée que dans la pratique, et que l'arrangement théorique de la
mélodie et la relation mutuelle des sons étaient négligés. Il fut le premier à systématiser les huit
tons, écrivant une théorie sur la pratique de la musique sacrée basée sur le Pentacorde ou Roue
grec. L'application pratique de la théorie musicale des sons ecclésiastiques est l'Octoèque.
Sous le nom de Damascène est conservée sur parchemin "Eν τοις παλαιοίς
Στιχηραρίοις τοις επί μεμβράνης γεγραμμένοις", une grammaire de la musique ou canon
selon les dé nitions et les règles des anciens Grecs, où elle traite de la division des huit tons,
environ la production des tons plagal à partir des principaux, des noms des huit tons et de leurs
équivalents dans la musique grecque antique. Il est inscrit "Αρχή των σημείων της ψαλτικής
τέχνης των ανιόντων και κατιόντων σωμάτων τε και πνευμάτων πάσης χειρονομίας".
Le premier produit poétique et musical du Damascène est l'Octoèce, qu'il a composé à
partir de ses huit tons d'hymnes. Des différents Tropaires qui composent les Octaoèques, seuls
les services des vêpres du samedi et les matines du dimanche sont attribués à Jean de Damas,
car les soi-disant stichères appartiennent au moine Anatole le Studite qui vécut après le
Damascène. L'Octoèque, dans lequel se trouve l'intégralité de l'enseignement dogmatique
chrétien, fut admis à l'usage ecclésiastique par toutes les Églises d'Orient et d'Occident, à la
demande de Charlemagne le Grand, qui vécut au temps de Damascène.
Le divin compositeur, en plus des canons de l'Octoèque, a également composé le canon
le plus glorieux de la fête de la Résurrection : «C'est le jour de la Résurrection». Son frère
Kosmas le Mélode avait également écrit un canon pour la même fête dans le second ton. Quand
Jean l'a lu, il l'a félicité. Alors Jean lut son propre canon, qui nous est connu, dans le premier ton.
Lorsqu'il arriva à l'hymne : «Maintenant, tout est rempli de lumière, le ciel et la terre et tout ce qui
est sous la terre», alors le divin Kosmas était dans un émerveillement complet et une surprise, et
dit : «Et toi frère Jean, tu as tout inclus dans ces trois (paroles), et tu n'as rien laissé dehors; c'est
pourquoi j'ai perdu, et je reconnais ma perte; donc que ton canon ait la primauté et la suprématie,
et qu'il soit chanté publiquement dans les églises du Christ, et que le mien reste dans les
ténèbres et dans le coin comme indigne de la lumière à la fois pour son contenu et son ton de
deuil et de lamentation, dans lequel il a été composé, ce qui est totalement inapproprié pour le
jour le plus brillant et le plus joyeux du monde de la résurrection du Seigneur.»
Le Damascène a écrit plus de soixante canons pour les principales fêtes de l'Église, qui
sont une anthologie des discours de fête de Grégoire le Théologien et d'autres. Il a également
écrit de nombreux autres hymnes bien connus de l'Église, qui étaient si appréciés qu'ils ont
remplacé, à quelques exceptions près, le populaire kontakions de saint Romanos le Mélode.
Avant Damascène, chaque église locale et chaque monastère avait son typikon, mais celui de
Damascène contribuait à l'unité ecclésiastique.
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Il est très important de bien discerner ceux à qui vous devez rendre compte de notre
conduite; car si quelqu’un s'adresse à vous, avec un désir véritable de s’instruire, et en
faisant un aveu sincère de son ignorance, vous pourrez alors répandre sur lui la semence de
la foi; et lui faire connaître les divins préceptes. S’il pro te de votre instruction; c’est une
conquête que vous aurez faite de votre frère à l'Eglise; c'est une brebis que vous aurez
gagnée à Jésus Christ.
Mais si au lieu d’être un grain de bonne semence, qui soit capable de germer, ce
n'est qu'une méchante graine, et une malheureuse ivraie que l'ennemi du père de famille
sème de nuit au milieu du froment, et qui devant être séparée du bon grain au temps de la
moisson, ne croît pas maintenant pour être serrée, mais pour être jetée dans le feu, et y être
dévoré par les ammes de l’enfer. Si, dis-je, celui qui nous demande raison de nos actions,
est semblable à cette graine pernicieuse; alors, mon frère, alors éloignez-vous de cette
malheureuse zizanie; fuyez la rencontre et l’entretien de ces personnes corrompues, de peur
que ne pouvant les guérir par la pureté de votre foi, vous ne vous trouvez vous-même
infecté de leurs erreurs.
saint Paulin de Nole (Lettre 1 à Sulpice Sévère)
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À PROPOS DE «NOËL»
«Noël», c’est-à-dire la Nativité du Sauveur, est célébré comme une grande fête dans
l’Orthodoxie, mais la plus grande fête c’est Pâque, et selon mon humble avis, l’Annonciation est
plus grande que «Noël». C’est à l’Annonciation que notre salut a commencé, comme chante le
tropaire de la fête : «Aujourd’hui c’est le commencement de notre salut…» C’est là que la Vierge
Marie a donné son «Fiat», sans lequel, ni l’Incarnation, ni notre salut ne se seraient fait. A «Noël»,
le Christ est seulement sorti du sein de la Vierge Marie, un fait naturel, même si cela s’était fait
d’une manière hors du commun, sans douleur, car la Toute-Sainte avait conçu par l’Esprit saint
et non par l’union charnelle, par laquelle les conséquences du péché originel se transmettent,
comme «Tu enfanteras dans les douleurs «(Gen 3,16).
«Noël» se fête neuf mois après l’Annonciation. J’ignore quelle fête fut xée par rapport à
l’autre, mais à ma connaissance «Noël» remplace une fête païenne, où on vénérait, ou adorait,
l’arbre sacré. Les Nordiques rendaient notamment un culte à Ygdrassil, un arbre sacré. Dans les
Vies de saints nous voyons plus souvent que le saint abattait miraculeusement un arbre «sacré»,
comme par exemple dans la vie de saint Nicolas, ou de saint Martin, dont les récits est relaté ci-
après.
Dire que «Noël» se fait lors du solstice d’hiver, c’est faux. Le solstice d’hiver tombe lors
de la conception de sainte Anne le 9/22 décembre, donc quelques jours avant le «Noël»
occidentale. Vouloir coïncider «Noël» avec le solstice d’hiver, c’est de le tirer par les cheveux ! A
la conception de sainte Anne, selon le calendrier orthodoxe, les jours commencent de nouveau
de se rallonger et donc le salut de l’humanité commence de se faire jour.
«Noël» se fête le 25 décembre, donc le 7 janvier civile. Cela fut aussi ainsi en Occident
jusqu’au changement du calendrier.
Les historiens considèrent généralement que la tradition de «Noël» a vu le jour au 15e
siècle, dans les pays germaniques.
A notre époque, «Noël» est devenue, dans le monde non-orthodoxe, une fête familiale,
sentimentale et commerciale, et s’est vidée du contenu théologique, comme d’autres fêtes, par
exemple carnaval.
L’arbre de «Noël» n’est pas connu dans le milieu orthodoxe, juste les néo-calendaristes,
commencent de s’y habitués sous l’in uence du monde occidental. La crèche est également
une tradition occidentale, remontant apparemment à François d’Assise, donc après le schisme
de 1054.
Encore une remarque : Les dèles orthodoxes se font des cadeaux, non à «Noël», mais
pour la fête des saint Basile le Grand, le 1 janvier.
On pourrait encore écrire longuement là-dessus mais je termine en souhaitant à tous les
croyants une fête de la Nativité du Sauveur, dans la paix et la joie !
a. Cassien
«Une autre fois, (saint Martin) après avoir détruit un vieux temple, il se mit en devoir
d'abattre un pin qui était auprès; mais le prêtre et tous les habitants du village s'y opposèrent :
ce fut inutilement que Martin voulut leur persuader que cet arbre n'avait rien de sacré, qu'il fallait
le détruire parce qu'il était dédié au démon, qu'ils devaient servir le Dieu qu'il leur annonçait. «Si
tu as quelque con ance en ce Dieu, lui dit un homme de la foule plus hardi que les autres, mets-
toi sous l'arbre, nous allons l'abattre, et tu le recevras dans tes bras. Si ton Dieu est avec toi,
comme tu le dis, cet arbre ne pourra, en tombant, te faire aucun mal.» Martin consent à être
placé sous l'arbre, et à cette condition les paysans consentent à l'abattre. Il était incliné d'un
côté; croyant tous que c'était par là qu'il tomberait, ils y attachent Martin, et aussitôt de se
mettre tout joyeux à couper l'arbre vénéré. Il y avait une foule immense de spectateurs. Bientôt
le pin est ébranlé. Les moines qui accompagnaient Martin étaient pâles, tremblants, ils avaient
perdu toute foi et toute espérance, ils n'attendaient que sa mort; pour lui, il était calme et plein
de con ance dans le Seigneur. Tout-à-coup, un craquement épouvantable se fait entendre,
l'arbre tombe et va l'écraser; il lui oppose le signe du salut, et aussitôt, cet arbre, à demi tombé,
se redresse comme emporté par une violente tempête, et va tomber du côté opposé, au risque
d'écraser tous les spectateurs qui s'y étaient placés comme en lieu sûr. Un grand cri s'élève de
la foule, les paysans proclament le miracle, les moines pleurent de joie, tous ensemble exaltent
le nom de Jésus Christ.»
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Un jour les gens d'un village vinrent à lui et se prosternèrent à ses pieds en disant : «Nous
demandons à ta Sainteté, ô serviteur de Dieu, d'écouter notre demande et de nous venir en
aide. La mort et la ruine nous menacent. Il y a dans notre village un arbre énorme et immense.
Un esprit mauvais y habite et cause aux gens un tort considérable. Il a gâté nos cultures, rendu
notre lieu inhabitable, et nous supplions ta Sainteté, ô saint du Seigneur, d'avoir pitié de nous.
Viens avec nous pour abattre cet arbre par tes prières toujours exaucées, et nous chasserons
loin de nous cet esprit impur qui y réside, a n d'être soulagé de nos maux.»
Le saint acquiesça à leur demande. Il partit avec eux à l'emplacement de l'arbre. Il trouva à
son pied des traces de coups de hache. Il en demanda la raison, et on lui apprit que chaque fois
que quelqu'un voulait abattre l'arbre il en sortait un grand bruit, la hache volait de la main de
celui qui la tenait et le tuait. Il restait là gisant sans
sépulcre et personne n'osait l'enterrer. Quand le saint
entendit cela, il se mit à genoux pendant deux heures,
puis il se releva de sa prière et ordonna à l'assemblée
d'aller chercher des haches et de couper l'arbre. Ils
eurent très peur et furent saisis de terreur. Le saint vit
leur frayeur, il s'empara de la hache, t sur elle le signe
de la sainte Croix et en frappa l'arbre sept fois.
Alors l'esprit mauvais cria très fort : «Malheur à
moi, car ce serviteur de Dieu m'a chassé de cet arbre
après l'avoir habité si longtemps ! Personne ne m'a
vaincu sinon lui.» Ensuite le saint coupa l'arbre et
ordonna à l'assemblée de se rassembler du côté de
l'ouest car il semblait que l'arbre penchait vers l'est.
Mais le démon maudit leur t croire que l'arbre penchait
de leur côté. Ils eurent peur et dirent par la bouche de
l'un d'entre eux : «Serviteur de Dieu, sauve nous et viens
à notre secours pour que cet arbre ne nous fasse pas
périr !» Le saint t sur lui le signe de la croix par trois
fois, ensuite il le prit dans ses bras en disant : «Au nom
de notre Seigneur Jésus Christ, je t'ordonne de revenir
en arrière, et ne fais de mal à personne.» Alors l'arbre
revint de l'autre côté. L'esprit mauvais ne recommença
plus à se montrer dans ces parages, et les gens du
village louèrent le Dieu bon qui donne à ses élus
puissance sur les démons. La hauteur de cet arbre était
de quarante coudées et sa largeur de trois. Le saint
envoya chercher des scieurs pour débiter l'arbre et il
ordonna de le porter à l'église de Sion qu'avait bâtie
Nicolas, l'oncle du saint, et ils en surélevèrent l'édi ce.
Peut-on, avec la moindre lueur de bon sens, ne pas aimer mieux être du côté du petit nombre,
en marchant par la voie étroite qui mène au salut, que d’être du côté du grand nombre de ceux
qui marchent par la voie large pour aboutir à la mort ? Préférez donc, vous en êtes bien le
maître, la multitude de ceux qui périrent dans l'inondation universelle; mais laissez-moi me
sauver dans l'arche avec le petit nombre. Joignez-vous, si vous le voulez, à ce grand peuple de
Sodome; quant à moi, j'aime mieux, avec Loth, me séparer de la multitude, pour n'avoir pas à
périr comme elle. Ce n'est pas que je compte pour rien l'opinion du grand nombre, c'est-à-dire
de ceux qui s'appliquent à la recherche de la vérité, non de ceux qui la fuient; de ceux qui
reprennent avec une charité toute paternelle, non de ceux qui disputent avec aigreur; de ceux
qui conservent le dépôt de l’ancienne doctrine comme étant l'héritage de leurs pères, non de
ceux qui s'attachent à des opinions nouvelles. st. Athanase le Grand
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n anachorète très avancé dans la vie spirituelle demeurait jadis dans la montagne du côté
d'Antinoé. Beaucoup tiraient pro t de ses paroles comme de ses exemples. Aussi l'adversaire se
mit à le jalouser, comme il le fait de tous les gens vertueux. Il lui suggéra donc, sous couleur de
piété la pensée suivante : «Tu ne dois pas te faire aider et servir par les autres; bien au contraire, tu devrais
les servir si tu ne le fais pas, pour le moins sers-toi toi-même. Va donc vendre à la ville les corbeilles que
tu as faites, et achète ce dont tu as besoin; puis reviens aussitôt dans ta solitude et ne sois à charge à
personne.» Telles étaient les suggestions du démon jaloux de sa quiétude, du temps qu'il passait à vaquer
à Dieu et du pro t que beaucoup en retiraient. L'ennemi était impatient de lui tendre un piège et de l'y faire
tomber. L'anachorète content de ce qu'il croyait être une bonne idée, se mit à sortir de sa cellule. Lui, que
tous admiraient, ignorait pourtant les pièges de cette sorte. Longtemps après, il rencontra une femme;
rendu vulnérable par son manque de vigilance, il s'en éprit. Il se rendit dans un lieu désert, avec le diable
sur ses pas, et il pécha près du euve. La pensée lui vint alors que l'ennemi se réjouissait de sa chute, et il
se mit à désespérer, car il avait grandement o ensé l'Esprit de Dieu, les anges et les saints pères dont
beaucoup triomphèrent du démon, même dans les villes. Et, désespérant de ne pouvoir ressembler à
aucun d'eux, il oubliait que Dieu donne sa force à ceux qui se tournent pieusement vers lui. Dans son
aveuglement, il ne vit pas comment se guérir de sa faute et voulut se jeter dans le euve pour rendre
complète la joie du démon. Son intense sou rance le rendit malade; et si la miséricorde de Dieu ne l'avait
pas secouru, il serait mort sans pénitence, pour la plus grande joie de l'ennemi. Rentré nalement en lui-
même, il se proposa de réaliser le dur labeur d’une pénible pénitence et voulut prier Dieu dans les larmes
et le deuil. Il retourna donc à sa cellule, en condamna la porte, et se mit à pleurer en suppliant Dieu
comme on le fait pour un mort. Son corps s'a aiblit à force de veiller et de jeûner; il en perdait coeur, mais
il n'avait pas cependant l'assurance que sa pénitence était su sante. Les frères venaient souvent le voir
pour leur pro t et frappaient à la porte; mais il leur répondit qu'il ne pouvait ouvrir : «J'ai fait le voeu de
mener pendant un an une vie toute de pénitence. Priez pour moi.» Il ne savait que répondre sans
scandaliser ceux qui auraient appris de lui une telle a aire, car il était tenu par tous pour un moine
respectable et de grande valeur. Toute l’année, il fut un jeûneur infatigable et un ardent pénitent. Mais à
Pâques, la nuit même de la Résurrection du Seigneur, il prit une lampe neuve, la mit dans un vase neuf, en
ferma le couvercle et se mit en prière dès le soir : «Ô Dieu compatissant et miséricordieux, toi qui peux
sauver même les Barbares et les conduire à la connaissance de la vérité, je me réfugie près de toi qui est
le Sauveur de tes dèles; aie pitié de moi qui t'ai tant déplu : j’ai fait la joie de l'ennemi et je suis mort en
lui obéissant. Toi, Seigneur, toi qui as pitié de ceux-là même qui sont sans pitié, toi qui ordonnes d'avoir
pitié du prochain, aie pitié de mon abjection. Rien ne t'est impossible, et voici que mon âme est emportée
comme de la poussière au bord de l'enfer. Aie pitié de moi, car tu es bienveillant et miséricordieux pour ta
créature, toi qui ressusciteras les corps qui ne sont plus, le jour de la Résurrection. Exauce-moi, Seigneur,
car mon coeur défaille et mon âme est bien malheureuse ! Mon corps que j'ai souillé est en train de
dépérir. Je n'ai plus la force de vivre, parce que j'ai manqué de con ance, pardonne ce péché dont je fais
pénitence, ce péché qui est double parce que j'ai désespéré. Rends-moi la vie : je me reprends; ordonne
à ton feu d'allumer cette lampe. Recevant ainsi l'assurance de ta miséricorde et de ton indulgence pour le
reste de vie que tu me donneras, je garderai tes commandements, je ne m'éloignerai pas de ta crainte et
je te servirai encore plus dèlement qu’auparavant.» Ayant ainsi prié et beaucoup pleuré pendant la nuit
même de la Résurrection, il se leva pour voir si la lampe s'était allumée, et, soulevant le couvercle du
vase, il vit qu'elle ne l'était pas. Il tomba de nouveau face contre terre et dit au Seigneur dans sa prière :
«Seigneur, je sais qu'il a été question de me couronner, mais je n’ai pas tenu ferme, car, pour jouir des
plaisirs des sens, j’ai préféré être condamné au supplice des méchants. Pardonne-moi, Seigneur, je
confesse de nouveau ma honte à ta bonté, devant tes anges et devant tous les justes; et je la
confesserais même devant les hommes s'ils ne devaient pas s'en scandaliser. Mon Dieu, aie pitié de moi
a n que je puisse enseigner les autres; oui Seigneur, donne-moi la vie.» Il pria de la sorte trois fois de suite
et fut exaucé : en se relevant il trouva la lampe qui brillait d'un vif éclat. Alors, ivre d'espérance et forti é
par la joie de son coeur, il admira la grâce de Dieu qui lui pardonnait ainsi ses péchés et lui en donnait
pleine assurance selon sa demande et selon son désir. «Je te rends grâces, Seigneur, disait-il, car tu as eu
pitié de moi qui suis indigne de vivre en ce monde, en me rendant la con ance par ce signe merveilleux et
sans précédent. Tu es miséricordieux pour les âmes que tu as créées, et tu les épargnes.» Le jour se
levait, et il continuait encore son chant de louange et se réjouissait dans le Seigneur sans penser à
manger. Quant au feu de cette lampe, il l'entretint tout le temps de sa vie en y versant de l'huile au fur et à
mesure, et en veillant à ce qu'elle ne s'éteignit pas. L’Esprit saint rétablit donc sa demeure en ce moine
qui devint célèbre pour tous; il témoignait de son humilité en chantant le Seigneur et en lui rendant grâces
avec joie. En n il eut révélation de sa mort quelques jours auparavant.
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La mémoire des merveilles que le Sauveur a opérées pour le salut du monde nous est,
mes chers frères, d'une grande utilité, si nous ajoutons à l'hommage de notre foi l'imitation des
exemples qu'il nous donne. Les trésors de grâce qui sont renfermés dans l'économie du
mystère de Jésus Christ sont de puissants motifs pour nous animer à la vertu, a n qu'en
confessant son saint nom dans l'esprit de la foi, nous rendions aussi nos actions conformes à
notre croyance. En e et, les faiblesses de l'enfance que le Fils de Dieu a prises sur lui quand il a
voulu naître d'une Vierge, excitent la ferveur de notre dévotion, lorsque,
méditant avec un cœur droit le mystère de notre salut, nous
découvrons dans la même personne la majesté divine cachée sous les
voiles de l'in rmité humaine. Les cieux et les esprits célestes
reconnaissent pour leur Créateur cet enfant que nous voyons au
berceau. Le maître et Seigneur de l'univers habite dans l'espace d'un
corps si petit. Celui dont l'immensité n'a pas de bornes est renfermé
dans le sein de sa Mère; mais ce profond abaissement est le remède
qui guérit nos blessures et le moyen dont il se sert pour relever notre
bassesse, parce que si notre Sauveur ne réunissait dans sa personne
des extrémités si opposées, la nature humaine ne pourrait être
réconciliée avec Dieu. En rendant ainsi la vie à ceux qui étaient morts,
le souverain médecin de nos âmes nous présente le modèle qui doit en
même temps régler notre vie et réformer nos mœurs.
C'est, sans doute, par un dessein de Dieu, d'une haute sagesse,
que les trois mages, ayant été conduits par la clarté d'une nouvelle
étoile à Bethléem pour y adorer l'Enfant Jésus, ne le virent point en ce
moment commandant aux démons, ressuscitant les morts, tendant la
vue aux aveugles, redressant les boiteux, faisant parler les muets, ou
opérant quelques-uns de ces miracles qui étaient des preuves certaines de sa divinité; mais
qu'ils trouvèrent un enfant n'ayant point l'usage de la parole, doux et tranquille, subordonné aux
soins de sa mère, dans lequel on n'apercevait aucune marque de puissance, et donnant
néanmoins au monde un prodigieux exemple d’humilité. Ainsi ces faiblesses de l'enfance
auxquelles le Fils de Dieu s'était volontairement assujetti, étaient une prédication muette, qui
parlait e cacement aux oreilles et qui était bien propre à faire ouvrir les yeux aux témoins d'un
pareil spectacle; car la victoire que le Sauveur des hommes a remportée sur le démon et sur le
monde, depuis le commencement de ses travaux jusqu'à la n, est entièrement l'ouvrage de
l'humilité. Il a été persécuté dès les premiers jours de cette vie mortelle, qu'il a terminée dans les
supplices. Si son enfance ne fut pas exempte de sou rances, la douceur de cet âge
l'accompagna aussi dans les tourments de sa passion, parce que le Fils de Dieu, en s'abaissant
jusqu'à nous, avait en vue de naître vraiment homme et de pouvoir être mis à mort pour le salut
des hommes.
Puisque le Tout-Puissant n'a voulu réparer nos pertes et nous rétablir dans nos premiers
droits que par l'exercice de l'humilité; puisqu'il n'a détruit la mort et vaincu son auteur qu'en
s'exposant volontairement à tous les maux que ses persécuteurs lui rent endurer et que son
obéissance à son Père lui a fait supporter avec la plus grande douceur toutes les cruautés de
ses bourreaux, combien devons-nous être humbles et patients, nous qui dans les peines que
nous avons à supporter, pouvons toujours dire avec vérité que nous les avons méritées ! Quel
est celui qui peut se glori er d'avoir un cœur pur et d'être exempt de tout péché, puisque saint
Jean dit : «Si nous disons que nous sommes sans péché, nous nous trompons nous-mêmes, et
la vérité n'est point en nous» (I Jn 1,8) ? Où est l'homme tellement exempt de fautes, que la
justice ne trouve rien à reprendre en lui, ou la miséricorde rien à pardonner ?
Aussi, mes chers frères, le fondement de la sagesse chrétienne ne consiste-t-il ni dans
l'éloquence des paroles, ni dans la subtilité des raisonnements, ni dans les désirs de l'honneur
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Voulant sauver l'homme égaré, tu n'as pas dédaigné de revêtir l'aspect du serviteur,
car il te convenait, Seigneur notre Dieu, d'assumer l'humaine condition pour nous;
Rédempteur, en te laissant baptiser dans ta chair, tu nous as jugés dignes du pardon;
c'est pourquoi nous te crions : Christ notre Dieu et Bienfaiteur, gloire à toi.
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