ASPECTS RÉGLEMENTAIRES DES SITES POLLUÉS AU BURKINA
FASO
LOI N°006-2013/AN PORTANT CODE DE L’ENVIRONNEMENT AU
BURKIN
Article 20 : Le gouvernement prend toutes les mesures nécessaires pour lutter
contre la dégradation et l’épuisement des ressources naturelles et le cas échéant,
assure la restauration des ressources renouvelables et veille à prévenir les
risques et inconvénients qui découleraient de l’épuisement des ressources non
renouvelables.
Article 49 : Il est fait obligation à tout producteur, importateur, distributeur et
transporteur de récupérer les déchets engendrés par les matières ou les produits
qu’ils produisent ou écoulent. Les autorités compétentes les obligent à éliminer
ces déchets ou à participer à des systèmes de récupération et d’élimination des
déchets provenant d'autres produits identiques ou similaires. Tout refus
d’obtempérer aux instructions de l’administration entraîne la suspension des
activités du contrevenant sans préjudice des poursuites pénales.
Article 51 : Toute personne détenant des déchets est tenue de les livrer à un
organisme public ou privé chargé de la collecte ou à un établissement effectuant
des opérations d'élimination et/ou de valorisation ou d'entreprendre par elle-
même ces opérations conformément aux prescriptions en vigueur.
Article 52 : En cas de rejet de déchets dans le milieu naturel et au mépris des
prescriptions en vigueur, l'autorité compétente procède à la mise en demeure du
contrevenant d'entreprendre dans un délai qu'elle lui fixe, les travaux nécessaires
pour l'élimination de ces déchets et la restauration des lieux. Si le contrevenant
ne procède pas à l'élimination 15 des déchets dans les délais qui lui ont été fixés,
l'autorité compétente en assure d’office la charge aux frais du contrevenant.
Dans le cas où les déchets présentent des dangers nécessitant une intervention
urgente ainsi que dans le cas où le contrevenant est inconnu, les autorités
compétentes assurent l'élimination des déchets polluants sans mise en demeure
et sans délai.
Article 70 : Toute personne auteur d’une pollution est tenue responsable des
dommages causés aux tiers par son fait. Les frais de la restauration des lieux
pollués sont à sa charge. En cas d’urgence, les autorités compétentes prennent
les mesures nécessaires pour limiter les effets de ladite pollution à charge pour
elles de se retourner contre l’auteur de la pollution.
Article 122 : Dans le cadre de la répression des infractions en matière
d’environnement, la juridiction saisie peut, dans tous les cas, ordonner la
publication de la condamnation. Elle peut en outre et selon les cas, ordonner la
cessation ou la suspension des activités pour une durée qu’elle fixe, la fermeture
de l'établissement, la remise en état et l'assainissement des lieux, sans préjudice
des réparations civiles.
DÉCRET
N°20231416/PRES/TRANS/PM/MEEA/MFPTPS/MATDS/MEFP/MARAH
/MSHP/MDICAPME/MEMC/MESRI/MTMUSR portant conditions de
production, d’importation, de transport, de détention, de distribution, de
stockage, d’utilisation des produits ou substances chimiques dangereux et
de l’élimination des déchets chimiques dangereux.
Article 51 : Toute personne détenant des déchets est tenue de les livrer à un
organisme public ou privé chargé de la collecte ou à un établissement effectuant
des opérations d’élimination et/ou de valorisation ou d’entreprendre par elle-
même ces opérations conformément aux prescriptions en vigueur.
Article 52 :en cas de danger immédiat). Dans le cas où les déchets présentent
des dangers nécessitant une intervention urgente ainsi que dans le cas où le
contrevenant est inconnu, les autorités compétentes assurent l’élimination des
déchets polluants sans mise en demeure et sans délai.
Article 56 : Les modes de gestion des différentes catégories de déchets
dangereux sont soumis à l’approbation du ministre chargé de l’environnement.
Les conditions et les modes de gestion de catégories particulières de ces déchets
sont fixés par décret pris en Conseil des ministres sur proposition conjointe des
ministres chargés de l’environnement et de la santé publique.
Article 57 : Les déchets ne peuvent être traités en vue de leur élimination ou de
leur valorisation que dans les installations qui ont été autorisées à cette fin.
Article 58 : Il est interdit d’enfouir les déchets dangereux ou de les déposer dans
des lieux autres que les décharges ou les centres d’enfouissement technique qui
leur sont réservés* et les centres de stockage autorisés conformément aux
dispositions de la présente loi.
Article 146 : Il est fait obligation de détruire ou de stocker sous le contrôle des
services techniques compétents, les stocks de produits périmés ou obsolètes
saisis en application des lois en matière d’environnement.
Les frais de destruction sont à la charge du propriétaire ou du détenteur.
LOI N° 016-2024/ALT PORTANT CODE MINIER DU BURKINA FASO
TITRE III : DES DROITS ET OBLIGATIONS LIÉES A L’EXERCICE
DES ACTIVITÉS MINIÈRES
CHAPITRE 5 : DE LA PRESERVATION DE L’ENVIRONNEMENT
Article 152 : Les activités régies par la présente loi sont conduites de manière à
assurer la préservation et la gestion durable de l’environnement dans les
conditions et modalités établies par la réglementation en vigueur.
Un audit environnemental et social est réalisé tous les trois ans par le titulaire du
permis d’exploitation industrielle de mines et le rapport de l’audit est soumis au
ministre chargé de l’environnement pour approbation.
Article 153 : Tout demandeur d’un titre minier, à l’exception du demandeur du
permis de recherche, désireux d’entreprendre sur le terrain un travail susceptible
de porter atteinte à l’environnement fournit un avis de faisabilité émis par le
ministre chargé de l’environnement.
Toute modification des actions prévues doit faire l’objet d’une autorisation
préalable de l’Administration des mines, après avis du ministère en charge de
l’environnement.
En cas de recherche et d’exploitation de minerais radioactifs, d’exploitation
souterraine de tous minerais ou d’utilisation de sources radioactives, les
titulaires des titres miniers sont soumis aux dispositions législatives et
réglementaires relatives à la surveillance radiologique de l’environnement.
Les titulaires des titres miniers concernés par les cas visés à l’alinéa précédent :
mettent en place un système de comptabilité et de contrôle des matières
nucléaires ;
tiennent à jour un registre des sources de rayonnements ionisants ;
assurent une surveillance radiologique de l’environnement ;
nomment une Personne compétente en matière de radioprotection en abrégé «
PCR » ;
respectent les normes en matière de transports des matières ou substances
minérales radioactives.
Article 154 : Tout titulaire d’un permis d’exploitation de grande ou de petite
mine, d’un permis d’exploitation semi-mécanisée de substances de mines ou
d’un permis d’exploitation industrielle de substances de carrières ouvre et
alimente un compte dans les livres du Trésor public qui servira à la constitution
d’un fonds pour couvrir les coûts de la mise en œuvre du plan de réhabilitation
et de fermeture de la mine ou de la carrière.
Article 155 : Outre les dispositions de la présente loi, les titulaires de titres
miniers sont également soumis à d’autres dispositions législatives et
réglementaires en vigueur, notamment celles relatives à la préservation et la
gestion durable de l’environnement, aux établissements classés pour la
protection de l’environnement, à la sûreté et à la sécurité nucléaires.
Décret n°2015-1205/PRES-TRANS/PM portant normes et conditions de
déversements des eaux usées.
ANNEXE 1 : Normes de déversement dans le milieu naturel
N° Paramètre Valeur limite
1 Aluminium total 5 mg/l
2 Azote Kjeldahl 35 mg/l
3 Arsenic total 0,2 mg/l
4 Bioxyde de chlore 0,05 mg/l
5 Bore 5 mg/l
6 Brome actif 0,1 mg/l
7 Cadmium total 1 mg/l
8 Chlore actif 0,05 mg/l
9 Chrome III dissous 12 mg/l
N° Paramètre Valeur limite
10 Chrome VI 0,5 mg/l
11 Chrome total 5 mg/l
12 Coliformes fécaux 2000 UFC/100 ml
13 Cuivre total 2 mg/l
14 Cyanure facilement décomposable 1 mg/l
15 Demande Biologique en Oxygène (DBO₅) 40 mg/l
16 Demande Chimique en Oxygène (DCO) 150 mg/l
17 Détergents totaux 5 mg/l
18 Étain total 4 mg/l
19 Fer total 10 mg/l
20 Fluorures 10 mg/l
21 Hydrocarbures non polaires 10 mg/l
22 Manganèse total 5 mg/l
23 Matières décantables 1 ml/l
24 Matières en suspension (MES) 60 mg/l ou 150 mg/l (*)
25 Matières extractibles à l’éther pétrole 20 mg/l
26 Mercure total 0,05 mg/l
27 Nickel total 4 mg/l
28 Pesticides organochlorés 0,003 mg/l
29 pH Entre 6,5 et 9,0
30 Phénols (composés phénolés) 2 mg/l
31 Phosphore total (taux d’élimination) 70 % des eaux traitées
32 Plomb total 2 mg/l
33 Salmonelles 0 UFC/1000 ml
34 Solvants chlorés 0,1 mg/l
35 Streptocoques fécaux 2000 UFC/100 ml
36 Sulfures 2 mg/l
37 Température 40 °C
38 Zinc total 5 mg/l
Pour les matières en suspension (MES), la valeur passe à 150 mg/l si les rejets proviennent
des procédés d’épuration par lagunage
DÉCRET N02025- 0 5 2 /PRES/PM/MEMC/MEF/
MATM/MEEA portant modalités de perception, de répartition, de gestion et de
contrôle de l'utilisation du fond minier
CHAPITRE 111 : DU FONDS DE REHABILITATION ET DE
FERMETURE DE LA MINE
Section 1 : Des modalités de constitution du fonds
Article 18 : Le Fonds de réhabilitation et de fermeture de la mine est alimenté,
en fonction des coûts prévisionnels de la mise en œuvre des activités du plan de
réhabilitation et de fermeture de la mine, par la cotisation annuelle :
des titulaires de permis d'exploitation industrielle de substances de mines et de
carrières ; des titulaires de permis semi-mécanisée de substances de mines.
Article 19 : Les titulaires de permis d'exploitation industrielle de substances de
mines et de carrières et les titulaires de permis semi-mécanisée de substances de
mines ouvrent et alimentent un compte dans les livres du Trésor Public intitulé «
Fonds de réhabilitation et de fermeture de la mine » au nom du titre minier.
Article 20 : Le compte dédié au Fonds de réhabilitation et de fermeture de la
mine est approvisionné pendant la durée de vie de la mine.
Le compte dédié au Fonds de réhabilitation et de fermeture de la mine reçoit les
sommes destinées à la réhabilitation, à la restauration et à la fermeture des sites
miniers concernés.
Toute somme versée dans le compte dédié au Fonds de réhabilitation et de
fermeture de la mine reste acquise au Fonds de réhabilitation et de fermeture de
la mine.
Article 21 : Le montant de la contribution annuelle du titulaire du titre minier au
compte dédié au Fonds de réhabilitation et de fermeture de la mine est égal au
total du budget prévisionnel de réhabilitation, tel que prévu par le plan de
réhabilitation et de fermeture, divisé par la durée de vie de la mine ou de la
carrière exprimée en années.
Le plan de réhabilitation et de fermeture ainsi que le montant des cotisations
sont actualisés annuellement.
Le compte fiduciaire est approvisionné au plus tard le I er janvier de l'année
suivant celle de la mise en production.
Les autres cotisations annuelles se font au plus tard le 31 décembre de l' année
en cours.
Toutefois, lorsque la durée de la vie de la mine ou de la carrière est inférieure à
un an, le compte fiduciaire est approvisionné dans un délai d'un mois suivant
l'attribution du titre minier.
Article 22 : Les sommes versées dans le compte « Fonds de réhabilitation et de
fermeture de la mine » sont admises en franchise des impôts sur les bénéfices.
Les avis d'opération du Trésor Public de versement font foi.
Section 2 : Des modalités de fonctionnement du fonds
Article 23 : Le titulaire de permis d'exploitation industrielle de substances de
mines ou de carrières et le titulaire de permis semi-mécanisée de substances de
mines sont tenus d'effectuer une évaluation détaillée des travaux de
réhabilitation des sites miniers et de carrières en début d'exploitation. Ils sont
tenus de définir un planning de réalisation des travaux de réhabilitation du site
minier ou de carrière en cours d'exploitation et de la fermeture en fin
d'exploitation.
Chaque année, le titulaire du titre minier soumet un programme de réhabilitation
assorti des coûts estimatifs à la validation d'un comité technique interministériel.
Le comité technique interministériel est un organe consultatif statutaire créé par
arrêté des ministres chargés des mines, des finances, de l' environnement et de l'
administration territoriale.
La prise en charge des frais de fonctionnement du comité technique
interministériel est assurée par le budget de l'Etat.
Article 24 : Au moins un an avant la fin des travaux d'exploitation, le titulaire
du titre soumet son plan de fermeture et le coût y relatif, à la validation du
comité technique.
Article 25 : Les rapports d'évaluation élaborés par le comité technique à cet
effet, sont soumis à l'approbation des Ministres chargés des mines, de l'
environnement, des finances et de l'administration territoriale.
Article 26 • Tout retrait sur le compte est autorisé par le Ministre chargé des
finances.
L'autorisation du Ministre chargé des finances est notifiée par lettre au Trésor
Public avec ampliation aux Ministres chargés des mines, de l'environnement et
au titulaire du compte.
Article 27 : A la fin de chaque exercice ou au besoin, le Trésor Public délivre un
relevé des mouvements intervenus sur le compte aux Ministres chargé des mines
et de l'environnement.
Article 28 • Les dépenses relatives aux travaux de réhabilitation et de fermeture
des sites miniers ou de carrières ne peuvent être autorisées qu'après satisfaction
des conditions ci-après : l'établissement d'une évaluation précise du coût de la
réhabilitation et de la fermeture des sites miniers ou de carrières ; la
transmission du rapport d'évaluation aux Ministres chargés des mines, de
l'environnement et des finances pour approbation ; la transmission d'un rapport
d'exécution physique et financière des travaux de l'année précédente aux
Ministres chargés des mines, de l'environnement et des finances s'il y a lieu.
Article 29 : A la fin de l'exploitation, le titulaire du permis d'exploitation
procède à la réhabilitation totale du site minier.
Article 30 . Les travaux de réhabilitation et de fermeture sont approuvés par le
comité technique. Le ministre chargé de l'environnement délivre un quitus au
titulaire après avis du ministre chargé des mines qui le libère de ses obligations
après une période d'observation des travaux de réhabilitation d'au moins vingt-
cinq ans.
Il est procédé à la clôture du compte après transmission du quitus au Ministre
chargé des finances.
Article 31 : Les conditions de validation des plans de réhabilitation, de
décaissement, de contrôle des travaux de réhabilitation et de délivrance du
quitus sont précisées par arrêté interministériel des Ministres chargés des mines,
de l'environnement, des finances et des collectivités territoriales
Article 32 : En cas de défaillance du titulaire du titre minier, l’Etat dispose des
sommes contenus dans le compte « fond de réhabilitation et de fermeture de la
mine » pour effectuer les travaux de réhabilitation et de fermetures du site
concerné.
SAWADOGO HAMIDOU