Lycée Babacar Cobar Ndao de Kaffrine Année scolaire 2O14/2015
HISTOIRE ET GEOGRAPHIE
CLASSES
DE
TERMINALES
L&S
Monsieur Thierno GAKOU
PROGRAMME D’HISTOIRE
A) LE MONDE CONTEMPORAIN
PREMIEREPARTIE : Le monde au lendemain de la deuxième
guerre mondiale 1945-1990
L 1 : Les conséquences de la guerre et le règlement du conflit
L 2 : Les relations Est/Ouest
L 3 : La Chine de 1945 aux années 1990
DEUXIEME PARTIE : Décolonisation et affirmation du tiers-monde
L 4 : Causes générales de décolonisation
L 5 : Les formes de la décolonisation
L 6 : La décolonisation en Asie : Inde et Indochine
L7 : La décolonisation au proche : La question palestinienne et les
relations israélo-arabes
L8 : La décolonisation au Maghreb : l’Algérie
L 9 : La décolonisation en Afrique noire :
-Gold Coast
-Sénégal
-Guinée Bissau et Angola
B) ETUDE DES CIVILISATIONS
INTRODUCTION
L 10 : Introduction à l’étude des civilisations : le concept de
civilisation
PREMIERE PARTIE : Les civilisations négro- africaines
L 11 : Cadre géographique et étude historique
L 12 : Organisation sociale, politique et économique
L 13 : Les religions traditionnelles
L 14 : L’évolution du monde négro africain : influence de l’Islam, du
Christianisme et de la colonisation
DEUXIEME PARTIE : La civilisation musulmane
L 15 : La naissance de l’Islam : l’Arabie préislamique ; Mohamed
L 16 : Le coran et les fondements de l’Islam
L 17 : La constitution du monde musulman : expansion et
organisation
L 18 : La culture musulmane : pensée religieuse, vie intellectuelle et
artistique
A – LE MONDE CONTEMPORAIN
Leçon 1 :
LES CONSEQUENCES DE LA 2EME GUERRE ET LES REGLEMENTS DUCONFLIT
Introduction
La Seconde Guerre mondiale est le deuxième conflit armé de l’histoire qui a impliqué des
pays de tous les continents. Elle a débuté en 1939 et a pris fin en 1945.
En plus de son caractère meurtrier, la Seconde Guerre mondiale a eu des
conséquenceséconomiques, financières, morales politiques importantes.
C’est pour éviter au monde une pareille situation que les vainqueurs ont pris des mesures
importantes lors de rencontres célèbres. On parle alors de règlement du conflit.
I - Les conséquences de la 2eme guerre
En raison du caractère planétaire de cette guerre, de sa durée et des moyens militaires
destructeur utilisés, les conséquences sont notées presque dans tous les domaines.
1 -Les conséquences démographiques
Ce conflit fut le plus coûteux en vie humaine de toute l'histoire de l'humanité. On recense
plus de 60 millions de morts, soit de 6 à 7 fois plus que pour le premier conflit mondial.
Aux victimes militaires des combats s'ajoutent les pertes civiles qui furent plus importantes
en raison des bombardements, desgénocides et des mauvaises conditions de vie (sous-
alimentation, maladies etc.
On notera aussiplusieurs millions de blessés, de disparus et de dérangés mentaux.
Les pays sont très inégalement touchés (voir tableau).
PAYS Nombre de morts % de la population
totale
URSS 21 300 000 12%
CHINE 13 500 000 2.2%
Allemagne 7 060 000 7%
POLOGNE 5 420 000 14%
JAPON 2 060 000 3%
YOUGOSLAVIE 1 700 000 10%
France 610 000 1.5%
Italie 420 000 1%
Royaume-Uni 400 000 1%
ETATS-UNIS 300 000 0.2%
Sources : Général Beaufre, La Deuxième guerre mondiale, Tallandier, 1967-1969
2- les conséquences matérielles et financières
Sur le plan matériel,les destructions sont considérables et touchent des régions entières : -
70% des immeubles de la Ruhr ont été détruits. - 38% de la capacité de production de la
Pologne et de la Yougoslavie ont disparu. - En URSS, 6 millions de maisons, 70 000 villages,
1 700 villes, 1/3 du cheptel bovin ont été détruits. - En France, 80% des installations
portuaires ont disparu et le réseau ferroviaire a subi de très importants dommages.
Certaines villes ont été presque rayées de la carte : Dresde, Coventry, Hiroshima, Nagasaki,
Oradour-sur-Glane... Les pays les plus touchés sont : l'URSS, l'Italie, le Japon, la France, le
Royaume-Uni, l'Allemagne.
Lieux et dates des bombardements Nombre Tonnage de Nombre de
d’avions bombes morts
bombardiers déversées
DRESDE (8 février 1945) 800 3000 135 000
TOKYO (10 mars 1945) 279 1700 83 000
HIROSHIMA (6 août 1945) 1 1 bombe 70 000
NAGASAKI (9 août 1945) 1 1 bombe 36 000
Sur le plan financier Les dépenses militaires lors de la second guerre mondiale ont été
estimées à environ 1200Milliards de $. L’Europe est devenue très endettée vis à vis des
pays neufs. Au sortir de la guerre elle doit liquider tous ses avoirs pour payer sa dette.
Partout dans le monde c’est la montée des prix des denrées.
3-Les conséquences psychologiques
Toutes les familles des victimes sont toujours sous le choc de cette guerre très meurtrière. Il
faudra des années pour rétablir l'ordre dans leurs têtes. De plus, les personnes qui ont
survécu aux camps de concentration ont énormément de difficultés à vivre "comme avant".
Les souvenirs qui les hantent jours et nuits sont traumatisants.
L’arme atomique, qui a montré ses capacités destructrices à Hiroshima et à Nagasaki, les 6
et 9 août 1945 et l'horreur des camps de concentration provoquent un traumatisme moral.
Cette angoisse existentielle s'exprime alors au niveau culturel à travers le cinéma néo-
réaliste, la philosophie existentialiste avec Sartre et l'apologie de l'absurdité de la vie
avec Camus.
L'Europe, autrefois sûre des ses valeurs, de la supériorité de l'homme blanc et de son rôle
civilisateur, remet en cause sa foi dans le progrès scientifique et dans l'avenir, s'interrogeant
sur le poids de ses responsabilités.
4 - Le déclin de l'Europe
L'Europe devient ruinée et dépendante. En effet, la Seconde Guerre mondiale a accéléré
l'affaiblissement financier et démographique, mais aussi économique et politique de
l'Europe. L'Europe a besoin des EU pour se reconstruire. La plupart des pays européens
sont soumis soit à l'occupation américaine, soit à l'occupation soviétique. Avec cette
occupation, l'Europe se trouve au cœur de l'affrontement entre le camp socialiste rivé à
l'URSS et le camp occidental attaché aux EU.
On assiste aussi à La fin de l'hégémonie européenne car les puissances européennes n'ont
plus l'influence d'avant la Guerre et surtout sur leurs empires coloniaux. Nombreux sont les
mouvements nationaux qui se développent et réclament, même avant 45, leur
indépendance.
5 - L'émergence des pays neufs
La guerre à non seulement favorisé le développement économique des EU, mais aussi de
nombreux autres pays où se sont mises en place des industries de substitution (Brésil,
Argentine, Mexique). Les secteurs industriels du Canada, de l'Australie et de la Nouvelle-
Zélande ont été stimulés.
II Les règlements du conflit
Le règlement du conflit désigne l’ensemble des rencontres initiées par les alliés pendant et
après le conflit en vue de rétablir et de gérer la paix.
A partir de 1943, les 3 grands (USA, URSS et GB) se rencontrent dans une série de
conférences pour réfléchir d’une part sur les stratégies communes à mettre en œuvre pour
la victoire finale et d’autre part sur la gestion de la paix une fois le conflit terminé.
Ainsi on distingue des conférences à caractère politique et d’autre à caractère économique et
le procès de Nuremberg
1 –Conférences tenues pendant la guerre
Elles sont pour la plupart, des conférences à caractère politique.
* la conférence de TEHERAN(28 Novembre et 1er Décembre 43)
Roosevelt Staline et Churchill se rencontrent pour la première fois à la demande de l’URSS.
Les décisions prise sont :
Ouverture d’un second front en Europe occidentale pour alléger le poids de la guerre
supporté presque exclusivement par l’U.R.S.S, en Europe de l’Est. En contre partie,
Entrée en guerre de l’URSS contre le Japon.
Débarquement en Provence et en Normandie
Dans une certaine mesure la conférence de Téhéran a préparé politiquement et
stratégiquement la victoire future des alliés
*La conférence de Bretton Woods(1 au 22 juillet 1944)
La conférence, qui réunit 44 nations, a pour objet de poser les bases d’un nouveau système
monétaire international plus stable. Elle débouche sur la Création du Fonds monétaire
international (FMI) et de Banque internationale pour la reconstruction et le développement
communément appelé Banque mondiale (BM), organismes chargés respectivement
d’accorder des crédits à court et à long termes pour financer la reconstruction des
économies ruinées par le second conflit mondial.
* La conférence de YALTA(du 4 au 11 Février. 1945)
Les 3 grands se retrouvent à nouveau à Yalta en Crimée (UKRAINE) au moment où la
défaite Allemande était imminente : il fut décidé :
La capitulation, réorganisation territoriale(découpage en 3 zones) et remaniement des
frontières de l’Allemagne
Ratification de l’entrée en guerre de l’URSS contre le Japon en échange de la restitution de
ces possessions dans les îles Kouriles et Sakhaline.
Déclaration sur l’Europe libérée qui prévoit l’organisation d’élections libres après la guerre,
Projet de création de l’organisation des Nations Unies.
2 – Conférences tenues après la guerre
* La conférence de Postdam (juillet-aout 1945)
Elle a eu pour objectif de préciser et mettre en œuvre les accords de Yalta. Staline Truman et
Attlee décident
Les 3D(désarment, démilitarisation et dénazification de l’Allemagne).
Jugement des criminels de guerre.
Versement d’une réparation (20M de $) fixait à l’Allemagne. Ce pendant celle-ci pourra
bénéficier d'une capacité industrielle suffisante pour disposer d’une économie capable de
subvenir à ses besoins,
On note à Potsdam une mésentente entre alliés à propos de l’Europe libérée. En effet Staline
et les puissances occidentales n’ont pas la même conception des élections. Néanmoins la
conférence fut considérée comme un succès.
* le traité de Paris de 1947
Une série de rencontres tenue à Paris entre 1946 et1947 débouche sur d’importante boule
versements territoriaux visibles en Europe en Afrique et en Asie.
En Europe : toutes les conquêtes hitlériennes sontannulées. L’Allemagne principale
victime, en plus de son découpage, va perdre environ 100.000 km² au profit de la
Pologne. Berlin la capitale est aussi soumise à une occupation quadripartite.
L’U.R.S.S et la Pologne sont les grands bénéficiaires de ce remaniement territorial.
En Afrique : l’Italie et l’Allemagne perdent tout espoir de trouver leurs colonies
En Asie : le Japon se retire de ses conquêtes au profit des U.S.A et l’U.R.S.S.
Paris a été une caution juridique des modifications territoriales survenues après la 2e guerre
mondiale
*Le procès de Nuremberg (20 novembre 1945 au 1 octobre 1946)
Le traumatisme moral né de la guerre conduit les pays vainqueurs à ériger pour la première
fois, un tribunal qui prétend juger au nom de la conscience humaine universelle et qui
définit une nouvelle notion de droit international, celle de "crime contre l'humanité". Au
procès de Nuremberg, du 20 novembre 1945 au 30 septembre 1946, 21 accusés, les
criminels nazis, les principaux chefs du Reich sont jugés. 12 d'entre eux sont
condamnés à mort.
Conclusion
La 2e guerre mondiale a été lourde de conséquences pour l’humanité. Tirant la leçon de
l’énorme désastre qu’elle a occasionné, les alliées prennent sur eux l’engagement de bâtir un
monde nouveau de paix durable, de justice et surtout de solidarité entre les nations. C’est
dans cette mouvance que fut créée en 1945 l’ONU.
DOSSIER SUR L’ONU
Introduction
L’ONU (organisation des nations unies) regroupe aujourd’hui la presque totalité des nations
du monde. Créée en 1945 sur les cendres de la défunte SDN (société des nations), l’ONU a
pour missions de garantir la paix et la sécurité internationale,
Etudier l’ONU ; c’est d’abord parler de sa genèse, de ses buts et principes, de ses organes,
de ses actions et des critiques en son encontre
I –Genèse, buts et principes de l’ONU
A - Genèse
L’Organisation des Nations unies (ONU) naît de la nécessité de trouver une suite à la Société
des Nations (SDN), organisation internationale fondée au lendemain de la Grande Guerre
avec des objectifs en grande partie identiques, et ayant échoué dans sa mission
fondamentale, celle de prévenir un autre conflit mondial.
En pleine guerre mondiale L’expression « nations unies »apparaitdans la déclarationdes
principes de la Charte de l’Atlantique de la charte de l’atlantique signée le 1er janvier 1942,
par les représentants des 26 nations alliées. A l’origine elle exprimait la volonté des alliés
d’unir leur force contre l’Allemagne. Le projet de nations unies est élaboré lors de la
conférence de Dumbarton Oaks et entériné à Yalta.
Et le 26 juin 1945, 50 pays signent à San Francisco la Charte des Nations unies, le texte
fondateur de l’Organisation des Nations unies.
B - Buts :
Les buts et les Principes de l’ONU sont énoncés dans sa charte. En effet le rôle de l’ONU est
de maintenir la paix et la sécurité internationale, de développer entre les nations des
relations amicales sur la base de l’égalité des droits des peuples à disposer d’eux même, de
réaliser la coopération internationale, le développement économique sociale et culturelle de
l’humanité
C - Les Principes :
L’ONU fonctionne sur la base du respect des principes suivants :
L’égalité souveraine de tous ses membres, règlement par des moyens pacifiques de tous
les différents internationaux.
Le non recoursà la force contre tout Etat membre. L’assistance de l’organisation à tout
Etat membre.
II - Les organes de l’ONU
1. L’assemblée générale :
Les délégués de tous les États membres de l’ONU se réunissent chaque année en Assemblée
générale et discutent de toutes les questions pour ensuite formulent des recommandations
sur ces questions.
L’AG élit le secrétaire général et les autres membres des autres organismes. L’AG vote des
recommandations à la majorité des 2/3
2. Le conseil de sécurité :
Le Conseil de sécurité est l’organe le plus important de l’ONU. Il dispose d’un pouvoir de
décision : c’est lui qui prend des mesures (appelées« résolutions ») en cas de menace pour la
paix.
Le Conseil de sécurité est constitué de dix membres élus par l’Assemblée générale pour
deux ans et de cinq membres permanents, qui sont lesvainqueurs de la 2e guerre(États-
Unis, le Royaume-Uni, la France, la Russie et la Chine).
Les cinq membres permanents sont très importants car ils possèdent un droit de veto : ils
peuvent s’opposer à n’importe quelle décision, même si celle-ci est voulue par la majorité du
Conseil.
Le Conseil de sécuritépeut même autoriser le recours à la force armée pour maintenir la
paix et la sécurité dans le monde
3. le Secrétariat:
Le Secrétariat qui est l’organe administratif de l’ONU, est chargé d’assurer le suivi du
travail de l’ONU. Il est présidé par un secrétaire général, qui est nommé pour cinq ans par
l’Assemblée générale. Le secrétaire général occupe une place primordiale dans la diplomatie
internationale en tentant d’empêcher l’apparition, l’aggravation ou l’extension des conflits.
4. Le Conseil économique et social :
Le Conseil économique et social coordonne les activités économiques, sociales, culturelles et
relatives aux droits de l’homme des Nations unies et de ses agences spécialisées — tels que
l’OMS (Organisation mondiale de la santé), l’Unesco (Organisation des Nations unies pour
l’éducation, la science et la culture) et la FAO (Organisation des Nations unies pour
l’alimentation et l’agriculture) etc.
Composé de 54 membres élus pour trois ans par l’Assemblée générale, il tient deux sessions
par an, l’une à New York, l’autre à Genève. Les agences lui soumettent un rapport annuel.
5. Le conseil de tutelle :
Le Conseil de tutelle est l’organe principal pour la surveillance des territoires placés sous le
régime international de tutelle en remplacement du principe des mandats de la SDN. Il est
composé de 6 membres.
Mais avec l’accession à la souveraineté internationale de la plupart des pays, son rôle est à
redéfinir
6.La Cour internationale de justice
La Cour internationale de justice qui a son siège à La Haye, est l’organe judiciaire de l’ONU.
Quinze juges siègent comme membres de la cour. Ils sont élus pour un mandat de neuf ans
par l’Assemblée générale et le Conseil de sécurité. Leur rôle est non seulement de statuer
sur des conflits internationaux, mais aussi de donner des avis autorisés à la demande de
l’Assemblée générale, du Conseil de sécurité ou des autres organes de l’ONU.
III - Les moyens d’intervention de l’ONU
La diplomatie
C’est la première arme dont dispose l’ONU. Le Conseil de sécurité doit encourager les
nations à résoudre pacifiquement leurs conflits (par des recommandations, des
négociations, la médiation, etc.). Si ces tentatives échouent, il peut avoir recours à des
moyens non militaires (des sanctions économiques par exemple).
L’action militaire
En dernier recours, l’ONU peut autoriser une action militaire pour imposer la paix. Celle-
ci est menée par une coalition de pays, regroupés sous l’égide de l’ONU. Cette manière
d’imposer la paix n’est utilisée que très rarement (par exemple lors de la guerre du Golfe en
1991).
Les Casques bleus
Lorsqu’un conflit éclate, le Conseil de l’ONU peut décider d’envoyer une mission de la paix
dans la zone de conflit afin d’y rétablir la paix. Cette mission est accomplie par les « soldats
de la paix », mais l’ONU n’a pas d’armée. Ce sont les pays membres qui lui fournissent des
soldats.
Les soldats de la paix sont reconnaissables à leur casque ou à leur béret bleu ; c’est
pourquoi ils sont appelés les « Casques bleus ». Les Casques bleus n’ont pas pour mission
de se battre, mais de s’interposer entre les ennemis. En empêchant les agressions directes
et en favorisant le dialogue, ils doivent permettre un règlement pacifique des tensions.
III. Les actions de l’ONU
Depuis sa création il y a une soixantaine d’années, l’ONU a beaucoup œuvré pour la
promotion de :
La paix et la sécurité internationale :
L’ONU ne parvient pas toujours à éviter les guerres, mais elle a un rôle déterminant lorsqu’il
s’agit d’accompagner les processus de pacification : faciliter la mise en œuvre d’accords de
paix, surveiller les cessez-le-feu, favoriser l’aide d’urgence, etc.
L’ONU aide aussi les pays qui sortent d’une guerre à mettre en place des institutions
démocratiques (prise en charge de l’administration provisoire, organisation et supervision
d’élections, etc.).
L’ONU intervient aussi pour limiter la prolifération d’armes jugées dangereuses comme les
armes de destruction massive
Le développement économique et social :
Comme la pauvreté est l’un des principaux obstacles à la paix, l’ONU s’est dotée
d’organismes de coopération internationale qui doivent favoriser le développement
économique et social de tous les pays. Ces institutions travaillent dans des domaines
spécialisés : ce sont par exemple la FAO (alimentation et agriculture), l’OMS (santé), l’Unicef
(enfance), l’Unesco (éducation, science et culture), le PNUD (aide au développement), le HCR
(protection et assistance aux réfugiés), etc. L’ONU consacre 70 % de ses activités à la
coopération internationale.
Les droits de l’homme :
Lapremière grande réalisation de l’ONU dans ce domaine a été l’adoption en 1948 de la
déclaration universelle des droits de l’homme qui stipule que « lesêtres humains naissent
libres et égaux en dignité et en droit ».
Depuis, l’organisation ne cesse d’œuvrer pour garantir la sauvegarde des droits de l’homme,
protéger les hommes dans des situations de conflit, éliminer toute forme d’esclavage et de
discrimination raciale, promouvoir les droits des femmes, de l’enfance, protéger les
minorités ethniques etc.
L’aide humanitaire : depuis la fin de la seconde guerre mondiale l’aide humanitaire
accordée aux personnes victimes de catastrophes, de maladies de la faim, de la pauvreté a
été multipliée. Le PNUD, l’UNICEF, la FAO, l’OMS se sont mobilisés pour porter assistance à
des millions de personnes à travers le monde.
IV. Les faiblesses de l’ONU
L’action de l’ONU à ses débuts par paralysée par la guerre froide
Pendant de longues années, l’action de l’ONU a été considérablement paralysée par les
rapports tendus entre les États-Unis et l’URSS. En effet, dès le lendemain du conflit, les
deux grands alliés de la Seconde Guerre mondiale se sont opposés pendant plus de
quarante ans dans une guerre froide qui a divisé le monde en deux blocs. Au sein du
Conseil de sécurité, chacun utilisait son droit de veto pour bloquer les projets de l’autre.
L’ONU instrument des grandes puissances
L’action de l’ONU dépend de la volonté des États membres, notamment celle des grandes
puissances qui ont un siège permanent au Conseil de sécurité — et qui possède donc un
droit de veto —, et en particulier la première d’entre elles, les États-Unis. Cette dépendance
est souvent reprochée à l’ONU car elle l’empêche de jouer véritablement son rôle d’arbitre.
De plus, ces pays parviennent rarement à se mettre d’accord sur les mesures à prendre en
cas de conflit. Enfin, la crainte de s’engager dans des guerres longues et coûteuses incite
souvent les États à renoncer à toute action
Une organisation inadaptée au contexte actuel.
Dans sa configuration l’ONU semble inadaptée au contexte actuel car depuis la fin de la
seconde guerre monde le monde a beaucoup évolué. Aujourd’hui des voix s’élèvent de plus
en plus pour fustiger le caractère inégalitaire du conseil de sécurité. Pour elles, une réforme
de l’organisation et de son mode de fonctionnement est plus que jamais à l’ordre du jour.
Les moyens financiers de l’ONU sont insuffisants
Le financement de l’ONU est en effet l’une de ses grandes difficultés. Ce sont les
contributions de tous les États membres qui financent les actions de l’ONU. Depuis le
milieu des années 1980, l’ONU traverse une grave crise financière, et peu de pays sont à
jour de leurs cotisations.
Conclusion
Depuis sa réaction s’efforce de remplir ses missions conformément à ses principes et à ses
buts. Ses activités multidimensionnelles sont certes couronnées de succès mais aussi
parfois d’échecs, au point que certains détracteurs ne manquent pas de critiquer vivement
l’organisation. Beaucoup de questions sont soulevées par rapport à l’indépendance réelle de
l’organisation.
Tout porte à croire que l’organisation subit le dictat des occidentaux et des USA en
particulier dans sa volonté de domination du monde. C’est fort de ce constat que de plus en
plus une redéfinition est entraîne d’être faite sur la base de l’élargissement du Conseil de
Sécurité (tous les continents doivent y siéger et de manière permanente) et du soulèvement
de la question de la pertinence même du droits de veto.
Tout compte fait, malgré ces faiblesses, l’ONU demeure une organisation indispensable qu’il
faut préserver à tout prix dans le cadre d’une reforme profonde en vue de mieux l’adapter au
contexte géopolitique actuel
LEÇON 2
LES RELATIONS EST / OUEST
Introduction
Après la Seconde Guerre mondiale,l’alliance formée par les pays qui combattaient les
puissances de l’axeest fragilisée par une méfiance réciproque manifestée surtout par les
deux leaders (U.S.A et l’URSS), à cause de leursintérêts et deleurs projets politiques
divergents. Cette situation aboutira finalement à la rupture, puis à l’apparition de deux
blocs opposés (Bloc Est et Bloc Ouest). Ces blocs s’engagent dans une guerre froide qui fera
place à une période de détente avant de s’estomper à la fin des années 90.
I -Les origines de la guerre froide
1 -La rupture de la grande alliance
L’année 1947 marque de manière effective la rupture de la grande Alliance. Mais elle a été
précédée de signes annonciateurs.
- Les signes annonciateurs de la rupture
Pour beaucoup d’observateurs de l’époque, l'alliance entre les États-Unis et l'Union
soviétique contre l'Allemagne nazie pendant la Seconde Guerre mondiale ne pouvait pas
survivre au conflit carleurs intérêts sont opposés en tous points.
D’ailleurs, vers la fin de la guerre, les États-Unis et leurs alliés s'inquiètent de la façon dont
Staline utilise l'Armée rouge afin de s'assurer le contrôle de la plus grande partie de l'Europe
centrale et orientale et de ses ambitions sur les détroits entre la mer Noire et la
Méditerranée.
Dans un célèbre discours prononcé le 5 mars 1946 à l’université américaine de Fulton,
Winston Churchill dénonce l'attitude de Staline. D’après lui : « de Stettin sur la Baltique à
Trieste sur l’Adriatique, un rideau de fer s’est abattu à travers le continent »
De leur côté, les Soviétiques redoutent le nouveau rôle mondial que les États-Unis
capitalistes entendent tenir. Ils pensent que les États-Unis veulent limiter l’influence
communiste dans le monde et rester la seule puissance mondiale.
La méfiance croît encore davantage quand les Usa suppriment de manière unilatérale la loi
du prêt-bail.
- Les causes de la rupture
Le 12 mars 1947, le Président américain Truman sous le feu des critiques, décrète la
« doctrineTruman » ou le « containment », politique qui a pour objectif d’endiguer le
communiste partout dans le monde et qui s’appuie sur deux volets : un volet militaire et un
volet économique : le vote d’un budget de 400 millions de dollars destiné à la Grèce et à la
Turquie.
Le 5Juin 1947, le « Containment » se renforce sur le plan économique avec l’adoption du
plan Marshall. Celui-ci connu aussi sous le nom d’europeanrecovery program
(Programme de reconstruction européenne), doit aider à la reconstruction des pays
européens dévastés par la Seconde Guerre mondiale en proposant13 milliards de dollars.
L’URSS qui a flairé le piège refuse l’offre et impose son choix à ses « satellites ».
Le 22 septembre 1947, l’URSS riposte avecla « doctrine Jdanov ».qui crée le
Kominformbureau d'information et de liaison des partis communistes. Le Kominform au
lieu de proposer de l’argent, cherche à mobiliser les forces communistes d’Europe et à leur
renforcement idéologique et politique. Jdanov qui en est l’initiateur définit une nouvelle
ligne qui fait du combat contre les « forces impérialistes » des États-Unis et de leurs alliés
une priorité. Il va affirmer officiellement la division du monde en deux camps : un « camp
impérialiste et anti- démocratique » dirigé par les USA et un camp « démocratique et
anti-impérialiste » dirigé par l’URSS.
A la fin de l’année 1947 le monde, par les jeux des alliances, va se constituer en blocs
autour des États-Unis et de l’URSS
2 -La mise en place des blocs
Les U.S.A organisent le bloc Ouest
Dès 1947, les pays ont accepté le plan Marshall se sont retrouvés au côté des U.S.A dans le
un bloc uni par des liens militaires et économiques.
Sur le plan militaire,on va assister sous la direction des U.S.A à une multiplication
d’organisations.
En 1949 estcréée l’Organisation du Traité de l’Atlantique nord (OTAN) qui regroupe les
U.S.A, le Canada et pratiquement tous les pays de l’Europe de l’ouest.
D’autres organisations seront crées à l’image de l’Otan. C’est le cas del’organisation du
Traité de l’Asie du Sud Est(OTASE) en 1954.En Océanie on a l’ANZUS créée en 1951 et qui
regroupe l’Australie la Nouvelle Zélandeet les USA. Au proche Orient on a le pacte de
Bagdad ou CENTO(Central Treaty Organization) qui réunit l’Iran, l’Irak, le Pakistan, et la
Turquie.
Sur le plan économiqueLes U.S.A conformément à l’esprit du « containment » ont aussi
cherché à organiser économiquement leur sphère d’influence. Cette organisation s’appuie
sur le dollar comme monnaie d’échange et de référence, les institutions de Bretton Woods
(FMI et Banque Mondiale), le Gatt et l’OECE.
L’URSSorganisent le Bloc Est
Sur le plan militaire : En 1955 le Pacte de Varsoviequi regroupe l’URSS et ses satellites est
une réponse à l’OTAN.
Sur le plan économique :En 1949 les démocraties populaires sont intégrées à l’espace
économique soviétique avec la création du conseil d’aide économique mutuelle(CAEM) ou
COMECONqui favorise l’échange de produits économiques et organise les planifications.
Désormais deux dispositifs militaro économiques se font face à l’échelle mondiale la
confrontation ne va pas tarder à se manifester.
II - la guerre froide et ses manifestations (1947- 1953)
Terme forgé par le journaliste américain Walter Lippmann, la guerre froide, estla période de
tensions et de confrontations idéologiques et politiques entre les deux superpuissances que
furent les Usa et l’Urss. Précisons ce pendant que ces tensions n’ont pas débouché sur une
confrontation militaire directe entre les deux.
La guerre froide s’est plutôt manifestée par un certain nombre de crises notées un peu
partout dans le monde.
1 -Les crises
Ce sont des conflits où les deux puissances se sont affrontées par alliés interposés
En Europe : On va noter plusieurs crises, parmi lesquelles le coup de Prague et la première
crise de Berlin
Le coup de Prague : c’est le nom donné à la prise de contrôle de la Tchécoslovaquie par le
parti communiste en février 1948 avec le soutien de l’Urss, aboutissant au remplacement du
régime nationaliste pro-occidental.
La première crise de Berlin :En 1945, la conférence de Potsdam a décidé de la partition de
la ville de Berlin située au centre de la zone d’occupation soviétique, en une zone soviétique
et une zone occidentale. Mais à partir de 1947, le début de la guerre froide rend cette
cohabitation difficile. La question berlinoise devient alors une pomme de discorde entre les
Soviétiques et les Occidentaux.
En mars 1948, la situation s’aggrave lorsque, le maréchal Sokolovski limite de façon
drastique la circulation entre Berlin et l’Allemagne de l’Ouest. Son objectif est d’étouffer la
capitale pour en chasser les puissances alliées de l’Ouest.
Considérant que la menace communiste plane sur Berlin et sur toute la zone ouest
allemande et craignant que l’Allemagne affaiblie ne soit fragile, les occidentaux annoncent
leur intention d’unifier les zones occidentales pour fonder un Etat ouest-allemand doté une
nouvelle monnaie (le Deutsche mark). Staline répond immédiatement en imposant un blocus
ferroviaire, routier, fluvial.
Aussitôt les occidentaux réagissent en organisant un pont aérien pour ravitailler Berlin
Ouest. En un an, cette stratégie s’est révélée être un véritable succès. Elle a permis
d’acheminer 2,5 millions de tonnes de ravitaillement, sauvant ainsi la ville de l’asphyxie
Les Soviétiques n’ayant pu provoquer ni le recul ni le départ des occidentaux, lèvent le
blocus en 1949.
Cette crise scelle la division de l’Allemagne en deux Etats : la République Fédérale
Allemande (RFA) pro-occidentale créée08 Mai 1949 et la République Démocratique
Allemande (RDA) prosoviétique créée le 07octobre 1949.
Berlin devient dès lors le symbole de la bipolarisation du monde.
En Asie : Plusieurs crises ont été notées parmi lesquelles la guerre civile en Chine, la guerre
d’Indochine. Mais la crise la plus grave fut celle de Corée.
La guerre de Corée : A la fin de la Seconde Guerre mondiale, la Corée, sous domination
japonaise depuis 1910, est partagée en deux zones d’occupation : la zone soviétique au
nord, et la zone américaine au sud qui sont séparées par le 38 eme parallèle.
En 1946 des tentatives de réunification de la péninsule sont menées par les États-Unis et
l’Union soviétique, mais n’aboutissent pas, dans un climat d’hostilité croissante entre les
deux superpuissances. Deux États antagonistes voient alors le jour. Au sud, la République
de Corée, présidée par Syngman Rhee et soutenue par le gouvernement américain et les
Nations unies, est proclamée le 15 août 1948. Au nord, la République populaire
démocratique de Corée, présidée par Kim Il-sung et soutenue par le gouvernement
soviétique, est proclamée dix jours plus tard
En juin 1950, l’armée nord-coréenne franchit le 38e parallèle et envahit la Corée du Sud
dans le but de refaire l’unité du pays.
Les U.S.A sous le couvert de l’ONU interviennent. La contre offensive dirigée par le général
Mac Arthur refoule les envahisseurs jusqu’à la frontière chinoise. Mais l’intervention de
volontaires chinois permet aux troupes du Nord de repousser les troupes américano
onusienne. Finalement le front se stabilise au niveau du 38° parallèle, même si le général
Mac Arthura voulu utiliser la bombe atomique.
Les négociations entamées à partir de 1951 aboutissent à l’armistice de Pam Mun Jom le
27 juillet 1953.
2 -La course aux armements :
Parallèlement à ces crises, on note une course aux armements c'est-à-dire une rivalité pour
avoir la suprématie militaire.La perspective d'une guerre nucléaire pousse chaque
superpuissance à se lancer dans d'importantes recherches dans le domaine des armes
nucléaires (bombe A et bombe H), mais aussi dans le domaine des armes stratégiques
(missiles balistiques, fusées intercontinentales, sous-marins satellites etc.
IV - La détente (1953 – 1975)
La détente ou coexistence pacifique est un terme utilisé dans les relations internationales
pour désignerla phase d'apaisement de la tension entre deux superpuissances. Motivée par
un certains nombre de raisons, la détente sera néanmoins perturbéepar des crises.
1 - Les raisons de la détente
De nouveaux dirigeants : A la mort de Joseph Staline en 1953, son successeur
Khrouchtchev va prendre à contre pied l’orientation politique de son prédécesseur et
inaugure la période de la coexistence pacifique. Aux Usa Eisenhower arrive au pouvoir avec
une politique moins radicale que son prédécesseur.
La parité stratégique :
On peut l’appeler aussi l’équilibre de la terreur. En effet au sortir de la deuxième Guerre
mondiale les U.S.A avaient une supériorité militaire avec le monopole nucléaire. Ils seront
rattrapés par l’Urss à la fin la fin des années 40.Désormais, chaque puissance possède la
capacité de détruire l’autre et joue la carte de prudence.
La détente, une nécessité économique :
En effet la Guerre froide coûte chère aux économies des deux pays. Et la détente devient dés
lors pour les deux pays une nécessité pour se consacrer à d’autres dépenses.
2 - Les premières manifestationsde la détente
C’est une période qui fait suite à la mort de Staline en 1953, marquée surtout par les
initiatives prises par Khrouchtchev qui dénonce les abus de Staline, reconnaît la RFA en
1955, dissous le Kominform, relance le dialogue avec les occidentaux, un dialogue qui a été
rompu depuis 1945.
Ainsi plusieurs conférences au sommet vont même réunir entre 1955 et 1959 les présidents
américains et soviétiques.
3 – Les crises qui perturbent la détente
La deuxième crise de Berlin : En 1958 l’Allemagne est à nouveau au cœur de la rivalité Est –
Ouest. En effet le président Khrouchtchev exige que Berlin soit rattachée à la RDA ou bien
transformée en une ville libre c’est à dire placée sous contrôle de l’ONU. En fait l’URSS ne
pouvait plus tolérer le passage de Milliers d’Est berlinois dans la partie Ouest de
Berlin. Pour arrêter cette ruée humaine attirée par l’essor économique, les dirigeants Est
allemands, appuyés par l’URSS, érigent le mur de Berlin dans la nuit du 12 au 13 Août
1961. Avec ce mur le « Rideau de fer » devient une réalité.
La Crise de Cuba : C’est peut être la plus grave des tensions de la guerre froide. Elle a eu
lieu à Cuba pays situé à environs 150km au Sud Est de la Floride.
Fidel Castro a renversé en 1959 le dictateur proaméricain Batista puis il a procédé à la
nationalisation des entreprises américaines. Les Américains sentant leurs intérêts
menacés, organisent sous la direction du nouveau président américain Kennedy un
débarquement à la baie des cochons pour renverser le régime Castriste. En réaction Castro se
rapproche de l’URSS et va même jusqu’à autoriser à cette dernière l’établissement de fusées
susceptibles de menacer la sécurité américaine. Kennedy décrète un blocus sur l’île et
menace l’URSS d’utiliser l’arme nucléaire. La tension est extrême. Une épreuve de force
s’engage et semble déboucher sur un affrontement car ni Kennedy, ni Khrouchtchev
n’accepte de reculer.
Le bras de fer psychologique auquel cette crise a donné lieu, par l’ampleur des dangers
qu’elle révèle aux yeux du monde, aboutit finalement au renforcement de la détente.
4 – La poursuite de la Détente
C’est une nouvelle période de la détente qui s’ouvre après les deux crises majeures qui l’ont
perturbée. Prenant conscience de la fragilité de la détente, les deux superpuissances
décident,alors, de privilégier la recherche de solutions négociées, ainsi que le
développement des échanges et l'adoption d'accords de limitation des armements.
1963, le « téléphone rouge » est ainsi établi entre Moscou et Washington, pour permettre aux
deux grands de dialoguer en permanence.
1963, signature d’un traité d'interdiction des essais nucléaires non-souterrains
1968, signature d’un traité non prolifération des armes nucléaires (TNP) par lequel les cinq
grandes puissances (États-Unis, URSS, Royaume-Uni, France et Chine) s'engagent à ne pas
diffuser la technologie nucléaire militaire
1969, l’Ostpolitikqui est une politique de normalisation des relations avec la RDA initiée
par le chancelier social démocrate Willy Brandt.
1972 c’est la signature de l'accord SALT qui prévoit une limitation de la croissance des
armes nucléaires tant défensives qu'offensives,
Dans la même année, Richard Nixon, se rend à Pékin puis à Moscou. Leonid Brejnev est
reçu à Washington un an plu tard.
1975, la signature des accords d'Helsinki qui consacrent les frontières actuelles de l’Europe
de l’est, le non-recours à la force, la non-ingérence dans les affaires intérieures , le
renforcement de la coopération économique et culturelle, le développement des échanges
éducatifs, ainsi que le respect des droits de l'homme, notamment la liberté de pensée et de
religion, et les contacts entre les personnes.
Cette conférence va marquer l’apogée de la détente. Ce pendant, elle fait suite une nouvelle
période de tensions communément appelée « la Guerre fraiche »
V - La guerre fraiche et la fin de la guerre froide
1 – La guerre fraiche
La seconde moitié des années soixante-dix est marquée par un brusque regain de tension.
L'expansionnisme soviétique connaît en effet un renouveau. Il se manifeste en Afrique avec
le soutien à de nombreux régimes (Angola, Mozambique, Éthiopie) et des accords de
coopération, en Asie avec l'appui de son allié vietnamien qui envahit le Cambodge, et enfin
en Amérique centrale par l'appui apporté aux sandinistes du Nicaragua et aux guérillas au
Salvador et au Guatemala.
Mais trois événements principalement sont à l'origine de cette nouvelle période de tension :
l'invasion de l'Afghanistan, par l'armée soviétique, le déclenchement de la « bataille des
euromissiles » et la guerre des étoiles.
. En 1979, l’URSS envahit l’Afghanistan. Les États-Unis financent la résistance afghane.
Une deuxième période de tensions entre l’URSS et les États-Unis débute alors.
. En 1977, l’URSS installe en Europe de l’Est des missiles dirigés vers l’Europe de l’Ouest ;
en réponse, le président américain Ronald Reagan déploie à son tour des armes à partir de
1980. C’est la crise des euromissiles.
. En1980, La t1=0nsion s’accroît après l’élection de Ronald Reagan à la présidence des
États-Unis en novembre. Celui-ci lance l’« Initiative de défense stratégique » ou la « guerre
des étoiles » qui inaugure une course aux armements High Tech visant à édifier un bouclier
spatial contre les armes nucléaires
2 - La fin de la guerre froide
En 1985 à la mort de Tchernenko, Mikhaïl Gorbatchev arrive au pouvoir et entreprend des
réformes dans un pays ruiné économiquement par une lourde bureaucratie mais aussi par
les coûts occasionnés par la guerre froide. Il initie la Perestroïka. C’est à dire une
restructuration du système qui va s’appuyer sur la glasnost c’est à dire la transparence.
Il faut rappeler que ces réformes ne cherchent nullement en remettre en questionle
communisme mais à l’améliorer dans un pays où les problèmes sont nombreux.
Mais dans le bloc de l’Est il y a eu une mauvaise interprétation de la Perestroïka qui a
aboutit à une remise en question systématique du communisme. Cette volonté qui n’était
contenue que par la répression des troupes du pacte de Varsovie, éclate un grand jour.
La Pologne, la Hongrie s’appuyant sur la Perestroïka critiquent ouvertement le système
soviétique. Cette rébellion ouverte va gagner les autres pays communistes du Bloc de l’Est
qui un à un, s’affranchissent de la tutelle soviétique. Cela entraîne l’effondrement du bloc de
l’Est symbolisé en 1989 par la chute du mur de Berlin. Après avoir assisté impuissant à
l’éclatement du bloc de l’Est Gorbatchev ne peut sauver l’URSS de l’éclatement. Les unes
après les autres les républiques soviétiques proclament leurs indépendances.
La Russie à son tour ne sera épargnée par ces bouleversements politiques car dans tout le
pays les partisans de Boris Eltsine contestent l’autorité de PCUS.
En 1991Gorbatchev est obligé d’abandonner le pouvoir.
Avec la disparition du PCUS c’est le ciment de l’URSS qui disparaît. La création de la
communauté des Etats indépendants (CEI) par Boris Eltsine et certains présidents de l’ex :
URSS enterrent définitivement le géant de l’Est. Une page de l’histoire du monde
contemporaine venait d’être tournée.
Conclusion
Après une quarantaine d’années de bipolarisation de la vie internationale, la dislocation du
bloc de l’Est et le revirement idéologique de la Russie place les U.S.A dans une position
d’unique super puissance. Parallèlement aussi la disparition de l’URSS a renforcé la
résurgence de sentiments ultra nationaliste dans la plus part des anciens Etats
communistes. Mais également la prolifération des foyers anti-américains visible à travers la
recrudescence du terrorisme international.
La Chine de 1945 aux Années 90
Introduction :
Pays immense peuplé d’environ 500 millions d’habitants au lendemain de la seconde guerre
mondiale, la Chine a été le théâtre de troubles socio-politiques importantes. En effet
jusqu’en 1949, la Chine a connu successivement un régime féodal et un régime libéral. Mais
à partir d’Octobre 1949 le pays va tomber aux mains des communistes qui vont
entreprendre des réformes socio – politiques et économiques
I - La conquête du pouvoir par les communistes
L’arrivée des communistes au pouvoir est un phénomène historique majeur dans l’histoire
contemporaine de la Chine. Elle a commencé à se dessiner dés la fin de la deuxième guerre
mondiale.Pour accéder au pouvoir, ces communistes ont du passer par de rudes épreuves
comme la « longuemarche »lors de la guerre civile qui les a opposé aux forces de Chang Kai
Check (Jiang Jieshi) soutenues par les Usa
Finalement les communistes finissent par remporter la victoire et proclamer la naissance de
la République Populaire de Chine le 1er octobre 1949. Pendant ce temps Jiang Jieshi se
réfugie à l’ile de Formose(Taiwan) pour y installer un gouvernement libéral immédiatement
reconnu et soutenu par les Usa.
Aussitôt installés au pouvoir, les communistes, sous la direction de Mao Tse Toung,
s’attèlent à la reconstruction du pays. Dans cette reconstruction on distingue 2 étapes : Une
première étape marquée par les réformes entreprises par Mao et une seconde marquée par
celles entreprises par Deng Xiaoping
II -La reconstruction avec Mao(1949 – 1976)
1 - Les premières réformes (1949 – 1953)
Dés 1950 dans une Chine plus que jamais ruinée, Mao entreprend des réformes d’urgence
qui portent sur :
La réforme agraire avec la redistribution de quelques 70 millions d’ ha aux paysans.
L’émancipation de la femme avec l’interdiction de la polygamie du concubinage,
l’autorisation du divorce, la fin de l’oppression séculaire des femmes etc.
Le remodelage idéologique destiné à lutter contre la corruption contre le gaspillage la
bureaucratie.
Aucun secteur n’échappe aux réformes : la constitution, l’éducation, la pensée confucéenne
etc. Au sein même du Parti Communiste, certains militants corrompus sont identifiés et
sanctionnés. Bref les premières réformes vont remettre en question les réalités qui ont
jusqu’ici guidé la société chinoise.
Naturellement toutes ces mesures soulèvent la sympathie du peuple chinois car l’économie
évolue qualitativement, l’inflation régresse, le réseau de communication est remis en état, la
production agricole et industrielle redémarrent. Cependant la Chine est encore bien loin de
la prospérité et de l’autosuffisance. Ce qui nécessite d’autres reformes beaucoup plus
profondes.
2-L’adoption du modèle soviétique (1953-1957)
A partir de 1953, Mao va se mettre à l’école de l’URSS en adoptant le modèle soviétique.
Celui-ci s’appuie sur :
La planification de l’économie avec le premier plan quinquennal qui privilégie l’industrie
lourde au détriment de l’agriculture
La collectivisation de l’agriculture, la nationalisation du commerce, des banques contre
l’avis des intellectuels du Parti.
Les résultats qui sont en deçà des attentes suscitent le mécontentement dans les
campagnes et même au sein du PCC où un nouveau apparait : c’est celui des partisans des
solutions réalistes appelés « pragmatiques », « réalistes », « réformateurs » ou « la
droite » incarnée par Deng Xiaoping.
Sentant les critiques se développer, Mao lance en 1957 la campagne des « cent fleurs »
qui, théoriquement, autorise les critiques, mais en réalité est un moyen pour lui d’identifier
et d’éliminer ses adversaires afin de reprendre en main le parti
Néanmoins ces critiques vont le pousser à initier une nouvelle réforme.
3 -Le Grand bond en Avant (1958 – 1962)
Au printemps 1958 les dirigeants chinois estiment que la Chine est mûre pour bruler les
étapes. Ils se lancent alors dans une nouvelle réforme communément appelé le GBA et qui
se fixe comme double objectifs de :
Accélérer la croissance économique et Hâter la marche vers le communisme suivant une
voie spécifique à la Chine.
Cette réforme qui permettra, selon Mao, de « rattraper l’Angleterre en 7 ans », s’appuie sur
son instrument principal ; les communes populaires: À partir de 1958, la chine va en
compter près 26 000 qui regroupent quelques 125 millions de familles. Dans ces communes
populaires les activités agricoles et industrielles doivent être développées parallèlement car
pour Mao « la Chine doit marcher sur ses deux jambes et non à cloche- pied ».
Le GBA qui est aussi synonyme de rupture avec l’URSS, privera brutalement la Chine de
l’assistance financière et technique des soviétiques.
L’expérience du GBA tourne à l’échec et au drame. On peut même parler de « grand bond en
arrière ». Des calamités naturelles et de mauvaises récoltes ont entrainé une terrible famine
qui a fait plusieurs millions de mort. Mao est critiqué par les « réalistes ».
A partir de 1962, une phase de rectification est amorcée (priorité de l’agriculture sur
l’industrie, réduction des communes populaires, nominations de gestionnaires compétents à
la tête des entreprises etc.). C’est une sorte de rejet du GBA et au delà, des choix
économiques de Mao. Ce dernier va même perdre la présidence au profit de Liu Shaoqi. Mais
Mao va réagir avec la Révolution Culturelle
4 - La Révolution Culturelle (1966 – 1969)
Pour reprendre le pouvoir qui commençait à lui échapper petit à petit, Mao lance la grande
révolution culturelle prolétarienne (GRCP) plus connu sous le nom de Révolution Culturelle.
Théoriquement il s’agit d’une réforme idéologique qui cherche à modifier les mentalités. Mais
en réalité les personnes visées sont les adversaires de Mao dans le parti.
Le mouvement est pris en charge par les « gardes rouges » composés d’étudiants fanatisés
qui traquent, arrêtent ou éliminent tous ceux qui ne sont pas d’accord avec la politique de
Mao. Ainsi des Intellectuels, artistes, universitaires, hommes politiques, anciens bourgeois
vont faire les frais de cette GRCP. Le mouvement s’arrête en 1969 après avoir désorganisé le
pays et causé la mort de plusieurs millions de Chinois.
Cette évolution culturelle consacre la reprise en main du pays par Mao. Celui-ci met fin à
l’isolement diplomatique du pays en le faisant entrer au Conseil de sécurité en 1971puis en
recevant le président américain Richard Nixon à Pékin en 1972.
III. La Période Post Mao
La mort de Zhou Enlai en janvier puis celle de Mao en septembre 1976relance la lutte entre
radicaux (maoïstes) et réformateurs. Mais rapidement le pouvoir passe aux mains des
seconds qui prennent ainsi leur revanche. Deng Xiaoping le chef de file alors vice premier
ministre voit ses idées triompher lorsque le parti approuve sa politique basée sur les
« Quatre modernisations » (agriculture, industrie, défense nationale, science et technique).
C’est le début d’une ère de changements profonds et d’une ouverture sur l’extérieur Deng
Xiaoping va gouverner la Chine de 1978 à sa mort en février 1997.
1 - L’orientation économique de Deng Xiaoping
Deng Xiaoping est partisans d’un retour partiel au capitalisme car pour lui c’est la clé
du développement de la Chine il disait « peu importe que le chat soit noir ou blanc du
moment qu’il attrape la souris ». Il néglige le rôle des communes populaires accorde une
liberté d’action aux paysans qui désormais ont la possibilité de choisir la culture de leur
choix.
Sur le plan industriel on note une autonomie de gestion qui est accordée aux chefs
d’entreprise et la priorité est donnée à l’industrie légère utilisatrice de main-d’œuvre.
Sur le plan commercial la chine ouvre ses frontières aux produits étrangers du même
coup les capitaux étrangers affluent en Chine.
Désormais les étrangers sont autorisés à investir en Chine dans les zones économiques
spéciales (ZES) et dans les zones d’exploitation économique(ZEE).
2 - L’Orientation politique
Cette ouverture économique de la Chine n’est pas synonyme d’ouverture politique.
Certes en 1982 une nouvelle constitution affirme la séparation du parti et de l’Etat, mais il
n’est nullement question de démocratiser le régime. En juin 1989 les étudiants chinois qui
avaient occupé la place TIEN AN MEN pour réclamer plus de liberté ont vu leur mouvement
réprimé dans le sang. Ainsi la « 5ème modernisation » (la démocratie), réclamée par les
opposants politiques, est refusée.
Conclusion
La stabilité des institutions politiques et la continuité des orientations économiques
demeurent toujours le mot d’ordre du parti communiste chinois (PCC). Ce dernier prône une
Chine résolument tournée vers la modernité tout en restant communiste. Aujourd’hui la
Chine, grâce au gigantisme de son marché et à ses immenses potentialités économiques,
attire de plus en plus d’IDE. De la même manière les produits chinois sont vendus dans
tous les marchés.
.
DEUXIEME PARTIE
DECOLONISATION ET AFFIRMATION DU TIERS MONDE
Leçons 4 et5
LES CAUSES ET LES FORMES DE LA
DECOLONISATION
Introduction
Jusqu’à la fin de la 1er guerre mondiale, plusieurs peuples d’Asie et d’Afrique vivaient encore
sous la domination coloniale. Après la 2 GM, on va assister à une marche irréversible vers
l’indépendance dans la plupart des colonies. Ce processus appelé décolonisation va devenir
une des composantes majeures dans les relations internationales.
Au delà des multiples facteurs qui l’expliquent, la décolonisation a revêtu plusieurs formes.
I – Les causes de la décolonisation
Plusieurs facteurs ont favorisé cette décolonisation : des facteurs externes et des facteurs
internes.
1 – Les causes externes : L’influence de la 2ème GM, le rôle joué par les superpuissances,
l’action de l’ONU et l’implication des mouvements de solidarité du tiers monde, vont
précipiter le processus de la décolonisation
L’impact de la guerre
La 2ème GM a beaucoup influencé l’émergence d’un esprit d’émancipation. En effet les
peuples dominés par les puissances coloniales européennes ont pu mesurer la faiblesse de
la métropole au lendemain de cette guerre. Aussi exigent-ils plus de liberté car ayant
combattu au nom de la liberté, ils ne pouvaient pas accepter d’être privés de celle-ci.
Le rôle des superpuissances
L’URSS et les USA s’opposent à la colonisation, pour des raisons différentes mais tout aussi
déterminantes.
La position de l’URSS s’explique par des raisons de principe. En effet, la colonisation est
présentée comme une forme particulière d’exploitation de l’homme par l’homme qu’il faut
combattre.
L’attitude des USA apparaît plus ambiguë. Certes les puissances colonisatrices sont ses
alliés, mais les américains sont attachés aux valeurs de liberté et d’indépendance puisque
leur pays est né en 1776 de la lutte contre la métropole britannique. En outre, s’ils n’avaient
pas soutenu les pays colonisés en cette période de guerre froide, ces pays se tourneraient
vers l’URSS.
Enfin, Américains et Soviétiques voient dans la décolonisation le moyen d’affaiblir les États
européens afin de consolider leur nouvel ordre mondial.
L’action de l’ONU
Elle a été déterminante dans la mesure où la charte des Nations unies définit de manière
très claire le principe de l’égalité et le droit des peuples à des peuples à disposer d’eux
mêmes. Aussi l’ONU a été une tribune de dénonciationdu colonialisme sous toutes ses
formes.
L’action des mouvements de solidarité du 1/3 monde
Le Tiers-monde à pris naissance lors de la conférence de Bandoeng en 1955. Les 29
participants venus d’Afrique et d’Asie ont estimé que les puissances coloniales devaient
impérativement mettre fin à l’impérialisme.
L’asiatisme, le panarabisme et le panafricanisme ont joué un grand rôle à l’émancipation
des peuples colonisés.
2 – Les causes internes
Les contradictions de la colonisation
La colonisation a engendré une série de contractions qui ont donné naissance à une prise de
conscience des peuples colonisés. Ces derniers vont manifester leur volonté farouche de se
libérer du joug colonial.
Les griefs soulevés contre la colonisation
Les peuples colonisés ont reproché aux puissances colonisatrices :
L’exploitation économique : l’introduction des cultures commerciales à déréglé les circuits
traditionnels de production en rejetant au second plan les cultures vivrières. Ce qui à abouti
à un chamboulement des habitudes alimentaires des colonisés mais aussi à la mise en
place d’une économie extravertie.
Le colonialisme a supprimé l’esclavage pour la remplacer par une forme d’exploitation
beaucoup plus sournoise : le code de l’indigénat.
La crise culturelle quant à elle, va renforcer le sentiment de frustration car les colonisés
considèrent la colonisation comme une remise en question voire une négation des traditions
africaines.
L’action des mouvements nationalistes
Après la 2nde G.M on assiste un peu partout dans les colonies à l’existence de syndicats qui
ne vont pas simplement se limiter à défendre les travailleurs, mais aussi s’investissent sur
le terrain de la lutte contre la colonisation. Cette lutte syndicale va même évoluer pour
prendre des contours politiques. Ex : l’UGTAN (Union générale des travailleurs d’Afrique
noire) et son leader Ahmed Sékou TOURE premier Président de la Guinée.
Sur le plan politique, les partis vont aussi se multiplier. Profitant d’une certaine liberté, ils
vont mieux s’organiser et vont entreprendre d’intenses campagnes de propagande auprès
des jeunes et des femmes. Leurs leaders souvent formés à l’école occidentale vont se
considérer comme les portes paroles des masses.
Enfin les intellectuels et les Etudiants vont jouer un rôle non négligeable dans l’élan de cette
prise de conscience. Ex : les Editions Présence africaine d’Alioune DIOP qui va publier
beaucoup d’œuvres littéraires anticolonialistes :
II – Les formes de la décolonisation
On distingue deux formes de décolonisation ; La décolonisation pacifique et la
décolonisation violente.
1 - La décolonisation pacifique
La décolonisation est dite pacifique quant l’indépendance est obtenue sans recours à
la lutte armée entre la colonie et la métropole. On dit que la métropole a réussi sa
décolonisation. Généralement dans les colonies anglaises et les colonies françaises d’Afrique
noire, la décolonisation a été pacifique.
A- les colonies anglaises
Les anglais contrairement aux français, vont négocier très tôt l’indépendance de leurs
colonies. D’ailleurs, en vertu de l’administration indirecte « indirecterule » exercée dans ces
colonies, la Grande Bretagne était loin d’être réfractaire à l’idée d’émancipation. Elle avait
pris conscience du problème dès l’entre-deux-guerres et a favorisé l’instauration d’un self-
government des élites locales, afin de garder des liens politiques, et plus encore
économiques. L’arrivée au pouvoir des travaillistes en 1945 accélère cette
évolution.Désormais pour eux, L’idée de domination doit être remplacée par celle
d’association volontaire.
B - les colonies françaises
La défaite française en Indochine et la violence de la guerre d’Algérie obligent la France à
reconsidérer la question coloniale. En Afrique noire, elle a su réussir la décolonisation
grâce à des reformes comme l’Union française (1946), la loi-cadre (1956) et la communauté
française (1958) qui établissent une autonomie interne progressive dans un cadre pacifique.
L’absence d’intérêts économiques majeurs, la faible présence de minorités d’européens dans
ces colonies ainsi que l’attitude des grands meneurs indépendantistes africains (Léopold
Sédar Senghor Félix Houphouët-Boigny), acquis aux valeurs occidentaleset ne cherchant
jamaisl’affrontement direct avec la métropole favorisentcette évolution.
Toute fois, La décolonisation pacifique ne signifie pas passivité et docilité généralisées des
mouvements nationalistes. En effet dans ses colonies, la Grande-Bretagne a été parfois
confrontée à des émeutes et des soulèvements comme à Amritsar en Inde ou au Kenya avec
l’insurrection des Mau-Mau.
2 - La décolonisation violente
Elle s’oppose à la décolonisation pacifique. Ici l’indépendance est obtenue à la suite
d’une lutte armée entre la métropole et la colonie. On dit que l’indépendance est
arrachée. Les colonies françaises d’Asie, l’Algérie, les colonies portugaisesd’Afrique sont
concernées par cette décolonisation violente.
A- Les colonies françaises
La France n’a jamais voulu concevoir l’indépendance dans ces colonies pour des raisons
d’intérêt économique et stratégique. A cela s’ajoute un désir de sauvegarder des liens
historiques (le cas de l’Algérie).
Après des guerres sanglantes en Indochine et en Algérie, la France a été presque chassée et
va tirer des leçons de ces deux échecs.
C - Les colonies Portugaises :
C’est surtout Le Portugal qui connaît un problème colonial important, entraînant desguerres
longues et meurtrières dans ses colonies africaines.
Le Portugal, pays pauvre sans ressources était gouverné en plus par une extrême droite
hostile à toute idée d’émancipation. C’est pour ses raisons qu’au moment où les autres
métropoles donnaient l’indépendance, le Portugal s’est refusé à toute idée d’autonomie.
Conclusion
Quelque soit sa forme violente ou pacifique, la décolonisation n’a jamais été total pour les
anciennes colonies. Les nouveaux Etats indépendants subissent encore aujourd’hui le poids
des relations internationales sort par le biais du néocolonialisme sort par celui des
ingérences du FMI et de la banque mondiale.
Leçon 6
DECOLONISATION EN INDE ET INDOCHINE
Introduction
L’empire des Indes était constitué des Etats actuels de l’Inde, du Pakistan et du
Bangladesh. Quant à l’Indochine, c’est une péninsule située entre la Chine et l’Inde et
composée, pour ce qui est de sa partie française, duVietnam (Tonkin, Annam et
Cochinchine), du Cambodge et du Laos.
L’Inde anglaise et l’Indochine française ont connu des formes différentes de décolonisation.
En Inde les britanniques ont choisi la voie de la négociation tandis que les français se sont
engagés dans un conflit armé en Indochine.
I - Décolonisation en Inde
1 -Le nationalisme Indien
L’empire des Indes fut la colonie anglaise la plus riche d’Asie, considérée à juste titre comme
la « perle » de l’empire britannique.
Le mouvement nationaliste qui ne devient actif dans ce pays qu’après la première guerre,
sera animé, par l’I.N.C (IndianNational Congress)ou le parti du Congrèsfondé en 1885 par
des hindouset la L.M (Ligne Musulmane) fondée en 1906 par les musulmans.
A la fin de la Première Guerre mondiale,ces deux mouvements se rallient dans un même
élan pour exiger leur droit au svarajautrement dit à l’indépendance totale.
le nationalisme indien va prendre de l’ampleur avec l’arrivée Mohandas karamchand
Gandhiallias Mahatma« grande âme »
Après Le massacre d’Amritsar en avril 1919, Gandhiépaulé par d’autres leaders indiens
comme Nehru et SarojiniNaiduintensifie considérablement le mouvement anti-britannique,
qui s’exprime notamment par la politique de la non-violence ou la non-coopération
instituée en 1920. Le mot d’ordre est unedésobéissance civileconsistant au refus de payer
l’impôt, de porter des vêtements anglais, au boycott les produits britanniques, au retrait
des enfants indiens des écoles anglaises etc.
Cettestratégie s’avère remarquablement efficace car en août 1935, le Parlement
britannique adopte le Government of IndiaAct, qui donne à l’Inde une autonomie limitée,
immédiatement rejetée par Gandhi
En août 1942, en pleine guerre mondiale,le Congrèsadoptela résolutionQuitIndia
(« Renoncez à l’Inde »), et appelle à l’insurrection. Le mouvement de désobéissance civile est
sévèrement réprimé; Gandhi, Nehru et des milliers de leurs partisans sont arrêtés et
emprisonnés, et le Congrès est déclaré hors-la-loi. Mais La participation de l’Inde à la lutte
contre les puissances de l’Axe, tant sur le plan financier que militaire, n’en est pas moins
considérable.
2 - L’indépendance de l’Inde
Après la 2ème GM, la division s’opère dans le mouvement nationaliste. En effet, la Ligue
musulmane veut l’indépendance dans le cadre d’un Etat musulman séparé de l’Inde. À
l’opposé, le Congrès réclame une indépendance dans l’unité. Tous les plans de médiation
pour rapprocher les deux positions échouèrent et une guerre civile éclata même entre
hindous et musulmans.
LordMountbatten, nouvellement nommé vice roi des Indes par Clément Attlee, va réussir à
convaincre les dirigeants indiens sur la nécessité d’une partition du pays.Sur fond de guerre
civile, l’indépendance de l’Inde est proclamée le 15 août 1947.
L’Acte d’indépendancedécrète la partition de l’Inde en deux Étatsdistincts, sur la base de
critères religieux. Il fixe aussi les nouvelles frontières de ces États séparés par la province
du Cachemire.
L’UNION INDIENNE est constituéedes provinces à majorité hindoue,
LE PAKISTAN(Pakistan occidental et Pakistan oriental (futur Bangladesh))regroupe les
provinces à majorité musulmane,
Cette partition a entraîné de dramatiques déplacements de populations. Près de 8 millions
de musulmans émigrent depuis l’Inde vers le Pakistan, et quelque 6 millions d’hindous et de
sikhs vivant au Pakistan gagnent l’Inde.
Ces bouleversements s’accompagnent de violences et de massacres.L’assassinat
deMahatma Gandhi par un extrémiste hindou, le 30 janvier 1948, s’inscrit dans ce
contexte d’extrême tension entre les communautés
II – La décolonisation de l’Indochine
1 -Le nationalisme indochinois
Depuis le XIX siècle, la France s’est installée en Indochine.À partir du début du XX siècle,
elle va faire face à un mouvement nationaliste très actif animé par le particommuniste
indochinois créé parHô Chi Minh de son vrai nom Nguyen ai Qoc.
En1941, les Japonais occupent militairement le payset se substituent au pouvoir colonial
de la France.Très vite, ils sont perçus comme de nouveaux occupants. Et le parti
communiste principal mouvement nationaliste se radicalise et va former avec d’autres partis
nationalistes le Vietminh (ligue pour l’indépendance du Vietnam).
Après la capitulation japonaise, Hô Chi Minh proclame l’Indépendance de la République
Démocratique de Vietnam le 02 septembre 1945.
2 - La guerre d’Indochine
Pour restaurer sa souveraineté, le France envisage de reconquérir la région. De gaulle envoie
au Vietnam le Général Leclerc qui devant les difficultés de sa mission, finit par signer avec
Hô Chi Minh les accords Sainteny - Hodu 6mars1946quireconnaissent l’indépendance du
Vietnam associé à l’Union française.
Mais l’amiral Thierryd’Argenlieu nouveau au commissaire d’Indochine viole ces accords en
proclamant à Saigon, en juin 1946la république autonome de Cochinchine dirigée par
Bao daї.
En novembre 1946, prenant prétexte d’attentats contre leur garnison, les français
bombardent le port de Haiphong faisant des centaines de morts côté vietnamien. Le
vietminh riposte en tuant des européens : c’est le début de la guerre d’Indochine dans
laquelle on peut distinguer deux phases.
De 1946 à 1949 : la France mène une guerre purement coloniale. Les troupes du Vietminh
se retirent dans les campagnes et adoptent la tactique de la guérillasous la direction du par
général Giap
De 1949 à 1954 : la guerre d’Indochine devient un conflit de la guerre froide avec l’appui
apporté au vietminh par les communistes nouvellement installés en Chine, tandis que les
français reçoivent l’aide américaine.
Finalement, la cuisante défaite de Dien Bien Phu du7 Mai 1954précipite l’issue du conflit
et oblige les français à négocier.
Les accords de Genève du 21 Juillet 1954 mettent fin à la guerre d’Indochine et consacre la
division du Vietnam en deux Etats : Vietnam Nord et Vietnam Sud de part et d’autre du
17emeparallèle. Le nord devient un État communiste dirigé par Hô Chí Minhet le sud un Etat
pro-occidental dirigé NgôĐìnhDiệm
Un protocole prévoit un référendum, sur le projet d’unification du pays
Conclusion
La décolonisation en Inde et en Indochine a porté un coup fatal au pouvoir colonial de
l’Angleterre et de la France. A partir de ce moment, on va assister, dans le reste du monde à
une prolifération des mouvements nationalistes qui manifestent leur farouche volonté de
s’affranchir de la tutelle coloniale.
Leçon 7
LA DECOLONISATION AU PROCHE ORIENT :
La question palestinienne et les relations
israélo-arabes
Introduction
Le Proche Orient correspond à la partie occidentale de l’Asie s’ouvrant sur la Méditerranée
et comprend le Liban, la Syrie, la Palestine, Israël, la Jordanie, l’Egypte, la Turquie.
Mais l’expression Proche Orient se confond aujourd’hui dans le langage courant avec le
Moyen Orient. Dans ce cas, on y englobera des pays de la Péninsule arabique Iran, Irak etc.
Le Proche Orient a connu une situation particulière car la plus part de ses pays ont été
placés sousmandat au lendemain de la 1ère Guerre Mondiale.
Dès le début XXème siècle, on va assister à l’émergence d’un nationalisme qui part de
l’Egypte et s’étendre dans la région. Mais le véritable facteur de rupture d’équilibre aura été,
sans aucun doute la création de l’Etat d’Israël.
I – Présentation de la Palestine
La Palestine est un pays situé au niveau de la façade occidentale de l’Asie, limitée au nord
par le Liban à l’Est par la Jordanie, au Sud par le désert du Sinaï et à l’Ouest par la mer
Méditerranéenne. Berceau des deux premières grandes religions monothéistes et
Carrefour entre l’Asie, l’Europe et l’Afrique, la Palestine a toujours suscité la convoitise des
peuples voisins. Et sa proximité avec la mer rouge le canal de suez et le golfe persique en a
fait une région stratégique dans la première moitié du XIXème siècle.
Ancienne possession ottomane depuis le XVème siècle, la Palestine sera placée sous mandat
de la SDN et confiée à la Grande Bretagne après la 1ere Guerre Mondiale.
II – La question palestinienne
Le problème palestinien découle de l’immigration juive en Palestine et du partage de la
Palestine
1 - L’immigration juive en Palestine
En 1896, Théodore Herzl, un journaliste juif autrichien-hongrois, inspiré par l’affaire
Dreyfus survenu en France, publie un livre appelé « l’Etat juif », dans lequel il jette les
bases du sionisme (doctrine préconisant le retour des juifs en Palestine). Au congrès de
Bâle en1897, le mouvement sioniste décide la création en Palestine d’un Etat juif. En
1901, le fonds national juif crée pour l’occasion, se charge de collecter l’argent nécessaire
à l’achat des terres en Palestine
Appuyés par ce mouvement, de nombreux juifs affluent en Palestine et créent de petites
"colonies" sur la terre qu’ils considèrent comme étant celle de leurs ancêtres (la terre
promise).
Après la 1ère guerre mondiale, l’empire Ottoman perdra la Palestine au profit de la Grande
Bretagne. Cette dernière, par la déclaration Balfour de 1917 autorise la création d’un
foyer national juif en Palestine. Cetteimmigration des juifs prend del’ampleur après
l'"Holocauste».
Malgré la publication en 1931 du livre blanc par lequel la Grande Bretagne tente de
limiter l’immigration juive en Palestine, celle ci ne cesse de s’intensifier.
Cette immigration, quoique limitée, se heurte pourtant aux protestations des populations
arabes de Palestine.
2 -Le partage de la Palestine
Au lendemain de la seconde guerre mondiale,écartelée entre les revendications du monde
arabe et le harcèlement des groupes d’autodéfense juifs (l’Irgoun, la Haganah, le Stern), la
Grande Bretagne décide de se retirer de la Palestine.
En 1947, elle se dessaisit du dossier palestinien en faveur de l’ONU. Cette dernière,
soucieuse de donner une terre au peuple juif qui vient de subir un génocide, va élaborer un
plan de partage de la Palestine qui sera adopté, le 29 Novembre 1947, par la résolution
181. Ce plan prévoit la division de la Palestine en 2 parties :
Un Etat juifcouvrant 55% de la Palestine et composé de la Galilée Orientale d’une longue
bande côtière et de la plus grande partie du désert du Néguev.
Un Etat arabe couvrant 45% de la Palestine et composé de la Galilée Occidentale, la
Cisjordanie et de la Bande de Gaza.
La ville de Jérusalembénéficie d’un statut spécialet placée sous le contrôle de l’ONU.
Ce partage fut donc profitable aux juifs qui, contrôlent désormais plus de la moitié de la
Palestine alors qu’ils ne constituent que le 1/3 de la population.
III – les relations israélo-arabes
1-Les guerres israélo-arabes
Le 14 Mai 1948 David Ben GOURION proclame l’indépendance d’Israël. Cette proclamation
va transformer la région en poudrière. En effet, les Palestiniens réagissent à la perte d’une
partie de leur pays et ils sont soutenus dans leur revendication par les pays de la Ligue
arabe. C’est ainsi que des conflits vont éclater entre Israël et les arabes coalisés. On notera
plusieurs guerres importantes entre Israël et les arabes : la guerre de 1948, la guerre de
Suez de 1956, la guerre des six jours, la guerre de Kippour, la guerre du Liban…
Laguerre de 1948
Après la proclamation de l’Etat d’Israël, les arabes coalisés (Irak, Jordanie SyrieLiban et
l’Egypte) engagent les hostilités. Mais rapidement, Israël met sur pied une armée appelée
TSAHAL et sort victorieux du conflit. Il annexe la Galilée, Jérusalem Ouest contrôlant
désormais 78% de la Palestine.
Cette guerre met sur les routes près de 780 000 réfugiés palestiniens qui s’enfuient dans la
panique ou qui sont évacués de force vers les pays voisins.
L’ONU adopte en décembre 1948, la Résolution 194 qui réclame le droit des réfugiés à
retourner dans leurs foyers. Mais Israël ne l’appliquera jamais. Et Le 11 Mai 1949 Israël
devient membre de l’ONU.
La guerre de 1956 :
Après la nationalisation du canal de Suez par Nasser en 1956, Dans le cadre de l’opération
mousquetaire, la France, la Grande Bretagne et Israël occupent la zone du canal pour
défendre leurs intérêts. L’intervention de l’Urss et des Usa obligent les occupants à se
retirer. Israël en profite pour occuper le Sinaï.
Le conflit de 1967 ou « guerre des six-jours »
En Juin 1967, Israël déclenche une guerre préventive éclaire et neutralisent rapidementles
armées syriennes, égyptiennes et jordaniennes. En six jours (du 5 au 10 juin), Israël
contrôle désormais toute la Palestine, une partie de la Syrie (le Plateau de Golan), et une
partie de l’Egypte (le Sinaï).
L’ONU vote le 22Novembre 1967 la Résolution 242 qui préconise l’installation d’une paix
globale et le retrait israélien des territoires occupés. Cette résolution n’aura pas d’effet
La Guerre de Kippour ou guerre du ramadan de 1973
Le 06 Octobre 1973, les armées égyptiennes et syriennes tentent de reconquérir leurs
territoires occupés en 1967. Mais l’armée israélienne avertie, va mener une contre offensive
qui, pendant trois semaines repoussent les troupes égyptiennes et syriennes.
L’ONU intervient et impose le cesser le feu. La Résolution 338 votée en octobre 1973
reprend les termes que la résolution 242
La guerre de kippour aura des conséquences importantes :
1 – Le choc pétrolier:
Après la guerre du Kippour en 1973, les dix membres de l'Organisation des pays arabes
exportateurs de pétrole (OPEP) décident un embargo complet envers les pays souteneurs
d’Israël. Ils décident aussi de réduire la production de pétrole brut arabe et la hausse du
prix du baril jusqu'à ce que les Israéliens se soient retirés des territoires occupés. Ces
mesures vont entrainer un véritable choc pétrolier dans les pays occidentaux.
2 – Les accords de camps David :
A la suite de cette guerre, Israël va négocier séparément avec les arabes. Cela va aboutir à
l’éclatement de la coalition arabe. Et le Président égyptien Anouar El Sadate effectue une
visite d’Etat à Jérusalem en 1977, visite qui débouche sur les accords de Camp David
signésle 26 mars 1979 et qui établissent une paix entre l’Egypte et Israël.
Ces accords séparés, qui ne règlent pas la question palestinienne, isolent l’Égypte. D’ailleurs
le président Anouar al-Sadate, assassiné le 6 octobre 1981, a payé de sa vie son engagement
pour la paix.
2- La résistance palestinienne
Les Palestiniens, déçus par l'inefficacité de leurs "frères arabes", décident de prendre en
mains leur propre destinée. La résistance palestinienne va se faire d’abord par la violence
puis par la négociation.
A – La violence :
Plusieurs mouvements de résistance palestinienne vont voir le jour. C’est le cas du FPLP
(front populaire de libération de la Palestine) fondé par Nayef Hawatmeh, du FDLP de
Georges Habache et Fatah de Yasser Arafat. L'OLP (Organisation pour la libération de la
Palestine), crée en 1964, regroupe la plupart des mouvements de la
résistancepalestinienne. Yasser Arafat en devient le Chef à partir de 1967.
La Chartede l'OLP définit les objectifs de l'organisation:
La récupération de l'ensemble de la Palestine et la destruction de l'état d'Israël.
Les Fédayins (combattants), considérant qu'il faut frapper les Israéliens et leurs soutiens
occidentaux partout dans le monde, adoptent la stratégie terroriste. Pour ce faire, ils
effectuent des opérations de commandos meurtriers en Israël, commettent des
attentatskamikazes, des détournements d’avions etc.
Cette stratégie suscite des représailles d’Israël en vertu de la loi du talion : « œil pour œil,
dent pour dent ». Assassinats ciblésdedirigeants palestiniens, raids aériens,
emprisonnement, renforcement de la colonisation des territoires palestiniens
constituent la réponse des israéliens.
B - La négociation
A la fin des années des années 90,sous l’égide de la diplomatie norvégiennede négociations
entre palestiniens et israéliens débouchent sur les accords d’Oslo qui ont fait naitre un
espoir. En effet Yitzhak Rabbin et Yasser Arafat ont signé ces accords historiques qui
accordent une autonomie limitée aux territoires habités majoritairement par les
palestiniens. Mais la droiteisraélienne(le Likoud) revenue au pouvoir a remis en question
ces accords suscitant, du coup, un regain de tension dans les territoires occupés. Les
populations optent désormais pour l’Intifada(guerre despierres initiéepar le Hamasen 1987
puis en 2000 par des jeunes Palestiniens qui manifestaient leur révolte contre l'occupant
Israélien.le Hamas, mouvement islamique palestinien qui prône l’élimination de l’État
d’Israël par la lutte armée gagne du terrain au point decontrôler toute la bande de Gaza.
C–Lespoints de désaccord entre palestiniens et israéliens
Aujourd’hui la résolution de la question palestinienne semble plus que jamais dans
l’impasse.En effet, les négociations israélo-palestiniennes butent sur les points suivants :
1 - La reconnaissance des frontières d’avant 1967 :
Israël refuse de se retirer des territoires palestiniens occupés lors des différents conflits.et ce
malgré les résolutions 242 et 338
2 - L’arrêt de la colonisation dans les territoires occupés.
Malgré la Résolution 446 du Conseil de sécurité de l’ONU (22 mars 1979) qui dénonce
illégalité des colonies de peuplement dans les Territoires occupés, Israël refuse d’obtempérer
3 - Le retour des réfugiés palestiniens
En dépit de résolution 194 de l’ONU qui a consacré, dès 1948, le droit au retour pour les
membres de la diaspora palestinienne, Israël s’y oppose prétextant des raisons,
4 - Le statut de Jérusalem.Le plan de partage de 1947 de la Palestine prévoyait un statut
spécifique à cette ville qui abrite les lieux saints des trois religions
monothéistes(MosqéedAlAqsa, le mur de lamentation, le saint sépulcre). Mais depuis 1981
une loi votée par le Parlement israélien l’a proclamée capitale de l’État hébreu de leur coté,
les palestiniens souhaitent établir la capitale de leur futur État dans la partie arabe de la
ville sainte.
À défaut d’accord sur ces questions, nombreux sont les observateurs qui pensent que la
réconciliation israélo-palestinienne restera impossible.
Conclusion
Après plus 60 ans de conflits, c'est toujours l'impasse. Aucun camp n'a pu imposer sa
politique par la force: les Arabes n'ont pu détruire Israël et Israël n'a pu désarmer l'hostilité
Arabe.Et la montée des partis radicaux, en Palestine comme en Israël, n’a pas arrangé les
choses
Ce pendant, depuis mars 2002 la résolution 1397votée par le Conseil de sécurité de l’ONU,
sur proposition des États-Unis expose « la vision d’une région dans laquelle deux États,
Israël et la Palestine, vivraient côte à côte à l’intérieur de frontières reconnues et sûres ».
DECOLONISATION AU MAGHREB
L’ALGERIE
Introduction
Le Maghreb qui correspond à la partie Nord du continent africain, a longtemps désigné les
trois pays, Maroc, Algérie, Tunisie et Libye.
À la fin de la Seconde Guerre mondiale, au moment où la Tunisie et le Maroc anciens
protectorats français accèdent à l’indépendance de manière pacifique en 1956, l’Algérie, où
s’étaient implantés un grand nombre de Français, va se battre pour son indépendance.
I - Le nationalisme Algérien
1 - L’éveil du nationalisme algérien
Devenue colonie française depuis 1857, l’Algérie a occupé une place centrale dans l’empire
colonial françaisen raison de son statut de département abritant une importante
communauté française ; les pieds-noirs, mais aussi en raison de ses richesses en
hydrocarbures.
Le nationalisme algérien qui se développe au début des années 1920 au sein de la
bourgeoisie musulmane ne porte ses revendications que sur l’égalité des droits avec les
Européens.Mais toutes les tentatives effectuées dans ce sens se heurtent à l’hostilité des
colons et à celle de l’Assemblée nationale française.
Au lendemain de la seconde guerre mondiale, le nationalisme se renforce puis se radicalise
en 1945 à la suite de la répression sanglantedes révoltes de Sétif et de Guelma en mai
1945 (8000 morts). Lesprincipaux mouvements nationalistes algérienssont interdits durant
un an. C’est le cas pourl’UDMA(Union démocratique du manifeste algérien) de Ferhat
Abbaset leMTLD (Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques)de Messali Hadj.
En 1947, malgré l’adoption par l’Assemblée nationale française d’un nouveau statut de
l’Algérie, les nationalistes les plus radicaux décident alors de s’engager dans la lutte armée.
Ainsi, des jeunes militants du MTLD, parmi lesquels Ahmed Ben Bella, Hocine Aït Ahmed,
Mohammed Khider, créent, en 1954 le CRUA, (Comité révolutionnaire d’unité et d’action),
qui devient rapidement le FLN (Front de libération nationale) grâce au ralliement de
plusieurs mouvements nationalistes. C’est l’ALN (armée de libération nationale), branche
armée du FLN qui va déclencher la guerre d’indépendance
II - La guerre d’indépendance (1954 - 1958
La guerre d’Algérie fut la plus longue et la plus douloureuse des guerres d’indépendance
livrées par la France.
De 1954 à 1956 la guerre est caractérisée par des actions insurrectionnelles menées dans
les villes et dans les campagnes par le FLN à partir du 1er novembre 1954 jour de la
« toussaint rouge ». Les fellaghas (combattants du FLN) prennent pour cibles les réseaux de
communications, les bâtiments publics, l’armée et les fonctionnaires algériens travaillant
pour la métropole.
De 1956 à 1958 le FLN cherche des soutiens internationaux et utilise les territoires de la
Tunisie et du Maroc comme bases pour ses attaques contre les positions françaises.
En 1958, le bombardement d’un village frontalier tunisien, SakietSidi-Youssef, marque un
tournant dans le conflit. L’émotion est grande dans l’opinion internationale, déjà alertée par
une partie des intellectuels français qui dénoncent sans relâche l’usage de la torture. La
question algérienne est même inscrite à l’ordre du jour de l’ONU et met la France au banc
des accusés. L’opinion française, elle-même, se divise entre partisans de la guerre et
partisans de la paix
La question algérienne va même contribuer à la chute du gouvernement de Guy Mollet
mettant ainsi fin àla IVe République.
III -L’indépendance de l’Algérie (1958 – 1962)
De gaulle revient au pouvoir le 1er juin 1958 avec l’objectif de régler définitivement la
question coloniale. A Alger, la population européenne d’Algérie manifeste sa crainte d’être
abandonnée par la métropole. Dès son entrée en fonction, le général De Gaulle promet de
maintenir l’Algérie française.
Depuis le Caire le F.L.N réagit et crée le G.P.R.A (Gouvernement Provisoire de la République
Algérienne) qui sera dirigée par FERHAT ABBAS.
De Gaulle finit par comprendre que la paix est inévitable sans indépendance. En septembre
1959, il se prononce en faveur du droit des Algériens à l’autodétermination dans la cadre
d’une Algérie associée à la France. Cette proposition sera approuvée par référendum mais
rejetée par les partisans de l’Algérie française qui créent L’.O.A.S (organisation de l’armée
secrète). Cette dernière tente, sans succès, un PUTCH en 1961, aidée par des généraux
français opposés à l’indépendance.
De Gaulle engage alors des négociations avec le F.L.N. Celles-ci débouchent sur les accords
D’EVIAN du 18 Mars 1962 qui mettent fin à la guerre et prévoient la tenue d’un
référendum. Le 02 juillet, à la suite d’un vote à une écrasante majorité la République
Populaire et Démocratique de l’Algérie est proclamée avec AHMET BENBELLA comme 1er
Président
La guerre d’Algérie marque durablement les esprits, algériens et français, tant par les
drames humains qu’elle a provoqué que par ses conséquences politiques.
Près d’un million de Français d’Algérie (pieds noirs) quittent précipitamment le pays avant
la fin de l’année, dans des conditions souvent difficiles. Un grand nombre de supplétifs
algériens de l’armée française (harkis), qui n’ont pu les suivre, sont massacrés.
Conclusion
L’indépendance d’Algérie a été particulièrement meurtrière et douloureuse. Cette séparation
brutale entre la France et son ancienne colonie l’Algérie va beaucoup peser par la suite sur
la relation entre les deux pays. La guerre d’Algérie et le triomphe du nationalisme algérien
vont renforcer considérablement le 1/3 monde naissant.
LA DECOLONISATION EN AFRIQUE NOIRE.
Introduction.
La décolonisation de l’Afrique noire concerne celle des pays colonisés d’Afrique au sud du
Sahara. Anciennes possessions britanniques, françaises et portugaises pour la plupart, ces
colonies vont accéder à l’indépendance à la fin de la seconde guerre mondiale.
Si pour les colonies britanniques et françaises la décolonisation a été pacifique, elle a été en
revanche violente pour les colonies portugaises.
La Gold Coast (britannique), le Sénégal (français), l’Angola et la GuinéeBissau
(portugaises) seront nos exemples choisis pour étudier la décolonisation de l’Afrique noire.
I – Décolonisation de la Gold Coast
La Gold Coast ou Côte-de-l’Or (actuel Ghana) est devenue une propriété britannique dès
1874. Les britanniques s’attachaient à ce pays en raison de ses ressources minières (or,
bauxite, diamant, etc.) et de la culture du cacao.
A – L’éveil du nationalisme en Gold Coast
Politiquement, les Britanniques avaient appliqué en Gold Coast deux régimes différents.
Tandis que la plupart du territoire est placée sous administration directe, le territoire
ashanti et le Nord bénéficient d’une administration indirecte.
La vie politique était essentiellement dominée par les colons anglais et les rares intellectuels
très imprégnés de la culture anglaise n’avaient qu’un rôle secondaire.
Sur le plan économique la situation des autochtones n’était guère meilleure en raison de la
chute de la production de cacaodu fait d’une maladie (le « swallen shoot») qui ravageait les
plantations de cacaoyers
Cette situation sociopolitique et économique entraine un mécontentement général et une
défiance vis à vis de l’administration coloniale considérée comme responsable de la misère
sociale.
B - La marche vers l’indépendance
La vie politique ne se développe cependant qu’après la Seconde Guerre mondiale. Elle sera
marquée de manière indélébile par un leader politique charismatique;Kwame Nkrumah
(1909 – 1972).
Dès son retour en Gold Coast, en 1947, il prend la tête du tout nouveau parti
indépendantiste l’UGCC’ (United Gold Coast Convention). Il s’en sépare en 1949 pour fonder
un parti plus radical, la CPP (Convention People’s Party).Brièvement emprisonné par les
Britanniques pour sédition, à la suite d’une série de grèves et de boycotts, Nkrumah est
libéré à la suite de la victoire du CCP aux élections de 1951.
En 1952, il devient le premier ministre de la Côte-de-l’Or, qu’il mène à l’indépendance.
Celle-ci est proclamée en janvier 1957.
Le 6 mars, le nouvel État prend le nom de Ghana. Nkrumah entend ainsi rappeler le passé
glorieux de l’Afrique noire
Alors que le Ghana a été le premier pays africain à se libérer de l’emprise coloniale, Kwame
Nkrumah œuvre pour la libération des autres pays d’Afrique. Il se fait le chantre du
panafricanisme et de l’unité africaine.
L’adoption à Addis-Abeba de la charte de l’Organisation de l’unité africaine (OUA), en 1963,
est l’une de ses grandes victoires.
II – Décolonisation du Sénégal
La décolonisation au Sénégal est liée à celle de l’AOF (Afrique occidentale française)et de
l’AEF (Afrique équatoriale française) où la France a choisi la voie pacifique. En effet depuis
1944 jusqu’au 1960 la France est parvenue à contenir les forces favorables à l’indépendance
à travers une série de réformes institutionnelles dont les répercussions ont été importantes
dans la colonie du Sénégal.
A- Les réformes et leurs conséquences au Sénégal
1- L’union Française : (1946-1956).
En janvier, 1944, le comitéFrançais de libération National(CFLN) dirigé par De
Gaulleconvoque à Brazzaville une conférence.Celle-ci veut réfléchir sur les changements à
opérer dans les colonies, eut égard au soutien qu’elles ont apporté à la Francependant la
guerre.
À l’absence de représentants autochtones des populations colonisés, la conférence qui
d’embléeaécarté toute possibilité d’autonomie des colonies, a néanmoins envisagé d’associer
davantage les populations colonisés à la gestion de leurs affaires.
Ainsi, en octobre 1946, conformément aux recommandations de la conférence de
Brazzaville, une nouvelle constitution votée en France crée l’Union françaisequi propose
une nouvelle forme d’association entre laFrance et ses colonies.Cette constitution reconnait
aux habitants des colonies plusieurs droits parmi lesquels le droit syndical, le droit de
grève, le droit à l’instruction etc. Par ailleurs la loi Houphouët Boignysupprime le travail
obligatoire et la loi Lamine Gueyeaccorde la citoyenneté à tous habitants des colonies.
Furentcréesaussi desassemblées territoriales et un grand conseilqui n’avaient qu’un rôle
consultatif,et dans lesquels la voix des africains n’était pas prépondérante
En outre la terminologie, jusque là en vigueur, va changer. Les mots » indigène » et
« colonie » sont respectivement remplacés par « autochtone » et « Dom -Tom ».DOM
(département d’outre-mer et TOM (territoire d’outre-mer)
Au Sénégal, l’Union française permet àSenghor, non ressortissant des quatre communes,
d’accompagner Lamine Gueye à l’assemblée française au nom de la SFIO. Mais lorsque la
citoyenneté est accordée à tous, Senghor démissionna de la SFIO pour fonder avec
Mamadou Dia le BDS. (Bloc Démocratique Sénégalais) quiremporte les élections législatives
de 1951 en s’appuyant sur les masses rurales de l’intérieur du pays. L’élection de Dia et
Senghormarque, pour la première fois la représentation du Sénégal au parlement français
par des non ressortissants des quatre communes.
Cependant, les reformes de l’union française ne donnent pas satisfaction.aux responsables
politiques africains qui les ont considérées comme timides et superficielles. Ilétait donc
temps pour la France de passer à la vitesse supérieure.
2 - La loi-cadre : 1956-1958.
Dans un contexte marqué par la défaite de Dien Bien Phu et le déclenchement de la guerre
d’Algérie, la France veut à tout prix éviter que l’Afrique noire soit contaminée. Ainsi avec la
loi-cadre, elle envisage de donner davantage d’autonomie donc plus de personnalité aux
territoires africains.
Instituée par Gaston Deferreministre français de l’outre-mer, la loi cadrecrée au niveau de
chaque territoire une assemblée et un conseil de gouvernement dont les membres, pour
la plus part issus de l’assemblée, sont appelés ministres. Mais le président du conseil qui
est le gouverneur du territoire contrôle toujours l’essentiel des pouvoirs (enseignement,
douanes, la radio, la police, et l’arméeetc.). La loi cadre institue aussi le suffrage universel et
le collège unique.
Au Sénégal, les élections pour la nouvelle assemblée consacre la victoire du BDS de Senghor
qui entretemps est devenu le BPS (Bloc Populaire Sénégalais). Mamadou Dia devient le vice
président du conseil et transfert, en juillet 1957, la capitale de Saint-Louis à Dakar.
Avecla loi cadre, un pouvoir exécutif fut instauré dans chaque territoire d’outre-mer.C’est
pourquoi beaucoup de leaders africains l’ontconsidéréecomme la loi de la
« balkanisation »de l’Afrique». Et à l’initiative de Senghor un regroupement de partis
africains dénommé Parti de la convention africaine exprime son hostilité à la
balkanisation et sa préférence pour une fédération des Etats de l’AOF.
4 - La communauté franco-africaine (1958-1960).
En 1958, le général De Gaulle de retour au pouvoir entend trouver une solution définitive et
globale à la question coloniale. Il fait voter la nouvelle constitution de la Ve République qui
propose aux africains, dans le cadre d’un référendum, de choisirentre la communauté
franco-africaineou l’indépendance. Ceux qui sont d’accord pour l’autonomie dans la
communauté doivent voter oui Ceux qui sont pour l’indépendance doivent voter non.».
Au Sénégal, la classe politique est divisée par la proposition de la France. Certains hommes
politiques comme Senghor, Mamadou DIA, Lamine GUEYE, sont favorables au « oui »
tandis que d’autres plus radicaux comme Abdoulaye LY, Assane SECK, Amadou Mahtar
MBOW, Majmoud DIOP sont favorables au « non ».
Finalement, le « oui » l’emporte avec 97,6%. Le 25 Novembre 1958, le Sénégal devient une
République autonome dans la communauté.
B - La fédération du Mali et l’indépendance du Sénégal.
Afin de relancer la tentative de reconstituer une fédération des colonies françaises à la suite
de la chute de l’Afrique-Occidentale française, la fédération du Mali est constituée en
janvier 1959. Cependant, un mois après sa formation, le Dahomey puis la Haute-Volta
refusent sa ratification. Il ne reste plus que le Sénégal et le Soudan qui mettent sur piedune
assemblée fédérale, présidée par Senghor, qui nomme un gouvernement fédéral donnant le
pouvoir au président Modibo Keita et au vice-président Mamadou Dia. Mais quelques mois
après c’est l’éclatement de la fédération et le 19 Août 1960, le Sénégal se retire et proclame
son indépendance mais continue toujours de commémorer la date du 04/Avrildatedu
transfert des compétences à la fédération du Mali.
III - la décolonisation de l’Angola et de la Guinée- Bissau
L’Angola et la Guinée-Bissau furent des colonies portugaises qui ont mené des luttes de
libérations pour accéder à l’indépendance. La première est située en Afrique de l’ouest et la
seconde sur la côte atlantique sud du continent.
La lutte de libération de ces peuples a été très longue et très dure en raison du système
colonial qui fut l’un des plus durs.
1 – La situation des colonies portugaises d’Afrique
En Angola comme en Guinée-Bissau l’occupation portugaise ne fut effective qu’à partir de
1897.
Le Portugal entendait développerdans ses coloniesune politique de peuplement et une
politiqued’assimilation.
Le régime juridique de l’indigénat qu’il met en place à partir de 1933, distingue le groupe
des« assimilados » qui regroupent les métis et quelques noirs assimilés. Et la très grande
majorité de la population constituée par le groupe des « indigénas » soumis au travail forcé,
à la culture obligatoire du coton, privé d’éducation. Bref,juridiquementces indigènes
n’avaient aucun droit.
Cette situation qui a prévalu jusqu’au début des années 60, a mis en place, dans les
colonies portugaises d’Afrique, les ingrédients pour un affrontement entre portugais et
indigènes notamment, en Angola et en Guinée Bissau.
2 - la décolonisation angolaise.
A- Le nationalisme angolais
L’Angola était la plus vaste et la plus riche colonie portugaised’Afrique en raison de ces
importantes potentialités agricoles et minières. Elle était aussi la plus peuplée. Le peuple
angolais était très marqué par les clivages ethniques. Les principales ethnies sont :les
Ovimbundu, les Kimbundu, les Bakongo, les Ngolas etc.
Pour maintenir leur domination dans le pays, les portugais exploitaient les rivalités entre
ces différentes ethnies.Ainsi, les mouvements nationalistes qui s’opposent à la présence
portugaise seront calqués sur cette division ethnique.
Le MPLA (Mouvement Populaire de Libération de l’Angola) crée en1956 par Agostinho Neto
est d’orientation marxiste, ce mouvement qui recrute dans le milieu syndical, ouvrier,
étudiant, s’appuie sur les métis et les Kimbundu.
Le FNLA (frontnational de libération de l’Angola)fondé en 1962 par Holden Roberto,
recrutait principalement chez les Bakongos
L’UNITA (Union nationale pour l’indépendance totale de l’Angola) fondée en 1966 par Jonas
Savimbi dissident du FNLA. Ce mouvement recrute essentiellement dans les campagnes de
l’intérieur du pays et s’appuie sur les Ovimbundu, ethnie majoritaire dans le pays.
B - La guerre d’indépendance
Le soulèvement de la capitale, Luanda, marque en 1961 le début de la guerre
d’indépendance, conduite par trois mouvements concurrents qui mènent une lutte dispersée
en raison de différence ethnique et idéologique. Cela avait affaibli considérablement la lutte
de libération qui pendant 14 ans n’a pas donné de résultats significatifs.Ainsi, la
décolonisation de l’Angola est moins le résultat de la lutte armée que la volonté manifestée
par les auteurs du coup d’Etat survenu au Portugal en 1974. Par ce coup
d’EtatCommunément appelé« Révolution des œillets » les nouvelles autorités portugaises
entendent démocratiser le Portugal et mettre fin à la colonisation.
Après la signature des accords d’Alvor en janvier 1975, le nouveau régime de Lisbonne
accepte, le transfert du pouvoir aux Angolais et le 11 novembre 1975, l’Angola accède à
l’indépendance, mais la tentative de formation d’un gouvernement d’union nationale avorte
rapidement.Deux gouvernements rivaux affirment alors représenter la nouvelle nation : l’un
formé par le MPLA à Luanda, l’autre par l’UNITA et le FLNA à Huambo. Cet échec marque le
début de la guerre civile
C - La guerre civile angolaise
La guerre civile qui suit l’indépendance se déroule dans le contexte de la guerre froide. Le
MPLA reçoit le soutien l’Urss et de cuba, Le FNLA reçoit l’appui du Zaïre de Mobutu, tandis
que les États-Unis et l’Afrique du Sud appuient l’UNITA).
Début 1976, les troupes sud-africaines se retirent et le Congrès américain refuse toute aide
logistique à l’UNITA. Le MPLA peut alors étendre son influence. Il obtient la reconnaissance
internationale de la république populaire d’Angola, qui est admise au sein de l’Organisation
des Nations unies (ONU). En 1979, Le FNLA cesse ses actions militaires
À partir du début des années 1990, le MPLA et l’UNITA s’entendent sur la mise en place
d’un gouvernement d’union nationale. Après l’échec de cette nouvelle tentative de
réconciliation, les combats reprennent et se soldent par la mort de Jonas Savimbi en février
2002
IV- La décolonisation de la Guinée-Bissau.
La Guinée-Bissau colonie portugaise d’Afrique occidentale englobait l’archipel du Cap-Vert.
Contrairement à l’Angola, elle fut une colonie pauvre mais le Portugal en avait fait un
territoire d’écoulement exclusif des produits commerciaux en provenance de la métropole.
Sur le plan politique et social la situation de la Guinée Bissau n’était guère différente de
celle des autres colonies portugaises.
La guerre d’indépendance bissau-guinéenne
Dans un contexte politique social et économique difficile,le PAIGC (Parti africain pour
l’indépendance de la Guinée-Bissau et du Cap-Vert), est fondé le 19 septembre 1956 par
AmilcarCabral. En août 1959 les colons portugais réprimentsévèrementune grève de
dockers à Pidgiguitti, faisant denombreuxtués.Le PAIGC se radicalise alors et déclenche en
janvier 1963 la guerre d’indépendance. En quelques années, la guérilla prend le contrôle
d’importantes portions du territoire où des initiatives économiques, très apprécies par la
population, sont entreprises. Mais Le 20 janvier 1973, Cabral est assassiné à Conakry par
la police secrète portugaise. Son frère, Luiz de Almeida qui lui succède, proclama la
république dans les territoires contrôlés par le PAIGC. En septembre 1974, Révolution des
œillets est favorable à l’indépendance la Guinée-Bissau.Et le 5 juillet 1975, La Guinée-
Bissau accède finalement à l’indépendance avec à sa tête Luiz de Almeida Cabral.
En novembre 1980, le président Luiz Cabral est renversé par un coup d’État militaire. La
même année, l’union organique avec le Cap-Vert dans le cadre d’un même parti unique, le
PAIGC, prend fin
Conclusion
La décolonisation de l’Afrique noire fut plus tardive.Elle fut aussi très contrastée en raison
des différentes options adoptées par les puissances coloniales.On notera également que les
années 1960 constituent une période charnière car l’essentiel des pays d’Afriqueaaccédé à
l’indépendance au cours de cettepériode.
B – ETUDE DES CIVILISATION
INTRODUCTION A LA NOTION DE CIVILISATION
Introduction
La définition du motcivilisation a beaucoup évolué
Le premiersens du mot comporte un jugementdevaleur. Ici la notion de
civilisation désignait l’état dans lequel vivaient les sociétés humaines les
plus évoluées. En ce sens, ce terme s’adressait jusqu’à une période récente
aux sociétés européennes.
C’est avec le développement de l’anthropologie qu’on est passé d’une
conception européocentriste à une conception scientifique de la
civilisation.
Le deuxièmesens désigne l’ensemble desmodes de vie de l’outillage, des
procédésdetravail, des croyances, des activités intellectuelles et
artistiques des formes de l’organisation politique et sociale qui
constituent l’originalité d’un peuple. En ce sens, on parle des civilisations et
non de la civilisation ; le mot a glissé donc du singulier au pluriel.
b- lescaractéristiques d’une civilisation
- Tous les éléments d’une civilisation sont en constante interaction. Il
est par exemple très difficile chez les primitifs d’individualiser religion,
magie, sorcellerie, technique et comportement de tous les jours.
- Toutes les civilisations s’influencent mutuellement. En effet, dès
qu’une civilisation cesse de se développer en vase clos, elle se modifie au
contact des autres. C’est ainsi que les Assyriens absorbent la civilisation
Babylonienne, les Romains se mettent à l’école de la Grèce, …
- Toute civilisation évolue. Les civilisations ne sont pas statiques. Elles se
modifient dans le temps comme tout ce qui vit. Elles peuvent s’enrichir et
devenir dynamiques comme elles peuvent s’appauvrir et disparaitre.
I - La civilisation negro – africaines
Introduction
Le monde négro-africain correspond aux peuples noirs qui vivent en Afrique au sud du
Sahara.
Longtemps considérée comme dépourvue de civilisations,l’Afrique noire, qui par ailleurs est
le berceau de l’humanité, fut, pourtant, à l’origine de brillantes civilisations.
Le monde négro-africain qui a beaucoup évolué de nos jours, du fait de la pénétration des
civilisations islamique et occidentale, tente de retrouver son authenticité.
A –Les civilisations négro-africaines authentiques
Elles désignent les formes d’organisation sociale, politique, économique et religieuse de
l’Afrique avant l’arrivée de l’islam et de la colonisation.
1- L’organisation sociale
La communauté africaine
La société africaine est essentiellement communautaire. C’est-à-dire que c’est dans le
groupe que l’africain trouve tout son équilibre, et ce groupe est lié par des liens de parenté
d’alliance, de solidarité etc.
La parenté est fondée sur la filiation ou lignage ou descendance qui peut être patrilinéaire
(guéňo) ou matrilinéaire (méen).
L’alliance est scellée entre les familles de l’homme et de la femme qui sont mariés et la dot a
une valeur symbolique. Elle est restituée en cas de rupture.
La solidarité est symbolisée per l’entraide et la contribution que chacun apporte à la
communauté.
Il faut signaler ce pendant que l’appartenance à la communauté doit passer par l’étape de
l’initiation symbolisée par des épreuves physiques et morales aussi bien chez l’homme que
chez la femme.
Les sociétés pré étatiques ou tribales
On appelle sociétés pré-étatiques, celles qui ont existé avant l’apparition des royaumes et
des empires. Ces sociétésétaient divisées enfamillestrès élastiquesdirigées par l’homme le
plus âgé; le patriarche.Plusieurs familles peuvent former un clan dont les membres se
réclament d’un mêmeancêtre communréel ou supposé dont il porte le nom ou le sang
Au dessus de la famille et duclan, on al’ethnie ou la tribudont les membres se réclament
d’une même langue et ayant les mêmes coutumes.
Les sociétés étatiques
Avec l’apparition des royaumes et plus tard des empires, les sociétés africaines deviennent
plus hétérogènes. Même si la famille le clan ou la tribusubsistent encore, ils vont s’insérer
dans une autre division sociale commandée, cette fois ci, par le pouvoir et la spécialisation
dans le travail.
Ainsi, ces nouvelles sociétésrestent trèshiérarchisées, avec à leur sommet la classe des
aristocrates (garmis) symbolisée par les familles régnantes.En dessous il y’a la classe des
hommes libres(diambours et badolos) puiscelle des castes (gnegno)qui renvoie à une
spécialisation dansle travail. Eten bas de l’échelle sociale, on a la classe des esclavesqui,
elle-même, pouvait être scindée en plusieurs catégories d’esclaves (esclaves de la couronne,
esclaves de famille et esclaves de case)
La place de la femme :
Contrairement à une idée répandue de la société africaine, la femme n’est pas une victime.
Une fois mariée, la femme jouit d’une très grande liberté. Elle culture son champ à sa
convenance, possède une grande autonomie matérielle. Le fait qu’elle quitte sa famille sans
rien emporter donne à ses enfants le droit de tout prendre.
2 - L’organisation politique
L’organisation politique des sociétés négro-africaines a aussi évolué en fonction de
l’évolution sociale. Dans les sociétés pré-étatiques, les seules lois qui régissaient la société
s’inspiraient de la tradition qui accordait le pouvoir à l’ainé c'est-à-dire au patriarche, mais
aussi au consensus obtenu sous l’arbre à palabres.
Dans les sociétés étatiques, par contre, le pouvoir est détenu par le roi ou l’empereur. Mais
ce pouvoir est contrôlé ou tempéré par les décisions du conseil des anciens ou des
dignitaires du royaume.
3 - L’organisation économique
L’économie africaine est essentiellement une économie de subsistance fondée sur
l’appropriation collective par le groupe social. Par exemple, la terre qui est le principal
moyen de production n’appartient à personne. Elle est un bien communautaire.
Le travail de la terre, qui est l’activité économique principale, s’effectue collectivement. Dans
cette forme d’agriculture, les rendements ne sont pas très élevés en raison des instruments
rudimentaires.
A coté de l’agriculture, l’élevage est pratiqué partout quand les conditions naturelles le
permettent. Mais il constitue en gros une spécialité de certaines ethnies (Peulhs de l’Afrique
occidentale, Massai de l’Afrique de l’Est etc.)
Dans chaque communauté, l’artisanat se développe avec les forgerons, les potiers, les
tisserands, les cordonniers etc. Dans certaines régions africaines, la pratique de la pèche et
de la chasse a donné naissance à de puissantes corporations de pécheurs et de chasseurs.
L’activité de la cueillette, quant à elle, est strictement réservée aux femmes.
L’argent était presque absent dans le circuit économique, et l’essentiel des échanges était
basé sur le troc.
4 - L’organisation religieuse
Contrairement à ce que les européens affirmaient, les africains ne croyaient pas à des
futilités. Leurs religions, au contraire, étaient fondées sur des pratiques trescohérentes.On
distingue les cultes principaux:
Le culte des esprits : les religions africaine, dans leur très grande majorité, admettaient
toutes l’existence d’un être suprêmetranscendant et immanent appelé « Amma » chez les
dogons, « Wendé » chez les mossi, « Olorun » chez les yoruba, « Mawa » chez les fon,
« Rooksen » chez les séréres, « Emitaï » chez les diolas etc.
Comme cet être suprême est inaccessible dans sa transcendance, il est, donc, représenté
sur terre par les esprits et les génies qui deviennent, de fait, les intermédiaires entre les
hommes et l’être suprême. Ainsi, pour ces esprits et ces génies, on entretient des fétiches,
on sculpte des idoles, on fait des offrandes et des sacrifices pour qu’ils transmettent à l’être
suprême.
Le culte des anciens : En Afrique « les morts ne sont pas morts » disait Birago Diop. En effet,
pour l’africain, l’homme se compose d’une substance matérielle (le corps) et d’une substance
immatérielle (l’âme). La mort entraine la séparation des deux substances. Alors une autre
vie commenceavec l’âme qui se réincarne dans un autre corps. Ainsi, on pense que les
ancêtres ne meurent pas et qu’ils veillent sur les vivants en seréincarnant.
La divination :La pratique de la divination est très répandue chez certaines communautés
négro-africaines. Elle est appelée« Xoy »chez les sérères du Sénégal, « Fa » chez les fons du
Bénin.Cette pratique cherche à comprendre le sens caché des phénomènes naturelsqui est
ainsi interprété pour le bénéfice des hommes.
B - L’évolution du monde négro- africain
L’authenticité des civilisations négro-africaines a été fortement altérée parl’influence de
l’islam, du christianisme et de la colonisation.
1 - L’impact de l’islam
L’islam est entré en Afrique noire aussi bien par la voie pacifique (confréries, commerce) que
par la voie conquérante (almoravides, marabout toucouleurs).
La simplicité du message islamique et les nombreux aspects de sa morale accommodante
avec les coutumes négro-africaines (solidarité circoncision, polygamie vie en communauté,
etc.) ont donné à l’islam un succès en Afrique noire.
De ce fait, la cohabitation entre l’islam et les civilisations négro-africaines a modifié
certaines règles de fonctionnement des sociétés africaines.Ainsi, l’africain musulman devait
s’interdiction l’usage de l’alcool, de la viande de porc, de la polygamie illimitée, des castes, et
autres pratiques ancestrales liées à ses croyances religieuses. Il devait aussibeaucoup
modifié de pratiques coutumières relevant de la succession, de l’héritage, etc.
2 - L’impact du christianisme et de la colonisation
La présence du christianisme est attesté en Afrique noire, notamment en Ethiopie, dés le IVe
siècle. Mais ce n’est qu’à partir du XIXe siècle que le christianisme et la colonisation vont
commencer à avoir un impact considérable dans le fonctionnement des sociétés négro-
africaines.
Sur le plan économique :
Les sociétés africaines les plus anciennes ont toujours consommé local c’est à dire, qu’elles
se contentaient de ce que leur procure l’agriculture,l’élevage, la chasse, la pêche, la
cueillette, etc. Malgré tout, elles avaient atteint l’autosuffisance alimentaire.
Avec la colonisation, les cultures commerciales se sont développées au détriment des
cultures vivrières. L’introduction d’une monnaie qui accompagnait les cultures
commerciales, à considérablement déréglé les circuits commerciaux traditionnels.
L’économie de marché se substitut ainsi à l’économie de subsistance. Désormais l’africain
est contraint de promouvoir une économie extravertie, dont il ne tire que très peu d’intérêt.
Des problèmes multiples n’ont pas tardé à surgir : dépendance économique, famine,
malnutrition, individualisme etc.
Sur le plan politique : Après la conquête coloniale, la chefferie traditionnelle a été supprimée
dans la plus part de régions africaines. Elle a été remplacée par des administrateurs
coloniaux ou, à défaut, par des chefs qui leur sont dévoués. L’administration qui est ainsi
mise en place ne se souciait guère des intérêts des africains. D’ailleurs, le découpage du
continent en micro Etats participait à cette volonté des européens d’affaiblir politiquement
l’Afrique en empêchant l’émergence d’une conscience nationale. Et les frontières artificielles
issues de ce découpage n’ont tenu compte d’aucune réalité socio- politique africaine. Etles
problèmes ethniques qui vont se déclarer dans l’Afrique post-indépendante sont une
résultante de ce découpage arbitraire.
Sur le plan socioculturel : L’introduction de l’école et sa nouvelle manière de transmettre le
savoir va bouleverser les sociétés africaines dans lesquelles la connaissance était
initiatique. L’enseignement est orienté vers l’acculturation des masses africaines, et de
cette acculturation découle le rejet des langues et des traditions africaines. Toutes les
sociétés africaines sont, ainsi, confrontées au conflit de générations qui oppose le camp des
« évolués » composé pour la plus part de jeunes issus de l’école française et celui des
conservateurs qui regroupe les vieilles générations attachées aux valeurs africaines.
La notion de famille a changé. Et appartenir à un clan n’a plus de sens. Les éléments des
civilisations noirs comme la musique la danse etc. ont été systématiquement méprisés, voire
rejetés
I - La civilisation musulmane
A - naissance de l’islam
L’Arabie préislamique
L’Arabie est une vaste péninsule désertique située à l'extrémité de l'Asie du Sud-ouest,
limitée au nord par la Syrie et l'Irak, à l'est par le golfe Arabo-persique, au sud par la mer
d'Oman, à l'ouest par la mer Rouge.
Parsemée de rares oasis, le désert arabique cède la place, dans sa partie sud, à un climat
plus clément, on parle alors d’Arabie heureuse.
Cette péninsule est habitée dans sa majeure partie par des tribus arabes nomades
pratiquant l’élevage et le commerce caravaniers. L’activité agricole subsiste, cependant, au
sud dans les régions plus humides
Ces tribus arabes étaient, pour la plus part, des païens cohabitant avec desminorités de
juifs et de chrétiens.
Mahomet
Mahomet, le prophète de l’islam, est né à La Mecque vers 570. Orphelin de père et de
mère à l’âge de six ans, il est élevé par son grand-père, puis par son oncle, Abou Taleb qui
l’initia au commerce caravanier
Vers l’âge de 40 ans, au cours d’une des retraites qu’il avait l’habitude de faire dans une
grotte du mont Hira, il reçoit la visite de l'ange Gabriel qui lui demande, au nom de Dieu, de
prêcher l’islam
Mahomet prêche ensuite cette révélation. Ses paroles sont retranscrites dans le Coran. En
622, Mahomet quitte La Mecque, où il rencontre une forte opposition, et se réfugie à
Médine : cet événement, appelé l’hégire, marque le début du calendrier musulman.
À Médine, Mahomet crée une communauté importante de croyants. Il s’attèle à la
consolidation de l’Etat musulman mais également à son extension jusqu’à sa mort qui
survient en 632.
B - Le Coran et les fondements de l’islam
Le Coran
Le Coran est le livre saint de l’islam. Sa rédaction qui est postérieure au prophète, a été
l’œuvre du troisième khalife UTHMAN. Mais les révélations ont été faites du vivant du
prophète, certaines à laMecqueetd’autresàMédine. Le Coran compte 114 sourates
(chapitres) et 6666 versets.
Texte sacré fondateur de la religion islamique, le Coranest un recueil de recommandations,
commandements, règles de vie et pratiques cultuelles révélé par Dieu. Ilest aussi une
chronique historique retraçant le passé des peuples sémites (arabes, hébreux) qui ont vécu
au Proche Orient
LeCoran est complété par les hadithsqui sont un recueil des actes et paroles du prophète
rapportés par ses compagnons ou les compagnons de ses compagnons.
Il est aussi complété parL’Ijtihadqui est une interprétation du Coran et de la Sunna à
laquelle les musulmans ont recours pour trouver une solution à un problème qui se pose à
la communauté et qui n’est pas très clairement tranché. Deux autorités sont habilitées à la
faire : les oulémas et le consentement général
C - Les piliers de l’Islam
Les rituels de la foi musulmane s'organisent autour de cinq obligations plus connues sous le
nom de«piliers».de l’islam.
– la profession de foi (chahadah qui désigne un témoignage) en un Dieu unique et en son
Prophète Mahomet : «Il n'y a de Dieu que Dieu et Mahomet est son Envoyé».
– la prière quotidienne (salat) : elle doit être précédée par des ablutions et prononcée en
direction de La Mecque, cinq fois par jour.
– le jeûne du mois de Ramadan : les musulmans se doivent de jeûner du lever au coucher
du soleil chaque jour du mois de Ramadan.
– l'impôt islamique (zakat) : il se monte à un dixième environ des revenus et il s'y ajoute
l'aumône charitable, au bon vouloir de chacun (çadaqa). Sur lui repose le devoir de
solidarité au sein de la communauté musulmane.
– le pèlerinage à la Mecque (hadj) : il est recommandé à tous les musulmans au moins une
fois dans leur vie (sous réserve qu'ils aient la capacité physique de le faire et disposent
d'assez de ressources pécuniaires) :
D -la Constitution du monde musulman
A la disparition du prophète, l’islam va malgré tout se propager rapidement en Arabie à la
faveur du « Djihad » guerre sainte lancée par ses successeurs et de l’action des
commerçants arabes ou berbère islamisés.
1 - les conquêtes musulmanes
Les successeurs du prophète ou Khalifes orthodoxes : Abu bakr(632 – 634) Omar (634 –
644) Uthman (644 – 656) Ali (656 – 661),vont bâtir un vaste empire musulman qui englobe
tout l’empire perse et une partie de l’empire byzantin.
Après ces khalifes, il y a eu les dynasties comme celle de Omeyyades installée à Damas et
qui régna de 661 à 750, celle des Abbassides installée à Bagdad et régna de 750 à 1258.
Avec ces dynasties, le califat devient héréditaireetnon plus électif.
En un siècle, après la mort du Prophète, les musulmans ont conquis un immense espace
qui s’étend de l’Espagne à l’Indus (Inde) de la mer d’Aral au Nil. Un vaste empire uni
par un seul lien : l’islam.210125
Mais avec l’affaiblissement du pouvoir abbasside, on va assister à un morcellement
del’empire en dynasties locales : en Espagne, au Maroc, en Tunisie, en Perse, en Egypte
etc.
2 – Organisation de l’empire musulman
Le khalife qui est à la tête de l’empire était aussi le guide spirituel. On l’appelle aussi le
« Amir mouminin » ou « commandeurs des croyants » Il était assisté d’un vizir (premier
ministre) et des gouverneurs ou emirs dans les provinces.
Dans ces pays conquis, l’Islam est la religion d’Etat, l’arabe la langue, et le Coran le
fondement de la législation. Mais les non musulmans qui, s’ils ne sont pas païens, jouissent
de la tolérance moyennant le paiement d’un impôt et le comportement en sujets loyaux
E - la culture musulmane
Du VIIe au XIIe siècle, l’Islam va donner naissance à l’une des plus brillantes civilisations du
monde médiéval, civilisation qui est la synthèse de la culture des conquérants arabes et des
populations soumises auxquelles les arabes empruntent les acquis les plus significatifs.
1 – les activités économiques :
Elles sont dominées sans conteste par le commerce (caravanier et maritime) qui a permis de
réaliser l’unité linguistique et la réunification des territoires allant de la Byzance à la Perse.
Mais à coté du commerce, le monde islamique pratiquait un artisanat florissant (bijouterie,
verroterie, porcelaine etc.) qui était le premier du moyen-âge, l’agriculture se faisait aussi
sur la basede la (maîtrise d’ingénieux systèmes d’irrigation).
2 - Le rôle de la ville
Les villes musulmanes sont le point de convergence de principales routes commerciales dont
les bazars et les souks sont l’expression. Du temps de sa splendeur, Bagdad comptait 1,5
millions d’habitants. Les villes concentrent fonctions commerciales, politiques
administratives, religieuses, et intellectuelles. Elles étaient aussi très avancées dans les
techniques d’éclairage nocturne et d’hydraulique.
3 - Les sciences, l’art et les lettres
La civilisation musulmane a réalisé une véritable percée scientifique entre le 9ème et le
11ème,favorisée par les khalifes comme AlMamun de la dynastie des abbassides qui créa
en 83 à Bagdad une « maison de la sagesse ». Dans l’empire musulman, toutes les sciences
de l’homme et de la nature sont connues et pratiquées. Les ouvrages en langue arabe
permettent de faire progresser les connaissances dans les domaines aussi divers que les
mathématique (algèbre arithmétique, géométrie et la trigonométrique), l’astronomie, la
physique (boussole et papier inventions chinoises introduits en Occident par les arabes,
l’agronomie (la « Noria » système d’irrigation perfectionné), la médecineexpérimentale
(IbnSinà ou Avicenne, IbnZohr ou Avenzoar) la géographie avec IbnBatouta,l’histoire et la
sociologie avec Ibnkhaldoun, la poésie, l’astronomie, la philosophie (Ibn Ruchd ou
Averroès), l’architecture (imposantes mosquées et les édifices musulmans) la littérature
etc.
Cette civilisation musulmane conquérante est à la croisée des chemins entre les civilisations
grecque, chinoise, romaine, perse etc.
F - Diversité du monde musulman
1 – Les tendances historiques
Comme toutes les religions, l’islam est traversé par plusieurs courants après la disparition
du prophète. On distingue : le Sunnisme,leChiisme, leKharidjismeetc.
Le Sunnisme : Les sunnites constituent la majorité des musulmans et se fondent sur la
sunna et se subdivisent en quatre écoles ou rites. Ces quatre écoles sunnites apparaissent
au cours des deux premiers siècles de l’islam.
L’école hanéfite se fonde sur les enseignements de l’imam Abou hanifa (mort en 767) imam à
Kufa. Ecole plus libérale car admet comme source le raisonnement par analogie et l’opinion
personnelle Suivie en Turquie Chine Urss.
L’école Malikitesefonde sur les enseignements de l’imam de MédineMalik ibn Anas (mort en
796) imam à Médine. Cette école admet comme source leCoran, la coutume médinoise,
le consensus des docteurs de Médine et le principe d’utilité générale Suivie en
Afriquenoire, Egypte, Soudan
L’école chaféite qui se fonde sur les enseignements de l’iman Mohammad Al Shàfi (mort en
820), admet le recours au raisonnement par analogie en l’absence de réponse précise
donnée par le Coran et les hadiths (Indonésie, Afrique de l’est).
L’école hanbalite sefonde sur les enseignements d’Ahmad ibn Hanbal (mort en 855)
professeur à Bagdad. Cetteécole refuse l’innovation (bid’a) et suit à la lettre la
révélationdivine suivie en Arabiesaoudite.
Le chiisme : Il est né à partir des difficultés soulevées par la succession du prophète. Il
rassemble les partisans d’Ali. Pour les chiites imams et prophète forment une bi unité
indissociable et Ali le premier imam est celui que le prophète instruisait après chaque
révélation de la forme authentique du texte et de tous ses sens cachés. Donc à la mort du
prophète, il est le seul successeur légitime de Mohamed, ainsi que ses descendants.
Le kharidjisme c’est un courant qui est né après l’assassinat du 3ème khalife UTHMAN. Les
partisans de ce courant reprochent à Ali sa compromission avec Muawiya. On les appelle
les puritains de l’islam car ils réclament un califatélectif et nonhéréditaire. Pour eux la
charge doit revenir au plus digne même s’il s’agit d’un esclave. Ils se détournent du luxe
détestent le tabac, le compromis.
2 - Les Tendances actuelles
Le réformisme
Ce courant se développe entre la seconde moitié du XIXe siècle et la première moitié du XXe
siècle. Il tente d’ouvrir l’islam aux valeurs de la modernité et se définit en opposition
aux conservateurs et aux soufis qui refusent toute innovation dans l’interprétation.
Il cherche à rompre avec la voie fataliste qui a prévalu jusqu’au XIXe siècle et à faire
prévaloir la primauté de la raison pour une nécessaire adaptation au développement
scientifique. Il a connu un franc succès et beaucoup de partis s’en sont réclamés
Les pères du réformisme musulman arabe sont le philosophe et homme politique afghan
Jamal Al DIN, l’égyptien Muhammad Abdul, l’algérien Ben Badis etc.
A partir des années 40, les principaux leaders des pays musulmans se sont inspirés decette
tendance. Ce qui a entraîné une laïcisation de la constitution dans beaucoup de pays
musulmans (enTurquieavecMustaphaKemaleten Tunisie avecHabibBourguibaetc.).
Le fondamentalisme
On l’appelle aussi l’islam radical ou « islamisme » IL s’oppose au précédent car pour lui,
l’islam doit être à la base de l’organisation sociale. C’est pourquoi il incite les
individus revenir à la vraie foi et à accepter l’application stricte de la loi islamique
(la charia) et la restauration de l’intégralité des dogmes. Ce courant existe au sein des
sunnites comme des chiites
Ce pendant si certains mouvements fondamentalistes comme les frères musulmans
(Egypte), le Fis (Algérie) mouvance sunnite, le khomeynisme (Iran), le Hezbollah (Liban)
mouvance chiite comptent revendiquer par la voie pacifique ou politique, d’autres comme
Al-Qaïda ou l’Etatislamique utilisent la violence.
Malgré cette diversité, les musulmans du monde entier de quelque pays ou de quelque
confession auxquels ils appartiennent se retrouvent dans l’O.C.I (Organisation de la
Conférence Islamique) qui a pour objectif de renforcer la solidarité entre les musulmans et
de défendre les intérêts de la « UMMA ».
G - Les Problèmes de la « Umma » islamique :
1 - Les problèmes économiques :
L’islam est la deuxième religion par le nombre répartis dans les quatre continents : Afrique
Asie, Amérique, Europe. Mais généralement, on constate que la majorité des pays
musulmans appartient au 1/3 monde et à ce titre sont confrontés au problème de sous
développement.
2 - Les problèmes politiques :
Les différentes réformes notées dans beaucoup de pays islamiques qui s’orientent vers la
laïcisation forcée des institutions, causent beaucoup de problèmes d’instabilité. Exemple en
Egypte
3 - La montée del’intégrisme :
Le succès de la révolution iranienne à encouragé les tenants de l’orthodoxie musulmane.
Ces derniers sont très actif en Egypte (les frères musulmans), en Algérie le FIS (front
islamique du salue), au Soudan, en Indonésie, en Malaisie, au Pakistan etc.
Certains mouvements comma Al-Qaïda, l’Organisation de l’Etat Islamique ou Boko-
Haram ont recours au terrorisme.
4 - l’islamophobie :
L’image renvoyée par les groupes terroristes se réclamant de l’islam et la mauvaise
compréhension de la culture musulmane par certains médias occidentaux ou judéo-
chrétiens expose la communauté arabo-musulmane à un racisme de plus en plus marqué.
Tout ce qui est violent est attribué à l’islam. La civilisation islamique est qualifiée même de
civilisation rétrograde. On interdit, dans beaucoup de pays le port de la barbe, le port du
tchador, du foulard islamique etc.
Conclusion
Le monde négro-africain présente aujourd’hui un visage bigarrédu fait des apports
musulmans et coloniaux sur un fond traditionnel. Si l’islam a joué un rôle majeur dans
façonnement des sociétés noires actuelles, la colonisation au contraire a été une période
plus ou moins négative.
L’Afrique court aujourd’hui derrière son authenticité ou, du moins, derrière les valeurs
profondes qui ont façonné pendant longtemps l’homme africain