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Memoire - Rebecca (1) Unili Session

Le document examine l'application du principe de l'intérêt supérieur de l'enfant dans les décisions de divorce par le Tribunal de paix de Likasi, en tenant compte des influences coutumières et des exigences du droit positif congolais. Il souligne les insuffisances dans les décisions judiciaires, telles que le manque de motivation et l'absence d'enquêtes sociales, qui compromettent la protection des droits des enfants. L'étude vise à évaluer si les mécanismes actuels garantissent effectivement la protection des droits de l'enfant et propose des pistes d'amélioration.

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Memoire - Rebecca (1) Unili Session

Le document examine l'application du principe de l'intérêt supérieur de l'enfant dans les décisions de divorce par le Tribunal de paix de Likasi, en tenant compte des influences coutumières et des exigences du droit positif congolais. Il souligne les insuffisances dans les décisions judiciaires, telles que le manque de motivation et l'absence d'enquêtes sociales, qui compromettent la protection des droits des enfants. L'étude vise à évaluer si les mécanismes actuels garantissent effectivement la protection des droits de l'enfant et propose des pistes d'amélioration.

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Page I

Epigraphe

« Dans toutes les décisions qui concernent les enfants,


qu’elles soient le fait des institutions publiques ou privées de
protection sociale, des tribunaux, des autorités
administratives ou des organes législatifs, l’intérêt supérieur
de l’enfant doit être une considération primordiale »

(Article 3 de la Convention
Internationale des Droits de l’Enfant).
Page II

Dédicace

 Au Juge président MUAMBI KALONGA David du tribunal de paix de Likasi.


Page III

Remerciements

La réalisation de ce travail est certes une œuvre de plusieurs artistes qui, de près
ou de loin y ont contribué tant physique que morale

C'est ainsi qu'il est loisible pour moi de remercier tous ceux qui ont laissé leur
empreinte à ce modeste travail, que j’estime être utile et pourquoi pas bénéfique pour la
génération future.

C'est ainsi que je tiens à remercier d'une manière particulière mon directeur Chef
des Travaux Fils TSHIPADI et Chef des Travaux MULOBE, lesquels ont consenti à diriger
ce travail en dépit de leurs occupations professionnelles et personnelles. C’est grâce à leur
rigueur et leur souhait de patronner des travaux bien fait que le nôtre a pu être réalisé.

Mes remerciements s’adressent également à tous les membres du corps


académique et scientifique de l'université de Likasi en général et ceux de la faculté de droit en
particulier

Je serai ingrate si je ne dis pas merci à certaines personnes avec qui j'ai partagé
des idées sur ces quelques jours de recherche, il s'agit de : Arnick Muyange, Déborah Kaluwe,
Charlène Kona, Lydia Djuba, Cynthia Kaj, Adolphine Mpala, Esther Maloba et Vanessa
Tshijika.
Page 1

I. INTRODUCTION

I.1. Présentation du sujet

Dans les sociétés traditionnelles africaines en général, et congolaises en


particulier, le mariage et le divorce étaient perçus comme des affaires familiales, relevant
exclusivement des coutumes propres aux familles concernées. Le règlement de ces
questions, notamment en cas de séparation, obéissait aux normes coutumières établies
depuis des générations.

Il convient de rappeler que la République Démocratique du Congo, riche de


plus de 400 groupes ethniques, possède une grande diversité coutumière. Toutefois, cette
diversité repose principalement sur deux grands systèmes : le système patriarcal et le
système matriarcal. Dans le premier, la filiation et l’autorité s’exercent par la lignée
paternelle, tandis que dans le second, ces éléments passent par la lignée maternelle. 1

Ainsi, en cas de divorce, les conséquences liées à la rupture du mariage


notamment la dissolution de l’union, le partage des biens et, surtout, la question de
l’intérêt des enfants étaient traitées selon les exigences du système auquel les conjoints
appartenaient. Dans un système patriarcal, les enfants restaient généralement sous la
tutelle de la famille paternelle ; dans un système matriarcal, ils suivaient leur mère dans sa
famille et étaient souvent confiés aux oncles maternels. Ces pratiques traditionnelles
excluaient généralement l’autre parent de l’exercice de l’autorité parentale, sans
considération particulière pour l’intérêt de l’enfant.

L’ère coloniale, malgré son influence juridique, n’a pas véritablement modifié
cette réalité. Le colonisateur, tout en introduisant son propre système juridique, a laissé les
autochtones libres de suivre leurs coutumes en matière familiale. Cette dualité juridique,
maintenue sans réelle harmonisation, a perduré après l’indépendance et a contribué à une
forme de discrimination et d’inégalité dans la protection des droits familiaux, notamment
ceux des enfants.

Avec l’accession de la RDC à la souveraineté, la nécessité d’unifier le droit


coutumier et le droit d’inspiration occidentale s’est imposée. Cela a conduit à la création
d’une Commission de réforme du droit congolais, qui a abouti à l’élaboration du Code de
la famille. Ce texte constitue une avancée majeure dans la réglementation des rapports
familiaux, y compris ceux relatifs à la garde des enfants en cas de divorce.
1
Tshibangu, T. (2002). Le droit coutumier congolais et la modernité, Kisangani, Éditions Makila.
Page 2

Par ailleurs, la promulgation de la loi n°09/001 du 10 janvier 2009 portant


protection de l’enfant est venue renforcer cette protection en consacrant l’intérêt supérieur
de l’enfant comme principe fondamental. Ce principe, désormais reconnu tant par les
instruments juridiques internationaux que par le droit congolais, impose que toute décision
affectant un enfant, notamment en cas de divorce, soit guidée avant tout par ce qui est le
mieux pour son bien-être physique, psychologique, moral et social.2

Dans le cadre du présent travail, nous nous proposons d’analyser comment le


Tribunal de paix de Likasi applique ce principe de l’intérêt supérieur de l’enfant dans le
traitement des dossiers de divorce, en tenant compte à la fois des survivances coutumières
encore influentes dans certaines décisions judiciaires, et des exigences posées par le droit
positif congolais.

I.2. État de la question

L’état de la question consiste à faire le point sur les publications et recherches


antérieures ayant abordé, directement ou indirectement, le thème de l’intérêt supérieur de
l’enfant, notamment en cas de divorce. Il permet de situer notre travail dans un contexte
scientifique et d’identifier les avancées ou les lacunes des études antérieures.

Il est reconnu que nous ne sommes pas les premiers à traiter de l’intérêt de
l’enfant dans les situations familiales complexes, en particulier lors d’un divorce. C’est
pourquoi nous nous référons aux travaux d’auteurs tels que Jean Carbonnier et Gérard
Cornu, afin de mieux asseoir notre analyse.

1) Joseph Yav Katshung, protection de l’intérêt de l’enfant en droit congolais de la


famille. Pour lui, l’enfant est depuis plusieurs années au centre des préoccupations
politiques et juridiques. Les politiques ont pris conscience de l’importance de
protéger l’enfant. L’intérêt de l’enfant est donc devenu primordial pour les juristes
lorsque ces derniers sont amenés à trouver des solutions à des conflits impliquant
un enfant, et le Ministère Public en est le garant. Qu’il sied donc que ce dernier se
rende compte de son rôle et qu’il l’assume chaque fois que de besoin et il
demeurera le protecteur et défenseur attitré de la société congolaise ! Il sera ainsi «
utilement actif » même en matière civile3.

2
République Démocratique du Congo. (2009). Loi n°09/001 du 10 janvier 2009 portant protection de
l’enfant.
3
[Link] enfant droit, [Link], consulté le 13 juin
2025.
Page 3

2) Basila PANISSE GABRIELLA Université Officielle de Bukavu Graduat 2019, De


la détermination de l'intérêt supérieur de l'enfant en matière de filiation: réflexion à
la lumière de la jurisprudence, il fait une analyse selon laquelle lorsqu'il y a
filiation le renvoie, en tout état de cause, à la portée que le juge accorde à l'intérêt
supérieur de l'enfant lorsqu'il est saisi pour trancher un litige relatif à la filiation et
dans lequel il doit déterminer l'intérêt supérieur de l'enfant. Certes, au regard de
l'enchevêtrement et de l'imbrication des normes en la matière, la tâche ne serait pas
facile. C'est d'ailleurs pourquoi l'on s'est résolu d'aborder cette question pour
dénicher de quoi le juge tient compte pour faire prévaloir l'intérêt supérieur de
l'enfant dans l'établissement et les contestations relatives à sa filiation 4.
3) Jean Zermatten Working report 3-2003 l’Enfant De l’Analyse Littérale à la Portée
Philosophique, l'auteur analyse la question de l’intérêt de l’enfant est donc un
concept incontournable ; il a bien des défauts, imprécision, subjectivité, relativité.
Mais il a aussi d’énormes qualités : sa souplesse, son adaptabilité, sa richesse pour
respecter des contextes juridiques, culturels, socio-économiques complètement
différents.
De plus, il est déterminant :
 Au plan factuel comme critère de contrôle et de solution ;
 Au plan macro sociétal comme imposant de nouvelles structures pour prendre
en compte cet intérêt et pour inspirer une politique de promotion de l’enfant.
Enfin, il ne peut pas être détaché du contexte de CDE et il doit être relié aux
autres droits, notamment à celui de l’art. 2 (non-discrimination) et de la parole
de l'enfant (art. 12) et de sa participation (art. 14, 15,16). Il a, de toute
évidence, un potentiel politique, comme outil de développement de politiques
soucieuses des enfants, non seulement dans le domaine spécifique de la
protection ou du droit de la famille, mais dans tout le domaine législatif
nouveau de l'environnement, par exemple.

Il ajoute l'intérêt supérieur de l'enfant s'explique par le développement des idées de


l'Antiquité à nos jours, idées contemporaines qui ont consacré l'avènement de
l'enfant comme personne à part entière. Il est donc devenu l'instrument juridique
nécessaire pour faire appliquer ce statut moderne. Malgré toutes les critiques, le

4
[Link] la détermination de lintert superieur de l'enfant en matiere de
filiation reflexion, consulté le 16 juin 2025.
Page 4

critère de l'intérêt supérieur de l'enfant n’a fait que gagner de l’importance ; c’est
dire que si on l’éliminait pour ses faiblesses on ne saurait par quoi le remplacer 5.

4) Hélène REY WICKY et Isabelle RINALDI « Intérêt supérieur de l’enfant et


divorce Perspective multidimensionnelle », pour lui, la place et les droits de
l’enfant dans le processus de divorce. Ce soit au moment de la séparation ou à
plus long terme, le processus d’ajustement à ces changements dépend pour chaque
membre de la famille non seulement des changements eux-mêmes et des pertes
qu’ils entraînent, mais également de plusieurs variables individuelles, familiales,
sociales et environnementales. Dans cette optique, ni les difficultés inhérentes à
l’adaptation ne sont banalisées, ni ses conséquences pathologiques surestimées.
Qu’il s’agisse d’établir une relation entre le mariage et le divorce, à travers des
typologies familiales, ou qu’il s’agisse de s’interroger sur l’ajustement au
processus du divorce, la question cruciale de la place des enfants, et de leurs
intérêts, au cours des modifications du cycle familial doit être posée. Dans le débat
actuel autour du divorce, la question des droits à accorder aux enfants, notamment
en matière d’écoute, voire de participation à certaines décisions le concernant est
aujourd’hui tout aussi fondamentale que celle des responsabilités que chaque
partenaire devrait assumer auprès d’eux après la rupture du couple conjugal. Des
esquisses de réponses à ses questions font appel à une réflexion plus générale sur la
place et le statut de l’enfant dans la société et dans la famille, ainsi que sur les
croyances et idéologies dominantes en matière de relation parent-enfant 6.

Nous nous démarquons de nos prédécesseurs par le fait que nous faisons une
analyse bien particulier sur le principe de l’intérêt supérieur de l’enfant, reconnu par la
Constitution congolaise, tout comme par le Code de la famille et les plusieurs conventions
internationales ratifiées par la RDC, qui guider toute décision judiciaire impliquant un
enfant qui ne sont pas respectés dans la procédure de divorce, en analysant les décisions
rendues par le Tribunal de Paix de Likasi est souvent confronté à des dossiers de garde
d’enfants, de pension alimentaire ou de droit de visite. Toutefois, plusieurs jugements
analysés révèlent des insuffisances : manque de motivation, absence d’enquêtes sociales,
non-audition de l’enfant, décisions parfois arbitraires. Cela compromet la protection réelle

5
Rapport de la DIVISION DROITS DE L’HOMME SECTION PROTECTION DE L’ENFANT,
Arrestations et détentions dans les prisons et cachots de la RDC: La détention des enfants et la justice
pour mineurs, Mars 2006.
6
Hélène REY WICKY et Isabelle RINALDI, Intérêt Supérieur de l’Enfant et Divorce, EESP,
SUISSE,2023.
Page 5

de l’enfant. Le respect de son intérêt supérieur exige des décisions personnalisées,


motivées et fondées sur des éléments concrets. Il est donc nécessaire de renforcer la
formation des magistrats, d’impliquer les services sociaux et de garantir une justice
familiale plus humaine et protectrice des droits de l’enfant à Likasi.

I.3. Choix et intérêt du sujet

Nous avons porté notre choix sur ce sujet en raison de la place centrale que
doit occuper l’enfant dans toute procédure de divorce .En effet, nous avons constaté que,
dans plusieurs cas, les décisions judiciaires négligent l’impact profond que la séparation
des parents peut avoir sur l’enfant .Il nous a donc paru essentiel d’interroger la manière
dont le tribunal de paix de Likasi prend en compte l’intérêt supérieur de l’enfant, principe
fondamental reconnu tant au niveau national qu’international. Notre réflexion vise à
évaluer si les mécanismes existants garantissent effectivement la protection des droits de
l’enfant dans ce contexte sensible, et à proposer des pistes d’amélioration si nécessaire.

C'est ainsi qu'en nous référant à l’Article 3, alinéa 1er de la convention relative
aux droits de l’enfant insiste sur le fait que l’intérêt supérieur de l’enfant doit primer dans
toutes les décisions qui le concernent, qu’elles soient prises par des institutions publiques
ou privées, des tribunaux, des autorités administratives ou encore par des organes
législatifs. Et aussi en nous référant à la loi de 1950 et de 2009, il ressort de notre
conscience de faire un constat qui est amère, car la plupart des enfants sont abandonnées à
leur triste sort après divorce.

I.3 .1. Intérêt Scientifique

Il est clair pourvu qu'on y pense que personne ne peut prétendre posséder toute
la science. Nous estimons que ce travail peut soit-il octroyer l'occasion de subvenir aux
besoins de la science en joignant l'utile à l'agréable en appliquant et le droit civil.

Nous serons comblés car les suggestions qui y sortiront, feront avancer notre
science, le droit.

I.3.2. Intérêt social

Par dévouement à la patrie, nous voulons démontrer à la société que tout


travail humain peut avoir des imperfections, une fois que nous avons très bien compris la
réalité et la portée juridique et son incidence en droit congolais.
Page 6

I.3.3. Intérêt Personnel

Le principal souci qui nous anime c'est de donner au droit civil une influence
positive aux yeux des amateurs de cette discipline.

Nous tenons à sensibiliser les époux à l’importance d’agir avec responsabilité,


en gardant à l’esprit que l’intérêt supérieur de l’enfant doit primer sur tout autre
considération, il est essentiel d’éviter des décisions précipitées ou conflictuelles qui
compromettent l’équilibre et le bien-être de l’enfant. En cas de troubles dans les foyers, la
question de la garde devient cruciale, car elle a un impact direct sur le développement
affectif et psychologique de l’enfant. C’est pourquoi nous faisons de la protection de ses
droits et de ses besoins fondamentaux notre priorité absolue.

I.4. Problématique

MPALA MBAMBOULA voir dans la problématique en enchainement des


questions auquel nécessite une réponse. Elle se conçoit également comme un programme
de questionnement élaboré à partir de la question posée par le sujet et entant que
programme du traitement du sujet7.

Pierre-Felix KANDOLO définit la problématique comme la question qu’un


chercheur se pose au regard du problème qu’il soulève et dont les réponses constituent
l’ensemble du travail8.

Le divorce, bien qu'étant un droit reconnu aux époux a des conséquences


profondes sur la cellule familiale, en particulier non les enfants. Ceux-ci, souvent pris
dans des conflits parentaux se retrouvent dans une position de vulnérabilité, tant sur le
plan effectif, éducatif que matériel. Le principe de l'intérêt supérieur de l'enfant consacré
par les instruments juridiques internationaux (convention relative aux droits de l'enfant) et
nationaux, dont la loi N 09/001 du 10 janvier 2009 portant protection de l'enfant) impose
aux juridictions de considérer prioritairement le bien-être de l'enfant dans toute décision
concernant y compris dans les procédures de divorce.

Cependant, en pratique, la mise en œuvre de ce principe reste rejette au niveau


des juridictions de base comme le Tribunal de Paix de Likasi. Des facteurs tels que le
manque de formation spécialisée des magistrats en droit de l'enfant, l'influence des

7
Louis MPALA MBAMBOULA, Pour vous chercheur, directives pour rédiger un travail
scientifique, Lubumbashi, éd. MPALA, 2021, p.45.
8
Pierre-Felix KANDOLO, Cours d’initiation à la recherche scientifique, Faculté de Droit, G2,
UNILI, 2020-2021, p.48.
Page 7

coutumes locales, l'insuffisance des moyens matériels et l'absence d'un encadrement


psychologue pour les enfants dans le cadre judiciaire pouvant compromettre l'effectivité
de cette protection. Dans ce contexte, il devient nécessaire de s'interroger sur la réalité de
l'application du principe de l'intérêt supérieur de dans les jugements de divorce à Likasi.

Voici donc des questions qui orienteront cette étude

 Dans quelle mesure le Tribunal de Paix de Likasi prend-il en compte l'intérêt


supérieur de l'enfant dans ces décisions de divorce?
 Et quels sont les obstacles qui entourent l'effectivité de ce principe en pratique ?

I.5. Hypothèses

Il ne suffit pas de poser des questions, mais aussi d’y répondre c'est ainsi que
Robert Pinto et Madeleine GRAWTZ, quant à eux, estiment que l’hypothèse est une
proposition des réponses que l’on se pose à propos d’un sujet de recherche formulé en des
termes tels que l’observation et l’analyse puissent fournir une réponse 9.

MPALA MBAMBOULA voit dans l’hypothèse une réponse provisoire a une


question de la problématique10.

Bien que le principe de l'intérêt supérieur de l'enfant soit reconnu dans les
textes juridiques applicables en République démocratique du Congo il est insuffisamment
près en compte dans les décisions de divorce rendu par le Tribunal de Paix de Likasi.
Comme toute Juridiction de base en République démocratique du Congo est tenu
d'appliquer les normes nationales et internationales relatives à la protection de l'enfant. Ce
principe est ainsi reconnu juridiquement, cependant, la mise en œuvre effective de ce
principe dépend de la pratique judiciaire, des moyens disponibles et du contexte
socioculturel local.

La méconnaissance ou la faible formation des magistrats en matière de droits


de l'enfant limite l'effectivité de ce principe ; l'absence de structures d'accompagnement
(travailleurs sociaux, judiciaires). Compromet la prise de décisions centrées sur l'intérêt
supérieur de l'enfant. Les considérations coutumières sociales ou économiques influencent
par fois les jugements au détriment de l'intérêt de l'enfant. Il existe une absence de
mécanismes de suivi post-jugement permettant d'assurer le respect des droits de l'enfant
après la décision judiciaire

9
PINTO R. et GRAWTZ M, Méthodes des sciences sociales, Paris, éd. Dalloz, 1984, p.142.
10
MPALA MBAMBOULA, Op. Cit, p.4.
Page 8

I.6. Méthodes et techniques

I.6.1. Méthodes

MPALA conçoit la méthode comme un ensemble des règles pour conduire


raisonnablement, logiquement nos recherches. C’est la voie à suivre pour atteindre le but
qu’on s’est fixé11. Ainsi donc, dans notre travail, nous nous sommes proposés d’utiliser la
méthode d'herméneutique juridique.

a) La méthode herméneutique

L'herméneutique juridique est une discipline qui cherche à comprendre les


principes et les méthodes d'interprétation des textes juridiques, en tenant compte du
contexte, de l'histoire, des intentions et des rôles des différents acteurs impliqués dans
l'interprétation. Elle s'écarte de l'exégétique juridique en ce qu'elle confronte les textes
interprétés aux faits, à la réalité sur terrain.

Dans le cadre de notre travail il cette méthode nous aidera d'analyser le Code
de la famille de la RDC, le Convention relative aux droits de l’enfant (CDE, 1989),
ratifiée par la RDC, notamment l’article 3 : « Dans toutes les décisions qui concernent les
enfants, l’intérêt supérieur de l’enfant doit être une considération primordiale et la charte
africaine pour le bien être de enfant, Enfin de le confronter aux décisions rendues par le
Tribunal de Paix de Likasi pour évaluer si l'intérêt supérieur de l'enfant est réellement en
compte en pratique.

I.6.2. Les techniques

Il ne suffit pas d’avoir les méthodes, mais aussi les outils qui permettront à
concrétiser ses dernières.

Ainsi, Kandolo voit dans la technique un outil qui permet à la méthode


d’atteindre ses résultats12.

« La technique est un mode opératoire éprouvé, bien établi, précis et


reproductible : une sorte de recette de cuisine, elle décrit dans le détail les opérations

11
Mpala Mbabula, Idem, p. 48.
12
Pierre Félix Kandolo, Op. Cit, p. 71.
Page 9

nécessaires à l’obtention du meilleur résultat possible, ainsi que leurs conditions


d’exécution...»13.

Nous allons utiliser dans notre travail les techniques ci-après :

I.6.2.1. La technique documentaire

La technique documentaire est une celle de recherche et de traitement de


l'information qui consiste à collecter, analyser et à utiliser des documents pour étudier une
question, un phénomène ou un sujet, en d'autre terme utiliser des documents pour étudier
un sujet ou répondre à une question. Ainsi cette technique nous a permis à exploiter les
ouvrages et les textes en la matière pour la crédibilité de notre travail.

I.6.2.2. L’entretien

« Procédé d’investigation scientifique, utilisant un processus de


communication verbale pour recueillir des informations en relation avec le but fixé ». Sa
différence avec l’enquête est souvent formelle : l’enquête s’effectue par un questionnaire
écrit, alors que l’entretien est souvent verbal.

Cette technique nous a permis de recueillir le jugement et les informations sur


l'intérêt supérieur de l'enfant sur l'organisation, fonctionnement du Tribunal de Paix de
Likasi.

I.7. Délimitation du sujet

Toute recherche scientifique recommande le choix d'une délimitation dans


l'immensité de l'univers tout entier, la peur est de ne pas se perdre dans le vaste monde de
recherche mais de se situer dans un domaine bien précis.

I.7.1. L'espace

Par rapport à l'espace notre recherche est limitée sur l'étendue de la République
Démocratique du Congo précisément dans la ville de Likasi où l'on trouve le Tribunal de
Paix de Likasi.

I.7.2. Temps

Par rapport au temps notre analyse va de 2013 date à laquelle la loi organique
n°13/011-B du 11 avril 2013 portant organisation, fonctionnement et compétences des

13
Pierre Kandolo, Idem, p.71.
Page 10

juridictions de l'ordre judiciaire a été promulguée jusqu'en 2024, par ce que ne nous avons
pas en 2025 des éléments ayant trait avec notre travail.

I.7.3. Matière

En ce qui concerne la matière, notre travail sera axé sur le droit civil plus
précisément à la partie concernant les personnes. Par ce que les autres matières du droit
civil ne traite pas en profondeur les questions des familles.

CHAPITRE I. CADRE CONCEPTUEL ET THEORIQUE DE


L’ETUDE

SECTION 1. DEFINITION DES CONCEPTS

§1. Intérêt

L’intérêt, dans un sens dans la procédure judiciaire est une condition jugée
indispensable par l'ensemble de la doctrine et de la jurisprudence pour l'exercice d'une action
est : « l'intérêt ». Voilà le fondement dans les maximes anciennes « pas d'intérêt pas d'action »
Page 11

ou encore « l'intérêt est la mesure des actions »14. Mais nous pouvons définir l'intérêt comme
étant la fonction de l'utilité que présente l'exercice de l'action en justice. L'intérêt légitime
forme la base de l'action judiciaire comme il en est la mesure. Cela signifie qu'une personne
n'a pas le droit de soulever des contestations inutiles et d'occuper les juges dont le temps est
précieux, de questions qui lui sont indifférentes

Dans le cadre de la protection des droits de l’enfant, l’intérêt prend une dimension
supérieure, dépassant les intérêts purement matériels ou individuels pour s’étendre à
l’ensemble des besoins fondamentaux de l’enfant.15

§2. Effets

Les effets se réfèrent aux conséquences juridiques, sociales ou psychologiques


qu’un acte ou une décision peut entraîner16. Dans le cadre d’une décision judiciaire liée à un
divorce, les effets peuvent impacter profondément la vie de l’enfant : sa résidence, son
éducation, ses relations familiales et son équilibre affectif. En RDC, les effets juridiques
découlent de différents systèmes normatifs, allant du droit public, privé, économique et social,
ainsi que de la jurisprudence et de la pratique judiciaire. Les actes juridiques (contrats,
transactions, etc.), les faits juridiques (naissances, décès, accidents, etc.) et les décisions
judiciaires produisent des effets variés, allant de la création de droits et obligations à la
modification de statuts, au transfert de propriété.

§3. Enfant

Selon l’article 1er de la Convention relative aux droits de l’enfant (CDE), un


enfant est défini comme « tout être humain âgé de moins de dix-huit ans, sauf si la majorité
est atteinte plus tôt en vertu de la législation qui lui est applicable ». Par ailleurs l'article 41 de
la constitution de la République démocratique du Congo du 18 février 2006 telle que modifiée
en 2011 prévoit : « L'enfant mineur est toute personne, sans distinction de sexe, qui n'a pas
encore atteint 18 ans révolus ».

Le législateur congolais a distingué plusieurs catégories d'enfants

A. Catégories d'enfants

Ainsi, aux termes de l'article 2 de la présente loi, les personnes concernées par la
protection de l'enfant sont notamment : l'enfant déplacé, l'enfant réfugié, l'enfant en situation
14
LUZOLO BAMBI, Cours de Procédure Civile, UNIKIN, Faculté de Droit, 2015. p.17.
15
Jean Carbonnier, Droit Civil, PUF, 2004, p. 123.
16
LEON KANKONDE, Cours de Droit Civil Des Obligations, UNILI, faculté de droit, L3 LMD, 2025,
inédit.
Page 12

difficile, l'enfant en situation exceptionnelle, l'enfant avec handicap physique ou mental,


l'enfant séparé et l'enfant en conflit avec la loi. Il existe plusieurs catégories d'enfants entre
autres.

Enfant déplacé: Tout enfant non accompagné de ses parents ou tuteur qui a été
contraint de quitter son milieu de vie par suite de la guerre, de catastrophes naturelles ou
d'autres événements graves et s'est installé dans un autre endroit à l'intérieur du pays où il
réside17.

Enfant réfugié: Tout enfant qui a été contraint de fuir son pays en franchissant
une frontière internationale et qui demande le statut de réfugié ou toute autre forme de
protection internationale18.

Un réfugié est un étranger qui n'est pas à confondre avec un immigrant car, celui-
ci vient au pays pour s'y établir, alors celui-là ne songe qu'à rentrer dès que cela lui sera
possible19.

Enfant en situation difficile : Tout enfant qui ne jouit pas de ses droits
fondamentaux et qui n'a pas accès aux services sociaux de base tels que la santé, le logement,
l'alimentation et l'éducation20.

Enfant en situation exceptionnelle : Tout enfant en situation de conflits armés,


de tensions ou de troubles civils, de catastrophes naturelles ou dégradation sensible et
prolongée des conditions socio-économique21. A noter que les règles relatives à la conduite
des hostilités en droit international humanitaire interdisent l'enrôlement des enfants soldats.

Enfant avec handicap physique ou mental: Tout enfant se trouvant dans une
situation qui peut constituer un obstacle ou une difficulté à l'expression normale de toutes ses
facultés physiques ou mentales, notamment les fonctions intellectuelles et cognitives, le
langage, la motricité et les performances sociales22.

Par handicap, il faut entendre, non seulement une infirmité physique, mais aussi
un trouble mental qui mettent un enfant en état d'infériorité. Ce handicap peut être dû à une
blessure, un traumatisme, une maladie etc.

Enfant séparé: Tout enfant qui est séparé de ses père et mère ou de la personne
qui exerce sur lui l'autorité parentale23 .
17
Article 2 de la loi n°9/001 du 10 janvier 2009 portant protection de l'enfant, JORDC, N spécial, 2009.
18
Article 2. 2, loi portant protection de l'enfant.
19
Article 2.3, loi portant protection de l'enfant.
20
Article 2. 4, loi portant protection de l'enfant.
21
Article 2. 5, loi portant protection de l'enfant.
22
Article 2. 6, loi portant protection de l'enfant.
23
Article 2.7, loi portant protection de l'enfant.
Page 13

Enfant en conflit avec la loi: Le concept « enfant en conflit avec la loi » englobe
aussi bien les mineurs délinquants que les mineurs déviants associés dans le cadre de la
présente loi.

Conformément à l'article 2 point 9 de la loi n° 09/001 du 10 janvier 2009 portant


protection de l'enfant, est enfant en conflit avec la loi, tout enfant âgé de quatorze à moins de
dix-huit ans qui commet un manquement qualifié d'infraction à la loi pénale24.

En droit congolais, la Loi n°09/001 de 2009 reprend cette définition


tout en précisant les conditions dans lesquelles l’enfant bénéficie d’une protection juridique
accrue. Ce statut spécial impose aux autorités judiciaires de tenir compte de l’immaturité
psychologique, de la dépendance économique et de la vulnérabilité sociale de l’enfant.

§4. Tribunal de paix

Les tribunaux de paix se trouvent à la base de la pyramide ; ce sont des


juridictions qui constituent la fusion des tribunaux dits coutumiers et les tribunaux de police.
Ils doivent remplacer progressivement les tribunaux de commune (territoire), de collectivité et
de ville. Leur fondement juridique repose sur les articles 7 à 13, 85 à 88, 110 à 111 de la loi
organique n°13/011-B du 11 avril 2013 portant organisation, fonctionnement et compétences
des juridictions de l'ordre judiciaire. Ces juridictions ont été créées dans l’optique de restaurer
la paix sociale, d’où leur nom « tribunaux de paix ».

1. Ressort et siège

Les tribunaux de paix sont prévus par les articles 7, 8, 10 et 13 de la loi organique
n°13/011-B du 11 avril 2013 portant organisation, fonctionnement et compétences des
juridictions de l'ordre judiciaire. Le ressort du tribunal de paix correspond au ressort
administratif du territoire, ville ou commune. Toutefois, il peut être crée un seul tribunal de
paix pour deux ou plusieurs territoires, villes et communes. Il peut être créé dans le ressort
d’un tribunal de paix un ou plusieurs sièges secondaires. Leurs sièges et ressorts sont fixés par
arrêté du ministre de la Justice25.

Chaque tribunal de paix est structuré de la manière suivante

24
Article 2.8, loi portant protection de l'enfant.
25
Article 8 de la loi N 13/ 011 du 11 avril 2013 portant organisation fonctionnement et compétences
des juridictions de l'ordre judiciaire, JORDC, 2013.
Page 14

a) Le Président

Le président est un juge de carrière, il est l'autorité suprême de la juridiction. Il


remplit les fonctions administratives et judiciaires. En effet tout tribunal est composé d'un
président et des juges26.

b) Les juges de paix

Les juges de paix sont des magistrats de carrière qui président chacun une
chambre. A l'audience, le juge siège seul, assisté d'un greffier. Il joue aussi le rôle du ministère
public à l'audience.

c) Les juges assesseurs

Les juges assesseurs ne sont pas des juristes, mais des fonctionnaires de l'Etat ou
notables recrêtés par le ministre de la justice en égard à leur sagesse pour assister les juges de
carrières dans les affaires qui requièrent l'interprétation de la coutume. Cette notion des juges
assesseurs est prévue à l'article 10 de la loi N 13/ 011 du 11 avril 2013 portant organisation
fonctionnement et compétences judiciaire.

d) Le greffe

Le greffier assiste le juge dans les actes et procès- verbaux de son ministère. Il les
signe avec lui. Le greffier garde les minutes, registres et tous les actes afférents à la juridiction
près laquelle il est établi. Il délivre les grosses, expéditions et extraits des arrêts ou jugements
et ordonnances, écrit ce qui est prononcé ou dicté par le juge et dresse acte de diverses
formalités dont l'accomplissement doit être constaté27.

e) Huissariat

C'est un agent de l'ordre judiciaire dont la mission judiciaire consiste à porter à la


connaissance des parties au procès des convocations officielles appelées citation en matière
pénale et assignation en matière civile. Ils sont également chargés d'exécuter les décisions de
justice.

2. Compétence du tribunal de paix

a. Compétence territoriale (ratione loci)

La compétence territoriale du tribunal de paix s’étend au niveau de son ressort.


Qui peut être un territoire, une ville soit une commune c’est-à-dire que le tribunal de paix
connaît les affaires passées dans sa commune (territoire) ou ville. Lorsqu’une infraction se

26
Article 9, loi portant code judiciaire.
27
Article 38, loi portant code judiciaire.
Page 15

commet en dehors du ressort du tribunal de paix, on dira que celui-ci est territorialement
incompétent28.

b) Compétence matérielle (ratione materiae)

Cette compétence se subdivise en deux selon qu'elle pénale soit civile.

b.1. En matière répressive (pénale)

Sa base légale repose sur les articles 85 à 88 de la loi organique n°13/011-B du 11


avril 2013 portant organisation, fonctionnement et compétences des juridictions de l'ordre
judiciaire. Les tribunaux de paix sont compétents de connaître les infractions punissables au
maximum de 5 ans d’emprisonnement et à une amende, quel que soit son taux, ou l’une de
ces peines seulement29.

Les juges de tribunaux de paix sont seuls compétents pour autoriser ou refuser la
détention préventive au premier degré (même à l'égard des bénéficiaires du privilège de
juridiction du tribunal de grande instance, de la Cour d'appel et de la Cour de cassation) sauf
après fixation du dossier devant le tribunal compétent qui est de la compétence du même
tribunal saisi30.

En attendant l’installation des tribunaux pour enfants institués par l’article 84 de


la loi n° 09/001 du 10 janvier 2009 portant protection de l’enfant, les chambres spécialisées
des tribunaux de paix connaissent des matières dans lesquelles se trouve impliqué l’enfant en
conflit avec la loi et appliquent toutes les règles de procédures prévues par cette loi. Il s'agit
de toutes les affaires pénales qui concernent l'enfant (infraction ou violation de la loi pénale
par l'enfant).

b.2. En matière civile et de la famille

Sa base légale se trouve à l’article 110 à 111 de la loi organique n°13/011-B du 11


avril 2013 portant organisation, fonctionnement et compétences des juridictions de l'ordre
judiciaire. Ainsi, les tribunaux de paix connaissent de toute contestation portant sur le droit de
famille, les successions, les libéralités et les conflits fonciers collectifs ou individuels régis par
la coutume, ils connaissent de toutes les autres contestations susceptibles d’évaluation pour
autant que leur valeur ne dépasse pas deux millions cinq cent mille (2.500.000) francs
congolais (équivalent à 5.000$). La compétence de la juridiction civile devant être déterminée
par la valeur de la contestation et à défaut des pièces pouvant servir de base pour son

28
Article 7, loi portant code judiciaire.
29
Article 85, loi portant code judiciaire.
30
Article 29 du DÉCRET du 6 août 1959 portant Code de procédure pénale tel que modifié et
complété par les Lois n° 06/019 du 20 juillet 2006 et n° 15/024 du 31 décembre 2015.
Page 16

évaluation, la Cour suprême de justice invite les parties à évaluer le montant du litige et en fin
le tribunaux de paix connaissent également de l’exécution des actes authentiques31.

Quelle que soit la valeur du litige, les présidents des tribunaux de paix, ou, à
défaut, les présidents des tribunaux de grande instance, là où les tribunaux de paix ne sont pas
installés, peuvent autoriser les saisies-arrêts et les saisies conservatoires en matière civile ou
commerciale.

En attendant l’installation des tribunaux pour enfants institués par l’article 84 de


la loi n° 09/001 du 10 janvier 2009 portant protection de l’enfant, les chambres spécialisées
des tribunaux de paix connaissent des matières dans lesquelles se trouve impliqué l’enfant en
conflit avec la loi et appliquent toutes les règles de procédures prévues par cette loi. Il s'agit
de toutes les affaires en matière civile de la famille qui concernent l'enfant, notamment des
matières se rapportant à l'identité, la capacité, la filiation, l'adoption et la parenté telles que
prévues par le Code de la famille.

Article 87 de la loi organique n°13/011-B du 11 avril 2013 portant organisation,


fonctionnement et compétences des juridictions de l'ordre judiciaire, JORDC, n° spécial, 4
mai 2013. Article 152 de la loi organique n°13/011-B du 11 avril 2013 portant organisation,
fonctionnement et compétences des juridictions de l'ordre judiciaire, JORDC, n° spécial, 4
mai 2013.

SECTION 2. NOTION SUR L’INTERET SUPERIEUR DE L’ENFANT

§1. Définition et portée

Aujourd'hui, l'enfant est au centre de toutes nos préoccupations et sa place


dans la société n'est pas contestée. Cela ne signifie pas, hélas, que l'enfant reçoive toute la
protection qui lui est due, ni qu'il ne soit pas maltraité. C'est à dire, qu'il existe en tant
qu'enfant et que, dans nos sociétés africaines dans tous les cas, mais dans beaucoup de
cultures aussi, il est un être qui représente une bonne partie de nos espérances, de nos
nostalgies, de nos craintes, il focalise tout à la fois les sentiments d'amour (l'amour filial) et de
peur (pour son avenir), car il s' agit d'un être vulnérable et précaire, pas encore complètement
accompli, mais pour lequel nous fondons déjà tant d'attentes et en qui, souvent, nous projetons
nos propres rêves ou à travers qui nous rêvons de nous accomplir.

31
Article 110 de la loi N 13/011 du 11 avril 2013 portant organisation fonctionnement et compétences
des juridictions de l'ordre judiciaire.
Page 17

Par intérêt supérieur de l’enfant, il faut entendre le souci de sauvegarder et de


privilégier à tout prix ses droits32.

L’article 3 de la Convention énonce que le principe de l’intérêt supérieur de


l’enfant doit être une considération primordiale dans toutes les décisions qui le concernent. Ce
principe qui apparaît huit fois dans la Convention demande une égalité de traitement pour tous
les enfants sans distinction aucune, indépendamment de toute considération de race, de
couleur, de sexe, de langue, de religion, d’opinion politique ou autre de l’enfant ou de ses
parents, de leur origine nationale, ethnique ou sociale, de leur situation de fortune, de leur
incapacité, de leur naissance ou toute autre situation.

§2. Cadres juridiques

La question de l'intérêt l'enfant est résolue tant sur le plan international que sur le
plan national.

A. Sur le plan international

L'intérêt supérieur de l'enfant est considéré comme un principe fondamental dans


toutes les décisions qui concernent les enfants. Voici quelques-uns des principaux textes
juridiques internationaux qui traitent de l'intérêt supérieur de l'enfant:

a) La Convention internationale des droits de l'enfant (CIDE) de 1989 : La


CIDE est le principal instrument juridique international en matière de droits
de l'enfant. L'article 3 de la Convention stipule que "dans toutes les décisions
qui concernent les enfants, qu'elles soient prises par des institutions publiques
ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives
ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une
considération primordiale". La CIDE a été ratifiée par la quasi-totalité des
États du monde.
b) La Déclaration universelle des droits de l'homme de 1948 : Bien que ne se
concentrant pas spécifiquement sur les enfants, la Déclaration universelle des
droits de l'homme consacre des dispositions qui concernent les droits des
enfants, notamment l'article 25 qui évoque la protection de la famille et de
l'enfance.
c) Le Pacte international relatif aux droits civils et politiques de 1966 : L'article
6 du Pacte évoque le droit à la vie et l'article 10 traite de la protection des
droits des enfants et des jeunes.

32
Article 6 de loi portant protection de l'enfant.
Page 18

d) Le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels de


196 : L'article 10 du Pacte reconnaît l'importance de la protection et de
l'assistance à apporter aux familles et aux enfants.
e) La Convention sur la nationalité des femmes mariées de 1957 et d'autres
instruments spécifiques qui peuvent concerner les enfants dans des situations
particulières.
f) Les principes directeurs des Nations Unies sur la justice pour mineurs,
g) La Déclaration de Genève de 1924 sur les droits de l’enfant.

Ces textes reconnaissent que l’enfant doit être traité en priorité dans toutes les
politiques publiques, et que sa voix doit être entendue dans les procédures le concernant.

B. Cadre juridique congolais

La question de la protection de l'enfant n'est pas seulement sur le plan


international mais aussi national. En RDC, nous avons

1. Constitution de la République Démocratique du Congo (2006): La Constitution de


la RDC reconnaît les droits de l'enfant et établit les principes fondamentaux de la
protection de l'enfant. C'est la constitution qui est la loi suprême qui a mis sur pied
les droits fondamentaux dont l'enfant est bénéficiaire.
2. La Loi n°09/001 du 10 janvier 2009 a été une avancée significative. Elle stipule
clairement que toute mesure concernant un enfant doit viser son intérêt supérieur,
et elle oblige les juges à motiver leurs décisions en ce sens. La loi met également
en place :
 Un juge pour enfants,
 Des structures de protection sociale,
 Des procédures adaptées au traitement des affaires impliquant des
mineurs.
 Toutefois, l’effectivité de ces mesures reste tributaire de la formation des
magistrats, des moyens matériels, et de la sensibilisation communautaire.
Cette loi est une avancée dans la question de l'enfant en RDC.
3. Loi n°15/022 du 31 décembre 2015 portant protection de l'enfant contre les
violences, les mauvais traitements et la négligence : Cette loi renforce les mesures
de protection de l'enfant contre les violences, les mauvais traitements et la
négligence.

En résumé, le cadre national sur la protection de l'enfant en RDC est défini par un
ensemble de lois, de règlements et de politiques publiques qui visent à protéger les droits et le
Page 19

bien-être des enfants. Malgré les défis et les limites, il est important de renforcer les
institutions, d'augmenter les ressources et de sensibiliser la population pour améliorer la
protection de l'enfant en RDC.

§3. Principes directeurs liés aux droits de l'enfant

Les principes directeurs de la Convention relative aux droits de l’enfant.

La Convention relative aux droits de l’enfant (CDE ou la Convention) comporte


quatre principes fondamentaux qui guident l’application, la mise en œuvre et l’interprétation
de la Convention et sont sous-jacents à chaque droit et à chaque article de la Convention.
Dans la pratique, ces quatre principes sont interconnectés, ne peuvent s’appliquer
indépendamment les uns des autres, et doivent être compris comme étant à la fois normatifs
(un droit) et instrumentaux (un guide). Il s'agit : principe de non-discrimination, principe de
l'intérêt supérieur de l'enfant, le principe de survie et de développement et le principe
d’inclusion et de participation33

A. Le principe de non-discrimination

Le principe de non-discrimination vise à garantir que chaque enfant, sans


exception, puisse jouir de ses droits sans distinction aucune fondée sur « les parents ou le
tuteur de l’enfant, la race, la couleur, le sexe, la langue, la religion, l’opinion politique ou tout
autre opinion, l’origine nationale, ethnique ou sociale, la situation de fortune, l’incapacité, la
naissance ou tout autre situation34 ».

B. Le principe de « l’intérêt supérieur de l’enfant »

Le principe de « l’intérêt supérieur de l’enfant » garantit que « dans toutes les


actions concernant les enfants […] l’intérêt supérieur de l’enfant doit être une considération
primordiale35 ».

C. Le principe de survie et de développement

Accorde à l’enfant non seulement le droit de ne pas être tué, mais aussi de voir ses droits
économiques et sociaux garantis dans la mesure du possible36.

33
[Link]
lenfant, consulté le 11/ mai 2025.
34
Idem, [Link]
35
Ibidem, [Link]
36
Ibidem, [Link]
Page 20

D. Le principe d’inclusion et de participation

Le principe d’inclusion et de participation établit non seulement que chaque


enfant peut exprimer ses points de vue, mais aussi que chaque enfant a droit à ce que ces
points de vue et opinions soient respectés37.

CHAPITRE DEUXIEME : DU CADRE EMPIRIQUE

Ce chapitre est consacré à la présentation de la ville de Likasi comme cadre de


notre étude et lieu d’investigation. En effet, la Ville fait partie des entités territoriales
décentralisées qui jouissant d’une personnalité juridique. Contrairement aux entités
territoriales déconcentrées qui sont dépourvues à titre indicatif territoire, groupement, … 38. Et
donc la montagneuse Ville de Likasi est une Entité territoriale décentralisée qui jouit d’une
personnalité juridique.

SECTION I. VILLE DE LIKASI

37
Ibidem, [Link]
38
Article 5 de la loi n°08/012 portant principes fondamentaux relatifs à la libre administration des
provinces, JO RDC, 31 Juillet 2008.
Page 21

Dans cette rubrique, il nous a paru important et nécessaire de brosser l’historique


de la ville de Likasi et sa création.

§1. Historique de la ville de Likasi

Anciennement appelée JADOT VILLE, nom de l’ingénieur Jean JADOT, Likasi


nom issu de DIKASHI, « bonne odeur », les SANGA et les KAONDE appelés « mangeurs de
cuivre » utilisaient de fours, en argile pour fondre la malachite en vue de façonner le cuivre
sous forme de lingots ou de croisettes.

Des 1907, la région de Likasi fut une des premières à connaitre une activité
minière moderne grâce à l’ouverture des mines des KAMBOVE, de PANDA et de
SHITURU, ce qui entrainera par la suite la naissance de la ville.

Likasi la montagneuse, à la fin du siècle passé, dans la région traversée par la


rivières Panda et Likasi, vivaient des villages gouvernés par des chefs dont les noms sont
restés célèbres : KATANGA, KYANANA, KWANDE, KASHIPO et PANDE. Les habitants
de ces chefferies connaissaient depuis des siècle le travail du cuivre.

Chaque année, ils partaient chercher les cuivres dans les fours d’au moins deux
mètres de diamètre. C’étaient des mangeurs des cuivres, ils raffinaient en suite le bloc obtenus
dans les fours plus petits et coulaient les cuivres liquides en lingots ou plaques des cuivres
pour fabriquer les houes, balles, des fusils, les bracelets. Le cuivre leur servait également de
troc.

Déjà plus loin vers le XVème siècle, le cuivre du Katanga était exporté par
caravane jusqu’aux cotes occidentaux voire plus loin. Un four dont la date n’est pas précisée,
mais certainement avant 1882, nos ancêtres virent venir le premier européen, il s’agissait d’un
anglais au nom de Robert Williams. Accueilli par les chefs KATANGA et KASHIPO comme
le nom de la ville était très difficile à prononcer, il baptisa cette dernière sous le nom de
DIKASHI-PANDA du nom de ses deux principales rivières.

Le géologue pour sa part présenta déjà à Lisbonne en 1889 une carte du Katanga
où il mentionnait DIKASHI-panda et indiquait, des gisements de cuivre et de cobalt et, s’y
installa dès 1892.

Il fait partie de la mission BIA-FRAM qui explora minutieusement la région de


Likasi.

Il s’intéressait particulièrement aux lieux appelés actuellement KALABI,


KAMBOVE, LUOISHA et KANKOTWE. Au mois d’aout 1892, il réapparu les gisements
déjà connus de mangeurs de cuivre de Likasi. C’est l’exploitation de ces gisements qui
Page 22

donnera naissance à notre agglomération urbaine. Il faudra pour cela attendra 1906, année de
l’extraction du premier minerai de la mine de Likasi et même en 1971 où il y a eu
l’installation à SHITURU d’une première galerie de prospection.

Et donc le nom Likasi vient du nom de la rivière DIKASHI qui signifie la « bonne
odeur » ; d’où elle fut l’ancienne coquète ville ou la ville propre, mais avec l’explosion
démographique et le non-respect des normes urbanistique, elle a perdu sa beauté à certains
endroits.

§2. L’acte et date de création de l’entité

L’agglomération de Likasi qui jadis dépendait de l’administration du district de


Lualaba fut instituée en ville de Likasi par l’ordonnance N°442/AIMO du 21 décembre 1943
de monsieur le gouverneur général du Congo.39

Il sied encore de signaler que, cette dernière est bel et bien une entité territoriale
décentralisée conformément à la constitution et à la loi organique N°08/016 du 07 octobre
2008 portant composition, organisation et fonctionnement des entités territoriales
décentralisées et leur rapport avec l’Etat et les pouvoirs.

SECTION II. LE CADRE GEOGRAPHIQUE DE LA VILLE DE LIKASI

§1. Superficie, population et densité

A. Superficie

La ville de Likasi se trouvant actuellement dans la province de haut-Katanga, a


comme étendue superficielle, selon le rapport annuel de l’hôtel de la ville, 245.000km².

B. Population et densité

En conformité avec les chiffres de recensement fournis en 2016 par les quatre
communes que comprend la ville de Likasi, il y a au total 630.065ames dont 620.046
congolais et 10.019 etrangers.28

39
rapport annuel 2016, hôtel de la ville de Likasi, p. 1.
Page 23

Les habitants de la ville de Likasi sont appelés « les Likasiens ».

§2. Tribus dominantes et situation géographique

A. Tribus dominantes dans la ville de Likasi

S’agissant des tribus dominantes, on peut citer en substances les tribus suivantes :
les SANGA, les TSHOKWE, les KAONDE, les RUND, les NDEMBO, les BATBWA, les
BATETELA, les BASONGE du TANGANYIKA et de la LOMAMI, les BALAMBA, les
balubas du haut-LOMAMI, TANGANYIKA et du KASAÏ ORIENTAL.

La ville de Likasi est un centre pour tout le monde et pour toutes les tribus du
Congo, le point n’est question de dire qu’elle appartient uniquement à telle ou telle tribus. 29

B. Situation géographique de la ville de Likasi

Localisée sur 10° 57’ 47’’ de latitude sud et 26° 46’ 40’’ de longitude Est, la ville
de Likasi est étendue sur 245.000 km² dans la province du haut-Katanga, à 120km de la ville
de Lubumbashi, chef-lieu de la province40.

Enclavée dans le territoire de KAMBOVE, elle est limitée au nord par l’ancien
chemin de fer Likasi-Lubumbashi, au sud par la rivière Panda qui coule d’ouest en est, à l’Est
par la rivière BULUO vers le nord et la rivière Panda vers le sud et à l’ouest par la rivière
BULUO du nord au sud qui rencontre la rivière Panda vers le sud.41

Elle appartient au climat tropical humide à saison contrastée où la saison sèche


commence généralement au mois d’avril. La période la plus froide s’observe autour des mois
de juin et juillet.

Au-delà de tout la ville se trouve essentiellement dans la partie centrale de l’arc


cuprifère Congo-Zambien. Elle est couverte par un relief très accidenté à la chaine plissée des
terrains précambriens arasés.

La ville de Likasi est entourée par des nombreuses vallées où coulent les rivières
PANDA, BULUO, LIKASI, KIKULA, KANONA et NGUYA.42

C. Nature du sol et le climat

Le sol est généralement argilo-sablonneux qui renvoi une terre ou un endroit qui
contient des cailloux et des calcaires riches en carbonate de calcium.

40
Idem, Rapport, p.2.
41
Rapport annuel 2016, Hôtel de ville de Likasi, p.3.
42
ILUNGA KAZULE, Sociologie et Anthropologie Culturelle, cours, G1 Droit, université de Likasi,
2011-2012.
Page 24

Le climat de la ville comporte deux saisons bien distinctes et régulières il s’agit de


la saison sèche et celle de la pluie. La température n’a jamais été excessive et ne dépassent
guère 30°C.

D. Le cadre fonction de la ville de Likasi

Dans cette partie du travail, il s’agit de donner les différentes communes de la


ville de Likasi, les services organisés et les noms de ceux qui ont assumés sa gestion.

a. Les dirigeants de la ville de Likasi

Depuis son existence le 21/12/1943, la Ville de Likasi a été dirigée par plusieurs
personnalités de 1957 à ce jour.

Dont les noms et leurs durées à tête de la ville :

3. Mr HENGELES HUBERT : de 1957 à 1960 (BELGE)

4. JEAN CHRISTOPHE AMISI TANGALA :de 1960 à 1963

5. BERNARD HUSSEIN SHILUNDA KATONTOKA : de 1963 à 1966

6. MATHIEU KALENDA : de 1966 à 1967

7. ALPHONSE KALABE : de mars à juin 967 à

8. MAZEMBE : de juillet à décembre 196743

9. J.B MAKOLO : de 1968 à 1969

10. JOSEPH PAMBIA MUSANGA : de 1969 à 1970

11. MVUMA NGETIMFUSUKILA : de 1971 à 1978

12. YOKA LOKWA ITELA : 1973 à 1978

13. LUVIEKI MAWETI DOFUNSO : de 1978 au 18.05.1978

14. MASSEVO LENZO DI-MATUNDU : de 18.05.1978 au 24.02.1979

15. MAZANGU MBWILU : de 1979 à 1980

16. KOYA GIALO NGBASE TE GERENGBO : de 1980 à 1982

17. LUPUMBA MUSESE : de 1982 à 1984

18. JEAN DE LA CROX NDALA WA NDALA : en 1984 (19 mois)

43
Rapport de l’Enquête sur la population de l’environnement aux activités minières dans la ville de
Likasi et ses environs, publié par ONG UMOJA en Avril 2013.
Page 25

19. KABATI NGONEKA HARHI BAHAZA : de 1984 à 1986

20. KABAMBA NGOMBE : de 1986 à 1987

21. NABANGABA KWAZA : de 1987 à 19989

22. LOUIS SAMUTELA NDONGA : de 1989 à 1990

23. MAKONGA NUMBI : 99 jours en 1990

24. NYANGE KANGAZA KALUHEMBWE : de 1990 à 1992

25. KITANIKA MWENDA : du 19.01.1992 au 12.12.1992

26. KIBWA MWILAMBWE : du 12.1992 à 1994

27. PIERRE MOJ-A-KAPASU : du 25.03.1994 au 22.05.1997

28. FREDDY MAJENDE BIN KAMFWA : du 15.06.1997 au 22.08.2002

29. DOCTEUR PETXE KAPANDE : du 22.08.2002 au 25.11.2005

30. HELENE YAV NGUZ : du 25.11.2005 au 15.11.2007

31. MARTHE CHIWENGO : du 15.11.2007 au 11.10.2008

32. DENIS KALONJI NGOY WA KUMIKINU : du 11.10.2008 au 15.12.2010

33. MUNGUNTANA NTALASHA MWANANGWA CHARLES : du 15.12.2010 à 2016

34. DOCTEUR PETWE KAPANDE : de 2016

35. Abbé Henry MUNGOMBA TAMBA : de 2019 à ce jour

b. Les communes de la ville de Likasi

Au regard de l’article 4 de la loi n°08/012 portant principes fondamentaux relatifs


à la libre administration des provinces, la ville est subdivisée en communes 44 ainsi donc,
depuis 1967, la ville de Likasi comprend quatre communes, notamment : KIKULA, LIKASI,
PANDA et SHITURU.

1. La commune de Kikula

C’est la défloration du mot : « l’eau qui coule là »

Ses dix quartiers sont : MUSUMBA, OKITO, KISUNKA, KALIPOPO,


KAPEMBA, KIBADI, KYUBO, NKOLOMONI, KANONA-MOTO (feu), KAPONONA
(TSHATSHI).
44
Article 4 de la loi n°08/012 portant principes fondamentaux relatifs à la libre administration des
provinces, JO RDC, 31 Juillet 2008.
Page 26

La source de Kikula est au côté gauche de l’avenue foyer social dans l’enceinte du
complexe scolaire LAIC, là où il y a deux palmiers.

2. Commune de Likasi

Son origine vient de la rivière qu’on appelait « DIKASHI » qui signifie « l’odeur
agréable » selon les autochtones. Elle comprend sept quartiers : CENTRE VILLE,
KAMPUMPI, SNCC, MISSION, SIMBA, KITABATABA (Toyota), KAMATANDA. La
rivière Likasi jette ses eaux dans la rivière Panda derrière la prison Buluo.45

3. Commune de Panda

Son origine vient de la rivière panda-mayi. Trois quart des habitants de cette
commune sont les ouvriers de la Gécamines. Les quartiers sont connus au nombre de cinq :
KANKOTWE, KAMILOPA, KIWELE, MUTSHANGA, PANDA-MAYI. La rivière panda
jette ses eaux dans la LUFIRA (KAPOLOWE).

4. La commune de Shituru

Contrairement aux quatre communes qui correspondent aux mêmes noms que
celle de rivières qui baignent leurs baignent. Shituru est le nom de la montagne appelée «
belle vue ». C’est une commune agro-industrielle. La population est dominée par les
travailleurs de la Gécamines. Elle comprend cinq quartiers dont KILIMA, NGUYA,
KIPULANDE, BULUO et MIVUKA le plus récent.

c. Les services organisant dans la ville

La ville de Likasi est gérée par un maire de la ville, secondé par un maire adjoint.

Le maire de la ville joue un rôle d’autorité de tutelle et prend toute les décisions
sur les différentes réalités de la ville afin d’assurer la paix et la sécurité.

Le maire adjoint, s’occupe de l’administration et seconde le maire.

Enfin un secrétaire qui s’occupe de la réception, de la rédaction et de


l’exploitation des différents domaines.

Actuellement, la ville de Likasi est gérée par l’Abbé Henri MUNGOMBA


TAMBA.

Les services organisés sont :

45
Rapport de l’Enquête sur la population de l’environnement aux activités minières dans la ville de
Likasi et ses environs, publié par ONG UMOJA en Avril 2013.
Page 27

 Le service de cadastre ;

 Le service de l’environnement et l’habitat ;

 Le service de la conservation des titres mobiliers ;

 La direction générale des impôts ;

 Direction de recette du haut-Katanga

 La division des mines ;

 La société nationale d’assurance ;

 La caisse nationale de sécurité sociale ;

 Le service de transport et voies de communication ;

 Le service de sport et loisirs ;

 Le service d’hygiène et assainissement ;

 Le service d’urbanisme ;

 Le service des affaires sociales ;

 Le service de la jeunesse ;

 Le service du développement rural ;

 Le service de l’industrie ;

 Le service de tourisme ;

 Le service des petites et moyennes entreprises ;

 Le service de genre famille et enfant ;

 Le service de budget ;

 Les services de sécurité (agence national de renseignement, police nationale


congolaise et direction générale de migration) ;

 Le service de l’éducation.46

Cette liste n’est pas exhaustive, tous ces services concourent au bien être des
habitants de la ville de Likasi. D’où le respect des normes juridiques et administratives serait

46
Rapport de l’Enquête sur la population de l’environnement aux activités minières dans la ville de
Likasi et ses environs, publié par ONG UMOJA en Avril 2013.
Page 28

de nécessite impérieuse pour une bonne gouvernance afin de promouvoir le développement de


cette ancienne conquête-ville.

SECTION III. HISTORIQUE DU TRIBUNAL DE PAIX DE LIKASI

Le tribunal de paix de Likasi a été créé le 04/avril 1983 sur pied de l’ordonnance
loi n°82/020 du 31 mars 1982 portant code d’organisation et compétence judiciaire, et c’est la
seule juridiction de toutes les quatre communes de la ville de Likasi.

Monsieur KAYEMBE SENGA est la première personne à ouvrir la porte de cette


institution dans la ville de Likasi comme étant juge président du tribunal de paix de Likasi.
C’est en date de 12 octobre 2010 que le tribunal de paix de Likasi a été incendié suite au
tamponnement d’une élève du lycée Musofi.

§1. Situation géographique du tribunal de paix

Le tribunal de paix comme nous l’avons indiqué ci-haut, est situé dans la
commune de Kikula, ville de Likasi, au croisement des avenues Lumumba et Basanga. Il a
pour ressort toute la ville de Likasi.

§2. L’organisation et l’administration de tribunal de paix de Likasi

Le tribunal de paix de Likasi c’est une institution publique, une juridiction de


l’ordre judicaire c’est une institution dans son histoire situé dans la commune de KIKULA au
croisement des avenues Lumumba et Basanga il a pour ressort toute la ville de Likasi

A. Organisation du tribunal de paix de Likasi

Le tribunal de paix de Likasi est dirigé par le président MUAMBI KALONGA


David qui est le chef de la juridiction, et des juges

Le juge NSELE KIOTI Jules, la Juge KITUNKA NGOIE Isabelle et le Juge


NZUZI TSHINKELA Alphonse. Ainsi que le Greffier titulaire NGOY MUANABUTE
secondé par plusieurs adjoints entre autres les greffiers civils NSUNGU KAYEMBE secondé
par son adjointe Madame NYOTA GONGO et madame MUJINGA KASANKWA la
greffière pénale, et le Greffier TSHINAN A KALEND pour les enfants en conflit avec la loi.

Représenter par les schémas ci-après :

B. L’administration du tribunal de paix

f) Chambre du président

Le tribunal de paix de Likasi est dirigé par un président en la personne de


MWAMBI KALONGA David, qui est chef de la juridiction.
Page 29

Le président du tribunal de paix de Likasi a une double fonction dans ses


attributions.

 Fonction administrative : Il est le responsable et endosse toutes les


correspondances administratives de l’institution, il est celui qui fixe les dates des
audiences : les dossiers venant du parquet passant par le bureau du secrétariat qui
dépose dans le cabinet du président de la juridiction est ce dernier fixe le jour, la
date et l’audience et le président retourne les dossiers au secrétariat et c’est la
secrétaire qui doit donner au greffier titulaire pour qu’il puisse donner au greffe
concernant.
 Fonction judiciaire : Il est le destinataire de toutes les plaintes et requête et les
dispaches dans des chambres qui sont constituées des autres juges, il est aussi
président d’une des chambres
g) Le secrétariat

C’est le trait d’union entre le justiciable et le tribunal, entre le juge et le greffe,


entre le greffe et le juge président. Nous disons qu’il est le trait d’union parce que c’est l’entré
de tous les justiciable et puis c’est l’entré des requêtes, des correspondances des dossiers et
autre pièces.

h) Le greffe

Est un dépôt public ouvert à tous, sous la responsabilité d’un greffier ou sont
gardé tous les dossiers du tribunal entre autre, les minutes de jugements : les grosses et copies,
le registres, les dossiers, les actes de procédure, les pièces de procédure.

Les objets saisis, bref : les archives ou les annales du tribunal.

C’est ici ou on paye le frais de la consignation et le frais d’instance

h) Quid du greffier ?

Est un officier ministériel chargé de donner l'authenticité aux actes de jugement


c'est-à-dire il contresigne le jugement avec le président du tribunal et il signe toujours à
gauche et le président à droite.

NB : dans chaque juridiction il y a un seul greffier assisté par un ou plusieurs


adjoints et au tribunal de paix de Likasi nous avons un seul greffier que nous appelons le
greffier titulaire secondé par plusieurs adjoints.

Le greffe est subdivisé en quatre sections qui sont :


Page 30

 Le greffe civil

Est un bureau des cours et tribunaux où sont conservés les documents officiels, et
où sont reçu les dépôts des requêtes, matière de la famille ainsi que tous les dossiers qui
concernent les particuliers.

Dirigé par le chef de section civil NSUNGU KAYEMBE Albert le greffe civil
c'est là où on traite les dossiers en rapport avec les matières civiles c'est-à-dire le registre civil
à savoir : RC rôle civil), les dossiers prise en délibéré : le registre des objets à) transmettre au
parquet pour avis.

 b. Greffe pénal

C’est une section de greffe ou sont traité et conservé les dossiers des affaires
pénale, les dossiers pénaux on les appelles les dossiers RMP (rôle du ministère Public). Le
greffier pénal est tenu par la greffière MUJINGA KASANKWA ce greffe détient le registre
pénal, le registre de prononce de jugement et chaque registre compose un nombre de colonne
bien déterminé.

CHAPITRE TROISIÈME : ANALYSE PRATIQUE DES JUGEMENTS DE


DIVORCE AU TRIBUNAL DE PAIX ET SON INCIDENCE SUR L'ENFANT

Section 1 : NOTION DU DIVORCE

Ss 1. Définition du divorce du divorce et caractéristiques

a) Définition

Etymologiquement, le mot divorce vient du mot latin divortium, de divertere,


se séparer. Le code de la famille ne définit pas le mot divorce mais se contente à l’article
546 de dire que le divorce résulte d’une décision judiciaire prononçant la dissolution du
mariage à la demande de l’un des époux. Ceci pour marquer que la dissolution du mariage
par les autorités autre que judiciaires, notamment les autorités coutumières ou familiales,
est sans effet (art. 547 CF)47.

L’on peut dès lors définir le divorce comme la rupture d'un mariage,
prononcée par l'autorité judiciaire sur la demande de l'un des époux et pour les causes que
la loi détermine( cours droit des personnes est mwanzo)48

47
Article 547, loi portant code de la famille de la RDC.
Page 31

Il s’agit en d’autres termes d’une rupture judiciaire entre deux personnes qui
étaient préalablement unies par les liens du mariage. Le divorce rend donc officielle la
rupture et rend disponibles les deux personnes séparées pour un autre mariage éventuel.

b) Causes

Notons que le législateur congolais énumère à l'article 539 du code de la famille les causes
de dissolution du mariage en ces termes : La mort de l'un des conjoints de l'absent,
contracté après le jugement déclarant le décès de l'absent 49

§2. Typologie de divorces

Il existe deux sortes des divorces en droit congolais:

a) Le divorce sanction (appelé aussi divorce pour faute)

Selon cette conception, le divorce n’est prononcé qu’à titre de sanction des
fautes commises par un époux. 50

Le divorce est celui demandé par l'un des époux lorsque des faits constitutifs
d'une violation grave ou renouvelée des devoirs et obligations du mariage sont imputables
à son conjoint et rendent intolérable le maintien de la vie commune. Comme on peut le
remarquer le divorce-sanction conduit à retenir comme cause de divorce, les fautes
commises par l’un des époux ou par les deux alors que le divorce remède constate la
désunion et y apporte remède par le divorce. La faute est ici définie comme la violation
des devoirs et obligations du mariage.

b) Le divorce-remède (appelé aussi divorce-faillite, divorce-constat ou divorce,


constat objectif)

Selon cette conception, le divorce ne se conçoit que lorsque ‘‘la communauté


de vie des époux n’existe plus’’ (exemple, en Allemagne), ou que les époux vivent
officiellement séparés une certaine durée (exemple : depuis trois ans en Italie et en RDC)
ou encore que la poursuite d’une cohabitation soit devenue ‘‘irrémédiablement
insupportable’’ (exemple : au Pays-Bas et en RDC).

Contrairement au divorce - sanction qui n’admet la dissolution du lien


conjugal que dans la mesure où une faute a été commise par l’un ou l’autre des époux,

48
Eddy MWANZO idin’ AMINYE, Cours de Droit Civil Personnes, Famille et Incapacités, UNIKIN,
Faculté de droit, G1, 3ème édition 2013-2014, p. 129.
49
Article 539 du code de la famille congolaise.
50
Eddy Mwanzo, Op Cit, p. 129.
Page 32

avec le divorce-remède, appelé aussi divorce-constat ou encore divorce pour cause


objective, au contraire, on prononce la dissolution du lien conjugal dès lors que l’on peut
constater la désunion du ménage, quelles qu’en soient les causes, autrement dit que celles-
ci soient constitutives d’une faute ou non. 51

Le divorce est ainsi indépendant de toute considération de faute.


Conséquences, sans passer par un juge, sauf si un enfant souhaite être entendu.

En droit congolais, le divorce repose sur la notion de destruction irrémédiable


de l’union conjugale, définie à l’article 550 comme la situation où le tribunal est
convaincu que la continuation de la vie conjugale est devenue impossible.

Il y a destruction irrémédiable de l'union conjugale si le tribunal tire des faits,


la conviction que la continuation de la vie conjugale et la sauvegarde du ménage sont
devenues impossibles( Code de la famille article 550) 52. Cette dernière peut être justifiée
par plusieurs causes : infidélité, violences graves, insoumission, stérilité, incompatibilité
de caractères, manque d’entretien, abandon moral ou matériel, condamnation pénale, ou
encore séparation unilatérale prolongée d’au moins trois ans (présumée comme
destruction irrémédiable).

Comme nous l'avions mentionné ci-dessus, le divorce est toujours prononcé


par une décision judiciaire. Et donc il se diffère des certaines notions

1. Le divorce et notions voisines

La divorce n'est pas à confondre avec quelques notions voisines telles que la
nullité du mariage, la séparation de corps, la séparation de fait ou encore la séparation
conventionnelle.

1.1. Divorce et séparation de corps

La séparation de corps est définie comme le simple relâchement du lien


conjugal, consistant essentiellement dans la dispense du devoir de cohabitation. Elle est
prononcée par un jugement et résulte des mêmes causes que le divorce 53.

Il s’agit donc d’une période de transition, de réflexion qui peut s’achever soit
par la réconciliation soit par la dissolution des liens conjugaux.
51
Ibidem Eddy MWANZO, Op Cit, p. 129.
52
Article 550 de la loi portant code la famille de la RDC.
53
R. Guillien et J. VINCENT, Lexiques des termes juridiques, 14eme éd., Paris, Dalloz, 2003, p.
529.
Page 33

1.2. Divorce et séparation conventionnelle

L’institution de séparation conventionnelle est une innovation du droit écrit


congolais qui trouve cependant ses racines dans les coutumes africaines. Il s’agit d’une
séparation de fait, mais avec cette particularité que cette séparation a pour base la
convention intervenue entre les deux époux. Contrairement au divorce, avec la séparation
conventionnelle, le mariage n’est pas dissous. Les époux conviennent de se séparer
pendant une période déterminée ou indéterminée notamment lorsqu’un conflit ménage la
stabilité du mariage54.

1.3. Divorce et nullité du mariage

Le divorce se distingue de la nullité du mariage par le fait que, pour le divorce,


le mariage a été valable dès son origine, mais il est dissout pour des causes déterminées
par la loi. Ici, les anciens époux reprennent chacun leur vie de célibataire et les enfants
gardent toujours leur qualité d'enfants, nés dans le mariage. Tandis que l'annulation du
mariage efface le mariage qui est censé n'avoir jamais existé, tous les droits qui auraient
dus en découler sont anéantis, en principe, rétroactivement. Qu'elle soit absolue ou
relative, la nullité du mariage produit les mêmes effets 55.

Dans la pratique cependant, la séparation conventionnelle n’a pas seulement


lieu lorsqu’un conflit menace la stabilité de la famille, elle peut aussi concerner des cas de
non-conflictualité entre époux.

1.4. Divorce et séparation de fait

Il y a séparation de fait lorsque chacun vit de son côté sans avoir demandé le
divorce. La séparation doit être née soit d’un consentement mutuel des époux, soit, au
moins, de la volonté de l’un d’eux. La séparation de fait se différentie ainsi du divorce et
de la séparation de corps qui nécessitent une procédure devant le juge qui sera assortie
d'une décision56.

54
E. MWANZO idin’AMINYE, L’égalité des époux en droit congolais de la famille, Thèse de
doctorat, Université catholique de Louvain, 2009, p.88.
55
Edy Mwanzo, op Cit, p. 128.
56
Freddy Kenye, Cours de droit civil des personnes, UNILI, Faculté de droit, L 1 LMD, 2022-2023
inédit.
Page 34

1.5. Divorce et répudiation

La répudiation est l'acte par lequel l'un des époux, le plus souvent le mari,
décide unilatéralement de rompre le mariage qui les lie (Attention, en droit, le mot
répudiation signifie aussi renonciation : ex. répudiation d’un legs, d’une succession) 57

§2. Notion des droits de l'enfant

Les droits de l'enfant sont prévus dans la loi N 09/001 du 10 janvier 2009
portant protection de l'enfant) qualifiée de loi mère dans cette matière de l'article 6 à
l'article 26 en ces termes :

 L'enfant a droit à la vie de l’enfant;


 Le droit de l’enfant à être enregistré aussitôt sa naissance, à un nom, à une
nationalité, de connaître ses parents et d’être élevé par eux;
 Le droit de l’enfant de préserver son identité;
 Le droit de l’enfant de ne pas être séparé de ses parents;
 Le droit de l’enfant et de ses parents à la réunification familiale;
 L’obligation de l’État de lutter contre les déplacements et les non-retours
illicites d’enfants à l’étranger;
 Le droit de l’enfant à la libre expression de son opinion et à sa prise en
considération;
 Le droit de l’enfant à la liberté d’expression;
 Le droit de l’enfant à la liberté de pensée, de conscience et de religion;
 Le droit de l’enfant à la liberté d’association et de réunion pacifique;
 Le droit de l’enfant d’être protégé contre toute immixtion dans sa vie privée
et contre les atteintes illégales à son honneur;
 Le droit de l’enfant à une information appropriée pour la promotion de son
bien-être social, spirituel et moral;
 Le droit de l’enfant d’être élevé par ses deux parents;
 Le droit de l’enfant à être protégé des mauvais traitements;
 Le droit de l’enfant privé de son milieu familial à une protection spéciale;
 Le droit de l’enfant à être adopté conformément à son intérêt supérieur;
 Le droit de l’enfant réfugié de recevoir une protection spéciale;
 Le droit de l’enfant handicapé de bénéficier des soins spéciaux;

57
Eddy Mwanzo, Op. Cit., p. 129.
Page 35

 Le droit de l’enfant de jouir du meilleur état de santé possible et de


bénéficier des services médicaux et de rééducation;
 Le droit de l’enfant placé par les autorités pour recevoir les soins à une
protection ou un traitement physique ou mental ainsi qu’à la révision du
traitement et du placement;
 Le droit de l’enfant de bénéficier de la sécurité sociale ainsi que des
assurances sociales58.

1. Le rôle du juge dans la protection de l'enfant en cas de séparation

Le juge a un rôle très important en cas de séparation des époux :

 Le principe de l'audition de l'enfant: le juge procède à l'audition de l'enfant


pour avoir son consentement si possibilité il y a;
 Le droit de l’enfant à un niveau de vie suffisant pour permettre son
développement physique, mental, spirituel, moral et social;
 Le droit de l’enfant à l’éducation visant à favoriser l’épanouissement de sa
personnalité, le développement de ses dons et de ses aptitudes mentales et
physiques;
 Le droit de l’enfant appartenant à une population autochtone ou à une
minorité de jouir de sa propre vie culturelle, de pratiquer sa propre religion
et d’employer sa propre langue;
 Le droit de l’enfant aux loisirs, au jeu et de participer aux activités
culturelles et artistiques;
 Le droit de l'enfant d'être protégé contre l'exploitation économique et de
n'être astreint à aucun travail comportant des risques ou susceptible de
compromettre son éducation ou de nuire à sa santé ou à son développement
physique, mental, spirituel, moral ou social;
 Le droit de l’enfant d’être protégé contre l'usage illicite de stupéfiants et de
substances psychotropes, son utilisation pour la production et le trafic
illicites de ces substances;
 Le droit de l’enfant d’être protégé contre toutes les formes d'exploitation
sexuelle et de violence sexuelle;
 Le droit de l’enfant d’être protégé contre l’enlèvement, la vente ou la traite
d'enfants à quelque fin que ce soit et sous quelque forme que ce soit;

58
Article 6 à 26, loi N 09/001 du 10 janvier portant protection de l'enfant 2009, 2009.
Page 36

 Le droit de l’enfant d’être protégé contre toutes autres formes d'exploitation


préjudiciables à tout aspect de son bien- être;
 Le droit de l’enfant de ne pas être soumis à la torture ni à des peines ou
traitements cruels, inhumains ou dégradants, ni à la peine capitale ni à
l'emprisonnement à vie, de ne pas être privé de sa liberté de façon illégale
ou arbitraire, et d’être traité avec humanité et respect dû à la dignité de sa
personne en tenant compte des besoins des personnes de son âge;
 Le droit de l’enfant d’être protégé en cas de conflit armé et contre sa
participation directe aux hostilités;
 Le droit de l’enfant victime de toute forme de négligence, d'exploitation ou
de sévices, de torture ou de toute autre forme de peines ou traitements
cruels, inhumains ou dégradants, ou de conflit armé de bénéficier de la
réadaptation physique et psychologique et de la réinsertion sociale dans des
conditions qui favorisent la santé, le respect de soi et la dignité de l'enfant;
 Le droit de l’enfant suspecté, accusé ou convaincu d'infraction à la loi
pénale de bénéficier d’un traitement qui soit de nature à favoriser son sens
de la dignité et de la valeur personnelle, qui renforce son respect pour les
droits de l'homme et les libertés fondamentales d'autrui, et qui tienne
compte de son âge ainsi que de la nécessité de faciliter sa réintégration dans
la société et de lui faire assumer un rôle constructif au sein de celle-ci (droit
à un traitement judiciaire spécial et à un procès équitable) 59.

§3. Conséquences du divorce sur l'enfant

Plusieurs conséquences négatives sur les enfants, tant à court qu'à long terme.
Les impacts les plus fréquents incluent :

a) Conséquences émotionnelles ou psychologiques

Ces conséquences nous renvoient à la tristesse, l'anxiété et la colère :

Les enfants peuvent ressentir un profond sentiment de perte, de tristesse et


d'anxiété face à la séparation de leurs parents. Ils peuvent également exprimer de la
colère, que ce soit envers leurs parents ou envers la situation elle-même. Et cela peut
amener l'enfant à perdre les performances scolaires, à avoir troubles anxieux, dépressifs,
voire des comportements à risque comme la consommation de drogues ou d'alcool,

59
Art 27 à 40, loi portant protection de l'enfant.
Page 37

peuvent apparaître, surtout chez les adolescents. Les capacités d'apprentissage et de


concentration de l'enfant.

b) Conséquences sociales

Les enfants peuvent avoir des difficultés à nouer et à maintenir des relations
saines et stables avec leurs pairs et avec les adultes. Ce qui crée:

- Isolement social :

Certains enfants peuvent se retirer socialement, se sentir différents et avoir du


mal à s'intégrer.

- Conflits de loyauté:

Les enfants peuvent se sentir tiraillés entre leurs deux parents, éprouvant des
difficultés à choisir leur camp et à respecter leurs deux familles.

c) Conséquences économiques

Le divorce peut entraîner une baisse du niveau de vie de l'enfant, notamment si


les parents doivent faire face à des coûts supplémentaires liés à la séparation et à la garde
des enfants.

Section 2 : ÉTUDES DES PRATIQUES EN MATIÈRE DE DIVORCE ET


PROTECTION DE L'ENFANT

2.1. Analyse du jugement du jugement du tribunal de Paix de Likasi

 Jugement sous R.C.36-24

En cause : le demandeur Monsieur MUMBA MUKALAY

C/ la défenderesse Madame KATENGA ILUNGA Rachel

Par son assignation civile en divorce du 11 décembre 2024 faite à la requête de


Monsieur YUMBA MUKALAY, une assignation civil a été donnée à Madame
KATENGA ILUNGA Rachel pour s’entendre dire recevable et fondé son action ;
constater l'existence de la destruction irrémédiable de l’union conjugal entre
époux ;ordonner la liquidation du régime matrimoniale ; accorder la garde de tous les 6
Enfants au demandeurs ;condamne la défenderesse au paiement de la somme de
100.000FC a titre de dommage et intérêt pour tout préjudice subit ; Frais à charge de la
défenderesse.
Page 38

A l’audience publique 17 Février 2025 ; au cours de laquelle cette cause a été


appelée, plaidée et prise en délibéré. Le demandeur a comparu en personne non assisté des
conseils, tandis que la défenderesse a comparu également en personne non assister des
conseils.

Le tribunal s'est déclaré saisit sur remise contradictoire en l’égard du


demandeur sur non justification de l’ordonnance de renvoi à l’égard de la défenderesse ;

Prenant la parole, le demandeur expose qu’il s’est marié civilement à la


défenderesse depuis le 25 Février 1995, devant l’officier de l’Etat civil dans la commune
de KIKULA Sous le régime de la communauté universelle des biens ; et cette union
naquirent 6 Enfants dont 5 parmi eux Majeur d’Age et un Mineur ;

Un certain temps après, un climat malsain a élu domicile au sein de leur


ménage, la vie commune est devenue impossible du fait que la défenderesse se caractérise
par une infidélité d’outrance, au point d’être surprise en flagrance de lit par le demandeur.
C’est qui la poussera de quitter le toit conjugal vers chez son oncle, ce dernier a
remboursé la près-dot disant que le demandeur était comparable à un domestique.

Rétorquant la défenderesse qu’elle est d’accord pour le divorce, comme mon


mari vous a demandé.

Face à ses deux attitudes parallèles, la conciliation parait impossible ;

Prenant la parole, le Ministère Public donne son avis verbal sur le banc,
sollicite au tribunal de dire recevable et fonde l’action mise par le demandeur en divorce,
conséquence prononce le divorce entre partie ; liquider le régime matrimonial ; confier la
garde des Enfants leur père biologique que le demandeur est l’action de droit de visite à la
défendeur ; mettre la masse des frais a la charge de toutes les parties ;

Le tribunal pour sa part, relève qu’aux termes des articles 549 et 550 de la loi
N º 16/008 du 15 Juillet 2016 Modifiant et complétant la loi N º87/010 du 1er Aout 1987
portant code de la famille dispose respectivement que :

Chacun des époux peut agir en divorce en fondant son action sur la destruction
irrémédiable de l’union conjugale ;

L’article 550 renchérit en ce terme : « il y a destruction irrémédiable de l’union


conjugal, si le tribunal tire des faits, la conviction que la continuation de la vie conjugale
Page 39

et la sauvegarde du ménage son devenu impossible. Le tribunal devras indique dans le


motif de sa conviction que l’union est irrémédiablement détruite » ;

Dans le cas sous examens, les deux parties sont d’accord qu’il n’y a plus de
possibilité de demeure ensemble car il y a des incompréhensions, des comportements de
part et d’autre selon le deux parties, l’insoumission du a l’infidélité de la défenderesse,
lors que séparation presque 13 ans, constituent une présomption de la destruction
irrémédiable de l’union conjugal ;

Partant des faits, le tribunal contestera que la destruction de l’union conjugal


est devenue affectivement irrémédiable du fait que le conjoint n’arrive plus à ses
supporter mutuellement et qu’il n’y a plus d’amour et la conciliation a échoué a tout le
niveau ;

Eu égard de ce qui précède, le tribunal prononcera la dissolution de l’union


conjugal entre Monsieur MUKALAY et Madame KATENGA ILUNGA.

Les articles 502 et503 dispose respectivement que : « les causes de dissolution
du mariage et les effets de celle-ci sont le même quant au partage des biens » ;

En l’espace le couple ayant opter pour le régime de la communauté universelle


des biens ; est que présentement il n’agit aucun dossier, aucune liste des biens, le tribunal
se réserveras quant à la liquidation du régime matrimoniale.

L’article 585 alinéa 1er et 2eme de la même loi dispose : « jusqu’au moment
du jugement prononce le divorce le père et la mère peuvent conclure sur la garde de leurs
enfants mineurs un accord qui sera soumis à l’homologation du tribunal.

A défaut de la convention homologue établie par les parents, le tribunal confier


pour le plus grand avantage des enfants, la garde de ceux-ci à l’un au l’autre des époux ou
même d’une autre personne.

Dans le cas d’espèce le tribunal s’attiendrai a l’assignation civil étant donné


que c’est celle-ci qui est le contrat judiciaire qui lut le tribunal.

Quant à la garde des Enfants le tribunal confiera la garde de ceux-ci à leurs


pères qui en recevant le droit de visite de leur mère qui est défenderesse dans la présente
cause.
Page 40

Eu égard de ce qui précède, le tribunal durant recevable et amplement fonde


l’action mis par le demandeur en conséquence il lui accordera le bénéfice intégral de sa
requête ; mettra les frais d’assistance en charge des toutes les parties.

 Par ces motifs

Le tribunal statuant uniquement et contradictoirement à l’égard des toutes les


parties vu la loi organique N º 13/011-B du 11 Avril 2013, portant organisation,
fonctionnement et compétence de l’ordre judiciaire.

Vu le code de procédure civil, vu la loi N º 16/008 du 15 juillet 2016 modifiant


et complétant la loi N º 87-010 du 1er Aout 1987 portant code de la Famille en ses articles
549,550,502,503 et 585 alinéa 1er et 2eme le Ministère public entendu à son avis, * dire
recevable et fonde l’action par le demandeur YUMBA MUKALAY

, en conséquence prononce la dissolution de son mariage avec Madame


KATENGA ILUNGA Rachel ; le tribunal s’est réserve quant à la liquidation
matrimoniale ; confier la garde de 6 Enfants au demandeur tout en réservant le droit de
visite à la défenderesse ; met les frais d’assistance à charge de toutes les parties à raison la
moitie chacune.

Ainsi juger et prononcer par le tribunal de paix de Likasi siégeant en matière


civil et de famille au premier degré a son audience public 29 Avril 2024 à laquelle
assiéger le magistrat KITUNKA NGOIE Isabelle, juge avec le concours de MUMBA
KALENGA Chance 1er officier du Ministère public et l’assistance de NSUGU
KAYEMBE Alfred Greffier du siège.

Le jugement est bien rendu par ce que rendu au respect de :

- Conditions légales de forme du divorce

Initiation de la requête par des personnes ayant la qualité, la capacité et


l'intérêt. En outre les attentives des conciliations

- Conditions de fond

La cause du divorce qui est la destruction irrémédiable.

- Il tient compte de l’intérêt de l’enfant

En laissant la garde au père et reconnaître les visites de la mère.

- Il est motivé, équilibré et respecte le principe du contradictoire


Page 41

- Il applique les textes de manière claire et raisonnable.

2.2. Évaluation de la prise en compte effective de l'intérêt supérieur de l'enfant

Selon l’article 72 du Code de la famille, le juge doit, en cas de divorce, prendre


les mesures nécessaires pour protéger les droits de l’enfant, en tenant compte de son
intérêt supérieur, de son âge, de son milieu de vie habituel, et de la capacité des parents à
assumer l’éducation.

En ne justifiant pas son choix (absence de preuves, d’audition, d’enquête


sociale…), le juge :

− Viole l’article 727 du Code de la famille, qui impose de motiver toute décision sur
la garde ;
− Méconnaît le principe du contradictoire si la mère s’y opposait ;
− Porte atteinte à l’intérêt supérieur de l’enfant, garanti par l’article 17 de la
Constitution et l’article 3 de la Convention internationale des droits de l’enfant. Et
donc, une telle décision peut être attaquée en appel pour manque de motivation et
violation des droits de l’enfant, car la garde ne peut être attribuée sans analyse des
conditions concrètes de vie et de l’intérêt de l’enfant.

2.3. Les lacunes constatées ou faiblesses constatées

1. Absence de motivation sur la garde de l’enfant

Le juge accorde la garde au père sans justifier ce choix (revenus, logement,


stabilité, liens affectifs, etc.), ce qui viole l’article 727 du Code de la famille et le principe
de motivation des décisions judiciaires.

Le jugement aller contenir la mention considérant l'intérêt supérieur de l'enfant


nous confions au père la garde des enfants.

2. Méconnaissance de l’intérêt supérieur de l’enfant

Le jugement n’évoque pas l’intérêt supérieur de l’enfant, pourtant un principe


fondamental prévu par l’Article 17 de la Constitution, l'article 24 du Code de la famille, et
l'article 3 de la Convention internationale des droits de l’enfant.

3. Absence d’enquête sociale ou de preuves analysées

Aucune référence à des éléments concrets (témoignages, enquête sociale,


audition de l’enfant) pour justifier la décision sur la garde.
Page 42

4. Décision non équilibrée et non explicite sur les effets du divorce.

Le jugement ne traite pas clairement des effets secondaires : pension


alimentaire, droit de visite, hébergement, ce qui crée une insécurité juridique.

Section 3: RÉFLEXION CRITIQUE ET RECOMMANDATIONS

3.1. Réflexion critique

L'intérêt supérieur de l'enfant principe international voudrait que tout juge saisi
d'une affaire d'enfant doit statuer sous réserve de son bien-être. C'est à dire pas loin de sa
famille.

Contre toute attente, beaucoup de jugements ne justifient pas clairement


pourquoi la garde est confiée à tel parent, ce qui viole l’obligation de motivation prévue
par l’article 727 du Code de la famille.

1. Non-respect du principe de l’intérêt supérieur

Des décisions sont parfois rendues sans évaluation concrète de


l’environnement de vie de l’enfant, de ses besoins ou de ses préférences, alors que ce
principe est fondamental (Constitution, Code de la famille, Convention des droits de
l’enfant).

2. Manque d’enquêtes sociales

Très peu de jugements s’appuient sur des rapports sociaux ou d’auditions, ce


qui affaiblit la crédibilité des décisions concernant la garde.

3. Pratique inégale ou arbitraire

On constate une incohérence entre les jugements rendus pour des cas
similaires, ce qui reflète une insécurité juridique et un manque de lignes directrices
claires.

4. Ignorance des effets du divorce sur l’enfant

Peu de décisions prennent en compte les conséquences émotionnelles,


éducatives et matérielles du divorce sur l’enfant.
Page 43

3.2. Recommandations

1. Formation continue des magistrats

L’une des causes des insuffisances constatées dans les décisions judiciaires est
le manque de formation approfondie des juges sur les droits de l’enfant. Bien que le
principe de l’intérêt supérieur de l’enfant soit consacré par la Constitution et la
Convention relative aux droits de l’enfant, il faut noter cependant que certains juges
rendent leurs décisions sans en tenir compte de manière effective. Il est donc essentiel que
le Conseil Supérieur de la Magistrature, en collaboration avec l’École de formation
judiciaire du Congo, organise régulièrement des séminaires sur la prise en charge
juridique de l’enfant dans les conflits familiaux.

2. Instauration de l’enquête sociale obligatoire dans les affaires de divorce

L’intérêt supérieur de l’enfant ne peut être apprécié objectivement sans une


analyse des conditions sociales, psychologiques et économiques de vie. Il est recommandé
que toute affaire de divorce impliquant un enfant mineur soit précédée d’une enquête
sociale menée par des assistants sociaux, psychologues ou agents du service social. Ces
rapports devraient être obligatoirement consultés par le juge avant toute décision relative à
la garde, à la pension ou au droit de visite. Cela garantirait une meilleure personnalisation
des jugements.

Instituer l’obligation d’une enquête sociale (par assistants sociaux ou OPJ


spécialisés) avant toute décision sur la garde, afin de fonder la décision sur des éléments
concrets.

3. Motivation claire et précise des décisions judiciaires

Un autre problème majeur réside dans le manque de motivation des décisions


concernant la garde. Plusieurs jugements se contentent de déclarer à qui la garde est
confiée, sans aucune explication. Cela va à l’encontre des exigences de l’article 727 du
Code de la famille et du droit fondamental au procès équitable. Il est donc recommandé
d’exiger des juridictions de motiver clairement leurs décisions, en expliquant pourquoi tel
parent est mieux placé pour garantir le développement physique, moral et affectif de
l’enfant.
Page 44

4. Audition des enfants mineurs en âge de discernement

Bien que le Code de la famille autorise l’audition de l’enfant en cas de divorce


(art. 733)60, cette disposition est peu appliquée. Or, dans certaines situations, l’avis de
l’enfant peut être utile, notamment s’il est âgé de plus de 10 ans. Il est donc souhaitable
que les juges prennent l’habitude d’entendre les enfants lorsqu’ils sont capables
d’exprimer leur souhait de manière libre et éclairée, tout en respectant leur protection
psychologique.

5. Suivi post-jugement par les services sociaux

Exiger que chaque jugement mentionne explicitement pourquoi le choix du


parent gardien respecte l’intérêt supérieur de l’enfant (logement, stabilité, soins,
éducation…).

6. Collaboration avec ONG des services sociaux

Impliquer les ONG locales, médecins et psychologues dans les dossiers


sensibles pour mieux cerner les besoins réels de l’enfant.

Section 3 : LIMITES, DEFIS ET PROPOSITIONS D’AMELIORATION

Limites et défis constatés sont tels que :

- Absence d’enquête sociale

La garde est souvent attribuée sans étude du milieu familial ni évaluation


psychologique.

- Non audition de l’enfant

Les enfants ne sont presque jamais entendus, même s’ils ont une capacité de
discernement.

- Décisions peu motivées

Certains jugements attribuent la garde au père ou à la mère sans justification


claire liée à l’intérêt de l’enfant.

- Influence des stéréotypes sociaux


60
Article 733, code la famille de la RDC.
Page 45

La garde est parfois donnée en fonction du genre ou de la situation


financière, au détriment de l’équilibre affectif de l’enfant.

- Manque de formation des magistrats

Faible maîtrise des normes internationales relatives à la protection de


l’enfant.

§1. Propositions d’amélioration

- Institutionnaliser l’enquête sociale obligatoire

Avant toute décision de garde, une évaluation par un assistant social ou


psychologue doit être exigée.

- Prévoir l’audition systématique de l’enfant capable de discernement


- Former les magistrats au droit de l’enfant
- Renforcer leurs capacités sur les normes internationales et les bonnes pratiques.
- Créer une cellule spécialisée pour les affaires familiales
- Intégrer des experts en protection de l’enfant dans la gestion des divorces.
- Suivi post-jugement
- Mettre en place un mécanisme de contrôle du respect des décisions (droit de visite,
entretien, etc.).

 Faiblesses du système local

Voici les faiblesses du système local de traitement des dossiers de divorce au


Tribunal de Paix de Likasi, particulièrement en lien avec la protection de l’intérêt
supérieur de l’enfant :

1. Manque d’expertise spécialisée

Le tribunal ne dispose pas de psychologues, ou juristes spécialisés en droit de


l’enfant pour accompagner les décisions de garde.

2. Faible prise en compte de l’enfant:

L’enfant est souvent absent de la procédure, même lorsqu’il a un âge pour


s’exprimer (pas d’audition, pas de prise en compte de ses besoins affectifs).

3. Absence d’enquête sociale


Page 46

Aucune structure officielle locale ne mène d’*évaluations du cadre de vie de


chacun des parents avant la décision

4. Carence des services sociaux de proximité

Les services sociaux sont quasi inexistants ou dysfonctionnels à Likasi,


limitant l’accompagnement post-jugement.

5. Jugements parfois stéréotypés ou influencés

La garde peut être donnée par habitude culturelle ou pression sociale, sans
vraie analyse objective de l’intérêt de l’enfant.

6. Insuffisance de moyens logistiques

Le tribunal manque de locaux adaptés, archives sécurisées, personnel en


nombre suffisant pour un bon traitement des dossiers familiaux.

 Recommandations pratiques pour mieux protéger l’enfant.

Nous donnons comme recommandations pratiques pour mieux protéger


l’intérêt supérieur de l’enfant dans les dossiers de divorce au Tribunal de Paix de Likasi :

1. Rendre obligatoire l’enquête sociale: Instaurer une procédure systématique


d’évaluation du cadre de vie des parents avant toute décision sur la garde.
2. Audition de l’enfant capable de discernement: Mettre en place un cadre sécurisé
pour que l’enfant soit entendu par un juge ou un professionnel formé, en tenant
compte de son âge et de sa maturité.
3. Formation continue des magistrats: Renforcer les capacités des juges en droit de
l’enfant, en collaboration avec le ministère de la Justice et les ONG spécialisées.
4. Créer une cellule d’appui psychosocial au sein du tribunal: Intégrer des assistants
sociaux, psychologues ou conseillers familiaux pour accompagner les affaires de
divorce impliquant des enfants.
5. Mettre en place un système de suivi post-jugement: Créer un mécanisme de
contrôle sur le respect effectif de la garde, des droits de visite, de l’entretien et du
cadre de vie de l’enfant.
6. Collaboration avec les services sociaux et ONG: Développer des partenariats avec
des structures locales de protection de l’enfance pour assurer un appui hors du
tribunal.
Page 47

CONCLUSION GENERALE

Nous voici à la fin de notre travail qui a porté sur : « L’analyse des dossiers de
divorce traités par le Tribunal de Paix de Likasi ». En effet nous sommes partis des
questions de savoir :

o Dans quelle mesure le Tribunal de Paix de Likasi prend-il en compte


l'intérêt supérieur de l'enfant dans ces décisions de divorce?
o Et quels sont les obstacles qui entourent l'effectivité de ce principe en
pratique ?

Ce travail, nous l'avons structuré comme suit :

o Le premier chapitre qui a porté sur le cadre théorique où nous avions défini
différents concepts clés de notre travail ;
o Le deuxième concernait le cadre empirique qui est la ville de Likasi où nous
trouvons le Tribunal de paix de Likasi, et enfin ;
o Le troisième chapitre s'est axé sur les Analyse jurisprudentielle et légale de
l’intérêt supérieur de l’enfant en cas de divorce à Likasi où nous avions fait
Page 48

l'analyse des décisions du tribunal de paix pour détecter si l'intérêt supérieur


de l'enfant est pris en compte.

Tout chercheur scientifique emprunte une voie appelée méthode. Ainsi, à ce


qui nous concerne, nous avons usé de la méthode de l'herméneutique juridique enfin
d'analyser les textes pour les confronter à la pratique.

La question de l'intérêt supérieur de l'enfant garanti par la Constitution ainsi


que les instruments internationaux ratifiés par la RDC et les lois notions à l'occurrence la
loi N 09/001 du 10 janvier 2009 portant protection de l'enfant.

Cependant, nous savons, le divorce, bien qu'étant un droit reconnu aux époux a
des conséquences profondes sur la cellule familiale, en particulier non les enfants. Ceux-
ci, souvent pris dans des conflits parentaux se retrouvent dans une position de
vulnérabilité, tant sur le plan effectif, éducatif que matériel. Le principe de l'intérêt
supérieur de l'enfant consacré par les instruments juridiques internationaux (convention
relative aux droits de l'enfant) et nationaux, dont la loi N 09/001 du 10 janvier 2009
portant protection de l'enfant) impose aux juridictions de considérer prioritairement le
bien-être de l'enfant dans toute décision concernant y compris dans les procédures de
divorce.

Cependant, en pratique, la mise en œuvre de ce principe reste rejeté au niveau


des juridictions de base comme le Tribunal de Paix de Likasi. Des facteurs tels que le
manque de formation spécialisée des magistrats en droit de l'enfant, l'influence des
coutumes locales, l'insuffisance des moyens matériels et l'absence d'un encadrement
psychologue pour les enfants dans le cadre judiciaire pouvant compromettre l'effectivité
de cette protection. Dans ce contexte, il devient nécessaire de s'interroger sur la réalité de
l'application du principe de l'intérêt supérieur de dans les jugements de divorce à Likasi.
Voici donc des questions qui orienteront cette étude :

 Dans quelle mesure le Tribunal de Paix de Likasi prend-il en compte


l'intérêt supérieur de l'enfant dans ces décisions de divorce?
 Et quels sont les obstacles qui entourent l'effectivité de ce principe en
pratique ?

Notre travail comprenait une hormis l'introduction et la conclusion trois


chapitres entre autres :
Page 49

 Le premier chapitre qui portait sur le cadre théorique: C'est ici où nous
avions défini différents concepts.
 Le second sur le cadre empirique : Ce chapitre était consacré à l'étude de
notre champ d'étude qui est la ville de Likasi.
 Le troisième sur l'analyse pratique des jugements de divorce au tribunal de
paix de Likasi et son incidence sur l'enfant.

Pour la réussite de notre mémoire nous avions utilisé une seule méthode
(herméneutique juridique) qui nous a permis d'interpréter les lois pour confronter aux
décisions, et deux techniques (documentaire et entretien). Documentaire nous pour
d'exploitation de différents ouvrages, et entretien recueillir les informations sur le tribunal
de Paix de Likasi et sur leurs décisions

Nous avons constaté une faiblesse qui se manifeste par le manque de


motivation dans les jugements, l’absence fréquente d’enquêtes sociales, et une approche
parfois purement formelle de la garde des enfants.

Ce constat met en évidence la nécessité d’un renforcement des capacités des


magistrats, d’une institutionnalisation de l’audition et de l’enquête sociale, ainsi qu’une
meilleure coordination avec les acteurs sociaux, afin de rendre effectif ce principe
fondamental.

REFFERENCE BIBLIOGRAPHIQUES

I. TEXTES DES LOIS ET REGLEMENTAIRES


1. Loi n°87.010 du 1er Août 1987 portant code de la famille de la RDC.
2. Loi n°9/001 du 10 janvier 2009 portant protection de l'enfant ;
3. Loi n°08/012 portant principes fondamentaux relatifs à la libre administration des
provinces, JO RDC, 31 Juillet 2008 ;
4. Loi N 13/ 011 du 11 avril 2013 portant organisation fonctionnement et
compétences des juridictions de l'ordre judiciaire ;
5. Décret du 6 Août 1959 portant Code de procédure pénale tel que modifié et
complété par les Lois n° 06/019 du 20 juillet 2006 et n° 15/024 du 31 décembre
2015.

II. OUVRAGES
A. Ouvrages généraux
Page 50

1. Louis MPALA MBAMBOULA, Pour vous chercheur, directives pour rédiger un


travail scientifique, Lubumbashi, éd. MPALA, 2021 ;
2. PINTO R. et GRAWTZ M, Méthodes des sciences sociales, Paris, éd. Dalloz,
1984.
B. Ouvrages spécifiques
1. Tshibangu, T. (2002), Le droit coutumier congolais et la modernité, Kisangani,
Éditions Makila ;
2. Hélène REY WICKY et Isabelle RINALDI, Intérêt Supérieur de l’Enfant et
Divorce, EESP, SUISSE,2023 ;
3. Jean Carbonnier, Droit Civil, PUF, 2004.

III. NOTES DE COURS


1. Pierre-Felix KANDOLO, Cours d’initiation à la recherche scientifique, Faculté de
Droit, G2, UNILI, 2020-2021 ;
2. Freddy Kenye, Cours de droit civil des personnes, UNILI, Faculté de droit, L 1
LMD, 2022-2023 ;
3. LUZOLO BAMBI, Cours de Procédure Civile, UNIKIN, Faculté de Droit, 2015 ;
4. LEON KANKONDE, Cours de Droit Civil Des Obligations, UNILI, faculté de
droit, L3 LMD, 2025 ;
5. ILUNGA KAZULE, Sociologie et Anthropologie Culturelle, cours, G1 Droit,
université de Likasi, 2011-2012 ;
6. Eddy MWANZO idin’ AMINYE, Cours de Droit Civil Personnes, Famille et
Incapacités, UNIKIN, Faculté de droit, G1, 3ème édition 2013-2014.
IV. THESES
1. E. MWANZO idin’AMINYE, L’égalité des époux en droit congolais de la famille,
Thèse de doctorat, Université catholique de Louvain, 2009.
V. AUTRES DOCUMENTS
1. R. Guillien et J. VINCENT, Lexiques des termes juridiques, 14eme éd., Paris,
Dalloz, 2003 ;
2. République Démocratique du Congo. (2009). Loi n°09/001 du 10 janvier 2009
portant protection de l’enfant ;
3. Rapport de la DIVISION DROITS DE L’HOMME SECTION PROTECTION DE
L’ENFANT, Arrestations et détentions dans les prisons et cachots de la RDC: La
détention des enfants et la justice pour mineurs, Mars 2006 ;
Page 51

4. [Link] la détermination de l’intérêt supérieur de


l'enfant en matière de filiation réflexion, consulté le 16 juin 2025 ;
5. Rapport de l’Enquête sur la population de l’environnement aux activités minières
dans la ville de Likasi et ses environs, publié par ONG UMOJA en Avril 2013 ;
6. Rapport annuel 2016, Hôtel de ville de Likasi.

VI. SITES INTERNET


1. [Link] enfant droit, [Link],
consulté le 13 juin 2025 ;
2. [Link]
aux-droits-de-lenfant, consulté le 11/ mai 2025.

TABLE DES MATIERES

Epigraphe.....................................................................................................................................I
Dédicace.....................................................................................................................................II
Remerciements..........................................................................................................................III
I. INTRODUCTION..............................................................................................................1
I.1. Présentation du sujet.............................................................................................................1
I.2. État de la question.................................................................................................................2
I.3. Choix et intérêt du sujet....................................................................................................5
I.3 .1. Intérêt Scientifique...................................................................................................5
I.3.2. Intérêt social..............................................................................................................6
Page 52

I.3.3. Intérêt Personnel........................................................................................................6


I.4. Problématique...................................................................................................................6
I.5. Hypothèses........................................................................................................................7
I.6. Méthodes et techniques....................................................................................................8
I.6.1. Méthodes...................................................................................................................8
I.6.2. Les techniques...........................................................................................................8
I.7. Délimitation du sujet........................................................................................................9
I.7.1. L'espace..................................................................................................................10
I.7.2. Temps.......................................................................................................................10
I.7.3. Matière.....................................................................................................................10
CHAPITRE I. CADRE CONCEPTUEL ET THEORIQUE DE L’ETUDE...............................11
SECTION 1. DEFINITION DES CONCEPTS....................................................................11
§1. Intérêt..........................................................................................................................11
§2. Effets...........................................................................................................................11
§3. Enfant..........................................................................................................................12
§4. Tribunal de paix..........................................................................................................13
SECTION 2. NOTION SUR L’INTERET SUPERIEUR DE L’ENFANT..........................17
§1. Définition et portée.....................................................................................................17
§2. Cadres juridiques........................................................................................................17
§3. Principes directeurs liés aux droits de l'enfant............................................................19
CHAPITRE DEUXIEME : DU CADRE EMPIRIQUE...........................................................21
SECTION I. VILLE DE LIKASI.............................................................................................21
§1. Historique de la ville de Likasi...................................................................................21
§2. L’acte et date de création de l’entité...........................................................................22
SECTION II. LE CADRE GEOGRAPHIQUE DE LA VILLE DE LIKASI...........................23
§1. Superficie, population et densité.................................................................................23
§2. Tribus dominantes et situation géographique.............................................................23
SECTION III. HISTORIQUE DU TRIBUNAL DE PAIX DE LIKASI..............................28
§1. Situation géographique du tribunal de paix................................................................28
§2. L’organisation et l’administration de tribunal de paix de Likasi................................29
CHAPITRE TROISIÈME : ANALYSE PRATIQUE DES JUGEMENTS DE DIVORCE AU
TRIBUNAL DE PAIX ET SON INCIDENCE SUR L'ENFANT............................................31
Section 1 : NOTION DU DIVORCE....................................................................................31
Ss 1. Définition du divorce du divorce et caractéristiques................................................31
§2. Notion des droits de l'enfant.......................................................................................34
§3. Conséquences du divorce sur l'enfant.........................................................................37
Page 53

Section 2 : ÉTUDES DES PRATIQUES EN MATIÈRE DE DIVORCE ET PROTECTION


DE L'ENFANT......................................................................................................................38
2.1. Analyse du jugement du jugement du tribunal de Paix de Likasi..............................38
2.2. Évaluation de la prise en compte effective de l'intérêt supérieur de l'enfant.............41
2.3. Les lacunes constatées ou faiblesses constatées........................................................42
Section 3: RÉFLEXION CRITIQUE ET RECOMMANDATIONS....................................42
3.1. Réflexion critique.......................................................................................................42
3.2. Recommandations......................................................................................................43
Section 3 : LIMITES, DEFIS ET PROPOSITIONS D’AMELIORATION.........................45
§1. Propositions d’amélioration........................................................................................45
CONCLUSION GENERALE...................................................................................................48
REFFERENCE BIBLIOGRAPHIQUES..................................................................................50

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