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Thèse S. MAATE

La thèse de Soufian Maate, soutenue en décembre 2017 à l'Université Abdelmalek Essaâdi, porte sur l'évolution tectono-sédimentaire de la zone intrarifaine occidentale durant le Tertiaire, en corrélant les résultats avec la marge tellienne tunisienne. Le travail inclut des études biostratigraphiques, pétrographiques et minéralogiques, ainsi qu'une analyse des séquences de dépôt. Cette recherche a été réalisée sous la direction de professeurs de plusieurs universités, avec un soutien significatif de la part de sa famille et de ses collègues.

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Thèse S. MAATE

La thèse de Soufian Maate, soutenue en décembre 2017 à l'Université Abdelmalek Essaâdi, porte sur l'évolution tectono-sédimentaire de la zone intrarifaine occidentale durant le Tertiaire, en corrélant les résultats avec la marge tellienne tunisienne. Le travail inclut des études biostratigraphiques, pétrographiques et minéralogiques, ainsi qu'une analyse des séquences de dépôt. Cette recherche a été réalisée sous la direction de professeurs de plusieurs universités, avec un soutien significatif de la part de sa famille et de ses collègues.

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N° d’ordre ………année 2017

UNIVERSITE ABDELMALEK ESSAADI


FACULTE DES SCIENCES
TETOUAN

Centre d’Etudes Doctorales


« Sciences et Technologies »
Formation Doctorale : « Biologie-Chimie-Géologie »

THESE

Présentée à la Faculté des Sciences de TETOUAN pour obtenir le grade de :

Docteur en Géologie
Spécialité : Stratigraphie, sédimentologie et géologie structurale

Titre de la Thèse : Evolution tectono-sédimentaire de la zone intrarifaine


occidentale durant le Tertiaire (Marge africaine rifaine, Maroc).
Corrélations avec la marge tellienne tunisienne.

Par :

Soufian MAATE

Soutenue le 23 décembre 2017, devant le Jury :

Pr. Khalil El Hajjaji…………….…….. Université Abdelmalek Essaâdi……………Président-Rapporteur


Pr. Chakib Darraz……………...……... Université Abdelmalek Essaâdi ………………………Rapporteur
Pr. Said Chakiri…………. ……………Université Ibn Tofail (Kénitra).………………………Rapporteur
Pr. Mohamed Benmakhlouf…………. .Université Abdelmalek Essaâdi ……………………Examinateur
Pr. Abdelaziz El Mrihi……….………...Université Abdelmalek Essaâdi ……………………Examinateur
Pr. Rachid Hlila…………. ……………Université Abdelmalek Essaâdi ……………………….Directeur
Pr. Manuel Martin Martin…….………Université d’Alicante (Espagne)……………………co-Directeur

Structure de recherche accréditée d’accueil :


UAE/L13FS : Laboratoire de Géologie de l’Environnement et Ressources Naturelles ; FS-Tétouan
JE DEDIE CE TRAVAIL

MON PÈRE,
MA MÈRE,
MON FRÈRE

1
REMERCIEMENTS

Ce travail a pu être réalisé dans de bonnes conditions grâce au soutien et encouragements


de plusieurs personnes géologues et non géologues. Il m’est très agréable de les remercier et
de leur exprimer ma profonde reconnaissance.

Je tiens à remercier très vivement mes deux directeurs de la thèse, les Prs. Rachid HLILA
de la Faculté des Sciences de Tétouan, et Manuel MARTIN MARTIN de la Faculté des
Sciences d’Alicante (Espagne). Hormis les nombreuses discussions, toujours très fructueuses
que nous avons eu ensemble, aussi bien sur le terrain qu’au bureau, et les corrections qu’ils
ont apporté à ce mémoire, j’ai beaucoup appris de leur expérience professionnelle. Avec le Pr.
HLILA, j’ai en plus appris à reconnaitre les structures et microstructures tectoniques et à les
dessiner sur le terrain. Le Pr. MARTIN MARTIN m’a appris sur le terrain à reconnaitre les
différents faciès de la zone étudiée et leur agencement. Il m’a aussi initié au logiciel de dessin
Corel Draw qui m’a été d’un grand secours pour dessiner les figures illustratives de ce
mémoire. Quoique que je puisse dire sur leurs qualités humaines, scientifiques et leur esprit
de collaboration, il serait insuffisant. Pour tout cela, je voudrais leur exprimer ici, mes
sentiments d’une profonde reconnaissance et très haute considération.

Je tiens à remercier, également très vivement, tous les membres de jury qui ont bien
voulu accepter de juger ce travail, malgré leurs nombreuses préoccupations. Le Pr. Khalil EL
HAJJAJI, que je qualifierais de Doyen du Département de Géologie de la Faculté des
Sciences de Tétouan, m’a honoré en présidant cet honorable jury. Qu’il trouve ici l’expression
de ma respectueuse gratitude et ma profonde estime.

Le professeur Said CHAKIRI, Chef du Département de Géologie de la Faculté des


Sciences de Kenitra, a bien voulu accepter de rapporter ce travail, et de se déplacer à Tétouan
pour siéger dans mon jury, malgré ses nombreuses obligations. Je le remercie et lui exprime
mes sentiments d’estime et de reconnaissance.

Le professeur Chakib DARRAZ, connaisseur de la géologie des zones externes du Rif,


m’a honoré en rapportant également ce travail et en siégeant dans le jury de cette thèse. Sa
sympathie m’a beaucoup marqué lors de mon cycle de Licence d’études fondamentales. Je le
remercie très vivement.

Le professeur Abdelaziz EL MRIHI, Chef de Département de Géologie de la Faculté des


Sciences de Tétouan, a bien voulu examiner cette thèse malgré sa tâche administrative et ses
obligations. Qu’il trouve ici l’expression de mon grand respect et de ma profonde gratitude.

J’adresse aussi mes remerciements au professeur Mohamed BENMAKHLOUF,


connaisseur aussi des terrains appartenant aux zones externes du Rif, pour avoir accepté de
faire partie de ce jury et d’examiner ce travail, ainsi que pour son déplacement depuis Rabat.

Le professeur Francesco GUERRERA de l’université d’Urbino (Italie) m’a accompagné


sur le terrain à plusieurs reprises, et s’est intéressé à ma thèse dès le début. Il a beaucoup
contribué à la rédaction des publications issues de cette recherche, ainsi que les membres de
son équipe italienne. Je pense aux professeurs Mario TRAMONTANA et Giuliana
RAFFAELLA, de la même université d’Urbino. Mario a contribué à la rédaction des
2
publications et Giuliana a examiné les lames minces des grès provenant des coupes étudiés
dans ce travail. Qu’ils trouvent tous, ici, l’expression de ma gratitude et de ma profonde
reconnaissance.

Je remercie aussi de façon particulière, le professeur Francisco SERRANO LOZANO de


l’université de Malaga (Espagne), pour les déterminations des foraminifères planctoniques
qu’il a réalisé, indispensables pour cette étude stratigraphique. Qu’il trouve aussi l’expression
de ma haute considération et de ma profonde reconnaissance.

Le professeur Francisco Javier ALCALA de l’université de Murcie (Espagne) m’a fait


bénéficier d’un stage de deux mois, à la Estacion Experimental de las Zonas aridas del
Consejo Superior de Investigacion Cientifica (EEZA-CSIC) à Almeria (Espagne). Durant ce
stage, il m’a appris à préparer les échantillons d’argiles, de pélites et de marnes argileuses
pour les études de minéralogie totale et d’argiles. Sa gentillesse et sa disponibilité à
transmettre son savoir-faire m’ont beaucoup marqué. Je le remercie très vivement.

Le professeur Agustin MARTIN ALGARRA de l’université de Granada (Espagne) a bien


voulu m’accueillir dans son bureau, lors de mon stage de trois mois dans cette université, dont
j’ai bénéficié à travers le programme Erasmus+. Il m’a beaucoup aidé et encouragé par ses
conseils et ses discussions enrichissantes. Je lui dis muchas gracias de todo corazón.

Je saisis cette occasion pour rendre un grand hommage à tous les professeurs du
Département de Géologie de la Faculté des Sciences de Tétouan et de Rabat qui ont contribué
à ma formation durant le cycle de licence et de master respectivement. Je leur serais toujours
reconnaissant. Qu’ils trouvent ici l’expression de ma respectueuse gratitude et ma profonde
estime.

Je remercie à tous mes ami(e)s qui ont porté intérêt à mon travail et m’ont encouragé à le
poursuivre jusqu’au bout. Je ne citerai pas ici des noms concrets par crainte d’oublier
quelqu’un(e). Je leur dis tout simplement un grand merci pour votre soutien.

Enfin, je ne sais pas comment dois-je m’exprimer pour témoigner de mon très profond
respect et reconnaissance à ma petite famille. Mon père, ma mère et mon frère Ibrahim m’ont
soutenu de façon inconditionnelle pour mener cette thèse dans les meilleures conditions.
Qu’ils trouvent tous ici l’expression de mon profond amour. C’est à eux que je dédie cette
thèse.

3
TABLE DES MATIERES

REMERCIEMENTS……………………………………………………………………………………………….2
RESUME…………………………………………………………………………………………………………...8
ABSTRACT………………………………………………………………………………………………………..9
RESUMEN……………………………………………………………..…………………………………………10
RIASUNTO………………………………………………………………….……………………………………11
MOLAKHAS……………………………………………………………………………………………………..13

INTRODUCTION……………………………………………………………….………………………………15

Première partie : GENERALITES……………………………………………..………………………………16

I. CADRE GEOGRAPHIQUE……………………………………………………………………………………17
II. CADRE GEOLOGIQUE GENERAL…………………………………………………………………………19
III. OBJECTIFS ET METHODOLOGIE…………………………………………………………………………20
III.1. Objectifs…………………………………………………………………………………………….………20
III.2. Méthodologie………………………………………………………………………………………………..21
III.2.1. Travaux de terrain………………………………………………………………………………………...21
III.2.2. Travaux de laboratoire…………………………………………………………………………………….21
III.2.2.1. Méthodologie de l'étude biostratigraphique des foraminifères planctoniques…………………………22
III.2.2.2. Méthodologie de l'étude pétrographique des grès………………………………………………………23
III.2.2.3. Méthodologie de l'étude minéralogique (minéralogie totale et minéralogie des argiles)………………26
III.2.3. Travaux de bureau………………………………………………………………………………………...31
IV. Biostratigraphie utilisée………………………………………………………………………………………31
V. Généralités sur la géologie de la chaîne rifaine et Historique des travaux sur les zones externes du Rif……..38
V.1. Généralités sur la géologie de la chaîne rifaine……………………………………………………………...38
V.1.1. Les zones internes………………………………………………………………………………………….38
V.1.1.1. Les Ghomarides ou nappes paléozoïques………………………………………………………………..38
V.1.1.2. Les Sebtides ou zones métamorphiques…………………………………………………………………38
V.1.1.3. La Dorsale calcaire………………………………………………………………………………………40
V.1.2. La zone des flyschs………………………………………………………………………………………...40
V.1.2.1. Le Maurétanien…………………………………………………………………………………………..40
V.1.2.2. Le Massylien…………………………………………………………………………………………….40
V.1.2.3. Le Numidien……………………………………………………………………………………………..40
V.1.3. Les zones externes…………………………………………………………………………………………41
V.1.3.1. La zone intrarifaine………………………………………………………………………………………41
V.1.3.2. La zone mésorifaine……………………………………………………………………………………..41
V.1.3.3. La zone prérifaine………………………………………………………………………………………..41
V.2. Le cadre tectonique et géodynamique général : structure et dynamique de l’arc de Gibraltar et la chaîne du
Rif…………………………………………………………………………………………………………………42
V.3. Historique des travaux sur la géologie des zones externes du Rif…………………………………………..44

Deuxième partie : ANALYSE STRATIGRAPHIQUE………………………………………………………..54

CHAPITRE 1: DESCRIPTION DES COUPES ETUDIEES………………………………………………...55

I. INTRODUCTION………………………………………………………………………………………………….56
II. UNITE DE TANGER EXTERNE……………………………………………………………………………………61
II.1. Coupe Dehar Sidi Abdallah ou « coupe de l’autoroute »....…………………………………………………61
II.1.1. Localisation de la coupe et sa structure……………………………………………………………………61
II.1.2. Succession stratigraphique…………………………………………………………………………………61
II.2. Coupe N Oulad Ziane………………………………………………………………………………………..63
II.2.1. Localisation de la coupe et sa structure……………………………………………………………………63
II.2.2. Succession stratigraphique…………………………………………………………………………………63
II.3. Coupe Saf Hamam ou « coupe LGV »…………….………………………………………………………...63
II.3.1. Localisation de la coupe et sa structure……………………………………………………………………63

4
II.3.2. Succession stratigraphique…………………………………………………………………………………65
II.4. Coupe ENE de Mediar……………………………………………………………………………………….67
II.4.1. Localisation de la coupe et sa structure……………………………………………………………………67
II.4.2. Succession stratigraphique…………………………………………………………………………………67
II.5. Coupe Arhbaoulou…………………………………………………………………………………………...69
II.5.1. Localisation de la coupe et sa structure……………………………………………………………………69
II.5.2. Succession stratigraphique…………………………………………………………………………………69
III. UNITE DE LOUKKOS…………………………………………………………………………………………….71
III.1. Coupe Oued Tazarine……………………………………………………………………………………….71
III.1.1. Localisation de la coupe et sa structure…………………………………………………………………...71
III.1.2. Succession stratigraphique………………………………………………………………………………..71
III.2. Coupe Ouest Taïjoute……………………………………………………………………………………….73
III.2.1. Localisation de la coupe et sa structure…………………………………………………………………...73
III.2.2. Succession stratigraphique………………………………………………………………………………..73
III.3. Coupe Aïn Kob……………………………………………………………………………………………...73
III.3.1. Localisation de la coupe et sa structure…………………………………………………………………...73
III.3.2. Succession stratigraphique………………………………………………………………………………..76
IV. LES FORMATIONS POST-OROGENIQUES………………………………………………………………………..76
IV.1. Le secteur de Charf el Akab………………………………………………………………………………..76
IV.2. Le secteur de Beni Issef…………………………………………………………………………………….77

CHAPITRE 2 : DONNEES BIOSTRATIGRAPHIQUES……………………………………………………78

I. INTRODUCTION………………………………………………………………………………………………….79
II. UNITÉ DE TANGER EXTERNE……………………………………………………………………………………79
II.1. Données biostratigraphiques de la coupe Arhbaoulou……………………………………………………...79
II.2. Données biostratigraphiques de la coupe Dehar Sidi Abdallah…………………………………………….80
II.3. Données biostratigraphiques de la coupe N Oulad Ziane…………………………………………………...82
II.4. Données biostratigraphiques de la coupe ENE Mediar……………………………………………………...82
II.5. Données biostratigraphiques de la coupe Saf Hamam………………………………………………………83
III. UNITÉ DE LOUKKOS…………………………………………………………………………………………...85
III.1. Données biostratigraphiques de la coupe Oued Tazarine………………………………………………….85
III.2. Données biostratigraphiques de la coupe Ouest Taïjoute………………………………………………….87
III.3. Données biostratigraphiques de la coupe Aïn Kob………………………………………………………...87
IV. SYNTHÈSE DU CHAPITRE BIOSTRATIGRAPHIE………………………………………………………………...88

CHAPITRE 3: DONNEES PETROGRAPHIQUES ET MINERALOGIQUES……………………………90

I. INTRODUCTION………………………………………………………………………………………………….91
II. DONNEES PETROGRAPHIQUES………………………………………………………………………………….92
III. INTERPRETATION DES DONNEES PETROGRAPHIQUES………………………………………………………….94
IV. DONNEES MINERALOGIQUES………………………………………………………………………………….97
V. INTERPRETATION DES DONNEES MINERALOGIQUES……………………………………………………………99

CHAPITRE 4: DEFINITION DES SEQUENCES DE DEPOT ET DES FORMATIONS……………….101

I. INTRODUCTION…………………………………………………………………………………………………102
II. SEQUENCE DE DEPOT DU CRETACE : FMS. ARHBAOULOU ET TAÏJOUTE……………………………………….105
II.1. Introduction…………………………………………………………………………………………………105
II.2. Définition de la Fm. Arhbaoulou: caractéristiques lithologiques, épaisseur et limites……………………107
II.3. Âge de la Fm. Arhbaoulou………………………………………………………………………………….109
II.4. Interprétation sédimentaire de la Fm. Arhbaoulou…………………………………………………………109
II.5. Définition de la Fm. Taïjoute: caractéristiques lithologiques, épaisseur et limites……………………….111
II.6. Âge de la Fm. Taïjoute……………………………………………………………………………………..111
II.7. Interprétation sédimentaire de la Fm. Taïjoute……………………………………………………………..112
II.8. Synthèse de la séquence de dépôt du Crétacé………………………………………………………………112
III. SEQUENCE DE DEPOT DE L’EOCENE: FM. DEHAR SIDI ABDALLAH…………………………………………...113
III.1. Introduction………………………………………………………………………………………………..113
III.2. Définition de la Fm. Dehar Sidi Abdallah: caractéristiques lithologiques, épaisseur et limites…………113
5
III.3. Âge de la Fm. Dehar Sidi Abdallah………………………………………………………………………116
II.4. Interprétation sédimentaire de la Fm. Dehar Sidi Abdallah………………………………………………117
III.5. Synthèse de la séquence de dépôt de l’Eocène…………………………………………………………..118
IV. SEQUENCE DE DEPOT DE L’OLIGOCENE-MIOCENE INFERIEUR: FM. SAF HAMAM………………………….119
IV.1. Introduction………………………………………………………………………………………………119
IV.2. Définition de la Fm. Saf Hamam: caractéristiques lithologiques, épaisseur et limites………………...119
IV.3. Âge de la Fm. Saf Hamam……………………………………………………………………………….123
IV.4. Interprétation sédimentaire de la Fm. Saf Hamam……………………………………………………….124
IV.5. Synthèse de la séquence de dépôt de l’Oligocène-Miocène inférieur…………………………………..125
V. SYNTHESE DU CHAPITRE DES SEQUENCES DE DEPOT ET FORMATIONS STRATIGRAPHIQUES………………..126

Troisième partie : ANALYSE STRUCTURALE ET EVOLUTION TECTONO-SEDIMENTAIRE DE LA


ZONE INTRARIFAINE OCCIDENTALE DURANT LE TERTIAIRE. CORRELATION AVEC LE
TELL TUNISIEN………………………………………………………………………………………………128

CHAPITRE 5 : ANALYSE STRUCTURALE……………………………………………………………….129

I. INTRODUCTION………………………………………………………………………………………………...130
II. DESCRIPTION DE LA STRUCTURE A GRANDE ECHELLE………………………………………………………...130
II.1. Coupe de la transversale 1…………………………………………………………………………………133
II.2. Coupe de la transversale 2…………………………………………………………………………………133
II.3. Coupe de la transversale 3…………………………………………………………………………………133
II.4. Coupe de la transversale 4…………………………………………………………………………………133
II.5. Coupe de la transversale 5…………………………………………………………………………………133
II.6. Coupe de la transversale 6…………………………………………………………………………………134
III. ANALYSE MICROSTRUCTURALE……………………………………………………………………………...134
III.1. Unité de Tanger externe…………………………………………………………………………………...135
III.1.1. Affleurement de Dehar Sidi Abdallah ou « coupe de l’autoroute » …………………………………...135
III.1.2. Affleurement au Nord d’Oulad Ziane…………………………………………………………………...137
III.1.2.1. La déformation plicative………………………………………………………………………………137
III.1.2.2. La déformation cassante………………………………………………………………………………137
III.1.3. Affleurement de Saf Hamam ou « coupe LGV » ………………………………………………………138
III.1.3.1. Déformation plicative…………………………………………………………………………………138
III.1.3.2. Déformation cassante (joints tectoniques) …………………………………………………………...139
III.1.4. Affleurement à l’ENE de Mediar………………………………………………………………………..140
III.2. Unité de Loukkos………………………………………………………………………………………….140
III.2.1. Secteur d’Aïn Qob……………………………………………………………………………………….140
III.2.1.1. Plissements…………………………………………………………………………………………….141
III.2.1.2. Les Failles inverses et chevauchements………………………………………………………………144
II.2.1.3. Les décrochements……………………………………………………………………………………..147
III.2.2. Secteur d’Oued Tazarine (oued Mlileh) ………………………………………………………………...148
IV. CONCLUSION………………………………………………………………………………………………....149

CHAPITRE 6: EVOLUTION TECTONO-SEDIMENTAIRE ET PALEOGEOGRAPHIQUE-


GEODYNAMIQUE DE LA ZONE INTRARIFAINE OCCIDENTALE DURANT LE TERTIAIRE…..151

I.
INTRODUCTION…………………………………………………………………………………………………..152
II. EVIDENCES D’UNE TECTONIQUE SYNSEDIMENTAIRE…………………………………………………………152
II.1. Dépôts clastiques…………………………………………………………………………………………...152
II.2. Séquences turbiditiques…………………………………………………………………………………….153
II.3. Slumps……………………………………………………………………………………………………...154
II.4. Discontinuités et évolution séquentielle……………………………………………………………………154
II.5. Changements d’épaisseurs et variations latérales de faciès………………………………………………..157
III. ETAPES DE LA DEFORMATION………………………………………………………………………………...160
IV. EVOLUTION PALEOGEOGRAPHIQUE-GEODYNAMIQUE……………………………………………………......161
IV.1. Reconstitution palinspastique-paléogéographique générale des zones externes du Rif…………………161
IV.2. Le Séchron Crétacé………………………………………………………………………………………..164
IV.3. Le Séchron Eocène…………………………………………………….…………………………………..164
6
IV.4. Le Séchron Oligocène-Miocène inférieur……………………….………………………………………...168

CHAPITRE 7: CORRELATION AVEC LE TELL TUNISIEN……………………………………………171

I. Introduction……………………………………………………………………………………………………172
II. Cadre structural du Tell Tunisien et sa corrélation avec les zones externes du Rif………………………...174
III. Cadre stratigraphique du Tell tunisien et sa corrélation avec les zones externes du Rif……………………175
IV. La succession Paléogène-Miocène inférieur du Tell Tunisien et sa corrélation avec l’Intrarif…………...177
V. Synthèse de la corrélation avec le Tell Tunisien……………………………………………………………..180

CONCLUSION…………………………………………………………………….…………………………...183

Références bibliographiques………………………………………………………...………………………...186

Liste des figures……………………………………………………………………….………………………..203

Liste des tableaux………………………………………………………………………………………………206

7
RÉSUMÉ

Dans la présente thèse on a réalisé une étude interdisciplinaire des séries du Crétacé supérieur-Tertiaire des
unités de Tanger externe et Loukkos, qui appartiennent toutes les deux à la zone Intrarifaine des Zones Externes
du Rif occidental. Les études ont été réalisées dans deux secteurs principaux ceux de Chefchaouène et de Tanger.
Au total, huit coupes stratigraphiques ont été étudiées: Oued Tazarin (log 1), Arhbaoulou (log 2), O Taïjoute
(Log 3) et Aïn Kob (log 8) dans le secteur de Chefchaouène; Saf Hamam (log 4), N Oulad Ziane (log 5), Dehar
Sidi Abdallah (log 6) et ENE Mediar (log 7) dans le secteur de Tanger.
Les travaux réalisés consistent en une étude lithostratigraphique; biostratigraphique (déterminations
paléontologiques par l’intermédiaire des foraminifères planctoniques); étude pétrographique des grès; étude
minéralogique (argiles et minéralogie totale) des faciès marno-argilo-pélitiques, et une analyse structurale et
microstructurale. Toutes ces études ont conduit aux principaux résultats que l’on énumère à continuation :
(1) Une redéfinition du registre stratigraphique (litho- et bio-chronologique) avec la définition informelle
des formations suivantes: i) Fm. Arhbaoulou et Fm. Taïjoute d’âge Crétacé, avec la première caractérisant un
milieu sédimentaire de plateforme externe-talus continental, et la deuxième des milieux sédimentaires profonds
de type plaine abyssale, ii) Fm. Dehar Sidi Abdallah (avec deux membres: marneux et calcaire) d’âge éocène et
de milieux sédimentaire plateforme externe-talus; iii) Fm. Saf Hamam d’âge Oligo-Miocène inférieur de milieux
sédimentaires de type plateforme externe-talus continental (avec deux membres: inférieur et supérieur; et les
niveaux repère glauconieux, arénitique et slumpé dans le membre supérieur).
(2) L’étude stratigraphique et biostratigraphique a permis de reconnaitre deux importantes lacunes
stratigraphiques d’âge Maastrichtien p.p. - Yprésien p.p. et Bartonien p.p. – Rupélien p.p., qui séparent trois
séquences de dépôt: Séquence de dépôt Crétacé (Aptien p.p. - Maastrichtien p.p.), Séquence de dépôt Eocène
(Yprésien p.p. – Bartonien p.p.) et Séquence de dépôt Oligocène-Miocène inférieur (Rupélien p.p. – Burdigalien
p.p.).
(3) L’étude pétrographique indique la présence de roches d’origine détritique de type calcarénites dans les
échantillons des Séquences de dépôt du Crétacé et de l’Eocène; et de type calcarénites, sub-litharénites
glauconieuses et quartzarénites glauconieuses dans la Séquence de dépôt Oligocène-Miocène inférieur. Ces
pétrofaciès mettent en évidence aussi l’érosion des terrains de plateforme et cratoniques affectés par un certain
métamorphisme.
(4) L’étude minéralogique indique un mélange illite-kaolinite-smectite similaire à celui des autres séries
tertiaires de nature alumino-magnésienne de la région méditerranéenne (comme dans la Cordillère bétique) et du
nord de l’Atlantique, qui indique l’érosion des sols développés sous climats subtropicaux. L’étude de la relation
smectite+kaolinite /illite met en évidence une évolution régressive depuis le Crétacé jusqu’à un certain point de
l’Eocène où l’on passe à une transgression qui durera jusqu’au Miocène inférieur, où l’on assiste de nouveau à
une régression.
(5) L’étude structurale a permis de mettre en évidence une structure d’ensemble en nappes de charriage,
dans laquelle les unités ont été déracinées de leurs domaines paléogéographiques originels et expulsées vers
l’extérieur de la chaîne, par un système de chevauchements à vergence vers l’WSW à SW.
(6) L’étude microstructurale (plis, microfractures et diaclases en particulier) revèle que les séries étudiées
ont été affectées par une tectonique polyphasée, depuis le Miocène moyen jusqu’à l’Actuel, avec quatre
principales directions de compression : ENE-WSW, NE-SW, NNE-SSW et NW-SE. La phase responsable de la
structuration principale en nappes d’orientation ENE-WSW étant d’âge Miocène moyen.
(7) Tous les résultats antérieurs ont permis la reconstruction de modèles tectono-paléogéographiques pour
toutes les séquences étudiées, ce qui a mis en évidence un contrôle tectonique de la sédimentation de la manière
suivante: (a) tectonique extensive au Crétacé qui a généré des systèmes faillés et basculés qui contrôlaient les
milieux sédimentaires de plateforme, talus et plaine abyssale; (b) rejeu des ancienes failles normales en failles
inverses durant l’Eocène dans un contexte de tectonique compressive pré-orogénique et de déformation souple
du socle qui contrôle l’apparition des milieux sédimentaires de plateforme externe et talus; (c) plissement du
socle et propagation de chevauchements profonds non émergents sous un régime de tectonique compressive pré-
orogénique durant l’Oligocène-Miocène inférieur, donnant lieu à des milieux de plateforme externe-
hemipélagiques et de talus.
(8) Enfin, la comparaison du registre stratigraphique étudié dans la portion occidentale de la marge
africaine avec son équivalent latéral dans le secteur oriental du Tell tunisien a permis d’établir de grandes
similitudes et une évolution tectono-paléogéographique similaire qui valide le modèle à l’échelle nord-africaine.
Ce modèle général est d’une importance vitale pour les futures prospections d’hydrocarbures ou hydriques de
façon générale, et en particulier pour les secteurs des Zones Externes rifaines occidentales du Maroc.

Mots clés : Rif, unité de Tanger externe, unité de Loukkos, évolution tectono-sédimentaire, Crétacé, Tertiaire.

8
ABSTRACT

This Ph. Doctoral aimed an interdisciplinary study of the Late Cretaceous-Tertiary series of the External
Tanger and Loukkos Units, both belonging to the Intrarifian Zone from the western External Rif Zone.
The studies have been performed in two main areas: Chauen sector and Tanger sector. Eight stratigraphic
sections have been studied: Oued Tazarin (log 1), Arhbaoulou (log 2), O Taïjoute (Log 3) and Aïn Kob (log 8) in
the Chauen sector; Saf Haman (log 4), N Oulad Ziane (log 5), Dehar Sidi Abdallah (log 6) and ENE Mediar (log
7), in the Tanger one.
The studied subjects consist of a lithostratigraphic study; paleontological determinations by planktonic
foraminifera; petrographical studies on clastic deposits; mineralogical studies (clay and bulk mineralogy) of the
marly-clayish-pelitic facies; and structural and microstructural analyzes. All these studies have allowed obtaining
the main results listed below:
(1) A redefinition of the stratigraphic record (litho- and biocronological) has been performed including the
informal definition of the following sedimentary formations: i) Arhbaoulou Fm deposited in marine external
platform-slope sedimentary realm and Taïjoute Fm formed in deep abyssal marine sedimentary realm, both with
a Cretaceous age; ii) Dehar Sidi Abdallah Fm (with two marly and calcareous sedimentary members) with an
Eocene age and formed in marine external platform-slope sedimentary realms; iii) and the Saf Hamam Fm (with
two sedimentary members: lower and upper, with the glauconitic, arenitic and slump marker beds in the upper
member) with an Oligocene-Early Miocene age and related to external platform-slope sedimentary realm.
(2) The stratigraphic and biostratigraphic study has revealed the existence of two importat sedimentary gaps
Maastrichtian p.p. – Ypresian p.p. and Bartonian p.p. – Rupelian p.p. in age, respectively; dividing the
sedimentary record into three depositional sequences: Cretaceous Depositional Sequence (Aptian p.p. –
Maastrichtian p.p. in age), Eocene Depositional Sequence (Ypresian p.p. – Bartonian p.p.) and Oligocene-Early
Miocene Depositional Sequence (Rupelian p.p. – Burdigalian p.p.).
(3) The petrographical study has revealed the presence of detritic rocks as calcarenites in the samples of the
Cretaceous and Eocene Depositional Sequences; calcarenites, glauconitic sublitharenites and glauconitic
quartzarenites in the Oligocene-Early Miocene Depositional Sequence. These petrofacies have indicated the
erosion from platform and cratonic terranes affected the latter by a certain metamorphism.
(4) The mineralogical study indicates the illite-kaolinite-smectite mixed character, similar to other
aluminium-magnesium Tertiary successions of the Mediterranean region (as in the Betic Cordillera) and the
North Atlantic Ocean, indicating the erosion of soils under subtropical climate soils. The study of the
smectite+kaolinite/illite relation has indicated the regressive evolution from the Cretaceous to the Eocene when a
transgression is installed till the Early Miocene when a new regression is developed.
(5) The structural analysis have allowed the definition of a general structure in nappes, in which the units
have been unrooted from their original paleogeographic domain and transported outward in the orogenic chain
by mean of a thrusting system towards WSW or SW.
(6) The microstructural (folds, microfractures and mainly joints) reveals the existence of a polyphasic
tectonic from the Middle Miocene to present, with four main compression orientations: ENE-WSW, NE-SW,
NNE-SSW and NW-SE, being the ENE-WSW oriented one of Middle Miocene age the responsible of the
nappes structuring.
(7) All the above results have allowed the reconstruction of tectono-paleogeographic models for the studied
depositional sequences, indicating a tectonic control of the sedimentation as follows: (a) cretaceous extensional
tectonics made of normal faults and tilted systems controlling the position of the platform, slope and abyssal
plain sedimentary realms; (b) replay of older normal faults as reverse ones during the Eocene in a preorogenic
compressive tectonics with soft basemen deformation with folds controlling the location of external platform and
slope sedimentary realms; (c) basement folding and deep thrusts propagation in preorogenic compressive
tectonic during the Oligocene-Early Miocene controlling the location of external platform, hemipelagic and
slope sedimentary realms.
(8) By last, the comparison of the studied stratigraphic record in the western portion of the African Margin
with his lateral equivalent in the eastern sector of the Tunisian Tell has revealed the existence of a great
similitude with a common tectono-paleogeographic giving validity to the model at North African scale. This
general model is of main importance for future hydrocarbons and water prospections in North Africa, in general,
and for the Rifian External Zones in the western Morocco, in particular.

Keywords: Rif, External Tanger Unit, Loukkos Unit, Tectono-sedimentary evolution, Cretaceous, Tertiary.

9
RESUMEN
En la presente Tesis Doctoral se ha realizado un estudio interdisciplinar de las series del Cretácico
Superior-Terciario de las Unidades de Tánger Externo y Loukkos, ambas pertenecientes a la Zona Intrarrifeña de
las Zonas Externas del Rif occidental. Los estudios han sido realizados en dos áreas principales: sector de
Chauen y sector de Tánger. En total se han estudiado ocho secciones estratigráficas: Oued Tazarin (log 1),
Arhbaoulou (log 2), O Taïjoute (Log 3) y Aïn Kob (log 8) en el sector de Chauen; Saf Hamam (log 4), N Oulad
Ziane (log 5), Dehar Sidi Abdallah (log 6) y ENE Mediar (log 7), en el sector de Tánger.
Los trabajos realizados han consistido en un estudio litoestratigráfico; biestratigráfico (determinaciones
paleontológicas por medio de foraminíferos planctónicos); estudio petrográfico de las areniscas; estudio
mineralógico (arcillas y mineralogía total) de las facies margoso-arcilloso-pelíticas, y un análisis estructural y
microstructural. Todos estos estudios han permitido obtener una serie de resultados principales de la tesis que se
enumeran a continuación :
(1) Se ha realizado una redefinición del registro estratigráfico (lito- y bio-cronológico) con la definición
informal de las siguientes formaciones: Fm Arhbaoulou de ambiente sedimentario plataforma externa-talud
continental y Fm Taïjoute de ambientes sedimentarios profundos del tipo llanura abisal, ambas de edad
Cretácico ; Fm Dehar Sidi Abdallah (con dos miembros: margoso y calcáreo) de edad eocena y de ambientes
plataforma externa-talud; y Fm Saf Hamam de edad Oligo-Mioceno Inferior de ambientes sedimentarios
plataforma externa-talud continental (con dos miembros: inferior y superior; y los niveles guía glauconítico,
arenítico y slump en el miembro superior).
(2) El estudio estratigráfico y biostratigráfico ha permitido reconocer dos importantes lagunas
estratigráficas de edad Maastrichtiense p.p. - Ypresiense p.p. y Bartoniense p.p. – Rupeliense p.p., que separan
tres secuencias deposicionales: Secuencia Deposicional Cretácica (Aptiense p.p. - Maastrichtiense p.p.),
Secuencia Deposicional Eocena (Ypresiense p.p. – Bartoniense p.p.) y Secuencia Deposicional Oligoceno-
Mioceno Inferior (Rupeliense p.p. – Burdigaliense p.p.).
(3) El estudio petrográfico ha puesto de manifiesto la presencia de rocas de origen detrítico del tipo
calcarenitas en las muestras de las Secuencias Deposicionales Cretácica y Eocena; calcarenitas, sublitarenitas
glauconíticas y cuarzarenitas glauconíticas en la Secuencia Deposicional Oligoceno-Mioceno Inferior. Estas
petrofacies nos indican la erosión de terrenos de plataforma y cratónicos, afectados estos últimos por un cierto
metamorfismo.
(4) El estudio mineralógico indica una naturaleza mixta illita-kaolinita-smectita similar a otras series
terciarias de naturaleza alumino-magnesiana del entorno Mediterráneo (como en la Cordillera Bética) y del
Atlántico Norte, que indica la erosión de suelos desarroyados en climas subtropicales. El estudio de la relación
smectita+kaolitina /illita pone de manifiesto una evolución regresiva desde el Cretácico hasta cierto punto del
Eoceno donde se pasa a una transgresión que durará hasta el Mioceno Inferior cuando vuelve a cambiar hacia
una regresión.
(5) El estudio estructural ha permitido la definición de una estructura de conjunto en mantos de
corrimiento, en el que las unidades han sido desenraizadas de sus dominios paleogeográficos originales y
trasladadas hacia el exterior de la cadena, por un sistema de cabalgamientos con vergencia hacia el OSO a SO.
(6) El estudio microestructural (pliegues, microfracturas y particularmente diaclasas) revela que las series
estudiadas han sido afectadas por una tectónica polifásica, desde el Mioceno Medio hasta la actualidad, con
cuatro direcciones principales de compresión ENE-OSO, NE-SO, NNE-SSO y NO-SE, siendo la edad Mioceno
Medio la responsable de la estructuración principal en mantos con orientación ENE-OSO.
(7) Todos los resultados anteriores han permitido la reconstrucción de modelos tectono-paleogeográficos
para todas las secuencias estudiadas, lo cual ha puesto de manifiesto un control tectónico de la sedimentación de
la siguiente manera: (a) tectónica extensional cretácica formando sistemas fallados y basculados que controlaban
los ambientes sedimentarios de plataforma, talud y llanura abisal; (b) rejuego de viejas fallas normales como
inversas durante el Eoceno bajo una tectónica compresiva preorogénica y de deformación suave del
basamento que controla la aparición de los ambientes sedimentarios de plataforma externa y talud; (c)
plegamiento de basamento y propagación de cabalgamientos profundos no emergentes bajo una tectónica
compresiva preorogénica durante el Oligoceno-Mioceno Inferior dando lugar a ambientes de plataforma externa-
hemipelágicos y de talud.
(8) Por último, la comparación del registro estratigráfico estudiado en la porción occidental del margen
africano con su equivalente lateral en el sector oriental en el Tell Tunecino ha permitido establecer grandes
similitudes y una evolución tectono-paleogeográfica similar que valida el modelo a escala norteafricana. Este
modelo general es de vital importancia para futuras prospecciones de hidrocarburos o hídricas a nivel general y
en particular para el sector de las Zonas Externas Rifeñas occidentales en Marruecos.
Palabras clave : Rif, unidad de Tánger externo, unidad de Loukkos, evolución tectono-sedimentaria, Cretácico-
Mioceno.
10
RIASUNTO
Con la presente Tesi di Dottorato è stato realizzato uno studio interdisciplinare di alcune successioni
sedimentarie del Cretacico superiore e del Terziario appartenenti alle unità di Tanger externe e di Loukkos.
Queste unità fanno parte della Zona Intrariffana che costituisce la porzione più interna delle Zone Esterne del Rif
occidentale (Marocco). Sono state studiate otto sezioni stratigrafiche: Oued Tazarin (log 1), Arhbaoulou (log 2),
O Taïjoute (Log 3) e Aïn Kob (log 8) nel settore di Chaouène; Saf Hamam (log 4), N Oulad Ziane (log 5), Dehar
Sidi Abdallah (log 6) e ENE Mediar (log 7), nel settore di Tangeri.
Le discipline utilizzate comprendono differenti tipi di analisi: (a) studio litostratigrafico; (b) determinazioni
paleontologiche per mezzo di foraminiferi planctonici; (c) studio petrografico delle areniti; (d) studio
mineralogico (argille e mineralogia totale) delle litofacies marnoso-argilloso-pelitiche; (e) studio strutturale e
microstrutturale. L’interdisciplinarità di questi studi ha permesso di ottenere una serie di risultati sintetizzati negi
otto punti elencati di seguito.
(1) E’ stato ridefinito il registro stratigrafico (lito- e bio-cronologico) delle seguenti formazioni: (a)
Formazione Arhbaoulou deposta in un ambiente di piattaforma esterna-scarpata continentale; (b) Formazione
Taïjoute riferibile ad ambienti sedimentari profondi di tipo piana abissale. Queste due formazioni sono di età
Cretacica; (c) Formazione Dehar Sidi Abdallah dell’Eocene nella quale è stato distinto un Membro marnoso e
uno calcareo; (d) Formazione Saf Hamam di età Oligocene-Miocene inferiore nella quale è stato riconosciuto un
Membro inferiore ed uno superiore. Quello superiore, in particolare, contiene alcuni marker-beds costituiti da
livelli glauconitici, strati arenitici e intervalli a slump Queste due ultime formazioni sono riferibili ad ambienti di
sedimentazione di piattaforma esterna-scarpata continentale.
(2) Lo studio litostratigrafico e biostratigrafico ha permesso di riconoscere due importanti lacune
stratigrafiche di età Maastrichtiano p.p. - Ipresiano p.p. e Bartoniano p.p. – Rupelliano p.p., che separano tre
sequenze deposizionali: a) Sequenza deposizionale Cretacica (Aptiano p.p. - Maastrichtiano p.p., b) Sequenza
deposizionale Eocenica (Ipresiano p.p. – Bartoniano p.p.) e Sequenza deposizionale Oligocene-Miocenica
inferiore (Rupelliano p.p. – Burdigaliano p.p.).
(3) Lo studio petrografico ha evidenziato la presenza di rocce prevalentemente d’origine detritica: (a)
calcareniti nelle Sequenze deposizionali del Cretaceo e dell’Eocene ; (b) calcareniti, sublitareniti glauconitiche e
quarzareniti glauconitiche nella Sequenze deposizionali dell’Oligocene -Miocene inferiore. Queste petrofacies
mettono in evidenza l’erosione di terreni di piattaforma e cratonici; questi ultimi, inoltre, sono interessati da un
imprecisabile grado di metamorfismo.
(4) Lo studio mineralogico indica la presenza di una miscela costituita da illite-caolinite-smectite simile a
quello di altre successioni terziarie di natura allumino-magnesiaca dell’area Mediterranea (es. Cordillera Betica)
e del nord Atlantico, indicando una erosione di suoli che si sono sviluppati sotto climi subtropicali. Lo studio
della relazione smectite+caolinite/illite ha, inoltre, messo in evidenza un’evoluzione regressiva dopo il Cretaceo
sino ad un certo momento dell’Eocene dopo il quale è iniziata una trasgressione che si prolungherà sino al
Miocene inferiore; dopodiché è cominciata una nuova fase regressiva.
(5) Lo studio strutturale ha permesso di definire meglio la struttura d’insieme dell’area in studio che è
caratterizzata da falde di ricoprimento. Le relative unità tettoniche sono state sradicate dai loro domini
paleogeografici originari ed espulsi verso l’esterno della catena per mezzo di un sistema di sovrascorrimenti a
vergenza WSW e SW.
(6) L’analisi microstrutturale (pieghe, micrfratture e diaclasi in particolare) rivela che le successioni
studiate sono state interessate da una tettonica polifasica a partire dal Miocene medio sino all’Attuale,
caratterizzata da quattro principali direzioni di compressione: ENE-WSW, NE-SW, NNE-SSW e NW-SE. La
fase responsabile della strutturazione principale della catena in falde di ricoprimento è del Miocene medio,
mostrante una vergenza verso WSW.
(7) I precedenti risultati hanno permesso di ricostruire un modello tettonico-paleogeografico delle sequenze
studiate il quale mostra un chiaro controllo tettonico della sedimentazione che viene schematizzato nei punti
seguenti: (a) una tettonica estensionale Cretacica ha generato sistemi di faglia e basculamenti che hanno
controllato gli ambienti di sedimentazione collocati sulla piattaforma, sulla scarpata e sulla piana abissale; (b) la
riattivazione durante l’Eocene di antiche faglie normali in faglie inverse in un contesto tettonico compressivo
pre-orogenico caratterizzato da una deformazione flessibile del basamento ha favorito la sedimentazione in
ambienti di piattaforma esterna e di scarpata; (c) un piegamento maggiormente pronunciato del basamento e la
propagazione dei sovrascorrimenti profondi, non ancora emergenti, sotto un regime di tettonica compressiva pre-
orogenica durante l’Oligocene-Miocene inferiore dà luogo ad ambienti di piattaforma esterna, interessata da
sedimentazione emipelagica e di scarpata.
(8) Il confronto del registro stratigrafico ricostruito nel settore occidentale del Margine Africano con il suo
equivalente laterale più orientale (Tell Tunisino) ha permesso, infine, di stabilire significative similitudini e una
evoluzione tettonico-paleogeografica simile che convalida il modello alla scala nord-Africana. Questo modello
11
generale può essere considerato utile per future prospezioni minerarie (es. idrocarburi, acqua, etc.) e, in
particolare, per settori vari delle Zone Esterne Riffane occidentali del Marocco.

Termini chiave : Rif, unità di Tanger externe, unità di Loukkos, evoluzione tettono-sedimentaria, Cretacico-
Miocene.

12
‫ملخص‬
‫في هاته اﻷطروحة قمنا بدراسة متعددة التخصصات للسلسﻼت الجيولوجية في الفترة الممتدة من‬
‫العصر الطباشيري اﻷعلى إلى الدهر الثالث لوحدتي طنجة الخارجية واللوكوس المنتميين للمنطقة‬
‫الريفية الداخلية من المناطق الخارجية من سلسلة الريف الغربي‪.‬‬
‫أجريت الدراسة في قطاعين رئيسيين بكل من شفشاون وطنجة‪ ،‬في المجموع تمت دراسة ثمانية‬
‫مقاطع طبقية ‪ :‬وادي تزارين )سجل ‪ ،(1‬أغبالو )سجل‪ ،(2‬غرب تيجوت )سجل ‪ (3‬وعين قب )سجل‪(8‬‬
‫بقطاعة شفشاون وكل من صف الحمام )سجل ‪ (4‬وشمال أوﻻد زيان )سجل ‪ (5‬وظهر سيدي عبد ﷲ‬
‫)سجل ‪ (6‬وشرق شمال شرق مديار )سجل ‪ (7‬بقطاعة طنجة‪.‬‬
‫اﻷشغال المنجزة عبارة عن دراسة طبقية الصخور‪ ،‬طبقية الحفريات أو الطبقة اﻹحيائية )المثقبات‬
‫العالقة (‪ ،‬دراسة الوصف الصخوري للصخور الرملية‪ ،‬دراسة معدنية للسحنات الطينية والطينجرية‪ ،‬كما‬
‫تضمنت هذه اﻷشغال تحليل بنيوي وبنيوي دقيق‪ ،‬وقد خلصت كل تلك الدراسات إلى النتائج اﻷساسية‬
‫التالية ‪:‬‬
‫تمت إعادة تحديد سجل طبقية الصخور مع التحديد الملخص للتكوينات اﻵتية ‪ -1 :‬تكوينية أغبالو‬ ‫‪.1‬‬
‫وتيجوت والتي حدد عمرها في العصر الطباشيري بحيث أن اﻷولى تميز وسطا رسوبيا من نوع‬
‫رصيف خارجي – منحدر قاري والثانية أوساط رسوبية عميقة من نوع هضبة سحيقة‪.‬‬
‫‪ -2‬تكوينة ظهر سيدي عبد ﷲ ) بعصريها الطينجيري والكلسي ( عمرها حدد في اﻷيوسين‬
‫والمشكلة في أوساط رسوبية من نوع رصيف خارجي – منحدر قاري‪.‬‬
‫‪ -3‬تكوينة صف الحمام والتي حدد عمرها في اﻷولكوميوسين تشكلت في أوساط رسوبية من نوع‬
‫رصيف خارجي – منحدر قاري ) بعصريها السفلي واﻷعلى والمستويات التحديدية الكلوكونية‪،‬‬
‫الرملية والمتدهورة بالعضو اﻷعلى(‪.‬‬
‫أدت الدراسات اﻻستراتجرافية واﻻستراتجرفية اﻹحيائية إلى معرفة ثلمتين استراتجرفتين مهمتين‬ ‫‪.2‬‬
‫عمرها حدد في اﻷولى في جزء من المايستركتيان وجزء من اﻹيبريزيان والثانية في جزء من‬
‫البارتونيان وجزء من الريبليان بحيث تفصل ‪ 3‬تسلسﻼت رسوبية ‪ :‬سلسلة رسوبية تعود للعصر‬
‫الطباشيري ) جزء من اﻷبسيان – جزء من المايستركتيان (‪ ،‬سلسلة رسوبية يعود عمرها إلى‬
‫اﻹيوسين ) جزء من اﻹيبريزيان وجزء من البارتونيان( وسلسلة رسوبية ثالثة في اﻷولكوميوسين )‬
‫جزء من الريبليان وجزء من البيردكاليان(‪.‬‬
‫الدراسة الوصفية للصخور تبين وجود صخور فتاتية من نوع كالكرينيت في العينات المؤخودة من‬ ‫‪.3‬‬
‫السلسﻼت الرسوبية المكونة في العصر الطباشيري واﻻيوسن ومن نوع كالكرينيت وسوبلتارنيت‬
‫كلوكونية وكوارتز أرينيت كلوكونية في السلسلة الرسوبية لﻸولكوميوسين‪ .‬هذا النوع من السحنات‬
‫الصخورية تبين أن عملية التعرية شملت صخور متحولة مصدرها الرصيف والراسخ‪.‬‬
‫الدراسة المعدنية أبانت عن وجود خليط اﻹليت – الكاولين – سميكتيت شبيه بتلك المتواجد في‬ ‫‪.4‬‬
‫السلسﻼت الرسوبية من الدهر الثالث ذات الطبيعة اﻷلومينيو‪-‬مانيزية بالجهة المتوسطية‪ ،‬كما هو‬
‫الشأن بالنسبة لسلسلة جبال الييتيك والشمال اﻷطلسي والذي يبين أن عملية التعرية همت التربة‬
‫المتكونة في ظل طقس شبه مداري‪ ،‬دراسة العﻼقة ما بين سميكتيت ‪ +‬الكاولين ‪ /‬اﻻيليت تبين‬
‫تطور انحسار البحر ابتداء من العصر الطباشيري إلى مستوى ما في اﻷيوسين بعدها سنمر إلى تقدم‬
‫البحر والذي سيستمر إلى الميوسين اﻷسفل بعدها سنعود من جديد إلى انحسار البحر‪.‬‬
‫الدراسة البنيوية مكنت من توضيح نمط بنيوي في المجمل على شكل صدوع دسرية شملت وحدات‬ ‫‪.5‬‬
‫اجتتث من مجاﻻتها الجغرافية القديمة اﻷصلية ومدفوعة إلى خارج السلسلة بنظام صدوع دسرية في‬
‫اتجاه غرب جنوب غرب أو جنوب غرب‪.‬‬
‫‪13‬‬
‫‪ .6‬الدراسة البنيوية الدقيقة ) طيات‪ ،‬صدوع دقيقة وخصوصا الفواصل ( بينت أن السﻼسل التي تمت‬
‫دراستها كانت قد تعرضت لتكتونية متعددة اﻷطوار ابتداء من الميوسين المتوسط إلى اﻵن مع أربع‬
‫اتجاهات رئيسية لقوى الضغط شرق شمال شرق – غرب جنوب غرب‪ ،‬شمال شرق – جنوب‬
‫غرب‪ ،‬شمال شمال شرق‪ ،‬جنوب جنوب غرب وشمال غرب – جنوب شرق‪ ،‬الطور المسؤول‬
‫على التركيبة البنيوية الرئيسية ذات اﻻتجاه شرق شمال شرق – غرب جنوب غرب حدث في‬
‫الميوسين الوسط‪.‬‬
‫‪ .7‬جميع النتائج السابقة مكنت من إعداد نماذج تكتونجغرافية قديمة لجميع السلسﻼت التي تمت دراستها‬
‫الشيء الذي تم من خﻼله استنتاج الدور الرئيسي للحركات التكتونية في الترسبات على النحو التالي‪:‬‬
‫أ( تكتونية توسعية في العصر الطباشيري والتي شكلت أنظمة مصدعة ومهززة تتحكم في‬
‫المجاﻻت الترسبية من نوع الرصيف‪ ،‬المنحدر والهضبة السحيقة‪.‬‬
‫ب( إعادة اشتغال الصدوع العادية التي رافقت تلك التكتونية التوسعية إلى صدوع معكوسة خﻼل‬
‫اﻹيوسين في إطار تكتونية ضغط ما قبل أوروجينية وتشوهات مرنة للقاعدة والتي تتحكم في ظهور‬
‫مجاﻻت رسوبية للرصيف الخارجي والمنحدر‪.‬‬
‫ج( الطي للقاعدة وانتشار صوادع راكبة عميقة غير بارزة تحت نظام تكتونية ضغط ما قبل‬
‫أوروجينية خﻼل اﻷوليكوميوسين السفلي تمر من خﻼلها خلق مجاﻻت الرصيف الخارجي – نصف‬
‫لجية والمنحدر‪.‬‬
‫‪ .8‬وفي اﻷخير مقارنة السجل اﻻستراتكرافي الذي تمت دراسته في الشطر الغربي لهامش القارة‬
‫اﻹفريقية ومعادلة الجانبي بالقطاع الشرقي لسلسلة التيل التونسي مكن من إيجاد تشابهات كبيرة‬
‫وتطور تكتونجغرافي قديم متشابه الذي يصادق على هذا النموذج على مستوى شمال إفريقيا‪ .‬هذا‬
‫النموذج الشامل له أهمية قصوى في ما يتعلق بالتنقيبات المستقبلية على الهيدروكابورات والمياه‬
‫الجوفية بشكل عام وبشكل خاص بالمناطق الخارجية للريف الغربي بالمغرب‪.‬‬
‫كلمات – مفتاح ‪ :‬الريف‪ ،‬وحدة طنجة الخارجية‪ ،‬وحدة لوكوس تطور تكتونو–رسوبي‪ ،‬العصر‬
‫الطباشيري‪ ،‬الدهر الثالث‪.‬‬

‫‪14‬‬
INTRODUCTION

La présente thèse s’inscrit dans le cadre d’un vaste programme de recherche scientifique
qui concerne la marge africaine rifaine et qui a débuté en 2013. Plusieurs chercheurs de
différentes universités et nationalités (Maroc, Espagne et Italie) participent à ce programme.
Les travaux présentés dans ce mémoire concernent une partie de la zone intrarifaine, en
l’occurrence les unités de Tanger externe et de Loukkos. D’autres travaux concernant les
autres unités des zones externes du Rif (unités d’origine intrarifaine, Mésorif, Prérif et Rides
prérifaines) devraient voir le jour dans les années prochaines.

Le présent mémoire est composé après cette introduction de trois parties :

La première partie concerne des généralités telles que le cadre géographique, le cadre
géologique général, les objectifs de cette étude, la méthodologie de travail et un bref aperçu
sur l’historique des travaux antérieurs sur les zones externes du Rif, en mettant l’accent sur la
zone intrarifaine objet de cette recherche.

La deuxième partie est consacrée à l’étude stratigraphique détaillée. Elle est composée de
quatre chapitres. Dans le premier chapitre on décrit les coupes. Dans les deuxième et
troisième chapitres on présente les données biostratigraphiques, pétrographiques et
minéralogiques. Dans le quatrième chapitre on définit les séquences de dépôt, les formations,
les membres et les lacunes sédimentaires.

La troisième partie, constituée de trois chapitres, est dédiée à une étude structurale et une
évolution tectono-sédimentaire de la zone intrarifaine occidentale du Rif, ainsi qu’une
corrélation avec le Tell tunisien qui constitue le prolongement de cette marge africaine vers
l’est. Dans le cinquième chapitre, on présente la structure interne des unités de Tanger externe
et de Loukkos et aussi les relations structurales qui existent entre ces unités et les unités
avoisinantes. Une description des microstructures observées dans les coupes étudiées est aussi
exposée. Le sixième chapitre décrit l’évolution tectono-sédimentaire du secteur étudié. Enfin
dans le septième chapitre, on présente un aperçu sur la marge tellienne tunisienne qui
présente, du point de vue stratigraphique et évolution tectono-sédimentaire beaucoup de
points en commun avec la marge africaine rifaine.

Le mémoire se termine par une conclusion dans laquelle, on rappelle les principaux
apports de ce travail.

15
Première partie : GENERALITES

16
I. CADRE GEOGRAPHIQUE

Le Rif est une chaîne de montagnes qui se localise à l'extrémité nord du Maroc (Fig. 1).
Elle est de type alpin et elle présente une structure très complexe. Du point de vue relief, c'est
une chaîne de montagnes relativement peu élevée, ayant généralement moins de 2 000 m
d'altitude, mais aux formes assez vigoureuses en raison de l'enfoncement des vallées. Elle est
dominée par des pitons calcaires ou gréseux. La fluidité des matériaux, à dominante de
schistes et de marnes, la puissance des mouvements tectoniques, nappes de charriages au
Tertiaire, soulèvements verticaux au Villafranchien (2 452 m au Jbel Tidirhine, point
culminant de cette chaîne), et la proximité du niveau de base marin se combinent pour
favoriser le développement d'une intense érosion. La chaîne du Rif retombe brutalement sur la
Méditerranée.
Le secteur étudié s’étend depuis la ville de Tanger au Nord, jusqu’à l’Oued Aoudour aux
environs de Et Tleta des Beni Ahmed, au Sud (Fig. 1). D’une longueur de l’ordre de 100 Km
et une largeur comprise entre 30 et 50 Km, il présente une direction moyenne NW-SE. 12
feuilles topographiques au 1/50.000 couvrent ce secteur, à savoir les feuilles de : Tanger, Ksar
Sghir, Al Menzla, Melloussa, Asilah, Arbaa Ayacha, Khemis des Beni Arous, Souk Al Kolla,
Chefchaouène, Bab Taza, Zoumi et Beni Ahmed.
L’unité de Tanger couvre la plus grande partie de ce secteur et s’étend sur tout celui-ci.
Par contre, l’unité de Loukkos est réduite à une série d’écailles très étroites qui s’étendent
depuis les environs de Tleta des Beni Issef, au Nord, jusqu’à l’extrémité Sud du secteur étudié
situé sur la transversale de Tleta des Beni Ahmed. Sa longueur est de l’ordre de 40 Km et sa
largeur est comprise entre 10 et 15 Km.
Du point de vue géomorphologique, le terrain parcouru est composé (El Gharbaoui,
1981) d’une série de crêtes gréseuses appartenant au Flysch numidien, qui dominent des
collines creusées de nombreuses vallées, du fait de leur matériel tendre, constitué
essentiellement de marnes et de pélites (zone intrarifaine).
Le climat de cette région est de type méditerranéen avec un hiver doux et tempéré
(moyenne minimale de 10°, atteinte en janvier-février) et un été chaud et sec (moyenne
maximale 31°, atteinte en juillet-aout. Notons que la région de Chefchaouène est la zone la
plus arosée au Maroc avec de précipitations annuelles qui dépassent les 2000 mm.
Les localités les plus importantes qui se localisent dans ce secteur sont : Tanger, Tétouan,
Chefchaouène, El Khemis de Beni Arous, Et Tleta de Beni Issef, Et Tleta de Beni Ahmed,
Bab Taza, Fifi, Mokrisset, Zoumi, Souk el Kolla, Tanakoub et El Kelaa de Bokorra.
Les principales voies de communication sont : l’autoroute A4, les routes nationales N1,
N2 et N13 ; les routes régionales R417, R415, R410 et les routes provinciales P4609, P4607,
P4608, P4602, P4603 , P4103, P4104, P4107.
Les principales rivières et vallées sont: Oued Mharhar, Oued Sania, Oued Hachef, Oued
Kharoub, Oued Mekhasene, Oued Loukkous, Oued El Khemis, Oued Mhajrate, Oued Moulay
Bouchta et Oued Aoudour.
17
Fig. 1 : Cadre géographique du secteur étudié.

Les principales montagnes sont celles constituées par le flysch numidien avec du NW
vers le SE : Jbel Kbir (326 m) Jbel Dahar Zhirou (280 m), Haouta ben mediar (255m), Jbel
Sidi Habib (915 m), Jbel Ez Zaouia (1065 m), Jbel El Alam (1368 m), Jbel Bouhachem
(1528m), Jbel Soukna (1603 m), Jbel El Khizana (1722 m) et Jbel Taria (1521 m).
Les principaux barrages et lagunes sont: barrage Ibn Batouta, barrage Sghir, barrage 9
avril, barrage Nakhla, barrage oued Martil, barrage Moulay Bouchta et lagune de Tahadart.

18
II. CADRE GEOLOGIQUE GENERAL

La structure géologique générale du Maroc comprend quatre chaînes principales. Chaque


chaîne est caractérisée par un système orogénique différent: i) l'Anti-Atlas pré-paléozoïque et
la partie nord du craton ouest-africain (WAC); ii) la Meseta marocaine calédono-hercynienne;
iii) l'Atlas intracontinental qui comprend l’Atlas moyen et le haut Atlas; iv) la ceinture alpine
du Rif incluant une déformation tardive.
La chaîne du Rif constitue la partie occidentale de la chaîne maghrébine et, avec la
cordillère bétique, elle forme l'arc Bético-Rifain qui est l'orocline le plus à l'ouest de la région
méditerranéenne (Fig. 2). Cet arc ainsi que l'arc Calabro-Péloritain constituent deux des
courbures géotectoniques les plus importantes des systèmes méditerranéens alpins
méridionaux. Leur origine provient de i) la dissolution de l'AlKaPeCa représentant un secteur
marginal originaire de la plaque européenne (sensu Bouillin, 1986); Ou ii) de la fragmentation
et la migration vers les marges Adria-Afrique d'une «Microplaque mésoméditerranéenne»
placée entre les plaques de l'Europe et d'Afrique depuis les temps jurassiques au Miocène
(sensu Guerrera et al., 1993; 2005, De Capoa et al., 2003; Michard et al., 2002, Bonardi et al.,
2003, 2008, Perrone et al., 2008, 2014, Handy et al., 2010, Carminati et al., 2012, Guerrera et
Martín-Martín, 2014, entre autres). Les zones externes du Rif constituent un segment de la
chaîne du Rif (Maroc) qui occupe la marge nord-ouest de la plaque africaine.

Fig. 2 : Place du Rif dans la méditerranée occidentale (d’après Guerrera et Martín-Martín, 2014).

19
III. OBJECTIFS ET METHODOLOGIE

III.1. Objectifs

Beaucoup de recherches ont été consacrées à l'étude du secteur externe de la chaîne de


Rif analysant différents aspects géologiques et tectoniques (voir plus loin paragraphe
historique des travaux). De nombreux articles ont mis en évidence la complexité tectonique de
ce secteur en soulignant une structure en nappes de charriage avec des unités déracinées de
leur position paléogéographique originaire et transportées vers les secteurs plus externes. La
zone paléogéographique dans laquelle les successions stratigraphiques originaires ont été
déposées a été complètement déformée et sa reconstruction est encore hypothétique.
Considérant la nécessité d'apporter une contribution moderne à cette thématique, un
programme de recherche international a été mis en place concernant la révision du cadre
tectonique et de l'enregistrement stratigraphique des principales successions qui caractérisent
les sous-domaines (intra- méso- et pré-Rif) des zones externes de la chaîne du Rif et les
corrélations des principaux événements géologiques dans les segments correspondants de la
chaîne maghrébine. Le projet a débuté en 2013 avec la participation de chercheurs de
différentes universités: Italie (Urbino, Italie), Espagne (Alicante et Malaga, Espagne) et
(Tétouan, Maroc) pour assurer une certaine interdisciplinarité. Les études visaient à analyser
en détail chaque unité tectonique appartenant à tous les sous-domaines (intra-méso- et pré-
Rif) dans lesquels le domaine Rif externe est subdivisé afin de réaliser une première
reconstruction spatio-stratigraphique et tectonique et d'apporter de nouvelles contributions à la
thématique globale. Dans cette perspective, cette première contribution est orientée vers une
étude interdisciplinaire de la partie interne du sous-domaine Intra-Rif (figure 1) en tenant
compte des contributions antérieures de la zone dans une tentative de fournir un cadre évolutif
plus moderne.

Les données existantes sur la zone intrarifaine du Rif occidental (unités de Tanger et de
Loukkos) sont anciennes et éparpillées. Nous nous sommes fixé comme objectif de les
rassembler et les compléter par des études modernes. Le but principal de cette thèse est celui
d’élucider l’évolution tectono-sédimentaire de cette zone.

Le but de cette recherche comprend donc les principaux objectifs suivants:


1) reconstituer les principales successions stratigraphiques représentatives pour
caractériser la partie interne de l'Intra-Rif;
2) la mise à jour de l'âge des successions d'études par des analyses bio- et
chronostratigraphiques;

20
3) caractériser les principaux lithofaciès des successions étudiées, en se basant sur la
minéralogie et la pétrographie;
4) proposer une nouvelle stratigraphie séquentielle mettant en évidence les discordances,
les lacunes sédimentaires et les événements tectoniques utiles pour mieux définir les
principales étapes de l'évolution tectono-sédimentaire de la zone;
5) définir les implications paléogéographiques et paléotectoniques concernant l'évolution
de la branche méridionale de l'Arc Bético-Rifain, en tenant compte également de certains
modèles de la littérature pour la comparaison.

III.2. Méthodologie

Pour la réalisation de cette thèse de géologie fondamentale, j’ai utilisé la méthode


classique basée sur des travaux de terrain, de laboratoire et de bureau.

III.2.1. Travaux de terrain

Durant cette phase on a procédé come suit :

a) Exploration et reconnaissance des différents affleurements du Tertiaire de la zone


intrarifaine. Cette reconnaissance a eu lieu dans différents secteurs géographiques où
affleurent les unités étudiées à savoir l’unité de Tanger externe et l’unité de Loukkos. Ainsi,
deux secteurs ont été identifiés bons pour cette étude : le premier se localise au S de Tanger et
le second au S et SW de Chefchaouène.
b) Levés de séries stratigraphiques détaillées pour la réalisation d’une analyse
séquentielle et de faciès.
c) Analyse microstructurale des coupes étudiées pour la détermination des directions des
contraintes qui les ont affectées.
d) Echantillonnage de différents faciès pour l’étude au laboratoire. Nous avons
échantillonné toutes les formations tertiaires pour l’étude postérieure de faciès, pétrographie,
minéralogie des argiles et biostratigraphie.

III.2.2. Travaux de laboratoire

Le matériel récolté sur le terrain (grès et marnes) a été étudié de différentes manières.
Ainsi les marnes ont été lavées pour la recherche de foraminifères planctoniques afin de dater
avec précision les formations étudiées. Les argiles ont été analysées par diffractométrie aux
rayons X afin de déterminer les paléo-environnements. Les grès ont été examinés en lame
mince afin de pouvoir déterminer leur texture et d’estimer les pourcentages des différents
éléments qui les composent.

21
III.2.2.1. Méthodologie de l'étude biostratigraphique des foraminifères planctoniques

Une fois que les échantillons de marnes prélevés sur le terrain sont ramenés au
laboratoire, leur étude pour les déterminations biostratigraphiques des foraminifères
planctoniques, comprend les étapes suivantes: enregistrement des échantillons, préparation et
« désintégration », lavage, ultrasons, séchage et étude à la loupe binoculaire.
Lorsque les échantillons arrivent au laboratoire, il faut les réviser et surtout vérifier leur
annotation dans le but de s’assurer qu’ils correspondent bien avec les données enregistrées sur
le terrain dans le carnet de terrain.
La deuxième étape consiste en la préparation et la « désintégration » des échantillons. S’il
s’agit de roches dures, elles devront être réduites en de petits fragments, en les faisant subir
des coups de mortier. Le résultat du mortier sera versé dans un récipient en plastique auquel
on ajoute du peroxyde d'hydrogène dilué à 10% avec de l'eau. Le peroxyde d'hydrogène
facilitera la désintégration de l'échantillon en éliminant les ciments carbonatés.
Ensuite, on procédera à un lavage en utilisant deux des tamis de maille 0,125 mm et 0,5
mm. Dans le cas où on a besoin de la fraction grossière, on utilisera un troisième tamis de
maille 0,7 mm. Ces tamis doivent être bien lavés et frottés entre chaque échantillon avec une
brosse à poils raides pour éviter les problèmes de contamination. En outre, si des fossiles d'un
lavage précédent restent attachés, les tamis seront introduits dans une bassine avec du bleu de
méthylène pour qu’ils soient teintés en bleu et ne seront pas pris en compte dans la datation.
Après la teinture, les tamis doivent être abondamment lavés à l'eau du robinet jusqu'à ce
qu’elle soit claire.
Pour le lavage des échantillons, les tamis sont placés l'un au-dessus de l'autre de la façon
suivante : 0,125; 0,5; 0,7; de bas en haut). L'échantillon est versé et frotté vigoureusement
avec la main (il convient de porter des gants en caoutchouc). Ce processus est répété jusqu'à
ce que l'eau sortante soit claire. Dans une deuxième phase, on sépare le contenu du tamis
supérieur et on frotte dans le tamis inférieur. Ce même processus sera répété si on utilise
également un troisième tamis 0,7. Le résidu à étudier est récupéré dans un récipient en verre.
Afin d’obtenir des fossiles propres, on peut faire passer le récipient en verre avec le
résidu du lavage dans une machine à ultrasons. Ce processus permet de nettoyer les petits
trous des fossiles des restes attachés. Par la suite, on procède à un séchage de l'échantillon
dans un four ou dans un brûleur Bunsen. Lorsque celui-ci est sec, on le passe à une boîte en
plastique et on note ses références.
L'étude du contenu fossilifère se fait par l’intermédiaire d’une loupe binoculaire avec
lumière réfléchie et des grossissements de 20 et 40. Le rapport de cette étude fera l’accent sur
les fossiles index qui seront transférés à une boîte avec des cellules de micropaléontologie et
fixés par de la plasticiline. Enfin, on procédera à photographier ces exemplaires au
microscope avec caméra intégrée.

22
III.2.2.2. Méthodologie de l'étude pétrographique des grès

Les grès sont les sédiments détritiques les plus utilisés dans les études visant à déterminer
les sources d’approvisionnement. Ils se forment à partir de particules solides qui se détachent
de la roche, mais elles sont suffisamment petites pour être observées comme un échantillon
significatif de grains dans une seule lame mince. L'avantage des grès réside dans le fait qu’ils
conservent la composition et la texture d'origine quand ils sont formés par des fragments
lithiques. Malgré le transport et les processus diagénétiques celles-ci restent presque
inchangées et en plus elles donnent des informations sur la roche dont elles dérivent. Les
caractéristiques texturales (taille et forme des grains, etc.) permettent de déterminer la
maturité du sédiment d'origine. On entend par maturité, le degré d'abrasion et/ou du transport,
ce qui se traduit par une sphéricité d’autant plus importante dans les sédiments ayant été
transportés sur de plus grandes distances. Il est important de considérer que le degré de
maturité peut modifier l’interprétation de la composition totale de la roche, étant donné que
les fragments les moins résistants se désintègrent avant le dépôt ou se transforment, ce qui
provoque une augmentation apparente du pourcentage des grains les plus résistants (par
exemple : le quartz). Le pourcentage relatif des minéraux et grains lithiques (qui sont les
particules ayant un diamètre supérieur à 0,0625 mm) par rapport au pourcentage de la matrice
et/ou ciment, fournit également des informations sur la composition et l'origine des grès. C’est
pour ces raisons que les grès immatures ou à maturité modérée, avec un faible pourcentage de
matrice, peu de remplacement ou altération postérieure au dépôt, et des grains de taille
moyenne sont idéales pour les études de leur provenance. Leur composition dépendra
principalement de la nature de la source d’approvisionnement, et des conditions tectoniques
de la source et du dépôt. Il est à noter que, récemment, on a proposé des techniques
pétrographiques pour les fractions fines des grès ou des roches à grains plus fins, comme les
siltstones et shales (Bangs et Basu, 1994). Les analyses pétrographiques qualitatives et
quantitatives sont essentielles pour déterminer la provenance. L'analyse qualitative implique
une observation attentive et détaillée de la texture et la détermination de la composition de ses
fragments, aussi bien monominérales que polyminérales. Et si les limites du bassin sont
connues, la comparaison pétrographique directe des échantillons de roches avoisinantes et de
fragments lithiques collectés dans la zone de dépôt, permet de définir avec précision l'origine
du sédiment.
La méthode pétrographique la plus couramment utilisée pour déterminer quantitativement
la composition des grains de sable, est le comptage de ceux-ci sous le microscope en utilisant
une platine graduée qui permet le mouvement de la lame mince à un certain intervalle de
distance, formant ainsi un réseau de points dans un système de coordonnées (x-y). Dans cette
technique, on enregistre pour chaque point, la composition du grain situé au centre du réticule.
En fonction des objectifs de comptage des particules c’est la méthodologie utilisée et des

23
restrictions peuvent être considérées. Par exemple, on peut considérer qu’une taille de grain,
le nombre de particules ou également la matrice et le ciment, ou des grains d'une composition
unique. L'analyse quantitative comprend l'estimation statistique du nombre de grains d'une
certaine composition, ou bien le pourcentage de la surface qu'ils occupent par rapport à la
surface totale de la lame. Certains pétrographes considèrent que la composition varie selon la
taille des grains. Par exemple, pour Decker et Helmold (1985), les fragments lithiques sont
plus difficiles à préserver dans les roches à grains fins et la fraction grossière est plus riche en
fragments lithiques. C’est pour cette raison que certains pétrographes évaluent la provenance
ou l'origine des sédiments, sur la base de l'analyse modale des différentes fractions de grains
de taille de sable, en quantifiant les fragments lithiques, minéraux accessoires, quartz et
feldspaths pour chacun (Basu, 1976, Mack et Suttner, 1977, Suttner et al, 1981). Cela
implique une dépendance de la taille des grains dans la définition de la source, si cette
méthode est appliquée. Par ailleurs, d'autres auteurs considèrent que la différence de taille des
particules n'a pas une grande influence sur le résultat final de l'analyse modale. Pour éviter de
telles ambigüités, dans la plupart des analyses modales, on utilise les critères établis par Gazzi
(1966) et Dickinson (1970) qui sont contraires à celles de Basu (1976), Mack et Suttner
(1977), Suttner et al. (1981), Suttner et Basu (1985) et Decker et Helmold (1985). Ces auteurs
suggèrent de classer les particules de la taille du sable qui se trouvent dans un fragment de
roche sous forme de particules monocristallines. Cette méthode est appelée de Gazzi-
Dickinson (Ingersoll et al., 1984). Un autre facteur important de l'analyse modale des grès et
l'interprétation de leur origine, c’est le nombre d'échantillons étudiés et la forme et
l'emplacement de l'échantillonnage. Dans ce cas, Ingersoll (1990) et Ingersoll et al. (1993) ont
démontré qu'il y a une variation dans la composition des grains en fonction de l'échelle de
l'échantillonnage, ce qui donne comme résultat un changement non réel dans les diagrammes
d'interprétation des environnements tectoniques. L'échelle de premier ordre comprend des
zones de drainage local où la composition du sédiment est contrôlée par la lithologie de la
roche (Critelli et al., 1997). L'échelle de second ordre se compose de systèmes de drainage
plus régionaux auxquels s’ajoutent les différents drains locaux, de sorte que leurs détritus
reflètent la composition des différentes zones d’approvisionnement et l'influence du transport.
Dans ce cas, la tectonique détermine le type de roche exposée dans la zone
d’approvisionnement, bien que la composition des détritus peut changer en raison de l'effet du
climat, la topographie et le transport qui sont utiles pour déterminer les reconstructions
paléogéographiques et paléotectoniques, ce qui suggère différentes caractéristiques
paléoclimatiques ou climatiques (Critelli et al., 1997). L'échelle de troisième ordre se réfère
aux grands systèmes fluviaux, environnements côtiers, deltas et cônes sous-marins, où les
sédiments détritiques, provenant de différentes zones de source sont mélangés et
homogénéisés, ce qui représente la somme de tous les facteurs influençant leur formation
(intempéries, climat, transport et composition de la roche originelle). Du fait de l’homogénéité
des détritus à cette échelle, ils sont utilisés pour définir des pétrofaciès de portée continentale

24
qui ont enregistré les effets de tous les processus qui ont eu lieu dans les zones de source. Celà
indique la complexité des variables qui contribuent et contrôlent la composition des détritus,
en particulier dans des environnements avec différentes sources, reliefs, mécanismes de
transport et milieux de dépôt, et peuvent donc être utilisés pour l'interprétation de leur origine,
paléogéographie et paléotectonique (Ingersoll, 1990; Ingersoll et al, 1993; Critelli et al.
1997). Ces sédiments sont recommandés pour déduire les interprétations géodynamiques
régionales du fait qu’ils sont d'excellents indicateurs des environnements tectoniques au
niveau continental. Fait intéressant, certains environnements tectoniques, par exemple dans
les arcs magmatiques et les ceintures de plis et des failles, la composition des roches
originelles est homogène et, par conséquent, l'effet de l'échelle d'échantillonnage est
insignifiant et les schémas de classification de la provenance (exemple Dickinson, 1986,
1988) peuvent être utilisés à n’importe quelle échelle.

La classification des types de grains et le nombre de catégories à compter sous le


microscope varient considérablement. En général, cela dépend des objectifs particuliers
poursuivis et la « qualité » de la roche. La plupart des auteurs suivent une subdivision
générale en trois catégories: fragments monominérales, polycristallins et lithiques. La
classification des différents types de fragments la plus couramment utilisée est la suivante:
quartz (Q), en différenciant entre le quartz monocristallin (Qm) et polycristallin (Qp) ou
calcédoine (C); feldspath (F), en différenciant plagioclase (Pg) et feldspath potassique (FK),
et les fragments lithiques (L), comprenant des fragments de roche ignée (Li), sédimentaire
(Ls) et métamorphique (Lm). On a également proposé de définir l'origine ou la provenance,
en se basant sur la détermination des caractéristiques pétrographiques uniquement du quartz
(Young, 1976). Après avoir reconnu les différentes composantes détritiques, celles-ci peuvent
être représentées principalement dans les diagrammes ternaires où les trois composantes à
utiliser sont normalisés, par exemple: Q + F + L, où Q = 100Q / (Q + F + L) ; F = 100F / (Q +
F + G) et L = 100L / (Q + F + L).

Il y a aussi d'autres représentations graphiques, mais cela dépend de l'objectif de l'étude.


Des auteurs tels que Dickinson (1986) ont observé une relation étroite entre la composition
des grès et la tectonique qui affecte les grands bassins sédimentaires où ils qui se déposent. La
modélisation de l’évolution tectonique et paléogéographique des terrains tectono-
stratigraphiques, en utilisant aussi d'autres techniques, l'analyse de l'origine de leurs sédiments
par la géochimique et la pétrographie, est une nouvelle technique en géosciences (Monger,
technique 1978; Samson et al., 1990, Yañez et al., 1991; García-Centeno et al., 1993a, b). Les
résultats des analyses pétrographiques des grès seront présentés dans le chapitre 3 (Données
pétrographiques), et aboutiront à des conclusions concernant la source d’approvisionnement,
le climat et la tectonique.

25
III.2.2.3. Méthodologie de l'étude minéralogique (minéralogie totale et minéralogie des
argiles)

L’étude minéralogique a été réalisée en utilisant une technique de diffraction des rayons
X, en utilisant la poudre cristalline pour obtenir la fraction totale et celle des agrégats orientée
pour la fraction d'argile. La préparation des échantillons de laboratoire consistait à obtenir la
fraction totale, pulvérisée avec une taille des grains inférieure à 532 et la fraction d'argile
(<2). Cette dernière, s’obtient après élimination préalable de la matière organique et des
carbonates par l’intermédiaire d’une attaque basique puis acide, respectivement, et la
décantation ultérieure suivant la loi de STOKES (Baharona et Palumbo, 1981; Robinson et
Croudace, 1983). Postérieurement, on a préparé avec la fraction d'argile de chaque
échantillon, les agrégats orientés par la technique de «smear-on-glass-slide» pour une
utilisation ultérieure dans les différentes déterminations (normal, éthylène- glycol, diméthyl-
sulfoxyde et chauffage à 550 ° C).

L'analyse minéralogique qualitative a été réalisée sur un Bruker D8 Advance ® avec


ouverture automatique, des services techniques de l'Université d'Almería, dont les conditions
instrumentales en cours de fonctionnement sont celles indiquées dans le tableau 1. Ce
paragraphe sur les conditions d’analyse, peut être complétée par la méthode proposée dans les
travaux de López Galindo (1986); Palomo (1987) et Martínez-Ruíz (1994). L’analyse
minéralogique semi-quantitative des différentes phases minérales a été effectuée suivant
l'expression proposée par Van der Marel (1966). Lors de la quantification des différentes
minéralogies, on a pris en compte les erreurs possibles de type instrumentale, de préparation
des échantillons, ainsi que les conditions géologiques qui les auraient affecté, selon les
corrections proposées par Stokke et Carson (1973); Mellinger (1979); Starkey et al. (1984);
López Galindo (1986) et Palomo (1987). Pour une estimation quantitative des différents
minéraux de la fraction totale et de la fraction argileuse, on a utilisé les pouvoirs
réfléchissants qui sont présentés dans les tableaux 2 et 3 respectivement.
Pour le quartz, l’illite et la smectite, les paramètres suivants ont également été mesurés:
1. Rapport d'intensité I(100)/I (101) du quartz. Cette technique a été décrite par Eslinger
et al. (1973), et consiste à déterminer le rapport d'intensité entre les deux principales
réflexions du quartz, à savoir le (101) à 3,34Å et le (100) à 4,25Å. Ce rapport varie selon
l'origine du quartz, présentant des valeurs les plus élevées ceux d’origine hydrothermal,
volcanique et authigène ; et les plus basses ceux d’origine pélagique.
2. Composition chimique de l'illite. Relation I5Å/I10Å. La mesure du rapport d'intensité
entre les réflexions (002) et (001) de l'illite donne des informations sur le rapport de
Al2O3/FeO+MgO, qui est plus élevé lorsque Al augmente dans la couche octaédrique de
l’illite et plus bas quand il contient plus de Mg et Fe (Esquevin, 1969).

26
MODELE Bruker D8 Advance ® Avec ouverture automatique
Minéralogie Totale Minéralogie des Argiles
Radiation CuK CuK
Filtre Ni Ni
KV 40 40
Sensibilité 5*103 2*103
Constante de temps 0,2 0,5
Vitesse d’exploration 6º minute 1-6º minute
Vitesse du papier 1 cm/ º 2 1-4 cm/ º 2
Ouverture fenêtre 1º 1º
Ouverture compteur 0,1º 0,1º
Zone explorée 2-60º 2-35º

Tableau 1 : Conditions instrumentales utilisées pour l'analyse minéralogique dans le diffractomètre


Bruker D8 Advance ® avec ouverture automatique.

Minéral Réflexion (Å) Pouvoir Références


réfléchissant
Phyllosilicates 4,45 0,10-0,15 Schultz (1964); Barahona (1974)
Quartz 3,34 1,50 Bradley et Grim (1961)
Opale CT 4,15 0,57 López Galindo (1986)
Calcite 3,03 1,00 Schultz (1964)
Dolomite 2,90 1,00 Schultz (1964)
Feldspaths 3,2 1,00 Schultz (1964)
Clinoptilolite 9,0 1,00 López Galindo (1986)
Hématite 1,7 0,70 Schultz (1964)

Tableau 2 : Principales réflexions et pouvoirs réfléchissants utilisés pour la quantification de la


minéralogie totale.

Minéral Réflexion (Å) Pouvoir Références


réfléchissant
Smectites 17,0 (EG) 4,00 Barahona (1974); Biscaye (1965)
Illite 10,0 1,00 Schultz (1964); Biscaye (1965)
Paligorskite 10,6 0,67 Schultz (1964)
Kaolinite 7,1 2,00 Biscaye (1965)
Chlorite 7,1 2,00 Biscaye (1965)
Illite/Smectite 1,0 (DMS) 2,50 López Galindo (1986)

Tableau 3 : Principales réflexions et pouvoirs réfléchissants utilisés pour la quantification de la


minéralogie des argiles.
27
3. Espacement basal des smectites. Réflexion (001). L'espacement qui apparaît à la
première réflexion des smectites donne une idée sur le degré d'hydratation et de la nature du
cation interlaminaire. Les espacements les plus grands correspondent au Mg, Ca et K et les
plus petits au Na (Brown et Brindley, 1980, MacEwan et Wilson, 1980).

Après la reconnaissance préliminaire des séries stratigraphiques, leur minéralogie semble


prouver être dérivée d’une origine pratiquement détritique. La minéralogie nous offre la
possibilité de connaître les mécanismes par lesquels ces sédiments ont été déposés dans le
milieu marin: apparition de minéraux d’origine édaphique (conditions climatiques),
augmentation du nombre de phases minérales (processus tectoniques), apparition de certains
minéraux (nature de la zone d’approvisionnement), comportement hydrodynamique différent
de chaque minéral dans le milieu marin après son érosion (changement relatif du niveau de la
mer), etc.
Il faut noter la grande complexité de la composition et la génétique que représentent les
minéraux argileux. Leur étude a suscité un grand intérêt et développement depuis la moitié du
siècle antérieur (Brindley, 1951, Grim, 1953; Brown, 1961). La nomenclature utilisée pour les
argiles dans ce travail se réfère uniquement à la composition et non à la taille des particules
(<2). Par conséquent, les minéraux argileux peuvent être définies comme suit:
aluminosilicates hydratés contenant des quantités appréciables de Mg, K, Ca, Na et Fe, et
parfois des ions moins fréquents. Ils s’englobent tous dans quelques grands groupes de
minéraux, comprenant: smectite, illite, kaolinite, chlorite, fibreux et interstratifiés. Pour leur
classement, on a adopté les noms des groupes, sous-groupes et minéraux approuvés par le
Comité de la nomenclature de l’AIPEA (Bailey, 1980a) et les caractéristiques structurelles
proposées par Bailey (1980b).

Les processus généraux conduisant à l'apparition de minéraux argileux sont: la


néoformation, la transformation d'autres minéraux précédents, et l'héritage détritique. Il
convient de souligner l'importance de la distance entre la zone d’approvisionnement et le site
de dépôt des sédiments. Tout aussi important, c’est le degré de leur résistance mécanique et
chimique et, aussi l'existence de roches capables de les fournir en quantités observables. Dans
ce qui suit, nous présentons les informations normalement fournies par les minéraux argileux.
Ces généralités serviront pour le chapitre 3 (Données minéralogiques) pour discuter sur le
climat et l'origine des minéralogies obtenues dans les séries de l’unité de Tanger externe.
Les minéraux les plus communs des séries étudiées sont classés comme suit, selon les
hypothèses les plus acceptées pour leur apparition :
1. Smectite: c’est le minéral qui a l'origine la plus diversifiée des minéraux décrits dans
cette étude. Son apparition est commune dans les sols continentaux (associé à des climats
saisonniers avec des périodes humides et sèches), les régions tropicales mal drainées, et même
dans les zones désertiques restreintes. Habituellement abondante dans les zones d’altération

28
de matériaux volcaniques de caractère basique. Leurs conditions idéales de néoformation sont
généralement des milieux légèrement basiques, avec des quantités d'eau suffisantes et riches
en cations (Si, Al, Fe et Mg). Il est plus abondant dans l'hémisphère sud, en raison d’une
faible influence détritique et la présence de roches basaltiques sous-marines (Robert, 1982 et
1987).
2. Illite: comme la smectite, sa genèse est très diversifiée, étant très répandu dans tous les
types de sédiments, ce qui présente une grande difficulté de discerner ses sources spécifiques
et ses mécanismes de transport. En général, c’est un minéral détritique, bien que dans de rares
cas, il apparait par néoformation et diagenèse. Sa proportion est plus élevée dans l'hémisphère
nord que dans le sud (Biscaye, 1965).
3. Kaolinite: elle se présente associée aux sols continentaux avec des climats tropicaux et
une altération chimique intense, où il y a une forte proportion d'Al. Son apparition dans les
sédiments marins indique clairement une influence détritique des régions voisines du lieu de
dépôt (Gibbs, 1977 et Galán, 1986).
4. Chlorite: elle est associée à des sédiments issus de roches métamorphiques de faible
degré et des sols alcalins situés dans des zones froides. Elle est courante dans les zones
polaires et continentales arides (argiles rouges du Trias), où interviennent seulement les
processus d’altération physique et l'altération chimique y est rare, parce que le fer s’altère
facilement (Millot, 1970). D'autres apparitions dans des sédiments marins sont liées à un
volcanisme basique (Copeland et al., 1971).
5. Palygorskite: son apparition est généralement fortement influencée par le climat, bien
que parfois elle apparait sous des conditions chimiques très spécifiques. Elle est courante dans
les zones lacustres et marécageuses et même dans les milieux marins avec une forte
concentration ionique qui conditionnent des valeurs élevée de pH et de salinité du bassin
(climats arides), comme les zones de lagune et marais. Dans tous les cas, c’est un minéral très
rare dans les sédiments formés dans des milieux marins ouverts (Singer, 1979; Singer et
Galán, 1984).
6. Interstratifiés: la caractéristique fondamentale de ce groupe de minéraux c’est la
capacité de présenter différents degrés de rangement intérieur « empilement » (Bailey,
1980b). La plupart sont dues à des produits d’altération ou à des étapes intermédiaires dans la
transformation de certains minéraux argileux. On les associe à des processus de
développement édaphique, qui ont été avortés et ont fourni ces minéraux aux bassins
sédimentaires. Ils indiquent donc le degré de développement édaphique d'une région et son
climat (humide). Ils sont le plus abondant et selon le type, dans les sédiments de caractère
proximal.
Dans l'étude minéralogique des bassins sédimentaires, les argiles ont été classiquement
utilisées comme marqueurs des changements climatiques, mais aussi paléogéographiques et
tectoniques. Ainsi, selon Biscaye (1965), la plupart des argiles déposées dans les océans ont
une origine détritique. Von Rad et Rösch (1972) estiment, cependant, que la plupart des

29
argiles sont des produits d'altération de cendres volcaniques riches en Mg (smectites) et seules
l’illite, la chlorite et la kaolinite sont abondantes dans les sédiments terrigènes. Pour Chamley
et al. (1980) et Chamley et Robert (1982), les sédiments du Mésozoïque seraient influencés
conjointement par le continent et l'océan, ce qui donne un mélange de sédiments détritiques
en provenance des zones émergées au cours du rifting et des sédiments provenant de
l'accrétion océanique. Cela se traduirait par une minéralogie différente dans les deux cas,
particulièrement évidente dans le cas des smectites. Singer et Galán (1984) et Galán (1986)
préconisent une origine selon laquelle l'influence du climat et de la morphologie de la zone
d’approvisionnement jouent un rôle important. Des auteurs comme Brosse (1982) invoquent
une grande importance à la néoformation au cours de la diagenèse comme cause de
l'apparition de grandes quantités de smectites.

Les différentes interprétations des données minéralogiques ont montré classiquement des
caractères divergents. D'une part, l'association des minéraux provenant de roches riches en
illite, quartz, feldspath, etc., et de sols riches en kaolinite, smectites et interstratifiées nous
indique un rajeunissement tectonique en raison de la nature peu homogène de la minéralogie.
D’autre part, les particules transportées dans des milieux influencés par des climats froids et
secs sont généralement bien cristallisées et avec un rapport SiO2/Al2O3 élevé, avec une
abondance considérable d’illite, chlorite et feldspaths. Tandis que dans les climats chauds et
humides, la taille et la cristallinité des particules sont plus petites, et on note une abondance
de la kaolinite, des smectites et interstratifiées. De même, le pouvoir d'élucider les éventuelles
variations du niveau de la mer au cours du dépôt est d'une grande importance pour la
distinction entre les changements relatifs du niveau de la mer dus à des phénomènes glacio-
eustatiques et/ou à des phénomènes tectoniques (voir Chamley, 1989; Robert, 1987; Accarie
et al., 1989; Weaver, 1989; Deconinck, 1992; Chamley al, 1990; Daoudi et al, 1995). Les
processus tectoniques sont souvent difficiles à observer uniquement par des changements dans
la sédimentation, ce qui rend nécessaire, presque obligatoirement, une étude régionale. Ainsi,
on peut discerner si les lacunes stratigraphiques observées sont le résultat d'une variation du
niveau de la mer (montée ou descente du niveau de la mer) ou, bien de processus tectoniques
qui soulèvent ou submergent le terrain, ce qui provoque dans tous les cas, des effets similaires
dans le registre sédimentaire. D’autre part, on a étudié les conditions de transport
hydrodynamique des minéraux argileux dans les milieux marins, comme base pour déterminer
la distance entre le dépôt et la zone source (Gibbs, 1977; Chamley et al., 1990).

L'une des performances les plus brillantes réalisée à cet effet est celle de Daoudi et al.
(1995), qui proposent l'utilisation du rapport smectite + kaolinite / illite pour cette détermination
dans les sédiments pélagiques, du fait qu’elle est la moins influencée par les processus
tectoniques et caractéristiques de la composition de la source d’approvisionnement. En plus de la
proposition du rapport des minéraux de Daoudi et al. (1995), ils en existent beaucoup d'autres

30
qui ont été réalisées dans le même but (Deconinck et al., 1989; Chamley, 1989; Chamley et al.,
1990 et Thiry et Jacquin, 1993) et avec le même objectif: l’obtention des courbes du changement
relatif du niveau de la mer. Dans ce travail, nous utiliserons la relation proposée par Daoudi et al.
(1995), du fait qu’elle s’adapte le mieux aux conditions sédimentaires et minéralogiques
existantes dans les zones externes du Rif. À cet égard, dans le chapitre 3, nous présentons une
courbe du changement relatif du niveau de la mer obtenue pour la période étudiée à partir de
simples relations minéralogiques (Daoudi et al., 1995), qui sera corrélée avec la courbe obtenue
par Haq et al. (1987) et fournira des informations en termes d'activité tectonique locale et
régionale.

III.2.3. Travaux de bureau

Ils consistent en une :

- Actualisation des données bibliographiques par le biais de la lecture et l’étude de


diverses publications aussi bien de géologie régionale que doctrinale. Nous avons ainsi pu
organiser le registre sédimentaire du Tertiaire des unités étudiées en unités stratigraphiques
par l’intermédiaire de limites de caractère au moins bassinal (discordances majeures). Ces
discordances délimitent des séquences de dépôt (Mitchum et al., 1977) qui correspondent à
des unités alostratigraphiques fondamentales (NASC, 1983 ; ISC, 1980). En complément de la
définition des séquences de dépôt, on a avons procédé à l’établissement de groupes,
formations, membres et couches, selon les critères établis par le Code de Nomenclature
Stratigraphique (NASC, 1983) et le Guide Stratigraphique International (ISC, 1980). Enfin,
nous avons regroupé les séquences de dépôt en des cycles sédimentaires majeurs délimités par
des superficies de discontinuité de caractère régional, à l’échelle de la chaîne du Rif.

- Discussion des résultats obtenus et comparaison avec d’autres données existantes dans
la bibliographie. Une attention particulière a été faite aux corrélations stratigraphiques et à la
stratigraphie séquentielle, sa relation avec l’activité tectonique contemporaine et avec les
changements du niveau de la mer, de façon particulière à l’échelle des chaînes alpines de la
Méditerranée occidentale.

I. BIOSTRATIGRAPHIE UTILISEE

L'un des principaux objectifs de cette recherche était la datation le plus précise possible
des formations stratigraphiques étudiées des unités de Tanger externe et Loukkos (Intrarif,
zones externes du Rif). Pour cela, la chronologie de toutes les coupes a été contrôlée par
l'étude des foraminifères planctoniques contenus dans des échantillons représentatifs.

31
Pour la caractérisation biostratigraphique des sédiments du Crétacé supérieur on s’est
basé essentiellement sur la biozonation proposée par Caron (1985, Figs. 3 et 4) qui met en
corrélation les bioévénements des foraminifères planctoniques avec les étages
chronostratigraphiques classiques caractérisées avec des zones d’ammonites, selon le schéma
actualisé par Robaszinsky et al. (2000).

La biostratigraphie utilisée pour le Paléogène est basée sur les travaux des membres de la
« Paleogene Planktonic Foraminifera of the International Subcomission on the Paleogene
Stratigraphy ». La taxonomie et la biozonation proposées pour le Paléocène, ont été établies
par Olsson et al. (1999), alors que pour l'Eocène (Fig. 5) et l’Oligocène (Fig. 6) elles ont été
établies par Berggren et Pearson (2006).

En ce qui concerne le Néogène, on a utilisé comme référence la zonation standard de


Blow (1969). Mais la faible corrélation des marqueurs zonales à l’étude des séquences
déposées dans la région méditerranéenne nécessite de prendre en compte d'autres
bioévénements significatifs propres à ce domaine. Une discussion de ces corrélations
biostratigraphiques a été présentée par Serrano (1979 et 1992) et se résume dans la figure 7.

Enfin, pour la corrélation des différents schémas biostratigraphiques utilisés avec


l'échelle stratigraphique générale on a suivi les propositions de Gradstein et al. (2004).

32
Fig. 3 : Schéma biostratigraphique et corrélation bio-chronostratigraphique pour le Crétacé
supérieur. Avec indication de l’extension chronostratigraphique des espèces marqueurs (d’après
Caron, 1985).
33
Fig. 4 (suite Fig. 3) : Schéma biostratigraphique et corrélation bio-chronostratigraphique pour le
Crétacé supérieur. Avec indication de l’extension chronostratigraphique des espèces marqueurs
(d’après Caron, 1985).

34
Fig. 5 : Schéma biostratigraphique et corrélation bio-chronostratigraphique pour l’Eocène. On inclut
l’échelle magnétostratigraphique et la zonation établie par nannoplancton calcaire (d’après Olsson et
al., 1999).

35
Fig. 6 : Schéma biostratigraphique et corrélation bio-chronostratigraphique pour l’Oligocène. On
inclut l’échelle magnétostratigraphique et la zonation établie par nannoplancton calcaire (d’après
Olsson et al., 1999).

36
Fig. 7 : Schéma biostratigraphique et corrélation bio-chronostratigraphique pour le Miocène. Avec
représentation de l’échelle biostratigraphique standard de Blow (1969) et les événements les plus
significatifs des foraminifères planctoniques caractéristiques du domaine méditerranéen. On inclut
également une échelle magnétostratigraphique (d’après Serrano, 1979 et 1992).

37
V. GENERALITES SUR LA GEOLOGIE DE LA CHAINE RIFAINE ET
HISTORIQUE DES TRAVAUX SUR LES ZONES EXTERNES DU RIF

V.1. Généralités sur la géologie de la chaîne rifaine

La chaîne du Rif, située au nord du Maroc, fait partie du système alpin de la Méditerranée
occidentale (Fig. 2). Elle se prolonge vers l’Est dans le Tell algéro-tunisien et dans l’arc
calabro-péloritain au Sud de l’Italie. Vers le nord, on trouve sa prolongation dans les
Cordillères Bétiques au Sud de l’Espagne. Toutes ces chaînes ont une structure en nappes de
charriages. Du fait de sa forme arquée, avec une concavité retournée vers le NE, la vergence
du Rif est variable d’un secteur à un autre : ainsi elle est dirigée vers le Sud dans le Rif
oriental et vers le SW ou l’Ouest dans le Rif septentrional, au sud et au nord de Tétouan
respectivement.

Du point de vue structural, le Rif est subdivisé classiquement en trois grandes


zones (Suter, 1980 ; Wildi, 1983 ; Piqué, 1994, etc.): les zones internes, la zone des flyschs et
les zones externes (Fig. 8).

V.1.1. Les zones internes

Elles s’étendent le long de la côte méditerranéenne depuis Sebta jusqu’à Jebha, où elles
disparaissent sous la mer, pour réapparaître plus loin dans le massif des Bokoyas à l’ouest
d’Al Hoceima. Les zones internes du Rif sont constituées de trois grands ensembles
structuraux : les Sebtides ou zones métamorphiques, les Ghomarides ou nappes paléozoïques
et la Dorsale calcaire.

V.1.1.1. Les Ghomarides ou nappes paléozoïques

Ils sont constitués de quatre nappes à matériel essentiellement paléozoïque peu ou pas
métamorphique. Il s’agit dans l’ensemble d’une sédimentation essentiellement schisto-
gréseuse à intercalations de niveaux carbonatés pendant le Dévonien. Ce socle paléozoïque
supporte, de place en place, des résidus d’une couverture d’âge secondaire et tertiaire à
matériel carbonaté pendant le Lias-Eocène, et clastique pendant l’Oligo-Miocène.

V.1.1.2. Les Sebtides ou zones métamorphiques

Les Sebtides inférieurs sont constitués par un socle péridotitique, suivi par des Kinzigites des
gneiss et des micaschistes. Les Sebtides supérieurs ou unités de Féderico constituent la
couverture décollée des Sebtides inférieurs et sont constitués par des terrains

38
épimétamorphiques. Il s’agit de schistes et greywackes attribués au Dévono-carbonifère,
suivis par des schistes, des quartzites, des grès alternant avec des conglomérats et des
dolomies cristallines du Permien et du Trias.

Fig. 8 : Schéma et coupes structurales du Rif occidental (d’après Suter 1980, modifiés).

39
V.1.1.3. La Dorsale calcaire

Elle borde vers l’extérieur de la chaîne les zones internes du Rif. Elle est constituée
comme son nom l’indique par des séries essentiellement carbonatées d’âge principalement
Trias et Lias. On distingue classiquement des unités internes caractérisées par des calcaires
blancs massifs du Lias inférieur et des unités externes caractérisées par un Trias puissant à
faciès austro-alpin (El Hatimi, 1982 ; Hlila, 1994 et 2005 ; Maate, 1996).

V.1.2. La zone des flyschs

On distingue trois types de flyschs qui flottent sur les zones externes: le Maurétanien, le
Massylien et le Numidien.

V.1.2.1. Le Maurétanien

Il comprend la nappe du Jbel Tisirène et la nappe de Beni Ider. La première est constituée
par des argilites feuilletées à lits gréseux et bancs de micrite argileuse du Néocomien suivis
par des alternances de grès jaunes à grain fin et d’argilites bariolées du Barrémien à Albien.
La seconde est constituée par un flysch argilo-calcaire détritique à bancs de micrites
argileuses verdâtres et microbrèches du Sénonien, suivi par des calcaires à débris de
Microcodium du Paléocène, des pélites rouges, biocalcarénites détritiques en dalles et des
conglomérats de l’Eocène inférieur-moyen, des pélites sableuses à silteuses rouges de
l’Eocène supérieur-Oligocène, et des alternances de grès micacé et de pélites, à faciès flysch
ou molasse (Oligocène gréso-micacé) de l’Oligocène terminal-Aquitanien.

V.1.2.2. Le Massylien

Il comprend les nappes de Melloussa et de Chouamat. Du fait qu’il est constitué presque
exclusivement par une série argilo-gréseuse turbiditique de l’Albien et de l’Aptien, ce flysch
est appelée couramment « flysch albo-aptien ».

V.1.2.3. Le Numidien

Il occupe une position tectonique supérieure et apparaît flottant aussi bien sur les autres
flyschs que sur les zones externes. Il est constitué par une formation de base d’âge Crétacé
(?)-Paléogène : les argiles sous-numidiennes sur lesquelles repose une puissante série
constituée par des barres de grès quartzeux alternant avec des pélites d’âge Aquitanien. Le
supranumidien est constitué par des argiles à intercalation de niveaux de silexites qui
atteignent le Burdigalien moyen.

40
V.1.3. Les zones externes

Elles sont subdivisées en trois zones : la zone intrarifaine, la zone mésorifaine et la zone
prérifaine auxquelles il faut ajouter les nappes d’Aknoul et des Senhaja.

V.1.3.1. La zone intrarifaine

Elle est très étendue géographiquemet et elle comprend les unités de Tanger, du Loukkos
et de Ketama. Leurs séries stratigraphiques sont constituées par des terrains allant du Crétacé
supérieur jusqu’au Miocène inférieur. Cependant il y a prédominance de marnes et de marno-
calcaires du Crétacé supérieur.

V.1.3.2. La zone mésorifaine

Elle est présente dans trois régions : Zoumi, Taounate et Temsamane. Les séries
stratigraphiques de la zone mésorifaine sont variables d’une coupe à l’autre, cependant on
note une prédominance des terrains du Jurassique constitués par des carbonates suivis de
séries à faciès détritiques et calciturbiditiques.

V.1.3.3. La zone prérifaine

Elle comporte les unités prérifaines et les nappes rifaines.


Les unités prérifaines correspondent à l’olistostrome prérifain. En effet, on y trouve des
blocs de différentes nature et âge (leptynites et roches ultrabasiques qui correspondent à des
fragments de socle, pélites, gypse et ophites du Trias, dépôts carbonatés de plate-forme distale
du Jurassique) remaniés dans une matrice marneuse ou détritique d’âge Miocène moyen ou
plus récent.
Les nappes rifaines sont des nappes gravitaires déracinées qui recouvrent les fenêtres du
type de celle des Temsamane et l’avant-pays rifain. Marçais et Suter (1952) et Wildi (1983)
distinguent les nappes rifaines supérieures à afffinités intrarifaines : nappes d’Aknoul, qui
reposent sur l’unité de Ketama-Tanger, les unités mésorifaines, le Prérif interne ou les nappes
rifaines inférieures ; les nappes rifaines inférieures à affinités mésorifaines : unités de Bou-
Haddoud, reposant sur le Mésorif ; les nappes d’Ouezzane, du Habt et les unités des Tsoul,
posées en rabotage basal sur le Prérif.
Les unités de Bou-Haddoud sont consituées de bas en haut par : un flysch Jurassique
supérieur et calcaire Tithonique ; des marno-calcaires néocomiens ; un flysch Crétacé
inférieur à ammonites ; des marnes et des calcaires à silex du Crétacé moyen ; des marno-
calcaires, du Sénonien à la base de l’Eocène

41
La nappe des Senhaja comporte une série jurassique complète constituée par des calcaires
massifs du Lias inférieur, des calcaires marneux du Lias supérieur-Dogger et un flysch du
Jurassique supérieur. Le Crétacé inférieur est représenté également par des faciès
turbiditiques.
La nappe d’Aknoul repose en général sur l’olistostrome prérifain. Sa colonne
stratigraphique débute par des pélites noires apto-albiennes et des marno-calcaires
cénomaniens. Elles sont suivies par des marnes bleues du Sénonien et des calcaires détritiques
massifs de l’Eocène.
Les nappes d’Ouezzane, du Habt et des Tsoul contiennent des séries allant du Crétacé
supérieur au Miocène moyen. Comme celle d’Aknoul, la nappe d’Ouezzane serait la
couverture décollée de l’unité de Ketama-Tanger.

V.2. Le cadre tectonique et géodynamique général : structure et dynamique de l’arc de


Gibraltar et la chaîne du Rif

L’arc de Gibraltar (ou arc bético-rifain) résulte de la convergence depuis le Crétacé de


deux plaques lithosphériques correspondant à la plaque Eurasienne et Africaine (Fig. 9). Le
rapprochement progressif de ces deux plaques a engendré dès le Crétacé supérieur par des
processus de subduction, la fermeture d’un domaine océanique, l’océan téthysien, et la mise
en place d’un prisme de collision (Fig. 9). A cela s’ajoute une évolution récente, depuis le
Miocène, guidée par la migration de l’arc de Gibraltar vers l’Ouest et l’ouverture du domaine
d’Alboran au cœur de l’arc (e.g. Michard et al., 2002 ; Rosenbaum et al. 2002 ; Jolivet et al.,
2008).
Il en résulte un édifice arqué très resserré fait de nappes et d’écailles chevauchantes vers
leurs avant-pays respectifs (Michard et al., 2002). Classiquement, l’arc de Gibraltar est
décomposé en trois grands domaines : la plaque européenne, le domaine d’Alboran (constitué
d’une croûte continentale amincie ; Jolivet et al., 2008) et la plaque africaine.
Des études par tomographie sismique, du manteau sous la mer d’Alboran permettent de
mieux caractériser la géométrie profonde de l’arc. En réalisant des profils E/W, Gutscher et
Spakman en 2002 (voir aussi Spakman et Wortel, 2004) ont imagé en 2D un slab à pendage
est qui passe sous le bassin d’Alboran et atteint une profondeur de plus de 600 kilomètres.
Plus récemment, Pedrera et al. (2011) ont imagé en 3D un slab dont la direction suivrait celle
de l’arc entre N20 et N100, soit uniquement du côté nord du domaine d’Alboran.
De nombreux volcans de nature calco-alcaline et alcaline sont présents dans le bassin
d’Alboran et sur les marges espagnole et marocaine. Les laves calco-alcalines,
caractéristiques de magmas issus de l’hydratation du manteau sous Alboran sont datées par la
méthode 40Ar/39Ar de ~15 à 4,8 Ma. En revanche, les laves alcalines liées à des remontées
asthénosphériques sont datées par la méthode 40Ar/39Ar de 6,3 à 0,65 Ma. Ces auteurs
proposent que la subduction ayant formé les laves calco-alcalines a été stoppée vers ~6 Ma.

42
Les laves alcalines viendraient alors de remontées asthénosphériques issues de la déchirure du
slab (El Azzouzi et al., 1999 ; Maury et al., 2000 ; Duggen et al., 2002 ).

Fig. 9 : Carte structurale simplifiée de l'arc de Gibraltar (modifiée d'après Michard et al., 2002 ; in :
Romagny, 2014)

43
Fig. 10 : Coupes simplifiées du Rif (en haut) et des Bétiques (en bas). Les tracés sont représentés sur
la figure 9 (Michard et al., 2002 ; in : Romagny, 2014).

V.3. Historique des travaux sur la géologie des zones externes du Rif

Les premières investigations à caractère géologique dans le Rif sont dues à Coquand
(1846-47). Depuis cette date jusqu’à l’indépendance du Maroc, il y a eu plusieurs travaux qui
ont été réalisés sur cette chaîne (Daguin, 1927 ; Fallot, 1937 ; Choubert et Marçais, 1952 et
1956 ; etc.) aussi bien sur les zones internes (alias zone paléozoïque et cristallophyllienne et
Dorsale calcaire) que sur la zone des flyschs et les zones externes (alias zone marno-
schisteuse). La plupart de ces travaux ont été largement dépassés actuellement. Cependant, ils
font partie de l’évolution des connaissances sur ce domaine alpin.

Depuis les années soixante jusqu’aux années quatre vingt, ce sont les travaux de base et
de détail qui se sont multipliés. Ils ont été réalisés pratiquement par des étrangers, surtout des
français (Lespinasse, 1975 ; Michard, 1976 ; Leblanc, 1977-1979 ; etc.), dont certains
faisaient partie du service géologique du Maroc du ministère de l’énergie et des mines (Suter,
1980 a et b). Ce n’est qu’à partir des années quatre vingt que commencent à apparaitre des
travaux réalisés par des géologues marocains (Ben Yaïch, 1981 ; El Hatimi, 1982 ; Belhadad,
1983 ; El Kadiri, 1984, Maâté, 1984 ; Chalouan, 1986 ; etc.).

Ainsi, en 1960-62 apparait une première synthèse sur la structure du Rif signée Durand-
Delga et al. dans laquelle les nappes de flyschs étaient considérées d’origine « ultra » et le
vaste domaine externe était subdivisé en deux ensembles principaux, caractérisés par leur
faciès : i) une zone « intra-rifaine » (ou « rifaine s.s. ») au N, caractérisée par la très grande
puissance des séries schisto-gréseuses (« Flyschs s.l.) au Malm et à l’Aptien-Albien, constitue
l’armature de la partie centrale de la chaîne ; ii) une zone prérifaine à faciès essentiellement
marneux dès le Crétacé inférieur, en forme la frange méridionale qui, à son front, repose ou
s’interstratifie dans le Tortonien très puissant du Détroit sud-rifain. Dans cet article, les
auteurs décrivent la série Eocène de l’unité de Tanger. Elle comporte des marnes blanches et

44
des calcaires marneux à microfaune pélagique et rognons de silex noirs et se complète par des
marnes noires à nodules jaunes, datées du Lutétien.
Selon ces auteurs, la série stratigraphique de l’unité de Tanger, définie entre Tanger et
l’oued Loukkos, et principalement basée sur les foraminifères, comprend de bas en haut :
- Crétacé supérieur : marnes grises ou noirâtres, à boules de calcaires jaunes, lits
d’aspect microbréchique et horizons à Ostracés. Ils sont datés du Sénonien moyen et
supérieur. Au SE de Tanger et au NW de Tétouan, la série marneuse sénonienne passe vers le
bas à des argiles schisteuses sombres, microgréseuses du Sénonien (inférieur ?). Plus bas, ces
schistes admettent des passées violacées et une intercalation de phtanites bitumeux datés du
Cénomanien. En continuant à descendre dans la série, l’on retrouve des schistes sombres, non
datés.
- Eocène : au S et au SE de tanger, au-dessus du Sénonien supérieur, viennent des
marnes blanches et des calcaires marneux blancs, de l’Eocène inférieur (et moyen ?), en petits
lambeaux. Au-dessus se placent de minces marnes à nodules de calcaire jaune (Lutétien) puis,
en continuité, une centaine de mètres de marnes sombres avec lits de grès calcareux, à
Glotorotalia, d’aspect flysch (Eocène supérieur ?).
- Oligo-Miocène : en continuité, l’on passe à des marnes sableuses grises, à horizons de
grès calcareux, puis (?) à des marnes verdâtres. Ce complexe, très puissant, a livré au S de
Tanger, de riches microfaunes « oligo-miocènes ».

Selon toujours ces auteurs, l’unité de Loukkos, lardée de Trias en son sein, comporte du
Sénonien marneux analogue à celui de Tanger, du Cénomanien marneux et calcaire, du
Crétacé inférieur schisto-gréseux. Cette unité est considérée comme une puissante écaille d’un
parautochtone, intermédiaire entre celui d’Izzarene et celui de Ketama, parautochtone dont la
commune couverture sénonienne (et tertiaire ?) se serait désolidarisée.

Leblanc (1975) présente une étude géologique dans le Rif externe oriental au nord de
Taza. Sa principale mission était une cartographie au 1/25.000 du secteur étudié et que l’on
retrouve dans les cartes au 1/50.000 du Rif (feuilles Aïn Bou Kellal, Bab el Mrouj, Taïneste et
Aknoul). Dans cette étude, une description des nappes intrarifaines à savoir : nappe de Bou
Haddoud, nappe des Senhadja s.s. et nappe d’Aknoul s.s. est présentée par cette auteur et que
nous reprenons dans le chapitre des corrélations du Rif occidental avec le Rif oriental et le
Tell.

Lespinasse (1977) décrit la géologie des zones externes et des flyschs entre Chaouen et
Zoumi. Cet auteur distingue, dans les zones externes, deux domaines dans la sédimentation de
l’Eocène : i) le plus externe, formant la couverture des séries du Mésorif interne du Loukkos,
est caractérisé par la présence de gros foraminifères benthiques à l’Eocène inférieur-moyen
(surtout des Nummuniltes) ; ii) le plus interne, se distingue par des microfaunes uniquement

45
pélagiques et est décollé de son substratum primitif constitué par la formation de Bab Taza,
équivalente de l’unité de Tanger externe. Les affleurements d’âge oligo-miocène, étudiés par
cet auteur, sont étroitement localisés sur la bordure interne du Mésorif et se trouvent
discordants sur divers termes stratigraphiques. L’essentiel de la série appartient au Miocène
inférieur, et les phénomènes de remaniement y sont importants à deux reprises. L’existence de
tels phénomènes est d’un intérêt évident dans les reconstitutions paléogéographiques. Les grès
de Zoumi initialement transgressifs sur le Mésorif se trouvent actuellement décollés. Des
variations importantes de puissance des différents termes composant la série néogène, au front
de l’unité du Loukkos ont été notées.

Selon Lespinasse (1975), l'unité de Tanger qui affleure au SE de la ville de Chefchaouen


dans une structure disharmonique, représente le substratum tectonique des nappes de Flysch et
recouvre tectoniquement l'Unité de Ketama, qui se caractérise principalement par une épaisse
série de flysch noir Albo-Aptien correspondant auflysch "schisto-gréseux" des auteurs
français (Andrieux, 1971).

Suter (1980 a et b) présente des cartes du Rif au 1/500.000 dans lesquelles le Rif externe
est constitué par trois types d’unités qui peuvent être enracinés (ou décollées en profondeur),
et par des unités de décollement et de glissement, issues des mêmes zones que les unités
d’apparence enracinée (Tab. 5).

Les unités enracinées sont, du Nord vers le Sud : l’unité intrarifaine de Ketama-Tanger ou
l’Intrarif, les unités mésorifaines ou le Mésorif, et les unités prérifaines ou le Prérif. Les unités
décollées sont : les nappes rifaines supérieures à affinités intrarifaines, les nappes rifaines
inférieures à affinités mésorifaines et les nappes du type de la nappe d’Ouezzane. La
description suivante de ces différentes unités est empruntée à Wildi (1983) :

L’unité intrarifaine de Ketama-Tanger est constituée, comme son nom l’indique, de deux
unités séparées par une disharmonie ou un décollement de faible ampleur : l’unité inférieure
de Ketama (Andrieux, 1971 ; Leblanc et Wernli, 1980 ; Wildi, 1981, Gübeli, 1982 ; Asebry,
1994) affleurant largement dans le Rif central et présentant un épimétamorphisme ; et l’unité
supérieure de Tanger (Didon et al., 1973 ; Lespinasse, 1975) affleurant largement dans le Rif
septentrional avec des formations du Crétacé supérieur et du Tertiaire. Ces auteurs distinguent
une unité Tanger « interne » ou « orientale » d’une unité de Tanger « externe » ou
« occidentale ». L’unité du Loukkos est considérée comme une zone d’écailles frontales de
l’unité de Ketama-Tanger à sa bordure occidentale.

Les unités mésorifaines comportent dans leur définition primitive (Marçais et Suter in
Durand-Delga et al., 1962) un Miocène inférieur qui peut reposer en discordance sur

46
n’importe quel terme stratigraphique antérieur. En outre, Wildi (1981) précise que ces séries
sont caractérisées par un Ferrysch jurassique, à séquences épaisses de grès. La structure du
Mésorif et ses relations avec les unités voisines sont variables suivant les transversales. Ainsi,
dans le secteur étudié (Rif occidental) sur la transversale d’Ouezzane, il s’agit d’un
anticlinorium écaillé et faillé, surmonté au NE par les écailles de l’unité intrarifaine du
Loukkos. Vers le SW, le Mésorif passerait sans limite tectonique au Prérif interne (Suter,
1980 b).

Les unités prérifaines ou Prérif sont définies (Marçais et Suter in Durand-Delga et al.,
1962) par leurs faciès marneux qui prédominent dès le Crétacé inférieur. Du point de vue
structural on distingue, dans le Prérif, deux zones différentes :
- Le Prérif interne au Nord est constitué par des écailles d’apparence enracinée sous le
Mésorif, et dont les séries sédimentaires visibles débutent au Trias ou au Lias.
- Le Prérif externe au Sud fait partie de l’avant-fosse méridionale du Rif. Ses
affleurements sont essentiellement formés par une nappe d’écoulement à structure chaotique,
le « complexe prérifain » ou la « nappe prérifaine » des auteurs. Cette nappe contient dans une
matrice marneuse des éléments de tout âge provenant du Rif externe.

Les nappes rifaines supérieures à affinités intrarifaines correspondent aux séries


superposées à l’unité de Ketama dans le Rif oriental, et les unités allochtones dont les séries
détritiques jurassiques montrent des affinités avec le Jurassique de l’unité de Ketama. Ce sont
les nappes rifaines qui ont été étudiées par Andrieux (1971) dans le massif de Tifelouest, les
unités élevées du massif des Senhadja (unités « supra-Ketama » de Suter (1980 a et b) et la
nappe d’Aknoul. Cette dernière est considérée comme couverture stratigraphique décollée de
l’unité de Ketama (Leblanc, 1975-1979). Les nappes rifaines supérieures à affinités
intrarifaines peuvent reposer sur l’unité de Ketama-Tanger, sur les nappes rifaines
supérieures, les unités mésorifaines ou les unités du Prérif interne. Leur structure interne est
simple et se caractérise dans la nappe d’Aknoul par des plissements souples à grand rayon de
courbure (Leblanc, 1975-1979). D’autres unités sont affectées par une schistosité anté-nappe.
Les nappes rifaines inférieures à affinités mésorifaines correspondent à la nappe de Bou
Haddoud et la klippe de Taïneste dans la partie orientale du Rif. Définie d’abord comme
nappe « autonome », la nappe de Bou Haddoud a été considérée comme partie intégrante du
Mésorif (Leblanc, 1975-1979). Sa structure interne est simple, caractérisée par des
plissements à grand rayon de courbure et un rabotage basal des séries.
Les nappes rifaines du type de la nappe d’Ouezzane correspondent à la nappe d’Ouezzane
s.s. (Hottinger et Suter, 1962), la nappe du Habt (Suter et Fiechter, 1966) ainsi que les unités
des Tsoul (Leblanc, 1975-1979). Ce sont des nappes de décollement et de glissement, dont les
séries peuvent comprendre des formations allant du Crétacé supérieur ou de l’Eocène jusqu’à
a limite Miocène moyen-supérieur.

47
Suter (1980)

NAPPES DES
Domaine DOMAINE EXTERNE
FLYSCHS

UNITES INTRARIFAINES MASSYLIEN


Zones / Grandes
nappes d’origine intrarifaine
unités
Zone intrarifaine Externes
Infra-Ketama Supra-Ketama

Aknoul
Bou Aknoul Tanger Tanger
Unités Binet Taïnest Ouezzane Habt Senhaja Loukkos Ketama Meloussa Numidien
Haddoud sup. externe interne
inf.

Miocène Miocène Miocène


Dépôts
---- ---- ---- ---- ---- Miocène supérieur ---- ----
postorogéniques
Sup. Sup. Sup.

Miocène Miocène
moyen moyen
Miocène
Miocène Miocène
Crétacé Miocène Miocène inf. Crétacé Eocène
inf. inf. -------- --------
inf. inf. inf. sup. Miocène
Crétacé
Registre Miocène Crétacé - - inf.-
- - Oligocène Crétacé
sédimentaire moyen - - sup. - -
inf. Sup.
Crétacé Crétacé Crétacé Oligocène
Crétacé Crétacé -
Trias Trias inf. Trias sup.
sup. inf. -
Sup.
Crétacé
inf. Trias

Tableau 4a: Subdivisions du Rif externe (Zone Itrarifaine et Unités Massyliennes) d'après Suter (1980).

48
Suter (1980)

Domaine DOMAINE EXTERNE

ZONE PRERIFAINE ZONE MESORIFAINE


Zones / Grandes
unités
Rides prérifaines Zone prérifaine Externe
Sillon Nappes
Interne
sud rifain prérifaines
Unités Internes Externes Externe Interne Temsamane

Dépôts
Miocène supérieur Miocène supérieur
postorogéniques

Miocène
inférieur
Miocène
Miocène Miocène Miocène
Paléocène moyen --------
Jurassique Jurassique moyen moyen moyen
Miocène
Registre - -
- - Crétacé
sédimentaire - - -
moyen
Trias Trias
Trias Crétacé -
Trias Trias Trias
supérieur
Jurassique
sup.

Tableau 4b: Subdivisions du Rif externe (Zones Prérifaine et Mésorifaine) d'après Suter (1980).

49
D’après Wildi (1983) les séries du Paléocène et de l’Eocène du Rif externe sont
constituées, dans le cas idéal par une trilogie lithologique semblable à celle du Tell : 1)
marnes à miches et à boules calcaires du Paléocène ; 2) marno-calcaires blancs à rognons et à
couches de silex du Paléocène terminal et de l’Yprésien ; 3) marnes à éléments détritiques de
l’Eocène moyen et supérieur. Cependant, les variations de faciès, sont bien plus complexes
que dans le Tell.

Selon Ben Yaich (1991), les terrains du Paléocène-Eocène du Rif externe sont
principalement constitués de dépôts pélagiques (Wildi, 1983); Tandis que les dépôts du même
âge sont très rares dans les unités de Tanger et Loukkos. Ils sont interprétés comme un dépôt
d'une plateforme Nummulitique successivement érodée générant des blocs calcaires contenant
Ostreides, algues et de grandes Nummulites, resédimentés dans les formations du Miocène
(par exemple les grès de Zoumi). Cette plateforme représenterait la source de l'alimentation
détritique carbonatée du Rif externe (par exemple les Grès de Zoumi et les Fms de la nappe
d'Ouezzane) tout en partant de l'Oligocène apparaissent la première sédimentation détritique.
Les zones externes du Rif sont interprétées comme la marge nord passive de l’Afrique et
méridionale de l'océan Téthysien pendant la majeure partie de l'évolution (Kuhnt et Obert,
1991). Elle a subi à différents stades des affaissements, principalement pendant le Crétacé,
caractérisés par des séquences avec des variations d'épaisseur latérale très importantes et le
dépôt d'olistostromes (Lespinasse, 1975, Asebriy, 1984, Ciszak et al., 1986; Asebriy et al.,
1987; Ciszak, 1987).

L'unité Ketama-Tanger située au sud est structurée en plusieurs antiformes dont le noyau
est représenté par des calcaires jurassiques constituant son substratum (Asebriy et al., 1992).
Au début du Miocène, cette dernière unité a été surmêlée par des unités provenant de sous-
domaines externes de Mauretanian (par exemple Tisirène et Beni Ider Nappes) et externes de
Massylian (par exemple Chouamate et Numidian Nappes) du MFB. Au cours de l'époque
Burdigalienne-Tortonienne, l'unité de Tanger-Ketama est poussée au-dessus du Pré-Rif et
plus tard déformée par les failles glissantes gauche-latérales NE-SW et NW-SE. Le Subrif
continue dans le Rif oriental avec les unités de Temsamane qui est formé principalement par
les dépôts du Crétacé comme ceux de l'unité de Tanger-Ketama. Les successions de ces unités
se sont déposées dans le même bassin paléogéographique (Azdimousa et al., 2007) qui s'est
formé pendant la phase de rifting du Jurassique supérieur-Crétacé supérieur qui a produit un
fort amincissement de la croûte continentale (Chalouan et al., 2008, exhumation des
serpentinites de Beni Malek (Rif oriental).

L’évolution tectono-sédimentaire des dépôts gravitaires dans le Prérif interne et l’unité du


Habt durant le tertiaire a été élucidée par Abdelkhaliki (1997). Selon cet auteur, la série
stratigraphique de l’unité du Habt est caractérisée par des dépôts détritiques dont l’âge s’étend

50
de l’Eocène supérieur au Miocène moyen. L’ensemble est couvert en discordance par les
sables jaunes du Pliocène. Trois formations superposées ont été distinguées, en fonction des
données de la cartographie détaillée et de l’analyse des faciès et des associations de
foraminifères planctoniques :
a) La Formation de Khemis Sahel, à dominante pélitique est attribuée à l’Eocène
supérieur-Oligocène moyen. Elle regroupe trois membres : i) le membre de l’oued El Hares à
la base, essentiellement pélitique ; ii) le membre de Sidi Bensar, quand il existe, est de nature
gréseuse-turbiditique ; iii) le membre des Oulad Riahi au sommet, argileux à argilo-gréseux.
b) La Formation d’Asilah, est gréseuse à la base et argilo-gréseuse au sommet. Elle
comprend deux membres : i) le membre de Tendafel d’âge Oligocène supérieur et constitué
de barres massives de grès ; ii) le membre de Briech, où dominent les alternances de grès et
d’argiles du Miocène inférieur.
c) La Formation de Sidi Moussa, est caractérisée par des marnes pélagiques très épaisses
du Miocène moyen.

Le Prérif interne a été étudié par plusieurs auteurs (Suter et Fiechter, 1966 ; Suter, 1986 ;
Cazzola et Critelli, 1987 ; Ben Yaïch, 1991 et Tejera de Leon, 1993) qui ont établi sa série
stratigraphique avec le découpage de bas en haut suivant :
a) La formation argileuse attribuée au Crétacé supérieur ;
b) La formation marno-calcaire d’âge Eocène inférieur ;
c) La formation argilo-gréseuse « flyschs de Sidi Mrhait » de l’Eocène supérieur-
Oligocène ;
d) La Formation marneuse discordante du Miocène moyen.

Les bassins tertiaires d’avant-fosse du Rif externe nord-occidental ont fait également
l’objet d’une étude détaillée à caractères sédimentologique et structural dans la région d’El
Ksar el Kebir par Zakir (2004). Du point de vue sédimentologique, cet auteur distingue deux
groupes d’unités appartenant chacun à un complexe turbiditique (voir aussi Zakir et al.,
2004) :
a) Le groupe d’Adrou-Méliana qui montre des séries turbiditiques d’âge allant de
l’Eocène moyen au Langhien. Il le rattache au complexe turbiditique de Sidi Mrhait et le
subdivise en trois ensembles turbiditiques : i) le système turbiditique de type I, d’âge Eocène
moyen et supérieur, est représenté par les dépôts d’Adrou-Méliana ; ii) le système turbiditique
de type II est représenté dans la région de Jbel Rhéni, est d’âge Oligocène ; iii) Le système
turbiditique de type III est formé de séquences turbiditiques d’âge allant de l’Oligocène
supérieur au Langhien de l’unité de Jamaâ Rahma.
b) Le groupe de Saf-Rirha qui montre deux ensembles différents : i) L’ensemble de
Rirha, est représenté par des dépôts essentiellement marneux où est intercalée une barre
gréseuse. C’est un système turbiditique de type III et d’âge Oligocène inférieur ; ii)

51
L’ensemble de Saf est constitué de sédiments chenalisés dont l’âge s’étend de l’Oligocène au
Miocène inférieur. On y distingue deux systèmes turbiditiques de type II : le système
inférieur, d’âge Oligocène supérieur est rattaché aux grès d’Asilah-Larache ; et le système
supérieur, d’âge Miocène inférieur est rattaché à la série supérieure des grès d’Asilah-
Larache.

D’un point de vue structural, cet auteur considère que la structure de cette région
correspond à un système de plis et de chevauchements, générés durant l’Oligocène et le
Miocène, par la croissance et la progression vers les zones externes de rampes anticlinales
(anticlinaux de l’unité de Tanger) et de bassins d’avant-fosse (bassin d’El Habt qui comprend
les séries de Rirha-Gzoula et de Saf-Asilah, et le bassin de Sidi Mrhait ou Prérif interne) et la
formation de chevauchements issus de la rupture complexe de ces plis de propagation.

Zaghloul et al. (2005) suite à une étude détaillée du Miocène de l’unité de Tanger externe
dans la région de Saf Lhmam, ils ont daté par nannoplancton du Burdigalien supérieur-
Serravalien

Selon El Kadiri et al. (2006), les zones externes sont dominées par des terrains
«parautochtones» à grande échelle, représentés par les unités de Tanger, Ketama et Loukkos
et leurs nappes de flysch. Bien que les reconstructions paléogéographiques des zones externes
restent encore sujettes à débat, en particulier pour les formations mésozoïques, on s'accorde à
dire que leur évolution tectono-sédimentaire a été conditionné par des bassins piggy-back et
des structures anticlinales, générés par des plans de détachement profond (Morley 1987, 1988,
1992 ; Ben Yaich, 1991).

Selon Chaoulan et al. (2008) l'unité de Loukkos appartient classiquement à l'Intrarif, bien
qu'elle forme une transition avec le Mésorif occidental. Par rapport à l'unité de Tanger, l'unité
de Loukkos se caractérise par des dépôts plus épais du Cénomanien, une proportion plus
élevée de carbonates et des intrusions diapiriques fréquentes du complexe argile-gypse
triasique. En ce qui concerne les formations plus jeunes de l'ancien bassin Intrarif, elles ont
été détachées et diverticulées, sauf localement (Saf Lahmam, Zaghloul et al., 2005), pour
former la nappe d’El Habt à l'ouest et les nappes d’Ouezzane et Tsoul au sud et au sud-est .
En effet, les sédiments Intrarif Eocène se composent de marnes siliceuses blanches et de
calcaires marneux, ce qui a agi comme un niveau d'apport de sable a augmenté pendant
l'Eocène moyen. Au cours de l'Oligocène, des olistostromes se sont produits dans une partie
des Habt (Unités Rirha et Meliana), alors qu'un flysch siliciclastique, à savoir le Grès Asilah-
Larache, s'est accumulé dans le sous-bassin Habt externe. Cette dernière turbidite est datée de
l'Oligocène Tardif-Burdigalien, et correspond donc à un faciès latéral du Numidien. En effet,

52
il semble que le klippe de J. Berkane Numidian (Rif oriental) est en contact stratigraphique
avec la Nappe d'Aknoul sous-jacente, suggérant qu'ils ont été transportés complètement.

Zaghloul et al. (2010) suite à une étude détaillée des sédiments post-nappes de Beni Issef,
ont mis en évidence la superposition de deux formations discordantes sur l’unité de Loukkos
et de Tanger externe. La première a été datée du Tortonien supérieur, sans exclure la
possibilité d’envisager un âge plus ancien (Langhien ou Serravalien), et la deuxième est d’âge
probablement Messinien. Ces auteurs concluent que l’empilement des unités intrarifaines se
serait produit durant l’intervalle Serravallien supérieur-Tortonien moyen.

53
Deuxième partie :

ANALYSE STRATIGRAPHIQUE

54
CHAPITRE 1:

DESCRIPTION ET CONSIDERATIONS

TECTONIQUES DES COUPES ETUDIEES

55
I. INTRODUCTION

L’unité de Tanger affleure largement depuis Tanger jusqu’à Beni Ahmed (Figs. 8, 11 et
12). Durand-Delga et al. 1960-62 ont distingué (voir aussi Suter, 1980a et b):

- Une unité interne (Tanger interne ou orientale) qui affleure surtout au nord et au sud de
Tétouan, souvent en dépression, entre les crêtes de la Dorsale calcaire situées à l’est et les
crêtes gréseuses des flyschs localisées à l’ouest. Sa série stratigraphique est constituée de
terrains exclusivement du Crétacé supérieur. Selon la carte géologique de Tétouan 1/50.000
(Kornprobst et Durand Delga, 1985), on distingue de bas en haut : i) des pélites gris-vert de
l’Albien-Cénomanien qui sont couronnées par des phtanites datées du Cénomanien, puis ii)
des marnes à bancs de calcaires fins ou microbréchiques, qui contiennent des bans de silex.
L’ensemble étant du Turonien-Sénonien. Cependant, Durand Delga et Maaté (2003) ont
renommé cette unité de Tanger interne, précédemment qualifiée de «Tanger oriental», nappe
des Beni Hassan et considèrent qu’elle appartient au domaine des flyschs allochtones. Pour
ces auteurs, la nappe de Beni Hassan est un flysch essentiellement pélito-schisteux d’âge
Crétacé qui corresppond à une suite décollée de la nappe de Melloussa caractérisée par son
flysch pélito-quartzitique albo-aptien.

- Une unité externe (Tanger externe ou occidentale) largement étendue dans le Rif
occidental, et constituée majoritairement par des terrains du Crétacé supérieur similaires à
ceux de Tanger interne. Plusieurs affleurements d’une couverture d’âge Tertiaire sont connus,
surtout dans la région au sud de Tanger. Selon la carte géologique de Tanger-Al Manzla
1/50.000 (Durand Delga et al., 1985), on distingue de bas en haut des : i) calcaires argileux du
Cénomanien ; ii) argiles feuilletées à bouses du Turonien-Sénonien inférieur ; iii) faciès
marneux, marno-calcaire à « boules jaunes » et argileux ou faciès argileux dominant du
Sénonien moyen-supérieur ; iv) argiles calcareuses gris-violacé du Paléocène ; v) marnes
siliceuses à niveaux de silex noirs (faciès « suessonien ») du Paléocène supérieur-Eocène
inférieur ; vi) marnes à petits lits gréseux de l’Eocène moyen à Oligocène ; vii) alternances
d’argiles calcareuses et de turbidites gréseuses en petits lits de l’Oligocène-Miocène inférieur.

L’unité de Loukkos affleure dans le secteur entre Tleta de Beni Issef et Tleta de Beni
Ahmed, sous forme d’étroites écailles (Figs. 8, 13 et 14) coincées entre l’unité de Tanger
externe et le Mésorif. Sa série stratigraphique, selon Durand-Delga et al. (1960-62) comprend
de bas en haut : i) quelques affleurements de Trias ; ii) marnes du Sénonien analogues à celles
de Tanger ; iii) marnes et calcaires du Cénomanien ; iv) schistes et grès du Crétacé inférieur.

56
Fig. 11 : Carte géologique simplifiée de la région de Tanger.
57
Fig. 12 : Coupes structurales de la région de Tanger montrant la structure de l’unité de Tanger externe et ses relations structurales avec les unités
avoisinantes.

58
13 : Carte géologique simplifiée de la région de Chefchaouène.
59
Fig. 14 : Coupes structurales de la région de Chefchaouène montrant la structure de l’unité de Loukkos et ses relations structurales avec les unités
avoisinantes.
60
En plus des observations ponctuelles que nous avons réalisées sur plusieurs
affleurements, nous avons étudié en détail 8 coupes (ou logs stratigraphiques) dont 5 dans
l’unité de Tanger externe et 3 dans l’unité de Loukkos (Maaté S. et al., à paraitre à AJGS).
Les coupes réalisées dans l’unité de Tanger externe (Fig. 11) sont les suivantes : 1) Dehar Sidi
Abdallah ou « coupe de l’autoroute » ; 2) N Oulad Ziane ; 3) Saf Hamam ou « coupe de la
Ligne à Grande Vitesse (LGV) » au NW de Seguedla; 4) ENE Mediar ; 5) Arhbaoulou au S
du Jbel Soukna. Celles réalisées dans l’unité de Loukkos (Fig. 13) sont : 1) Oued
Tazarine (actuellement Oued Mlileh); 2) W Taïjoute ; et 3) Aïn Kob.

II. UNITE DE TANGER EXTERNE

II.1. Coupe de Dehar Sidi Abdallah ou « coupe de l’autoroute »

II.1.1. Localisation de la coupe et sa structure


Cette coupe se localise (Fig. 11) sur la tranchée S de l’autoroute A-4, dans le tronçon
Tanger-Ksar Sghir, au S du Jebel Dahar Zhirou, lui-même situé au S de Tanger. Ses
coordonnées UTM sont : 30S 237654 E 3950844 N. Son épaisseur totale est de l’ordre de 50
m. Elle permet de voir le contact entre le Crétacé et le Tertiaire.
Les dépôts éocènes (lithofaciès suessonien) de Dehar Sidi Abdallah montrent
globalement une structure monoclinale à faible pendage (25° ESE). Ils sont limités des deux
côtés par des pélites du Crétacé supérieur de la formation sous-jacente. Les contacts de part et
d’autre sont des contacts faillés et correspondent à des décrochements (Fig. 12)

II.1.2. Succession stratigraphique


De bas en haut nous avons (Fig. 15) :
a) 10 m de pélites écailleuses gris-noirâtres avec des passées violacées. Elles ont fourni
(éch. M.50) une association de foraminifères planctoniques du Crétacé supérieur (Campanien
supérieur).
b) 35 m de marnes verdâtres stratifiées et silicifiées et de marno-calcaires. La
silicification est très répandue et parfois on note la présence de nodules de silex. C’est le
lithofaciès « suessonien » des auteurs français. La base de cette formation marneuse (échs.
M.52 et M.53), contient d’abondants grains de quartz détritique et une microfaune très
pauvre, quelques radiolaires et quelques foraminifères planctoniques qui permettent de dater
l’Yprésien supérieur. Tandis que son sommet (échs. M.54 à M.58) a été daté du Lutétien.
c) Une zone déformée d’environ 3 m constituée par des pélites écailleuses. Elle témoigne
d’un contact anormal.
d) 2 m de marnes vertes stratifiées et silicifiées et marno-calcaires que nous lui attribuons
un âge Oligocène sans exclure qu’il s’agit d’un niveau similaire au niveau b daté Eocène.

61
Fig. 15 : Stratigraphie et structure de la coupe de Dehar Sidi Abdallah.

62
II.2. Coupe au N d’Oulad Ziane

II.2.1. Localisation de la coupe et sa structure


Cette coupe se localise au S de Tanger et à l’E de Seguedla (Fig. 11), en bordure d’une
route rurale qui joint Regaïa à Hajra-en-Nahal. Elle se localise juste au croisement de la piste
menant au village d’Oulad Ziane. Ses coordonnées UTM sont : 30S 243333 E 3946761 N.
Son épaisseur totale est de l’ordre de 50 m.
Dans ce secteur, les marnes siliceuses et sableuses d’âge Eocène pendent de 32° SW à
SSW et plongent sous l’Oligo-Miocène de la coupe Saf Hamam décrite dans le paragraphe
suivant (Fig. 12, coupe 1). Le contact entre les deux formations est faillé et correspondrait
probablement à un décollement.

II.2.2. Succession stratigraphique


De bas en haut nous avons (Fig. 16) :
a) 25 m de marnes verdâtres stratifiées avec des patines de minéralisation de la
pyrolusite.
b) 5 m d’une zone non exposée.
c) 15 m de marnes verdâtres stratifiées et silicifiées et marno-calcaires. L'intervalle des
marnes siliceuses est plissé et déformé.
d) 5 m d’une zone non exposée.
Un échantillon récolté dans le niveau a (M.45b) de cette coupe, nous a livré une
association de foraminifères planctoniques qui indique un âge Eocène moyen (Lutétien).

II.3. Coupe de Saf Hamam ou « coupe LGV »

II.3.1. Localisation de la coupe et sa structure


Cette coupe se localise au S de Tanger et au NNE de Seguedla (Fig. 11). Les travaux de
construction de la ligne de train à grande vitesse ont dégagé une tranchée qui laisse voir les
termes les plus jeunes de la série tertiaire de l’unité de Tanger externe, comprenant une barre
spectaculaire de grès à faciès rappelant celui des grès du flysch numidien. Ses coordonnées
UTM sont : 30S 242478 E 3947940 N. Son épaisseur totale est de l’ordre de 680 m.
Dans ce secteur, les données structurales montrent que la succession Oligo-Miocène
présente une structure plissée déversée vers le SW avec localement des séries renversées
(voir carte géologique de Tanger-Al Manzla au 1/50.000 et Fig. 12, coupe I) et se trouve
décollée de son substratum (unité de Tanger). Il semble que le décollement s’est fait au niveau
de la formation éocène qui a joué, probablement, le rôle de couche savon, à juger par sa
nature marneuse et siliceuse. Ce décollement semble se faire au front d’une structure
anticlinale à l’arrière, dans cette formation marneuse de l’unité de Tanger, poussée vers le SW
(Fig. 12, coupe I).

63
Fig. 16 : Stratigraphie et structure de la coupe au Nord d’Oulad Ziane.

64
II.3.2. Succession stratigraphique

De bas en haut nous avons (Fig. 17) :


a) 90 m de marnes homogènes noirâtres-grisâtres avec des nodules lourds (échantillons
M.20 et M.22) et/ou des concrétions minéralisées. Les échantillons M.18 et M.19 ont donné
un âge Chattien supérieur ; tandis que M.21 à M.24 indiquent un âge limite Oligocène-
Aquitanien.
b) 20 cm de calcaires laminés lenticulaires gris clairs (10-20 cm), à fréquentes figures de
bioturbation de type Scolicia.
c) 14,8 m de marnes homogènes noirâtres-grisâtres avec des nodules lourds et/ou des
concrétions minéralisées.
d) 1 m de calcaires laminés lenticulaires gris clairs (10-20 cm), à fréquentes figures de
bioturbation de type Scolicia.
e) 4 m de marnes homogènes noirâtres-grisâtres avec des nodules lourds et/ou des
concrétions minéralisées.
f) 2 m calcaires laminés lenticulaires gris clairs (10-20 cm), à fréquentes figures de
bioturbation de type Scolicia et de la glauconie.
g) 8 m de pélites calcareuses versicolores (grisâtres, verdâtres, violacées).
h) un lit de 0,5 m d’arénites glauconieuses.
i) 19,5 m de pélites stratifiées versicolores alternant avec des calcaires grisâtres clairs.
j) 6 m d’un intervalle chaotique constitué de marnes déformées et des calcaires. Il s’agit
probablement de slumps.
k) 20 m de marnes homogènes noirâtres-grisâtres avec des nodules lourds et/ou des
concrétions minéralisées.
l) 4 m de marnes et pélites alternant avec des arénites turbiditiques glauconieuses et
quartzeuses (épaisseur 10-40 cm) avec de fréquentes figures de bioturbation. Ce niveau a été
daté de l’Aquitanien tardif (éch. M.34) et du Burdigalien inférieur (éch. M.35).
m) 10 m d’arénites turbiditiques glauconieuses et avec du quartz multi composé et de
granulométrie fine. C’est un niveau-repère qui est également marqué sur la carte géologique
de Tanger-Al Manzla au 1/50.000.
n) 62 m de pélites et marnes alternant avec des arénites turbiditiques glauconieuses et
quartzeuses (épaisseur 10-40 cm) avec de fréquentes figures de bioturbation. Ce niveau a été
daté du Burdigalien inférieur (éch. M.39).
o) 38 m de pélites versicolores déformés, de marnes noir-grisâtres et de lits arénitiques ;
Il s’agit là de slumps.
p) 10 m de pélites versicolores déformés, de marnes noir-grisâtres et intercalations de lits
arénitiques. C’est un niveau qui présente également des slumps.
q) 20 m de pélites marneuses versicolores avec des blocs de calcaires (faciès à "boules
jaunes").

65
Fig. 17 : Stratigraphie et structure de la coupe de Saf Hamam.

66
r) 70 m de slumps constitués de pélites versicolores déformées, de marnes noir-grisâtres
et intercalations de lits arénitiques et calcaires.
s) 160 m de pélites marneuses versicolores d’âge Burdigalien inférieur (échs. M.41 et
M.42).
t) 75 m de slumps constitués de pélites versicolores déformées, de marnes noir-grisâtres
et de lits arénitiques et calcaires.
u) 5 m de pélites marneuses versicolores ayant donné un âge Chattien inférieur (éch.
M.43). Ce niveau repose par l’intermédiaire d’un contact tectonique sur les niveaux
précédents.
v) 40 m de marnes grises claires alternant avec des arénites quartzeuses. L’échantillon
M.45 a donné un âge également Chattien inférieur.

Notons enfin qu’au-dessus du niveau m (niveau-repère), la succession présente des plis


couchés. La succession est donc normale jusqu'à 242 m de la base du log alors que l'intervalle
242-680 est plissé. Les slumps sont constitués par les flancs normaux des plis remaniés et
déformés.

II.4. Coupe à l’ENE de Mediar

II.4.1. Localisation de la coupe et sa structure


Cette coupe se localise au S de Tanger et à l’ENE de Mediar (Fig. 11). On y accède par la
piste de la nouvelle décharge de la ville de Tanger qui part d’une route rurale qui joint Regaïa
à Hajra-en-Nahal aux environs de Seguedla. Ses coordonnées UTM sont : 30S 240730 E
3942860 N. Son épaisseur totale est de l’ordre de 150 m.
Du point de vue structural, la succession apparait monoclinale mais, en fait, il s’agit du
flanc d’un pli synclinal très ouvert (Fig. 12, coupe II).

II.4.2. Succession stratigraphique

De bas en haut nous avons (Fig. 18) :


a) 50 m de marnes siliceuses vertes et marno-calcaires. C’est un lithofaciès
«Suessonien». L’échantillon M.60 a donné une association de foraminifères planctoniques qui
indique un âge Bartonien.
b) 100 m de pélites calcareuses brunâtres qui intercalent de rares lits arénitiques
d’épaisseur 10-20 cm. Ce niveau a été daté du Rupélien supérieur (échs. M.62 et M.63).
c) Reposant par l’intermédiaire d’un contact anormal plus ou moins plat sur le niveau
antérieur, nous avons une alternance de pélites brun-tabac et quartzarénites typiques du flysch
numidien (environ 50 m).

67
Fig. 18 : Stratigraphie et structure de la coupe à l’ENE de Mediar.

68
II.5. Coupe d’Arhbaoulou

II.5.1. Localisation de la coupe et sa structure

Cette coupe se localise au SO de Chefchaouène, au S du Jbel Soukna (Fig. 13) qui


constitue l’un des sommets du flysch Numidien (1603 m). Sous son versant S aux environs du
Douar Arhbaoulou. On y accède en prenant la route régionale R 410 qui mène à Tanakoub
depuis le croisement de Derdara. Ses coordonnées UTM sont : 30S 280228 E 3886325 N. Son
épaisseur totale est de l’ordre de 220 m.
Les couches se présentent en structure monoclinale qui plonge sous les barres gréseuse du
Numidien du Jbel Soukna (Fig. 14, coupe I).

II.5.2. Succession stratigraphique

De bas en haut nous avons (Fig. 19):


a) 15 m de pélites noirâtres homogènes.
b) 10 m d’une partie non exposée.
c) 50 m de pélites brunâtres-grisâtres.
d) 15 m d’une partie non exposée.
e) 4 m de pélites brunâtres-grisâtres. L’échantillon M.8 a donné un âge Turonien-
Coniacien.
f) 1 m d’un niveau calcarénitique.
g) 5m d’un niveau déformé constitué par des pélites qui intercalent des arénites et des
calcarénites. Il s’agit de slumps.
h) 2 m de pélites noirâtres écailleuses.
i) 3 m d’un niveau calcarénitique.
j) 2 m de sables non cimentés avec occasionnellement de minces lits calcaires.
k) 5 m de marnes brunâtres-grisâtres avec des lits arénitiques minces (1-2 cm).
l) 1 m de pélites noirâtres homogènes.
m) 8 m d’un niveau déformé constitué par des pélites qui intercalent des arénites. Il s’agit
là aussi de slumps.
n) 25 m d’une partie non exposée.
o) 50 m de pélites noirâtres avec intercalations de lits calcarénitiques de 20 à 40 cm
d’épaisseur. L’échantillon M.14 a donné un âge Turonien-Coniacien.

Notons donc la présence de slumps à différents niveaux stratigraphiques. Il s’agit d’une


sédimentation dans un environnement marin profond, probablement pente instable avec une
alimentation turbiditique fine distale.

69
Fig. 19 : Stratigraphie et structure de la coupe d’Arhbaoulou.

70
III. UNITE DE LOUKKOS

III.1. Coupe de l’oued Tazarine

III.1.1. Localisation de la coupe et sa structure

La coupe, d’environ 150 m d’épaisseur, se localise au SW de Chefchaouène (Fig. 13) en


bordure de l’oued Tazarine (carte topographique de Chaouène au 1/50.000), actuellement
Oued Mlileh. On y accède par la route nationale N 13 qui mène à Ouezzane, à environ 10 Km
du croisement de Derdara vers le S et/ou 800 m au S du village Zaitouna. Ses coordonnées
UTM sont : 30S 285376 E 3880362 N. Son épaisseur totale est de l’ordre de 145 m.
Cette coupe présente une structure monoclinale, avec un pendage d’environ 65 degrès
vers l’est (Fig. 14, coupe I).

III.1.2. Succession stratigraphique

De bas en haut nous avons (Fig : 20):


a) 30 m de pélites brun-grisâtres.
b) 15 m d’argiles à blocs avec des blocs de diamètre allant jusqu'à 80 cm de diamètre.
c) 25 m d’une association de lithofaciès stratifiés avec alternance d’argiles à blocs,
grès, calcaires, pélites brun-grisâtre et calcarénites lenticulaires. L’échantillon M.2 a donné un
âge Aptien, alors que les échantillons M.5 et M.7 ont donné un âge Turonien supérieur-
Coniacien.
d) 15 m de pélites qui intercalent des calcarénites lenticulaires dans la partie moyenne-
supérieure. L’échantillon M.8 a donné un âge Cénomanien inférieur.
e) 10 m de calcarénites lités.
f) 30 m de pélites et marnes brun-grisâtres avec des intercalations de calcaires
marneux lenticulaires ayant fourni des foraminifères du Lutétien (Lespinasse, 1975).
g) Par-dessus, et par l’intermédiaire d’un contact tectonique plus ou moins vertical,
vient une formation (> 20 m) constituée de marnes, calcaires et calcaires marneux
probablement du Lutétien.

Notons enfin la présence de slumps à différents niveaux de la coupe. Il s’agit donc d’un
environnement sédimentaire de haute énergie indiqué par la présence de grès, argiles à blocs,
etc. Ce sont des dépôts probablement de canyon sous-marin déposés à côté de la plateforme
externe. Des grains de glauconie sont visibles à la loupe.

71
Fig. 20 : Stratigraphie et structure de la coupe de l’oued Tazarine.

72
III.2. Coupe à l’ouest de Taïjoute

III.2.1. Localisation de la coupe et sa structure


La coupe se localise au S de Chefchaouène (Fig. 13) et à l’ouest de Fifi (carte géologique
au 1/50.000 de Zoumi). On y accède par la route qui part de Bab Taza à Fifi et on continue
vers Mokrisset. A environ 5 Km, il faut prendre une piste qui part en direction N vers les
villages de Taoudiyine, En Nejjarine et Taïjoute. Ses coordonnées UTM sont 30S 291256 E
3871093 N. Son épaisseur totale est de l’ordre de 120 m.
Du point de vue structural, la succession apparait monoclinale et plonge vers l’est sous
les pélites du Crétacé supérieur de l’unité de Tanger externe (Fig. 14, coupe II).

III.2.2. Succession stratigraphique

De bas en haut nous avons (Fig. 21) :


a) 50m de pélites noirâtres. Crétacé?
b) Une barre de 1m de calcaires et marno-calcaires micritiques
c) Une alternance de marno-calcaires sablo-limoneuses, de pélites grises-noirâtres, de
calcaires micritiques et de calcarénites avec des nummulites. Ce niveau a été daté par
Lespinasse (1975) de l’Éocène.
d) 1m de microbrèches.
e) Association de lithofaciès stratifiés: pélites grises-noirâtres, calcaires micritiques,
microbrèches et marno-calcaires sablo-limoneuses. Les pélites ont un % d’environ 70%.
L’échantillon M.17 indiquerait un âge Miocène inférieur.
Latéralement par rapport à cette même colonne, juste au-dessus du niveau stratigraphique
50 m, on note la présence d’un slump. Rapport pélites/calcaires : 90/10.

III.3. Coupe d’Aïn Kob

III.3.1. Localisation de la coupe et sa structure


La coupe se localise au SW de Chefchaouène (Fig. 13) et au N de Mokrisset (carte
géologique au 1/50.000 de Zoumi). On y accède par la route nationale N 13, puis au niveau de
Souk el Had Laghdir (ancienne frontière entre les protectorats espagnol et français), on prend
la route provinciale P 4103 qui mène à Mokrisset et Zoumi. Plus précisément, la coupe se
localise sur la tranchée S de la route. Ses coordonnées UTM sont 30S 284576 E 3870493 N.
Son épaisseur totale est de l’ordre de 125 m.
Du point de vue structural, la succession se présente sous forme d’un synclinal déversé
vers l’WSW (Fig. 14, coupe II). Les terrains du Miocène surmontent ceux de l’Eocène par
l’intermédiaire d’un contact anormal.

73
Fig. 21 : Stratigraphie et structure de la coupe à l’ouest de Taïjoute.

74
Fig. 22 : Stratigraphie et structure de la coupe d’Aïn Kob.

75
III.3.2. Succession stratigraphique

De bas en haut nous avons (Fig. 22) :


a) 20 m de marnes jaunâtres et brunâtres et marno-calcaires alternant avec des calcaires
gris-bleuâtres avec de fréquents nodules de silex noirâtres et bleuâtres.
b) 30 m de marnes jaunâtres et brunâtres.
c) 80 m de marnes jaunâtres et brunâtres et marno-calcaires alternant avec des calcaires
gris-bleuâtres avec de fréquents nodules de silex noirâtres et bleuâtres.
d) Vient ensuite un niveau constitué par des pélites brunâtres alternant avec des arénites
d’épaisseur centi à décamétrique. Occasionnellement on trouve de minces lits
conglomératiques. On note aussi la présence également de marnes pélitiques à certains
intervalles. Ce niveau repose sur le niveau précédent par l’intermédiaire d’un contact
tectonique lègèrement incliné vers l’E. L’échantillon M.58 a donné un âge Burdigalien.
e) 250 m de pélites brunâtres alternant avec des arénites d’épaisseur centi à
décamétrique. Des marnes pélitiques apparaissent à certains intervalles. L’échantillon M.59 a
donné un âge Rupélien inférieur-moyen.

IV. LES FORMATIONS POST-OROGENIQUES

Dans la zone étudiée, il existe deux secteurs où affleurent des sédiments qualifiés de
formations post-orogéniques (Figs. 8, 11 et 13) puisqu’elles scellent les contacts tectoniques
majeurs entre les différentes unités des zones externes rifaines. Ce sont le secteur de Charf el
Akab et de Beni Issef. Les données stratigraphiques concernant ces formations post-
orogéniques ci-dessous sont extraites de la littérature dont les références bibliographiques
sont citées.

IV.1. Le secteur de Charf el Akab

Il se localise au SW de Tanger (Fig. 8 et 11). Il a été étudié par plusieurs auteurs qui ont
mis en évidence sa série stratigraphique et son caractère post-orogénique ou post-nappes
(Durand Delga et al., 1985 ; Nachite, 1993 ; Ben Moussa, 1994 ; etc.).
Selon la carte géologique de Tanger-Al Manzla 1/50.000 (Durand Delga et al., 1985) la
série est constituée de bas en haut par :
d) Biocalcarénites et marnes bleues reconnues en forage le long du littoral (Tortonien
supérieur).
e) Marnes gréseuses grises avec niveau rouge à la base (Messinien).
f) Sables quartzeux jaunes (Pliocène inférieur).
g) Marnes sableuses litées en bancs gréseux (Pliocène supérieur).

76
IV.2. Le secteur de Beni Issef

Il se localise à environ 30 Km à l’O de Chefchaouène (Figs. 8 et 13). Il a été étudié


également par plusieurs auteurs qui ont mis en évidence sa série stratigraphique et son
caractère post-orogénique ou post-nappes (Feinberg et Lorenz, 1970 ; Feinberg, 1976 ;
Zaghloul et al., 2010). Selon ces derniers auteurs, on distingue deux formations superposées :
a) Une Formation inférieure discordante sur les Unités externes de Tanger et du
Loukkos. Epaisse de 150 m, elle est constituée par des lentilles de conglomérats, qui
remanient de grands blocs de grès dans une matrice marno-argileuse, et qui passent à des
marnes avec quelques couches de grès. Cette formation, qui a été déposée sur une plate-forme
silicoclastique, est caractérisée par des plis, métriques à hectométriques, localement renversés.
Elle a été datée par des nannofossiles calcaires du Tortonien supérieur, mais un âge plus
ancien, Langhien ou Serravallien, ne peut pas être exclu pour les niveaux les plus bas de la
succession, puisque l’échantillon daté se place à une cinquantaine de mètres par-dessus la
base de cette formation.
b) Une Formation supérieure, épaise d’environ 550 m, qui est constituée par des
conglomérats, suivis par des grès bien stratifiés et à granulométrie moyenne à grossiére, et par
des argiles gris-bleu. Cette formation témoigne de la sédimentation dans un delta marin qui
évolua vers des pélites de pro-delta. Elle montre une stratification sub-horizontale ou peu
inclinée vers l’est et d’âge probablement Messinien.

Par conséquent, l’empilement des unités intrarifaines se serait produit durant l’intervalle
Serravallien supérieur-Tortonien moyen.

77
CHAPITRE 2 :
DONNÉES BIOSTRATIGRAPHIQUES

78
I. INTRODUCTION

Il convient de rappeler que dans cette thèse, nous avons étudié cinq coupes dans l’unité
de Tanger externe et trois dans l’unité de Loukkos. L’intervalle de temps étudié s’étend du
Crétacé inférieur jusqu’au Miocène inférieur. Il en résulte que les données obtenues donnent
plus d’informations sur l’unité de Tanger que l’unité de Loukkos (Maaté S. et al., à paraitre à
AJGS). Dans les cas où nos données étaient imprécises ou non productives, en plus de nos
propres données, nous avons inclus des données biostratigraphiques que nous avons emprunté
à la littérature. Dans d’autres cas, les datations ont été attribuées en se basant sur la corrélation
ou la similitude de faciès.
Nous présentons dans ce qui suit les données biostratigraphiques de chaque unité
(d’abord Tanger externe, puis Loukkos). Dans chaque unité la présentation des coupes
étudiées a été ordonnée par âge, de l’ancien vers le plus jeune. Les coupes ayant fourni des
données abondantes sont accompagnées d’un tableau récapitulatif. Dans ces tableaux, pour
nos propres déterminations, nous avons utilisé le cadre biostratigraphique pour le Paléogène
avec la zonation de Berggren et Pearson (2006), alors que pour le Néogène, nous avons utilisé
la zonation de Blow (1969). La corrélation entre biostratigraphie et chronostratigraphie
utilisée est celle établie par Luterbacher et al. (2004).
A la fin de ce chapitre, nous présentons une synthèse de toutes les données
biostratigraphiques accompagnée d’une figure qui illustre les intervalles datés pour chaque
coupe dans les deux unités.

II. UNITÉ DE TANGER EXTERNE

Cinq coupes ont été étudiées dans cette unité (Arhbaoulou, Dehar Sidi Abdallah, N Oulad
Ziane, ENE Mediar et Saf Hamam) et ont fourni, en général, d’abondantes informations
biostratigraphiques. L’intervalle de temps étudié s’étend du Crétacé supérieur jusqu’au
Miocène inférieur, avec plusieurs lacunes stratigraphiques.

II.1. Données biostratigraphiques de la coupe d’Arhbaoulou

C’est la coupe qui présente les âges les plus anciens dans l’unité de Tanger externe. Elle
contient des associations faunistiques de foraminifères planctoniques du Crétacé supérieur.
Les échantillons étudiés ainsi que les associations de foraminifères qu’ils ont fourni sont
présentés dans ce qui suit et repris également dans le tableau 5.
Échantillon 9/13: il contient Dicarinella concavata Brotzen, Archaeoglobogerina blowi
Pessagno et Heterohelix reussi Cushman qui caractérisent le Coniacien supérieur–Santonien.
Échantillon 11/13: ici apparait Globotruncanita stuartiformis Dalbiez et Pseudotextularia
elegans Rzehak qui indiquent que l’échantillon date au moins le Campanien.

79
Échantillons 13-14/13: dans la partie la plus élevée de la coupe ont été récoltées
Globotruncana bulloides Vogler, G. linneiana d'Orbigny, G. ventricosa White et
Rugoglobogerina rugosa Plummer qui caractérisent la période Campanien supérieur-
Maastrichtien inférieur.

UNITÉ DE TANGER EXTERNE FORAMINIFÈRES PLANCTONIQUES

CHRONOSTRATIGRAPHIE
ECHANTILLONS

Globotruncanita stuartiformis Dalbiez


Archaeoglobogerina blowi Pessagno

Globotruncana linneiana d'Orbigny

Rugoglobogerina rugosa Plummer


Pseudotextularia elegans Rzehak
Globotruncana ventricosa White
Globotruncana bulloides Vogler
Dicarinella concavata Brotzen

Heterohelix reussi Cushman

14/13 O O O O Maastrichtien
inférieur-
Coupe Arhbaoulou
(S Jbel Soukna)

13/13 O O O O Campanien
supérieur
11/13 O O Campanien
Santonien-
9/13 O O O Coniacien
supérieur

Tableau 5: Associations de foraminifères planctoniques et âge proposé pour


la Fm. Arhbaoulou et ses différentes parties.

Tout ce qui a été recolté indique que cette succession comprend la fin du Crétacé
inférieur et une grande partie du Crétacé supérieur (Coniacien supérieur-Maastrichtien
inférieur).

II.2. Données biostratigraphiques de la coupe de Dehar Sidi Abdallah

Cette coupe, qui se localise sur l’autoroute Ksar Seghir-Tanger, présente deux ensembles
différenciables: un, à la base, du Crétacé et un autre, plus haut, de l’Eocène. Les échantillons
étudiés ainsi que les associations de foraminifères qu’ils ont fourni sont présentés dans ce qui
suit et repris également dans le tableau 6.
Echantillon 50/13 : cet échantillon a fourni une association du Crétacé supérieur: Rosita
fornicata Plummer et Globotruncanita calcarata Cushman correspondante au Campanien
supérieur.

80
Echantillon 52/13 : Cet échantillon a fourni un âge du Paléogène avec l’association
suivante : G. aragonensis, A. bullbrooki et S. frontosa en combinaison avec P. inaequispira.
Cette association est restreinte aux Zones E7-E8 de l’Yprésien supérieur–Lutétien inférieur.
Echantillon 54/13 : dans cet échantillon, on note la coexistence de T. possagnoensis avec
M. crassatus et P. micra qui suggèrent la Zone E9 du Lutétien inférieur.
Echantillons 55-58/13 : ces échantillons contiennent toujours des formes de M.
aragonensis, A. bullbrooki et I. broedermanni, indiquant toujours un Lutétien inférieur.
Echantillon 59/13: échantillon azoïque. Par sa positión stratigraphique et par le faciès des
pélites versicolores, il se peut qu’il s’agisse déjà d’un Oligocène.

FORAMINIFÈRES PLANCTONIQUES

Catapsydrax dissimilis (Cushman & Bermudez) group

ZONES BIOSTRATIGRAPHIQUES
Igorina broedermanni (Cushm.& Bermudez) group
UNITÉ DE TANGER EXTERNE

CHRONOSTRATIGRAPHIE
Globigerinatheka subconglobata (Shutskaya)

Turborotalia possagnoensis (Tourm.&Bolli)


ECHANTILLONS

Parasubbotina inaequispira (Subbotina)


Morozovelloides crassatus (Cushman)

Globigerina corpulenta (Subbotina)


Morozovella aragonensis (Nuttall)

Pseudohastigerina micra (Cole)


Acarinina cuneicamerata (Blow)

Subbotina frontosa (Subbotina)

Globigerina eocaena (Gumbel)


Subbotina linaperta (Finlay)
Morozovella crater (Finlay)
Acarinina bullbrooki (Bolli)

58/13 O O O O O O
(autoroute Tanger-Ksar Seghir)
Coupe Dehar Sidi Abdallah

57/13 O O O
Lutétien
56/13 O O O O O O O E9
inférieur
55/13 O O O O O O O
54/13 O O O O O O O O
53/13 O E7- Lutétien inf. -
52/13 O O O O O O O O O O E8 Yprésien sup.
Campanien
50/13 Association du Crétacé supérieur (Rosita fornicata et Globotruncanita calcarata)
supérieur

Tableau 6: Associations de foraminifères planctoniques recoltés dans les échantillons de la coupe de


Dehar Sidi Abdallah, avec leur zonation et âge déterminés.

Les données fournies par cette coupe permettent d’attribuer un âge Campanien
supérieur pour la partie inférieure et un âge Yprésien supérieur-Lutétien inférieur à la
partie supérieure. Les deux parties seraient séparées par une lacune stratigraphique qui
comprend le Maastrichtien, le Paleocène et l’Yprésien inférieur. En plus, par-dessus la partie
supérieure, apparaissent des pélites non datées qui ont été attribuées par similitude de faciès à
un possible Oligocène.

81
II.3. Données biostratigraphiques de la coupe au nord d’Oulad Ziane

Cette coupe a fourni peu d’informations biostratigraphiques (Tab. 7) mais qui permet,
cependant, de lui attribuer un âge Eocène.
Echantillon 45b/13: cet échantillon contient une association de foraminifères
planctoniques (Tableau 6) de l’Eocène moyen (Lutétien).
Echantillons 46-49/13: le reste des échantillons récoltés contiennent peu de microfaune,
constituée principalement par des foraminifères agglutinés et des radiolaires. De par leur
position stratigraphique, il s’agirait d’un Bartonien.

FORAMINIFÈRES PLANCTONIQUES

ZONES BIOSTRATIGRAPHIQUES
UNITÉ DE TANGER EXTERNE

CHRONOSTRATIGRAPHIE
Catapsydrax unicavus (B. Loeb. & Tap)

Catapsydrax dissimilis (Cush. & Berm.)


Neogloboquadrina siakensis (LeRoy)
Globigerina angustiumbilicata (Bolli)
Globigerina venezuelana (Hedberg)
Globigerina corpulenta (Subbotina)

Globigerina angulisuturalis (Bolli)


Globigerina euapertura (Jenkins)
ECHANTILLONS

Globigerina praebulloides (Blow)


Globigerina galavisi (Bermúdez)

Neogloboquadrina opima (Bolli)


Globigerina eocaena (Gumbel)

Neogloboquadrina nana (Bolli)


Globigerina ciperoensis (Bolli)
Globigerina gortanii (Borsetti)

Globigerinoides suteri (Bolli)


Globigerina tripartita (Koch)

Globigerinella obesa (Bolli)


Globigerina selli (Borsetti)

Coupe
E8-
N 62/13 O O O O O O O O O O O O O O O O O O O Lutétien
E10
Oulad
Ziane

Tableau 7: Associations de foraminifères planctoniques recoltés dans les échantillons de la coupe au


nord d’Oulad Ziane, avec leur zonation et âge déterminés.

Par conséquent, nous attribuons un âge Lutétien-Bartonien à cette coupe.

II.4. Données biostratigraphiques de la coupe à l’ENE de Mediar

Nous avons observé dans cette coupe deux ensembles stratigraphiques superposés. Les
échantilons étudiés sont décrits dans ce qui suit. Les associations de foraminifères citées sont
reprises dans le tableau 8.
Echantillon 60/13: cet échantillon a fourni peu de foraminifères: A. praetopilensis, M.
crassatus, G. subconglobata et T. pomeroli. Cependant, cette association permet de
caractériser l’intervalle Lutétien supérieur–Bartonien (zones E10-E13).
Echantillon 62/13: l’ensemble supérieur contient l’association suivante: N. opima, C.
dissimilis et globigérinidés des groupes G. eocaena–G.corpulenta, G. ampliapertura–"G."
increbescens et G. venezuelana. Dans cet échantillon, les formes typiques de l’Eocène sont
absentes. La coexistense de N. opima et G. ampliapertura permet de restreindre la datation au
court intervalle (O2) de la partie médiane du Rupélien.
82
FORAMINIFÈRES PLANCTONIQUES

Catapsydrax dissimilis (Cushman & Bermudez) group

ZONES BIOSTRATIGRAPHIQUES
UNITÉ DE TANGER EXTERNE

CHRONOSTRATIGRAPHIE
Globigerinatheka subconglobata (Shutskaya)

Turborotalia possagnoensis (Tourm.&Bolli)


ECHANTILLONS

Morozovelloides crassatus (Cushman)

Turborotalia pomeroli (Tourm.& Bolli)

Globigerina venezuelana (Hedberg)

"Globigerina" increbescens (Bandy)


Globigerina corpulenta (Subbotina)

Globigerina praebulloides (Blow)


Globigerina ampliapertura (Bolli)
Globigerina galavisi (Bermúdez)

Neogloboquadrina opima (Bolli)


Acarinina praetopilensis (Blow)

Globigerina eocaena (Gumbel)


Subbotina linaperta (Finlay)
Acarinina senni (Beckman)

Rupélien
O O O O O O O O O O2
62/13 moyen
Coupe
Bartonien
ENE E10-
O O O O O O O O - Lutétien
Mediar E13
60/13 supérieur

Tableau 8: Associations de foraminifères planctoniques récoltés dans les échantillons de la coupe à


l’ENE de Mediar, avec leur zonation et âge déterminés.

Les deux ensembles obtenus datent donc du Lutétien supérieur–Bartonien et du


Rupélien moyen, respectivement. Ils seraient séparés par une lacune stratigraphique qui
comprend au moins la période Priabonien-Rupélien inférieur.

II.5. Données biostratigraphiques de la coupe de Saf Hamam

Les sédiments les plus jeunes de l’unité de Tanger aflleurent dans cette coupe, qui
présente une séquence continue de l’Oligocène supérieur au Miocène inférieur. Dans ce qui
suit, nous présentons les associations de foraminifères récoltés dans chaque échantillon. Ces
associations sont également présentées dans le tableau 9:
Echantillon 18/13: cet échantillon a fourni G. angulisuturalis, ainsi que d’autres éléments
caractéristiques de l’Oligocène. D’autres formes caractéristiques de l’Oligocène tels que les
formes des groupes N. opima et G. eocaena sont absents. Celles caractéristiques du Miocène
sont également absentes. Toutes ces observations permettent de situer cet échantillon dans la
biozone O6 et par conséquent de lui attribuer un âge Chattien supérieur.
Echantillon 19/13: ici apparaissent les formes de G. primordius et formes proches de P.
kugleri caractéristiques du Chattien terminal.
Echantillon 21/13: cet échantillon a fourni des formes typiques de P. kugleri qui
indiquent le passage entre l’Oligocène et l’Aquitanien.

83
Echantillons 34-35/13: la présense de G. trilobus (34/13) et G. altiaperturus (35/13) nous
indique le passage de l’Aquitanien au Burdigalien.
Echantillons 36-41/13: ce groupe d’échantillons a fourni des formes typiques du
Burdigalien inférieur avec de fréquents G. trilobus, G. altiaperturus et G. peripheroronda
associés avec C. dissimilis, G. suteri et G. venezuelana. L’absence de G. subquadratus et G.
praescitula suggère que le Burdigalien moyen n’a pas été atteint.
Echantillons 42-43/13: par contre, il est curieux d’obtenir dans les échantillons les plus
élevés de la coupe, de nouveau, des formes de l’Oligocène avec: P. opima, G. angulisuturalis
et le groupe G. eocaena-G. corpulenta. Celà révèle l’existence de phénomènes de
resédimentation du matériel d’âge Rupélien supérieur–Chattien inférieur.

FORAMINIFÈRES PLANCTONIQUES
Catapsydrax dissimilis (Cushman & Bermudez
UNITÉ DE TANGER EXTERNE

Globorotalia peripheroronda (Blow & Banner)


Globigerinoides primordius (Blow & Banner)

CHRONOSTRATIGRAPHIE
Globoquadrina dehiscens (Chapm., Parr &

Globigerinita naparimaensis (Brönnimann)


Globoquadrina baroemoenensis (LeRoy)
Neogloboquadrina siakensis (LeRoy)
ECHANTILLONS

Globigerina venezuelana (Hedberg)

Globigerinoides altiaperturus (Bolli)


Globigerina corpulenta (Subbotina)

Globoturborotalita woodi (Jenkins)


Globigerina angulisuturalis (Bolli)

Globigerina praebulloides (Blow)


Globigerina galavisi (Bermúdez)

Globigerinoides trilobus (Reuss)

Neogloboquadrina opima (Bolli)


Globigerina eocaena (Gumbel)

Paragloborotalia kugleri (Bolli)


Globigerina ciperoensis (Bolli)
Globorotaloides suteri (Bolli)

Globigerinella obesa (Bolli)


Globigerina selli (Borsetti)

Collins)
group)

43/13 O O O O O O O O O O O O Chattien
O4- inf. -
O O O O O O O O O O O O O O5 Rupélien
42/13 sup.
41/13 O O O O O O O O O O O O
39/13 O O O
Burdigalien
38/13 O O O O O O O O O O
inférieur
37/13 O O O O O O O O
35/13 O O O O O O O O O O O O O O N5
Coupe Saf Hamam (LGV)

Burdigalien
inf. -
O O O O O
Aquitanien
34/13 sup.
30/13 O O O O O
29/13 O O O O O O O O
26/13 O O O O O O O O O O O O O
N4 Aquitanien
24/13 O O O O O O O O O O O O
23/13 O O O O O O O O O O O O O
21/13 O O O O O O O O O O O O O O
Aquitanien
O6- inf. -
O O O O O O O O O O O cf O
N4 Chattien
19/13 sup.
Chattien
O O O O O O O O O6
18/13 supérieur
Tableau 9: Associations de foraminifères planctoniques récoltés dans les échantillons de la coupe de
Saf Hamam, avec leur zonation et âge déterminés.

84
En définitive, las échantillons étudiés nous permettent de proposer una âge Chattien
supérieur-Burdigalien inférieur pour cette coupe. Cependant, des associations
caractéristiques du Rupélien supérieur-Chattien inférieur, ont été obtenues à partir des
échantillons provenant de la partie élevée de cette coupe et ont été considérées comme étant
resédimentées ou englobées dans une masse de glissement de type slump. Enfin, il faut tenir
en compte que cette coupe a été étudiée antérieurement par Zaghloul et al. (2005). Cette étude
a eu lieu avant les travaux d’ouverture d’une ligne de train à grande vitesse (LGV) qui ont
conduit, probablement, à la destruction de la partie élevée de cette coupe. Ces auteurs ont
trouvé dans cette partie supérieure de la coupe, des associations de foraminifères et
nannoflore calcaire caractéristiques du Miocène moyen (Serravallien inférieur) qui n’ont pas
été retrouvées dans les échantillons receuillis dans le cadre de cette thèse.

III. UNITÉ DE LOUKKOS

Trois coupes ont été étudiées dans l’unité de Loukkos (Oued Tazarine, Ouest Taïjoute et
Aïn Kob) qui ont donné, en général, peu d’information biostratigraphique. Cependant,
l’intervalle étudié s’étale de la partie supérieure du Crétacé inférieur au Miocène inférieur.

III.1. Données biostratigraphiques de la coupe de l’oued Tazarine

Dans le chapitre descriptif des coupes, deux niveaux ont pu être différenciés dans cette
coupe. Un ensemble inférieur d’âge Crétacé et un ensemble supérieur d’âge Eocène. Dans ce
qui suit, nous présentons les résultats obtenus à partir des échantillons provenant de
l’ensemble inférieur. Les associations de foraminifères décrites sont reprises dans le tableau
10.
Échantillon 1/13: c’est un échantillon pratiquement azoïque dans lequel apparaissent
quelques petits foraminifères agglutinés sans valeur stratigraphique.
Échantillon 2/13: le plus notable dans cet échantillon, c’est la présense d’une
globigériniforme présentant une paroi avec une structure réticulée grosse de type Favusella,
un Globigérinelloides primitif (aff. G. blowi de l’Aptien), une Hedbergella type H.
delrioensis (Aptien supérieur-Cénomanien) et une petite Orbitoliniforme (Simplorbitolina?)
du Crétacé inférieur. L’âge le plus probable pour cette association c’est l’Aptien.
Échantillon 5/13: ici apparaissent quelques foraminifères planctoniques du Crétacé. On
peut reconnaitre: Heterohelix (dont certains peuvent être identifiés comme H. reussi),
Hedbergella delrioensis, Globigerinelloides sp. Cette association est compatible avec un âge
Turonien supérieur-Coniacien.
Échantillon 6/13: ici apparaissent quelques foraminifères planctoniques du Crétacé. On
peut reconnaitre des globotruncanidés bicarénés (Dicarinella?, Helvetoglobotruncana
helvetica?), Heterohelix reussi, Whiteinella (probable W. baltica et W. paradubia) et

85
Hedbergella delrioensis. L’âge de cette association semble être compris dans l’intervalle
Turonien-Coniacien. Si H. helvetica aurait été présente, l’âge serait alors Turonien moyen.
Échantillon 7/13: ici apparaissent quelques foraminifères planctoniques mais ils sont très
mal conservés et par conséquent indéterminables.
Échantillon 8/13: un peu plus riche en microfaune. On peut reconnaitre clairement des
Rotalipores (R. appenninica et R. montsalvensis), des Praeglobotruncana (P. delrioensis et P.
stephani) et des Hedbergellas (H. planispira et H. delrioensis). Cette association nous indique
un âge Cénomanien inférieur.
L’ensemble supérieur d’âge Eocène n’a pas donné des échantillons présentant une valeur
stratigraphique dans cette étude. Pourtant, cet intervalle a été étudié par Lespinasse (1975) qui
présente l’association faunistique suivante caractéristique du Lutétien: Globorotalia centralis
Cush. et Berm., Globigerina linaperta Finlay, G. cf. yeguaensis Weinz et Appl. et Cibicides
cushmani.

FORAMINIFÈRES PLANCTONIQUES

CHRONOSTRATIGRAPHIE
UNITÉ DE LOUKKOS

ECHANTILLONS

Orbitoliniforme (Simplorbitolina)
Helvetoglobotruncana helvetica

Praeglobotruncana delrioensis

Praeglobotruncana stephani
Globigerinelloides aff. Blowi
Gobigeriniforme Favusella

Rotalipora Montsalvensis
Globotruncana diarinella

Hedbergella delrioensis

Rotalipora appenninica
Hedbergella planispira

Whiteinella paradubia
Globigerinelloides sp

Whiteinella báltica
Heterohelix reussi

Cénomanien
08/13 O O O O O O
inférieur
Coniacien-
Coupe 06/13 O O O O O O
Turonien
Oued
Coniacien-
Tazarine
05/13 O O O Turonien
supérieur
02/13 O O O O Aptien

Tableau 10: Associations de foraminifères planctoniques récoltés dans les échantillons de la coupe de
l’oued Tazarine, avec leur zonation et âge déterminés.

D’après les résultats antérieurs, il parait qu’on peut conclure que les échantillons étudiés
dans cette coupe de l’Oued Tazarine donnent un âge Aptien-Cénomanien inférieur, pour
l’ensemble inférieur et un âge Lutétien pour l’ensemble supérieur. Les deux ensembles
seraient séparés par une lacune sédimentaire qui comprendrait, au moins, la période
Cénomanien supérieur-Yprésien.

86
III.2. Données biostratigraphiques de la coupe à l’ouest de Taïjoute

Trois ensembles stratigraphiques ont été différenciés dans cette coupe. Cependant, nous
n’avons réussi à dater que les ensembles inférieur et supérieur.
Les deux échantillons provenant de cette coupe: 15/13 et 17/13 sont pratiquement
azoïques.
Echantillon 15/13 : il correspond à l’ensemble inférieur. Un grain rappelle un
foraminifère planctonique du Crétacé.
Echantillon 17/13 : il correspond à l’ensemble supérieur. Il a fourni une paire de
globigerinidés qui semblent être du Cénozoïque. L’un deux pourrait être une Globigerina
woodi que indiquerait un Miocène inférieur.
Dans l’ensemble intermédiaire, que nous n’avons pas réussi à dater dans cette recherche,
Lespinasse (1975) a trouvé une association de macroforaminifères benthoniques
caractéristique de l’Yprésien supérieur avec: Nummulites irregularis Desh. et N. cf. rollandi
Fich.
En tenant en compte de toutes les données et la similitude de faciès, nous attribuons à la
coupe un âge Crétacé supérieur pour l’ensemble inférieur, Yprésien supérieur pour
l’ensemble intermédiaire et Miocène inférieur pour l’ensemble supérieur.

III.3. Données biostratigraphiques de la coupe d’Aïn Kob

Cette coupe a fourni, également, peu d’informations stratigraphiques qui se réfèrent à


deux possibles associations. Les échantillons étudiés sont décrits dans ce qui suit. Leur
association de foraminifères sont repris dans le tableau 11.
Echantillons 60-64/15 : ces échantillons sont pratiquement azoïques et nous les attribuons
à un possible Eocène (Lutétien) par leurs faciès caractéristiques de type “Suessonien”.
Echantillon 58/15 : cet échantillon a fourni une association de foraminifères
planctoniques qui comprend : Globigerina praebulloides Blow, Globigerinoides gr. trilobus
(Reuss), Neogloboquadrina siakensis (LeRoy), N. mayeri (Cus. & Ellisor), N. acrostoma
(Wezel) et Globigerinita naparimaensis Brönnim. Cette association permet d’attribuer un âge
Burdigalien à cet échantillon.
Echantillons 56-57/15 : dans ces échantillons apparait l’association de foraminifères
planctoniques suivante : Globigerina galavisi (Bermúdez), G. tripartita (Koch), G.
venezuelana (Hedberg), G. ampliapertura (Bolli), G. increbescens (Bandy), G. angiporoides
(Hornibrook), G. eocaena (Gumbel), G. corpulenta (Subbotina), G. ciperoensis (Bolli), G.
praebulloides (Blow), Neogloboquadrina nana (Bolli), Globorotaloides suteri (Bolli),
Catapsydrax unicavus (B. Loeb & Tap.), C. dissimilis (Cus. & Ber.), Pseudohastigerina
micra (Cole), Chiloguembelina cubensis (Palmer). Cette association est du Rupélien
inférieur-moyen (O1-O2).

87
Les échantillons 56 et 57 ont donné un âge plus ancien que l’échantillon 58. Cependant,
du fait que ces échantillons se trouvent stratigraphiquement les uns sur les autres, nous
supposons qu’ils ont fourni une association resédimentée. Par conséquent, nous proposons un
âge Burdigalien pour l’ensemble supérieur.

FORAMINIFÈRES PLANCTONIQUES

ZONES BIOSTRATIGRAPHIQUES

CHRONOSTRATIGRAPHIE
UNIEÉ DE LOUKKOS

Neogloboquadrina mayeri (Cus. & Ellisor)


ÉCHANTILLONS

Neogloboquadrina acrostoma (Wezel)


Catapsydrax unicavus B. Loeb & Tap.

Globigerinita naparimaensis Brönnim


Globigerina angiporoides Hornibrook

Neogloboquadrina siakensis(LeRoy)
Chiloguembelina cubensis (Palmer)
Catapsydrax dissimilis Cus. & Ver.

Globigerina venezuelana Hedberg


Globigerina corpulenta Subbotina

Globigerina increbescens Bandy

Globigerinoides trilobus (Reuss)


Globoturborotaloides suteri Bolli

Pseudohastigerina micra (Cole)


Globigerina praebulloides Blow
Globigerina ampliapertura Bolli
Globigerina galavisi Bermúdez
Globigerina eocaena Gumbel

Neogloboquadrina nana Bolli


Globigerina ciperoensis Bolli

Globigerina tripartita Koch

N5-
58/13 O O O O O O Burdigalien
Coupe N7
Aïn 57/13 O O O O O O O O O O O O O O O O Rupélien
O1-
Kob inférieur-
56/13 O O O O O O O O O O O O O O O O O2
moyen
Tableau 11: Associations de foraminifères planctoniques récoltés dans les échantillons de la coupe
d’Aïn Kob, avec leur zonation et âge déterminés.

En définitive, cette coupe représenterait deux ensembles qui ont été attribués au Lutétien
et Burdigalien respectivement. Ils seraient, par conséquent, séparés par une discontinuité qui
comprendrait, au moins, la période Bartonien-Aquitanien.

IV. SYNTHÈSE DU CHAPITRE BIOSTRATIGRAPHIE

La figure 25 a été réalisée à partir de toutes les données biostratigraphiques décrites dans
ce travail. Les intervalles de temps datés y sont représentés pour chaque coupe de chaque
unité. Les lignes continues représenteraient les intervalles avec nos propres datations précises,
et les lignes discontinues les datations imprécises, datations à partir de la littérature ou âges
attribués par corrélation de faciès, position stratigraphique ou similitude de faciès. On note
que l’intervalle d’âge étudié s’étale du Crétacé inférieur jusqu’au Miocène inférieur, avec
beaucoup plus de données sur l’unité de Tanger externe (traits bleus) que l’unité de Loukkos
(traits rouges). Ceci est du à une meilleure détermination des échantillons étudiés dans la
première unité.

88
de

Miocène
Oligocène

Ouest
ENE
Paléogène
Eocène
Paléocène

Ouest

Fig. 23: Synthèse des datations proposées pour les coupes étudiées. Traits bleus pour l’unité de
Tanger externe; traits rouges pour l’unité de Loukkos. Les traits continus représentent nos propres
datations précises; les traits discontinus, nos propres datations imprécises, les datations d’après la
littérature ou les âges attribués par corrélation ou similitude de faciès.
89
CHAPITRE 3:
DONNÉES PETROGRAPHIQUES ET MINERALOGIQUES

90
I. INTRODUCTION

Douze échantillons ont été sélectionnés pour l’étude pétrographique en lame mince au
microscope optique polarisant. Ces échantillons correspondent aux niveaux détritiques les
plus grossiers rencontrés dans les formations stratigraphiques d’Arhbaoulou (Crétacé p.p.) et
Saf Hamam (Oligocène-Miocène inférieur) de l’unité de Tanger externe. Les lames minces
ont été étudiées selon les méthodes standard (Gazzi 1966; Dickinson 1970; Gazzi et al., 1973;
Hutchison, 1977). L’étude réalisée a mis en évidence que les échantillons sélectionnés sont
principalement (Maaté S. et al., à paraitre à AJGS) des arénites (quarzarénites et
sublitharénites; Folk, 1974, Zuffa, 1980), calcaires à grain grossier (calcarénites ; Grabau,
1904), une microbrèche et deux échantillons de nodules de nature évaporitique. La liste des
échantillons étudiés et leur classification sont présentées dans le tableau 12, alors que les
principaux microfaciès sont indiqués dans la planche photos de la figure 24.

Noua avons aussi étudié dix échantillons provenant des niveaux les plus riches en argiles
des formations stratigraphiques de Taïjoute (unité de Loukkos, Crétacé supérieur p.p.), Dehar
Sidi Abdallah (unité de Tanger externe, Eocène p.p.), et Saf Hamam (unité de Tanger externe,
Oligocène-Miocène inférieur p.p.) externe, au diffractomètre aux rayons X (DRX), et ce dans
le but de caractériser les associations minérales (Tab. 13; Fig. 25) de l’ensemble du registre
étudié (Maaté S. et al., à paraitre à AJGS). L’objectif recherché était celui de déduire les
phases minérales héritées des sources d’approvisionnement du bassin durant toute la période
considérée. Nous avons utilisé un diffractomètre Bruker D8 Advance ® avec ouverture
automatique, radiation Cu-Kα et 5 à 15º min-1 ouverture de scan de 2º 2θ à 60º 2θ.

Les analyses ont été réalisées aussi bien sur la minéralogie totale (<532 µm) que la
fraction argileuse (<2 µm). On a utilisé la technique de poudre-cristalline pour l’identification
minérale des roches. Pour la fraction argileuse nous avons préparé des agrégats orientés qui
ont été traités avec de l’éthylène-glycol et diméthyl-sulfoxide, et ont été réchauffés à 550ºC
durant 2 h pour l’identification des argiles expansives (Croudace et Robinson, 1983). Pour
quantifier les phases minérales détectées dans l’argile nous avons utilisé les pouvoirs de
réflexion de Schultz (1964) et Biscaye (1965). Nous avons aussi mesuré certains paramètres
DRX, comme l’intensité des pics de quartz I(101):I(100) (Eslinger et al., 1973), les pics de
l’illite I(002):I(001) (Lanson, 1997), et la cristallinité de l’illite º2θ par l’intermédiaire de
l’indice de Kübler (Kübler, 1968). Ces dernières valeurs, c’est-à-dire la cristallinité,
permettent de déduire de possibles effets diagénétiques sur les phases minérales, ainsi que, de
donner une idée sur l’éloignement de la source pourvoyeuse de sédiments (maturité).

91
II. DONNEES PETROGRAPHIQUES

Les échantillons 03P/13 et 04P/13 (Log 1: Oued Tazarine) de la Fm. Arhbaoulou


(Aptien-Cénomanien) correspondent tous les deux à des calcarénites à grain de taille
moyenne. L’échantillon 03P/13 se caractérise par la présence de plusieurs lithoclasts
provenant de roches carbonatées (la plupart correspondent à des micrites et quelques uns à des
sparites), de fossiles (foraminifères planctoniques) et de roches évaporitiques. On y reconnait
également des quartzs mono- et poly-cristallins, glauconie, micas (aussi bien muscovite que
biotite) et, moins fréquemment, des cristaux de dolomite. Les ciments et la matrice sont de
nature carbonatée et, dans certains cas, des minéraux opaques. L’échantillon 04P/13 est formé
presque en exclusivité de lithoclastes de roches carbonatées (la plupart des sparites),
bioclastes et glauconie; dans une moindre mesure, minéraux opaques, clastes de quartz mono-
et poly-cristallins, et micas. Le matériel interstitiel est très riche en ciment carbonaté et
cristaux évaporitiques. La dimension maximale des clastes de tous ces échantillons est
d’environ 300 µm.
L’échantillon 16P/13 (Log 3: Ouest Taïjoute) de la base de la Fm. Saf Hamam (Miocène
inférieur p.p.) peut être classé comme une microbrèche polygénique. La composition des
lithoclastes est très hétérogène: fragments lithiques de roches sédimentaires
(mudstones/wackestones, siltstones, arénites de grain fin, silex), de roches métamorphiques
(avec une paragenèse quartz+mica), bioclastes, quartz mono- et poly-cristallin, rares
feldspaths, phyllosilicates, grenats et oxydes de fer. Cet échantillon se caractérise par une
fabrique granulaire avec des tailles et des formes très variables. La forme varie de sphéricité
élevée à faible et d'angulaire à arrondie. Nous avons observé des ciments d’oxydes de fer
rouges aux environs des bordures des clastes.
Le reste des échantillons 20-44/13 qui proviennent de la Fm. Saf Hamam (Log 4: Saf
Hamam) d’âge Oligocène-Miocène inférieur, présente les caractéristiques suivantes :
Les échantillons 20/13 et 22/13 (limite Oligo-Aquitanien) correspondent à des nodules
lourdes de roches cristallines à grain de taille grossière, de nature évaporitique dominées par
des minéraux de type gypse, anhydrite, barite/célestine, et moins fréquemment halite. Le
quartz et la calcite sont également présents comme des minéraux accessoires. L’anhydrite et
le gypse apparaissent comme des masses granulaires de cristaux prismatiques et de cristaux
fibreux. La barite (/célestine) montre un habitus tabulaire, extinction droite et un relief
relativement accusé. Le quartz apparait sous forme de petits cristaux sub-anguleux dispersés.
A l’exception des minéraux accessoires, tous les cristaux ont des dimensions millimétriques.
L’échantillon 28/13 (Aquitanien supérieur) est une sub-litharénite à grain de taille fine
constituée par du quartz monocristallin et des fragments de roches carbonatées
(principalement micrites). D’abondants grains de glauconie sont également présents. Même
s’il est difficile d’évaluer la morphologie de la glauconie en lame mince, et elle peut être

92
même affectée par le transport et donc remaniée, les grains observés peuvent être considérés
principalement comme globuleux/lobuleux et capsuleux (Triplehorn, 1966). De façon moins
fréquente, apparaissent également des minéraux opaques, bioclastes, fragments de verre
(verres plats et avec des bulles), feldspaths et dolomite. La taille maximale du grain des
principaux constituants (quartz et carbonate) est d’environ 50 µm, alors que los bioclastes et
la glauconie atteignent 700 µm. Le matériel interstitiel est formé d’une matrice carbonatée.
Le reste des échantillons 25-44/13 sont des arénites de quartz à taille de grain très fine.
Généralement, ils sont formés par du quartz monocristallin et des fragments de roches
carbonatées (micrites et sparites), fossiles (la plupart des foraminifères planctoniques), micas,
dolomite, minéraux opaques, minéraux lourds (zircon), feldspaths (plagioclases), et cristaux
altérés de verre avec des proportions variables mais faibles. Le matériel interstitiel est formé
d’un ciment carbonaté sparitique et plus rarement d’une matrice carbonatée (à l’exception des
laminations). Toutes les quartzarénites sont bien triées. Les cristaux de quartz sont bien
arrondis et de forme angulaire à sub-arrondie. Le quartz le plus représenté est le
monocristallin, avec plusieurs angles d’extinction ondulée. Les grains de glauconie présentent
la même granulométrie que les principaux constituants.
Les échantillons 25/13, 27/13, 36/13, 40/13 et 44/13 sont des arénites laminées formées
d’une alternance de quartzarénites pures et matures avec d’autres moins matures (ces
dernières présentent une matrice carbonatée et des bioclastes associés).

Log Échantillon Âge Classification pétrographique


4 44/13 Burdigalien inférieur Quartzarénite
4 40/13 Burdigalien inférieur Quartzarénite
4 36/13 Burdigalien inférieur Quartzarénite
4 33/13 Aquitanien supérieur Quartzarénite
4 28/13 Aquitanien supérieur Sub-litharénite
4 27/13 Aquitanien inférieur Quartzarénite
4 25/13 Aquitanien inférieur Quartzarénite
Chattien supérieur-Aquitanien
4 22/13 Roche évaporitique
inférieur
Chattien supérieur-Aquitanien
4 20/13 Roche évaporitique
inférieur
3 16/13 Miocène inférieur Microbrèche polygénique
1 04/13 Aptien-Cénomanien Calcarénite
1 03/13 Aptien-Cénomanien Calcarénite

Tableau 12 : Liste des échantillons étudiés au microscope optique avec leur âge et classification
pétrographique.

93
III. INTERPRETATION DES DONNEES PETROGRAPHIQUES

L’étude des douze échantillons récoltés dans les trois coupes stratigraphiques étudiées
dans les unités de Tanger externe et Loukkos, indique la présence exclusive de roches
sédimentaires, dont la plupart ont une origine clastique (arénites, microbrèche) et, moins
fréquemment chimique (évaporites). Les observations pétrographiques réalisées nous
permettent d’avancer quelques interprétations en termes de paléoenvironnement et
paléoclimat.
Dans la Fm. Arhbaoulou (Log 1: Oued Tazarine; Aptien-Cénomanien) nous avons
reconnu des roches clastiques de type calcarénites. Il s’agit de roches à grain de taille
moyenne (par conséquent, sub-matures) constituées par des lithoclastes carbonatés,
foraminifères planctoniques, roches évaporitiques et glauconie. En outre, des quartzs
monocristallins, micas et dolomites sont également présents, mais avec des pourcentages plus
faibles. La forme des cristaux est très variable et contrôlée par la nature du claste (par
exemple les fossiles présentent normalement une sphéricité et un arrondissement élevés, alors
que le quartz présente une sphéricité médiocre et des formes angulaires à sub-arrondies).
D’après leurs caractéristiques, ces roches peuvent être mises en relation avec des périodes
d’instabilité tectonique et érosion des terrains anciens (par exemple faciès du Trias supérieur-
Jurassique inférieur et faciès du Lias : roches carbonatées et évaporites). Les textures (taille
du grain, forme et sélection/maturité) nous indiquent un faible transport dû à la proximité des
zones d’approvisionnement.
A la base de la Fm. Saf Hamam (Miocène inférieur) dans le Log 3 (Ouest Taïjoute) nous
avons constaté la présence d’un niveau érosif de type microbrèche de composition très
hétérogène (fragments lithiques de roches sédimentaires, métamorphiques, bioclastes, quartz
mono- et poly-cristallin, cristaux isolés de feldspath, phyllosilicates, grenats et oxydes de fer).
Ces caractéristiques seraient compatibles avec une source d’approvisionnement constituée
d’un socle et d’une couverture proches de la zone de dépôt.
Le reste des échantillons correspond à la Fm. Saf Hamam dans la coupe (Log 4) portant
le même nom (Oligocène-Miocène inférieur p.p.).
Les échantillons 20/13 et 22/13 correspondent à des nodules lourds de type évaporitique
et âge Oligocène supérieur-Aquitanien. La présence de ces roches évaporitiques semble
indiquer des climats chaux avec une importante évaporation et formation de sédiments
évaporitiques. L’apparition sous forme de nodules, pourrait être interprétée comme formés
par des processus diagénétiques dans des environnements riches en minéraux sulfatés (gypse,
anhydrite, halite). Pour la formation de la célestine, on propose dans la littérature, la
substitution diagénétique du Ca par Sr des sulfates. Cette substitution pourrait avoir lieu dans
deux contextes (Martín et al., 1984; Carlson, 1987; Anenburg et al., 2014): à cause des flux
hydrothermaux en relation avec un magmatisme, ou bien, ii) par substitution syn à tardi-
sédimentaire à cause des flux d’eaux hypersalines dans des climats arides par dessiccation et

94
baisse du niveau marin. L’apparition de verres dans plusieurs échantillons de cette formation,
pourrait être compatible avec des phénomènes de magmatisme durant cette période.
Durant l’Aquitanien p.p., on observe des sub-litharénites fines (échantillon 28/13)
constituées par du quartz monocristallin et fragments de roches carbonatées avec d’abondants
grains grossiers de glauconie. En se basant sur la couleur comme paramètre pour évaluer la
maturité de la glauconie (en lame mince sous lumière polarisée plane; MaRae 1972) on peut
considérer ces grains (principalement de couleur verte à vert sombre) comme évolués à très
évolués et par conséquent les caractériser de maturité élevée à très élevée (Odin et Matter,
1981; Amouric et Parron, 1985; Huggett et Gale, 1997; Kelly et Web, 1999). Tout cela, nous
amène à supposer qu’il s’agit de glauconies héritées, ce qui veut dire qu’il y avait une érosion
d’une source d’approvisionnement mature riche en glauconie
De façon plus remarquable, on peut noter dans la portion supérieure de la Fm. Saf
Hamam, un important approvisionnement détritique riche en quartzarénites. Ces échantillons
sont bien sélectionnés et caractérisés par la présence de quartz monocristallin, avec une très
bonne sphéricité et extinction ondulée. Cette dernière est une preuve du stress auquel ont été
soumis les quartzs du fait de la rotation de l’axe-c (Blatt et Tracy 1996). C’est typique des
cristaux de quartz dérivés de la désagrégation de roches métamorphiques et plutoniques, fait
qui témoigne d’une origine érosive polycyclique pour ces grains. Cette hypothèse se confirme
aussi par la faible présence des minéraux instables (par exemple feldspaths et micas) qui
auraient été éliminés dans différents cycles d’érosion-transport-sédimentation. Enfin, la
présence de minéraux lourds comme le zircon confirme davantage la susdite hypothèse des
cycles multi-sédimentaires.
Les échantillons de quartzarénites qui présentent, en plus, une structure interne avec des
laminations présentant une alternance de lamines de quartz mature avec des lamines moins
matures, pourraient indiquer différentes sources d’approvisionnement érodées en même
temps.
L’apparition des grains de glauconie dans ces quartzarénites se fait sous forme de grains
bien arrondis ovales ou sphériques et de même granulométrie que le quartz. La genèse de ce
minéral (en termes de milieu sédimentaire, profondeur, etc.) est actuellement sujet de
discussion entre les différents auteurs et ne doit pas être utilisée comme indicateur de milieu
de dépôt (Amorosi, 1997; Kitamura, 1998; Kelly et Webb, 1999; Chafetz et Reid, 2000). En
effet, la glauconie semble être présente dans des milieux marins profonds (de 50 m a 500 m;
Amorosi, 1997) et dans des milieux marins sommaires (plaines de marées; Chafetz et Reid,
2000). En outre, malgré le fait que plusieurs études indiquent que la morphologie des
glauconies peut être altérée par le transport et le remaniement (Odin et Matter, 1981; Odin et
Fullagar, 1988; Amorosi, 1995, 1997) certains auteurs suggérent que les grains de forme
ovale sont plus matures que les autres morphologies (Huggett et Gale, 1997). Si, en plus, ces
grains apparaissent déjà matures dans des sédiments, cela nous fait penser que c’est le résultat
des processus de sédimentation répétée.

95
En général, tous les échantillons nous indiquent des périodes d’érosion dues à une forte
activité tectonique ou baisse du niveau de la mer sous un climat aride. Cette activité
tectonique peut être corroborée par la présence de verres dans certains échantillons, ce qui
prouverait une certaine activité magmatique synsédimentaire.

Fig. 24 : Microphotos des lames minces des échantillons étudiés. (A)Echantillon 03P/13, Calcarénite, 5x,
Lumière naturelle « LN »; (B) Echantillon 04P/13, Calcarénite, 5x, « LN »; (C-D) Echantillon 16P/13,
Microbrèche polygénique, 5x, N+; (E-F) Echantillon 20/13, Roche évaporitique, 5x, Lumière polarisée-analysée
« LP »; (G) Echantillon 22/13, Roche évaporitique, 5x, « LP »; (H-I) Echantillon 28/13, Sub-litharénite, (H) 5x,
(I) 10x, « LN »; (J) Echantillon 25/13, Quarzarénite, 10x, « LP »; (K) Echantillon 27/13, Quarzarénite, 10x,
« LP »; (L) Echantillon 36/13, Quarzarénite, 10x, « LP ».

96
IV. DONNEES MINERALOGIQUES

Dans l’ensemble, la minéralogie totale des échantillons étudiés est constituée par du quartz
(19-51%), phyllosilicates (12-58%), calcite (<40%), dolomite (<30%), et avec de faibles
pourcentages, feldspaths, plagioclases, hématites, et zéolithes (Tableau 13). Le quartz et les
phyllosilicates apparaissent en relation inverse, prédominant les phyllosilicates durant le Crétacé
(Log 6) et durant l’Oligocène supérieur-Miocène inférieur (Log 4). Pour sa part, le quartz est
plus abondant durant l’Eocène (Log 6) et l’Aquitanien inférieur (Log 4). Les valeurs les plus
élevées de la dolomite se trouvent à l’Eocène (Log 6), alors que durant le Crétacé, on note
l’absence de la calcite et la dolomite (Log 6). Las argiles sont composées d’illite (38-56%),
interstratifiées illite-smectite (26-39%), kaolinite (6-18%), smectite (5-11%), palygorskite
(<5%), et traces de chlorite dans certains échantillons (Tableau 12). L’association minéralogique
(illite+interstratifiées illite-smectite+kaolinite+smectite) présente des variations modérées dans
les coupes étudiées (Fig. 25). L’abondance de l’illite et la smectite+kaolinite (phases minérales
de l’argile les plus abondantes) apparaissent en relation inverse. Les valeurs majeures de la
kaolinite et la smectite apparaissent pendant le Crétacé-Eocène (Log 6). La dolomite et des traces
de palygorskite apparaissent systématiquement dans tous les échantillons, plus spécialement à
l’Eocène (Log 6).
L’intensité des pics de quartz I(101):I(100) augmente dans la série de 0.16-0.17 au Crétacé-
Eocène (Log 6) à 0.17-0.21 à l’Oligocène-Miocène inférieur (Log 4). La cristallinité de l’illite
selon l’indice º2θ de Kübler varie de 0.17 à 0.30.

Fig. 25 : Résultats minéralogiques, donnés comme pourcentages des Fms. Taïjoute (Log 6: Crétacé
supérieur), Dehar Sidi Abdallah (Log 6: Eocène), et Saf Hamam (Log 4: Oligocène à Miocène inférieur),
montrant en (a) minéralogie totale (en %); (b) minéraux argileux (en %); (c) valeur de la formule
smectite+kaolinite:illite (S+K:I); (d) Intensité des pics du quartz I(101):I(100) (Lanson, 1997); (e) pics
de l’illite I(002):I(001) (Lanson, 1997); et (f) cristallinité de l’illite º2θ fois l’indice de Kübler.
Acronymes pour la minéralogie totale et des argiles: Qtz quartz, Phy phyllosilicates, Cte calcite, Dol
dolomite, Fd-P feldspath potassique, Plg plagioclase, Hem hematites, OCT opale CT, Clp
clinoptilolite, S smectite, I-S interstratifiés illite-smectite, Chl chlorite, I illite, K kaolinite, Pal
palygorskite, tr valeurs traces.

97
Minéralogie totale Minéralogie des argiles
Coupe Formation / QuartzI(101): IlliteI(002): Illite (º2θ )
Âge Qtz Phy Cte Dol Fd Plg Hem OCT Clp S I-S Chl I K Pal S+K:I ratio I(100) I(001)

Fm. Saf
H5/16 28 41 29 <5 tr tr 7 34 45 11 <5 0.22 0.19 0.09 0.29
Log 6: Hamam
H4/16 25 52 18 5 tr tr 5 27 56 7 5 0.14 0.20 0.08 0.30
Saf Oligocène-
H3/16 32 22 40 <5 tr <5 <5 tr 6 31 tr 44 14 5 0.16 0.21 0.13 0.27
Hamam Miocène
H2/16 51 44 5 tr tr tr tr 5 39 48 6 <5 0.23 0.18 0.06 0.30
inférieur
H1/16 19 40 34 5 tr tr <5 tr tr 6 26 tr 50 15 <5 0.18 0.18 0.09 0.30
Log 4: Fm.Dehar G5/16 40 16 22 17 tr <5 <5 10 30 38 18 <5 0.74 0.17 0.14 0.29
Dehar Sidi G4/16 29 12 36 19 <5 tr 9 27 49 12 <5 0.43 0.17 0.22 0.25
Sidi Abdallah G3/16 47 13 13 27 tr tr tr 9 37 45 9 tr 0.40 0.16 0.14 0.17
Abdallah Eocène G2/16 45 15 8 30 tr <5 tr tr 11 30 tr 40 16 <5 0.68 0.16 0.23 0.24

Fm.
Taïjoute G1/16 39 58 tr <5 tr <5 tr tr 7 31 54 8 tr 0.13 0.17 0.11 0.26
Crétacé
supérieur

Tableau 13: Composition de la minéralogie totale et des argiles (en %) des échantillons étudiés (Qtz : Quartz, Phy : Phyllosilicates, Cte : Calcite, Dol :
Dolomite, Fd : Feldspath potassique, Plg : Plagioclase, Hem : Hematites, OCT opale CT, Clp : Clinoptilolite, S : Smectite, I-S : interstratifiés illite-smectite,
Chl : Chlorite, I : Illite, K : Kaolinite, Pal : Palygorskite, tr : valeurs traces). Valeurs de la relation smectite+kaolinite:illite (S+K:I). Intensité des pics du
quartz I(101):I(100) et pics de l’illite I(002):I(001) (Lanson, 1997), et cristallinité de l’illite º2θ fois l’indice de Kübler (Kübler, 1968).

98
Aussi, les résultats de la relation smectite+kaolinite:illite (S+K:I) dans tous les échantillons
étudiés figurent dans le tableau 12. Cette relation a été proposée par Daoudi et al. (1995)
comme un indicateur des variations relatives du niveau de la mer. Les valeurs obtenues sont
faibles, oscillant entre 0.13 et 0.74, plus hétérogènes à l’Eocène et plus uniformes à
l’Oligocène supérieur-Miocène inférieur.

V. INTERPRETATION DES DONNEES MINERALOGIQUES

Les valeurs de l’intensité des pics de quartz I(101):I(100) et de l’illite I(002):I(001), et la


cristallinité de l’illite º2θ sont typiques des minéraux détritiques avec peu d’empreinte
diagénétique (Ruffell et al., 2002; Dou et al., 2010; Alcalá et al., 2013a), ce qui favorise les
interprétations des associations des minéraux (Ernest, 1963; Kübler, 1968; Lanson, 1997) tel que
le quartz et l’illite (Fig. 25) qui sont utilisés comme marqueurs de la distalité des sédiments
(maturité). Les faibles valeurs nous indiquent des sédiments matures. La proportion AlIV:SiIV et
MgVI:AlVI dans les positions dioctaédriques (Tableau 13; Fig. 25) permet de déduire la
substitution dans la structure de l’illite de Si par Al et Al par Mg au moment de la
transformation. Ainsi, les faibles valeurs nous indiquent des sédiments matures. La cristallinité la
plus élevée du quartz et de l’illite a été observée à l’Oligocène-Miocène inférieur (Log 4) et la
plus basse au Crétacé-Eocène (Log 6), due probablement au remaniement des sédiments durant
l’Oligocène-Miocène inférieur et à une importante maturité de la sédimentation durant le
Crétacé-Eocène. L’intensité des pics de l’illite I(002):I(001) était de 0.11 durant le Crétacé, et
faible de 0.14-0.23 à l’Eocène à 0.06-0.16 à l’Oligocène-Miocène inférieur, indiquant ainsi une
substitution importante de Al par Mg à l’Eocène, en bon accord avec une sédimentation dans une
plateforme externe silico-carbonatée.
Les valeurs les plus élevées de l’illite et des interstratifiées illite-smectite dans le Log 4, ainsi
que la cristallinité majeure des minéraux hérités (quartz et illite) peuvent suggérer un
approvisionnement plus proximal dû à une activité tectonique, comme ce qui a été proposé par
Alcalá et al. (2013b) pour la marge sud ibérique durant l’Oligocène-Miocène inférieur.
La nature de ces argiles principalement mixte illite-kaolinite-smectite est similaire à d’autres
minéralogies alumino-magnésiennes décrites dans des sédiments du Tertiaire dans la proto-
Méditerranée et l’Océan Atlantique nord (Thiry et Jacquin, 1993; Plestch, 1997; Patchineelam et
Figueiredo, 2000; Alcalá et al., 2001, 2013a, 2013b). Cette association minéralogique peut aussi
suggérer des apports provenant de l’érosion des sols développés sous climats subtropicaux,
comme ce qui a été proposé par Adatte et al. (2001) et Alcalá et al. (2001, 2013a) pour la marge
sud ibérique durant l’Eocène.
Le comportement hydrodynamique différent des minéraux de l’argile dans les
environnements marins ouverts contrôle sa capacité de distribution, la ségrégation et la distance
de transport (Gibbs, 1977; Prithviraj et Prakash, 1990), ce qui permet des déductions en termes
de variations relatives du niveau de la mer dues à des changements eustatiques ou à des causes

99
tectoniques (Alcalá et al., 2013a, 2013b). Pour une même aire, les changements de l’abondance
relative de l’illite, kaolinite, et smectite ont été utilisés pour déduire des variations relatives
proximal-distal. C’est dans ce but que Daoudi et al. (1995) proposent la relation
smectite+kaolinite:illite (S+K:I) en tenant en compte les affinités minéralogiques et
sédimentaires. Les valeurs entre 0.40-0.74 indiquent plus de distalité (ou moins d’apport
terrigène) de la sédimentation durant l’Eocène en comparaison avec les valeurs 0.14-0.23
obtenues durant l’Oligocène-Miocène inférieur (Fig. 25), période caractérisée par une entrée
terrigène importante constatée dans la sédimentation. Durant l’Eocène, on observe une
évolution clairement régressive-transgressive. Durant l’Oligocène supérieur-Miocène
inférieur les valeurs sont plus homogènes, cependant il semble, très probablement, y avoir une
évolution transgressive-régressive-transgressive.

100
CHAPITRE 4:
DEFINITION DES SEQUENCES DE DEPOT
ET DES FORMATIONS

101
I. INTRODUCTION

L’étude biostratigraphique et la corrélation des séries étudiées ont mis en évidence


l'existence de deux principales discontinuités associées avec des lacunes
stratigraphiques (Maaté S. et al., à paraitre à AJGS). Ces discontinuités permettent de
définir trois séquences de dépôt dans l’intervalle de temps étudié.
Dans le cas de l’unité de Tanger externe, et en tenant compte des datations
présentées dans le chapitre biostratigraphique, la corrélation entre les colonnes étudiées
(Fig. 26) permet de bien définir l’extension temporelle des séquences de dépôt (Crétacé
p.p., Eocène p.p. et Oligocène-Miocène inférieur p.p.) et aussi les lacunes qui les
séparent (Maastrichtien supérieur-Yprésien inférieur et Priabonien-Rupélien inférieur).
Dans le cas de l’unité de Loukkos, étant donné que les datations ne sont pas très
précises, la corrélation ne permet pas d'affiner aussi bien que dans le cas de l'unité de
Tanger externe. Cependant, les mêmes discontinuités, séquences de dépôt et lacunes
stratigraphiques sont présentes avec de légères variations (Fig. 27).
Dans les deux secteurs, la séquence de dépôt du Crétacé montre deux types de
faciès qui seront définies dans les lignes ci-dessous comme deux formations
sédimentaires (Figs. 28 et 29): Fm. Arhbaoulou (en postion proximale et de nature
principalement marno-calcaire) et Fm. Taïjoute (en position plus distale et de nature
pélitique).
La séquence de dépôt de l’Eocène montre des faciès homogènes et donc une seule
formation sédimentaire (Fm. Dehar Sidi Abdallah), même si nous y distinguons deux
membres (Fig. 30 et 31): un membre calcaire, présent seulement dans l'unité de
Loukkos, et un autre marneux présent dans les deux unités.
Dans la séquence de dépôt de l’Oligocène-Miocène inférieur, on définira une seule
formation sédimentaire (Fm. Saf Hamam), même si nous allons distinguer deux
membres et plusieurs niveaux-repères (Figs. 32 et 33). Nous définirons un membre
inférieur et un membre supérieur dans lequel nous distinguons les niveaux-repères de
glauconie, des arénites et des slumps.
En précisant davantage et en prenant en compte les informations des deux unités
ensemble, la discontinuité inférieure peut être située au sommet de l’Yprésien (zone E7:
Berggren et Pearson, 2005). Associée à cette discontinuité, il y a une lacune
stratigraphique qui se prolonge, au moins, depuis le Crétacé terminal (Maastrichtien
inféreur) jusqu’à l’Yprésien inférieur. La deuxième discontinuité située plus au-dessus,
se trouve dans l’Oligocène inférieur (Rupélien moyen: zone O2). Une lacune
stratigraphique associée à cette discontinuité également, comprend au moins le
Priabonien et le Rupélien inférieur.

102
Fig. 26: Corrélation entre les successions étudiées dans l'unité de Tanger externe ordonnées de
proximal à distal (de gauche à droite) avec indication des discontinuités et des séquences de
dépôt

103
Fig. 27: Corrélation entre les successions étudiées dans l'unité de Loukkos ordonnées de proximal
à distal (de gauche à droite) avec indication des discontinuités et des séquences de dépôt.

104
II. SÉQUENCE DE DÉPÔT DU CRÉTACÉ: FMS. ARHBAOULOU ET TAÏJOUTE

II.1. Introduction

La séquence de dépôt du Crétacé a été étudiée dans deux coupes dans chaque unité
(soit un total de quatre coupes): coupes Oued Tazarine et Ouest Taïjoute dans l’unité de
Loukkos; coupes Arhbaoulou et Dehar Sidi Abdallah dans l’unité de Tanger externe
(Fig. 28). La séquence de dépôt du Crétacé n'a pas été étudiée jusqu'à sa limite avec la
séquence sous-jacente, pour la simple raison que ceci ne constitue pas un objectif
principal de cette thèse. Cependant, sa limite supérieure est claire et le passage à la
séquence de dépôt suivante de l'Eocène s’effectue à travers la discontinuité de
l’Yprésien supérieur. Dans cette séquence, en tenant compte de l'extension
cartographique et des lithofaciès nous avons définit officieusement deux formations:
Fm. Arhbaoulou (de nature principalement marno-calcaire) et Fm. Taïjoute (de nature
essentiellement pélitique).

105
Fig. 28: Corrélation entre les successiones étudiées de la séquence de dépôt du Crétacé.

106
II.2. Définition de la Fm. Arhbaoulou: caractéristiques lithologiques, épaisseur et
limites

Les terrains attribués à cette formation ont été reconnus dans la coupe Oued
Tazarine dans l'unité de Loukkos et la coupe Arhbaoulou dans l’unité de Tanger
externe. Dans les deux coupes, la limite inférieure de la formation n'a pas été étudiée.
Par contre, la limite supérieure est visible dans la coupe Oued Tazarine et correspond à
la discontinuité de passage à la Fm. Dehar Sidi Abdallah. Pour la coupe Arhbaoulou, la
limite supérieure de la formation correspond à la limite supérieure de la coupe elle-
même.
La Fm. Arhbaoulou est définie officieusement comme un holostratotype composé
de: la coupe Oued Tazarine pour sa partie inférieure (coordonnées UTM 285376E
3880362N 30S) et la coupe Arhbaoulou pour sa partie supérieure (coordonnées UTM
280228E 3886325N 30S). Son nom dérive de cette partie supérieure. Son épaisseur
totale est estimée à 196 m.
La partie inférieure de la Fm. Arhbaoulou (coupe Oued Tazarine) est formée par les
associations de faciès qui sont présentées dans le tableau 14:

Épaisseur Échantillons Description des lithofaciès de terrain


(85 m) P: pétrographie (coupe Oued Tazarine)
Pélites avec calcarénites lenticulaires dans la partie
15 8/13
moyenne-supérieure.
2/13, 3P/13, Association de lithofaciès stratifiés avec alternance d’argiles
25 4P/13, 5/13, 6/13, à blocs, grès, calcaires, pélites brun-grisâtres et calcarénites
7/13 lenticulaires.
Argiles à blocs avec des blocs de 80 cm de diamètre
15 1/13
maximum
>30 --- Pélites brun-grisâtres

Tab. 14: Associations de faciès, épaisseurs et échantillons de la partie inférieure de la Fm.


Arhbaoulou.

La partie supérieure de la Fm. Arhbaoulou (coupe Arhbaoulou) est formée par les
associations de faciès qui sont présentées dans le tableau 15.

L'analyse détaillée des tableaux 12 et 13 permet de subdiviser cette formation en


quatre parties (Fig. 29).

107
Épaisseur Échantillons Description des lithofaciès de terrain
(220 m) P: pétrographie (coupe Arhbaoulou)
Pélites noirâtres avec intercalations de lits calcarénitiques
75 14/13
(20-40 cm).
8 13/13 Slump: pélites avec arénites déformées.
1 --- Pélites noirâtres homogènes.
--- Marnes brunâtres-grisâtres avec de minces lits arénitiques
5
(1-2 cm).
2 --- Sables non cimentées parfois avec de minces lits calcaires
3 --- Niveau calcarénitique
2 12/13 Pélites noirâtres écailleuses
5 --- Slump: pélites avec arénites et calcarénites déformées
1 --- Niveau calcarénitique
94 9/13, 10/13, 11/13 Pélites noirâtres et brun-grisâtres.
Tab. 15: Associations de faciès, épaisseurs et échantillons de la partie supérieure de la Fm.
Arhbaoulou.

Fig. 29 : Holostratotype composé de la Fm. Arhbaoulou (coupes Oued Tazarine et Arhbaoulou)


et différenciation des parties reconnues.

108
- Première partie: il s’agit de 30 m de pélites brun-grisâtres qui appraissent dans la
partie inférieure de la coupe Oued Tazarine.
- Deuxième partie: 40 m d’alternance d’argiles à blocs (80 cm de diamètre maximum),
grès, calcaires, pélites brun-grisâtres et calcarénites lenticulaires qui apparaissent dans la
partie moyenne de la coupe Oued Tazarine. L’étude pétrographique des arénites de cette
partie nous indique qu’il s’agit de calcarénites de grain de taille moyenne, avec des
lithoclastes provenant de roches carbonatées (la plupart correspondent à des micrites;
de rares sparites sont également présents), fossiles (foraminifères planctoniques). On
reconnait également des quartz mono et poly-cristallins, glauconie, micas (aussi bien
muscovite que biotite), et avec des proportions plus faibles, des cristaux de dolomite.
Les ciments et la matrice sont de nature principalement carbonatée.

Dans la coupe Arhbaoulou, ces deux premières parties correspondent à un seul


niveau de 94 m de pélites brun-grisâtres.

- Troisieme partie: 38 m de pélites noirâtres écailleuses avec des calcarénites, slumps de


calcarénites et sables, dans la partie supérieure.

- Quatrième partie: 88 m de pélites et marnes noirâtres avec intercalations de minces lits


calcarénitiques (1-2 cm) dans la partie inférieure et puissants (20-40 cm) dans la partie
supérieure. Niveau slumpé d’arénites déformées dans la partie moyenne.

II.3. Âge de la Fm. Arhbaoulou

La Fm. Arhbaoulou a été datée par des foraminifères planctoniques aussi bien dans
la coupe Oued Tazarine que celle d’Arhbaoulou. Les associations et âges qui en
résultent pour les différents échantillons productifs sont présentés dans le tableau 16.
L'âge de l'ensemble de la formation comprend l'intervalle Aptien-Maastrichtien
inférieur. L’âge des différentes parties serait le suivant (Tab. 16): la première partie n'a
pas été datée, mais elle aurait un âge pas plus ancien que l’Aptien; la deuxième partie a
été datée Aptien-Turonien; la troisième partie est probablement d’âge Turonien-
Campanien; la quatrième partie est d’âge Campanien supérieur-Maastrichtien inférieur.

II.4. Interprétation sédimentaire de la Fm. Arhbaoulou

Les terrains crétacés de la Fm. Arhbaoulou sont formés par des pélites, argiles à
blocs, calcaires, calcarénites, marnes et slumps. Les niveaux pélitico-marneux
contiennent des foraminifères planctoniques. Tout cela, nous amène à proposer un

109
milieu sédimentaire marin pélagique et profond, de type talus continental transition à la
plateforme plus externe.

Tab. 16: Associations de foraminifères planctoniques et âge proposé pour la Fm. Arhbaoulou et
ses différentes parties.

Dans le détail, la première partie représenterait un environnement sédimentaire de


bassin marin profond. La deuxième partie présente des caractéristiques d'un talus à
proximité d'une plateforme avec une forte instabilité tectonique, comme en témoignent
les argiles à blocs et les slumps. La troisième partie représente la plateforme externe
instable, et la dernière partie représenterait de nouveau un environnement de talus avec
des dépôts turbiditiques calcarénitiques, d’abord fins puis plus puissants. Tout cela,
nous amène à proposer que la succession, dans son ensemble, montre une évolution
régressive-transgressive.

110
II.5. Définition de la Fm. Taïjoute: caractéristiques lithologiques, épaisseur et
limites

Les terrains attribués à cette formation ont été reconnus dans la coupe Ouest
Taïjoute dans l'unité de Loukkos et dans la coupe Dehar Sidi Abdallah dans l’unité de
Tanger externe. Dans les deux coupes, la limite inférieure de la formation n'a pas été
étudiée. La limite supérieure est visible dans les deux coupes, et correspond à la
discontinuité de passage à la Fm. Dehar Sidi Abdallah.
La Fm. Taïjoute est définie de façon informelle avec un simple holostratotype dans
la coupe Ouest Taïjoute (Fig. 30), d'où dérive son nom (UTM 30S 291256E 3871093N).
Il est constitué de 50 m de faciès monotones de pélites sombres plus ou moins
écailleuses. L’étude préliminaire des argiles de cette formation a montré une proportion
en phyllosilicates beaucoup plus importante que dans la Fm. Dehar Sidi Abdallah.
L’absence de la calcite et de la dolomite est aussi une caractérisitique de cette
formation. Par contre, cette formation est riche en kaolinite et smectite.
Cependant, ces mêmes faciès ont été reconnus dans la coupe Dehar Sidi Abdallah
(coordonnées UTM 237654E 3950844N 30S) et ils affleurent largement dans les unités
de Loukkos et Tanger externe.

Fig. 30: Holostratotype de la Fm. Taïjoute (coupe Ouest Taïjoute) et sa corrélation avec la
coupe Dehar Sidi Abdallah.

II.6. Âge de la Fm. Taïjoute

Cette formation a fourni peu d'informations biostratigraphiques puisque seuls deux


échantillons ont été légèrement productifs. L’échantillon 15/13 dans la coupe Ouest
Taïjoute présente un grain qui rappelle un foraminifère planctonique du Crétacé. D'autre
part, l’échantillon 50/13 provenant de la coupe Dehar Sidi Abdallah, a fourni une
association du Crétacé supérieur par la présence de Rosita fornicata (Plummer) et
Globotruncanita calcarata (Cushman) correspondant au Campanien supérieur.
111
II.7. Interprétation sédimentaire de la Fm. Taïjoute

Les terrains crétacés de la Fm. Taïjoute se composent de pélites sombres plus ou


moins écailleuses avec très peu de foraminifères planctoniques. Tout cela, nous amène à
proposer un environnement sédimentaire marin pélagique et profond (plaine abyssale
probable) à proximité de la surface de compensation des carbonates, avec un apport
terrigène très fin. La monotonie des faciès ne nous permet pas de proposer une
évolution sédimentaire.

II.8. Synthèse de la séquence de dépôt du Crétacé

Les terrains attribués à la séquence de dépôt du Crétacé affleurent largement dans


les unités de Loukkos et Tanger externe. Nous définissons officieusement deux
formations stratigraphiques: i) La Fm. Arhbaoulou, de nature plus limono-calcarénitique
mais avec des niveaux d’argiles à blocs et de slumps; et ii) la Fm. Taïjoute avec des
faciès monotones de pélites sombres, parfois écailleuses. Du fait qu’ils ne constituent
pas l'objectif principal de l'étude dans cette thèse, cette séquence a été étudiée dans la
partie supérieure à la limite avec la séquence sus-jacente. Les données
biostratigraphiques indiquent des âges du Crétacé moyen au Crétacé presque terminal
(Aptien à Maastrichtien inférieur). Bien que les données biostratigraphiques sont rares
et pas toujours identiques, il semble clair que les deux formations doivent apparaître par
le biais du changement latéral de faciès.

Quand à l'interprétation sédimentaire, la Fm. Arhbaoulou représente des


environnements marins pélagiques profons proches d’un talus et même d’une
plateforme externe organisée en une séquence régressive-transgressive, alors que la Fm.
Taïjoute représente des environnements marins un peu plus profonds et éloignés du
talus (probablement plaine abyssale) sans une tendance claire.
Le fait que dans les deux unités tectoniques on retouve le même schéma (talus -
plateforme externe - plaine abyssale) nous permet d’envisager une paléogéographie du
Crétacé articulée en “touches de piano” avec des blocs surélevés (probablement
basculés) et des blocs affaissés.

112
III. SÉQUENCE DE DÉPÔT DE L’EOCÈNE: FM. DEHAR SIDI ABDALLAH

III.1. Introduction

La séquence de dépôt de l’Eocène a pu être étudiée dans trois coupes pour chaque
unité (soit un total de six coupes): coupes Aïn Kob, Oued Tazarine et Ouest Taïjoute
dans l’unité de Loukkos; coupes ENE Mediar, Dehar Sidi Abdallah et N Oulad Ziane
dans l’unité de Tanger externe (Fig. 31). La séquense de dépôt de l’Eocène est limitée à
sa base et à son sommet par des discontinuités stratigraphiques de passage aux autres
séquences de dépôt. Sa limite inférieure se situe à l’Yprésien supérieur, alors que sa
limite supérieure se localise dans le Bartonien. Dans cette séquense, et en tenant compte
de l’extension cartographique et des lithofaciès, nous avons définit une seule formation:
Fm. Dehar Sidi Abdallah dans laquelle nous avons différencié deux membres: un
membre marneux et un autre calcaire.

III.2. Définition de la Fm. Dehar Sidi Abdallah: caractéristiques lithologiques,


épaisseur et limites

Les terrains attribués à cette formation ont été reconnus dans les coupes Aïn Kob,
Oued Tazarine et Ouest Taïjoute (unité de Loukkos); et ENE Mediar, Dehar Sidi
Abdallah et N Oulad Ziane (unité de Tanger externe). La limite inférieure de cette
formation est visible dans les coupes Oued Tazarine, Ouest Taïjoute et Dehar Sidi
Abdallah et coïncide avec la discontinuité de passage à la séquense de dépôt du Crétacé.
Dans le cas de la coupe Oued Tazarine la limite inférieure coincide avec la Fm.
Arhbaoulou, alors que dans le reste des coupes elle coïncide avec la Fm. Taïjoute. La
limite supérieure est visible dans les coupes Aïn Kob, Ouest Taïjoute, ENE Mediar et
Dehar Sidi Abdallah et correspond au passage à la Fm. Saf Hamam de la séquense de
dépôt de l’Oligocène-Miocène inférieur.
La Fm. Dehar Sidi Abdallah est définie avec un holostratotype composé: coupe
Dehar Sidi Abdallah pour la partie inférieure (coordonnées UTM: 30S 237654E
3950844N) et coupe ENE Mediar pour la partie supérieure (coordonnées UTM: 30S
240730E 3942860N). Le nom de cette formation dérive de la première coupe
mentionnée. Nous avons défini également un parastratotype qui permet de mettre en
évidence un changement latéral de faciès, dans la coupe Aïn Kob (coordonnées UTM:
30S 284576E 3870493N). Son épaisseur totale minimale est estimée à 85 m dans
l’holostratotype et 130 m dans le parastratotype.

113
Fig. 31: Corrélation entre les successions étudiées de la séquence de dépôt de l'Eocène.

114
La Fm. Dehar Sidi Abdallah est formée par les associations de faciès qui sont présentées
dans le tableau 17.

Épaisseur Échantillons Description des lithofaciès de terrain


P: pétrographie
130 m Coupe Aïn Kob
Pélites brunâtres avec des arénites d’épaisseur centi à décamétrique
2 59P/15
et qui intercalent parfois de minces lits conglomératiques.
Marnes jaunâtres et brunâtres et marno-calcaires alternant avec des
78 60/15; 61/15 calcaires gris-bleuâtres avec de fréquents nodules de silex noirâtres
et bleutâtres.
30 63/15 Marnes jaunâtres et brunâtres.
Marnes jaunâtres et brunâtres et marno-calcaires alternant avec des
20 64/15 calcaires gris-bleuâtres avec de fréquents nodules de silex noirâtres
et bleuâtres.
50 m Coupe ENE Mediar
50 60/13, 61/13 Marnes siliceuses vertes et marno-calcaires.
35 m Coupe Dehar Sidi Abdallah
52/13 à 58/13 Marnes vertes stratifiées et silicifiées et marno-calcaires. La
35
G2/16 à G5/16 silicification est généralisée. Parfois présence de nodules de silex.
Tab. 17: Associations de faciès, épaisseurs et échantillons de la Fm. Dehar Sidi Abdellah.

L'analyse détaillée du tableau ci-dessus permet de subdiviser cette formation en


deux membres (Fig. 32):
- Membre marneux: il se compose de 35 m de marnes stratifiées vertes et silicifiées
et marno-calcaires (la silicification est généralisée), parfois avec présence de nodules de
silex, suivis de 50 m de marnes siliceuses vertes et marno-calcaires. Ce membre est
présent dans l’holostratotype, dans la partie inférieure du parastratotype et dans d'autres
coupes de la Fm. Dehar Sidi Abdallah. L’étude des argiles de ce membre a montré des
proportions plus importantes de quartz et dolomite, que dans les autres formations
étudiées. On peut noter, également, que cette formation est aussi riche en kaolinite et
smectite que la Fm. Taïjoute.
- Membre calcaire: il est représenté par 78 m de marnes jaunâtres et brunâtres et
marno-calcaires alternant avec des calcaires gris-bleuâtres avec de fréquents nodules de
silex noirâtres et bleutâtres.

115
Fig. 32: Holostratotype composé de la Fm. Dehar Sidi Abdallah (coupes Dehar Sidi Abdallah
et ENE Mediar) et sa corrélation avec le parastratotype (coupe Aïn Kob). Différenciation des
membres définis.

III.3. Âge de la Fm. Dehar Sidi Abdallah

La Fm. Dehar Sidi Abdallah a pu être datée par l’intermédiaire de foraminifères


planctoniques aussi bien dans la coupe Dehar Sidi Abdallah que la coupe ENE Mediar.
Le tableau 18 rassemble les associations et les âges obtenus à partir des différents
échantillons qui ont donné des résultats positifs.
D’autres datations, bien que moins précises, ont également été obtenus (par
foraminifères planctoniques ou d’après la reconnaissance sur le terrain ou en lame
mince de macroforaminifères benthiques de type nummulitidés) dans les coupes Aïn
Kob, Oued Tazarine, Ouest Taïjoute et N Oulad Ziane. Il existe également des datations
dans la littérature par des foraminifères planctoniques et la présence de nummulitidés.
Dans tous les cas, les associations obtenues ou mentionnées dans la littérature indiquent
un âge Eocène (Lutétien ou Lutétien-Bartonien) sans plus de précision.

116
Tab. 18: Association paléontologique des foraminifères planctoniques et âge proposé pour la
Fm. Dehar Sidi Abdallah.

Par conséquent, nous proposons un âge Yprésien supérieur à Bartonien pour cette
formation. Les coupes ayant fourni des datations correspondent tous au membre
marneux. Cependant, le membre calcaire se localise dans une position stratigraphique
supérieure de la formation, dans les coupes Oued Tazarine et Aïn Kob. C’est la raison
pour laquelle nous lui attribuons un âge probable Lutétien supérieur-Bartonien.

III.4. Interprétation sédimentaire de la Fm. Dehar Sidi Abdallah

Les terrains éocènes de la Fm. Dehar Sidi Abdallah sont formés par des marnes et
marno-calcaires stratifiées et silicifiées parfois avec présence de nodules de silex
(Membre marneux) et marnes et marno-calcaires alternant avec des calcaires contenant
de fréquents nodules de silex (Membre calcaire). Les niveaux marneux présentent une
abondance de foraminifères planctoniques, alors que dans les niveaux calcaires on
rencontre plutôt des macrforaminifères benthiques (nummulitidés). Tout ces arguments
nous amènent à proposer un environnement sédimentaire de plateforme de transition
externe à hémipélagique.
Dans le détail, le membre calcaire représenterait la plateforme externe, tandis que le
membre marneux pourrait correspondre à un dépôt dans un environnement
hemipélagique à proximité de la plateforme externe. Ce membre calcaire est présent

117
uniquement dans la partie supérieure des deux coupes dans l’unité de Loukkos (Aïn
Kob et Oued Tazarine), tandis que le membre marneux est présent dans toutes les
coupes. Dans le cas de la coexistence des deux membres, le membre marneux occupe
une position inférieure stratigraphique. Dans tous les cas, il est intéressant de noter la
forte présence de la silice dans l'environnement sédimentaire durant l'Eocène.
D’autre part, dans deux coupes de l'unité de Loukkos, nous avons observé des
indices d'une instabilité tectonique ou d’une activation des sources
d’approvisionnement. Ainsi, dans la partie supérieure de la coupe Aïn Kob, nous avons
noté un niveau avec des conglomérats et des arénites. Dans la coupe Ouest Taïjoute,
nous avons également observé un niveau chaotique de type slump. Ces observations
plaident en faveur d’environnements relativement peu profonds, plus proches des
sources d’approvisionnement et tectoniquement plus actifs pour le secteur de l'unité de
Loukkos que pour le secteur de l’unité de Tanger.
En outre, le fait que le membre calcaire se développe vers la partie supérieure de la
succession, et que le membre marneux apparaît vers la base, dans les coupes où
affleurent les deux, suggère que la succession dans son ensemble, montre une évolution
transgressive-regressive.

III.5. Synthèse de la séquence de dépôt de l’Eocène

Les terrains attribués à la séquence de dépôt de l’Eocène affleurent de façon réduite


dans les unités de Loukkos et Tanger externe. Nous avons définit une seule formation
appelée Fm. Dehar Sidi Abdallah formée par des marnes, marno-calcaires stratifiées et
silicifiées et calcaires avec de fréquents nodules de Silex. Cette formation, est composée
de deux membres: un Mb. marneux et un autre Mb. Calcaire (selon la prédominance des
marnes siliceuses ou des calcaires). La séquence de dépôt de l’Eocène est limitée à sa
base par la séquence de dépôt du Crétacé et à son sommet par la séquence de dépôt de
l’Oligocène-Miocène inférieur. Les données biostratigraphiques suggèrent un âge
Yprésien supérieur-Bartonien pour la séquense de dépôt et la formation stratigraphique.

Quand à l'interprétation sédimentaire, la séquence de dépôt de l’Eocène représente


des environnements sédimentaires de plateforme externe à hemipélagique avec une
grande influence siliceuse, organisée en une séquence transgressive-régressive.

La présence de tectofaciès et lithofaciès moins profonds et détritiques dans l'unité


de Loukkos permet d’envisager une paléogeographie pour l'Eocène avec un domaine
moins profond et tectoniquement actif pour ce secteur, tandis que le secteur de l’unité
de Tanger externe représenterait un domaine plus profond, tectoniquement plus calme et
éloigné des zones d’approvisionnement ou dérosion.

118
IV. SÉQUENCE DE DÉPÔT DE L’OLIGOCENE-MIOCENE INFÉRIEUR: FM. SAF HAMAM

IV.1. Introduction
La séquence de dépôt de l’Oligocène-Miocène inférieur a pu être étudiée dans deux
coupes dans l'unité de Loukkos et trois coupes dans l'unité de Tanger externe (soit un
total de cinq coupes): coupes Aïn Kob et Ouest Taïjoute dans l’unité de Loukkos;
coupes ENE Mediar, Dehar Sidi Abdallah (avec des réserves) et Saf Hamam dans
l’unité de Tanger externe (Fig. 33). La séquence de dépôt de l’Oligocène-Miocène
inférieur est limitée à sa base par la discontinuité du Rupélien moyen, alors que sa
limite supérieure correspond, parfois avec la surface d'érosion, et dans d’autres cas avec
le plan de charriage du flysch numidien (coupe ENE Mediar). Dans cette séquence, en
tenant en compte de l’extension cartographique et des lithofaciès nous avons définit une
seule formation: Fm. Saf Hamam dans laquelle nous avons différencié deux membres
superposés: un Mb. inférieur et un Mb. Supérieur.

IV.2. Définition de la Fm. Saf Hamam: caractéristiques lithologiques, épaisseur et


limites
Les terrains attribués à cette formation ont été reconnus dans les coupes Aïn Kob et
Ouest Taïjoute (unité de Loukkos); et ENE Mediar et Saf Hamam (unité de Tanger
externe). Des terrains non datés, mais similaires aux faciès versicolores de cette
formation, se localisent au toit de la coupe Dehar Sidi Abdallah et ont été inclus dans
cette thèse, avec des réserves, dans la Fm. Saf Hamam.
La limite inférieure de cette formation est visible dans toutes ces coupes (sauf dans
le cas de Saf Hamam où elle n’affleure pas) et coïncide avec la discontinuité de passage
à la séquense de dépôt de l'Eocène. Dans le cas de la coupe Aïn Kob, la Fm. Saf Hamam
repose sur le Mb. calcaire de l’Eocène, tandis que dans les autres cas, elle repose sur le
Mb. marneux. La limite supérieure coïncide avec la surface d'érosion dans tous les cas,
sauf dans le cas de la coupe ENE Mediar, où elle correspond au plan de chevauchement
du flysch numidien.
La Fm. Saf Hamam est définie avec un holostratotype composé: coupe ENE Mediar
pour la partie inférieure (coordonnées UTM: 240730E 3942860N 30S) et coupe Saf
Hamam (coordonnées UTM: 242478E 3947940N 30S) pour la partie supérieure. Le
nom de cette formation dérive de cette dernière coupe. Son épaisseur totale minimale est
estimée à environ 730 m dans l’holostratotype.
L’étude des argiles de cette formation a montré des valeurs élevées en
phyllosilicates en comparaison avec la coupe Dehar Sidi Abdallah. C’est la formation
qui présente les valeurs les plus élevées en illite de tout le registre étudié.
La Fm. Saf Hamam est formée par les associations de faciès qui sont présentées
dans le tableau 19:

119
Fig. 33: Corrélation entre les successions étudiées de la séquence de dépôt de l'Oligocène-Miocène inférieur.

120
Échanillons
Épaisseur Description des lithofaciès de terrain
P: pétrographie
680 m Coupe Saf Hamam
40 44P/13, 45/13 Marnes grises claires alternant avec des arénites quartzeuses.
5 43/13 Pélites marneuses versicolores.
Contact tectonique !?
Pélites marneuses versicolores avec des blocs de calcaires (faciès
39/13, 40P/13, 41/13, 42/13 à "boules jaunes") et slumps constitués de pélites versicolores
393
H5/16 déformées, de marnes noir-grisâtres et intercalations de lits
arénitiques et calcaires. Niveau repère
Pélites et marnes alternant avec des arénites turbiditiques
62 37/13, 38/13 glauconieuses et quartzeuses (épaisseur 10-40 cm) avec
bioturbation fréquente.
Arénites turbiditiques glauconieuses et avec du quartz multi-
36P/13 composé de granulométrie fine. Niveau repère cartographié
10
H4/16 aussi sur la carte géologique officielle (feuille Tanger-Al Manzla
1/50.000).
Marnes et pélites alternant avec des arénites turbiditiques
33P/13, 34/13, 35/13
20 glauconieuses et quartzeuses (épaisseur 10-40 cm) avec
bioturbation fréquente.
Marnes homogènes noirâtres-grisâtres avec des nodules lourds
4 32/13
et/ou des concrétions minéralisées.
Intervalle chaotique constitué de marnes et de calcaires déformés:
6 31/13
probablement slumps
Pélites marneuses versicolores (grisâtres, verdâtres, violacées)
29/13, 30/13
28 stratifiées alternant avec des calcaires grisâtres clairs et un niveau
H3/16, 28P/13
arénitique glauconieux. Niveau repère.
18/13, 19/13, 20P/13, Marnes homogènes noirâtres-grisâtres avec des nodules lourds
21/13, 22P/13, 23/13, (échantillons 20 et 22) et/ou des concrétions minéralisées avec,
112
24/13, H1/16, 25P/13, vers le haut, des calcaires laminés lenticulaires gris clairs (10-20
26/13, H2/16, 27P/13 cm), à fréquente bioturbation (type Scolicia)
50 m Coupe ENE Mediar
Pélites et marnes brunâtres avec de rares lits arénitiques
50 62/13, 63/13
(épaisseur 10-20 cm).
Tab. 19: Associations de faciès, épaisseurs et échantillons de la Fm. Saf Hamam.

121
L'analyse détaillée du tableau ci-dessus permet de subdiviser cette formation en
deux membres (Fig. 34):

Fig 34: Holostratotype composé de la Fm. Saf Hamam (coupe ENE Mediar et Saf Hamam) et
différenciation des membres définis.
122
- Membre inférieur: ce membre d’environ 162 m d’épaisseur, est constitué de 50 m de
pélites et marnes brunâtres avec de rares lits arénitiques (épaisseur 10-20 cm), suivies de
112 m de marnes homogènes noirâtres-grisâtres avec des nodules lourds et/ou des
concrétions minéralisées avec, vers le haut, des calcaires laminés lenticulaires gris clairs
(10-20 cm), à fréquente bioturbation (type Scolicia). L’étude pétrographique de ces
nodules a montré qu’ils sont constitués principalement par des roches évaporitiques
(gypse, sulfate et célestine) et quelques quartz et calcites. Le Mb. inférieur est présent
dans les deux coupes qui constituent l’holostratotype, et aussi dans la coupe Dehar Sidi
Abdallah, quoique avec des réserves dans ce dernier cas.
- Membre supérieur: le Mb. supérieur a une épaisseur de 568 m subdivisée de la façon
suivante: 28 m de pélites marneuses versicolores (grisâtres, verdâtres, violacées)
stratifiées alternant avec des calcaires grisâtres clairs et un niveau arénitique
glauconieux qui peut être considéré comme un niveau-repère; 10 m de marnes
homogènes noirâtres-grisâtres contenant des nodules lourds et un intervalle chaotique
constitué de marnes et de calcaires déformés: probablement slumps; 92 de marnes et
pélites alternant avec des arénites turbiditiques glauconieuses et quartzeuses (épaisseur
10-40 cm) avec bioturbation fréquente et avec un niveau d’arénites turbiditiques
glauconieuses contenant du quartz multi-composé de granulométrie fine (niveau-repère
cartographié aussi sur la carte géologique officielle Tanger-Al Manzla au 1/50.000); 393
m de pélites marneuses versicolores avec des blocs de calcaires (faciès à "boules
jaunes") et slumps (niveau-repère) constitués de pélites versicolores déformées, de
marnes noir-grisâtres et intercalations de lits arénitiques et calcaires; 45 m de pélites
marneuses versicolores et marnes grises claires alternant avec des arénites quartzeuses.
Dans ce membre supérieur trois niveaux-repère ont été observés: arénites glauconieuses,
arénites quartzeuses et niveau chaotique de type slump. Le Mb. supérieur est présent
dans les coupes Aïn Kob, Ouest Taïjoute et Saf Hamam.
L’étude pétrographique des niveaux arénitiques, nous indique la présense de sub-
litharénites et quartzarénites. Les sub-litharénites sont constituées de quartz
monocristallin et fragments de roches carbonatées (principalement micrites) avec
d’abondantes glauconies. Les quartzarénites sont constituées essentiellement par des
grains de petite taille de quartz mono et micro-cristallin, et avec de faibles proportions,
des glauconies, fragments de roches carbonatées, micas, dolomite, minéraux opaques et
minéraux lourds (zircon), plagioclases et restes de verre altéré. Les cristaux de quartz
sont, en général, bien arrondis et présentent une extinction ondulée.

IV.3. Âge de la Fm. Saf Hamam

La Fm. Saf Hamam a été datée par l’intermédiaire de foraminifères planctoniques


dans l’Holostratotype aussi bien dans la coupe ENE Mediar que celle de Saf Hamam.

123
D’autres datations, moins précises ont été obtenues à partir des coupes Aïn Kob et
Ouest Taïjoute. Le tableau 20 rassemble les associations et les âges obtenus à partir des
différents échantillons qui ont donné des résultats positifs. L’âge le plus ancien obtenu
est le Rupélien moyen (zone O2) et le plus récent le Burdigalien inférieur (zone N5).
Il convient de noter que des associations du Rupélien supérieur-Chattien inférieur
ont été trouvées dans la partie supérieure de l’holostratotype, coïncidant avec des
intervalles de déformation chaotique de type slump, qui ont été considérées comme
resédimentées ou englobées dans une masse de glissement gravitaire.
Enfin, il faut tenir aussi en considération que la coupe de Saf Hamam a été étudiée
auparavant par Zaghloul et al. (2005). Cette étude a eu lieu avant la réalisation des
travaux actuels de la LGV. Ces auteurs ont trouvé dans la partie supérieure de cette
coupe des associations de foraminifères et nannoflore calcaire du Miocène moyen
(Serravallien inférieur). Cet âge n'a pas été retrouvé dans nos échantillons et pourrait
être attribué à ces terrains qui ont été détruits par les travaux de la LGV. Toutefois, nous
pensons que cet âge si élevé serait corrélé, avec des réserves, et en tenant en compte les
données régionales (Suter, 1980) avec une séquence de dépôt (et formation
stratigraphique) supradjacente.
Par conséquent, nous proposons un âge Rupélien moyen à Burdigalien inférieur
pour la Fm. Saf Hamam.

IV.4. Interprétation sédimentaire de la Fm. Saf Hamam

Les terrains de l’Oligocène-Miocène inférieur de la Fm. Saf Hamam sont riches en


foraminifères planctoniques et sont constitués dans le Mb. inférieur par des pélites et
marnes avec de rares lits arénitiques et calcaires laminés lenticulaires vers le haut. Il est
fréquent de rencontrer des figures de bioturbation (type Scolicia) et des nodules lourds.
Ces faciès pourraient correspondre à des environnements marins hémipélagiques:
probablement transition plateforme externe-talus. Le Mb. supérieur est formé par des
pélites marneuses versicolores alternant avec calcaires grisâtres clairs et des arénites
turbiditiques glauconieuses, arénites turbiditiques glauconieuses et quartzeuses, pélites
marneuses versicolores avec des blocs de calcaires (faciès à "boules jaunes") et slumps
constitués de pélites versicolores déformées, de marnes noir-grisâtres et intercalations
de lits arénitiques et calcaires. Dans ce membre, l’abondance de niveaux turbiditiques et
chaotiques de type slump indiquerait un milieu de dépôt marin lié à une pente
continentale avec d’abondants apports de quartz et de glauconie et une importante
instabilité tectonique. La séquence entière montre une tendance transgressive, une
accentuation de l’apport terrigène et une augmentation de l’instabilité tectonique vers le
haut. Aucune différence significative n'a été observée en termes d'environnements
sédimentaires entre les deux unités étudiées. Cependant, l'absence du Mb. inférieur dans

124
Tab. 20: Association paléontologique des foraminifères planctoniques et âge proposé pour la
Fm. Saf Hamam.

l’unité de Loukkos indiquerait que la séquence de dépôt de l’Oligocène-Miocène


inférieur se serait déposée en aggradation (onlap) sur un haut-fond dans ce secteur.

IV.5. Synthèse de la séquence de dépôt de l’Oligocène-Miocène inférieur

Les terrains attribués à la séquence de dépôt de l’Oligocène-Miocène inférieur


aflleurent de façon réduite dans les unités de Loukkos et Tanger externe. Nous avons
définit une seule formation appelée Fm. Saf Hamam constituée de pélites et marnes
avec de rares lits arénitiques et calcaires laminés lenticulaires vers le haut, suivies de
pélites marneuses versicolores alternant avec des calcaires, des arénites turbiditiques
glauconieuses, arénites turbiditiques glauconieuses et quartzeuses, pélites marneuses
versicolores avec des blocs de calcaires (faciès à "boules jaunes") et slumps. La
séquence de dépôt de l’Oligocène-Miocène inférieur repose sur la séquence de dépôt de
l’Eocène et se trouve limitée vers le haut, soit par l’actuelle surface d'érosion ou par la
125
nappe du flysch numidien. Les données biostratigraphiques suggèrent un âge Rupélien
moyen-Burdigalien inférieur pour la séquense de dépôt et la formation stratigraphique.
Quand à l'interprétation sédimentaire, la séquence de dépôt de l’Oligocène-Miocène
inférieur représente des environnements sédimentaires marins hemipélagiques allant de
la plateforme la plus externe jusqu’à la pente continentale, organisée en une séquence
transgressive avec augmentation des apports terrigènes et de l'instabilité tectonique.
L'absence du Mb. inférieur dans le secteur de l'unité de Loukkos semble indiquer
une déformation précoce responsable de la surélévation de ce secteur de la sorte que le
dépôt de la séquense de l’Oligocène-Miocène inférieur présenterait un dispositif en
aggradation (onlap).

V. SYNTHÈSE DU CHAPITRE DES SÉQUENCES DE DEPÔT ET FORMATIONS


STRATIGRAPHIQUES

L’étude stratigraphique réalisée pour les huit coupes étudiées en détail (trois dans
l’unité de Loukkos et cinq dans l’unité de Tanger externe) nous a permis de dresser
l’architecture stratigraphique pour la période allant du Crétacé moyen au Miocène
inférieur (Figs. 35). Cette architecture met en évidence une augmentation de la
complication des éléments architecturaux au fil du temps. Le Crétacé est assez tabulaire
bien que l’on enregistre des changements latéraux entre deux formations. A l’Eocène,
on assiste à des variations d’épaisseur et de faciès, en particulier dans le secteur de
Loukkos où les faciès sont moins profonds. Enfin, l'Oligocène-Miocène inférieur
présente une paléogéographie encore plus compliquée.

L’étude biostratigraphique des foraminifères planctoniques et le lever des colonnes


stratigraphiques ont facilité la reconnaissance de deux discontinuités stratigraphiques
d'âge Yprésien inférieur et Rupélien moyen. Cela nous a permis de définir trois
séquences de dépôt: Crétacé, Eocène, et Oligocène-Miocène inférieur (Fig. 35).

La séquence de dépôt du Crétacé d’âge Aptien-Maastrichtien inférieur présente des


changements latéraux de faciès. Elle est composée de deux formations stratigraphiques:
i) la Fm. Arhbaoulou (la moins profonde et correspond à environnements sédimentaires
de plateforme externe-talus); et ii) la Fm. Taïjoute (la plus profonde et correspond à des
environnements sédimentaires de plaine abyssale ou talus).

La séquence de dépôt Eocène d’âge Yprésien supérieur-Bartonien est formée par la


Fm. Dehar Sidi Abdallah qui présente deux membres: i) le Mb. marneux (en position
inférieure et correspopnd à des environnements sédimentaires de plateforme externe-

126
talus); et ii) le Mb. calcaire (en position supérieure, de plateforme et présent uniquement
dans l’unité de Loukkos).

La séquence de dépôt Oligocène-Miocène inférieur est constituée par la Fm. Saf


Haman d’âge Rupélien moyen-Burdigalien inférieur. Elle est formée par deux membres:
i) le Mb. inférieur, plus sommaire et d’environnements sédimentaires de plateforme
externe-talus; et ii) le Mb. supérieur, plus profond, de talus et présentant plus d’apports
térrigènes et des indices évidents d’une activité tectonique. Dans ce membre supérieur,
nous avons défini trois niveaux-repère: glauconitique, quartzarénitique et slumpé.

Fig. 35: Architecture stratigraphique pour le secteur étudié (unités de Loukkos et Tanger
externe) après la corrélation entre les colonnes des huit secteurs étudiés. Définition des
séquences de dépôt, lacunes stratigraphiques, formations stratigraphiques, membres et niveaux
repères. Chronostratigraphie avec représentation des périodes datées pour chaque coupe
étudiée.
127
Troisième partie :

ANALYSE STRUCTURALE ET EVOLUTION


TECTONO-SEDIMENTAIRE DE LA ZONE
INTRARIFAINE OCCIDENTALE DURANT LE
TERTIAIRE. CORRELATIONS AVEC LE TELL
TUNISIEN

128
CHAPITRE 5:

ANALYSE STRUCTURALE

129
I. INTRODUCTION

Ce chapitre comporte deux volets : un premier correspondant à une description de la


structure à grande échelle et un deuxième à une analyse des différentes microstructures
observées et analysées dans les différentes coupes étudiées dans les séries tertiaires
(Paléogène et Néogène) de l’unité de Tanger externe et de Loukkos,que ce soit dans les
secteurs situés au Nord de la chaîne c'est-à-dire dans la région de Tanger ou plus au sud dans
le secteur de Chefchaouène.

Dans le premier volet, on a procédé à l’établissement d’un certain nombre de coupes


géologiques transversales sériées allant depuis le domaine interne et passant par les
différentes unités du domaine externe et des nappes des flyschs maghrébins avec l’objectif
d’illustrer la géométrie des contacts tectoniques, les relations structurales entre les différents
ensembles géologiques, bref de décrire le dispositif structural sur chacune des transversales.
Le choix des transversales est fait de manière à avoir une vue d’ensemble sur lesliens
structuraux entre les différentes unités puisque des unités apparaissent sur certaines
transversales et font défaut sur d’autres. Nous n’avons pas cherché à analyser la géométrie de
la déformation interne de façon exhaustive au sein de chaque ensemble ce qui dépasse
d’ailleurs le but principal de cettethèse, par contre des travaux de ce genre furent entamés par
de nombreux chercheurs auparavant (e.g.,EL Mrihi, 1995, Zakir, 2001, El Mrihi, 2005,
Chalouan et al., 2006).
Dans le deuxième volet, il s’agit de faire une étude structurale et microstructurale à
l’échelle des affleurements étudiés et plus particulièrement les affleurements d’âge paléogène
et Néogène. Nous avons procédé à une analyse de la fracturation (diaclases, failles
décrochantes, fentes de tension, failles inverses et chevauchements etc..) ainsi qu’une analyse
de la déformation plicative (axes de plis, nature des plis, etc…) au niveau de certains
affleurements (Maaté S. et al., à paraitre à Geogaceta). L’analyse de la fracturation a porté
plus particulièrement sur les diaclases et joints syntectoniques observés au niveau d’un certain
nombre d’affleurements. Par contre pour les décrochements , on n’a pas procédé à une
détermination des axes des contraintes principales par traitement automatique en raison du
nombre insuffisant de données sur le terrain.

II. DESCRIPTION DE LA STRUCTURE A GRANDE ECHELLE

Comme nous venons de signaler en haut, un ensemble de 6 coupes transversales


interprétatives ont été établies en vue d’illustrer la structure générale et les liens géométriques
entre les différentes unités. Ces différentes coupes ainsi que leurs positions sont signalées sur
la figure 36. Elles ont été établies en s’inspirant du schéma structural du Rif à échelle
1/500.000 de Suter (1980) et complétées par nos propres observations de terrain.

130
A B

Fig. 36 : A. Schéma structural simplifié du Rif Nord occidental avec emplacement des coupes structurales transversales sériées, B : Coupes structurales
sériées depuis le domaine interne montrant les relationsstructurales entre les différentes unités des trois grands domaines du Rif
131
Il convient de signaler avant tout qu’à première vue, la structure d’ensemble qui ressort
de ces différentes coupes transverses est une structure en nappes de charriage où les unités ont
été déracinées de leurs domaines paléogéographiques initiaux et translatées vers l’extérieur de
la chaîne par un système de chevauchements à vergence vers l’WSW à SW. C’est une
caractéristique de la chaîne Bético-rifaine et le type de tectonique caractérisant la structure
d’ensemble de la chaîne est une tectonique tangentielle de type « Thinskinned tectonics».

Ce style tectonique a abouti à la formation d’une chaîne de montagne (chaîne bético-


rifaine) arquée (Arc de Gibraltar). Cette structure est héritée à partir d’un ensemble de
processus tectoniques compressifs survenus principalement pendant le Miocène inférieur-
moyen et qualifiés de paroxysmaux (e.g., Chalouan et al., 2003, Chalouan et al., 2004, Hlila,
1994, 2005, El Mrihi, 2005) grâce auxquels les différentes unités que ce soit du domaine
interne , du domaine externe mais aussi des nappes des flyschs ont été empilées en nappes et
poussées vers l’extérieur de la chaîne (WSW à SW) et des événements post-paroxysmaux
durant le Miocène supérieur et le Plio-quaternaire de moindre importance mais ayant
contribué à accentuer le relief et compliquer la structure de la chaîne.

On peut voir d’ores et déjà sur l’ensemble des coupes transversales effectuées que
l’ensemble des unités de la chaîne rifaine (domaines interne et externe et nappes des Flyschs)
est largement charrié sur la croute africaine située du côté ouest et qui plonge sous celles-ci.
De même,le domaine interne rifain charrie du côté Est l’ensemble du domaine externe et les
nappes des flyschs.

A continuation, nous décrivons plus en détail la structure et les relations géométriques


entre les différentes unités, transversale par transversale, tout en mettant le point sur les
particularités de chacune d’entre elles.

I.1. Coupe de la transversale 1

Sur cette transversale, il apparait clairement que l’Intrarif interne incluant les unités de
Tanger interne et externe est largement charrié vers l’extérieur de la chaîne sur l’Intrarif
externe représenté par la nappe d’El Habt. Au sein de l’Intrarif lui-même, l’unité de Tanger
interne est charriée sur l’unité de Tanger externe. Quand aux nappes des Flyschs, ils
apparaissent en superstructure sur l’ensemble des unités de l’Intrarif, de telle manière que, la
nappe numidienne est à cheval sur à la fois l’unité de Tanger externe et l’Unité d’El Habt.
Les unités des flyschsMaurétanien et Massylien, empilées en nappes, reposent elles aussi par
l’intermédiaire d’un contact de nappes sur à la fois l’unité de Tanger interne et l’unité de
Tanger externe. Plus à l’est,des terrains post-nappes d’âge mio-pliocène couvre en
discordance angulaire en partie la nappe d’El Habt.

132
I.2. Coupe de la transversale 2

Sur cette transversale, le dispositif structural est celui d’un ensemble de nappes empilées
les unes sur les autres et poussées largement vers l’extérieur de la chaîne (WSW à SW). Les
contacts de nappes dessinent des structures en rampes et paliers. L’Intrarif représenté ici par
successivement de l’interne vers l’externe : l’unité de Tanger interne, l’unité de Tanger
externe et l’unité de Loukkos, charrie l’Intrarif externe représenté par la nappe El Habt, elle-
même charriant largement le Mésorif interne et externe qui n’arrive pas à affleurer à la surface
et qui reste coincé probablement entre la nappe d’El Habt et le Prérif en profondeur. La nappe
d’El Habt arrive à reposer alors directement sur les unités internes du Prérifpar un contact
presque plat sans l’intermédiaire du Mésorif qu’elle laisse derrière. La flèche est estimée à des
dizaines de km. Les nappes des Flyschs (maurétanien et massylien), occupent les positions
hautes dans tout ce dispositif structural avec la nappe numidienne qui est en superstructure sur
l’ensemble comme c’est le cas sur la transversale 1.

I.3. Coupe de la transversale 3

La coupe de la transversale 3, montre un dispositif structural rappelant fortement celui de


la transversale 2, c'est-à-dire un ensemble de nappes charriées les unes sur les autres vers
l’extérieur de la chaîne. L’unique différence par rapport à la transversale 2 c’est que l’unité de
Tanger interne fait défaut ici et n’affleure pas à la surface. Par contre, toutes les autres unités
présentes sur la transversale 2 sont ici représentées. La nappe numidienne sur cette
transversale,quand à elle,soit elle se trouve sur les nappes des flyschs Maurétanien et
Massylien comme c’est le cas du côté Est de la coupe soit directement sur la nappe d’El Habt
sans l’intermédiaire de ces derniers comme c’est le cas du côté Ouest de la coupe.

I.4. Coupe de la transversale 4

Sur cette transversale, le dispositif structural est celui de la transversale 3 avec les mêmes
unités, un dispositif en nappes de charriages avançant vers l’extérieur de la chaîne tout en
gardant le même ordre de position des unités en allant de l’intérieur vers l’extérieur de la
chaîne,comme il l’est sur la transversale 3.

I.5. Coupe de la transversale 5

Ici nous retrouvons un même dispositif structural que dans les autres coupes décrites
précédemment, seulement que celle-ci n’inclut pas les nappes des Flyschs. L’autre différence
par rapport à ces transversales, c’est la mise à l’affleurement des unités du Mésorif externe.
Toutes les composantes de la chaîne sont représentées sur cette transversale. C’est ainsi que
l’Intrarif interne représenté par les unités de Tanger interne,Tanger externe et Loukkos vient

133
charrier le Mésorif externe qui lui-même vient charrier le Prérif interne. Celui-ci supporte en
haut la nappe Ouezzane représentant l’Intrarif externe.

I.6. Coupe de la transversale 6

L’une des particularités de cette coupe c’est le fait d’inclure un trait structural majeur
dans la chaîne rifaine qui est l’accident de Jebha-Chrafate à caractère de rampe latérale du
chevauchement majeur (rampe frontale) ramenant les Zones Internes sur les Zones Externes et
les nappes des Flyschs (e.g., Frizon de Lamote et al., 2000, Hlila, 2005). Comme nous
pouvons voir sur la coupe, le contact Zones Internes-Zones Externes est fortement redressé. A
l’approche de cet accident, les fronts de chevauchements s’allongent suivant une direction
ENE-WSW épousant ainsi la direction de la faille qui est N70, et la vergence des structures
se fait plutôt vers le SE. Cette rotation en plan de 60° à 70° dans le sens contraire des aiguilles
d’une montre (sens antihoraire) de l’allongement des structures est dû au jeu senestre de
l’accident Jebha-chrafate(e.g., Olivier, 1981-82 ; Leblanc& Olivier, 1984). Plus loin à
l’externe, nous retrouvons la même vergence des structures que celle générale caractérisant
toute la chaîne (WSW à SW) et les fronts de chevauchements sont nouvellement allongés
NW-SE.
Sur cette coupe aussi c’est le même dispositif structural qui se répète, un ensemble de
nappes de charriage empilées les unes sur les autres et poussées vers l’extérieur de la chaîne.
Ici l’Intrarif interne n’est représenté que par le couple Unité de Tanger externe-Unité de
Ketama et l’unité de Loukkos avec absence de l’Unité de Tanger interne. Le couple Unité de
Tanger externe-Unité de Ketama, supporte en haut les nappes des flyschs maurétaniens et
massyliens, qui à leur tour supportent par endroits en superstructure la nappe numidienne.
L’unité de Tanger externe-Unité de Ketama vient charrier l’unité de Loukkos et l’ensemble de
l’Intrarif interne est poussé sur les unités externes mésorifaines qui à leur tour devraient
surmonter le Prérif interne qui n’est pas touché par la coupe.

III. ANALYSE MICROSTRUCTURALE

Il convient de signaler avant tout que l’essentiel des observations microstructurales ont
porté sur des terrains d’âge éocène et oligo-miocène. Les terrains d’âge crétacé de l’unité de
Tanger externe et de l’unité de Loukkos n’ont pas fait l’objet d’analyse microstructurale car
ils sortent du cadre de l’objet de cette thèse. Des études antérieures menées par mes
prédécesseurs peuvent servir de références pour la déformation affectant les terrains crétacés
de l’unité de Tanger (voir à ce sujet El Mrihi, 1995 ; El Mrihi, 2005).

Pour l’analyse microstructurale, des stations de mesures ont été choisies dans des secteurs
clés aussi bien au Nord (secteur de Tanger) qu’au sud (secteur de Chefchaouen-Ouezzane) et
sur lesquelles des mesures de directions et de pendages pour les plans de fractures et axes de

134
plis pour les plissements ont été faites. Notons quand même la rareté des microstructures dans
les terrains auscultés.

Les différentes mesures faites au niveau de ces stations ont été projetées sur canevas à
deux dimensions à l’aide d’un logiciel « open source » intitulé «STEREONET v.1» pour :

i) dans le cas des stations où seuls existent des joints (secteur de Tanger) visualiser dans
l’espace les attitudes de ces différentes fractures à travers des stéréogrammes et puis
pour avoir une idée sur les directions des fractures majoritaires grâce aux diagrammes
de fréquence ou roses diagrammes fournis par le logiciel. Dans ce cas-ci, l’analyse de la
fracture a porté donc sur l’étude statistique des joints tectoniques ;
ii) dans le cas des stations où subsistent des plissements et autres structures tel les fentes de
tension et les décrochements, visualiser leurs attitudes sur canevas.

Il faut signaler aussi que dans les stations où abondent les joints syntectoniques,on ne
s’est pas contenté de l’étude statistique des joints mais aussi nous avons procédé à la
détermination des directions des axes des contraintes maximales principales et minimales en
suivant le raisonnement de Dunne y Hancock (1994). Il conviendrait de signaler que les
diaclases ou les joints peuvent être de trois genres : Les diaclases dites de tension, les
diaclases de cisaillement et enfin les diaclases hybrides (tension et cisaillement). Les diaclases
hybrides et celles de cisaillement peuvent renseigner uniquement sur l’orientation de l’axe de
la contrainte principale maximale (σ1), toutefois les joints de tension permettent, elles, de
déterminer en plus la direction de l’axe de la contrainte principale minimale (σ3) et qui est
orthogonale à la surface de la fracture et celui de la contrainte principale maximale (σ 1) qui
est parallèle à la direction de la fracture. C’est en suivant alors ce raisonnement qu’on a pu
mettre en évidence une tectonique compressive polyphasée sur laquelle nous reviendrons dans
les pages qui suivent plus en détail. A continuation nous présenterons les principales
observations effectuées sur le terrain dans les différentes stations choisies.

III.1.Dans l’unité de Tanger externe

III.1.1.Affleurement de Dehar Sidi Abdallah ou « coupe de l’autoroute »

Sur cette coupe (pour emplacement et coordonnées voir chapitre 1), le « Suessonien » est
en contact faillé par rapport au Crétacé supérieur.Deux surfaces de décrochements l’un dextre
dirigé N50 70°NW (pitch de la strie 20°SW) et l’autre senestre dirigé N180 60E sont visibles
sur le contact.
Le Suessonien compte tenu de sa nature, laisse apparaître des systèmes multidirectionnels
complexes de diaclases ou joints systématiques sous forme de surfaces planes, sans

135
remplissage et sub-verticales. Ces fractures ne sont pas striées et ne montrent pas de jeu. Un
total de 14 plans de joints syntectoniques ont été mesurés. La figure 37 montre trois familles
de diaclases avec une direction préférentielle NW-SE et deux familles subordonnées ENE-
WSW et NE-SW. Par endroits, le réseau des diaclases est tellement dense et les diaclases se
recoupent qu’on a un débitage en différentes formes, dû à l’intersection entre les différentes
familles de diaclases (Fig. 37).

A B

C NE SW

N35 60WNW
N130 80NE

Fig. 37 : A : Diagramme des roses montrant les principales familles de diaclases majoritaires sur un
total de 14 mesures de plans de diaclases faites sur le lieu. B : Stéréogramme montrant les traces
cyclographiques des différents plans, C : Photo prise sur le terrain montrant l’aspect de la roche qui
se voit hachée par ces systèmes de cassures.

Les diaclases dirigées NW-SE et ENE-WSW sont de tension (Dunne y Hancock, 1994).
Toutefois, d’autres se dispersent plus des deux côtés des valeurs moyennes de ces deux
directions et peuvent être considérées comme hybrides entre tension et cisaillement. La
famille de diaclases NE-SW peut être de cisaillement.

Dans ce cas-ci, la succession du Suessonien est affectée par deux phases principales
compressives ENE-WSW et NW-SE. Ces deux directions des contraintes principales
maximales (σ1) sont compatibles avec les deux familles de fentes de tension à remplissage
calcitique N140E et N60E, observées dans cette même formation et les deux systèmes de
décrochement signalés en haut.

136
Comme indices de déformation, on note aussi des glissements banc sur banc
matérialisés par des failles inverses avec des mouvements plus ou moins parallèles à la
stratification et vers l’WSW. Localement, il est possible de voir comment le système de
diaclases NW-SE recoupe le système ENE-WSW, ce qui permet de se faire une idée sur la
chronologie des compressions.

III.1.2.Affleurement au Nord d’OuladZiane


Sur le plan lithologique, l’affleurement correspond à une alternance de marnes siliceuses
et sableuses qui correspond à un « Suessonien » (Eocène inférieur) élevé. La stratification
(S0) est dans l’ensemble orientée N170 32 WSW.

III.1.2.1. La déformation plicative


Localement sur le bord droit de la route menant à Seguedla, on peut voir sur cet
affleurement une zone plissotée(plis métriques en chevron) dans laquelle nous avons effectué
les mesures suivantes des axes de plis : N10 25 NNE et N155 25 SE (Fig. 38). Ces
plissements, vu leur aspect sur le terrain, pourraient correspondre plus à des plissements
synsédimentaires plutôt qu’associées à une phase tectonique compressive. Ils nous
renseignent alors sur l’instabilité tectonique qui a régné au moment du dépôt. Des indices
d’une telle instabilité sont observés ailleurs dans d’autres secteurs de l’Unité de Tanger
externe et dans des formations similaires.

SW NE

Plis métriques synsédimentaires


en chevron

Fig. 38:Photo des plis métriques synsédimentaires en chevron dans les marnes siliceuses et sableuses
(faciès Suessonien élevé) témoins d’une certaine instabilité tectonique. Les axes de plis ne montrent
pas de direction préférentielle.

III.1.2.2.La déformation cassante


La déformation cassante est représentée par des diaclases ou joints tectoniques.Par contre
nous avons observé aussi deux familles de fentes de tension une première orientée N65 90° et
une seconde orientée N125 90° ainsi qu’un décrochement dextre N45E (80° SE) avec un pitch
de la strie de 38°SW.

137
A B

CC

SW NE

Fig. 39 : A : Diagramme des roses montrant les principales familles de diaclases majoritaires sur un
total de 31 mesures de plans de diaclases faites sur le lieu. B : Stéréogramme montrant les traces
cyclographiques des différents plans, C : Photo prise sur le terrain montrant l’aspect de la roche qui
se voit affectée par ces systèmes de cassures.

Ici, la répartition des systèmes de diaclases est moins homogène comparativement par
rapport à celle de la coupe de Dehar Sidi Abdallah. Toutefois, la figure 39A, montre
l’existence d’une famille de diaclases de tension ENE-WSW majoritaire avec aussi deux
familles subordonnées ESE-WNW et NW-SE. Les diaclases NW-SE sont aussi de tension,
comme il est le cas dans la coupe de Dehar Sidi Abdallah en relation avec une compression
NW-SE ; tandis que les diaclases ESE-WNW, vu leur orientation, elles pourraient être de
cisaillement générées par cette même compression.

III.1.3.Affleurement de SafHamam ou « coupe LGV »

III.1.3.1. Déformation plicative

A petite échelle, un pli décimétrique à axe N45 20-30 SW déversé vers le SE affecte la
barre gréseuse de la série oligocène (niveau m repère de la successionoligo-miocène) (cf.
chapitre 1 sur la stratigraphie)(Fig. 40A). Il correspond à un pli en genou qui est affecté par

138
un décrochement décamétrique dirigé N166 90 (Fig. 40B). Le décrochement coupe le pli vu
que le terrain offre la possibilité d’analyse en 3D et par la suite d’établir la chronologie entre
les structures. Toutefois, il semble que le décrochement et syn-plissement et que le pli est
généré par le jeu senestre de la faille en relation avec une phase de compression dirigée NW-
SE.

NW SE NW SE

P.A
N 166 90°

A B

Fig. 40 : A : Pli à axe N45, 20-30 SW déjeté à déversé vers le SW affectant la barre gréseuse (niveau
repère) dans la série oligo-miocène de l’unité de Tanger externe dans le secteur de laLGV
(SafHamam).B : le même pli affecté par un décrochement senestre dirigéN166, 90.

III.1.3.2. Déformation cassante (joints tectoniques)

La déformation cassante est manifestée par un ensemble de diaclases et failles. Un total


de 27 diaclases a été mesuré sur le versant Nord de la ligne LGV et reporté sur canevas. Ainsi,
la figure 41 montre une distribution des diaclases aussi moins homogène que dans le cas du
secteur de Dehar Sidi Abdallah. Toutefois, deux directions préférentielles de diaclases
ressortent sur le diagramme des roses. Une première famille dirigée N110-140 avec une
direction moyenne autour de N120 et une seconde ENE-WSW. Les diaclases dirigées N120
sont des diaclases hybrides en relation avec une compression NW-SE tandis que les diaclases
dirigées ENE-WSW sont des diaclases de cisaillement générées par une compression NE-SW,
responsable de la structure générale du massif.
La déformation cassante se manifeste aussi par des décrochements et des fentes de
tension. L’affleurement permet aussi généralement de développer une vue et un examen en
3D des structures, ce qui permet de déterminer une relative chronologie entre celles-ci. Ainsi,
il est possible de voir comment un décrochement dextre N150, 90° portant des stries avec un
pitch de 35°SE coupe des fentes de tension dirigées N70 à N90, ce qui permet de conclure à
l’existence de deux phases compressives: ENE-WSW et N/S avec la N/S qui est postérieure à
la phase ENE-WSW.

139
A B

C SW NE

30cm

Fig. 41 :A : Diagramme des roses montrant les principales familles de diaclases majoritaires sur un
total de 27 mesures de plans de diaclases faites sur le lieu. B : Stéréogramme montrant les traces
cyclographiques des différents plans de fractures, C : Photo prise sur le terrain montrant des
diaclases recoupant clairement la stratification dirigée N115, 25SSW.

III.1.4. Affleurement à l’ENE de Mediar

Ici, l’essentiel de la déformation cassante se manifeste par des diaclases observées dans
les marnes vertes siliceuses (faciès Suessonien, voir chapitre 1) dont le traitement fait ressortir
(Fig. 42) une direction préférentielle NNE-SSW et une direction subordonnée NE-SW. Les
diaclases de la famille NNE-SSW sont probablement des diaclases de tension en relation avec
une compression NNE-SSW.

III.2. Unité de Loukkos

III.2.1. Secteur d’AïnQob

Ici, l’essentiel des observations microstructurales ont été faites le long de la route qui
mène au village de AïnQob sur le bord droit de la route dans les séries miocènes faites
essentiellement d’une alternance de bancs gréseux, de marnes et de marnes sableuses
(marquées m2-4 sur la carte géologique de Zoumi au 1/50000). D’après la carte, cette
alternance de grès et de marnes miocènes repose en discordance cartographique sur les séries

140
stratigraphiques sous-jacentes marquées sur la carte comme étant du Sénonien (C3-6) et du
Paléocène-Eocène avec l’Eocène sous faciès Suessonien.

A B

C NW SE

S0
N05 85W

Fig. 42 : A : Diagramme des roses montrant les principales familles de diaclases majoritaires sur un
total de 13 mesures de plans de diaclases faites sur le lieu. B : Stéréogramme montrant les traces
cyclographiques des différents plans de fractures, C : Photo montrant l’aspect de la roche sur le
terrain.

L’examen minutieux des terrains miocènes nous a permis de relever les indices d’une
déformation tectonique (plissements, décrochements, et chevauchements) générée par une
compression dirigée grosso-modo ENE-WSW à NE-SW qui correspond à la compression
régionale responsable de la structuration de la chaîne rifaine. Nous décrivons à continuation
les principales structures observées sur le terrain en relation avec cette compression.

III.2.1.1. Plissements

A l’échelle de la carte, nous pouvons voir dans le secteur d’AïnQobcomment les deux
séries éocènes et miocènes soient affectées par des plis dont l’allongement des axes est
subméridien à juger par les changements de sens de pendages. La série éocène montre
clairement des replis synclinaux et anticlinaux à l’est immédiat d’AïnQob.

A l’échelle de l’affleurement,les séries miocènes (m2-4) reposent en série renversée sur


un conglomérat probablement de l’Eocène (Cg) et des marno-calcaires à niveaux de silex

141
(faciès Suessonien, e3-4) en série renversée aussi par l’intermédiaire d’un contact faillé qui
correspond à unefaille inverse décrochante (Fig. 43).

Le fait que les deux séries miocène et éocène qui sont juxtaposées soient en séries
renversées implique que les deux ont été affectées par des plissements. Ainsi, les premières
strates appartenant à la série miocène en contact direct avec la série éocène forment une partie
probablement du flanc inverse d’un anticlinal hectométrique déjeté à déversé vers l’WSWqui
correspond à un pli en genou à juger par le pendage subhorizontal du flanc normal de ce pli
observé sur des strates un peu plus à l’est sur le bord droit de la route menant à AïnQob(voir
Fig. 44).

Des plis mineurs dont un en chevron à axe N170, 25S et d’autres concentriques plus ou
moins droitsà axesdirigés N140 à N 150 et à plongements variant de 00° à 50° vers le SE à
SSEont été observés sur le flanc normal de cet anticlinal. Des petites failles inverses indiquant
des mouvements vers l’extérieur de la chaîne ont été également observées au même
endroit(Fig. 44).

WSW ENE

e3-4 m2-4
N90 78E
S0: Cg Strie 10°W

N170 85E

50cm
N120 90°

Fig. 43 : Photo montrant la nature tectonique du contact entre l’Eocène sous faciès Suessonien (e3-4)
en série renversée et les séries détritiques miocènes (m 2-4), elles même en séries renversées au
niveau des premiers bancs en contact direct avec le conglomérat faisant partie de la série éocène
marqué « Cg » sur la photo. Les structures C/S montrent aussi la composante horizontale du
mouvement et par conséquent le caractère aussi décrochant de la faille (faille inverse décrochante).

142
A B

W E

0 100m

0 0,5m 0 0,5m

Fig. 44 : A: Géométrie du plissement affectant la série miocène de l’unité de Loukkos à l’approche du contact avec le conglomérat éocène et allure des
plissements mineurs observés au niveau du flanc normal de l’anticlinal à déversement vers l’ouest. B : Projection et représentation des axes des plis mineurs
sur canevas isogone de Wulff.

143
III.2.1.2. Les Failles inverses et chevauchements

La série miocène représentée par une alternance de bancs gréseux et de niveaux


marneux et pélitiques est affectée aussi par des failles inverses et des chevauchements
indiquant une poussée tectonique vers l’extérieur de la chaîne et plus précisément vers l’ouest
à ouest-sud-ouest.

Ainsi, la figure 45montre en association avec des plis disharmoniques à axes N130 à
N170 faiblement plongeant (05° à 10°) vers le NW à NNW affectant les bancs de grès et de
marnes miocènes, des surfaces de chevauchements métriques sur lesquelles des stries de
friction indiquent des mouvements tectoniques vers l’WSW. Le caractère inverse de la faille
est attesté aussi par quelques structures mineurs et secondaires telles que les structures C/S,
les fractures secondaires de type Riedel synthétiques (R) et antithétiques (R’) et les crochons
de faille.

D’autres exemples de structures chevauchantes dans cette même série sont représentés
sur la figure 46.

Ainsi sur cette figure, nous pouvons voir en (A)au niveau du flanc court de l’anticlinal
affectant la série miocène, pas loin du conglomérat éocène cité en haut, des bancs gréseux
alternant avec des pélites brun tabac en série renversée (S0 : N165 72° ENE) affectés par des
failles inverses à faible rejet et à pendage moyen (50°NE). Ces faillesdécalent clairement les
bancs gréseux dessinant ainsi des crochons de failles bien visibles sur le terrain sur ces bancs.
La déformation s’accompagne aussi par l’apparition d’une schistosité de fracture dans les
niveaux pélitiques tendres plus ou moins parallèle à la stratification (S1 : N110 60° NE).
Quelques rognons de silex au milieu des niveaux pélitiques se voient aplatis suivant le plan de
la schistosité.
De même en (B), il est possible de voir des bancs gréseux, alternant avec des niveaux
pélitiques, « crochonés » par une faille inverse à fort pendage (70° à 75°) vers l’ENE et
affectés aussi par quelques plissotements avec des axes de pli dirigés plus ou moins N160.
En (C) toujours sur la même figure, se voient des failles inverses à pendage moyen (30°
à45°) vers l’ENE quia affectent des bancs gréseux alternant avec des niveaux pélitiques de la
série miocène de l’unité de Loukkos indiquant des mouvements vers l’WSW. Ces failles
inverses sont interprétées comme étant des rampes frontales d’un système de chevauchements
en rampes et paliers. Les paliers dans ce système correspondraient à des failles plates qui
devraient prendre naissance dans les niveaux pélitiques qui jouent le rôle de couche-savon,
facilitant ainsi le déplacement des masses de roches.

144
S0

Structures C/S

0 0,5m
R

R’

Fig. 45 : Surfaces de chevauchements dans la série miocène de l’unité de Loukkos et structures secondaires associées (structures C/S, fractures secondaires
de type Riedel et crochons de faille) indiquant des mouvements vers l’extérieur de la chaîne (WSW) et stéréogramme représentatif des structures.

145
A B
SW-NE

S1: N110 60° NNE


5m

0,4m
Rognons de silex aplatis
dans le plan de la WSW ENE
schistosité C

?
1,5m

Fig. 46 : Exemples de structures en chevauchements à vergence vers l’WSW à SWdans la série miocène de l’unité de Loukkos sur le bord droit de la route
menant à AïnQob.

146
II.2.1.3. Les décrochements

En plus des structures évoquées en haut (chevauchements et plissements) en relation


avec une déformation compressive dans la série miocène de l’unité de Loukkos, cette
déformation s’est manifestée aussi par des décrochements à l’échelle de l’affleurement
décalant de manière claire les bancs gréseux de cette série. Ainsi, sur la figure 47A : des
décrochements décimétriques à métriques dextres dirigés N 120 à N130 60° NE ainsi que
d’autres senestres N70 à N75 60 à 65° NNW affectent des bancs de grès alternant avec des
marnes sableuses du miocène inférieur-moyen de l’unité de Loukkos.

D.S N105 60° NNE


A B

S0: N00 85°SE


D.D N120 à N130
60°NE
D.S N75 60°NNW
D.S N110 90°
0 0,8m
D.S N70 65°NNW 2m D.D N55 60° SSE
0
Strie 45°SW
D.D N60 90°

C
Fig. 47 : A et B : Exemples de
décrochements dans la série miocène faite
d’une alternance de bancs gréseux et de
niveaux pélitiques de l’unité de Loukkos.
C : Stéréogramme représentant les
décrochements observés dans la série
miocène de l’unité de Loukkos.

De même, nous pouvons voir aussi sur la même figure en 47B des décrochements dextres et
senestres formant un système conjugué de failles affectant un niveau repère correspondant à
une lentille métrique de brèche à silex s’injectant au milieu des bancs de grès et de pélites
miocènes. Les mesures faites sur ces décrochements indiquent que les décrochements
senestres sont dirigés N105 à N110 avec un pendage variant de 60°NNE à 90° tandis que les
décrochements dextres sont dirigés N60 90°. Sur l’un de ces plans de failles s’observent des

147
stries de friction avec un pitch de 45°SW. L’ensemble de ces décrochements sont reportés sur
canevas et représentés sur le stéréogramme de la figure 47C.

III.2.2. Secteur d’Oued Tazarine (oued Mlileh)

Ici l’essentiel des observations microstructurales (Fig. 48) ont été faites sur la berge
droite de l’oued Tazarine,ancienne appellation de oued Mlileh actuellement,sous le pont
construit sur la route nationale N13 menant à Ouezzane (Coordonnées UTM: 30S 285376 E
3880362 N).

A B

C D

F.T

Fig. 48 : Photos montrant quelques exemples de déformation cassante dans les bancs de grès
calcareux de l’Eocène inférieur ? de l’unité de Loukkos au niveau de la rive gauche d’oued Mlileh.A :
fentes de tension à remplissage calcitique (FT2 sur le stéréogramme de la figure 49) et diaclases à
parois tapissées de calcite dont les directions varient entre N85 et N130 avec un maximum autour de
N90, B : banc gréseux affecté par un décrochement dextre dirigé N60 68SE et des fentes de tension
dirigées N85, C : fentes de tension N50 à N55 sigmoïdes en échelon (FT1 sur le stéréogramme de la
figure 49 et fentes de tension rectilignes N90 à N100 affectant un banc calcaro-gréseux à aspect plus
ou moins boudiné. Ce genre de fentes de tension est très courant dans les zones de cisaillement, ici est
probablement dû à un glissement banc sur banc favorisé par les niveaux pélitiques entre les bancs
gréseux D: Banc de grès calcareux « slumpé », le slump est affecté postérieurement par un
décrochement senestre N125 60°NE.

148
Des indices d’une déformation compressive ont été observés dans une série probablement
de l’Eocène faite essentiellement d’une alternance de grès calcareux gris sombre avec des
niveaux de sable avec localement des marnes sableuses et des niveaux conglomératiques à
éléments de silex (voir chapitre stratigraphie).

Le type de déformation observé correspond principalement à une déformation cassante


manifestée par un ensemble de diaclases, de fentes de tension et des décrochements.
Localement, un banc gréseux montre un plissement synsédimentaire (slump) affecté
postérieurement par un décrochement.

Les mesures faites sur ces discontinuités ont été reportées sur canevas de wulff (Fig. 49).
Ainsi, le stéréogramme ci-dessous montre une famille de direction dominante allant de N85 à
N130 avec un maximum autour de la direction N90 et une famille de direction subordonnée
autour de N50. On déduit de là que la série éocène ? de l’unité de Loukkos est affectée par
deux phases compressives : une phase E-W et une phase NE-SW.

Fig. 49 : Stéréogramme des différentes structures en relation avec la déformation cassante


dans la série éocène ?de l’unité de Loukkos sur la rive gauche de oued Mlileh.

IV. CONCLUSION

En conclusion, les séries tertiaires de l’unité de Tanger externe et l’unité de Loukkos sont
affectées par une tectonique polyphasée. Quatre directions principales de compression
ressortent de l’analyse des microstructures (microfractures et plus particulièrement des
diaclases, des plissements et des failles inverses et chevauchements): ENE-WSW, NE-SW,
NNE-SSW et NW-SE. La chronologie entre ces différentes phases de compression n’est pas
aisée à déterminer en raison de l’absence sur le terrain de recoupements clairs des structures et
des secteurs clés ou il est possible de faire une analyse en 3D et par la suite faire ressortir cette

149
chronologie, de même il ya absence des terrains sédimentaires bien datés post-nappes qui
puissent permettre de bien caser dans le temps ces différentes phases de déformation.

Des directions de compression similaires dans d’autres secteurs des zones externes du Rif
sont citées par d’autres auteurs (e.g., Ait Brahim, 1991 ; Bargach, 2011 etc…). Ces auteurs
placent la compression NE-SW au Tortonien, la compression NNE-SSW à la fin du
Tortonien, la compression NW-SE au fini-messinien-Quaternaire.

La phase compressive ENE-WSW serait d’âge Miocène moyen, elle est responsable d’un
ensemble d’événements compressifs paroxysmaux responsables de la structuration de la
chaîne rifaine, de la mise en place des nappes du Rif externe et leur charriage vers l’extérieur
de la chaîne. Les autres phases compressives sont post-événements paroxysmaux, toutefois,
elles ont contribué dans l’accentuation du relief dans la chaîne et dans la complication de la
structure.

La structure d’ensemble est une structure en nappes de charriage où les unités ont été
déracinées de leurs domaines paléogéographiques initiaux et translatées vers l’extérieur de la
chaîne par un système de chevauchements à vergence vers l’WSW à SW. C’est une
caractéristique de la chaîne rifaine et le type de tectonique caractérisant la structure
d’ensemble de la chaîne rifaine est une tectonique compressive tangentielle de type
« Thinskinned tectonics».

Ces différentes directions de compression sont le résultat de l’interaction entre deux


directions de convergences principales, une première due au rapprochement Afrique-Europe
en direction N-S et une seconde en relation avec l’expulsion vers l’extérieur de la chaîne et
plus exactement vers l’WSW à SW des zones internes rifaines.

150
CHAPITRE 6:

EVOLUTION TECTONO-SEDIMENTAIRE ET
PALEOGEOGRAPHIQUE-GEODYNAMIQUE DE LA ZONE
INTRARIFAINE OCCIDENTALE
DURANT LE TERTIAIRE

151
I. INTRODUCTION

D’après ce qui a été exposé dans le chapitre de description stratigraphique, on peut


détecter des indices d’une activité tectonique contemporaine à la sédimentation. En
particulier, il y a plusieurs marqueurs, dans la sédimentation, de l'activité tectonique.
Ces marqueurs, des associations de faciès, qui donnent des informations sur l'activité
tectonique, sont appelés génériquement "tectofaciès". Dans le détail, à l’échelle d’une
coupe spécifique, les tectofaciès les plus communs sont : i) l'apparition de niveaux avec
des dépôts clastiques ou terrigènes (indicateurs de soulèvement tectonique et de
l'érosion dans les zones correspondantes aux sources d’approvisionnement) ; ii) des
séquences caractéristiques telles que les turbidites (séquences de Bouma) ; iii)
l'apparition de niveaux d'érosion ; et iv) les indicateurs d'instabilité gravitationnelle
comme les slumps ; etc.

De façon plus générale, à l’échelle de plusieurs coupes appartenant à une même


unité ou domaine, il y a d'autres marqueurs ou indicateurs qui peuvent fournir des
indices d’une activité tectonique possible. Dans ce cas, nous pouvons inclure : i) les
discontinuités stratigraphiques ; ii) l'évolution séquentielle en termes de transgressions-
régressions ; et iii) l'observation des changements d'épaisseurs et des variations latérales
de faciès d'un secteur à un autre. Dans le cas des discontinuités et de l'évolution
séquentielle, il convient de les corréler avec la courbe eustatique générale, afin de
pouvoir évaluer dans quelle mesure ces discontinuités et ces évolutions transgressives-
régressives, ne sont pas contrôlées uniquement par les changements eustatiques
globaux.

Ce chapitre, après cette introduction (sous-chapitre I) sera organisé dans les sous-
chapitres suivants: (II) Evidences d’une tectonique synsédimentaire dans les coupes
étudiées; (III) Les étapes de la déformation; (IV) Evolution paléogéographique-
géodynamique.

II. EVIDENCES D’UNE TECTONIQUE SYNSEDIMENTAIRE

II.1. Dépôts clastiques

Les dépôts clastiques, indicateurs d'érosion dans les zones d’approvisionnement,


dans les coupes étudiées se concentrent dans deux intervalles spécifiques: la séquense
de dépôt du Crétacé et la séquence de dépôt de l’Oligocène-Miocène inférieur.

Dans le cas de la séquense de dépôt du Crétacé, c’est la Fm. Arhbaoulou qui


présente de tels dépôts plus grossiers. Plus précisément, dans la coupe Oued Tazarine il
152
y a un tronçon de 40 m d’âge Aptien-Cénomanien avec des niveaux abondants d’argiles
à blocs, grès, et calcarénites (Fig. 50, photo 1). Dans la coupe Arhbaoulou des niveaux
de calcarénites, sables et arénites d'âge Coniacien supérieur-Maastrichtien inférieur ont
également été décrits (Fig. 50, photo 2). D’autre part, la Fm. Taïjoute montre une
sédimentation terrigène fine de type pélitique (Fig. 50 photo 3) indiquant que cette
formation a été déposée dans une zone plus éloingnée par rapport aux zones
d’approvisionnement.

En ce qui concerne la séquense de dépôt de l’Oligocène-Miocène inférieur, les


niveaux terrigènes se localisent surtout dans le Membre supérieur de la Fm. Saf
Hamam. Tandis que le Membre inférieur de cette même formation présente
généralement des dépôts de type pélites (terrigènes plus fins). Dans le Mb. supérieur de
cette formation, les dépôts clastiques ont une taille de sable: grès, calcarénites, etc. (Fig.
50, photo 4). Toutefois, des épaisseurs importantes ont été mesurées dans ce type de
dépôts. Plus précisément, dans la coupe Saf Hamam, elles ont été mesurées à plus de
500 m d'épaisseur avec d’abondants terrigènes.

Ces dépôts plus grossiers dans la Fm. Arhbaoulou nous indiquent une plus grande
proximité à la zone d’approvisionnement. Cependant, les épaisseurs importantes dans le
cas de la Fm. Saf Hamam nous indiquent une période tectoniquement plus active, bien
que ce secteur avec des terrigènes plus fins (taille de sable) pourrait être plus éloigné par
rapport à la zone d’approvisionnement.

II.2. Séquences turbiditiques

La séquence turbiditique (Bouma, 1962) a été décrite comme le dépôt d'un courant
de turbidité généré en milieu marin profond à proximité d'une marge continentale avec
une certaine activité tectonique (souvent convergente) pour activer le flux par des
avalanches. Dans les dépôts étudiés, ces types de sédiments ont été clairement reconnus
dans la séquense de dépôt de l’Oligocène-Miocène inférieur, en particulier dans le Mb.
supérieur de la Fm. Saf Hamam. Plus précisément, la plupart des dépôts de grès
mentionnés dans le paragraphe antérieur et d'âge Aquitanien supérieur- Burdigalien
inférieur présentent des structures sédimentaires typiques de la séquense de Bouma
complète Ta-e (Fig. 50, photo 5).
Dans une moindre mesure, dans la séquense du Crétacé, dans la Fm. Arhbaoulou
ont également été décrits des niveaux de calcarénites d’âge Coniacien supérieur-
Maastrichtien inférieur. Ils pourraient être attribués à des turbidites distales dans la
partie supérieure de la coupe Arhbaoulou.

153
II.3. Slumps

Un slump est un type de dépôt marin particulier qui se produit quand une masse,
plus ou moins consolidée et coherente, glisse sur une courte distance le long de la pente
continentale, provoquant une déformation interne des couches. L'origine de ces
glissements des sédiments est toujours liée à l'activité tectonique synsédimentaire.

Dans les terrains étudiés, nous avons rencontrés ce type de dépôt dans toutes les
séquences de dépôt. Dans la séquense de dépôt du Crétacé (Fm. Arhbaoulou) des
slumps ont été observés dans la coupe Arhbaoulou dans deux niveaux: 95-125 m et 138-
146 m. Dans la séquence de dépôt de l’Eocène, ce type de dépôt est beaucoup moins
évident. Cependant, un niveau de slump a été observé dans la coupe Ouest Taïjoute
(niveau 51-60 m) dans le Mb. marneux de la Fm. Dehar Sidi Abdallah.

Toutefois, ces dépôts sont en réalité abondants dans la séquence de dépôt de


l’Oligocène-Miocène inférieur, montrant ainsi leur caractère syntectonique. La Fm. Saf
Hamam présente de nombreux niveaux de slump dans les coupes Aïn Kob et Saf
Hamam (Fig. 50, photo 6). Plus précisément, dans la coupe Aïn Kob, nous avons
mesuré environ 250 m de série avec répétition des niveaux de slump d'âge Burdigalien.
Dans le cas de la coupe Saf Hamam, nous avons mesuré des niveaux de slumps à
différentes hauteurs de la colonne (140-146 m, 242-400 m et 560-635 m). Dans ce cas,
le niveau le plus puissant de slumps a été considéré comme un niveau-repère d’âge
Burdigalien inférieur.

II.4. Discontinuités et évolution séquentielle

Nous avons mis en évidence deux principales discontinuités. La première d'âge


Yprésien supérieur-Rupélien et la seconde Rupélien moyen (Fig. 51). Quand on les
comparent avec la courbe eustatique générale de Haq et al. (1987) on n’observe aucune
coïncidence avec des baisses eustatiques pour justifier une émersion et une érosion
importantes. Dans le cas de l'Yprésien supérieur, il y a une baisse significative juste
après, à la limite Yprésien-Lutétien mais pendant l’Yprésien supérieur la courbe
eustatique montre un “highstand” (période stable de haut niveau de la mer) ou une
légère baisse du niveau de la mer. Dans le cas du Rupélien moyen, on assiste plus ou
moins au même scénario: il y a une baisse imporante du niveau de la mer à la limite
Rupélien-Chattien, mais au Rupélien moyen on enregistre une période stable du niveau
de la mer ou une légère baisse de celui-ci. Il semble, par conséquent, que ces principales

154
discontinuités présentes dans la sédimentation du secteur étudié dans cette thèse ne sont
pas dues à des processus eustatiques, mais plutôt à des processus tectoniques locaux ou
régionaux.

Fig. 50: Mosaïque des photos de tectofaciès

155
Concernant les tendances sédimentaires des séquences (Fig. 51) on note une
tendance générale régressive-transgressive qui peut être subdivisée en séquences
mineures. La période régressive s’étendrait du Crétacé au Rupélien moyen, tandis que la
période transgressive s’étendrait du Rupélien moyen jusqu'à la fin du Burdigalien
inférieur. Les séquences mineures correspondent aux séquences de dépôt plus les
lacunes sédimentaires (en régression) détectées.

La séquence de dépôt du Crétacé montre une évolution régressive-transgressive


(Fig. 51), qui serait suivie par une régression locale ou régionale durant l’Eocène et le
Paléocène p.p. Cependant, en comparant avec la courbe eustatique générale de Haq et
al. (1987), on constate que le Crétacé moyen-supérieur correspond à une période stable
de haut niveau de la mer ou à une légère baisse, et que le Paléocène-Eocène, en général,
est transgressif avec une baisse au Sélandien. Tout cela indique que la transgression
détectée dans le Crétacé supérieur et la régression ultérieure devraient être attribuées à
des activités tectoniques locales ou régionales.

La séquence de dépôt de l’Eocène est organisée en une séquence transgressive-


régressive. La transgression se serait produite pendant l’Yprésien supérieur et le
Lutétien inférieur, tandis que la régression s’étendrait à partir du Lutétien moyen, et
incluerait la lacune du Priabonien-Rupélien inférieur. Dans ce cas, la régression pourrait
être ajustée très bien à la situation mondiale, mais la transgression basale de la séquence
coïncide avec une baisse significative dans la courbe générale à la limite Yprésien-
Lutétien et devrait être interprétée comme due à une tectonique locale ou régionale.
Quand on observe la courbe minéralogique obtenue pour la relation S+K :I (Daoudi et
al., 1995), la moins affectée par la tectonique locale, on note que les argiles paraissent
suivre la forme de la courbe eustatique générale, c’est-à-dire une régression à la limite
Yprésien-Lutétien, suivie d’une transgression.

La séquence de dépôt de l’Oligcène-Miocène inférieur présente une tendance


transgressive (Fig. 51) et une accentuation des apports terrigènes et de l'instabilité
tectonique vers le haut. En comparant avec la courbe eustatique générale de Haq et al.
(1987) on note que, pendant l'Oligocène la tendance est regréssive avec une importante
baisse du niveau de la mer à la limite Rupélien-Chattien. Par conséquent, la tendance
inverse dans nos sédiments plaide en faveur de possibles causes tectoniques locales ou
regionales. Dans ce cas, quand on observe la courbe minéralogique obtenue pour la
relation S+K:I , il n’ya pas une bonne corrélation avec la courbe eustatique globale de
Haq et al. (1987). Il n’y a pas de tendance claire dans la courbe minéralogique obtenue
pour les argiles qui est assez homogène (peu de changements des valeurs). Ceci nous
indique que, même si la courbe de Daoudi et al. (1995) est la moins affectée par la

156
tectonique locale, dans cette période avec des évidences d’une intense activité
tectonique et avec d’abondantes resédimentations, inévitablement la courbe
minéralogique se trouve affectée par la tectonique.

II. 5. Changements d’épaisseurs et variations latérales de faciès

L'étude stratigraphique réalisée pour les huit coupes étudiées (trois dans l’unité de
Loukkos et cinq dans l'unité de Tanger externe) nous a permis de dresser l'architecture
stratigraphique pour la période allant du Crétacé moyen au Miocène inférieur (Fig. 52)
et de se rendre compte des changements d'épaisseurs dans la sédimentation pour chaque
séquence et secteur. Cette architecture met en évidence une augmentation de la
complication des éléments architecturaux au fil du temps. Le Crétacé, en l'absence
d’une étude détaillée jusqu’à sa base, ne nous permet pas de donner des informations
sur les changements d'épaisseurs. Toutefois, nous avons noté des changements latéraux
dans les environnements sédimentaires, entre une plateforme externe, un talus et une
plaine abyssale.

Les variations d’épaisseurs s’observent déjà à l'Eocène, mais elles ne présentent pas
une logique claire. La coupe la plus puissante est celle d'Aïn Kob et la plus réduite celle
de Dehar Sidi Abdallah. Toutefois, ces changements d’épaisseurs nous indiquent déjà
une déformation et articulation du socle permettant des variations dans
l’accommodation de la sédimentation. En ce qui concerne les variations latérales des
faciès, une tendance vers des zones moins profondes a été observée dans le secteur de
Loukkos avec la présence du Mb. calcaire uniquement dans ce secteur.

Enfin, l'Oligocène-Miocène inférieur présente une paléogéographie encore plus


compliquée. Pour commencer, le Mb. inférieur est présent seulement dans la zone de
l'unité de Tanger externe où, également, a été observée la coupe la plus puissante de Saf
Hamam. Dans ce cas, il est également difficile de déterminer l'épaisseur originale des
coupes, du fait qu’elles se terminent soit avec la surface actuelle d'érosion ou même
sous le manteau du flysch numidien. Cependant, il est clair que le secteur de Loukkos
correspond à un relief plus élevé, et que le secteur de l’unité de Tanger externe
correspond à une zone de relief plus profond, et que le remplissage du dit relief se fait
selon un dispositif d’aggradation (onlap) depuis Tanger externe jusqu’à Loukkos.

157
Fig. 51: Corrélation entre les séquences de dépôt définies, tendances séquentielles (cycles
mineurs et majeurs), étapes de déformation, relation tectonique-sédimentation avec la courbe
eustatique de Haq et al. (1987) et courbe minéralogique obtenue pour la relation S+K:I
(Daoudi et al., 1995).

158
Fig. 52: Architecture stratigraphique et changements d'épaisseurs pour le secteur étudié (unité de Tanger externe et
Loukkos) après la corrélation entre les colonnes des huit secteurs étudiés.

159
III. ETAPES DE LA DEFORMATION

Tout ce qui a été présenté jusqu'à présent nous permet de supposer trois étapes
possibles de la déformation qui coïncident avec les séquences de dépôt définies (Fig.
51). La première phase correspondrait à la phase distensive du Crétacé. Selon les
données régionales, à la fin du Crétacé (probablement Maastrichtien) on assiste à une
inversion tectonique dans les domaines Téthysiens. En raison de l'ouverture de
l'Atlantique sud, l'Afrique commence à pivoter vers le NE et la Téthys a commencé à se
fermer. Jusqu’à cette période, la zone étudiée (marge africaine) a du fonctionner sous un
régime en extension par l’intermédiaire de bloques limités par des failles listriques qui
ont générées des bassins et des hauts-fonds ou blocs en escaliers et basculés.
Après l’inversion tectonique à la fin du Crétacé, l’analyse de la sédimentation dans
les secteurs étudiés nous permet de distinguer deux étapes de la déformation
compressive: i) une étape pré-orogénique sans apports terrigènes importants ; et ii) une
étage syn-orogénique avec d’abondants apports terrigènes témoignant d’une importante
phase tectonique.

L'étape de compression pré-orogénique est caractérisée par la présence de faibles


apports terrigènes et de légères variations latérales de faciès accompagnées de
changements d’épaisseurs modérés. Ceci peut être expliqué par le fait que le début de la
compression a été absorbé par des plis souples et le rejeu des failles normales
antérieures, en des failles aveugles inverses, donnant des plis de croissance qui ont
donné un fond ondulé avec différentes capacités d’accommodation de la sédimentation.

L'étape de compression syn-orogénique est caractérisée par la présence de très


importants apports terrigènes dans la sédimentation et dépôts de type slump en relation
avec une tectonique active catastrophique. En même temps, il y a eu un important
changement de la paléogéographie avec une surrélévation du secteur de Loukkos par
rapport à Tanger externe qui aurait été approfondi. A ce stade, les chevauchements
aveugles de la phase précédente deviendraient superficiels.

Les deux étapes de compression peuvent s’inscrire dans le cadre d’une évolution
typique d’un bassin d’avant-pays “foreland” dans lequel, la dernière étape
correspondrait à la phase de “foredeep”.

160
IV. EVOLUTION PALEOGEOGRAPHIQUE-GEODYNAMIQUE

Ce paragraphe consacré à la présentation des traits paléogéographico-


géodynamiques de l’Intrarif, sera présenté en suivant les périodes de temps que
représentent les séquences de dépôt étudiées, c’est-à-dire des séchrons. Auparavant,
nous présentons une tentative de reconstruction palinpastique-paléogéographique
générale des Zones Externes Rifaines.

IV.1. Reconstruction palinspastico-paléogéographique générale des Zones


Externes Rifaines

Avant de présenter l’évolution paléogéographico-géodynamique de chaque séchron,


il convient de tenter un essai de reconstruction palinspastique générale qui permet de
situer chaque domaine paléogéographique dans sa position originelle
approximativement (Fig. 53). Ce qui donne un idée assez proche de la réalité sur la
possible déformation souffert par le secteur en question.
Pour la réalisation de la reconstruction palinspastique, nous avons procédé à
l’ouverture des plis et des chevauchements des unités. Nous avons considéré comme
point fixe le Prérif interne. A partir de ce point, nous avons procédé à la remise de
chaque unité à sa position initiale vers le NE. Pour ce faire, nous avons utilisé les
coupes sériées et le schéma structural simplifié présentés dans le chapitre 5, consacré à
la structure et représentés dans la figure 36.
La réstitution des unités à leur position originelle a été réalisée en deux phases:
d’abord sur les coupes, ensuite sur la carte.
(1) Dans la première phase, nous avons travaillé sur les coupes pour établir la
réstitution des unités à leur position originelle minimale supposée. On a tenu en compte
que les unités sont normalement coupées par des chevauchements par l’intermédiaire
de rampes (c’est-à-dire de façon oblique). Il faut dire aussi que ces restitutions sont
minimales parce qu’une partie des nappes aurait été érodée et laminée, et il est
pratiquement impossible d’établir la magnitud de ces pertes. Nous avons établi la
restitution minimale pour chaque coupe, pour ensuite corriger chaque domaine selon la
coupe où la réstitution présentait plus de garanties et une extensión majeure. Dans
certaines coupes, certaines unités n’apparaissaient pas, pourtant elles étaient présentes
dans les autres coupes plus proches. Par conséquent, nous avons appliqué les extensions
des coupes où elles apparaissaient. Du fait que ce procédé est un peu risqué puisqu’il
admet un certain cylindrisme nous n’avons pas appliqué l’extension maximale aux
unités qui n’étaient pas présentes dans une coupe mais une extensión minimale
temoignat de leur existence.

161
(2) Après avoir terminé les coupes et les équilibrer les unes avec les autres, de la
meilleure façon possible, nous avons passé à la restitution en plan des unités vers le NE
en suivant les directions et les vergences de transport établies dans le chapitre 5,
consacré à l’étude structurale. La restitution (Fig. 53) a donné comme résultat que le
schéma structural simplifié de la figure 36 atteint une extension quatre fois plus grande
que l’originelle.

Dans la figure 53, on constate que « les bandes » des domaines étudiés (Tanger
externe et Loukkos) acquièrent une dimension cartographique restituée d’environ 200
km de largeur, alors qu’à l’origine elles présentaient une largeur de l’ordre de 50 km.
De la même manière, les figures 54, 55 et 56 dédiées à l’interprétation
paléogéographique de chaque séchron (paragraphes IV.2, IV.3 et IV.4 de ce chapitre) et
qui apparaissent sans échelle horizontale, elles sont construites pour une extension
horizontale de 200 km, alors que l’échelle verticale est exagérée pour représenter les
épaisseurs des formations définies dans le chapitre stratigraphique.

162
Fig. 53: Tentative de reconstruction palinspastique générale des Zones Externes Rifaines.

163
IV.2. Le Séchron Crétacé

Dans cette thèse nous avons étudié uniquement la partie supérieure des terrains du
Crétacé en contact avec les terrains du Tertiaire. La période comprise entre l’Albien et
le Maastrichtien peut être subdivisée en quatre intervalles, selon les faciès décrits pour
les Fms. Arhbaoulou et Taïjoute: plaine abyssale, talus continental tectoniquement actif,
plateforme carbonatée externe, talus continental.
Cette évolution montre une tendance régressive-transgressive de telle sorte que si
nous appliquons la loi de Walter, elle nous indiquerait des environnements
sédimentaires adjacents contemporains et répétitifs.

Comme il a été signalé auparavant, le séchron Crétacé correspond à la fin de


l'histoire extensive de la Téthys. Dans la figure 54 il a été représenté comme une partie
de la marge africaine, articulée par des failles normales listriques en bassins et hauts-
fonds, en suivant la manière classique des marges passives alpines.
Sur les hauts-fonds se développent les plateformes et dans les sillons les plaines
abyssales. Ces différents domaines se connectaient à travers les pentes continentales ou
des transitions progressives à de nouveaux hauts-fonds. Les données pétrographiques
obtenues pour la Fm. Arhbaoulou, ont mis en évidence une érosion des terrains triásico-
jurassiques des zones proches à la sédimentation, ce qui suppose que les hauts-fonds
auraient pu être émergés et soumis à une érosion, qui inclut même les niveaux les plus
bas, comme le Trias.
Par ailleurs, les données minéralogiques des argiles obtenues pour la Fm. Taïjoute,
ont mis en évidence une sédimentation pélagique profonde, par dessous la surface de
compensation des carbonates. Par conséquent, cette formation représente des dépôts
marins profonds dans des sillons.

IV.3. Le Séchron Eocène

A la limite le Crétacé-Tertiaire se produit l’inversion tectonique et le passage à la


convergence de sorte que la marge passive devient un bassin d’avant-pays “foreland”.
Cette inversion a du provoquer une importante surrélévation du fond marin, avec
probablement une émersion. Ceci est signalé par une importante lacune stratigraphique,
qui a été détéctée et qui affecte tout le Paléocène et la partie basale de l'Eocène.
La compression se serait absorbée principalement pendant cette période, par des
plis souples du socle et l’inversion des anciennes failles normales, qui deviendraient
alors inverses. Tout cela entrainera des différences dans l’accommodation de certains
secteurs par rapport aux autres et des variations latérales de faciès.

164
La période comprise entre l’Yprésien et le Bartonien peut être subdivisée en deux
intervalles selon les faciès décrits pour la Fm. Dehar Sidi Abdallah: i) environnement
hemipélagique (pente continentale-plateforme externe), d'abord; et ii) plateforme
carbonatée externe, plus tard.

Les environnements les plus profonds ont été développés dans le domaine de l’unité
de Tanger externe tandis que dans l’unité de Loukkos on assiste à une transition vers le
sud de la pente à la plateforme (Fig. 55). Dans les deux cas, le milieu a du être riche en
silice.
Au cours du séchron Eocène il y eu une régression significative probablement
contrôlée par l'activité tectonique locale ou régionale qui conduirait à une surrélévation
de l'Intrarif avec, probablement, des émersions comme en témoigne la lacune de
l’Eocène terminal-Oligocène basal.

Les données minéralogiques des argiles de la Fm. Dehar Sidi Abdallah donnent des
valeurs élevés en dolomite, smectite et paligorskite (minéraux riches en Mg). Ce qui
nous indique une érosion des sols en climat tempéré. Les valeurs du ratio des pics de
l’intensité de l’illite I(002):I(001) indiquent une forte substitution de Al par Mg dans la
structure. Ceci nous indiquerait des conditions climatiques subtropicales. Enfin, la faible
cristallinite du quartz et de l’illite nous indique une sédimentation éloignée des zones
d’approvisionnement.

165
Fig. 54: Evolution paléogéographique-géodynamique de l'Intrarif durant le Crétacé.

166
Fig. 55: Evolution paléogéographique-géodynamique de l'Intrarif durant l'Eocène.

167
IV.4. Le Séchron Oligocène-Miocène inférieur

A la limite Eocène-Oligocène on assiste à une accélération de l'activité


convergente. Ce changement entraînera une révolution paléogéographique, avec une
importante surrélévation du secteur S par rapport au N, en plus d’un fond irrégulier avec
de possible chevauchements émergents.

La période comprise entre le Rupélien moyen et le Burdigalien inférieur peut être


subdivisée en deux intervalles selon les faciès décrits pour la Fm. Saf Hamam (Fig. 56):
environnement hemipélagique (palteforme externe-pente continentale, d'abord; pente
continentale avec une forte instabilité tectonique, plus tard.

Au cours du premier intervalle, l’activité tectonique a du être faible, mais


l’intervalle suivant représente une augmentation significative des apports terrigènes:
d’abord carbonatés-glauconieux mixtes, puis quartzeux plus tard.

Le séchron Oligocène-Miocène inférieur présente une évolution transgressive,


granocroissante et avec des apports terrigènes de plus en plus importants et de grandes
masses de glissement sous forme de slumps en relation avec une accentuation de
l'activité tectonique caractéristique d’une étape foredeep du bassin de l’avant-pays.

Les données pétrographiques ont mis en évidence que durant l’Oligocène se


produisent d’abondants dépôts évaporitiques qui témoignent d’un climat chaud. Durant
l’Aquitanien-Burdigalien, ces mêmes données, ont mis en évidence des apports matures
(litharénites) ou ultramatures (quatzarénites) riches en grains de glauconie hérités et
matures. Tout cela nous indique une érosion d’un continent mature par une forte activité
tectonique ou une baisse du niveau de la mer sous un climat aride. Cette activité
tectonique pourrait être corroborée par la présense de verre dans certains échantillons,
ce qui témoignerait d’une sctivité magmatique synsédimentaire. Dans le secteur de
Taïjoute (unité de Loukkos) les données pétrographiques indiquent des apports
bréchiques de roches sédimentaires et métamorphiques, ce qui témoignerait d’une
érosion d’un socle proche. Ceci pourrait indiquer une révolution tectonique durant cette
période qui pourrait aboutir à l’émersion du socle dans un domaine proche (Mésorif ou
Intrarif externe).

Les données minéralogiques des argiles de cette formation indiquent la présense de


grandes quantités de phyllosilicates et peu de dolomite. Les valeurs de la relation des
pics de l’intensité de l’illite I(002):I(001) indiquent une faible substitution de Al par Mg
dans la structure des phyllosilicates. Ce qui nous indiquerait des conditions climatiques

168
plus tempérées mais non arides ou tropicales comme durant l’Eocène. Les valeurs
élevées de la cristallinité du quartz et de l’illite suggèrent des dépôts proximaux et
resédimentés par une importante activité tectonique.

Pendant cette période, on assiste à une importante surrélévation du secteur de


Loukkos et un approfondissement du secteur de Tanger externe avec un remplissage
sédimentaire en aggradation (onlap) du N vers le S, d’abord Tanger externe, puis après
Loukkos (Fig. 56). L'individualisation des unités se produit à la fin de cette période
suite à l'émersion des principaux chevauchements.

169
Fig. 56: Evolution paléogéographique-géodynamique de l'Intrarif durant l'Oligocène-Miocène inférieur.

170
CHAPITRE 7:
CORRELATION AVEC LE TELL TUNISIEN

171
I. Introduction

Le Tell Tunisien, correspond au secteur le plus oriental de la chaîne maghrébine au nord


de l’Afrique (Fig. 57). Il présente une couverture sédimentaire cénozoïque bien développée
formée de plusieurs formations stratigraphiques. Des études récentes et avec une méthodologie
moderne dans ce secteur (Belayouni et al., 2010; 2012; 2013) nous ont permit de réaliser une
bonne corrélation avec les résultats obtenus dans cette thèse doctorale sur l’Intrarif des zones
externes du Rif.

Fig. 57: A : Schéma général de la chaîne des Maghrébides et localisation du Tell tunisien (in :
Belayouni et al., 2012); B : Carte structurale simplifiée du Tell tunisien avec localisation des coupes
étudiées par Belayouni et al. (2012).

172
La chaîne maghrébide constitue la branche sud du système alpin périméditerranéen qui
s’étend depuis le détroit de Gibraltar (Maroc) jusqu’au Calabre au sud de l’Italie (Fig. 57A).
Cette chaîne dérive de l’évolution géodynamique de la branche sud de la Téthys occidentale et
de la marge nord-africaine (Durand Delga, 1980a et b; Durand Delga et Fontboté, 1980; Wildi,
1983; Guerrera et al., 1993; 2005; Frizon de Lamotte et al., 2000; 2004; Michard et al., 2002;
Bonardi et al., 2003; Mauffret et al., 2004; entre autres). Le Tell tunisien est limité au sud par
l’Atlas tunisien ou par l’accident sud-atlasique. C’est un dispositif similaire à celui du Rif
marocain. En effet, cet accident se prolonge depuis Agadir (Maroc) jusqu’à Gabès (Tunisie)
avec une longueur approximative de 2000 km (Caire et al., 1971). Plus au sud, dans les deux
cas se trouve la plateforme saharienne.

La formation sédimentaire, la plus typique, associée à la marge nord-africaine c’est la Fm.


Numidienne. Cette formation et la série Sub-Numidienne se trouvent formant aussi bien des
unités allochtones qu’en série avec les zones externes, depuis le Maroc jusqu’en Tunisie en
passant par l’Algérie (et même en Sicile et dans l’Apennin méridional).

Les études sur la stratigraphie et la structure de la marge nord-africaine sont d’un grand
intérêt aussi pour les prospections pétrolières. Dans le cas du Tell tunisien, des études récentes
ont mis en évidence l’existence de deux systèmes pétrolires potentiels: le système Crétacé
composé et le système tertiaire composé (Belayouni et al., 1992; Klett, 2001; Chaari, 2002; El
Euchi, 2003; Chaari et al., 2004; El Euchi et al., 2004, Saidi et al., 2008, Abbassi, 2008; Tlig et
al., 2010). Dans le cas du Rif, le bassin prérifain a été depuis les années trente jusqu’aux
années cinquante une province pétrolière qui a produit du pétrole et du gaz. Un certain nombre
de champs pétroliers y a été découvert. Les investigations géologiques récentes et les nouvelles
acquisitions sismiques montrent la possibilité de découvrir plus d’hydrocarbures dans des
conditions similaires à certaines zones déjà explorées. Des plays liés aux chevauchements et à
leurs imbrications restent jusqu’à présent non encore testés. Différents play concepts existent
dans la zone: i) Les plis chevauchants et leurs imbrications, formés lors de la compression
tertiaire. Les réservoirs sont constitués de carbonates et de silicoclastiques du Lias, des grès du
Jurassique Moyen et Supérieur et des molasses de la base du Burdigalien – Aquitanien; ii) La
roche mère serait formée par les marnes du Jurassique Inférieur et du Crétacé Supérieur. La
couverture serait assurée par les marnes du Miocène Supérieur et de la nappe prérifaine qui
surmontent toutes les séries jurassiques; et iii) Les dépôts sableux du Tertiaire montrent des
anomalies d’amplitude dans les bassins d’avant pays. Les réservoirs turbiditiques sableux sont
d’âge Tortonien à Messinien. La couverture serait assurée par des marnes du Miocène
Supérieur.

173
II. Cadre structural du Tell Tunisien et sa corrélation avec les zones externes du Rif

Dans le Tell tunisien on a mis en évidence quatre zones structurales juxtaposées (Fig. 57B,
et Tab. 21) du nord vers le sud: i) Zone Numidienne Tellienne, ii) Zone des Dômes Triasiques,
iii) Zone Intermédiaire de l’Atlas et, iv) Zone de la Plateforme Saharienne.

Tableau 21 : Terminologie adoptée pour la paléogéographie du Tell Tunisien et des unités dérivées
(in : Belayouni et al., 2012).

La zone la plus septentrionale du Tell Tunisien (voir Fig. 57 et Tab. 21) est la Zone
Numidienne Tellienne (Rouvier, 1985). Contrairement à ce qui se passe dans le Rif marocain,
on ne connait pas d’affleurements de zones internes dans le Tell tunisien. Seul dans l’archipel
de La Galite on a trouvé du volcanisme miocène qui montre des influences pour avoir traversé
un socle de type zones internes (Belayouni et al., 2010). La Zona Nummidienne Tellienne est
constituée d’unités allochtones plissées à vergence vers le sud, formées principalement par des
grès numidiens et des argiles associées (comme ce qui se passe normalement dans toute la
chaîne maghrébide). Cette zone est formée à son tour par quatre unités inférieures à la nappe
numidienne (Tab. 21)
Cette zone est formée à son tour par quatre unités inférieures à la nappe numidienne (Tab.
21), qui sont de bas en haut, ou de l’interne vers l’externe (Rouvier, 1977; Wildi, 1983): i et ii)
les unités allochtones Col de l’Adissa et Aïn Draham (qui affleurent uniquement en fenêtre
sous la nappe numidienne), iii) l’unité également allchtone Ed Diss et, iv) l’unité allochtone-
parautochtone Kasseb. Dans toutes ces unités les séries stratigraphiques vont, au moins, depuis
le Maastrichtien jusqu’à l’Oligocène. En même temps, la Zone Numidienne Tellienne est
affectée par quatre accidents majeurs orientés NE-SW (Rouvier, 1985; Tlig et al., 2010)
appellés (Fig. 57B): alignements Aïn Draham, Ghardimaou-Cap Serrat, Numidian Front et
Hairech-Ichkeul. Tout au long de ces alignements on peut rencontrer des affleurements de
matériel triasique qui séparent des affleurements de matériel méso-cénozoïque légèrement

174
plissés et formant des anticlinaux et des synclinaux. La Zone Numidienne Tellienne est
corrélable dans le Rif marocain avec l’ensemble des zones des nappes des Flyschs, l’Intrarif et
le Mésorif. D’après sa positin tectonique, l’Intrarif (objet de cette thèse) pourrait correspondre
aux unités Col de l’Adissa et Aïn Draham du Tell tunisien. Les unités Ed Diss, Kasseb du Tell
tunisien pourrait être corrélées avec le Mésorif interne et externe respectivement.
Plus méridionalement dans le Tell tunisien, apparait la Zone des Dômes triasiques (Fig. 57
et Tab. 21) qui correspond à une zone d’unités autochtones ou para-autochtones légèrement
plissées, avec des structures orientées NE-SW et dominées par des affleurements triasiques
allongés NE-SW (Perthuisot, 1981). Des affleurements de l’unité de Kasseb existent également
dans la partie nord de cette zone. Les principaux affleurements de matériel triasique sont les
alignements Thibar-Lansarine et Teboursouk-Fej El Hadoum (Fig. 57B), qui forment un bassin
en forme de demi-graben appelé Bassin Hammam Biadha–Goraa (Chaari, 2002; Chaari et al.,
2003; Abassi, 2008). Cette zone est corrélable avec le Prérif marocain où apparaissent, de
façon similaire, des affleurements de matériel triasique probablement d’origine diapirique.
Immédiatement plus au sud apparait la Zone Intermédiaire de l’Atlas (Fig. 57 et Tab. 21)
qui est formée par des plis ouverts et quelques chevauchements (Rouvier, 1977; Vila, 1980;
Wildi, 1983; Moody et al., 2009). A la base de ces chevauchements apparaît du matériel
triasique diapirique injecté. Cette zone constitue le bord méridional des Zones Telliennes
tunisiennes (Rouvier, 1977). La Zone Intermédiaire de l’Atlas pourrait être corrélée avec les
Rides Prérifaines où se situe le front des zones externes rifaines.
Plus au sud, dans le Tell tunisien (Fig. 57 et Tab. 21) apparaît directement la Plateforme
Saharienne formée par des plis ouverts et des successions non déformées (Rouvier, 1977; Vila,
1980; Wildi, 1983; Moody et al., 2009). Dans ce secteur oriental du continent africain, la
chaîne de l’Atlas est pratiquement amortie au point qu’elle disparait. C’est là une grande
différence par rapport au secteur marocain.

III. Cadre stratigraphique du Tell tunisien et sa corrélation avec les zones externes du Rif

Le Tell tunisien est formé, de la même manière que les zones externes rifaines par des
successions qui vont du Mésozoïque au Tertiaire (Fig. 57B), qui, d’après la littérature
(Burollet, 1956; Van Houten, 1980; Perthuisot, 1981; Wildi, 1983; Rouvier, 1985; Guerrera et
al., 1990 et 1992; El Maherssi, 1992; El Euchi et al., 1998; Zaier et Belayouni, 2000; Torricelli
et Biffi, 2001; Chaari, 2002; Chaari et al., 2003; Negra, 1994; Soussi, 2000; Talbi et al., 2008;
Fildes et al., 2010; Sami et al., 2010; entre autres), sont composées par les principaux
ensembles suivants :
1) sédiments pré-jurassiques (Rouvier, 1985) constitués par des alternances de dolomies
noires, évaporites, argiles et grès (d’âge Trias supérieur) avec des épaisseurs variables (jusqu’à
1.200 m d’épaisseur), déposés dans des environnements marins sommaires de type sebkha. Des
sédiments comparables apparaissent en affleurements réduits dans les zones externes rifaines
dans l’Intrarif et le Mésorif, alors qu’ils sont plus abondants dans le Prérif et les Rides
prérifaines (Faugères, 1878 ; Suter, 1980 ; Wildi, 1983 ; Ben Yaïch, 1991).
175
2) la succession du Jurassique, qui affleure très peu, est constituée d’environ 350 m de
roches carbonatées péritidales du Jurassique inférieur, 100 m de faciès pélagiques du
Jurassique moyen de type radiolarites, argiles et calcaires siliceux, et 200 m de calcaires
pélagiques du Jurassique supérieur. Dans le cas des zones externes rifaines, il y a des
affleurements jurassiques dans presque tous les sous-domaines (Suter, 1980). Cependant, dans
le cas de l’Intrarif, les affleurements jurassiques sont plus développés dans le secteur oriental
(Ketama) et beaucoup moins dans le secteur étudié (Tanger-Tétouan). La série jurassique est
similaire aux calcaires péritidales du Jurassique inférieur et calcaires massifs du Jurassique
supérieur. Néanmoins, il y a plus de différences avec la série du Jurassique moyen, qui dans le
cas du Rif est de type flysch dans plusieurs cas (Suter, 1980 ; Wildi, 1983 ; Ben Yaïch, 1991).

3) La succession crétacée apparait à la base du Sub-Numidien par l’intermédiaire d’un


changement progressif (Belayouni et al., 2012). Elle est constituée de la Fm. Abiod d’âge
Campanien supérieur-Maastrichtien inférieur (avec une épaisseur de 20 m à plus de 150 m) et
avec des faciès de calcaires et marno-calcaires séparés par un membre intermédiaire marneux
(faciès de type “couches”). Ce type de faciès pourrait être corrélé avec la Fm. Arhbaoulou
étudiée dans cette thèse, et non pas avec la Fm. Taïjoute qui n’aurait pas d’équivalent crétacé
dans le Tell tunisien, sauf pour les faciès pélitiques du Maastrichtien de la Fm. El Haria du
Sub-Numidien.

4) La succession Sub-Numidienne qui va du Maastrichtien supérieur à l’Oligocène


inférieur et qui est constituée par les formations sédimentaires des environnements marins
profonds ou de plateforme El Haria, Bou Dabbous et Souar (Belayouni et al., 2012) sera traitée
en détail dans le paragraphe suivant de ce chapitre.

5) Après un intervalle intermédiaire affleure la Fm. numidienne (>2000 m d’épaisseur)


d’âge Oligocène supérieur-Miocène inférieur constituée de trois principaux membres
(Belayouni et al., 2012 et 2013): Mb. Zouza (des argiles couleur tabac), Mb. Kroumirie
(quartzarénites avec intercalations d’argiles couleur tabac) et Mb. Babouch (pélites vert-
blanchâtres, silexites et quelques niveaux de quartzarénites). Elle sera également traitée en
détail dans le paragraphe suivant de ce chapitre.

6) La succession Post-Numidienne s’organise en plusieurs cycles sédimentaires


(Belayouni et al., 2013) discordants indistinctement sur la succession numidienne et sub-
numidienne: i) un cycle mineur initial constituée par la Fm. glauconitique (turbidites riches en
glauconie) d’âge Burdigalien supérieur; ii) un cycle silico-clastique de sédiments marins d’âge
Miocène moyen et supérieur composé par les Fms. Mahmoud et Hakima d’âge Miocène
moyen-supérieur. Dans le Rif marocain, on a aussi décrit plusieurs cycles sédimentaires silico-
clastiques durant le Miocène moyen-supérieur (Suter, 1980) même si on n’a pas décrit une Fm.
glauconitique d’âge Burdigalien supérieur. Au Miocène moyen-supérieur, on a décrit les cycles
suivants: cycle Miocène moyen, cycle Tortonien p.p. et cycle Tortonien terminal-Messinien.
176
IV. La succession Paléogène-Miocène inférieur du Tell Tunisien et sa corrélation avec
l’Intrarif

Les études réalisées par Belayouni et al. (2012 et 2013) ont concerné diverses coupes,
appartenant à la zone numidienne et la zone des Dômes Triasique du Tell, qui comprennent
l’intervalle Crétacé supérieur-Miocène supérieur. Cet intervalle (Fig. 57B et Fig. 58), est
intéressant par le fait qu’il coïncide avec l’intervalle étudié dans cette thèse sur l’Intrarif. Onze
coupes stratigraphiques appartenant à cet intervalle ont été étudiées par Belayouni et al. (2012),
en faisant une attention particulière à l’analyse des faciès et à l’interprétation en termes de
processus tectonique-sédimentation.

L’intervalle Sub-Numidien (Fig. 58) du Tell tunisien comprend les formations


sédimentaires El Haria, Bou Dabbous et Souar, et le niveau marqueur Chouabine, qui apparait
entre la Fm. El Haria et la Fm. Bou Dabbous. Un “Intervalle Intermédiaire”, la Fm.
Numidienne et la Fm. Glauconitique (Belayouni et al., 2013) complètent le cadre jusqu’au
Miocène inférieur.
La Fm. El Haria (Fig. 58) d’une épaisseur d’environ 100 m est constituée de marnes
grises-bleuâtres, pélites sombres avec des boules jaunes, et occasionnellement des slumps
intercalés. Ces faciès ont été interprétés par Belayouni et al. (2012) comme appartenant à un
talus incliné ou bassin profond avec une instabilité tectonique. L’âge le plus ancien de cette
formation (Belayouni et al., 2012) est le Maastrichtien supérieur-Yprésien moyen et présente
une limite supérieure diachronique du fait de la variation latérale/supérieure de faciès avec la
Fm. Bou Dabbous qui pourrait descendre selon les secteurs à l’Yprésien inférieur. Dans
certains secteurs entre la Fm. El Haria et la Fm. Bou Dabbous (Fig. 58) il existe un niveau
marqueur connu sous le nom de Chouabine constitué par des pélites sableuses riches en
glauconie et phosphates d’âge Yprésien moyen. Dans les études réalisées dans cette thèse
doctorale, nous n’avons pas trouvé dans l’Intrarif une formation stratigraphique équivalente à
la Fm. El Haria du fait que cette période correspond à une lacune stratigraphique dans les
successions étudiées.
La Fm. Bou Dabbous (Fig. 58) a une épaisseur d’environ 220 m et présente des variations
latérales de faciès entre pélites bleuâtres sombres, marnes, calcaires marneux, calcaires, marnes
calcaro-limoneuses avec des boules jaunes, calcaire siliceux, pélites marneuses et calcaires
bitumineux avec parfois des nummulitidés. Le changement entre la Fm. El Haria et la Fm. Bou
Dabbous est régressif puisque Bou Dabbous présente des faciès d’environnements
sédimentaires plus sommaires. L’âge de la Fm. Bou Dabbous est Yprésien (moyen à supérieur,
selon les secteurs) à Lutétien inférieur tardif (zone E9). Cette formation a été interprétée par
Belayouni et al. (2012) comme dépôt d’origine plateforme externe ou un environnement
hemipélagique. Dans le cas des faciès de calcaires à nummulitidés, les mêmes auteurs
proposent une plateforme plus interne. Cette formation aurait son équivalent dans la partie
inférieure de la Fm. Dehar Sidi Abdallah.

177
Fig. 58: Lithostratigraphie, discontinuités et formations stratigraphiques du Crétacé supérieur-Miocène inférieur du Tell Tunisien (in : Belayouni et al., 2012).

178
La Fm. Souar apparaît sur la Fm. Bou Dabbous dans le Tell tunisien (Fig. 58). Elle est
constituée d’environ 55 m de marnes pélitiques présentant des couleurs sombres ou verdâtres
avec des lithoclastes, marnes limoneuses et calcareuses, calcaires, et marno-calcaires avec des
boules jaunes et des slumps. L’âge le plus ancien de cette formation est le Lutétien inférieur à
limite Bartonien-Priabonien. Cet âge indique que la limite entre la Fm. Bou Dabbous et la Fm.
Souar est aussi diachronique. La succession montre une tendence transgressive depuis la Fm.
Bou Dabbous. Cette formation a été interprétée par Belayouni et al., (2012) comme dépôt de
talus ou bassin profond affectés par une instabilité tectonique. La Fm. Souar pourrait être
corrélée avec la partie supérieure de la Fm. Dehar Sidi Abdallah. Cependant, les faciès de la
Fm. Dehar Sidi Abdallah sont mieux mis en corrélation avec ceux de la Fm. Bou Dabbous
qu’avec ceux de la Fm. Souar.
Après une importante lacune et par l’intermédiaire d’une surface d’érosion apparait ce que
Belayouni et al., (2012) ont définit comme “Intervalle Intermédiaire” (Fig. 58) qui passerait
vers le haut à la Fm. Numidienne. Cet Intervalle Intermédiaire est constitué de pélites grises
sombres d’âge allant de la limite Rupélien-Chattien à l’Aquitanien basal. Durant cette période,
une sédimentation condensée probablement de haut niveau de mer a eu lieu (Belayouni et al.,
2012 et 2013). Cet intervalle pourrait être mis en corrélation avec le Mb. inférieur de la Fm.
Saf Hamam de l’Intrarif.
Dans le cas du Tell tunisien, vers le haut de la série, se trouve une autre limite (une
paraconformité) avec une courte lacune qui donne le passage à la Fm. Numidienne (Fig. 58).
Toujours dans le cas du Tell tunisien, cette formation stratigraphique n’est pas limitée
uniquement aux unités allochtones provenant du domaine des Flyschs Magrébides, mais elle
s’étend aux unités de la marge nord-africaine dans ce secteur. Dans le Tell tunisien la Fm.
Numidienne est subdivisée en trois membres: Zouza, Kroumerie et Babouch. Le Mb. Zouza est
formé par des pélites de couleur brun-tabac avec de rares intercalations de quartzarénites,
fréquemment slumpées. Ce membre est épais d’environ 200-300 m et passe vers le haut
progressivement au Mb. Kroumerie. Ce passage se manifeste régressivement du fait de
l’apparition d’intercalations de quartzarénites de plus en plus fréquentes et épaisses. Le Mb.
Kroumerie est formé principalement par des quartzarénites organisées en paraséquences avec
d’abondants niveaux de slump et quelques intercalations de pélites grises ou brun-tabac.
L’épaisseur de ce membre est très variable pouvant ainsi passer de 100 m, dans certains
secteurs, à 2000 m, dans d’autres. L’âge de ces deux membres est diachronique, mais pour
l’ensemble on a proposé un âge Aquitanien supérieur (N4 p.p.-N5 p.p. de Blow, 1969) et pour
la partie supérieure la zone N5 du Burdigalien inférieur (Belayouni et al., 2013). Dans
l’ensemble, ces deux membres reflètent un environnement sédimentaire de talus-bassin
profond avec une instabilité tectonique. Vers le haut, les quartzarénites se réduisent et on passe
à des marnes, marnes siliceuses et silexites du Mb. Babouch. Ce membre présente une
épaisseur de 80 m et une évolution régressive vers des environnements sédimentaires
hemipélagiques riches en silice. Ce membre constitue un bon marqueur au niveau de la
Méditerranée. Dans le cas du Tell tunisien, il a été daté comme Burdigalien inférieur tardif à
Burdigalien supérieur basal (biozones N6-N7 p.p.). Dans le cas de l’Intrarif, l’équivalent latéral
179
de la Fm. Numidienne c’est la Fm. Saf Hamam. Les membres Zouza et Kroumerie pourraient
constituer parfaitement la partie supérieure du Mb. inférieur et le Mb. supérieur,
respectivement. Il n’y a pas d’équivalent latéral pour le Mb. Babouch dans l’Intrarif. Pour une
bonne corrélation entre la Fm. Saf Hamam et la Fm. Numidienne, on peut proposer que la Fm.
Saf Hamam soit un faciès latéral (externe) par rapport à la Fm. Numidienne, sensu Guerrera et
al. (2011).

La Fm. Glauconitique (Belayouni et al., 2013) du Tell tunisien (Fig. 58) est constituée de
70 m de marnes pélitiques gris-verdâtres, pélites versicolores et grès très riches en quartz et
glauconie. Cette formation stratigraphique est séparée de la Fm. Numidienne par
l’intermédiaire d’une discontinuité sans lacune stratigraphique détectable, puisqu’elle est d’âge
Burdigalien moyen-supérieur à Langhien inférieur. Elle représente un dépôt dans un
environnement sédimentaire de plateforme externe-talus.

V. Synthèse de la corrélation avec le Tell Tunisien

Dans la succession étudiée par Belayouni et al. (2012 et 2013) dans le Tell tunisien, on
constate un registre assez continu depuis le Crétacé jusqu’au Miocène inférieur. Cependant,
quatre principales limites ont été mises en évidence dans la sédimentation (Fig. 59) pour
lequelles, les auteurs antérieures ont proposé un contrôle tectonique/eustatique: i) la transition
Crétacé-Tertiaire, qui représente un changement principal dans la sédimentation
(approfondissement et diminution des carbonates vers le haut). Ceci est interprété dans le Tell
Tunisien en relation avec l’inversion tectonique (d’un régime extensionnel on passe à un
régime compressionnel) dans le bassin des Flyschs Magrébides; ii) la limite Eocène-Oligocène
qui coïncide avec une discontinuité associée à une lacune qui affecte le Priabonien-Rupélien
inférieur, et qui coïncide avec la baisse eustatique globale; iii) la limite qui marque le début des
apports terrigènes grossiers (Fm. Numidienne) généralisés qui se situe à la limite Oligocène-
Aquitanien et qui aurait un contrôle tectonique général; iv) la limite supérieure de la Fm.
Numidienne (Burdigalien moyen) qui marque le passage à la Formation Glauconitique et qui
aurait probablement un contrôle tectonique local.
Pour Belayouni et al. (2012), toute la séquence Sub-Numidienne avec ses limites de
séquence, tectofaciès, lacunes et variations latérales de faciès, serait un cycle préorogénique
qui serait la manifestation dans la sédimentation d’une tectonique profonde de plissements
souples du socle due à la convergence Afrique-Europe. Les auteurs antérieurs ont mentionné
une phase tectonique néo-Alpine de type pyrénéen qui aurait généré l’apparition de plis de
croissance modérés. Cette même phase, qui a également été mise en évidence dans l’Intrarif
dans cette thèse doctorale, a été aussi mise en évidence dans la marge sud-ibérique (Guerrera et
al., 2006) et dans le complexe Malaguide des zones internes bétiques (Martín-Martín, 1996)
qui correspond à la marge sud de la microplaque mésoméditerranéenne (Guerrera et al., 1993;
2005; 2011). La séquence numidienne avec la nouveauté de ses apports terrigènes plus
grossiers généralisés a été interprétée comme la réponse à la convergence Afrique-Europe dans
180
un cycle synorogénique, mais dans une phase de foredeep. Enfin, la Fm. Glauconitique serait
un tardiorogénique pour Belayouni et al. (2013).
Ces intervalles extensive et compressif, et la division de l’intervalle compressif en
préorogénique et synorogénique a bien été suivie dans l’Intrarif du fait de la possibilité d’une
bonne corrélation.

Fig. 59: Cycles sédimentaires et formations stratigraphiques définies dans le Tell Tunisien, leur
corrélation avec le tableau chronostratigraphique et les relations tectonique-sédimentation (in :
Belayouni et al., 2012).

181
Pour Belayouni et al. (2012 et 2013) l’évolution sédimentaire du Tell tunisien durant le
Paléogène-Miocène inférieur était un bon exemple d’application de la Loi de Walter, éliminant
ainsi l’ancienne conception tabulaire pour la stratigraphie de ce secteur. En fait, de la même
manière que dans l’architecture stratigraphique de l’Intrarif, il existe des variations latérales et
verticales de faciès entre les différentes formations et membres stratigraphiques. Evidemment,
il existe des points de divergence entre les deux secteurs de la marge nord-africaine. La
distance entre le secteur occidental et oriental est grande et il existe des phénomènes locaux qui
entrainent des changements. Cependant, dans l’évolution tectono-sédimentaire générale nous
avons mis en évidence dans cette étude, plusieurs points de convergence.

182
CONCLUSION GENERALE

183
En guise de conclusion, nous rappelons les principaux apports de cette thèse qui a
consisté en une étude interdisciplinaire des séries du Crétacé supérieur-Tertiaire des unités de
Tanger externe et Loukkos, qui appartiennent toutes les deux à la zone Intrarifaine des Zones
Externes du Rif occidental. Les études réalisées ont été d’ordre lithostratigraphique
(déterminations des lithofaciès et de leur agencement); biostratigraphique (déterminations
paléontologiques par l’intermédiaire des foraminifères planctoniques); pétrographique (étude
des grès dans le but de rechercher la nature et l’emplacement des sources
d’approvisionnement) ; minéralogique (argiles et minéralogie totale) des faciès marno-argilo-
pélitiques qui permet de se faire une idée sur les paléoclimats et la tendance transgressive ou
régressive des séries étudiées, et structurale et microstructurale pour mettre en évidence la
structure interne de chacune des unités étudiées ainsi que les relations structurales qui existent
entre les deux unités étudiées et les unités avoisinantes. Toutes ces études ont conduit aux
principaux résultats que l’on énumère à continuation :
1) Une redéfinition du registre stratigraphique (litho- et bio-chronologique) avec la
définition informelle des formations suivantes:
i) Fm. Arhbaoulou et Fm. Taïjoute d’âge Crétacé, avec la première caractérisant un
milieu sédimentaire de plateforme externe-talus continental, et la deuxième des milieux
sédimentaires profonds de type plaine abyssale.
ii) Fm. Dehar Sidi Abdallah (avec deux membres: marneux et calcaire) d’âge éocène et
de milieux sédimentaire plateforme externe-talus.
iii) Fm. Saf Hamam d’âge Oligo-Miocène inférieur de milieux sédimentaires de type
plateforme externe-talus continental (avec deux membres: inférieur et supérieur; et les
niveaux repère glauconieux, arénitique et slumpé dans le membre supérieur).
2) L’étude stratigraphique et biostratigraphique a permis de reconnaitre deux importantes
lacunes stratigraphiques d’âge Maastrichtien p.p. - Yprésien p.p. et Bartonien p.p. – Rupélien
p.p., qui séparent trois séquences de dépôt: Séquence de dépôt Crétacé (Aptien p.p. -
Maastrichtien p.p.), Séquence de dépôt Eocène (Yprésien p.p. – Bartonien p.p.) et Séquence
de dépôt Oligocène-Miocène inférieur (Rupélien p.p. – Burdigalien p.p.).
3) L’étude pétrographique indique la présence de roches d’origine détritique de type
calcarénites dans les échantillons des Séquences de dépôt du Crétacé et de l’Eocène; et de
type calcarénites, sub-litharénites glauconieuses et quartzarénites glauconieuses dans la
Séquence de dépôt Oligocène-Miocène inférieur. Ces pétrofaciès mettent en évidence aussi
l’érosion des terrains de plateforme et cratoniques affectés par un certain métamorphisme.
4) L’étude minéralogique indique un mélange illite-kaolinite-smectite similaire à celui
des autres séries tertiaires de nature alumino-magnésienne de la région méditerranéenne
(comme dans la Cordillère bétique) et du nord de l’Atlantique, qui indique l’érosion des sols
développés sous climats subtropicaux. L’étude de la relation smectite+kaolinite /illite met en
évidence une évolution régressive depuis le Crétacé jusqu’à un certain point de l’Eocène où
l’on passe à une transgression qui durera jusqu’au Miocène inférieur, où l’on assiste de
nouveau à une régression.

184
5) L’étude structurale a permis de mettre en évidence une structure d’ensemble en nappes
de charriage, dans laquelle les unités ont été déracinées de leurs domaines paléogéographiques
originels et expulsées vers l’extérieur de la chaîne, par un système de chevauchements à
vergence vers l’WSW à SW.
6) L’étude microstructurale (plis, microfractures et diaclases en particulier) révèle que les
séries étudiées ont été affectées par une tectonique polyphasée, depuis le Miocène moyen
jusqu’à l’Actuel, avec quatre principales directions de compression : ENE-WSW, NE-SW,
NNE-SSW et NW-SE. La phase responsable de la structuration principale en nappes
d’orientation ENE-WSW étant d’âge Miocène moyen.
7) Tous les résultats antérieurs ont permis la reconstruction de modèles tectono-
paléogéographiques pour toutes les séquences étudiées, ce qui a mis en évidence un contrôle
tectonique de la sédimentation de la manière suivante: (a) tectonique extensive au Crétacé qui
a généré des systèmes faillés et basculés qui contrôlaient les milieux sédimentaires de
plateforme, talus et plaine abyssale; (b) rejeu des ancienes failles normales en failles inverses
durant l’Eocène dans un contexte de tectonique compressive pré-orogénique et de
déformation souple du socle qui contrôle l’apparition des milieux sédimentaires de plateforme
externe et talus; (c) plissement du socle et propagation des chevauchements profonds non
émergents sous un régime de tectonique compressive pré-orogénique durant l’Oligocène-
Miocène inférieur, donnant lieu à des milieux de plateforme externe-hemipélagiques et de
talus.
8) Enfin, la comparaison du registre stratigraphique étudié dans la portion occidentale de
la marge africaine avec son équivalent latéral dans le secteur oriental du Tell tunisien a permis
d’établir de grandes similitudes et une évolution tectono-paléogéographique similaire qui
valide le modèle à l’échelle nord-africaine. Ce modèle général est d’une importance vitale
pour les futures prospections d’hydrocarbures ou hydriques de façon générale, et en
particulier pour les secteurs des Zones Externes rifaines occidentales du Maroc.

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202
LISTE DES FIGURES:

Fig. 1 : Cadre géographique du secteur étudié.


Fig. 2 : Place du Rif dans la méditerranée occidentale.
Fig. 3. Schéma biostratigraphique et corrélation bio-chronostratigraphique pour le Crétacé supérieur,
avec indication de l’extension chronostratigraphique des espèces marqueurs (d’après Caron, 1985).
Fig. 4 (suite Fig. 3) : Schéma biostratigraphique et corrélation bio-chronostratigraphique pour le
Crétacé supérieur, avec indication de l’extension chronostratigraphique des espèces marqueurs
(d’après Caron, 1985)
Fig. 5. Schéma biostratigraphique et corrélation bio-chronostratigraphique pour l’Eocène. On inclut
l’échelle magnétostratigraphique et la zonation établie par nannoplancton calcaire (d’après Olsson et
al., 1999).
Fig. 6. Schéma biostratigraphique et corrélation bio-chronostratigraphique pour l’Oligocène. On inclut
l’échelle magnétostratigraphique et la zonation établie par nannoplancton calcaire (d’après Olsson et
al, 1999).
Fig. 7. Schéma biostratigraphique et corrélation bio-chronostratigraphique pour le Miocène. Avec
représentation de l’échelle biostratigraphique standard de Blow (1969) et les événements les plus
significatifs des foraminifères planctoniques caractéristiques du domaine méditerranéen. On inclut
également une échelle magnétostratigraphique (d’après Serrano, 1979 et 1992).
Fig. 8 : Schéma et coupes structurales du Rif occidental (d’après Suter 1980, modifiés).
Fig. 9 : Carte structurale simplifiée de l'arc de Gibraltar (modifiée d'après Michard et al., 2002; in :
Romagny, 2014)).
Fig. 10 : Coupes simplifiées du Rif (en haut) et des Bétiques (en bas). Les tracés sont représentés sur
la figure 9 (Michard et al., 2002; in : Romagny, 2014).
Fig. 11 : Carte géologique simplifiée de la région de Tanger.
Fig. 12 : Coupes structurales de la région de Tanger montrant la structure de l’unité de Tanger externe
et ses relations structurales avec les unités avoisinantes.
Fig. 13 : Carte géologique simplifiée de la région de Chefchaouène.
Fig. 14 : Coupes structurales de la région de Chefchaouène montrant la structure de l’unité de Loukkos
et ses relations structurales avec les unités avoisinantes.
Fig. 15 : Stratigraphie et structure de la coupe de Dehar Sidi Abdallah.
Fig. 16 : Stratigraphie et structure de la coupe au Nord d’Oulad Ziane.
Fig. 17 : Stratigraphie et structure de la coupe de Saf Hamam.
Fig. 18 : Stratigraphie et structure de la coupe à l’ENE de Mediar.
Fig. 19 : Stratigraphie et structure de la coupe d’Arhbaoulou.
Fig. 20 : Stratigraphie et structure de la coupe de l’oued Tazarine.
Fig. 21 : Stratigraphie et structure de la coupe à l’ouest de Taïjoute.
Fig. 22 : Stratigraphie et structure de la coupe d’Aïn Kob.
Fig. 23: Synthèse des datations proposées pour les coupes étudiées.
Fig. 24 : Microphotos des lames minces des échantillons étudiés.
Fig. 25 : Résultats minéralogiques, données comme pourcentages des Fms. Taïjoute (Log 6: Crétacé
supérieur), Dehar Sidi Abdallah (Log 6: Eocène), et Saf Hamam (Log 4: Oligocène à Miocène inférieur).
Fig. 26 : Corrélation entre les successions étudiées dans l'unité de Tanger externe ordonnées de
proximal à distal (de gauche à droite) avec indication des discontinuités et des séquences de dépôt.
Fig. 27 : Corrélation entre les successions étudiées dans l'unité de Loukkos ordonnées de proximal à
distal (de gauche à droite) avec indication des discontinuités et des séquences de dépôt.
Fig. 28 : Corrélation entre les successions étudiées de la séquence de dépôt du Crétacé.
Fig. 29 : Holostratotype composé de la Fm. Arhbaoulou (coupes Oued Tazarine et Arhbaoulou) et
différenciation des parties reconnues.
Fig. 30 : Holostratotype de la Fm. Arhbaoulou (coupes Ouest Taïjoute) et sa corrélation avec la coupe
Dehar Sidi Abdallah.
Fig. 31 : Corrélation entre les successions étudiées de la séquence de dépôt de l'Eocène.

203
Fig. 32 : Holostratotype composé de la Fm. Dehar Sidi Abdallah (coupes Dehar Sidi Abdallah et ENE
Mediar) et sa corrélation avec le parastratotype (coupe Aïn Kob). Différenciation des membres définis.
Fig. 33 : Corrélation entre les successions étudiées de la séquence de dépôt de l'Oligocène-Miocène
inférieur.
Fig. 34 : Holostratotype composé de Fm. Saf Hamam (coupes ENE Mediar et Saf Hamam) et
différenciation des membres définis.
Fig. 35 : Architecture stratigraphique pour le secteur étudié (unités de Loukkos et Tanger externe)
après la corrélation entre les colonnes des huit secteurs étudiés. Définition des séquences de dépôt,
lacunes stratigraphiques, formations stratigraphiques, membres et niveaux repères.
Chronostratigraphie avec représentation des périodes datées pour chaque coupe étudiée.
Fig. 36 : A. Schéma structural simplifié du Rif Nord occidental avec emplacement des coupes
structurales transversales sériées, B : Coupes structurales sériées depuis le domaine interne montrant
les relations structurales entre les différentes unités des trois grands domaines du Rif.
Fig. 37 : A : Diagramme des roses montrant les principales familles de diaclases majoritaires sur un
total de 14 mesures de plans de diaclases faites sur le lieu. B : Stéréogramme montrant les traces
cyclographiques des différents plans, C : Photo prise sur le terrain montrant l’aspect de la roche qui se
voit hachée par ces systèmes de cassures.
Fig. 38 : Photo des plis métriques synsédimentaires en chevron dans les marnes siliceuses et sableuses
(faciès Suessonien élevé) témoins d’une certaine instabilité tectonique. Les axes de plis ne montrent
pas de direction préférentielle.
Fig. 39 : A : Diagramme des roses montrant les principales familles de diaclases majoritaires sur un
total de 31 mesures de plans de diaclases faites sur le lieu. B : Stéréogramme montrant les traces
cyclographiques des différents plans, C : Photo prise sur le terrain montrant l’aspect de la roche qui se
voit affectée par ces systèmes de cassures.
Fig. 40 : A : Pli à axe N45, 20-30 SW déjeté à déversé vers le SW affectant la barre gréseuse (niveau
repère) dans la série oligo-miocène de l’unité de Tanger externe dans le secteur de la LGV (Saf
Hamam). B : le même pli affecté par un décrochement senestre dirigé N166, 90.
Fig. 41 : A : Diagramme des roses montrant les principales familles de diaclases majoritaires sur un
total de 27 mesures de plans de diaclases faites sur le lieu. B : Stéréogramme montrant les traces
cyclographiques des différents plans de fractures, C : Photo prise sur le terrain montrant des diaclases
recoupant clairement la stratification dirigée N115, 25SSW.
Fig. 42 : A : Diagramme des roses montrant les principales familles de diaclases majoritaires sur un
total de 13 mesures de plans de diaclases faites sur le lieu. B : Stéréogramme montrant les traces
cyclographiques des différents plans de fractures, C : Photo montrant l’aspect de la roche sur le terrain.
Fig. 43 : Photo montrant la nature tectonique du contact entre l’Eocène sous faciès Suessonien (e3-4)
en série renversée et les séries détritiques miocènes (m 2-4), elles même en séries renversées au niveau
des premiers bancs en contact direct avec le conglomérat faisant partie de la série éocène marqué
« Cg » sur la photo. Les structures C/S montrent aussi la composante horizontale du mouvement et par
conséquent le caractère aussi décrochant de la faille (faille inverse décrochante).
Fig. 44 : A: Géométrie du plissement affectant la série miocène de l’unité de Loukkos à l’approche du
contact avec le conglomérat éocène et allure des plissements mineurs observés au niveau du flanc
normal de l’anticlinal à déversement vers l’ouest. B : Projection et représentation des axes des plis
mineurs sur canevas isogone de Wulff.
Fig. 45: Surfaces de chevauchements dans la série miocène de l’unité de Loukkos et structures
secondaires associées (structures C/S, fractures secondaires de type Riedel et crochons de faille)
indiquant des mouvements vers l’extérieur de la chaîne (WSW) et stéréogramme représentatif des
structures.
Fig. 46 : Exemples de structures en chevauchements à vergence vers l’WSW à SW dans la série
miocène de l’unité de Loukkos sur le bord droit de la route menant à Aïn Qob.
Fig. 47 : A et B : Exemples de décrochements dans la série miocène faite d’une alternance de bancs
gréseux et de niveaux pélitiques de l’unité de Loukkos. C : Stéréogramme représentant les
décrochements observés dans la série miocène de l’unité de Loukkos.
Fig. 48 : Photos montrant quelques exemples de déformation cassante dans les bancs de grès calcareux
de l’Eocène inférieur ? de l’unité de Loukkos au niveau de la rive gauche d’oued Mlileh. A : fentes de
204
tension à remplissage calcitique (FT2 sur le stéréogramme de la figure 49) et diaclases à parois
tapissées de calcite dont les directions varient entre N85 et N130 avec un maximum autour de N90, B :
banc gréseux affecté par un décrochement dextre dirigé N60 68SE et des fentes de tension dirigées
N85, C : fentes de tension N50 à N55 sigmoïdes en échelon (FT1 sur le stéréogramme de la figure 49
et fentes de tension rectilignes N90 à N100 affectant un banc calcaro-gréseux à aspect plus ou moins
boudiné. Ce genre de fentes de tension est très courant dans les zones de cisaillement, ici est
probablement dû à un glissement banc sur banc favorisé par les niveaux pélitiques entre les bancs
gréseux D: Banc de grès calcareux « slumpé », le slump est affecté postérieurement par un
décrochement senestre N125 60°NE.
Fig. 49 : Stéréogramme des différentes structures en relation avec la déformation cassante dans la série
éocène ? de l’unité de Loukkos sur la rive gauche de oued Mlileh.
Fig. 50 : Mosaïque des photos de tectofaciès.
Fig. 51 : Corrélation entre les séquences de dépôt définies, tendances séquentielles (cycles mineurs et
majeurs), étapes de déformation, relation tectonique-sédimentation avec la courbe eustatique de Haq et
al. (1987).
Fig. 52 : Architecture stratigraphique et changements d'épaisseurs pour le secteur étudié (unité de
Tanger externe et Loukkos) après la corrélation entre les colonnes des huit secteurs étudiés.
Fig. 53: Tentative de reconstruction palinspastique générale des Zones Externes Rifaines.
Fig. 54 : Evolution paléogéographique-géodynamique de l'Intrarif durant le Crétacé.
Fig. 55 : Evolution paléogéographique-géodynamique de l'Intrarif durant l'Eocène.
Fig. 56 : Evolution paléogéographique-géodynamique de l'Intrarif durant l'Oligocène-Miocène
inférieur.
Fig. 57: A : Schéma général de la chaîne des Maghrébides et localisation du Tell tunisien (in :
Belayouni et al., 2012); B : Cartes géologique et structurale simplifiées du Tell tunisien avec
localisation des coupes étudiées par Belayouni et al. (2012).
Fig. 58: Lithostratigraphie, discontinuités et formations stratigraphiques du Crétacé supérieur-Miocène
inférieur du Tell Tunisien (in : Belayouni et al., 2012).
Fig. 59: Cycles sédimentaires et formations stratigraphiques définies dans le Tell Tunisien, leur
corrélation avec le tableau chronostratigraphique et les relations tectonique-sédimentation (in :
Belayouni et al., 2012).

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LISTE DES TABLEAUX:

Tab. 1 : Conditions instrumentales utilisées pour l'analyse minéralogique dans le diffractomètre Bruker
D8 Advance ® avec ouverture automatique.
Tab. 2 : Principales réflexions et pouvoirs réfléchissants utilisés pour la quantification de la
minéralogie totale.
Tab. 3 : Principales réflexions et pouvoirs réfléchissants utilisés pour la quantification de la
minéralogie des argiles.
Tab. 4a: Subdivisions du Rif externe (Zones Prérifaine et Mésorifaine) d'après Suter (1980).
Tab. 4b : Subdivisions du Rif externe (Zone Itrarifaine et Unités Massyliennes) d'après Suter (1980).
Tab. 5: Associations de foraminifères planctoniques et âge proposé pour la Fm. Arhbaoulou et ses
différentes parties.
Tab. 6: Associations de foraminifères planctoniques récoltés dans les échantillons de la coupe de
Dehar Sidi Abdallah, avec leur zonation et âge déterminés.
Tab. 7: Associations de foraminifères planctoniques récoltés dans les échantillons de la coupe au nord
d’Oulad Ziane, avec leur zonation et âge déterminés.
Tab. 8: Associations de foraminifères planctoniques récoltés dans les échantillons de la coupe à l’ENE
de Mediar, avec leur zonation et âge déterminés.
Tab. 9: Associations de foraminifères planctoniques récoltés dans les échantillons de la coupe de Saf
Hamam, avec leur zonation et âge déterminés.
Tab. 10: Associations de foraminifères planctoniques récoltés dans les échantillons de la coupe de
l’oued Tazarine, avec leur zonation et âge déterminés.
Tab. 11: Associations de foraminifères planctoniques récoltés dans les échantillons de la coupe d’Aïn
Kob, avec leur zonation et âge déterminés.
Tab. 12 : Liste des échantillons étudiés au microscope optique avec leur âge et classification
pétrographique.
Tab. 13: Composition de la minéralogie totale et des argiles (en %) des échantillons étudiés.
Tab. 14: Associations de faciès, épaisseur et échantillons de la partie inférieure de la Fm. Arhbaoulou.
Tab. 15: Associations de faciès, épaisseur et échantillons de la partie supérieure de la Fm. Arhbaoulou.
Tab. 16: Associations de foraminifères planctoniques et âge proposé pour les différentes parties de la
formation Arhbaoulou.
Tab. 17: Associations de faciès, épaisseur et échantillons de la Fm. Dehar Sidi Abdallah.
Tab. 18: Association paléontologique des foraminifères planctoniques et âge proposé pour la Fm.
Dehar Sidi Abdellah.
Tab. 19: Associations de faciès, épaisseur et échantillons de la Fm. Saf Hamam.
Tab. 20: Association de foraminifères planctoniques et âge proposé pour la Fm. Saf Hamam.
Tab. 21 : Terminologie adoptée pour la paléogéographie du Tell Tunisien et unités dérivées (in :
Belayouni et al., 2012).

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